Forum économique mondial Résumé du Travel and Tourism Competitiveness Report 2009 1 Le Forum économique mondial est une organisation internationale indépendante à but non lucratif, qui réunit chaque année des leaders du monde politique, des affaires et de la société civile (ONG, intellectuels). Les rencontres annuelles du Forum ont pour but, entre autres, d’améliorer la situation socioéconomique mondiale tout en tenant compte des aspects environnemental et social. Le Forum publie en 2009, pour une troisième année consécutive, le Travel and Tourism Competitiveness Report, afin d’examiner les facteurs à la source de la compétitivité du tourisme mondial. Le rapport 2009, qui a pour thème Managing in a Time of Turbulence, porte sur les difficultés auxquelles fait actuellement face l’industrie touristique et qui doivent être surmontées pour assurer la croissance future du secteur. Le rapport se présente en deux parties. La première expose la manière dont est conçu le Travel and Tourism Competitiveness Index et les résultats du classement de 133 pays. La seconde partie est constituée d’une série de textes rédigés par des experts ou des leaders de l’industrie touristique, portant sur des problématiques actuelles telles que l’incidence du prix du pétrole sur l’industrie, l’importance de la compétitivité des prix pour les destinations et la portée du développement durable dans un contexte de crise économique. Une analyse comparative de 133 pays La première partie du rapport est consacrée à la présentation de l’Index sur la compétitivité et fournit une analyse comparative des facteurs qui semblent influer sur la compétitivité de 133 pays en matière de développement de l’industrie touristique. Il peut servir d’outil de comparaison entre les pays, notamment pour les décisions relatives à la croissance de l’industrie touristique. L’Index global est composé de 14 indicateurs qui regroupent plusieurs facteurs pouvant influer sur la compétitivité de l’industrie touristique. Chaque pays est évalué et reçoit une note sur 7 pour chacun des indicateurs (index spécifique), ainsi qu’une note sur 7 pour l’Index global. Par la suite, les pays sont classés en rangs de 1 à 133 selon les résultats obtenus. Les 14 indicateurs sont : les politiques et les réglementations, la « durabilité » environnementale, la sécurité, la santé et l’hygiène, l’importance accordée à l’industrie touristique, les infrastructures de transport aérien, les infrastructures de transport terrestre, les infrastructures touristiques, les infrastructures de communication, la compétitivité des prix de l’industrie touristique, les ressources humaines, l’ouverture aux touristes et au tourisme, les ressources naturelles et les ressources culturelles. Chaque
1. Le rapport complet est disponible en ligne à l’adresse http://www.weforum.org/documents/TTCR09/index.html.
indicateur est composé de plusieurs variables statistiques de sources publiques 2 ou des résultats du Executive Opinion Survey 3 , sondage produit par le Forum économique mondial. Résultats pour le Canada Le Canada se classe au cinquième rang de l’Index global 2009, le premier rang étant occupé par la Suisse, suivie de l’Autriche, de l’Allemagne et de la France. Par rapport à l’Index global 2008, le Canada est passé de la 9e à la 5e position et il se trouve maintenant devant l’Espagne, la Suède, les États-Unis et l’Australie. En comparant les résultats détaillés du Canada pour 2009 à ceux de l’année précédente, on n’observe que peu de changements. La remontée du Canada dans l’Index global n’est donc pas attribuable à un changement de classement majeur pour l’un ou l’autre des 14 indicateurs. Les principaux avantages compétitifs du Canada correspondent aux indicateurs pour lesquels il occupe les rangs les plus élevés au classement mondial. D’abord, les infrastructures de transport aérien, pour lesquelles le Canada occupe le premier rang pour la deuxième année consécutive. Cet indicateur est composé de plusieurs variables dont le nombre d’aéroports et le nombre de départs par rapport à la population ainsi que le nombre de lignes aériennes en exploitation. Notons également la qualité des infrastructures de communication (13e rang), qui s’avère un atout majeur vu l’importance des outils de communication électroniques pour l’industrie touristique. Le Canada fait bonne figure quant à ses politiques et réglementations (5e rang, en hausse de 3 positions par rapport à 2008), qui sont mesurées notamment par le temps et les coûts nécessaires au démarrage d’une entreprise, l’application des droits de propriété et la transparence des politiques gouvernementales. Le rapport souligne par ailleurs le fait que le gouvernement canadien semble maintenant accorder une plus grande importance au secteur du tourisme (17e rang, comparativement au 26e rang en 2008). Au chapitre des ressources humaines, le Canada occupe le 6e rang, ce qui s’explique par le haut niveau de scolarité et de formation des travailleurs de l’industrie touristique. Les ressources naturelles (17e rang) sont également reconnues comme l’un des principaux avantages compétitifs du Canada. Cet indicateur est mesuré par quatre variables, soit le nombre de biens naturels figurant sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le nombre d’aires naturelles protégées, la qualité de l’environnement naturel et le nombre d’espèces animales. On souligne également les ressources culturelles (18e rang) qui distinguent le Canada, plus particulièrement le grand nombre de foires et d’expositions.
2. Les données proviennent, par exemple, de l’Organisation mondiale de la santé, de la Banque mondiale, de l’Association internationale du transport aérien, de l’Union internationale pour la conservation de la nature, de l’UNESCO et de l’Organisation mondiale du tourisme. Il s’agit d’un sondage administré annuellement aux dirigeants d’entreprises et aux leaders des industries qui sont couvertes par les recherches du Forum économique mondial. Il fournit des données sur les aspects qualitatifs liés à l’environnement d’affaires et institutionnel ainsi que sur les aspects plus particuliers de l’industrie touristique de même que sur des questions environnementales.
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Les désavantages compétitifs sont les indicateurs pour lesquels le Canada occupe les rangs les moins élevés. Le plus grand désavantage du Canada est sans contredit la compétitivité des prix de l’industrie touristique (106e rang). Elle est mesurée par cinq variables : les taxes et frais associés au transport aérien (98e rang), la parité du pouvoir d’achat (115e rang), le niveau de taxation (87e rang), le prix de l’essence (56e rang) et le niveau des prix des établissements hôteliers (60e rang). L’ouverture aux touristes et au tourisme est un autre indicateur pour lequel le Canada occupe un rang moins élevé (67e rang). Il est mesuré par trois variables : la part des recettes et des dépenses touristiques par rapport au PIB (100e rang), l’attitude de la population par rapport aux touristes (14e rang) et la propension des gens d’affaires canadiens à recommander à leurs collègues étrangers de prolonger leurs voyages d’affaires (46e rang). En matière de santé et d’hygiène, le Canada figure au 51e rang, ce qui s’explique par le nombre de médecins par rapport à la population (59e rang) et le nombre de lits d’hôpitaux par rapport à la population (51e rang). Notons par ailleurs que le Canada figure au 1er rang aussi bien pour l’accès aux équipements sanitaires que pour l’accès à l’eau potable. Finalement, il y a place à l’amélioration en ce qui concerne la « durabilité » environnementale, pour laquelle le Canada est au 46e rang. Cet indicateur est mesuré par sept variables : la rigueur de la réglementation environnementale (20e rang), l’application de la réglementation environnementale (17e rang), la « durabilité » de l’industrie touristique (31e rang), les émissions de dioxyde de carbone (121e rang), la concentration de particules en suspension en milieux urbains (18e rang), le nombre d’espèces menacées (50e rang) et le nombre d’accords internationaux ratifiés sur la protection de l’environnement (52e rang). Défis actuels de l’industrie touristique La seconde partie du rapport est consacrée à des questions directement liées à la compétitivité de l’industrie touristique. On y trouve plusieurs articles rédigés par des experts ou des leaders de l’industrie sur des défis que doit actuellement relever le secteur du tourisme et des suggestions pour surmonter ces défis. En plus des deux textes résumés ci-dessous, les lecteurs intéressés trouveront des articles sur les partenariats entre le public et le privé, sur l’importance du développement durable dans un contexte de crise économique et une étude de cas concernant la mise sur pied d’un conseil national sur la compétitivité. Endangered Growth: How the Price of Oil Challenges International Travel and Tourism Growth Dans un texte intitulé Endangered Growth: How the Price of Oil Challenges International Travel and Tourism Growth, Jürgen Ringbeck, Amit Gautam et Timm Pietsch de la firme de consultants Booz & Company décrivent comment l’année 2009 pourrait passer à l’histoire comme année charnière pour le secteur du tourisme, et plus particulièrement pour l’industrie du transport aérien. 3
Les auteurs mentionnent d’abord que la montée historique du prix du pétrole brut à l’été 2008 (147 $US le baril) a mis en évidence la vulnérabilité du secteur du tourisme par rapport au prix du pétrole. Malgré sa baisse significative (58 $US le 7 mai 2009), on prévoit qu’il augmentera à moyen ou à long terme, ce qui exigera des changements de comportement de la part de l’ensemble des acteurs de l’industrie. En posant l’hypothèse que le prix du pétrole sera élevé à long terme, les auteurs font ressortir les conséquences de cette hausse sur le comportement des consommateurs et sur la compétitivité de plusieurs destinations. Ainsi, le texte évoque les changements structurels que le prix élevé du pétrole imposerait aux compagnies aériennes, aux voyageurs et aux destinations. On signale notamment une hausse substantielle du prix des billets d’avion et la montée de la tendance faisant que les consommateurs choisissent d’effectuer plusieurs voyages de proximité plutôt qu’un seul voyage par long-courrier. Les auteurs soulignent que les destinations les plus vulnérables sont celles dont l’économie est fortement tributaire de l’industrie touristique et qui ont peu de marchés de proximité à exploiter, par exemple Antigua-et-Barbuda, Cap-Vert, Aruba et la Barbade. Dans cette optique, même si chaque destination doit relever ses défis propres, il est possible de dégager des pistes de solution pour surmonter les défis actuels. Celles-ci incluent l’amélioration de l'efficacité des équipements et des infrastructures, la réduction des coûts d'accès à la destination et le repositionnement du marketing de la destination. Voilà qui pourrait permettre aux décideurs nationaux de relever les défis actuels afin que le tourisme demeure un levier efficace pour améliorer le bien-être économique général. Tourism Price Competitiveness Le texte de Peter Forsyth, de la Monash University, et de Larry Dwyer, de l’University of New South Wales, présente une revue de littérature sur la compétitivité des prix par rapport aux destinations, qui est l’une des composantes essentielles de la compétitivité globale d’une destination ou d’un pays. Le fait que le prix soit l’un des facteurs les plus importants quant à la décision de voyager, et surtout quant au choix d’une destination, se reflète dans l’un des indicateurs clés de l’Index global, la compétitivité des prix. Les auteurs expliquent qu’une grande variété d’indicateurs permettent de mesurer la compétitivité des prix et de mettre en lumière ses différents aspects. Parmi les indicateurs utilisés, mentionnons : la parité du pouvoir d’achat, les indices sectoriels, par exemple le prix de l’hébergement, et les indices de taux de change effectif. Le choix d’une mesure particulière dépend de l’objectif recherché. Plusieurs indicateurs sont décrits, ainsi que les avantages et les inconvénients liés à leur utilisation. En définitive, la compétitivité des prix d’un pays ou d’une destination est essentiellement liée aux prix des biens et services achetés par les touristes, en relation avec le taux de change. Plusieurs facteurs peuvent donc expliquer la compétitivité des prix, notamment les taux de change, l’inflation et le niveau des prix en général, le coût de la maind’œuvre, la productivité de l’industrie touristique, le niveau et la structure de taxation, le prix de l’essence et les coûts environnementaux. 4
En conclusion, le Travel and Tourism Competitiveness Report fournit aux leaders de l’industrie touristique mondiale une information de qualité, qui leur permet de prendre la mesure des obstacles à la compétitivité de l’industrie. En 2009, le Canada fait bonne figure dans l’Index global en prenant la cinquième position. Il se démarque grâce à ses infrastructures de transport aérien, ses politiques et réglementations ainsi que ses ressources naturelles, culturelles et humaines. En contrepartie, le principal désavantage compétitif du Canada est sans contredit ses prix élevés. Dans le contexte économique mondial actuel, le Canada devra donc se démarquer en tant que destination de choix pour tirer son épingle du jeu. Geneviève Bélanger Direction de la recherche et de la prospective 22 mai 2009
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