Les OGM
Par Julie SOUFFLET, Cloé BONNE, Anaïs
BROQUERE et Anaïs GALDIN
Introduction
Les progrès de l’agriculture ont été lents jusqu’au XXe siècle. Depuis que l’homme cultive
des plantes et élève des animaux, il les sélectionne pour améliorer leur productivité. Ces
croisements, ou greffes, ont permis de créer de nouvelles variétés ou des races de
meilleure qualité. Mais depuis une trentaine d’années, une nouvelle technique est apparue,
qui permet de modifier le code génétique, c’est à dire l’ensemble des gènes, pour donner
aux plantes des propriétés de résistance contre les insectes nuisibles ou de tolérance à
certains herbicides. Une technique révolutionnaire qui soulève de nombreuses
interrogations. En quoi consiste cette nouvelle technique ? Dans quel but a-t-elle été
créée ? Quels sont ses avantages, ses inconvénients ? Voici de nombreuses questions
auxquelles nous allons essayer de répondre dans cet exposé.
Qu’est-ce qu’un OGM ?
Le sigle OGM, apparut à la fin des années 1980, désigne un « Organisme Génétiquement
Modifié ». Il s’agit d’un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été transformé en
laboratoire. Les techniques de génie génétique peuvent être appliquées aussi bien sur des
organismes animaux ou végétaux que sur des micro-organismes.
Tous les organismes vivants sont constitués de cellules. Dans chaque cellule se trouve l’ADN
où sont stockées les informations génétiques ( les gènes). Chaque gène exprime une
particularité de l’organisme, par exemple la forme des feuilles, la résistance aux maladies…
L’ensemble des gènes constitue le patrimoine génétique de l’organisme et lui permet de se
développer.
Le génie génétique permet ainsi de modifier, supprimer ou introduire certains caractères.
La transformation peut consister selon les cas à :
apporter une fonction nouvelle : par exemple des gènes isolés à partir de bactéries
qui confèrent à des plantes une tolérance à un herbicide ou une résistance nouvelle ;
inactiver une fonction déjà existante : réduire ou supprimer une protéine
naturellement présente dans la plante pour retarder la maturité des fruits (cas
d’une tomate autorisée aux USA) ou pour diminuer le caractère allergène d’un
aliment (travaux actuellement menés sur le riz).
Un organisme génétiquement modifié est donc un organisme dont on a modifié le
patrimoine génétique en lui ajoutant un ou plusieurs gènes appartenant à une espèce
différente. Les gènes introduits peuvent provenir de n’importe quel organisme : virus,
bactérie, levure, champignon, plante ou animal. Les OGM correspondent à des
organismes ou parties d'organismes vivants qui sont biologiquement actifs, c’est à dire
qui sont capables de transférer ou de répliquer leur matériel génétique. Ils peuvent se
disséminer dans l'environnement ; par exemple dans le cas d'une plante, il s'agit aussi
bien de la plante entière que des fruits, graines, pollens... En revanche, les produits qui
en dérivent tels que la farine, l’huile...ne sont pas considérés comme des OGM. En
effet, ces produits, du fait des traitements subis, ne peuvent pas se reproduire ou
transmettre du matériel génétique.
La transformation génétique peut être effectuée sur de nombreuses espèces
végétales, depuis les céréales jusqu'aux légumes ou aux arbres. En tout, ce sont plus de
60 espèces qui peuvent être transformées. Les OGM les plus avancés correspondent
surtout à des espèces de grande culture comme le maïs, la betterave et le colza. Les
gènes introduits sont très divers mais actuellement ce sont principalement des
caractères d'intérêt agronomique qui sont le plus développés.
L’OGM a acquis un ou plusieurs nouveaux caractères génétiques qu’il transmettra à sa
descendance.
Les OGM ne sont plus un simple produit de laboratoire. Des plantes transgéniques sont
ainsi cultivées sur une cinquantaine de millions d’hectares dans le monde, surtout aux
États-Unis, en Argentine, au Canada, en Chine, en Afrique ou en Australie.
Les pyrales sont des insectes nuisibles pour le maïs. Les chercheurs connaissaient une bactérie
qui détruit les pyrales. En introduisant le gène résistant à la pyrale de cette bactérie dans le
maïs, ils ont produit un maïs qui résiste aux pyrales.
Dans quel but les OGM ont-ils été
créés ?
Depuis que l'homme cultive des plantes et élève des animaux, il les fait évoluer en
sélectionnant ceux qui ont la meilleure productivité. Cette évolution sous forme de
sélection, de croisement, de greffe a permis ainsi de créer de nouvelles variétés ou
races qui n'existaient pas spontanément et constituent des améliorations : meilleurs
rendements, meilleure qualité, meilleure résistance aux maladies, aux ravageurs, à la
sécheresse. Ces évolutions ont été souvent irréversibles, ce qui fait qu'aujourd'hui, il
est très difficile de retrouver le blé ou la vache d'origine.
L’homme en est venu à créer des OGM afin de mieux connaître et comprendre les
génomes et le fonctionnement des gènes. Une fois ces connaissances acquises, l’homme
peut ainsi modifier génétiquement certains animaux et végétaux afin qu’ils soient plus
productifs, plus résistant aux maladies et aux parasites (insectes). De plus en
modifiant certains êtres vivants, on peut leur faire produire des protéines nécessaires
à la médecine, à la synthèse de médicaments par exemple. Grâce à ces travaux, il a été
possible de travailler sur des transferts de caractères beaucoup plus précis en
agissant directement sur les gènes.
C'est ce qui a amené à la création d'OGM dont les premiers sont apparus en laboratoire
depuis une vingtaine d'années pour les plantes.
Outre ces faits, les OGM peuvent permettre de sauver des vies grâce aux protéines
créées et à l’augmentation de la production de nourriture.
Quels OGM a-t-on déjà produits et dans quel
but?
La technique de
transgène est
récente. Seul un
petit nombre de
plantes
transgéniques sont
disponibles, mais
les applications
sont nombreuses..
Les OGM : avantages et inconvénients
Les avantages :
En insérant des gènes dans des plantes comme le riz ou le blé, on peut accroître la
valeur nutritive et offrir une solution à la lutte contre la famine dans le monde. De la
même manière, des gènes insérés dans les animaux d’élevage augmenteraient leur
rendement laitier.
Dans le domaine agricole, des plantes génétiquement modifiées, telles que le maïs, la
betterave et le colza possèdent des propriétés de résistance à des insectes ravageurs
des cultures, et de tolérance à certains herbicides, permettant alors d’en utiliser
moins et de façon plus raisonnée ou d’utiliser des produits plus respectueux de
l’environnement. En outre, le génie génétique ouvre de nouvelles possibilités, jusqu’alors
peu exploitées, en termes d’adaptation des plantes à des conditions extrêmes telles
que la sécheresse, la salinité, le froid ou les maladies (résistance au doryphore de la
pomme de terre, par exemple). Le génie génétique pourrait également permettre
d’éliminer des substances toxiques produites naturellement par certaines plantes. Les
OGM permettraient également d’avoir des animaux ou des plantes plus productifs.
Quelques exemples d’OGM:
-Le saumon modifié est plus gros et plus résistant au froid.
- Une tomate modifiée a une période de conservation beaucoup plus élevée.
- Un maïs modifié tue lui-même ses prédateurs et résiste aux herbicides.
- Un soja modifié contribue à la résolution de certains problèmes
cardiovasculaires.
- Résistant aux insectes nuisibles car ils produisent eux-mêmes leurs agents
insecticides, les OGM permettent de réduire les besoins en produits chimiques pour
la protection des cultures.
- Grâce à leurs propriétés exceptionnelles, les OGM sont déjà utilisés dans le secteur
pharmaceutique et médical, notamment dans la fabrication de vaccins.
- Avec le meilleur rendement des plantes transgéniques, les agriculteurs pourraient
limiter les surfaces cultivées et reposer ainsi les sols.
- Dans le domaine médical , le génie génétique pourra, par exemple, permettre de
lutter contre certaines maladies et de mettre en œuvre de nouveaux procédés
d’obtention de produits thérapeutiques tels que des anticorps permettant de traiter
certains cancers.
- Dans le domaine environnemental , on pourra envisager à l’avenir d’utiliser des
plantes ou des micro-organismes permettant de dépolluer les sols contaminés et plus
généralement d’éliminer les contaminants de l’environnement. Des plantes pourront
ainsi être utilisées comme pièges à nitrates pour dépolluer les sols. Ces applications
en sont encore au stade de recherche.
-
Les OGM seraient moins nocifs pour l’environnement : L'utilisation
des plantes transgéniques, plus résistantes aux maladies, aux
insectes ou aux herbicides pourrait autoriser une réduction des
traitements chimiques sur les cultures et permettrait l’emploi de
produits moins nocifs pour l’environnement.
- Des avantages pour la médecine : les OGM permettraient des vaccins sans piqûres !
En effet, le génie génétique permet, par la modification du patrimoine génétique de plantes, de
leur faire synthétiser des substances vaccinantes. Il s’agira alors simplement de manger une
banane pour être vacciné contre telle ou telle maladie.
Des tests très positifs ont déjà été effectués sur des souris. Quoi qu’il en soit, cela présente
un intérêt, notamment pour les pays du tiers monde. En effet, les chercheurs prévoient déjà
d’utiliser des bananiers génétiquement modifiés pour produire ces vaccins, d’une part pour leur
fécondité importante, et de l’autre parce que la banane peut être transportée et stockée sans
grandes difficultés, contrairement aux vaccins actuels. Si on ajoute à cela que ce type de
vaccination permettra une aide alimentaire en plus d’une aide médicale, on peut trouver cette
perspective très intéressante !!
- Des résistance aux conditions climatiques extrêmes : Une grande partie de la surface de la
planète est impropre à l’agriculture du fait de conditions défavorables (froid, sécheresse,
salinité...). Les biotechnologies pourront apporter une réponse aux pays en voie de
développement en créant de nouvelles espèces adaptées à ces conditions. Les résistance des
cultures contre la sécheresse permettrait notamment une économie d'utilisation de l'eau pour
l'irrigation.
- les OGM aideraient la lutte contre les maladies animales : La modification par génie
génétique des aliments destinés à l’élevage peut être un moyen de lutter contre les maladies
animales. Cette alimentation pourrait produire directement des anticorps ou des vaccins
" recombinants ". La lutte contre ces maladies pourrait même se faire au niveau de l’animal, par la
modification transgénique des lignées, afin d’accroître leur résistance.
- Une meilleure efficacité de la production agricole
Le développement de plantes résistantes aux insectes, aux virus et à
divers agents de maladies pourrait permettre de diminuer les pertes
de production dans les cas où il n'existe pas de traitement .
Pour les pays en voie de développement qui disposent de peu de
terres cultivables par habitant et par actif agricole, cela
permettrait d’augmenter la production sans mettre en culture de
nouvelles terres, ce qui conduit souvent à la déforestation, à
l'érosion, et à une dégradation des ressources naturelles.
La modification génétique des fruits et légumes permet d’augmenter
leur durée de stockage. Cette qualité permet d’éviter les gaspillages
et les pollutions qui ont lieu aujourd’hui durant le transport et
l’approvisionnement.
Les inconvénients :
- Les OGM peuvent constituer une menace pour la biodiversité s’ils prennent la place de
variétés traditionnelles , entraînant des disparitions d’espèces en chaîne imprévisible
aujourd’hui.
- L’insertion artificielle de gènes peut déstabiliser à long terme une plante ou sa
descendance. Au terme d’une longue chaîne de transformations, l’une d’elles peut, par
exemple, devenir toxique.
- Personne ne connaît vraiment l’impact des OGM sur des espèces comme les oiseaux ou les
pollinisateurs ( toutes les espèces végétales produisant du pollen). Ainsi, les effets du
pollen d’une plante transgénique sur l’intestin des abeilles n’ont jamais étés mesurés.
- Les risques de la consommation d'OGM sur l'Homme sont actuellement mal évalués car les
OGM sont très récents. Mais on suppose que les OGM peuvent avoir certains risques sur la
santé des Hommes les consommant. En effet, certains OGM peuvent donner naissance à
une résistance à certains antibiotiques : le génome des OGM contient des gènes bactériens
de résistances aux antibiotiques. Ces gènes utilisés comme marqueur de sélection sont des
résidus de la construction et ne sont d'aucune utilité dans la plante elle-même ; ils
pourraient alors être transférés aux bactéries du sol ou aux bactéries présentes dans
l'intestin des Hommes ou des animaux, ce qui leur transmettrait le caractère de résistance
à des antibiotiques majeurs. Ceci allongerait la liste des antibiotiques devenus inefficaces.
- Certains tests ont montré que les OGM peuvent créer de nouveaux allergènes puisque par
exemple, une graine de tournesol ayant été modifiée a provoqué des réactions allergiques
alors qu'elle n'avait jamais été considérée comme pouvant provoquer des allergies. Mais il
est très difficile d'affirmer avec certitude que les OGM provoquent des allergies puisque
les techniques actuelles ne permettent pas d'évaluer les risques d'allergie de façon fiable.
- Certaines études ont montré que les OGM peuvent avoir certaines conséquences
néfastes sur l’environnement. En effet, on suppose que certains gènes présents dans les
OGM végétaux pourraient se propager dans la nature par le biais du pollen. Le pollen est
un vecteur de reproduction sexuelle chez les plantes et contient donc le génome et le
transgène de la plante modifiée. Le pollen se répandant dans la nature grâce au vent et
aux insectes (abeilles essentiellement), le transgène pourrait se propager dans la nature
et se transmettre chez certaines variétés sauvages génétiquement proche de l’OGM
émetteur ou même chez une plante de la même espèce mais n’étant pas transgénique. On
pourrait envisager qu’un gène de résistance à des herbicides aux mauvaises herbes soit
transmis à des mauvaises herbes. Ce transfert donnerait alors à la mauvaise herbe une
résistance aux herbicides. Si ce transfert avait lieu, les herbicides deviendraient
inefficaces contre ces mauvaises herbes.
- Si un gène s’échappe, il peut être transmis à d’autres membres de
son espèce ou à d’autres espèces. Une fois que le caractère
transgénique se sera propagé à grande échelle, on ne pourra pas
les « rappeler ». Comment lutter contre les plantes envahissantes
devenues « immortelles » qui résisteront à tout traitement ?
- La recherche dans le domaine des OGM est principalement
effectuée par de puissantes multinationales. Or, ces dernières
prennent des brevets sur les plantes transgéniques qu’elles
mettent au point, disons que la « recette » pour les obtenir leur
appartient ! Si les plantes naturelles sont remplacées par des
OGM, les agriculteurs devront acheter les semences très cher à
ces sociétés.
- Aussi, les OGM utilisés à des fins industrielles pourraient constituer un réel danger pour la santé
humaine. En effet, on envisagera certainement dans un futur proche d’utiliser les résidus de
plantes modifiées dans le but de nourrir des animaux. Des substances chimiques indésirables
pourraient alors entrer dans la chaîne alimentaire de l’Homme. Par exemple, une augmentation de
la teneur en acide urique dans la viande ou dans le lait serait très inquiétante puisque nous savons
que l’acide urique est un puissant stimulant de production de cholestérol chez l’Homme.