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LA GUERRE FROIDE (1945-1991)

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LA GUERRE FROIDE (1945-1991)
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LA GUERRE FROIDE (1945-1991)



Introduction :



La notion de guerre froide caractérise les relations internationales dominées par

l’affrontement entre les deux grands, Etats-Unis et URSS, sans aller jusqu’à la guerre ouverte,

surtout par peur d’un conflit nucléaire.

La guerre froide couvre toute la période 1947-1991 même si le terme est appliqué surtout à la

première décennie (1947-1962), et parfois restreint à la période de crise aigüe allant de 1947 à

1953.

(A vous de vous adapter au cadre chronologique donné par le sujet !)



I- De l’alliance à la rupture, les EUA et l’URSS de 1945 à 1947



1-Les deux grands vainqueurs de la guerre



a- Une alliance contre le nazisme



- La Grande Alliance unit dans un même combat contre les forces de l’Axe, les Etats-

Unis, l’URSS et le Royaume-Uni. Cette alliance est totalement conjoncturelle : l’ampleur de

la menace a, seule, permis le rapprochement entre l’URSS communiste de Staline et les Etats-

Unis capitalistes de Roosevelt.



- De grandes conférences réunissent les chefs d’État alliés pour décider du sort des vaincus.

La plus connue est celle de Yalta (février 1945) où se retrouvent Roosevelt, Churchill et

Staline. A aucun moment, elle n’a donné lieu à un quelconque « partage du monde ». Yalta

prévoit une occupation de l’Allemagne par les troupes alliées (dont celles de la France) et

reste sur les principes très généreux du respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La conférence de Potsdam (été 1945) souligne les tensions croissantes entre les Soviétiques et

les anglo-américains. En fait ces derniers ne peuvent que constater les réalités du terrain :

l’URSS fait ce que bon lui semble là où ses troupes sont installées.



- L’Allemagne et le Japon sont mis sous tutelle militaire et politique. L’Allemagne est

divisée en quatre zones d’occupation. Ses frontières orientales sont fortement modifiées. Le

pays est dénazifié (procès de Nuremberg 1945-1946).



b- Un monde reconstruit par les vainqueurs



- En 1945, les EUA et l’URSS sont les grands vainqueurs de la guerre. L’Europe sort

ruinée et affaiblie d’une guerre qui l’a ravagée.

Les EUA ont joué un rôle essentiel dans la victoire des Alliés. Leurs troupes occupent le

Japon et une partie de l’Allemagne. La guerre leur assure une suprématie économique

mondiale absolue. Les EUA mettent en place un nouveau système monétaire international lors

de la conférence de Bretton Woods (1944). Celui-ci renforce la puissance du dollar US.

Désormais il est la seule monnaie indexée sur l’or. Toutes les autres monnaies ont une parité

fixe sur le dollar. Le poids des EUA est encore renforcé avec la création du Fonds Monétaire

International (le FMI) qui doit assurer la stabilité du nouveau système monétaire et celle de la

Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (la BIRD).

L’URSS a fortement souffert d’une guerre qui a tué plus de vingt millions de soviétiques !

Mais le pays sort du conflit avec un immense prestige international et impose sa domination

militaire et politique sur toute l’Europe de l’Est.

En Europe, l’expansion communiste est manifeste : l’URSS a annexé d’immenses territoires

sur sa frontière occidentale -La Prusse orientale, les Pays Baltes, la Pologne orientale-,

480 000 km2 au total. L’Armée Rouge occupe tous les territoires qu’elle a libérés des nazis.

Dans tous les pays où elle est présente, les communistes participent au gouvernement, parfois

seuls (Bulgarie, Roumanie), parfois au sein d’une coalition (Hongrie, Pologne). L’idéologie

communiste remporte de réels succès auprès des opinions publiques, notamment en France ou

en Italie. Libérées par une Résistance dominée par les communistes, la Yougoslavie et

l’Albanie deviennent des États communistes.



- La création de l’ONU : La conférence de San Francisco aboutit à la création de

l’Organisation des Nations Unies en juin 19445. Il y a 51 pays fondateurs, mais l’ONU est

dominée par les vainqueurs de la guerre (EUA, URSS, R.U. bien sûr, mais aussi la France et

la Chine) qui obtiennent un siège permanent au conseil de sécurité et un droit de veto.



2- 1947, l’année de la rupture



L’expansion communiste en Europe provoque un durcissement de la politique américaine.

Désormais pour les EUA l’ennemi déclaré, c’est le communisme.



La doctrine Truman affirme le rôle crucial des EUA comme défenseurs du monde libre, au

nom de la liberté et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Désormais les EUA

dénoncent la politique menée par l’URSS dans les pays d’Europe où les partis communistes

sont influents et confisquent le pouvoir. Truman lance une politique d’endiguement

(« containment ») visant à empêcher l’expansion du communisme dans le monde. Cette

politique s’appuie sur une aide financière massive des EUA à la reconstruction des pays

détruits par la guerre en Europe : le Plan Marshall va coûter 13 milliards de dollars entre 1948

et 1952. Les pays qui bénéficient de cette aide de regroupent au sein de l’OECE (Organisation

Européenne de Coopération Economique) et acceptent les règles économiques fixées par les

EUA (accords du GATT en 1948). Les EUA mettent aussi en place une alliance militaire avec

la création de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) en 1949.



Le rapport de Jdanov est la réponse de l’URSS à la politique américaine. Staline refuse le plan

Marshall et interdit aux pays sous sa domination de l’accepter. Le texte de Jdanov montre que

la guerre froide naissante est d’abord une guerre des mots, révélatrice des différences

idéologiques entre les deux Grands. Accusant les EUA de tous les maux, Jdanov demande à

tous les partis communistes, d’Europe notamment, de relayer les choix de Moscou. La

création du Kominform va dans ce sens.

II- Deux modèles idéologiques s’affrontent



1- Le modèle américain



a- le système politique américain



Un modèle démocratique :

Les Etats-Unis d’Amérique sont une République fédérale, alliance de cinquante États ayant

chacun son gouvernement et ses propres lois. Aux échelons locaux, la démocratie directe

s’exprime par l’élection des maires, des juges ou des shérifs par la population.

Le système américain s’appuie sur une constitution, la plus ancienne toujours en vigueur,

datant de 1787 et fondée sur la séparation et l’équilibre des trois pouvoirs. Des amendements

ont modifié profondément cette constitution, comme celui abolissant l’esclavage (1860) ou

celui accordant le droit de vote aux femmes.

Le système américain repose sur les principes proclamés dans la déclaration d’Indépendance

datant de 1776 : Les libertés individuelles sont affirmées et restent au cœur du fonctionnement

des EUA.



Un système présidentiel :

Le système accorde de réelles prérogatives au Président des EUA, maître du pouvoir exécutif

et ayant les moyens de contrôler le pouvoir judiciaire. La guerre froide va renforcer la

personnalisation du pouvoir. Il faudra le scandale du Watergate en 1974 pour que le congrès

(sénat et chambre des représentants) retrouve un certain contrôle sur les activités du cercle

présidentiel.

Aux Etats-Unis, le lobbying est considéré comme un élément normal du fonctionnement de la

démocratie. Les groupes de pression exercent leurs activités pour influencer les décisions

politiques, en finançant les candidats qui défendent leurs intérêts par exemple.



b- Le rêve américain



Les EUA sont le pays de tous les espoirs pour les déshérités de la terre : un pays neuf pour des

hommes libres.

C’est le pays de l’abondance. Le modèle économique américain affiche sa réussite.

C’est le pays de la libre entreprise individuelle, où l’enrichissement est le premier critère de la

réussite sociale, où l’on cultive le mythe du « one-self made man ». C’est le pays où naît la

société de consommation, avec l’automobile comme symbole de l’ « American way of life ».

Dans l’idéal américain, le rôle de l’État est réduit à un minimum, assurer la sécurité des

citoyens.

Le modèle américain s’est aussi construit sur le mythe du « melting-pot » :

l’Amérique serait le creuset de toutes les vieilles nations européennes d’où sortirait un homme

nouveau, l’Américain. La réalité est toute autre. Le pays reste fortement marqué par les

comportements racistes et la séparation des communautés (communautarisme). C’est vrai

entre populations d’origine européennes, où les descendants des Anglais méprisent les

Irlandais ou les Italiens. C’est encore plus vrai pour les noirs américains qui souffrent de

politiques ségrégationnistes dans de nombreux états du Sud.

Dans les années soixante, la question noire agite le pays. L’abrogation tardive de

toutes les lois de ségrégation raciale en 1965 n’empêche ni les émeutes violentes, dans les

ghettos urbains sévèrement réprimées de 1966-1967 ni l’assassinat en 1968 de Martin Luther

King, leader noir, prix Nobel de la paix.

Il y a aussi une masse de pauvres, exclus du système et longtemps abandonnés à leur sort. Ils

sont environ 30 à 40 millions (sur 150 à 180 millions d’habitants). Traditionnellement ce sont

les associations caritatives qui s’occupent des pauvres, à fonds privés et sur fond religieux

(Armée du Salut). Dans les années 60, l’État fédéral engage des programmes sociaux

importants (c’est l’époque du « welfare state », l’’Etat-providence) puis promeut

l’ « affirmative action » en faveur des minorités raciales.



c- Les Etats-Unis leaders du monde libre



Note : ce paragraphe n’aborde que les aspects intérieurs aux EUA relatifs à cette notion de

leader. Il faudra y rajouter les éléments de politique extérieure qui y participent aussi (voir la

suite du chapitre d’histoire).



Les EUA s’affirment comme modèle culturel pour le monde entier. Ce rôle de leader culturel

est nouveau, il date de l’après-guerre. Il s’appuie sur des supports nouveaux, les mass media

modernes que sont le cinéma, la télévision, les 45 tours…mais ne délaisse pas les allées plus

classiques de la culture que sont les livres (Hemingway, Steinbeck) ou l’art contemporain

(Andy Warhol et le pop’art).

La culture américaine se veut populaire et s’adresse au grand public friand de spectacles,

shows, évènements sportifs…Les EUA apportent au monde de nouvelles musiques, jazz,

blues, rock n’roll (Elvis)…

C’est aux EUA que naît dans les années soixante une contre-culture rejetant les excès de la

société de consommation et l’engagement militaire des EUA. Les beatniks, les hippies

chantent l’amour et la paix…et s’opposent à la guerre au Vietnam.



Pourtant la majorité des américains reste convaincue de la « destinée manifeste » des EUA.

Les EUA restent imprégnés par des valeurs morales apportées par les premiers colons

puritains. « God bless America » (Dieu bénisse l’Amérique). Les américains ont foi dans une

mission universelle qui est de montrer au reste du monde la voie à suivre : Les EUA sont du

côté du Bien et luttent contre le Mal sans merci.



2- Le modèle soviétique



a- Le modèle à son apogée, l’URSS de Staline au début des années cinquante



- Un idéal égalitaire



- Le système soviétique est bâti sur les principes du marxisme-léninisme. La société

soviétique se veut sans classes sociales hiérarchisées, affirmant l’égalité de tous les citoyens,

et dirigée par la classe ouvrière, selon les préceptes de Karl Marx. Lénine impose une

direction du pays par un parti unique, le Parti communiste, dont les membres doivent guider le

peuple vers des « lendemains qui chantent ».



- Une économie socialiste



L’État contrôle entièrement l’économie : tous les moyens de production sont étatisés

(terres et usines). Toute l’économie repose sur la planification des productions par l’État

(plans quinquennaux).



- Une réalité totalitaire

Le régime soviétique de Staline repose sur la terreur et la répression. Plus de deux millions de

détenus dans le système concentrationnaire du Goulag fournissent une main-d’œuvre gratuite

aux grands travaux sibériens ou du grand nord.

La population soviétique est fortement encadrée, constamment surveillée, par un parti

communiste omniscient et par une police politique omniprésente. Staline règne en chef

unique, éliminant systématiquement tous ceux qui peuvent menacer son pouvoir et ce, jusqu’à

sa mort en 1953.



- Des capacités de séduction inouïes :



L’URSS apparaît comme un modèle de développement. Son engagement en faveur des

combats progressistes et anticoloniaux en fait l’espoir des peuples opprimés du monde entier.

Un peu partout dans le monde, Staline et l’idéal communiste bénéficient d’une image

extrêmement positive dans les milieux intellectuels.



b- L’URSS après Staline, la réforme impossible



- L’échec de Khrouchtchev (1953-1964)





- La condamnation du stalinisme laisse accroire qu’un changement d’orientation politique est

possible. Monsieur K se réconcilie avec Tito le yougoslave mais l’Armée rouge écrase dans le

sang la tentative de la Hongrie de se libérer du joug de ses dirigeants communistes staliniens.

- Khrouchtchev pense montrer la supériorité du monde communiste dans les domaines

scientifique et économique. L’URSS lance le premier satellite artificiel dès 1957 et Gagarine

est le premier homme dans l’espace en 1961. Mais les grands projets agricoles en Asie

centrale sont des échecs cuisants. Khrouchtchev est écarté du pouvoir en 1964.



- L’URSS figée de Brejnev (1964-1982)



Pendant plus de vingt ans, l’URSS se fige et se cache derrière des discours creux et des

rapports truqués. C’est l’époque de la stagnation, la « zastoï ».

Le pouvoir est confisqué par une minorité privilégiée, la « nomenklatura ». L’économie

s’essouffle, les infrastructures vieillissent, les gaspillages sont énormes car il n’y a plus de

responsables réels. La société soviétique tombe en déliquescence.

Les dissidents, très minoritaires dans le pays, ont un grand succès hors du monde soviétique

(Soljenitsyne, Sakharov notamment).

III- Les temps forts de la guerre froide (1947-1991)



1- La guerre froide à son apogée (1947-1953)



a- Deux blocs face à face



La coupure du monde en deux blocs antagonistes est particulièrement visible en Europe.

En Europe de l’Est, les pays s’alignent sur le modèle soviétique. C’est le début des

« démocraties populaires ». En Tchécoslovaquie, le « coup de Prague » (1948) voit les

communistes confisquer le pouvoir.



Désormais chacun doit « choisir » son camp : En France, les communistes, opposés au

rapprochement avec les Américains, sont exclus du gouvernement.

Aux EUA, après le premier essai nucléaire soviétique et l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong

en Chine (1949), la lutte contre les communistes tourne à l’hystérie : le sénateur Mc Carthy,

dénonçant un complot communiste, engage le pays dans une véritable « chasse aux

sorcières ». En URSS, les dernières années du règne sans partage de Staline se font sous une

terreur totale.



b- Les premiers affrontements



La guerre froide en Europe : le blocus de Berlin (1948-1949)



En 1948, Berlin est une ville coupée en deux, dans un pays occupé et lui aussi coupé en deux.

Cette situation date de 1945 avec la mise en place des quatre zones d’occupation. La rupture

de 1947 accentue la césure du pays en deux territoires fonctionnant chacun selon ses règles :

A l’Ouest, les Américains relancent la reconstruction économique du pays, selon des

modalités que refuse Staline pour la zone soviétique à l’est. La création d’une monnaie, le

Deutsche Mark, provoque une réaction brutale de Moscou qui décrète le blocus de Berlin.

Celui-ci dure 13 mois. Berlin survit grâce à un pont aérien mis en place par les EUA. Les

soviétiques ne veulent pas d’un affrontement direct avec la seule puissance nucléaire d’alors

et laissent les avions survoler leur zone d’occupation.

Finalement le blocus est levé en juin 1949. La conséquence principale de cette crise est la

division de l’Allemagne en deux États distincts, la République Fédérale Allemande à l’Ouest,

et la République Démocratique Allemande à l’Est.



La guerre froide en Asie : la Guerre de Corée (1950-1953)



La Corée est un pays coupé en deux depuis 1945. En 1950, les Coréens du nord

(communistes) envahissent la Corée du sud (capitaliste) au nom de l’unité nationale, c’est le

début de la guerre.

La Corée se situe dans une région du monde sensible : chacun des deux Grands soutient son

camp et lui apporte une aide matérielle importante. La débâcle de l’armée sud-coréenne

provoque une intervention des EUA, approuvée par le conseil de sécurité de l’ONU où

l’URSS ne siégeait pas. L’effondrement de l’armée nord-coréenne qui s’ensuit provoque

l’intervention massive des troupes chinoises contre les Américains.

La guerre de Corée reste malgré tout un conflit localisé : Les Soviétiques n’envoient pas de

troupes, les Américains n’attaquent pas le territoire chinois. Finalement, la guerre fait près de

trois millions de victimes pour aboutir à un statut quo fragile sur le 38e parallèle.

c- Le renforcement des alliances



Les EUA ont une diplomatie extrêmement active :

Soutenue dans le cadre du Plan Marshall, l’Europe occidentale participe à l’Alliance

atlantique. L’OTAN est élargi au début des années cinquante. Les EUA construisent d’autres

alliances en Amérique (OEA), en Asie orientale (OTASE et traité de Washington) et au

Proche Orient (Pacte de Bagdad).

Le soutien américain se manifeste par des accords commerciaux et une présence militaire.

L’URSS crée dès 1949 le COMECON (ou CAEM) qui organise les relations commerciales en

Europe de l’Est, au profit de l’URSS. Ce n’est qu’en 1955 qu’est mise en place une alliance

militaire dans le cadre du Pacte de Varsovie.



2- le « dégel » des relations internationales (1953-1962)



a- La recherche d’une coexistence pacifique



La mort de Staline en 1953 et la fin des combats en Corée inaugurent une période de « dégel »

dans la politique soviétique. Le nouvel homme fort du pays, N. Khrouchtchev, a un nouveau

discours.

- La coexistence pacifique repose sur l’acceptation de l’autre ; chaque camp doit

respecter l’autre camp. La nouvelle doctrine affirme la non-ingérence dans les affaires de

l’autre. Désormais, s’il y a compétition, elle doit être pacifique et se dérouler dans d’autres

domaines comme la culture, les sciences ou l’économie.

- Pour Khrouchtchev, cette nouvelle forme de relation avec les EUA repose sur la

bonne volonté de l’URSS qui s’affirme pacifiste. Devant les menaces d’un cataclysme

nucléaire, les opinions publiques peuvent agir contre l’agressivité des gouvernements

occidentaux (remarquons qu’il n’y a pas d’opinion publique dans les pays communistes).



b- L’équilibre de la terreur



Aux EUA aussi les changements de gouvernements ont des conséquences. Le nouveau

président Eisenhower met fin au maccarthysme. Les Américains peuvent constater la bonne

volonté des Soviétiques qui se retirent de Vienne et dissolvent le Kominform.

Mais la nécessité de changer de politique repose d’abord sur le changement radical du

paysage géostratégique : Américains et Soviétiques disposent d’armes nucléaires puissantes

(bombe H), les Soviétiques peuvent désormais atteindre le territoire américain grâce à leurs

progrès scientifiques (conquête de l’espace).



c- Les limites de la coexistence pacifique



Le monde reste régi selon les principes du bipolarisme : chacun est maître dans son camp et

les deux Grands ont la responsabilité de l’ordre mondial.

Deux évènements illustrent cela durant l’année 1956.

- En Hongrie, l’insurrection nationaliste à Budapest est écrasée par l’Armée rouge.

- En Egypte, Français et Anglais sont contraints par les deux grands à se retirer du canal

de Suez.



Au début des années soixante, deux crises montrent que c’est toujours la guerre froide :

- Le 13 août 1961, Berlin se réveille coupée en deux. Durant la nuit, les soviétiques

ont fermé tous les accès entre Berlin-ouest et Berlin-Est. Le mur de Berlin est érigé en

quelques jours. Cette décision est prise pour empêcher l’exode massif des est-allemands vers

l’occident. Déjà 2 millions de personnes ont migré vers l’Ouest. Le mur de Berlin va

symboliser durant 28 ans la coupure de l’Allemagne et de l’Europe en deux blocs.



- Cuba, un pays communiste dans la chasse gardée des EUA !



En 1959, un jeune révolutionnaire à la tête d’une cohorte de guérilleros, Fidel Castro renverse

le dictateur en place et prend le pouvoir à Cuba. La confiscation des biens américains et le

discours communisant de Castro provoquent l’ire des EUA qui tentent de renverser Castro par

tous les moyens. Isolé par un embargo, menacé d’une invasion, Castro se tourne vers l’URSS.

Pour Khrouchtchev, c’est l’occasion d’enfoncer un coin dans le système défensif américain et

de tester le jeune président américain, J.F. Kennedy.

En 1962, les avions-espions américains repèrent la construction de bases de missiles sur l’île

de Cuba. Kennedy décrète un embargo total de l’île par la Navy et prend à témoin l’opinion

mondiale dans un discours télévisé de sa volonté de ne pas céder et des menaces sur la paix

mondiale du coup de force soviétique.

Au bout d’une semaine de tension, Khrouchtchev recule : les navires soviétiques apportant les

fusées font demi-tour. En apparence Kennedy triomphe, mais les Américains se sont engagés

à ne plus tenter de renverser Castro par la force et à retirer leurs propres fusées de Turquie.



3- La Détente, une pause dans la guerre froide ? (1962-années 1970)



a- La recherche du dialogue



Cuba a montré les limites d’une simple coexistence pacifique. EUA et URSS ont besoin d’une

plus grande sécurité. Chacun des deux grands a besoin d’un répit : la course aux armements

coûte cher, l’URSS a des difficultés économiques, les EUA doivent affronter la révolte noire

au milieu des années soixante.

La diplomatie s’agite beaucoup : les chefs d’état se rencontrent. Un « téléphone rouge » met

les deux capitales en relation directe. Des conférences s’engagent pour limiter les armements

nucléaires. Elles aboutissent en 1972 avec les accords SALT 1.

La coopération entre les deux pays devient effective : les EUA vendent du blé à l’URSS. Un

vol Apollo-Soyouz est organisé en 1975.



b- Des guerres périphériques



En Asie, les EUA s’enlisent dans une longue et meurtrière guerre du Vietnam (1965- 1973),

engagée pour lutter contre l’expansion communiste dans la péninsule indochinoise. En 1968,

plus de cinq cent milles G.i.'s sont au Vietnam pour se battre contre l’armée du Nord-Vietnam

et la guérilla communiste du Sud (le Viêt-Cong).

Malgré un investissement matériel énorme, les EUA ne parviennent pas à empêcher

l’expansion communiste au Laos et au Cambodge.



Au Proche-Orient, le conflit israélo-arabe connaît un regain de tension. En 1967, se sentant

menacé par ses voisins, Israël lance une guerre préventive : la guerre des six jours aboutit à

l’occupation de vastes territoires en Cisjordanie et au Sinaï surtout. Ceci marque le début de la

colonisation juive de terres nouvelles. C’est aussi le début du mouvement palestinien de

résistance à l’occupation israélienne, notamment à partir des nombreux camps de réfugiés en

Jordanie ou au Liban.

Les logiques de ce conflit échappent presque totalement à celles de la guerre froide.

Cependant, les EUA étant les alliés indéfectibles d’Israël, l’URSS a beau jeu de se placer

comme champion de la cause arabe…

La région s’embrase à nouveau en 1973 lors de la guerre du Kippour. Très vite, les deux

grands imposent un cessez-le-feu aux belligérants.



c- L’apogée de la Détente



En Europe, la Détente permet à Willy Brandt, dirigeant de la RFA, d’engager le dialogue avec

la RDA et le bloc de l’est. L’ « Ostpolitik » allemande est une volonté d’apaisement des

relations est-ouest. Cela aboutit à la reconnaissance mutuelle des deux États et leur admission

à l’ONU en 1973.

Les accords d’Helsinki en 1975 marquent l’apogée de la Détente : 35 pays européens

manifestent clairement leur refus de toute guerre sur leur continent ainsi que le droit des

peuples à l’autodétermination.



3- L’effondrement du bloc soviétique (1979 -1991)



a- La « guerre fraîche » (1980-1989)



La Détente se révèle favorable à l’URSS : le modèle communiste progresse sur tous les

continents durant les années soixante-dix et la conférence d’Helsinki est un succès

diplomatique pour l’URSS.



- Reagan contre « l’Empire du Mal »



- Elu en 1980, Ronald Reagan est un républicain conservateur, obnubilé par le « déclin

américain ». Son programme est simple : « América is back ». Son idéologie est

profondément anticommuniste : l’URSS est « l’Empire du Mal » qu’il faut abattre. Son

discours met fin au processus de la Détente. Il n’y a pas de coexistence pacifique possible

puisqu’ elle n’est profitable qu’à l’URSS.

- Reagan relance la guerre froide en initiant une course aux armements contre l’URSS.

Des fusées Pershing sont déployées en Europe occidentale (1983) ; Reagan lance la « guerre

des étoiles » qui remettrait en cause à terme l’équilibre de la terreur.

Les EUA interviennent militairement contre l’expansion communiste dans le monde soit par

des opérations musclées (Grenade en 1983) soit par un soutien important aux mouvements

anticommunistes (« contras » du Nicaragua, talibans afghans).



b- La chute brutale de l’URSS



- L’URSS est incapable de faire face à la surenchère américaine. Epuisé

économiquement par le poids du complexe militaro-industriel, le pays n’a pas les moyens de

participer à une nouvelle course aux armements. En 1987, Gorbatchev et Reagan signent le

traité de Washington éliminant les armes nucléaires de courte et moyenne portée. L’Armée

rouge se retire de l’Afghanistan en 1988.

- Soucieux de réformer en profondeur son pays (perestroïka), le nouveau dirigeant

soviétique Gorbatchev abandonne les prétentions de son pays à décider du sort des autres

pays. C’est la porte ouverte à l’abandon de la voie socialiste dans les pays d’Europe orientale :

dès 1989, la Pologne organise des élections libres qui mettent au pouvoir un non-communiste.

En un an, toutes les démocraties populaires européennes s’effondrent.

- Finalement Gorbatchev échoue dans ses réformes intérieures. La remise en cause du

système soviétique aboutit à son effondrement total. Chaque république soviétique cherche

son salut dans l’indépendance. Le coup de grâce est donné par la Russie : Boris Eltsine

renforce son pouvoir en interdisant le parti communiste, puis fait sécession avec l’URSS.

Gorbatchev démissionne en décembre 1991 : l’URSS n’existe plus. La guerre froide est

terminée.


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