Conditions de la concurrence pure et parfaite (Knight 1921)

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Conditions de la concurrence pure et parfaite (Knight 1921) Powered By Docstoc
					  THÈME 1 :

LA CONCURRENCE
  IMPARFAITE



                 1
1. Les principes de la concurrence pure et
parfaite (rappels)
1.1. Les conditions de la concurrence pure et parfaite
1.2. L’équilibre en concurrence pure et parfaite

2. Les imperfections de marché, causes de
concurrence imparfaite
2.1. Non – atomicité : le monopole
2.2. Non – homogénéité: la concurrence monopolistique
2.3. La contestabilité des marchés et les barrières à l’entrée / à
la sortie
2.4. Les limites à la mobilité des facteurs de production
2.5. L’imperfection de l’information



                                                                     2
1. les principes de la concurrence
      pure et parfaite (Rappels)
       1.1. Rappel : les conditions de la concurrence
                       pure et parfaite
•   Pour qu’un marché fonctionne de manière optimale, il faut que soient garanties cinq
    conditions de concurrence pure et parfaite :
•   Atomicité : il existe un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs, aucun ne pouvant
    influencer le marché.
•   Homogénéité : le produit est considéré comme identique par tous les acheteurs
    (aucune caractéristique particulière). Le seul critère de choix est donc le prix.
•   Libre entrée et libre sortie : tout producteur et tout acheteur sont libres d’entrer sur
    un marché et d’en sortir.
•   Mobilité des facteurs de production : ceux-ci peuvent se déplacer librement d’un
    marché à un autre.
•   Transparence : l’information est parfaite, c’est à dire connue de tous et sans coût.



Une grande partie de l’analyse économique des marchés consiste à examiner la distance de
    la réalité à ce modèle, et à en tirer des conséquences en termes de bien-être collectif.
                                Ex: politiques de la concurrence.


                                                                                         4
              1.2 L’équilibre en CPP (1): produit total et produit marginal
               ( = loi des rendements décroissants, cf. Turgot et Malthus)




Source: Généreux (J), Economie                                                5
politique, t.3, Microéconomie,
Hachette, 1995.
   L’équilibre en CPP (2): produit marginal et produit moyen


                                       • Relation entre
                                         variables marginales et
                                         moyennes
                                       • La productivité
                                         marginale des facteurs
                                         de production est
                                         toujours décroissante
                                         et >0 (phases II et III)
                                       • Une maximisation de
                                         l’efficacité implique
                                         d’aller au moins
                                         jusqu’au point B,
                                         c’est-à-dire d’avoir une
                                         PML décroissante
                                         (phase III)
Source: Généreux (J), Economie                              6
politique, t.3, Microéconomie,
Hachette, 1995.
                  L’équilibre en CPP (3): relations
                 entre courbes de produit et de coût




Source: Généreux (J), Economie                         7
politique, t.3, Microéconomie,
Hachette, 1995.
    L’équilibre en CPP (4): le profit et l’équilibre de
                        marché




•   π = (RM – CM) * Q
•   Condition de maximisation du profit: Rm = Cm
•   En situation de CPP:
     – le prix est fixé sur le marché et s’impose donc à l’entreprise (elle est price taker)
     – à l’équilibre en longue période, la firme ne fait pas de profit (le profit de la firme
       marginale est nul). Le profit ne peut être que temporaire, rémunérer une prise de
       risque (F. Knight).
                                                                                                8
              Les gains de l’échange en CPP: les surplus du
                     consommateur et du producteur
            • Les surplus: des gains nets
              d’utilité pour le consommateur
              et pour le producteur
            • La raison d’être de l’échange
              économique sur un marché:
              l’échange s’arrête quand les
              agents ont épuisé les avantages
              mutuels qu’ils en retirent
            • La situation de CPP est un
              optimum économique (elle
              maximise le surplus global, égal
              à la somme des surplus du
              consommateur et du
              producteur)



Source: Généreux (J), Economie                            9
politique, t.3, Microéconomie,
Hachette, 1995.
 2. Les imperfections de marché,
causes de concurrence imparfaite
               2.1 Non atomicité: le monopole
 Un marché n’est pas toujours constitué d’une multitude d’offreurs et
  d’acheteurs. Il existe plusieurs cas de figure (tableau de Stackelberg):

         Offreurs          Un seul        Un petit nombre Un grand nombre

  Acheteurs
                         Monopole           Monopsone           Monopsone
  Un seul                bilatéral           contrarié

                         Monopole            Oligopole          Oligopsone
  Un petit nombre        contrarié           bilatéral

                         Monopole            Oligopole         Concurrence
  Un grand nombre                                             pure et parfaite

                                                                             11
            L’équilibre de marché en monopole
- Un cas de monopole correspond à une situation où une multitude de demandeurs fait face à un seul
offreur.
- Dans ce cas, le producteur domine le marché en fixant la quantité ou le prix du produit. La firme est
« faiseur de prix » (price maker).
- En situation de monopole, les quantités sont inférieures et les prix supérieurs à la situation de CPP


                                                          Source : M.Montoussé et I.Waquet, Bréal, 2004.




                                                    Rm                           = p = RM

                                    Quantité en      Quantité en                                      Q
                                     monopole          CPP
                                                                                                     12
             Le monopole : du profit à la rente
                                              Source : M.Montoussé et I.Waquet, Bréal, 2004.




                              Rm                RM




En situation de monopole, le profit peut être important et durable; on parle de
rente.
                                                                                         13
      Monopole et bien-être collectif : la
        charge morte du monopole




                                                Source : M.Montoussé et
                                                I.Waquet, Bréal, 2004.




Un monopole dégrade non seulement le surplus du
consommateur, mais aussi le surplus global et donc le bien être
collectif : c’est la charge morte du monopole.
                                                                     14
                                 Le monopole discriminant

• Discrimination
  entre les clients
• Discrimination
  entre les unités
  consommées
• Monopole
  parfaitement
  discriminant



Source: Généreux (J), Economie                              15
politique, t.3, Microéconomie,
Hachette, 1995.
         2.2 Non – homogénéité: la concurrence
                    monopolistique

• Définition: situation où un grand nombre d’entreprises parviennent à
  acquérir un certain pouvoir de monopole, c’est-à-dire une demande à
  la firme imparfaitement élastique, grâce à une différenciation de leur
  produit. (Chamberlin, 1933).
• Donc:
   – Situation où toutes les conditions de la CPP sont remplies, sauf celle
     d’homogénéité du produit…
   – … ce qui fait que, du point de vue de l’équilibre de marché, on se retrouve dans
     une situation intermédiaire entre la CPP et le monopole
• La concurrence monopolistique peut provenir d’une innovation
  temporaire (ex: Philips et le compact disc) ou d’une tentative de
  différenciation plus durable (Nutella?).

                                                                             16
   L’équilibre en concurrence monopolistique




                                                             Source: Généreux (J), Economie
                                                             politique, t.3, Microéconomie,
                                                             Hachette, 1995.




Le prix n’est pas égal au CM minimum ; ceci se traduit par une
quantité produite inférieure à la situation de CPP. La situation est sous
optimale, malgré la présence de plusieurs offreurs.
                                                                             17
     2.3. La contestabilité des marchés et les barrières
                          à l’entrée
• Contexte historique: opposition, depuis plus d’un siècle aux E-U et visible depuis
  une vingtaine d’années (acte unique, 1986) en Europe, entre:
    – De grosses firmes (trusts), parfois des monopoles
    – Les consommateurs, relayés par des administrations économiques, qui mettent en place
      une politique de la concurrence, parfois appelée législation antitrust
• Face à la mise en lumière des inconvénients des monopoles par rapport à la CPP du
  point de vue collectif (ce que montre ce cours depuis le début), ceux-ci ont réagi, ce
  qui a entraîné de nouveaux développements dans l’analyse économique, notamment
  la théorie des marchés contestables
• Définition: le marché d’un bien ou d’un service est « contestable » si, d’une part,
  l’entrée sur ce marché est complètement libre et, d’autre part, la sortie de ce marché
  se fait sans coût (D. Ecaoua, 1986).
    – L’entrée est libre tant qu’une entreprise entrante a la possibilité de réaliser un profit
    – La sortie est libre tant qu’une entreprise peut se retirer du marché sans perte brute, c’est
      à dire qu’elle peut récupérer la quasi totalité des sommes investies (pas de coûts
      irrécupérables, de sunk costs).
• Dès lors, les entreprises ne peuvent pratiquer des prix abusifs sous peine de voir
  arriver de nouveaux concurrents (on parle de situation de concurrence potentielle).
                                                                                         18
Arguments en faveur des monopoles (cf. par ex. H. Demsetz) :
• Si une firme se retrouve en situation de monopole c’est qu’elle a été plus
  efficace que les autres.
• Le profit réalisé par le monopole n’est pas dû à l’abus d’un pouvoir de marché,
  mais à cette plus grande efficacité… qui lui a permis d’être en situation de
  monopole.
• La concurrence potentielle dissuade en effet la firme de pratiquer des prix
  abusifs au détriment des consommateurs. En effet, une firme qui abuserait de sa
  situation de monopole pour réaliser un « sur-profit », verrait immédiatement
  arriver de nouveaux concurrents attirés par les opportunités de profit… et
  progressivement le prix reviendrait à son niveau concurrentiel. Une entreprise
  en situation de monopole aurait même intérêt à pratiquer des prix relativement
  bas afin de dissuader d’éventuels concurrents d’entrer sur son marché.
 La concurrence potentielle suffirait à réguler les situations de
  monopole : l’intervention des pouvoirs publics serait inutile.
 Le seul problème résiderait dans l’existence de « barrières à
  l’entrée » du marché
                                                                           19
    Origines possibles des barrières à l’entrée:

1) Liées aux conditions de production
 Monopole de fait :
       la propriété de certaines ressources demeure concentrée entre les mains de quelques offreurs, ce qui limite
        le nombre d’entrants potentiels
       Ex: ALCOA
 Monopole naturel :
       Dans certaines situations, les rendements demeurent croissants, et donc RM < CM pour une
        entreprise price-taker (cf graphique sur CPP).
       En revanche, comme un monopole est seul et qu’il vend à un prix bien supérieur, il pourra avoir,
        pour une même taille de marché, RM > CM.
       Ceci est dû à 2 facteurs: marché trop petit pour plusieurs producteurs ; monopole price-maker, i.e.
        faisant face à une demande imparfaitement élastique au prix ( = pentue).
       Exemple: production d’électricité: coûts fixes >> coûts variables  rendements longtemps
         croissants, et il n’y a pas la place pour plusieurs producteurs.

2) Liées aux conditions de financement et de commercialisation
 Barrières stratégiques : instaurées par un comportement stratégique des firmes (cf. séance
     suivante),
       Collectives, ex: entente sur les prix.
       Individuelles, ex: dumping, discrimination sur les prix
    Capitaux nécessaires à l’entrée sur le marché
    Coûts de transferts pour les utilisateurs (ex: PC / Mac)
    Accès aux circuits de distribution
    Différenciation du produit (concurrence monopolistique qui tourne au monopole non
     contestable)                                                                  20
        2.4. Les limites à la mobilité des facteurs de production
                       • Le capital n’est pas parfaitement mobile :
 Certes, le capital financier a une mobilité particulièrement forte, à tel point que l’on peut
  parler de liquidité, voire de volatilité (cette dernière pouvant d’ailleurs être déstabilisante pour
  les économies, exemples: crises de change, évasion fiscale).
 Mais les estimations empiriques montrent que, si elle a beaucoup augmenté ces derniers
  temps (mise en place de la zone euro…) la mobilité du capital financier reste imparfaite,
  notamment entre zones monétaires.
 En outre, le capital fixe a une capacité de mobilité beaucoup plus réduite et plus coûteuse :
  même les délocalisations ont un coût et demandent du temps.

                     • Le travail est un facteur « quasi fixe » (W. Oï)
 Contraintes légales, familiales, culturelles, etc… qui limitent la circulation des travailleurs.
 Coûts d’apprentissage et d’installation ne sont accessibles qu’à certains travailleurs
  qualifiés.
 Doeringer et Piore (1971) ont montré l’existence de marchés internes du travail : les
  entreprises cherchent à « fixer » les travailleurs les plus qualifiés car ils sont plus coûteux à
  remplacer (embauche, formation, spécificités de leurs actifs…). Ces marchés sont séparés
  d’un marché général du travail où circuleraient tous les travailleurs.




                                                                                            21
       2.5. L’information est loin d’être parfaite
 L’information est imparfaite :
     Les pouvoirs publics en intervenant sur les prix (salaires…) ne permettent pas aux prix de
      jouer leur rôle de vecteur d’information parfaite.
     Les entreprises faussent aussi les prix à travers des stratégies de dissimulation, de
      différenciation ou d’entente.
 L’accès à l’information a un coût:
       Toute information a un coût (temps de recherche…) qui limite la quantité d’information
       que les agents peuvent acquérir.
 En pratique les agents mettent plutôt en œuvre une « rationalité limitée » (Herbert
  Simon, 1964)
     c’est-à-dire qu’ils choisissent une situation satisfaisante plutôt qu’optimale, celle-ci étant
      difficile à connaître a priori.
     Attitude proche de celle du Descartes du Discours de la méthode (17ème siècle).
 Conséquences de ces imperfections: mauvaise allocation des ressources
     L’information sur les prix est avant tout une information sur la rareté, sur la valeur
      comparée des marchandises
     Il n’est donc pas étonnant qu’en situation d’information imparfaite, l’allocation des
      ressources soit faussée, ex: The market for lemons, Akerlof 1970.

                                                                                           22

				
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posted:1/5/2012
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