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L�ONU FACE � LA MONDIALISATION :

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Political Science and International Organization II 2005/2006

Les problèmes posés pas la réforme de l’ONU :

L’ONU FACE À LA MONDIALISATION :

LE PROBLÈME DU PASSAGE DU MULTILATÉRALISME AU SYSTÈME-MONDE

V.-Y. GHEBALI, hiver 2005



Définition de mondialisation :

- Aucune généralement acceptée, même si le phénomène était déjà identifié dans la période

d’EDG par Paul Valéry.

- Elle se réfère à l’émergence d’un système de rapports coextensif avec la planète et se

manifeste par l’accroissement exponentiel de l’interconnexion et de l’interdépendance au sein

du « village global » (Marshall McLuhan) et la diminution du rôle traditionnelle de l’Etat-nation

(ère « post-westphalienne » pour certains)

- La mondialisation est quantitativement différente du multilatéralisme.

- Elle n’a pris l’essor que grâce aux nouvelles technologies issues de la révolution informatique

et à la faveur de la multipolarité consécutive à la disparition du schisme Est-Ouest.

- Actuellement elle parait comme un processus en devenir, dont les effets sont incertains : elle

est réelle dans l’économie mais dans d’autres domaines elle reste floue



Quelles sont les tentatives onusiennes d’adaptation au phénomène de la mondialisation ?



I. LE SOMMET DU MILLÉNAIRE (2000) : La formation d’objectifs pour le siècle nouveau



Suite au 4 décennies de crise existentielle à cause de la Guerre Froide (bipolarité et armée

nucléaires), l’ONU est de nouveau dans une situation d’interrogation existentiel.



- A partir de décembre 1998 : le SG Kofi Annan – pousse l’ONU de prendre acte des enjeux et

des défis de la mondialisation. Il soumet un rapport spécial (« Nous les peuples. Le rôle des

NU dans le XXIe siècle »), insistant sur les « quatre libertés » (terminologie de Roosevelt de

1941) : 1) la sécurité collective ; 2) l’aide au développement économico-social ; 3) la

protection de l’environnement de manière à permettre à l’humanité d’être « libérée de la

peur » ; 4) vivre « à l’abri du besoin » et d’envisager véritablement un « avenir viable »

- L’ensemble de ces idées approuvé, par les Etat, ils adoptent la Déclaration du Millénaire »

(2000). L’AG réalisa la nécessité d’une stratégie d’applications pratiques. Le SG établie des

orientations, les poins de mise ne œuvre et les rapports à un ou 5 ans.



- Le résultat « Plan de campagne », qui définie les « Objectifs du Millénaire pour le

développement » (2005-2015) : la réduction à moitié de l’extrême pauvreté et de la faim, et la

pénurie de l’eau potable ; la scolarisation universelle ; amélioration - condition de la femme ; la

réduction - mortalité infantile et maternelle, la lutte contre le paludisme et la pandémie de

SIDA, l’établissement d’un partenariat mondial pour le développement », favorable à l’aide au

dév., à des échanges commerciaux équitables et à l’allégement de la dette.

Rien de révolutionnaire, et pas irréaliste parce que les pays riches ont les moyens pour la

mise en œuvre effective des ces objectifs.



- Parallèlement 2 initiatives du Secrétaire Général (SG) :

1. Coopération de type nouveau avec les acteurs non étatiques de la mondialisation, les

milieux d’affaires et le secteur privé => « Parte mondial ». Depuis, 2 000 compagnies ont

adhéré + des instances intergouvernementales (HCR, OIT, etc.) + ONG (Amnesty int.) +

centres universitaires.

Objectif : encourager les multinationales de mettre en pratique dix principes

fondamentaux liés aux droits de l’homme, aux normes de travail, etc.

Critique : risque de bénéficier bien plus au monde des affaires qu’à l’ONU



2. Débat de fond : Rapport (« Un monde plus sûr : notre affaire à tous », 2004) analysant :

1) l’ensemble des menaces traditionnelles et nouvelles à la sécurité collective (prise

ne considération du dév. éco-soc.)

2) recommandations en faveurs de la prévention des conflits et prévoyant l’usage de

la force armée dans l’intérêt collectif.

3) préconise des changements dans chacun des organes principaux de l’ONU, en

commençant pas le CS (élargissement) et la Commission de DH (remplacement)...



Les rapports annuels montrent absence de progrès réel.



1 Radoslava Karabasheva

Political Science and International Organization II 2005/2006

II. LE SOMMET MONDIAL DE 2005 : Le rendez-vous manqué de l’adaptation à la mondialisation



Résultas décevants, clichés et rhétorique, mais guère d’obligations nouvelles. 2 raisons :

1) ordre générale : attitude frileusement et égoïstement souverainiste, réaction à l’érosion de

la souveraineté nationale générée par la mondialisation font opposition à un renforcement de l’ONU.



2) hostilité d’une Amérique devenue allergique au DI et considérant que « la mission doit

déterminer la coalition ». Le 8 juin 2005, la Chambre des Représentants adopte une loi (la loi Hyde)

selon laquelle l’Administration va diminuer unilatéralement à moitié la cotisation américaine si l’ONU

ne fait jusqu’en 2007 une trentaine de reformes. Bush approuve l’esprit de la loi, mais s’oppose à son

entrée en vigueur. Pourquoi ? Le but n’est pas de détruire l’ONU, mais de la maintenir dans un état de

semi-impuissance, afin qu’elle ne puisse entraver la nouvelle politique impériale américaine, qui ne

tolère ni puissance rivale ni contrepoids de type intergouvernemental. Newt Gingrich : « A limited

UN is best for America. » Donc la matérialisation des Objectifs en question est aujourd’hui peut-être

plus éloignée que jamais aucune décision de fond n’est prise sur la démocratisation du CS.



A LA DÉMOCRATISATION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ (CS)



Critiques sur la non représentativité : le noyau dur du CS reflète des rapport de force hérité de la

d ème

2 GM et non pas les réalité géopolitiques du 21 siècle=> Plusieurs suggestions d’élargissement:

1) Le SG : création de 6 sièges permanents sans droit de veto : 2 Asie, 2 Afrique, 1 Euro, 1 Am. Sud

+ 3sièges non permanents ; ou 1 non permanent et 8 permanent (2 par continent)

2) G4 (Allemagne, Brésil, Inde, Japon) : 6 sièges permanents sans droit de veto pour au moins 15ans

(les 4 + 2 africains) + 4 non permanents (dont 2 de l’Afrique)

3) anti-G4 : Italie, Espagne, Argentine, Mexique, Pakistan, Corée du Sud : 10 siège non permanents.

4) Afrique de Sud, Egypte et Nigeria : 2 sièges permanents avec droit de veto immédiat + 5 non perm.



Les chefs d’Etats disent souhaiter la réforme, mais ne la réaliseront pas pour 2 raisons :

1) certaines grandes puissances ne souhaitent pas élargir le cercle de privilégier de droit de veto :

ex. : la Chine : veut pas le Japon ; l’USA : veut pas l’Allemagne (opposition à la guerre en Iraq).

2) Risque de déstabilisation régionale. Plus de membres permanents, moins performant devient le CS



La source réelle du déficit démocratique est le droit de veto. Mal nécessaire, sinon l’USA, la Russie et

la Chine ne demeureraient pas longtemps au CS en cas de condamnation de leur politique. Le vrai

problème n’est pas son abolition, mais la réglementation de son usage. Options possibles :

1) Nul ne peut être à la fois jugé et partie : non-application du droit de veto lors de l’examen

d’un conflit où se trouveraient directement engagé l’un des membres permanents.

2) Accord d’une majorité qualifiée des membres permanents.



B LE RENFORSEMENT DES CAPACITÉ DE L’ONU POUR LA GESTION DES CONFLITS



Sans armée permanente, l’ONU se trouve condamnée à gérer les conflits interétatiques et intra-

étatiques à partir de zéro => agir trop tard et trop peu. L’idée de force de réaction rapide placée en

permanence est assez élaborée depuis les années 90, mais en échec : droit d’ingérence.



Seule innovation réelle apportée par cette Déclaration a trait au principe de la création d’une

Commission intergmt chargée d’aider les pays à réussir la transition de la guerre à la paix.



Du fait de l’opposition des USA au désarmement nucléaire, la Déclaration exclue toute référence à la

non-prolifération, le plus grand échec du Sommet selon Kofi Annan.



C LA DÉPOLITISATION DES DROITS DE L’HOMME (DH)



Projet centrale lancé par la Suisse : le replacement de la Commission par un Conseil de DH. Les

modalités sont à définir par l’AG



CONCLUSION



 Nulle réforme fondée sur des mesures d’ingénierie institutionnelle ne pourra jamais

remédier à des dysfonctionnements de type politique.

 Toute institution humaine est par définition perfectible et, en l’occurrence, des solutions

raisonnables existent pour chacun des dysfonctionnements de l’ONU, y compris pour le

financement. Le malheur est qu’elles sont toutes, en l’état actuel des choses, politiquement

inadmissible pour les Etats.





2 Radoslava Karabasheva


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