Introduction
ardi 4 avril 2006, les femmes koweïtiennes votent pour la première fois lors d’une élection municipale partielle. Après plus de vingt ans de luttes, elles ont obtenu le droit de vote et d’éligibilité le 16 mai 2005, tandis que la première femme ministre dans l’Émirat était nommée en juin 2005. L’événement est salué dans tous les médias internationaux, qui en profitent pour souligner que l’Arabie Saoudite, où les premières élections municipales libres ont été organisées au printemps 2005, continue à refuser le droit de vote aux femmes. La même semaine d’avril 2006, quatre hebdomadaires français accordent tout ou partie de leur « une » à Ségolène Royal. Arlette Laguiller avait été en 1974 la première femme candidate à l’Élysée et s’est présentée depuis lors à chaque échéance présidentielle pour Lutte ouvrière, mais c’est la première fois qu’une femme « pourrait » être en mesure de représenter les couleurs d’un parti majoritaire. Communication politique habile ou effet de nouveauté, tous les titres s’enthousiasment alors pour « Ségolène », sa volonté, son « charme » et… son compagnon, car une femme en politique, c’est pour les journalistes le signe évident d’un renouvellement du jeu politique, mais c’est aussi inévitablement une mère de famille et une épouse. Cet instantané sur l’actualité montre à quel point la question des femmes en politique est encore considérée comme un événement digne de figurer à la « une » des principaux « news magazines » français. Mais cette chronique ordinaire fait surtout écho à l’histoire contrastée de l’accès des femmes à la citoyenneté politique et de leur entrée dans les organes de décision et de représentation politiques.
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