Note Contextuelle
Textile et Développement Rural
3éme Colloque Gouvernemental
6-7-9 Mai 2005
Bref historique du secteur textile Malgache :
L’origine de l’industrie textile à Madagascar remonte au début des années soixante. Un certain
nombre d’unités textiles ont vu le jour à cette époque et ont opéré avec succès sur un marché
local relativement protégé (spécialement à partir des années 70). Les principaux acteurs étaient à
l’époque : Cotona, Sotema, Fanavotana, Samaf, Somacou, Tisma, Sumatex, Sobama,…
L’ouverture de l’économie malgache vers la fin des années 80 et plus spécifiquement du secteur
textile a bouleversé la donne :
- Hausse des importations et en particulier des importations frauduleuses,
- Emergence d’importations de friperies et de confection reflétant ainsi la chute du
pouvoir d’achat des Malgaches et répondant donc à un besoin de s’habiller à bon
marché,
- Sur le marché traditionnel des Lambahoany (pagnes) , émergence de contrefaçon.
Évolution du Marché Textile Malgache et part des Importations
1993 à 2002
93 94 95 96 97 98 99 00 01 02
34 42 54 57 63 65 66 66 78 82 Observations :
IMPORT
Part croissante des importations au
détriment des opérateurs locaux
’
(essentiellement à lheure actuelle
A,
COTON SOMACOU et dans une
moindre mesure SAMAF)
COTONA 22
22 La part de marché deCotona passe
de 22 % à 8 % sur la période observée
21
24 Une relative stabilité de la
23 20 18 consommation par habitant (entre 1.1
AUTRES 20
et 1.2 kg/an/capital)
(SOTEMA,SOMACOU
SAMAF …) 18 8
TOTAL 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100
TOTAL (Ktonnes)13.4 13.4 13.0 13.1 16.4 15.6 17.6 16.0 18.0 11.1
Consommation 1.1 1.1 1.0 1.0 1.2 1.1 1.2 1.1 1.2 0.7
En kg/hab/an
* Chiffre e n dˇcalage par rapport aux annˇe s prˇcˇde nte s e t sans doute le re fle t du dˇstockage sur 2002
L’ouverture de Madagascar au commerce international au début des années 90 (et la fraude qui en
a découlée) a occasionné une recomposition du secteur textile Malgache avec la disparition de
nombreux acteurs industriels de cette filière. Par ailleurs, l’Etat Malgache a également subi le
contrecoup de cette déstructuration industrielle par une réduction des recettes fiscales (Impôts sur
les bénéfices, taxe professionnelle,pertes fiscales liées au moindre emploi) et qui n’ont sans
doute été que très partiellement compensées par des recettes fiscales à l’importation.
Même si les instruments traditionnels d’analyse économique démontrent parfois que cette
ouverture au commerce international peut à la fois détruire le tissu industriel local et avoir un
effet net positif sur le bien être économique global d’un pays, cette position ne tient pas compte
des effets indirects et notamment de l’impact sur les industries en amont et en aval des filières
concernées. Il est certain que la faiblesse de la filière de culture cotonnière Malgache résulte en
partie de la disparition progressive de la base d’industrie locale de transformation. Cotona est
pratiquement à l’heure actuelle l’unique client local de la société cotonnière Hasyma.
Alors que le Marché Intérieur était de plus en plus dominé par les importations de textile et de
friperies, le Gouvernement Malgache pris l’initiative vers la fin des années 80 de créer une Zone
Franche permettant ainsi l’installation de capacités significatives de confection de vêtements et
offrant en conséquence des débouchés commerciaux “export” aux unités textiles locales. En
l’espace d’une dizaine d’années, près de 100.000 emplois ont été créés dans ce secteur. L’année
2004 constitue l’année record en termes d’exportations avec plus de 400 Millions de dollars dont
près de 70% sont destinées au Marché Américain.
Exportations Textile Malgache vers l’Europe et les Etats-Unis
Millions U.S. $
450
400 402
350
333
300
275
265
250
200 206
189
150
100
50
0
1999 2000 2001 2002 2003 2004
Part Marché 22% 70%
Américain
La poursuite de la croissance des exportations après la crise politique de 2002 reflète la monté en
puissance des accords préférentiels AGOA et du maintien jusqu’à fin 2004 du régime des quotas.
La part du textile dans l’ensemble des exportations Malgaches est près de 40% en 2004 reflétant
ainsi le poids de ce secteur dans l’économie du pays. De plus, le niveau d’emploi de la franche
franche textile représente environ un tiers des emplois du secteur formel privé.
2003 U.S. Europe + Row World
(en Million $ U.S.)
Textile (confection 61 + 62) 179 115 294 Part des exportations
Vanille ( 0905) 92 97 189 textiles :
Crevettes…( 03 ) 0 128 128
Thon (1604) 0 42 42
Epices (hors Vanille 09 hors 0905) 1 34 35 - 36 % en 2003
Pierres Précieuses ( 71) 1 13 15 - Environ 40% en 2004
Coton ( 52 ) 0 12 12
Noix de cajou ( 08 ) 0 11 11
Autres (*) 3 88 91
Total 277 540 816
Perspectives du secteur textile Malgache
Bien que l’année 2004 constitue le point culminant de la performance de Madagascar en termes
de volume d’exportations textiles, celle-ci clôture une longue période pendant laquelle
Madagascar et d’autres pays ont bénéficié des mesures de quota limitant les exportations textiles
de certains pays asiatiques et notamment de la Chine vers les Etats-Unis. C’est en réalité toute la
zone sub-saharienne qui a bénéficié de cet effet dopant des quotas et ce bien évidemment avant
même l’entrée en vigueur du traité de l’AGOA. Le produit phare bénéficiant des quotas étant le
segment pantalon.
Cette nouvelle ère du textile sur un plan mondial signifie donc pour toute la zone Sub Saharienne
une dilution des avantages lies au traités ACP et AGOA. Bien que Madagascar bénéficie toujours
d’un avantage en terme de franchise de douanes pour les vêtements exportés vers les Etats-Unis,
( de 5 à 15% du prix de vente du produit confectionné) celui-ci ne suffit pas par lui-même à
assurer la compétitivité du secteur textile Malgache.
La libéralisation quasi totale du secteur textile sur un plan mondial va donc en toute hypothèse
exacerber la concurrence dans les années à venir et mettre encore plus l’accent sur les facteurs clé
de compétitivité de Madagascar dans le métier du textile. Toute la filière est concernée : le coton,
la transformation et la confection. En effet, la fin probable de la clause “LDC” permettant
actuellement un grand nombre d’unités de confection de s’approvisionner en fils et tissus
d’origine asiatique va obliger ces mêmes unités à trouver des solutions d’approvisionnement sur
un plan local ou régional. A l’heure actuelle, il est très difficile de trouver des fils et
des tissus de qualité Export dans la zone subsaharienne. A Madagascar, seule Cotona est en
mesure d’atteindre le niveau d’exigence qualitatif des grands donneurs d’ordre Européens et
Américains. Par contre, sa capacité ne satisfait à l’heure actuelle qu’une partie des besoins en
tissus et en fils de la zone franche malgache. Les besoins actuels et anticipés de la zone franche en
tissus (chaine et trame , maille ) et fil nécessiteraient un accroissement très significatif des
capacités de filature ,de tissage et d’ennoblissement. Au-dela des contraintes liées aux traités
internationaux , les grands clients internationaux (du type GAP) ressèrent de plus en plus leurs
exigences en terme de délais. Les commandes textiles passées à Madagascar doivent être
honorées dans des délais de plus en plus courts rendant extrèmement difficile voir dans certain
cas impossible un approvisionnement en matières premières en provenance d’Asie. Par
conséquent sur le long terme, la seule véritable solution est celle du “One Stop Shop”. C’est en
réalité l’attente majeure des acheteurs internationaux en ce qui concerne Madagascar car ceux-ci
sont les premiers à être concient des atouts de Madgascar dans le secteur textile. En effet, toutes
les composantes de compétitivité long terme existent à Madagascar et ne demandent qu à être
exploitées.
Le véritable sujet à traiter est donc celui de la consolidation de la filière textile Malgache, ce que
l’on appelle plus communément la Verticalisation du secteur textile. L’objectif est de renforcer
chacune des composantes, c’est à dire :
- La culture cotonnière
- Les activités de transformation (filature,tissage et ennoblissement)
- La confection
L’intégration verticale existe dans une certaine mesure sur le segment Chaine et Trame mais pas
en ce qui concerne le segment de la Maille qui représente plus de la moitié du Marché de la Zone
Franche Malgache. En ce qui concerne le segment C&T, force est de constater que le
degré d’intégration verticale s’est détérioré de 2003 à 2004. En effet,malgré la bonne
performance de l’unique représentant de la filière amont du textile Malgache à vocation
exportatrice, COTONA ( +36% en C.A. et +53% en volume de tissues export de 2003 à
2004) le taux global d’intégration est passé d’environ 12% à 7,5%. La progression de
COTONA entre 2003 et 2004 s’est opérée sur d’autres marchés (Zone Franche Mauricienne,
Asie, Grand Export). Ces chiffres sont très contrastés en ce qui concerne les marches Américains
et Européens :
2003 2004
-U.S. 5% 1,5%
-Europe 30% 25% (Segment Chaîne et Trâme uniquement)
-Total 12% 7,5%
Ces sujets ont déja fait l’objet de multiples études au cours de ces dernières années mais ce qui
est primordiale au yeux du GEFP c’est de mettre en perspective l’ensemble de ces
connaissances dans le cadre d’une étude stratégique plus globale et qui aura pour mission de
définir un plan quinquennal pour la stratégie du secteur Textile Malgache. L’éfficacité de
cette démarche nécessite un partenariat Public Privé fort et qui pourra le cas échéant parler
d’une même voix pour vendre le Textile Malgache auprès des grands donneurs d’ordre
internationaux. Cette première phase d’orientation stratégique et de plans d’actions pourront très
rapidement faire l’objet d’une communication sans même attendre la mise en oeuvre complète du
plan stratégique.
Le GEFP éstime que la communication de cette vision commune Public/Privé sur la Stratégie du
Textile Malgache pourra éventuellement rassurer et motiver les investisseurs du secteur en
mettant en perspective le chemin à parcourir pour véritablement assoir les leviers de compétitivité
du textile malgache.
A titre indicatif, le GEFP a dores et déja identifié Cinq themes qui pourraient être abordés dans
Le cadre d’états généraux du textile.
Cinq Pistes pour Redynamiser le Secteur Textile Malgache
1 2
INFRASTRUCTURE COTON
Mise en place dÕ syst¸me de tarification compˇtitif pour
un Crˇation d Õ organe reprˇsentant les diffˇrents
un
les gros consommateurs d Õˇ ergie dans le textile et donÕ
n t Ņstakeholders Óde la fili¸re et donÕ lÕ
t objectif serait de
la vocation est essentiellement exportatrice . l
dÕˇaborer un plan dÕ action pour redynamiser cette
fili¸re tout en privilˇgant le textile Malgache
Dˇmarche similaire pour tout ce qui touche aux aspects
logistiques.
3 4
FINANCEMENT REFONTE DE LA LOI SUR LES ZONES
FRANCHES
un
Mise en place dÕ fond de modernisation permettant aux
intˇrets bonifiˇs
acteurs de la fili¸re de bˇnˇficier de taux dÕ ..avec entre autre des avantages favorisant la
fili¸re amont du secteur et haute intensitˇ
intˇrets compˇtitifs pour les
Mise en place de taux dÕ
financements court terme de lÕ exploitation et ˇgalement
capitalistique
pour le long terme Refonte du Code des Douanes
5
FORMATION