ANATOMIE GENERALE
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INTRODUCTION
L’appareil locomoteur appartient au système de la vie de relation (avec le monde extérieur). Il s’associe à
deux autres appareils, le système de la vie végétative et le système de la reproduction, pour composer le
corps humain. L’appareil locomoteur exécute la réponse motrice du corps à tous les stimuli environnants
dans un système réflexe plus ou moins élaboré.
Le système de la vie de relation comprend deux systèmes d’information périphériques :
- le système nerveux,
- les organes des sens.
L’appareil locomoteur comprend différents éléments :
- le système axial, formé de la tête (crâne et face), du rachis et du tronc (thorax, abdomen et pelvis),
- le système appendiculaire, constitué des membres thoraciques et pelviens.
Le corps humain est un volume dont la représentation tridimensionnelle nécessite la description de plans
de référence : ceci permet de décrire chaque organe du corps, et surtout ses rapports, comme s’il était
situé au centre d’un cube dont les six parois sont autant de rapports. Il est indispensable d’apprendre le
langage anatomique de description, langage commun au monde médical.
LES ORIENTATIONS
Parler anatomique, c’est d’abord s’orienter dans l’espace :
- le crânial (en haut) et le caudal (en bas) (supérieur et inférieur),
- le droit et le gauche,
- le médial (en dedans) et le latéral (en dehors) (interne et externe),
- le médian (dans l’axe du corps ou d’un segment),
- le ventral (en avant) et le dorsal (en arrière) (antérieur et postérieur).
La géométrie spatiale fait appel à un repère constitué de trois axes orthogonaux ;
chacun des trois plans de référence est perpendiculaire à l’axe qui le définit :
- l’axe vertical, ou crânio-caudal, définit le plan horizontal et les directions crâniale et caudale,
- l’axe tranversal, de droite à gauche, définit le plan sagittal et les directions médiale et latérale,
- l’axe sagittal, ventro-dorsal, définit le plan frontal et les directions ventrale et dorsale.
Chaque membre présente un axe médian (celui du membre thoracique passe par la tête de l’humérus, le
milieu du coude et le troisième doigt) qui permet de décrire le membre : le petit doigt est situé en dedans
de la main (alors qu’il est en dehors du corps).
Les plans de référence définissent les mouvements :
- dans le plan frontal : l’abduction éloigne le membre du plan sagittal et l’adduction le rapproche,
- dans le plan sagittal, l’antépulsion porte le membre en avant du plan frontal et la rétropulsion le porte en
arrière ; l’extension éloigne deux segments de membre alors que la flexion les rapproche,
- dans le plan horizontal, la rotation médiale porte ce qui est en dehors d’abord en avant puis en dedans ;
la rotation latérale porte ce qui est en dedans d’abord en avant puis en dehors,
- l’association des mouvements décrit un cône et porte le nom de circumduction.
LES DIFFÉRENTS TISSUS
A-LE TISSU OSSEUX
I - fonctions
- le squelette est le système de soutien et de protection du corps :
l’endosquelette est une armature qui soutient les tissus (squelette des membres, rachis) : c’est un tuteur
solide mais non rigide :
- pour de faibles contraintes, il est élastique et retrouve sa forme initiale,
- pour des contraintes plus importantes, il devient plastique, capable de déformations,
- son point de rupture est atteint pour des contraintes encore plus importantes, qui entraînent une fracture.
L’exosquelette a un rôle de protection (carapace des crustacés) ; chez l’homme, le rôle de protection est
essentiel au niveau du système nerveux : le crâne pour le cerveau, le rachis pour la moelle épinière, mais
aussi de la cage thoracique pour le cœur et les poumons,
- la moelle osseuse est aussi le site de production des cellules sanguines,
- le squelette participe enfin à l’homéostasie en régulant le métabolisme phosphocalcique.
II - structure
Un os est constitué de trois types de tissus osseux concentriques :
- au centre : l’os médullaire, spongieux, réticulaire,
- en périphérie : l’os cortical, dense, extrêmement solide,
- le périoste est une enveloppe périphérique qui recouvre les os dans leur ensemble à l’exception des
surfaces articulaires.
III - histologie
- l’os est constitué de lamelles comprenant une armature de fibres de collagène, une phase minérale
(calcium, phosphore,...) et une substance fondamentale de protéoglycanes,
- l’os médullaire est dit spongieux, car réticulaire, pauvre en structures osseuses.
Il est formé de lamelles parallèles, orientées selon les contraintes appliquées à l’os (le poids du corps par
exemple) et infiltrées de cellules hémato-poïétiques (moelle osseuse rouge) qui cèdent la place avec l’âge
à des cellules adipeuses (moelle osseuse jaune),
- l’os cortical, constitué de lamelles osseuses concentriques, possède une structure dense :
.dans celui-ci s’insèrent les tendons et les ligaments qui provoquent le plus souvent des reliefs osseux très
compact, appelés tubérosités, tubercules ou processus d’insertions musculaires,
. en microscopie, on distingue :
- une substance fondamentale riche en fibres de collagène et en ions phosphocalciques qui constituent des
lamelles,
- ces lamelles osseuses concentriques forment des ostéons, ou systèmes de Havers, unités structurales de
base de l’os compact centrées sur un canal de Havers qui contient du tissu conjonctif, des capillaires et un
rameau nerveux :
* les ostéons sont construits par des ostéoblastes, cellules qui en vieillissant deviennent des ostéocytes,
*le turn-over osseux nécessite une destruction du tissu par les ostéoclastes,
*les ostéons s’orientent également en fonction des contraintes imposées à l’os.
IV - développement
Le développement osseux se fait soit à partir d’une maquette fibreuse (ossification membraneuse), soit à
partir d’une maquette cartilagineuse (ossification enchondrale).
A - l’ossification membraneuse est une transformation directe et progressive du mésenchyme en tissu
osseux :
- le massif crânien périphérique, le massif facial et la clavicule présentent une ossification membraneuse,
- de petites surfaces membraneuses persistent entre les zones ossifiées pour permettre la croissance de la
face et du crâne (fontanelles).
B - l’ossification enchondrale évolue par étapes :
- elle commence dès le deuxième mois in utero et aboutit à une maquette cartilagineuse développée au
sein du mésenchyme (squelette fœtal, visible à la radiographie in utero),
- l’ossification primaire de cette maquette cartilagineuse débute à un âge variable selon les os :
. elle est à la base de la détermination radiologique de l’âge osseux,
. à la puberté, la plupart des os longs sont formés de trois parties : la diaphyse, séparée des deux épiphyses
par les métaphyses ; ces dernières sont des zones de croissance et d’ossification secondaire appelées
cartilage de conjugaison et responsables de la croissance en longueur de l’os alors que sa croissance en
largeur dépend du périoste,
- l’ossification secondaire est en grande partie achevée à la fin de la puberté (vers 16 ans chez les jeunes
filles, 18 ans chez les garçons) : le dernier os à s’ossifier complètement est la clavicule, vers 25 ans,
- l’ossification tertiaire n’est qu’un remodelage osseux permanent, en fonction des contraintes, où sont
essentiellement utilisées les travées d’os spongieux et l’ossification périostée,
V - classification
Selon leur forme, on distingue des os :
- longs (fémur, phalanges, métacarpiens),
- courts (os du carpe),
- plats (scapula, os du crâne),
- irréguliers (vertèbres),
- pneumatisés (certains os de la face),
- wormiens (petits os surnuméraires au niveau des fontanelles),
- sésamoïdes : inclus dans un tendon (patella),
- accessoires (fabella).
VI - pathologies
- les défauts de croissance :
. rachitisme (carence en vitamine D),
. maladie des os de verre (maladie de Lobstein),
- les anomalies de calcification et de la matrice osseuse :
. ostéoporose,
. ostéomalacie,
. ostéopétrose,
- les fractures avec cal de réparation.
B-LE TISSU CARTILAGINEUX
I - définition
C’est un tissu conjonctif caractérisé par son élasticité lors des déformations ou des pressions ; il est
présent :
. au niveau de l’oreille et du nez : cartilage élastique,
. au niveau des disques articulaires : cartilage fibreux,
. au niveau des articulations : cartilage hyalin.
II - structure
- le cartilage élastique est jaunâtre :
. riche en fibres élastiques et pauvre en fibres de collagène, il est très fl exible,
. c’est le cartilage de l’épiglotte,
- les fibro-cartilages sont blanchâtres :
. riches en fibres de collagène et pauvres en fibres élastiques, ils sont plus résistants,
. ils constituent les disques articulaires du genou, du rachis ou de la symphyse pubienne,
- le cartilage hyalin est légèrement bleuâtre ; il recouvre les surfaces articulaires :
. aussi riche en fibres élastiques qu’en fibres de collagène, il est conçu pour résister aux pressions,
. peu vascularisé, il est nourri par imbibition de liquide synovial : son usure entraîne une évolution
progressive vers l’arthrose,
. il se trouve également au niveau des cartilages costaux et trachéaux et au niveau des métaphyses,
. le cartilage métaphysaire, dit de conjugaison, présente des cellules disposées en colonnes verticales :
- il permet à la fois la croissance en longueur de l’os et l’ossification progressive de la métaphyse,
- il est très sensible aux contraintes.
III - histologie
Les cellules cartilagineuses sont les chondrocytes, issus de chondroblastes, et situés dans des logettes de
la substance fondamentale cartilagineuse, très riche en eau, mais dépourvue de vaisseaux et de nerfs.
C-LE TISSU MUSCULAIRE
I - définition
Par leur faculté à se contracter, les muscles sont responsables de la motricité, c’est-à-dire de la
mobilisation active des différents segments osseux. La mobilité peut être active ou passive, involontaire.
II - structure
Il existe différentes fibres musculaires :
- striées, à contraction volontaire, dans les muscles squelettiques de l’appareil locomoteur,
- lisses, à contraction involontaire, dans les différents viscères,
- cardiaques, à part car striées mais à contraction autonome, dépendant d’un système nerveux propre, le
système cardio-necteur.
III - propriétés
Les fibres musculaires sont caractérisées par :
-
- l’élasticité qui permet à un muscle de s’allonger jusqu’à une limite, la déchirure musculaire,
- la fatigabilité avec des fibres musculaires peu fatigables (toniques) et des fibres musculaires rapidement
fatigables (phasiques),
- le tonus musculaire : légère contraction des muscles striés au repos, il est préalableà tout mouvement,
- l’innervation par un nerf périphérique pour les muscles striés, végétative et sympathique pour les
cellules musculaires lisses et parfois intrapariétales pour certains viscères (plexus intestinaux
myentériques (Auerbach) et entériques sousmuqueux (Meissner)).
Il existe ainsi pour chaque muscle un compromis entre différents éléments :
- la force contre la précision,
- le caractère tonique contre le caractère phasique,
- la posture (attitude immobile) et le mouvement (mobilité active).
IV - classification des muscles striés
On différencie les muscles striés selon :
- leurs insertions peuvent se faire directement, par des fibres musculaires fixées sur :
- le périoste : insertion osseuse,
- du cartilage, comme les muscles de l’oreille : insertion cartilagineuse,
- un fascia, comme le muscle temporal : insertion aponévrotique,
- un tendon, comme les muscles lombricaux : insertion tendineuse,
- une structure fibreuse, comme le myocarde : insertion fibreuse,
- la peau, comme les muscles cutanés des expressions du visage : insertion cutanée.
. par l’intermédiaire d’un tendon dont les fibres de Charpey pénètrent l’os cortical :
- la jonction musculo-tendineuse est formée de fibres musculaires directement en continuité avec des
fibres tendineuses, de diverses manières : bout à bout, penniforme, à cône ou semi-penniforme,
- les cellules tendineuses sont pauvres en noyaux et très longues,
- la jonction ostéo-tendineuse est particulière :
. Elle peut créer un tubercule, une tubérosité ou un processus d’insertion,
. Elle peut se faire dans un périoste très solide,
. Elle est parfois très profonde, en cas de tractions violentes.
- leur trajet :
. Habituellement linéaire,
. Parfois circulaire, réalisant un sphincter
. Parfois passant sur des poulies de réfl exion (tendons du muscle fl échisseur profond des doigts),
. Mono (muscle brachial) ou bi-articulaire (muscle biceps brachial),
- leur forme, variable :
. en règle, fusiforme avec un corps musculaire,
. parfois avec deux, trois ou quatre corps musculaires associés (biceps, triceps ou quadriceps),
. parfois avec plusieurs ventres musculaires successifs :
- digastrique, comme le muscle du même nom,
- polygastrique, comme le droit de l’abdomen,
- dentelé, comme le dentelé antérieur,
- leur innervation est double :
. motrice, par une jonction neuro-musculaire réalisant pour chaque filet nerveux, une unité motrice,
. sensitive, pour transporter des informations essentiellement proprioceptives
(état de tension du muscle, position des articulations),
- leur action :
. simple ou complexe,
. tonique ou phasique,
. peu fatigable ou très fatigable,
. agoniste ou antagoniste,
- la contraction musculaire peut être :
. isométrique : la contraction du muscle n’entraîne aucune mobilisation du
segment osseux ; elle est dite statique,
. isotonique (anisométrique) : avec mobilisation du segment osseux (contraction
dynamique),
V - pathologies
Une paralysie musculaire peut être liée à un défaut d’innervation, à un défaut d’activité de la jonction
neuromusculaire ou à un défaut d’activité des fibres musculaires elles-mêmes : elle entraîne une perte du
volume musculaire ou amyotrophie.
On distingue ainsi des pathologies musculaires liées à :
- une atteinte neurogène (paralysie),
- une atteinte myogène par défaut d’activité des fibres musculaires (myopathie),
- une atteinte myo- ou fibrogène par rétraction permanente du muscle (myosite).
D-LE TISSU NERVEUX
I - définition
Le système nerveux associe un mécanisme de réception et de transmission de
l’information et un mécanisme de commande de la réponse.
II - organisation
- le système nerveux central est un axe médian comprenant le cerveau, le cervelet, le
tronc cérébral et la moelle épinière,
- le système nerveux périphérique, issu des nerfs spinaux anastomosés en plexus,
puis redistribués en nerfs périphériques :
. somatique pour l’appareil locomoteur,
. végétatif, dit autonome, pour le système viscéral, associant les systèmes orthosympathique
(stimulant) et para-sympathique (inhibiteur).
III - histologie
- le système nerveux est formé de cellules, les neurones, qui possèdent un corps cellulaire central avec un
noyau et des expansions de deux types :
. À conduction centripète de l’infl ux nerveux : les dendrites, courtes et multiples,
. À conduction centrifuge : l’axone, long et unique,
. L’ensemble des corps cellulaires constitue la substance grise,
. les dendrites et les axones constituent la substance blanche,
- les nerfs périphériques possèdent souvent une chaîne cellulaire formée par les cellules de Schwann qui
entourent, protègent le nerf et réalisent parfois la sécrétion d’une enveloppe isolante, la gaine de myéline,
qui accélère la transmission de l’infl ux nerveux.
IV - classification
Selon la présence des gaines de Schwann (S) ou de myéline (M), on distingue :
- les nerfs périphériques : S+, M+,
- les nerfs non gainés de l’embryon : S-, M-,
- les nerfs de la substance blanche : S+, M-,
- les nerfs végétatifs : S-, M+.
V - pathologies
- la neurapraxie est l’écrasement du nerf,
- la neurotmésis est la rupture des axones sans rupture des gaines,
- l’axonotmésis est la rupture des axones et des gaines.
E-LES TISSUS EPITHELIAUX ET CONJONCTIF
I - définition
Ce sont des tissus de recouvrements (épithéliaux), de comblement et d’interface (conjonctifs).
Les tissus épithéliaux sont :
- l’épithélium de surface, étendu à la notion de peau et de muqueuses,
- l’épithélium glandulaire sécrétoire.
II - structure
Les composants du tissus conjonctifs sont :
- des protéines fibrillaires : fibres élastiques, de collagène, de réticuline...
- des cellules : fibrocytes, adipocytes, hystiocytes.
III - histologie
- l’épithélium superficiel de la peau est de type pavimenteux corné ; la peau est constituée sous
l’épiderme, du derme et de l’hypoderme, conjonctif,
- les muqueuses ont la même structure, mais l’épithélium est souvent cilié, glandulaire sur un chorion plus
ou moins solide.
IV - classification
Selon leur structure, on distingue :
- les tissus conjonctifs de comblement, dits interstitiel, souvent de glissement (séparant les muscles de
leurs gaines fibreuses),
- les tissus fibreux (collagène) dans les fascias, les aponévroses, les gaines et les tendons,
- les tissus adipeux sous-cutanés ou profonds (corps graisseux de la joue) qui servent souvent de
syssarcoses de glissement.
ANATOMIE FONCTIONNELLE -PRÉSENTATION-
- l’anatomie fonctionnelle locomotrice associe les bases de l’anatomie descriptive et topographique : il est
donc important d’en connaître les fondements avant touteétude préalable,
- la question d’anatomie fonctionnelle se traite en plusieurs temps qui permettent,à partir des notions
d’ostéologie, d’arthrologie, de myologie et d’anatomie topographique, d’envisager l’étude d’un
mouvement :
. c’est donc tout naturellement que le sujet commence par quelques généralités permettant de situer, par
rapport au corps humain, le mouvement et sa fonction,
. des données phylogénétiques permettent de comprendre l’évolution et son impact sur la fonction de telle
ou telle articulation, dont il faut dégager les conséquences sur le mouvement concerné : au niveau de
l’avant-bras par exemple, la phylogénèse permet d’expliquer sa structure et la fonction qui lui est
assignée,
. plus avancées, les notions de biomécanique permettent d’expliquer précisément la mobilité,
. enfin, il est indispensable de citer les notions pathologiques et leurs conséquences fonctionnelles puisque
le praticien doit connaître l’étude des signes cliniques, c’est à dire la séméiologie, qui en découle.
A-LA QUESTION
I - les bases osseuses
Les bases osseuses regroupent les notions d’ostéologie indispensables à la compréhension de l’anatomie
fonctionnelle.
II - les bases articulaires
S’appuyant sur l’arthrologie, les bases articulaires s’emploient à décrire l’articulation et ses caractères
généraux (type, degrés de liberté, capsule, synoviale, ligaments, …) ou spécifiques.
III - les bases musculaires
Enfin, le mouvement et la position ne peuvent être expliquées sans les bases musculaires : il faut bien
comprendre la mise en jeu des différents muscles et le but de chacune de leurs actions, ainsi que leurs
conséquences.
IV - les bases nerveuses
L’innervation des muscles détermine souvent une innervation propre à chaque mouvement.
Il est important de préciser les origines radiculaires de chaque nerf.
V - la mobilité
C’est l’étude des amplitudes, des limites et des muscles actifs pour chacun des mouvements de
l’articulation.
VI - les positions
Il existe pour chaque articulation des positions différentes : référence, repos, immobilisation.
VII - séméiologie
Parfois peuvent apparaître des notions cliniques d’examen avec description d’un signe physique
particulier.
VIII - pathologie
Tout mouvement peut être l’objet d’atteintes osseuses, articulaires, musculaires ou nerveuses, spécifiques
ou non.
B-LES ARTICULATIONS
I - introduction
L’étude des articulations est l’arthrologie.
Une articulation, ou jointure, est constituée d’un ensemble d’éléments qui permettent l’union des os entre
eux.
II - les articulations fibreuses (synarthrose, junctura fibrosa)
A - généralités
Les articulations fibreuses sont des jointures continues et serrées ; le préfixe latin syn- désigne des notions
de cohésion, d’association, d’alliance des pièces osseuses. Ce sont des articulations très peu mobiles.
B - syndesmose (syndesmosis)
- la syndesmose est une union continue de deux os, solidarisés par du tissu conjonctif à fibres de
collagène et élastiques, et disposée sur une surface plus ou moins large,
- exemple : la membrane interosseuse de l’avant-bras, l’articulation tibio- fibulaire distale.
C - suture (synfibrose, sutura)
- la suture est un cas particulier de syndesmose formée du même tissu conjonctif que les pièces osseuses,
- exemple : les sutures crâniennes,
- il existe plusieurs types de sutures selon la configuration des surfaces articulaires :
. squameuse (écailleuse, squamosa) : par chevauchement (suture temporopariétale),
. dentelée (serrata) : par engrènement des dentelures (suture frontomaxillaire),
. plane (harmonique, plana) : à surfaces planes (suture fronto-nasale).
D - synchondrose (synchondrosis)
- l’articulation de type synchondrose est une jointure cartilagineuse (de cartilage hyalin) : par exemple,
l’articulation entre la première côte et le sternum,
- elle se forme par ossification enchondrale et joue un rôle important dans le développement des os. Elle
est parfois comblée en fin de croissance par du tissu osseux (exemle : le carilage de conjugaison des
métaphyses).
E - symphyse (amphiarthrose, symphysis)
- la symphyse est une synchondrose particulière où les pièces osseuses sont réunies par du tissu conjonctif
fibreux et du cartilage, -
- exemples : symphyse pubienne, disques intervertébraux.
F - synostose (synostosis)
La synostose est l’articulation la plus solide ; elle apparaît en fin de croissance et aboutit à une fusion
osseuse.
G - gomphose (gomphosis)
- c’est l’union de deux pièces osseuses dont l’une est enfoncée dans l’autre comme un coin,
- exemple : articulation de la dent avec le maxillaire ou la mandibule.
III - les articulations cartilagineuses (junctura cartilaginea)
- elle est constituée par un cartilage hyalin unissant deux pièces ossueses ; elle n’existe que chez le fœtus
- exemple : l’articulation sphéno-occipitale
IV - les syssarcoses
- ce sont des articulations particulières où l’union entre les pièces osseuses se fait par l’intermédiaire d’un
muscle,
- exemple : syssarcose scapulo-thoracique.
IV - les articulations synoviales (diarthroses, junctura synovialis)
A - généralités
- ce sont des articulations vraies, à union discontinue, mobiles,
- complexes, elles comprennent des surfaces articulaires, une capsule articulaire, une cavité articulaire,
des ligaments de renforcement et parfois des disques articulaires, des labrums ou des bourses synoviales.
B - les surfaces articulaires
Les surfaces articulaires sont au moins au nombre de deux et sont revêtues de cartilage hyalin (lisse) ou,
plus rarement, de fibrocartilage dont l’épaisseur varie selon les contraintes supportées.
C - la capsule articulaire
La capsule articulaire s’insère à proximité des cartilages articulaires :
- elle peut être rigide, comme les coques condylaires du genou, ou lâche, comme la capsule dorsale du
poignet,
- elle comprend :
. une couche périphérique, la membrane fibreuse, formée en périphérie par un manchon fibreux
(collagène) et au centre par une fine membrane de fibresélastiques ; elle est vascularisée et innervée,
. une couche centrale, la membrane synoviale qui sécrète le liquide synovial,
- aux endroits les moins épais, les fibres de la membrane fibreuse peuvent être disjointes par des hernies
de la membrane synoviale qui forment des kystes synoviaux.
D - la cavité articulaire
La cavité articulaire contient le liquide synovial secrété par les cellules de la membrane synoviale :
- ce liquide est lubrifiant et nourricier pour le cartilage articulaire,
- lors d’infl ammation (arthrite), il peut exister des épanchements synoviaux.
E - les ligaments
Les ligaments peuvent être :
- intra-capsulaires comme les ligaments costo-vertébraux,
- extra-capsulaires comme les ligaments de l’articulation temporo-mandibulaire,
- interosseux.
F - les disques articulaires et les ménisques
Ces éléments sont constitués de tissu conjonctif et de fibrocartilage.
Ils ont une fonction de congruence : un disque articulaire divise la cavité articulaire en deux espaces
indépendants (articulation temporo-mandibulaire) alors qu’un ménisque sépare les élements osseux au
sein d’une même cavité articulaire (articulation fémoro-tibiale).
G - les labrums
Constitués de tissu conjonctif et de fibres de collagène, ils augmentent la superficie des surfaces
articulaires.
H - les bourses et les gaines synoviales
Ces éléments, tapissés de la membrane synoviale, améliorent le glissement des structures péri-articulaires
: muscles (bourse) et tendons (gaine).
I - classification
1 - introduction
Il existe de nombreuses classifications, selon les axes concernés, les degrés de liberté, le nombre de
surfaces articulaires ou encore la cavité articulaire.
La plus utilisée est la classification en fonction de la morphologie des surfaces articulaires.
Les degrés de liberté d’une articulation désignent la mobilité de celle-ci, dans chaque plan de référence ;
une articulation présente au maximum 3 degrés de liberté.
2 - les trochoïdes et les trochoïdes inversées (trochoidea)
- mettent en présence une surface en forme de cylindre plein et une surface en forme de cylindre creux : la
trochoïde est l’articulation où le cylindre plein pivote dans le cylindre creux alors que dans la trochoïde
inversée, l’élément fixe est le cylindre plein,
- elles ne possèdent qu’un degré de liberté, dans le plan perpendiculaire au grand axe des cylindres,
- exemples : les articulations radio-ulnaires : la poximale est une trochoïde, la distale une trochoïde
inversée.
3 - les ginglymes (trochléenne, ginglymus)
- la ginglyme oppose une surface concave comparable à un diabolo avec sa gorge et une surface convexe
qui présente une crête,
- elle possède un unique degré de liberté dans le plan de la gorge,
- exemples : articulation huméro-ulnaire, articulation fémoro-patellaire.
4 - les planes (arthrodie, plana)
- la synoviale plane est une articulation qui oppose des surfaces planes,
- elle présente deux degrés de liberté : mouvements de glissement dans le plan des surfaces articulaires,
- exemple : articulation acromio-claviculaire.
5 - les ellipsoïdes ou condylaires (condylienne, ellipsoidea ou condylaris)
- les surfaces articulaires sont l’une concave, l’autre convexe, et sont des segments d’ellipsoïde : elle peut
être schématisée par un ballon de rugby (convexe), mobile dans un plat ovale (concave),
- elle possède deux degrés de liberté,
- exemple : articulation radio-carpienne,
- les bi-ellipsoïdes associent deux articulations ellipsoïdes dans la même cavité articulaire (articulation
fémoro-tibiale).
6 - les articulations synoviales en selle (par emboîtement réciproque, sellaris)
- les deux surfaces articulaires ont une forme de selle et sont concaves dans un plan et convexes dans un
plan perpendiculaire : la représentation schématique d’une telle articulation peut être envisagée par la
mise en rapport de deux diabolos, à grands axes perpendiculaires, présentant une surface convexe (dans le
plan perpendiculaire à l’axe) et une surface concave (dans le plan de l’axe),
- elle présente deux degrés de liberté, dans le plan de chaque diabolo, parfois un troisième lors de
rotations automatiques,
- exemple : articulations trapézo-métacarpienne du pouce.
7 - les sphéroïdes (énarthrose, spheroidea)
- les surfaces ont la forme de segments de sphères, plein et creux : la surface convexe est appelée tête, la
surface concave est dénommée glène ou cotyle,
- elle présente trois degrés de liberté,
- exemple : articulation scapulo-humérale,
- lorsque la tête est profondément emboîtée, il s’agit d’une articulation synoviale sphéroïde en rotule
(articulation coxo-fémorale).
V - articulations particulières
Certaines articulations ne peuvent être rangées dans la classification précédente :
- l’articulation temporo-mandibulaire est une articulation bi-ellispoïde complexe,
- les osselets de l’oreille qui s’articulent de manière complexe.
VI - pathologies
- l’entorse est une distension ou une rupture ligamentaire : les surfaces articulaires conservent à l’état
normal des rapports normaux mais peuvent s’écarter l’une de l’autre (diastasis) lors de certaines
contraintes (maneuvres diagnostiques),
- la luxation est une perte des rapports articulaires normaux ; elle s’accompagne en général d’une rupture
capsulo-ligamentaire,
- l’arthrose est un phénomène dégénératif qui survient avec l’âge :
. le cartilage articulaire s’aminçit,
. les surfaces osseuses viennent au contact l’une de l’autre avec :
- formation d’ostéophytes : l’augmentation de la surface portante permet de répartir les contraintes,
- condensation des surfaces en contact et formation de géodes.
MORPHOLGIE DU SQUELETTE CRÂNIO-FACIAL
I - morphologie extérieure
A- la norma lateralis (vue latérale)
- le plan horizontal, passant par la limite caudale de l’orbite osseuse et le pôle crânial du méat acoustique
externe (conduit auditif externe, meatus acusticus externus), est le plan de Francfort,
- l’arcade zygomatique sépare le crâne de la face,
- le squelette crânien est formé par :
. en avant et au-dessus de l’orbite, l’os frontal,
. en arrière de celui-ci et au-dessus de l’arcade zygomatique, l’os temporal parcouru par les lignes
temporales supérieure et inférieure,
. au-dessus de l’os temporal se trouve l’os pariétal et en arrière l’os occipital,
. le méat acoustique externe s’ouvre dans l’os temporal, au-dessous et en arrière se situe le processus
mastoïde, au-dessous et en avant se trouvent se trouve la partie tympanique de l’os temporal (os
tympanal, pars tympanica) et son processus styloïde (apohyse styloïde, processus styloideus),
. au-dessus du processus mastoïde, se trouve la partie pétreuse de l’os temporal,
. entre les os frontal et temporaux se situe l’os sphénoïde,
- sous la base du crâne, la face est représentée de haut en bas par :
. l’os nasal, en avant,
. l’orbite osseuse, en arrière : au fond de celle-ci sont visibles les os frontal,éthmoïde, maxillaire et
lacrymal,
. sous l’orbite osseuse se trouvent le maxillaire, le zygomatique puis la mandibule,
. les sutures crâniennes, faciales et crânio-faciales sont visibles :
- coronale,
- lambdoïde,
- fronto-zygomatique (frontozygomatica),
- zygomatico-maxillaire (zygomaticomaxillaris),
- occipito-mastoïdienne (occipitomastoidea),
- sphéno-squameuse,
- squameuse,
- fronto-nasale (frontonasalis),
- fronto-maxillaire (frontomaxillaris),
- naso-maxillaire (nasomaxillaris),
. en arrière de l’os maxillaire, se trouve la fi ssure ptérygo-maxillaire,
- les émergences des branches de la Vème paire de nerfs crâniens, le nerf trijumeau, architecte de la face,
sont alignées verticalement :
. au niveau frontal, l’émergence du rameau supra-orbital (sus-orbitaire, supraorbitalis) de la branche
frontale du V1, nerf ophtalmique (de Willis),
. au niveau du maxillaire, celle du V2, nerf maxillaire (maxillaire supérieur, maxillaris),
. au niveau de la mandibule, celle du V3, nerf mandibulaire (maxillaire inférieur, mandibularis),
- au-dessus de la base du crâne, le squelette constitue le neurocrâne ; au-dessous, il forme le
splanchnocrâne.
B - la norma ventralis (vue ventrale)
- la partie crâniale de la tête constitue le front :
. la partie caudale et médiane de celui-ci, située à la racine du nez, est la glabelle (nasion, glabella),
. de chaque côté de la glabelle se trouvent les reliefs des arcades sourcilières (arcus superciliaris).
- sous le front se trouvent les orbites osseuses :
. leur bord est formé des os frontal, zygomatique et maxillaire séparés par les sutures fronto-zygomatique
et zygomatico-maxillaire en dehors et par la suture fronto-maxillaire en dedans,
. leur paroi est constituée par :
- la grande et la petite ailes du sphénoïde, séparées par la fi ssure orbitale supérieure (fente sphénoïdale, fi
ssura orbitalis superior),
- les os frontal, zygomatique et maxillaire : ces derniers sont séparés par la fi ssure orbitale inférieure
(fente sphéno-maxillaire, fi ssura orbitalis inferior),
- en dedans, l’éthmoïde, séparé de la petite aile du sphénoïde par le canal optique (trou optique, canalis
opticus), et l’os lacrymal.
- sous l’orbite se place le maxillaire ; il présente plusieurs orifi ces :
. le foramen infra-orbital (trou sous-orbitaire, foramen infraorbitale),
. la cavité nasale (fosse nasale, cavum nasi), occupée par :
- la lame perpendiculaire et les cornets supérieurs et moyens de l’éthmoïde,
- les cornets inférieurs,
- le vomer,
. les alvéoles dentaires (alveoli dentales) occupent le bord caudal de l’arcade alvéolaire (arcade alvéolo-
dentaire, arcus alveolaris) et accueillent les dents.
- la mandibule occupe la partie la plus caudale de la face :
. l’arcade alvéolaire, à sa partie crâniale, présente les alvéoles dentaires qui reçoivent les dents,
. le foramen mentonnier se situe sous la quatrième dent.
- les émergences des branches du nerf trijumeau sont alignées verticalement :
. par le foramen supra-orbital émerge le nerf supra-orbital, issu du V1,
. par le foramen infra-orbital émerge le nerf maxillaire,
. par le foramen mentonnier sort le nerf mandibulaire.
C - la norma dorsalis (vue dorsale)
- les os pariétaux sont séparés l’un de l’autre par la suture sagittale ; la suture lambdoïde les sépare de l’os
occipital.
- l’os occipital est séparé des os temporaux par la suture occipito-mastoïdienne ;
il est parcouru par :
. les lignes nuchales (ligne courbe occipitale, linea nuchae) suprêmes, supérieures et inférieures, sites
d’insertions musculaires,
. la protubérance occipitale externe (protuberentia occipitalis externa).
- la face dorsale de la mandibule apparaît en bas et en avant.
D - la norma basalis (vue caudale)
- la partie ventrale correspond à l’étage facial ; elle comprend les os palatin et maxillaire :
. le palais osseux, constitué par le processus palatin et l’arcade alvéolaire du maxillaire et la lame
horizontale de l’os palatin :
- en avant et au milieu du palais, dans le processus palatin du maxillaire, s’ouvre le foramen incisif
(foramen incisivum) dans la fosse incisive (fossa incisiva) par lequel passe le nerf naso-palatin (sphéno-
palatin interne, nasopalatinus),
- en arrière et en dehors, entre la lame horizontale de l’os palatin et le processus palatin du maxillaire, se
trouve le foramen grand palatin (trou palatin antérieur, foramen palatinum majus) qui laisse passer les
artères palatines et le nerf grand palatin,
- le processus pyramidal de l’os palatin présente les foramens petits palatins (trous palatins accessoires,
foramina palatina minora) qui laissent passer le nerf palatin accessoire,
. derrière le palais osseux et au-dessus se trouvent les choanes avec, de chaque côté, les fosses infra-
temporales (fossa infratemporalis).
- la partie moyenne est en regard de l’arcade zygomatique :
. l’os sphénoïde :
- les processus ptérygoïdes (apophyse ptérygoïde, processus pterygoideus) sont appendus sous la grande
aile et creusés par les fosses ptérygoïdiennes (fossa pterygoidea),
- la grande aile du sphénoïde présente plusieurs orifi ces :
. le foramen ovale (trou ovale, foramen ovale) pour le nerf mandibulaire,
. le foramen rond (trou grand rond, foramen rotundum) pour le nerfmaxillaire,
. le foramen épineux (trou petit rond, foramen spinosum) pour l’artère méningée moyenne,
. l’os temporal présente :
- dans sa partie pétreuse, le canal carotidien qui laisse pénétrer l’artère carotide interne dans le crâne,
- en dehors, le méat accoustique externe et la fi ssure pétro-tympanique (scissure de Glaser ou fi ssure
petro-tympano-squameuse, fi ssura petrotympanica) par laquelle émerge la corde du tympan, anastomose
entre le VII et le V3,
- en avant du méat acoustique externe, la fosse mandibulaire de l’articulation temporo-mandibulaire.
- la partie dorsale :
. l’os temporal présente les reliefs de ses processus styloïde et mastoïde séparés par le foramen stylo-
mastoïdien (trou stylo-mastpïdien, foramen stylomastoideum) d’où émerge le VIIème nerf crânien, le nerf
facial,
. l’os occipital est perforé par le foramen magnum (trou occipital, foramen magnum) qui laisse passer
l’axe médullaire :
- de part et d’autre se trouvent les condyles occipitaux (condylus occipitalis),
- en avant se situe la partie basilaire et son tubercule pharyngien (tuberculum pharyngeum),
- en avant et en dehors du foramen magnum se situe le canal hypoglosse (canal condylien antérieur,
canalis hypoglossi), par lequel émerge le nerf hypoglosse, XIIème nerf crânien (grand hypoglosse,
hypoglossus),
. entre l’os occipital et l’os temporal, se situe le foramen jugulaire (trou déchiré postérieur, foramen
jugulare) d’où émerge la veine jugulaire interne et les nerfs glosso-pharyngien (IX) (glossopharyngeus),
vague (X) (pneumogastrique, vagus) et accessoire (XI) (spinal, accessorius),
. entre la partie basilaire de l’os occipital et la partie pétreuse de l’os temporal, le foramen déchiré (trou
déchiré antérieur, foramen lacerum) laisse passer le nerf du canal ptérygoïdien (vidien, nervus canalis
pterygoideis) et l’artère pharyngienne ascendante.
E - la norma verticalis (vue crâniale)
- les sutures et les fontanelles (fermées) sont visibles et séparent les différentes pièces osseuses,
- les fontanelles antérieure et postérieure sont deux points crâniométriques.
II - morphologie intérieure
A - vue endocrânienne de la base du crâne
- la fosse crânienne antérieure (fosse cérébrale antérieure, fossa cranii anterior) est occupée par les lobes
frontaux du cerveau :
. latéralement et en avant, elle est formée par la partie orbitale de l’os frontal qui présente sur sa partie
médiane le foramen caecum traversée par la veineémissaire du sinus sagittal supérieur,
. au centre, l’éthmoïde est formée par la crista galli encadrée des lames criblées qui sont traversées par les
faisceaux du nerf olfactif (Ier nerf crânien),
. en arrière l’os frontal et l’éthmoïde s’articulent avec la petite aile du sphénoïde.
- la fosse crânienne moyenne (cérébrale moyenne, cranii media) accueille la glande pituitaire (hypophyse,
glandula pituitaris) et les lobes temporaux :
. le sphénoïde présente :
- à la partie médiane, la fosse hypophysaire (fossa hypophysialis), ou selle turcique (sella turcica), creusée
dans le corps du sphénoïde :
. les processus clinoïdes antérieurs surplombent les canaux optiques où passent les nerfs optiques (IIème
nerf crânien) ; ceux-ci creusent une empreinte en avant du tubercule de la selle appelée sillon
préchiasmatique,
. les processus clinoïdes postérieurs surplombent la selle turcique de chaque côté du dos de la selle,
. les parois latérales du corps du sphénoïde sont creusées par le sillon carotidien où passe l’artère carotide
interne,
- à la partie latérale et ventrale, la grande aile du sphénoïde, surplombée par la petite aile, s’articule avec
l’os pariétal et l’os temporal ; elle présente :
. les foramens rond pour le nerf maxillaire, ovale pour le nerf mandibulaire, épineux pour l’artère
méningée moyenne,
. entre les deux ailes du sphénoïde s’ouvre la fi ssure orbitale supérieure traversée par les veines
ophtalmiques, les branches du V1 (nerfs frontal, lacrymal et naso-ciliaire), les nerfs oculo-moteur
(III) (moteur oculaire commun, oculomotorius), trochléaire (IV) (pathetique, trochlearis) et abducens (VI)
(moteur oculaire externe, abducens),
. l’os temporal :
- sa partie squameuse s’articule avec la grande aile du sphénoïde et l’os pariétal,
- sa partie pétreuse est séparée du corps du sphénoïde par le canal carotidien où passe l’artère carotide
interne.
- la fosse crânienne postérieure (cérébrale postérieure, cranii posterior) est occupée par les lobes
occipitaux, le cervelet et le tronc cérébral :
. la partie pétreuse de l’os temporal :
- est séparée de l’os occipital par le foramen jugulaire, situé en dehors et en avant des canaux hypoglosses
et traversé par la veine jugulaire interne, les nerfs glosso-pharyngien, vague et accessoire,
- en avant des foramens jugulaires s’ouvrent les méats acoustiques internes où s’engagent les nerfs facial
(VII), intermédiaire (VII bis) (de Wrisberg, intermedius) et vestibulo-cochléaire (VIII) (auditif,
vestibulocochlearis).
. l’os occipital est largement percé par le foramen magnum :
- en arrière de celui-ci se trouvent sur l’axe médian la crête occipitale interne (crista occipitalis interna) et
la protubérance occipitale interne (protuberentia occipitalis interna),
- en avant de celui-ci, le clivus de la partie basilaire de l’os occipital s’articule avec le sphénoïde,
- de chaque côté et un peu en avant, les canaux hypoglosses laissent passer les nerfs hypoglosses.
B - vue médiale
- le crâne et la base du crâne :
. en avant se trouve l’os nasal, articulé avec l’os frontal,
. l’os frontal présente à sa partie ventro-caudale une cavité aérique qui s’ouvre sous le cornet moyen, le
sinus frontal,
. en arrière de l’os frontal, l’éthmoïde présente sa lame criblée et sa crista galli ; il s’articule en arrière
avec le sphénoïde,
. le corps du sphénoïde est excavé par la selle turcique, que surplombent en avant et en arrière les
processus clinoïdes anérieurs et postérieurs, et creusé par le sinus sphénoïdal qui s’ouvre dans le
nasopharynx,
. en arrière se trouve l’os occipital dont la partie basilaire s’articule avec le clivus sphénoïdal pour former
le dos de la selle turcique,
. la calvaria est périphérique, formée de deux lames corticales, externe et interne (tables externe et interne,
laminae externa et interna), séparées d’une une partie spongieuse, la diploë ; elle est parcourue par :
- les sutures osseuses,
- des sillons vasculaires pour les artères et les veines méningées et pour les sinus veineux : l’artère
méningée moyenne peut être blessée lors de fractures de la calvaria, avec un risque d’hématome extra-
dural.
- le massif facial est représenté par :
. le septum nasal osseux (cloison nasale, septum nasi osseum) formé par la lame perpendiculaire de
l’éthmoïde et le vomer, et en avant par septum nasal cartilagineux :
- en arrière, le vomer détermine avec l’os palatin et les processus ptérygoïdes du sphénoïde les choanes,
- le vomer et l’éthmoïde s’articulent avec le sphénoïde,
. le palais osseux, formé par le processus palatin du maxillaire et la lame horizontale de l’os palatin,
. plus latéralement, le processus alvéolaire du maxillaire reçoit l’implantation des dents et la lame
perpendiculaire de l’os palatin s’articule avec le corps et le processus ptérygoïde du sphénoïde ; entre le
corps du sphénoïde et la lame perpendiculaire de l’os palatin se trouve le foramen sphéno-palatin qui livre
passage au pédicule vasculo-nerveux sphéno-palatin,
- au-dessous, se place le massif lingual tendu entre la mandibule et l’os hyoïde.
C - coupe frontale du crâne
- les sinus para-nasaux sont des cavités aériques tapissées d’une muqueuse :
. ils allègent le squelette facial tout en augmentant sa résistance,
. ils naîssent à partir des cellules éthmoïdales, au nombre de neuf, agencées en trois colonnes et trois
rangées :
- la cellule éthmoïdale crâniale donne le sinus frontal, situé dans la diploë de la partie ventro-caudale de
l’os frontal et de volume variable,
- la cellule éthmoïdale caudale donne le sinus maxillaire sous l’orbite osseuse, au-dessus du processus
alvéolaire du maxillaire : les racines de certaines dents peuvent faire issue dans le sinus maxillaire et être
à l’origine de sinusites infectieuses,
- la cellule éthmoïdale dorsale donne le sinus sphénoïdal creusé dans le corps du sphénoïde, d’importance
variable,
. les cellules éthmoïdales antérieures et moyennes, les sinus maxillaires et frontaux se draînent sous le
cornet moyen dans la cavité nasale, les celluleséthmoïdales postérieures se drainent sous le cornet
supérieur et le sinus sphénoïdal en regard des choanes, dans le naso-pharynx,
. leur pneumatisation se fait au cours de la croissance et peut être extrêmement variable d’un sujet à
l’autre et d’un côté à l’autre :
- les cellules éthmoïdales sont présentes dès la naissance,
- les cellules mastoïdiennes apparaissent dans les premiers mois,
- les sinus maxillaires à 18 mois,
- le sinus sphénoïdal à 3 ans,
- les sinus frontaux vers 6 ou 7 ans.
- l’orbite osseuse, la cavité nasale et la cavité buccale sont également visibles.
ANATOMIE FONCTIONNELLE DU SQUELETTE CRÂNIO-
FACIAL
- le squelette crânio-facial possède trois fonctions essentielles :
. une fonction de protection, pour les structures nerveuses,
. une fonction statique, liée aux insertions musculaires de la tête et du cou,
. une fonction dynamique, pour la mastication et l’équilibre général du rachis.
- le squelette crânio-facial est soumis à différentes contraintes :
. la tension intra-crânienne,
. la pression atmosphérique et la pesanteur,
. la pression dentaire lors de la mastication,
. les contraintes des contractions musculaires.
- le squelette de la tête est renforcé par des épaississements osseux et allégé par différentes cavités
pneumatiques : les piliers et les poutres résistent parfaitement aux impacts verticaux de la mastication,
mais très mal aux forces horizontales des traumatismes crânio-faciaux.
I - le massif facial crânial
- un système vertical comprend trois paires de piliers principaux :
. le pilier canin : part de la canine (3), suit le bord ventral du maxillaire puis son processus frontal et se
poursuit dans l’os frontal,
. le pilier zygomatique : part de l’alvéole de la 1ère molaire (6), suit le processus zygomatique du
maxillaire puis le processus frontal de l’os zygomatique et traverse la suture fronto-zygomatique,
. le pilier ptérygoïdien : part de la tubérosité du maxillaire, traverse l’os palatin et se termine par le
processus ptérygoïde.
- des poutres de résistance horizontales réunissent ces différents piliers au-dessus et au-dessous de l’orbite
osseuse :
. une poutre caudale, maxillaire : le palais dur (voûte palatine, palatum durum),
. une poutre moyenne, sous-orbitale et zygomatique,
. une poutre crâniale : le rebord orbital supérieur.
- à ces structures résistantes s’associent des systèmes fragiles, papyracés, représentés par des
cloisonnements de la cavité orbitale, des sinus para-nasaux ou des fosses nasales ; ces structures
absorbent en partie les contraintes et jouent le rôle de parechocs faciaux : on décrit ainsi des pare-chocs
frontal, nasal, zygomatico-maxillaire, pré-maxillaire et mandibulaire.
II - la calvaria
Elle est renforcée par :
- cinq arcs longitudinaux :
. l’arc fronto-occipital :
- est impair et médian,
- part de la glabelle, se courbe en haut et en arrière puis revient en bas et en avant, suit la suture sagittale
et la crête occipitale interne,
- se continue de part et d’autre du foramen magnum par les poutres occipitales dorsales,
. les arcs latéraux :
- sont pairs et symétriques,
- décrivent deux courbes concentriques sur les parois latérales de la calvaria :
. l’arc crânial va du processus zygomatique de l’os frontal (apophyse orbitaire externe, processus
zygomaticus) au processus mastoïde,
. l’arc caudal va du tubercule de la selle (tuberculum sellae) au processus zygomatique de l’os temporal.
- trois paires d’arcs transversaux qui suivent les lignes nuchales de l’os occipital.
III - la base du crâne
- la base est organisée autour d’un centre de résistance, formé par le corps du sphénoïde et la selle
turcique, vers lequel convergent les poutres de la base :
. une poutre ventrale, sphéno-frontale, qui suit les petites ailes du sphénoïde et aboutit au processus
zygomatique de l’os frontal ; elle est doublée par une poutre accessoire, le long de la grande aile, qui
rejoint le pilier zygomatique,
. deux poutres dorsales :
- la poutre pétreuse qui suit la partie pétreuse de l’os temporal jusqu’au pilier latéral mastoïdien,
- la poutre occipitale qui longe les bords de la partie basilaire de l’os occipital.
- la base peut être résumée par la description de quatre anneaux :
. un anneau ventral représenté par l’arcade dentaire,
. deux anneaux moyens constitués par les deux arcades zygomatiques,
. un anneau dorsal représenté par le foramen magnum.
IV - le massif facial caudal
- la mandibule est le seul os mobile de la face ; elle présente deux parties :
. un corps (branche horizontale, corpus) : le droit et le gauche sont associées par la protubérance
mentonnière (protuberentia mentalis),
. la branche (branche montante, ramus) qui présente, à sa partie crâniale, en avant le processus coronoïde
(apophyse coronée, processus coronoideus) et en arrière le processus condylaire (condyle, processus
condylaris),
. le corps et la branche sont séparés par l’angle mandibulaire (gonion, angulus mandibulae).
- la mandibule porte l’arcade dentaire inférieure et présente à sa face ventro-latérale le foramen
mentonnier par où émerge le nerf alvéolaire inférieur (dentaire inférieur, alveolaris inferior) issu du V3,
- elle présente différentes poutres de résistance :
. une poutre basilaire sur le rebord basilaire,
. une poutre temporale pour la branche,
. une poutre angulaire,
. une poutre coronoïdienne le long de l’incisure mandibulaire,
. une poutre alvéolaire.
- les zones de moindre résistance sont :
. le processus condylaire, particulièrement fragile au niveau du col,
. l’angle mandibulaire par la présence de la dent de sagesse, souvent incluse,
. le foramen mentonnier, situé entre les racines des prémolaires 4 et 5,
. la canine 3 et la protubérance mentonnière.
PATHOLOGIES
- des anomalies de la forme du crâne ou de la face peuvent survenir lors de la fermeture trop précoce des
sutures (crânio-synostose ou craniosténose) : la calvaria subit alors des déformation en raison de la
croissance encéphalique :
. dolichocéphalie et scaphocéphalie pour la suture sagittale : diminution du diamètre transversal du crâne,
. brachycéphalie pour la suture coronale : diminution du diamètre ventro-dorsal par racourcissement de la
partie ventrale de la base du crâne,
. turricéphalie pour la suture lambdoïde,
. trigonocéphalie pour la suture frontale,
. plagiocéphalie pour la suture coronale si elle se soude d’un seul côté,
. à l’inverse une hydrocéphalie peut entraîner une augmentation de la taille du crâne par fermeture
retardée des sutures et fontanelles.
- les sinus para-nasaux sont tapissés d’une muqueuse dont l’infl ammation ou l’infection est à l’origine de
sinusites aiguës ou chroniques.
- pathologies traumatiques :
. les fractures du crâne sont de topographie variable : les plus dangereuses sont temporo-pariétales par le
risque de section de l’artère méningée moyenne, responsable d’un hématome extra-dural,
. les fractures du massif facial sont fréquentes, en général par impacts horizontaux ; les fractures les plus
fréquentes sont : - les fractures de l’os nasal, par chocs médians,
- les fractures de la pommette, ou fractures de l’os zygomatique, qui peuvent se déplacer en bas, en dehors
et en arrière ; elles s’accompagnent volontiers :
. d’un trait de refend au niveau de la paroi inférieure de l’orbite avec un risque d’incarcération du muscle
droit inférieur à l’origine d’une diplopie,
. d’une fracture maxillaire,
. d’une fracture alvéolo-dentaire maxillaire ou mandibulaire,
- les fractures de la mandibule,
. les dysjonctions crânio-faciales entraînent une mobilisation possible de l’arcade dentaire supérieure et de
la face, par rapport au massif crânien :
- les fractures de Lefort I passent par le maxillaire, sous l’épine nasale antérieure : seule l’arcade dentaire
supérieure est mobilisable,
- les fractures de Lefort II sont maxillo-zygomatico-frontales : le trait de fracture passe par l’os
zygomatique, la paroi inférieure de l’orbite puis audessus de l’os nasal : l’arcade dentaire supérieure, le
nez et le massif facial médian sont mobilisables par rapport au reste du squelette crânien,
- les fractures de Lefort III dont le trait passe par la suture frontozygomatique, la paroi supérieure de
l’orbite et la jonction naso-frontale :
l’arcade dentaire supérieure, le nez et les orbites sont mobilisables par rapport au reste du crâne,
. les fractures du squelette crânio-facial sont traitées par ostéosynthèse avec de petites plaques vissées sur
les parties osseuses les plus résistantes.
ARTHROLOGIE DE LA TÊTE
La seule articulation mobile de la tête est l’articulation temporo-mandibulaire (articulatio
temporomandibularis).
A-DÉFINITION
- l’articulation temporo-mandibulaire relie la mandibule à la base du crâne (articulation crânio-
mandibulaire) :
. elle est située à la partie latérale de la tête, en arrière du massif facial, sous la base du crâne, juste en
avant et légèrement au-dessous du méat acoustique externe,
. c’est une articulation mobile, paire et symétrique ; les deux articulations temporo-mandibulaires sont
reliées par un os unique et médian, la mandibule (système bige),
. elle appartient aux articulations synoviales bi-ellipsoïdes (ou bi-condylaires) et présente un disque
articulaire intermédiaire,
. c’est l’articulation de la mastication ; ses dysfonctions sont extrêmement fréquentes.
- l’appareil manducateur met en jeu cinq articulations : les deux articulations temporo-discales, les deux
articulations disco-mandibulaires et l’occlusion dentaire.
B-BASES OSSEUSES
Les surfaces articulaires associent :
- les surfaces temporales :
. la fosse mandibulaire (cavité glénoïde, fossa mandibularis) :
- est large, profonde et ellipsoïde ; son grand axe est orienté en arrière et en dedans,
- est divisée en deux parties par la fissure pétro-tympanique (scissure de Glaser ou fissure pétro-tympano-
squameuse, fissura petrotympanica) :
. la partie ventrale est articulaire,
. la partie dorsale, non articulaire, est limitée en arrière par la partie tympanique de l’os temporal,
. le tubercule articulaire (condyle temporal, tuberculum articulare) :
- la base du processus zygomatique forme un relief convexe dans les plans sagittal et frontal, à grand axe
parallèle à celui de la fosse mandibulaire qu’il limite en avant,
- seuls le versant dorsal et le sommet du tubercule articulaire sont recouverts de cartilage articulaire.
- la tête de la mandibule (caput mandibulae) :
. est située à l’extrémité crâniale du processus condylaire de la mandibule,
. est une éminence éllipsoïde, supportée par un col rétréci, au-dessus du bord dorsal de la branche de la
mandibule et en arrière de l’incisure mandibulaire (échancrure coronoïde, incisura mandibulae),
. est convexe dans les plans sagittal et frontal : son grand axe est orienté en dedans et en arrière et forme
avec l’axe opposé un angle ouvert en avant de 130° dont le sommet se situe au bord ventral du foramen
magnum,
. est déportée en dedans du plan passant par la face latérale de la mandibule,
. sa partie crâniale décrit un « dos d’âne » lorsqu’elle est vue de face et présente de profil deux versants
séparés par une crête mousse : le versant ventral est articulaire, le versant dorsal ne l’est pas.
C-BASES ARTICULAIRES : MOYENS D’UNION PASSIFS
- le disque articulaire (ménisque, discus articularis) :
. le terme de ménisque est impropre car le disque articulaire ne réduit pas l’incongruence articulaire liée à
l’asymétrie des surfaces articulaires,
. c’est un fibro-cartilage interposé pour organiser une instabilité volontairement contrôlée ; il a la forme
d’une lentille bi-concave elliptique :
- son grand axe est orienté globalement en dedans et en arrière,
- il est plus épais en arrière qu’en avant et présente un bourrelet dorsal épais et un bourrelet ventral plus
mince,
- son centre est très mince, parfois même déhiscent (disque annulaire),
- il sépare l’espace temporo-mandibulaire en deux cavités articulaires : l’une crâniale, temporo-discale,
l’autre caudale, disco-mandibulaire,
- il est fixé au processus condylaire de la mandibule et à l’os temporal par les
ligaments discaux (freins méniscaux) : . en avant par les ligaments disco-temporal antérieur, extensible, et
discomandibulaire antérieur, inextensible, très solide,
. en arrière par les ligaments disco-temporal postérieur, extensible, et disco-mandibulaire postérieur,
inextensible, très solide,
. qui autorisent les mouvements d’avant en arrière du disque.
- la capsule articulaire :
. la membrane fibreuse :
- elle est solide et s’insère :
. en haut : en avant sur le tubercule articulaire, en arrière sur la fissure pétro-tympanique et en dedans sur
l’épine du sphénoïde,
. en bas autour de la surface articulaire de la tête mandibulaire, sauf en arrière de celle-ci où elle est à
5mm du cartilage articulaire,
- elle possède deux sortes de fibres :
. longues, superficielles, temporo-mandibulaires,
. courtes avec une insertion sur la périphérie du disque articulaire,
- elle constitue un cône fibreux tendu du col mandibulaire à l’os temporal et inséré à la périphérie du
disque articulaire : elle est serrée au-dessous de celui-ci et très lâche au-dessus,
- elle limite deux cavités articulaires, l’une temporo-discale, l’autre discomandibulaire
: la capsule temporo-discale est plus lâche que la capsule discomandibulaire,
. la membrane synoviale est double et détermine des cul-de-sacs synoviaux ventraux, dorsaux et latéraux ;
elle sécrète un liquide synovial très peu abondant.
- les ligaments :
. le ligament discal antérieur est très lâche et présente peu d’intérêt,
. le ligament discal postérieur est très important : il est formé de deux parties séparant un espace dorsal, la
zone bilaminaire :
- la partie crâniale est représentée par le ligament temporo-discal postérieur, très élastique, servant de
ressort de rappel en fermeture buccale, dés lors que le disque avance à l’ouverture,
- la partie caudale, disco-mandibulaire, est purement fibreuse sans aucuneélasticité,
- la zone bilaminaire est remplie de tissu conjonctif lâche dans lequel circulent de nombreux plexus
veineux qui forment un système de coussinets, voire de pompe veineuse lors de l’ouverture et de la
fermeture de la bouche, associés à de nombreuses terminaisons nerveuses,
. le ligament latéral (latéral externe, laterale) :
- naît du tubercule articulaire et de la partie dorsale du bord caudal du processus zygomatique de l’os
temporal,
- ses fibres convergent en triangle, sur la partie dorso-latérale du processus condylaire de la mandibule : il
lui forme une sorte d’écharpe dorsale,
- son faisceau antérieur est particulièrement épais et constitue la corde de Farabeuf qui joue un rôle
important dans l’avancée passive du système condylo-discal à l’ouverture de la bouche,
. le ligament médial (latéral interne de Morris, mediale) est presque inexistant, simple renforcement
capsulaire tendu de l’épine du sphénoïde à la partie dorsomédiale du col mandibulaire,
. le ligament sphéno-mandibulaire :
- est une lame fibreuse tendue en éventail de l’épine du sphénoïde à la face médiale de la branche
mandibulaire, autour du foramen mandibulaire, ostium du canal mandibulaire dans lequel s’engage le nerf
alvéolaire inférieur,
- sert de protection à la distension des nerfs mandibulaire et alvéolaire inférieur entre le foramen ovale et
la lingula de la mandibule (épine de Spix, lingula mandibulae), point qui se déplace le moins lors de
l’ouverture buccale,
. le ligament stylo-mandibulaire :
- naît du processus styloïde et s’insère sur la face médiale de l’angle mandibulaire,
- constitue une limite à la propulsion mandibulaire,
. le raphé ptérygo-mandibulaire :
- s’étend de l’hamulus du processus ptérygoïde à l’extrémité dorsale du sillon mylo-hyoïdien,
- donne insertion en avant au muscle buccinateur et en arrière au muscle constricteur supérieur du
pharynx.
D-BASES MUSCULAIRES : MOYENS D’UNION ACTIFS
- le muscle temporal :
. est un muscle large, aplati, rayonné, tendu de la fosse temporale (fossa temporalis) au sommet et à la
face médiale du processus coronoïde,
. quelques fibres s’insèrent sur le bord ventral du disque articulaire,
. innervés par les nerfs temporaux profonds, issus du du du nerf mandibulaire (V3), ses fibres ventrales et
moyennes, verticales, sont élévatrices et ferment la bouche, ses fibres dorsales, horizontales, sont
rétropulsives.
- le masseter :
. est un muscle court très épais, tendu de l’arcade zygomatique et de l’os zygomatique au bord latéral de
la branche et de l’angle mandibulaires,
. présente trois parties : superficielle, profonde et zygomatico-coronoïdienne qui envoie des fibres au bord
ventral de la capsule et du disque articulaires,
. innervé par le nerf massétérique (branche du V3), il ferme la bouche.
- le muscle ptérygoïdien médial participe à la sangle ptérygo-masséterine tendue de la fosse
ptérygoïdienne, entre les ailes ptérygoïdiennes, à la partie médiale et caudale de l’angle mandibulaire ; il
est innervé par le nerf ptérygoïdiens médial (V3), il participe à la fermeture buccale et à la propulsion de
la mandibule.
- le muscle ptérygoïdien latéral :
. est un muscle court, tendu du processus ptérygoïde et de la grande aile du sphénoïde au condyle
mandibulaire et au disque articulaire,
. est formé de deux chefs :
- supérieur ou sphénoïdal qui se fixe sur la grande aile du sphénoïde et sur le disque articulaire, en
débordant sur le tiers crânial de la fossette ptérygoïdienne du condyle mandibulaire,
- inférieur ou ptérygoïdien qui naît de la face latérale de la lame latérale du processus ptérygoïde et se
termine en grande partie dans la fossette ptérygoïdienne du condyle mandibulaire avec quelques fibres
pour le disque articulaire,
. innervé par le nerf ptérygoïdien latéral (V3), il participe à la fermeture buccale et à la propulsion de la
mandibule.
E-BASES NERVEUSES
- l’innervation de l’articulation temporo-mandibulaire est multiple :
. le nerf mandibulaire (V3), branche du trijumeau (V), donne :
- le nerf auriculo-temporal qui innerve les parties dorsale et médiale,
- les nerfs temporaux profonds qui innervent la partie ventrale de la capsule,
- le disque articulaire n’est pas innervé en dehors de sa partie périphérique d’insertion capsulaire,
- la plupart des fibres nerveuses se situent dans la zone bilaminaire,
. les nerfs végétatifs sont issues du V3 qui contient des fibres parasympathiques et orthosympathiques :
ceci explique les réactions cardiaques générales lors de la stimulation temporo-mandibulaire.
- les neuro-récepteurs de l’articulation temporo-mandibulaire informent le système nerveux central :
. les récepteurs articulaires, dits mécanorécepteurs ou nocicepteurs sont :
- les corpuscules de Ruffini, proprioceptifs,
- les organes de Golgi, sensibles à la vitesse des mouvements,
- les corpuscules de Paccini, très sensibles aux différentes pressions articulaires et aux tractions exercées
sur la capsule,
. les récepteurs musculaires :
- les fuseaux neuro-musculaires sont extrêmement nombreux dans le chef supérieur du ptérygoïdien
latéral,
- les organes neuro-tendineux, présents au niveau des insertions tendineuses, servent de protection aux
excès de tension tendineuse,
- les corpuscules de Paccini sont très nombreux au niveau des gaines tendineuses.
F-ANATOMIE FONCTIONNELLE
- l’articulation temporo-mandibulaire est une articulation complexe à trois degrés de liberté dont
l’association constitue la circumduction mandibulaire : les rotations s’effectuent dans le compartiment
disco-mandibulaire et les glissements dans le compartiment disco-temporal.
- ouverture et fermeture buccales : abaissement et élévation de la mandibule :
. lors de l’ouverture buccale :
- l’abaissement de la mandibule entraîne une rotation de la tête mandibulaire qui met en tension le
ligament latéral,
- celui-ci sert alors d’appui pour une rotation dans le compartiment discomandibulaire puis une avancée
passive, non musculaire, du système discomandibulaire,
- le système disco-mandibulaire glisse ainsi en avant, sous le tubercule articulaire de l’os temporal, ce qui
permet l’ouverture de la bouche,
- ce déplacement de la mandibule en bas et en avant est limité par le ligament discal postérieur, élastique,
. lors de la fermeture buccale, l’élasticité du ligament discal postérieur fait réintégrer la fosse
mandibulaire à la tête mandibulaire : le disque et le processus condylaire glissent passivement d’avant en
arrière puis effectuent une rotation inverse,
. l’élévation de la mandibule, et donc la fermeture buccale, est beaucoup plus puissante que son
abaissement (ouverture buccale).
- propulsion et rétropulsion :
. la propulsion se fait par glissement dans l’articulation temporo-discale :
- essentiellement sous le contrôle du muscle ptérygoïdien latéral,
- limitée par le ligament discal postérieur,
. la rétropulsion n’existe qu’en retour de propulsion : la propulsion mandibulaire est bien plus importante
que la rétropulsion, très discrète.
- diduction :
. elle correspond à une propulsion unilatérale, très utilisée lors de la mastication,
. un processus condylaire pivote sur place, autour d’un axe vertical passant par le col mandibulaire, alors
que le processus condylaire controlatéral glisse vers l’avant.
- lors de la mastication, l’effort se fait essentiellement par élévation : l’association propulsion - diduction
est liée à la contraction du muscle ptérygoïdien latéral qui place le processus condylaire sous le processus
articulaire de l’os temporal.
G-PATHOLOGIES
- les dysfonctions de l’articulation temporo-mandibulaire sont très fréquentes, liées soit à une luxation
condylaire, soit avec une luxation discale :
. La luxation condylaire est le passage en avant, au-delà du processus articulaire,de la tête mandibulaire :
la bouche est bloquée en ouverture ; la réduction se fait par la maneuvre de Nelaton : les pouces sur les
molaires mandibulaires du patient exercent une pression douce vers le bas (surtout pas en arrière), la tête
mandibulaire réintègre la fosse mandibulaire,
.La luxation discale est le déplacement isolé du disque articulaire vers l’avant :
- elle est liée à un asynchronisme du muscle ptérygoïdien latéral,
- il existe un blocage en fermeture buccale et une gène à l’ouverture car la tête mandibulaire butte dans
son déplacement ventral sur le disque luxé :
. lorsqu’elle franchit le bourrelet postérieur et récupère son disque (luxation discale réductible), un
claquement parfois audible survient,
. la non récupération du disque luxé en avant constitue une luxation discale irréductible : la tête
mandibulaire est alors en rapport avec le ligament postérieur, non conçu pour supporter des contraintes de
glissement ; celui-ci finit par s’user et se perforer, mettant en rapport direct les surfaces osseuses ce qui
est source d’arthrose.
- l’ankylose temporo-mandibulaire est l’impossibilité pour un sujet de mobiliser son articulation, et donc
d’ouvrir la bouche :
. il existe une gêne à l’ouverture buccale, pouvant aboutir à une immobilité complète avec la création d’un
pont osseux (synostose) complet temporocondylaire ou temporo-coronoïdien,
. une chirurgie de libération est nécessaire, avec le plus souvent interposition d’une prothèse en silicone et
en titane,
. elle peut être d’origine traumatique par fracture méconnue du processus condylaire, infectieuse (trismus
lors du tétanos) ou arthrosique.
- l’arthrose temporo-mandibulaire associe un pincement articulaire, des géodes et des ostéophytes : elle
peut entraîner une constriction permanente des machoires, par synfibrose ou suture temporo-
mandibulaire.
- le ptérygoïdisme est la contracture permanente du muscle ptérygoïdien latéral.
MYOLOGIE DE LA TETE
A-LES MUSCLES CUTANÉS (peauciers, cutaneus)
Les muscles cutanés sont les muscles de la mimique, c’est-à-dire de l’expression du visage.
Leur contraction provoque des déplacements de la peau ; ils se situent autour des orifices de la face et
optimisent les organes des sens.
Tous les muscles cutanés sont innervés par la VIIème paire de nerfs crâniens, le nerf facial.
I - les muscles annexés à la vision
- le muscle épi-crânien (epicranius) est formé du muscle occipito-frontal (occipitofrontalis) et de la galea
aponévrotique (aponévros épicrânienne, galea aponeurotica ou aponeurosis epicranialis) :
. le muscle occipito-frontal est digastrique : en arrière, le muscle occipital et en avant, le muscle frontal,
reliés par la galea aponévrotique :
- le chef occipital s’insère sur les deux tiers latéraux de la ligne nuchale suprême (ligne courbe occipitale
suprême, linea nuchae suprema) jusqu’au processus mastoïde,
- le chef frontal se termine dans le derme du sourcil en s’imbriquant avec les muscles abaisseur des
sourcils et procerus.
. la galea aponévrotique adhère au cuir chevelu mais est séparée de la calvaria par du tissu cellulo-
adipeux,
. il attire en arrière la peau du front et élève les sourcils ; sa contraction exprime l’étonnement.
- le muscle orbiculaire de l’oeil (orbiculaire des paupières, orbicularis oculi) est un sphincter qui réalise
en son centre la fente palpébrale ; il présente trois parties :
. orbitale (pars orbitalis) : périphérique, insérée sur la portion nasale de l’os frontal, le processus frontal de
l’os maxillaire et ligament palpébral médial, il entoure complètement l’orifice orbital,
. palpébrale (pars palpebralis) : centrale, fixée sur les ligaments palpébraux médial et latéral,
. lacrymale (muscle de Horner, pars lacrimalis) : tendu entre la crête lacrymale postérieure et les tarses
supérieur et inférieur des paupières, il entoure le sac et les conduits lacrymaux,
. il est responsable de l’occlusion palpébrale ; sa partie lacrymale comprime le sac lacrymal et évacue les
larmes.
- le muscle corrugateur du sourcil (sourcilier, corrugator supercilii) est tendu de la partie nasale de l’os
frontal à la face profonde du derme du sourcil. Il rapproche les sourcils l’un de l’autre et attire leur
extrémité médiale vers le bas : il exprime le stress, l’inquiétude, l’angoisse, la douleur ou la réfl exion.
- le muscle abaisseur du sourcil (depressor supercilii) s’insère sur le processus frontal de l’os maxillaire et
se termine dans la peau de la partie médiale du sourcil. Il attire les sourcils vers le bas.
- le muscle procerus (pyramidal du nez, procerus) est tendu du cartilage latéral du nez et de l’os nasal (os
propres du nez, os nasale) à la peau de la région inter-sourcilière. Il abaisse la peau inter-sourcilière et
provoque de multiples rides horizontales à l’angle naso-frontal : il exprime la menace, l’agression.
II - les muscles annexés à l’olfaction
- le muscle nasal (nasalis) est formé de deux parties qui s’insèrent sur les téguments du sillon naso-génien
:
. transverse (muscle transverse du nez, pars transversa) : elle se termine sur le dos du nez en s’intriquant
avec son homologue controlatérale ; elle rétrécit la narine,
. alaire (muscle dilatateur de la narine, pars alaris) : elle se fixe sur la peau du bord caudal de la narine ;
elle ouvre les narines et exprime le désir ou l’appétit,
- le muscle abaisseur du septum (myrtiforme, depressor septi) naît de l’os maxillaire, en regard de la
canine, et se termine dans la peau de la cloison nasale. Il abaisse la cloison nasale et ferme les narines,
- le muscle élévateur de la lèvre supérieure et de l’aile du nez (releveur commun de la lèvre supérieure et
de l’aile du nez, levator labii superioris alaeque nasi) s’insère sur le processus frontal de l’os maxillaire et
se termine dans la peau de la lèvre supérieure et de l’aile du nez. Il attire vers le haut la lèvre supérieure et
l’aile du nez et dilate la narine : il exprime l’insatisfaction, le déplaisir.
III - les muscles annexés à la gustation sont très nombreux :
- le muscle orbiculaire de la bouche (orbiculaire des lèvres, orbicularis oris) est circulaire, péri-buccal ; il
comprend deux parties qui se fixent à la face profonde de la peau péribuccale et entourent la bouche :
. marginale (orbiculaire externe, pars marginalis),
. labiale (orbiculaire interne, pars labialis).
Sa contraction ferme la bouche et projette les lèvres en avant (moue, siffl ement, baiser) : il exprime le
doute.
- le muscle buccinateur (buccinator) est un muscle sous-muqueux, tendu du raphé ptérygo-mandibulaire
(ligament ptérygo-maxillaire, raphe pterygomandibularis) et des rebords alvéolaires du maxillaire et de la
mandibule à la commissure labiale. Il régule la pression intra-buccale (muscle du trompettiste) et attire la
commissure labiale en dehors et en arrière. Il exprime la satisfaction.
- les muscles grand et petit zygomatiques (zygomatici major et minor) naîssent de l’os zygomatique et se
dirigent vers la commissure labiale. Ils élèvent la lèvre supérieure et ouvrent la bouche ; ils expriment la
gaieté (sourire, rire).
- le muscle risorius est formé de petits faisceaux musculaires tendus du fascia du muscle masseter à la
commissure labiale. Il attire la commissure labiale en arrière et intervient dans le sourire.
- le muscle élévateur de la lèvre supérieure (releveur propre de la lèvre supérieure, levator labii superioris)
naît de l’os maxillaire, sous le bord caudal de l’orbite, et se termine dans la peau de la lèvre supérieure. Il
attire la lèvre supérieure vers le haut.
- le muscle canin ou élévateur de l’angle de la bouche (canin, levator anguli oris ou caninus) s’insère dans
la fosse canine de l’os maxillaire et se termine dans la peau de la commissure labiale. Il élève l’angle de la
bouche et la lèvre supérieure en regard de la canine ; il exprime l’agressivité, la menace, l’ambition.
- le muscle abaisseur de l’angle de la bouche (triangulaire des lèvres, depressor anguli oris) naît du bord
caudal de la mandibule et se rend à la commissure labiale. Il abaisse la commissure labiale et exprime la
tristesse.
- le muscle transverse du menton (muscle de Santorini, transversus menti) est tendu horizontalement entre
les tubercules mentonniers. Il est en rapport avec la formation du double menton et la constitution d’une
fossette mentonnière.
- le muscle mentonnier s’insère sur la mandibule, en regard de l’incisive latérale inférieure, et se termine
dans la peau du menton. Il attire vers le haut le menton et exprime le doute.
- le muscle abaisseur de la lèvre inférieure (carré du menton, depressor labii inferioris) naît du bord
caudal de la mandibule et se termine dans la peau de la lèvre inférieure. Il abaisse la commissure labiale
et exprime la tristesse.
IV - les muscles annexés à l’audition
- les muscles auriculaires postérieur, supérieur et antérieur sont considérés comme des faisceaux aberrants
du muscle épi-crânien ; ils s’insèrent sur le cartilage auriculaire :
. le postérieur est issu du processus mastoïde,
. le supérieur naît de la galea aponévrotique,
. l’antérieur provient du fascia temporal,
Leur rôle est d’orienter le pavillon de l’oreille, qui ne bouge presque plus chez l’homme.
Ils avaient chez nos ancêtres très probablement un rôle dans l’ouverture et la fermeture du méat
acoustique externe,
- le muscle temporo-pariétal (temporal superficiel de Henlé, temporoparietalis) est inconstant, situé entre
le muscle auriculaire supérieur et le chef frontal du muscle occipito-frontal. Il s’insère parfois sur la galea
aponévrotique.
V - la platysma (peaucier du cou, platysma)
Muscle plat, il double en profondeur la peau de la région ventro-latérale du cou ; il va du bord caudal de
la mandibule, de la peau de la commissure labiale et de la joue à la peau des régions claviculaire et
acromiale. Il tend la peau du cou, abaisse les commissures labiales et exprime la frayeur.
B-LES MUSCLES MASTICATEURS
Ce sont les muscles qui participent à la manducation.
Ils sont innervés par les rameaux du V3 ou nerf mandibulaire (maxillaire inférieur, mandibularis),
branche du nerf trijumeau (trigeminus).
- le muscle masséter (masseter) naît de l’arcade zygomatique et s’insère sur la face latérale de la
mandibule ; il présente deux parties :
. la partie superficielle (pars superficialis) est la plus volumineuse ; ses fibres sont obliques en bas et en
arrière, tendues entre les trois quarts ventraux du bord caudal de l’arcade zygomatique et la face latérale
de l’angle de la mandibule où elles déterminent la tubérosité masséterique,
. la partie profonde (pars profunda) dont les fibres sont presque verticales :
- elles s’insèrent sur le quart dorsal du bord caudal et de la face médiale de l’arcade zygomatique,
jusqu’au processus zygomatique, et se terminent sur la face latérale de la branche mandibulaire,
- un faisceau s’individualise parfois en profondeur, le faisceau zygomaticocoronoïdien, qui se fixe sur le
processus coronoïde de la mandibule et donne des attaches fibreuses au disque de l’articulation temporo-
mandibulaire,
. le masséter est un puissant élévateur de la mandibule ; il ferme donc la bouche.
Sa partie superficielle induit une légère propulsion mandibulaire. Lors de certaines pathologies (tétanos),
sa contraction peut entrainer un trismus.
- le muscle temporal (temporalis) est triangulaire à sommet caudal, aplati :
. origine : il est issu de la fosse temporale et des deux tiers crâniaux de la face profonde du fascia
temporal,
. trajet : les fibres ventrales et moyennes sont verticales, les dorsales sont obliques en bas et en avant ;
elles convergent toutes sur un tendon terminal, . terminaison : le tendon du muscle temporal est très solide
et s’insère sur les bords ventral et dorsal du processus coronoïde de la mandibule,
. action : les fibres ventrales sont élévatrices et propulsives, les fibres moyennes sontélévatrices et les
fibres dorsales rétropulsives.
- le muscle ptérygoïdien latéral (ptérygoïdien externe, pterygoideus lateralis) est le muscle de
l’articulation temporo-mandibulaire ; il présente deux chefs :
. supérieur, sphénoïdal, tendu de la crête infra-temporale (crête sphéno-temporale, crista infratemporalis)
sur la face latérale de la grande aile de l’os sphénoïde au disque articulaire de l’articulation temporo-
mandibulaire et à la fossette ptérygoïdienne du condyle mandibulaire,
. inférieur, ptérygoïdien, de la face latérale de la lame latérale du processus ptérygoïde de l’os sphénoïde
et de la tubérosité maxillaire à la fossette ptérygoïdienne du condyle mandibulaire.
- le muscle ptérygoïdien médial (ptérygoïdien interne, pterygoideus internis) est parallèleà la face médiale
de la mandibule :
. il s’insère dans la fosse ptérygoïdienne de l’os sphénoïde, sur le processus pyramidal de l’os palatin et
sur la lame latérale du processus ptérygoïde,
. il se termine sur la face médiale de l’angle mandibulaire où il détermine la tubérosité ptérygoïdienne.
- les muscles ptérygoïdiens sont des propulseurs et des élévateurs de la mandibule lors de la contraction
bilatérale et des diducteurs (mouvements de latéralité) lors de la contraction unilatérale.
C-LES MUSCLES SUPRA-HYOÏDIENS (sus-hyoïdiens, suprahyoideus)
- le muscle digastrique (digastricus) présente deux ventres musculaires :
. le ventre postérieur s’insère sur l’incisure mastoïdienne de l’os temporal et se termine sur le tendon
intermédiaire du muscle digastrique en regard de la petite corne de l’os hyoïde ; il est innervé par le nerf
facial (VII) et le nerf glossopharyngien (IX),
. le ventre antérieur est tendu de la fosse digastrique de la symphyse mandibulaire au tendon intermédiaire
; il est innervé par le nerf mylo-hyoïdien, issu du trijumeau (V),
. le tendon intermédiaire du muscle digastrique passe dans une boucle formée par le muscle et le ligament
stylo-hyoïdiens lorsqu’ils s’insèrent sur l’os hyoïde,
. action : il est abaisseur de la mandibule, il ouvre donc la bouche ; il est élévateur et fixateur de l’os
hyoïde,
- le muscle stylo-hyoïdien (stylohyoideus), grêle :
. s’insère sur le processus styloïde de l’os temporal,
. se termine sur le bord latéral de l’os hyoïde : son tendon terminal se dédouble pour entourer le tendon
intermédiaire du muscle digastrique,
. est longé en dedans par le ligament stylo-hyoïdien qui se dédouble également pour entourer le tendon
intermédiaire du digastrique,
. innervé par le nerf facial, il est fixateur de l’os hyoïde qu’il attire en arrière et en haut lors de la
déglutition.
- le muscle mylo-hyoïdien (mylohyoideus) :
. s’insère sur la ligne mylo-hyoïdienne de la face médiale de la mandibule,
. se termine sur le raphé mylo-hyoïdien, qui unit les muscles droit et gauche sur la ligne médiane, et sur le
bord crânial du corps de l’os hyoïde,
. obliques en bas et en dedans, les muscles droit et gauche forment le plancher buccal, hamac sur lequel
repose le massif lingual,
. innervé par le nerf trijumeau (V), il est élévateur du plancher buccal lors de la déglutition, il élève l’os
hyoïde et abaisse la mandibule,
- le muscle génio-hyoïdien (geniohyoideus) :
. s’insère sur l’épine mentonnière (apophyse geni, spina mentalis) de la mandibule,
. se termine sur la face ventrale du corps de l’os hyoïde,
. innervé par le nerf hypoglosse (XII), il est élévateur de la langue et de l’os hyoïde, fixateur de l’os
hyoïde et abaisseur de la mandibule.
D-LES MUSCLES INFRA-HYOÏDIENS (sous-hyoïdiens, infrahyoideus)
Enveloppés par la lame pré-trachéale du fascia cervical, les muscles infra-hyoïdiens sont innervés par
l’anse cervicale issue du nerf glosso-pharyngien (IX).
Ils sont fixateurs ou abaisseurs de l’os hyoïde, abaisseurs de la mandibule, fl échisseurs du rachis cervical
; ils participent accessoirement à l’inspiration et à la déglutiton.
Ils forment ensemble le losange de la trachéotomie, organisé en deux plans :
- le plan superficiel est constitué par :
. le muscle omo-hyoïdien (omohyoideus) est un muscle digastrique :
- le ventre supérieur (ventre antérieur, venter superior) s’insère sur la moitié latérale du bord caudal du
corps de l’os hyoïde et sur le tendon intermédiaire,
- le ventre inférieur (ventre postérieur, venter inferior) se fixe sur le bord supérieur de la scapula, en
dedans de l’incisure scapulaire,
- le tendon intermédiaire du muscle omo-hyoïdien croise la veine jugulaire interne et joue un rôle dans le
drainage veineux de la tête,
- classiquement, l’omo-hyoïdien sous-tend la lame pré-trachéale du fascia cervical comme une voile
latine,
. le muscle sterno-hyoïdien (sterno-cléido-hyoïdien, sternohyoideus) qui :
- s’insère sur la face dorsale du manubrium sternal, sur l’extrémité médiale de la clavicule et sur le bord
crânial du premier cartilage costal,
- se termine sur la face dorsale du bord caudal du corps de l’os hyoïde,
- le plan profond comprend :
. le muscle sterno-thyroïdien (sternothyroideus), recouvert du sterno-hyoïdien :
- naît des faces dorsales du manubrium sternal et du 1er cartilage costal,
- se termine sur la ligne oblique du cartilage thyroïde,
. le muscle thyro-hyoïdien (thyrohyoideus) :
- s’insère sur la ligne oblique du cartilage thyroïde,
- se termine sur le tiers latéral de la face dorsale du corps de l’os hyoïde et sur sa grande corne.
E-LE MUSCLE STERNO-CLÉIDO-MASTOÏDIEN (sternocleidomastoideus)
Il est oblique tendu de la base du crâne à la jonction sterno-claviculaire.
Enveloppé dans un dédoublement de la lame superficielle du fascia cervical, le sternocléido- mastoïdien
est formé de deux chefs :
- origine :
. le chef sternal s’insère par un tendon sur la face ventrale du manubrium sternal,
. le chef claviculaire s’insère sur le tiers médial de la face supérieure de la clavicule,
. les deux chefs sont séparés par la petite fosse supra-claviculaire (triangle de Sedillot, fossa
supraclavicularis minor),
- terminaison : les deux chefs fusionnent et se terminent sur le pourtour du processus mastoïde de l’os
temporal et la moitié latérale de la ligne nuchale supérieure,
- remarque : l’ancienne nomenclature décrivait trois chefs organisés en deux plans :
. le plan profond comprenait le chef cléido-mastoïdien tendu de la clavicule au pourtour ventro-latéral du
processus mastoïde,
. le plan superficiel comprenait :
- le chef sterno-mastoïdien, en avant, tendu du sternum au processus mastoïde et à la ligne nuchale
supérieure,
- le chef cléido-occipital, en arrière, inséré sur la clavicule, juste en avant du
chef cléido-mastoïdien, et la ligne nuchale supérieure,
- ces deux chefs décrivent un N,
- innervation : par le nerf accessoire (XI) (spinal, accessorius) et par le plexus cervical,
- action :
. contraction bilatérale : extenseur de la tête et du rachis cervical, inspirateur accessoire,
. contraction unilatérale : fl exion, inclinaison homolatérale et rotation
controlatérale de la tête,
- c’est le muscle du torticolis.
F-LES MUSCLES SCALÈNES
Recouverts par la lame pré-vertébrale du fascia cervical, ils sont tendus du rachis cervical aux deux
premières côtes :
- le muscle scalène antérieur (scalenus anterior) :
. naît des tubercules antérieurs des processus transverses des 3ème, 4ème, 5ème et 6ème vertèbres
cervicales,
. se termine par un court tendon sur le tubercule du scalène antérieur (de Lisfranc), de la première côte,
- le muscle scalène moyen (scalenus medius) :
. s’insère sur les tubercules postérieurs des processus transverses des 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème et
7ème vertèbres cervicales,
. se termine sur la première côte, en arrière et en dehors du scalène antérieur,
- le muscle scalène postérieur (scalenus posterior) :
. naît des tubercules postérieurs des processus transverses des 4ème, 5ème et 6ème vertèbres cervicales,
. se termine sur le bord crânial de la deuxième et parfois de la troisième côtes,
- innervation : par des rameaux issus des plexus cervical et brachial,
- action :
. élévateurs des deux premières côtes : ce sont donc des muscles inspirateurs accessoires,
. inclinaison latérale et rotation controlatérale du rachis cervical lors de la contraction unilatérale,
. fixateurs du rachis cervical lors de la contraction bilatérale,
- rapports :
. entre les scalènes antérieur et moyen existe un espace cellulo-adipeux, le défilé des scalènes, dans lequel
s’engagent les racines du plexus brachial et les vaisseaux sub-claviers : le syndrome du défilé des
scalènes, lié à la compression de ces éléments par des muscles volumineux (pilote de formule 1), est
responsable de troubles vasculaires et nerveux intermittents du membre
thoracique,
. au-dessus de la première côte, le tubercule du scalène antérieur sépare la veine sub-clavière, en dedans,
de l’artère sub-clavière, en dehors.
RAPPORTS
Sur une coupe horizontale passant par C7, les muscles du cou sont engainés par les différentes lames du
fascia cervical :
- la lame pré-vertébrale du fascia cervical (aponévrose cervicale profonde, lamina prevertebralis) :
. est tendue de la partie médiane du corps vertébral, où elle adhère au ligament longitudinal antérieur, au
tubercule antérieur des processus transverses cervicaux, puis à leur tubercule postérieur et se termine sur
le sommet du processusépineux.
. entoure successivement d’avant en arrière, les muscles pré-vertébraux, scalènes et les muscles des
gouttières vertébrales,
. donne insertion en avant à la gaine viscérale qui entoure la trachée et l’œsophage accompagné des nerfs
laryngés inférieurs (récurrents, laryngeus inferior) ; elle est séparée de celle-ci par l’espace rétro-
pharyngien,
. à la face ventrale des processus transverses, elle inclut dans un dédoublement la chaine sympathique
cervicale.
- la lame pré-trachéale du fascia cervical (aponévrose cervicale moyenne, lamina pretrachealis) :
. est tendue du bord caudal de l’os hyoïde au bord dorsal de l’incisure jugulaire du sternum et de la
clavicule et au bord supérieur de la scapula,
. fusionne latéralement avec la lame superficielle au bord latéral du muscle omohyoïdien,
. présente un dédoublement ventro-latéral :
- le feuillet profond engaine les muscles thyro-hyoïdien et sterno-thyroïdien,
- le feuillet superficiel entoure les muscles sterno-hyoïdien et omo-hyoïdien,
. enveloppe en arrière les muscles splenius, complexus et élévateur de la scapula,
. se termine en arrière sur le ligament nuchal.
- la lame superficielle du fascia cervical (aponévrose cervicale superficielle, lamina superficialis) :
. située à la face profonde de la platysma, elle entoure complètement le cou,
. s’insère sur le bord caudal de la mandibule, le processus mastoïde et la ligne nuchale supérieure en haut,
adhère au corps de l’os hyoïde puis se fixe en bas sur le bord ventral de l’incisure jugulaire, la face
supérieure de la clavicule et le bord dorsal de l’épine de la scapula,
. s’unit en avant à la lame pré-trachéale,
. engaine en avant le muscle sterno-cléido-mastoïdien et en arrière le muscle trapèze : entre les deux se
trouvent la grande fosse supra-claviculaire (région susclaviculaire, trigonum omo-claviculare ou fossa
supraclavicularis major) :
- en profondeur de celle-ci existent de nombreux nœuds lymphatiques,
- à ce niveau, la lame pré-trachéale du fascia cervical est fragmentée.
- la gaine carotidienne est une formation fibreuse issue de ces différentes lames et située sur le côté de la
gaine viscérale : elle entoure les artères carotides commune puis interne, la veine jugulaire interne et les
nerfs X et XII,
- la loge thyroïdienne se situe en avant de la gaine carotidienne à laquelle elle adhère.
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