Petite histoire de l�Alphabet by y83SNzD

VIEWS: 12 PAGES: 16

									Petite histoire de l’Alphabet
Différents systèmes d’écritures sont nés sous des formes diverses à des
époques distinctes dans de nombreux endroits du globe (Mésopotamie,
Egypte, Chine, Amérique Centrale, etc.). En revanche, il semble bien que la
naissance de l’écriture alphabétique soit géographiquement localisée en terre
de Canaan, vers le IIème millénaire avant Jésus-Christ, dans une région qui
correspond aujourd’hui au Proche-Orient (Liban, Israël, Syrie, Jordanie et
Sinaï).

Les origines sémitiques de l’alphabet
C’est donc plutôt du côté du Levant qu’il faut chercher l’origine de
l’alphabet. L’ancien alphabet sémitique est d’abord un emprunt à la
civilisation égyptienne. Cette écriture pseudo-hiéroglyphique fonctionnait
selon le principe de l’acrophonie : chaque pictogramme symbolisait le tout
premier son du mot représenté. Ainsi le signe de la maison, baytu
représentait la « lettre » ‘B’. Dans la mesure où dans les langues sémitiques,
tout mot commence par une consonne, l’alphabet pseudo-hiéroglyphique
était consonantique.
Parallèlement (les interactions entre les deux systèmes d’écritures ne sont
pas encore clairement établies), était inventé à Ugarit, sur la côte
phénicienne, aux alentours du XIVème siècle avant notre ère, une écriture
alphabétique consonantique de 30 signes utilisant le système graphique
cunéiforme en usage dans l’ancienne Akkadie.
Le cunéiforme disparu, l’alphabet linéaire poursuivit son évolution. Avant la
fin du XIIème siècle avant J-C, l’alphabet classique de 22 lettres arrivait à
maturité après un millénaire d’évolution depuis l’invention des hiéroglyphes.
La graphie des lettres se stabilisait de même que le sens de la lecture qui se
faisait désormais de droite à gauche. L’alphabet phénicien découpait la
syllabe en unités simples, les consonnes, et négligeait les voyelles qui
servaient à les prononcer. L’acquis décisif demeurait: l’utilisation d’un
ensemble réduit de signes graphiques pour symboliser la langue articulée.

La lumière des voyelles
La langue grecque, qui appartient au groupe indo-européen comme le
persan, le sanscrit et la plupart des langues européennes, offrait des
particularités qui en rendaient la notation difficile par l’écriture alphabétique
consonantique phénicienne. La difficulté inhérente à toute écriture syllabique
est de rendre la consonne isolée, non suivie d’une voyelle. Or les groupes de
deux ou trois consonnes sont monnaie courante en grec : un texte grec dont
les voyelles ne sont pas notées est ainsi complètement inintelligible.
Pragmatiques, les Grecs transformèrent l’alphabet phénicien en l’adaptant à
leur langue. Dans un premier temps, ils affectèrent à certaines consonnes
phéniciennes, des valeurs à peu près similaires dans leur langue. Ainsi, le
signe du samek phénicien fut affecté à la consonne grecque de prononciation
voisine ‘s’. Après de nombreuses modifications d’orientation, ce caractère se
stabilisa sous la forme du sigma, ‘S’, tandis que le têt fut affecté à la notation
du son th sous la forme du ‘Q’ et que le qof, q, servit à noter le k et reçut le
nom de koppa (‘K’). Le zain sémitique, servit à noter le son grec dz sous la
forme ‘Z’.
Mais l’invention la plus significative des Grecs constituera à attribuer à
certaines lettres phéniciennes dont ils n’avaient pas l’usage la valeur de
voyelles. C’est ainsi que naquirent le alpha (‘A’), l’epsilon (‘E’), l’omicron
(‘O’) et l’upsilon (‘Y’). Pour la sonorité ‘I’, ils inventèrent ex nihilo une
                              lettre, le iota. Cette «lumière des voyelles»
                              pour reprendre l’expression d’Etiemble, c’est
                              l’apport décisif que vont faire les Grecs à
                              l’histoire de notre civilisation.
                              Le problème pour les Grecs n’était pas
                              seulement de trouver un emploi pour les lettres
                              sémitiques qui ne correspondaient pas à des
                              consonnes de leur langue mais également
                              d’arriver à noter tous les sons de cette dernière.
                              C’est ainsi que le son ph, fut d’abord noté ‘PH’
                              avant de se stabiliser sous la forme ‘F’. Le son
                              kh fut attribué à l’ancien taw sémitique, C,
                              resté sans emploi en grec. Le groupe
                              consonantique ps, fut d’abord noté ‘PS’, mais
                              les Ioniens recoururent rapidement au signe
                              ‘Y’ pour le représenter.
                              Ainsi, progressivement, son par son, signe par
                              signe, s’élabora l’alphabet grec avec des
                              différences notables selon les régions, mais
                              suivant toujours le même processus: celui de
                              l’adaptation du vieil alphabet sémitique à la
                              langue grecque. Ceci explique d’ailleurs que
                              les Grecs aient dans l’ensemble hérité des
                              Phéniciens à la fois l’ordre dans lequel sont
                              rangées les lettres et les noms de ces lettres.
                              L’alpha rappelle indubitablement l’aleph
                              phénicien, le bêta, le beth phénicien, etc.
                              Au début les mots étaient écrits sans
                              séparation; plus tard on les sépara les uns des
                              autres. Dans le même ordre d’idée, les accents
                              apparurent progressivement dans l’alphabet
                              grec. Les Grecs écrivirent également dans un
                              premier temps en boustrophédon. Dans ce
                              système, le sens de lecture progressait à
                              l’horizontale, alternativement dans un sens et
                              dans le sens opposé, à la manière des bœufs au
                              labour, revenant sur leurs pas à la fin de chaque
                              sillon. Le boustrophédon constitue peut-être
                              l’intermédiaire entre le sens phénicien, de
                              droite à gauche, que les Grecs adoptèrent dans
                              un premier temps et le sens ionien de gauche à
                              droite.
                             L’année -403 marque un tournant décisif dans
                             l’histoire de l’alphabet grec. En effet, sous
                             l’archontat d’Euclide, Archinos fit adopter à
                             Athènes une disposition stipulant que les textes
des lois, consignés jusqu’alors dans l’alphabet local, seraient réédités dans
l’alphabet ionien. Les autres villes grecques, suivirent progressivement cet
exemple, reconnaissant officiellement la supériorité de cet alphabet.

L’alphabet arrive en Italie
L’alphabet grec inspira les civilisations voisines. C’est ainsi que les
Etrusques dont la civilisation apparue dans l’actuelle Toscane au VIIème
siècle avant J.-C. reprirent l’alphabet grec pour transcrire leur langue, langue
qui malgré les 13.000 inscriptions en notre possession, nous reste toujours
inconnue.
Des rois étrusques régnèrent sur Rome jusqu’au IVème siècle avant J.-C.
date à laquelle les peuplades originaires du Latium les chassèrent. Ces
Latins, les futurs Romains, empruntèrent l’alphabet étrusque pour transcrire
leur langue. C’est ainsi que vers le IIIème siècle avant J.-C., fut établi un
alphabet de dix-neuf lettres, le ‘X’, le ‘Y’ et le ‘Z’ ayant dû être réintroduits
dans l’alphabet (les Etrusques avaient renoncés à ces lettres qui ne
correspondaient à aucun son dans leur langue) vers le Ier siècle avant J.-C. à
l’époque de Cicéron.

La fin du XVème Siècle
Dès sa naissance, la typographie fut un art abouti. Le premier ouvrage
imprimé de grande taille, la Bible à quarante-deux lignes dite B 42 de
Gutenberg, est aujourd’hui encore considérée, valeur historique mise à part,
comme un pur chef d’œuvre esthétique.
Quelques grands noms, essentiellement italiens et français, vont dans les
premières décennies où le nouvel art va se répandre en Europe, le
perfectionner et donner au livre imprimé sa forme actuelle. En matière de
choix de caractères, ils vont surtout assurer la prédominance du caractère
romain sur le caractère gothique.

Le caractère gothique de Gutenberg et des proto-
imprimeurs

                                              Lorsque l’imprimerie apparut,
                                              les      premiers     typographes
                                              s’appliquèrent à ne pas
                                              bouleverser les habitudes de
leur clientèle naturelle : celle des manuscrits. Fort logiquement, ils
s’efforcèrent d’imiter le plus fidèlement possible le travail des calligraphes.
Ils utilisèrent donc la lettre gothique, dans sa version Textura. Cette écriture
monumentale se caractérisait par sa compression verticale, ses brisures, sa
rigidité et l’opposition des pleins et des déliés.
Cependant, comme toute lettre trop « intellectualisée », elle avait le défaut
d’être difficile à lire. En effet, dans le gothique chaque caractère individuel
tend à perdre sa spécificité, ce qui ralentit bien évidemment l’œil du lecteur.
Par ailleurs, et afin d’imiter au mieux les manuscrits, de nombreux signes
furent fondus en plus de l’alphabet de 25 lettres (nous sommes à la fin du
Moyen Age). Gutenberg pour sa B 42 fondit ainsi 202 caractères différents :
dix lettres ‘a’ plus ou moins large afin d’optimiser la mise en page, de
nombreuses abréviations latines dont les copistes abusaient pour faciliter leur
travail, des ligatures et des lettres de liaison (groupement plus compact de
lettres).

L’introduction du romain en Italie :
l’œuvre de Nicolas Jenson
                       La fin du XVème siècle est marquée par la progression
                       de l’humanisme en Europe. Le goût des premiers
                       humanistes pour l’Antiquité, devait donner naissance
                       à un nouveau style calligraphique appelé écriture
humanistique qui reposait sur une redécouverte des capitales romaines
antiques combinées à l’utilisation d’une version simplifiée de l’écriture
caroline pour les minuscules.
                          On doit les premiers essais de caractères romains
                          typographiés aux imprimeurs allemands travaillant
                          en Italie : Conrad Sweynheym et Arnold Pannartz
                          (1465). Ces derniers, fondirent à Subiaco d’abord,
                          puis à Rome ensuite, un caractère romain hybride,
                          encore imprégné de l’esprit gothique.
Les premiers vrais romains naquirent à Venise. On les doit aux imprimeurs
Jean et Wendelin de Spire. Leur dessin fut perfectionné par le français
Nicolas Jenson (1470). Son caractère était encore assez lourd, au faible
contraste entre pleins et déliés et comportait des empattements assez épais.
                   Malgré leur couleur un peu trop uniforme, ces lettres
                   vénitiennes n’en offraient pas moins un aspect
                   harmonieux et homogène.
                   A la fin du XIXème siècle, lorsque William Morris décida
de recréer un caractère pour combattre les horreurs typographiques de l’ère
victorienne, c’est du travail de Jenson qu’il s’inspira ; Jenson est donc
vraiment le père de la typographie moderne.

Le début du XVIeme Siècle
Vers la fin du XVème siècle, l’imprimerie n’est
plus un art de pionniers, mais une véritable
industrie. Le XVIème siècle va être marqué par
des dynasties d’imprimeurs-éditeurs (Manuce en
Italie, Estienne en France) qui vont grandement
contribuer à structurer l’industrie naissante et à
standardiser le livre typographié.

Le perfectionnement du romain :
Alde Manuce et Claude Garamond
Alde Manuce allait parachever le travail de Nicolas Jenson. Imprimeur,
éditeur, en bref chef d’entreprise vénitien, cet helléniste curieux et ouvert,
parfaite incarnation de l’esprit de ce temps, fit graver un caractère romain
tellement abouti, qu’il est encore utilisé de nos jours. Union de la capitale
épigraphique romaine et de la calligraphie humanistique, ce caractère fut
utilisée pour imprimer le plus illustre des incunables : l’inestimable Songe de
Polyphile (1499).
Si on compare ce romain, gravé par Francesco Griffo, à celui de Jenson, les
                 différences semblent de peu d’importance : répartition plus
                 subtile des contrastes entre pleins et déliés, affinement des
                 empattements, hauteur de capitale inférieure à l’extrémité
                 des jambages supérieurs des minuscules. Toutefois, la
                 couleur de la page imprimée en est transformée toute de
variété et de luminosité.
Pendant ce temps, en Europe, étaient publiés les premiers ouvrages
théoriques sur la lettre. Tous ces travaux, qu’ils soient de l’Italien Luca
Paccioli, de l’Allemand Albrecht Dürer ou du Français Geoffroy Tory,
reposaient sur le recours à la géométrie.
Le graveur qui insuffla l’esprit de ces théoriciens dans le caractère de
Manuce est un français du nom de Claude Garamond (1530). Il grava pour le
plus grand imprimeur de ce temps, Henri Estienne, un romain équilibré,
d’une très grande lisibilité, un classique de la typographie, qui fit l’objet
d’une large diffusion et fut utilisé à travers l’Europe jusqu’à la Révolution
française.
L’invention de l’italique : Alde Manuce encore
Alde Manuce, à qui il faut associer Francesco Griffo, est illustre également à
un autre titre : c’est à lui que l’on doit l’italique, caractère penchée inspirée
des écritures alors utilisées par la chancellerie pontificale.
Ce nouveau caractère fut utilisé par Manuce pour lancer une collection de
classiques de petit format destinés aux lettrés souhaitant découvrir un
ouvrage sans s’encombrer d’un appareil critique. L’italique convenait
parfaitement à cette fin parce qu’elle permettait de gagner de la place mais
surtout parce que son élégance le rendait très lisible dans les petits corps.

La normalisation typographique
Rapidement, le livre imprimé acquit son autonomie par rapport au livre
manuscrit. Progressivement, les nombreuses ligatures qui n’avaient plus de
raison d’être disparurent des livres typographiés. Les imprimeurs purent
ainsi commencer à rationaliser leur casse.
Cette évolution fut accompagnée d’un débat de fond sur les langues
nationales et leur transcription. En France, dans les années 1530, Tory mais
également Marot, Dolet et Ronsard proposèrent des réformes
orthographiques, défendant par exemple l’usage des accents et de la
ponctuation. Rapidement, l’orthographe française intégra des règles inspirées
des recherches menées par les humanistes italiens à partir de l’étude des
langues latine et grecque (les accents viennent par exemple du grec).
L’aboutissement de ce mouvement fut la publication par Joachim Du Bellay
de l’acte fondateur de la langue française, Défense et illustration de la langue
française (1549).
Parallèlement, les métiers se spécialisèrent progressivement. On a vu que
Manuce ne gravait pas lui même ses caractères mais avait recourt aux
services du talentueux Griffo. De même, Garamond ne nous est connu que
pour ses caractères, qu’il gravait pour Estienne ou le Roi lui-même. Cette
spécialisation des métiers contribua grandement à uniformiser la typographie
européenne.
Ainsi, le plus célèbre graveur de caractères français de cette époque après
Garamond, Robert Granjon, fondit des caractères pour l’Europe entière. Ce
parisien d’origine, travailla longtemps à Lyon, d’où il vendait ses caractères
à tous les imprimeurs européens, fut appelé à Anvers par le grand imprimeur
Christophe Plantin et finit sa carrière à Rome à la demande de l’imprimerie
du Vatican
Préliminaires typographiques
Un caractère désigne un signe tracé ou écrit, qu’il soit une lettre, un signe de
ponctuation, un chiffre, un symbole, etc.
Une police de caractères (ou fonte) rassemble les lettres minuscules, les
lettres majuscules, les chiffres, les signes de ponctuation, les ligatures
                           (combinaison de caractères comme le ‘œ’) d’un
                           même style dans un corps et une graisse donnée.
                             Une famille (ou série) de polices rassemble tous
                             les styles qu’un caractère peut prendre. Ainsi,
                             une famille de caractères classique comprend
                             une version normale (ou romaine), une version
                             italique, une version grasse et une version grasse
                             italique. Mais il existe bien d’autres versions
intermédiaires.


Les capitales sont également appelées lettres majuscules ; elles sont
  originaires des inscriptions lapidaires romaines. Les bas de casse ou lettres
  minuscules, sont ainsi appelées pour des raisons historiques (liens) : elles
  constituent l’aboutissement de la minuscule carolingienne.
  Les italiques sont des polices reprenant des caractéristiques de la lettre
romaine d’origine mais sont penchées.
           Il ne faut pas confondre italique et romain penché. Les
           ordinateurs peuvent en effet dessiner automatiquement un romain
           penché à partir d’une fonte romaine. Toutefois, le résultat sera
           loin d’être satisfaisant comme le prouve l’exemple suivant :


                             Les petites capitales sont des versions miniatures
                             des capitales et non pas des capitales réduites. On
                             les trouve souvent dans les fontes expert. Ces
capitales ont en général la même hauteur de l’hauteur d’x ce qui les rend
plus discrète que les capitales normales.


Les petites capitales réduites électroniquement donnent en général un œil
trop léger, parce que tous les traits du caractère sont réduits.
Les ligatures sont des combinaisons de deux ou trois lettres consécutives.
      Les combinaisons classiques sont le ‘ff’, ‘fi’, ‘ffi’ et ‘ffl’.


Les chiffres dit arabes (en opposition aux chiffres romains) sont en général
disponible dans les fontes traditionnelles en version Didot. Les chiffres Didot
ont la même hauteur que les capitales et se prêtent parfaitement à la
composition de tableaux.


En revanche, on trouve parfois dans les fontes expert, des chiffres dits
elzéviriens qui dépassent de part et d’autre de la ligne de pied
Caractères & Informatique
Les signes standard ASCII du Sabon de Bitstream
La Lettre d’Imprimerie
Typographe parisien (1860-1925), Francis Thibaudeau a été amené à
concevoir le premier système rationnel de classement des caractères en
élaborant les volumineux catalogues typographiques des fonderies Renault et
Marcou et de Peignot et Cie. Il présente celui-ci dans deux ouvrages
magnifiques : La Lettre d’imprimerie (1921) et le Manuel français de
typographie moderne (1924).
Il assoit la classification qui porte son nom sur la forme des empattements :
       empattement triangulaire : Elzévir,
       empattement filiforme : Didot,
       empattement quadrangulaire : Egyptienne,
       empattements absents : Antique.


                        Il est à noter que cette classification ne contredit en
                        rien l’Histoire. En effet, si on reprend la biographie
                        du caractère romain depuis la Renaissance, on
                        constate que les premiers imprimeurs, Jenson en
tête, ont fait usage de caractères à empattements triangulaires. Sous
l’impulsion de Grandjean et surtout de Didot, sont progressivement apparus
des caractères dont l’empattement se réduisait à un fin trait horizontal. In
fine, sous l’influence de la Révolution industrielle, sont apparus les
caractères à empattements quadrangulaires et, plus novateurs encore, les
caractères sans empattements.
Classification Thibeaudeau
1. Le romain Elzévir
               Le romain Elzévir dit aussi ancien, reprend les
               caractéristiques des romains de Jenson ou de Garamond, à
               commencer par ses empattements triangulaires


2. Le romain Didot
Le romain Didot dit également moderne, est une forme plus sévère et plus
    géométrique de l’Elzévir, caractérisée par la grande sobriété des
    empattements qui se réduisent bien souvent à un simple trait.


3. L’Egyptienne
L’Egyptienne se distingue par la présence en terminaison des jambages
                         supérieurs et inférieurs d’un obit à angle droit, dit
                         quadrangulaire, de la même graisse que les fûts
                         principaux de la lettre.


4. L’Antique
           L’Antique, enfin, au tracé dépouillé, est dépourvu
           d’empattements ; son dessin tient plus des capitales grecques que
           des capitales romaines.
Classification chronologique
D’origine anglo-saxonne, cette classification présente le mérite d’affiner la
classification Thibaudeau en particulier pour désigner les caractères de type
Elzevir. Sa pertinence s’arrête toutefois avec le XXème siècle et les
relectures contemporaines de caractères anciens.
1. Old Style
Inspiré par le romain gravé par Francesco Griffo pour Alde Manuce,
perfectionné par le français Claude Garamond, ce type de caractères a
dominé la typographie occidentale pendant 250 ans jusqu’à William Caslon.
Il est caractérisé par un contraste pleins/déliés équilibré entre les majuscules
et les bas de casse, des empattements triangulaires et une traverse de ‘e’
horizontale.
2. Italic
Inventé par Francesco Griffo pour les éditions classiques d’Alde Manuce, ce
caractère, version typographique des écritures de chancellerie, est devenu
progressivement le compagnon nécessaire du caractère romain.
Il est caractérisé par un axe nettement incliné, une chasse plus réduite que
pour le romain et par un dessin très nettement inspiré de l’écriture
calligraphique.
3. Transitional
Caractère apparu en France d’abord avec le Romain du Roi de Grandjon, en
Angleterre ensuite avec Baskerville au milieu du XVIIIème siècle.
Dans ce caractère, l’axe vertical n’est plus que légèrement incliné et le
contraste entre les pleins et les déliés est plus accentué.
4. Modern Face
Caractère typiquement latin développé dans l’esprit rationnel des Lumières.
Il est caractérisé par un verticalisme accusé, des contrastes accentués à
l’extrême entre les pleins et les déliés et par des empattements parfaitement
horizontaux et de même épaisseur que les déliés.
5. Egyptian
Caractères de nature publicitaire développés dès le milieu du XVIIIème
siècle en Angleterre.
Les empattements de ces robustes caractères sont épais et bien souvent
rectangulaires, le contraste entre leurs pleins et déliés est faible et leur
hauteur d’x est souvent proportionnellement important.
6. Sans Serif
Parfois appelés Grotesk, ces caractères sont apparus en Angleterre en même
temps que les Egyptian et répondaient au même besoin
publicitaire.
Ces caractères n’ont, comme leur nom l’indique, pas d’empattements. A
l’origine, les premières Grotesk accusaient un faible contraste entre pleins et
déliés mais cette tendance s’est progressivement inversée avec le
basculement dans le XXème siècle.
Anatomie de la Lettre
Angle d’empattement [fillet]
Liaison plus ou moins incurvée entre l’empattement et le fût.
Axe oblique [stress]
Inclinaison suggérée par la relation entre les pleins et les déliés. Il est le plus
souvent vertical ou oblique.
Boucle [goutte, loop]
Partie du ‘g’ qui descend sous la ligne de pied.
Contrepoinçon [counter]
Espace blanc à partiellement ou totalement enclos à l’intérieur de la panse
d’un caractère. [en anglais, le contrepoinçon de la lettre ‘e’ est appelé eye]
Corps [force de corps, type size]
Taille d’un caractère, exprimée généralement en points typographiques ou en
dixièmes de millimètres.
Délié [thin stroke, hairline]
Partie plus fine du caractère.
Délié de jonction [link]
Trait fin qui relie par exemple la panse du ‘g’ à sa boucle.
Diagonale [branche, leg pour le ‘k’, stem sinon]
Partie inclinée d’un caractère.
Empattement [serif]
Petit trait qui prolonge les extrémités des traits droits et obliques des lettres ;
en général perpendiculaire à ces derniers.
Fût [montant, haste, hampe, stem, stroke]
Trait principal vertical (le terme s’applique également à certaines
diagonales).
Jambage inférieur [hampe ou longue descendante, descender]
Partie inférieure d’une lettre bas de casse qui descend sous la ligne de pied.
Jambage supérieur [hampe ou longue ascendante, ascender]
Partie supérieure d’une lettre bas de casse qui s’élève au-dessus de l’œil.
Hauteur de capitale [caps height]
Hauteur de la capitale d’une police, comprise entre la ligne de pied et
l’extrémité supérieure du caractère. [en anglais, la ligne supérieure se dit cap
line]
Hauteur d’x [parfois appelée œil, x-height]
Hauteur du caractère bas de casse, à l’exclusion des jambages inférieurs et
supérieurs. Ainsi appelée car elle est basée sur la hauteur du ‘x’ minuscule.
[en anglais, la ligne médiane se dit mean line]
Ligne de pied [ligne de base, baseline]
Ligne imaginaire sur laquelle s’alignent les caractères : ces derniers sont
comme suspendus à cette ligne.
Panse [rondeur, bowl]
Trait courbé ou ovale qui renferme le contrepoinçon.
Plein [thick stroke]
Partie plus épaisse du caractère.
Pointe [apex]
Désigne l’extrémité du triangle coiffant le ‘A’ capitale.
Queue [ear pour le ‘g’ et tail pour le ‘Q’]
Trait court dépassant du ‘Q’ ou du ‘g’.
Shoulder
Partie incurvée prolongeant un fût.
Spine
Partie incurvée centrale de la lettre ‘S’.
Spur
Projection, plus petite qu’un empattement, qui renforce l’extrémité d’un
caractère (se dit surtout pour le ‘G’).
Traverse [barre, crossbar, arm]
Partie horizontale d’un caractère.
Ligne de pied
Ligne imaginaire sur laquelle s’alignent les caractères
Hauteur d’x
Hauteur du caractère bas de casse, à l’exclusion
des jambages inférieurs et supérieurs
Hauteur de capitale
                          Hauteur de la capitale comprise entre la ligne de
pied et l’extrémité supérieure du caractère
Corps


Taille d’un caractère
Fût




Partie verticale d’un caractère
Traverse


Partie horizontale d’un caractère
Diagonale




Partie inclinée d’un caractère
Panse


Trait ovale qui renferme le contrepoinçon (espace blanc)
Boucle




Partie du ‘g’ qui descend sous la ligne de pied
Jambage supérieur


Partie supérieure d’une lettre bas de casse qui s’élève au-dessus de l’œil
Jambage inférieur
Partie inférieure d’une lettre bas de casse qui descend sous la ligne de pied
Délié de jonction


Trait fin qui relie par exemple la panse du ‘g’
à sa boucle
Terminologie traditionnelle
Caractère typographique [type, stamp, sort]
Parallélépipède métallique. Posé sur sa base (côté gouttière), il présente
verticalement une hauteur en papier, horizontalement une chasse et
perpendiculairement à la ligne d’impression, un corps.


Bloc typographique [body, shank, stem]
Le prisme rectangulaire sur lequel le caractère est dressé.


Œil (1) [face]
L’œil d’un caractère est sa partie imprimante, le signe en relief qui reçoit
l’encre à déposer par pression sur le support d’impression. En un mot
comme en mille, c’est ce que l’on voit sur le papier !


Epaule (2) [shoulder]
Le plan horizontal sur lequel la lettre est gravée en relief.


Talus (3) [beard]
Espaces existants sur la surface d’œil. Entre la partie supérieure de l’œil et le
bord supérieur du caractère, on parle de talus de tête ; entre la partie
inférieure de l’œil et le bord inférieur du caractère, on parle de talus de pied.


Approche (non visible sur l'exemple)
[Talus latéraux, fit]
Blanc nécessaire entre deux lettres imprimées d’un même mot pour qu’elles
ne se touchent pas. L’approche de deux lettres résulte donc de l’addition du
talus d’approche de droite du premier caractère et du talus d’approche de
gauche du second.


Corps (4)
[point-wise dimension, point size, body size]
Longueur du caractère typographique            perpendiculaire à la ligne
d’impression. Le corps d’un caractère est toujours égal à la hauteur de son
œil augmentée de son talus de pied et de son talus de tête.


Chasse (5) [épaisseur, width, set]
Dimension du bloc metallique constituant le caractère d’imprimerie mesuré
parallèlement à la ligne d’impression. La chasse du caractère est la somme
de la largeur de l’œil augmentée de ses approches.


Hauteur en papier (6) [type-height, height to paper]
Variable mesurant la distance entre la surface de l’œil et le pied du caractère
typographique. La hauteur en papier est l’addition de la profondeur d’œil
(distance entre l’épaule et l’œil) et de la hauteur basse d’épaule.
Cran (7)[nick]
Incision latérale sur le devant du caractère typographique. L’incision plus
large que l’on trouve parfois à la base du bloc typographique est appelée
gouttière (8).


                                 Devant [front]
                                 La face du caractère typographique où est
                                 situé le cran.


                                 Arrière [back]
                                 Le dos du caractère ; l’opposé du ‘Devant’.


                                 Pied [foot]
                                 Plan du prisme opposé à l’œil.



Source : http://histoire.typographie.org/caracteres/

								
To top