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Gouvernement du Burkina Faso

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Gouvernement du Burkina Faso Ministère des Affaires Etrangères du Danemark - DANIDA









Programme d’Appui Danois

au Secteur de l’Education au Burkina Faso

(PADSE, dec. 2005-2010)

_______________



Document de programme









Réf. 104. Burkina Faso 813-0 Version finale

Novembre 2005

Pays Burkina Faso

Titre du Programme Programme d’Appui Danois au Secteur de

l’Education (PADSE, dec.2005-2010)

Tutelle principale du programme Ministère de l’Enseignement de Base et de

l’Alphabétisation (MEBA)

Durée 5 ans

Date de démarrage Décembre 2005

Budget global du programme 100 millions de DKK, soit 8,8 milliards de FCFA





Description du programme

Le Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education (PADSE, dec.2005-2010) consistera

principalement à appuyer la mise en œuvre du Plan Décennal de Développement de l’Education

de Base (PDDEB) lancé en 2002. Cette période correspondra à une phase d’accélération dans

l’exécution du plan, pendant laquelle les besoins de financement seront importants.



L’appui danois s’intègrera dans le cadre général d’exécution du PDDEB, en venant compléter

les apports des autres PTF. La contribution du Danemark s’effectuera donc en conformité avec

les principes de fonctionnement adoptés : approche programme, cadre partenarial et gestion des

fonds à travers un panier commun qui deviendra prochainement un fonds commun, sous forme

d’un Compte d’Affectation Spéciale au Trésor (CAST). Par conséquent, les objectifs du

PADSE, ses résultats et ses indicateurs se confondent nécessairement avec ceux du PDDEB.



L’appui fourni par le PADSE dans l’éducation de base portera sur l’éducation de base

(augmentation de l’offre, amélioration de la qualité), à l’alphabétisation (appui au Fonds pour

l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle-FONAENF) et au financement d’un Fonds

d’Appui aux Initiatives. Également le PADSE portera sur le renforcement des capacités du

Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation à piloter ses structures centrales et

déconcentrées et à coordonner l’aide extérieure. En complément, le programme contribuera à la

formulation d’une politique transversale en matière de formation professionnelle.



Dans ce contexte, le PADSE vise trois objectifs immédiats qui suivent ceux du PDDEB:

a) accroître l’offre éducative de base et promouvoir l’alphabétisation ; b) améliorer la qualité, la

pertinence et l’efficacité de l’éducation de base formelle et non formelle ; c) renforcer la capacité

de gestion et de planification du système éducatif. La mise en œuvre du PADSE se fera par une

unité de coordination du programme à l’Ambassade et composée du Conseiller en éducation de

l’Ambassade et d’un Chargé de programme adjoint.



L’engagement du Gouvernement de mise en œuvre le PDDEB 2001-2010 est assuré à travers le

CLSP et l’Initiative Fast Track. Dans le contexte de l’allocation des fonds PPTE le

Gouvernement s’est engagé à augmenter son investissement en éducation de 21,6% en 2000 à

26% du budget national en 2010, dont 60% alloué pour l’éducation de base (Banque Mondiale,

Joint Staff Assessment 2000). L’affectation des recettes PPTE est suivie par la Banque

Mondiale et le FMI.



L’assistance financière fournie de PADSE atteint 100 millions de couronnes danoises (DKK), soit

8.8 milliards de FCFA, qui sont répartis comme suit :

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







 DANIDA contribuera au « fonds commun » des PTF pour financer le PDDEB sur

2006-2010 à la hauteur de 58 millions de DKK (5 104 millions FCFA) pour le

cofinancement des plans d’actions des directions centrales et déconcentrée du MEBA.



 En dehors de la contribution au fonds commun Danida financera :

17 millions de DKK (1 496 millions FCFA) pour l’alphabétisation et

l’éducation non formelle à travers FONAENF.



7 millions DKK (616 millions FCFA) pour un Fonds d’Appui aux Initiatives,

pour faciliter la mise en œuvre d’actions liées à des thèmes porteurs, mais qui

du fait de leur spécificité n’ont pas pu être encore réalisés dans le programme

du PDDEB.

5,5 millions DKK (484 millions FCFA), seront mise à disposition pour la

formulation d’une politique nationale sur la formation professionnelle.

 4 millions DKK (352 millions FCFA) seront réservés pour des revues, des études et

pour la préparation des phases suivantes, et



 8,5 millions DKK (748 millions FCFA) seront réservés au coût administratif du

programme.



Les contributions au fond commun seront versées sous forme de paiements semestriels soumis

à l’élaboration de budgets et de plans annuels, ainsi qu’à la présentation de rapports semestriels

et financiers. La gestion financière sera réglementée par les procédures du CAST,

complétées par le Protocole de Financement Commun en cours de finalisation.

Il est prévu que la contribution au FONAENF et au Fonds d’Appui aux Initiatives sont intégrée

au CAST quand la gestion du PDDEB et le CAST le permettre. Les critères pour l’intégration

seront à définir pendant le démarrage du programme. EN ce qui concerne le Fonds d’Appui aux

Initiatives, il est probable que la gestion des fonds soit confiée à une autre structure déléguée

par l’Etat. Le fonds pour l’appui à la formation professionnelle sera conditionné par la volonté

réelle du gouvernement burkinabé de mettre en place des structures capables et mandatées de

mettre en œuvre la formulation d’une politique nationale. Au cas ou le fond n’a pas été mobilisé

après 12 mois, le fond sera transféré au PDDEB/CAST.

La gestion financière du PADSE se conformera aux procédures burkinabé en vigueur ainsi

qu’aux lignes directrices de la DANIDA en la matière. Ces lignes directrices donnent les

principes de la gestion des fonds danois, y compris la comptabilité, les transferts, les rapports

financiers et l’audit financier.









____________________________ ____ __________________________

Pour le Gouvernement du Burkina Faso Pour le Gouvernement du Danemark

Date: Date:









ii

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Table des Matières



Liste des sigles et abréviations vii



Résumé du document de programme ix



1. INTRODUCTION : le processus d’élaboration du programme 1



2. LE CONTEXTE NATIONAL 3

2.1 La situation socio-économique 3

2.1.1 Les indicateurs globaux 3

2.1.2 La situation alimentaire 4

2.1.3 Les conditions de santé 5

2.1.4 L’environnement 5

2.1.5 La situation des femmes 6

2.2 Le contexte politique et la gouvernance 7

2.2.1 Les grands traits du système politique 7

2.2.2 La question de la bonne gouvernance 8

2.2.3 Les droits de la personne 9

2.3 Le cadre macro-économique et institutionnel 10

2.3.1 Le Programme d’Ajustement Structurel (PAS) 10

2.3.2 Le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) 11

2.3.3 Décentralisation et déconcentration 12



3. LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION 14

3.1 L’éducation de base 15

3.1.1 Le cadre législatif 15

La Loi d’Orientation de l’Education 15

Le Plan Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB) 16

La Lettre de Politique Educative 16

L’Initiative PPTE 17

L’engagement envers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) 17

La Procédure Accélérée pour l’Éducation Pour Tous (Fast Track Initiative) 18

3.1.2 Le cadre administratif et technique 18









i

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









3.1.3 Le cadre institutionnel 19

Le préscolaire 19

L’enseignement primaire 20

La formation professionnelle des enseignants du primaire 21

L’éducation de base non formelle 22

3.2 L’enseignement secondaire 23

3.2.1 Le cadre législatif et administratif 23

3.2.2 Le cadre institutionnel 23

L’enseignement secondaire général 23

L’enseignement secondaire technique et professionnel 23

La formation des enseignants de l’enseignement secondaire 25

3.3 L’enseignement supérieur 25

3.3.1 Le cadre législatif et administratif 25

3.3.2 Le cadre institutionnel 25

3.4 La formation professionnelle 26

3.4.1 Le cadre législatif : un certain vide juridique 27

3.4.2 Le cadre administratif : plusieurs ministères impliqués 27

3.5 Le financement du secteur de l’éducation 29

3.6 Les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) 30

4. LE PDDEB : CADRE OPERATIONNEL DE L’EDUCATION DE BASE 31

4.1 Contenu et objectifs 31

4.2 Le cadre de partenariat et son fonctionnement 33

4.2.1 L’approche programme 33

4.2.2 Le cadre partenarial 33

4.2.3 Les sources de financement 34

4.2.4 Les budgets 35

4.2.5 Le passage du panier commun au CAST 37

4.2.6 Protocole de Financement Commun 38

4.2.7 La gestion du PDDEB et son suivi 39

4.2.8 Le contrôle financier 41

4.3 Le Fonds pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle 42

4.4 L’état d’avancement du PDDEB : acquis réalisés et difficultés rencontrées 44







ii

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









4.4.1 L’augmentation de l’offre dans l’enseignement primaire 44

4.4.2 La qualité de l’enseignement primaire 44

4.4.3 L’alphabétisation et le FONAENF 45

4.4.4 La scolarisation des filles 46

4.5 Les défis de l’éducation de base 46

4.5.1 L’éducation de base formelle et non formelle 46

4.5.2 La formation professionnelle 47

4.5.3 L’accès des femmes et des filles aux services éducatifs 47

4.5.4 L’augmentation de l’offre ET de la qualité de l’enseignement 48

4.5.5 La maîtrise des coûts 48

4.5.6 Prolonger l’éducation de base et décentraliser 49



5. LE PROGRAMME D’APPUI DANOIS AU SECTEUR DE L’EDUCATION 50

5.1 Description générale de l’appui et justification 50

5.1.1 Appui à la mise en œuvre du PDDEB 50

a) L’appui au PDDEB à travers le fond commun 51

b) L’appui au FONAENF 51

c) Fonds d’Appui aux Initiatives 51

5.1.2 Appui à la formation professionnelle 52

5.1.3 Envergure de l’assistance financière 52

5.1.4 Considérations spéciales sur la construction du PADSE 51

5.2 Les objectifs et résultats attendus du PADSE 53

5.2.1 Objectif général et objectifs immédiats 53

5.3 Stratégie d’intervention : plusieurs principes à respecter 54

5.3.1 S’inscrire dans la stratégie de réduction de la pauvreté 54

5.3.2 Favoriser l’approche programme 55

5.3.3 Renforcer le partenariat et la coordination de l’aide 56

5.3.4 Renforcer les capacités dans le secteur de l’éducation 56

5.3.5 Prendre en compte les aspects transversaux 57

a) Les questions liées au genre 57

b) Le VIH/SIDA 57

c) Les droits de la personne et la démocratie 58

d) L’environnement 58

5.3.6 Appuyer la décentralisation et la déconcentration 59







iii

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









5.4 La méthodologie de travail 60

5.4.1 L’appui au PDDEB à travers le fond commun 60

5.4.2 L’appui au FONAENF 61

5.4.3 Le Fonds d’Appui aux Initiatives 62

5.4.4 La formulation d’une politique en formation professionnelle 63

5.4.5 L’assistance technique 64

5.5 Leçons tirées de l’expérience danoise dans le secteur 64

a) Au niveau de l’éducation de base et de l’appui au PDDEB 64

b) Au niveau de la formation professionnelle 66

5.6 Budget 67

6. GESTION FINANCIERE ET ADMINISTRATIVE DU PADSE 69

6.1 Ancrage institutionnel 69

6.2 Réglementation et gestion financière 69

6.2.1 Les flux financiers 70

6.2.2 Les procédures de budgétisation et de décaissement 71

6.2.3 Le suivi du budget 72

6.2.4 Les procédures de passation des marchés 72

6.2.5 Les audits 73

6.3 Le suivi, le reportage, les revues et les évaluations 74

6.3.1 Le suivi de la mise en œuvre du PDDEB 74

6.3.2 Le rapportage pour l’appui au PDDEB 77

6.3.3 Le suivi de FONAENF 78

6.3.3 Le suivi du Fonds d’Appui aux Initiatives et des activités liées

à la formation professionnelle 78

6.4 Gestion du programme au niveau de l’Ambassade 78

7. L’ANALYSE DES RISQUES ET LES MESURES DE MITIGATION 80

7.1 Les risques liés aux capacités de gestion du MEBA à mettre en œuvre le

PDDEB 80

7.1.1 La coordination inefficace des appuis des PTF 80

7.1.2 Le MEBA n’applique pas les mesures de gestion des ressources humaines

qui s’imposent pour assurer l’efficacité du système 81

7.1.3 La gestion financière du PDDEB est insatisfaisante 81

7.1.4 Le risque lié à la passation et à l’exécution des marchés 82

7.1.5 Déséquilibre entre les trois axes d’intervention du PDDEB 83





iv

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









7.2 Les risques liés à la décentralisation du système éducative 84

7.2.1 Risque lié au manque d’une répartition efficace des mandats entre

les communes et les DREBA et DPEBA. 84

7.2.2 Risques liés à la gestion décentralisée des enseignants 85

7.3 Le risque de désengagement du gouvernement ou des PTF 85

7.3.1 Le budget national s’avère insuffisant 85

7.3.2 Les risques liés à des inactions des PTF 86

7.3.3 Les fonds externes ne sont pas mis à disposition selon les besoins 86

7.4 Les risques liés à l’appui à la formation professionnelle 87

7.4.1. Le risque de la non matérialisation de l’engagement politique du

gouvernement 87



8. PLAN DE DEMARRAGE 88



Liste des annexes

Annexe 1. Structure de l’offre éducative au Burkina Faso 91

Annexe 2. Protocole Financement Commun 93

Annexe 3. Synthèse statistique des indicateurs du PDDEB selon l’harmonisation du CSLP 106

Annexe 4. Matrice des mesures du PAP du CSLP 2005-2007 109

Annexe 5. Organigramme du Ministère de l’Education de Base (MEBA) 111

Annexe 6. Liste des documents consultés 112

Annexe 7. Plan d'action du PDDEB de l'année 2005 114

Annexe 8. Plan de mise en oeuvre préliminaire 116

Annexe 9. Plan de démarrage 117



Liste des tableaux

Tableau 1. Quelques données de base sur le Burkina Faso 3

Tableau 2. Évolution des structures d’encadrement et des effectifs du préscolaire 19

Tableau 3. Prévisions budgétaires par sources de financement pour 2005 36

Tableau 4. Indicateurs harmonisés su CSLP (2004) 54

Tableau 5. Budget global du programme du Programme d’Appui Danois

au Secteur de l’Education 67

Tableau 6. Répartition du budget de l’appui danois de 2006 à 2010 67

Tableau 7. Contribution des PTF du panier commun au financement du PDDEB

pour la période 2004-2006 68

Tableau 8. Principaux indicateurs du PADSE/CSLP/PDDEB 75









v

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Liste des sigles et abréviations





AME Associations des Mères Educatrices

APE Associations des Parents d’Elèves

BPE Bureau des Projets Education

CAD Comité d’Aide au Développement

CAFP Cellule d’Appui à la Formation Professionnelle

CAM Commission d’Attribution des Marchés

CAM Commission d’Attribution des Marchés au niveau central

CASEM Conseil d’Administration du Secteur (ministériel) de l’Education

CAST Compte d’Affectation Spéciale au Trésor

CDMT Cadre des Dépenses à Moyen Terme

CDP Congrès pour la Démocratie et le Progrès

CEBNF Centres d’Education de Base Non Formelle

CEONG Conseil d’Examen des Dossiers des ONG

CEP Certificat d’Etudes Primaires

CPAF Centres Permanents d’Alphabétisation et de Formation

CPP Comités Provinciaux de Programmation

CRP Comités Régionaux de Programmation

CSLP Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté

CSPP Commission de Sélection des Promoteurs Privés

DAF Direction de l’Administration et des Finances

DEP Direction des Études et de la Planification

DGAENF Direction Générale de l’Alphabétisation et de l’Education Non Formelle

DG-CRIEF Direction Générale du Centre de Recherche, d’Innovations Educatives et

de Formation (MEBA)

DGEB Direction Générale de l’Enseignement de Base

DGESTP Direction Générale de l’Enseignement Secondaire Technique et Professionnel

DKK Couronnes danoises (1 DKK = 88 FCFA)

DPEBA Direction Provinciale de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation

DPEF Direction de la Promotion de l’Education des Filles

DREBA Direction Régionale de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation

EBCVM Enquête Burkinabé sur les Conditions de Vie des Ménages

ENSK École Normale Supérieure de Koudougou

EPT Éducation Pour Tous









vii

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









ETP Enseignement Technique et Professionnel

FCFA Franc de la Communauté Financière Africaine (88 FCFA = 1 couronne danoise)

FMI Fonds Monétaire International

FONAENF Fonds pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle

IDE Indice de Développement

INSD Institut National de la Statistique et de la Démographie (Burkina)

MAHRH Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources

Halieutiques

MASSN Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale

MEBA Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation

MITH Ministère des Infrastructures, des Transports et de l’Habitat

MESSRS Ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche

Scientifique

MCPEA Ministère du Commerce, de la Promotion de l’Entreprise et de

l’Artisanat

MFB Ministère des Finances et du Budget

MPF Ministère de la Promotion de la Femme

MTEJ Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Jeunesse

NOPADA Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique

NTIC Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication

OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement

ONG Organisation Non Gouvernementale

OSEO Oeuvre Suisse d’Entraide Ouvrière

PAP Plan d’action prioritaires du CLSP.

PAEN Projet d’Appui à l’Éducation nationale

PDDEB Plan Décennal de Développement de l’Education de base

PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement

PEPP Projet Enseignement Post-Primaire

PPTE Pays Pauvres Très Endettés

PTF Partenaires Techniques et Financiers

REN-LAC Réseau National de Lutte contre la Corruption

UFR Unités de Formation et de Recherche









viii

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Résumé du Programme



Le processus d’élaboration du Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au

Burkina (PADSE, dec.2005-2010)

L’intérêt porté par la coopération danoise au secteur de l’éducation au Burkina Faso est ancien,

et la nouvelle stratégie de coopération dano-burkinabé 2004-2008 a retenu l’éducation comme

son quatrième secteur prioritaire. Le budget prévisionnel envisagé s’élève à 100 millions de

couronnes danoises (DKK) pour une période de cinq ans.



La préparation d’un programme d’appui danois au secteur de l’éducation a conduit tout

d’abord à la mise en œuvre d’une phase pilote d’un an et demie (du 1er juillet 2004 au 31

décembre 2005). Cette phase a permis de contribuer à la mise en œuvre du Plan Décennal de

Développement de l’Éducation de Base (PDDEB) et de mener des études sur le sous-secteur de

la formation professionnelle. Dans la poursuite de ces études, la préparation du programme a

démarré au début de l’année 2005 et s’est concrétisée par deux missions successives qui ont

abouti à la préparation du document de programme préliminaire, soumis au Ministère des

Affaires Etrangères du Danemark pour évaluation d’appréciation en fin septembre et de son

finalisation en novembre 2005.



Le secteur de l’éducation au Burkina

Face à un contexte national difficile et qui reste marqué par une pauvreté profondément

enracinée, l’environnement politique du pays a été marqué au cours des dernières années par la

poursuite du Programme d’Ajustements Structurels, par l’élaboration d’un Cadre Stratégique

de Lutte contre la Pauvreté et par la mise en œuvre d’un processus de déconcentration et

décentralisation des services éducatives.



La situation du secteur de l’éducation reste toutefois préoccupante, tant dans l’éducation de

base (préscolaire, enseignement primaire formel et éducation non formelle des jeunes et des

adultes) que dans le secondaire ou le supérieur. En terme de niveau d’instruction, les résultats

de l’Enquête Burkinabé sur les Conditions de Vie des Ménages (EBCVM, 2003) montrent que

le taux brut de scolarisation au primaire est passé de 40,9% en 1998-1999 à 42,7% en 2000-

2001 et à 52,2% pour l’année scolaire 2003-2004. Malgré ces avancées significatives, l’accès à

l’éducation de base demeure limité. Sur le plan de l’alphabétisation, le taux serait passé de

18,9% en 1998 à 21,8% en 2003. L’enquête EBCVM montre cependant que le taux

d’alphabétisation des hommes augmente plus vite que celui des femmes et que les populations

des zones urbaines accèdent presque deux fois plus à l’alphabétisation que celles des zones

rurales. En ce qui concerne la formation professionnelle, le secteur rencontre de nombreuses

difficultés liées à un manque de politique générale, à la difficulté de coordonner les efforts

entre tous les acteurs concernés et à la fragmentation de l’offre sur le terrain.



Le Burkina s’est engagé sur la voie de « l’Éducation Pour Tous » (EPT) et aux Objectifs du

Millénaire pour le Développement (OMD) en matière d’éducation en adhérant aux

engagements de Jomtien (1990) et de Dakar (2000), ainsi qu’à la Procédure Accélérée en

faveur de l’EPT (« Fast Track Initiative »). En outre, le pays est doté de fonds additionnels à

travers l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).



ix

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Sur le plan législatif, l’éducation de base est principalement régie par la Loi d’Orientation de

l’Education de 1996, qui est commune aux deux principaux ministères impliqués dans le

secteur : le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA) et le

Ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESSRS).

Cette loi fixe les grandes orientations du système éducatif, à savoir ses finalités, ses objectifs

généraux et ses grandes options.



La situation selon l’ordre d’enseignement



L’éducation de base formelle

Dans l’éducation de base formelle (préscolaire et enseignement primaire), l’enseignement

primaire s’adresse aux enfants de 7 à 12 ans. Le cursus dure six ans, la langue d’enseignement

est le français et le certificat d’études primaires (CEP) sanctionne la fin de ce cycle. En

complément à ce système classique, d’autres types d’écoles ont été développés avec l’appui de

partenaires comme l’Oeuvre Suisse d’Entraide Ouvrière (OSEO) et l’UNICEF. Il s’agit

notamment des Ecoles Bilingues et des Ecoles Satellites, dans lesquelles les communautés sont

fortement impliquées. En même temps que les écoles publiques, il existe aussi des écoles

privées laïques et des écoles gérées par des groupes religieux (protestants, catholiques,

musulmans). Pour l’année scolaire 2003/2004, on recense ainsi 5,028 écoles publiques et 828

écoles privées dans le pays.



L’éducation de base non formelle

L’éducation de base non formelle concerne toutes les actions d’éducation organisées et

dispensées en dehors du système scolaire. Il s’agit surtout d’alphabétisation et d’actions de

formation visant l’amélioration des conditions de vie et le perfectionnement professionnel.

L’éducation non formelle est dispensée sous la responsabilité du MEBA dans les Centres

Permanents d’Alphabétisation et de Formation (CPAF) pour les plus de 15 ans, et dans les

Centres d’Education de Base Non Formelle (CEBNF) pour les jeunes de 9 à 15 ans. Ces Centres

sont mis en œuvre sur l’initiative des communautés, avec l’appui d’associations locales ou

d’ONG. L’Etat peut aussi contribuer à leur fonctionnement en mettant à leur disposition du

personnel enseignant.



Pour l’alphabétisation des adultes, 7700 Centres Permanents d’Alphabétisation et de Formation

(CPAF) sont ouverts dans le pays, qui s’adressent à des adultes âgés entre 15 et 50 ans.

L’alphabétisation est dispensée en langue nationale, suivant trois niveaux : l’alphabétisation

initiale (AI), la formation complémentaire de base (FCB) et la formation technique et

spécifique (FTS). Un apprentissage du français fondamental et fonctionnel (A3F) est aussi

possible, qui peut offrir aux apprenants une passerelle vers le formel.



Les nombreux enjeux soulevés par l’alphabétisation ont conduit le MEBA à prôner à partir de

1999 une stratégie de faire-faire qui a amené à créer un Fonds pour l’Alphabétisation et

l’Education Non Formelle (FONAENF).



L’enseignement secondaire

L’enseignement secondaire est sous la tutelle du Ministère des Enseignements Secondaire,

Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESSRS). L’enseignement secondaire général

comporte deux cycles. Le premier cycle est sanctionné par le Brevet d’Etudes du Premier Cycle



x

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









(BEPC) et le second par le Baccalauréat (BAC). On compte 428 établissements secondaires dont

187 privés qui scolarisent environ 200,000 élèves dont 78,000 filles. L’enseignement secondaire

technique et professionnel comprend trois cycles Le Burkina Faso compte dix établissements

techniques publics et une soixantaine d’établissements privés d’enseignement technique et

professionnel qui sont répandus sur le territoire, qui touchent 18,000 jeunes dont 9,000 filles.



L’enseignement supérieur

L’enseignement supérieur relève aussi du MESSRS et il est dispensé dans les Unités de

Formation et de Recherche (UFR), les grandes écoles et les instituts. En 2003, l’Université ne

retenait qu’environ 2,1% de l’effectif issu du secondaire, en raison des déperditions élevées et

des capacités d’accueil limitées.



La formation professionnelle

Dans le contexte du Burkina, la formation professionnelle constitue un élément du système

éducatif qui revêt une très grande importance. On y trouve d’abord le formel, qui inclue surtout

l’enseignement technique et professionnel (ETP) menant à des diplômes reconnus. De l’autre

côté, on trouve une offre informelle, qui peut prendre de multiples formes et s’adresser à des

jeunes ou des adultes. On y retrouve ainsi un grand nombre des formations initiées par les

organisations de la société civile, par exemple les ONG et les organisations professionnelles ou

communautaires. Elles s’adressent à un vaste public, entre autre les artisans, les apprentis, les

agriculteurs ou éleveurs etc..



La formation professionnelle constitue sans doute l’un des sous-secteurs le plus difficile à

appréhender : l’offre est dispersée, fragmentée et fluctuantes, certaines de ces formations étant

liées à des projets dont la vie est limitée dans le temps. Egalement, l’ancrage institutionnel de

la formation professionnelle est multiple, plusieurs Ministères étant impliqués. Ainsi, le

Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Jeunesse (MTEJ) est responsable de la formation

professionnelle continue et par apprentissage. En revanche, l’enseignement professionnel et

technique (formel) relève du MESSRS. Mais la formation professionnelle intéresse aussi le

MEBA, ainsi que d’autres ministères.



Dans ce contexte la formation professionnelle souffre d’un certain vide juridique. Ainsi, la Loi

d’Orientation de l’Education de 1996 englobe la formation professionnelle, mais ne prend pas

en compte l’ensemble du dispositif. De son côté, le Code du Travail traite des relations entre le

maître et son apprenti, mais n’aborde pas les conditions de l’organisation, de l’encadrement, du

suivi et de l’évaluation du transfert de compétences.



Les partenaires dans le secteur

Les principaux partenaires impliqués dans le secteur de l’éducation se répartissent à travers les

différents sous-secteurs selon leurs priorités.



Dans le sous-secteur de l’éducation de base formelle et non formelle, les principaux partenaires

sont la Belgique, le Canada, les Pays-Bas, la Banque Mondiale, la Suède, l’Union européenne,

la Suisse, la Banque Africaine de Développement, l’Agence Française de Développement, la

Coopération allemande, le Japon, Catholic Relief Service, OXFAM, l’USAID, l’UNICEF, le

PNUD et le Danemark (phase pilote).



xi

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









En matière de formation professionnelle, les principaux PTF impliqués sont la Suisse, la France,

le Luxembourg, l’Allemagne, PNUD, BAD, BID et l’Autriche, ce dernier jouant le rôle de chef

de file des partenaires. Les ONG sont également très actives dans ce sous secteur.



Le financement de l’éducation

Les dépenses de l’éducation se répartissant entre différents ministères (MEBA, MESSRS,

MASSN, METJ, entre autres). Globalement, le financement du secteur repose sur trois sources

majeures : la contribution directe de l’Etat á partir de ses fonds propres, les fonds issus de

l’Initiative PPTE qui sont affectés au secteur et, les contributions mobilisées par Partenaires

Techniques et Financiers.



Dans le contexte de l’allocation des fonds PPTE le Gouvernement s’est engagé à augmenter

son investissement en éducation de 21,6% en 2000 à 26% en 2010 du budget national, dont

60% alloué pour éducation de base (Banque Mondiale, Joint Staff Assessment 2000).

L’affectation des recettes PPTE est suivie très près par la banque Mondiale et le FMI. On peut

estimer que les dépenses globales de l’Etat pour éducation sur ses ressources propres (incluant

les fonds PPTE) s’élevaient en 2003 à environ 20%. Parmi ces dépenses, la mise en œuvre du

PDDEB constitue une part importante à budgétiser. Les dépenses pour l’éducation de bases

inscrites dans la Loi de Financement ont représenté de 13,8% du total général des sections du

Budget de l’Etat en 2004.



Par conséquent, le plan d’actions du PDDEB est financé par l’Etat, un regroupement de

partenaires techniques et financiers sous forme de panier commun (la Banque mondiale, la

Belgique, la France, les Pays–bas, le Canada, la Suède et le Danemark) et des PTF qui

financent directement des projets d’appui à l’éducation de base. La participation du secteur

privé et des ONG nationales et internationales à la mise en œuvre du PDDEB représente

également un effort important. En 2004, le panier commun constituait un peu moins de la

moitié des contributions de ces PTF et environ 20% du budget global du PDDEB.

En plus des PTF qui contribuent au financement du PDDEB, il convient de mentionner les

partenaires qui contribuent directement au financement du budget national (telle la

Commission Européenne).



Les dépenses des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifiques ont

représenté 5,2% du Budget de l’Etat en 2004.



Le Plan Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB)

L’outil principal d’intervention de l’Etat en matière d’éducation est constitué par le Plan

Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB), qui a été officiellement lancé

en 2002, avec un premier plan triennal prêt en 2001. Ce plan s’inscrit directement dans le

Cadre de Lutte Contre la Pauvreté qui intègre ses objectifs : accroître l’offre éducative

(formelle et non formelle), améliorer la qualité du système, promouvoir l’alphabétisation ainsi

que des formules alternatives d’éducation, et développer les capacités de gestion au niveau

central et déconcentré de l’Etat.







xii

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









De façon concrète, l’accroissement de l’offre repose sur la construction d’infrastructures

éducatives (écoles et centres d’alphabétisation, logements des maîtres, latrines et forages) et le

recrutement d’enseignants qualifiés, avec une préoccupation de baisse des coûts unitaires, et

l’accélération de l’alphabétisation des jeunes et des adultes. L’amélioration de la qualité repose

surtout sur la refonte du curriculum, l’intégration des innovations, l’évaluation des acquis, la

fourniture de manuels, la formation des enseignants, la formulation de « projets d’école de

qualité »1 et la mise en place d’actions visant à améliorer les conditions d’apprentissage, prise

en compte des enfants jeunes, cantines, santé, VIH/SIDA.



La coordination entre les partenaires du PDDEB est régie par un Cadre partenarial signé en

septembre 2002 et fondé sur un certain nombre de principes : harmonisation des approches en

matière de procédures financières et administratives, aide budgétaire sectorielle lorsque la

situation le permet, mise en oeuvre concertée du système de suivi-évaluation.



Dans le souci d’avancer dans l’harmonisation des procédures, la Banque Mondiale, la

Belgique, le Canada, la France, les Pays-Bas, la Suède et Danemark ont crée un panier

commun pour le financement du PDDEB. En octobre 2005 l’AFD a succédé au Canada et les

Pays Bas comme chef de file des PTF panier commun.

Les relations entre les PTF du panier commun, maintenant nommé PTF Fonds Commun. (PTF-

FC) seront bientôt régis par un Protocole de Financement du Fonds Commun qui est en cours

de validation entre eux et le MEBA et qui précise les modalités pour le décaissement, les

obligations de rapporter, le suivi de l’avancement du programme.



Jusqu’en mars 2005, le suivi financier du panier commun était assuré par le Bureau des Projets

Education qui opérait en marge du MEBA. Depuis, une période de transition a été amorcée par

la mise en place d’un mécanisme temporaire de suivi des investissements réalisés à partir du

panier commun, au sein même du Ministère. Par la suite l’administration des fonds commun

sera confiée aux structures de MEBA et les fonds seront transférés à une Compte d’Affectation

Spécial au Trésor (CAST).



En matière de suivi, les outils de gestion et les indicateurs de performance quantitatifs et

qualitatifs utilisés par le PDDEB sont ceux retenus par l’ensemble des PTF pour l’évaluation

de leurs apports respectifs et harmonisés avec ceux de CLSP (voir annexe 3). De la même

façon, les PTF, les syndicats et la société civile participent aux missions de suivi du PDDEB

organisées semestriellement par le MEBA. Ces Missions Conjointes font l’objet d’un aide-

mémoire commun et remplacent les systèmes individuels de suivi que les partenaires avaient et

qui tendaient à perturber régulièrement le Ministère.



Le budget du PDDEB

Selon la planification initiale en 2001, les ressources additionnelles devant être mobilisées par

l’Etat pour l’exécution du PDDEB étaient estimées à 234 milliards de FCFA pour la durée de

10 ans, affectés de la façon suivante : 83% aux infrastructures éducatives, 7,2% aux activités



1

Ces projets doivent être issus des communautés de base et visent à réaliser un travail de qualité au sein de l’école : activités

pédagogiques créatives et réductrices d’échec, activités pratiques intégrées à l’enseignement général, intégration des enfants à

besoins spéciaux tels que les handicapés, les filles en situation précaire, les orphelins ou séropositifs, les personnes, très pauvres, les

enfants de la rue.

xiii

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









destinées à améliorer la qualité de l’enseignement, 6,8% à des actions d’alphabétisation et 3% à

l’amélioration des capacités de planification et de gestion du système.

De façon globale, le budget prévisionnel pour l’année 20041 s’élevait à environ 119 milliards de

FCFA qui inclut le financement du report 2003 et le financement à rechercher. Ce budget

incluait les ressources allouées par l’Etat sur fonds propres (49 milliards FCFA), les fonds issus

de l’initiative PPTE (8.8 milliards CFA), ce qui représente 56,4% du budget annuel.

Les apports des PTF s’élevaient à 45,1 milliards FCFA, dont 21,4 milliards placés dans le panier

commun et 23,7 milliards versés par d’autres PTF, soit 43,6% du budget global, 20,7% pour le

panier commun et 22,9% pour les bailleurs opérant en dehors du panier. Il s’y ajoutait un report

de 9.4 milliards FCFA provenant de l’année 2003. Ainsi le budget provisionnel a eu un gap de

financement à rechercher de 5.8%.(voir la section 4.2.5).



En 2004 le budget a été exécuté à 83,41 % pour la partie de l’Etat, à 56% pour le financement

des PTF du panier commun. Pour 2005, les prévisions budgétaires se situent autour de 126

milliards FCFA, la part de l’État (incluant les fonds PPTE) constituant 49% du budget global,

contre 19% pour le panier commun et 19,2% pour les autres bailleurs.



Les acquis du PDDEB

Les acquis du PDDEB se situent à plusieurs niveaux. Entre 2001/2002 et 2003/2004, l’offre

dans l’enseignement primaire a fortement progressé avec un accroissement du nombre de

classes (+ 16%) et de maîtres (+ 21%), entraînant une augmentation de 47,6% des nouveaux

inscrits en première année pour la période considérée. Le rythme de construction des classes ne

suit malheureusement pas toujours le recrutement des maîtres ou la création officielle de

nouvelles classes. Malgré ces facteurs limitants, l’augmentation de l’offre, s’est traduite par

une forte augmentation du taux brut d’accès qui atteint 65,95% en 2003/2004, ainsi qu’une

augmentation du taux brut de scolarisation qui était cette année là de 52,2 %, dont 46,27% pour

les filles. En dépit des progrès enregistrés, ce taux reste l’un des plus faibles de la sous-région.



En termes de qualité de l’enseignement, les indicateurs relatifs au taux de promotion, au taux

de réussite au CEP, au taux de rétention des filles à l’école et au taux de redoublement

montrent une certaine amélioration de la situation.



L’apport du FONAENF semble significatif à tous les niveaux, tant sur le plan quantitatif que

qualitatif. A travers ses trois campagnes consécutives (2002 à 2005), le FONAENF a apporté

des appuis financiers à environ 500 opérateurs en alphabétisation.



Au niveau de la scolarisation des filles, plusieurs stratégies améliorent sensiblement la

fréquentation scolaire des filles : prise en charge des frais d’inscription par le PDDEB,

construction de latrines séparées, présence d’enseignantes en tant que modèle féminin,

proximité des écoles et parité obligatoire des inscriptions dans les Écoles Satellites.



Mais au-delà de ces acquis, le secteur doit relever des défis importants, en particulier la qualité

de l’éducation de base et l’insuffisance d’offre éducative pour les jeunes.







1

Rapport annuel 2003/2004 de mise en oeuvre du PDDEB, février 2005.

xiv

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Les défis posés

Le principal défi que l’éducation de base formelle face est de réaliser l’Objectif du Millénaire

en parvenant à la scolarisation universelle pour 2015. En effet, en 2003, on recensait environ

un million d’enfants scolarisé. Pour atteindre l’objectif fixé il faut donc ajouter un (1) million

d’enfants à l’école d’ici 2010, et un autre million de 2010 à 2015. Un tel objectif n’a de sens

que si la qualité et l’adaptation de l’enseignement primaire s’améliorent. Un autre défi est

l’insuffisance d’offre éducative pour les sortant du primaire.



Un défi important que doit relever l’éducation de base non formelle des jeunes est de s’assurer

que les services éducatifs fournis répondent aux besoins des apprenants et que les structures

créées à cet effet ne deviennent pas de copies du système formel non adapté au contexte des

jeunes et le besoin du marché d’emploi.



Face au vide existant et à la multiplicité des intervenants publics et privés dans la formation

professionnelle, le principal défi est de se doter d’une politique cohérente et qui soit transversale,

dans le sens qu’elle prend en compte les intérêts et les exigences de l’ensemble des secteurs

touchés par cette formation. La politique à concevoir doit être aussi articulée avec le CSLP et les

autres cadres opérationnels de l’éducation et de la formation.



En ce qui concerne les femmes, même si quelques progrès peuvent être enregistrés, le travail

reste immense, tandis que les résultats escomptés du PDDEB restent ambitieux, avec un

accroissement important de l’alphabétisation.



Enfin, en termes de gestion, l’un des principaux enjeux pour le MEBA consiste à mieux maîtriser

les coûts de l’éducation et, en particulier, le cadre financier du PDDEB. Pour ce faire, il faut

augmenter le pourcentage du budget de l'Etat affecté au fonctionnement du secteur d’ici 2010,

maîtriser le coût salarial et réduire les dépenses encourues pour la construction des complexes

scolaires.

Également, deux réformes importantes vont influencer de manière significative la mise en

œuvre du PDDEB. En premier lieu, il s’agit de la prolongation de l’éducation de base jusqu’au

premier cycle du secondaire, dont l’extension formerait un nouveau continuum comprenant 9 à

10 années. L’application de cette restructuration entraînera des charges supplémentaires

importantes pour le MEBA. La seconde réforme d’envergure concerne la mise en œuvre de la

décentralisation, qui suppose que certaines responsabilités de l’enseignement primaire

reviennent progressivement aux communes.



Le Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina (2006-2010)



a) Choix stratégiques et justification

Face aux défis posés, l’essentiel du Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education

(PADSE, 2006-2010) consistera à appuyer la mise en œuvre du PDDEB pour la période 2006-

2010. Cette période correspondra à une phase d’accélération dans l’exécution du plan, pendant

laquelle les besoins de financement seront importants.



xv

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









D’un point de vue socio-économique, les objectifs du PDDEB et de la formation

professionnelle cadrent bien avec les objectifs du CSLP. D’un point de vue technique,

l’approche programme est bien enclenchée, et ce, même si des efforts certains doivent être faits

pour l’harmonisation des procédures. D’un point de vue stratégique, le PDDEB constitue la

meilleure option pour appuyer la politique du gouvernement dans une vision d’approche

programme.



L’appui danois s’intègrera dans le cadre général d’exécution du PDDEB, en venant compléter

les apports des autres PTF. La contribution du Danemark s’effectuera donc en conformité avec

les principes de fonctionnement adoptés : approche programme, gestion des fonds à travers le

CAST et cadre partenarial. Par conséquent, les objectifs du PADSE se confondent

nécessairement avec ceux du PDDEB. Il en va de même pour les indicateurs qui s’y rattachent.

De la même façon, les résultats attendus du PADSE répondent aux attentes mêmes du PDDEB

et ne seront quantifiés qu’au fur et à mesure des exercices de planification glissante et de la

consolidation des apports au plan.



En complément, PADSE contribuera à la formulation d’une politique transversale en matière

de formation professionnelle. Les études réalisées pendant la phase pilote ont montré un besoin

manifeste d’élaborer et de mettre en place une politique de référence. Cette politique doit être

consensuelle et être acceptées par divers acteurs parmi lesquels on trouve plusieurs ministères

qui sont impliqués dans le sous-secteur. Le PADSE appuiera le Gouvernement dans la

formulation d’une telle politique, sous-entendu que l’initiative vient de celui. Loin de faire

cavalier seul, le programme danois travaillera de concert avec les autres PTF impliqués dans le

sous-secteur, dont le chef de file actuel est l’Autriche.



b) Contenu et objectifs

L’appui de PADSE à l’éducation de base visera trois objectifs1 immédiats qui suivent ceux de

PDDEB :



 accroître l’offre éducative de base et promouvoir l’alphabétisation ;



 améliorer la qualité, la pertinence et l’efficacité de l’éducation de base formelle et non formelle;



 renforcer la capacité de gestion et de planification du système éducatif.



L’appui fourni par PADSE portera ainsi sur :

- L’appui à l’éducation de base. Cet appui touchera à la fois les questions liées à l’offre

éducative, comme par exemple la construction d’écoles et de centres de formation, ainsi que

l’amélioration des conditions d’apprentissage et à la qualité de cette offre soit l’élaboration

d’un nouveau curriculum, la formation et le suivi renforcé auprès des enseignants.



- L’appui au Fonds pour l’Alphabétisation et l’Éducation Non Formelle (FONAENF). Compte

tenu de l’ampleur des besoins en alphabétisation, le PADSE contribuera au FONAENF et

portera sur des aspects quantitatifs et qualitatifs.





1

Voir 6.3.1 et l’annexe 3 pour les indicateurs du chacun de ces objectifs.

xvi

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









- Un Fonds d’Appui aux Initiatives. Un financement hors du budget du PDDEB sera alloué pour

appuyer la réalisation d’actions liées à des thèmes porteurs, mais qui n’ont pas pu être encore

réalisés, même s’ils sont inscrits dans le programme du PDDEB. Ce Fonds concernera les

thèmes liés à la prolongation du cycle scolaire, à la reforme du curriculum, à la formation des

enseignants, au programme pour enfants vulnérables et au pré-professionnel. Également, ce

fonds pourra porter sur des initiatives liées à l’éducation dans le nouveau contexte de la

décentralisation.



- A travers ces différents volets, l’appui danois portera aussi sur le renforcement des capacités du

Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation à piloter ses structures centrales et

déconcentrées et à coordonner l’aide extérieure.



L’appui de PADSE à la formation professionnelle s’inscrire dans le CSLP et visera à:



 faciliter une concertation des acteurs-clés autour des défis, objectifs et stratégies à poursuivre

dans le sous-secteur de la formation professionnelle en vue de l’élaboration d’une politique

nationale consensuelle.





c) Mise en œuvre

La mise en œuvre du PADSE ne fera pas appel à une assistance technique formelle de longue

durée. Par contre, le PADSE se reposera sur une Unité de coordination du programme à

l’Ambassade et composée du conseiller en éducation en poste, avec un Chargé de programme

adjoint.



d) Assistance financière

L’assistance financière fournie atteint 100 millions de couronnes danoises (DKK), soit 8.8

milliards de FCFA, qui sont répartis comme suit :

 DANIDA contribuera au « fonds commun » des PTF pour financer le PDDEB sur 2006-2010 à

la hauteur de 58 millions de DKK (5 104 millions FCFA) pour le cofinancement des plans

d’actions des directions centrales et déconcentrées du MEBA.



 En dehors de la contribution au fonds commun Danida financera :

17 millions de DKK (1 496 millions FCFA) pour l’alphabétisation et l’éducation non

formelle à travers FONAENF.



7 millions DKK (616 millions FCFA) pour un Fonds d’Appui aux Initiatives, pour

faciliter la mise en œuvre d’actions liées à des thèmes porteurs, mais qui, du fait de

leur spécificité n’ont pas pu être encore réalisés dans le programme du PDDEB.



5,5 millions DKK (484 millions FCFA), seront mise à disposition pour la formulation

d’une politique nationale sur la formation professionnelle.



 4 millions DKK (352 millions FCFA) seront réservés pour des revues, des évaluations et pour

la préparation des phases suivantes, et



 8,5 millions DKK (748 millions FCFA) seront réservés au coût administratif du programme.

xvii

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Les contributions au PDDEB/fonds commun seront versées au CAST sous forme de paiements

semestriels soumis à l’élaboration de budgets et de plans annuels, ainsi qu’à la présentation de

rapports semestriels et financiers préparés en conformité avec les procédures nationales en

vigueur et les procédures du CAST convenue entre le MFB et Les PTF-FC. En ce qui concerne

les contributions au FONAENF les fonds seront versées directement au compte de FONAENF

sous les mêmes conditions de rapportage de PDDEB/fond commun. Les contributions du

FONAENF se feront via le CAST dès que les conditions seront réunies pour le financement

opérationnel de ses activités.



Les versements à la Formation Professionnelle et au Fonds d’Appui aux Initiatives seront à

déterminer pendant la phase de démarrage et après identification de l’ancrage institutionnel de

ces fonds.



e) Stratégie et méthodologie

L’appui danois au secteur de l’éducation au Burkina Faso s’appuiera sur un certain nombre de

principes qui sont cohérents avec les leçons apprises dans le secteur par la DANIDA :

- s’inscrire dans la stratégie de réduction de la pauvreté,

- favoriser l’approche programme,

- renforcer le partenariat et la coordination de l’aide,

- renforcer les capacités dans le secteur de l’éducation,

- prendre en compte les aspects transversaux (genre, VIH/ SIDA, environnement),

- soutenir les droits de la personne et la démocratie,

- appuyer la décentralisation et la déconcentration.



La mise en œuvre du PADSE, pour ce qui est de l’appui au PDDEB reposera sur l’adoption des

principes et règles de l’approche programme retenu par l’État et les PTF. Depuis son

lancement, le PDDEB a été cependant confronté à certaines difficultés qui exigent dorénavant

que des solutions techniques, administratives et politiques soient orchestrées conjointement

entre le MEBA et les PTF qui participent à l’approche programme.



La méthode de travail proposée pour l’appui au PDDEB consistera donc à exercer une

influence à travers les mécanismes de pilotage du MEBA auxquels la coopération danoise sera

associée et de favoriser, grâce à la contribution financière au CAST, la réalisation des activités

programmées dans le plan d’action du PDDEB. En matière de renforcement des capacités, il

s’agira de renforcer les capacités des directions du MEBA.



Le Gouvernement et les PTF du panier commun se sont mis d’accord en mars 2005 à l’effet

que les fonds du panier commun seront collectés dans un seul compte, le CAST. Lorsque le

programme d’appui sectoriel danois débutera en 2006, la mise en opération du CAST devrait

être effective depuis quelques mois.







xviii

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Pour ce qui concerne l’appui au FONAENF, les activités financées rentreront dans son

programme de mettre en œuvre la promotion de l’Alphabétisation et l’Education non formelle

(AENF) en mettant à la disposition des opérateurs privés et des organisations de la société

civile les financements complémentaires pour la réalisation des projets d’alphabétisation et

d’éducation non formelle. La méthode de travail du PADSE consistera donc à exercer une

influence à travers les mécanismes de pilotage du FONAENF. Du point de vue financier,

DANIDA a opté pour le transfert direct sur le compte bancaire du FONAENF, pour assurer les

fonds nécessaires et en temps opportun pour les campagnes d’alphabétisation.



Le Fonds d’Appui aux Initiatives sera utilisé pour financer des actions porteuses, programmées

dans le cadre du PDDEB, mais qui n’ont pas pu être réalisées. La question de l’ancrage de ce

fonds devra être résolue au moment du démarrage du programme. Une option pourrait

consister à « loger » ce fonds auprès d’une Direction du MEBA qui est impliquée dans la

recherche éducative : la Direction Générale du Centre de Recherche, d’Innovations Educatives

et de Formation (DG-CRIEF). Une autre option pourrait consister à « loger » les fonds auprès

d’une Direction du MEBA en collaboration avec d’une Direction de MATD qui est impliqué

dans la décentralisation du système éducatif.



Cependant il est prévu que les contributions au FONAENF et au Fonds d’Appui aux Initiatives

soient intégrées au CAST quand la gestion du PDDEB et le CAST le permettra. Les critères

pour l’intégration seront à définir pendant le démarrage du programme.



La formulation d’une politique transversale sur la formation professionnelle dans le pays

s’effectuera dans la continuité du partenariat déjà existant dans le sous-secteur. Le fonds sera

utilisé pour un appui technique qui consistera notamment en des études et un soutien au

processus de planification stratégique. La complexité du processus à mener exigera de mener un

travail d’analyse et de finalisation lors de la phase de démarrage, afin de confirmer l’ancrage

institutionnel et les mécanismes de gestion de l’appui danois à ce processus. La nomination

récente par le Premier Ministre en janvier 2004 d’un Ministre Délégué chargé de l’Enseignement

Technique et Professionnel (ETP) au sein du MESSRS pourrait ouvrir de nouvelles possibilités.



Ainsi le fonds pour l’appui à la formation professionnelle sera conditionné par la volonté réelle

du gouvernement burkinabé de mettre en place des structures capables et mandatés de mettre en

œuvre la formulation d’une politique nationale. Au cas ou le fond n’a pas été mobilisé le fond

sera transféré au PDDEB/CAST.



Gestion financière, risques et plan de démarrage



La gestion financière du PADSE se conformera aux procédures burkinabé en vigueur ainsi

qu’aux lignes directrices de la DANIDA en la matière. Ces lignes directrices donnent les

principes de la gestion des fonds danois, y compris la comptabilité, les transferts, les rapports

financiers et l’audit financier.



Pour l’appui au PDDEB, la gestion financière sera réglementée par les procédures du CAST,

complétées par le Protocole de Financement du fonds commun actuellement en cours de

formulation. Ce protocole prévoit les termes d’une action commune qui se base sur

l’application des procédures financières et administratives, de suivi-évaluation, d’audit et de



xix

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









planification pour la mise en œuvre du PDDEB. Les modalités communes de financement de

chacun des signataires sont consignées dans les documents de protocole officiels. Les fonds

pour les revues, les audits et les études spéciales seront gérés par le PDDEB et budgétisés dans

les budgets annuels.



Dans l’ensemble, le risque à envisager pour le programme danois est finalement faible, une

fois les mesures de mitigation opérantes. Les risques identifiés touchent surtout ceux qui sont

liés à la capacité du MEBA à mettre en œuvre le PDDEB, les risques liés à la décentralisation du

système éducatif et le risque lié au désengagement éventuel du gouvernement ou des partenaires

techniques et financiers.

Pour la formation professionnelle, le risque principal réside dans le niveau d’engagement de

l’Etat pour la formulation et la mise en œuvre d’une politique transversale.



Un plan de démarrage couvrant les neuf premiers mois permettra à l’Ambassade de Danemark

de préparer son programme de travail et de mener les analyses requises pour finaliser les

mécanismes d’ancrage institutionnel et de gestion du Fonds d’Appui aux Initiatives et des

activités liées à la formation professionnelle.



_________________









xx

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









1. INTRODUCTION : le processus d’élaboration du programme



Le présent document de programme constitue l’aboutissement d’un long processus d’analyse et

de réflexion. A partir de 1993 – année qui a marqué l’entrée du Burkina dans la liste des pays

prioritaires de la DANIDA, la coopération danoise s’est investie dans les secteurs de

l’agriculture, de l’énergie, de l’eau et de l’assainissement, ainsi que dans d’autres domaines

transversaux, tels que la lutte contre le SIDA, la prévention des conflits et le développement du

secteur privé. L’expérience accumulée dans ces différents secteurs a rapidement révélé

l’importance de l’éducation comme facteur décisif de lutte contre la pauvreté. Ainsi, la nouvelle

stratégie de coopération dano-burkinabé 2004-2008 a retenu l’éducation comme son quatrième

secteur prioritaire, avec un budget prévisionnel de 100 millions de couronnes danoises (DKK),

soit 8,8 milliards FCFA, pour une période de cinq ans.



La préparation d’un programme d’appui danois au secteur de l’éducation a conduit tout

d’abord à la mise en œuvre d’une phase pilote d’un an et demie (du 1er juillet 2004 au 31

décembre 2005), à partir d’une provision budgétaire additionnelle. Cette phase pilote

s’articulait autour de deux objectifs principaux :



- améliorer l’accès à l’éducation de base, la qualité de l’enseignement et la capacité de gestion du

Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA) conformément aux

objectifs du Plan Décennal de Développement de l’Éducation de Base 2001-2010 (PDDEB) et

aux plans d’actions du MEBA pour 2004 et 2005 ;



- faciliter une concertation des acteurs-clés autour des défis, objectifs et stratégies à poursuivre

dans le sous-secteur de la formation professionnelle suivant les analyses faites.



Face à ces objectifs, deux pistes de travail ont été retenues :



- investir dans l’éducation de base à travers une contribution au « panier commun » mis en place

par le PDDEB et ouvert aux Partenaires Techniques et Financiers (PTF) intervenant dans le

secteur ;



- explorer dans le même temps les pistes offertes pour un appui futur au sous-secteur de la

formation professionnelle, jugé déterminant pour la lutte contre la pauvreté.



Dans le cadre de cette phase pilote, plusieurs études sur le secteur de la formation

professionnelle et la pré-professionnelle1 ont été financées par la coopération danoise et

menées conjointement par les responsables burkinabé et les PTFs dans le secteur. Les résultats

de ces études ont contribué à alimenter une réflexion au sein des principaux acteurs impliqués

dans le sous-secteur : Gouvernement, organisations de la société civile et Partenaires

Techniques et Financiers.



Dans la poursuite de ces études, le processus de préparation d’un programme d’appui danois au

secteur de l’éducation a été lancé au début de l’année 2005, afin d’appuyer l’Ambassade du

1

Aide-mémoire de la mission pour la mise en œuvre d’une étude approfondie de la formation professionnelle en Burkina Faso.,

nov.2004.

Pratiques et expériences incorporant le pré-professionnel dans l’enseignement de base au Burkina Faso », Ministère des Affaires

Etrangères-DANIDA, mai 2005.



1

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Danemark dans la définition des objectifs et dans la formulation des conditions de mise en

œuvre de ce programme. Le travail de formulation a reposé sur les étapes suivantes :



a) Tout d’abord, une revue des acquis de la phase pilote (février 2005) a confirmé le rôle

central que jouait le PDDEB pour l’amélioration de l’éducation de base dans le pays, mais

aussi le besoin de financements supplémentaires pour la mise en œuvre de ce plan décennal au

cours des années qui viennent.



En ce qui concerne la formation professionnelle, la revue des acquis de la phase pilote a mis

aussi en évidence le manque flagrant de structures de formation, tant en quantité qu’en qualité,

ainsi qu’une relative méconnaissance de la demande en formation professionnelle dans le pays,

en fonction des besoins du marché. En outre, les discussions entre l’Ambassade et le

Gouvernement qui ont entouré cette étude, ont amené à constater l’absence d’une politique

claire, consensuelle et concertée pour ce sous-secteur. Celui-ci souffre aussi d’un relatif vide

juridique et législatif à son sujet. Par conséquent, plutôt que de s’investir trop hâtivement dans

le sous-secteur, l’Ambassade a proposé une intervention plus légère consistant à soutenir

d’abord le Gouvernement dans son effort pour élaborer une stratégie globale en matière de

formation professionnelle.



b) Suite à cette revue des acquis, le cadre stratégique du document de programme (24 février

au 31 mars 2005) a été élaboré, basé sur l’hypothèse de deux composantes : l’éducation de base

à travers un appui à la mise en œuvre du PDDEB, d’une part, et l’élaboration d’une politique

nationale en matière de formation professionnelle, d’autre part.



Cependant, le Comité de Programmes de la DANIDA a validé en mai 2005 la proposition de

l’Ambassade de concentrer les efforts sur l’éducation de base, tout en maintenant le travail

prévu pour la formation professionnelle, mais comme une activité complémentaire et non plus

comme une composante à part entière. Cette option était également cohérente avec le constat

dressé au cours des mois précédents par l’Ambassade, qui avait constaté les difficultés de

coordination dans ce sous-secteur qui implique plusieurs Ministères et PTF.



c) Compte tenu de cette décision, l’étape de formulation préliminaire du programme a donné

lieu à une dernière mission en juin 2005, qui avait pour mandat de compléter le contenu de ce

programme et de clarifier ses conditions de mise en œuvre.



d) Le document provisoire du programme a finalement été soumis au Ministère des affaires

étrangères du Danemark pour évaluation (appraisal) et finalisation.









2

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2. LE CONTEXTE NATIONAL



2.1 La situation socio-économique



2.1.1 Les indicateurs globaux



Tableau 1. Quelques données de base sur le Burkina Faso





Superficie du pays ......................................................... 274 000 km2

Population (estimation 2004) ........................................ 12,6 millions

- Population urbaine……………………………........... 18 %

- Population rurale ......................................................... 82 %

Croissance démographique ............................................ 2,7 %

- Milieu rural ................................................................. 1,70 %

- Milieu urbain ............................................................... 4,75 %

Espérance de vie (2000) ................................................ 46,7 ans

Taux de mortalité infantile ............................................ 164 par mille naissances vives

Taux brut de scolarisation au primaire (2003/2004)….. 52,2 %dont 58,1 pour les garçons et

46,27 %pour les filles

Parité des élèves filles/garçons …………………….. .. 0,8

Taux d’alphabétisation (2003) ....................................... 21,8 % (adultes de plus de 15 ans)

PNB / habitant (Banque mondiale, 2003)...................... 300 dollars USD

Taux de croissance du PIB (OCDE, 1994-2003)………4,6 %







A l’image d’autres pays de la sous-région sahélienne, le Burkina Faso est confronté à une

pauvreté chronique qui est profondément enracinée. En fait, avec un revenu annuel estimé à 300

dollars US per capita (Banque Mondiale, 2003) et 250 dollars US per capita (Banque

Mondiale, 2004) , le pays compte parmi l’un des plus pauvres du monde. Ainsi, le Rapport

Mondial sur le Développement Humain de 2004 publié par le Programme des Nations Unies

pour le Développement (PNUD) et basé sur des statistiques compilées en 2002 classe le Burkina

Faso au 175e rang parmi 177 pays.



En dépit de la relative croissance économique qui a caractérisé la période 1994-2003 (environ 6%

de croissance du PIB), les inégalités sociales se sont creusées, ainsi que le montre l’augmentation

rapide des dépenses des ménages riches par rapport à celles des ménages pauvres pendant cette

période1.



La population du Burkina Faso était estimée en 2004 à 12,7 millions d’habitants, dont 58% a

moins de 20 ans2. Avec un taux annuel moyen de croissance démographique de 2,7% sur la

période 1975-2002, la population pourrait atteindre plus de 18,6 millions d’habitants en 2015,

et ce, dans un pays toujours vulnérable, face une instabilité climatique constante3.







1

Programme Alimentaire Mondial (PAM), 2005.

2

Cette projection basée sur le Recensement général de la population et de l’habitat de 1996.

3

Il est toutefois intéressant de remarquer que l’indice de fécondité chez les femmes de 15 à 49 ans a diminué de façon constante entre

1993 (6,9) et 2003 (6,2), diminution qui est sans doute attribuable au recours croissant à des méthodes contraceptives dans les ménages.



3

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Par voie de conséquence, la plupart des indicateurs sociaux sont, en règle générale, très bas.

Les taux de scolarisation et d’alphabétisation demeurent parmi les plus faibles de la sous-

région. Les conditions sanitaires (voir section 2.1.3) sont également précaires, avec des taux de

morbidité et de mortalité, très élevés (notamment chez les femmes et les enfants) suite à

diverses maladies infectieuses et parasitaires, ainsi qu’au VIH/SIDA.



A l’occasion de la mise à jour de 2003 du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté

(CSLP), le bilan établi a permis de constater que le pourcentage de la population pauvre était

passé de 45,3% en 1998 à 46,4% en 20031. Pour cette même année, l’Enquête Démographique

et de Santé et l’Enquête sur les Conditions de Vie des Ménages (EBCVM) montraient que la

pauvreté est surtout le fait du milieu rural où vit plus de 80% de la population et qui contribue

pour plus de 90% à l’incidence de la pauvreté nationale. Toutefois, la pauvreté est aussi en

progression dans les villes, où une frange importante de la population issue de l’exode rural vit

dans des conditions souvent précaires.



2.1.2 La situation alimentaire



L’économie du Burkina Faso reste essentiellement rurale, l’agriculture et l’élevage constituant

la base de l’emploi et des revenus dans le pays. L’agriculture est surtout familiale, dans des

exploitations dont la superficie moyenne est limitée à quelques hectares. Chaque année, les

productions céréalières de subsistance occupent une part importante (environ 88%) des

superficies cultivées dans le pays, tandis que seulement 12% des terres sont consacrées aux

cultures de rente (coton, arachide et sésame, surtout). La productivité est souvent faible,

compte tenu de la pauvreté des sols, entre autres. Dans le domaine de l’élevage,

l’intensification des productions animales reste timide et confinée autour des villes, tandis que

l’élevage extensif reste pour l’ensemble des producteurs la seule façon de s’adapter à des

ressources en pâturages qui sont dispersées et imprévisibles d’une année à l’autre. Les

productions rurales sont aussi tributaires d’une pluviométrie toujours capricieuse qui ponctue

les bonnes années d’épisodes médiocres ou de sécheresses. L’économie nationale souffre aussi

des capacités limitées du capital humain mobilisé dans les secteurs productifs, notamment faute

d’éducation et de formation.



En dépit d’une augmentation de 6% de la production brute céréalière enregistrée entre 1993 et

2003, la situation nutritionnelle s’est dégradée pendant la même période2. Selon l’enquête

EBCVM, près de la moitié de la population éprouve des difficultés à satisfaire ses besoins

alimentaires. La malnutrition touche particulièrement les enfants en milieu rural, soit 41,6%

contre 20,2% en milieu urbain. Ainsi, le taux d’insuffisance pondérale chez les enfants en zone

rurale atteignait 40,3% en 2003, contre 31,3% en 19933.



Malgré des efforts louables en matière de stabilisation macro-économique, le pays reste très

sensible aux aléas climatiques et naturels (sécheresses, sautériaux) et à la conjoncture

internationale : chute des cours mondiaux du coton, situation politique incertaine de pays

voisins de l’Afrique de l’Ouest.





1

Sur la base d’un seuil de pauvreté estimé à 82,672 FCFA par personne en 2003 contre 72,690 FCFA en 1998.

2

Résultats des enquêtes permanentes agricoles entre 1997 et 2003, Burkina Faso, cités par PAM, 2005.

3

Programme Alimentaire Mondial (PAM), 2005.



4

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2.1.3 Les conditions de santé



Il existe un lien immédiat entre les conditions de santé de la population et la capacité des

apprenants à fréquenter les structures d’éducation et de formation disponibles dans le pays1. Dans

ce domaine, l’Enquête Burkinabé sur les Conditions de Vie des Ménages de 2003 (EBCVM)

évalue la situation sanitaire comme étant très préoccupante2. Egalement, l’Enquête

Démographique et de Santé de 20033 révèle que 38,7% des enfants accusaient un retard de

croissance, contre 29,4% en 1993.



La mortalité maternelle (484 pour 100,000 naissances vivantes en 1998) et infantile (83 pour

1,000 en 2003) est élevée, de même que le taux de mortalité infanto-juvénile4 (184 pour mille

en 2003). Suite à la mise en œuvre de vastes campagnes de vaccination et de surveillance

sanitaire, ce taux a diminué de 35%, ce qui constitue un résultat encourageant face à l’Objectif

du Millénaire qui a été fixé en matière de santé.



L’accès aux services de santé est très inégal d’un endroit à l’autre et les disparités régionales

sont importantes. En milieu rural, seulement 25% de la population aurait accès à des services

de santé, contre 75% en milieu urbain. En 2003, le taux de consultation était de 4,2%

seulement, taux qui tend à être relativement plus élevé en ville (5,8%) qu’à la campagne

(3,8%), mais sensiblement le même chez les hommes et les femmes.



En ce qui concerne le VIH/SIDA, le Burkina Faso est l’un des pays les plus atteints par le virus

en Afrique de l’Ouest. Selon les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé et le

Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA, le nombre de nouvelles infections

annuelles dans le pays demeure élevé. Globalement, on a estimé que le pays compterait

environ 370,000 personnes vivant avec la maladie et 470,0000 orphelins5. Les chiffres

concernant le taux de prévalence dans le pays doivent être abordés toutefois avec précaution.

Pour les adultes, ce taux était évalué à 7% en 2001, tandis que les estimations plus récentes de

2004 porte ce taux à 4% (ONUSIDA6), voire à 2% (tests VIH réalisés à l’occasion de l’Enquête

Démographique et de Santé de 2003). D’une manière générale, les populations ont une bonne

connaissance des modes de transmission de cette pandémie, mais l’on relève toutefois une faible

utilisation du préservatif comme moyen de prévention.



2.1.4 L’environnement



Les liens existant entre l’éducation et l’environnement sont étroits, car une part importante des

groupes ciblés par le système éducatif formel ou non formel sont confrontés dans leur vie

courante à de multiples problèmes environnementaux : instabilité des ressources, érosion des



1

On constate aussi dans le nouveau contexte de la décentralisation que la gestion de services décentalisés en éducation et en santé

au Sahel font souvent face à des problèmes organisationnels similaires : rémunération de l’enseignant et de l’agent de santé,

approvisonnement en matériel éducatif ou en produits médicaux, construction et entretien des infrasctructures, niveau de

contribution des communautés utilisatrices.

2

INSD, Rapport d’analyse des résultats de l’EBCVM, 2003.

3

Enquête Démographique et de Santé 2003 du Burkina Faso, Direction Générale de l’Institut National de la Statistique et de la

Démographie, Ouagadougou.

4

Ce taux concerne les enfants de 0 à 5 ans.

5

Programme Alimentaire Mondial (PAM), 2005.

6

Rapport sur l’épidémie mondiale du SIDA, Programme des Nations Unies sur le VIS/SIDA, ONUSIDA, Genève, 2004.



5

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terres, changements dans la végétation, fragilisation croissante des sols et baisse des

rendements etc. L’environnement renvoie également à la place potentielle du « pré-

professionnel »1 dans le système éducatif, de nombreux apprenants et élèves issus du milieu

rural devant ensuite bâtir leur système de vie sur l’exploitation des ressources naturelles pour

des fins agricoles, pastorales, forestières ou artisanales.



Face à ces questions, le Gouvernement a pris un certain nombre d’engagements spécifiques qui

viennent compléter le cadre législatif et réglementaire déjà existant. Ainsi, le Code de

l’Environnement de 1997 fait obligation d’instaurer l’éducation environnementale dans tous les

ordres d’enseignement, notamment pour promouvoir une nouvelle attitude vis-à-vis des

ressources. Egalement, les ministères concernés ont élaboré une Stratégie Nationale

d’Education Environnementale (SNEE) qui a été adoptée en juin 2001. Enfin, dans le cadre du

Plan Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB) 2001-2010, le Ministère

de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA) a élaboré en 2003 un plan d’action

en éducation environnementale.



A cela s’ajoutent certaines interventions spécifiques, comme le projet « Une école, un

bosquet » initié par le Burkina après la dévaluation du FCFA de 19942 ou l’introduction d’un

volet scolaire dans les activités de lutte contre la dégradation par le Programme National de

Gestion des Terroirs qui est piloté par le Ministère de l’Agriculture.



A un autre niveau, l’impact sur l’environnement des infrastructures éducatives et scolaires est

également à prendre en considération. Comme pour beaucoup d’autres types de constructions,

l’implantation de ces infrastructures est tenue de respecter certaines normes environnementales

et de s’appuyer, lorsque nécessaire, sur une étude d’impact. Toutefois, les analyses menées par

le MEBA lors de la préparation du PDDEB ont conclu que :

« … les impacts négatifs sur le milieu physique et social des zones rurales et urbaines

devant accueillir les travaux dans les vingt provinces prioritaires et autres, sont mineurs.3»



2.1.5 La situation des femmes



Au Burkina Faso, la pauvreté touche à des degrés divers l’ensemble de la population du pays,

mais l’inégalité persistante dans les rapports entre hommes et femmes constitue pour ces

dernières un facteur aggravant. La situation des femmes au Burkina – qui représentaient 51,8%

de la population au début des années 2000 – doit cependant être abordée avec nuances. En

effet, selon les régions, certains groupes accordent une place prépondérante aux femmes4,

tandis que d’autres la relèguent à un statut inférieur.



1

Le pré-professionnel se définit surtout par le fait d’introduire une liaison spécifique dans l’action éducative ou dans les

programmes entre l’acquisition de connaissances de base et une orientation vers le travail. Cette question a fait l’objet d’une étude

récente commanditée par l’Ambassade Royale du Danemark à Ouagadougou (« Pratiques et expériences incorporant le pré-

professionnel dans l’enseignement de base au Burkina Faso », juillet 2005).

2

Le bilan de la première phase (1995-2001) de ce projet indique sur les 5,500 écoles dans le pays, plus de 2,500 ont chacune un

bosquet. Egalement, les élèves reconnaissant que cette activité leur a permis d’acquérir de nouvelles connaissances sur les

techniques de plantation et de protection des arbres et, surtout, de développer une nouvelle attitude – plus respectueuse – vis à vis de

l’environnement naturel (La revue des Sciences de l’Environnement, Vol 4, décembre 2003, Actes du Colloque de Cogolin

(France), 2003.

3

Analyse environnementale et sociale de la Phase I du Projet Éducation de Base, MEBA, août 2002.

4

C’est notamment le cas de certaines communautés de tradition pastorales – tels les Peuls du Seno ou les Touaregs de l’Oudalan – où

les femmes sont détentrices de bétail et gardent un pouvoir important de décision dans différentes sphères de l’économie familiale.



6

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Malgré tout, d’une façon générale, les indicateurs sociaux les plus récents tendent à confirmer

la position défavorisée des femmes dans le pays, et ce dans divers domaines, notamment dans

la santé, l’éducation, l’emploi et l’accès aux facteurs de production. Par voie de conséquence,

les femmes enregistrent des niveaux élevés de pauvreté et d’analphabétisme. D’une façon plus

générale, l’étude de la pauvreté à travers les pays touchés confirme bien les liens indissociables

et complexes qui existent entre l’appartenance au genre, le niveau de scolarisation et la

pauvreté. On sait, par exemple, que les ménages vivant au-dessous du seuil de pauvreté tendent

à scolariser deux fois moins leurs filles. Toutefois, la tendance semble montrer que l’intérêt

d’éduquer les filles est de plus en plus reconnu par la population.



Face à cette situation, le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures parmi lesquelles il

convient de mentionner l’adoption d’un Code des Personnes et de la Famille en août 1990 et la

mise en place d’un Ministère de la Promotion de la Femme (MPF) en 19971. Ce Code des

Personnes est considéré comme l’un des plus progressistes en Afrique de l’Ouest, notamment

en ce qui a trait à la terre, aux droits conjugaux et à la réglementation des rapports entre les

hommes et les femmes. Cependant, il est encore trop peu connu des intéressées et très inégalement

appliqué, notamment en milieu rural où le droit coutumier prime encore très souvent.



Un plan d’action pour l’éducation des filles est également mis en œuvre depuis 1998 par le

MEBA, afin d’accélérer leur recrutement, de favoriser leur maintien à l’école et d’améliorer

leur parcours scolaire. Ce plan inclut également des mesures de discrimination positive envers

les filles telles que les bourses, la gratuité des manuels et fournitures, la priorité aux filles lors

du recrutement, etc.



Au-delà des programmes et des mesures initiées en faveur des femmes au cours des dernières

années, celles-ci participent encore peu à la vie publique et aux instances décisionnelles. Par

exemple, au 1er mars 2004, on ne recensait que 11,7% de femmes parlementaires.



2.2 Le contexte politique et la gouvernance



2.2.1 Les grands traits du système politique



Depuis l’Indépendance, l’histoire du Burkina Faso a été marquée à la fois par le pluralisme

politique et par une instabilité politique, avec l’alternance de régimes autoritaires et libéraux.

Depuis juin 1991, le pays a entrepris la mise en place d’un cadre institutionnel de type

républicain, démocratique et laïc. La Constitution de 1991 repose sur la séparation des pouvoirs

exécutifs, législatifs et judiciaires. Le Gouvernement exerce le pouvoir exécutif, l’Assemblée

Nationale est l’expression du pouvoir législatif et la magistrature est chargée du judiciaire.



Le régime est à caractère présidentiel, car c’est le Président qui trace les grandes orientations

politiques du pays. Le parti appuyant le Président actuel est le Congrès pour la Démocratie et le

Progrès (CDP), qui dispose d’une large implantation nationale. Les élections législatives de

mai 2002 selon le nouveau mode de scrutin proportionnel se sont déroulées dans le calme.

Parmi les trois millions d’électeurs potentiels, 64% ont voté afin de pourvoir les 111 sièges de

députés. Le CDP a obtenu 57 sièges, l’opposition se partageant les 54 autres sièges. Le





1

Les ressources limitées de ce Ministère le confinent toutefois à un rôle surtout représentatif.



7

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multipartisme qui existe au Burkina Faso permet au pays d’évoluer vers un véritable État de

droit, ce qui représente un progrès certain pour la démocratie.



Cependant, même si le pays est engagé sur la voie de la démocratie et de la bonne gouver-

nance, la dernière décennie a été marquée par plusieurs incidents. La contestation du pouvoir

du président s’est poursuivie avec les manifestations organisées par le Collectif contre

l’impunité réclamant la lumière sur l’assassinat, en 1998, du journaliste Norbert Zongo. Le

troisième anniversaire de sa mort (13 décembre 2001) a été marqué par une grève générale des

travailleurs syndiqués du Burkina.



2.2.2 La question de la bonne gouvernance



Le Burkina Faso s’est doté d’une stratégie nationale contre la corruption et a pris une série de

mesures pour améliorer la transparence, favoriser la bonne gouvernance et endiguer la

corruption. Parmi ces mesures, il faut noter la présence de plusieurs structures administratives

qui ont des mandats bien spécifiques à l’égard de la corruption : l’Inspection générale d’État,

l’Inspection générale des Finances, l’Inspection générale des Affaires économiques, les

Inspections techniques des différents Ministères, la Commission Nationale de Lutte contre la

Fraude, le Secrétariat Exécutif de la Bonne Gouvernance et la Haute Autorité de Coordination

de Lutte contre la Corruption (HACLC), ainsi qu’un Comité d’éthique. De son côté, une Cour

des Comptes a été créée en 2002, qui a pour mandat de surveiller l’exécution des lois des

finances et de vérifier la gestion du financement public des partis politiques.



La mise en place de ces mesures devrait permettre une amélioration sensible de la situation, et

ce, même s’il reste à mettre en oeuvre d’autres actions pour assurer un suivi plus efficace de la

corruption. Toutefois, certaines contraintes subsistent, notamment le manque d’indépendance

de ces structures de contrôle vis-à-vis des ministères, ainsi que leurs contraintes à appliquer des

sanctions. À cet effet, le Réseau National de Lutte contre la Corruption (REN-LAC) regroupant

plus de 30 organisations de la société civile recommande l’introduction de mesures

additionnelles, parmi lesquelles l’introduction d’une législation complète sur la lutte contre la

corruption et des pouvoirs plus étendus pour les structures de contrôle existantes.



En janvier 2004, un groupe multipartite de parlementaires a créé une coalition afin de lutter

contre la corruption, qui leur permet de faire le lien avec les militants de la lutte contre la

corruption, ainsi que les réseaux internationaux1. En 2005, un projet de loi sur les salaires des

députés, ayant pour but de durcir les règles en matière de cadeaux et de contributions, a été

présenté à l’Assemblée nationale. Dans le contexte d’une stratégie nationale naissante de lutte

contre la corruption, ces mesures et actions constituent des gestes prometteurs vers une bonne

gouvernance. Toutefois, pour le moment, ces mesures n’ont pas encore porté des fruits et la

corruption demeure toujours un problème sérieux.



Ainsi, depuis 2002, le pouvoir est ainsi accusé de plus d’une centaine d’exécutions

extrajudiciaires et le Réseau national de Lutte contre la Corruption (REN-LAC) a dénoncé

l’importance et la progression de la corruption au sein de la police et de la gendarmerie.

Transparency International a accordé Burkina Faso une note de 3,4 (sur 10 points) sur l’Indice





1

Par exemple, le Réseau des Parlementaires Africains contre la Corruption.



8

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de perceptions de la corruption en 2005. Selon cet indice, les pays ont été positionnés sur une

échelle de 1 à 158, une note de 3,4 placerait le Burkina Faso au 70e rang.



La corruption touche aussi durement certains secteurs d’activités, parmi lesquels on trouve

l’éducation, où cette corruption peut prendre diverses formes : affectation des frais de scolarité

à d’autres usages, gestion déficiente du matériel et des ressources, etc. Toutefois, les Comités

de Gestion (COGES) mis en place par l’Etat en 1991 semblent constituer un facteur favorable à

la transparence et la bonne gestion des services éducatifs1.



2.2.3 Les droits de la personne



Pour tous les groupes ou les individus qui font actuellement ou potentiellement l’objet d’une

marginalisation sociale, la question des droits de la personne a des incidences directes sur

l’éducation et, en particulier, sur les conditions d’accès de ces groupes aux services éducatifs :

groupes castés2, personnes handicapées, femmes, communautés nomades ou transhumantes,

orphelins etc.



Par exemple, en ce qui concerne les enfants handicapés, le Comité des Droits de l’Enfant des

Nations Unies relève dans son rapport de 2002 l’absence de statistiques sur ces enfants. Il

indique également que leur nombre a tendance à augmenter en raison des mauvaises conditions

d’hygiène et de la pauvreté. Au Burkina, les handicapés sont parmi les personnes les plus

défavorisés et ils sont presque tous analphabètes. Les filles en souffrent tout particulièrement,

qui se retrouvent ensuite contraintes de mendier ou de travailler à la périphérie du secteur

informel, où elles se retrouvent avec d’autres groupes très défavorisés. Il faut aussi rappeler la

situation souvent précaire des orphelins3, notamment ceux issus du SIDA, qui ont été évalués

par l’OMS à 470,0000. Pour ce groupe particulier, il n’existe pas de statistiques disponibles sur

leur taux de scolarisation.



La protection des droits de la personne au Burkina Faso se fonde juridiquement sur la Constitu-

tion du 2 juin 19914 qui affirme, dans son préambule, l’engagement du peuple burkinabé à

préserver et à garantir l’exercice des droits collectifs et individuels ainsi que sa souscription à

la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 et aux instruments juridiques établis

sur le plan international qui traitent de cette question.



Les droits civils et politiques reconnus par la Constitution sont : les libertés d’opinion, de

presse et le droit à l’information, le droit à l’égale jouissance de tous les droits, la prohibition

de toutes les formes de discrimination, le droit à la vie, à la sûreté et à l’intégrité physique,

l’égale protection de la loi, le droit de ne pas être arrêté, gardé, déporté ou exilé arbitrairement,

la présomption d’innocence et le droit à la défense, la non-rétroactivité de la loi pénale,

l’inviolabilité du domicile, de la vie privée et familiale, la liberté de croyance, de conscience et



1

Les COGES ont pour mandat de veiller à la bonne organisation générale, administrative, pédagogique et financières des

établissements d’enseignement publics et privés. Un COGES est constitué de l’administration de l’école, de l’Association des

parents d’Elèves (APE) et des syndicats. L’Etat n’a qu’un représentant provenant de l’administration locale, qui n’a pas de pouvoir

de signature.

2

Présent dans certaines communautés de tradition agricole ou pastorale, les groupes castés sont souvent responsables de travaux

manuels particuliers (forgerons, puisatiers, boisseliers, par exemple). Il s’agit de classes souvent considérées comme inférieures,

pour lesquelles les mariages à l’extérieur ne sont pas admis.

3

Les orphelins dans le pays ont été évalués à 830,000 par l’UNICEF.

4

Plan d’action et d’orientation pour la promotion et la protection des droits humains, MJDL, septembre 2002



9

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de culte, la liberté d’aller et venir, le droit de vote et le droit de participer à la gestion des

affaires de l’État et de la société.



La Constitution reconnaît également l’essentiel des droits économiques, sociaux et culturels

proclamés par les principaux instruments juridiques pertinents. Il s’agit notamment des droits à

la propriété, à la liberté d’entreprise, à l’éducation et à l’instruction, au travail et à la sécurité

sociale, à la santé, au logement, à la grève, à un environnement sain, etc. Le droit à la liberté

d’association est aussi reconnu par la Constitution. Le Burkina Faso est aussi signataire de la

plupart des traités internationaux de caractère universel relatifs à la protection des droits

humains tels que la Convention contre la Torture, la Convention relative aux Droits de l’Enfant

et celle portant sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes,

ainsi que la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.



La protection de tous ces droits fait appel à l’intervention d’une société civile dynamique et

efficace qui agit sur l’ensemble du territoire national et qui rassemble des Organisations Non

Gouvernementales (ONG), des associations et d’autres mouvements de défense des droits de la

personne.



2.3 Le cadre macro-économique et institutionnel



2.3.1 Le Programme d’Ajustement Structurel (PAS)



En conformité avec les exigences des institutions de Bretton Woods, le Burkina Faso met en

œuvre depuis 1991 un Programme d’Ajustement Structurel. Ce programme porte sur l’assainis-

sement des finances publiques (système de budgétisation et de reddition des comptes,

transparence, etc.), la libéralisation de l’économie, la privatisation et la réforme du système

bancaire. Les efforts déployés par le Gouvernement ont eu des effets mitigés. Combinés avec

l’effet de la dévaluation du FCFA de 1994, ces efforts ont cependant commencé à porter leurs

fruits :

« L’économie burkinabé a connu une évolution favorable marquée par la progression du PIB réel

de l’ordre de 5,5% en moyenne et par an sur la période 1995-2002, en raison de bonnes

campagnes agricoles et surtout d’une augmentation de la production de coton-graine de l’ordre de

15,1% par an. Cette croissance s’est accompagnée d’une bonne maîtrise des prix dont le niveau

moyen (2,7%) est conforme à la norme communautaire (au plus 3%). Malgré le soutien de la

croissance et la mise en œuvre des réformes fiscales, la pression fiscale a baissé, passant de 11,8%

en 1995 à 11,4% en 2002; (...) Les dépenses budgétaires ont progressé de 23% du PIB en 1995 à

25,7% en 2002, sous l’influence des dépenses de lutte contre la pauvreté, faisant ressortir un déficit

global (base engagement et hors don) de 12,4% du PIB en 2002 contre 10,3% en 1995. Dans le

même temps, les exportations en valeur se sont accrues de 2,8% par an contre 6,4% pour les

importations. Du fait de la détérioration des termes de l’échange, il en est résulté une aggravation

du déficit de la balance commerciale qui passe de 9,7% du PIB en 1995 à 10,8% du PIB en 2002.

En dépit de l’importance des transferts officiels, le déficit du compte courant (hors don) s’est

aggravé passant de 11% du PIB en 1995 à 13,7% en 20021. »



La tendance de la croissance économique s’est poursuivie dans les années 2003 et 2004, avec

un taux de croissance du PIB estimé autour de 8% pour 2003 et de 4,6% pour 2004.



1

Programme d’action prioritaires du CSLP 2004-2006



10

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







2.3.2 Le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP)



En 1997, avec un ratio de plus de 50% de paiement de service de la dette par rapport au revenu

d’exportation, le Burkina Faso s’est rendu éligible à un appui au titre de l’Initiative d’allége-

ment de la dette des Pays pauvres très endettés (PPTE), condition à la réalisation de son

programme de réformes. En 1999, du fait de la bonne gestion et des résultats obtenus dans

l’application des réformes structurelles et économiques, l’Initiative PPTE de 1997 a été élargie

et renforcée. Le Gouvernement du Burkina s’est alors engagé à élaborer un Cadre Stratégique

de Lutte contre la Pauvreté (CSLP). La formulation de ce CSLP a fait l’objet d’une large

consultation dans le pays, non seulement au sein de l’administration, mais également avec les

Partenaires Techniques et Financiers, ainsi que des représentants des organisations

communautaires et de la société civile. La finalisation du CSLP et son adoption en juillet 2000

par les instances de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) a permis

au pays d’accéder effectivement aux fonds de remise de la dette.



Globalement, l’objectif poursuivi par le Gouvernement du Burkina Faso est de ramener

l’incidence de la pauvreté de 46,4% en 2003 à moins de 35% à l’horizon de 20151.



En dépit d’un relatif succès des programmes de stabilisation et d’ajustement depuis 1995, les

principaux obstacles à la croissance économique identifiés sont :

- la faiblesse du capital humain qui contribue à la faiblesse de la productivité et au niveau de

chômage très élevé,

- l’insuffisance d’infrastructures de développement économique qui augmente les coûts de

production et l’étroitesse du secteur moderne de l’économie,

- les problèmes de gouvernance,

- le faible degré d’ouverture de l’économie sur l’extérieur.



La préoccupation essentielle du Gouvernement à travers le CSLP est donc de centrer sa

stratégie de développement économique sur un meilleur impact des politiques publiques et sur

la nécessité d’améliorer les conditions de vie des populations les plus défavorisées. Pour ce

faire, le CSLP se fonde sur processus éminemment participatif favorisant une appropriation par

les acteurs sociaux des programmes et politiques du développement. Par voie de conséquence,

le CSLP intègre la décentralisation comme étant une option majeure devant permettre aux

collectivités locales et aux communautés de base de prendre en charge leur propre

développement.



La stratégie globale de réduction de la pauvreté au Burkina Faso repose ainsi sur 11 principes

directeurs que sont : l’adoption d’une posture résolument prospective; la promotion d’une

bonne gouvernance; le développement du capital humain; la gestion durable des ressources

naturelles; la prise en compte de la dimension genre; la promotion de l’emploi et des jeunes;

l’enculturation et l’ouverture; la promotion des nouvelles technologies de l’information et de la

communication; la réduction des disparités régionales ; la prise en compte de la dimension

sous-régionale; la promotion d’un nouveau partenariat avec les bailleurs de fonds.





1

Révision 2003 du CSLP.



11

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







La mise en œuvre du CSLP s’articule autour de programmes organisés selon 4 axes

stratégiques :

- accélérer la croissance et la fonder sur l’équité ;

- garantir l’accès des pauvres aux services sociaux de base ;

- élargir les opportunités en matière d’emploi et d’activités génératrices de revenus pour les

pauvres ;

- promouvoir la bonne gouvernance.



En 2003, après évaluation des trois années passées, le Gouvernement a procédé à la révision du

CSLP de manière concertée avec ses partenaires et la société civile. En matière d’éducation, le

CSLP actualise et intègre les objectifs quantitatifs du PDDEB (voir section 4.1), qui devient

ainsi l’outil principal du CSLP pour le secteur. Concernant la politique éducative, le CSLP

indique aussi que le Gouvernement accordera une priorité à l’éducation de base à travers

plusieurs mesures :

- « réorganiser et redéfinir l’éducation de base pour lui adjoindre le premier cycle du secondaire,

de manière à consolider les acquis des sortants permettant des acquisitions ultérieures plus

autonomes ;

- maîtriser le cadrage financier du programme de développement de l’éducation de base. »



En juillet 2004, le Burkina Faso a finalisé l’élaboration d’un Programme d’Actions Prioritaires

2004-2006 (PAP) pour la mise en oeuvre du CSLP. En conformité avec les objectifs retenus

par le CSLP en matière d’éducation, le PAP précise les mesures à prendre pour améliorer

l’accès aux services de l’éducation et fixe des résultats quantitatifs précis à atteindre1.



La mise en œuvre du PAP fait aussi appel à plusieurs innovations en matière de gestion des

finances publiques. C’est ainsi que la démarche Budget Programme a été adoptée en 1999,

comme instrument de référence à la programmation budgétaire. De plus, à partir de 2000, le

budget programme a été complété par un Cadre global des Dépenses à Moyen Terme (CDMT)

qui a pour but d’encadrer l’élaboration des budgets des ministères en établissant des plafonds.

Ensuite, des CDMT sectoriels permettent aux ministères concernés d’établir les enveloppes

financières requises. Toutefois, les CDMT sont encore en phase expérimentale et ne

constituent pas des outils totalement fiables. La maîtrise des apports financiers extérieurs qui

alimentent une partie des dépenses publiques constitue un facteur limitant important.



2.3.3 Décentralisation et déconcentration



Dans la poursuite logique du recentrage du rôle de l’Etat et de la lutte contre la pauvreté, le

Burkina Faso – à l’image des autres pays sahéliens – s’est engagé dans la décentralisation de

certains pouvoirs au profit de collectivités décentralisées (communes) et dans la

déconcentration progressive de ses services. De par sa conception et ses principes, la

décentralisation vise un rapprochement entre l’administration et les administrés, un renforce-

ment de la démocratie à la base, une participation effective des populations au processus de

développement et à la lutte contre la pauvreté (en particulier chez les femmes) et la



1

Il s’agit de la sous-composante 2.1 (L’accès des pauvres aux services d’éducation).



12

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







construction de la paix. Cette décentralisation repose sur le transfert de certaines compétences

au profit des communes, qui peuvent toucher différents domaines : la santé, l’éducation, la

gestion des ressources naturelles.



La décentralisation s’appuie sur un ensemble de Textes d’Orientation de la Décentralisation

(TOD) qui ont été adoptés en 1998, complétés ensuite par d’autres textes. Dans le domaine de

l’éducation, le processus de décentralisation et de déconcentration doit aboutir à un transfert de

compétences aux communes et à une réorganisation des niveaux de responsabilités pour

certaines fonctions de l’Etat :

- les communes seront propriétaires des infrastructures scolaires,



- les communes assureront la maîtrise d’ouvrage pour la construction des écoles; les Directions

Régionales et Provinciales de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (DREBA et

DPBA) assurant simplement l’appui technique,



- les salaires des enseignants seront payés par les maires des communes, celles-ci recevront des

dotations de l’État pour les salaires des enseignants, l’entretien des infrastructures scolaires, les

équipements des écoles et la dotation de solidarité,



- les recrutements nationaux d’enseignants seront faits selon les besoins exprimés par les régions,

les nouveaux enseignants seront recrutés selon des quotas établis par région et les enseignants

seront reversés dans les communes où ils servent,



- les comités de gestion scolaire rendront compte de leurs activités une fois par an aux maires,



- le suivi financier du Plan Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB) sera

assuré par le Gouverneur de Région qui rendra mensuellement compte de la situation des fonds

débloqués.



La décentralisation offre de nouvelles opportunités aux populations d’exercer leur pouvoir de

décision et de manifester leurs préférences. De même que pour les autres secteurs confiés aux

collectivités territoriales, l’exercice des compétences transférées aux communes en matière

d’éducation fera face à de multiples défis : capacité des communes à mobiliser des ressources

financières, mobilité intercommunale des administrés dans certaines régions agro-pastorales du

pays, capacité de gestion de projets et d’infrastructures par des conseils communaux peu

expérimentés, transparence et bonne gouvernance, rythme de transfert des compétences par

l’Etat et des ressources financières s’y rattachant.



Les Textes d’Orientation de 1998 envisageaient un processus de communalisation s’étendant à

l’ensemble du territoire, avec la mise en place progressive de 350 à 400 communes rurales à

l’horizon 2003-2005. En 2004, les pouvoirs publics ont adopté une loi portant création de

régions (13), de provinces (45), de départements (350) et de communes, parmi lesquelles on

trouve 49 communes urbaines de plein exercice et 302 communes rurales. Au dernier niveau,

on recense 8 000 villages à travers le pays. Selon la programmation arrêtée, la décentralisation

concernera d’abord les communes urbaines, à l’issue d’élections communales dont la date a été

récemment prorogée d’ici fin mars 2006. Ensuite, à l’horizon 2009, ce sera au tour des

communes rurales.







13

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







3. LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION



Face à un contexte socio-économique souvent précaire pour certaines couches de la population,

la situation de l’éducation au Burkina Faso s’avère préoccupante et reste étroitement liée à la

pauvreté. Ainsi, une étude réalisée sur la pauvreté au Burkina Faso1 a identifié plusieurs

déterminants de la pauvreté, et ce, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Parmi ces facteurs

déterminants, il faut noter le niveau d’instruction du chef de famille et des autres membres de

la famille, le sexe, le nombre d’enfants de moins de 14 ans et l’accès du chef de famille à

l’emploi.



Au Burkina Faso, le secteur de l’éducation est organisé selon trois ordres d’enseignements, qui

concourent à structurer l’offre nationale en éducation2 :

- l’éducation de base qui comprend le préscolaire, l’enseignement primaire formel et l’éducation

non formelle des jeunes et des adultes (alphabétisation) ; l’éducation de base est placé sous la

tutelle du Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA) ;



- l’enseignement secondaire et supérieur, qui inclut aussi l’enseignement technique et

professionnel (formations techniques et professionnelles initiales post primaires, qui

débouchent sur des diplômes de niveaux reconnus) ; ce second ordre d’enseignement est placé

sous la tutelle du Ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche

Scientifique (MESSRS) ;



- la formation professionnelle qui ne relève pas du secondaire ou du supérieur et vise l’exercice

d’un métier ; ce troisième ordre d’enseignement implique plusieurs Ministères (voir section

3.4).



En terme de niveau d’instruction, les résultats de l’Enquête EBCVM montrent que le taux brut

de scolarisation au primaire3 est passé de 40,9% en 1998-1999 à 42,7% en 2000-2001 et à

52,2% pour l’année scolaire 2003-2004. Malgré ces avancées significatives, l’accès à

l’éducation de base demeure limité, car de fortes disparités persistent selon les zones

géographiques et le milieu de résidence. En 2003-2004 le taux brut national de scolarisation

atteignait 58,1% pour les garçons, mais ne dépassait guère 46,2% pour les filles. En effet, le

taux brut de scolarisation est trois fois plus élevé en ville qu’à la campagne et le pourcentage

de garçons admis dépasse toujours celui des filles. Le même sondage a révélé que seulement

21,8% de la population âgée de plus de 15 ans savaient lire et écrire.



Sur le plan de l’alphabétisation, le taux est passé de 18,9% en 1998 à 21,8% en 20034. Il est

réparti de façon inégalitaire selon le genre et le milieu de résidence. Les résultats de l’enquête

EBCVM montrent que le taux d’alphabétisation des hommes augmente plus vite que celui des

femmes et que les populations des zones urbaines accèdent presque deux fois plus à

l’alphabétisation que celles des zones rurales. Selon l’UNESCO5, le taux d’alphabétisation a

augmenté au cours de la dernière décennie 1990-2000 selon une dynamique plus forte au





1

Lachaud, Jean-Pierre. La dynamique de la pauvreté au Burkina Faso : éléments d’analyse, 2001.

2

Voir aussi le tableau synoptique présenté à l’annexe 1.

3

MEBA, Rapport semestriel de mise en œuvre du PDDEB, 1 er janvier au 30 juin 2004, novembre 2004.

4

Ministère de l’Économie et du Développement, Cadre stratégique de Lutte contre la Pauvreté 2004-2006, juillet 2004.

5

UNESCO - Rapport mondial sur l’EPT 2003 – 2004. Annexe statistiques de base.



14

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Burkina (7,6 point) qu’au Mali (6,5 points) ou qu’au Niger (4,6 points), sans pour autant

parvenir à faire reculer l’analphabétisme en nombre.



Le taux brut de scolarisation au niveau secondaire reste, quant à lui, très bas. En 2003, il était

de 15,6%. Les principales causes qui expliquent cette situation sont le peu de capacité

d’accueil, la faiblesse du pouvoir d’achat des parents et les difficultés liées aux conditions de

vie des élèves. Le taux d’admission est également faible. Sur plus de 100,000 enfants ayant

terminé le CM2 et 60,000 candidats à l’entrée en 6e en 2004, seulement 18,000 ont été recrutés.

Le faible rendement au niveau de l’enseignement secondaire général est aussi dû au manque

d’enseignants qualifiés, à l’insuffisance de l’encadrement pédagogique et au manque de

manuels scolaires.



Mais pour mieux comprendre la situation, il est important d’examiner le fonctionnement actuel

de chacun de ces sous-secteurs.



3.1 L'éducation de base



3.1.1. Le cadre législatif



Depuis le début des années 1990, le Gouvernement a adopté plusieurs politiques touchant

l’éducation de base, qui traduisent bien la position de l’État dans ce secteur. Parmi ces

documents, les plus importants à retenir sont : la Loi d’Orientation de l’Education de 1996, la

Lettre de Politique Educative de 2001 et le Plan Décennal de Développement de l’Education de

Base (PDDEB) lancé en 2002, dont il a déjà été question. Il est important d’examiner aussi

l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), qui a rendu disponible des fonds dont une

partie est affectée par l’Etat au secteur de l’éducation. Enfin, l’engagement du Burkina envers

les Objectifs du Millénaire pour le Développement (ODM) doit être également examiné. En

arrière-plan, la lutte contre la pauvreté constitue toujours le fondement de ces politiques et le

CSLP reste, bien sûr, le document de référence.



La Loi d’Orientation de l’Education



Au Burkina, le système éducatif est régi par la Loi no 013/96/ADP du 9 mai 1996, dite Loi

d’Orientation de l’Education, qui est commune aux deux principaux ministère engagés dans le

secteur : le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA) et le

Ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESSRS).

Cette loi traduit les réflexions menées lors des États Généraux de l’Education tenus en

septembre 1994 sous le thème « un consensus national pour une éducation efficiente »,

auxquels ont participé des représentants de tous les milieux de la société burkinabé.



Cette loi fixe les grandes orientations du système éducatif, à savoir ses finalités, ses objectifs

généraux, et ses grandes options. Ainsi, il est stipulé que l’obligation scolaire couvre la tranche

d’âge des 6 à 16 ans et que tout citoyen a droit à l’éducation, et ce, sans discrimination fondée

sur le sexe, l’origine sociale, la race ou la religion. Les langues d’enseignement sont le français

et les langues nationales. Cette loi permet aux apprenants de chaque niveau d’enseignement

d’acquérir des connaissances générales et techniques et des habiletés fondamentales

nécessaires à leur vie en leur donnant la possibilité d’exercer un métier ou d’entreprendre des





15

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







études à un niveau supérieur. L’éducation a aussi pour mission de promouvoir des valeurs

sociales, physiques, morales, civiques, nationales et universelles.



Le Plan Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB)



Vers la fin des années 1990, le Burkina Faso accusait toujours un certain retard dans le

domaine de l’éducation de base par rapport aux autres pays de l’Afrique subsaharienne, et ce,

malgré ses efforts d’engagements dans le secteur. Afin de corriger cette situation, le

Gouvernement a donc élaboré un Plan Décennal de Développement de l’Education de Base

(PDDEB, 2000-2009), avec l’appui de ses partenaires. Son cadre d’orientation stratégique et

ses objectifs décennaux ont été adoptés en Conseil des Ministres en 1999, tandis qu’un premier

plan triennal était opérationnel en 2001, avec un premier plan d’action annuel en 2002. Le

PDDEB a été officiellement lancé en septembre 2002. Compte tenu des délais, le MEBA y

réfère dorénavant comme son plan décennal de 2001 à 2010. Le PDDEB est considéré comme

l’outil principal de mise en œuvre du volet éducation du CSLP. Il répond directement aux

attentes issues de la Déclaration Mondiale sur l’Education pour Tous (EPT) et le Forum

Mondial de Dakar en 2002. Etant donné l’importance du PDDEB, la section 4 lui est

entièrement consacrée.



Actuellement, le MEBA offre un enseignement primaire d’une durée de six ans touchant la

tranche d’âge allant de 6 à 12 ans, tandis que la Loi d’Orientation de l’Education étend

l’obligation scolaire à l’âge de 16 ans. On s’attend donc à une extension de l’offre éducative

fournie par le PDDEB, une fois que le MESSRS aura transféré au MEBA le premier cycle du

secondaire. Il s’agit là d’un objectif ambitieux pour le Burkina, mais qui répond à ceux établis

par les Objectifs du Millénaire pour le Développement et à d’autres engagements (voir section

suivante).



La Lettre de Politique Educative



En mars 2001, le Gouvernement adoptait la Lettre de Politique Educative, réitérant ainsi son

engagement à suivre les recommandations des États Généraux de l’Education de 1994 et les

priorités du CSLP en matière d’éducation. Chaque chapitre de la lettre traite de l’éducation de

base, des enseignements secondaires, de l’enseignement supérieur, et du non formel. En

conclusion, la Lettre précise1 :



« Les options communes suivantes seront respectées lors de la conception et de la réalisation des

programmes d’actions des différents ordres d’enseignement, afin de concourir au mieux à la

réalisation des objectifs généraux du système et de maintenir la cohérence entre les différentes

actions engagées. Il s’agira en particulier :



- d’accorder une priorité sans ambiguïté à l’enseignement de base, priorité assortie des moyens

financiers, matériels, humains afin d’assurer, de manière conjointe et solidaire à la fois

l’expansion et l’amélioration de la qualité de cet ordre d’enseignement ;



- d’introduire les changements nécessaires au niveau de l’organisation des cycles d’enseignement,

du système d’évaluation et d’examen, du contenu des programmes et des pratiques pédagogiques,



1

Le texte de la Loi d’Orientation de l’Education et des extraits de la Lettre de Politique Educative sont disponibles sur le site

http://www.messrs.gov.bf/.



16

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







pour que chaque cycle se suffise à lui-même et puisse déboucher sur les possibilités de formation

complémentaire et/ou emploi ;



- de mettre en place un enseignement technique et professionnel diversifié, accessible aux différents

niveaux de sortie de l’enseignement général et, en particulier des formations post-primaires

adaptées aux potentialités et besoins du marché de l’emploi et aux capacités d’acquisition des

jeunes sortant du primaire ;



- d’opter à tous les niveaux du système pour une éducation fonctionnelle, pragmatique, visant avant

tout à former des individus intégrés à leur milieu, ayant le souci de l’efficacité et du travail bien

fait, quels que soient leur niveau de sortie du système et le secteur d’activité vers lequel ils se

dirigeront ;



- d’encourager les initiatives privées, individuelles et communautaires, en vue de la création et de

la gestion d’établissement d’enseignement et pour la conduite d’actions d’alphabétisation et de

formation de base, ce qui implique la mise en place de dispositifs conséquents (et décentralisés)

d’appui, d’encadrement et d’évaluation ;



- de favoriser une approche multi-sectorielle, systémique, dynamique de l’éducation, intégrant les

actions des différents acteurs (internes et externes au système), veillant à l’adéquation

formation/emploi et encourageant toutes études, expérimentations et initiatives pouvant œuvrer en

ce sens ».



L’Initiative PPTE



En juillet 2000, le Burkina Faso a satisfait à l’ensemble des exigences posées par la Banque

Mondiale et le Fonds Monétaire Internationl (FMI) au titre de l’Initiative des Pays Pauvres

Très Endettés (PPTE). Cela lui a permis d’obtenir une remise de dette d’environ 700 millions

de dollars US, réduisant ainsi de moitié les obligations du service de la dette. Les fonds PPTE

qui sont alloués au secteur de l’éducation dans le pays servent surtout à financer le salaire de

certains enseignants, à construire ou à réhabiliter des écoles et, dans une moindre mesure, à

assurer les fournitures scolaires et les matériels didactiques des élèves dans les 20 provinces les

plus déscolarisées du pays où le PDDEB travaille en priorité. Le suivi des actions financées par

les fonds PPTE est assuré par la Banque Mondiale. Les fonds PPTE doivent être considérés

comme une contribution de l’Etat.



L’engagement envers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)



Les OMD adoptés en septembre 2000 par 191 pays des Nations Unies mettent l’accent sur

l’éducation en tant que facteur de réduction de la pauvreté. Deux des objectifs retenus portent

directement sur l’éducation qui doivent faire l’objet de financements additionnels, tandis que

les autres objectifs font référence à la faim, à la santé, à l’environnement et à un partenariat

mondial pour le développement. Ces deux objectifs sont :

- donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d’achever un cycle complet d’études

primaires d’ici 2015, et



- éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à

2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard.







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Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







La Procédure Accélérée pour l’Éducation Pour Tous (Fast Track Initiative)



La Procédure Accélérée en faveur de l’Éducation Pour Tous (EPT) ou Fast Track Initiative

(FTI) consiste en un partenariat entre les pays développés et les donateurs pour aider les pays

pauvres à atteindre les OMD et les objectifs de l’EPT retenus à Jomtien (1990) et confirmés à

Dakar (2000). Cette initiative repose sur un processus décentralisé d’élection parmi les pays

disposant d’un cadre stratégique de lutte contre la pauvreté validé et une stratégie sectorielle

crédible mise en œuvre de cette stratégie, sous la responsabilité des autorités nationales, avec

l’appui des PTF. Dans ce système, un fonds fiduciaire logé à la Banque Mondiale constitue une

modalité d’accompagnement à laquelle le pays retenu peut recourir en cas de besoin.



Cet appui financier fait toutefois l’objet de deux conditions :



- les pays élus doivent respecter leurs engagements en matière de réformes éducatives ;



- les PTF impliqués doivent respecter et augmenter leurs engagements financiers tout en

améliorant les mécanismes d’harmonisation des procédures, en lien avec le Comité d’Aide au

Développement (CAD) de l’OCDE, et en favorisant la mutualisation des appuis techniques.



La procédure accélérée pour l’EPT n’offre pas seulement un système de financement de

l’éducation primaire. En effet, elle contribue aussi au dialogue national sur les politiques

éducatives, ce qui amène les niveaux politiques à mieux prendre en compte les questions

relatives à l’éducation des filles et à l’impact du VIH/SIDA.



La Procédure Accélérée pour l’EPT a été l’occasion pour le Burkina de formuler sa requête dès

la fin 2002, en utilisant le PDDEB comme support, ce qui lui a valu d’être l’un des premiers

pays élus en 2003.



3.1.2 Le cadre administratif et technique



Au Burkina, l’éducation de base relève du Ministère de l’Education de Base et de

l’Alphabétisation (MEBA). L’éducation de base formelle, ou l’enseignement primaire, couvre

les premiers six ans d’école. Quant à l’éducation non formelle, elle comprend des programmes

de formation de base et d’alphabétisation de même que la formation pré-professionnelle pour

les enfants, les jeunes et les adultes qui ne fréquentent pas l’école.



D’autres Ministères sont aussi concernés à divers titres par l’éducation : prise en charge des

enfants de la rue par le Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale (MASSN),

alphabétisation des élus pour le compte du Ministère de l’Administration Territoriale et de la

Décentralisation (MATD), ou encore formation d’agriculteurs et d’éleveurs pour le Ministère

de l’Agriculture.



De plus, d’autres acteurs et partenaires interviennent dans l’éducation de base. Il s’agit

notamment des PTF qui apportent leur contribution financière à la mise en œuvre du PDDEB.

D’autres PTF financent aussi directement des projets d’appui à l’éducation de base. La

participation du secteur privé et des ONG nationales et internationales à la mise en œuvre du

PDDEB représente également un effort appréciable non seulement pour la mobilisation sociale,

mais aussi pour la construction des écoles. Des organisations telles l’Oeuvre Suisse d’Entraide





18

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Ouvrière (OSEO), l’Association TIN TUA et Plan Burkina apportent une expertise spécifique

et un savoir-faire qui contribuent au développement de l’offre éducative. La société civile joue

aussi un rôle important. Les Associations des Parents d’Elèves (APE) et les Associations des

Mères Educatrices (AME) participent à la vie des écoles en apportant leur soutien pour les

constructions scolaires, les cantines, et en s’impliquant dans les comités de gestion.



3.1.3 Le cadre institutionnelle



Le préscolaire

Confié au Ministère de l’Action sociale et de la Solidarité Nationale (MASSN), le préscolaire

s’adresse aux enfants de 3 à 6 ans. Très peu développé, le préscolaire formel est surtout

implanté dans les zones urbaines, notamment à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso. Depuis

1997, l’État n’a plus construit d’infrastructures pour le préscolaire formel. L’augmentation

significative du nombre de structures et des effectifs est essentiellement due au secteur privé.

Le tableau suivant présente l’évolution du préscolaire entre 1995 et 2004 :





Tableau 2 : Évolution des structures d’encadrement et des effectifs du préscolaire1

Nombre de structures Effectifs Taux de pré

Période Formelle Non formelle Filles Garçons scolarisation

1995-1996 134 0 5 589 6 008 0,82

2001-2002 156 17 6 208 5 541 1,44

2002-2003 171 31 6 436 6 578 0,72

2003-2004 213 52 10 395 10 410 1,17

Source : DEPE/MASSN 2004







Comme le fait ressortir ce tableau, le taux de pré-scolarisation est inférieur à 2%, c’est à dire

que seulement moins d’un enfant sur 50 admis au cours préparatoire a bénéficié d’une

éducation préscolaire.



Avec le soutien de l’UNICEF et de certaines ONG, l’Etat a cependant expérimenté avec succès

des formules d’éducation préscolaire non formelle, comme cela avait été recommandé dans la

nouvelle politique éducative. C’est ainsi que la Direction Générale de l’Alphabétisation et de

l’Education Non Formelle du MEBA (DGAENF) suit l’expérience des « haltes garderies

éducatives » qui consiste à occuper les enfants avec des jeux psychomoteurs de base pendant

que leurs mères sont occupées à des tâches particulières, en particulier aux cours

d’alphabétisation2. Pour les spécialistes, ces formules sont prometteuses car elles permettent de

mieux préparer les jeunes enfants au primaire. De plus, compte tenu de leur moindre coût, les

structures non formelles pourraient être appelées à connaître un développement significatif.

C’est un défi que le MEBA souhaite relever.







1

DEPE/MASSN, 2004.

2

Ces garderies semblent pouvoir offrir une formule souple et peu coûteuse Le FONAENF étudie actuellement le financement de

cette action, en complément du financement de l’alphabétisation des femmes proprement dite.



19

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







L’enseignement primaire

L’enseignement primaire s’adresse aux enfants de 7 à 12 ans. Le cursus dure six ans et il est

réparti sur plusieurs classes (CP1, CP2, CE1, CE2, CM1 et CM2). La langue d’enseignement est

le français et le certificat d’études primaires (CEP) sanctionne la fin du cycle primaire.



En complément à ce système classique, d’autres types d’écoles ont été développés avec l’appui de

partenaires comme l’OSEO et l’UNICEF. Il s’agit notamment des Ecoles Bilingues et des

Ecoles Satellites, dans lesquelles les communautés sont fortement impliquées. Les Ecoles

Bilingues se caractérisent par :

- la durée de la scolarité qui est de cinq ans au lieu de six ans,



- l’enseignement qui est assuré d’abord en langues nationales, puis en français,



- le curriculum qui met l’accent sur les activités pratiques, et



- l’implication des communautés dans la gestion des écoles.



Quant aux Ecoles Satellites – elles aussi bilingues – elles se distinguent par la parité entre filles et

garçons qui est exigée lors des inscriptions et par le fait qu’elles ne couvrent que les trois

premières années du primaire. Les enfants continuent ensuite leur scolarité dans l’école mère.



Dans les écoles qui pratiquent le bilinguisme, le taux de réussite des élèves aux examens est

généralement meilleur que dans les écoles classiques. En raison de leur performance

académique, ces écoles sont bien appréciées par le MEBA et par les populations, si bien que la

demande actuelle excède de loin l’offre.



Pour pouvoir faire face à la demande de scolarisation dans les régions urbaines et pour

remédier au manque de ressources, des pratiques telles le double flux1 et les classes

multigrades2 ont été introduites depuis les années 1990 dans le système éducatif. Bien qu’elles

permettent de faire face à la pénurie de classes et d’enseignants qualifiés, ces pratiques n’ont

pas eu pour effet d’améliorer les méthodes d’enseignement et d’apprentissage3.



En même temps que les écoles publiques, il existe aussi des écoles privées laïques et des écoles

gérées par des groupes religieux (protestants, catholiques, musulmans). Pour l’année scolaire

2003/2004, on recense ainsi 5,028 écoles publiques et 828 écoles privées dans le pays. Le

Gouvernement et certains partenaires (notamment la Banque Mondiale), ont activement

encouragé l’expansion des écoles privées. Entre 1992 et 2002, le système privé a connu une

croissance très rapide, passant de 166 à 692 écoles.



Le tiers des écoles privées sont des écoles laïques qui opèrent grâce à des moyens privés. Un

autre tiers est constitué par les écoles franco-arabes qui reçoivent le plus souvent un soutien de





1

Le double flux consiste à mettre deux cohortes d’élèves dans une même salle de classe avec un seul maître. Les élèves assistent

aux cours selon les horaires prévus : une cohorte le matin et une autre le soir, et le lendemain, on inverse les horaires.

2

Les classes multigrades, consistent à mettre dans une même salle de classe deux niveaux scolaires (CP1 et CP2, CE1 et CE2 ou

CM1 et CM2). Cette pratique est surtout utilisée dans les écoles à trois classes généralement situées en zone rurale. Son avantage

est qu’elle permet de recruter chaque année au lieu de tous les deux ans.

3

Au contraire, ces pratiques ont fait souvent en sorte que les élèves finissent par recevoir moins d’heures d’enseignement.



20

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







l’Arabie Saoudite et d’autres pays du Moyen-Orient. Il y a également une forte croissance au

niveau des écoles catholiques.



Toutes les écoles privées sont comptabilisées et suivies par le MEBA, car elles jouent un rôle

fondamental dans l’accroissement du taux de scolarisation. Seules les écoles privées qui

respectent les programmes du MEBA sont en mesure de présenter leurs élèves aux examens

officiels, où l’on relève des taux de réussite souvent supérieurs aux écoles publiques et qui

pourraient s’expliquer par une meilleure gestion des établissements et par une meilleure

efficacité des enseignants1.



Le secteur privé et les enseignants du public opérant à titre privé dispensent aussi des cours du

soir pour le primaire. Des cours du soir peuvent aussi exister pour les élèves du secondaire ou

pour certains publics, tels que les jeunes travailleurs. Pour l’enseignement primaire, en 2003-

2004, 86 écoles primaires abritaient des cours du soir dans 335 classes pour 6,155 élèves, dont

2,593 filles. Outre ces écoles primaires, les principaux intervenants dans les cours du soir sont

des associations nationales telles l’Entraide Culturelle Burkinabé, l’Université Populaire

Africaine et l’École Démocratique et Populaire. A l’heure actuelle, les spécialistes estiment

que le MEBA et ses partenaires devraient accorder davantage d’attention aux cours du soir

auxquels recourt souvent un public de jeunes travailleurs, soucieux de leur intégration sociale

et économique2.



La formation professionnelle des enseignants du primaire

La formation initiale des enseignants du primaire est assurée par les Ecoles Nationales des

Enseignants du Primaire (ENEP) qui sont localisées dans plusieurs villes du pays 3. Ces écoles

ont pour première mission de former des instituteurs des secteurs public et privé de

l’enseignement du premier degré. Elles sont aussi impliquées dans la formation continue des

enseignants.



Pour faire face à l’acccroissement des enseignants à former (plus de 2500/an) et pour réduire

les coûts, la formation initiale a été réduite à une année, ce qui a entraîné une concentration sur

les enseignements théoriques généraux et une baisse des enseignements proprement

professionnels, notamment par alternance, ce qui entraine maintenant à son tour une baisse de

savoir faire en matière d’appui à la formation continue. D’autre part, cette réduction a eu pour

effet le renoncement à des formations de spécialisation à la carte pour les enseignants, liées

notamment aux conditions d’exercice dans le cadre des écoles bilingues ou autres formules

novatrices, dans le cadre des écoles situées dans des zones difficiles ou hostiles, ou auprès de

publics à besoins spécifiques (handicapés, délinquants, enfants des rues, etc.)



La formation continue des enseignants du primaire est assurée théoriquement par un dispositif

qui prévoit l’assistance à des conférences pédagogiques annuelles sur un thème précis et un

fonctionnement des Groupes d’Appui Pédagogiques, qui sont des structures de regroupements

1

Une telle interprétation mériterait sans doute d’être nuancée. Ainsi, le SYNATEC relève les cas fréquents d’enseignants qui sont

mal payés et le fait que ces écoles privées sont trop orientées vers la réussite des examens et qu’elles pratiquent un sélection dans ce

but.

2

Le MEBA a déjà fait un pas significatif dans ce sens en invitant tous les protagonistes à une réunion de concertation et des études

ont été menées par les ONG et les Instituts de Recherche. Sur la base des données recueillies, le MEBA pourra se fixer

prochainement des orientations et les traduire dans ses plans d’action.

3

Il s’agit de Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma, Gaoua, Loumbila, Ouahigoya.



21

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







d’enseignants autour de problèmes professionnels ressentis par eux. Mais ce dispositif, faute de

motivation et de moyens adéquats, n’est pas généralement considéré comme satisfaisant par les

enseignants, les PTF et le MEBA lui même. D’autre part, comme signalé au point précédent,

l’encadrement des jeunes instituteurs par leurs professeurs des ENEP est devenu inexistant et

l’encadrement par les Conseillers pédagogiques et les Inspecteurs se limite à des contrôles

administratifs, faute de moyens pour assurer une véritable formation pédagogique continue sur

le tas. Enfin, la formation à distance des Directeurs d’école, considérés un temps comme les

premiers maillons d’un encadrement pédagogique de proximité, a rencontré des limites dans la

mesure où ce rôle ne leur a pas été reconnu explicitement et que la question de la

reconnaissance de leur statut professionnel est toujours une question pendante non résolue.



L’éducation de base non formelle

L’éducation de base non formelle concerne toutes les actions d’éducation organisées et

dispensées en dehors du système scolaire. Il s’agit surtout d’alphabétisation et d’actions de

formation visant l’amélioration des conditions de vie et le perfectionnement professionnel.

L’éducation non formelle est dispensée sous la responsabilité du MEBA dans les Centres

Permanents d’Alphabétisation et de Formation (CPAF) pour les plus de 15 ans, et dans les

Centres d’Education de Base Non Formelle (CEBNF) pour les jeunes de 9 à 15 ans. Ces Centres

sont mis en œuvre sur l’initiative des communautés, avec l’appui d’associations locales ou

d’ONG. L’Etat peut aussi contribuer à leur fonctionnement en mettant à leur disposition du

personnel enseignant.



Pour l’alphabétisation des adultes, 7,700 CPAF sont ouverts dans le pays, qui s’adressent à des

adultes âgés entre 15 et 50 ans. L’alphabétisation est dispensée en langue nationale, suivant

trois niveaux : l’alphabétisation initiale (AI), la formation complémentaire de base (FCB) et la

formation technique et spécifique (FTS). Le défi du MEBA est d’intensifier les opérations

d’alphabétisation pour permettre l’émancipation des plus pauvres. Pour ce faire, les formations

doivent correspondre aux besoins des communautés et aux réalités socio-économiques du pays,

ce qui suppose des enseignants qualifiés et des centres bien équipés, ce qui, malheureusement,

n’est pas toujours le cas. Un apprentissage du français fondamental et fonctionnel (A3F) est

aussi possible1, qui peut offrir aux apprenants une passerelle vers le formel.



Les nombreux enjeux soulevés par l’alphabétisation ont conduit le MEBA à prôner à partir de

septembre 1999 (Forum National sur l’Alphabétisation) une stratégie de faire-faire qui a

consisté à répartir les rôles entre les acteurs concernés, à définir un nouveau curriculum et à

créer un Fonds pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle (FONAENF). En décembre

2004, un nouveau Forum a conclu à l’impact positif de cette stratégie et à l’importance du rôle

joué par le FONAENF, qui a permis à l’alphabétisation de faire un bond important en avant.

De nouveaux défis ont été cependant identifiés : la qualité du suivi à renforcer, la qualification

des enseignants à améliorer et la concertation des acteurs à organiser pour la mise en œuvre des

nouveaux curricula.



Les besoins en éducation non formelle des jeunes déscolarisés ou non scolarisés ont conduit le

MEBA à ouvrir aussi depuis 1995 des CEBNF, avec le soutien de l’UNICEF. Ces Centres

s’adressent aux jeunes de 9 à 15 ans. On dénombrait 52 Centres en 2004 et 67 Centres en 2005,



1

Il s’agit d’une formation relativement lourde, qui peut occuper 1,800 à 2,400 heures.



22

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







qui scolarisent environ 3,000 enfants. Le programme de formation porte sur divers domaines :

les connaissances instrumentales, l’agriculture, l’élevage, l’environnement, l’hygiène, la santé,

la nutrition, le civisme et l’égalité entre les sexes, ainsi qu’une initiation à des métiers, qui sont

normalement choisis en fonction du milieu local. Ces Centres ont rencontré diverses

difficultés, notamment sur le plan des curricula, des équipements et du maintien d’enseignants

qualifiés1.



En plus des CEBNF, il existe d’autres types d’offre éducative pour ces jeunes, tels que les

Centres Banma Nuara initiés par l’Association Tin Tua et les Ecoles Communautaires (ECOM)

lancées en 1994 par la Fondation pour le Développement Communautaire (FDC).



3.2 L’enseignement secondaire



3.2.1 Le cadre législatif et administratif

L’enseignement secondaire est sous la tutelle du Ministère des Enseignements Secondaire,

Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESSRS). Comme pour l’éducation de base, ce sous-

secteur est aussi régi par la Loi d’Orientation de l’Education de 1996, la Lettre de Politique

Educative de 2001 et, de façon générale, les autres textes pertinents cités plus haut pour

l’éducation de base.



3.2.2. Le Cadre institutionnel

L’enseignement secondaire général

L’enseignement secondaire général comporte deux cycles. Le premier cycle est sanctionné par le

Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) et le second par le Baccalauréat (BAC). On compte

428 établissements secondaires dont 187 privés qui scolarisent environ 200,000 élèves dont

78,000 filles2. A titre de comparaison, un million d’élèves sont présents dans le même temps dans

le primaire.



L’enseignement secondaire technique et professionnel

L’enseignement secondaire technique et professionnel comprend trois cycles. Le cycle court

correspond au CEP + 4 ans dans un collège, ce qui permet d’accéder au Certificat d’Aptitude

Professionnelle (CAP). Le cycle moyen correspond au BEPC + 2 ans, ce qui débouche sur le

Brevet d’Etude Professionnelle (BEP). Le cycle long correspond au BEPC + 4 d’études dans un

lycée technique.



Le Burkina Faso compte dix établissements techniques publics et une soixantaine d’établis-

sements privés d’enseignement technique et professionnel qui sont répandus sur le territoire

burkinabé, avec une forte concentration à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Ces structures

touchent un total de 18,000 jeunes dont 9,000 filles.





1

A ce sujet, l’étude sur le pré-professionnel dans l’enseignement de base qui a été commanditée par l’AMBASSADE relève des

faiblesses importantes dans le système des CEBNF : insuffisance en manuels obligeant à utiliser les manuels des cursus

d’alphabétisation pour les adultes et ceux des Ecoles Satellites ; manque de statut et faible taux de rémunération des personnes

ressources intervenant dans la formation et des agents techniques impliqués dans le tronc commun d’enseignement, etc.

2

Statistiques MESSRS 2001-2002 (disponibles sur le site http://www.messrs.gov.bf).



23

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Un Plan stratégique de développement de l'enseignement technique et professionnel 2001-2010,

a été élaboré, qui est censé couvrir l’enseignement secondaire technique et la formation

professionnelle. Ce plan compte 4 axes principaux : l’accroissement des capacités d’accueil,

l’amélioration de la qualité de l’enseignement technique et professionnel, le renforcement de la

capacité de gestion et d’administration des structures, et l’accroissement de la capacité de

financement de l’enseignement technique et professionnel. La responsabilité de mise en œuvre a

été donnée à un Comité de Pilotage composé des représentants du MESSRS, des PTF, des

opérateurs économiques et des ministères concernés par la formation professionnelle. Cependant,

ce plan stratégique n’a pas encore été mis en œuvre et en cours de révision pour tenir compte de

la nouvelle dynamique de vision globale qui caractérise le sous-secteur.



L’enseignement général domine de loin l’enseignement technique du point de vue des effectifs1.

La question de la demande est complexe. Cette demande tend à se porter davantage sur la

formation générale plus prestigieuse qui apparaît plus favorable à l’insertion dans l’emploi

formel. Cependant, les goulots d’étranglement que constituent la rareté et la cherté de l’offre de

formation dans le secondaire pour les familles excluent de la formation post-primaire la majorité

des enfants inscrits au CM22.



Face à cette situation, la demande s’oriente vers la formation professionnelle par apprentissage sur

le tas, et quand cela est possible, vers les offres de formations pratiques non formelles. La préoccu-

pation des familles est d’abord que les jeunes acquièrent les habilités indispensables à leur insertion

dans le monde du travail et un diplôme ou une certification qui garantit la reconnaissance d’une

qualification nécessaire à l’obtention d’un emploi stable. Conscientes de la rareté de l’emploi

salarié, les familles veulent au moins que leurs jeunes « sachent faire quelque chose de leur dix

doigts », selon une expression sans cesse employée. Cela explique la forte demande sociale pour

des formations non formelles, surtout celles qui correspondent aux besoins locaux et qui permettant

de s’insérer rapidement dans le développement local.



Actuellement, une réforme liée à la prolongation de la scolarité jusqu’à 16 ans est mise en avant,

en conformité avec les priorités retenues à Jomtien et à Dakar, ainsi qu’avec l’environnement

juridique et législatif. Cette prolongation suppose que le premier cycle du secondaire soit détaché

pour être intégré dans l’enseignement de base. Cela implique de repenser en profondeur

l’ensemble des cycles, et de s’assurer que cette restructuration du système garantisse une bonne

transition entre le primaire et le secondaire. Il s’agit là d’un enjeu important pour le MESSRS.

L’engagement des PTF dans ce processus est aussi crucial pour l’avenir.



En outre, le retard accusé par la rénovation de ce sous-secteur et le développement de

l’enseignement technique et de la formation professionnelle initiale constituent pour le pays un

lourd handicap. Les cadres continuent de manquer au niveau intermédiaire (BEP, BAC pro,

BTS), ce qui rend nécessaire la mise en place de collèges et lycées d’enseignement technique et

professionnel bien orientés.









1

90 % pour l’enseignement général contre 10 % pour l’enseignement technique.

2

En 2005, ils ont été 148,000 à se présenter au CEP pour finalement environ 25,000 places disponibles, tous enseignements confondus.



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Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







La formation des enseignants de l’enseignement secondaire

La formation des enseignants de l’enseignement secondaire est assurée par l’École Normale

Supérieure de Koudougou (ENSK) créée en 1996. Cette école a aussi en charge la formation des

personnels d’encadrement de l’enseignement primaire (inspecteurs, conseillers pédagogiques et

instituteurs principaux du premier degré), la formation des personnels d’administration des

établissements d’enseignement secondaire (chefs d’établissement, censeurs, chefs des travaux,

intendants et économes, surveillants généraux), ainsi que la formation du personnel

d’encadrement de l’enseignement secondaire (inspecteurs et conseillers pédagogiques).



Cependant, depuis sa création, l’école ne parvient qu’à assurer la formation des personnels

enseignants et d’encadrement de l’enseignement général et celle des conseillers pédagogiques de

l’enseignement technique et professionnel. C’est ainsi qu’une grande partie des professeurs des

collèges et lycées techniques ont été formés en Europe grâce à l’appui de l’Autriche, de

l’Allemagne, de la France et de la Suisse. Quant à la formation continue – entendue dans le sens

du recyclage et du perfectionnement des ressources humaines en poste, elle était quasi-

inexistante. Toutefois, l’ENSK a conduit ces dernières années des Universités d’Eté qui ont

rencontré un véritable succès, malgré l’importance des contributions demandées aux participants;



3.3 L’enseignement supérieur



3.3.1 Le cadre législatif et administratif

L’enseignement supérieur est régi, lui aussi, par la loi d’Orientation de 1996, la Lettre de

Politique Educative et les autres instruments juridiques cités. On doit donc remarquer que

l’éclatement des cadres administratifs n’a pas entraîné jusqu’ici un cloisonnement législatif, la

plupart des textes existants s’appliquant à l’ensemble des services éducatifs.



Comme l’enseignement secondaire, l’enseignement supérieur relève du MESSRS et il est

dispensé dans trois types d’établissements : les Unités de Formation et de Recherche (UFR), les

grandes écoles et les instituts. Depuis une dizaine d’années, il faut cependant noter l’émergence

d’un enseignement supérieur privé dont les effectifs ne cessent d’augmenter.



3.3.2 Le cadre institutionnel



L’Université de Ouagadougou comprend sept UFR et un Institut. Elle dispose d’un Plan

stratégique quinquennal de développement institutionnel. L’Université Polytechnique de Bobo-

Dioulasso comprend l’Institut de Développement Rural, une Ecole Supérieure d’Informatique et

un Institut Universitaire de Technologie. L’École Normale Supérieure de Koudougou (ENSK)

relève également de l’enseignement supérieur. Celui-ci comprend généralement trois cycles : un

premier cycle de deux ans, un second cycle de deux ans et un troisième cycle de durée variable.



En 2003, l’Université ne retenait qu’environ 2,1%1 de l’effectif issu du secondaire, en raison des

déperditions élevées et des capacités d’accueil limitées. Les principaux problèmes de

l’enseignement supérieur sont le nombre limité de professeurs faisant partie du corps professoral

par rapport au nombre d’étudiants, la mauvaise intégration des résultats de recherche dans le

contenu des cours, l’insuffisance d’infrastructures, d’équipements et de bibliothèques. Le faible

1

Selon le CSLP, juillet 2004



25

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







rendement est également un problème. Seulement 30% des étudiants sortent chaque année de

l’enseignement supérieur avec une maîtrise. L’adéquation avec les besoins du développement

national et le marché de l’emploi est en fin de compte très faible, un défi que l’Etat et ses

partenaires cherchent actuellement à résoudre.



Le financement de l’enseignement secondaire et supérieur revient en partie à l’État et aux PTF

dont notamment la France, la Belgique, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de

Développement. Néanmoins, à la différence de l’éducation de base, les PTF ne s’inscrivent pas

dans une approche programme, mais ils appuient le secteur sous forme de projets bien distincts.

Le partenariat entre la Banque Mondiale1 et l’Université vise le renforcement des capacités

institutionnelles pour un développement et une amélioration des programmes.



3.4 La formation professionnelle



Dans le contexte du Burkina, la formation professionnelle constitue un élément du système

éducatif qui revêt une très grande importance. En effet, on vient de le voir, l’enseignement

post-primaire reste difficile d’accès.



Le sous-secteur de la formation professionnelle est constitué de deux grands domaines

d’enseignement et de formation. D’un côté, il y a le formel, qui inclue surtout l’enseignement

technique et professionnel (ETP) menant à des diplômes reconnus. De l’autre côté, on trouve

une offre informelle, qui peut prendre de multiples formes et s’adresser à des jeunes ou des

adultes. Cette demande est souvent privée. On y retrouve ainsi un grand nombre des formations

initiées par les organisations de la société civile, par exemple les ONG et les organisations

professionnelles ou communautaires. Elles s’adressent à un vaste public : artisans, apprentis,

agriculteurs ou éleveurs, par exemple.



Dans le paysage éducatif, la formation professionnelle constitue sans doute l’un des sous-

secteurs le plus difficile à appréhender, comme le montre bien la mission réalisée pour

l’Ambassade en novembre 2004, qui portait sur la mise en œuvre d’une étude approfondie de

la formation professionnelle formelle et non formelle. Malgré des chiffres toujours difficiles à

valider, les tendances observables révèlent une demande importante à l’échelle du pays, face à

laquelle. l’offre est dispersée, fragmentée et fluctuante, certaines de ces formations étant liées à

des projets dont la vie est limitée dans le temps. Egalement, l’ancrage institutionnel de la

formation professionnelle est multiple, plusieurs Ministères étant impliqués.



La formation professionnelle concerne aussi plusieurs types de public :



- Les formations professionnelles spécialisées touchent surtout les agents des secteurs des

services publics. C’est ainsi que la formation professionnelle des infirmiers dépend du

Ministère de la Santé, celle des travailleurs sociaux du Ministère des Affaires Sociales, et celle

des agents de l’agriculture du Ministère de l’Agriculture.



1

Le Burkina Faso a obtenu en 1996 un prêt de 18,3 milliards FCFA de la Banque Mondiale pour l’enseignement post primaire. Le

rapport de fin de projet indique que « the outcome was satisfactory, the sustainability was likely, the institutional development

impact was substantial, and the Bank and borrower performance were both satisfactory. The lessons learned indicate building

capacity requires more than resources and technical assistance; it requires also a motivated and stable staff. Civil works managed

by the Government need an independent oversight mechanism to ensure transparency, and to ensure that entrepreneurs comply

with the planning, and norms ».



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Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









- Les formations professionnelles des travailleurs « en poste » dans le commerce, l’industrie et

l’artisanat. Ces formations sont placées sous la tutelle du Ministère du Travail, de l’Emploi de

de la Jeunesse, en liaison avec le Ministère du Commerce, de la Promotion de l’Entreprise et de

l’Artisanat.



- Les formations professionnelles agricoles et assimilées (foncier, défense et restauration des

sols, hydraulique rurale, pastoralisme, etc.) concernant les jeunes ruraux ou les actifs du secteur

agropastoral. Ce type de formation intéresse environ 80% des jeunes et des actifs du pays. Ces

formations sont placées sous la tutelle des ministères clefs impliqués dans le développement

rural, et notamment le Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources

Halieutiques (MAHRH).



3.4.1 Le cadre législatif : un certain vide juridique



Selon l’Étude sur la formation professionnelle au Burkina Faso réalisée en février 2001 par le

MTEJ avec l’appui de la Coopération autrichienne révèle un certain vide juridique en ce qui

concerne la formation professionnelle formelle et non formelle. Ainsi, à titre d’exemple :



- La Loi d’Orientation de l’Education de 1996 englobe la formation professionnelle, mais ne

prend pas en compte l’ensemble du dispositif. Au niveau du formel, elle ne reconnaît que les

établissements et centres du secondaire et du supérieur, c’est à dire du « système éducatif » au

sens restreint du terme. Les autres types de formation professionnelle sont seulement citées

comme étant placées sous la tutelle « du ministre chargé du secteur correspondant à leur niveau

ou à leur type de formation ». Au niveau du non formel, les CPAF pour l’alphabétisation et les

CEBNF pour l’AENF des jeunes sont cités, ainsi que les centres pour la formation des jeunes

agriculteurs (sous tutelle du Ministère de l’Agriculture), tandis que la formation professionnelle

par apprentissage dans le commerce, l’industrie et l’artisanat fait partie des « diverses autres

structures de formation et d’encadrement ». Ce faisant, ce mode de formation perd de sa

reconnaissance.



- Le Code du Travail (loi no 033-2004/AN du 14/09/04) traite des relations entre le maître et son

apprenti, mais n’aborde pas les conditions de l’organisation, de l’encadrement, du suivi et de

l’évaluation du transfert de compétences, qui constituent pourtant des aspects fondamentaux de

la formation.



Il faut noter aussi l’existence d’un avant-projet de loi d’orientation sur l’emploi et la formation

professionnelle. Il importe également de signaler que le décret portant attribution des membres

du Gouvernement n’apporte pas d’éclaircissements suffisants sur les responsabilités des

différents ministères impliqués dans les sous-secteurs.



3.4.2 Le cadre administratif et institutionnel



La formation professionnelle initiale s’adresse au niveau post-primaire et vise l’exercice d’un

métier. On retrouve là l’enseignement technique et professionnel selon les cycles et les publics

déjà décrits à la section 3.2.1. La formation professionnelle continue et l’apprentissage

s’adressent aux travailleurs de tous niveaux qui sont sur le marché du travail, et qui ont le souci

de se perfectionner. Au niveau des Centres de formation et d’Evaluation (CEFP) du MTEJ, le

recrutement concerne des jeunes diplômés du CEP et BEPC.





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Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Plusieurs ministères sont impliqués dans l’enseignement technique et professionnel. L’ancrage

institutionnel de la formation professionnelle initiale demeure le Ministère des Enseignements

Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESSRS) qui s’est toujours occupé de

l’enseignement technique et professionnel et de l’organisation des examens aboutissant à des

diplômes reconnus. Mais ce n’est qu’en 1998 que la Direction Générale de l’Enseignement

Secondaire Technique et Professionnel (DGESTP) du MESSRS a été créée. Pendant

longtemps, la gestion de la formation professionnelle continue a été confiée aux ministères

concernés surtout par l’agriculture, l’artisanat et le commerce, en liaison avec les Chambres de

Commerce qui sont actives depuis longtemps dans ce domaine.



Quant au Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Jeunesse (MTEJ), celui-ci est responsable

de la formation professionnelle continue et par apprentissage. Une Cellule d’appui à la Formation

Professionnelle (CAFP) sous la tutelle du MTEJ a donc été créée en 1996. Elle est chargée de la

coordination de l’appui entre les départements ministériels qui se partagent la formation

professionnelle par apprentissage. Cette Cellule est financée par l’Allemagne, l’Autriche, la

France et la Suisse. Ses missions actuelles concernent l’élaboration des supports de formation des

apprentis, l’élaboration des modules de perfectionnement des maîtres artisans, la conduite

d’actions expérimentales de formation, la capitalisation des acquis et la contribution à la

définition d’une politique nationale de formation professionnelle. Un document cadre stratégie de

promotion de l’emploi et de la formation professionnelle a été adopté en 2001 pour 2001-2006.



Le type de formation professionnelle qui est privilégiée par le commerce, l’industrie, les services

et l’artisanat est constitué de l’apprentissage traditionnel (ou sur le tas) et les apprentissages de

type dual qui existent à travers des projets d’appui. L’apprentissage de type dual se fait en étroite

collaboration avec les entreprises et les Centres d’Evaluation et de Formation Professionnelle

(CEFP). Il n’existe que trois CEFP : Ouagadougou et Bobo Dioulasso avec neufs antennes et

Fada N’Gourma (centre privé). Ce type de formation répond à un besoin réel, mais il ne concerne

pour l’instant que quelques métiers. Il n’y a pas encore de système de certification ou de

validation officielle pour ce type de formation. Dans le cadre de l’Agence Nationale pour

l’Emploi (ANPE) il est prevu de crée des CEFP dans toutes les régions et les provinces du

Burkina Faso.



La clientèle des CEFP est composée de jeunes de 15 à 25 ans. Les types de formation offerts sont

la formation classique où les stagiaires viennent se perfectionner pendant 6 ou 18 mois (une

année scolaire), la formation duale (théorie/pratique) pouvant durer jusqu’à 3 ans, et la formation

modulaire à la carte allant d’une à 10 semaines. Les filières des CEFP sont : le bâtiment, la

menuiserie (métallique), la menuiserie (bois), la mécanique (auto), la mécanique (cyclomoteur),

l’électricité, la réparation des machines de bureau, la plomberie et la mécanique. Au CEFP de

Ouagadougou, des innovations ont été introduites telles que la coupe couture, la coiffure et la

restauration, ce qui répond aussi au souci de l’équité entre les genres.



La mise en place récente (septembre 2004) d’un Comité de Concertation sur la Formation

Professionnelle par apprentissage de type dual répond à la nécessité de l’existence d’un cadre de

concertation permettant d’éviter des actions parcellaires et de coordonner les efforts. On doit y

retrouver les principaux acteurs concernés, incluant le privé, les associations professionnelles, les

fédérations, voire les syndicats.







28

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Pour tenter de surmonter les difficultés, un Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle par

Apprentissage (FAFPA) a été mis en place avec la participation des mêmes acteurs impliqués

dans le sous-secteur. Ce fonds doit permettre de stimuler l’offre en apprentissage de type dual à

travers des activités et des appuis fournis auprès des opérateurs.



Malgré son rôle décisif dans la lutte contre la pauvreté, la formation professionnelle connaît de

nombreux facteurs limitants : non reconnaissance officielle des formations offertes, la non-

certification de la formation professionnelle et la non-existence d’un répertoire des différentes

intervenants. De plus, comparativement à l’enseignement formel, la formation professionnelle

est trop souvent considérée par les parents et par les communautés comme un pis-aller pour les

élèves en situation d’échec scolaire. La capacité d’accueil est également insuffisante (quelques

milliers de jeunes) face à l’immensité des besoins. Souvent vétustes, les infrastructures ne

permettent pas de travailler dans de bonnes conditions et les programmes dispensés ne sont pas

toujours bien adaptés.



3.5 Le financement du secteur de l’éducation



Le financement de l’éducation au Burkina Faso obéit au découpage institutionnel dudit secteur.

C’est ainsi que les dépenses de l’éducation se répartissent entre différents ministères (MEBA,

MESSRS, MASSN, METJ, entre autres). Globalement, le financement du secteur repose sur

trois sources majeures : Etat, Initiative PPTE et Partenaires Techniques et Financiers. Selon les

données de finances publiques produites dans le cadre du CSLP, les dépenses globales de l’Etat

pour l’éducation sur ses ressources propres (incluant les fonds PPTE) s’élevaient en 2003 à

environ 20% de ses dépenses totales. Parmi ces dépenses, la mise en œuvre du PDDEB

constitue une part importante à budgétiser. En conformité avec les scénarios d’accélération

dressés par le PDDEB dans le cadre de l’initiative PPTE, l’intention est d’augmenter ce niveau

de dépenses jusqu’en 2011. Déjà, dans son dernier rapport, le Secrétariat Permanent du

PDDEB indique que la contribution de l’Etat est passée de 29.8 à 49 milliards de FCFA entre

2001 et 2004.



Pour ce qui concerne l’éducation de base, la mobilisation des ressources se fait à travers le

financement des plans d’actions annuels du PDDEB. Le processus d’élaboration d’un Cadre

des Dépenses à Moyen Terme du MEBA contribuera à la maîtrise de prévisibilité des

ressources financières. Aussi, le Gouvernement a initié un processus d’élaboration d’un budget

programme lié au CSLP, qui doit permettre d’incorporer dans le budget annuel les ressources

et les emplois programmés. Cependant, ce budget-programme n’est pas encore opérationnel en

raison des difficultés liées aux revues des dépenses publiques, qui sont tributaires de la fiabilité

des données, notamment démographiques.



Les Objectifs du Millénaire auxquels a souscrit le Burkina doivent l’amener à maintenir un

niveau élevé de mobilisation des ressources pour le secteur, qui devront être trois fois plus

élevées que le niveau enregistré en 2001. A cela vienne s’ajouter les coûts induits du fait de la

future prolongation du primaire par le 1er cycle du secondaire actuel. Il s’agit d’un objectif

ambitieux, car il faut non seulement augmenter l’offre éducative mais s’assurer de sa qualité et

de sa compétitivité en termes de coûts.









29

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







3.6 Les Partenaires Techniques et Financiers (PTF)

Les principaux partenaires impliqués dans le secteur de l’éducation se répartissent selon leurs

intérêts et leurs priorités dans les différents sous-secteurs. Il convient d’ajouter aussi un certain

nombre de partenaires qui contribuent directement au financement du budget national (telle la

Commission Européenne) et ceux qui interviennent plus spécifiquement dans l’appui

organisationnel (renforcement des capacités) auprès du MEBA.

Les principaux partenaires du PDDEB Dans le sous-secteur de l’éducation de base formelle et

non formelle, sont la Belgique, le Canada, les Pays-Bas, la Banque Mondiale, la Suède,

l’Union européenne, la Suisse, la Banque Africaine de Développement, l’Agence Française de

Développement, la Coopération allemande, le Japon, Catholic Relief Service, OXFAM,

l’USAID, l’UNICEF, le PNUD et le Danemark.



Dans ce sous-secteur de l’enseignement secondaire et supérieur les principaux PTF impliqués

sont l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche, la France, la Suisse et la Banque mondiale. La

Banque Mondiale a financé le Projet Enseignement Post Primaire (PEPP), exécuté sous la

responsabilité du MESSRS. La France a contribué à la formation des professeurs des collèges

et des lycées techniques et la promotion des Nouvelles Technologies de l’Information et de la

Communication (NTIC) dans l’enseignement supérieur, ainsi qu’au soutien à la politique de

professionnalisation.

Les principaux PTF impliqués dans le sous-secteur de la formation professionnelle sont la Suisse,

la France, l’Allemagne, République de Chine, Luxembourg, BID, BAD, PNUD et l’Autriche, ce

dernier jouant le rôle de chef de file des partenaires. Les ONG sont également très actives dans

ce sous secteur. Le financement de la formation professionnelle est assuré à travers divers

fonds mobilisés pour des activités génératrices de revenus et de la formation professionnelle,

parmi lesquels on trouve : le Fonds d’Appui au Secteur Informel, le Fonds d’Appui à la

Promotion de l’Emploi, le Programme National d’Appui à la Réinsertion des Travailleurs

Déflatés et le Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage.



Toutefois, la nécessité d’un appui à ce sous-secteur demeure, car la formation professionnelle ne

bénéficie qu’à une partie infime de la population, sans pouvoir répondre à une demande

grandissante. De plus, on l’a vu, le sous-secteur souffre d’un manque de coordination entre les

acteurs impliqués et d’une politique claire de l’Etat incitant les partenaires à s’engager

davantage.









30

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







4. LE PDDEB : CADRE OPERATIONNEL DE L’EDUCATION DE BASE



4.1 Contenu et objectifs



Le Plan Décennal de Développement de l’Éducation de Base (PDDEB) a été adopté en 1999

par le Burkina suite à une analyse diagnostique du secteur de l’éducation, et confirmant ainsi le

caractère prioritaire de l’éducation de base affirmée dans la loi d’orientation de l’éducation

promulguée en 1996, et réaffirmé dans la lettre de politique éducative en 2001. Le démarrage

du plan décennal a été précédé d’un programme préparatoire appelé plan d’accompagnement

financé par le Canada et les Pays-bas dans le but de permettre au MEBA de mettre en place le

dispositif de planification et d’exécution du programme qui était une condition requise pour la

mise en vigueur des financements des Partenaires Techniques et Financiers.



Le PDDEB a connu un démarrage effectif en 2001 et un lancement officiel en septembre 2002.

Il constitue le cadre de référence qui guide les interventions de l’ensemble des acteurs dans le

secteur de l’éducation de base, pour la période 2001-2010, désormais considérée pour sa mise

en œuvre.



Le Plan s’inscrit directement dans la logique des objectifs retenus à Jomtien (1990) et à Dakar

(2000) pour l’Education Pour Tous, notamment pour ce qui est des objectifs quantitatifs liés à

la scolarisation universelle et à la diminution de l’analphabétisme – en particulier des femmes.

Le PDDEB est le programme sectoriel du Cadre Stratégique de lutte contre la pauvreté en

éducation de base. Il couvre non seulement l’éducation de base formelle, mais également

l’alphabétisation et l’éducation non formelle des jeunes et des adultes, conformément à la

politique éducative nationale et aux engagements internationaux du pays.



Le Plan décennal poursuit les trois grands objectifs suivants :



 accroître l’offre éducative (formelle et non formelle), tout en réduisant les disparités de toutes

sortes attribuables au sexe, à la localisation géographique ou au statut socio-économique ;



 améliorer la qualité, la pertinence et l’efficacité du système formel et non formel;



 développer et consolider les capacités de pilotage et de gestion tant au niveau central que

déconcentré, de même que les capacités de coordination de l’aide extérieure.



Tel qu’indiqué, le PDDEB établit un certain nombre d’objectifs spécifiques et quantitatifs d’ici

l’horizon 2010, qui ont été actualisés pour être intégrés au CSLP (révisé juillet 2004) :



 accroître, à un coût raisonnable, le taux brut de scolarisation au primaire pour atteindre le

niveau de 70% en 2010, en particulier pour les enfants et les filles en milieu rural et améliorer

la qualité et l’efficacité du système ;



 développer et diversifier les actions et les formules d’alphabétisation pour amener le taux

d’alphabétisation à 40% en 2010 (en particulier en faveur des femmes et des habitants des

zones défavorisées) ;



 améliorer le taux et l’encadrement au niveau de l’enseignement pré-scolaire comme cadre

d’éveil et de préparation à l’enseignement primaire ;



31

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









 améliorer la qualité des apprentissages et de l’enseignement afin de réduire le coût unitaire d’un

élève du primaire du aux niveaux élevés de redoublement et d’abandon ;



 renforcer la capacité de gestion des écoles, des inspections et des régions ainsi que la capacité

de pilotage du MEBA compatible avec l’approche programme et le volume d'activités en très

forte croissance qui sera généré par le programme et la politique nationale de décentralisation et

de déconcentration.



De façon concrète, l’accroissement de l’offre repose sur la construction d’infrastructures

éducatives (écoles et centres d’alphabétisation de formation, logements des maîtres, latrines et

forages) et le recrutement d’enseignants qualifiés, la promotion de la scolarisation des filles,

avec une préoccupation de baisse des coûts unitaires, et l’accélération de l’alphabétisation des

adultes et la prise en compte des besoins spécifiques des jeunes (type CEBNF, ECOM etc).



L’amélioration de la qualité repose surtout sur la reforme du curriculum, l’intégration des

innovations, l’évaluation des acquis, la fourniture de manuels, la formation initiale et continue

des enseignants, l’acquisition et la distribution de matériel pédagogique, la mise en œuvre de

programmes de nutrition et santé scolaire, de lutte contre le VIH/SIDA, la prise en compte du

développement du jeune enfant, évaluation des acquis des apprentissages .la formulation de

« projets d’école de qualité »1 et la mise en place d’actions visant à améliorer les conditions

d’apprentissage (prise en compte des enfants jeunes, cantines, santé, VIH/SIDA).



La promotion du pré-scolaire répond directement à l’un des domaines de travail retenu à

Jomtien, en 19902. Il constitue en effet une étape importante du développement psycho moteur

des jeunes enfants et leur préparation au primaire.



Enfin, le renforcement des capacités de gestion et de pilotage du système fait nécessairement

appel à des mesures institutionnelles visant à renforcer la performance des structures et des

ressources humaines par l’amélioration de l’organisation et des méthodes, le développement

des systèmes, la formation, l’acquisition et la mise à jour des équipements. En réponse aux

exigences de l’approche programme et la mise en oeuvre de la politique de décentralisation. .



Il faut signaler que pour des raisons de commodité de planification et pour suivre l’année

financière du Burkina, le PDDEB a adopté au cours de sa mise en œuvre l’année calendaire.

Cette mise en oeuvre repose sur trois phases s’étalant entre 2001 et 2010 :

- Une première phase de 4 ans d’initiation d’expérimentation et de mise en place d’un cadre

institutionnel de pilotage et de gestion mieux adapté aux options stratégiques du programme de

développement accéléré de l’éducation de base, tout en assurant la qualité, la pertinence et la

durabilité du financement. Durant cette phase, les activités devaient être menées en priorité

dans les 20 provinces ayant le taux de scolarisation le plus bas.





1

Ces projets doivent être issus des communautés de base et visent à réaliser un travail de qualité au sein de l’école : activités

pédagogiques créatives et réductrices d’échec, activités pratiques intégrées à l’enseignement général, intégration des enfants à

besoins spéciaux tels que les handicapés, les filles en situation précaire, les orphelins ou séropositifs, les personnes, très pauvres, les

enfants de la rue.

2

Il s’agit de « l’expansion des activités d’éveil de la petite enfance, particulièrement en faveur des efnants pauvres, défavorisés et

handicapés ».



32

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







- Une seconde phase de 3 ans d’ajustements et d’extension appliquera les leçons tirées de la

phase précédente à l’ensemble du pays. Sa planification interviendra en prenant en compte les

résultats de l’évaluation de la première phase en cours



- Une troisième phase de 3 ans consolidera les résultats obtenus pendant les phases

précédentes. »



Chaque phase fait l’objet de plans « glissants », c’est à dire qui tiennent compte des résultats

effectifs année après année, entraînant la mise à jour des nouveaux résultats concrets attendus

pour les années qui suivent.



4.2 Le cadre de partenariat et son fonctionnement



4.2.1 L’approche programme

Les appuis fournis au PDDEB par les PTF s’inscrivent dans une démarche programme pour le

secteur de l’éducation, dans laquelle ils s’engagent à appuyer la réalisation du PDDEB sur la

base d’un financement complémentaire au budget de l’État et selon des procédures harmonisées.

Selon cette approche, la conduite des opérations et la coordination des partenaires repose sur les

capacités nationales et constitue un gage d’appropriation de la démarche par le pays. Ce type

d’approche traduit la volonté des partenaires d’agir d’un commun accord en appui à des

programmes nationaux conformément aux lignes directrices sur l’efficacité de l’aide du Comité

d’aide au développement (CAD) de l’OCDE et des orientations du Nouveau Partenariat pour le

Développement de l’Afrique (NOPADA).



De cette façon, les PTF peuvent adhérer aux objectifs du PDDEB et y insérer leurs

contributions. En 2004, on l’a vu, la contribution des PTF dans le financement du PDDEB

constituait environ 43.6% du budget total alloué pour l’année pour l’ensemble des donateurs (à

l’intérieur ou en dehors du panier commun). Le cadre partenarial ci-dessus cité a été adopté par

une quinzaine de PTF du PDDEB, qui ont consacré ainsi l’approche programme comme une

démarche de coordination entre les partenaires. Véritable garantie d’appropriation partagée du

PDDEB entre l’Etat et ses partenaires, l’approche programme implique des responsabilités

partagées qui exigent, entre autre, une étroite collaboration entre les partenaires et une

responsabilisation optimale des services de l’Etat, tant au niveau central que sur le terrain

provincial.



4.2.2 Le cadre partenarial

La coordination entre les partenaires de l’éducation de base est régie par un cadre partenarial

signé le 14 septembre 2002 le MEBA, la Belgique, Canada, la France, les Pays-Bas, la Banque

Mondiale, l’Union Européenne, la Suisse, l’Agence Française de Développement, le Catholic

Relief Service, l’UNICEF, OXFAM International, l’ONG TINTUA et le collectif des ONG

nommé CCEB/BF. Ce document définit des modalités de concertation et de collaboration entre

le MEBA et les PTF. Sans avoir une valeur juridique en tant que tel, il correspond néanmoins à

un engagement moral et à une volonté ferme, partagés par les signataires. Ce document évolutif

sert de cadre de référence pour les accords de coopération entre le MEBA et les différents

partenaires et repose sur les principes suivants :







33

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







- toutes les dépenses du secteur éducatif – en particulier celles relevant de l’appui des PTF –

s’inscrivent dans le cadre du PDDEB pour les quatre premières années et visent l’atteinte des

objectifs qui ont été arrêtés en matière d’éducation ;



- le MEBA et les PTF oeuvrent dans le sens du développement d’une approche commune en

matière de procédures financière, administrative, de suivi-évaluation, de planification). À cet

effet, ils décident de s’inscrire dans le processus d’harmonisation mise officiellement en avant

par la Déclaration de Rome sur l’Harmonisation de février 2003 ;



- les PTF apportent progressivement un appui financier sous forme d’aide budgétaire sectorielle,

dans la mesure où la situation le permet;



- le MEBA et les PTF fixent d’un commun accord le calendrier, les termes de référence et la

composition des missions conjointes afin de faciliter le suivi-évaluation de chacune des

composantes du PDDEB. Ces missions conjointes de suivi ont lieu deux fois par an et tendent à

remplacer les missions de suivi-évaluation spécifiques à chaque partenaire;



- la coordination des PTF est créée d’un commun accord avec le MEBA et la présidence est

assurée par un PTF. Après les Pays-Bas et Canada, le rôle de chef de file des PTF est

actuellement détenu par la France.



Panier commun



Dans le soucis d’avancer dans l’harmonisation des procédures le Canada, les Pays-Bas et la

Banque mondiale ont crée un panier commun pour le financement du PDDEB. Par la Suite, le

Danemark, la Belgique, la France et la Suède se sont joints à ce panier commun. Ce Panier

commun qui regroupe une partie des membres des PTF du Cadre Partenarial est pour le

moment la plus grande manifestation d’intégration et de coordination des procédures

bilatérales. Les relations entre PTF du panier (PTF-FC) seront bientôt régis par un Protocole de

Financement Commun qui est en cours de validation entre eux et le MEBA et qui précise les

modalités pour le décaissement, les obligations de rapporter, le suivi de l’avancement du

programme.



Pour la Phase pilote de l’Appui Danois à l’Education (juillet 2004-décembre 2005), la

coopération danoise s’est ainsi ralliée aux autres PTF et au Gouvernement dans la mise en

place de mécanismes et de procédures communes et reconnues par tous les partenaires.



4.2.3 Les sources de financement

Le budget du PDDEB tire son financement principal de trois sources: Premièrement, l’Etat

finance une partie importante du Plan à travers ses ressources propres (budget de l’Etat).

Deuxièmement, une partie des fonds issus de l’initiative PPTE vient se rajouter à ce budget.

Enfin, en troisième lieu, on trouve l’ensemble des contributions financières provenant des PTF.



Quant au financement par les PTF, il existe deux types de financements avec des modalités

différentes : Un groupe de PTF composé du Canada, des Pays-Bas, de la Banque Mondiale, de la

France, de la Suède, de la Belgique et du Danemark (PTF-FC) contribuent au panier dont il a été

question plus haut. Un Protocole de Financement Commun régit les modalités pour le







34

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







décaissement, les obligations de rapporter, le suivi de l’avancement. Ce Protocole de

Financement Commun est actuellement en projet de formulation.



A ceux-ci s’ajoutent d’autres appuis financiers et techniques individuelle sur une base

bilatérale par des ONG et Associations, des États et Organismes internationaux tels que

l’Union européenne, la Suisse, la Coopération allemande, le Japon, le Catholic Relief Service,

l’OXFAM, l’USAID, l’UNICEF, le PNUD, la BAD, la BID, l’UNESCO, la FAO/PAM,

l’OMS. Enfin, les plans d’actions sont également financés par des projets et programmes

rattachés au MEBA tels que Projet hydraulique scolaire, Une école un bosquet, Projets de lutte

contre le Sida, ES/CEBNF, etc…



4.2.4 Les budgets

Selon la planification initiale, les ressources additionnelles devant être mobilisées par l’Etat

pour l’exécution du Plan Décennal étaient estimés à 234 milliards de FCFA, affectés de la façon

suivante : 83% aux infrastructures éducatives, 7,2% aux activités destinées à améliorer la qualité

de l’enseignement, 6,8% à des actions d’alphabétisation et 3% à l’amélioration des capacités de

planification et de gestion du système1. Le programme devait être mis en oeuvre au moyen de

trois plans « glissants » correspondant à trois phases successives de mise en oeuvre.



Le PDDEB ayant démarré en septembre 2002, un programme minimal a été conçu pour

l’année 2003, à la place d’une programmation annuelle formelle. Pour les années 2004 et 2005,

des plans d’actions budgétisés ont été préparés et adoptés en CASEM, en avril pour 2004 et en

janvier pour 2005. Pour 2006, il est prévu d’élaborer le plan d’action dès juin 2005 et de

l’adopter, si possible, dans les délais requis par le calendrier budgétaire2.



Le plan de financement couvre l’ensemble des dépenses du sous-secteur de l’éducation de

base, incluant les salaires du personnel, les investissements, le matériel et les coûts de fonction-

nement. Le financement est assuré par le budget de l’État y compris le fonds PPTE ainsi que

les crédits et dons des bailleurs de fonds, une partie mineure inscrite dans le budget concerne

des projets rattachés. Les dépenses liées aux salaires sont essentiellement financées par l’Etat

burkinabé. Malgré la contribution d’environ une vingtaine de PTF qui adhèrent au financement

du PDDEB, le budget prévisionnel reste sous financé de 6% pour l’année 2004 et de 5% pour

l’année 2005.



Le budget prévisionnel pour l’année 2004 s’élevait à environ 119 milliards de FCFA qui inclut le

financement du report 2003 et le financement à rechercher. Ce budget incluait les ressources

allouées par l’Etat sur fonds propres (49 milliards FCFA), les fonds issus de l’initiative PPTE

(8.8 milliards CFA), ce qui représente 56,4% du budget annuel. Les apports des PTF s’élevaient

à 45,1 milliards FCFA, dont 21,4 milliards placés dans le panier commun et 23,7 milliards versés

par d’autres PTF, soit 43,6% du budget global, 20,7% pour le panier commun et 22,9% pour les

bailleurs opérant en dehors du panier. Il s’y ajoutait un report de 9.4 milliards FCFA provenant

de l’année 2003. Le budget provisionnel a eu un gap de financement à rechercher de 5.8%.









1

PDDEB, 2000-2009 (plan initial).

2

Plan d’actions 2004 et 2005



35

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Pour 2005, les prévisions budgétaires se situent autour de 126 milliards FCFA, la part de l’État

(incluant les fonds PPTE) constituant 49% du budget global, contre 19% pour le panier commun

et 19,2% pour les autres bailleurs. La structure détaillée de ce budget se présente comme suit :





Tableau 3 :

Prévisions budgétaires par sources de financement pour 2005 (en millions FCFA)1

Report

Plan Autres

Champs Fonds Panier BID et Projets Financement

d’Action Etat (ONU/ Total

d’activités PPTE commun BAD rattachés à rechercher

2004 ONG)



1. Améliorer

l'accès à

5 985 3 901 5 620 15 946 10 230 7 074 6 158 3239 58 358

l'éducation

de base

2. Améliorer

la qualité de 4 470 2 189 4 183 21 180 4 796 286 51 15 997

l'éducation

de base

3. Améliorer

la gestion et 49 220 520 4 901 429 447 442 175 56 134

renforcer les

capacités

Total

5 757 54 178 8 425 24 091 3 990 6 896 12 139 7 088 126 835

général

Source : Plan d’Action du PDDEB, janvier 2005 (pour une présentation détaillée sur ce budget, se reporter à l’annexe 7)







L’exécution du budget s’est avérée assez lente, en effet, pour la période 2003-2004. Ainsi, le

taux d’exécution du plan d’action financé par le panier commun s’élève à 56,48% seulement2.

Ce niveau s’explique notamment par la faible qualité des rapports financiers, ce qui a entraîné

des délais dans la mobilisation des fonds et ralenti le rythme des activités. En revanche, au 31

décembre 2004, le taux d’exécution du budget de l’Etat était d’environ 83%3 sur le budget

national et celui du budget PPTE était de 86%.



Le budget du MEBA est caractérisé par des charges salariales très importante. Ainsi, pour le

budget 2004, ces charges représentaient plus de 71% des fonds propres4. C’est l’une des



1

Détail des activités :

1. Améliorer l'accès à l'éducation de base : génie civil et équipement, sous projets communautaires, éducation des filles,

alphabétisation des adultes.

2. Améliorer la qualité de l'éducation de base : réforme de curriculum, formation professionnelle et stage de perfectionnement,

matériels pédagogiques, nutrition, santé et SIDA, projets « Ecoles de qualité » (PEQ), évaluation des connaissances apprises,

éducation de la petite enfance.

3. Améliorer la gestion et renforcer les capacités : études sur l'Organisation et les méthodes, développement de systèmes,

formation, mise à niveau de ressources matérielles, renforcement de capacités par cellule, constructions et réparations,

contrepartie aux projets.



2

Rapport Annuel de mise en oeuvre du PDDEB. Un montant de 16 milliAmbassades FCFA d’engagements sont encore non

liquidés sur le total des engagements de 30,5 milliAmbassades pour 2004.

3

Les taux d’exécution sont sur la base des engagements.

4

Budget 2004 : fonds propres 47 milliards FCFA dont 33,5 milliards FCFA pour les dépenses de personnel



36

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







principales raisons pour laquelle les PTF ont choisi de financer plutôt les investissements pour

la construction des écoles et l’achat d’équipements et de matériel.



Les estimations des budgets pour les années 2005-2007 montrent un besoin en ressources

financières à hauteur de 140 milliards pour 2005, de 143 milliards pour 2006 et de 163

milliards pour 20071. Pour ce qui est de l’apport des PTF, les estimations font l’hypothèse d’un

engagement soutenu de la part des PTF, qui dépasserait leurs apports pendant la période 2003-

2005. Compte tenu de l’adhésion du Burkina au Fast Track Initiative on doit s’attendre à une

accélération de la mise en œuvre du PDDEB au cours des années à venir. De plus, la mise en

œuvre d’un système de gestion des fonds plus efficace à travers la mise en place du CAST

(voir plus bas), le rythme de décaissement et de réalisations sera plus rapide. Enfin, face à la

demande, les besoins restent immenses. A partir de là, un modèle de projections budgétaires a été

développé dans le cadre expérimental du CDMT. Ce scénario fait ressortir l’existence probable

d’un manque de financements à combler dans les années à venir, particulièrement pour la période

2006-2007 qui correspond à une phase d’investissements sur le terrain par le PDDEB.



4.2.5 Le passage du panier commun au CAST



Jusqu’à présent, les fonds des PTF du Panier commun ont été gérés par le Bureau de projets

Éducation (BPE), structure temporaire rattachée du MEBA pour les fonds mis à disposition par

les partenaires du panier commun. Cette exécution se base sur le manuel de procédures

administratives, financières et comptables adopté par l’ensemble des PTF concernés. Il faut

rappeler que le panier commun constitue l’une des principales sources de financement du plan

d’actions consolidé du PDDEB. Toutefois, on l’a vu, il a été prévu de transférer la responsabilité

du BPE et de transférer le dispositif au sein du MEBA. La dissolution officielle du BPE était

programmée pour la fin 2004. Il continue cependant de fonctionner en 2005 sous la direction

d’un directoire provisoire nommé par l’Etat, en attendant le passage au CAST2.



Avec la suppression du BPE, un processus a donc été engagé pour établir un Compte

d’Affectation Spéciale au Trésor (CAST) ouvert à la BCEAO sur demande du payeur général.

Les modalités budgétaires de ce compte seront identiques à celles du budget d’État et le CAST

sera intégré dans le circuit interne de la dépense. Au niveau déconcentré, ce sont les DPEBA qui

sont responsables de la gestion financière des fonds qui leur sont transférés. Avec le CAST, il est

aussi prévu de procéder à délégations de crédits et à des avances de fonds3.



Face à cette réorganisation, le défi réside dans les capacités d’administration et de gestion de la

Direction Administrative et Financière (DAF) du MEBA. Ainsi, le personnel de cette direction a

été renforcé par 6 cadres provenant du Ministères des Finances et du Budget (MFB). Il est aussi

prévu de mettre sur pied des outils de gestion pour les nouvelles tâches dévolues à la DAF. Les

règles à appliquer pour les contrôles et les audits seront également révisées.



1

Le besoin en financement est calculé en fonction du nombre d’élèves prévu (1 834 500 en 2011 et 3 000 000 en 2016). Les

estimations faites tiennent compte des dépenses courantes et de l’augmentation de l’offre éducative qui est nécessaire pour atteindre

un taux brut de scolarisation national de 70%. On se base aussi sur les taux d’accroissement annuel de la population scolarisable

(2,43%) et l’effectif d’enfants scolarisés (7 à 12 ans). Les projections montrent la taille du défi et les dépenses seraient très élévées,

notamment des recrutement des enseignants nécessaires pour atteindre un ratio de 50 élèves/ enseignant.

2

Récemment (Banque Mondiale, rapport de supervision en gestion financière, novembre 2004), les performances du BPE ont été

jugées faibles. En particulier, sa performance financière est jugée insatisfaisante vu le taux bas de décaissement qui se situe autour

de 50 % de ce qui était prévu après deux ans de décaissements cumulés.

3

Cependant, la possibilité de financer ainsi certains investissements ou projets communautaires n’est pas encore clairement établie.



37

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









De son côté, le MFB est suffisamment familier avec le processus d’exécution de budget pour

être en mesure de former un gestionnaire au sein du PDDEB. De plus, depuis 2000, un système

de gestion des dépenses informatisé a été mis en place au MFB, qui permet de gérer toutes les

phases du processus de dépenses financé par des ressources internes (engagement, liquidation,

ordonnancement, paiement).



Pour mieux apprécier les risques encourus avec le transfert au CAST, l’Ambassade du

Danemark a commandité une étude sur le flux financier du programme d’appui danois au

secteur de l’éducation. En s’appuyant sur une analyse du compte PPTE qui suit les règles de

gestion financière publique en vigueur, l’étude conclut que « il n’existe pas de contrainte

particulière par rapport au flux financier provenant du Royaume du Danemark en particulier et

(normalement) des PTF en général ». Plus spécifiquement, l’étude souligne que :



- Ce type de compte ne finance que les dépenses autorisées par la loi de finances. Les PTF ont la

possibilité de s’assurer que les opérations mentionnées dans la proposition de la loi de finances

sont bien celles qu’ils s’engagent à financer.



- Selon la présentation formelle du compte, les opérations sont classées en ressources selon leur

nature dans les mêmes conditions que celles du budget général de l’Etat, ce qui signifie que les

ressources pouvant alimenter ce compte seront connues d’avance quant à leur nature et leur

montant.



- Les ressources doivent exister effectivement et être inscrites au budget de l’Etat avant toutes

dépense et les possibilités de dépassement budgétaire sont limitées et réglementées.



- Le CAST permet le report automatique du solde du compte spécial d’année en année et les

ressources des PTF non encore engagées pour diverses raisons restent toujours disponibles pour

financer les opérations de l’année suivante.



- Il peut être modifié par un simple arrêté du Ministre chargé des finances dès lors que les

recettes en cours d’année se révèlent supérieures ou inférieures aux prévisions ce qui permet

des révisions budgétaires consécutives à des modifications au niveau du plan d’action.



Cependant, plusieurs défis demeurent parmi lesquels il y a la nécessité d’assurer des

procédures de délégation de crédit permettant une justification décentralisée et un renforcement

des capacités de certaines directions du MEBA (DAF, DAP, CF, DREBA, DPEBA) pour une

gestion opérationnelle du CAST.



4.2.6 Protocole de Financement Commun



Comme indiqué plus haut, les PTF-FC continuent leurs efforts d’harmonisation et

coordination. C’est ainsi qu’un Protocole de Financement Commun (PFC) entre le

Gouvernement et les PTF du fonds commun PTF-FC est en cours de finalisation.



Le PFC énonce les modalités et procédures communes convenues aux fins de l’aide financière

apportée au PDDEB et sert de cadre de coordination aux fins de la consultation auprès du

Gouvernement, des revues conjointes de performance, des procédures communes de

décaissement, des rapports et des audits.





38

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Les PTF-FC établiront des Accords Bilatéraux qui sont compatibles avec l’esprit et les

dispositions du présent PFC, et ils s’abstiendront, d’établir des conditions dans les Accords

Bilatéraux qui sont incompatibles avec l’esprit ou les dispositions du présent PFC ou s’écartent

de ceux-ci.



Les PTF-FC baseront leurs contributions effectives sur les progrès réalisés dans la mise en

œuvre du PDDEB. Les progrès seront mesurés au moyen des indicateurs de performance

établis conjointement par le Gouvernement et les PTF-FC.



4.2.7 La gestion du PDDEB et son suivi



Sous la responsabilité du Secrétaire Général du MEBA et la supervision du Secrétaire

permanent du PDDEB, l’exécution et le suivi du programme décennal sont assurés par un

dispositif qui implique les structures centrales et déconcentrées. Le suivi et l’évaluation

s’effectuent à l’aide d’un dispositif mis en place au niveau national, et au niveau des structures

centrales et déconcentrés du MEBA avec l’implication de ses partenaires sociaux et financiers.

Pour ce faire une série d’indicateurs est établie de commun accord et en harmonie avec le

CSLP.



a) Indicateurs de suivi :



Le suivi de la gestion et de la performance du programme est effectué sur la base d’indicateurs

élaborés pour les trois composantes relatives à l’accès, la qualité et le pilotage du système. Ces

indicateurs sont consignés dans un tableau de bord et renseignés périodiquement selon leur

nature. En effet si la plupart des indicateurs d’accès sont peuvent être renseignés annuellement,

ceux relevant de la qualité par exemple doivent faire l’objet parfois d’enquêtes spécifiques ou

d’études pour constater leur évolution.



b) Dispositif de suivi.



Au niveau national :



- Le Secrétaire Général du MEBA assure la présidence des instances délibérantes et la

supervision des actions des directions techniques (DEP, DAF, DGAENF, DGCRIEF,

etc…)



- Le Secrétaire permanent du PDDEB assure le suivi de l’exécution du programme,

s’assure que l’utilisation des apports des bailleurs de fonds est conforme aux objectifs

du programme. Il coordonne l’élaboration des plans, des rapports périodiques et les

transmet aux instances délibérantes (Missions conjointes, CASEM ) Ces actions sont

entreprises sous la supervision et avec la collaboration des directions techniques.



- Chaque direction technique planifie, exécute et rend compte des résultats atteints en ce

qui concerne sa structure. Elle fournit au SP/PDDEB les données nécessaires pour la

préparation des rapports et les plans d’actions consolidés du MEBA.







39

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Au niveau déconcentré :



Théoriquement le suivi du PDDEB devait être assuré par des comités régionaux et

provinciaux de pilotage du programme. Ces comités devaient se réunir à l’image du

CASEM auquel leurs conclusions sont soumises. Il faut signaler que ce dispositif

décentralisé de pilotage n’a pas fonctionné tel que prévu. Les DPEBA et les DPEBA ont

assumé les rôles de planification et de reportage, acheminés les résultats au niveau central

pour arbitrage et consolidation.



c) Autres mécanismes de suivi



Les missions conjointes



Elles constituent un cadre formel de suivi de la mise en œuvre et des performances du PDDEB.

Elles ont lieu deux fois par an et consistent à examiner l’atteinte des objectifs de la période

précédente, les progrès réalisés dans les composantes du programme et font des

recommandations pour les ajustements, fixent les objectifs de la prochaine période. Les

objectifs de chaque mission sont déterminés par des termes de référence élaborés par le MEBA

en concertation avec les partenaires. Elles tendent à remplacer les misons de supervision propre

à chaque partenaire du programme.



Les missions conjointes regroupent les responsables du MEBA et ses partenaires des autres

départements ministériels, les PTF et les partenaires sociaux de la société civile. Elles peuvent

faire appel à des personnes ressources dont les compétences sont requises pour appuyer la

mission pour l’examen de questions spécifiques importantes pour l’exécution du programme et

l’atteinte de ses objectifs. Les missions conjointes sont souvent précédées par des missions sur

le terrain et l’étude approfondie de thèmes d’intérêt en lien avec les objectifs de la mission.



Les missions d’évaluation externes



Les missions d’évaluation externes de fins de phases sont prévues et dont les résultats servent

de déclencheurs ou de base de planification des phases subséquentes du PDDEB. Une

évaluation générale du programme interviendra en 2010. Les termes de référence de ces

évaluations sont élaborés par le MEBA en concertation avec les partenaires.



Les audits externes



Des études de traçabilité à la demande et des rapports d’audits annuels du PDDEB

compléteront ces contrôles institutionnels. Ces rapports d’audit du PDDEB couvriront les

aspects administratifs, comptables et financiers de sa mise en oeuvre, ainsi que les modalités de

passation des marchés. Les termes de référence seront élaborés par le Gouvernement en

concertation avec les PTF-FC.



Le MFB sera responsable du recrutement des auditeurs indépendants conformément aux

procédures de passation des marchés applicables à la Réglementation Générale des Achats

Publics (RGAP). Les activités d'audits et leur coût seront intégrés aux Plans d’actions annuels

et imputés au budget du Programme.



40

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Le MEBA synthétisera les principales conclusions des audits et des rapports des structures de

contrôle de l’État dans chaque rapport annuel d'activités du PDDEB et il indiquera les actions à

entreprendre pour répondre à ces conclusions ou remédier aux difficultés soulevées, ainsi que

le calendrier de leur mise en œuvre. Les rapports d'audit seront examinés conjointement par le

MFB et MEBA et les PTF-FC.



Outre cet audit annuel, les PTF-FC peuvent, dans des circonstances exceptionnelles, demander

un audit externe spécifique. Dans de telles circonstances, le Gouvernement facilitera le travail

des auditeurs.



Le CASEM :



Les Conseils d’Administration du Secteur Ministériel, (CASEM) sont propres à tous les

départements ministériels. Pour ce qui concerne le MEBA, outre les CASEM ordinaires, un

CASEM spécifique est consacré au suivi du PDDEB une fois par an. C’est un cadre de

délibération sur la mise en œuvre du programme. Il examine les rapports d’exécution, de suivi

financier, et les plans d’action (programmes et budgets) et les questions spécifiques nécessitant

des décisions de haut niveau.

Y prennent part les membres statutaires (structures centrales et déconcentrées du MEBA), les

représentants de Ministères impliqués (Finances, Economie et développement, Fonction

publique, Ministère chargé de la Décentralisation et des collectivités locales, Ministère chargé

des infrastructures et de l’habitat) et les PTF. Sont également représentés la Société civile

incluant les syndicats, les associations de parents et le cadre de concertation des ONG

intervenant en éducation de base.



La mise en œuvre et le suivi du programme est tributaire des capacités institutionnelles du

Ministère en matière de planification, d’exécution, de suivi et de contrôle.

Il faut noter cependant que ce suivi du plan décennal comporte des faiblesses au niveau du

fonctionnement de certains éléments de son dispositif, de la collecte, du traitement et de la

publication des données. Les structures de gestion ont également de la difficulté à adopter

pleinement la méthode de gestion axée sur les résultats qu’exige l’approche sectorielle. On

peut reconnaître néanmoins que ces faiblesses sont en passe d’être surmontées grâce au

renforcement des capacités et l’expérience acquise durant la première phase du programme.



4.2.8 Le contrôle financier



Jusqu’à présent, le contrôle de l’exécution du PDDEB a été assuré par un mécanisme d’audit

interne mis en place par le BPE, et un mécanisme d’audit externe assuré par deux auditeurs

indépendants, l’Inspection générale des Finances et l’Inspection Générale d’État. Ces audits

portent sur l’utilisation des fonds du panier commun et sont effectués semestriellement au niveau

central, avec un cabinet recruté pour l’occasion. Pour le niveau déconcentré, les audits sont

trimestriels et cinq cabinets comptables ont été recrutés pour l’audit conseil des DPEBA. La

question du maintien de ces audits dans le cadre du CAST est soulevée, bien que le

Gouvernement ait donné à plusieurs reprises des assurances verbales à cet égard.

Pour permettre le classement et le suivi des dépenses du PDDEB par origine et par destination à

partir de la comptabilité publique, le gouvernement s’est engagé préparer un tableau de passage.

Cet instrument sera un des outils d’appréciation des résultats d’exécution du PDDEB

conformément aux objectifs des Plans d’actions adoptés. En tout état de cause, le guide sur les



41

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







opérations financières prévu dans le cadre du passage au CAST viendra consigner les

mécanismes adéquats.



Les accords passés entre l’Etat et les PTF permettaient à ces derniers de mener, si nécessaire, un

audit ponctuel à tous les niveaux pour s’assurer de la bonne utilisation des fonds. Jusqu’à

récemment, même si les PTF n’étaient pas entièrement satisfaits de la qualité des résultats des

audits, ils n’avaient pas exigé de nouveaux audits séparés. Cependant, en 2005, ils ont demandé

qu’un audit de clôture du BPE, dont ils assument les frais, soit mené afin de passer au CAST. Les

conclusions de ce nouvel audit ont été examinées par les PTF et le Gouvernement. In fine, le

Gouvernement s’est engagé à prendre les mesures idoines pour faire suite aux recommandations

de l’audit.



Il convient de noter que les audits réalisés ne couvrent qu’en partie le PDDEB dans la mesure où

l’audit financier des activités liées au financement de l’éducation de base non formelle par le

FONAENF se fait séparément.



4.3 Le Fonds pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle (FONAENF)



De par ses objectifs, le PDDEB a pour tâche de contribuer à amener le taux d’alphabétisation à

40% d’ici 2010 et à 60% en 2015. L’alphabétisation doit aussi stimuler la demande scolaire

pour parvenir le plus rapidement à la scolarisation universelle.



Dans l’optique d’une approche du « faire-faire » et afin d’accroître l’offre, des fonds

additionnels ont été mis en place à travers un Fonds pour l’Alphabétisation et l’Education Non

Formelle (FONAENF). Le FONAENF qui est l’instrument de mise en œuvre de cette stratégie

et la promotion de l’Alphabétisation et l’Education non formelle (AENF) met ainsi à la

disposition des opérateurs privés et des organisations de la société civile les financements

complémentaires nécessaires pour la réalisation de leurs projets d’alphabétisation et

d’éducation non formelle. De façon plus précise, le FONAENF a pour objectifs de :



 recueillir et gérer les contributions de l’État et des partenaires publics et privés pour financer

l’alphabétisation et l’éducation non formelle;



 d’encourager l’État et ses PTF à renforcer leurs contributions financières en faveur de

l’éducation non formelle;



 d’élargir la base des sources de financement de l’éducation non formelle afin de recueillir de

nouvelles ressources financières auprès de nouveaux partenaires;



 de renforcer les capacités d’intervention dans le domaine de l’alphabétisation et de l’éducation

non formelle en accordant des subventions conformément aux critères arrêtés dans le manuel de

procédures; et



 d’adopter de nouvelles formes de financement de l’éducation non formelle qui favorisent les

couches sociales défavorisées.









42

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Le public cible est constitué principalement des analphabètes en milieu rural, mais la priorité

est accordée aux femmes par un quota de 60% de femmes au recrutement et une attention

particulière est portée aux populations des 20 provinces les plus pauvres du pays.



Un plan stratégique 2006-2015 a été adopté en 2005 dans le but (i) de mobiliser davantage de

ressources pour le financement, (ii) d’accélérer l’expansion de l’offre, (iii) d’améliorer la

qualité de l’offre, (iv) de renforcer davantage les capacités des acteurs, (v) d’assurer un

développement organisationnel du FONAENF permettant l’élargissement de ces objectifs.



Le Fonds a un caractère associatif et il regroupe 4 catégories de membres : l’État, les PTF, les

opérateurs/trices en alphabétisation et en éducation non formelle et le secteur privé. Les activités

du FONAENF ont débuté en 2003. Le FONAENF est cofinancé par l’État et les coopérations

suisse, canadienne, néerlandaise, suédoise et danoise, ainsi que par la Banque Africaine de

Développement (BAD). L’apport des PTF au FONAENF est tiré de leur contribution au panier

commun (et bientôt au CAST), selon un système de montants prédéterminés ou à travers une

entente directe avec le Fonds.



Le FONAENF est géré par une Directrice Générale assistée de deux cadres. Le Fonds est

dirigé par un Conseil d’Administration qui comprend 3 représentants de l’Etat (MEBA,

Finances et Collectivités Territoriales), 3 représentants de la société civile, 3 représentants des

PTF et 2 représentants du secteur privé. Ce Conseil est actuellement présidé par la coopération

suisse. La gestion des activités du FONAENF est régie par un manuel de procédures qui a été

approuvé par le Conseil d’Administration. Le manuel vise à documenter les procédures

importantes applicables à la gestion du FONAENF, notamment la gestion et le financement des

requêtes qui constituent 93% du budget global.



Le FONAENF finance les requêtes après approbation par un Comité national de financement,

après examen par des comités provinciaux et régionaux. L’examen des requêtes est basé sur les

aspects techniques et financiers : cohérence et pertinence des actions proposées, conformité des

budgets demandés aux tables des coûts, système de suivi, engagement des communautés

concernées, etc. Le Comité National de Financement examine alors les dossiers en tenant

compte des financements disponibles et fait rapport au Conseil d’Administration. Sur cette

base, la Direction Générale signe des contrats avec les opérateurs retenus. Après la signature

des contrats, le FONAENF verse des avances de démarrage dans le compte bancaire des

opérateurs retenus. Les autres paiements sont décaissés au fur et à mesure de l’avancement du

travail et des contrôles effectués. Chaque opérateur doit tenir sa comptabilité et mettre en place

un système de contrôle interne efficace.



Audits et suivi



En plus de l’audit annuel du FONAENF, la gestion des opérateurs est suivie et leurs comptes

sont audités chaque année : un échantillon de ceux dont le financement n’excède pas

10 000 000 CFA et tout ceux dont le financement est supérieur à 10 000 000. Les rapports

d’audit sont transmis à tous les PTF ainsi qu’au MEBA. La principale conclusion de ces audits

est la gestion souvent déficiente des opérateurs, surtout dans le domaine de la comptabilité.

Des mesures correctives ont été prises dès la campagne 2004. Ainsi, des consultants en gestion

financière appuient le FONAENF dans un travail de renforcement des capacités des opérateurs.





43

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









4.4 L’état d’avancement du PDDEB : acquis réalisés et difficultés rencontrées



4.4.1 L’augmentation de l’offre dans l’enseignement primaire

Entre 2001/2002 et 2003/2004, l’offre dans l’enseignement primaire a fortement progressé

avec un accroissement du nombre de classes (+ 16%) et de maîtres (+ 21%), entraînant une

augmentation de 47,6% des nouveaux inscrits en première année pour la période considérée.



Le rythme de construction des classes ne suit malheureusement pas toujours le recrutement des

maîtres ou la création officielle de nouvelles classes, certaines finissant par s’ouvrir sous un

arbre ou dans une paillote. Ainsi, sur les trois dernières années, le rythme de construction a été

inférieur de moitié à la planification quadriennale soit 1,000 classes par an contre 2,000

prévues. Ce rythme est aussi inférieur du tiers par rapport aux besoins de la scolarisation

universelle en 2015, qui fait ressortir un besoin de 3,000 classes par an.



Force est de constater aussi que le premier programme de construction scolaire sur financement

du panier commun a construit des complexes à de coûts plus élevés notamment à cause de

plans architecturaux complexes et difficiles à réaliser par les entrepreneurs1.



Malgré ces facteurs limitants, l’augmentation de l’offre, s’est traduite par une forte

augmentation du taux brut d’accès qui atteint 65,95% en 2003/2004, ainsi qu’une augmentation

du taux brut de scolarisation qui était cette année là de 52,2%, dont 46,27% pour les filles. En

dépit des progrès enregistrés, ce taux reste l’un des plus faibles de la sous-région. Toutefois, il

convient de noter que la demande d’éducation est nettement au-delà de l’offre. Grâce aux

campagnes de recrutement des filles, la parité fille/garçon progresse et atteignait 0,85 en

novembre 2004.



Les cartes éducatives élaborées par la DEP du MEBA au niveau des provinces et des

circonscriptions constituent des outils indispensables de planification locale, car elles

permettent de mieux faire coïncider l’offre avec la demande potentielle, tout en permettant

d’être mieux préparé aux besoins particuliers d’une communauté donnée en renseignant de

façon précise sur les infrastructures disponibles et la localisation géographique des

communautés, la population scolarisable à moins de 3 Km, etc.



4.4.2 La qualité de l’enseignement primaire



De façon générale, les indicateurs relatifs au taux de promotion, au taux de réussite au CEP, au

taux de rétention des filles à l’école et au taux de redoublement montrent une certaine

amélioration de la situation. La durée moyenne de scolarisation primaire est passée de 2,2 ans

en 2001/2002, à 2,7 ans en 2002/2003 et à 3,4 ans en 2003/2004. On assiste donc à une très

nette augmentation de l’espérance scolaire. Toutefois, on est encore loin de la scolarisation

intégrale mise en avant par l’EPT.

1

Plusieurs solutions ont été proposées pour améliorer la construction des complexes scolaires, parmi lesquelles l’établissement d’un

plan type de construction de complexe scolaire, mieux adapté au savoir-faire des entreprises locales et aux régions, la délégation de

la maîtrise d’ouvrage technique au Ministère des Infrastructures, des transports et de l’Habitat (MITH) et l’intervention de bureaux

privés pour le suivi. Ces mêmes bureaux pourraient aider aussi les commissions d’attribution des marchés au niveau provincial dans

le dépouillement des appels d’offre et la sélection des entreprises.







44

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Compte tenu des pressions exercées sur le système éducatif pour augmenter son offre, certaines

décisions ont été prises qui ne sont pas sans avoir d’effet sur la qualité de l’éducation. La

réduction de la durée de la formation initiale des enseignants de deux ans à un an fait en sorte

que les nouveaux enseignants ont davantage besoin d’encadrement. Les inspecteurs et les

conseillers pédagogiques des circonscriptions qui doivent assurer l’encadrement de proximité

n’ont pas suffisamment de moyens pour bien assumer cette fonction.

L’insuffisance en manuels scolaires et en matériels didactiques dans les classes et dans les

centres ne permet pas un support adéquat à l’enseignement et aux apprentissages. De même, la

formation continue des enseignants aurait besoin d’être redynamisée. En effet, ils sont souvent

appelés à travailler dans des milieux très défavorisés, sans l’appui d’une équipe pédagogique

expérimentée.



Il est clair que le MEBA a mis la priorité sur la réalisation des infrastructures et sur les

campagnes de recrutement des élèves. Cependant, ces acquis à eux seuls ne créent pas des

conditions d’enseignement et d’apprentissage souhaitables. Plusieurs facteurs sont en effet

handicapants : classes pléthoriques avec des ratios dépassant le seuil officiel d’un maître pour

51 élèves, nombre réduit d’heures scolaires annuelles1 en raison des classes à double-flux, un

curriculum mal adapté aux besoins, rationnement des manuels scolaires, faible qualification

des enseignants et absentéisme élevé, manque de formation continue, insuffisance de

l’encadrement. Tous ces facteurs sont défavorables au succès scolaire des élèves comme le

démontrent les résultats d’une étude menée en septembre 2004 par la DEP. L’amélioration de

la qualité des services éducatifs reste donc une priorité importante qui est toujours à l’ordre du

jour. Egalement, le volet du PDDEB concernant le financement de « Projets d’Ecole de

Qualité » subit des retards importants, malgré la préparation dont il avait fait l’objet. En

matière de qualité de l’enseignement, il reste donc beaucoup de progrès à faire.



4.4.3 L’alphabétisation et le FONAENF



L’apport du FONAENF semble significatif à tous les niveaux, tant sur le plan quantitatif que

qualitatif. A travers ses trois campagnes consécutives (2002 à 2005), le FONAENF a apporté

des appuis financiers à quelque 500 opérateurs en alphabétisation. De 91 opérateurs retenus en

2003 par le FONAENF, le financement de la campagne 2003/ 2004 a touché 175 opérateurs

répartis dans 43 provinces. Pour la campagne 2004-2005, le FONAENF a réceptionné 410

requêtes de la part d’opérateurs, dont 239 ont été acceptées. Les dossiers acceptés devraient

permettre d’ouvrir 3021 centres d’Alphabétisation Initiale, 1736 Formations Complémentaires de

Base, 169 Formation Technique Spécifique et 67 A3F, soit les trois niveaux d’alphabétisation.

La contribution du FONAENF dans l’effort national global d’alphabétisation2 est passée de 20%

en 2002/2003 à 30% en 2003/2004 et dépassera probablement les 40% dans l’année en cours.

Cette contribution quantitative s’est accompagnée d’une amélioration de la qualité dans les

services d’alphabétisation fournis, le Fonds tendant à valoriser et à normaliser les bonnes

pratiques







1

Le nombre d’heures scolaires par an est souvent inférieur à 500 heures en milieu rural, conre une moyenne de 846 heures dans la

sous-région et 1,000 heures prévues par la Loi d’Orientation sur l’Education.

2

Bilan de trois années de mise en oeuvre du ¨PDDEB – MAI 2005 – SPPDDEB



45

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Les CEBNF qui touchent les jeunes déscolarisés ou non scolarisés ne touchent toujours qu’un

nombre restreint d’apprenants, mais ils pourraient aussi être appelés à jouer un plus grand rôle,

après une révision de l’approche. De nombreuses ONG et partenaires participent également

activement à l’alphabétisation grâce à des formules alternatives adaptées à des minorités ou des

publics particuliers. Ces effectifs devraient donc dans l’avenir être pleinement intégrés dans le

non formel.



En ce qui concerne la place des femmes dans l’alphabétisation, celle-ci semble diminuer quelque

peu au niveau de l’AI et augmenter au niveau de la FCB. On se situe toutefois pour les deux

cycles au-dessus de la barre des 50%, mais l’objectif de 60% n’est pas toujours atteint. De plus

les taux d’abandons et d’échec des femmes restent toujours plus élevés que chez les hommes,

pour des raisons souvent sociales : garde des enfants et des malades, corvées d’eau et de bois,

manque de moulins à mil, etc. 0n observe par ailleurs des évolutions très différentes entre les

régions en ce qui concerne les inscriptions des femmes, la situation étant alarmante dans

certaines zones du pays. En terme de disparités régionales, au niveau des 20 provinces

prioritaires, l’écart paraît continuer à se creuser avec le niveau national au niveau de l’AI. L’écart

qui grandit en terme d’inscription en AI est particulièrement inquiétant puisque ce sont ceux-ci

qui iront par la suite s’inscrire en FCB. La participation des femmes dans les 20 provinces ne

semble pas non plus s’améliorer. Sur ce dernier point, la dernière Assemblée générale du

FONAENF a fait des propositions pour tenter de redresser la situation.



4.4.4 La scolarisation des filles



Le PDDEB a opté de façon explicite pour qu’un effort particulier soit fait au niveau de la

population féminine, en particulier celle des des 20 provinces les plus défavorisées en matière

d’éducation de base. La création d’une Direction de la Promotion de l’Education des Filles

(DPEF) au sein du MEBA traduit ainsi la volonté du MEBA d’œuvrer à la promotion de la

scolarisation des filles afin de réduire les inégalités entre les sexes. Plusieurs stratégies

améliorent sensiblement la fréquentation scolaire des filles : prise en charge des frais

d’inscription par le PDDEB, dotation de fournitures scolaires pour les filles, établissement

d’indicateurs de parité suivis au niveau l’enseignement primaire l’éducation non formelle,

construction de latrines séparées, présence d’enseignantes en tant que modèle féminin,

proximité des écoles et parité obligatoire des inscriptions dans les Ecoles Satellites, les écoles

bilingues et les centres d’alphabétisation et de formation appuyés par le FONAENF..



Dans le même sens, le Ministère de la Promotion de la Femme (MPF) a inscrit dans son plan

d’action un objectif général visant la promotion de l’éducation des filles, et il mène déjà des

activités et des programmes qui devraient favoriser l’atteinte de cet objectif. Dans le cadre de

la mise en œuvre du PDDEB, des collaborations entre le MEBA et le MPF sont prévues et les

deux ministères bénéficieront de mesures de renforcement des capacités dans le domaine de

l’égalité entre les sexes.



4.5 Les défis de l’éducation de base



4.5.1. L’éducation de base formelle et non formelle



Le défi principal pour l’éducation de base formelle sera la réalisation de l’Objectif du

Millénaire en parvenant à la scolarisation universelle pour 2015. En effet, en 2003, on recensait



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Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







environ un million d’enfants scolarisé. Pour atteindre l’objectif fixé il faut donc ajouter un (1)

million d’enfants à l’école d’ici 2010, et un autre million de 2010 à 2015. Le risque est que la

priorité soit mise sur l’accès à l’éducation de base sans un changement profond du système

éducatif au niveau qualité et pertinence de l’éducation, c'est-à-dire le reforme du curricula,

formation des enseignants, encadrement et suivi des maîtres, adaptation de l’école au milieu

local, production des manuels scolaires etc.. Sans une amélioration qualitative l’enseignement

de base risque après quelques années de succès de l’augmentation du taux de scolarisation,

d’avoir une forte augmentation du taux de déperdition et d’abandon. Un autre défi est

l’insuffisance d’offre éducatif pour les sortant du primaire, donc d’assurer que les jeunes

trouvent à l’issue du primaire, soit la possibilité de poursuivre leurs études générales ou

techniques, soit de prolonger leur éducation de base jusqu’à 14-15 ans pour pouvoir s’intégrer

ensuite au milieu de travail.



Un défi important que doit relever l’éducation de base non formelle des jeunes est de s’assurer

que les services éducatifs fournis répondent bien aux besoins des apprenants et que les

structures créées à cet effet ne deviennent pas de copies du système formel non adapter au

besoin de cette groupe jeunes déscolarisé ou non-scolarisé. Ainsi, le dernier Forum sur

l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle a recommandé de prendre les CEBNF en

compte dans la stratégie du « faire-faire », ainsi que les formules alternatives pertinentes en

matière d’alphabétisation et d’éducation non formelle.



4.5.2. La formation professionnelle



Face au vide politique et juridique existant et à la multiplicité des intervenants publics et privés

dans la formation professionnelle, le principal défi est de doter le secteur d’une politique et

stratégie plus claire, qui soit transversale, dans le sens qu’elle prend en compte les intérêts et les

exigences de l’ensemble des secteurs touchés par cette formation. La politique à concevoir doit

être articulée avec le CSLP en adéquation avec la demande de marché d’emploi et les autres

cadres opérationnels de l’éducation et de la formation. Elle doit aussi impliquer tous les acteurs

concernés : ministères techniques, société civile et organisations communautaires, représentants

du monde du travail (entreprises, syndicats), opérateurs privés, etc. Également la politique doit

s’inscrire dans le contexte de la décentralisation et s’articuler avec le développement communal.

Enfin, elle ne doit pas réduire la formation professionnelle à des métiers urbains, mais considérer

l’ensemble du milieu rural, car celui-ci continuera pour longtemps d’assurer la sécurité

alimentaire et économique du pays.



4.5.3 L’accès des femmes et des filles aux services éducatifs



Les résultats escomptés du PDDEB au niveau de l’éducation et de l’alphabétisation des filles et

des femmes montre une amélioration important de la participation des filles et femmes aux

services éducatifs. L’inscription des filles au primaire est traduite par un accroissement du taux

brut de scolarisation de filles en 2000/2001 à 37,5%. En 2004/2005 le taux brut de scolarisation

était de 51,5% et a dépassé l’objectif des 50,5%. En ce qui concerne le non formel, la

participation des femmes au programme d’alphabétisation a sensiblement augmenté et atteint

54,45% en alphabétisation initiale. L’objectif est de faire passer le taux d’alphabétisation des

femmes de 22 à 32% avec un pourcentage 60% de femmes qui participeront aux programmes

d’éducation non formelle. Il s’agit d’un objectif ambitieux et le taux d’alphabétisation est à





47

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







l’heure actuelle difficile à mesurer1. Avec le recensement en 2006 on estime avoir un taux plus

réaliste. Cependant, on constate que le nombre de filles et femmes apprenantes est croissant

dans le primaire et les centres permanents d’alphabétisation et de formation, mais elles

réussissent moins bien aux examens et le taux d’achèvement est plus bas pour les filles que

pour les garçons.



4.5.4. L’augmentation de l’offre et de la qualité de l’enseignement



Les principaux problèmes du système d’éducation de base formelle et non formelle se situent au

niveau de la capacité d’accueil, de la qualité de l’éducation et de la gestion du système. Pour

pouvoir faire face aux engagements pris en faveur de la scolarisation universelle et de la

réduction de moitié de l’analphabétisme d’ici 2015, il faut donc augmenter de manière constante

les taux de scolarisation et d’alphabétisation en créant l’égalité de l’accès à l’EPT, tout en

renforçant la qualité de l’enseignement et en promouvant la formation à l’auto emploi. De plus,

il faut aussi veiller à l’augmentation significative de la scolarisation et de l’alphabétisation des

filles et des femmes, ce qui suppose de résoudre souvent des problèmes sociaux en amont. En

d’autres mots, d’un coté le défi principal réside dans la capacité du MEBA à augmenter son

offre éducative tout en améliorant la qualité et l’adaptation du système, ce qui est tributaire

aussi de ses capacités de gestion et ses capacités de motiver ses corps d’enseignants. De l’autre

coté le défi réside dans le volontariat des bailleurs de fonds d’appuyer techniquement et

financière le gouvernement à réaliser l’Objectif du Millénaire.



4.5.5. La maîtrise des coûts



Compte tenu de ses engagements en mars 2003 face à la procédure accélérée pour l’EPT, le

Gouvernement doit maîtriser les coûts de l’éducation et, plus particulièrement, le cadre financier

du PDDEB2. De façon spécifique, il s’agit de :



- faire passer le pourcentage du budget de l'Etat affectée au fonctionnement du secteur de 21,6 à

26% en 2010, tout en s'assurant que la part de l'éducation de base sera de 50% et celle de

l'alphabétisation de 7% ; à cet effet, le Gouvernement semble engagé dans le cadre du CSLP à

mettre à disposition le financement nécessaire.



- s’assurer que les enseignants du primaire seront recrutés pour les dix prochaines années dans des

conditions soutenable, en trouvant une modalité qui permet de rémunérer progressivement les

enseignants à des salaires incitatifs, susceptibles de stimuler la motivation des enseignants tout en

gardant en vue la restriction budgétaire.



Cette dernière disposition constitue un défi de taille. De plus, l’engagement sur de très faibles

rémunérations comporte des risques, non seulement en terme de nombre d’enseignants à recruter

dans ces conditions, mais aussi sur le plan de l’efficacité du travail et des revendications

salariales. La situation qui en découlerait aurait aussi sans doute des effets sur la qualité de

l’enseignement. Lors de la dernière révision des modèles de scénarios « Fast Track », les experts

de la Banque, des Partenaires et du Gouvernement ont proposé un objectif de coût salarial par





1

Selon UNESCO 2004 le taux d’alphabétisation était de l’ordre de 19% en 2004. Selon le MEBA ce taux serait

de 32,5% à cette même période.

2

MEBA, Document de la requête sur l’éducation pour tous : procédure accélérée. Ouagadougou, mars 2003.



48

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







enseignant à 5,6 fois le PIB/ tête en 2015 pour le Burkina1. Cela paraît financièrement encore

soutenable, mais à condition de maintenir un ratio élèves/maître encore élevé et de maîtriser la

croissance des personnels hors service en classe.



Egalement, il s’agit de réduire les dépenses encourues pour la construction de complexes

scolaires à coûts élevés, notamment à cause de plans difficiles à réaliser pour les entrepreneurs

locaux et d’un suivi inadéquat des travaux. A cet effet, des solutions ont été avancées :

établissement d’un plan type de construction plus simple, délégation de la maîtrise d’ouvrage au

Ministère des Infrastructures des Transports et de l’Habitat (MITH), meilleure implication des

communautés et suivi plus efficace par des bureaux privés. Enfin, dans le but d’améliorer les

capacités de gestion financière du MEBA des actions sont entreprises en vue du passage au

CAST. Les conclusions de l’étude sur les flux financiers commandités par l’ambassade ainsi que

l’évaluation conjointe PTF/Gouvernement permettent de l’espérer2.



4.5.6. Prolonger l’éducation de base et décentraliser



Deux réformes importantes qui vont influencer de manière significative la mise en œuvre du

PDDEB se dessinent à court et à moyen terme.



En premier lieu, il s’agit de la prolongation de l’éducation de base jusqu’au premier cycle du

secondaire, dont l’extension formerait un nouveau continuum comprenant 9 à 10 années.

L’application de cette restructuration entraînera des charges supplémentaires importantes pour

le MEBA non seulement du point de vue des ressources humaines et des dépenses, mais aussi

en ce qui concerne sa capacité de gestion. De plus, le MEBA devra faire face aux syndicats

d’enseignants qui viendront exprimer les craintes des enseignants à l’égard de leur statut et de

leur salaire.



La seconde réforme d’envergure concerne la mise en œuvre de la décentralisation. Certes, la

déconcentration est déjà en cours, mais le processus de décentralisation qui suppose que la

responsabilité de l’enseignement primaire (construction et gestion d’écoles) revienne

progressivement aux communes exigera une redéfinition des rôles et responsabilités des

structures déconcentrées (DREBA et DPEBA, en particulier). Le Gouvernement finalise

actuellement les divers textes sur la décentralisation, mais le MEBA n’a pas encore élaboré un

plan de transfert. Dehors la nécessité de clarifier les nouveaux mandats des DREBA, DPEBA

et CEB par rapport à celui des communes, il sera très urgent de clarifier le statut et carrière des

enseignants dans le nouveau contexte de la décentralisation.



Le transfert de compétences aux communes doit aussi s’accompagner d’un transfert des

ressources financières nécessaires à l’exercice de ces compétences. La mise en œuvre de la

décentralisation nécessite donc des investissements importants, qui seront difficiles à financer

seulement à partir du budget de l’Etat.









1

Atelier d’experts DEP/BM/PTF de mars 2004 – scénario EPT modèle mars 2004. Le coût salarial est calculé en divisant la

masse salariale globale du MEBA tous agents confondus (y compris l’encadrement) par le nombre d’enseignants en poste effectif

dans les classes.

2

Etude du flux financier de l’appui danois à l’éducation – IMC Mai 2005



49

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









5. LE PROGRAMME D’APPUI DANOIS AU SECTEUR DE L’EDUCATION (PADSE)





5.1 Description générale de l’appui et justification



5.1.1 Appui à la mise en œuvre du PDDEB



L’essentiel du Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education (PADSE) consistera à

appuyer la mise en œuvre du PDDEB pour la période dec.2005-2010. Cette période

correspondra à une phase d’accélération dans l’exécution du plan, pendant laquelle les besoins

de financement seront importants.



Plusieurs raisons militent en faveur d’un appui à la mise en œuvre du PDDEB :

- D’un point de vue socio-économique, les objectifs du PDDEB et de la formation professionnelle

cadrent bien avec les objectifs du CSLP.



- D’un point de vue technique, le PDDEB est un programme national exécuté sous la responsabilité

du MEBA qui est maître d’œuvre de la planification et l’exécution de son programme La mise en

œuvre du PDDEB s’inscrit dans une approche axée sur les résultats et le suivi du programme basé

sur des indicateurs et un dispositif mis en place par le MEBA appuyé par les PTF conformément à

l’esprit de l’approche programme et du CSLP.



- D’un point de vue politique, l’appui des PTF au PDDEB s’inscrit dans l’approche programme. Un

cadre partenarial entre le Gouvernement du Burkina Faso et les PTF a été signé en mai 2002.

L’approche programme est bien enclenchée, et ce, même si des efforts certains doivent être faits

pour l’harmonisation des procédures. C’est ainsi que le gouvernement et les PTF du panier commun

ont convenu de faire passer leurs financements par le CAST et en matérialisant leur entente par un

protocole de financement commun en cours de signature.



- D’un point de vue stratégique, le PDDEB constitue la meilleure option pour appuyer la politique du

gouvernement dans une vision d’approche programme.



Egalement, le PDDEB a été conçu par des promoteurs nationaux et des spécialistes en éducation

de base. Il se fonde sur un leadership réel du Gouvernement et représente donc un véritable atout

politique. Le montage est aussi cohérent, car il englobe des aspects déterminants pour améliorer

l’enseignement de base : l’accès, la qualité de l’enseignement et la capacité de piloter le

processus de mise en œuvre. Enfin, à l’issue d’une longue période de préparation et de

démarrage, le PDDEB a su rallier de nombreux PTF, ce qui constitue un signal politique

important.



L’appui danois s’intègrera dans le cadre général d’exécution du PDDEB, en venant compléter

les apports des autres Partenaires Techniques et Financiers. La contribution du Danemark

s’effectuera donc en conformité avec les principes de fonctionnement adoptés : approche

programme, gestion des fonds à travers le CAST et cadre partenarial.



Dans cette logique, l’appui danois portera sur trois champs d’activités :







50

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







a) L’appui au PDDEB à travers le fond commun



L’appui portera sur l’éducation de base. Cet appui touchera à la fois l’offre éducative, entre

autres la construction d’écoles et de centres de formation et l’amélioration des conditions

d’apprentissage, ainsi que la qualité de cette offre à travers le reforme du curriculum et la

formation et le suivi renforcé auprès des enseignants.



Par ailleurs l’appui portera sur le renforcement des capacités du gouvernement à maîtriser et à

conduire efficacement la gestion et le pilotage du programme tant au niveau central que

déconcentré et à coordonner l’aide extérieure en tenant compte des changement institutionnels

qu’exigent l’approche programme et la décentralisation.



Les fonds d’appui au PDDEB seront transmis à travers le CAST.



b) L’appui au Fonds pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle (FONAENF)



Compte tenu de l’ampleur des besoins en alphabétisation, le PADSE contribuera au

FONAENF et portera à la fois des aspects quantitatifs et qualitatifs. L’appui au FONAENF

favorise l’expansion des programmes d’alphabétisation et l’éducation non formelle réalisées

par les ONG en accordant à celles-ci les ressources nécessaires pour le financement des

campagnes. Par son approche de partenariat avec les ONG à la base le FONAENF est un

élément de décentralisation et de renforcement de la société civile. Le statut relatif autonome

de FONAENF permet que les fonds parviennent aux opérateurs à temps pour les campagnes

d’alphabétisation.



Dans le souci de garantir la mise à disposition des fonds à temps pour le financement des

campagnes, la part des ressources du PADSE destinée au FONAENF fera provisoirement

l’objet d’une entente hors du fonds commun des PTF qui passe par le CAST. Dès que les

conditions s’amélioreront au niveau du système de gestion financière national et le système

CAST de façon à garantir la prise en compte effective des besoins de financement de

l’alphabétisation, la contribution du PADSE sera intégrée au financement global du PDDEB.



c) Fonds d’Appui aux Initiatives



Un financement hors fonds commun du PDDEB sera alloué pour appuyer la réalisation

d’actions liées à des thèmes porteurs, mais qui du fait de leur spécificité n’ont pas pu être

encore réalisés, même s’ils sont inscrits dans le programme du PDDEB. En fait, le Fonds

d’Appui aux Initiatives concernera les thèmes qui ne peuvent pas entièrement être appréhendés

dans les plans d’action mais dont la réalisation participe à l’atteinte des objectifs du

programme. Ce sont par exemple des actions concernant la prolongation du cycle scolaire, la

formation continue des enseignants, la réforme des curriculum, le programme pour enfants

vulnérables et des domaines spécifiques du pré-professionnel. Également, ce fonds pourra

porter sur des initiatives liées à l’éducation dans le nouveau contexte de la décentralisation.



L’ancrage institutionnel de ce fond sera identifier pendant le phase de démarrage. Comme pour

la FONAENF il sera prévu d’intégrer ce fonds au CAST dès que les conditions s’amélioreront

au niveau du système de gestion administrative et financière national et le système CAST de

façon à garantir la prise en compte effective des besoins de financement des activités.



51

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









5.1.2 Appui à la formation professionnelle



La formation professionnelle constitue un élément fondamental du système éducatif, tant pour le

milieu rural qu’urbain. Les difficultés qui se posent dans ce sous-secteur, on l’a vu, sont de

taille : multiplicité et fragmentation de l’offre en formation, importance des besoins et de la

demande, rattachement institutionnel multiple (plusieurs ministères d’impliqués), manque de

politiques claires pour l’avenir qui soient acceptables par tous les acteurs concernés.



Il y a donc un besoin manifeste d’élaborer et de mettre en place une politique de référence pour

toutes les activités de formation professionnelle menées dans un cadre public ou privé. Cette

politique doit être consensuelle et être acceptée par divers acteurs parmi lesquels on trouve

plusieurs ministères qui sont impliqués dans le sous-secteur. Loin de faire cavalier seul, le

PADSE travaillera de concert avec les autres PTF impliqués dans le sous-secteur, dont le chef de

file actuel est l’Autriche. Il apportera particulièrement son appui au Ministère délégué et le

comité de coordination et comité technique prévus dans ce processus d’élaboration de la

politique. La poursuite du financement est conditionnée aux progrès réalisés vers l’atteinte des

objectifs fixés.



5.1.3 Envergure de l’assistance financière



L’assistance financière fournie atteint 100 millions de couronnes danoises (DKK), soit 8.8

milliards de FCFA, qui sont répartis comme suit :

 DANIDA contribuera au « fonds commun » des PTF pour financer le PDDEB sur

2006-2010 à la hauteur de 58 millions de DKK (5 104 millions FCFA) pour le

cofinancement des plans d’actions des directions centrales et déconcentrées du MEBA.



 Dehors la contribution au fonds commun Danida financera :

17 millions de DKK (1 496 millions FCFA) pour l’alphabétisation et l’éducation

non formelle à travers FONAENF.



7 millions DKK (616 millions FCFA) pour un Fonds d’Appui aux Initiatives,

pour faciliter la mise en œuvre d’actions liées à des thèmes porteurs, mais qui du

fait de leur spécificité n’ont pas pu être encore réalisés dans le programme du

PDDEB.



5,5 millions DKK (484 millions FCFA), sera mise à disposition pour la formulation

d’une politique nationale sur la formation professionnelle.



 4 millions DKK (352 millions FCFA) seront réservés pour des revues, des évaluations et

pour la préparation des phases suivantes, et



 8,5 millions DKK (748 millions FCFA) seront réservés au coût administratif du

programme.



Les contributions au fond commun seront versées sous forme de paiements semestriels soumis à

l’élaboration de budgets et de plans annuels, ainsi qu’à la présentation de rapports semestriels et







52

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







financiers. La gestion financière sera réglementée par les procédures du CAST, complétées par

le Protocole de Financement Commun en cours de finalisation.

Il est prévu que les contributions au FONAENF et au Fonds d’Appui aux Initiatives sont

intégrées au CAST quand la gestion du PDDEB et le CAST le permettront. Les critères pour

l’intégration seront à définir pendant le démarrage du programme. En ce qui concerne le Fonds

d’Appui aux Initiatives, il est probable que la gestion des fonds soit confiée à une structure

déléguée par l’Etat.

Le fonds pour l’appui à la formation professionnelle sera conditionné par la volonté réelle du

gouvernement burkinabé de mettre en place des structures capables et mandatées de mettre en

œuvre la formulation d’une politique nationale. Au cas ou le fond n’a pas été mobilisé dans un

délai de 12 mois, le fond sera transféré au PDDEB/CAST.



5.2 Les objectifs et résultats attendus du PADSE



5.2.1 Objectif général et objectifs immédiats



Conformément au principe de fusion des objectifs du PADSE avec ceux du PDDEB et CSLP

qui a été présenté plus haut (voir 4.1), l’objectif général de l’appui danois consistera à appuyer

le gouvernement à améliorer l’accès et la qualité en matière d’enseignement de base et

l’alphabétisation. Il lui permettra également d’améliorer sa capacité de gestion et de pilotage

ses programmes éducatifs.



L’appui de PADSE à l’éducation de base et l’alphabétisation visera trois objectifs immédiats qui

suivent ceux de PDDEB :



 accroître l’offre éducative de base et promouvoir l’alphabétisation ;



 améliorer la qualité, la pertinence et l’efficacité de l’éducation de base formelle et non formelle;



 renforcer la capacité de gestion et de planification du système éducatif.



À ce qui concerne l’appui à la formation professionnelle l’objectif général visera à :



 faciliter une concertation des acteurs-clés autour des défis, objectifs et stratégies à poursuivre

dans le sous-secteur de la formation professionnelle en vue de l’élaboration d’une politique

nationale.



Les résultats attendus du PADSE sont ainsi ceux déterminés par le PDDEB et le CSLP. Par

conséquent, les indicateurs1 correspondants sont communs au PDDEB/CSLP et au PADSE,

sans qu’il soit justifié – ni même possible – d’isoler précisément la part du programme danois

dans l’atteinte de ces objectifs.



De la liste des indicateurs retenus pour le suivi des performances du sous-secteur éducation de

base, le CSLP en a retenu une liste minimale pour la mesure des progrès accomplis dans la

lutte contre la pauvreté :







1

Voir 6.3.1 et l’annexe 3 pour les indicateurs du chacun de ces objectifs.



53

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Tableau 4 des indicateurs harmonisés du CSLP (2005-07)



Dimension Libellés des Résultats Niveau Objectif Objectif Objectif Niveau de

indicateurs 2003 2004 2005 2006 2007 désagrégation





Education Taux brut de 52,2 56,8 58,8 60,9 63 Région, Province,

scolarisation Sexe, Niveau de

Dont filles 46 50,9 53,1 55,5 57,9 scolarisation



Taux brut "

d’admission au 65,9 70 72,1 74,2 76,6

CP1

Dont filles 61,4 64,1 66,6 69,2 72

Taux d’achèvement "

au primaire 31,3 32,7 33,7 34,9 36,1

Dont filles

27,3 28,7 29,7 30,9 32,1

Taux "

d’alphabétisation 27 28,4 30,4 32,5 34,8

des adultes







Cependant la Coopération danoise porte un intérêt particulier à l’atteinte des objectifs liés à la

réduction des disparités, à l’amélioration de la qualité par la réforme de curriculum, la

formation initiale et continue des enseignants, et l’amélioration des conditions d’apprentissage,

les mutations institutionnelles et la mise à niveau des ressources humaines pour un meilleur

pilotage du système. L’unité de coordination de l’Ambassade suivra donc plus particulièrement

les indicateurs qui mesurent l’atteinte de ces objectifs



5.3 Stratégie d’intervention : plusieurs principes à respecter



L’appui danois au secteur de l’éducation au Burkina Faso s’appuiera sur un certain nombre de

principes qui contribuent à définir sa stratégie d’intervention.



5.3.1 S’inscrire dans la stratégie de réduction de la pauvreté



L’appui proposé s’inscrit directement dans les efforts déployés par le Burkina et par la

communauté internationale (Objectifs de développement du Millénaire) pour lutter contre la

pauvreté dans le pays et « … donner à tous les enfants, garçons et filles partout dans le monde

les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires». L’éducation est reconnue comme un

secteur prioritaire par le CSLP, ce qui se traduit concrètement dans le PDDEB en tant que volet

sous sectoriel disposant d’une attention de haut niveau. La procédure accélérée pour l’Éducation

pour tous vient renforcer ces efforts. Afin de leur donner la meilleure cohérence, le

Gouvernement du Burkina Faso a jugé nécessaire de réviser le CSLP après trois années de mise

en œuvre (juillet 2004).









54

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Il a également pris la décision d’y ajouter un programme d’actions prioritaires pour mieux

refléter les priorités du CSLP dans le CDMT et le budget de l’État. Cette décision permet en

même temps de renforcer l’harmonisation de l’ensemble des politiques sectorielles avec le CSLP

et de favoriser un meilleur impact des investissements publics sur la réduction de la pauvreté.



Le PDDEB constitue donc l’outil principal de mise en oeuvre des orientations données dans le

CSLP révisé pour la période 2004-2006 et dans le Programme d’actions prioritaires 2004-

2006, en matière d’éducation de base. Le PDDEB représente aussi un cadre politique et

budgétaire concerté impliquant le MEBA, les PTF et la société civile. Par ces qualités, le

PDDEB offre des garanties suffisantes pour que les PTF apportent, avec une certaine

confiance, des appuis financiers à sa mise en œuvre.



D’autre part, l'appui au sous-secteur de la formation professionnelle s’inscrit également dans

une optique de lutte contre la pauvreté en visant la formulation d’une politique cohérent sur la

formation technique et professionnelle qui correspond au besoin de marché d’emploi et

l’économie du pays. En plus une telle politique prendra en compte le besoin d’une frange de la

population qui a besoin des compétences professionnelle pour sortir de la pauvreté, tel que

prévu dans le CSLP dans ses autres axes économiques et sociaux. Un meilleur accès à la

formation professionnelle ou pré-professionnelle peut créer des petits métiers en milieu rural et

urbain qui contribueraient à la réduction de la pauvreté.



5.3.2. Favoriser l’approche programme



En appuyant la mise en œuvre du PDDEB, le Danemark reconnaît l’importance d’agir en

concertation dans le cadre d’une approche programme. Dans ce contexte, le programme

d’appui sectoriel de la DANIDA sera réalisé à travers l’administration burkinabé qui en

assurera la responsabilité d’exécution. Dans le but de diminuer les charges, les PTF, dont le

Danemark, déposeront leurs contributions financières dans un compte d’affectation spéciale du

trésor (CAST). Ainsi, le financement des PTF suit le circuit de la dépense en conformité avec

les procédures nationales. En raison des besoins de financement qui iront grandissant au fur et

à mesure que les capacités de gestion du MEBA s’amélioreront, l’appui financier de la

DANIDA sera utile pour couvrir l’exécution des budgets nécessaires à la mise en œuvre des

plans d’action annuels du PDDEB pour la période 2006-2010. A travers son appui, la

DANIDA s’associe ainsi au MEBA et à ses partenaires aux engagements de Jomtien, de

Monterey et de Dakar, d’après lesquels l’Education Pour Tous ne doit pas être freinée par un

manque de ressources si elle fait l’objet d’un plan crédible.



Quant à la formation professionnelle, les structures impliquées ne disposent pas encore d’une

politique stratégique permettant d’encadrer toutes les actions ou activités réalisées dans ce

domaine. De plus, les PTF engagés dans ce sous-secteur interviennent surtout sous forme de

projets. Cependant, il existe des mécanismes de collaboration et d’échanges entre les PTF

actifs dans ce domaine. Pour appuyer ce sous-secteur, l’approche de la DANIDA sera de

fournir à la structure qui sera désignée les ressources techniques et financières pour la mise en

œuvre d’un processus de planification stratégique qui devrait permettre l’élaboration d’une

politique consensuelle dans le domaine. Dans la mesure où le sous-secteur disposerait d’une

telle politique, les PTF seraient davantage portés à s’inscrire dans une approche programme.







55

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







5.3.3. Renforcer l’harmonisation et l’alignement de l’aide



Dans le cadre de l’appui au PDDEB, le cadre partenarial de 2002 n’est plus à jour pour

encadrer le partenariat entre le MEBA et les PTF. En effet, compte tenu de la décision prise en

mars 2005 par le Gouvernement et les PTF du panier commun (Banque Mondial, Belgique,

Canada, France, Pays-Bas, Suède et Danemark) de déposer leurs fonds dans le CAST (fonds

commun), un Protocole de financement commun entre le MEBA et les PTF de panier commun

a été élaboré dans le but de redéfinir plus clairement les responsabilités de chacun. Ce

Protocole est en processus de discussion depuis juin 2004 et sera signé en début de novembre

2005. Une lettre d’entente pour le cadre partenarial plus large qui couvre tous les bailleurs

contribuant au PDDEB est également prévue. La participation de la DANIDA à ce processus

contribuera à l’harmonisation des procédures de l’aide. En effet, compte tenu que l’harmo-

nisation des procédures sera toujours en évolution, la DANIDA devrait consacrer des efforts

pour obtenir une simplification et une meilleure harmonisation des approches des PTF au

niveau d’implémentation du PDDEB et du CSLP, notamment à l’égard du suivi. En s’insérant

dans les mécanismes de suivi concerté du PDDEB avec les autres PTF, le Programme danois

renforcera l’harmonisation et l’alignement.



Dans le sous-secteur de la formation professionnelle, les PTF actifs ne se sont pas encore

inscrits dans une approche programme. Toutefois, des mécanismes d’échanges et de

collaboration sont en place. L’appui de la DANIDA à l’élaboration d’une politique du sous-

secteur et d’un document d’orientation stratégique pourra favoriser l’adoption d’une démarche

d’approche programme par les différents PTF intervenant dans le sous-secteur.



5.3.4. Renforcer les capacités dans le secteur de l’éducation



L’appui fourni au secteur de l’éducation par la coopération danoise met un accent particulier

sur le renforcement des capacités, en particulier du MEBA au niveau administratif et éducatif.

En effet, la mise en oeuvre du PDDEB implique, on l’a vu, des changements importants dans le

pilotage général du système éducatif de base. De plus, l’approche programme constitue un défi

qui fait appel aussi à des systèmes complexes de gestion financière.



Les principales difficultés identifiées que le PADSE touchera sont les suivantes :



- les résultats atteints en termes de gestion du système (planification, organisation, direction/exé-

cution, suivi et contrôle des ressources humaines, matérielles et financières) ne sont pas encore

à la hauteur des attentes, non seulement de la société civile (syndicats, ONG etc.), mais aussi

des PTF qui appuient le PDDEB;



- le niveau actuel des capacités institutionnelles du MEBA ne permet pas une véritable prise en

charge nationale des grands défis du PDDEB, notamment celui du maintien et du

développement des compétences professionnelles des enseignants sur le plan des pratiques

pédagogiques, pour assurer un niveau satisfaisant de qualité et d’adaptation de l’enseignement,

répondant aux besoins des jeunes, des communautés et du pays;



- les insuffisances en matière de gestion financière du MEBA font que le taux d’exécution du

budget du PDDEB (budget d’État et fonds PPTE) et celui du panier commun sont largement en

dessous des attentes. Avec la décision de supprimer le BPE à partir du 31 décembre 2004 et le

dépôt des contributions financières des PTF du panier commun dans le CAST, la question du





56

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







transfert de compétences se posera de façon urgente. Ce transfert exigera aussi des efforts en

matière de recrutement et de formation du personnel.



Cependant, le système de suivi conjoint mis en place par le MEBA (missions conjointes et

rapports techniques et financiers) permet d’identifier les lacunes et les déficiences dans la mise

en œuvre du PDDEB. Toutefois, ce système doit être encore renforcé. Des appuis sont

disponibles de la part des PTF, mais le MEBA ne semble pas encore assez proactif pour en

tirer bénéfice.



C’est dans ce contexte que s’inscrit aussi le Fonds d’Appui aux Initiatives que le PADSE

mettra en oeuvre. En effet, l’amélioration de la qualité de l’enseignement de base passe

nécessairement par la recherche de formules innovatrices qui relèvent de la capacité à innover

et à planifier des changements dans le système éducatif. L’appui à la formation professionnelle

rentre également dans ce cadre, en créant un cadre favorable à l’élaboration d’une politique

transversale pour ce sous-secteur.



5.3.5. Prendre en compte les aspects transversaux



L’énoncé de politique de la Coopération danoise en faveur de l’aide au développement prend

en compte certaines problématiques transversales, notamment l’aspect genre, le VIH/SIDA, les

droits de la personne et l’environnement. Puisque le programme d’appui sectoriel à l’éducation

de base sera exécuté à travers le MEBA en ce qui concerne l’appui au PDDEB, la DANIDA

devra s’en remettre aux stratégies et actions entreprises par les structures nationales. Il en va de

même pour l’appui à la formation professionnelle, une fois que la structure d’attache sera

confirmée pour ce travail.



a) Les questions liées au genre



Le PDDEB vise explicitement l’éducation des filles et comporte des objectifs spécifiques sur la

parité entre les filles et les garçons à l’école. Certaines actions, on l’a vu, sont déjà en cours,

qui favorisent concrètement la fréquentation scolaire des filles. En appuyant le PDDEB, la

Coopération danoise répond donc à sa préoccupation à l’égard de l’égalité entre les sexes.



Dans le sous-secteur de la formation professionnelle, des efforts devront être faits pour mieux

prendre en compte les aspects genre, car les constats montrent que la plupart du temps les filles

sont défavorisées. Le CSLP s’est fixé comme l’un de ses objectifs de promouvoir les droits des

filles à se doter d’une formation permettant d’avoir accès au marché de l’emploi. En appuyant la

mise en place d’un mécanisme de coordination consensuel dans ce sous-secteur, la DANIDA

favorisera des discussions sur les grands enjeux du sous-secteur et concourra ainsi à la mise au

jour du rôle des filles et des femmes dans l’économie.



b) Le VIH/SIDA



La lutte contre le VIH/SIDA est une préoccupation du PDDEB et un point focal est chargé du

suivi au MEBA et des ONG chargées de l’exécution du programme dans le cadre du PDDEB.

Malgré l’intention, le volet Santé Nutrition SIDA qui devait être réalisé par les ONG n’a pas

encore démarré. Il y a ainsi des activités prévues dans les plans d’action qui ne sont pas

toujours financées ou réalisées. Par contre la production de matériel pédagogique spécifique,





57

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







accessible aux jeunes dans les écoles est en cours de réalisation et la lutte contre le SIDA est

largement intègre dans les programmes d’alphabétisation des adultes.

En outre le MEBA a un programme de sensibilisation pour la protection contre le VIH/SIDA

en direction des enseignants et des élèves. Des actions de prise en charge des enfants orphelins

du SIDA et des enseignants malades sont également réalisées malgré la difficulté de localiser

les malades qui ne se déclarent pas facilement.



L’unité de coordination de l’Ambassade s’efforcera à travers le dialogue des politiques et le

suivi de la mise en œuvre du PDDEB de promouvoir des programmes déjà prévu dans le Plan

et le renforcement des capacités des acteurs qui œuvrent dans ce domaine. D’ailleurs

l’Ambassade dispose déjà des expériences sur la problématique et la réalité du Burkina à

travers l’intégration de la composante VIH/SIDA dans les programmes sectoriels : Eau et

Assainissement, Agriculture et Energie et à travers le Projet de lutte contre le SIDA au Burkina

Faso. Ce dernier a comme objectif de renforcer les capacités nationales de coordination et de

planification du SP/CNLS (Secrétariat Permanent du Conseil National de lutte contre le

VIH/SIDA). En plus de renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles des

associations à développer et à mettre en ouvre des activités de prise en charge des personnes

infectées et affectées du VIH/SIDA et d’encourager les activités de prévention du VIH/SIDA.

Cette expertise pourra être exploitée dans le cas de PDDEB et de la formation professionnelle.



c) Les droits de la personne et la démocratie



L’éducation de base constitue un préalable à l’expression et à la compréhension des droits

civiques ainsi qu’à l’éducation civique pour un développement démocratique.



Dans le sous-secteur de l’éducation de base formel, le curriculum comprend un module sur

l’éducation à la citoyenneté. Dans le non-formel, les CPAF et les CEBNF ont introduit dans

leurs modules de formation les concepts de droits humains, de lutte contre les mutilations

génitales féminines et le trafic des enfants. L’UNICEF et certaines ONG appuient aussi les

écoles en mettant à leur disposition du matériel pédagogique sur les droits de la personne et, en

particulier, de la femme et de l’enfant. Egalement, à travers les « Projets Ecole de Qualité », le

PDDEB fait la promotion d’une école intégratrice qui est accessible aux individus et aux

groupes défavorisés et marginalisés. A travers son appui au PDDEB, l’appui danois contri-

buera ainsi à la diffusion des valeurs de nature civique.



Quant à l’appui à la formation professionnelle, il devrait favoriser un meilleur accès pour

toutes les couches de la population. Ainsi, un plus grand nombre de personnes pourront profiter

de formations pratiques leur permettant d’être mieux informées et en mesure de défendre leurs

droits.



d) L’environnement



Depuis 1997, le Burkina Faso dispose d’un Code de l’environnement qui stipule que les

activités susceptibles d’avoir des incidences significatives sur l’environnement sont soumises à

une étude d’impact sur l’environnement (EIE). Pour le démarrage de la phase I du PDDEB,

une étude environnemental et sociale a été réalisée par la Banque Mondiale pour le compte de

Banque Mondiale, Canada et Pays-Bas. Cette étude révèle que les impacts négatifs sur le

milieu physique et social des zones devant recevoir les infrastructures sont mineurs. En fait les



58

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







matériaux de construction utilisés sont pour la plupart importés et ceux prélevés sur place ne

causent pas de façon significative la dégradation de l’environnement.



Par ailleurs, l’éducation environnementale faite partie de l’éducation de base. L’environnement

est un thème bien traité dans le curriculum, que ce soit celui de l’enseignement formel ou de

l’alphabétisation à travers les programmes d’agriculture, les sciences de la vie, et les causeries

de sensibilisation. Dans le cadre de l’élaboration des nouveaux curricula du primaire et la

poursuite des financements des actions de protection de l’environnement la coopération

danoise portera un intérêt particulier à la prise en compte de ce thème.

La diffusion large, et le renouvellement du matériel visuel permettant d’accompagner les

contenus pédagogiques prévus dans le curriculum font défaut en milieu rural. La promotion

d’activités pratiques en faveur de l’environnement immédiat est aussi incontournable pour des

résultats durables sur les comportements. A partir des projets d’école des actions massives

touchant un maximum d’enfants, de parents et d’enseignants peuvent être conçurent et

appuyées par le PDDEB. La coopération danoise encouragera la planification d’activités

pratiques décentralisées en faveur de l’environnement dans le cadre du PDDEB et en soutenant

la mise en œuvre d’interventions communautaires.



Dans ce cadre plusieurs projets et programmes appui l’éducation environnementale dans les

écoles. Il s’agit notamment du projet PFIE (programme de formation- information pour

l’environnement) du FED, dans les provinces du Sourou et du Passoré; du Projet Espoir dans le

Désert de la Croix rouge danoise; du projet Une école Un bosquet de la République de Chine

couvrant une quinzaine de provinces.



5.3.6. Appuyer la décentralisation et la déconcentration



Dans le cadre du PDDEB, une certaine déconcentration est déjà effective avec les transferts de

fonds qui se font au niveau régional (DREBA, DPEBA et sous-projets communautaires).

Toutefois, le passage à une véritable décentralisation où les communes exerceront leurs

responsabilités légales en matière d’éducation de base exigera de la part de MEBA des

stratégies et actions de sensibilisation et de renforcement des capacités qui devront être

programmées dans les plans d’action annuels du MEBA.



Pour faciliter le processus de décentralisation, l’État mettra en place un système d’appui

conseil auprès des collectivités et de la formation sera dispensée aux maires et aux conseillers

municipaux, ainsi qu’au personnel communal, en vue de leur permettre de s’acquitter

correctement de leurs tâches. En plus des formations d’élus déjà citées, les cadres du MEBA

présents au niveau déconcentré ont prévu d’établir un partenariat étroit avec les différents

responsables communaux des questions éducatives. Il s’agirait d’instaurer une sorte de

cogestion du personnel, des infrastructures et des relations avec les parents et la société civile

locale) pour faciliter le transfert de responsabilités.



S’appuyant sur l’expérience qu’elle a déjà acquise dans le domaine de la décentralisation, la

DANIDA soutiendra de manière particulièrement proactive les efforts du MEBA et des autres

PTF pour relever ce défi. Par sa connaissance et son expertise, l’assistant technique mobilisé









59

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







par le Programme d’Appui Danois aux processus de Décentralisation et de Déconcentration1

déjà en opération au Burkina Faso pourra être un interlocuteur valable non seulement pour les

PTF, mais aussi pour le MEBA.



5.4 La méthodologie de travail



5.4.1 L’appui au PDDEB à travers le fond commun



La mise en œuvre du PADSE, pour ce qui est de l’appui au PDDEB reposera, on l’a vu, sur

l’adoption des principes et règles de l’approche programme retenue par le gouvernement et les

PTF. Depuis son lancement, le PDDEB a été cependant confronté à certaines difficultés qui

exigent dorénavant que des solutions techniques, administratives et politiques soient

orchestrées conjointement entre le MEBA et les PTF qui participent à l’approche programme.



La méthode de travail proposée pour l’appui au PDDEB consistera donc à exercer une

influence à travers les mécanismes de pilotage du MEBA auxquels la coopération danoise sera

associée et de favoriser, grâce à la contribution financière au CAST, la réalisation des activités

programmées dans le plan d’action du PDDEB. La participation technique active de la

DANIDA à travers les ressources de l’Ambassade peut contribuer de façon significative à

l’amélioration de l’efficacité de ces mécanismes. En effet, la participation de l’expertise de

l’Ambassade, aux missions conjointes et aux autres dispositifs mis en place (comités

thématiques, cadres de concertation,) sera mises à contribution.



En matière de renforcement des capacités, l’attention portera particulièrement sur

l’amélioration des performances des structures centrales et décentralisées qui ont des effets

particulièrement significatifs sur l’atteinte des objectifs du programme. Il s’agit en

particulier de:



- Le DEP et la DAF qui jouent un rôle essentiel dans la planification la gestion et le suivi des

activités,



- la DGCRIEF, dont la mission essentielle est l’amélioration de la qualité du système éducatif la

promotion de la recherche appliquée et la révision des curriculum du primaire; de la DGEB

pour ce concerne les programmes et méthodes pédagogiques, formation initiale et continue des

enseignants et de leur encadrement; de la DGAENF pour le l’expansion, le contrôle de l’offre

et l’amélioration de la qualité du volet non formel;



- les DREBA, les DPEBA recevront l’appui nécessaire pour réaliser des plans pertinents qui

reflètent les priorités de leurs zones.



- Les CEB qui sont sous la tutelle des DPEBA constituent les structures d’encadrement

rapproché et de formation continue des enseignants. Ils peuvent jouer un rôle important dans la

décentralisation. Le PADSE veillera à ce qu’ils soient renforcés pour jouer leur rôle qui est

primordial dans l’enseignement, mais également dans le suivi du programme. En effet la







1

L’objectif de la phase actuelle 2004-2008 de ce programme est de contribuer à la mise en œuvre de la décentralisation et de la

déconcentration et au renforcement de la participation populaire aux prises de décisions dans un contexte démocratique favorisant

ainsi un développement local durable.







60

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







collecte des données de base pour une meilleure planification et l’appréciation des résultats du

programme relèvent de leurs compétences.



Le Gouvernement et les PTF du panier commun se sont mis d’accord en mars 2005 à l’effet

que les fonds communs seront collectés dans un seul compte, le CAST. Lorsque le programme

d’appui sectoriel danois débutera en 2006, la mise en opération du CAST devrait être effective

depuis quelques mois.



En outre, la revue mi-parcours du PDDEB prévue prochainement apportera les éléments

nécessaires qui permettront de :

- redéfinir les actions de renforcement des capacités des structures du MEBA essentielles au

succès qualitatif et quantitatif du PDDEB,

- améliorer le dispositif de programmation et de suivi du PDDEB,

- rendre plus efficace le dispositif de coordination des PTF.



La revue est appelée à examiner les questions reliées au passage au CAST et celles relatives à la

capacité institutionnelle du MEBA au niveau central et décentralisé1. Pour compléter les

résultats de cette revue mi-parcours, il sera souhaitable qu’un audit institutionnel se penche sur

les goulots d’étranglement au sein du MEBA, sur les exigences liées aux mutations

institutionnelles requises et sur les capacités de gestion du MEBA.



Le renforcement des capacités tiendra compte des efforts déjà fournis par d’autres intervenants

dans ce domaine2, qui apportent des appuis directement au MEBA. Il s’agit notamment du

Projet d’Appui à l’Éducation Nationale du Burkina Faso (PAEN) de la France. Ce projet à

l’intention du MEBA et du MESSRS vise la formation des cadres de l’éducation pour

accompagner l’évolution du système éducatif burkinabé. La Coopération canadienne, à travers

la Société de Recrutement d’Experts Techniques (SRET) offre également de l’appui conseil et

des formations au MEBA en réponse à des besoins spécifiques. Également, le Centre de

Recherche, d’Innovations Educatives et de Formation (CRIEF) reçoit des appuis de la Belgique,

de la France et du Canada pour la révision des curricula.



Afin de valoriser les ressources disponibles par les PTF, il sera donc utile de répertorier les

expériences réalisées ou en cours et d’en évaluer les résultats de façon à mieux comprendre

comment le MEBA en tire profit et de mieux organiser cette assistance technique. Pour

l’efficience de cette assistance technique proposée sous diverses formes par les PTF, le PADSE

œuvrera pour sa mutualisation au niveau des différents partenaires surtout dans le cadre du panier

commun.



5.4.2. L’appui au FONAENF



Pour ce qui concerne l’appui au FONAENF, les activités financées rentreront dans son

programme de travail. Du point de vue financier, certains partenaires ont opté pour le transfert



1

Le rapport de la revue mi-parcours ne sera disponible au mieux qu’à la rentrée de l’année scolaire 2005-2006. Toutefois, il est

probable que les recommandations de la revue à mi-parcours iront dans le sens du renforcement de la capacité de gestion des structures

du MEBA et d’un effort pour l’harmonisation et la simplification des procédures de l’aide.

2

Certains PTF apportent des appuis directs au renforcement des capacités du MEBA.



61

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







direct sur le compte bancaire du FONAENF, tandis que d’autres ont préféré faire transiter leurs

contributions par le compte du MEBA. Ce fut le cas du Danemark en 2004, mais à cause de la

suppression de BPE en 2005 et le blocage des fonds des PTF suivant, le fonds a été transmit

direct au compte de FONAENF. Ainsi, le PADSE financera le FONAENF dès 2006, en

établissant une entente directe avec lui. Cette disposition qui sera provisoire permet une

flexibilité favorable pour le FONAENF et garantir la mise à disposition des fonds en temps

opportun pour exécuter ses programmes. Il est prévu que la contribution au FONAENF soit

intégrée au CAST quand la gestion du PDDEB et le CAST le permettent.



Le PADSE se préoccupera également du renforcement des capacités du FONAENF. Les

personnes ressources de l’Ambassade participeront aux concertations sur le FONAENF, aux

Groupes thématiques ad hoc organisés dans le cadre de l’appui au PDDEB, et à titre

d’observateur, aux réunions institutionnelles du FONAENF consacrées à ces sujets.



5.4.3 Le Fonds d’Appui aux Initiatives



Le Fonds d’Appui aux Initiatives constitue une occasion de promouvoir des initiatives où des

recherches porteuses programmées dans le cadre du PDDEB, mais qui n’ont jamais pu être

réalisées. Conçu comme un appui situé en dehors du budget directement lié au PDDEB, la

question de l’ancrage de ce fonds devra être résolue au moment du démarrage du programme

en collaboration avec les ministères et les autres PTF concernés.

Plusieurs options sont envisageables. Une option pourrait consister à « loger » ce fonds auprès

d’une Direction du MEBA qui est impliquée dans la recherche éducative telle que la Direction

Générale du Centre de Recherche, d’Innovations Educatives et de Formation (DG-CRIEF). Si

cette option est retenue, elle permettrait en effet, de travailler sur la recherche liée à la reforme

du curriculum, tout en restant dans le même Ministère, afin de valoriser rapidement les

résultats.



Une autre option serait l’appui à la décentralisation en soutenant la collaboration entre le

MEBA et le Ministère de l’Administration Territoriale et la Décentralisation. Une analyse dans

le cadre du transfert du système éducatif aux communes pourrait permettre de mieux

appréhender le transfert et élaborer un plan d’action solide en commun des deux ministères.



D’autres options sont possibles et seront étudiées pendant la phase de démarrage. Il s’agit par

exemple d’un renforcement des CEB afin qu’ils soient en mesure de jouer pleinement leur rôle.

La phase de démarrage permettra à l’unité de coordination à l’Ambassade d’avoir le temps et le

recul nécessaire pour clarifier le mécanisme de mise en œuvre de ce fonds et pour guider son

contenu.



Il est prévu que la contribution au Fonds d’Appui aux Initiatives soit intégrée au CAST quand

la gestion du PDDEB et le CAST le permettre. Les critères pour l’intégration et les critères et

procédures de gestion pour l’utilisation du fonds seront élaborés pendant la phase de démarrage

conjointement par les ministères concernés et l’Ambassade en concertation avec les autres

PTF-FC.









62

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







5.4.4 La formulation d’une politique en formation professionnelle

La formulation d’une politique transversale sur la formation professionnelle dans le pays est

une nécessité, face à un vide juridique important entourant le sous-secteur et face à un manque

de coordination entre les acteurs concernés, tant du côté étatique que des PTF. Il est un objectif

manifeste du gouvernement de faire face à cette problématique. Dans ce sens, l’objectif du

PADSE cadre bien avec l’objectif du gouvernement. La durée de l’appui sera limitée à 24

mois, mais pourra être prolongée, si une évaluation détaillée conclut à la pertinence d’une telle

prolongation.

L’ensemble ce travail s’effectuera également dans la continuité du partenariat déjà existant

parmi certains PTF impliqués dans le sous-secteur, et qui a pour chef de file actuel la

coopération autrichienne.



L’étude commanditée par l’Ambassade sur la mise en œuvre d’une étude sur la formation

professionnelle relève que le partage des attributions entre le MESSRS et le MTEJ n’est pas

assez précis. Egalement, d’autres Ministères sont impliqués qui doivent avoir droit de regard sur

la formation professionnelle dans les différents secteurs de l’économie. Le concept même de

formation professionnelle ne semble toujours pas faire l’unanimité parmi les intervenants. On se

rend compte aussi que ce sous-secteur renferme de nombreuses structures privées dont la

majorité dispense une formation dite formelle qui est reconnue par le MESSRS. Mais d’autres

échappent au contrôle du Ministère.



La nomination récente par le Premier Ministre en janvier 2004 d’un Ministre Délégué chargé de

l’Enseignement Technique et Professionnel (ETP) au sein du MESSRS s’inscrit dans le but

d’opérationnaliser l’objectif de formuler une politique sectorielle. A cet effet, le Ministère

Délégué EPT cherche à se doter : (i) d’un comité de coordination, où cinq (5) Ministères clefs,

ainsi que le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers seront

représentés ; (ii) d'un comité technique. Les termes de référence et les arrêtés ministériels de ces

structures sont en cours d’élaboration.



L’Unité de coordination de l’Ambassade participerait alors au comité de coordination avec

d’autres PTF, des organisations de la société civile et les Ministères impliqués dans le sous-

secteur. Le fonds sera utilisé pour un appui technique qui consistera notamment en des études et

un soutien au processus de planification stratégique. Le gouvernement sera en charge de sa

propre politique avec un soutien distinct par ses PTF.

Si le résultat à atteindre est clair, la méthode pour y arriver nécessitera encore un travail

d’analyse et de finalisation, lors de la phase de démarrage. En effet, l’élaboration d’une

politique de cette envergure comporte de nombreuses exigences institutionnelles. Cette

politique doit reposer sur un dialogue qui touche une multitude d’acteurs comptant plusieurs

ministères, des acteurs de la société civile, des opérateurs privés, des syndicats et des

représentants des communautés. De plus, ce dialogue doit impliquer plusieurs niveaux. Par

exemple, le débat sur la place du pré-professionnel dans le formel et le non formel constitue un

débat qui peut tout autant intéresser les directions provinciales, les structures de formation

(CEBNF, par exemple) et, bientôt, les communes.



Plusieurs aspects doivent être aussi pris en compte. La commission aura-t-elle la légitimité

nécessaire pour lancer le processus et le mener à son terme, jusqu’à l’élaboration d’une politique



63

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







qui touche plusieurs secteurs de l’économie et à laquelle doivent adhérer de nombreux acteurs ?

Sur quel horizon de temps et avec quels moyens travaillera cette commission, en plus de l’appui

éventuellement fourni par le programme danois ? Les délais de création officielle et de mise en

place de cette commission seront-ils compatibles avec l’échéance de 2 ans (2006-2007) fixée par

le PADSE ?



Pour toutes ces raisons, le financement réservé à cet appui sera conditionné à l’évolution du

processus d’élaboration de la politique : fonctionnement de la commission nationale,

planification de ses activités, etc. Des tranches pourraient être réservées à chaque étape du

processus. Le versement de tranches subséquentes sera conditionné par l’atteinte des résultats

d’étapes. La question de l’ancrage institutionnel fera l’objet d’une analyse approfondie au cours

de la phase de démarrage du projet, afin de répondre aux questions posées.



5.4.5 L’assistance technique



Compte tenu de l’ancrage institutionnel direct du PADSE dans les institutions chargées de la

mise en œuvre du PDDEB, le PADSE ne fera pas appel à une assistance technique formelle de

longue durée, mais pourra impliquer des contributions à court terme (consultations) : appuis

ponctuels à la Unité de coordination (voire section 6.4) sur des thèmes bien circonscrits, études

spécifiques liées à l’élaboration d’une politique en matière de formation professionnelle,

appuis particulier dans le cadre du Fonds d’Appui aux Initiatives, appui technique spécialisé au

moment des revues périodiques et des évaluations.



5.5 Leçons tirées de l’expérience danoise dans le secteur



Au-delà de son suivi général du secteur de l’éducation, c’est surtout à partir de la mise en

œuvre de la phase pilote 2004-2005 que la coopération danoise est en mesure de tirer des

premières leçons dans le secteur au Burkina Faso.

De façon générale, la phase pilote a permis de confirmer l’importance de travailler dans le

cadre de PDDEB à la fois sur l’offre en services éducatifs et sur la qualité de ces services, mais

aussi de travailler sur les aspects de prolongation de l’éducation de base, la formation

professionnelle et la décentralisation qui sont fortement lié à la réussite de PDDEB et le CSLP.

Les options prises dans le cadre du PADSE reflètent cette expérience en intégrant une

dimension recherche à travers un Fonds d’Appui aux Initiatives.



a) Au niveau de l’éducation de base et de l’appui au PDDEB



Le PDDEB représente une initiative nationale qui cadre bien l’objectif du CSLP d’améliorer

les conditions de vie. Les objectifs immédiats du plan sont pertinents portant sur

l’augmentation de l’offre éducative, sur amélioration de la qualité des services éducatifs de

base et sur le renforcement de la capacité nationale de piloter le système éducatif au niveau

central et décentralisé.



Les acquis du PDDEB après la première phase sont perceptibles pour tous les objectifs, malgré

des difficultés et de handicaps manifestes. Sur le plan de l’offre éducative, les chiffres

témoignent d’un accroissement net du nombre des élèves scolarisés depuis 2002, une tendance

déjà amorcée dans les années précédentes. Toutefois, l’offre scolaire est restée toujours

insuffisante. Pour la période concernée, le nombre de constructions de salle de classe a été



64

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







largement au dessous des attentes, ce qui est attribué à la mauvaise maîtrise de la gestion, à un

suivi faible en matière de la réalisation physique et financière, et aux retards dans le

décaissement de fonds par les PTF.



En ce qui concerne la qualité de l’éducation, le PDDEB a contribué à la prise de conscience

des défis. Les efforts à entreprendre pour améliorer le service éducatif sont de taille : la qualité

de l’école est inadaptée aux réalités économiques, sociales et culturelles. Les curricula restent

encore dans l’ensemble théoriques, peu liés avec les applications dans le milieu. Les résultats

dans l’acquisition des connaissances sont souvent faibles.



Les conditions physiques de l’enseignement sont peu favorables pour fournir un enseignement

de qualité. Les ratios élèves /classes et élèves/ maître sont très élevés, souvent le nombre

dépasse 80 élèves par classe. Les enseignants sont souvent mal préparés pour exécuter leurs

tâches. Les centres de formation pour les enseignants ne sont pas en mesure de préparer les

enseignants d’une manière adéquate. La durée de formation a été réduite de 24 à 12 mois. Les

curricula des centres restent mal adaptés aux besoins. Quant aux conditions matérielles des

enseignants, elles sont peu attractives. Enfin, le matériel didactique est souvent absent, ancien

ou inadapté.



Ces faiblesses se traduisent par des rendements internes faibles: les taux de redoublement et de

déperdition sont élevés et les acquisitions scolaires sont d’un niveau relativement bas.

Egalement les taux de succès aux examens sont faibles, fluctuants d’une année à l’autre.



Le programme d’alphabétisation, qui fait partie du PDDEB, a bénéficié d’un financement

important au cours des dernières trois années. Les acquis sont considérables, mais comme pour

l’éducation primaire les défis restent énormes tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Le taux

d’inscription monte, mais le taux d’abandon et de déperdition reste au même niveau.



En ce qui concerne le renforcement des capacités au niveau central et déconcentré, on constate

un progrès dans la planification et le suivi des actions. Entre autre : le système statistique

informatisé est mis en place en 2004 et en 2005 le MEBA dispose des cartes scolaires

relativement complet ; le projet de CMDT est en cours ; les audits conseil trimestriels au

niveau de DPEBA sont effectués; la relance du PDDEB est annoncé et est en progrès ; le

dispositif du CAST est en progrès ; la distribution des cartables minimum et les manuels

scolaires aux écoles sont effectués ; le nouveau plan type pour la construction des écoles est

développé etc.. Au niveau du suivi, les mécanismes de gestion et de suivi mis en place dans le

cadre du partenariat jouent un rôle déterminant.



Le PDDEB constitue une approche programme permettant de renforcer les synergies entre les

PTF. Dans la pratique, seulement un groupe de 7 PTF se sont associés dans un panier commun,

toutefois l’harmonisation des approches des PTF est en bonne voie. Les missions conjointes

semestrielles sont le cadre de suivi commun pour tous les acteurs, même s’ils n’ont pas

toujours été bien organisés et les rapports produits dans des délais convenables. Toutefois les

dernières missions de suivi de décembre 2004 et de juin 2005 ont permis de rectifier le tir.



Le partenariat autour de PDDEB inclut également des groupes thématiques de réflexion sur

divers thèmes liés à l’éducation de base. Les rencontres thématiques ont été souvent

sporadiques et leur taux de fréquentation irrégulier. Pourtant, ces rencontres sont importantes





65

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







en complément au système de pilotage basé sur les missions conjointes. Le Danemark à opté

récemment pour le groupe qui travaille sur la question de « la qualité » des services éducatifs et

« la gestion et renforcement de capacités ».



Le suivi financier a posé certains problèmes et s’est révélé consommateur de temps. Les

rapports produits par le BPE étaient souvent déficients et le système de décaissement a ralenti

le rythme de réalisation des activités sur le terrain. Après quelques années des mauvaises

expériences avec la gestion financière de cette structure parallèle le Gouvernement a, en

concertation avec les PTF, pris la décision de supprimer le BPE. La gestion financière du

panier commun sera transférée au MEBA et le fonds mis en disposition à travers d’un compte

affectation spécial du trésor. La nouvelle formule du CAST devrait constituer un pas important

vers une amélioration notable du système. Certains bailleurs hésitent à se joindre au CAST,

mais avec le temps l’harmonisation des procédures vise à amener le plus grand majorité des

bailleurs à s’associer au CAST ou à plus long terme à l’appui budgétaire.



La relation entre le MEBA et les PTF est renforcée à travers les expériences de ces dernières

années, mais doit être encore améliorée. Entre autre, les PTF doivent s’engager à être plus

transparents vis à vis du Ministère et d’améliorer le partage des informations avec tous les

services et autres partenaires concernés.



b) Au niveau de la formation professionnelle



La situation dans le sous-secteur présente les difficultés inhérentes à son organisation. En effet,

les études spécifiques menées pendant la phase pilote sur la formation professionnelle ont bien

montré l’importance fondamentale d’appuyer une réflexion stratégique permettant d’aboutir à

la formulation d’une politique transversale d’envergure nationale. En collaboration avec les

PTF principaux le gouvernement est en train de mettre en place un dispositif sous forme d’un

comité de coordination et d’un comité technique permettant une coordination entre les

ministères clefs pour enclencher le processus de formulation de cette politique. Il semble

judicieux pour la DANIDA d’apporter un soutien à ce processus qui se basera sur des requêtes

précises formulées par le comité de coordination.









66

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







5.6 Budget



Le budget de la contribution de la DANIDA au secteur de l’éducation se présente ainsi :



Tableau 5

Budget global du programme du Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education

(dec.2005-2010)

En millions de En millions de

DKK FCFA1

Contribution total au PDDEB 82 7 216

1. Appui financier au PDDEB/CAST 58 5 104

2. Appui financier au PDDEB/FONAENF 17 1 496

3. Fonds d’Appui aux Initiatives 7 616

4. Appui à la formation professionnelle 5,5 484

5. Revues, évaluations, audits 4 352

6. Administration du programme 8,5 748

Contribution totale de la DANIDA 100 8 800





La grande partie de la contribution financière de l’aide danoise rejoindra celles des autres PTF

qui participeront au Fonds Commun (CAST). La contribution de la DANIDA pour les années

2004/2005 (phase pilote) représentait environ 4,6% du total du panier commun. La contribution

au budget du PDDEB s’élevait à environ 1%.



La répartition du budget du PADSE pendant la durée du programme s’établit comme suit :



Tableau 6. Répartition du budget de l’appui danois de 2006 à 2010 (en millions de couronnes danoises)

Budget

2006 2007 2008 2009 2010

total

Contribution total au PDDEB 82 15,4 17,6 16,6 16,4 16

1. Appui financier au PDDEB/CAST 58 10 12 12 12 12

2. Appui financier au PDDEB/FONAENF 17 4 4 3 3 3

3. Fonds d’Appui aux Initiatives 7 1,4 1,6 1,6 1,4 1

4. Appui à la formation professionnelle 5,5 2 3,5

5. Revues, études, audits 4 0,8 0,6 0,8 0,6 1,2

6. Administration du programme 8,5 1,7 1,7 1,7 1,7 1,7

Contribution totale de la DANIDA 100 19,9 23,4 19,1 18,7 18,9





Les 4 millions pour la rubrique 5. Revues, études et audits couvrent entre autre : i) le

financement des analyses sur l’ancrage, critères et procédures d’administration du « Fonds

d’appui aux initiatives » et la « Appui à la formation professionnelle » pendant la phase de

1

Basé sur le taux de change suivant : 1 DKK = 88 FCFA



67

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







démarrage; ii) les études et audits communs non prévu; iii) la revue mi-parcours interne de

PADSE iv) la formulation du 2ième phase de PADSE.



Il reste difficile de replacer la contribution danoise au sein de l’apport global au PDDEB pour

les années 2006-2010, car les PTF sont toujours en processus de déterminer leur quota part

dans le financement global pour cette période. A titre de référence, cependant, les contributions

des PTF du panier commun au financement du Plan Triennal du PDDEB pour les années 2004 à

2006 se présente comme suit :



Tableau 7



Contributions des PTF du panier commun au PDDEB pour la période 2004-2006 (en millions de CFA)

Pays / agence Année 2004 Prévu Année Prévu Année 2006

2005

Banque Mondiale/IDA 3 222 1 12 6002 3 000

Belgique 1 637 1 637 Pas de décaissements en 2006.

Canada / ACDI 1 615 1 615 1 615

Danemark 904,8 904,8 1 400 (prévu par an)

France AFD / MAE3 2 624 milliards 4 900 6 756

Non décaissé = 2,0 M €

Pays-Bas 487 (au FONAENF) 4 387 4 593

Suède 447 (au FONAENF). 1 300 1 800 (contrat prévu 2006-2010)

Norvège 6604

Total 10 936,8 28 003,8 19 164

(informations fournies par l’Ambassade du Canada, l’ancien chef de file)



Mise à part les contributions au panier commun, la Commission Européenne prévoit dans le

cadre de la Procédure accélérée (Fast Track Inititiative) un appui budgétaire annuel de 5 millions

d’Euros (soit 3.279 milliards de FCFA) pour les années 2006, 2007 et 2008 La contribution du

Gouvernement du Burkina Faso comme fonds de contrepartie s’inscrit annuellement dans le

budget national sur la base des plans de travail et des budgets correspondants.









1

Les décaissements de l'IDA du 1er janvier au 30 novembre s’élevaient à 3.401.642,77 DTS.

2

Pour les prévisions de décaissements, la Banque ne procède aux décaissements que pour les dépenses encourues selon plan d’action.

3

AFD et MAE : 25 millions euros pour les trois prochaines années.

4

1.3 millions de dollars US.



68

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







6. GESTION FINANCIERE ET ADMINISTRATIVE DU PADSE



6.1 L’Ancrage institutionnel



Le PDDEB est mis en oeuvre à travers les structures du MEBA. Le PADSE établira donc son

ancrage institutionnel auprès du MEBA en fonction de la modalité de financement retenue en

ce qui concerne les appuis à l’éducation de base et au FONAENF. La mise en œuvre du Fonds

d’Appui aux Initiatives relèvera soit du même ministère, lorsque le choix de la DG-CRIEF aura

été analysé plus avant ou de toute autre structure retenue et confirmé au cours de la phase de

démarrage du PADSE. L’appui à la formation professionnelle consistera surtout en des

activités ponctuelles et des études spécifiques menées dans le cadre de la formulation de la

politique. L’ancrage institutionnel de cette activité d’accompagnement sera à déterminer au

cours de la phase de démarrage.



Les attributions, l’organisation et le fonctionnement des structures du MEBA sont définis dans le

décret n° 2001-528/PRES/PM du 4 octobre 2001 portant sur l’organisation du MEBA et les

arrêtés portant sur l’organisation et le fonctionnement des services relevant du MEBA (voir 4.2).

Pour la première phase de la mise en œuvre du PDDEB 2002-2004, une structure transitoire

(Bureau Projet d’Education) a été mandatée pour assurer le suivi financier des fonds du panier

commun. La suppression du BPE était donc prévue pour fin 2004. Suite à de multiples

difficultés, cette structure n’a été supprimée qu’en mars 2005. Le transfert des compétences du

BPE aux structures administrative du MEBA devant se réaliser en 2005. Sur la question du dépôt

des fonds, le Gouvernement et les PTF s’entendent actuellement sur la mise en route d’un CAST.

Ce compte remplacera le système actuel dès que possible. Un manuel d’exécution technique et

financière est en cours d’élaboration qui précise comment, à partir des procédures de l’Etat et à

travers le CAST, on pourra répondre aux besoins spécifiques de financement du PDDEB :

personnel, délégation de crédits, mise à disposition des fonds, transferts et investissements,

comptabilité publique et para-publique. La mise en place d’un dispositif de gestion et de suivi

constitue une condition pour le démarrage du programme d’appui sectoriel danois.



6.2 Réglementation et gestion financière



La gestion financière se conformera aux procédures burkinabé en vigueur ainsi qu’aux lignes

directrices de la DANIDA en la matière1. Ces lignes directrices donnent les principes de la

gestion des fonds danois, y compris la comptabilité, les transferts, les rapports financiers et

l’audit financier.



Pour l’appui à l’éducation de base, la gestion financière sera réglementée par les procédures du

CAST, complétées par le Protocole de Financement Commun en cours de finalisation. Ce

protocole prévoit les termes d’une action commune qui se base sur l’application des procédures

financières et administratives, de suivi-évaluation, d’audit et de planification pour la mise en

œuvre du PDDEB. Les modalités communes de financement de chacun des signataires sont

consignées dans les documents d’entente officiels2.





1

Guide de Gestion (novembre 2004) qui font partie des Guides de Gestion de l’Aide de DANIDA. Ces lignes directrices sont

disponibles sur le site Internet du Ministère des Affaires Étrangères du Danemark (www.um.dk/DANIDA/AMG).

2

Projet de Protocole de Financement Commun (PFC), version de novembre 2005



69

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







La gestion de FONAENF est déjà bien établit et n’exige pas un comité de pilotage unique à

l’appui danois. La modalité de l’appui au FONAENF dehors le CAST est transitoire, servant à

renforcer la fondation de son intégration dans le soutien du PDDEB et le MEBA. Le suivi de

cet appui se repose sur le suivi – évaluation des efforts d’alphabétisation des adultes, déjà

défini pour le PDDEB ainsi que sur l’analyse des indicateurs développés au cours de la phase

pilote. Pour guider le transfert de l’appui direct au FONAENF au budget du MEBA, il convient

de décrire, a priori, des critères ou des indicateurs qui puissent être évalués de manière

qualitative, mais systématique. Ainsi, ces critères seront développés pendant la première phase

du PADSE.



La gestion financière du Fonds d’Appui aux Initiatives et des activités d’appui à la formation

professionnelle relèvera de la responsabilité directe de l’Ambassade du Danemark, en attendant

que l’ancrage précis de ces deux types d’activités soit clarifié pendant la phase de démarrage. Par

la suite, des modalités précises seront établies. Par exemple, si le processus de formulation d’une

politique en formation professionnelle est confié au Ministre Délégué de ETP, on peut imaginer

un système souple qui permettra d’administrer les fonds à l’intérieur d’une approche et d’un

programme de travail approuvé par l’Ambassade en synergie avec les autres PTF. A cet effet,

le Ministère Délégué a déjà entamé la création d’organes dont un Comité de Coordination et une

Commission technique pour formuler la politique en formation professionnelle.



6.2.1 Les flux financiers



La contribution financière danoise de la ligne appui à l’éducation de base via le CAST sera

versée en deux tranches par an, à l’issue des missions conjointes semestrielles, rapports

d’activités et financiers, rapports d’audit et plan d’action, et sur la base des résultats

documentés par le biais des rapports des missions.

Les versements s’effectueront sur le CAST1 qui est ouvert en juillet 2005 au nom du Trésor

public auprès de la BCEAO. Ce compte retracera les contributions des partenaires en recettes

et en dépenses. Les modalités budgétaires du CAST seront pratiquement identiques à celles du

budget d’État : la DAF/MEBA est chargée de l’administration, l’ordonnateur est la Direction

Générale du Budget (DGB), le Comptable payeur est le Payeur Général et le contrôleur est le

Contrôleur Financier du MEBA. Le CAST permettra de mettre à la disposition de toute

structure impliquée dans la mise en œuvre du PDDEB des fonds sous forme d’avances à

justifier. Le Guide sur les opérations financières du CAST précisera les modalités de la

justification des dépenses.



Selon la présentation formelle du compte, les opérations sont classées en ressources selon leur

nature dans les mêmes conditions que celles du budget général de l’Etat, ce qui signifie que la

nature et le montant des ressources alimentant ce compte seront connus d’avance. Le CAST

peut être modifié par un simple arrêté du Ministre chargé des finances dès lors que les recettes

en cours d’année se révèlent supérieures ou inférieures aux prévisions ce qui permet des

révisions budgétaires consécutives à des modifications au niveau du plan d’action.



Au stade actuel, il y a encore des réserves que l’on peut formuler comme suit :



1

Les modalités du CAST sont en discussion et le fonctionnement satisfaisant du CAST constitue un préalable pour la convention de

financement. Une étude mandatée par l’AMBASSADE sur le fonctionnement du CAST, souligne que les risques sont maîtrisables.



70

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Techniquement, le CAST permet actuellement une délégation de crédit et une mise à

disposition de fonds qui concernent uniquement le titre 3 « dépenses de fonctionnement ». Il y

a donc le risque de rallonger les circuits de réalisation des dépenses, notamment si les pièces

justificatives doivent remonter au niveau central avant de disposer des soldes. Le Ministère des

Finances a informé que des décisions seront pour alléger les procédures et permettre les

dépenses également sur les autres titres.



Le bon fonctionnement de la gestion du fonds exige encore un renforcement des services aux

différents niveaux. Un audit ad hoc pour déterminer la nature du renforcement a été réalisé.

cours. Pour les services centraux du MEBA, les besoins les plus pressants se situent au niveau

de la DAF (deux administrateurs), de la DEP (informaticien, statisticien, planificateur, macro-

économiste, administrateur, juriste) et du Contrôle Financier (deux contrôleurs). Au niveau

déconcentré, un renforcement du personnel serait nécessaire en fonction du volume de travail.



Les appuis en faveur du FONAENF lui seront versés directement en deux tranches par an, a

l’issue des résultats documentés par le biais de rapports d’activités et financiers, rapports

d’audit et plan d’action. Le FONAENF fonctionne en grande partie sur le mode de l’octroi de

subventions aux opérateurs (avec de plus un système d’avance) et travaille sur certification des

comptes et sur contrôles. Il ne peut donc pas remonter les pièces justificatives originales, selon

le régime commun, sauf par dérogation, si les certifications légales sont considérées comme

des pièces justificatives admises. L’intention du PASDE est d’évoluer progressivement avec ce

appui vers le circuit CAST au fur et à mesure que l’utilisation de ce circuit sera efficace pour le

bon fonctionnement de FONAENF.



L’engagement des fonds pour les activités liées au Fonds d’Appui aux Initiatives ou à la

formation professionnelle s’appuiera sur les procédures habituelles de l’Ambassade, en

attendant que l’ancrage précis de ces deux types d’activités soit clarifié au cours de la phase de

démarrage du PADSE.



6.2.2 Les procédures de budgétisation et de décaissement



Les procédures de budgétisation de l’appui au PDDEB suivront les procédures de l’État. A ce

sujet, le Protocole de Financement Commun souligne ainsi que :



- La préparation et la validation du plan annuel budgétisé d’actions du PDDEB seront élaborées

suivant le schéma et le calendrier de programmation en cohérence avec le cycle budgétaire du

Burkina Faso.



- Le plan annuel budgétisé d’actions du PDDEB sera donc discuté avec les PTF du panier

commun l’année n – 1, en vue de préparer le budget de l’éducation de base pour l’année

suivante.



- Les PTF préciseront donc dans leurs accords bilatéraux avec le MEBA leurs calendriers indicatifs

de décaissement respectifs.



- Les plans annuels budgétisés d’actions consolideront l’ensemble des financements internes et

externes du PDDEB, et seront présentés par le MEBA en vue de leur validation lors d’un

CASEM ad hoc.



71

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Les procédures de décaissement pour les activités initiées au titre du Fonds d’Appui aux

Initiatives et inscrites dans le PDDEB suivront le schéma suivant. L’appel de fonds adressé à

l’Ambassade sera fait sous forme de requêtes contenant les informations standards. Cette

demande sera accompagnée d’un rapport financier sommaire présentant :



- le total des sommes reçues depuis le début du programme,



- le total des dépenses présentées selon les lignes du budget approuvé,



- les engagements de dépenses jusqu’à la fin de la période et présentés selon les lignes du budget

approuvé,



- le solde disponible calculé par différence entre le total des sommes reçues et le total des

dépenses et engagements,



- le budget de la période de référence présenté selon les lignes du budget approuvé,



- les besoins calculés par différence entre le budget de la période de référence et le solde

disponible.



Le virement des fonds de la DANIDA se fera semestriellement en fonction du calendrier

convenu dans le Protocole de Financement Commun. Les personnes qui seront responsables de

la gestion quotidienne des fonds dans le cadre de l’appui au PDDEB relèveront des directions

du MEBA qui sont impliquées dans cette gestion. Pour ce qui est des activités liées au Fonds

d’Appui aux Initiatives ou à la formation professionnelle, les niveaux de responsabilités dans la

gestion quotidienne des fonds seront précisés au cours de la phase de démarrage du PADSE,

une fois qu’un ancrage fonctionnel aura été établi pour la mise en oeuvre de ces activités.



6.2.3 Le suivi du budget



En ce qui concerne l’appui au PDDEB, le suivi se fera selon les procédures inscrites dans le

programme :

- La préparation du budget pour l’exécution du plan d’action du PDDEB de l’année suivante se

fait en cohérence avec le CDMT et le plan physique quadriennal ou triennal du PDDEB.



- Le Gouvernement et les PTF ont identifié, d’un commun accord, des indicateurs qui facilitent

le suivi de l’exécution du budget. Le rapport annuel des dépenses permet de constater

l’exécution du budget.



- Les PTF s’assurent que la part du budget national consacrée au secteur de l’éducation

correspond aux engagements pris par le Gouvernement du Burkina Faso. L’utilisation de l’aide

est non seulement évaluée à travers les organes de suivi et de coordination du PDDEB, mais

aussi à travers les audits externes, les évaluations à mi-parcours et finales.





6.2.4 Les procédures de passation des marchés



Les principes suivants seront respectés :





72

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







- L’activation des commissions aux niveaux central, provincial et communal d’attribution des

marchés publics, conformément aux dispositions pertinentes de la réglementation générale des

achats publics en vigueur au Burkina Faso.



- La préparation de plans annuels de passation de marchés, tenant compte de la capacité des

opérateurs privés burkinabé conformément aux dispositions pertinentes de la réglementation

générale des achats publics en vigueur au Burkina Faso.



- Aucune offre, aucun paiement, rémunération ou bénéfice pouvant être considérés comme des

pratiques illégales ou de corruption ne doivent être directement ou indirectement réalisés,

promis, recherchés ou acceptés, tels que des pots de vin ou rémunérations illégales dans le

cadre des activités décrites dans le PDDEB, y compris les appels d’offres et exécution de

contrats. Toute pratique illicite sera cause d’annulation immédiate de la convention

Gouvernementale et pourra entraîner toutes actions appropriées, civiles ou judiciaires. En

conséquence de ce type de pratique par le bénéficiaire de la présente convention, le ministre

danois des Affaires Etrangères pourra procéder à son exclusion définitive pour tout projet

ultérieur sous financement danois.



- Conformément à la réglementation burkinabé, un représentant des PTF ou de l’Ambassade, en

fonction des modalités d’appui, pourra participer en tant qu’observateur dans les commissions

d’attribution de marchés. Des audits approfondis sur les marchés attribués pourront être

effectués à la demande des PTF. Les procédures de marchés ne sont pas employées dans le

cadre de la mobilisation sociale et de l’appui aux sous projets communautaires, qui seront de

préférence effectués par des associations et ONG locales légalement reconnues et qualifiées. La

sélection se fera sur la base d’une consultation restreinte régionale (entre ONG).



6.2.5 Les audits



Comme stipulé par le Protocole de Financement Commun :



- Le Gouvernement s’assurera de l’intervention annuelle de l’Inspection Générale des Finances

(IGF) pour contrôler l’utilisation des ressources du Gouvernement, et ces rapports seront

communiqués aux PTF-FC. Une intervention des organes supérieurs de contrôle de l’Etat

pourra être sollicitée de façon exceptionnelle si la situation l’exige. En outre le Gouvernement

renforcera ses mécanismes de revue de dépenses publiques.



- Des études de traçabilité à la demande et des rapports d’audits réguliers du PDDEB

compléteront ces contrôles institutionnels. Ces rapports d’audit du PDDEB couvriront les

aspects administratifs, comptables et financiers de sa mise en oeuvre, ainsi que les modalités de

passation des marchés. Les termes de référence seront élaborés par le Gouvernement en

concertation avec les PTF-FC.



- Le MFB sera responsable du recrutement des auditeurs indépendants conformément aux

procédures de passation des marchés applicables à la Réglementation Générale des Achats

Publics (RGAP). Les activités d'audits et leur coût seront intégrés aux Plans d’actions annuels

budgétisés. Les termes de référence seront validés en concertation par le MEBA et les PTF du

panier commun. Le MEBA s’assura également de la réalisation d’audit conseil au profit des

structures déconcentrées.



- Le MEBA synthétisera les principales conclusions des audits et des rapports des structures de

contrôle de l’État dans chaque rapport annuel d'activités du PDDEB et il indiquera les actions à





73

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







entreprendre pour répondre à ces conclusions ou remédier aux difficultés soulevées, ainsi que

le calendrier de leur mise en œuvre. Les rapports d'audit seront examinés conjointement par le

MFB et MEBA et les PTF-FC.



- Outre cet audit annuel, les PTF-FC peuvent, dans des circonstances exceptionnelles, demander

un audit externe spécifique. Dans de telles circonstances, le Gouvernement facilitera le travail

des auditeurs.



Les audits des appuis au FONAENF seront réalisés conformément à son manuel de procédures

administratives, financières et comptables adopté par tous les partenaires (voir 4.3).



Les modalités de suivi – évaluation des appuis au Fonds d’appui aux initiatives et à la

formation professionnelle seront précisées pendant la phase de démarrage.





6.3 Le suivi, le reportage, les revues et les évaluations



6.3.1 Le suivi de la mise en œuvre du PDDEB



Le dispositif de suivi du PDDEB repose sur des missions semestrielles conjointes et des revues

à mi-parcours (prévue en 2005 pour la première phase). De façon plus spécifique, la première

mission semestrielle de l’année en mars-avril, est une mission de supervision au cours de

laquelle le bilan de l’exécution du budget du ministère et du PDDEB sur l’année civile

précédente est dressé et les résultats éducatifs de l’année scolaire sont analysés.Cette mission

examine le rapport d’activités de l’année précédente et l’évolution du tableau des indicateurs,

le rapport annuel d’exécution du budget correspondant, le rapport d’audit financier et de

passation des marchés. Elle examine également le plan d’action budgétisé pour l’année

suivante.



La seconde mission conjointe en septembre-octobre, constitue une revue annuelle, au cours de

laquelle est fait le bilan de l’année écoulée (analyse des résultats éducatifs de l’année

précédente) et l’exécution du budget du semestre précédent Elle se focalise également sur

questions thématiques cruciales. Durant cette seconde mission le rapport d’exécution du budget

pour le premier semestre de l’année en cours, le rapport d’activités de l’année précédente, le

plan d’action revu et corrigé pour l’année à venir sont examinés.



Les résultats des missions conjointes sont consignés dans des aide-mémoire cosignés par le

Ministère et les PTF. Des recommandations sur les ajustements du programme en matière de

pilotage et de priorités à établir sont faites et consignées dans l’aide mémoire. Leur réalisation

sera vérifiée lors de la mission suivante.



Les principaux indicateurs



Dans l’esprit de l’approche programme, les PTF s’abstiennent dans la mesure du possible de

mener des suivis-évaluations distincts des mécanismes prévus par le MEBA. Les indicateurs

pour suivre et évaluer l’appui sont ceux du PDDEB même et du CSLP.



De façon plus spécifique, les principaux indicateurs sont les suivants (voir également

l’annexe 3) :



74

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Tableau 8 : Principaux indicateurs du PADSE/CSLP/PDDEB



a) au niveau du programme global de lutte contre la pauvreté (CSLP)

Objectif de développement Indicateurs vérifiables

Contribuer à la réalisation des objec- Indicateurs du CSLP

tifs du CSLP relatifs à la réduction de  Accroître le produit intérieur brut par habitant d’au moins

la pauvreté par la formation des 4% par an à partir de 2004

ressources humaines adéquates et

compétentes.  Ramener l’incidence actuelle de la pauvreté à moins de

35% à l’horizon 2015



b) au niveau de l’appui au PDDEB

Objectif intermédiaire Indicateurs vérifiables1

Dans la perspective de la réduction de  Taux brut de scolarisation au primaire de 52,2% (dont

la pauvreté, contribuer à 46,27% pour les filles) en 2003/2004 à 70% en 2010

l’amélioration de l’accès aux services  Taux d’alphabétisation des adultes quelle que soit la

d’éducation de base. langue passe de 21,8% en 2003 à 40% en 2010

Objectifs immédiats Indicateurs vérifiables

1. Accroître l’offre éducative de base  Faire passer le taux brut d’admission au CP1 de 66%

et promouvoir l’alphabétisation. (61,5% pour les filles) en 2004 à 88% en 2010

 Faire passer le taux d’admission en CP1des 20

provinces prioritaires de 52,4% (48,5% pour les filles)

en 2004 à 88% en 2010

 Taux de « survie » du CP1 au CE2 et du CP1 au CM2

augmentent selon les prévisions

 Nbre des apprenants, dont 60% de femmes,

participeront aux programmes d’éducation non

formelle

2. Améliorer la qualité, la pertinence 

Faire passer le taux d’alphabétisation des adultes de

et l’efficacité de l’éducation de base 21,8% (12,5% pour les femmes) en 2003 à 40% (30%

formelle et non formelle. pour les femmes) en 2010.

 Réduire le taux d’abandon au primaire (en prenant

comme point de départ 6% en 2004)

 Faire passer le taux de redoublement de 13% en 2004

à 10% en 2010

 Faire passer le taux de succès au CEP de 73,7% en

2004 à 80% en 2010

 Faire passer le part du budget du MEBA de 14% en

2004 à 20% en 2010

 Tableau de bord de gestion : plan d’action préparé à

3. Renforcer la capacité de gestion du temps et en cohérence avec le CSLP/PAP, et exécuté

MEBA (capacité de pilotage, de selon les prévisions.

gestion et d’évaluation des structures __________________________________________________

centrales et déconcentrées ainsi que  Passations des marchés s’effectuent selon le régime

les capacités de coordination de l’aide public (CAST)

extérieure).  Ecart entre les prévisions et les niveaux d’exécution





1

Ces indicateurs sont représentatifs et inscrits dans le PDDEB.



75

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







du plan d’action : de (approx.) 70% en 2004 à près de

100% en 2010

 Intégration des contributions de PTF dans le budget

national : réduire le pourcentage des financements

extérieurs hors plan





c) au niveau de formation professionnelle



Objectifs immédiats Indicateurs vérifiables

Appuyer le gouvernement de formuler - Politique transversale en formation professionnelle

une politique national pour le sous- élaborée de façon consensuelle et débouchant sur un

secteur formation professionnelle. programme d’actions





d) au niveau macro-économique

Dans sa mise en œuvre, le PADSE proposera aux acteurs impliqués dans le PDDEB le suivi de

quelques indicateurs susceptibles de renforcer le pilotage, la prévisibilité et la soutenabilité des efforts

de l’Etat :



Objectif de développement Indicateurs vérifiables

% masse salariale/PIB (primaire,

A définir et suivre en collaboration avec le MEBA et les PTF

secondaire et supérieur)

% éducation/PIB A définir et suivre en collaboration avec le MEBA et les PTF

% budget éducation de base/budget

A définir et suivre en collaboration avec le MEBA et les PTF

éducation

Coût unitaire par élève du public (en

A définir et suivre en collaboration avec le MEBA et les PTF

unité de PIB par tête)

Coût moyen par enseignant en unité

A définir et suivre en collaboration avec le MEBA et les PTF

de PIB/Tête



e) indicateurs de processus



En plus de ces indicateurs, la DANIDA estime important de suivre, à travers des indicateurs de

processus, deux axes centraux dans la mise en œuvre le PDDEB : le reforme de la curriculum

et la décentralisation du système éducative.



Objectifs immédiats Indicateurs processus vérifiables

Dans le cadre de l’amélioration de la 1. Plan du processus de reforme

qualité de l’éducation, d’appuyer le 2. Réalisation du curriculum

MEBA dans le processus de reforme 3. Présentation aux acteurs

du curriculum. 4. Adoption du curriculum

5. Plan de mise en œuvre

6. La mise en œuvre

Dans le cadre du renforcement des 1. Concertation MEBA/MATD

capacités, d’appuyer le MEBA et 2. Analyse de la répartition des mandats et

MATD dans le processus de la responsabilités nécessaires entre les communes et





76

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







décentralisation du système éducative. DREBA/DBEBA.

3. Plan de transfert des ressources financiers et

humaines entre les différentes structures.

4. Plan de transfert du système éducatif aux communes.

5. Mise en œuvre du transfert.





6.3.2. Le rapportage pour l’appui au PDDEB



Pour l’appui au PDDEB/CAST et PDDEB/FONAENF, les rapports de suivi de sa mise œuvre

respecteront les modalités spécifiées dans le futur Protocole de Financement des fonds

commun (voir annexe 2).



a) Rapports périodiques



Les rapports périodiques de mise en œuvre du PDDEB sont présentés pour l’appréciation du

MEBA et les PTF lors des missions conjointes de suivi, et aux CASEM. Ces rapports suivent

actuellement le canevas proposé par le Manuel de procédures administratives, financières et

comptables (MPAFC) du BPE et comprennent :

- les plans annuels budgétisés d’action des composantes y compris les activités d’audit,

- les plans annuels de passation des marchés,

- les plans annuels et semestriels de trésorerie,

- les rapports semestriels et annuels d’activités (31 janvier (annuel) et 31 juillet (semestriel)) y

compris l’actualisation du tableau de bord comprenant le dispositif unique d’indicateurs de

performance,

- les rapports d’audit trimestriels, semestriels et annuels (états certifiés, consolidation des

comptes spéciaux et réalisations physiques),

- les rapports trimestriels de suivi financier,

- les états semestriels et annuels de la situation de trésorerie des comptes spéciaux.



b) Rapports d’évaluation à mi-parcours



A la fin de chaque phase de la mise en œuvre du PDDEB une évaluation à mi-parcours sera

organisée par le MEBA. Cet examen à mi-parcours doit évaluer (i) l’avancement de

l’exécution du PDDEB ; (ii) le résultat des activités de suivi et d’évaluation ; (iii) l’état

d’avancement de la passation des marchés et des décaissements ; (iv) les capacités de gestion

financière du MEBA et (v) les ajustements qui doivent être apportés au PDDEB de même que

les fonds qui doivent être réaffectés afin d’améliorer les résultats, si nécessaire.



Un rapport d’évaluation permettra au MEBA et PTF d’examiner ensemble les conclusions en

vue de procéder aux ajustements adéquats de la mise en œuvre du PDDEB.









77

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









6.3.3. Le suivi du FONAENF



La Direction générale présente au Conseil d’Administration du FONAENF un plan d’action

annuel et des rapports semestriels d’activités et d’exécution financière pour approbation. Elle

doit également présenter un rapport d’audit externe annuel des comptes de la Direction. Les

opérateurs en alphabétisation qui reçoivent des fonds du FONAENF présentent également un

rapport de campagne rendant compte des réalisations chiffrées et documentées et un rapport

financier. Ils sont suivis par les structures déconcentrées du MEBA au niveau des CEB et des

DPEBA sur le plan des résultats de campagnes et l’exécution financière. Leurs comptes

subissent un audit externe annuel dont les modalités sont établies selon la taille de l’opérateur

et ses difficultés en gestion financière.



Pour ce qui concerne les fonds qui seront mis à la disposition du FONAENF par le PADSE,

une entente qui déterminera les conditions d’attribution des fonds sera établie. Le PADSE se

conformera au dispositif déjà mis en place pour le suivi du FONAENF. L’unité de coordination

de l’Ambassade est en mesure de participer à titre de représentant des PTF ou d’observateur

aux instances délibérantes et de décision du FONAENF comme c’est le cas d’autres partenaires

du Fonds. Il existe des missions ponctuelles de suivi sur le terrain ouvertes à tous les

partenaires à titre individuel ou conjointement avec les structures du fonds ou les autres

partenaires.



Avec le passage au CAST des partenaires du panier commun qui apportent un appui financier

au FONAENF par le biais de ce mécanisme, il est prévu d’affecter un contrôleur financier au

FONAENF.



6.3.4 Le suivi du Fonds d’Appui aux Initiatives et des activités liées à la formation

professionnelle



Les modalités de suivi des fonds d’Appui des Initiatives (PDDEB) et celui de l’appui à la

formation professionnelle durant la phase de démarrage par une entente entre l’Ambassade

danoise et la structure qui accueillera ces fonds. Le suivi de la mise en œuvre des activités lit à

ces deux fonds s’effectuera sur la base de mécanismes et d’un dispositif à mettre en place

durant cette période en concertation avec les partenaires.



L’unité de coordination de l’Ambassade veillera à ce que les plans d’actions et indicateurs

soient intégrés, dans la mesure possible, dans les rapports périodiques des structures. Les

rapports périodiques seront présentés par semestre à l’Ambassade à la mission conjointe



6.4 Gestion du programme au niveau de l’Ambassade

Le PADSE sera coordonné au niveau de l'Ambassade de Danemark par une unité de

coordination de programme composée du conseiller en éducation en poste, et, d’un chargé de

programme adjoint.

L’unité de coordination de programme aura les tâches principales suivantes :



• Participer aux Missions Conjointes de Suivi du Programme





78

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







• Participer activement à la promotion de la coordination entre les partenaires

techniques et financiers du secteur

• Participer aux travaux des groupes thématiques

• Présenter les rapports d'avancement et les rapports financiers du PADSE au

Ministère des Affaires Étrangères du Danemark

• Préparer les revues techniques et revues semestrielles en collaboration avec le

MEBA et les autres PTF

• Participation aux réunions de la commission interministérielle pour la formulation

d’une politique consensuelle de la formation professionnelle et suivre les évolutions

du sous-secteur

• Suivi technique et financier périodique

• Administrer les versements de fonds sur le compte trésor et aux autres structures

impliquées dans la mise en œuvre du programme

• Participer au dialogue politique et stratégique sur le développement du secteur

• Administrer les contrats d'assistance technique

• Effectuer des visites de suivi au terrain.

• Préparer la formulation d'une éventuelle phase ultérieure d'appui danois au secteur.









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Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







7. L’ANALYSE DES RISQUES ET LES MESURES DE MITIGATION1



Le PDDEB a obtenu l’adhésion d’un grand nombre de partenaires techniques et financiers

qui ont décidé d’un commun accord d’y inscrire une part importante de leurs activités et

financements. Toutefois, de par la complexité du secteur et l’importance des enjeux posés,

la mise en œuvre du PDDEB comporte nécessairement des risques, et ce à différents

niveaux.

Globalement, le contexte de l’intervention présente un niveau de risque relativement faible,

grâce aux mesures de mitigation identifiées. Ainsi, il faut rappeler les mécanismes

institutionnels établis par le PDDEB et les PTF qui souscrivent au PDDEB (voir 4.2., 4.3,

6.2. et 6.3) et la coordination des PTF mise en place pour l’appui à la formation

professionnelle. Également, la présence de l’Ambassade du Danemark permettra d’opérer un

suivi permanent des risques identifiés



Parmi les principaux risques identifiés, les plus grands risques sont ceux qui sont liés à la

capacité du MEBA à mettre en œuvre le PDDEB, les risques liés à la décentralisation du

système éducatif et le risque lié au désengagement éventuel du gouvernement ou des

partenaires techniques et financiers.



7.1 Les risques liés aux capacités de gestion du MEBA à mettre en œuvre le PDDEB



7.1.1 La coordination inefficace des appuis des PTF.

La probabilité que le MEBA n’assure par une coordination efficace des appuis externes est

un risque pour la mise en œuvre du PDDEB. Le MEBA est en charge de la coordination

des appuis des PTF, mais avec de multiples PTF nationaux et internationaux, chacun avec

ses propres procédures et exigences, le MEBA a des difficultés d’assumer son rôle. La

faible coordination aura un effet sur l’utilisation des fonds et de la mise en ouvre du

PDDEB .



Mesures de mitigation

- Un cadre partenarial a été signé en septembre 2002 et un Protocole de Financement

Commun entre les PTF de fonds commun va être signé prochainement.

- Sur le plan du dialogue de politique, les PTF insistent sur la prise en charge par le MEBA

de ses responsabilités en ce qui concerne la coordination du PDDEB. Le MEBA et les PTF

oeuvrent dans le sens du développement d’une approche commune et de l’harmonisation

des procédures (financières, administratives, planification, suivi-évaluation).

- Des réunions de coordination se tiennent sur une base mensuelle, voir hebdomadaire entre

le MEBA et les PTF ou le chef de file.

- De l’assistance technique long terme et ponctuelle est disponible auprès du MEBA pour

l’assister dans ses fonctions de production des données qui servent de base au dialogue et

pour la préparation et le suivi des missions conjointes.









1

Par ”mesures de mitigation” il faut entendre ” mesures de réduction des risques”.



80

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







7.1.2 Le MEBA n’applique pas les mesures de gestion des ressources humaines qui

s’imposent pour assurer l’efficacité du système (La non application des reformes

institutionnelles).



L’administration au Burkina Faso a une tradition très centraliste et hiérarchique et la

probabilité que le MEBA ne mette pas en œuvre les mesures qui s’imposent pour améliorer

le dispositif et l’efficacité de la gestion des ressources humaines est élevée. Les directions

du MEBA connaissent les capacités de leurs personnels et les exigences d’une gestion

efficace, mais elles ont besoin de plus des possibilités et des capacités pour appliquer les

mesures administratives qui leur permettraient de recruter ou de redéployer des ressources

humaines ayant les compétences requises pour assumer les tâches et responsabilités

dévolues.



Mesures de mitigation

- Une étude réalisée en 2001 par Core Advise a abouti à des recommandations qui sont

reconnues toujours actuelles pour l’essentiel par le MEBA et les PTF.

- Par le dialogue et l’accompagnement les PTF veilleront à ce que le MEBA élabore un plan

de mutations institutionnelles qu’il mettra en œuvre graduellement à travers les plans

d’action annuels.

- Le MEBA met en œuvre un programme de renforcement des capacités des ressources

humaines au niveau central et au niveau décentralisé en fonction de la gestion axée sur les

résultats (plan à court et à long terme), à travers les plans d’actions annuels.

- Le MEBA améliore progressivement la qualité de ses plans d’action du PDDEB au niveau

central et au niveau déconcentré.

- Le plan de décentralisation sera mis en œuvre et les directions déconcentrées seront

renforcées dans leur capacité de gérer le PDDEB avec les nouvelles conditionnalités.





7.1.3 La gestion financière du PDDEB est insatisfaisante



La mise en œuvre de PDDEB à travers le BPE, en ce qui concerne le fonds commun, a

montré des faiblesses sur le plan de gestion financier qui a retardé sérieusement le

Programme. Avec la fermeture du BPE, les responsabilités de la gestion financière

incombent au MEBA et MFB qui appliqueront la gestion financière nationale à travers un

CAST. Le bon déroulement du CAST est conditionné par certaines précautions en matière

du renforcement du personnel et en matière de modification de délégation des crédits et de

mis à disposition de fonds. Les renforcements sont prévus, mais le risque demeure, que les

mutations organisationnelles ne se réalisent pas immédiatement et que le report de

décaissements entraîne un report d’activités inscrites dans le plan d’action.



Mesures de mitigation



- A travers une meilleure gestion des finances publiques, favorisée par les reformes

budgétaires en cours, la création d’un Compte d’Affectation Spécial du Trésor pour le

PDDEB le Gouvernement assure un meilleur suivi des dépenses. Les PTF sont ainsi mieux





81

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







positionnés pour veiller à ce que les allocations budgétaires soient utilisées à des fins pré-

déterminées par le biais d’indicateurs identifiés.



- Le MEBA et le Ministère des Finances et du Budget fournissent des ressources qualifiées à

la DAF et renforcent le système de suivi interne. A cet effet, l’analyse de besoins en

renforcement organisationnel programmée sera effectuée.



- Le Régime financier de l’Etat sera applique, sur la base du « Guide sur les opérations

financières spécifique aux CAST » élaboré et appliqué pour l’exécution technique et

financière du PDDEB.



- Les dispositions légales seront prises dans le cas de CAST pour permettre la délégation de

crédits et la mise à disposition de fonds, de transferts et d’investissements – tant au niveau

central que déconcentré – pour répondre aux besoins de financement de toutes les activités

prévues y compris FONAENF, sous-projets communautaires etc..



- Le Gouvernement et les PTF ont identifié des indicateurs qui facilitent le suivi de

l’exécution du budget.



- Le MEBA s’est engagé à appliquer la gestion axée sur les résultats pour laquelle il faut

également affiner les indicateurs. Le rapport annuel sur les dépenses permet de constater

l’exécution du budget





7.1.4 Le risque lié à la passation et à l’exécution des marchés.



La passation de marchés reste à être mieux maîtrisée, notamment dans le domaine de la

construction des complexes scolaires. Bien que le Ministère des Infrastructures, du transport

et de l’Habitat (MITH), en tant que maître d’ouvrage délégué, ait en prévision sous sa charge

45 techniciens recrutés par le BPE pour suivre la réalisation des constructions scolaires, le

système de contrôle n’est pas encore bien rodé. Cependant, le système de passation de

marchés dans le PDDEB est déjà en grande partie déconcentré au niveau des provinces

(DPEBA, Communautés éducatives, ONG, Projets). Les attributions des marchés

d’infrastructures dans le cadre des Accords Programme de Travail, les Sous-projets

communautaires sont faites par les Commissions Provinciales d’Attribution des Marchés,

les Communautés éducatives. Cette responsabilisation des structures à la base dans un

contexte de décentralisation peut entraîner des risques tels que les lenteurs dans le

processus, le manque de capacités d’exécution au niveau locale, le niveau de corruption

etc.. Ces risques peuvent entre autre affecter la qualité, le coût et les délais de réalisation et

nombre de complexes implantés. Quant aux acquisitions de manuels et fournitures

scolaires, les procédures relèvent du niveau central.



Mesures de mitigation :

- La Banque mondiale et le FMI suivent de près la réglementation en place dans ce secteur et

les PTF peuvent utiliser leurs analyses et recommandations.

- des efforts importants sont actuellement entrepris par le gouvernement en ce qui concerne

les reformes de la réglementation des marchés publics. La Banque mondiale et l’Union







82

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







européenne l’ont accompagné par la réalisation d’études et la relecture des textes sur la

passation des marchés.

- Les communautés et les ONG seront davantage impliquées dans la réalisation

d’infrastructures éducatives soit à travers le suivi des constructions, soit grâce à la

promotion effective des sous projets communautaires.

- les audits conseil contribuent au contrôle mais surtout au renforcement de l’appropriation

des procédures de passation de marchés.

- pour la réalisation des infrastructures, le gouvernement a décidé d’impliquer le MITH qui

est le département ministériel spécialisé en la matière, et qui sera doté des 45 techniciens

provinciaux en bâtiment.

- le MEBA et les PTF ont proposé de renforcer la maîtrise d’ouvrage technique déléguée

avec le MITH, ce qui devrait assurer un meilleur suivi des constructions scolaires. Des

formations seront données aux techniciens du MITH sur le terrain par un bureau d’études.

Les Commissions d’Attribution des Marchés (CAM) recevront également de la formation

sur les procédures d’appels d’offre.





7.1.5 Déséquilibre entre les trois axes d’intervention du PDDEB



Le dilemme dans lequel se trouve le MEBA, en mettant l’accent sur l’atteinte des objectifs

quantitatifs sous la pression politique interne et celle de la procédure accélérée pour l’EPT

(Fast Track), est qu’en voulant augmenter rapidement le nombre d’apprenants pour faire

face à l’exigence d’augmenter le TBS et le taux d’alphabétisation à court terme, il néglige

les actions à entreprendre pour mettre en place des conditions d’enseignement et

d’apprentissage de qualité. Comme effet prévisible le taux de déperdition et d’abandon

risquent d’augmenter et le TBS commencer à baisser.



Mesures de mitigation

- Les PTF adhèrent aux objectifs qualitatifs fixés. Les PTF maintiennent un dialogue de

politique constant avec la partie burkinabé. Le suivi conjoint permet de mesurer les progrès

du PDDEB et d’ajuster les interventions en vue de l’atteinte de tous les résultats.

- Des questions sur la qualité doivent être abordées dans les suivis conjoints et dans les

groupes thématiques, notamment celles de l’efficience interne du système au niveau de

planification (la formation des enseignants, la disponibilité du matériel didactique,

l’équipement, les infrastructures, encadrement et suivi) et de l’efficience externe, qui

demeure mitigée en fonction du manque d’adaptation de l’enseignement et du manque de

perspective après l’école primaire.

- Le gouvernement a déjà défini sa vision qui est l’approche par compétence. Aussi, le

gouvernement s’est engagé pour une réforme du curriculum. Pour ce concerne

l’alphabétisation un nouveau curriculum est en cours d’expérimentation.

- Le gouvernement s’est engagé pour l’élaboration et l’application d’un plan d’action sur la

formation continue pour les enseignants, lié à l’application de la reforme de curriculum.

- Le gouvernement s’est engagé définir une politique éditoriale qui est déjà en cours pour ce

qui concerne le volet alphabétisation.





83

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







7.2 Les risques liés à la décentralisation du système éducative

La décentralisation est considérée comme un projet important contribuant à la réalisation

des objectifs de bonne gouvernance par le renforcement de la démocratie à la base, la

participation des populations au processus de développement. L’éducation est désignée

comme un des premiers secteurs à décentraliser à partir la fin de 2005 dans les communes

urbaines. Cependant la mise en place effective de la décentralisation constitue un défi qui

rend plus complexe le pilotage du PDDEB.





7.2.1 Risque lié à l’absence d’une répartition efficace des mandats entre les communes

et les DREBA et DPEBA.



Le transfert des responsabilités en matière d’éducation (constructions d’écoles, salaires des

enseignants etc.) affectera le système de gestion du MEBA. Celui-ci est déjà déconcentré

aux niveaux régional et provincial ainsi qu’à la base, à travers les DREBA, DPEBA, CEB,

APE et AME. Cependant, la définition effective des mandats futurs de ces structures par

rapport aux communes est nécessaire en vue d’assumer leurs rôles en matière de gestion du

système éducatif. Le gouvernement et le MEBA ont adopté sur cette question un calendrier

et une approche pragmatiques.



Mesures de mitigation



- Dès la rentrée 2005-2006, les dispositions de la Loi 055-2004/AN portant code général des

collectivités territoriales au Burkina Faso prévoient le transfert du système éducatif aux 49

communes urbaines. En attendant, elles fonctionneront sous le régime de la Délégation

Spéciale,

- MEBA élabore en concertation avec MATD un plan des transferts du système éducatif aux

communes.

- progressivement, et au fur et à mesure de la validation du dispositif à ce niveau, les 302

nouvelles communes rurales seront concernées,

- Le transfert de compétences au niveau des communes accompagné d’un transfert des

ressources financières nécessaire s’effectuera donc progressivement pour faire face aux

défis posés.





7.2.2 Risques liés à la gestion décentralisée des enseignants.



La gestion décentralisée des enseignants connaît de nombreux problèmes, en raison de

l’implication de plusieurs ministères, du mode recrutement régionalisé des nouveaux

enseignants sans statut clair, de la présence de plusieurs corps d’enseignants à statuts

différents, à savoir des enseignants fonctionnaires de l’Etat, ceux relevant des collectivités

locales, ceux pris en charge en partie par les communautés villageoises. Cette situation peut

être source de démotivation et de blocage avec des conséquences négatives sur les résultats

scolaires.









84

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Mesures de mitigation :



- L’appui envisagé par le PADSE à la concertation et la coordination entre le MATD et le

MEBA pour préparer et réaliser le transfert du système éducatif doit contribuer à clarifier

le statut des enseignants dans toutes les communes.

- L’encadrement de proximité incluant le rôle que doivent jouer les directeurs d’école et les

CEB dans l’animation d’une communauté éducative dynamique et consciente renforcera la

motivation des enseignants.

- Le MEBA mettra en place un système de renforcement des capacités des structures

déconcentrées (DREBA et DPEBA) pour qu’elles soient en mesure d’assumer leurs

nouveaux rôles et de fournir les appuis nécessaires aux communes.





7.3 Le risque de désengagement du gouvernement ou des PTF



7.3.1 Le budget national s’avère insuffisant

La situation macro-économique du pays est relativement favorable et permet au

gouvernement du Burkina Faso d’engager une importante part de ses ressources propres à

l’éducation. Néanmoins, une aggravation de la situation politique dans le sous-region, une

baisse du prix du coton ou des mauvaises récoltes successives entre autres peuvent avoir

comme résultat que l’état ne puisse pas maintenir le niveau de son engagement au secteur

l’éducation. Cependant, le risque peut exister, mais il est peu probable grâce aux

engagements pris par le pays au niveau national et international (l’existence d’un CSLP et

d’un PAP, mise en œuvre de l’Initiative Fast Track).



Mesures de mitigation

- Dans le contexte de l’allocation des fonds PPTE, le Gouvernement s’est engagé à

augmenter son investissement en éducation de 21,6% en 2000 à 26% en 2010 du budget

national dont 60% alloué pour l’éducation de base. Le budget de 2005 reflète cet

engagement (Banque mondiale, Joint Staff Assessment 2000).



- Les PTF suivent la question budgétaire de près. L’affectation des recettes PPTE est aussi

suivie de très près par la Banque mondiale et le FMI.



- Le dialogue de politique entre le Gouvernement du Burkina Faso et les PTF permet de

décider conjointement des niveaux d’indicateurs à atteindre en cas de réduction budgétaire.



- Le Gouvernement a adopté une Loi des finances et une nomenclature budgétaire qui

indiquent clairement la structure du budget de l’État, et un dispositif est en place pour

assurer le respect de l’exécution du budget. Le MEBA élabore son propre CDMT en

collaboration avec le PTF.



- Le Gouvernement a des engagements à moyen terme (CSLP et PAP, Initiative Fast Track)

concernant sa contribution au secteur de l’éducation qu’il sera tenu de respecter.

Cependant, en cas d’insuffisance budgétaire, le Burkina Faso s’est engagé à travers l’accord

sur le PPTE d’épargner les secteurs sociaux dans les coupures budgétaires.







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Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







- Les PTF s’assurent que la part du budget national consacrée au secteur de l’éducation

correspond aux engagements pris par le Gouvernement du Burkina Faso. L’utilisation de

l’aide est non seulement évaluée à travers les organes de suivi et de pilotage du PDDEB,

mais aussi à travers les audits externes, les revues mi-parcours et finales.





7.3.2 Les risque lié à des inactions des PTF



La mise en œuvre du PDDEB repose fortement sur l’engagement des bailleurs. Sans des

subventions et de prêts extérieurs le financement du PDDEB ne sera pas possible. Ainsi les

changements politiques au Burkina Faso ou dans les pays des bailleurs pourraient avoir un

effet sérieux sur le financement du PDDEB. Cependant, le risque que les PTF ne respectent

pas leurs engagements n’est pas très probable grâce aux engagements internationaux.



Mesures de mitigation



- Les PTF se sont engagés à remplir ses obligations internationales de déclaration de Jomtien

(1990) et de Dakar (2000), ainsi qu’à la Procédure Accélérée en faveur de l’EPT (FTI) et

les Objectifs du Millénaires pour le Développement (OMD).





7.3.3 Les fonds externes ne sont pas mis à disposition selon les besoins



Actuellement, environ une vingtaine de donateurs participent au financement du PDDEB à

hauteur de plus de 40% du budget total. Il existe pourtant le risque que les ressources

financières ne soient pas bien coordonnées et mises à disposition à temps.



Mesures de mitigation

- Le Gouvernement définit un plan d’action national et toutes les dépenses du secteur

éducatif, et en particulier celles relevant de l’appui des PTF, s’inscrivent dans le cadre du

PDDEB.

- La gestion des fonds des PTF à travers le CAST devrait répondre aux attentes dans la

mesure où le dispositif mis en place sera performant.

- L’amélioration progressive de la qualité et de la pertinence des plans d’action annuels et

des rapports d’activités et financiers devrait aider à diminuer ce risque.





7.4 Les risques liés à l’appui à la formation professionnelle



La formation professionnelle est un sous-secteur complexe où plusieurs intervenants sont

impliqués à différents titres. Afin d’atteindre l’objectif que s’est fixé le PADSE, il est donc

nécessaire que le Gouvernement manifeste sa volonté politique de vouloir aller dans la

direction d’une politique consensuelle pour le sous-secteur. Il y a donc le risque que cette

volonté ne soit pas suffisamment forte. Dans le passé, on a ainsi constaté que les Ministères

impliqués dans le secteur ont visé leurs intérêts particuliers plutôt que le souci de parvenir à

une position commune.







86

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









7.4.1. Le risque de la non matérialisation de l’engagement politique du gouvernement



Le risque de la non matérialisation de l’engagement politique du gouvernement constitue

un facteur qui influence la formulation d’une politique nationale.



Mesures de mitigations :

- la nomination d’un Ministre Délégué à l’ETP.

- l’engagement actuel de plusieurs PTF dans le sous-secteur pour appuyer l’élaboration d’

une politique transversale.

- les engagements du gouvernement concrétisés par la mise en place effective de comité de

coordination et du comité technique .



- Le renforcement des capacités et des ressources du ministère désigné pour la coordination

est assuré par le Gouvernement.

- Elaboration d’un plan d’action du processus.









87

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







8. PLAN DE DEMARRAGE



Une phase de démarrage du PADSE d’environ 9 mois est prévue pour permettre à l’Unité de

coordination de l’Ambassade d’élaborer son programme de travail et de finaliser les mécanismes

de mise en oeuvre du Fonds d’Appui aux Initiatives, de l’appui à la formation professionnelle et

de l’appui au FONAENF. Cette phase permettra aussi de s’assurer que les conditions sont

réunies pour le lancement du programme, notamment l’existence et le bon fonctionnement du

CAST (voir annexe 10).



Compte tenu du caractère particulier du PADSE qui s’aligne sur les conditions de mise en œuvre

du PDDEB, les activités initiées au cours de la phase de démarrage – et par la suite – rentreront

directement dans le cadre des exercices de programmation et de suivi propres au PDDEB.

Toutefois, deux conditions préalables devront être réunies avant le démarrage du PADSE : outre

l’ouverture et de la mise en fonction du CAST, il s’agira de la finalisation et de la signature du

Protocole de Financement (PFC) en cours de discussion entre le Gouvernement et les PTF du

panier commun.



Afin de permettre d’élaborer avec les structures concernées les contenus et les modalités de

gestion des appuis, la phase de démarrage du programme danois portera sur quatre principaux

axes de travail :



a) au niveau du PDDEB



La prise en compte des grandes lignes d’orientation découlera du bilan de la première

phase qui sera faite lors de la mission conjointe de décembre 2005 et de la revue à mi-

parcours du PDDEB en cours de réalisation. La revue à mi-parcours est le lieu pour évaluer

le progrès de la mise en oeuvre de la première phase du plan et pour étudier les forces et les

faiblesses de sa gestion. La revue étudiera également les mécanismes de suivi mis en place,

notamment les missions conjointes, les indicateurs et le dispositif institutionnel comme le

SP/PDDEB. Les conclusions et les recommandations seront restituées et validées par le

Gouvernement et les PTF, et prises en compte pour la planification de la deuxième phase

du PDDEB.



La phase de démarrage de neuf mois donnera le temps suffisant au PADSE pour prendre

dûment en compte les adaptations proposées au PDDEB par le gouvernement burkinabé et

l’ensemble des partenaires, afin d’apporter des correctifs et des ajustements recommandés à

ses objectifs, ses résultats et ses indicateurs. L’unité de coordination de l’Ambassade

participera activement à toutes les activités relatives aux réflexions sur le bilan de la

première phase et la planification de la deuxième phase : missions conjointes, groupes

thématiques, missions sur le terrain. Elle se préoccupera spécifiquement de la prise en

compte de la question de la qualité, de celle des questions transversales et la

décentralisation qui n’ont pas été suffisamment traitées durant la première phase du

programme.



Les missions conjointes bi-annuelles se tiennent habituellement en avril/mai et

octobre/novembre chaque année. A cet effet, les résultats de la revue à mi-parcours

devraient être disponibles pour la tenue de la prochaine mission conjointe vers avril mai





88

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







2006. L’intégration de changements dans la programmation de la phase II du PDDEB

pourra s’effectuer à l’occasion de cette mission conjointe de suivi.



b) au niveau du FONAENF



Pour ce qui concerne le FONAENF, l’Ambassade danoise élaborera une lettre d’entente de

financement direct pour la campagne d’alphabétisation 2006, dans le but de contribuer à la

mise à disposition des fonds à temps pour la campagne. Cette entente avec la structure

précisera les conditions de mise à disposition des fonds, le mécanisme de gestion ainsi que le

suivi des résultats à atteindre. Durant cette phase de démarrage, l’Ambassade danoise mettra

à profit le suivi du fonctionnement du CAST (procédures financières nationales) pour évaluer

la capacité de ce mode de financement à prendre en compte les besoins spécifiques du

FONAENF basés sur la stratégie du faire-faire: périodes de décaissement, suivi financier et

technique des opérateurs en alphabétisation par les structures déconcentrées du MEBA,

financement des audits externes. Si cette évaluation permet de conclure que le dispositif

national adopté par les PTF du panier commun permet de maintenir l’efficacité et

d’augmenter les performances du FONAENF dans le développement de l’alphabétisation, le

PADSE envisagera le financement de la campagne 2007 à travers le panier commun de

financement du PDDEB. L’appui au FONAENF prendra en compte le dispositif déjà en

place et auquel l’Ambassade danoise a adhéré pour son financement durant la phase pilote

pour la gestion des fonds et le suivi des réalisations. Il s’agira pour l’unité de coordination de

l’Ambassade, à l’instar des autres PTF partenaires du Fonds, de participer à la gestion du

FONAENF à travers la représentation du groupe des PTF dans les instances décisionnelles et

de suivi à savoir le Conseil d’Administration, les Comité de financement et les missions de

suivi sur le terrain.



c) au niveau du Fonds d’Appui aux Initiatives

La conduite d’une analyse sur les activités porteuses et l’ancrage pour le Fonds d’Appui

aux Initiatives devra être rapidement menée. Cette analyse privilégiera l’option de la DG-

CRIEF dans le but de contribuer au financement d’activités liées à la réforme des curricula

et l’amélioration de la qualité de la formation des enseignants, mais examinera également

d’autres options possibles. Un appui à la décentralisation éducative pourrait être envisagé

par une contribution de la coopération danoise qui faciliterait la coordination et la

concertation entre le MEBA et le MATD pour un transfert efficace du système éducatif aux

communes. . Les mécanismes de gestion et de suivi adoptés par les PTF dans ce domaine

(notamment par ceux qui contribuent actuellement à la DG-CRIEF) devront aussi être

analysés et comparés en termes de coûts-bénéfices. Elle sera effectuée par le MEBA, en

concertation avec l’Ambassade, et ses résultats seront partagés avec les PTF lors de la

mission conjointe au mois de avril/mai 2006.



Afin de préciser les actions à mener dans le cadre du Fonds d’Appui aux Initiatives, un

cadre logique sera préparé pour arrêter les objectifs et les résultats attendus de l’appui, le

programme des activités et les coûts y relatif. Un comité de pilotage sera également mis en

place avec la structure responsable avec des termes de références et les procédures pour la

gestion financière.









89

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







A la lumière des orientations prises pour la deuxième phase du PDDEB et des résultats

atteints durant la phase de démarrage, le Fonds d’Appui aux Initiatives pourrait être reversé

dans le fonds commun des PTF pour le financement des plans d’action du PDDEB



d) au niveau de la Formation Professionnelle



L’objectif retenu est l’appui à l’élaboration d’une politique nationale de la formation

professionnelle. La phase de démarrage permettra de préciser les besoins en appui et de

programmer les activités devant aboutir à un document de politique nationale consensuel.

L’ancrage institutionnel fera l’objet d’une analyse préalable. Un comité de coordination est

en phase de montage et sera opérationnel au début 2006. Ce comité sera en charge de la

proposition des actions visant l’élaboration de la politique nationale. Il sera accompagné dans

sa mission d’élaboration de la politique en matière de formation professionnelle sur la base

d’un cadre logique et un plan de travail budgétisé pour 2006 - 2007 avec des objectifs

déterminés dans le temps. Les décaissements seront conditionnés par l’atteinte des résultats

fixés.



Durant la phase de démarrage, il s’agira pour l’Ambassade d’appuyer le comité à déterminer

les activités à entreprendre, établir les indicateurs pour mesurer les résultats émanant du

processus.









90

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Annexe 1

Structure de l’offre éducative au Burkina Faso









Source : «Décentralisation au Burkina Faso : analyse herméneutique de la décentralisation du MEBA », Faculté

d’Education de l’Université d’Ottawa, 2002, cité dans le Rapport National sur le Développement de l’Education

au Burkina Faso », MESSRS, 2004.



Remarque : Dans ce tableau, la colonne « formation professionnelle » ne comprend que la formation

initiale des enseignants du primaire pour le MEBA et les formations de l’enseignement supérieur pour

le MESSRS. Pour ce dernier ministère, les formations professionnelles du secondaire sont dans la

colonne « cycle secondaire ». Les formations rurales ne sont évoquées que dans le non formel (CFJA)







91

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





et les formations professionnelles des autres ministères ne sont pas mentionnées, y compris les

formations par apprentissage du METJ et celles des Chambres de Commerce sous tutelle du MCPEA.









92

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





Annexe 2

Projet de Protocole de Financement Commun entre le Gouvernement du Burkina Faso et

des PTF, Version de 24.novembre 2005



PROTOCOLE DE FINANCEMENT COMMUN (PFC)

entre le Ministère des Finances et du Budget du Burkina Faso, et les

Partenaires Techniques et Financiers du Fonds Commun

concernant le

Plan Décennal de Développement de l’Éducation de Base (PDDEB)

1. Attendu que le Gouvernement du Burkina Faso, représenté aux fins de la signature du

présent protocole par le Ministère des Finances et du Budget (MFB), désigné ci-après « le

Gouvernement » a, sur requête du Ministère de l’Enseignement de Base et de

l’Alphabétisation (MEBA), demandé l’appui des Partenaires Techniques et Financiers du

Fonds commun (désignés ci-après « les PTF-FC ») au présent Protocole de Financement

Commun (dénommé ci-après « PFC ») pour contribuer à la mise en œuvre du Plan

décennal de développement de l’éducation de base 2001-2010 (PDDEB). Les PTF-FC sont

une partie des PTF du PDDEB. Dans le but de faciliter la coordination entre tous les PTF

du PDDEB, la mise en oeuvre du présent protocole se fera en cohérence avec le cadre

partenarial. Les PTF-FC s’efforceront de faire évoluer le cadre partenarial en collaboration

avec tous les signataires de ce cadre dans un souci d’accroître l’harmonisation de l’aide. Le

Gouvernement et les PTF-FC, ensemble, sont appelés ci-après les « Signataires » et sont

listés en Annexe 1.



2. Attendu que le Gouvernement s’est engagé à fournir le financement pour la mise en œuvre

du PDDEB à un niveau qui sera indiqué dans le Budget de l’Etat tel qu’approuvé par le

Parlement sur une base annuelle. Les PTF-FC se sont engagés, chacun pour ce qui le

concerne, au terme d’un accord bilatéral avec le Burkina Faso, à contribuer à la mise en

œuvre du PDDEB 2001-2010 par un appui technique et/ou financier.



3. Attendu que la contribution financière des PTF-FC est déterminée dans le cadre des

Accords Bilatéraux conclus entre le Gouvernement et les PTF-FC.



4. Attendu que les signataires attachent une grande importance aux principes d’harmonisation,

tels que ceux-ci se reflètent dans le présent PFC et s’efforcent de s’aligner le plus possible

sur les systèmes budgétaires, comptables et législatifs du Gouvernement de manière à

améliorer l’efficacité de la mise en œuvre, à réduire la charge administrative du

Gouvernement et à réduire les coûts d’opération.



5. Attendu que le respect des droits de la personne, des principes démocratiques, de la

primauté du droit et de la bonne gouvernance, qui régissent les politiques nationales et

internationales des Signataires, sont les principes fondamentaux sur lesquels repose la

coopération entre les Signataires et constituent les éléments essentiels du présent PFC.









93

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





6. Attendu que le Gouvernement a opté pour la mise en place d’un Compte d’Affectation

Spéciale du Trésor (CAST) comme mécanisme de gestion des fonds des PTF-FC et que ce

mécanisme a été apprécié pour une mise en œuvre effective.



Les Signataires conviennent de ce qui suit :



§1 OBJECTIFS DU PROGRAMME ET PORTÉE DU PFC

7. L’objectif global du PDDEB 2001-2010 est de contribuer à l’accroissement de l’offre

éducative tout en réduisant les disparités de toutes sortes ; à l’amélioration de la qualité, de

la pertinence et de l’efficacité du système ; au développement et la consolidation des

capacités de pilotage et de gestion du système à tous les niveaux.



8. Le PDDEB est intimement lié au « Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté » (CSLP).

Ce document représente le cadre national de la politique qui décrit la stratégie nationale et

le plan opérationnel pour la réduction de la pauvreté, y compris les objectifs de la

coopération en matière de développement national. Les objectifs du PDDEB souscrivent :

- aux Objectifs de Développement du Millénaire de septembre 2000 appelant à la

création d'un environnement propice au développement et à l'élimination de la pauvreté,

dans lequel le secteur de l'éducation occupe une position centrale ;

- au Consensus de Monterrey de mars 2002 appelant à un nouveau partenariat entre pays

développés et pays en développement, au sein duquel l'augmentation du niveau de

l'aide internationale pour une efficacité renforcée se fonderait sur des politiques et une

gouvernance nationales améliorées et en particulier à la procédure accélérée en faveur

de l’éducation pour tous (PA-EPT) (ou initiative « Fast Track ») de juin 2002, l’une de

ses premières déclinaisons opérationnelles ;

- et à la Déclaration de Rome de février 2003 et de Paris de mars 2005 sur

l’harmonisation de l’aide, appelant les institutions multilatérales et bilatérales à « une

action urgente, coordonnée et soutenue afin d’améliorer l’efficacité sur le terrain ».



9. Le PDDEB et son financement seront mis en œuvre en accord avec les dispositions du PFC

et les documents de référence suivants :



DOCUMENTS APPROUVES PAR APPROUVES LE

Loi d'orientation de l'éducation Le Président du Faso 24 juin 1996

Lettre de politique éducative Le Président du Faso 2 mai 2001

PDDEB Conseil des Ministres 20 juillet 1999

Cadre Partenarial Le MEBA 14 septembre 2002

Textes portant cadre juridique des Le Président du Faso 12 mai 2005

finances publiques du Burkina Faso1



10. Le PDDEB 2001-2010 sera mis à jour par le Gouvernement en tenant compte entre autres

des résultats des missions conjointes de suivi, des développements nationaux et des



1

Loi nº 006-2003/AN du 24/01/2004 relative aux lois de finances du 24 janvier 2003, décrets nº2005-255, 256,

257 et 258/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005



94

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





résultats des consultations, dans le cadre des évaluations de fin de chaque phase du

PDDEB.



11. Le présent PFC énonce les modalités et procédures communes convenues aux fins de l’aide

financière apportée au PDDEB et sert de cadre de coordination aux fins de la consultation

auprès du Gouvernement, des revues conjointes de performance, des procédures communes

de décaissement, des rapports et des audits.



12. Le présent PFC est complété par les Accords Bilatéraux de chaque PTF-FC, qui ont force

contractuelle. Les PTF-FC suivent les principes garantis par le PFC, en rédigeant des

accords bilatéraux cohérents et compatibles avec l’esprit et les dispositions du PFC. Ils

s’abstiendront d’établir des conditions qui sont incompatibles avec l’esprit ou les

dispositions du présent PFC ou qui s’en écartent. En cas de divergences d’interprétation

entre les modalités du PFC et celles des Accords Bilatéraux, les dispositions des Accords

Bilatéraux prévaudront.



13. Les PTF-FC baseront leurs contributions effectives sur les progrès réalisés dans la mise en

œuvre du PDDEB. Les progrès seront mesurés au moyen des indicateurs de performance

établis conjointement par le Gouvernement et les PTF-FC.



§2 RESPONSABILITÉS

14. Le Gouvernement, à travers le MFB et le MEBA chacun en ce qui le concerne, est

responsable de la mise en œuvre du PDDEB et de la gestion des contributions financières

des PTF-FC. Le Gouvernement reconnaît le caractère d’additionnalité de l’appui financier

des PTF-FC, celui-ci n’étant utilisé que pour payer les dépenses du PDDEB inscrites dans

le Plan d'actions annuel budgétisé, tel qu’approuvé en conformité des dispositions

législatives et réglementaires du Burkina Faso pour l’approbation du budget de l’Etat. Les

PTF-FC n’assument aucune responsabilité ou obligation envers les tiers en ce qui concerne

la mise en œuvre du PDDEB.



15. Les Signataires collaboreront entre eux et s’informeront complètement en temps opportun

sur toute question concernant la mise en œuvre du PDDEB et du présent PFC. Les

Signataires se partageront tous les renseignements concernant l’apport d’aide, les rapports

techniques et toute autre documentation pertinente se rapportant à la mise en œuvre du

PDDEB.



16. En vue de faciliter la concertation entre eux et avec le Gouvernement dans le cadre du

fonds commun, les PTF-FC désigneront parmi eux un Chef de File. Le Chef de File est le

représentant et porte-parole des partenaires techniques et financiers signataires du présent

PFC. Il est désigné de manière consensuelle par ces derniers pour un mandat d’un an. Son

mandat peut être prolongé au-delà d’une année. Les PTF-FC s’accorderont pour assumer à

tour de rôle les fonctions de Chef de File. Le Chef de File appuie le MEBA dans la

coordination des activités du PDDEB dans le cadre du présent PFC et assure, pendant la

durée de son mandat, la concertation et la consultation des PTF-FC chaque fois que

nécessaire. A ce titre, le Chef de File :

- joue le rôle d’interface entre les PTF-FC et le gouvernement ;

- peut initier, au nom des PTF-FC et après accord de ces derniers, toute correspondance à

l’attention du gouvernement en relation avec les objectifs du PDDEB ;



95

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





- entreprend des initiatives susceptibles de renforcer l’harmonisation, la coordination et

le partenariat entre les PTF-FC dans le cadre du PFC et de la mise en œuvre du

PDDEB ;

- réceptionne, avec le MEBA, les demandes nouvelles d’adhésion au PFC des autres

partenaires techniques et financiers pour la suite de la procédure.



En cas d’absence ou d’empêchement, le Chef de File se fait représenter par un partenaire

qu’il aura désigné au préalable.



17. Les PTF-FC harmoniseront leurs mécanismes de suivi et de supervision et les intégreront

progressivement au système commun conduit par le Gouvernement.



18. Les PTF-FC harmoniseront leurs procédures financières et fiduciaires, dans la limite de la

flexibilité permise par leur réglementation respective.



19. Les PTF-FC respecteront les objectifs du PDDEB dans le soutien financier et le cas échéant

technique qu’ils apportent au Gouvernement pour la réalisation des objectifs du PDDEB.



20. Le Gouvernement informera immédiatement les PTF-FC de toute circonstance qui peut

nuire ou menacer de nuire à la réalisation des objectifs du PDDEB dans le but de régler

ladite question, et demandera la tenue d’une réunion afin de consulter les PTF-FC sur les

mesures correctives à prendre.



§3 CONTRIBUTIONS

21. Les contributions des PTF-FC seront déposées sur le Compte d’affectation spéciale du

trésor (CAST) ouvert spécifiquement pour le PDDEB, comme indiqué par le

Gouvernement, n° 261 2200 C 00 060278 de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de

l’Ouest (BCEAO) au Burkina Faso intitulé « Fonds de Soutien au Développement de

l’Enseignement de Base » (FSDEB)

.

22. Le Gouvernement informera immédiatement par écrit le Chef de File des PTF-FC après la

réception des fonds.



23. Les PTF-FC confirmeront le montant précis de leurs contributions et la durée de

financement dans le cadre des Accords Bilatéraux entre le Gouvernement et chacun des

PTF-FC. Ils informeront de leurs contributions annuelles sur la base de la clé de répartition

convenues entre eux à l’occasion de consultations.



§4 CONCERTATIONS ET PRISE DE DÉCISION

24. Une concertation trimestrielle entre les Signataires, en plus des missions conjointes de

suivi, est essentielle au maintien de l’engagement continu des PTF-FC et à la mise en

œuvre efficace du PDDEB. En cas de besoin, des rencontres extraordinaires peuvent être

organisées. Les résultats des réunions seront consignés dans des procès-verbaux et

distribués aux Signataires.



25. Le MEBA préparera et organisera deux fois par an une mission conjointe de suivi du

PDDEB à laquelle les PTF-FC participeront pleinement. A l'occasion de ces missions





96

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





conjointes, le MFB, le MEBA et les PTF-FC effectueront un suivi et une évaluation

conjoints des résultats de chaque semestre d'activités avant de passer à la phase suivante.



26. Les PTF-FC s’abstiendront d'effectuer des revues unilatérales du PDDEB. Si l’un des PTF-

FC devait pour des raisons exceptionnelles (identification, instruction, révision d’un accord

bilatéral, etc.) mener une revue unilatérale, il consultera, en temps opportun, le MEBA et

les autres PTF-FC afin de discuter et de fixer les paramètres de la revue, son étendue et son

calendrier, et si possible, d’établir une position commune à cet égard. Le PTF-FC concerné

partagera les résultats de sa revue avec le Gouvernement et les autres PTF-FC.



27. La première mission conjointe, organisée au premier semestre de l’année (mars ou avril),

sera une mission au cours de laquelle le bilan des activités et de l'exécution du budget du

PDDEB pour l’année précédente sera dressé. Au cours de cette mission, le MEBA remettra

pour analyse et avis aux PTF-FC les documents cités au paragraphe 29i. Les PTF-FC

devront y répondre dans un délai de deux semaines en mentionnant les amendements

souhaités. Le MEBA en tiendra compte ou donnera des motivations pour justifier le rejet

éventuel de telle ou telle suggestion.



28. La deuxième mission conjointe, organisée au deuxième semestre (septembre ou octobre) de

l’année, sera une revue au cours de laquelle le MFB, le MEBA et les PTF-FC procèderont

au bilan de l'exécution du budget du PDDEB sur le premier semestre de l’année, à l'analyse

des résultats éducatifs de l'année scolaire précédente et à la préparation/appréciation de la

rentrée scolaire de l’année en cours. Ils procéderont également à l’examen du Plan d'actions

de l’année en vue d’y apporter des réajustements si nécessaire. Au cours de cette mission,

le MEBA remettra pour analyse et avis aux PTF-FC les documents cités au paragraphe

29ii.



29. Les deux missions conjointes de suivi seront organisées sur la base de termes de référence

préparés par le MEBA en concertation avec les PTF-FC. Les documents suivants seront

nécessaires :

(i) pour la première mission conjointe de l’année, avec remise aux participants au plus tard

quatre (4) semaines avant sa tenue :

- le projet de Plan d'actions annuel budgétisé du MEBA pour l’année suivante aux fins

d’éclairer la préparation du budget du MEBA ;

- l'actualisation du Cadre des dépenses à moyen terme sur la base des Plans d’action et

des budgets programmes ;

- le rapport annuel d’activités du PDDEB de l’année précédente;

- le rapport annuel d’exécution du budget du PDDEB de l’année précédente selon les

formes requises par la législation en vigueur pour les situations périodiques (voir

référence décret 2005-257 du 12 mai 2005) ;

- les rapports d’audit financier et de passation des marchés de l’année précédente, tels

que décrit au paragraphe 9.

- le tableau des indicateurs mis à jour.



(ii) pour la deuxième mission conjointe de l’année, avec remise aux participants au plus tard

quatre (4) semaines avant sa tenue :







97

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





- le rapport d’exécution du budget du PDDEB pour le premier semestre de l’année en

cours;

- le rapport d’activités du PDDEB pour l’année scolaire écoulée;

- le Plan d'actions annuel pour l’année à venir revu et corrigé pour adoption lors du

CASEM prévu á cet effet;

- le plan de trésorerie et le plan de passation des marchés, qui devront être annexés au

Plan d’actions budgétisé;

- un état du budget de l’exercice à venir.



30. Les conclusions de chaque mission conjointe de suivi du PDDEB seront consignées au plus

tard dans les deux (2) semaines suivant la tenue de celle-ci dans un aide-mémoire préparé

et approuvé conjointement par le MEBA et les PTF-FC représentés, puis cosigné par le

MEBA et le Chef de file. Des copies de l’aide-mémoire seront remises aux PTF-FC, qu’ils

aient ou non participé à la mission conjointe.



31. En retour, le Chef de file des PTF-FC adressera une lettre au Gouvernement, précisant leurs

intentions au vu des conclusions de la mission conjointe dans la semaine suivant la

réception de l’aide mémoire. La lettre définira également les activités urgentes à mener

pour satisfaire les réserves éventuelles soulevées pendant la mission. Une ampliation de la

lettre sera faite au MEBA.



§5 STRUCTURE ORGANISATIONNELLE

32. Les structures centrales et déconcentrées, rattachées et de mission du MEBA, sont chargées

de la mise en œuvre au jour le jour du programme conformément au décret organisant le

MEBA en collaboration avec les structures ad hoc concernées.



§6 DÉCAISSEMENTS

33. Les ressources (internes et externes) et les dépenses de fonctionnement et d'investissement

du PDDEB, consolidées dans un Plan d'actions annuel budgétisé, sont inscrites dans la loi

de finances au sein des budgets programmes en cours de mise en œuvre.



34. A l’issue de la mission conjointe du deuxième semestre, sous réserve de l’approbation

définitive du PAA conformément aux dispositions législatives et réglementaires du droit

burkinabé pour l’approbation du budget de l’Etat, chaque PTF-FC confirmera le montant

de sa contribution affecté au financement du Plan d’action annuel budgétisé de l’année

suivante.



35. Le Plan d’action annuel budgétisé de l’année n+1 consolidera l'ensemble des financements

internes et externes du PDDEB. Il sera présenté par le MEBA en vue de sa validation et son

adoption lors du CASEM extraordinaire du MEBA organisé à cet effet. Les PTF-FC

participeront au CASEM auquel ils seront invités au plus tard deux semaines avant sa

tenue. La validation et l’adoption de ce plan donneront lieu à un procès-verbal signé

conjointement par le MEBA et le Chef de file des PTF-FC.



36. Les missions conjointes de suivi du PDDEB permettront au MEBA et aux PTF-FC

d’apprécier collégialement les performances du PDDEB sur la base des différents

documents cités à l’article 29, ainsi que des indicateurs de suivi du programme.





98

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





37. Au vu des performances du PDDEB, les PTF-FC procèderont aux décaissements,

conformément aux dispositions de leurs Accords Bilatéraux respectifs, en fonction des

besoins de trésorerie réellement constatés, des engagements pris lors de la mission de

programmation, et selon le calendrier et les critères suivants :

- Une première tranche avant le début de l’année budgétaire ou en janvier au plus tard,

après la deuxième mission conjointe et l’approbation des différents documents,

permettra de démarrer les activités de l’année. Dans ce cas, la décision de décaissement

sera fondée notamment sur (i) une appréciation de la mise en oeuvre du Plan d'actions

annuel budgétisé de l’année en cours à travers les rapports attendus pour la deuxième

mission conjointe de l’année (confère §4), ainsi que sur (ii) l’approbation du Plan

d’Action annuel de l’année à venir. Le Gouvernement adressera aux PTF-FC une

demande de déblocage des fonds.

- Une deuxième tranche après la première mission conjointe (avant le mois de juillet)

permettra la poursuite des activités. Dans ce cas, la décision de décaissement sera

fondée sur le constat de bonne mise en œuvre financière conformément au Plan

d'actions annuel budgétisé dont il sera rendu compte à travers les rapports et audits

attendus pour la première mission conjointe de l’année (confère §4). Le Gouvernement

adressera aux PTF-FC une demande de déblocage des fonds.

Dans la mesure du possible, les décisions de décaissement seront prises de façon

consensuelle.



38. La décision des PTF-FC de procéder aux décaissements des fonds fera l'objet d'une

notification unique de la part des PTF-FC à travers leur Chef de file sous la forme d'une

lettre commune adressée au Gouvernement.



39. Les contributions financières des PTF-FC seront alors transférées selon les modalités

convenues avec le Gouvernement sur le compte prévu à cet effet.



40. A titre exceptionnel, les PTF-FC pourraient réviser le calendrier des décaissements pour

répondre à un besoin conjoncturel de trésorerie ou d’actions complémentaires à mener.



§7 APPROVISIONNEMENT ET DEPENSES

41. Le Gouvernement effectuera tous les approvisionnements et dépenses pour le compte du

PDDEB et les acquisitions de biens et services en accord avec les procédures de gestion des

finances publiques de l’Etat, la réglementation générale des achats publics (RGAP) et les

modalités spécifiques convenues entre les deux parties pour la mise en oeuvre du PDDEB á

travers le CAST, telles que décrites dans le guide de gestion du CAST.



§8 SUIVI ET ÉVALUATION

42. Les rapports de mise en œuvre du PDDEB, tels que précisés à l’article 29, seront préparés

selon les formats et la fréquence (semestrielle et annuelle) convenus entre les PTF-FC et le

MEBA. Ils indiqueront avec précision les progrès et les difficultés rencontrées ou prévues

par rapport aux objectifs définis et aux indicateurs de performance retenus et, d'une

manière générale, tout élément pertinent concernant la mise en œuvre du PDDEB.



43. Le processus de suivi évaluation sera commun à tous les PTF-FC et sera aligné sur le

processus d'examen de la mise en œuvre du PDDEB. Le Gouvernement et les PTF-FC





99

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





maintiendront un dialogue continu en ce qui concerne l’aide et la mise en œuvre du

PDDEB.



44. Des revues conjointes du secteur Education seront menées par le MEBA avec les

partenaires du secteur. A cette occasion, l’état d’avancement de la mise en œuvre et du

suivi des recommandations des différents rapports et audits sera examiné avec attention.



45. Trois évaluations de fin de phase1 du PDDEB sont programmées, dont une évaluation

finale en 2010. Les termes de référence seront arrêtés par le MFB et le MEBA en

concertation avec les PTF-FC. Les coûts des évaluations externes seront imputés sur le

budget du programme.



46. Le Gouvernement et les PTF-FC ont convenu que le dispositif de suivi et d'évaluation

reposera sur l'organisation par le MEBA de :

- missions semestrielles conjointes de suivi du PDDEB, à l’occasion desquelles des

missions de terrains peuvent être effectuées ;

- missions d’évaluation de fin de phase du PDDEB.

Ce dispositif sera complété par un système harmonisé d'indicateurs de performance alignés

avec ceux du Plan d'Actions Prioritaires du CSLP : les résultats du PDDEB par rapport aux

indicateurs de performance seront actualisés lors de chaque mission. Les termes de

référence seront arrêtés par le Gouvernement en concertation avec les PTF-FC. Les coûts

des évaluations externes seront imputés sur le budget du programme.



§9 AUDITS ET AUTRES INSTRUMENTS DE SUIVI / EVALUATIONS

47. Le Gouvernement s’assurera de l’intervention annuelle de l’Inspection Générale des

Finances (IGF) pour contrôler l’utilisation des ressources du Gouvernement, et ces rapports

seront communiqués aux PTF-FC. Une intervention des organes supérieurs de contrôle de

l’Etat pourra être sollicitée de façon exceptionnelle si la situation l’exige. En outre le

Gouvernement renforcera ses mécanismes de revue de dépenses publiques.



48. Des études de traçabilité à la demande et des rapports d’audits annuels du PDDEB

compléteront ces contrôles institutionnels. Ces rapports d’audit du PDDEB couvriront les

aspects administratifs, comptables et financiers de sa mise en oeuvre, ainsi que les

modalités de passation des marchés. Les termes de référence seront élaborés par le

Gouvernement en concertation avec les PTF-FC.



49. Le MFB sera responsable du recrutement des auditeurs indépendants conformément aux

procédures de passation des marchés applicables à la Réglementation Générale des Achats

Publics (RGAP). Les activités d'audits et leur coût seront intégrés aux Plans d’actions

annuels et imputés au budget du Programme.



50. Le MEBA synthétisera les principales conclusions des audits et des rapports des structures

de contrôle de l’État dans chaque rapport annuel d'activités du PDDEB et il indiquera les

actions à entreprendre pour répondre à ces conclusions ou remédier aux difficultés

soulevées, ainsi que le calendrier de leur mise en œuvre. Les rapports d'audit seront

examinés conjointement par le MFB et MEBA et les PTF-FC.



1

Pour mémoire, les trois phases du PDDEB sont : 2001-2005, 2005-2008 et 2008-2010



100

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





51. Outre cet audit annuel, les PTF-FC peuvent, dans des circonstances exceptionnelles,

demander un audit externe spécifique. Dans de telles circonstances, le Gouvernement

facilitera le travail des auditeurs.



52. Les documents susmentionnés seront rédigés en langue française et ils devront être

élaborés dans les délais convenus en vue de leur diffusion aux PTF-FC.



53. Dans l'hypothèse où les documents susmentionnés ne seraient pas préparés ou ne leur

seraient pas adressés, les PTF-FC ne seraient pas en mesure d'apprécier collégialement les

performances du PDDEB et d’assurer éventuellement les décaissements de leurs

contributions respectives.



§ 10 NON-CONFORMITÉ, FORCE MAJEURE

54. En cas de non respect des modalités du PFC par l’une des parties, les dispositions des

Accords Bilatéraux s’appliqueront, y compris le cas échéant celles relatives à la

suspension, à titre provisoire ou définitif, de tout décaissement ultérieur.



55. Tout PTF-FC pourra, dans les cas de force majeure, suspendre, réduire ou cesser son

soutien au PDDEB, conformément aux dispositions de son Accord Bilatéral. Dans ce cas,

le PTF-FC concerné est tenu d’informer le Gouvernement et les autres PTF-FC de son

intention afin d’examiner la possibilité d’établir une position commune sur les mesures

correctives à prendre.



56. S’il est impossible d’établir une position commune, le PTF-FC informera le Gouvernement

et les autres PTF-FC de sa décision finale. Dans cette hypothèse, le Gouvernement et les

autres PTF-FC apprécieront ensemble les conséquences de la décision du ou des PTF-FC

concerné(s).



57. Un PTF-FC peut mettre en œuvre ses droits, au titre de son Accord Bilatéral, d’obtenir le

remboursement de fonds décaissés au titre de sa contribution mais non encore appliqués au

financement des dépenses du PDDEB. Dans ce cas, les ressources disponibles sur le

compte utilisé par le PTF-FC pour verser sa contribution seront restituées par le

Gouvernement audit PTF-FC, dans la limite du solde disponible sur le compte, au prorata

des fonds décaissés par ce PTF-FC par rapport au montant total décaissé par l’ensemble des

PTF-FC.



58. Les PTF-FC peuvent, conformément à leurs Accords Bilatéraux, suspendre ou réduire tout

nouveau décaissement si des circonstances extraordinaires surviennent et empêchent la

mise en œuvre efficace du PDDEB. Si les PTF-FC envisagent de suspendre tout nouveau

décaissement, ils consulteront les Signataires afin d’y remédier ou d’en limiter la portée. La

suspension pourra être levée dès que ces circonstances auront cessé d’exister ou dès que

des mesures appropriées auront été mises en œuvre par le Gouvernement.



§ 11 CORRUPTION, FRAUDE, DETOURNEMENT

59. Le Gouvernement veillera à ce que le personnel et les consultants impliqués dans la gestion

des projets ou programmes financés par les PTF-FC s’interdisent tout acte de fraude, de

détournement, ou de corruption visant à offrir à des tiers tout cadeau, rémunération,

indemnité ou avantage de quelque nature que ce soit ou à solliciter, accepter ou se faire



101

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





promettre tout cadeau, rémunération, indemnité ou avantage de quelque nature que ce soit,

pour eux-mêmes ou pour toute autre partie, de sorte que cette conduite pourrait être

interprétée comme étant une pratique illégale.



60. Le Gouvernement informera promptement les PTF-FC des cas de corruption visés au

présent paragraphe et s’assurera que toute personne faisant un mauvais usage des fonds

dans le cadre du présent Protocole soit rigoureusement sanctionnée conformément aux lois

en vigueur du Burkina Faso.



§ 12 MODIFICATION, ADHÉSION DE PTF-FC ET RETRAIT

61. Toute modification apportée aux modalités et aux dispositions du présent PFC ne sera

effectuée que si tous les Signataires y souscrivent par écrit.



62. Les Signataires encouragent d’autres donateurs qui souhaitent apporter leur aide au

PDDEB à participer au présent PFC.



63. Sur demande écrite d’un nouveau PTF-FC et moyennant son acceptation écrite des

modalités du présent PFC, le Gouvernement peut autoriser par écrit, sous forme d’annexe

au présent PFC, le PTF-FC concerné à devenir Signataire. Le Gouvernement consultera

promptement au préalable les autres PTF-FC et leur remettra une copie de la lettre

d’acceptation



64. Chaque PTF-FC peut renoncer à la qualité de PTF-FC signataire du PFC en informant les

autres signataires de sa décision par écrit. Le retrait d’un PTF-FC n’implique pas

nécessairement la fin de son soutien au PDDEB. Les autres PTF-FC se réuniront pour

examiner les conséquences du retrait du PTF-FC sur le PDDEB et prendront les mesures

qu’ils estimeront appropriées suite au dit retrait.



§ 13 RÈGLEMENT DES DIFFÉRENDS

65. Si un différend survient entre les Signataires en ce qui concerne l’interprétation,

l’application ou la mise en œuvre du présent PFC, les Signataires se consulteront dans la

mesure du possible afin de parvenir à conclure un règlement à l’amiable. Dans le cas

contraire, chaque PTF-FC se reportera aux dispositions de son propre Accord Bilatéral.



§ 14 ENTRÉE EN VIGUEUR

66. Le présent PFC prend effet pour les Signataires, à la date de signature par le Gouvernement

et le PTF-FC concerné.









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Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





Pour le Burkina Faso, représenté par le Ministère des Finances et du Budget

Ouagadougou, le 24 novembre 2005







………………………………….

Signature

M. Jean-Baptiste COMPAORE, Ministre







Pour l’Agence Française de Développement, représentée par son Directeur d’agence à

Ouagadougou

Ouagadougou, le 24 novembre 2005





………………………………….

Signature

M. Louis L’AOT, Directeur





Pour la Banque Mondiale, représentée par sa Représentante Résidente au Burkina Faso

Ouagadougou, le 24 novembre 2005





………………………………

Signature

Mme Ellen GOLDSTEIN, Représentante Résidente







Pour le Royaume de Belgique, représenté par son Ambassadeur au Burkina Faso

Ouagadougou, le 24 novembre 2005





………………………………

Signature

M. Daniel BERTRAND, Ambassadeur







Pour le Canada, représenté par son Ambassadeur au Burkina Faso

Ouagadougou, le 24 novembre 2005





………………………………

Signature

M. Louis-Robert DAIGLE, Ambassadeur









103

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Pour le Royaume de Danemark, représenté par son Ambassadeur au Burkina Faso

Ouagadougou, le 24 novembre 2005





………………………………

Signature

Mme Margit THOMSEN, Ambassadeur









Pour le Royaume des Pays Bas, représenté par son Ambassadeur au Burkina Faso

Ouagadougou, le 24 novembre 2005





………………………………

Signature

M. Han-Maurits SCHAAPVELD, Ambassadeur







Pour le Royaume de Suède, représentée par l'Agence Suédoise de Coopération

Internationale au Développement (Sida)

Ouagadougou, le 24 novembre 2005





………………………………….

Signature

Mme Cécilia GJERDRUM, Chef de Coopération









104

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)









Annexe 1: Liste des Signataires



 Pour l’Etat du Burkina Faso,

- Le Ministère des Finances et du Budget du Burkina Faso



 Le groupe des PTF du Fond Commun

- L’Agence Française de Développement

- L’Ambassade de Belgique,

- L’Ambassade du Canada,

- L’Ambassade du Danemark,

- L’Ambassade des Pays-Bas,

- La Banque Mondiale,

- La Coopération Suédoise.









Annexe 2 : Tableau des sigles et abréviations

AME Association des Mères Educatives

APE Association des Parents d’Elèves

BCEAO Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest au Burkina Faso

CASEM Conseil d’Administration de Secteur Ministériel

CAST Compte d’Affectation Spécial du Trésor

CSLP Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté

FONAENF Fonds de l’Alphabétisation et de l’Education Non Formelle

FSDEB Fonds de Soutien au Développement de l’Enseignement de Base

MEBA Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation

MFB Ministère des Finances et du Budget

IGF Inspection Générale des Finances

PA-EPT Procédure Accélérée en Faveur de l’Education Pour Tous

PDDEB Plan décennal de développement de l’éducation de base 2001-2010

PFC Protocole de Financement Commun

PTF-FC Partenaires Techniques et Financiers du Fond Commun

RGAP Réglementation Générale des Achats Publics au Burkina Faso









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Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Annexe 3

Synthèse statistique des indicateurs du PDDEB selon l’harmonisation du CSLP



HARMONISATION DES INDICATEURS DU CSLP & 1ère PHASE DU PDDEB (2000 - 2005)

ANNEES CIVILES 2000 2001 2002 2003 2004 2005

ANNEES SCOLAIRES 2000/2001 2001/2002 2002/2003 2003/2004 2004/2005 2005/2006

COMPOSA Réalisé

Nature des indicateurs de résultats Prévu Réalisé Prévu Réalisé Prévu Réalisé Prévu Réalisé Prévu Prévu

NTE Provis.

ACCES 1. Nouveaux inscrits au CP1(Pr + Pl) 172'162 184'167 212'874 271'920 316'672 304'075 368'788

1a. Nombre de filles inscrites au CP1 72'094 77'804 89'981 124'639 149'591 140'193 179'538

1b. Pourcentage de filles 41.88% 42.25% 42.27% 45.84% 47.24% 46.10% 48.68%

2. Taux Brut d'Admission (Pr + Pl) 44.85% 46.85% 52.88% 65.95% 67.97% 72.01% 76.51%

2a. TBA Filles 38.20% 40.26% 45.46% 61.48% 64.87% 67.52% 74.15%

2b. TBA 20 PP 30.84% 35.19% 44.33% 52.43% 57.58% 57.25% 60.82%

2c. TBA Filles 20 PP 23.80% 29.14% 35.91% 48.52% 54.50% 56.73% 58.75%

3. Taux Brut de Scolarisation 44.35% 45.08% 47.49% 52.20% 56.00% 57,13% 60.08%

3a. TBS Filles 37.55% 38.64% 41.05% 46.27% 50.48% 51.56% 55.15%

A. FORMEL

3b. TBS 20 PP 28.42% 29.64% 32.59% 37.62% 40.36% 43.30%

3c. TBS Filles 20 PP 22.22% 23.75% 26.58% 32.04% 35.01% 38.25%

4. Ratio Livre / Elèves

4a. Livre de Calcul 0.29 0.268 0.248 0.219 0.5 1

4b. Livre de Lecture 0.25 0.493 0.442 0.325 0.5 1

5. % des effectifs venant des zones rurales 58.67% 60.84% 62.93% 64.42% 65.94%

6. Nombre de salles de classes 17'456 19'252 20'621 22'330 24'240 22'842 25'547

7 .Nombre de maîtres chargés de cours 17'294 18'176 19'740 21'884 23'670 25'284 28'284

8. Nombre d'inscrits en AI 122'497 106'640 154'481 182'323 208'168 237'676

8a. Nombre d'inscrits en AI des 20 PP 60'178 58'796 77'110 88'136 100'090 113'666

B. NON FORMEL









8b. % des femmes en AI 56.74% 57.39% 54.71% 54.45% 53.71% 52.97%

8c. % des femmes en AI des 20 PP 51.14% 55.49% 51.61% 52.33% 52.74% 53.14%

9. Nombre d'inscrits en FCB 36'024 31'433 49'529 65'929 80'644 98'643

9a. Nombre d'inscrits en FCB des 20 PP 15'942 14'235 29'123 33'262 42'503 54'311

9b. % des femmes en FCB 49.96% 46.28% 50.72% 51.92% 52.59% 53.27%

9c. % des femmes en FCB des 20 PP 42.90% 41.90% 49.08% 47.65% 49.35% 51.11%

QUALITE 10. Taux de Redoublement global 18.81% 18.16% 16.14% 14.36% 13.42% 12.55%

10a. CP 12.50% 12.72% 10.80% 8.99% 8.05% 7.22%

Dont filles 12.38% 12.70% 10.65% 8.87% 7.94% 7.10%

10b. CE 16.17% 16.99% 15.23% 14.01% 13.36% 12.73%

Dont filles 16.61% 16.94% 15.22% 13.75% 12.91% 12.12%

10c. CM 30.32% 27.95% 25.94% 24.70% 23.07% 21.54%

Dont filles 32.10% 29.24% 27.16% 25.69% 23.85% 22.14%

11. Taux d'Abandon global 7.61% 8.47% 6.58% 6.09% 5.76% 5.45%

11a. CP 6.11% 7.27% 5.65% 5.52% 5.34% 5.16%

Dont filles 5.93% 6.98% 5.54% 5.47% 5.32% 5.18%

11b. CE 8.85% 9.88% 7.44% 6.47% 5.83% 5.25%

Dont filles 7.80% 8.79% 6.55% 5.50% 4.90% 4.36%

11c. CM1 9.18% 8.74% 7.50% 7.04% 6.59% 6.17%

A. FORMEL

Dont filles 8.92% 7.68% 7.09% 6.75% 6.30% 5.87%

12. Taux de Promotion global 76.34% 76.27% 80.12% 82.28% 83.84% 85.42%

12a. CP 81.39% 80.00% 83.55% 85.50% 86.92% 88.35%

Dont filles 81.69% 80.32% 83.81% 85.67% 87.04% 88.43%

12b. CE 74.38% 73.13% 77.34% 79.52% 81.31% 83.14%

Dont filles 75.59% 74.27% 78.23% 80.76% 82.56% 84.40%

12c. CM1 72.19% 72.26% 75.63% 77.26% 78.58% 79.93%

Dont filles 70.99% 71.78% 74.79% 76.87% 78.41% 79.99%

13. Taux de Réussite au CEP 62.25% 62.90% 70.01% 73.73% 74.45% 75.00%

Dont filles 57.61% 58.80% 66.06% 69.57% 71.28% 73.29%

14. Taux d'Achèvement 27.24% 28.03% 29.73% 31.34% 32.84% 34.41%

Dont filles 22.37% 23.61% 25.67% 27.23% 29.07% 31.04%

15. Nombre d'Apprenants Evalués en AI 102'940 88'483 131'045 153'667 175'622 200'714

15a. Nombre de femmes 59'404 52'111 73'382 86'185 97'567 110'453

15b. % de femmes 57.71% 58.89% 56.00% 56.09% 55.56% 55.03%

B. NON FORMEL









16. Nombre d'Apprenants Evalués en FCB 30'318 25'789 41'222 56'328 69'247 85'128

16a. Nombre de femmes 15'054 12'125 21'302 29'791 37'402 46'958

16b.% de femmes 49.65% 47.02% 51.68% 52.89% 54.01% 55.16%

17. Nombre de Déclarés Alphabétisés 23'362 20'743 33'802 47'780 60'649 76'985

17a. Nombre de femmes 11'097 9'722 16'080 24'506 31'913 41'559

17b. % de femmes 47.50% 46.87% 47.57% 51.29% 52.62% 53.98%

18.Taux d'Alphabétisation 28.96% 30.01% 31.11% 32.25% 33.25% 34.52%









106

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





BN : Dans sa version authentique, le document de base du PDDEB ne prévoit pas d’indicateurs

spécifiques pour la composant « Gestion et renforcement de capacités ».

Notes accompagnant les statistiques :



1. Les indicateurs réalisés de l’année scolaire 2000-2001 à 2003/2004 sont ceux des

annuaires statistiques de la DEP.

2. Les prévisions, à partir de 2004-2005, sont basées sur des estimations du taux

d’accroissement moyen se référant aux années scolaires 2000-2001 et 2003/2004

réalisées.

3. Le TBA et TBS ainsi que les nombres de classes et d’enseignants, projetés pour

2005/2006, ont pris en compte les réalisations provisoires de 2004/2005.

4. Le taux d’alphabétisation a été calculé sur les réalisations du taux décrit dans le

Développement Humain Durable (PNUD) de 2000 à 2002 et les projections avec le

taux horizon de 40% en 2010.

5. Le taux de succès au CEP est fixé sur décision du MEBA.

6. Le ratio livre/élève est établi approximativement en divisant le nombre total de livres

par le nombre total d’élèves

7. Le taux de promotion global est une moyenne des taux de promotions pour chaque sous

cycle pondérée par les effectifs de chaque sous cycle de la même année. Le calcul est le

même pour le taux d’abandon global et le taux de redoublement global.



Face à ces statistiques, quelques remarques doivent être faites :



a) Le PDDEB visait comme objectif un TBS de 70 % en 2009-2010 et un taux

d’alphabétisation de 40 % cette même année. Au rythme de progression du TBA enregistré

et si l’effort se maintient, il est possible que l’objectif des 70% de TBS soit atteint l’année

prévue. Le taux réel d’alphabétisation lui est alimenté par les anciens élèves du formel

devenus alphabétisés (sachant lire et écrire en français) et par les anciens apprenants du non

formel devenus alphabétisés (sachant lire et écrire quelle que soit la langue). Le taux actuel

d’alphabétisation ne sera connu avec précision que lors du prochain recensement en 2006,

mais d’ores et déjà on sait qu’il faudrait plus que doubler les efforts actuels dans le non

formel pour atteindre les 40% en 2009-2010 (passer de 50 000 à plus de 100 000

alphabétisés/an).



b) L’initiative Fast Track se propose d’accélérer l’atteinte de ces objectifs en visant la

scolarisation universelle pour 2015, conformément aux Objectifs du Millénaire. Cela

supposerait de passer d’un rythme de 800 ouvertures de classe durant la décennie 1990-

2000 à un rythme de 2400 durant la première phase actuelle du PDDEB et de 3200 à 4000

jusqu’en 2015. Dans ce cas de figure, d’après les scénarios établis par les spécialistes, les

objectifs décennaux du PDDEB 2001-2010 devraient être atteints dès 2006-2007, car il

faudrait alors passer le cap des 90 % en 2010 pour atteindre le TBS de 108% en 2015,

réalisant la scolarisation primaire universelle.



c) Le simple maintien des objectifs initiaux du PDDEB ou bien leur accélération dans le

cadre des ODM suppose que l’Etat et ses partenaires soient fidèles à leurs engagements,

tant sur le plan technique incluant la qualité et l’attention aux groupes défavorisés, que sur

le plan financier incluant de nouveaux modes opératoires décentralisés.







107

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)





Annexe 4

Matrice des mesures du Programme d’Actions Prioritaires du CSLP 2005-2007



Structures

Secteur Mesures Echéance responsables Structures Partenaires

MESSRS MFB-MATD

•Adoption de mesures réglementaires permettant d’étendre

A

Partenaires sociaux de

l’éducation de base au premier cycle de l’enseignement 2005 2006 MEBA

l’éducation

secondaire

PTF



•Actualisation du plan décennal de développement de l’éducation

de base pour tenir compte de la nécessité de l’élargissement du D’ici fin PTF, Partenaires sociaux

MEBA

concept d’éducation de base et des nouvelles initiatives (Education 2005 de l’éducation

pour tous, initiative 25/2005, Fast Track)





PTF- Collectivités

•Elaboration et adoption de textes réglementaires relatifs à locales, Partenaires sociaux

2005 2006 MEBA, MFB

l’obligation et à la gratuité de l’éducation de base de l’éducation, Assemblée

nationale

Education









•Finalisation des transferts de responsabilité pour le recrutement et MATD, Collectivités

2005 2006 MEBA

l’affectation des enseignants au niveau des DREBA locales



•Préparation d’un plan d’actions pour la mise en œuvre du

transfert des responsabilités pour la gestion des enseignants et des 2005 2006 MEBA

ressources budgétaires conséquentes au niveau des DPEBA



•Poursuite de la politique de subventions scolaires dans les 20

provinces les moins scolarisées (distribution de manuels et 2005 2006 MEBA, MFB PTF, Collectivités locales

fournitures scolaires, de vivres pour les cantines)



•Préparation du CDMT sectoriel (MEBA, MESSRS) 2005 2006 MEBA, MESSRS MFB



•Elaboration et mise en œuvre d’un plan d’actions pour D’ici fin

MEBA /MDCAENF MPF/PTF

l’alphabétisation et la formation des femmes 2005









109

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







• Elaboration d’un répertoire opérationnel des métiers et des MCPEA, Partenaires

2005 2006 2007 MTEJ

Promotion de l'Emploi et de

Formation Professionnelle emplois (ROME) sociaux, PTF





•la mise en place de cadres de concertation sur l'emploi et la Tout ministère et

2005 2006 MTEJ

formation professionnelle institution, secteur privé





•Création d'un réseau de services d'appui-conseils aux promoteurs

En 2005 METJ/DGFP MCPEA

et demandeurs d'emplois









110

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Annexe 5

Organigramme du Ministère de l’Education de Base (MEBA)









111

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Annexe 6



Liste des documents consultés





1. Documents de base : législation et programmes

- Programme d’Actions Prioritaires de mise en œuvre du CSLP 2004-2006, juillet 2004

- Cadre Stratégique de Lutte Contre la Pauvreté (CSLP), version finale, juillet 2004.

- Loi n°013/96/ADP du 24 juin 1996 portant loi d’orientation de l’éducation,

- Lettre de politique éducative de mars 2001

- Textes d’orientations de la décentralisation (TOD) du Burkina Faso, modifiés

- Loi de finances 2004 de l’État du Burkina Faso

- Plan d’action et d’orientation pour la promotion et la protection des droits humains,

MJDL, septembre 2002

- INSD, Rapport d’analyse des résultats de l’EBCVM 2003



2. Documents du CSLP et du PDDEB

- Plan Décennal de Développement de l’Éducation de Base 2001-2010 (PDDEB)

- Aide-mémoire de la mission conjointe de suivi du PDDEB, octobre 2003

- Aide-mémoire de la mission conjointe de suivi du PDDEB, mars 2004

- Aide-mémoire de la mission conjointe de suivi du PDDEB, décembre 2004

- Aide-mémoire de la mission conjointe de suivi du PDDEB, juin 2005

- Joint Review of PDDEB, Final Report, NCG, October 2003

- Document de projet : d’Appui danois au secteur de l’éducation au Burkina Faso, phase

pilote 2004-2005. Mai 2004

- Plan d’action 2004 du PDDEB

- Plan d’action 2005 du PDDEB

- Budget Programme du MEBA

- Rapport sur l’atelier de réflexion concernant les statistiques en AENF – 10/12 mars

2005 – DEP/APENF/PAEN

- Analyse environnementale et sociale de la Phase 1 du Projet Éducation de Base,

MEBA, août 2002

- Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) 2004 – 2006 du MEBA, 2004

- Ministère de l’Économie et du Développement, Cadre stratégique de lutte contre la

pauvreté 2004-2006, juillet 2004

- Programme d’actions prioritaires du CSLP 2004-2006

- Bilan de trois années de mise en œuvre du PDDEB – SPPDDEB – Mai 2005



3. Documents sur la Formation Professionnelle







112

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







- Plan Stratégique de développement de l’Enseignement Technique et Professionnel

2001-2010.

- Rapport Final de l’Étude sur l’Enseignement Technique et Professionnel au Burkina

Faso, juin 2000

- Journées de Réflexion sur l’Enseignement Technique et Professionnel, novembre 1999

- Étude sur la formation professionnelle au Burkina Faso, Coopération autrichienne,

février 2001

- Document Cadre de Stratégie de Promotion de l’Emploi et de la Formation

Professionnelle, juillet 2001



4. Documents des partenaires

- Solutions locales à des défis mondiaux : Vers un partenariat efficace en éducation de

base, évaluation conjointe du soutien externe à l’éducation de base dans les pays en

développement. Étude relative au Burkina Faso, Ministère des Affaires Étrangères des

Pays Bas, Septembre 2003

- Banque Mondiale, Document d’évaluation du projet de proposition de crédit pour le

secteur de l’éducation de base, novembre 2001

- Banque Mondiale, Réduire la pauvreté par une croissance équitable soutenue –

évaluation de la pauvreté – juillet 2004

- Rapport du développement mondial, Banque mondiale 2004

- Rapport mondial sur le développement humain 2004, Programme des Nations Unies

pour le développement (PNUD), 2004

- UNESCO – Rapport mondial sur l’EPT 2003 – 2004. Annexe statistiques de base



5. Documents de la DANIDA

- Partenariat 2000, la politique d’aide au développement du Danemark, octobre 2000.

- Stratégie pour la Coopération Dano-Burkinabè (2004-2008), version provisoire, juillet

2003.

- Aid Management Guidelines, Guidelines for programme management, November

2004.

- Danida sector policy, education, August 2001

- Evaluation of Danish Assistance to Vocational Education and Training, September

2002

- Notes sur la corruption par l’Ambassade royale du Danemark à Ougadougou, avril

2005









113

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







Annexe 7

Plan d'action du PDDEB de l'année 2005 (MEBA, janvier 2005)



COMPOSANTESß/ SOUS-

PLAN DE FINANCEMENT (en milliers)

COMPOSANTES ACTIVITES





REPORT PLAN Syst. Nations

PROJETS

D'ACTION 2004 PANIER UniesONG / FINANCEMENT

OBJECTIF TBS 2004-2005:60,08% COÛT TOTAL

(PANIER

ETAT (Budg) PPTE

COMMUN PTF

BID BAD IV & BAD V

Association /

RATTACHES AU

A RECHERCHER

MEBA

COMMUN) Autres % par

TOTAL composante

1 .AMELIORER L'ACCES A 58,357,595 5,985,236 3,901,167 5,620,000 15,945,559 3,534,800 6,896,908 7,074,516 6,158,103 3,238,558 58,357,595

L'EDUCATION DE BASE



53,227,565 4,252,159 3,481,167 5,620,000 13,293,100 3,534,800 6,896,908 6,791,212 6,134,103 3,221,368 53,227,565

1. 1 Génie Civil et Equipement



1.2 : Sous projets communautaires 3,499,865 1,504,865 0 0 1,995,000 0 0 0 0 0 3,499,865

46.01%

1.3 :Education des filles 821,490 228,212 0 0 393,959 0 0 199,319 0 0 821,490



1.4 :Programme alphabétisation des

683,000 0 420,000 0 202,000 0 0 33,000 24,000 4,000 683,000

adultes

1.5 :Education pour des besoins

125,675 0 0 0 61,500 0 0 50,985 0 13,190 125,675

spécifiques

2 . AMELIORER LA QUALITE ET

L'EFFICIENCE DE L'EDUCATION DE 15,996,707 0 4,470,358 2,189,000 4,182,676 21,180 0 4,796,081 285,912 51,500 15,996,707

BASE



2. 1 Réforme de curriculum 222,100 0 0 0 217,100 0 0 0 5,000 0 222,100



2. 2 Formation profesionelle et

1,968,598 0 1,591,940 0 116,500 14,100 0 117,305 100,753 28,000 1,968,598

stage de perfectionnement 12.61%

2. 3 Matériels pédagogiques 3,067,278 0 0 1,450,000 1,561,362 7,080 0 48,836 0 0 3,067,278



2.4 Nutrition, Santé et SIDA 10,075,835 0 2,730,301 739,000 1,974,850 0 0 4,532,400 99,284 0 10,075,835



2.5 Projets relatifs à la qualité des

188,000 0 0 0 107,500 0 0 30,500 50,000 0 188,000

écoles (PEQ)







114

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)







2. 6 Evaluation des connaissances

437,896 0 148,117 0 190,364 0 0 67,040 30,875 1,500 437,896

apprises



2. 7 Education de la petite enfance 37,000 0 0 0 15,000 0 0 0 0 22,000 37,000



3 . AMELIORER LA GESTION ET

56,134,377 0 49,219,704 520,000 4,900,815 429,259 0 446,711 442,856 175,032 56,134,377

RENFORCER LES CAPACITES

3. 1 Etudes sur l'Organisation et les

838,753 0 205,466 0 522,787 0 0 19,000 86,500 5,000 838,753

méthodes



3. 2 Développement de systèmes 303,038 0 0 0 151,147 0 0 35,000 42,700 74,191 303,038



3. 3 Formation 2,418,437 0 0 0 1,534,061 264,859 0 261,034 281,592 76,891 2,418,437

44.26%

3. 4 Mise à niveau de ressources

936,999 0 0 80,000 692,821 2,400 0 128,078 17,250 16,450 936,999

matérielles

3.5 : Renforcement de capacités par

50,342,655 0 47,719,742 440,000 1,999,999 162,000 0 3,600 14,814 2,500 50,342,655

cellule

3.6. : titre V(les Acquisitions

1,294,496 0 1,294,496 0 0 0 0 0 0 0 1,294,496

,Constructions et réparations)

3.6.1 Titre v : Contrepartie aux

1,147,496 0 1,147,496 0 0 0 0 0 0 0 1,147,496

projets



TOTAL GENERAL 126,835,141 5,757,024 54,177,950 8,425,000 24,090,814 3,990,239 6,896,908 12,139,179 7,087,604 4,258,458 126,835,141

100.00%

100.00% 4.54% 42.72% 6.64% 18.99% 3.15% 5.44% 9.57% 5.59% 3.36% 100.00%









115

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)



Annexe 8

Plan de mise en oeuvre préliminaire



2005 2006 2007 2008 2009 2010

Actions principales qtr1 qtr2 qtr3 qtr4 qtr1 qtr2 qtr3 qtr4 qtr1 qtr2 qtr3 qtr4 qtr1 qtr2 qtr3 qtr4 qtr1 qtr2 qtr3 qtr4



Démarrage x X x x

PDDEB

Missions conjointes x x x x x x x x x x

Groupes thématiques X x x x x x x x x x x x x x x x x x x x

Rapports (semestriels) x x x x x x x x x x

FONAENF via CAST x x

Fond Initiatives

Phase de démarrage x X x x

Ancrage institutionnel définitif x x

Formation Professionnelle

actions ponctuelles X x x x x x x x

Evaluation de l'apport x

Revue mi-parcours PDDEB x x

Evaluation finale PDDEB x









116

Programme d’Appui Danois au Secteur de l’Education au Burkina Faso (PADSE, 2006-2010)



Annexe 9

Plan de démarrage



Actions principales 2005 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre

2006 2006 2006 2006 2006 2006 2006 2006 2006

Conditions préalables

MEBA et PTF à finaliser la lettre d'entente x

MEBA à mettre en place le CAST par le MEBA x



L’Unité de coordination

Élaborer son programme de travail x

Finaliser les mécanismes de mise en oeuvre du Fonds d’Appui aux

Initiatives x

Finaliser les mécanismes de mise en oeuvre d’appui à la formation

professionnelle x



PDDEB

Mission conjointe pour valider la revue à mi-parcours x

Mission conjointe pour adopter les changements et programmer le

PDDEB phase II x x

Ambassade à accompagner les changements par des groupes

thématiques x x x x x x x x x

Analyse de la fonctionnalité du CAST pour les appuis à FONAENF x

Fonds d’Appui aux Initiatives

MEBA/ DK/ PTF à approfondir l’analyse sur l'ancrage pour le Fonds

d'Appui aux Initiatives x

Restituer les résultats de l'analyse x

Etablir une liste des activités à mener x

Etablir les modalités de financement x



Formation Professionnelle

Ambassade pour accompagner le comité de coordination FP x x x x x x x x x

Comité de coordination à déterminer le plan de travail 2006 x

Comité pour sélectionner des études ponctuelles x x

Ambassade pour préciser les critères de l'appui x x x





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