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Quatre heures Chatila

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Quatre heures Chatila Powered By Docstoc
					        QUATRES HEURES A CHATILA
                         De Jean Genet
                    mise en scène de Mahmoud Saïd

                   avec Gaël Marhic et Myriam Zghal




Contact Compagnie HARAKA 16 place de la fraternité 93100 Montreuil/France tel 06 81 89 87
Quatre Heures à Chatila
                                       De Jean Genet

Mise en scène de Mahmoud Saîd
Avec Gaêl Marhic et Myriam Zghal

Au Théâtre du Nord-Ouest
13 rue Faubourg Montmartre Paris IX
Métro Grands Boulevards
Réservation: 01 47 70 32 75 ou 06 81 89 87 64




Quatre Heures à Chatila
Le séjour de J Genet à Beyrouth et plus précisément les quatre heures
qu’il avait passées sur le lieu d’un massacre, lui ont permis de rompre
avec le silence et de faire renaître son désir d’écrire. C’est ainsi que
Quatre heures à Chatila vit le jour et fût publié dans la Revue d’Etudes
Palestiniennes (automne 1983) Dans ce récit digne d’une tablette
inoubliable de l’Histoire humaine, le narrateur, effrayé et tendre à la fois,
apparaît familier aux cadavres gonflés des palestiniens de chatila…




Au Théâtre du Nord-Ouest (jusqu’au 12 juin 2005)
consultez l’officiel du spectacle avant de réserver




                                      Le début
  « Le 15 Avril 1986 Jean Genet est mort à Paris alors qu’il corrigeait les
épreuves de son ultime récit intitulé : un captif amoureux qu’il commença
dès 1970. La publication, un mois plus tard, de ce volume de plus de
cinq cent pages, surprit dans la mesure où un silence de près de vingt
ans fut alors rompu. Mais ce refus de publier, si ce n’est d’écrire, est
relatif puisqu’à partir de 1968, J Genet rédige de nombreux articles
consacrés aux Panthères noires, aux Palestiniens, mais aussi aux
travailleurs immigrés, aux élections présidentielles françaises de 1974, à
la bande de bader en Allemagne… »


                     Quatre heures à Chatila est un récit d’une
vingtaine de pages, écrit par J Genet aux début des années 80
du siècle dernier suite à un massacre des civils palestinien au
Liban Avec ce texte Jean Genet demeure l’un des
derniers poètes du vingtième siècle, qui ait reçu la plus
grande grâce. Car il a exprimé l’amour et il a exprimé la
haine, sans crainte, sans intérêt moral ou politique. Il a
chanté la beauté et il a chanté la laideur. Dans un
monde où dire et écrire ce qu’on pense, n’est jamais
chose évidente; Jean Genet de ce côté-là avait installé
la confiance entre les mots et les choses. Quand je lis
ou je relis du Genet, j’ai l’impression que je ne suis pas
loin de quelques vérités. Faut-il que je pose la question:
pourquoi je m’identifie à cet auteur? La réponse risque
d’être narcissique. Il ne s’agit pas seulement de la
séduction ou de la stratégie littéraire de Genet, mais de
la fascination qu’exercent ses personnages -espèces
rares prenant les places des dieux et des demi -dieux-..
Dans ses oeuvres où le désacralisé devient sacré, et
l’impossible possible, tous ceux sur qui la société avait
fixé et fixe encore le mal, apparaissent vraiment les
plus beaux et les plus héroïques. Grâce à la magie de
Genet, ils seront ainsi dans le réel et malgré nous ils se
réhabilitent dans la cité .


                 L’Amour et La Mort
Dans Quatre heures à Chatila il n’y a place ni pour la lamentation, ni pour
la démonstration idéologique. Ni chagrin, ni deuil, et pourtant il y a la
mort, une mort qui ne règne pas seulement sur le camp de Chatila avec
ses cadavres, mais sur toute une région déchiquetée par la haine, par
toutes sortes de guerre. Au coeur de Beyrouth, Genêt se trouve assiégé
comme tout le reste de la population. Il se met en scène en s’offrant un
grand plan pour se situer parmi les cadavres de Chatila. Ce risque ne se
manifeste pas chez lui comme une aventure pour la célébrité, ni comme
une chasse au scoop journalistique, mais comme une mise à l’épreuve
d’un poète fragile, courageux et mystique. Il aime entrer dans le monde
de ceux qui le fascinent, il est à la quête des émotions les plus troublantes
chez l’espèce humaine (tuer et mourir). Effrayé et tendre à la fois, Genet
apparaît familier aux cadavres gonflés des palestiniens de Chatila, à leur
passé (d’ailleurs, au milieu des cadavres, se profilent des ombres d’un
autre temps dont Genêt suivait les traces depuis des années) II semble
saisi par un enchantement chaotique au milieu d’un monde mort où la
mouche règne comme force ironique, où « l’odeur de la mort, est blanche
et épaisse. » Il semble également à la recherche d’un mystère, compter
les cadavres, les vérifier, peut-être identifier un proche (reconnaîtra-t-il
son ami Hamza, ce jeune combattant palestinien qu’il avait rencontré en
Jordanie ?). Cette quête apparaît comme un jeu de visite d’un théâtre
impossible. Le théâtre doit-il se faire avec les morts pour le célébrer en
toute vérité ?... Ces morts, où sont-ils ?... Qui sont-ils ? D’où viennent-
ils ? Le corps, cette masse intelligente, pourquoi dès lors qu’il est cadavre
dans « le spectacle de la mort », cesse-t-il de raconter sa mort ? Le
théâtre, lieu d’illusion, nous avait exhibé tous les sentiments possibles
vécus par l’Homme/l’acteur ; sauf la mort, la vraie. Car le mort ne peut
pas raconter sa mort. Et la mort dans le théâtre vient toujours nous
soulager et nous rassurer de l’absence de notre mort. Mais Genet dans
Quatre heures à Chatila semble signer un pacte avec la mort (celle des
Palestiniens) dans une intimité absolue. Une sorte de grâce traversant le
récit nous laisse dire que les morts de Chatila avaient délégué le droit de
raconter leur mort uniquement à J. Genet. Voilà ce qui a donné naissance
à une tablette de l’histoire humaine, car ce texte est à la fois une
déposition, un reportage, un journal, un conte...




                           L’aventure
Mon histoire avec «Quatre Heures à Ch atila », a commencé à l’automne
de l’année 1983 quand ce texte a été publié dans la Revue d’Etudes
Palestiniennes. Etant alors étudiant, j’avais formé un cercle d’élèves
comédiens pour monter le texte en qu estion. Nous avions entamé des
démarches pour contacter J.Genet de son vivant. Hélas la mort de ce
dernier, les objectifs qui changent et le manque des moyens n’ont
laissé qu’un sentiment.

La gravité de ce texte se manifeste non seulement contre l’oubli pour rappeler à
l’Homme ses crimes (ceci est le travail des lobbies, de la morale des manipulateurs
et des historiens.) mais aussi pour blâmer les pouvoirs de l’information unique et des
faux experts, parce que c’est un texte qui, en pleine révolution de l’image et en pleine
croissance du pouvoir médiatique, rétablit la grandeur de la plume en matière de
témoignage réfléchi après l’évènement. Aujourd’hui, la barre est très haute devant
tous ceux qui veulent écrire sur les actualités horribles de notre présent barbare.
D’ailleurs nous avons bien remarqué la paralysie et le ridicule de toutes sortes de
commentateurs durant les évènements de la Roumanie, la guerre du Golfe, la
Somalie, l’Ex-Yougsalvie, le Rwanda, l’Irak etc.. » C’est l’écriture même de l’histoire
et ce qu’on appelle la réalité, qui se trouvent questionnées, notamment par ce terrible
récit intitulé : Quatre heures à Chatila, retraçant ce que J Genet put voir le 19
septembre 1982 dans un camp de palestiniens où fut commis un massacre d’au
moins 15000 personnes »
Quatre heures à chatila, n’est pas certes, une pièce de théâtre ayant une
construction dramaturgique comme on l’entend. Mais, c’est un texte qui une fois
intégré au théâtre, sauve ce dernier face à son impuissance devant l’histoire
contemporaine, face à sa volonté systématique d’actualiser les classiques. Ce texte
peut être le monologue d’un prince ou un demi-dieu solitaire, comme il peut faire
partie de l’autobiographie d’un dramaturge qui se contente de se situer dans une
grande didascalie. Ainsi avec Genet, le théâtre est partout et tout devient théâtre,
une sorte de démystification qui, paradoxalement, renforce ce dernier sans vouloir le
ranger sous aucune doctrine. D’ailleurs, Genet s’est toujours situé délibérément aux
marges du théâtre comme pour mieux le mettre en question.
Une fois de plus avec ce récit, on peut retrouver les figures du théâtre de Genet, qui
font jaillir une beauté extrême de leur malheur et de leur misère. Avec grâce, l’auteur
avait toujours su arracher le sublime du cœur du désastre et la beauté du fond de la
laideur….




Genet et les Palestiniens
Damas             « Parmi les raisons de mon intérêt pour cette région, il y eut mon service militaire à
Damas, la lecture des « Sept Piliers de la Sagesse » et mon sentiment profond que Laurence était un
imposteur, même lorsqu’il proclamait contribuer à la libération des Arabes… »
Le Caire         « En 1947-56, en France, me parviennent les faibles échos de la réalité israélienne, et
l’éclat de rire d’Abdel Nasser lorsqu’il nationalisa le canal de Suez, éveilla mon enthousiasme… »
Tunis            « En 1968, précisément après la guerre israélo-arabe, j’étais à Tunis, c’était alors l’âge
d’or de Ben Salah. Je sus par hasard que des détachements de troupes algériennes et marocaines
traversaient le nord et le sud sur le chemin du Caire pour rejoindre la résistance palestinienne. C’est
dans le train qui allait de Gabès à Tunis que j’en fus informé pour la première fois, puis à Gafsa, un
libraire et un autre tunisien me parlèrent de la poésie et des chansons du Fatah… »
Ajloun            « En 1970, je me passionnais pour les détournements d’avion et au début d’octobre
1970 j’étais à Derä (Jordanie)




La mise en scène
L’amour au pays des morts
Deux comédiens: une femme et un homme sont sur un plateau nu, ils
nous parlent. Par le verbe, la voix et le souffle, ils nous font découvrir
une sorte de déposition d’un témoin particulier. La gravité d’un testament
guerrier peut y être, le souvenir d’un aventurier peut y être, l’amour d’un
voyageur peut y être, la poussière d’un messager tragique peut y être..
La multitude de facettes du texte sera révélée par la charge juste que les
comédiens donneront aux mots.
L’homme et la femme partageront la parole dans un mouvement de va-
et-vient entre le silence et le regard. Ils ne sont que l’unité masculine et
féminine de l’être humain revenant du pays des morts. Ainsi le récit n’a
plus son origine individuelle, il devient collectif et universel et la
transmission de cette parole devient inévitable.
La seule action dramatique des acteurs / conteurs, est justement de faire
« renaître » le verbe.. Les mots sont offerts aux spectateurs comme des
offrandes dans un rite d’hospitalité, avec générosité, délicatesse et
simplicité...




Le metteur en scène
mahmoud saïd est comédien tout-terrain, metteur en scène, animateur, adaptateur.
parfaitement bilingue-arabe (littéraire et dialectal.) avec son bac plus six à l’institut
d’études théâtrales à la nouvelle sorbonne (paris III) il a suivi une formation de
pratiques théâtrales diverses. du cad et l’isad (tunis) à l’école jacques lecoq (paris)
jusqu’à ses différents stages et ateliers avec notamment : monika pagneu, peter
brook, mas soegeng, gisèle barret, colin harris, herart steifel, koffi Koko, elsa
volliaston, nariyoshi inove (th no) mikael hanayagi et seicheiro takase (th kabuki)
augusto boal, diction avec georges roiront et françoise berge (plus masque oriental
et occidental, danse ..)

après plusieurs aventures et créations avec des petits groupes ou des compagnies, il
est entré au théâtre du soleil en 1987 où il avait participé à plusieurs créations avec
ariane mnouchkine (l’indiade, la nuit miraculeuse, les atrides (agamemnon, iphigénie
à aulis, les choéphores)

depuis plus de dix ans mahmoud saïd travaille comme comédien-tout-terrain (jeu,
adaptation, mise en scène, animation, écriture, adaptation, cirque, cinéma, télévision,
voix, radio, fiction, doc, pub etc…) parmi les rôles qu’il a joués remarquablement on
lui trouve « courge » dans peines d’amour perdues de shakespeare m en s de
s.abkarian, « Kaïs » dans Migranti de Marco Baliani (Italie),«le père » dans tout bas
si bas de koulsy lamko, m en s de p. golub ou « le broyeur » dans le théâtre
ambulant de chopalovitch de lioubomir simovitch m en s de c. rauck. puis dans oum
d’adel hakim et la guerre de 2000 ans de kateb yacine, ou aussi le rôle de « adil »
dans les enfants du printemps tv film de marco pico », « le tahar » dans le gone du
chaâba film de christophe ruggia, « le frère » dans l’algérienne de dakar de med
hondo…

ses mises en scène les a commencées avec le théâtre du mantois où il a été
comédien-metteur en scène, animateur et enseignant associé pendant trois ans au
théâtre de mantois à mantes-la-jolie (les mille et une nuits, la récréation des
clowns de noureddine aba), le barrage de mahmoud messadi au tilf (la villette),
malcolmx aux rencontres de la cartoucherie de vincennes, ou récemment quatre
heures à chatila de jean genet)

ses ateliers dans l’activité théâtrale ont touché un public divers (jeunes, adultes,
enseignants, scolaire, social, en france et en afrique)

il a collaboré également en tant que comédien pendant deux ans avec le théâtre
opera kismet en italie soit dans des travaux de recherches « conférences des
oiseaux » et « guilgamesh » soit pour jouer en alternance, car m saîd avait déjà
participé à des écritures collectives et à des adaptations et il joue également en
arabe et en italien .




Les acteurs                        Gaël Marhic                 Myriam Zghal
La fiche technique
Espace : tout genre d’espace à partir 6 m d’ouverture et 5m de
profondeur

Plans lumières : à venir

Prix du spectacle par représentation : Soit 4 cachets de 300 € brut
pour 4 personnes (1m en s, 2 acteurs et un régisseur, total 1200€ brut)
soit l’achat du spectacle à 2000€ la représentation.
Contact : Compagnie HARAKA : 01 41 71 18 01 Mahmoud Saïd : 06 81 89 87 64
E-mail :mahmoud.said@wanadoo.fr
  A l'affiche du 21
       janvier
                                Quatre heures à Chatila
  au 12 juin 2005               GENRE : CONTEMPORAIN

   Quatre heures à
       Chatila
    Nord-Ouest
     13, rue du
                                Texte de Jean Genet
     Faubourg
                                Mise en Scène de
    Montmartre                  Mahmoud Saïd
    75009 Paris                 Avec Gaël Mahric , Myriam Zghal
Métro:Grands Boulevards
                                Le séjour de Jean Genet à Beyrouth et
                                plus précisément les quatre heures qu’il
     Réservation
                                avait passées sur le lieu d’un massacre, lui
   01 47 70 32 75               ont permis de rompre avec le silence et de
                                faire renaître son désir d’écrire. C’est ainsi
                                que Quatre heures à Chatila vit le jour
                                et fut publié dans la Revue d’Etudes
Avant de réserver consultez
l’officiel des spectacles,      Palestiniennes (automne 1983).
jours et heures varient d’une
semaine à l’autre               Dans ce récit digne d’une tablette
                                inoubliable de l’Histoire humaine, le
                                narrateur, effrayé et tendre à la fois,
                                apparaît familier aux cadavres gonflés des
                                Palestiniens de Chatila.
                                         CHRONOLOGIE
                                                           DE
                                            JEAN GENET



                  Photo'IMEC




19 décembre 1910. Naissance de Jean Genet à la maternité Tarnier au 89 de la
rue d'Assas, à Paris; fils de père inconnu et de Camille Gabrielle Genet, gouvernante,
âgée de 22 ans.
28 juillet 1911. Camille Genet abandonne son fils à l'Hospice des Enfants Assistés,
rue Denfert-Rochereau, à Paris. L'enfant devient pupille de l'Assistance publique, reçoit
le matricule 192.102 et est placé jusqu'à l'âge de 13 ans chez des parents nourriciers,
Charles et Eugénie Régnier, petits artisans du village d'Alligny, dans le Morvan.
10 septembre 1911. Il est baptisé à l'église d'Alligny. Par la suite, il recevra tout au
long de son enfance une éducation catholique.
24 février 1919. Mort à Paris de sa mère Camille Genet, âgée de trente ans,
touchée par une épidémie de grippe espagnole.
Septembre 1920. Membre de la chorale et enfant de chœur à l'église, Jean Genet
suit les cours de l'école communale d'Alligny, située juste à côté de sa maison.
Premiers chapardages : livres, crayons et friandises. Parmi ses condisciples, on relève
les noms de Cullaffroy, Lefranc et Querelle, patronymes des héros de ses futurs
romans ou pièces de théâtre.
30 juin 1923. Il est reçu premier de la commune, avec la mention "Bien", aux
épreuves du Certificat d'études primaires.
17 octobre 1924. Grâce à ses bons résultats, il échappe au sort de valet de ferme
et est envoyé à l'École d'Alembert, centre d'apprentissage de l'Assistance publique en
Seine-et-Marne, où il doit recevoir une formation de typographe. Il s'en évade dix jours
plus tard après avoir confié à ses camarades son désir de partir en Amérique ou en
Egypte. Retrouvé le 3 novembre à Nice, il est renvoyé sur Paris.
Avril 1925. Placé comme secrétaire auprès du compositeur aveugle René de
Buxeuil, il détourne et dilapide dans une fête foraine une somme d'argent. Il est inculpé
d'abus de confiance et mis en observation à Sainte-Anne dans un service de
psychiatrie enfantine. Le psychiatre décèle chez l'adolescent "un certain degré de
débilité et d'instabilité mentale qui nécessitent une surveillance spéciale". Traitement de
neuropsychiatrie.
6 mars 1926. Après deux placements suivis de deux fugues, Jean Genet est écroué
durant trois mois à la prison de la Petite Roquette à Paris avant d'être jugé et acquitté.
2 septembre 1926. Après une nouvelle fugue et 45 jours d'incarcération à Meaux, il
est confié par le Tribunal, jusqu'à sa majorité, à la Colonie agricole pénitentiaire de
Mettray, à dix kilomètres de Tours. Évoqué principa-lement dans Miracle de la Rose et
le Langage de la Muraille (scénario inédit : "le bagne d'enfants"). Mettray demeure le
haut lieu de l'histoire et de l'œuvre de Genet.
1er mars 1929. Pour quitter Mettray, il devance l'appel et s'engage dans l'armée
pour deux ans. Affecté dans un régiment du Génie, il se porte volontaire pour " tourner
dans les cinémas".
28 janvier 1930. Il embarque à Marseille et arrive une semaine plus tard à Beyrouth,
puis rejoint sa garnison détachée à Damas où il demeure onze mois, affecté à la
construction d'un petit fort. Premier contact avec le monde arabe auquel il restera
attaché toute sa vie.
1er janvier 1931. Rendu à la vie civile, il effectue un premier voyage en Espagne
mais réintègre l'armée le 16 juin. Volontaire pour partir au Maroc, il est versé dans les
Tirailleurs marocains en garnison à Meknès.
23 juin 1931. Il quitte la France pour le Maroc où il va demeurer 19 mois, d'abord à
Midelt, puis à Meknès.
16 juin 1933. Libéré et de retour à Paris, il rend visite à André Gide et prépare un
nouveau voyage pour la Lybie.
Décembre 1933. Après avoir traversé la France à pied, il vagabonde en Espagne.
24 avril 1934. Il s'engage pour la troisième fois dans l'armée pour une période de
trois ans. Il est affecté dans un régiment de Tirailleurs algériens en garnison à Toul.
15 octobre 1935. Sans attendre la fin du contrat précédent, il signe un nouvel
engagement pour 4 ans. Dans l'espoir d'être envoyé en Afrique du Nord, il change de
corps et est affecté dans un régiment d'élite, le Régiment d'Infanterie Coloniale du
Maroc, basé à Aix-en-Provence.
18 juin 1936. Jean Genet déserte et entame, pour fuir les autorités militaires, un long
périple à travers l'Europe retracé dans Journal du Voleur. D'arrestation en expulsion, il
traverse l'Italie, l'Albanie, la Yougoslavie, l'Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne,
l'Allemagne et la Belgique. Il est de retour à Paris en juillet 1937.
21 septembre 1937. Première condamnation pour vol de mouchoirs à la
Samaritaine. En l'espace de sept ans, Genet va faire l'objet d'une douzaine
d'inculpations pour désertion, vagabondages, falsifications de papiers et vols. Il vit
principalement de la revente de livres volés dans des librairies.
Janvier 1942. Il commence la rédaction de Notre-Dame-des-Fleurs à Fresnes. En
mai, condamné à 8 mois de prison pour vol de livres, il écrit le poème Le condamné à
mort, qu'il fait imprimer à ses frais. Premières esquisses de Haute Surveillance.
15 février 1943. Grâce à deux jeunes intellectuels rencontrés alors qu'il tient une
caisse de bouquiniste sur les quais, il est présenté à Jean Cocteau qui a lu Le
Condamné à Mort. D'abord choqué par Notre-Dame-des-Fleurs, Cocteau se reprend,
prend la mesure de l'œuvre, et tâche de lui trouver un éditeur.
1er mars 1943. Jean Genet signe son premier contrat d'auteur avec Paul Morihien,
secrétaire de Cocteau qui va éditer clandestinement, en collaboration avec Robert
Denoël, Notre-Dame-des-Fleurs à la fin de l'année.
19 juillet 1943. Pour éviter à Genet la peine de la "relégation perpétuelle", Cocteau
le présente à la barre du Tribunal comme "le plus grand écrivain de l'époque moderne".
Rédaction de Miracle de la Rose.
28 décembre 1943. Au terme de treize condamnations, Genet se retrouve au Camp
des Tourelles, antichambre des camps de concentration sous le contrôle de la Milice.
Marc Barbezat, éditeur de la prestigieuse revue L'Arbalète, lui rend visite. Les
premières copies de l'édition originale de Notre-Dame-des-Fleurs circulent "sous le
manteau".
14 mars 1944. Grâce à de nombreuses interventions, Genet est libéré. En avril, un
fragment de Notre-Dame-des-Fleurs est publié dans la revue L'Arbalète. Première
rencontre avec Jean-Paul Sartre. En septembre, début de la rédaction de Pompes
funèbres.
1946. Rédaction de Haute surveillance, des Bonnes et achèvement de Querelle de
Brest. Miracle de la Rose est publié par Marc Barbezat.
19 avril 1947. Création par Louis Jouvet à l'Athénée des Bonnes. Jean Genet reçoit
le prix de la Pléiade. Édition anonyme de Pompes Funèbres et de Querelle de Brest.
1949. Refusé par la radio, le texte de Enfant criminel est édité par Paul Morihien.
Haute surveillance est créée au Théâtre des Mathurins par Jean Marchat. Journal du
Voleur est publié aux Éditions Gallimard. A la suite d'une pétition lancée à l'initiative de
Sartre et de Cocteau, le président Vincent Auriol accorde à Jean Genet une grâce
définitive: il ne retournera plus en prison.
1950. Genet tourne un Chant d'amour, seul film qu'il ait entièrement réalisé.
1951. Début de la publication des Œuvres Complètes de Jean Genet chez Gallimard.
Retardé, le premier volume, constitué par la préface monumentale de Sartre, Saint-
Genet comédien et martyr ne paraîtra qu'un an plus tard. Les textes de Genet sont
frappés d'interdit aux U.S.A.
1954. Les Temps Modernes publient Fragments. Depuis cinq ans, Genet n'écrit plus.
1955. Reprise d'une intense activité créatrice. Genet compose Le Balcon. A la
demande du metteur en scène Raymond Rouleau, il interrompt Le Balcon pour
commencer Les Nègres. Il rédige d'un trait une pièce qui ne paraîtra qu'après sa mort,
"Elle". Il s'élève contre la présence française en Afrique du Nord. Rencontre de
Abdallah pour qui il écrira deux ans plus tard Le Funambule.
1956. Début de la rédaction des Paravents et réécriture des Nègres. Publication aux
éditions L'Arbalète du Balcon, créé l'année suivante à Londres par Peter Zadeck.
1957. Troisième réécriture des Nègres. Publication dans Les Lettres nouvelles de
L'Atelier d'Alberto Giacometti, "le seul homme" que Genet dit avoir admiré.
1958. Publication des Nègres (L'Arbalète). Genet s'installe en Grèce avec Abdallah,
travaille sur les Paravents, prépare un essai sur Rembrandt.
1959. Création des Nègres par Roger Blin le 28 octobre au Théâtre de Lutèce avec
des comédiens noirs.
1960. Seconde édition des Nègres avec "Comment jouer Les Nègres". Création du
Balcon à Paris - après Londres, Berlin et New York - dans une mise en scène de Peter
Brook au Théâtre du Gymnase. Première chute d'Abdallah sur le fil.
1961. Publication des Paravents (L'Arbalète), créé le 19 mai, à Berlin, par Hans
Lietzau. Tournée à Londres et New York des Nègres de Roger Blin.
1962. Au terme d'un procès retentissant, le Tribunal de Hambourg lève l'interdiction de
publication de Notre-Dame-des-Fleurs en Allemagne.
1964. Suicide d'Abdallah le 12 mars à Paris. Genet déclare qu'il renonce à la littérature
et détruit ses manuscrits.
1966. Création des Paravents le 16 avril à l'Odéon-Théâtre de France dans une mise
en scène de Roger Blin. La pièce déclenche un énorme scandale et de nombreuses
manifestations. La question de la subvention du théâtre est discutée à l'Assemblée
nationale. Sur l'impulsion de Paule Thévenin, Genet publie un recueil de ses lettres à
Roger Blin (Gallimard).
1967. La revue Tel Quel publie deux textes de Genet : "L'Étrange mot d'..." et "Ce qui
est resté d'un Rembrandt...". Fin mai: Genet fait une tentative de suicide à
Domodossola, ville-frontière italienne. En décembre il entame un grand voyage en
Extrême-Orient. Séjour au Japon.
1968. De retour en France, il est surpris par les événements de mai et publie, dans Le
Nouvel Observateur, un texte en hommage à Daniel Cohn-Bendit. Invité à la
Convention Démocrate à Chicago, il se rend pour la première fois aux U.S.A. et prend
part aux manifestations de la gauche américaine contre la guerre au Vietnam.
1970. Il participe à de nombreuses manifestations pour protester contre les conditions
de vie des immigrés en France. Invité par les Black Panthers, il entre clandestinement
aux U.S.A en mars, donne des conférences dans les universités, assiste aux procès de
leur leader, publie des articles dans leurs revues. En octobre, il part pour le Moyen-
Orient sur l'invitation du responsable de l'O.L.P. à Paris. Il prévoit de rester huit jours
dans les camps palestiniens : il va y demeurer six mois. Début novembre, il rencontre
Yasser Arafat qui lui accorde un laissez-passer et l'engage à porter témoignage sur le
drame palestinien.
1971. De retour à Paris en mai, il publie son premier texte sur les Palestiniens dans la
revue Zoom et reprend contact avec les Black Panthers. Il signe la préface de Frères de
Soledad, lettres de prison de George Jackson, qui sera bientôt assassiné. Il se
rapproche également du Groupe d'Information sur les Prisons, animé par Michel
Foucault et Daniel Defert. Il revient au Moyen-Orient à la fin de l'année.
1972. De plus en plus préoccupé par la question palestinienne, Jean Genet effectue
deux séjours en Jordanie avant d'être appréhendé par les autorités nationales. Pris
pour un agitateur, il est expulsé en novembre.
1974. Privé de visa d'entrée pour les U.S.A., interdit de séjour en Jordanie, Jean
Genet se replie sur la France et travaille à un grand livre sur les Palestiniens et les
Black Panthers qui ne trouvera sa forme qu'à la fin de sa vie. A Paris, il soutient
François Mitterrand lors des élections présidentielles. Après Sartre, Jacques Derrida est
le second grand philosophe à consacrer un livre à Genet (Glas).
1977. Genet travaille sur un scénario de film, La Nuit venue, dont il abandonnera le
projet l'année suivante. Il publie plusieurs articles politiques dans L'Humanité mais c'est
un texte publié dans Le Monde, le 2 septembre, "Violence et brutalité" qui déclenchera
la plus vive polémique.
1979. Genet apprend qu'il est atteint d'un cancer à la gorge et entreprend un
traitement qui, tout en l'affaiblissant, lui accordera quelques années de sursis.
1981. Sa santé s'améliore. Il donne son accord pour la réalisation d'un entretien filmé,
tourné par Antoine Bourseiller. Il signe également un contrat pour un nouveau projet
cinématographique qui va l'occuper toute l'année : le scénario d'un film retraçant
l'histoire de la colonie de Mettray, Le Langage de la Muraille.
1982. Alors que Fassbinder présente avec succès Querelle au festival de Venise,
Genet s'installe au Maroc qui va devenir son pays d'adoption. En septembre, il retourne
avec Layla Shahid au Moyen-Orient et se trouve à Beyrouth lorsqu'ont lieu les
massacres dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila. Témoin de la tragédie,
Genet qui n'écrit plus depuis longtemps reprend la plume et rédige le plus important de
ses articles politiques, "Quatre heures à Chatila", publié l'année suivante dans la Revue
d'Études Palestiniennes.
1983. Début de la rédaction d'Un Captif amoureux. En décembre, Genet reçoit le
Grand Prix national des Lettres. Il envoie un jeune Noir recevoir le prix à sa place.
1984. Il retourne une dernière fois en Jordanie pour revoir les lieux et les personnages
décrits dans son livre. Reprise de sa maladie.
1985. Une pièce de Genet, Les Bonnes est jouée pour la première fois à la télévision.
Le Balcon entre au répertoire de la Comédie Française. Au mois de novembre, Genet
revient à Paris et remet à son éditeur le manuscrit d'Un Captif amoureux qui paraîtra un
mois après sa mort.
1986. Très affaibli par son cancer à la gorge, il corrige le second jeu d'épreuves de son
livre lorsque la mort le surprend dans la nuit du 14 au 15 avril dans une petite chambre
d'hôtel près de la Place d'Italie à Paris. Quelques jours plus tard, il est enterré dans le
cimetière espagnol qui domine la ville de Larache, au nord du Maroc, face à la mer.
PRESSE                                                       Theatretoiles
                          QUATRE HEURES A
                       CHATILA de Jean GENET
                      THEATRE du NORD-OUEST
                      13, rue du faubourg Montmartre 75009 PARIS
                      (Métro : Grands Boulevards)
                      T.01.47.70.32.75 - se reporter au site,
                      www.theatre-nordouest.com

                      Dans le cadre du festival " Justice & Politique " du 11 janvier au 12
         Photo Dino   juin 2005

                      Mise en scène : Mahmoud SAID
                      avec : Gael MAHRIC et Myriam ZGHAL

                      Un texte nu ou presque ... porté par deux jeunes comédiens sur un
                      plateau désert et une épure de mise en scène. Le résultat ne se fait
                      pas attendre : le spectateur s'accroche aux mots, aux images
                      évoquées, les créant mentalement au fur et à mesure. L'horreur de
                      toutes les guerres, une fois de plus, nous envahit. Inutile de chercher
                      qui a tort ou qui a raison, qui a commencé le premier, une évidence
                      s'impose : celle du cauchemar, de l'atrocité. " Devoir de mémoire "
                      disent certains. Prenons garde ce faisant de ne pas alimenter la
                      haine. Au lendemain de la dernière guerre en Europe, le slogan
                      était " plus jamais ça ! " mais les incendies ont continué de
                      s'allumer un peu partout. C'était ailleurs et l' Occident qui n'avait
                      pas fini de panser ses blessures se bardait d'indifférence.
                      En 1967, dans cet énorme numéro spécial que Les Temps Modernes
                      consacraient au conflit Israélo-Arabe, Jean Paul Sartre dénonçait :
                      " l'insularisme de l'hexagone " ajoutant : " neutres, non : absents,
                      voilà ce que nous sommes " (or) " si le racisme nous pue au nez, les
                      senteurs de l'impérialisme ne nous flattent pas davantage " (fin de
                      citation)
                      On pouvait encore imaginer que le conflit ne s'enracinerait pas de
                      la sorte, trouverait une issue ... Nous nous heurtons à une volonté
                      contraire - que dis-je ? - à des volontés contraires et antagonistes.
                      Chaque fois qu'un homme politique impliqué personnellement dans
                      le conflit disparait, l'espoir renait et puis tout recommence.
                      Souhaitons que ce texte-témoignage permette à certains de se
                      convaincre que la haine est destructrice (évidence trop souvent
                      oubliée) afin qu'en contribuant à éveiller notre conscience, la raison
                      finisse par remplacer la folie meurtrière.
                      Simone Alexandre.                                         28 Mars 2005

				
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