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					Chapitre 4 : PROTEGER.

I -TEST DE CONNAISSANCE.
(Ce test est utilisé en introduction de chapitre, la suite du cours reprendra les différentes parties en détail)

    I-1 Qu’est-ce qui peut nuire à la croissance et au développement d’une plante ?
    (donc à sa production)

      -le manque ou l’excès de certains éléments : l’eau, la chaleur, l’air, les éléments
    fertilisants.
    Annexe 1 : photos carences (manques)
    Annexe 2 : photos d’intoxication ammoniacale (excès)
     Les réponses à ces problèmes sont traitées dans les chapitres sur le sol et les techniques culturales, la
    fertilisation.
       -les agents phytopathogènes (champignons, bactéries, virus) entrainent des maladies.
       -les ravageurs mangent la plante.
       -les mauvaises herbes concurrencent la plante.

    I-2 Que connaissez-vous comme moyen de lutte ?

      -les méthodes culturales : rotations
                                 fertilisation équilibrée
                                 variétés résistantes
      -la lutte biologique
      -la lutte chimique : préventive
                          curative
    I-3 Les maladies :

        a)Y-a-t-il des maladies sur le maïs ?
          Oui, mais moins conséquentes que sur céréales.

        b) A quoi sont dues les maladies ?
           Pour le maïs, ce sont surtout des champignons qui sont responsables.
           En dehors des champignons, les maladies des plantes sont provoquées par des virus
    et des bactéries.

       c) Quels sont les principaux moyens de lutte contre les maladies des plantes ?
           Contre les virus, l’épuration c-à-d la sélection des plants en éliminant les plantes
    malades.
          Contre les champignons :
             -les méthodes culturales : rotation limitant l’infestation de spores laissées par la
    culture précédente,
                     travail du sol au bon moment pour améliorer la vigueur de la plante.
                     une fertilisation équilibrée
             - emploi de variétés résistantes
             - les fongicides



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I-4 Les ravageurs :

    a) Y-a-t-il des ravageurs sur le maïs ?
Oui, de la germination (taupin) jusqu’à la récolte (pyrale) .Contrairement aux maladies,
les ravageurs posent plus de problèmes en Bretagne sur maïs que sur céréales.

    b) Quels sont les ravageurs les plus nuisibles sur le maïs ?
La pyrale cause de gros dégâts sur la plante dans le Centre Nord de la France et l’Est de la
France. La sésamie cause de gros dégâts dans tout le Sud de la France.
Annexe 3 photos de la France
En Bretagne, ces dernières années voient l’arrivée de la pyrale mais jusqu’ici on trouvait
surtout des ravageurs de début de cycle : taupins, oscinies, géomyza, vers gris.

     c) Quels sont les moyens de lutte contre les ravageurs ?
  -les méthodes culturales : broyage, déchaumage, rotations limitant l’infestation
parasitaire par les larves laissées de la culture précédente, l’implantation au bon moment
(pour les oscinies par ex)
  - le choix d’une espèce résistante (maïs OGM contre la pyrale)
  - lutte chimique avec les insecticides autorisés.

I-5 Les mauvaises herbes :

   a) Le maïs résiste-il bien à la concurrence des mauvaises herbes ?
Non, le maïs est très sensible à la concurrence des mauvaises herbes surtout de
l’implantation au stade 7 à 8 feuilles.
Le maïs ne se rattrape pas comme pourrait le faire le blé.

   b) Quelles sont les mauvaises herbes qui posent problèmes en Bretagne sur maïs ?
C’est en train de changer du fait de l’interdiction de certains produits. Il y a eu la morelle
noire, puis les Panics, Diditaires, Sétaires. Aujourd’hui on retrouve les renouées, la
mercuriale, les véroniques, la fumeterre, l’arroche, la pensée et surtout le liseron.

    c) Quels sont les moyens de lutte contre les mauvaises herbes ?
  -les rotations : successions de céréales et de plantes sarclées.
  -l’introduction de la prairie dans la rotation.
  - les faux semis
  -les semis de couverts végétaux qui étouffent les mauvaises herbes et évitent leur
prolifération.
  -le compostage du fumier.
  -la lutte mécanique : sarclage, binage voire buttage.
  -la lutte chimique avec des herbicides.




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II-LA NECESSITE DE PROTEGER.

  II-1 Estimation des pertes.
  II-2 Efficacité de la protection.
  II-3 Conclusion.


  Ces trois points sont traités à travers l’analyse d’un document un peu ancien (annexe 1)
  complétée de la comparaison avec un document plus récent (annexe 2).




  La protection de l’environnement est aujourd’hui un sujet omniprésent. En matière de
  produits phytopharmaceutiques, on met également en avant la protection de l’homme qui
  utilise ces produits (l’utilisateur) et la protection du consommateur des produits ayant été
  traités.
  Doit-on en conclure que nous devons faire l’impasse de la protection des plantes ? Une
  étude dans « crop production and crop protection » datant de 1994 avec quelques essais
  de 1990, met en évidence les pertes au niveau mondial, les pertes par continent et
  l’efficacité de la protection en fonction des régions du globe.


  1) Les pertes au niveau mondial :

   Le tableau 1 montre que les pertes de récolte dues aux maladies, ravageurs et mauvaises
  herbes sont importantes. Au niveau mondial, elles vont de 30% pour l’orge à 50% pour le
  riz.
  Le déficit de rendement se répartit de façon semblable entre les maladies, les ravageurs et
  les mauvaises herbes (environ 1/3 pour chaque).Ces chiffres sont confirmés par des
  résultats plus récents (1999) où l’on peut voir que les pertes causées par les ravageurs
  sont de 35% du total des pertes , celles causées par les maladies de 35% également et
  celles causées par les mauvaises herbes de 30%.
  Il existe quelques nuances cependant, par exemple :
    - pour le blé, il y a plus de pertes par les maladies que par les ravageurs.
    - pour le maïs c’est l’inverse, il y a plus de pertes par les ravageurs que par les maladies.


  2) Les pertes par continent :

  Ce deuxième tableau montre que les pertes sont plus importantes en Afrique et Asie,
  respectivement 48,9% et 47.1%, qu’en Europe ou en Amérique du Nord (28,2 et 31.2%).
  L’Océanie, l’Amérique du Sud et l’ex-URSS ont un pourcentage de pertes intermédiaire,
  proche de 40%.
  Le tableau de l’étude plus récente (annexe 2) montre une légère amélioration en 10 ans :
    - en moyenne            36% au lieu de 42% de pertes totales
    - en Europe             25% au lieu de 28.2%
    - en Amérique du Nord 28% au lieu de 31.2%
    - en Afrique            42% au lieu de 48.9%
    - en Asie              43% au lieu de 47.1%.


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3) L’efficacité de la protection :

S’il n’y avait pas de protection, on aurait plus de 50% de pertes en Europe de l’Ouest et
plus de 72% de pertes dans les autres régions (hors Europe de l’Est, de l’Amérique du
Nord et de l’Océanie).

Ces pertes sont limitées par les traitements qui réduisent de :
 61% la perte en Europe de l’Ouest.
 44% la perte en Amérique du Nord et Océanie.
 39% la perte dans ce qui est appelé ici les autres régions.

La protection n’est pas totale car même avec la lutte, on a toujours de nouveaux ennemis
et émergence de nouvelles maladies et ravageurs.
Si la perte est supérieure dans les régions dites autres, c’est que la pression est plus
importante et que la protection est moins bien assurée.


Conclusion :

Ces chiffres montrent qu’il est impossible de faire l’impasse de la protection des plantes.

Les pertes globales des récoltes à cause des maladies, des ravageurs et des mauvaises
herbes sont estimées en moyenne à 30- 35% au niveau mondial. Ces pertes englobent les
baisses de rendement et les pertes à la récolte et à la conservation.

En Europe, on a un peu moins de pertes 22à 23% mais sans aucune protection on
aurait 50% de pertes.

 Il faut donc protéger voire même améliorer la protection des plantes et ceci en tenant
compte de l’environnement et de la santé humaine.




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III- LES ENNEMIS DES CULTURES.

  III-1 Les agents phytopathogènes.

  Ce sont des ennemis qui causent des maladies aux plantes.

      Agents phytopathogènes                 Maladies causées

      Champignons                            Mildiou, Oïdium, Rouilles, Septorioses,
                                             Fusarioses, Charbon…
      Bactéries                              Feu bactérien…
      Virus                                  Jaunisse nanisante de l’orge…

  70% des maladies sont dues à des champignons.
  30% des maladies sont dues à des bactéries ou des virus.

  Ces ennemis sont tous des parasites : ils se développent et se nourrissent aux dépens de la
  plante.
  Les maladies bactériennes et virales sont beaucoup plus difficiles à analyser. Les tests au
  laboratoire permettront souvent de valider des hypothèses au champ.

  III-2 Les ravageurs.

  Les ravageurs aussi appelés prédateurs sont les ennemis animaux des cultures. Ils se
  nourrissent de matières végétales ; ils sont phytophages.

      Ravageurs                              Exemples

      Vertébrés     Gibiers                  Cerfs, Chevreuils, Sangliers, Lapins,
                                             Blaireau…
                    Rongeurs                 Campagnols, Mulots, Rats…
                    Oiseaux                  Etourneaux, Corbeaux…

      Invertébrés Nématodes                  Vers ronds
                  Gastéropodes               Les mollusques (limaces)
                  Arthropodes                Acariens, Myriapodes, Insectes.

  La classe des insectes regroupe la plus grande part des espèces nuisibles aux cultures.

  Certains ravageurs, surtout les insectes, peuvent en plus occasionner des dégâts indirects
  comme :
  - l’inoculation de virus, lors de la prise de la prise de nourriture, c’est le cas des
  pucerons, des cicadelles, des nématodes.

  -l’émission de toxines qui empoisonnent la plante, c’est le cas de la cochenille.

  - le rejet de miellat, liquide excrémentiel sucré qui favorise le développement d’un
  champignon noir qui bloque la photosynthèse et les échanges gazeux de la plante. (Cas
  des pucerons)



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    III-3 Les mauvaises herbes.

Plutôt que mauvaises herbes, on devrait parler de plantes indésirables car concurrentes pour
la lumière, l’eau et les éléments minéraux. Elles sont appelées également des adventices.

Ce sont des plantes sauvages herbacées, parfois ligneuses, et des repousses de la culture
précédente gênante pour la culture en place.
Parmi les adventices on distingue les dicotylédones, des monocotylédones (graminées) et les
annuelles, des vivaces.
    (NB les plantes annuelles se reproduisent généralement par graines,
        les espèces vivaces peuvent aussi se reproduire par multiplication végétative.)

La quantité de graines produite par les adventices est importante : leur dissémination peut
donc être très rapide.

                                               Quantité de graines produites par pied mère
          amarante                                                 40 000
          coquelicot                                               20 000
          chénopode                                                 4 000
          folle avoine                                             50 à 250

De plus ces graines ont une longévité importante. Ainsi en l’absence de désherbage, le stock
semencier du sol augmente considérablement et l’infestation devient difficilement
contrôlable.
        longévité               graines de quelques mauvaises herbes
           10 ans                gaillet, agrostis jouet du vent.
           15 ans                folle avoine, vulpin.
           20 ans                matricaire, renouée persicaire.
           40 ans                capselle, sétaire verte
           60 ans                mouron des champs, renouée des oiseaux.

 C’est surtout en début d’installation de la culture que les effets de compétition sont les plus à
craindre, donc il faut intervenir tôt. Ceci suppose d’être en mesure de reconnaître les
adventices au stade plantule (2 à 4 feuilles).L’identification est assez difficile, en particulier
pour les graminées, mais le nombre d’espèces différentes dans une petite région agricole
dépasse rarement la trentaine.
                            .quelques exemples chez les monocotylédones
                   Famille des graminées : fétuques, bromes, pâturins ; RGI, chiendent rampant, folle
avoine, avoine à chapelets, houlque laineuse, agrostis…
                   Autres familles : carex, jonc des crapauds
                                 .quelques exemples de dicotylédones
                   Famille des crucifères : moutarde des champs, ravenelles …….
                   Famille des légumineuses : gesse, vesce ………..
                   Autres : amarante, chénopode, mercuriale, renouées, mouron, véroniques, morelle noire…..

Les adventices sont aussi responsables de nuisances autres que les pertes de rendement, ce
sont les effets indirects : - la diminution de la qualité des récoltes
              - les problèmes sanitaires car elles constituent des réservoirs pour des ravageurs
et des maladies qui peuvent se transmettre aux cultures
             - les difficultés de récolte, ce qui augmente le coût de récolte,
             - les effets toxiques pour l’homme et les animaux domestiques


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IV-LES DIFFERENTES METHODES DE LUTTE.



   IV-1 La prophylaxie :

Il faut éviter d’introduire l’ennemi :

   - par l’utilisation de matériel végétal sain (semences, plants, greffons)
       Ex : plants de pomme de terre exempts de virus obtenus par sélection sanitaire.
           semences certifiées exemptes de graines d’adventices, traitées contre les parasites

   - en éliminant les vecteurs de virus
       Ex : traitement chimique pour détruire les insectes vecteurs de maladie (pucerons)
           désinfection du sol pour éliminer les nématodes

    - en éliminant les réservoirs d’ennemis situés dans l’environnement immédiat des cultures
ou dans les locaux de stockage,
    - en détruisant et enfouissant les repousses d’orge contaminées ou les résidus de maïs
    - en entretenant les parties non cultivées (friches, jachère, bandes enherbées)

   - en éloignant ou capturant certains ennemis
       Ex : effarouchement acoustique des oiseaux
            répulsifs contre gibier
            piégeage d’insectes




   IV-2 Les différents moyens de lutte.

       a) Les moyens culturaux et mécaniques.

 -choix des variétés
        - espèces adaptées aux conditions pédoclimatiques locales
        - variétés résistantes ou tolérantes vis à vis de certaines maladies ou insectes

 - conduite des cultures : toutes les pratiques culturales qui favorisent l’implantation et le
 développement des cultures sont à rechercher :
      -la rotation de cultures différentes sur une même parcelle limite les risques d’attaques
      -le semis à la bonne date et à la bonne densité
      -la juste fertilisation et les amendements pour éviter carences ou excès qui fragilisent la
 plante.
      -le drainage pour éliminer l’excès d’eau
      -l’enfouissement des résidus de récolte
      -le broyage de cannes de maïs
      -le travail du sol…..

 - Les moyens physiques et mécaniques
      -chaleur pour désinfection
      -bruit pour éloigner les ravageurs



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b) La lutte biologique.


La lutte biologique consiste à combattre les ravageurs en utilisant leurs ennemis naturels, les
auxiliaires. Cette méthode est basée sur le respect des équilibres entre espèces sans chercher
à détruire totalement l’ennemi visé mais à le maintenir à un niveau acceptable.


  Les auxiliaires vivent aux dépens d’insectes ravageurs. Parmi les auxiliaires on trouve des
  prédateurs et des parasites.
   Les prédateurs (coccinelles, syrphes, araignées…) ont besoin de proies pour se développer ;
  celles – ci sont immédiatement détruites et consommées.
  Les parasites déposent leurs œufs sur, ou même dans le corps du ravageur. La larve se
  développe aux dépens du ravageur.


  Dans la nature il y a un équilibre à préserver : dès qu’un ravageur tend à se multiplier, le
  nombre de ses ennemis naturels tend à augmenter avec un léger décalage. A terme, la
  multiplication des parasites et des prédateurs provoque une réduction du nombre de
  ravageurs. Ceci entraîne à son tour une chute des niveaux de population des auxiliaires.
  Un traitement insecticide détruit cet équilibre surtout s’il est réalisé avec un produit très
  polyvalent.

  (En agriculture biologique, les produits doivent être obtenus sans utilisation de produits chimiques de
  synthèse. Seuls les moyens biologiques, culturaux et les pesticides à base de substances naturelles sont
  autorisés.)

  On peut utiliser des insecticides biologiques à base de bactéries (ex : bacillus
  thurengiensis) ou à base de champignons. Ces insecticides sont inoffensifs pour l’homme et
  les animaux donc préservent la faune utile.

  On peut utiliser des phéromones de synthèse pour tromper les insectes. Les phéromones
  sont des substances émises par des insectes pour communiquer entre eux. Lorsqu’on diffuse
  des phéromones de synthèse reproduisant l’odeur des femelles, les mâles n’arrivent plus à
  trouver les femelles ce qui empêche l’accouplement (confusion sexuelle).

  L’avantage de la lutte biologique est qu’elle est efficace et non polluante cependant il n’est
  pas toujours possible de trouver l’auxiliaire spécifique à l’ennemi visé.




  c) La lutte chimique.

Cette méthode est efficace et largement répandue (c’est pourquoi nous la traiterons dans un chapitre à
part).Cependant cette méthode présente des dangers pour l’environnement : destruction des
auxiliaires, d’insectes pollinisateurs, accumulation de résidus toxiques.




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   IV-3 La lutte intégrée

Après avoir cru que les traitements chimiques allaient tout résoudre ,on est revenu depuis
quelques temps à un raisonnement de la protection afin de réduire l’utilisation de ces produits
chimiques qui posent des problèmes de limite d’efficacité (résistances) de modification de
milieu(environnement) et surtout des problèmes de santé publique.

De la lutte chimique systématique on est passé à la lutte raisonnée
     - naissance des notions de seuil de tolérance et de seuil de nuisibilité
     - développement des avertissements agricoles
     - choix de produits moins nocifs
De la lutte raisonnée on est passé à la lutte intégrée
    En ajoutant à la lutte chimique d’autres moyens de lutte que nous avons vus auparavant :
     - des méthodes préventives (prophylaxie, moyens culturaux)
     - une autre méthode curative quand elle est possible, la lutte biologique.
     PLAN ECOPHYTO 2018
     Aujourd’hui l’impact des pesticides sur la santé humaine et l’environnement apparaît au cœur des
     préoccupations sociétales .A l’issue du grenelle de l’environnement, le président de la république a confié
     au ministre de l’agriculture et de la forêt l’élaboration d’un plan de réduction de 50% des usages des
     pesticides dans un délai de dix ans.
     Autre volet du plan, le retrait du marché de produits contenant les substances actives les plus
     préoccupantes.




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       III-4 Démarche à suivre pour lutter contre un ennemi.


Après avoir utilisé tous les moyens de prophylaxie, un ennemi peut néanmoins s’installer, il
faut :

a) bien identifier l’ennemi (faire un bon diagnostic)

b) évaluer les risques pour la culture
 - prendre en compte la culture à traiter et son stade de développement
  -suivre les avertissements du SRPV (service régional de la protection des végétaux)

     Seuil de tolérance : ennemi présent mais en quantité insuffisante pour entraîner un
préjudice.
     Seuil de nuisibilité : forte présence de l’ennemi mais pertes économiques supportables.
     Seuil de tolérance économique : c’est la limite supportable à ne pas dépasser, la perte
estimée = le coût de traitement. Il correspond au seuil d’intervention.

                EX : sur le blé, seuil de tolérance économique pour le puceron :
                       -avant tallage 10% de plantes porteuses
                       -après l’épiaison 50% d’épis colonisés

c) choisir un moyen de lutte.

     -moyens culturaux ou mécaniques
     -lutte biologique si elle est possible
     -lutte chimique avec des produits phytosanitaires ou pesticides :
              -les fongicides
              -les insecticides, molluscides, raticides, acaricides taupicides ….
              -les herbicides.

     *Les choix de produits peuvent se faire à partir de l’index phytosanitaire de l’ACTA
     (association de coordination technique agricole).
             -les premières pages donnent des informations de base sur la protection des
     végétaux (pages bordées d’un liseré vert pâle)
             -les pages suivantes donnent des informations sur les substances actives.
             -en fin d’index, il est possible de rechercher :
                                    Par culture (liste verte)
                                    Par spécialité commerciale (liste jaune)
                                    Par substance active (liste orange).

     Il est également possible de chercher la fiche d’un produit soit par son n° d’AMM
                                                                 Soit par son nom commercial
     Sur le site : http://e-phy.agriculture.gouv.fr
     *Respecter la dose d’emploi
     *Procéder au traitement dans des conditions optimales d’hygiène et de sécurité




                                                                                               10
V-LE DESHERBAGE CHIMIQUE

V-1 Quand et comment utiliser les herbicides ?

Quand on se trompe d’insecticide ou de fongicide, le traitement est, au pire, inefficace. Mais
quand on se trompe d’herbicide ou que l’on ne respecte pas les précautions d’emploi, on
risque tout simplement de détruire la culture ou les arbres voisins. Il faut donc comprendre le
fonctionnement des herbicides et surtout respecter à la lettre les précautions d’emploi.

a) Comment pousse une plante herbacée ?



         Schéma page 174 (les 2 petits) « les produits phytosanitaires tome1 »
              Le schéma sera donné en annexe




A partir de la graine : cas des plantes annuelles               A partir d’un organe de réserve souterrain :
ou pluriannuelles. La graine est en général superficielle       cas des plantes vivaces. Leur organe de réserve
entre 0 et 2 cm de profondeur.                                   peut-être un tubercule, un bulbe, un rhizome.
(mourons, chénopode, morelle noire, pâturin annuel,             (liseron, chardon, des champs, chiendent…)
panic pied de coq…)

b) Voies de pénétration de l’herbicide dans la plante.




                       Schéma page 175 haut de page « les produits phytosanitaires tome1 »
                       Le schéma sera donné en annexe




On peut distinguer deux grands types de pénétration d’un herbicide dans une plante donc deux
grandes catégories d’herbicides :
      -les herbicides à pénétration foliaire,
      -les herbicides à pénétration souterraine, généralement racinaire.




                    Schéma page 175 « les produits phytosanitaires tome1 »
                     Le schéma sera donné en annexe




                                                                                                            11
 Il existe deux types d’herbicides à pénétration foliaire :
   -les herbicides de contact,
   -les herbicides systémiques.




                      Schéma page 178 « les produits phytosanitaires tome1 »
                        Le schéma sera donné en annexe.




Les herbicides de contact ne conviennent pas pour éradiquer les plantes vivaces à organes de
réserve souterrains. En effet, les bourgeons du rhizome sont susceptibles de se développer et
de recréer l’appareil aérien de la plante détruit pour la première fois par l’herbicide de contact
appliqué.
En définitive, les herbicides efficaces sur les plantes à organes de réserve souterrains sont
principalement des herbicides à pénétration foliaire, systémiques.


Il existe également des herbicides mixtes, capables de pénétrer dans la plante des deux
manières. Cependant, en général, l’une des voies de pénétration est privilégiée.


                                  Les herbicides à                        Les herbicides à
                                  pénétration foliaire :                  pénétration souterraine :
Stade de végétation               Ne touchent que des herbes déjà         Touchent aussi bien des herbes
                                  levées : on dit qu’ils sont             déjà levées que des graines en
                                  utilisables en post-levée des           germination. On dit qu’ils sont
                                  adventices.                             utilisables en pré-levée des
                                                                          adventices ou en pré-émergence.
Conditions climatiques            Perdent de leur efficacité quand        Perdent de leur efficacité sur sol
                                  le temps est sec : ils pénètrent mal    sec : il leur faut de l’eau pour être
                                  dans la feuille (car les stomates       absorbés par la plante.
                                  sont fermés)
Age des plantes                   Sont surtout efficaces sur les tissus   Sont surtout efficaces lorsque les
                                  jeunes : ils perdent de leur            organes souterrains à atteindre
                                  efficacité sur les plantes âgées à la   sont peu profonds : graine, tigelle,
                                  cuticule épaisse. De plus, la           radicelle. Ils sont peu efficaces sur
                                  morphologie de la plante et sa          les plantes à rhizomes et sur les
                                  pilosité influent beaucoup sur leur     plantes à enracinement profond.
                                  efficacité.
Conclusion                        Ils seront utilisés sur jeunes          Ils seront principalement utilisés
                                  plantes annuelles ou vivaces.           sur des plantes annuelles ou des
                                                                          graines.



                                                                                                              12
V-2 Quelles sont les propriétés des herbicides ?

a) Chaque herbicide possède son propre spectre d’action, mais on peut en distinguer trois
grands types :




                               Schéma page 180 « les produits phytosanitaires tome 1 »
                               Le schéma sera donné en annexe.




Une plante cultivée dicotylédone sera, a priori, sensible à un antidicotylédone.
Une céréale cultivée pourra souffrir de l’emploi d’une antigraminée.
Donc il faudra faire attention au stade de la culture et au dosage du produit.

Dans certains cas, on peut observer de légers dégâts sur la plante cultivée : il y a
phytotoxicité. Si ces dégâts sont passagers, ils ne prêtent pas à conséquence. Ils peuvent
cependant ralentir momentanément la croissance de la plante cultivée ou lui donner un aspect
inquiétant (blanchiment, petites brûlures).

b) Sélectivité culturale.
Un désherbant qui respecte une plante cultivée est appelé « désherbant sélectif » de cette
plante. Cette sélectivité peut avoir 2 raisons différentes :
   -la molécule active du produit appliqué n’est pas toxique pour la plante cultivée.
   -la molécule active du produit appliqué est toxique pour la plante cultivée mais ne l’atteint
pas.




              Schéma page184 « les produits phytosanitaires tome 1 »
               Le schéma sera donné en annexe.




                                                                                               13
V-3 Définitions et sigles en matière de protection des plantes.

PRODUITS PHYTOSANITAIRES ou produits phytopharmaceutiques : ce sont les produits
qui visent-la protection des plantes (fongicides, insecticides)
           -la destruction des végétaux indésirables (herbicides)
           -une action sur les processus vitaux des végétaux (régulateurs de croissance)
           -la conservation des produits végétaux.

MATIERE ACTIVE : molécule, constituant d’une préparation phytosanitaire auquel est
attribuée l’efficacité de celle-ci.

PRODUIT COMMERCIAL : produit composé d’une ou plusieurs matières actives
accompagnées d’adjuvants (mouillants, diluants ou solvants, adhésifs, tampons, conservateurs
ou stabilisants …)

AMM : Autorisation de Mise sur le Marché (valable 10 ans)

AMMP : Autorisation Provisoire de Mise sur le Marché (valable 3 ans)

SRPV : Service Régional de la Protection des Végétaux (émet les avertissements agricoles).

ACTA : Association de Coordination Technique Agricole (édite chaque année l’index
phytosanitaire).

CRODIP : Comité Régional d’0rganisation de Diagnostics de matériels de Protection des
cultures (coordonne les diagnostics volontaires des matériels de protection des cultures).

CORPEP : Cellule d’Orientation Régionale pour la Protection des Eaux contre les Pesticides.

ADR : Accord européen relatif au transport de matières Dangereuses par Route.

ICPE : Installations classées pour la protection de l’environnement.


Caractéristiques environnementales et toxicologiques des matières actives :
DOSE : grammes de matière active à l’hectare (pour l’environnement préférer une dose
faible).

SOLUBILITE : capacité d’une matière active à être mise en solution dans l’eau (pour
l’environnement préférer une solubilité faible).

DT50 ou ½ vie : dans un milieu donné, période nécessaire à la disparition de la moitié du
produit appliqué, exprimée en jours (pour l’environnement préférer une ½ vie courte).

KOC : potentiel de rétention d’une substance active sur la matière organique du sol ou
     capacité de la substance à être adsorbée par les colloïdes du sol.
     Mesure la mobilité des substances actives dans le sol.
 KOC élevé : matière active peu mobile
 KOC faible : matière active très mobile



                                                                                             14
CL50 : concentration létale pour poissons. Concentration en mg/litre d’eau, entraînant la mort
de 50% des animaux soumis au test (préférer une DL50 élevée)

TOXICITE : elle est définie par la DL50.

DL50: dose létale 50 exprimée en mg/kg de poids vif. Elle correspond à la quantité toxique
qui en une seule absorption, en général orale, provoque la mort de 50% des animaux soumis
au test (préférer une DL50 élevée)


DJA : dose journalière admissible. Dose exprimée en mg/kg de poids vif, sans effet dans le
temps sur l’organisme (préférer une DJA élevée).

Quelques sigles à connaître en matière de réglementation et d’application
des produits :
DAR : délai avant récolte

DRE : délai de rentée dans la parcelle

ZNT : zone non traitable

NOMBRE MAXIMUM : nombre d’application possible du produit.

PPNU : produit périmé non utilisable (à retourner au moment des journées de collecte).
              Soit que l’AMM a plus de 10ans et n’est pas reconduite
              Soit que le produit est retiré du marché

V-4 Lecture d’une étiquette.

L’étiquette donne des informations importantes qui doivent être respectées. Sur une étiquette
on trouve :

 -le nom commercial
 -le nom et la concentration des substances actives
 -le nom et l’adresse du fabriquant
 -le n° d’autorisation de mise sur le marché(AMM)
 -la catégorie de produit (herbicide, fongicide, insecticide…antigraminée, antidicotylédone..)
 -le type de formulation (suspension, granulés…)
 -les usages autorisés
 -la dose d’emploi
 -le mode de préparation et d’application
 -les précautions d’emploi
 -les conditions de stockage
 -la toxicité (la toxicologie est exprimée par des symboles)
 -les conseils de prudence
     .les phrases de risque (phrases de danger R)
     .les phrases de sécurité (phrases S)



                                                                                             15
         T+ Très toxique Produit qui, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, peut entraîner des risques extrêmement graves, aigus
ou chroniques et même la mort.

        T Toxique Produit qui, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, peut entraîner des risques graves, aigus ou chroniques et
même la mort.

          Xn Nocif Produit qui, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, peut entraîner des risques de gravité limitée.

         Xi Irritant Produit non corrosif qui, par contact immédiat, prolongé ou répété avec la peau ou les muqueuses, peut provoquer une
réaction inflammatoire.

          N Dangereux pour l'environnement Substance dangereuse pour la faune, la flore et/ou l'atmosphère. Ne peut être jeté dans la
nature.




V-5 La réglementation et le local phytosanitaire.


VI-APPLICATION A LA CULTURE DU MAÏS.

VI-1 Exemples de maladies du maïs.
VI-2 Exemples de ravageurs du maïs.
VI-3 Exemples d’adventices sur maïs.




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