DEFI LECTURE by 698IeY

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									            DOCUMENT DE SYNTHESE
REALISE PAR LES CONSEILLERS PEDAGOGIQUES
              DE MOSELLE EST


                       CARRE JEAN, SARREBOURG
                       DEBOLD MARTINE, SAINT-AVOLD
                       DUNKHORST JEAN-CLAUDE, FORBACH
                       FEY FABIENNE, FREYMING-MERLEBACH
                       LUTZ FRANÇOISE, SARREGUEMINES
                       MARCHAL ALAIN, SARREBOURG
                       RIMLINGER ROBERT, SARREGUEMINES
                       ROBINET PHILIPPE, SAINT-AVOLD
                       ROEHRIG MARC, SAINT-AVOLD
                       SCHEFFER ANNIE, SARREGUEMINES
                       STOCK BERNARD, CHATEAU-SALINS
                       ZBACZYNIAK MARIE-HELENE, SARREBOURG




                  AVRIL 2001
CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,   DEFI LECTURE Ŕ PAGE 2
        SOMMAIRE DU DOSSIER



INTRODUCTION


1. QU’EST-CE QU’UN DEFI LECTURE ?
      Objectifs
      Principes
      Définition

2. COMMENT METTRE UN DEFI LECTURE EN ŒUVRE ?
      Le rôle médiateur de l’enseignant
   -   Quelques constats préalables
   -   Comment favoriser la rencontre décisive avec le livre ?
   -   La dynamique du défi
      Le déroulement (les différentes phases), l’organisation matérielle (au niveau de la circonscription, de la
       classe / le partenariat)
      La typologie des questions
      Quel défi lecture en maternelle ?

3. LES ENJEUX ET LES LIMITES D’UN DEFI LECTURE.
    Le sérieux du jeu
    Trois dérives à éviter
     - Le défi « gadget »
     - Le défi « compétition »
     - Le défi « récupérateur »
    Quelle alternative ?
     - Le questionnaire, au cœur du problème ?
     - Mobiliser les connaissances antérieures des élèves
     - Se construire une représentation de la tâche à accomplir
     - Préparer une feuille de route

4. PROPOSITIONS D’ANIMATIONS PEDAGOGIQUES A METTRE EN ŒUVRE POUR LES
ENSEIGNANTS.
      Les animations autour du livre

CONCLUSION

ANNEXES.
      ANNEXE 1 : Dossier de presse : « Un défi lecture en maternelle » (Education Enfantine)
      ANNEXES 2 - 3 - 4 : Quelques exemples concrets de défis vécus dans les écoles.
      ANNEXE 5 : Un exemple de site Internet consacré au défi lecture et à l’organisation d’une rencontre inter-
       classes
      ANNEXES 6 : Documents pour la classe (tableau de lecture, diplôme…)
      ANNEXE 7 : Quels livres choisir : vers une bibliographie de référence
      ANNEXE 8 : Evaluer la portée d’un défi lecture auprès des élèves et des enseignants (Questionnaires
       vierges)
      ANNEXE 9 : Une variante du défi lecture : le rallye. Autour du thème des Sorcières.
   




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                             D E F I   L E C T U R E
                                 INTRODUCTION




        L
                   es jeunes français n'ont jamais été si nombreux à lire, mais leur intérêt pour la
                   lecture demeure assez tiède. L'école joue un rôle essentiel dans la
                   réconciliation de la jeunesse et du livre. Jack Lang, Ministre de l’Education
                   Nationale, l’affirme : Il faut que nos enfants retrouvent cette lecture
gourmande que prescrivait l'ami Rabelais: … « Vous convient être sages, pour fleurer, sentir et
estimer ces beaux livres de haute graisse (...) puis, par curieuse leçon et méditation fréquente,
rompre l'os et sucer la substantifique moelle ».


        Sans doute faudrait-il trouver un nouvel équilibre entre la fin et les moyens, entre
l'«indicatif » et « l'impératif » de la lecture. Rabelais disait encore que l'enfant est un feu à
allumer, pas un vase à remplir. Le secret de cette « flamme » réside peut-être dans notre
propre aptitude à lui présenter le livre comme une demeure accueillante, comme une matière
vive. Pour que les enfants puissent apprécier un jour la solitude face au livre, pour qu'ils
découvrent qu'on n'est jamais seul avec un livre, il faut d'abord partager avec eux nos
enthousiasmes de lecteur, leur lire des livres, leur en raconter, les encourager en retour à
parler de ce qu'ils lisent, de ce qu'ils écrivent.


        Cette rencontre décisive, cette médiation peut à notre avis être assurée par le défi
lecture… Le plaisir du texte est aussi un plaisir partagé.




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                                                 1.
                       QU’EST-CE QU’UN DEFI LECTURE ?
                         DEFINITION, OBJECTIFS, PRINCIPES.



        1. DESCRIPTIF DU DEFI-LECTURE
        Le Défi-lecture est une action d'incitation à la lecture par le biais du jeu dans le cadre
d'appariements de classes.

         Les élèves de deux classes partenaires lisent la même série de livres variés. Puis les deux classes se
défient par le biais de questions posées à partir des livres lus.
         Les questionnaires sont conçus par les élèves et envoyés à la classe partenaire qui doit y
répondre. Ainsi le Défi-lecture est à la fois une incitation à la lecture et à l'écriture dans une
réelle situation de communication particulièrement motivante pour les enfants.
         Une rencontre finale peut réunir les classes appariées autour d'un grand jeu conçu à
partir des livres lus.


        2. OBJECTIFS DU DEFI-LECTURE

        - Amener les élèves vers les livres.
        - Donner et développer le goût de lire.


        3. PRINCIPES DU DEFI-LECTURE

        1ER PRINCIPE
        Motiver les élèves par le seul biais du volontariat: pas de contraintes, pas de sanctions,
mais tissage d'un réseau de sollicitations, d'incitations, pour amener les non-lecteurs à la lecture.

         2EME PRINCIPE
         Construire un projet de classe qui laisse une large part d'initiative aux élèves. Les
activités de lecture et d'écriture sont finalisées par un but, le but du jeu. Les élèves sont
collectivement moteurs du projet puisque ce sont eux qui créeent les questionnaires, les écrits
littéraires, les jeux collectifs.


        3EME PRINCIPE


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        S'appuyer sur la médiation du groupe classe et des adultes animateurs du projet pour
inciter à la lecture, et à l'écriture et faciliter l'accès à l'écrit.

       4EME PRINCIPE
       Utiliser le jeu comme médiateur de la lecture, de l'écriture, et des apprentissages en
général.

         5EME PRINCIPE
         Associer indissolublement la lecture et l'écriture comme moteur de l'action: lire pour
écrire, écrire pour lire.




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                                             2a.
               COMMENT METTRE UN DEFI LECTURE EN
                           OEUVRE ?
                  LE ROLE MEDIATEUR DE L’ENSEIGNANT.




         QUELQUES CONSTATS PREALABLES

       - Malgré la variété des titres proposés, on fait les constats suivants :
       - Certains enfants n’aiment pas lire même s’ils savent lire ! En effet, savoir lire ne suffit
pas pour avoir le goût de lire ! Et pour donner le goût et l’envie de lire, il faut qu’il y ait tout
d’abord du plaisir.
       Or dans les apprentissages, les conditions de réception ont une influence décisive.
Grand rôle de l’affectif dans les apprentissages. Quand une action est réussie, on a envie de
recommencer !

         Parlons plus précisément du plaisir de lire. Ce plaisir est d’abord donné par l’objet-
livre....et pour les tout-petits par les sens (le livre c’est d’abord toucher, manipuler, sentir, voir,
entendre et réentendre)..
         Ce plaisir est apporté également par les parents (ou l’ensemble des personnes qui
composent le cercle familial) qui montrent et lisent des albums à leurs enfants.

        L’école essaye de faire découvrir ce plaisir dès la maternelle, notamment par la lecture
quotidienne d’albums, de livres documentaires. Le plaisir est procuré par l’histoire mais aussi
par la qualité des illustrations, la qualité esthétique, le toucher... Les enfants apprennent à
apprécier les personnages qui font les histoires : héros positifs et négatifs. Ils vibrent à l’écoute
de leurs aventures....

        Au CP, on constate souvent une rupture liée au stress de l’apprentissage de la lecture
(pression sociale oblige !) :
        ► Apprentissage de la lecture > manuels > Pauvreté de la langue et des situations car
        elles sont fabriquées pour les besoins de la maîtrise du code.
        ► « Pas le temps » de lire une histoire tous les jours…. si l’on veut que les enfants
        sachent « lire » à Noël ! On risque quelquefois de s’interdire le plaisir pour ne pas avoir
        mauvaise conscience (c’est le propre de notre culture judéo-chrétienne)… et de casser
        ainsi la dynamique d’apprentissage




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       A la fin du Cycle 2 et au cycle 3 ce sont les « exercices » de lecture-compréhension qui
dominent : questionnaires / évaluation….
       Sans jeter le discrédit sur ces activités qui sont nécessaires pour développer diverses
compétences dans le domaine de la lecture, il faut avouer qu’elles ne suffisent pas à donner le
goût de lire à ceux qui ne l’ont pas !

       Pour donner le goût et le plaisir de lire, il faut qu’il y ait un jour « un déclic », une
rencontre décisive avec le livre. C’est la mission de l’ensemble de la « communauté éducative »
(au sens large) que de provoquer ce déclic.


         COMMENT FAVORISER CETTE RENCONTRE DECISIVE AVEC LE LIVRE ?

         L’enseignant a un rôle essentiel (pas uniquement l’enseignant de maternelle !). Il est à la
fois le « déclencheur » et le coordonnateur :
         - en mettant à disposition des élèves des livres pour tous les goûts : fiction et
documentaires - fonds BCD
         - en proposant aux élèves des activités qui les conduisent vers les livres. (Il est prouvé
qu'il suffit de proposer à des enfants des livres qu'ils ne sont pas obligés de lire, pour qu'ils aient
envie de le faire : cf. " Ronde des livres ")
         - en assurant le lien avec les différents partenaires (bibliothèques / médiathèques,
libraires, associations, aides-éducateurs et autres intervenants, autres établissements
scolaires…. et bien sûr PARENTS).


         LA DYNAMIQUE DU DEFI

Iln'y a pas de Défi-lecture sans le questionnement par les élèves des livres qu'ils ont lus. La
dynamique du Défi est largement tributaire de la vitalité de ce questionnaire. Or celui ci doit
impérativement répondre à quelques principes généraux:

Les questions doivent répondre aux règles et aux normes de la communication écrite: si elle
n'est pas remplie le destinataire rechignera à répondre à des questions mal ficelées qu'il ne
comprend pas, et se sentira nécessairement dévalorisé par le peu de considération que le
destinateur semble faire de lui en ne jouant pas le jeu de la communication, fondée sur la clarté.

Il est souhaitable que les questions dégagent du plaisir: si celles-ci sont répétitives, lassantes ou
nécessitent un effort de relecture draconien, l'élève qui a la charge d'y répondre éprouvera de
l'ennui et risque de délaisser les lectures et /ou le travail exigé pour répondre aux questions.

Il importe enfin que les questions suscitent, dans leur globalité, la réflexion. Se profile , au
travers de cette condition, le dilemme du pédagogue qui appelle « les diables du plaisir » pour
inciter à lire et à écrire, mais repousse « les démons du jeu » qui détournent de la réflexion et de
l'effort.


        On le sent bien, l’enseignant, en tant que médiateur, aura un rôle essentiel :




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Créer un contexte favorable pour déclencher le plaisir de lire ; instaurer des rituels pour
entretenir la flamme ; inscrire la lecture dans la durée ; augmenter les référents culturels ; parler
du livre et le mettre en scène…
        L’engagement de l’enfant dans un projet de lecture et d’écriture vrai dépendra
essentiellement de la dynamique impulsée par le maître.




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                                            2b .
               COMMENT METTRE UN DEFI LECTURE EN
                            OEUVRE ?
                 LES DIFFERENTES PHASES. DEROULEMENT.




       1. LE CHOIX DES CLASSES

       - Niveaux identiques ou sensiblement équivalents.
       - Les classes peuvent être séparées géographiquement.
                 Des classes de CM2 peuvent organiser des défis-lecture avec des classes de
         6ème dans le cadre de la liaison CM2/6ème.
                 Afin de favoriser la liaison école maternelle et école élémentaire, des classes
         de GS maternelle peuvent s’apparier avec des CP.

        2. LE CHOIX DES TITRES

        - Nécessité d’une très grande variété pour répondre aux différents goûts des élèves et
aux niveaux de lecture hétérogènes : albums, romans, poésies, documentaires, théâtre, contes,
policier, science fiction , aventure etc.
        - Nombre de livres : supérieur à l’effectif de la classe (en général entre 20 et 30 livres) -
on peut avoir plusieurs exemplaires du même titre.
          * Vous trouverez en annexes des exemples de « valises-type » constituées dans les
          circonscriptions de Sarreguemines.

       3. LA DUREE DU JEU

        - Quelques mois : dans la circonscription de Sarreguemines EST, nous organisons deux
défis par année scolaire.




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       4. LA MISE EN ŒUVRE

               4.1. EXPLIQUER LE DEFI-LECTURE AUX ELEVES
       - Expliquer le défi-lecture aux élèves qui sont acteurs de ce projet : il faut créer la
motivation
       - Présenter la classe partenaire : correspondance inter-classes qui peut revêtir diverses
modalités
       - Expliquer les règles du jeu
       - Fixer les dates d’envoi des questionnaires > échange des questionnaires le même jour
(échange d’un questionnaire/classe ou de deux, suivant les possibilités)
       - Prévoir la date de la rencontre finale

               4.2. PRESENTER     TOUS LES LIVRES AUX ELEVES
        Différentes techniques sont possibles (voir en annexes).
       - ronde des livres
       - lecture de passages incitateurs (par le maître)
       - travail à partir de la 1ère de couverture, du titre, de la quatrième de couverture etc.
       - installer un rituel à cet effet : 1 livre par jour, au même moment

               4.3. AMENAGER UN COIN DEFI-LECTURE DANS LA CLASSE POUR…
       - Présenter les livres
       - Afficher le tableau de lecture
              Tableau collectif à double entrée : noms des élèves / titres des livres.
              Dans chaque case on peut prévoir un codage qui exprime l’appréciation du
              lecteur (un, deux, trois coeurs, ou gommettes de couleurs en fonction du plaisir
              rencontré) Associer les élèves à la mise en place de ce codage.
       - Afficher l’adresse de l’autre classe
       - Préparer ou faire préparer par les élèves des fiches de prêt

               4.4. LAISSER LES ELEVES PRENDRE LES LIVRES, LES FEUILLETER,
               PRATIQUER UNE LECTURE BUISSONNIERE OU UNE LECTURE INTEGRALE
        - Quand l’enfant a lu un livre, il remplit le tableau de lecture.
        - Puis il pose une ou deux questions par rapport au livre lu (ne pas oublier d’écrire les
réponses) > ce travail peut se faire individuellement ou par petits groupes si plusieurs élèves ont
lu le même livre.
        - On constitue ainsi une banque de questions (prévoir une boîte à questions).

               4.5. ELABORER LE QUESTIONNAIRE
       - moment de synthèse collective mené par le maître
       - lire toutes les questions
       - les trier (s’interroger sur leur pertinence)
       - travailler leur formulation, si nécessaire
       - élaborer le questionnaire définitif
       - établir le barème
       - garder un double du questionnaire avec les réponses
       - envoyer le questionnaire le jour prévu ( Fax ou lettre)




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               4.6. RECHERCHER LES REPONSES
      - Afficher le questionnaire reçu (veiller à ce que les réponses ne soient pas formulées
immédiatement par les bons lecteurs)
      - Organiser la recherche des réponses (par groupes, par binômes ou individuellement..)

               4.7. CORRIGER LES REPONSES
       - Les élèves corrigent et attribuent le nombre de points en fonction du barème établi


       5. RENCONTRE FINALE : FETE AUTOUR DU LIVRE

       - Possibilité d’organiser un grand jeu à partir des livres lus (jeu de l’oie, etc.)
       - Remise d’un diplôme
       - Remise éventuelle d’une petite récompense (en fonction des moyens financiers !)
       - Goûter organisé par les parents

               REMARQUES :
       Il est conseillé d’associer les professionnels du livre à cette action :
                - documentaliste CDI collège (dans le cadre d’un défi CM2/6ème)
                - libraires
                - bibliothécaires
                - écrivains etc.
       Vous trouverez en annexes quelques exemples :




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                                          2c.
   COMMENT METTRE UN DEFI LECTURE EN ŒUVRE.
            TYPOLOGIE DES QUESTIONS



        Pour que les échanges puissent réactiver les lectures des élèves et les rendent efficaces,
les questions doivent satisfaire trois conditions :
        1.        Qu’elles se plient aux règles et aux normes de la communication écrite (le
                  destinataire n’aura pas envie de répondre à des questions mal « ficelées »
                  qu’il ne comprend pas).
        2.        Qu’elles dégagent du plaisir (ni répétitives, ni lassantes).
        3.        Qu’elles suscitent, dans leur globalité, de la réflexion.

Les élèves n’éprouvent nul besoin d’avoir en tête la typologie des questions qu’ils produisent. Il
n’en va pas de même pour l’enseignant, qui veille à ce que certains types de questions ne soient
pas sur-représentées ou systématiquement délaissés.



       1. LES QUESTIONS OUVERTES

L’enjeu est de trouver le ou les ouvrages auxquels les questions renvoient.
Ces questions peuvent être :

- des dessins réalisés par les élèves et illustrant un lieu, un personnage ou l'un des épisodes d'un
roman
- des illustrations des livres du Défi
- des rébus
- des charades
- des énigmes
- des télégrammes anonymes qui obligent le joueur à rechercher le personnage qui aurait pu en
être l'auteur
- des devinettes où l'on donne une définition: Il s'agit alors de rechercher à quoi elle correspond
- des messages codés




         EXEMPLES:


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1. DESSINS
- Exemple de consigne : Citez la page, le chapitre du dessin et le nom du livre......
- Exemple de consigne : Quel est le nom du dessinateur qui a fait ce dessin ?
                         De quel roman s'agit-il '?
- Exemple de consigne : A quel livre du défi appartient cette illustration ? Quel est l'auteur ?
           Quel est le nom du personnage? Pourquoi court-il ?
- Exemple de consigne : Quel est le nom de cet instrument ? De quel pays vient-il ? Dans le
           livre qui joue de cet instrument ? Expliquez (en deux lignes) comment l'instrument
           est arrivé en possession du joueur ?

2. REBUS
- Exemple de consigne: Trouvez le livre dont parle le rébus. (Chassy s’en va-t'en guerre)




- Exemple de consigne: Rechercher la phrase prononcée par un personnage du livre « … ». Qui
la prononce ? A quelle occasion ?




3. CHARADE :
- Exemple de consigne: Déchiffrez la charade et vous trouverez le titre d'un livre du Défî

4. ENIGME:
- Exemple de consigne: Découvrez un titre de livres du Défi à partir de cette énigme.
           Il peut être mis en boîte. (Le nome en conserve, C. Nâstlinger)

5. TELEGRAMMES ANONYMES :
- Exemple de consigne : Trouvez l'auteur de ce télégramme et indiquez dans quel roman se
trouve le personnage.

6. DEVINETTE
« Arrivons demain matin - stop - mère inquiète de ton silence - stop Ŕ etc »......
- Exemple de consigne : Des titres des Défi-lecture ont été transformés. Retrouvez-les.
           Polo la merveille (Le livre des merveilles)
           Les mille et un détecteurs (Emile et les détectives)
           El yenop eguor (le poney rouge)




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7. MESSAGES CODES :
    Exemple de consigne : Déchiffrez le code. Il vous donne le titre d'un livre du Défi-lecture.




       2. LES QUESTIONS-JEUX

        Même si ce type de questions est facilement identifiable et connu de tous, l'expérience
prouve qu'il est nécessaire de joindre une consigne explicite, décrivant ce que l'on attend du
destinataire. La rédaction de cette consigne s'inscrit dans un apprentissage de l'écrit motivé
par la communication.
        En outre, sa formulation entraîne à la compréhension des consignes d'exercices, dont
l'incompréhension est souvent source d'échec.
Appartiennent à cette catégorie toutes les questions ouvertes déjà mentionnées et auxquelles
s’ajoutent :


1. LES MOTS CROISES
Centrés sur les objets, les lieux et les personnages d'un
roman.
Exemple de consigne: Placez dans la grille tous les animaux
du livre « Les deux gredins »



2. LES MOTS MELES

                                 Exemple de consigne : Recherche les prénoms dans la grille qui
                                 suit. Barre-les. Il te restera des lettres. Avec ces lettres tu
                                 devras reconstituer le titre d'un livre.




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                                                                    Exemple de consigne :
                                                                    Découvrez dans cette grille de
                                                                    lettres, des mots cachés.
                                                                    Certains mots renvoient à des
                                                                    titres ou à des auteurs de
                                                                    livres du Défi. Indiquez-les.




3. LES PUZZLES DE TOUTE NATURE :
- page ou illustration photocopiées d'un livre et découpées en morceaux
Exemple de consigne : Voici une enveloppe. Reconstitue le puzzle au dos de la feuille. A quel
livre se rapporte cette illustration et à quelle page la trouve-t-on ?
- puzzles des actions-clés d'un récit présentées dans le désordre
Exemple de consigne: Voici une liste d’actions principales qui se rapportent à la première partie
d’un roman « … ». Ces actions sont dans le désordre. Retrouvez le bon ordre.

4. LES INTRUS
Exemple de consigne : Recherchez les 4 intrus qui se sont glissés dans la table des matières.
Essayez de retrouver à quel roman se rapportent ces intrus.
Exemple de consigne : Voici la liste de tous les personnages de « Ben est amoureux dAnna ».
Hélas 5 héros d'autres romans se sont cachés dans la liste. Quels sont ces intrus et de quel
roman sortent-ils ?

5. LES APRARIEMENTS :
- Relier les éléments qui ont un lien :
        relations entre personnages et métiers
        traits distinctifs des héros et le nom des personnages
        dialogues et interlocuteurs
        lieux et titres de romans
        noms de personnages et titres

6. LES QCM :
Exemple de consigne : Dansle livre « … », qu'est-ce qui oblige le héros à se cacher dans la forêt ?
Coche les réponses exactes. (Proposer une suite de phrases du type)
Le jeune Indien était -il
       professeur de français
       étudiant
       trappeur etc....

7. LES QUESTIONNAIRES VRAI / FAUX



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       3. LES QUESTIONS DE COURS

        Ces questions se rapportent implicitement ou se réfèrent explicitement à l’analyse
fonctionnelle des récits. Elles portent sur les lieux, le temps, les personnages, les objets, les
actions-clés du récit.
        La rédaction de phrases interrogatives est le signe distinctif de ces questions. Elles
supposent la maîtrise des structures interrogatives et un maniement sûr des pronoms, des
adjectifs et des adverbes interrogatifs. C’est pourquoi il est nécessaire de mener parallèlement
un apprentissage des types de phrases en grammaire et production d’écrits.
        Ces questions doivent appeler des réponses courtes et supposer un minimum de
recherches.


Exemples :

- PERSONNAGES :
      Quel est le métier de Tintin ? (dans « Tintin au Tibet »)
- OBJETS :
       Avec quoi Zozo accroche-t-il sa soeur en haut du mât? (dans « Zozo la tornade »)
- LIEUX :
       Cite dix lieux où Jody se rend souvent? (dans « Le poney rouge »)
- TEMPS :
        Au début du livre, quel âge a J. Joffo ? Quel est son âge à la fin du livre ?
- ACTIONS-CLES :
        Quand la femme de ménage en eut assez des chaussures, que fit-elle ? (dans « La
        sorcière de la rue Mouffetard »)




       4. QUESTIONS D'OEIL

        Ce sont les questions qui font intervenir les compétences perceptives et les stratégies de
lecture. Elles participent en conséquence à la maîtrise du savoir lire.


A cette classe de questions appartiennent :
   - les jeux du type « mots mêlés » ou les « jeux des différences »
   - les relevés que l'on demande d'effectuer, sur une page donnée ou à l'échelle du roman
   - la page que l'on demande d'indiquer et dans laquelle se produit un épisode-clé ou un
        événement notable
   - les références du livre que l'on demande de mentionner : nom de l'auteur, du traducteur,
        de l'illustrateur de la couverture ou des dessins intérieurs, de la collection, de l'éditeur,
        de la date de parution de l'ouvrage...
   - les questions relatives à l'organisation interne des ouvrages : première et quatrième de
        couverture, sommaire, table des matières, notice bibliographique...




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        Exemples :

- COMPETENCES PERCEPTIVES, STRATEGIES DE LECTURE
      Quel est le chapitre où ... ?
      Remets la ponctuation dans le passage du livre «..................... »
      Donne-moi la page où ...
      Dans quel chapitre se trouve la scène où ... ?
      Quel est le numéro du chapitre dont le titre est ... ?

- LE LIVRE-OBJET :
        Par qui a été traduit ... ?
        Qui a illustré ... ?
        En quelle année a été édité ... ?
        etc...




        5. QUESTIONS DE CULTURE.

         Les documentaires de la liste des Défis sont les livres essentiels pour que s'installe et se
fortifie la culture des élèves, mais les romans en constituent aussi des foyers privilégiés.


        Exemples :

- GEOGRAPHIE
       Dans quel pays et dans quelle ville se situe ce récit ?
       Citez toutes les villes parcourues par « ... » ?
       Dans quelle région du Canada vit « ... » ?
- HISTOIRE :
       Comment s'appelle le père de Guillaume ? (Guillaume-le-Conquérant)
       A quoi correspond ce chiffre CDXXI ?
       Qu'est-ce que le « Thanks Giving Day » ?
- SCIENCES :
       Qu'est-ce qu'un ornithologue ?
       Quel est l'oiseau qui peut reproduire le cri de la buse et du sansonnet ?
- LITTERATURE :
       Donnez le titre du roman qu'Hector Malot a écrit après « Sans famille »
       En quelle année est né l'auteur de « Croc-Blanc » ?




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                                           2d .
                 COMMENT METTRE UN DEFI LECTURE EN
                               OEUVRE ?
                 QUEL DEFI LECTURE EN ECOLE MATERNELLE ?




Les compétences de lecture nécessaires pour entrer efficacement dans un défi lecture, tel qu'il
          est proposé pour les cycles 2 et 3, sont au stade des prémices chez les élèves du
          cycle des apprentissages premiers (petite et moyenne sections), en cours
          d'élaboration plus active chez les élèves de grande section qui ont entrepris des
          apprentissages fondamentaux.


Des observations en classe maternelle

       Des observations ont été menées en classes maternelles à cours uniques rassemblant les
trois sections.
       L'objet de notre investigation était de déceler des indices, des compétences particulières
de lecteur, de locuteur ou de scripteur pouvant être efficacement exploitées ou travaillées de
manière pointue dans le cadre d'un défi lecture.

      Les principaux constats sont exposés ci-après :

          -     Les enfants ne comprennent pas l'intérêt de poser une question dont la réponse
      est déjà connue par eux.
          -     Les situations de langue orale proposées en classe aux enfants pour questionner,
      interroger, sont peu fréquentes. Leur compétence en ce domaine est limitée.
          -     Grâce à une aide appuyée des enseignantes, certains enfants de GS parviennent
      avec difficulté à formuler quelques questions, dont la structure et le contenu ne s'éloignent
      guère du questionnement scolaire classique auquel ils sont couramment confrontés.
          -     La situation de communication différée (concevoir un questionnement à propos
      d'une histoire que d'autres enfants vont découvrir et auquel ils répondront après lecture
      faite par leur maîtresse) dépasse de loin les compétences en matière de structuration de
      l'espace et du temps.
          -     Les enfants de grande section ne sont pas encore capables de se décentrer par
      rapport à eux-mêmes : selon les stades de PIAGET, ils considèrent le livre comme un
      objet de plaisir et non comme un objet d'étude. Seuls les élèves les plus évolués dans



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      l'acquisition des compétences de lecture et d'écriture sont capables de questionner avec un
      peu de pertinence mais sans réelle originalité.


     Concevoir et poser une question à propos d'un livre, destinée à des élèves non présents
physiquement, apparaît donc comme une opération hyper complexe dont la plupart des enfants
de maternelle ne mesurent ni le sens, ni la portée, ni même les enjeux, fussent-ils ludiques.

Des séquences de découverte de livres de typologies diverses, observées en classe maternelle,
          nous ont permis de faire des observations intéressantes pouvant être exploitées dans
          le cadre d'un défi lecture adapté.

-   Le premier réflexe habituel (car travaillé antérieurement) des élèves, avant d'entrer dans le
    livre, est de focaliser leur attention sur la page de couverture, sur la page de garde de
    l'ouvrage.
    Ils essaient de déchiffrer le titre (travail par analogie avec des mots connus), de trouver les
    noms de l'auteur et de l'éditeur, regardent attentivement l'illustration de la couverture. Forts
    de ces indices, ils formulent les premières hypothèses de contenu. Le recours au résumé de
    la quatrième de couverture apporte des éléments de réponses à leurs interrogations.

-   L'attention des enfants, face à une nouvelle narration, se porte ensuite et de manière fort
    pertinente sur le péritexte ; ils formulent des hypothèses, étayent leur compréhension de
    l'histoire en s'appuyant sur les illustrations, par une prise permanente d'indices graphiques:
    silhouette générale de l'écrit, titres, intertitres, légendes…

-   Toute formulation d'hypothèses de sens ou de contenus, s'appuyant sur les illustrations ou la
    silhouette générale du texte, est riche. La confrontation des hypothèses (introduites par la
    locution "peut-être que…") suscite et favorise l'interrogation, l'échange oral et le débat
    contradictoire. L'expression orale et spontanée des élèves est riche, leur esprit de déduction
    et logique largement mis à contribution.

-   Le travail de formulation d'hypothèses de contenus s'enrichit par la possibilité offerte aux
    enfants de poser à la maîtresse toutes les questions qui leur semblent pertinentes pour aller
    plus loin dans l'investigation. Dans ce cadre précis, les enfants conçoivent du sens au fait
    de poser des questions.

-   Ces questions formulées par les élèves sont retenues (dictée à l'adulte) ou mémorisées
    (recours à l'enregistrement).

-   Le sens global de l'histoire est en général parfaitement reconstruit au bout de l'exercice,
    reformulé par les élèves, certains éléments encore douteux sont confirmés ou infirmés par la
    maîtresse par une lecture linéaire de l'histoire.


   Les élèves de maternelle font montre d'une habileté particulière lorsqu'ils sont confrontés à
un écrit non connu. Ils développent, avec leurs enseignantes, des stratégies particulières leur
permettant d'entrer dans les écrits, d'en découvrir le sens général par la prise d'indices écrits et
graphiques. Cette entrée dans l'écrit favorise également la prise de parole, stimule le
questionnement oral.


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Quelles sont les conséquences pour un défi lecture en maternelle ?

    Un défi lecture peut être envisagé en classe maternelle, en prenant soin de l'adapter aux
compétences de lecteur réelles des enfants de cet âge.

      Un fonds de 20 à 25 ouvrages divers (albums, livres documentaires, poésies et comptines)
constituera une base de travail variée et intéressante. Les étapes de calendrier les plus
importantes sont spécifiées en gras.

       Après avoir informé les enfants, dès la rentrée de septembre, du sens du défi, de la
possibilité offerte de rencontrer par ce biais de nouveaux camarades, les activités de
découverte des ouvrages s’étendent du mois d’octobre jusqu’en janvier.
       Le retour nécessaire sur les livres du défi va de janvier à avril et alimentera une relation
épistolaire de type correspondance scolaire classique (échanges de lettres, de photos, de travaux
divers, de dessins, qui portent sur les livres du défi et l'activité de la classe partenaire dans le
cadre du défi). Cette phase de travail remplace en maternelle le double échange de
questionnaires écrits.
       La préparation des activités proposées le jour de la rencontre débuteront dans
chaque classe dans la période située entre les vacances d'hiver et celles de printemps. Elles
seront réciproquement proposées au cours de la journée de rencontre située en mai, qui
s'articulera autour des jeux de lecture, un moment convivial commun.
       Une visite, des activités sportives ou artistiques communes, inscrites dans les projets de
classe, compléteront judicieusement cette journée de rencontre.
       Enfin, il serait souhaitable qu'aucun classement ne soit établi mais que chaque enfant soit
récompensé par un livre et un diplôme des efforts qu'il a consentis tout au long de l'année
scolaire en faveur du défi et, par conséquent, des compétences acquises dans le domaine de la
lecture.

      Un défi lecture proposé aux élèves de maternelle donne du sens à leurs apprentissages
dans les domaines de la lecture, de l'écriture. "Construire son langage" est abordé dans un cadre
ludique. Les compétences du domaine "Vivre ensemble" sont largement travaillées puisque ce
défi demande collaboration et ouverture sur l'autre.

Pour les enseignantes, en particulier celles qui sont isolées dans des secteurs ruraux avec des
            classes à plusieurs niveaux, le défi lecture constitue une base de travail par équipe
            de cycle intéressante, apte à enrichir, par l'échange, les pratiques de classe et les
            activités au service des apprentissages des élèves.


Quelles activités proposer lors des rencontres ?

     Les jeux conçus par les classes participant à la rencontre se regroupent en quatre grands
domaines et seront illustrés par quelques exemples (la liste n'est pas exhaustive). Les jeux
proposés porteront sur tous les livres proposés dans le cadre du défi lecture.




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      Il est souhaitable que les ateliers soient tenus par les élèves eux-mêmes (explicitation de
la consigne, vérification des réponses données). La présence d'adultes médiateurs est nécessaire
dans les ateliers, en particulier là où les questions seront lues.
      Les maîtresses prendront plus spécifiquement en charge la rotation des ateliers et
l'organisation générale de la rencontre.

Des jeux portant sur les livres
- Illustrations séquentielles
- Reconstitution des titres mot par mot, lettre par lettre…
- Salade de plusieurs titres
- Jeux de mémory consistant à redonner à chaque personnage un attribut dans une histoire…

Des questions jeux
- Trouver à quel livre renvoie un dessin d'enfant illustrant un lieu, un personnage, un
    épisode…
- Trouver à quel livre renvoie des illustrations
- Résoudre des rébus, des charades, de petites énigmes…
- Mots croisés illustrés
- Puzzles de textes ou d'illustrations découpées à reconstituer
- Textes ou illustrations parasites, chasse aux intrus
- Questionnaires à choix multiples, oraux ou écrits (aide de l'adulte)
- Questionnaires oraux de type vrai ou faux

Des questions d'œil
- Les titres mêlés
- Les jeux de différences
- La recherche d'un nom répété plusieurs fois dans un paragraphe ou sur une page
- Encadrer les noms de l'auteur, de l'éditeur…

Des questions de culture
Ces questions permettent en particulier d'élargir ou de réinvestir les acquisitions faites grâce
aux livres documentaires :
- L'identification, la vie et les mœurs d'un animal précis
- Les grandes périodes historiques : les chevaliers, les rois, les châteaux-forts




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                                           3a.
             LES ENJEUX ET LES LIMITES D’UN DEFI LECTURE.
                                          LE SERIEUX DU JEU




       Il nous semble souhaitable , au nom des principes de la pédagogie du projet, de laisser
aux élèves une totale liberté d'initiative dans la conception des questions.
       Il apparaît que cette liberté conduit les élèves à concevoir spontanément des questions -
jeux. Ces dernières mobilisent tant au cours de leur conception qu'au cours de leur traitement
des capacités qui témoignent bien de compétences de lecture et d'écriture diversifiées.

        Cependant ces compétences courent le risque de ne couvrir que des phénomènes de
lecture locaux, ponctuels, fragmentaires, voire anecdotiques. On peut même envisager une
caricature de question : un élève qui composerait un rébus sur le titre d'un ouvrage, pourrait se
passer de le lire. Or si le Défi ne suscitait que des questions superficielles au regard de la
lecture, il manquerait l'un des buts qu'il vise, qui est aussi d'apprendre à lire par une
interrogation polymorphe des livres. Il convient donc d'être vigilent pour éviter principalement
trois types de dérives (page suivante).




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                                             3b .
        LES ENJEUX ET LES LIMITES D’UN DEFI LECTURE.
                                       TROIS DERIVES A EVITER


        1. LE DEFI GADGET:

        Il consisterait à privilégier la dimension ludique sans porter attention à la construction
des apprentissages qui justifient en dernier ressort l’action comme projet de formation. Le Défi
créerait ainsi l'illusion chez le "lecteur- joueur" que la lecture et l'écriture n'existent que dans le
jeu, alors que l'objectif est d'installer le goût de lire et d'écrire, au delà de l'activité-jeu, et par
delà le travail de lecture et d'écriture.

        En somme, le Défi refuse d'être "tripot de jeux" ; il veut générer une "cour de
récréation" (re-création) de la lecture. Il n'échafaude pas un "moulin à lire" où les rafales de
lecture bousculent les pages sans jamais sédimenter la mémoire des lecteurs. Il se voudrait "
auberge espagnole", accueillant tous les lecteurs, pourvu que, de temps en temps, de plus en
plus, un instant, ils apprécient le goût des mots. Lire c'est jouer, mais jouer n'est pas lire.
Aussi le jeu doit-il réserver toute la place qui revient à l'apprentissage du mieux lire.


        2. LE DEFI COMPETITION.

        Dans cette dérive, l'enseignant exacerberait chez les élèves leur volonté de domination
de l'adversaire. Dans ce cas, le Défi n'est plus un jeu mais un combat qui, au lieu d'instaurer
dans la classe un climat d'entraide et de tolérance, assujettirait tous les joueurs à l'obtention de
la victoire.

        Le Défi peut alors courir le risque de se confmer dans une "compétition éteignoir " si
les élèves ne sont capables que de concevoir des questions "pensums". De ce point de vue, le
groupe classe, selon l'alchimie de sa composition, peut entraîner le Défi sur l'adret ludique, ou
l'ubac scolaire.

        Un équilibre est à trouver, Pour ce faire, l'enseignant, tout en demeurant fidèle à la
philosophie du projet peut, si besoin, infléchir les questions dans le sens de plus d'intensité
réflexive, ou de fraîcheur ludique, Et le point d'équilibre est largement défini par la
préoccupation de ne marginaliser, ni exclure personne de "l'auberge espagnole" du Défi, Trop
de questions complexes, subtiles ou exigeant un long temps de recherche évinceraient les élèves
en difficulté, ce qui signerait l'échec du Défi. Chacun doit trouver sa place, le projet se voudrait
un modèle d'intégration de l'apprenti lecteur quelque soit son degré d'expertise.




CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                        DEFI LECTURE Ŕ PAGE 24
       3. LE DEFI RECUPERATEUR.

       L'enseignant, tenaillé par le couple infernal des objectifs et du projet, prendrait prétexte
du Défi-lecture pour développer son programme qu'il plaquerait sur les activités du projet défi.
       En effet l'enseignant peut, dans un premier temps, être décontenancé par les
modifications qu'entraîne la mise en place d'un défi :

        - En premier lieu, s'il génère un espace de liberté éducative où l'apprenant s'exprime et
gère son apprentissage dans les phases de définition, de réalisation et d'évaluation du projet,
l'apprenant n'est pas pour autant doté à l'origine de toutes les compétences indispensables à la
jouissance pleine de la liberté qui lui est offerte, Si tel était le cas, le projet ( Défi-lecture)
n'aurait d'ailleurs que peu de raisons d'être.

        - En second lieu, le projet, comme espace d'autonomie des élèves, s'accommode parfois
mal, en son sein, des interventions de l'enseignant susceptible de vouloir remédier à l'ensemble
des difficultés dues à la non maîtrise des compétences requises par le projet.
        D'où la tentation de récupérer les activités pour plaquer les éléments du programme qui
permettraient de remédier aux déficiences observées.

        Nous pensons que si la pratique de la lecture et de l'écriture engendrée par la mise en
place d'un Défi-lecture sert bien, en elle-même, un processus d'auto-formation, cette méthode
naturelle d'acquisition et de renforcement des savoir-faire n'est pas auto-suffisante. Elle
comporte même le risque de décourager l'élève, car les échecs successifs que l'apprenant livré à
lui même peut encourir décourageraient les plus motivés.

       Il existe une alternative à cette dérive de la récupération:

        Tout projet doit être relayé, nous semble-t-il, par des activités qui affichent pour
objectifs d'aider rationnellement à la maîtrise des compétences mobilisées par le projet (cf
« Lire à l'œil »).
        Tandis que les activités de structuration assurent la maîtrise, au sens strict, des
compétences, le projet propose le cadre susceptible d'en assurer les transferts. Les élèves
peuvent aussi se saisir du projet pour porter leurs savoir-faire au niveau de l'expression, comme
degré supérieur des acquisitions.




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                                                   3c.
                LES ENJEUX ET LES LIMITES D’UN DEFI LECTURE.
                                        QU’EN PENSENT LES ENFANTS ?

Une enquête menée auprès de 79 élèves de CM1/CM2 de la circonscription de Château-Salins

               Questions                                                     Réponses
Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le défi-   -   lire des livres (super, amusants, assez longs) 24
lecture ?                                      -   inventer les questions 14
                                               -   corriger les fiches 12
                                               -   les jeux, les épreuves (charades, mots mêlés…) 11
                                               -   répondre aux questions 9
                                               -   taper les fiches sur l’ordinateur 8
                                               -   tout 6
                                               -   connaître plus de romans 2
                                               -   rien 2
                                               -   affronter les autres
                                               -   s’amuser tout en lisant
                                               -   s’envoyer des mots sympa
Qu’est-ce qui te plaît le moins dans le        -   répondre aux questions de cours 23
défi-lecture ?                                 -   rien 20
                                               -   lire les livres 9
                                               -   les livres trop durs (documentaires, biographies, les livres qui n’ont
                                                   pas beaucoup d’images) 8
                                               -   faire les questions 7
                                               -   les mots croisés 2
                                               -   les rebus
                                               -   corriger les questionnaires
                                               -   quand on répond aux questions, on ne peut pas choisir le livre qu’on
                                                   veut
                                               -   les « engueulades »
                                               -   tout
Est-ce que tu aimerais refaire un défi l’an    -   oui (oh, oui) 65
prochain ?                                     -   non 13
                                               -   je ne sais pas 2
Est-ce que tu aimerais changer quelque         -   non 56
chose dans le défi ?                           -   oui 22
                                               -   je ne sais pas 1
Qu’est-ce que tu aimerais changer dans le      -   changer des livres (trop durs, pas assez amusants…) 8
défi ?                                         -   remplacer les questions par des jeux, des dessins 6
                                               -   plus de classes et plus de livres
                                               -   changer les règles, les points
                                               -   poser les questions à l’oral
                                               -   faire des maths à la place de la lecture
                                               -   ne plus corriger sur l’ordinateur
                                               -   j’aimerais que les élèves ne soient plus aidés
                                               -   plus de BD de Tom-Tom et Nana, plus de documentaires
As-tu lu des livres entièrement ?              -   oui 75
                                               -   non 4




CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                                  DEFI LECTURE Ŕ PAGE 26
Pourquoi les as-tu lus jusqu’au bout ?              parce qu’ils m’ont plu 67
                                                    pour pouvoir répondre aux questions 50
                                                    pour pouvoir écrire des questions 43
                                                    parce que j’étais obligé (certains) 6
                                                    autre :
                                                           - c’est mouvementé, passionnant 3
                                                           - parce qu’ils racontaient de belles histoires 2
                                                           - j’aime lire 2
                                                           - il y a des dessins
                                                           - pour connaître la fin
                                                           - pour m’occuper
                                                           - pour faire des questions dures
Est-ce qu’il y a des livres que tu n’as pas     -    oui 61
lus entièrement ?                               -    non 18
Pourquoi ne les as-tu pas lus jusqu’au bout ?       parce qu’ils ne me plaisaient pas 41
                                                    parce que je n’ai pas eu le temps de les lire en entier 29
                                                    parce que je les trouve trop difficiles 20
                                                    parce qu’ils sont trop épais 10
                                                    parce qu’il n’y a pas assez d’images 10
                                                    parce que je n’aime pas trop lire 8
                                                    parce qu’on n’a pas besoin de les lire en entier (documentaires,
                                                     poésies…) 5
                                                    parce que je n’ai pas d’endroit pour pouvoir lire tranquillement 3
Y a-t-il des livres que tu voulais lire mais        oui 54
qui étaient pris par d’autres ?                     non 25
Y a t-il des genres de livres que tu préfères   -    romans d’aventures, policiers 35
à d’autres ? Lesquels ?                         -    bandes dessinées 17
                                                -    documentaires 10
                                                -    science fiction, fantastiques, livres qui font peur 7
                                                -    romans d’amour 2
                                                -    livres rigolos2
                                                -    poésies
Quels sont les trois titres de livres que tu    -    Un chaton dans la souricière 10
as préférés ?                                   -    Contes pour enfants pas sages 9
1ère sélection                                 -    Le fils des loups 8
                                                -    Le grimoire d’Arkandias 7
                                                -    Léonard, cadeau de génie 7
                                                -    Astérix, le domaine des dieux 5
                                                -    Contes et légendes de la mythologie grecque 5
                                                -    Lettres d’amour de 0 à 10 ans 5
                                                -    Privés de télé 5
                                                -    M comme Matisse 5
                                                -    Tintin, l’affaire Tournesol 4
                                                -    Quinze millions pour un fantôme 4
                                                -    Un automne rouge sang 4Cadeau
                                                -    Le coup du lapin 4
                                                -    Les compagnons de l’ombre 3
                                                -    La cour couleur 3
                                                -    Huit farces pour collégiens 2
                                                -   Premier en foot 2
                                                -   A Pompéi 2
                                                -   Les transmiroirs
                                                -   L’étang et la rivière
                                                -    Marie Curie et le radium




CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                                    DEFI LECTURE Ŕ PAGE 27
                                                   3d .
                  LES ENJEUX ET LES LIMITES D’UN DEFI LECTURE.
                              LE QUESTIONNAIRE AU CŒUR DU PROBLEME ?


     Nous venons d’évoquer un certain nombre de dérives possibles pouvant être évitées par
un médiateur ( essentiellement l’enseignant de la classe) attentif et informé. Nous nous
proposons de les préciser, à l’aide des réponses des enfants à l’enquête mentionnée plus haut.
     .

Le défi- lecture est une compétition , les réponses des enfants à l’enquête en sont le reflet.
S’ils déclarent aimer « affronter les autres » , si certains lisent les livres jusqu’au bout « pour
faire des questions dures » il convient de veiller à ce que ce type de questions ne découragent
pas les lecteurs moins habiles. Ce sont ces derniers qui proposent, pour faire évoluer le défi de
« poser les questions à l’oral… » ! Il nous semble très important que l’enseignant veille à
conserver l’esprit amical du défi en se gardant d’exacerber les pulsions de la compétition. En
particulier il encouragera ses élèves à ne pas poser de questions « tordues » !

Le défi-lecture est un jeu . Les élèves interrogés déclarent aimer :

      -    les jeux, les épreuves ( charades, mots mêlés…)
      -    s’amuser tout en lisant

     Certains vont jusqu’à proposer « de remplacer les questions par des jeux, des dessins » .
Sommes-nous encore dans le monde l’écrit ? Que se cache t’il derrière cette surenchère
ludique ?
     Peut-être une nouvelle fois la crainte face à l’écrit qui insécurise. A l’enseignant de rassurer
face à une activité qui peut bloquer plus d’un élève « fragile ».
     Le défi est un jeu, qu’il le reste, mais c’est avant tout un jeu de lettres1 destiné à
promouvoir, à encourager, à accompagner l’entrée des élèves dans leur tête à tête avec les
textes.
Il s’agit bien de les accompagner pour éviter, autant que possible, que l’enfant « n’apprenne sa
solitude lettre après lettre, le doigt sur le cœur, soulignant chaque voyelle du sang rouge… »2
 L’enseignant veillera à la cohérence des questionnaires , centrés autour du livre qui reste
premier , afin qu’ils ne se transforment pas en défi- « gadgets » !

Le défi-lecture est un moyen de faire découvrir de nouveaux textes aux élèves. Ce qui plaît le
plus c’est de « lire des livres », pas des extraits du livre unique de français, pas des textes
fabriqués des méthodes de lecture…Les élèves aiment les livres de littérature de jeunesse :
1
    Même si comme nous le verrons l’oral y joue un rôle essentiel
2
    Ch BOBIN, Une petite robe de fête, Gallimard, 1991


CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                      DEFI LECTURE Ŕ PAGE 28
qui font peur « le grimoire d’Arkandias »
qui font rêver « Contes pour enfants pas sages »
qui font rire « Léonard, cadeau de génie »

Ils apprennent d’ailleurs rapidement à les classer en genre dont certains sont largement
plébiscités : « romans d’aventure, policiers, BD, documentaires, …)
 L’enseignant averti résistera donc à la tentation de récupérer le défi pour proposer l’étude des
textes « au programme » destinés à travailler tel ou tel point du « programme » en posant ses
propres questions aux élèves !

        On s’aperçoit que le questionnaire est concerné par chacune de ces dérives. Le défi-
lecture les élèves sont amenés à réaliser une production personnelle à partir de leurs lectures. Ils
sont invités à devenir à leur tour, même modestement, auteurs, créateurs…

         Ils aiment « inventer des questions » beaucoup moins y répondre 3…

      On sait que l’élève se souviendra mieux du contenu de ce qu’il a réalisé que du contenu
d’un cours. On mesure donc toute l’importance de cette démarche qui n’est pourtant pas
toujours couronnée de succès.

        Certains déclarent en effet ne pas aimer « faire des questions »

      L’une des difficulté centrale réside peut-être dans le fait que ces élèves ne sont pas
familiers d’un langage, et d’un écrit en particulier, permettant d’apprendre, d’élaborer, de
penser…
Ils sont davantage dans l’action « spontanée », immédiate. Ils réalisent les tâches scolaires sans
en comprendre la finalité d’apprentissage4.
Ces élèves expliquent, à leur manière, les raisons de leur abandon prématuré . Ils déclarent
n’avoir pas lu les livres jusqu’au bout parce qu’ils :

    -    « les trouvent trop difficiles »
    -    « sont trop épais »
    -    «n’ont pas assez d’images »

La quantité d’écrit semble faire peur5 à l’élève qui entretient un rapport au langage plus éloigné
que celui qui domine à l’école. Davantage dans l’action, il se contentera parfois de recopier un
extrait du texte en y ajoutant un point d’interrogation. Il pourra aussi reproduire à l’identique les
mêmes types de questions et/ ou de jeux pour chaque livre lu qu’il s’agisse d’un roman policier
ou d’un album documentaire.
Comment les aider à dépasser ce stade ? Comment leur communiquer les règles du jeu et leur
donner les moyens de réussir le type de travail attendu ?


3
  Tout dépend de la présentation et du contenu de la question. Mais il est clair que le métier de l ‘élève consiste à
réponde aux questions , exercice scolaire type qui peut finir pas lasser. Il paraît en revanche plus exaltant de se
poser des questions pour en inventer !
4
  Nous n’avons pas la place de développer ici ce point essentiel renvoyant le lecteur intéressé à la lecture d’
Elisabeth Bautier ou de Bernard Lahire
5
  Ce n’est peut-être pas un hasard si , parmi les ouvrages sélectionnés , ce sont les romans faciles à lire, bien illustés
drôles …qui ont remporté le plus de suffrages.


CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                                      DEFI LECTURE Ŕ PAGE 29
Peut-être en encourageant dans les classes un oral et un écrit plus réflexif ou l’élève apprendra
à délibérer, questionner , poser les représentations du monde et des savoirs pour ensuite les
travailler et discuter ces représentations, ces questionnement pour les modifier et y répondre.6
        Le défi-lecture qui saura éviter les trois dérives que nous venons de décrire brièvement,
constitue un formidable tremplin pour cette démarche nouvelle qui relève du défi !


         MOBILISER LES CONNAISSANCES ANTERIEURES DES ELEVES.

      Il n’est peut-être pas inutile , en amont de la lecture, de prévoir un temps au cours duquel
les enfants mobilisent leurs connaissances. La présentation des livres du défi lors de la « ronde
des livres » ( voir fiche en annexes) peut, par exemple, en être l’occasion.
La démarche semble, à priori, plus pertinente pour un album documentaire que pour une BD ou
un conte. Nous préconisons cependant cette démarche pour tous les livres.
Elle permet, dans un premier temps, de faire prendre conscience qu’il possède déjà des acquis
dans le thème évoqué. Cela lui permettra de dépasser ( avec le temps) l’image traditionnelle de
l’élève passif et ignorant recevant tout de celui qui sait : l’enseignant mais aussi l’auteur du
livre…
        Nous ne reproduirons pas ici les théories concernant le processus même de
l’apprentissage nous contentons de rappeler que les connaissances nouvelles se construisent
toujours par une mise en relation des connaissances antérieures avec les nouvelles.
      L’élève connaît donc des choses, mêmes si elles sont inorganisées voire partiellement
fausses il sera davantage actif lors de sa lecture et plus à même de devenir acteur dans la phase
d’écriture.


         SE CONSTRUIRE UNE REPRESENTATION DE LA TACHE A ACCOMPLIR

« Savoir poser les questions est déjà savoir à moitié » disait déjà Aristote.

      Or, on constate que les élèves n’ont pas l’habitude , en milieu scolaire, de poser (et de se
poser) des questions.
      Le questionnement est l’attribut du maître et les écrits ne répondent que si le lecteur les
interroge.

           Avant de lire il est essentiel que le lecteur se pose deux questions :
                  « Qu’est-ce que je cherche ? » et
                  « Dans quel but ? »

       Ces questions sont d’autant plus redoutables que l’activité d’écriture se déroule en
groupe. Est-ce que l’accord de surface ( on va poser des questions ou on va faire une
charade…) ne cache pas des représentations divergentes ( poser des questions que le lecteur
s’est posé ou poser des questions pour « embêter » l’autre…).
Il paraît donc important d’aider les élèves à se construire une représentation de la tâche à
accomplir.



6
    Nous nous inspirons ici des écrits d’Elisabeth Bautier


CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                         DEFI LECTURE Ŕ PAGE 30
Pour cela il est primordial que les élèves aient vu des questionnaires ( élaborés par d’autres
classes, exemples de questions issues de ce fichier…) et qu’ils aient dégagé de cet examen des
critères de réussite.
       On s’efforcera, à cette occasion, de proposer des questions pièges, des questions
incomplètes qui ne pourraient en aucun cas convenir pour un défi.
C’est grâce à cette connaissance des types de questions que les élèves pourront anticiper les
tâches et avoir un e représentation du produit fini.
Sans cette représentation les élèves ne savent pas où ils vont et risquent de tomber dans l’une
des dérives présentée ci- dessus.


      PREPARER UNE FEUILLE DE ROUTE

       La mise en place du travail, la ou les séquences de lancement peuvent déboucher sur une
feuille de route qui précise le projet et donne éventuellement quelques indications
méthodologiques. Nous en donnons un exemple ci-dessous qui ne se veut en aucun cas
exemplaire.

      Disposer d’une feuille de route, voire d’indications méthodologiques, représentent une
aide précieuse en particulier pour les élèves qui éprouvent des difficultés à extraire un élément
minimal ( une information sur laquelle portera une question….) du contexte . Ces élèves ont
besoin de référents extérieurs, de buts définis de l’extérieur.
      L’analyse de la tâche et des stratégies à mettre en œuvre pour réussir est, pour eux,
primordiale.




CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                    DEFI LECTURE Ŕ PAGE 31
                                     FEUILLE DE ROUTE
Nom et prénom                              Nom et prénom des équipiers éventuels
Titre du livre :
Auteur :
Illustrateur :
Editeur :
Les questions que je me pose, ce que je veux savoir :


Ce que je veux faire ( poser une (des) question(s) , réaliser un jeu, isoler un passage du texte(sur
lequel portera la question), isoler une illustration( éventuellement pour y inclure un élément
intrus), sélectionner une ou des vignettes ( BD)….)



Temps disponible :


Etapes envisagées ( calendrier précis, nombre de séquence, répartition des rôles si le travail
s’effectue en groupe…)

Temps dont je ( ou l’équipe) disposerai (a) pour présenter le résultat



PISTE INTERROGATIVE : faire le tour des questions qui peuvent se poser
(elles peuvent se combiner entre elles)
QUI ? ( les personnes….)

QUOI ? ( les choses….)

Où ? ( les lieux)

QUAND ?( les dates, l’époque, la période….)

COMMENT ? ( les procédés, les méthodes….)

COMBIEN ? ( les mesures, les quantités….)

POURQUOI ? ( les causes….)

POUR QUOI ? ( les motifs, les buts….)

QUELLES CONSEQUENCES ? ( les effets, les répercussions…)

QUELLES SOLUTIONS ?



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                                                 4.
              QUELQUES PROPOSITIONS D’ANIMATIONS
                         PEDAGOGIQUES
                A METTRE EN ŒUVRE POUR LES ENSEIGNANTS.




        Les animations autour des livres de littérature de jeunesse permettent surtout de
proposer aux enfants des ouvrages nombreux et variés, avec une motivation qui les conduit
immédiatement à les manipuler, à les feuilleter, à les lire.
        L’objectif de ces animations : inciter les enfants à aller vers les livres, à les ouvrir, à les
feuilleter, à les lire intégralement.


         TRIPLE PARADOXE DE LA LECTURE EN CLASSE :

       1. L'enseignant est en charge d'un groupe
               or la lecture est avant tout une aventure individuelle et silencieuse
       2. L'école a tendance à privilégier le raisonnement et l'intelligence logique
               or l'affectivité joue un grand rôle dans la lecture
       3. L'enseignant doit souvent tenir le rôle d'évaluateur
               or la lecture s'épanouit dans la liberté

       Triple contradiction dont il faut tenir compte, dans la mesure du possible, pour organiser
               au mieux les activités de lecture dans la classe


         CONSEILS IMPORTANTS :

      1. Mettre en place un rituel quotidien > espace lecture / classe
      2. Prévoir dans l’emploi du temps des plages de lecture individuelle, libre et sans
              contrôle, pour environ une heure par semaine, à moduler selon le niveau et le
              profil de la classe.
      Les enfants lisent ce qu'ils ont choisi de lire...Ils savent qu'ils n'auront pas à rendre
compte de leur lecture, sauf s'ils le veulent absolument. (en classe ou en BCD).
      3. Réserver dans la classe un espace attrayant pour les livres même s'il existe par ailleurs
              une BCD dans l'école. Renouveler les livres de ce coin-lecture
      4. Faire des expositions périodiques de livres, de revues
      5. Faire le hit parade des livres



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       6. Diversifier les titres pour tenir compte de l'hétérogénéïté des niveaux, mais aussi des
              différents goûts et sensibilités. Il faut proposer un choix varié de livres, des livres
              qui s’adressent à l’imaginaire et des livres documentaires qui font aussi rêver.
       D’autre part, la multiplication des livres entraîne la multiplication des échanges à propos
              de ces livres.
       7. Ne pas imposer un rythme de lecture particulier aux enfants qui n'aiment pas lire :
              éviter les formes de lecture suivie qui lient lecture et contrainte
       8. Ne pas contraindre et obliger à rendre compte des lectures par des questionnaires de
              manière systématique



       LES DIFFERENTES ANIMATIONS AUTOUR DES LIVRES

       Dans les pages suivantes, différentes animations sont présentées :
              > la ronde des livres
              > le point commun
              > le livre tournant
              > la chasse aux livres
              > la localisation d’une information dans un livre documentaire
              > les animations ludiques
              > mini-apostrophes ( à adapter, présenter un livre seulement)
              > jouer à cache-livres
              > concours de lecture
              > les grands lisent aux petits
              > les « hors-textes » ( à adapter)
              > le défi-lecture



         BIBLIOGRAPHIE
       - « Donner le goût de lire », Christian Poslaniec, Editions du Sorbier
       - « Devenir lecteur », Frank Smith, Armand Colin
       - « La littérature de Jeunesse à l'école », Renée Léon, Hachette Education.
       - « INTER BCD N° 1 » - Novembre 1995, Nadine Lecomte, animatrice en BCD.




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       ANIMATION N°1
       LA CHASSE AUX LIVRES (Animation ludique)


BUT DU JEU :
      - Retrouver dix livres de la B.C.D. à partir d'un certains nombre d'indices

QUI JOUE ?
       - Une classe cherche les indices et les propose aux autres classes de l'école
       - Deux classes partenaires

DUREE DU JEU : UN MOIS ENVIRON
       Un des principaux intérêts de ce jeu est la recherche des indices et leur présentation sous
forme d'énigme.
       Voici quelques pistes mais les élèves en découvriront bien d'autres....

QUELQUES TYPES D'INDICES POSSIBLES

         THEME DU LIVRE
Exemple
        Ce livre raconte comment un enfant devient l'ami d'un oiseau et sauve son village des
pillards. (Le Faucon déniché -J.C. Noguès, Le livre de Poche Jeunesse, Hachette)

       PORTRAIT DU PERSONNAGE PRINCIPAL
            Exemple
       - Elle a toujours des tas d'idées.
       - Elle n'a peur de rien.
       - Elle porte un nom drôle et original. (Anna Banana, Blegvad, Gallimard)


       INDICATIONS SUR LE LIEU DE L'ACTION
           Charade ou rébus sur le titre du livre, sur le nom du personnage, etc.
           Exemple
       - Mon premier est masculin.
       - Mon deuxième est une lettre de l'alphabet.
       - Mon troisième est un nombre.
       - Mon quatrième est un métal précieux. (L’Île au Trésor)

               * Titre ou nom du personnage caché dans une phrase ou dans un petit texte
               * Illustration tirée du livre
               * Couverture incomplète
               * Quatrième de couverture incomplète
               * Table des matières du livre
               * Photo de l'auteur




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       ANIMATION N°2
       LA RONDE DES LIVRES

        C'est l'animation la plus simple à réaliser : régulièrement des livres seront présentés aux
enfants pour les inciter à lire.

        1ERE RONDE
        Choisir 6 ou 7 ouvrages en prenant soin de varier les types d'écrit, les supports, les
thèmes. Les journaux, revues, documentaires peuvent très bien être intégrés à la ronde.
        Les présenter de façon attractive. Faire observer la couverture, les illustrations, la
quatrième de couverture, inviter à formuler des hypothèses...puis lire un album ou un petit
livre aux enfants.
        Disposer les livres sur une table.

        2EME RONDE
        Demander aux enfants de parler des livres..
        Accepter toutes les réponses possibles : " Je n'ai pas eu le temps, je n'ai pas lu., je n'ai
pas commencé...ça m'a plu..." Inciter à argumenter... Ces échanges langagiers autour du livre
sont très importants. Présenter 6 ou 7 ouvrages et remettre le tout en jeu.

        3EME RONDE ET SUIVANTES : MEME PROCEDE
        Au bout de quelques séances, on peut faire le point avec les enfants (trier ce qui va être
écarté, ce qui va être maintenu dans le coin-lecture).
        Ce moment permettra d'échanger de façon plus approfondie à propos des lectures : les
critères retenus pour le tri seront intéressants à noter, puis à comparer avec les séances
suivantes.
        A l'issue de ce tri, la ronde reprendra.

        SUITES POSSIBLES :
        - Constituer le "hit parade" de la classe. Les livres qui ont plu aux enfants seront listés.
Cette liste sera affichée en classe, en BCD, envoyée à d'autres classes, présentée aux parents.
Elle peut se faire sous forme d' un tableau avec un code pour les cotes d'amour (étoiles, coeurs,
qualificatifs choisis par les enfants...jugements critiques plus élaborés pour les grands)

Nom des ouvrages                        Prénoms des enfants et appréciations
« Harry Potter à l’école des       Marc     Paul
sorciers »                                --



Remarque
       Un petit calcul : 6 livres par semaine / 36 semaines par an / 5 années d'école
élémentaire
      Chaque enfant aura été informé du contenu de 1080 ouvrages et aura eu la possibilité
      de les lire...




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       ANIMATION N°3
       MINI APOSTROPHES, Animation           ludique




        L'un des enfants joue le rôle de "l'animateur" qui va poser des questions aux "auteurs",
qui va faire circuler la parole. Il est censé avoir lu tous les livres présentés. Cinq ou six livres
sont présentés par émission.
        Les rôles des "auteurs" sont joués par des élèves qui ont lu chacun un livre, qui peuvent
en parler et répondre aux questions.
        "Animateur" et "auteurs" sont volontaires, le goût du jeu étant une motivation plus
efficace que la contrainte.
        Le public (les autres élèves) peut également poser des questions, par l'intermédiaire de
petits papiers adressés à l'animateur (ce qui joue le rôle du minitel).
        Lors de la première séance, c'est le maître qui jouera le rôle de l'animateur.

       L' "émission" doit être programmée à l'avance :
       - choix des livres (libre ou sur un thème)
       - désignation de l'animateur (deux peuvent se proposer)
       - désignation des intervenants



       ANIMATION N°4
       JOUER A CACHE-LIVRES, Animation            ludique


       Enregistrer sur magnétophone des présentations "énigmatiques" de livres :
       - collection, éditeur, éditeur, illustrateur ou
       - lecture d'un court passage ou
       - lecture de la table de matière ou
       - description d'une illustration caractéristique
       … mais jamais le titre du livre ni le nom de l'auteur

        Proposez ces enregistrements à une autre classe en même temps qu'un nombre de livres
parmi lesquels ceux qui sont présentés énigmatiquement par le biais de l'enregistrement.
        Cette animation entraîne aussi les enfants à l'écoute d'un message et à la sélection
d'informations.
        D'autre part, l'utilisation du magnétophone permet d'améliorer la qualité de l'articulation,
du débit, de l'intonation. (lecture à haute voix pour communiquer à des personnes un texte
qu'elles n'ont pas sous les yeux)




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        ANIMATION N°5
        CONCOURS DE LECTURE, Animation            ludique



       Les modalités peuvent être très variées :
       1. Défi-lecture (cf. doc.)
       2. Sur un thème donné (un auteur, un pays....), les classes se préparent mutuellement de
questions dont les réponses se trouvent dans les livres de la BCD.


        ANIMATION N°6
        DES « GRANDS » LISENT A DES « PETITS », Animation responsabilisante

        Ce type d'animation s'adresse tout particulièrement aux enfants qui ont des difficultés à
lire.
        Les albums sont choisis par les "grands" en fonction des goûts exprimés par les "petits".
        Les enfants qui ont des difficultés à lire se trouvent en situation de responsabilité vis-à-
vis des petits, et c'est ce qui les motive à lire.
        Un enfant de cycle 3 fait une lecture orale à un groupe de "petits" (CP ou maternelle).

        Il s’agit de :

        - favoriser la lecture à haute voix des grands et faire vivre aux petits une rencontre
heureuse et utile avec la lecture et la bibliothèque. On se retrouve en BCD ou alternativement
dans la classe des uns ou des autres.
        - réfléchir avec les enfants lecteurs sur le livre qu’ils vont proposer ou qui aura été
proposé par les « petits »
        - préparer la lecture à haute voix en réelle situation de communication


        ANIMATION N°7
        CREER UNE BIBLIOTHEQUE SONORE POUR LE COIN ECOUTE

        Règle d'or : lire doucement et distinctement pour réaliser l'enregistrement.

Pour l’écoute
         L'enfant est en situation d'autonomie. Il faut chercher l'album et la cassette
correspondante (durée : 10 minutes environ)
         Un signal sonore enregistré permet aux enfants de repérer quand il faut tourner la page.
         Il peut être intéressant de proposer des images séquentielles (photocopie des
illustrations) que les enfants devront essayer de remettre en ordre pendant qu’ils écoutent la
cassette. (Essayer, de limiter les groupes à 4 enfants).




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       ANIMATION N°8
       LA SALADE DE TITRES, Spécial maternelles

         - Sélectionner quelques albums (fictionnels et documentaires).
         - Masquer les titres sur les couvertures et les écrire sur des bandes de papier.
         Le jeu consiste à associer le bon titre au bon livre.
         A la suite d’un travail de comparaison entre livres documentaires et de fiction, comparer
les titres
         > de documentaires : Le chien, Le bateau.....
         > de fiction

       Les enfants constatent que généralement les titres des livres documentaires annoncent
clairement un thème alors que souvent les titres de livres de fiction laissent deviner une histoire,
présentent le héros principal.



       ANIMATION N°9
       LOCALISER UNE INFORMATION DANS UN OUVRAGE DOCUMENTAIRE

        1. OBJECTIF :
        - Apprendre à chercher une information dans un livre documentaire en utilisant des
outils comme la table des matières, le sommaire, l'index ou le lexique

       REMARQUE :
       Cette activité peut se réaliser avec des enfants des cycles 2 et 3, en limitant l'utilisation
       des outils pour les plus petits. Ils sont en situation de repérage.

        2. DEROULEMENT :
        - L'enseignant sélectionne un certain nombre d'ouvrages sur un thème commun, au sein
de la BCD.
        - Il les présente aux plus jeunes en leur indiquant la couverture et les éléments qu'elle
comporte (le titre, l'auteur, l'éditeur, la collection etc....), la 4ème de couverture, le format du
livre et la définition documentaire (un livre où l'on trouve des informations). Les plus grands
tenteront de présenter le livre eux-mêmes.
        - L'enseignant distribue ensuite les photocopies de l’intérieur de livres et demande aux
enfants de poser ce document sur l'ouvrage qui correspond.
        - Cette séance a pour but de faire réfléchir les enfants sur les méthodes employées.

* QUELS SONT LES INDICES QUI PERMETTENT DE RETROUVER L'OUVRAGE EN QUESTION ?
         Lorsque les recherches sont terminées, les réponses sont données et discutées. Alors un
vrai débat commence. Certains ont pris comme indice une illustration, un mot-clé, d'autres le
titre de l'ouvrage ou le thème évoqué, le numéro de page (quand il a été photocopié)

* CHAQUE ENFANT SE REPERE A SA FAÇON
       La vérification a été effectuée. Comment les enfants ont-ils procédé, quelle stratégie a
été employée ?


CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                     DEFI LECTURE Ŕ PAGE 39
       - Une partie des enfants aura tendance à feuilleter le livre page après page, ne
connaissant pas encore l'existence des outils.
       Mais lorsque le documentaire comporte 200 pages, c'est une épreuve fastidieuse et
négative. C'est à ce moment -là que des consignes précises sont transmises afin d'exploiter au
mieux les documentaires.

       Il faut apprendre aux enfants à utiliser les outils :

       - L'INDEX :
       Liste de mots, rangés par ordre aphabétique, qui renvoient à la page où ces mots sont
       employés (l'index est comme leur doigt : il montre par ordre aphabétique tous les sujets
       traités dans l'ouvrage)
       - LA TABLE DES MATIERES :
       Liste des sujets traités dans l'ordre d'apparition au fil des pages
       - LE LEXIQUE :
       Mots difficiles expliqués et classés par ordre alphabétique

       Ces outils peuvent être repérés au début ou en fin d'ouvrage.

        Un ou plusieurs jeux d'étiquettes portant le nom des outils sont préparés au préalable ou
avec les enfants. On forme deux équipes. Chacune d'elle trie les documentaires d'après les outils
qu'ils comportent (index, table des matières....) et place les étiquettes correspondantes sur les
piles d'ouvrages sélectionnés. A ce moment-là, on vérifie les réponses.
        Mais comment fait-on si le documentaire ne comporte aucun outil ? Pour une recherche
immédiate, à partir d'un questionnement précis, on feuillette le livre, on consulte les têtes de
chapitre ou les illustrations. Dans quel domaine ou quelle situation peut-on trouver l'eau ? Enfin
, on propose aux enfants de fabriquer un index, une table de matière ......

       Ces séances sont sources de richesse et de réussite. Les séquences peuvent être réduites
en fonction du nombre d'enfants et du temps dont on dispose pour les animer.




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       ANIMATION N°10
       LE POINT COMMUN

         Trouver le point commun qui réunit les livres regroupés en une pile, et par là-même
trouver l'intrus qui s'y est glissé ! Ce type d'animation est en quelque sorte une introduction à la
littérature comparée.
         Cette animation peut être une simple occasion de faire porter l'attention des enfants sur
une série de livres variés ou être l'occasion de chercher véritablement à résoudre une énigme,
par comparaison effective des différents livres proposés.


       1. PREPARATION :

       - Constituer des piles d'une dizaine de livres maximum.
       - Regrouper ces livres en fonction d'un point commun qu'ils ont entre eux.
       - Glisser un intrus par pile.
       - Prévoir une pile de livres pour 3 ou 4 joueurs, plus deux ou trois piles
supplémentaires.
       - Mettre les piles dans des caisses en carton ou des sachets en plastique.

        On peut joindre une consigne écrite à chaque pile. Ceci peut-être bien utile pour éviter
des recherches inutiles ; exemple de consigne : « Bien que tous ces livres soient des albums, le
point commun est caché sous la couverture ».


       2. DEROULEMENT :

       - Chaque équipe prend une pile.
       - Quand la recherche est terminée, le rapporteur propose la réponse à l'adulte. Ce
moment de dialogue est important car il permet de faire expliciter le démarche suivie par le
groupe.
       - Puis l'équipe a la possibilité de garder sa pile pour feuilleter les livres ou prendre une
nouvelle pile.
       - Lors de la synthèse, chaque équipe présente la pile en possession et sa réponse. Le
dialogue entre les équipes ayant travaillé sur des piles identiques est intéressant.
       - Les piles utilisées, ou pour lesquelles aucune réponse n'a été trouvée, pourront être
remises en jeu, la séance suivante.
       A l'issue de la séance, on peut emprunter les livres : c'est l'un des buts recherché.

        Variante :
        Une pile plus difficile est proposée et tourne dans chaque équipe. La synthèse se fera à
partir de cette pile. Cette activité peut-être proposée dès la maternelle.




CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                     DEFI LECTURE Ŕ PAGE 41
       3. QUELS POINTS COMMUNS ?

A PARTIR DE LA 1ERE DE COUVERTURE :
      - même auteur
      - même illustrateur
      - l'auteur est également l'illustrateur
      - même collection
      - même éditeur
      - travail sur le titre :
             présences de prénoms
             ponctuation
             graphie
      - travail sur l'illustration
             des petits cochons, des loups...
             des animaux
             des personnages
             des paysages
             en couleur, en noir et blanc, photo

A PARTIR DE LA 4EME DE COUVERTURE :
      - rappel de la 1ère sur la 4ème
      - présence d'un sommaire, d'un glossaire...
      - les chapitres sont titrés
      - pages de garde illustrées ou non

      Cette activité est inépuisable et permet d'aborder beaucoup de notions, de façon ludique,
en manipulant beaucoup de livres...




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        ANIMATION N°11
        LE LIVRE TOURNANT


         Le livre tournant est une activité légère et facile à mettre en place. Elle est très vivante et
très efficace sur le plan de la lecture.

        ORGANISATION :
        Lieu : la salle de classe
        Fréquence : une séance quotidienne
        Durée : cinq minutes environ
        Matériel : un roman

         DEROULEMENT :
         L'enseignant choisit un roman et le découpe en épisodes selon la technique du
feuilleton.
         Il donne ensuite le livre à un élève qui l'emporte chez lui le soir avec mission de lire le
premier épisode pour le lendemain.
         Il devra lire (ou raconter) cet épisode aux autres enfants qui, eux, ne disposent pas du
livre et passer ensuite le roman à un autre élève qui le soir même lira la suite pour la raconter le
lendemain .....et ainsi de suite jusqu'à l'épilogue.

        PRECAUTIONS A PRENDRE :
        - Choisir un livre qui se prête bien au traitement du feuilleton, c'est à dire un livre où
l'on voit clairement les épisodes et les rebondissements.
        - Tant que le livre n'est pas terminé, maintenir le rythme quotidien, même si cela peut
paraître contraignant. Il faut éviter que l'intérêt ne s'émousse. Il faut également donner une
image de la lecture proche de celle qui se pratique dans la vie courante. Il faut donc éviter à tout
prix que les choses traînent en longueur.
        - Aider les enfants en difficultés à préparer leur intervention pour qu'elle ne soit pas un
échec (penser à moduler la longueur).

         INTERET DE CETTE ACTIVITE :
         Si on la maintient de façon continue ou presque sur l'année :
         - elle enrichit l'expression orale des enfants. Elle les oblige à construire des énoncés
longs, situation peu fréquente dans le cours traditionnel de la classe.
         - elle permet à l'ensemble des enfants d'être en contact avec un nombre considérable de
récits, et d'enrichir ainsi leur sensibilité et leur imaginaire.




CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                        DEFI LECTURE Ŕ PAGE 43
       QUELQUES TITRES POSSIBLES POUR LE LIVRE TOURNANT :
CE1
       - Mathilde et le Fantôme              Wilson Gage         Folio Benjamin Gallimard
       - Dame Grenouille              B. La Ferté          Les belles histoires de Pomme
d'Api                                                            Bayard Editions
      - Un Lion dans la neige                David mcPhail       Folio Benjamin Gallimard
      - Le prunier                    Michelle Nickly            Folio Benjamin Gallimard
      - La petite soeur de Cricri-lapin      Nilson/Eriksson            Centurion jeunesse

CYCLE 3
       - La potion magique de Georges Bouillon Dahl                Folio cadet Gallimard
       - L'Homme qui brillait la nuit (roman de piraterie)         Le livre de Poche Jeunesse,
Hachette
       - Un ordinateur pas ordinaire        Michèle Kahn Nathan
       - Drôle de samedi soir               Klotz          Le livre de Poche Jeunesse,
Hachette
       - Zozo la Tornade                    Astrid Lindgren        Le livre de Poche Jeunesse,
Hachette
       - Nicos de Provins                   Francine de Selve              Casterman
                                                    (roman historique sur le Moyen Âge)




CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MOSELLE,                                DEFI LECTURE Ŕ PAGE 44

								
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