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Formes, expressions et voies de diffusion de la culture médiévale



Chapitre 1 : les voies de diffusion et les vecteurs de la culture dans la société.



A) Oral et écrit



1) La longue prédominance d’une culture orale



Monde antique, romain, pour les élites politiques et sociales la maîtrise de l’écrit était

quelque chose qui allait de soi. Cette dimension disparait dans la 1ere partie du Moyen Age

dans le monde barbare, carolingien (11e -> 12e), mais persiste grâce à l’Eglise. Religion du

livre : Bible. Repose sur la maîtrise de l’écrit et de la lecture. Les hommes d’Eglise (les clercs)

savent lire et écrire. Elites laïques ne maitrisent pas la lecture ni l’écriture. Scriptoria : ateliers

d’écritures dans chaque monastère. Chancelleries royales, rédaction des quelques actes

écrits. -> place minoritaire de l’écrit, mais grand prestige : langue de la Bible, langue par

laquelle les rois s’expriment quand ils veulent donner une solennité à leur pouvoir. Au nord

de l’Europe, actes normaux de la vie sociale : parole, gestes. Ne signifie pas l’absence de la

culture. Littérature profane destinée aux laïcs (par voie orale). Chansons de gestes (épopées,

héros). Ex. : La Chanson de Roland. Il conduisait l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne,

prit dans une embuscade des hordes des musulmans, raconte sa mort héroïque. Par écrit :

11e siècle. Circulation en se passant du recours à l’écrit, récitation de textes appris par cœur.



A partir du 12e siècle mais rôle de la transmission orale de la culture ne disparait pas. Auteurs

de poèmes, première moitié du 12e siècle : troubadours (chansons d’amour en occitan),

accompagnés de jongleurs. Ils recevaient des dons du seigneur et de l’auditoire. Il y a une

certaine méfiance vis-à-vis de la mise à l’écrit : propriété du texte échappe à son auteur. Ex. :

prologue d’une chanson, La Bataille de Loquifer, Chanson de gestes, à l’intérieur du cycle de

« Guillaume d’Orange » sous ensemble de « Geste Rainouart », Graindor de Brie, son auteur,

avait jalousement conservé la propriété de son texte. Il a appris la chanson avant de mourir,

à son fils. Celui-ci a été trompé par le roi de Sicile qui a réussi à enfermer dans un livre la

Bataille de Loquifer. Début 13e siècle, diffusion orale conserve une grande importance.



2) Une plus grande place de l’écrit à partir de la seconde moitié du 12e siècle.



Chrétien de Troyes. Roman Courtois. Aventures des héros de la cour d’Arthur (de la table

ronde), rédigées par écrit. Inventeur du roman courtois arthurien, et peut-être même du

roman. Chansons de gestes : récits légendaires, mais au Moyen-Age, on considérait que

c’était vrai, alors que là les auteurs sont conscients que ce n’est pas vrai. Insiste sur

l’importance de l’écrit, prologue de Erec, il se distancie des jongleurs, Il n’est plus modifié ni

repris. Marie de Champagne : commande en langue vulgaire, Lancelot, Cligès (prologue : fait

l’éloge du livre qui est la mémoire collective des hommes). Même époque, Marie de France,

2e moitié du 12e, lais : contes en vers. Montre l’importance qu’elle attache à l’écrit. Lais

qu’elle avait appris des conteurs bretons. Mettre en forme et par écrit afin qu’ils ne bougent

plus. Robert de Boron (vers 1200). Auteur du Roman du Graal. Dans la continuité de Chrétien

de Troyes.

Place nouvelle de l’écrit dans la diffusion de la littérature. Répercussions sur les techniques

de lecture. Pendant très longtemps la lecture était publique, à voix haute, s’est diffusée la

pratique de la lecture individuelle et silencieuse. 2e moitié du 12e écrit prend une grande

importance dans la société médiévale. Nouveau rapport entre transmission orale et écrite de

la culture



 Contexte de modification très importante de la politique -> Etat moderne

(inventaires, actes, lettres). Et Essor économique. => Nouveaux usages de l’écrit.

Permet des opérations que l’oral ne permet pas (ex. : inventaires). Rôle important :

économique, politique. Universités : spécialistes de l’écrit.



 Modification d’ordre technique : moins coûteux, support était le parchemin : peaux

de bêtes (moutons) que l’on traite. Un livre : 150 folios (1 folio : une page recto

verso) = 10 à 20 peaux de moutons. Le parchemin en occident, était le seul support

jusqu’au 12e siècle. A partir du 13e siècle : essor de la fabrication du papier. Italie :

1240-1280 : côte adriatique, à Fabiano, se développent des moulins à papier. Au 14e

siècle : véritable basculement, normalité Sud -> Nord, sur papier. Parchemin : luxe.

Diffusion des écritures cursives. « laisser courir la main sur le papier ». Plus difficile à

lire mais va + vite, donc coûte moins cher.



3) Une culture combinant l’oralité et le recours à l’écrit



Romans courtois, chansons de gestes : accessibles par différentes manières. Ceux qui savent

lire et écrire ne représentent qu’une couche limitée (+ importante en Italie, 30 à 40% de la

population). Minorité. L’écrit ne remplace pas la parole et le geste, mais articulation

complexe entre les deux. Ex. : prédication, écrit : les prédicateurs utilisent des recueils,

matériaux conservés par écrit, et sermons passent auprès d’une population illettrée. Ex. :

révolte de 1381 en Angleterre, Révolte des Travailleurs (paysans, couches sociales

inférieures). Aspect de haine de l’écrit. Ecrit du côté des hommes de pouvoir (archives :

redevances qui sont dues, propriétés), instrument qui permet de légitimer la domination. Ils

ont brûlé les archives seigneuriales, opposition mais pas violence aveugle. Sélective :

incendient les livres seigneuriaux mais épargnent les livres sacrés, manuscrits de l’Université

de Cambridge. Les révoltés demandent à l’abbé de St Albans la Charte du Roi, elle garantit

leur liberté. Ils savent que l’écrit peut garantir leurs droits. « Commence par une lettre d’or

et l’autre d’argent ». Les rebelles s’y connaissent, car c’est la norme chez les actes royaux. Ils

exigent du Roi Richard II des lois qui garantissent des libertés.



 Pas de haine aveugle vis-à-vis de l’écrit. Ils savaient faire usage des documents. Les

paysans gardaient les actes de propriété dans leurs coffres. La majorité de la population

qui ne sait pas lire et écrire sait l’importance de l’écrit et en tirer profit.



B) Les véhicules de la culture : le latin et les langues vernaculaires



1) le poids du latin et culture latine



Latin a cessé d’être une langue parlée. Langue de l’Eglise. Latin comme langue d’autorité (Bible,

prestige : messe en latin). Seuls les sermons sont en langue vernaculaire. Autorité dont dispose

l’Eglise dans la société médiévale. Langue avec une syntaxe, une orthographe. Les langues

vernaculaires quant à elles se transmettent à l’oral, donc il n’y a pas de syntaxe établie, ni

d’orthographe. Cependant, le latin n’est pas resté tel quel depuis l’Antiquité. Dès les premiers siècles

du Moyen Age, il s’est enrichi de mots d’origine de langues germaniques. Syntaxe a évolué, sous

l’évolution des différentes langues parlées. A l’époque de Charlemagne, sous l’influence de ses

conseillers dont Alcuin fin du VIIIe siècle, efforts afin de restaurer le latin dans sa pureté originelle.

Scission entre langues vernaculaires et latin. Doté d’une syntaxe d’une morphologie et orthographe

mieux fixé. Pour autant ce latin carolingien, reste assez éloigné du latin classique. Latin des clercs,

issu de la réforme de Charlemagne. Erreurs de traduction peuvent exister, révélant l’écart. Pierre de

Blois « na nobis, Domine, auxilium de tribulatione », traduction exacte : donne nous, Seigneur, le

secours quand nous sommes dans les tribulations ». Traduction du clerc médiéval : « donne-nous,

Seigneur, le secours de la tribulation ». Ça ne veut pas dire que c’était pour lui une langue étrangère,

mais son latin n‘avait pas les mêmes règles que le latin classique. Pratique du latin à la fois

spontanée, mais aussi éloignée du latin classique. Latin macaronique : mélanger dans une phrase des

mots français et latins. « Par lo chapelet debemus intelligere coronam… ». 14e et 15e siècle, un

certain nombre d’auteurs notamment en Italie au 14e siècle, vont trouver ce latin barbare et vont

entreprendre de restaurer le latin de Cicéron. Mouvement de l’humanisme. Nouvelle scission à

l’intérieur de la société.



Le latin reste dans la culture médiévale une langue extrêmement importante, car langue stable,

comprise d’un bout à l’autre de l’Europe chrétienne. Langue d’autorité : des auteurs romains, Bible.

Poids de la culture latine dans la culture médiévale, c’est par son intermédiaire qu’une partie de la

culture de l’Antiquité est transmise, ainsi que la culture médiévale par l’intermédiaire des clercs.

Mais latin n’est parlé que par un petit nombre de personnes, latin que par le biais de traductions.



2) Les langues vernaculaires parlées



Existence de dialectes, et non de langues nationales. Dialectes qui n’ont pas de règles fixées. Jean 22,

Pape, réside à Avignon, originaire de Cahors, a déclaré que lorsque qu’il recevait une lettre du Roi de

France rédigée en Français, il était incapable de la comprendre. Chacun ne comprend véritablement

que son propre dialecte. Multiplicité linguistique des pays européens. Breton en Bretagne

bretonnante (ouest de la Bretagne) Gallo : français, sud-ouest : Basque, Comté de Flandres : dialecte

allemand, le flamand. Essentiel du royaume de France appartient à l’espace linguistique roman, où il

existe un grand nombre de dialectes. Nord : oil, Sud : oc. (deux manières de dire oui). Langue d’oc,

concept artificiel, mais pas de réalité existante. Sud : Gascon, Limousin, dialecte auvergnat,

languedocien, occitan. Différents mais certaine parenté. Ils disent tous oc. Nord : Picard (Amiens),

Normand, Parisien (français : ile de France), Bourguignon, poitevins, Berrichon. Doivent arriver à se

comprendre, en revanche habitant de Paris et de Toulouse, ne se comprennent pas. Langue que l’on

écrit, grande masse des laïcs ne maitrisent pas le latin. A l’écrit la communication doit être plus large,

dialecte langue spontanée mais sans règles. Le passage à l’écrit va aboutir à la création de langues

différentes, gommant les particularités dialectales. Elites du royaume, administrations centrales,

chancellerie, qui font passer la langue vernaculaire à l’écrit, ont besoin d’une langue qui a des règles

stables, orthographe relativement fixée, et doit être comprise dans un domaine vaste. 13e, 14e, la

cour et l’administration royale élaborent une langue dont les particularités dialectales ont été

gommées, inspirée du dialecte de l’île de France, et comprise par les dialectes de la langue d’oïl. En

Lorraine, pays en grande partie de langue française, Bretagne, Bourgogne, le même processus existe

dans ces régions. La langue écrite du Royaume va l’emporter sur toutes les autres langues écrites.

Même processus dans les autres pays européens, comme l’Allemagne. Dialectes germaniques, ilots

romans (Suisse, romanche), langues slaves, langue d’oïl. Langue allemande est quelque chose

d’artificielle, ce qui existe ce sont les dialectes. Dialectes sud et centre : Souabe, Bavarois, le

franconien, Moyen allemand : Cologne, Bas allemand : Hollande, Nord de l’Allemagne. Du 14e au 16e

en Allemagne, passage de l’allemand à l’écrit. Emergence d’une nouvelle langue qui n’est pas la

transcription d’un dialecte donné. Empereur Charles IV a contribué à créer cette langue écrite. 1520,

Bible allemande de Luther, considérée comme la naissance de l’allemand moderne, à partir de

dialectes issus du haut allemand. Angleterre : dialectes anglo-saxons, idiomes celtes ont quasiment

disparus, sauf en Cornouailles : le Cornique. Conquête du royaume d’Angleterre, par Guillaume le

Conquérant. Francophone. Barons francophones, et élites anglo-saxonnes vont être brutalement

éliminés à la suite d’une révolte. Peuple qui parle anglais. Bilinguisme va se maintenir très longtemps

en Angleterre. Français : langue de la cour, élites du Royaume, et Anglais parlé par le peuple. Passage

à l’écrit, en français. Le peuple continue à parler anglais, la noblesse commence à apprendre l’anglais.

Le français va être une langue que l’on enseigne. 1ere grammaire française 1400. Grande chronique

nationale anglaise, XIVe Le Brut écrite en français, grammairiens, Jean de Trévise (1342-1402)

traductions du latin vers l’anglais. La royauté anglaise commence à se détourner du français. Italie, et

Espagne. Italie : latin a évolué vers l’Italien, Franco-provençal reste important en Italie du Nord,

jusqu’au 15eme siècle. Début du 14eme, La divine Comédie de Dante, texte écrit en italien, diffusion

considérable, contribuant à une véritable stabilisation de l’Italien comme langue écrite. Espagne : la

Reconquista, la conquête des parties de l’Espagne conquises par Arabes et Berbères, reconquises,

langues issues du latin qui se développent en Espagne. Catalan proche de l’Occitan, le Castillan, le

Portugais.



Pendant longtemps les langues vernaculaires ne relevaient pas de l’écrit. A partir des 12e et 13e

siècles, elles tendent à devenir des langues écrites à côté du latin, parallèlement au nombre croissant

d’hommes et de femmes sachant lire et écrire. Le passage de l’oral à l’écrit implique une

transformation de ces langues. Vecteur de diffusion d’une nouvelle culture, roman courtois (Chrétien

de Troie), poésie des Troubadours. Accès à la culture latine écrite par le biais de traductions.



3) Les traductions du latin en langue vernaculaire



a) l’ampleur du mouvement de traduction



L’idée de traduction du latin vers la langue vernaculaire n’apparait vraiment qu’à la fin du 13e siècle

et au 14e siècle. Jusqu’alors : sortes d’adaptations où l’on a dit ce qu’était en gros le sens du texte

latin, mais pas de traductions véritables. Au 14e siècle, un de personnes importantes (clercs) va

consacrer une part importante de son activité à exporter dans le domaine français la culture savante.

Vaste mouvement de la mise à disposition de ces autorités (textes antiques ou textes de clercs) qui

servaient d’assise à la culture médiévale. Jean d’Antioche réalise à St Jean d’Acre en Palestine en

1282, deux traités de rhétorique attribués à Cicéron. La rhétorique de Cicéron. Henri Gauchy, traduit

une sorte de traité de sciences politiques De regimine principum de Gilles de Rome, image idéale que

le prince doit suivre, le miroir du prince. Arnoul de Quincampoix, médecin de Philippe le Bel mort

entre 1321 et 1326, traducteur du « des élections selon les regards et les conjonctions de la lune as

planettes par les 12 signes » du savant arabe Abbumasar, traité d’astronomie. Jean de Meun, traduit

pour le roi La consolation de la philosophie, écrit dans la seconde moitié du 5e siècle par Boèce,

traduit un traité d’art militaire de Végèce De re militari, Les lettres d’Eloise et d’Abellard, Des

merveilles d’Irlande de Giraud de Bari.



Jean de Vignay traduit le Speculum historiale du Dominicain Vincent de Beauvais (manuscrit de vers

1335). Miroir de l’histoire, récit de l’histoire universelle. Auteur de 11 traductions d’œuvres

importantes, pour la famille royale. Traduit La légende Dorée/Legenda aurea du Dominican du 13e

siècle Jacques de Voragine. Nouvelle traduction du De re militari de Végèce. Pierre de Hangest,

sermons du pape Grégoire le Grand, de la seconde moitié du 6e siècle, et textes de Hugues de St

Victor. 3e quart du 14e siècle, le mouvement de traduction connait son Apogée, pour Jean le Bon

(roi), traductions des Décades de Tite live. Jean Corbechon auteur d’une traduction d’une

encyclopédie de Barthélémy Langlais. Denis Foulechat traducteur du Policraticus traité de Sciences

Politiques de Jean de Salisbury, du 12e siècle. Nicole Auresme traduit la Politique d’Aristote. Raoul de

Presles traduit La cité de Dieu de St Augustin. Laurent de Premierfait traduit textes de Sénèque,

Cicéron. Mouvement commence à la fin du 13e et se prolonge tout au long du 14e siècle. Sont

traduits à la fois des auteurs antiques, mais également des auteurs du Moyen Age (Jean de Salisbury,

qu’il s’agisse de rhétorique, sciences, astronomie, médecine, Encyclopédies.



b) Modalités, qualité, importance culturelle de ces traductions



Préfaces faites par les traducteurs. Utilité publique : mise à disposition d’une culture, mais les

traducteurs insistent sur la difficulté de la traduction : traduire un savoir latin, une langue, qu’il n’y

avait pas forcément en français. Traductions pas d’une qualité extraordinaire. Beaucoup d’auteurs

précisent qu’ils n’ont pas pu traduire ad literam, mais ad sensum, pas en suivant la lettre, du coup

pas forcément contresens, mais éloigné du sens d’origine. Raoul de Presle précise à son lecteur qu’il

va couper le texte lorsque St Augustin se répète selon lui, alors que St Augustin ne se répète pas, il

n’a simplement pas vu les subtiles distinctions. Traductions imparfaites, mais très importantes car

mise à disposition d’un savoir, et aussi enrichissement de la langue française. Mots pour désigner des

réalités abstraites qui n’avaient pas de nom. Ex. : Gouvernance. Nicole Auresme l’a inventé, il va

disparaitre après avoir était introduit dans la langue anglaise, et revient en français par le biais des

Anglais. Traduction de La politique, et de l’Ethique d’Aristote. « Le français c’est un langage noble et

commun à gens de grant engin et de bonne prudence ». Pouvoir accéder au savoir par la langue

maternelle. Traduire en français les arts et les sciences. Reconnaissance du statut de la langue

vernaculaire comme langue de culture.



C) L’essor de la diffusion du livre



1) Production et diffusion du livre



a) les procédés de reproduction du livre



Dès les 12e et 13e siècles on constate une hausse quantitative de production de livres. Nord du

Royaume de France, 13e siècle, augmentation de 40 à 60% de la production de livres des Pères de

l’Eglise. Avant le 13e siècle, monastères, pas de diffusion, ne sortent pas u monastère sauf pour roi…,

pas d d’activité commerciale. Ateliers de productions des livres, qui ne sont plus des ateliers

monastiques, ils sont installés en ville, l’ancêtre des maisons d’éditions, dans le contexte du

développement des écoles urbaines et des universités. Les autorités universitaires ont été amenées à

réguler l’activité des ateliers. Les autorités universitaires ont accordé à quelques libraires agréés des

privilèges analogues à ceux dont bénéficiaient les maitres et les étudiants. En contrepartie ils

s’engagent par serment à afficher les titres des ouvrages qu’ils ont en magasin, à respecter le

montant maximal de la commission qu’ils pourront toucher sur la vente des livres d’occasion, et pour

les livres neufs à ne vendre que des livres vérifiés par les autorités universitaires. Texte déposé chez

le libraire. => Peau de mouton, pliée en deux, ou en quatre, donnant un cahier. 4, 6, 8, 12 folios

constituant un cahier. Les cahiers sont reliés entre eux. Chez le libraire cet exemplar le libraire va

séparer ces cahiers, et va donner chacun des cahiers à dix copistes différents. La pecia : pièces.

Système de la pecia faisant travailler les copistes a permis une production plus rapide des livres.

Manuscrit va être recopié très vite. Clercs séculiers / clercs mendiants de l’Université, les séculiers

voulaient les chasser de l’Université. Ouvrage de Guillaume de St Amour De periculis, copié en une

nuit, Albert le Grand, l’a donné au clergé séculier qui l’a donné à des copistes, puis en a fait la

réfutation. Florence 15e siècle, le libraire Vespasiano da Bisticci (1421-1498) a fourni des livres pour

la bibliothèque que Côme de Médicis était en train de fonder. 200 livres en 22 mois. 12/13 -> 15e

siècle : accroissement du nombre de lecteurs. Cela demande la multiplication des copistes de métier.

Quelqu’un qui veut faire copier un livre n’a pas de mal à trouver la main d’œuvre nécessaire.

Guillebert de Mets, auteur de la « Description de la ville de Paris », affirme que vers 1400 : plus de

60000 copistes. Grossièrement exagéré, mais traduit le fait que les contemporains étaient

impressionnés par le nombre de copistes. Duc de Bourgogne (Philippe le Bon), prince fastueux,

mécène, commande des manuscrits, il n’a pas d’atelier de copies, il passe des commandes dans de

très nombreuses villes à des libraires, officines. Manuscrits somptueusement enluminés. Concile de

Constance (1410-1420), Concile de Bale (1430-1450). Milliers de personnes lettrées qui viennent de

toute la chrétienté. Et font recopier les livres qu’ils veulent se procurer, prennent connaissance

d’œuvre qui ont du succès à l’époque. Grande activité lors de ces conciles. Anthologies que des

libraires produisent : ils savent qu’il y a un marché, notamment chez les maitres et les étudiants.

Extraits d’auteurs (sorte de manuels). Naissance des libraires éditeurs. Miniature d’un auteur du

9eme siècle a écrit une vie de Charlemagne, après sa mort, grand succès de ce texte. Eginhard est

entouré de livres (4 manuscrits). Se procurer un livre était plus facile. Par contre la qualité ne répond

pas à la quantité. Vite et mal. Pétrarque (1304-1374), humaniste italien critique ces copistes de

métier. Jean de Gerson (1363-1429) auteur du de laude scriptorul (« éloge des copistes ») incite les

moines à copier des textes, car les copistes sont en quelque sorte des dessinateurs, recopient les

lettres. Certains auteurs recopient eux-mêmes leurs livres, peur que leur œuvre soit déformée.



b) le commerce d’occasion



Le prix des livres reste un prix élevé. Livres reliés sur parchemin, équivalent un mois de traitement

pour un officier de cour royale. Prix des matériaux (parchemin, encre). Le papier coûte moins cher,

commence à se diffuser. 4x moins cher au 14e siècle. 15x moins cher durant la deuxième moitié du

15e siècle. Coût du salaire des copistes. Livres sur commande beaucoup plus cher que d’occasion. Les

libraires rachètent des livres et les revendent. Les autorités universitaires régulent le prix des livres

d’occasion.



c) l’imprimerie



Véritable révolution dans la production et la diffusion des livres. Conséquence logique d’une

demande accrue de livres, ce n’est pas un coup de tonnerre dans la société et dans la culture mais

réponse à une demande. Permet d’accélérer et de rendre moins couteuse la production des livres, 3

procédés techniques : multiplication des caractères mobiles, mise au point d’une encre grasse,

invention de la presse qui permet de réaliser l’impression. Milieu 15e (vers 1440-1450), ces trois

inventions sont mises au point définitivement. Invention mise au point à plusieurs endroits dans le

monde occident. Parfaitement réalisé à Mayence en Allemagne, par Jean Gensfleisch, dit Gutenberg,

orfèvre de profession, (vers 1400-1468). Premier livre imprimé : La Bible, colonnes de 42 lignes

chacune. L’imprimerie va se diffuser rapidement dans le reste de l’occident, en 1464 à Cologne,

1466 : Bale, Paris : 1470. Début 16e siècle : 61 imprimeries à Paris. Les caractères ressemblent à

l’écriture manuscrite. Les abréviations sont également reprises. L’imprimé est l’héritier direct du

manuscrit, mais beaucoup plus rapide. Planche à assembler, puis reproduite en autant de fois que

l’on veut. Jusqu’au 16e siècle, les livres imprimés sont ceux qui ont du succès. L’imprimé n’a pas

immédiatement tué le manuscrit.



2) Les bibliothèques



Elles sont de types très différents.



a) Bibliothèques monastique et bibliothèques de couvents mendiants



- L’organisation de ces bibliothèques : pouvaient attendre un nombre de volumes très

important. Jusqu’à un millier. Conservés mais pas prévus pour être mis à la disposition

des moines. A partir du 12e siècle, on a le sentiment que des bibliothèques commencent

réellement à se constituer. Effort de réorganisation de ces stocks de livres. Recensement

du contenu de la bibliothèque. Inventaires de bibliothèques. Inventaire de la

bibliothèque du monastère de Saint-Aubin d’Angers. Les titres ont été mis par écrit afin

que les moines sachent quels livres il y a à leur disposition. L’ordre Cistercien, soucieux

de faire l’inventaire de livre. Jusqu’à un classement des livres par matières.

Aménagement et construction de locaux spéciaux. Avant, même si inventaires, les livres

étaient rangés dans des armoires.



- Composition des bibliothèques : la part la plus importante est celle des livres liturgiques.

Sciences sacrées, textes de la Bible, des pères de l’Eglise (St Gérard le Grand, St Jérôme),

quelques vies de Saints. Histoire, Droits, Arts libéraux (rhétorique, auteurs antiques).

Monastère de Clairvaux, monastère Cistercien. En 1472 : 2318 volumes, l’abbé Pierre de

Virey avait constitué un catalogue. Les couvents de frères mendiants, pupitres qui

servaient également d’armoires à livres, 2 rangées de 11 pupitres, dans bibliothèque des

franciscains de Troie, 445 ouvrages. Les gens de l’extérieur ont pu également avoir accès

à ces livres. Collège de Sorbon, il y avait un catalogue collectif des bibliothèques

monastiques parisiennes, pour les boursiers. Ouverture relative, limitée, à l’extérieur.



b) Bibliothèques des universités et collèges



13e-15e : développement des bibliothèques, pratiquent le prêt. Mais cela présente des

risques. Il y a eu très vite un encadrement des prêts. Collège de Sorbon, fond de livres qui ne

pouvaient pas être prêtés (usuels aujourd’hui). 344 volumes usuels. Ces livres étaient

enchainés. Bibliothèque de prêts 1089 volumes présents, 289 volumes répertoriés comme

absents perdus ou prêtés. Registre avec prêt des livres, et nom des emprunteurs. Prêt n’était

pas réservé à tout le monde. Certaines bibliothèques demandaient un dépôt de garantie égal

à la somme du livre. 1290 : 1700 volumes. Collège du Trésorier : petit collège. 1437 : 289

volumes. Dans les collections de ces bibliothèques, les volumes présents ne sont pas les

mêmes que dans les bibliothèques monastiques, livres pour étudiants et professeurs, ce sont

des manuels (le matériau original a été préparé et classé, les textes des autorités au

programme), compilations encyclopédiques, bibles, livres de petits formats que l’on peut

transporter facilement. Textes découpés en chapitres et en versets. La Bible a été mise en

ordre. Livre des sentences de Pierre Lombard, exposé systématique de la théologie, maitre à

l’université de Paris. Sommes théologiques : ouvrages élaborés au 13e siècle. Textes

juridiques : droit canon, droit romain. Commentaires de toute sorte : de livres d’autorités, et

les commentaires des autorités qui font eux-mêmes autorité. Ouvrages utiles à la

prédication.



c) Les bibliothèques privées



- Les possesseurs de bibliothèques : bibliothèque personnelle, de particuliers riches. Alain

Chartier, auteur du 15e siècle. Un peintre l’a représenté au 15e siècle. Flavius Josèphe,

auteur juif de l’Antiquité. Le chroniqueur Guillaume Crétin dans sa bibliothèque,

représenté dans son cabinet de travail. Armoire où toute une série de livres sont rangés.

Pour tout particulier riche il est normal de posséder au moins un livre, livre d’heures :

livre de prières rythmant la journée. Objet de prestige, enluminé. Livre de prière de

Pierre de Luxembourg, a été cardinal, livre de prières, 1380, lettres enluminées. Le livre

de prières de l’antipape Clément VII (d’Avignon 1378 ; Schisme), livre vers 1378-1383.

Livre de piété et signe de prestige. Normalement les paysans n’ont pas de livres. 2300

testaments de paysans riches : très peu de testaments parlent de livres. Seulement 26 en

parlent, seulement de notaires et de curés. Même chez les nobles, pas beaucoup de

livres, Guillaume de Murol, très peu de livres, il a en revanche un frère chanoine, qui a

une cinquantaine de livre, son cousin, petit noble auvergnat possède 4 livres, trois livres

de piété, et le roman de Merlin. 15e siècle, plus répandu, le coup des livres baissent, il

devient possible que des personnes de rangs modestes en possèdent. Médecins,

personnels des administrations princières et royales, marchands, couches sociales

moyennes et supérieures : livres pratiques dans l’exercice de leur profession, et culture

personnelle… Un cardinal, au 14e siècle possédait en moyenne 120 livres, un évêque ou

un abbé possédait 32 livres, un simple prêtre possédait en moyenne 9 livres. Officiers

princiers : de plus en plus nombreux du 12e au 15e siècle, les administrations locales et

centrales se développement, office dans le domaine de la justice, de l’administration des

finances… Greffier du Parlement (cour de justice centrale du royaume de France), prend

note des plaidoiries des avocats, début du 15e siècle, Nicolas de Baye, en 1418 possédait

198 livres. Bibliothèque exceptionnelle, la moyenne des collections privées pour ces

membres des administrations royales était d’une trentaine de volumes. 14e 15e siècle,

marchands de Florence : 10aine de volumes. Princes, rois : 14e 15e siècle, bibliothèque :

objet de prestige, voire passion. Roi Charles V en France (1364-1380), roi sage, qui ne fait

pas la guerre, pendant la guerre de 100 ans, dirige tout depuis Paris. Collectionneur

d’objets d’art, de tapisseries, et de livres. Charles V a fait reconstruire le Louvre ->

résidence. D’abord construit par Philippe Auguste. Dans une des tours : bibliothèque,

1000 volumes. Gilles Mallet, garde des livres du roi. Successeur : Charles VI, malade,

accès de folie, bibliothèque mal entretenue. 1424 : 823 volumes, rachetés par le Duc de

Bedford, oncle du jeune roi d’Angleterre qui se prétendait aussi Roi de France. 1200

livres d’argent. Bataille d’Asincourt, princes faits prisonniers en Angleterre, Charles

d’Orléans, homme qui s’intéresse aux livres, composent des poèmes et rachète livres du

roi. Fin 15e siècle, descendant de Charles d’Orléans devient roi de France Louis XII. Un

certain nombre des livres de la bibliothèque de Charles V, reviennent en France. Princes

imitent le roi, Charles V, au départ sans beaucoup d’enthousiasme, oncle du roi Charles

VI, Philippe Le Hardy, Duc de Bourgogne possédait 80 livres, son fils Jean Sans Peur, 250

livres. Essor de l’humanisme en Italie. Come de Médicis, première moitié du 15e siècle,

Pape Nicolas V, Nicolo Nicoli (1364-1437) grand collectionneur, seigneurs italiens de

Mantoue (200 volumes). Jean Galeas Visconti : Bibliothèque de Pétrarque -> au seigneur

de Padoue, Visconti avait mis la main sur cette bibliothèque. Milieu 15e Duc de

Bourgogne, Philippe le Bon. 1469 : 900 volumes.



- Composition des bibliothèques : livres utiles, orientation technique : médecins, juristes.

Evêque de Laon, Robert le Coq, ses livres lui sont confisqués, 76 livres, milieu du 14e

siècle, bibliothèque de travail. Livre qu’il utilise pour son activité d’évêque et activité

politique. Droit canonique. Théorie politique (première moitié 14e Marsile de Padoue, et

Ockham). Recueils de prières, de sermons, livres de grammaire, de traités d’Aristote. En

revanche, pas de littérature. Bibliothèque de travail. Un marchand florentin, première

moitié 15e siècle, Filippo Quartucci : 7 livres : 5 livres de piété, et 3 manuels scolaires,

livres de grammaire. Certains marchands y ajoutent livres de pratiques commerciales,

droit, éventuellement livres d’Aristote et de Cicéron. Dante, Pétrarque, Bocas (contes).

Livres utiles mais on voit apparaitre des livres qui servent à l’agrément et témoignent de

goûts culturels. Grandes bibliothèques : fonction de prestige, le fonds de base est celui

que l’on trouvait dans les bibliothèques des ordres mendiants et collèges universitaires :

textes bibliques, commentaires, recueils de sermons, traités relatifs aux Arts libéraux,

Médecine, classiques latins. Les Rois et les Princes manifestent une certaine ouverture

sur des préoccupations profanes. 26% des livres de la bibliothèque de Charles V :

Bibliothèque monastique. Mais aussi bibliothèque qui sert au gouvernement : écrits de

nature technique et scientifique : 30% (Astrologie, Médecine, Chirurgie, Musique). Livres

d’édification morale et religieuse (16%). 11 % : livres de littérature de distraction :

chansons de gestes, romans courtois. Et quelques livres d’histoire (croisades, hauts faits

des rois de France). Aucune ouverture à l’humanisme, déjà très important en Italie. Haut

delà du fonds classique de couvents mendiants et de collèges universitaires, mais pas

bibliothèque humaniste. Bibliothèque des ducs de Bourgogne : catalogues. Inventaire de

1404 -> 1469 : proportion des manuscrits bibliques et liturgiques, passe de 50% à 16%. Il

y a toujours ce fond traditionnel, mais l’on voit se développer fortement un fond

d’ouvrages en langue vulgaire, portant souvent sur des matières profanes (traductions

d’ouvrages antiques : conquêtes et hauts faits d’Alexandre, Anciennes chansons de

gestes adaptées au gout du jour, mises en prose, romans courtois également adaptés,

histoire des conquêtes de Charlemagne, ouvrages didactiques, livres de chasse, livre de

gouvernement, Encyclopédie du savoir médiéval, traduction du décaméron de Bocas,

contes du 14e siècle, œuvres d’historiens qui travaillent au service de la cour des ducs de

Bourgogne). Le fond religieux est devenu minoritaire au profit d’une culture profane, en

langue vulgaire, mais qui reste traditionnelle, car pas d’ouverture à l’humanisme. On ne

trouve pas d’ouvrages de Pétrarque, humanisme italien du 14e siècle. Visconti à Milan,

Gonzagues de Mantoue : on va trouver des bibliothèques qui présentent un caractère de

transition, car le poids de la tradition médiévale y est encore très sensible, mais on

trouve des romans de chevalerie, classiques latins assez nombreux, la Divine Comédie de

Dante, œuvres latines et italiennes de Pétrarque et de Bocas. Mouvement qui se

généralise en Italie, à partir du milieu du 15e siècle, transformation des bibliothèques ->

humanisme.



d) Naissance des bibliothèques publiques



Du 14e au 15e la notion de bibliothèques publiques commence à apparaitre. Les

bibliothèques privées étaient accessibles : couvents aux étudiants, rois : aux membres de

leur cour. Médicis à Florence : à des érudits, membres de la cour. Bibliothèque des papes :

prêt des livres, avec fiches… Pas des bibliothèques publiques mais facilement accessibles à

d’autres personnes que leurs propriétaires. Côme de Médicis, 15e siècle, récupère les livres

de Niccolo Niccoli, qu’il installe dans le couvent St Marc. Formation de bibliothèques

publiques : preuve du mécénat des princes, prestige.







Chapitre II : Les expressions universitaires « savantes » de la culture médiévale



Commentaires des livres qui font autorité. Dans les universités, il y a 4 facultés : Arts libéraux,

Théologie, Droit (romain et canon), médecine, c’est aussi l’organisation du savoir médiéval. Cette

culture savante est portée activement par un milieu étroit de clercs universitaires. Cette culture

savante véhicule des modes de pensée, une représentation du monde qui exerce leur influence sur

l’ensemble de la société.



A) La Philosophie



Discipline qui n’a pas son autonomie de la même façon que la théologie, le droit, la

médecine. Logique (un des arts du trivium : grammaire, rhétorique, logique) qui joue le rôle

de socle. Faculté des Arts, préparatoire. Philosophie est un mode de raisonnement dérivé de

la logique aristotélicienne. Mode de raisonnement. S’est développé une forme

d’appréhension, de représentation du monde sensible que l’on peut appeler une

philosophie. Dans un rapport étroit et tendu avec la vision chrétienne du monde. Au cours

du 13e siècle, tensions fortes entre des maitres es arts, et des maitres en théologie qui

considèrent la logique d’Aristote comme un instrument qui peut être utile mais qu’il faut

utiliser avec prudence.



1) Les « autorités » philosophiques

a) Aristote



L’enseignement de la philosophie reposait sur Aristote. Auteur progressivement

connu au cours du Moyen-Age. 5-6e siècles : une partie de l’œuvre de logique

d’Aristote, La logica Vetus, traités traduits en latin par Boèce. La logica nova, traduits

en latin dans la première moitié du 12e siècle, et commence à être enseignés à partir

des années 1150 dans les écoles parisiennes. L’œuvre d’Aristote ne se limite pas à

l’enseignement de logique, mais ,libri naturales, traduits en Espagne par Gérard de

Crémone, mort en 1187 (la Physique, traité de La génération, le traité du Ciel, traité

des météores, la métaphysique, l’Ethique à Nicomaque. Commentaires d’Aristote :

L’isagoge de Porphyre, traduite par Boèce puis retraduite, traductions des

commentateurs arabes d’Aristote : Avéroès, Alfarabi, Avicenne. Liber de causis,

traité anonyme.



b) Autres autorités



De Platon on ne connait qu’un petit nombre de traités : Phédon, Ménon, Timée.

Philosophes néoplatoniciens sont connus du Moyen Age. Font également office

d’autorité : ouvrages philosophiques arabes.



2) Le problème de la compatibilité d’Aristote et du Christianisme



Idée de l’idée aristotélicienne de l’éternité du monde, avec la genèse, création du monde

par Dieu. Aristote interdit dans l’enseignement. 1210 : concile à Paris, libri naturles :

brulés. David de Dinan, dont on connait mal la doctrine : soutenait que malgré la

diversité des apparences, la matière était une et immobile, la matière et Dieu ne faisait

qu’un. Concile ordonne de bruler ces œuvres, lui-même pas inquiété, protégé. Disciples

d’Amaury de Bène, condamnés pour hérésie, et le corps de leur maitre est exhumé, et

les cendres sont dispersées. Coup d’arrêt à l’aristotélisme. En 1215, statuts de Robert de

Courson, donnent une liste des livres qui doivent être lus, mais il en interdit d’autres. En

1231, la bulle pontificale assoit l’université de Paris, et entrouvre la possibilité de

commenter les livres de philosophie naturelle et la métaphysique d’Aristote. En 1255,

nouveau statut de la faculté des arts à Paris. Aristote enseigné. La connaissance

d’Aristote se généralise avec le commentaire général que va en faire le dominicain d’

origine allemande, Albert Le Grand, 1250-1270 : rédaction d’un immense commentaire

général de l’œuvre d’Aristote, en commençant par la physique et en finissant par la

métaphysique. Maitre en théologie. Conciliation : observation et expérience du monde,

permet de connaitre le monde terrestre, mais il faut admettre l’éventualité de

l’exception quand Dieu agit et change le cours des choses. Dieu a la possibilité de

modifier le cours naturel des choses.



3) L’Aristotélisme comme mode de raisonnement et conception du monde



a) L’aristotélisme comme mode de raisonnement

Une logique, manière d’organiser la compréhension du monde. Art du syllogisme. Schémas

d’explication, grilles de classification appliquées à la connaissance de l’univers. Principe de

non-contradiction. La recherche des causes : matérielle, formelle, motrice, finale. La

distinction de la matière et de la forme, identification et la séparation des genres et des

espèces. Ex. : animal est un genre, et le bœuf une espèce. Rationalité appliquée à la

connaissance de l’univers.



b) L’aristotélisme comme perception du monde

De la Perception du monde cohérente et uniforme. Univers physique. Théorie des quatre

éléments (feu, terre, eau, l’air). Traité de l’âme philosophie et psychologie des êtres

humains. Mouvement des planètes, l’influence de ce mouvement exercé sur le monde

sublunaire donnait une légitimité aux prédictions et horoscopes. Déterminait l’humeur des

individus. Les diverses fonctions de l’âme (primitive-> rationnelle, plus subtile).



c) L’aristotélisme comme philosophie morale et politique

Ethique à Nicomaque. Enseignement à l’université au 13e siècle. Pratique de la vertu comme

pratique du juste milieu, de la modération et de la mesure. Concepts politiques. Distinction

entre trois formes de la loi : divine ou éternelle, naturelle, humaine ou positive.

Détermine l’universalité des êtres ou des choses. LA vache donne du lait et pas de whisky. LA

loi naturelle : règle les rapports de tous les êtres humains entre eux. Ensemble de préceptes

dictés par la raison à la conscience humaine. L’enfant respecte ses parents, « ne fais pas aux

autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse », loi humaine : peut se modifier, ensemble

des lois et des coutumes qui règlent la vie de la société. Les hommes sont destinés à se

regrouper, à former une communauté politique et à se donner des lois. Typologie classique

des formes de gouvernement : monarchie, l’aristocratie, la démocratie. Notion de bien

commun comme finalité de l’organisation des hommes en cité et en communauté politique.

Recherche du bien commun.



4) Les débats philosophiques de la fin du Moyen âge

Débats intenses et âpres à la fin du Moyen âge. Débat central qui oppose philosophes et

théologiens réalistes et les nominalistes ou terministes .Franciscain : Jean Duns-Scott

(réaliste), tradition philosophique platonicienne, idée que les concepts, universaux ont

une existence ontologique réelle. Pas de simples instruments qui nous servent à parler

du réel. Nominalisme : Franciscain Guillaume d’Ockham, parisien : Jean Buridan (1304-5-

1358-1360). Les mots, les signes que nous employons ne servent qu’à désigner des

étants réels qui sont singuliers, uniques. Nous utilisons des concepts, termes arbitraires

que l’homme s’est donné pour les désigner. Le terme homme ne renvoie pas à une

essence, réalité.



B) La théologie



1) Foi et raison

Connaissance de Dieu, des mystères de la foi. Cette connaissance de Dieu est transmise

par les livres sacrés que Dieu a donnés à l’homme, illumination de la foi que Dieu a rendu

possible pour chaque individu. Est-ce que cela peut faire l’objet d’une explication par la

raison. Enjeu d’un débat important : aristotélisme appliqué à la théologie. Au début :

incompatibilité. Déterminisme aristotélicien est-il compatible avec l’idée fondamentale

de la toute-puissance divine. Face à ce débat de fond, les réponses des philosophes et

théologiens ont été différentes. Seconde moitié du 13e, certains maitres es arts vont

maitre en avant le principe de la double vérité. Vision des auteurs avéroistes : Siger de

Braban. Les positions de ces auteurs inspirés par un aristotélisme radical font l’objet de

sévère condamnations. Auteurs qui refusent toute intervention de la philosophie dans le

domaine de la foi : St Bonaventure, Maitre es art 1243 à Paris, maitre en Théologie en

1254, ministre général de l’ordre franciscain en 1257. Proche des mystiques qui disent

que l’expérience de Dieu est due à une expérience intime. Voie moyenne : Foi chrétienne

et raison aristotélicienne compatibles. Scolastique : conciliation de la raison (philosophie

grecque) avec la théologie chrétienne.



2) Les sommes théologiques



Sommes : exposé systématique d’un ensemble de doctrines. Concilier raison et foi dans

un équilibre qui varie selon les auteurs. Le livre des Sentences de Pierre Lombart, 1255.

Livres de sommes, exposé de la foi sous forme synthétique sous forme ordonnée, de

questions synthétiques. Guillaume d’Auxerre Somme dorée avant 1223, elle va connaitre

un très grand succès. Sur le modèle de Pierre Lombard, un recueil de questions

regroupées selon les quatre livres des sentes de Pierre Lombard. Théologie nouvelle,

considérée comme une science, intégrant la pensée d’Aristote. Philippe Le Chancelier,

chancelier de l’université de Paris (1165, 1236), auteur de Summa de Bono, Guilllaume

d’Auvergne (1190-1249), auteur d’un magisteriale divinale. Roland de Crémone (1178-

1259), auteur de la Summa super quatuor libros sententiarum. Albert Le Grand, meut en

1280. Rédige dans les années 1240, à Paris, une somme sur le livre des sentences.

Distingue le champ de la philosophie et de la foi. Apogée de ses sommes, Thomas

D’aquin, italien, né vers 1224, élève d’Albert Le Grand, à Paris et Cologne, dans les

années 1245, 1252, pousse à son apogée ce mouvement consistant à vouloir faire de la

théologie une véritable science, ensemble de connaissance démontrables. Exposé le plus

systématique se trouve dans sa somme théologique écrite entre 1266 et 1273, La Summa

Theologiae. La conciliation de la raison et de la foi est donc à son apogée, va soulever de

violentes critiques. Beaucoup de textes jugés hérétiques. Cependant pas le penseur

officiel de l’Eglise dans ces années-là. Soutenu au 15, et 16e siècles mais pas le seul.



C) Les Droits

A la fin du 11e on redécouvre, à Bologne avec Irnerius (mort après 1126) le code

Justinien (Vie siècle). Compilation du droit civil, qui organise la cité. Au milieu du 12e

siècle, le moine Gracien, à Bologne mettait en ordre le droit des clercs, le droit

canon, et le droit qui régie tous les aspects de la vie des hommes qui relève de la vie

des hommes. Enseignement du droit romain et canon dans des universités à travers

des commentaires des œuvres qui font autorité, et à travers la rédaction de sommes.



1) L’essor de l’étude des droits du XIIe au XIIIe siècle



a) Le droit romain



L’enseignement du droit romain repose donc sur la compilation réalisée par

Justinien, 3 ou 4 parties : le digeste : anthologie d’extraits pris dans l’œuvre des 39

juristes consultes classiques : spécialistes du droit à Rome. Ulpien est un des plus

célèbres. Extraits les plus importants. Seconde partie : les institutes : sorte de manuel

d’instruction à la connaissance du droit romain, 3e et 4e partie : le codex, comprenait

les institutions, lois promulguées par les empereurs romains, et complétée par les

novelles (4e partie, ou Annexe) : législation du justinien lui-même.

Travail de commentaires par Irnerius. 4 grands élèves d’Irnerius. Travail consistant à

établir le sens des textes, Rome antique avec termes d’ordre technique dont la

compréhension est difficile. Glose : explication des mots qui posent problème.

Difficultés grammaticales du texte. Commentaire : élucidation grammaticale du

texte. Glose en marge du manuscrit (glose marginale ou interlinéaire). Mise en

rapport des divers passages du code. Une glose peut avoir une autorité, glose que

l’on ne peut pas détacher du texte lui-même : cela s’appelle la glose ordinaire, elle

accompagne systématiquement le texte dans tous les manuscrits. Rédaction de

sommes : exposé systématique, plus ou moins bref, peut porter sur la totalité d’une

œuvre ou sur une partie de l’œuvre, elle suit en général les grandes divisions de

l’œuvre, elle reprend le plan. Juriste Azon (1150-1225) somme : exposé

systématique du droit romain, deviendra le manuel de base pour l’apprentissage du

droit romain. Accurse (1185-1263) : synthèse de toutes les gloses réalisées par les

grands docteurs spécialistes du droit romain, rédige la glose ordinaire du droit

romain, qui va accompagner le texte du corpus juris civilis (code Justinien).



b) Droit canon







Même travail de commentaires et de sommes. Décret Gracien, vaste compilation

mise en ordre du droit de l’Eglise, faut l’objet du même processus de rédactions de

sommes qui en expliquent le contenu. Somme de Etienne de Tournai, de Ruffin et

somme sur le décret de Gracien Huguccio. Processus de gloses, qui va conduire à une

glose ordinaire, sur le décret Gracien, celle de Jean le Teutonique. Mais le décret

Gracien n’est pas le seul texte qui va faire autorité. Décisions de la papauté qui font

autorité et qui s’ajoutent au corpus du droit canon rassemblé par Gracien. Les

Décrétales pontificales (problème de droit à résoudre, conflit entre deux institutions,

personnages, le décret de Gracien ne permet pas de trancher, on fait appelle au Pape

qui rend sa décision dans ce cas particulier. Lorsque ce même cas va se retrouver

ailleurs, il n’y a pas de raison que le pape se mette à réfléchir sur le même cas.

Recueil de décrétales. En 1234, la papauté (GrégoireIX) ordonne la rédaction d’un

livre de décrétales des papes avant lui. Liber extra : vient s’ajouter au décret Gracien,

et fait partie du droit canon. Tout au long du 13e siècle : grand nombre de décrétales

-> nouvelles compilations. Livre sexte : du pape boniface VIII, le sixième livre. Les

clémentines de Clément V, les Extravagantes : du pape Jean 22. Glose de tous les

livres : Jean André (Johannes Andreae, mort en 1348).



2) Les mutations de l’étude du droit du XIVe au XVe siècle.



Ecoles des post glosateurs, commentateurs. Nouveaux maitres qui apparaissent à partir

de la fin du 13e sont conscients de la distance entre VI e siècle (Code Justinien) et leur

propre époque : interprétation beaucoup plus libre… Texte est commenté dans son

ensemble, de façon thématique, appliquent les règles de la logique, la questio. Nouvelle

méthode de commentaire du droit mise en œuvre à l’université dans les écoles d’Orléans

à la fin du 13e siècle. Maitres à Orléans : Jacques de Révigni, évêque de Verdun, mort en

1296, Pierre de BellePerche. Puis en Italie. 2 grands maitres : autorités absolues : Partole

et son disciple Balde mort en 1400. Droit canon. Méthode de la questio également. Jean

André, et Nicholas de Tudeschis, « le panormitain ». Expertises des concilia (conseils) sur

les cas particuliers des autorités diverses engagées dans un conflit.



3) L’importance sociale et politique du droit



Partiellement appliqué concrètement. Introduit dans la société des principes importants.

La réflexion juridique contribue à permettre la notion de souveraineté d’Etat, de biens

publics. Distinction public/privé. Privé : droit savant donne des formulations précises de

la notion de contrats (Essor économique).



D) La médecine

1) La mutation du savoir médical du XIIe au XIIIe siècle

Avant 12e, savoir antique qui datait du 6e siècle. Sallerne, Montpellier, Bologne, Paris :

enseignement de la médecine reposant sur un nouveau corpus d’autorités : traités de

Gallien, Aristote, canon d’Allicène (synthèse des médecins antiques).



2) Les fondements du savoir médical : la théorie des humeurs



Le corps humain est considéré comme un microcosme de l’univers (macrocosme). Feu,

Air, Terre, Eau constituent le microcosme et le macrocosme. Chaud, Froid, Sec, Humide :

qualités correspondant aux 4 éléments fondamentaux. Eau éteint le feu, le feu fait

s’évaporer l’eau, ils sont antagoniques, doivent coexister en équilibre. Si déséquilibre,

l’homme perd la santé, sautes d’humeurs (colérique, flegmatique, sanguin, bilieux). Le

corps est doté d’une complexion, d’un équilibre qui lui est propre, c’est cela dont le

médecin doit s’occuper. La maladie est la remise en cause de cet équilibre. Processus de

vieillissement : humide radical va se consumer par le dessèchement, le médecin n’y peut

rien, mais peut quelque chose à l’environnement du malade. Prescription selon l’état du

patient : régime curatif qui est destiné à corriger l’équilibre des humeurs. Processus de

médicalisation de la société médiévale : médecins partout, et recours considéré normal

aux médecins.









Chapitre III : La naissance d’une culture des laïcs : les productions culturelles non universitaires









Culture des élites laïques. Exaltation de valeurs aristocratiques. Culture historique. En langue

vulgaire. Matières pas religieuses : profanes, qui se constituent à la fois en opposition par rapport à la

culture cléricale et culture folklorique (culture profane mais croyances) et jeu d’influences

réciproques. Auteur : dernier tiers du 12e siècle. Marie de France (1160-1170) auteur d’une série de

comtes mis en vers (lais). Lais de Bisclavet : héros qui a la particularité de se transformer en loup. Sa

femme infidèle lui dérobe ses habits (qu’il avait enlevés pour se transformer en loup). Il ne peut plus

redevenir un homme. Loup-garou. Marie de France représentant de cette culture littéraire. Culture

profane répond aux aspirations culturelles des laïques. Domaine français. Hégémonie culturelle

française (12e 13e siècle), dans son sillage entraine d’autres pays. Puis Italie : Humanisme remettant

en cause l’hégémonie culturelle française.



I) La création d’un champ littéraire



Articulation d’une production littéraire organisée en genres littéraires.

Public défini par les élites. Existence d’auteurs pouvant vivre de leurs œuvres.



A) La définition de genres littéraires

Fin 11e début 12e culture profane écrite. Apparaissent chansons de gestes, écrites en

langue d’oïl. Chansons d’amour, lyriques, écrites par des troubadours, en langue d’oc

(puis transposées dans le nord). Romans courtois écrits en vers. Chanson de Roland,

auteur anonyme, mise par écrit fin 11e. Guillaume IX, d’Aquitaine (1071-1127)

poèmes, chants d’amour.

a) Les chansons de gestes

100aine de chansons conservées écrites entre la fin du 11e et la fin du 13e.

Chansons de gestes ne disparaissent pas totalement mais tendent à rejoindre la

forme du roman. Rencontre d’un genre littéraire avec un public amateur de

récits extraordinaires, considérés comme réalité historique. Poèmes narratifs.

Vers de 10 pieds, décasyllabes, chantés, hauts faits des héros du passé,

composés des laisses (pas strophes). Laisse : Ensemble que l’on chantait d’un

seul élan sans aucune interruption. Le même son termine chaque ligne, chantées

avec de mélodies très simples, les manuscrits ne nous donnent pas la mélodie,

mais témoignages indirects permettent de nous faire une vague idée. Mélodie

dans une pièce de théâtre. Histoires guerrières, époque des souverains

carolingiens, prédécesseurs de Charlemagne. Chanson de Roland. Massacre de

l’arrière garde de Charlemagne par des musulmans. Geste du roi : 20aine de

chansons (Charlemagne), cycle de Guillaume (d’Orange), grand seigneur, Louis le

Pieu, roi indolent, soutenu par Guillaume contre les musulmans. Cycle des

barons rebelles. Roi contesté par des vassaux du roi. Aventures de ces barons

rebelles contre un souverain qui a commis une injustice flagrante. La chevalerie

Ogier. Baron Ogier, coupable de démesure. Fin : réconciliation car lutte contre

les Sarrazins. Ogier le Danois, Charlemagne contre toute justice, s’obstine à

protéger son fils coupable. Girart de Roussillon. Girart de Vienne. Renaut de

Montauban. Roland : mort à Ronceveau. A partir de la chanson de geste initiale

on remonte vers le passé. Enfance de Roland. Histoire du père ou du grand-père

du héros. Vieillesse de Guillaume. Rois et Grands seigneurs, petite noblesse,

développement de la figure d’un ennemi commun, du Sarrazin. Public

aristocratique, et aussi sur les routes de pèlerinages. Fin 12e Matière des

croisades. Cycle de la croisade. Chanson d’Antioche. La prise de Jérusalem.

Chrétienté contre l’ennemi Sarrazin. Adaptation allemande de la Mort de Roland.

Genre littéraire en Allemagne : se rapproche des chansons de gestes françaises :

Epopées héroïques germaniques. D’abord diffusion orale. Chant des Nibelungen

(1200). Auteur : clerc Conrad, entourage de l’évêque de Passau, en Bavière sur le

Danube à la frontière de l’Autriche. Chroniquer danois, 1132 : devant le roi

danois Knut, chant de la trahison de Krienhilde. Importance capitale du chant des

Nibelungen, première partie cour des rois burgondes (quête de la fiancée, le

Héros Siegfried qui a conquis le trésor des Nibelungen, sur le Rhin, il épouse la

sœur des rois Burgondes, Krienhilde. Aide de sa force magique à Gunter frère de

Krienhilde, pour lui procurer la main de Brunhilde. Mais Siegfried est tué par la

main du vassal de Gunter. Vengeance de Krienhilde, veuve de Siegfried, épouse

ensuite d’Attila. Gigantesque bain de sang, tout le monde meurt à l’exception

d’Attilla. Sagas : pays scandinaves. 12e et 14e. Textes, avec un décalage temporel,

vie des rois norvégiens, danois, et des héros qui ont colonisé l’Islande.



b) Troubadours et Trouvères



Genre littéraire nouveau : poésie des troubadours, fin 11e début 12e expression

et le relais d’un nouvel idéal, idéologie, dans lequel la femme est placée comme

le centre autour duquel devrait graviter les hommes. Courtoisie. Conception de

la vie et de l’amour. Comment doit se comporter un homme courtois ? Noblesse

de cœur, libéralité, générosité, bonne éducation, habilité à la chasse et à la

guerre, connaitre les raffinements de la conversation et de la poésie, horreur de

l’avarice et de la cupidité. S’opposant au vilain, grossier, jaloux de ce qu’il

possède. Amour courtois entouré de règles strictes : amour tout en sachant que

l’on n’obtiendra pas satisfaction. Dame qu’il désire mais reste inaccessible. Rang

social supérieur et déjà marié. Idéal de la courtoisie, dépassement de l’individu

sous l’effet de l’amour, qu’il parvient à réfréner. Cours du Limousin, Languedoc,

Aquitaine, Provence. Poésie lyrique des troubadours. Canso : chant d’amour,

poème 40 à 60 vers, strophes de 6 à 10 vers. Chants de troubadours : trobar clos,

hermétiques, fermés, obscures. D’autres prônent un style accessible. Trobar leu

(léger). D’autres enfin : trobar ric (riche). Guillaume duc d’Aquitaine (grand

seigneur), d’autres sont des seigneurs de rangs moyens : seigneur de Born. Petits

seigneurs, puis encore en dessous. Circulent de cour en cour, se citent, se

répondent, échangent.





[ IL MANQUE UN COURS]



Le calice : Le Graal. Sens des romans courtois se transforment. Les premiers : amour courtois,

désormais cet idéal de l’amour courtois s’efface, pour laisser place à l’idéal de la chevalerie,

acquisition du Graal, rapport entre la chevalerie et Dieu. L’influence de Chrétien de Troyes : émules

en Allemagne, auteurs importants ont adaptés ses romans. Roman de Tristan. L’amour porté à son

extrême, adultère, amour pour la reine Iseult, mariée au roi Marc. 13eme siècle : romans en vers,

rédaction de romans en prose. Apparition de romans en prose au 13eme siècle. Mode de récit de la

Bible : sacré, et vérité. Trilogie sur le Graal, vers 1220. Mise en prose de romans en vers de Robert de

Boron. Trilogie : Roman de l’histoire du Graal, Le Merlin, et le Perceval. Ensemble littéraire : Lancelot

Graal. Plusieurs auteurs se rattachent aux contes du graal de Chrétien de Troyes et du Chevalier à la

Charrette, sur Lancelot dans une trilogie : Le Lancelot Propre : naissance et aventures de Lancelot,

Exaltation de l’amour courtois, meilleur chevalier… La quête du Saint Graal : Amour adultère de

Lancelot pour la reine Guenièvre, Lancelot échoue dans la quête à cause de cet amour. Seul Galahad,

fils de Lancelot, pourra réussir dans la quête du Graal. L’amour courtois est mis à mal, l’amour

conduit à l’échec dans la quête du Graal. La mort d’Arthur : fin du monde arthurien. Enlèvement de

Guenièvre par Lancelot. Guerre d’Arthur contre Lancelot.



2) Les genres non courtois : l’esprit de la ville ?



a) Les chants (la poésie lyrique) non courtois



10-13e siècle : poèmes écrits en langue d’oïl. 2 catégories : les chansons de toiles (de petites

chansons de geste, jeune fille éprise d’un séducteur indolent, ou bien d’un amant lointain, qu’elle

attend, assise à la fenêtre en train de filer : travaux d’aiguille, couture), écrites par des hommes, à la

mode au 13e siècle, en Lorraine, en Picardie… Simplicité de ces chants. La chanson d’aube : matin,

séparation douloureuse des amants au matin, prévenus par un guetteur, leur disant que le mari

jaloux vient d’arriver. Simplicité. Union amoureuse, par opposition à l’amour courtois impossible. Les

pastourelles. Les reverdies : printemps qui revient. Les chansons de malmariée : poète raconte

comment il a tenté de séduire une jeune personne, souvent peu satisfaite de son mari. Pastourelle :

Amours d’une bergère. Amour sur un mode burlesque, détournement des codes de l’amour courtois.

Le mari est incapable de remplir le devoir conjugal.



Ces genres qui exaltent l’amour non courtois, ont pu être composés par des trouvères chantant aussi

l’amour courtois. Poésie des Goliards : poésie satirique, clercs exaltent en latin l’amour, les joies du

vin et du jeu. L’archipoète : « mon intention est de mourir à la taverne ».



b) Les « dits » ou la poésie non lyrique



Différentes catégories de la société sont passées en revue, et leurs vices sont dénoncés. Incitation à

corriger ces vices. Genre existe en français dès la fin du 12e. Le livre des manières d’Etienne de

Fougères, évêque de Rennes, dénonce les défauts de la société, les chevaliers devraient défendre le

clergé et les opprimés, les paysans accepter leur sort, le clergé est accablé par les vices de la

corruption. Le Roman de Carité de Reclus de Moiliens 13e siècle, développement avec le moi du

poète, il se met en scène dans ses poèmes : Rutebeuf. Le dit de de l’Etat du monde, les plaies du

monde, fait carrière à Paris, vit du financement de mécènes. Dans cette poésie il se plaint de sa

misère, mariage malheureux, passion du jeu, du vin.







c) Les fabliaus et les nouvelles



Contenu grossier, font rire. Thèmes : duperie, maris trompés, clercs qui viennent séduire la femme

d’un bourgeois. L’homme qui faisait parler les cons et les culs, la demoiselle qui ne pouvait entendre

parler de foutre. Ils s’adressent aux mêmes milieux qui lisent la littérature courtoise.



d) Les contes d’animaux

Les fables, les histoires d’animaux illustrées par le roman de Renart. Fables :

genre antiques, Esope. Le moyen Age n’a pas directement connu Esope, mais

intermédiaires. 12e siècle, recueils de fables.


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