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Travaux Personnels Encadrés

Le daltonisme et

la vision des couleurs

http://tpe.ledaltonisme.online.fr/



Thème général : L’Homme et la nature



Observation et description de la nature par l’Homme





Aurélien de Turenne

Aymeric Broyet

Benjamin Fara









2010-2011

Travaux Personnels Encadrés | Le daltonisme et la vision des couleurs | Année 2010 – 2011









Introduction

De nos cinq sens, la vision est celui qui nous permet d’appréhender

notre environnement grâce à des images et des couleurs. L’œil,

l’organe central de cette faculté visuelle capte la lumière et transmet

au cerveau des informations nous permettant d’avoir un ressenti des

couleurs (15 000 nuances). Ainsi, on appelle rouge la couleur de la

tomate ou de la fraise puisque ces deux végétaux renvoient la même

lumière. Cependant, certains individus voient les fraises mures et les

fraises encore vertes de la même couleur. Cette anomalie est une

dyschromatopsie (du grec ‘‘δυς’’dys- mauvais ‘‘χρωματος’’ chromatos

la couleur) dont la forme la plus commune est le daltonisme. Il s’agit

d’une anomalie génétique qui touche a des degrés différents 8 % des

hommes et 0,4 % des femmes. D’abord évoquée en 1794 par le

physicien anglais John Dalton, l’anomalie portant son nom a ensuite

été diagnostiquée comme héréditaire. En 1986 une équipe de

chercheurs américains a découvert la position des gènes de la vision

des couleurs sur les chromosomes X et 7.

Tout d’abord, nous allons expliquer la composition de la couleur afin

de pouvoir comprendre ensuite le fonctionnement de la vision et nous

traiterons enfin le dépistage et les causes génétiques du daltonisme

ainsi que les possibilités pour y remédier.

Nous axerons notre étude sur la problématique générale :

Comment expliquer la vision des couleurs et quelles sont les origines

et les conséquences de l’anomalie du daltonisme ?









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Sommaire

1. La lumière et les couleurs Page 3

1.1.La lumière : une onde électromagnétique Page 3



1.2.Mise en évidence de la nature de la lumière blanche et

de la synthèse additive des couleurs Page 5



1.3.Absorption et diffusion de la lumière par les objets Page 7



2. Le principe de la vision Page 8

2.1.Anatomie de l’œil dans le processus de la vision Page 8



2.2. Les cellules photosensibles Page 9



2.2.1. Les bâtonnets Page 10



2.2.2. Les cônes Page 11



2.3.La photoréception et le message nerveux Page 12



2.3.1. La iodopsine Page 12



2.3.2. La photoisomérisation et la transduction Page 13



2.3.3. Le message nerveux Page 13



3. Le daltonisme Page 14

3.1.Dépistage et test d’Ichihara Page 14



3.2.Une dégénérescence au niveau des cônes Page 15



3.3.Une anomalie génétique Page 16



3.3.1. Mutation des gènes Page 16



3.3.2. Hérédité de l’anomalie Page 17



3.3.3. Le traitement génique Page 18



Conclusion Page 19 Table des Illustrations Page 21

Lexique Page 20 Bibliographie Page 22



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1. La Lumière et les couleurs

Le daltonisme est une anomalie qui altère la vision des couleurs, nous devons donc, avant

de parler du daltonisme, définir et comprendre ce qu’est la couleur.



‘’Les philosophes disent que l’on ne peut voir aucune chose qui ne soit revêtue de lumière et

de couleur. C’est pourquoi il existe entre les couleurs et les lumières une très grande parenté qui

permet de voir. On en comprend l’importance au fait que, si la lumière meurt, les couleurs meurent

également, et lorsque la lumière revient, les couleurs se rétablissement en même temps que la

force des lumières.’’ Leon Baptista Alberti

De la peinture, 1435





Comme nous le dit Leon Baptista Alberti à juste titre, la couleur et la lumière sont

intimement liées, on ne peut donc traiter l’un sans l’autre, nous allons donc devoir, avant de parler

de couleur, parler de lumière et essayer de la définir.









1.1 La lumière : une onde électromagnétique

La lumière peut être décrite comme une onde électromagnétique ou EM c’est à dire la

propagation d'une perturbation produisant sur son passage une modification des propriétés

physiques. Elle transporte de l'énergie sans transporter de matière.









Figure 1 - Schéma représentant une onde EM









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Notons qu’une onde est caractérisée par ce que l’on appelle une longueur d’onde, c’est à

dire par la périodicité de celle ci. Les ondes électromagnétiques peuvent avoir des longueurs

d’ondes de moins de 1nm (nm = nanomètre = 10-9 mètre = 0,000 000 001 mètre) jusqu’à des

longueurs d’ondes de plusieurs mètres, pourtant, l’œil humain ne peut ‘‘voir’’ ces ondes que

lorsque leurs longueurs est comprise entre 380nm et 780nm environ.









Figure 2 - Schéma mettant en évidence les longueurs d’ondes du visible des ondes électromagnétiques



La longueur d’onde à une importance capitale : elle définie la couleur de cette lumière.









Figure 3 - Tableau montrant les couleurs en fonction des longueurs d’ondes (0,430 μm = 430 nm)



Maintenant nous savons que la lumière est une onde électromagnétique. Nous allons voir

qu’il y a différents types de lumière : la lumière dite monochromatique et la lumière dite

polychromatique et nous mettrons en évidence la notion couleurs primaires.









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1.2. Mise en évidence de la nature de la lumière blanche et de

la synthèse additive des couleurs

Même si Francesco Maria Grimaldi (1618 -1663) et René Descartes (1596 -1750) avaient

réussi à décomposer la lumière blanche (en passant par le prisme, la lumière blanche se

décompose en une infinité de lumière colorée), c’est Isaac Newton (1643- 1727) qui le premier

comprit que l’œil humain ne permettait pas la reconnaissance de combinaisons de couleurs. Ainsi à

l’intersection d’un faisceau lumineux vert et d’un faisceau lumineux rouge, l’œil voit du jaune et

non les deux couleurs distinctement. C’est entre autre grâce à sa célèbre expérience réalisée en

1672 que Newton comprit ceci : il décomposa un faisceau de lumière blanche grâce à un prisme et

il obtint un spectre de lumière coloré, c’est à dire une bande de lumière colorée allant du violet-

bleu au orange-rouge (voir schéma ci dessous), puis en recombinant tous ces rayons lumineux, il

réobtint une lumière blanche.









Figure 4 - Schéma représentant la décomposition de la lumière blanche par un prisme



La décomposition de la lumière blanche par un prisme met en évidence sa nature

polychromatique : la lumière blanche est composée d’une multitude de lumières

monochromatiques.



Une lumière polychromatique est composée de plusieurs ondes monochromatiques.

ème

Plus tard, au début du XIX siècle un physicien du nom de Thomas Young parle de sa

‘’Théorie de la vision trichromatique’’ : selon lui trois couleurs suffiraient pour recréer toutes les

couleurs. C’est ainsi qu’en 1807 il induit la notion de couleurs primaires qui seraient le rouge, le

vert et le violet. C’est plus tard, en 1859 que le physicien écossais James Clerck Maxwell démontre

à seulement 28 ans la théorie de Young et l’affine : il arrive, avec seulement trois couleurs du

spectre : le rouge, le vert et le bleu à recomposer toutes les couleurs : la théorie de Young est

démontrée. Nous savons donc qu’avec trois couleurs primaires : le rouge, le vert et le bleu

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(évidemment la réalité est plus complexe et ces couleurs primaires sont associées à des longueurs

d’ondes très précises) nous pouvons recréer toutes les autres couleurs ainsi que la lumière

blanche.









Figure 5 - Schémas mettant en évidence la synthèse additive des couleurs



Les schémas ci dessus permettent de mettre en évidence la synthèse additive des couleurs,

on voit que :









Figure 6 - Synthèse additive des couleurs



Bien sur ce schéma est simplifié et donne une explication sommaire de la synthèse

additive des couleurs car cela dépend aussi de la proportion de chaque couleur.



Nous savons maintenant que la lumière est une onde électromagnétique, que sa

longueur d’onde correspond à sa couleur, que la lumière blanche est polychromatique et

qu’il y a trois couleurs primaires : le rouge, le vert et le bleu avec lesquels ont peut

recomposer toutes les autres couleurs et le blanc. Nous allons encore devoir parler d’une

chose concernant la lumière et la couleur, car si la lumière que nous recevons est blanche

(celle du soleil) comment se fait-il que les objets éclairés par cette lumière nous

apparaissent colorés ?









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1.3. Absorption et diffusion de la lumière par les objets

Dans la vie courante, tout ce que nous voyons est éclairé par une lumière blanche : celle

provenant du soleil ou de nos ampoules, alors comment ce fait il que nous voyons les objets

colorés ?



Nous voyons les objets colorés tout simplement parce que la matière opaque a la propriété

d’absorber certaines longueurs d’ondes et d’en renvoyer d’autre. Ainsi une pomme que l’on voit

rouge, exposée à de la lumière blanche, va absorber toutes les longueurs d’ondes contenues par la

lumière blanche sauf le rouge qu’elle va renvoyer.



Notons aussi que les objets n’ont pas de couleur pour un physicien : ils vont juste renvoyer

certaines longueurs d’ondes.



Par exemple, une pomme qui nous parait de couleur jaune (sachant que par synthèse

additive le jaune correspond à la somme du vert et du rouge) à la lumière blanche nous paraitra

verte exposée à de la lumière verte. A de la lumière rouge elle nous paraîtra rouge et à la lumière

bleue elle nous paraitra noire. Dans le cas d’une exposition à la lumière jaune (rouge + vert) elle

nous paraitra jaune comme si elle était exposée à de la lumière blanche. Car une pomme de

couleur jaune renvoie les ondes électomagnétiques de longueurs d’ondes correspondant au jaune,

rouge et vert et absorbe les autres.









Figure 7 - Schémas représentant la capacité d’absorption d’une même pomme ; les flèches de gauches représentent les

rayons incidents et les flèches de droite les rayons réfléchis



Maintenant que nous ‘‘savons’’ ce qu’est la lumière et la couleur, il va nous falloir

comprendre le fonctionnement de la vision avec l’importance des cônes, ces photorécepteurs

responsables de la vision des couleurs.









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2. Le principe de la vision

2.1. Anatomie de l’œil dans le processus de la vision

L’œil, ce petit globe de 2,5 cm de diamètre est l’organe principal de la vision. Cette sphère

est comparable à un appareil photo puisqu’elle comporte un « bloc optique » (la cornée, l’iris et le

cristallin) et une « pellicule » (la rétine).



Pour découvrir le principe de la vision, on va suivre un groupe de rayons lumineux

provenant d’un beau paysage. Tout d’abord, les rayons traversent la cornée puis une partie de ses

rayons sont arrêtés par l’iris qui s’ouvre quand la luminosité et faible et qui se ferme quand elle est

trop intense. Les rayons « choisis » par l’iris traversent ensuite une lentille biconcave, le cristallin.

Il a la propriété de changer la manière dont il réfracte la lumière afin de rendre l’image nette. Ainsi

les rayons sont réfractés et ils arrivent sur la rétine tapissée de cellules (les cônes et les bâtonnets)

qui transforment la lumière en impulsions nerveuses transmises au cerveau pour donner une

image du beau paysage.



La cornée est une membrane transparente solide à travers laquelle la lumière pénètre.

L’approvisionnement en nutriments et oxygène se fait grâce à l’humeur aqueuse, un liquide

composé à 78 % d’eau afin de ne pas troubler la vision. Les larmes, assurent cette fonction à

l’extérieur de l’œil. La cornée est la lentille principale de l’œil et assure environ 80 % de la

réfraction des rayons lumineux.



L’iris est un muscle circulaire qui agit comme un diaphragme. En effet la pupille (au centre

de l’iris) s’ouvre et se ferme (entre 2,5 et 7 mm) afin de modifier la quantité de lumière nécessaire

à une bonne vision. Sa couleur est déterminée par la mélanine, un pigment aussi présent dans la

peau. L'iris est bleu quand la mélanine est peu concentrée et plus foncé quand sa concentration

est plus importante.



Le cristallin est une lentille auxiliaire molle, il est constitué de fines couches superposées. Il

se déforme sous l'action du muscle ciliaire afin d’adapter la réfraction pour que l’image soit nette

quelque soit la distance de l’objet regardé.



La rétine est une couche sensible à la lumière grâce aux cellules photo-réceptrices qui la

tapissent, elle en possède deux types : les cônes et bâtonnets. Ces cellules transforment la lumière

en impulsions nerveuses menées jusqu’au cerveau par un réseau de cellules neuronales et par le

nerf optique.









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Figure 8 - Anatomie simplifiée de l'oeil





2.2. Les cellules photosensibles

Ces cellules de la rétine ont la propriété de convertir la lumière en impulsions nerveuses. Il

en existe deux types : les bâtonnets et les cônes. Nous verrons quelles sont leur particularités ainsi

que les mécanismes chimiques qui permettent la transmission de l’image au cerveau.









Figure 9 - Vue au microscope d'une coupe de rétine









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2.2.1. Les bâtonnets

Ces cellules photosensibles sont au nombre de 120 millions dans la rétine. Ces cellules nous

permettent de voir dans la pénombre en niveaux de gris grâce à leur très grand nombre et à leur

pigment, la rhodopsine 500 fois plus sensible à la lumière que la iodopsine, pigment des cônes.



De forme cylindrique, cette cellule bien particulière est composée de deux segments : l’un

qui contient le pigment photosensible et l’autre (le pied) qui contient l’extrémité synaptique qui

fait la liaison avec les cellules nerveuses.



Le pigment des bâtonnets est la rhodopsine qui grâce à un enchainement de réactions

chimiques se modifie et permet la création d’un influx nerveux. La réaction maximale de cette

protéine se situe aux alentours de 498 nm cependant la courbe d’absorption nous montre qu’elle

est sensible à une plus large game de rayonnements que la iodopsine.









Figure 10 - La molécule de rhodopsine Figure 11 - Schéma d'un bâtonnet









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2.2.2. Les cônes

Les cônes, au nombre de 5 millions, sont responsables de la vision colorée de jour grâce à la

présence d’un pigment : la iodopsine. Il existe trois sortes de cônes pour les trois couleurs

primaires RVB Rouge Vert Bleu (aussi utilisées dans les écrans numériques) :



Les cônes S (pour Short-wavelength, courte longueur d’onde en anglais) contiennent une

version de la iodopsine qui a une réaction maximale pour une lumière dont la longueur d’onde

avoisine les 420 nm ce qui correspond au bleu.



Les cônes M (pour Medium-wavelength, moyenne longueur d’onde en anglais) contiennent

une version de la iodopsine qui a une réaction maximale à une lumière dont la longueur d’onde

avoisine les 534 nm ce qui correspond au vert.



Les cônes L (pour Large-wavelength, grande longueur d’onde en anglais) contiennent une

version de la iodopsine qui a une réaction maximale à une lumière dont la longueur d’onde

avoisine les 564 nm ce qui correspond au rouge.









Figure 12 – Schéma d’un cône | Figure 13 - Réaction des pigments des cellules photosensibles de la rétine en fonction de la

longueur d'onde









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2.3. La photoréception et le message nerveux

2.3.1. La iodopsine

La vision des couleurs faisant intervenir les cônes, on étudiera les processus qui s’y déroulent et

non ceux se déroulant dans les bâtonnets. Bien que les réactions soient similaires, les pigments

diffèrent.



La vision des couleurs au niveau des cônes est permise avant tout par une molécule : la

iodopsine. Comme présentée sur le schéma ci-dessus (Figure 12 – Schéma d’un cône), elle se

trouve imbriquée dans la membrane repliée de la partie supérieure du cône. Cette molécule est en

fait l’union de deux molécules : le rétinal et l’opsine.



Le rétinal (formule chimique C6H27CHO), dérivé de la vitamine A est à la source du

phénomène de vision, en effet, il subit le processus de photo-isomérisation que nous verrons en

détail plus loin. Cette isomérisation entraînera les réactions en cascade aboutissant à la vision. Le

rétinal est aussi bien présent dans les cônes que les bâtonnets à l’inverse de l’autre partie de la

molécule qui diffère en fonction du type de cellule.



L’opsine est la seconde partie de la iodopsine. C’est une protéine qui est propre à chaque

type de cône. Le premier tableau synthétise le nombre d’acides aminés de l’opsine pour chaque

type de cône. Le deuxième présente les différences dans les compositions en acides aminés des

trois iodopsines.



Cone S Cone M Cone L

Composition de 348 acides 364 acides 364 acides

la iodopsine aminés aminés aminés



Différences de composition entre les cônes S et M 60 %



Différences de composition entre les cônes M et L 4%



Différences de composition entre les cônes S et L 64 %





Les différentes iodopsines ont des compositions en acides aminés reflètent le graphique de

la courbe de réaction (Figure13 ) .L’absorption des rayonnements de certaines longueurs d’onde est

donc définie par la protéine et l’enchainement de ses acides aminés. Il a été démontré par

expérience qu’après modification de l’enchainement, la protéine réagit à d’autres longueurs

d’ondes.



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2.3.2. La photoisomérisation et la transduction

Nous avons vu précédemment que la iodopsine est constituée de deux molécules (le rétinal

et l’opsine). Le processus de photoisomérisation est la ‘‘transformation de la forme’’ de la

molécule de rétinal sous l’action d’un photon. Dans le cas présent, le rétinal se transforme par

rotation d’une partie de la molécule autour de la liaison double 11=12.









Figure 14 - Photoisomérisation de la molécule de rétinal



Cette modification ‘‘géométrique’’ de la molécule entraine la dissociation de l’opsine et du

rétinal. Du fait de la forme linéaire (forme tout-trans-rétinal), le rétinal ne ‘‘retient’’ plus l’opsine.

C’est la décomposition du pigment. Ainsi l’opsine libérée du rétinal peut entrainer une suite de

réactions biochimiques complexes aboutissant à la création d’un message nerveux : la

transduction.Les différents types de cônes se définissent à ce niveau, en effet, chaque type de

iodopsine réagit différemment à la lumière produisant ou non l’enchainement des réactions

biochimiques.La première étape du processus de vision est donc une réaction photon-matière.



La transduction est la suite des réactions chimiques qui font le lien entre la

photoisomérisation vue précédemment et le message nerveux. Ce procédé fait appel à des notions

de biochimie extrêmement complexes c’est pourquoi nous aurons une approche très simplifiée.



A la suite de la photoisomérisation et la libération de l’opsine, la cellule à son potentiel

électrique qui augmente fortement (-40 à -80 mV), c’est l’hyperpolarisation. Ainsi, les cônes

transforment un rayonnement photonique en un message nerveux.



2.3.3. Le message nerveux

Nous avons vu que le cône possède une extrémité synaptique

le rendant compatible avec les cellules nerveuses qui se

transmettront le message nerveux.



Les cellules qui font l’intermédiaire entre les cônes et les

bâtonnets ont pour but de réduire le nombre de terminaisons

nerveuses nécessaires pour transmettre les signaux jusqu’au cerveau

mais tout en conservant une très bonne image.

Figure 15 - Schéma des cellules de

la rétine

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3. Le daltonisme

Le daltonisme est une anomalie génétique qui modifie la perception de la couleur par l’œil.

Concrètement, les sujets atteints ne perçoivent pas les différences de couleurs dans la plupart des

cas. Cependant, certains types d’anomalie affectent toutes les couleurs d’où une vision en nuances

de gris.



Le daltonisme est une forme particulière de dyschromatopsie génétique et à l’heure

actuelle incurable chez l’Homme. Cette anomalie est totalement différente des troubles de la

vision des couleurs dus à des maladies comme le diabète ou la DMLA (Dégénérescence Maculaire

Liée à l’Age)



Nous verrons comment le daltonisme modifie la perception des couleurs au niveau des

cônes puis quelle est l’explication génétique à ce phénomène ainsi que les tests d’identification de

la maladie.



3.1. Dépistage et test d’Ichihara

Le daltonisme est dans la plupart des cas décelé dès la petite enfance lors de

l’apprentissage des couleurs quand des confusions récurrentes des couleurs sont remarquées. Il

existe cependant différents tests qui permettent de mieux définir le type de daltonisme. Le plus

courrant et le plus utilisé a été inventé par Shinobu Ishihara (1879-1963 professeur à l’université

de Tokyo) en 1917.



Le test se compose de trente-huit planches sur lesquelles est imprimé un cercle constitué

de points de différentes tailles et de différentes couleurs. A l’interieur de ce cercle, un chiffre est

représenté par des points d’une couleur qui est différente de la couleur de fond. Lorsqu’un

daltonien regarde la planche-test révélant son anomalie, il ne distinguera pas les points qui

forment le nombre de ceux qui composent le fond du cercle. Pour les enfants, il existe des

planches avec des animaux au lieu des nombres.









Figure 16 - Une planche du test d'Ishihara où un individu non daltonien voit le chiffre 2

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3.2. Une dégénérescence au niveau des cônes

Comme nous l’avons vu précédemment, les cônes sont à l’origine de la perception des

couleurs. Au nombre de trois, les types de cônes contiennent chacun un type de iodopsine

réagissant à une couleur précise. Le daltonisme est une anomalie de cette molécule qui la rend soit

inactive soit qui modifie la couleur pour laquelle elle réagit.



Les noms donnés aux différents types de daltonismes sont répertoriés dans ce tableau :



Dichromatie Trichromatie anormale



Cône L - Rouge Protanopie Protanomalie



Cône M - Vert Deutéranopie Deutéranomalie



Cône S - Bleu Tritanopie Tritanomalie







Les courbes d’absorption du schéma ci contre nous

montre l’absence de pigment dans les deux premiers cas

(protanopie et deutéranopie) et la modification de la

courbe d’absorption du pigment dans les deux derniers

graphiques (protanomalie et deutéranomalie). La

modification du cône S (bleu) n’est pas représentée ici car

elle est extrêmement rare.









Figure 17 - Absorbance relative des couleurs

par diiférents types de cônes anormaux









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3.3. Une anomalie génétique

3.3.1. Mutation des gènes

La molécule de iodopsine étant une protéine, elle est synthétisée à partir de l’information

génétique, qui, si elle est erronée, ne confère pas à la protéine sa structure classique et la rend

inactive ou la modifie. Les iodopsines L et M sont produites à partir des gènes situées l’un derrière

l’autre sur le chromosome X alors que la iodopsine S est produite à partir gène située sur le

chromosome 7.

L’anomalie pour les iodopsines L et M intervient lors de la méiose. Les deux gènes peuvent

se recombiner partiellement entre eux (par crossing-over : enjambement ) entraînant une

modification de l’information génétique pour le codage des iodopsines. Deux cas de modification

sont possibles:

- le crossing-over intergénique : un gène entier est absent de l’un des chromosomes

tandis que l’autre chromosome contient le gène en double exemplaire.

- le crossing-over intragénique : Une partie de chaque gène (exon) est transférée dans

l’autre produisant ainsi des gènes hybrides sur les deux chromosomes.









Figure 18 - crossing-over intragénique Figure 19 - Crossing-over intergénique



L’anomalie pour les iodopsines S intervient lors de la méiose. Situé sur le chromosome 7, le

gène est nettement moins sujet à la mutation c’est pourquoi la tritanopie et la tritanomalie sont

bien plus rares.









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3.3.2. Hérédité de l’anomalie

Nous allons étudier la transmission du daltonisme affectant le rouge et/ou le vert . Les

gènes codant pour la iodopsine M (vert) et L (rouge) sont situés sur le chromosome X.



Il est important de préciser que le gène responsable du daltonisme est récessif, c'est-à-dire

que s’il existe en un autre allèle sain, l’allèle défaillant ne s’exprimera pas donc l’individu ne sera

pas atteint mais pourra transmettre le gène anormal. Nous allons voir les différentes possibilités de

combinaisons :



Chromosomes Expression du gène au niveau du phénotype

sexuel



Homme XnY non daltonien (1 chromosome X sain)

Homme XaY daltonien (1 chromosome X anormal, l’individu est porteur)

Femme XnXn non daltonienne (2 chromosomes X normaux)

Femme XaXa daltonienne (2 chromosomes X anormaux, l’individu est porteur)

Femme XaXn non daltonienne (1 chromosome X anormal 1 chromosome X normal,

l’individu est porteur)

Xn : Chromosome X normal

Xa : Chromosome X anormal

Y : Chromosome Y (pas d’influence)



Les femmes ayant deux chromosomes X, elles doivent recevoir deux chromosomes

anormaux pour que l’anomalie s’exprime ce qui est rare. C’est pourquoi seulement 0,443 % des

femmes sont atteintes par cette anomalie contre 8,005 % des hommes.









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3.3.3. Le traitement génique

Depuis que le daltonisme a été découvert en 1794 par John Dalton, aucun traitement de

cette maladie n’a été mis au point. Mais en 2009, des scientifiques, du laboratoire Jay et Maureen

Neitz ont réussi à donner à des singes écureuils la vision du rouge alors que ces singes ne le voient

pas naturellement. Ces chercheurs de l’université de Washington ont injecté dans la rétine de deux

singes mâles le gène humain du photorécepteur responsable de la sensibilité au rouge, et, le temps

nécessaire pour que ces nouveaux récepteurs apparaissent, c’est à dire cinq mois, les deux singes

nommés Sam et Dalton se sont mis à reconnaître toutes les couleurs de l’arc en ciel. Les

chercheurs prévoient prochainement de tester cette thérapie génétique sur des humains et

espèrent que dans quelques années elle pourra soigner tous les daltoniens.









Figure 20 - Quatre photos montrant un singe écureuil pendant un test sur la vision des couleurs ; ce test est basé sur le

principe de la récompense, dès que le singe touche la zone coloré du test pour daltonien (qu’il ne verrait pas si le traitement

ère nd

ne marchait pas) il reçoit une friandise, ;1 image : le singe repère la zone coloré, 2 image : le singe se rapproche de l’image

ème ème

, 3 image : le singe touche la zone coloré, 4 image : le singe est récompensé par une friandise.









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Conclusion

La thérapie génique donne bon espoir aux daltoniens cueilleurs

de fraises. Cependant, la notion de couleur outre son aspect d’onde

aux propriétés physiques particulières n’est qu’un code et il y a bien

des ondes que l’œil humain n’est pas capable de percevoir comme par

exemple l’ultra-violet qui est perçu par l’abeille.

Cette anomalie ne constitue pas un handicap et n’a pas

d’incidence sur la vie, il y a cependant quelques professions pour

lesquelles le daltonisme est incompatible comme dans le domaine de

l’aéronautique par exemple.

En Italie, on a constaté que la population du littoral était bien

plus affectée par le daltonisme que ne le sont les habitants à l’intérieur

des terres. Ce daltonisme touchant la perception du vert ou du rouge,

est compensé par une meilleure acuité dans les bleus. L’hypothèse a

été émise que cette capacité à mieux discerner les différents bleus

permet de mieux repérer le poisson, c’est pourquoi le daltonisme se

serait plus développé sur les côtes, peuplées de pécheurs.









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Lexique

Une onde est la propagation d'une perturbation produisant sur son passage une

modification des propriétés physiques. Elle transporte de l'énergie sans transporter de matière.





L'électromagnétisme est la branche de la physique qui étudie le champ électromagnétique

et son interaction avec les particules qui ont une charge électrique.





La longueur d’onde est une grandeur physique, homogène à une longueur, utilisée pour

caractériser des phénomènes périodiques.





Un rayonnement électromagnétique désigne une modification des champs électrique et

magnétique.





Une lumière polychromatique est composée d'un ensemble de lumières

monochromatiques, c’est-à-dire d'un ensemble d'ondes électromagnétiques de longueurs

différentes.





Une lumière monochromatique (du grec mono-, un seul et chromos, couleur) n'est formée

que d'une longueur d’onde et qui représente une bande très étroite de fréquence au niveau de son

spectre.





Une couleur primaire ou élémentaire est une couleur dont le mélange avec ses

homologues permet de reproduire une grande palette de couleurs — théoriquement l'ensemble

des couleurs visible





Une thérapie génique est une stratégie thérapeutique qui consiste à faire pénétrer des

gènes dans les cellules d'un individu pour traiter une maladie.





Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse

d'une chaîne de polypeptides ou d'un acide ribonucléique (ARN) fonctionnel





La rétine est l'organe sensible de la vision. C’est une mince membrane formée de plusieurs

couches successives. D'environ 0,5 mm d'épaisseur elle couvre environ 75 % de la face interne du

globe oculaire.



20

Travaux Personnels Encadrés | Le daltonisme et la vision des couleurs | Année 2010 – 2011









Table des illustrations

Figure 1 - Schéma représentant une onde EM ........................................................... 3

Figure 2 - Schéma mettant en évidence les longueurs d’ondes du visible des ondes

électromagnétiques ............................................................................................................... 4

Figure 3 - Tableau montrant les couleurs en fonction des longueurs d’ondes (0,430

μm = 430 nm) ......................................................................................................................... 4

Figure 4 - Schéma représentant la décomposition de la lumière blanche par un

prisme .................................................................................................................................... 5

Figure 5 - Schémas mettant en évidence la synthèse additive des couleurs ............... 6

Figure 6 - Synthèse additive des couleurs................................................................... 6

Figure 7 - Schémas représentant la capacité d’absorption d’une même pomme ; les

flèches de gauches représentent les rayons incidents et les flèches de droite les rayons

réfléchis ................................................................................................................................. 7

Figure 8 - Anatomie simplifiée de l'oeil ...................................................................... 9

Figure 9 - Vue au microscope d'une coupe de rétine.................................................. 9

Figure 10 - La molécule de rhodopsine Figure 11 - Schéma

d'un bâtonnet ...................................................................................................................... 10

Figure 12 – Schéma d’un cône | Figure 13 - Réaction des pigments des cellules

photosensibles de la rétine en fonction de la longueur d'onde ............................................ 11

Figure 16 - Photoisomérisation de la molécule de rétinal ........................................ 13

Figure 17 - Schéma des cellules de la rétine ............................................................. 13

Figure 18 - Absorbance relative des couleurs par diiférents types de cônes

anormaux ............................................................................................................................. 15

Figure 19 - crossing-over intragénique Figure 20 - Crossing-over

intergénique ........................................................................................................................ 16

Figure 21 - Quatre photos montrant un singe écureuil pendant un test sur la vision

des couleurs ......................................................................................................................... 18









21

Travaux Personnels Encadrés | Le daltonisme et la vision des couleurs | Année 2010 – 2011









Bibliographie

Ouvrages :



- Dossier Pour La Science HS n° 27 « La couleur »



- Pour La Science n°247 « Les peintres et la vision des couleurs »



Sites internet :



- http://www1.alliancefr.com/une-therapie-genique-contre-le-daltonisme-



news410,106,8331.html



- http://www.bonjour-docteur.com/actualite-sante–205.asp?1=1&idbloc=Tout



- http://www.merione.net/templates/akomojo/categories/damien/daltonisme/daltonis



me.htm



- http://www.vbfrance.com/code.aspx?ID=19813



- http://www.modulogriffon.com/catalogue/Documents/bio_chap.12.pdf



- http://acces.inrp.fr/acces/ressources/neurosciences/vision/de_visu/soutien_scientifiqu



e_devisu/



- http://fr.wikipedia.org/wiki/Daltonisme



- http://ophtasurf.free.fr/loeil.htm#muscles



- http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/medecine-1/d/loeil-la-vision-au-dela-de-la-



vision_667/c3/221/p4/



- http://tecfa.unige.ch/~scherly/STAF13/Cones_batonnets.html



- http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A2tonnet



- http://www.greyc.ensicaen.fr/~luc/ENSEIGNEMENT/COURS/TR_IMG/node26.html#diss



o_rhodopsine



- http://www.lefigaro.fr/sante/2009/09/18/01004-20090918ARTFIG00019-le-



daltonisme-gueri-par-therapie-genique-chez-le-singe-.php









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