Plaintes et réclamations contre la France
Le 22 mai 2008, Le journal La Croix titrait à la une : « Conseil des droits de l’Homme de l’ONU : quand la France est épinglée » et renvoyait à un article sur « les droits de l’Homme malmenés » dans lequel, entre autres mises en cause (surpopulation carcérale, interdiction des signes religieux ostentatoires, etc.), il était mentionné que deux ONG américaines « s’en [prenaient] à la Miviludes qui selon elles, “[avait] contribué à la stigmatisation de certains groupes religieux en France” [...]. Un avis partagé par “Droits de l’Homme sans frontières”, pour qui la Miviludes favorise “la discrimination raciale en stigmatisant des groupes religieux minoritaires” ». On ne peut être qu’interpellé par la violence de telles accusations. Pourtant, replacées dans le contexte du lobbying de la mouvance sectaire, celles-ci revêtent une autre dimension et sont riches d’enseignement sur la stratégie de désinformation de ceux qui ont l’art de renverser les rôles en se faisant passer pour les victimes d’atteintes aux droits de l’Homme alors qu’ils n’ont de cesse de les bafouer. D’où la nécessité de s’arrêter sur ce qui s’est réellement passé à l’ONU. Dans des contextes procéduriers différents ci-après explicités, sont intervenus soit les mouvements eux-mêmes en direct, soit des Organisations non gouvernementales (ONG) ou Organisations internationales non gouvernementales (OING) dont les discours servent implicitement leur cause. En vue de l’examen par le Conseil des droits de l’Homme dans le cadre de la nouvelle procédure de l’examen périodique universel (EPU), les doléances des uns et des autres ont été compilées dans un document servant de base, avec d’autres, à l’examen de la situation française : – Le mouvement raélien européen y formule une plainte pour discrimination religieuse. – Le Centre d’information et de conseil des nouvelles spiritualités (CICNS) y dénonce « les dérives de la lutte antisectes » à travers une longue énumération de faits et gestes qui, à ses dires, étayent son analyse. – Human Rights Without Frontiers (HRWF) critique particulièrement les activités de la Miviludes et des associations de familles de victimes de dérives sectaires et conteste vivement le soutien apporté par l’État par le biais du versement de subventions de fonctionnement. – The Institute on Religion and Public Policy (IRPP) axe ses critiques sur la loi About-Picard, sur la formation des magistrats et contre la Miviludes. – The Becket Fund for Religious Liberty (BFRL), spécialiste du contexte juridique de la liberté de religion, cible plus particulièrement la loi About-Picard. Par ailleurs les raéliens de France, Suisse, Belgique et du Québec ont alerté le Haut Commissariat aux droits de l’Homme sur les discriminations dont ils font l’objet en déposant vingt-cinq nouvelles plaintes au mois de juin, sans suites à ce jour.
Rapport au Premier ministre 2008
Le risque sectaire
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