adapei by DS3xT3

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									                 STAGE DANS UN FOYER D’HEBERGEMENT DE L’ASSOCIATION ADAPEI



I-      LE CONTEXTE

Lois et principales orientations autour du handicap

Depuis toujours, le handicap a provoqué des réactions vives dans la société ; le plus souvent il
s’agissait de réactions de rejet et d’exclusion, parfois d’assistance, sans qu'il y ait forcément la
reconnaissance de la personne handicapée. Peu à peu les mentalités évoluent et ces changements
sont relayés par la législation.
Les premières lois concernant les personnes handicapées visaient en réalité les blessés de guerre
dans les années 1920 et se sont peu à peu étendues aux victimes d’accidents du travail, de maladie
puis aujourd’hui à l’ensemble des personnes handicapées.
Différentes lois ont permis de passer de la solidarité familiale au mécanisme de solidarité
nationale :

                   1.1. Loi d’orientation du 30 juin 1975

C’est la loi qui aujourd’hui encore forme l’ossature de notre politique en matière de prise en charge
du handicap physique, sensoriel ou mental ; ses objectifs sont essentiellement :
    - La définition des droits des personnes handicapées
    Droits à la prévention et au dépistage, aux soins, à l’éducation, à la formation, à l’orientation
    professionnelle, au travail, à la garantie d’un minimum de ressources, et enfin à l’intégration
    sociale.

     - L’affirmation du concept de solidarité nationale
     La loi dépasse la notion d’assistance au profit du concept de solidarité, avec l’obligation faite à
     tous et à l’état d’assurer le respect des droits précédemment cités.

La loi de 1975 reconnaît la notion de handicap physique ou moral et définit l'orientation des
personnes handicapées et l'accès aux aides qui relèvent dorénavant de commissions d'évaluation et
d'orientation : les Commissions Départementales de l'Education Spéciale (CDES) pour les enfants
et adolescents, les Commissions Techniques d'Orientation et de Reclassement Professionnel
(COTOREP) pour les adultes à partir de 20 ans.

Cette loi place l’intégration sociale et l’accès aux sports et aux loisirs de l’adulte handicapé mental
au rang d’ obligation nationale.

                   1.2. Rénovations de la loi de 1975

La loi de modernisation sociale de janvier 2002 rénove l’action sociale à travers le
fonctionnement des établissement et services d’accueil. Elle envisage l’insertion sociale de la
personne handicapée non plus seulement par le travail mais aussi par les loisirs : rencontrer les
autres, découvrir l’environnement extérieur, s’épanouir…
Le projet de loi, adopté par le conseil des ministres en janvier 2004 et actuellement en discussion
au parlement, a comme principe général la non-discrimination : « la collectivité doit garantir à
toutes les personnes handicapées l’égalité des droits et leur permettre une participation effective à
la vie sociale ». La dimension insertion sociale est donc mise en avant et devient une condition à la
prise en charge de la personne handicapée.

.
II -      L’INSTITUTION


          Le Public

                      Qui sont les résidants ?

Le foyer accueille 12 adultes (4 femmes et 8 hommes) présentant une déficience mentale avec ou
sans troubles associés. Ils sont âgés de 20 à 45 ans avec une moyenne d’âge de 30 ans et sont
répartis comme suit :
    - 3 maisons mitoyennes accueillent respectivement 4 femmes, 3 hommes et encore 3
        hommes.
    - 1 maison située à 50m du reste du foyer accueille 2 jeunes hommes en situation légèrement
        plus autonome.

Les résidants doivent être reconnus « travailleurs handicapés » par la COTOREP et avoir demandé
à vivre en foyer (ou tout au moins y consentir).
Les résidants sont tous issus de la région nantaise , la plupart sont encore soutenus par leur famille
qui les accueille environ une fois par mois pour le week-end ; trois en revanche n’ont aucun soutien
familial et sont aussi régulièrement que possible accueillis par des familles d’accueil.

Conformément aux conventions concernant ce type de structure, les résidants sont en situation
professionnelle dans un C.A.T. (Centre d’Aide par le travail), les uns à Gétigné, les autres à St
Julien de Concelles (chacun à environ 20 km de Vallet).

Tous les adultes résidants au foyer sont sous tutelle gérée par une association tutélaire. Il s’agit d’un
régime de protection qui vise à les prémunir d’eux-mêmes autant que des autres et entraîne une
incapacité totale pour le majeur concerné. Il est désormais représenté par l’association pour tous les
actes officiels y compris financièrement. La tutelle constitue le niveau le plus élevé de protection
légale, après la sauvegarde de justice et la curatelle. En ce qui concerne les résidants, tous ont un
budget très limité.

Budget des résidants du foyer

J’ai souhaité comprendre quel est exactement le budget des résidants en ce qui concerne le poste
loisirs de façon à savoir s’il est également un facteur limitant dans la pratique d’activités.
Il m’a été difficile d’obtenir des chiffres précis quant au budget des résidants, ceux-ci variant d’une
personne à une autre en fonction du travail effectué au CAT ou de la famille. On peut toutefois
décomposer leurs revenus comme suit :

       1 La Garantie de ressources des travailleurs handicapés (GRTH)
         Elle est constituée du salaire versé par le CAT et du complément de salaire versé par l’état.
         Elle varie de 55 à 110 % du SMIC .

       1 Une Allocation Adulte Handicapé (AAH) qui complète le revenu pour assurer au
       maximum 110% du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC).

   2 Une allocation logement pour ceux dont les revenus le justifie.

Toutefois c’est l’organisme de tutelle qui administre les revenus des résidants et verse sur leur
compte bancaire 17% du SMIC (après avoir prélevé de quoi payer les frais d’hébergement et les
frais de tutelle).

                  Le handicap et la maladie mentale…

Selon une définition proposée par l’avant projet de loi de janvier 2004, le handicap est le fait pour
une personne de se trouver durablement limité dans ses activités ou restreinte dans sa participation
sociale, en raison d’une altération physique, sensorielle, mentale ou psychique, ou de plusieurs
d’entre elles.

On différencie donc plusieurs types de handicaps : moteurs et sensoriels (handicap physique),
intellectuels ou psychiques (handicap mental), et on parle de polyhandicap lorsque la personne
souffre de plusieurs déficiences.
Conformément à un constat général, et grâce aux progrès de la médecine, au sein du foyer la
population trisomique est en diminution alors que les personnes atteintes de troubles du
comportement sont en augmentation. Chaque personne est différente et l’équipe éducative doit
apprendre à connaître la personne mais aussi ses troubles pour pouvoir l’accompagner.
Les résidants du foyer sont tous des adultes présentant une déficience intellectuelle ou un retard des
apprentissages avec ou sans trouble(s) du comportement :

   -   3 résidants souffrent de trisomie 21
   -   1 résidant est atteint du syndrome du X fragile (anomalie génétique caractérisée par un
       retard mental et de fortes angoisses concernant les situations imprévues)
   -   D’autres ont eu des parcours de vie douloureux (agressions, carences affectives, ruptures
       avec la famille, abandon…) qui génèrent des souffrances importantes, parfois de
       l’agressivité, de l’angoisse et de fréquents «ras-le-bol» envers leurs co-locataires ou envers
       les animatrices.

Certains résidants cumulent différents handicaps dont des handicaps physiques (particulièrement
les adultes trisomiques) :
    - Troubles de l’audition et de la vision importants
    - Fragilités au niveau du système respiratoire et problèmes cardiaques.

                  L’A.D.A.P.E.I.

Le désir d’autonomie et d’insertion sociale des parents pour leurs enfants et celui des personnes
handicapées elles-mêmes ont permis la naissance d’associations telles que L’ADAPEI 44
(Association Départementale des Amis et Parents d’Enfants Inadaptés) qui est née en 1969.
Chaque ADAPEI est indépendante sur son territoire et fonctionne grâce à des aides et des
subventions notamment du Conseil Général.

Ses objectifs sont :
   - Favoriser un réel épanouissement et une intégration sociale maximale des adultes
       handicapés mentaux accueillis, par la mise en œuvre des moyens nécessaires à leur
        développement physique, intellectuel et moral.
    -   Assurer la défense des intérêts des personnes handicapées et des familles
    -   Rompre l’isolement des familles

La réalisation de ces objectifs se fait dans le cadre de différentes structures (dont le foyer
d’hébergement) crées au fur et à mesure pour répondre aux différents degrés d’autonomie des
personnes accueillies et à l’évolution de leur âge.

                   Le foyer d’hébergement

Le foyer d’accueil et d’hébergement est un lieu de vie qui accueille les adultes handicapés
mentaux suffisamment autonomes pour avoir une activité professionnelle en Centre d’Aide par le
Travail (CAT).
Il est financé par le Conseil Général. Le budget du foyer est élaboré par la directrice et présenté à la
Direction Générale des Affaires Sociales, laquelle généralement le reconduit d’année en année,
sauf dépenses exceptionnelles.

Le foyer est ouvert tous les jours, sauf pendant les heures de travail et pendant les vacances des
résidants lorsqu’ils ont un autre lieu d’accueil (famille ou vacances adaptées). Crée en 1993, il se
situe dans une commune de 7000 habitants située à 25 km de Nantes et qui dispose de toutes les
commodités nécessaires au quotidien et aux loisirs.

En ce qui concerne l’autonomie des résidants :
Le règlement interne du foyer de Vallet est basé sur l’autonomie de chacun, en référence à la Charte
de l’A.D.A.P.E.I. ; voici 2 exemples :

    -   Pour aller travailler, chaque résidant doit pouvoir se rendre au lieu de transport en marchant
        sur le trottoir et en traversant la route sur les passages protégés, c’est à dire avoir acquis les
        notions de sécurité.
    -   Chacun peut se rendre seul dans le bourg (banque, coiffeur, petites courses…) ; toutefois,
        l’équipe éducative tient compte des capacités de chacun et de son état psychologique pour
        accéder à sa demande

Pour des raisons de manque de place dans d’autres structures plus adaptées, une moitié des
résidants ne remplissent pas ces conditions et nécessitent plus d’aide.


III -   LA CESF


L’équipe pluridisciplinaire se compose d’ une Conseillère E.S.F., un D.E.F.A., une
Monitrice-Educatrice et deux A.M.P. Elle travaille sous la direction du chef de service, chargé de
l’organisation éducative de la structure, et de la directrice, garante du projet de la structure et
responsable. Tous travaillent pour améliorer le développement de l’identité personnelle et sociale
des résidants, en leur proposant un accompagnement dans la vie quotidienne (matérielle, sociale,
affective…). L’équipe conseille les adultes tout en les laissant faire leurs choix, leur permettant de
se construire des repères et favorisant leur autonomie et leur confiance en eux.
 Un profil de poste commun dans une équipe pluridisciplinaire…

Le personnel encadrant du foyer forme une équipe pluridisciplinaire, dans laquelle tous les
éducateurs exercent les mêmes fonctions mais où les spécificités de leurs formations initiales
enrichissent le travail d’équipe. Ainsi les « animatrices » se répartissent de la façon suivante : une
éducatrice spécialisée, une monitrice éducatrice et une conseillère ESF. L’éducatrice qui assure la
fonction de chef de service travaille à mi-temps et les 2 animatrices sur le terrain travaillent à temps
plein. Leurs horaires de travail sont basées sur un cycle de quinze jours, c'est-à-dire un week-end
sur deux, de 10h à 18h, et 4 jours par semaine de 17h à 21h30.

La mission de l’équipe éducative du foyer est d’accompagner les résidants dans la gestion globale
de leur vie quotidienne. Il s’agit d’un travail sur le long terme nécessairement, et qui, pour se
concrétiser, nécessite de poser des objectifs éducatifs précis :

   -   Assurer le bien être des résidants du foyer, notamment en les aidant à gérer les changements
       ponctuels ou réguliers dans leur cadre de vie liés à la vie en logement autonomes
       (perturbations dans l’emploi du temps, visite surprise d’un voisin, incidents
       domestiques…) et en leur permettant de se décharger de leurs appréhensions, d’extérioriser
       leurs inquiétudes voire leurs angoisses. Il s’agit là pour les animatrices du foyer d’être une
       oreille attentive, présente et efficace , mais sachant se faire discrète.

   -   création de lien avec l’extérieur, avec la société. Il s’agit là d’expliquer comment la vie en
       société obéit à certaines règles destinées à assurer la sécurité et le bien être de tous, mais
       également en quoi cette vie en société est importante et riche . Prendre en compte son
       environnement social est un pas essentiel vers l’autonomie pour des adultes qui maîtrisent
       pour la plupart les gestes du quotidien, et le travail des animatrices consistent
       essentiellement à les accompagner dans les contraintes, les obligations, les moments de
       liberté qu’implique la vie au sein de la société.

   -   création de lien à l’intérieur de la structure, entre les résidants eux-mêmes, de façon à leur
       apporter le maximum de ce dont ils ont besoin en terme d’appartenance à un groupe, mais
       également pour leur faire découvrit ou vivre l’entre aide et la complicité au sein de ce
       groupe.

   -   acquisition du maximum d’autonomie dans la vie quotidienne en fonction des capacités et
       des souhaits du résidant

Tous ces objectifs sont ensuite, au quotidien, développés à travers des activités ou des temps
partagés entre les résidants et l’équipe éducatives.

								
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