Conversion et redynamisation de sites, implantation de projets d

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Conversion et redynamisation de sites, implantation de projets d Powered By Docstoc
					                   Entreprises, environnement et territoires
                    Ecole Nationale des Ponts & Chaussées – 2002/2003



                    Didier Bernateau, Jérôme Bouissou, Patrick Georges


Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique

                                      21 janvier 2004
                            Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique




Objectifs de cette intervention :


    - Cerner la nature et l’impact des investissements internationaux en matière de développement économique de
      territoires

    - Connaître les dispositifs établis afin de capter ces investissements

    - Comprendre les processus de décision d’une nouvelle implantation pour l’entreprise, mettre en évidence le jeu
      des différents acteurs ainsi que leurs points de vue

    - Evoquer les approches plus théoriques des critères de localisation des entreprises




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                            Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique


Nous aborderons plus spécifiquement les investissements des sociétés multinationales (fusions, rachats, création de
nouvelles unités de production…).

L'impact en matière d'aménagement et de développement économique de ces investissements est en effet
considérable :


         - 221 000 emplois directs créés ou sauvegardés par les investisseurs étrangers entre 1993 et 2001

         - décisions d’investissements : 563 en 2000, 558 en 2001 (-82 % projets > 500 emplois, +30 % projets de 10
           à 20 emplois)

         - annonces de création d'emplois : 35 359 en 2000, 25 480 en 2001 et 22 860 en 2002 (-20 et -10 %)

         - 13 000 emplois créés, soit près de 50% du total proviennent d'investissements de l'UE

         - Les Etats-Unis, premier investisseur étranger avec 8000 créations d'emplois annoncées




« Sur 60 000 postes créés en 2002 dans l’ensemble des secteurs marchands non agricoles , on recense 23 000 emplois issus de l’investissement
international. Désormais un emploi sur trois créé en France est le résultat d’un investissement étranger. En 2002, 2 200 emplois ont été sauvés par
des investissements étrangers dans des entreprises françaises en difficulté. »

Sources :

http://www.afii.fr/France/Newsroom/Reports/2002/?l=fr
http://www.business-in-europe.com/fr/them/ofra_inv.htm




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                            Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique



Sommaire


    1.    Mondialisation, investissements internationaux et développement économique ....................................... 5
    2.    Evolution des investissements en France – principaux acteurs.................................................................. 10
          1. Historique des politiques menées à l’égard des investissements étrangers .............................................. 10
          2. Les acteurs................................................................................................................................................. 13

    3.    Le processus de localisation et d’implantation d’un projet ........................................................................ 17
          1. Les différentes facettes d’un projet ........................................................................................................... 17
          2. L’implantation d’une activité : les paramètres préliminaires ................................................................... 19

    4.    Essai d'approche théorique de la localisation des entreprises .................................................................... 26

    5.    Conclusion ....................................................................................................................................................... 28

    6.    Annexe 1 : processus de localisation d’un projet d’investissement ........................................................... 29
    7. Annexe 2 : les conséquences de la « mondialisation » et des NTIC sur les implantations des « fonctions
    d’entreprises » : RUL novembre 2003. ................................................................................................................ 38
    8.    Annexe 3 : documentation .............................................................................................................................. 47




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                            Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique


      1. Mondialisation,   investissements                                                           internationaux                              et
         développement économique
IDE = Investissements Directs Etrangers

Les IDE constituent désormais - de par leur volume et leur progression - un des principaux leviers du développement
économique pour de nombreux pays1.

Ils permettent en principe au pays d’accueil les bénéfices suivants…

- De bénéficier d’apports de financements exogènes qui préservent l’épargne nationale et ne sollicitent pas le
  système bancaire
- L’intégration accélérée dans les échanges commerciaux internationaux, les nouvelles activités ayant souvent une
  vocation exportatrice
- De stimuler le tissu industriel déjà existants, à travers des accords de sous-traitance et de partenariats
- La diffusion de compétences, à travers la formation des nouveaux salariés
- Le transfert de technologies de pointes, les nouvelles implantations étant généralement conçues avec les procédés
  les plus récents
- La protection de l'environnement et l’amélioration des conditions de travail, du fait de l’obligation croissante qui
  est faite aux grands groupes de porter une attention particulière (et d’harmoniser !) à leur politique sociale et à la
  maîtrise de leur impact environnemental (respect de standards internationaux).


… et suscitent des débats sur les meilleures modalités du soutien à apporter aux pays en développement, aide ou
meilleure intégration dans les échanges commerciaux internationaux.


1
    "L'investissement direct étranger au service du développement. Optimiser les avantages, minimiser les coûts" - OECD, Paris 2002
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    2. Evolution des investissements en France – principaux acteurs
                   1. Historique des politiques menées à l’égard des investissements
                      étrangers
La volonté de prospecter et d’accueillir en France des investissements internationaux et de favoriser l’implantation et
l’établissement de sociétés étrangères est récente ce qui explique la structuration tardive des réseaux de promotion
de la France et de recherche de projets.

La France de l’après-guerre, dans un contexte de reconstruction, cherche à favoriser le développement de
« champions » industriels nationaux dans les principaux secteurs économiques stratégiques tels que l’automobile, la
chimie ou la sidérurgie et mène donc une politique protectionniste.

Les investissements internationaux susceptibles de s’orienter vers la France sont avant tout perçus comme des
menaces et sont sévèrement encadrés et contrôlés. De nombreux grands groupes industriels étrangers se sont ainsi
vus refuser le droit d’implanter leurs usines en France.

Ce n’est qu’à la fin des années 60 que des représentations françaises s’installent à l’étranger (New York en 1969)
afin d’identifier des investisseurs potentiels pour lesquels l’accès au marché français ne sera toléré que dans les
quelques zones en difficulté (Lorraine, Nord, Massif Central…) frappées par le déclin des industries charbonnières,
navales, textiles ou sidérurgiques.

Si la promotion et la prospection de projets internationaux est loin d’être une priorité, les dispositifs destinés à
favoriser l’aménagement du territoire se mettent pour leur part en place : la DATAR (Délégation à l'Aménagement
du Territoire et à l'Action Régionale) est créée en 1963 et succède à la Direction de l'Aménagement du territoire qui
dépendait du ministère de la Reconstruction depuis 1949.


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Les années 70 et 80 verront un relâchement très progressif du contrôle des investissements étrangers du fait
notamment de l’intégration croissante dans le marché commun (suppression de l’article 115 du Traité de Rome). Le
contrôle des investissements se prolongera néanmoins jusqu’en 1996.

                                                          Traité instituant la Communauté européenne
                                                                  (signé à Rome le 25 mars 1957)
                                                                                    Article 115 (*)

(*) Tel que modifié par l'article G, point 30), du TUE.


Aux fins d'assurer que l'exécution des mesures de politique commerciale prises, conformément au présent traité, par tout État membre ne soit empêchée par des détournements de
trafic ou lorsque des disparités dans ces mesures entraînent des difficultés économiques dans un ou plusieurs États, la Commission recommande les méthodes par lesquelles les autres
États membres apportent la coopération nécessaire. À défaut, elle peut autoriser les États membres à prendre les mesures de protection nécessaires dont elle définit les conditions et
modalités.

En cas d'urgence, les États membres demandent l'autorisation de prendre eux-mêmes les mesures nécessaires à la Commission, qui se prononce dans les plus brefs délais; les États
membres concernés les notifient ensuite aux autres États membres. La Commission peut décider à tout moment que les États membres concernés doivent modifier ou supprimer les
mesures en cause.

Par priorité doivent être choisies les mesures qui apportent le moins de perturbations au fonctionnement du marché commun.



Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’ouverture de la France à de nouveaux investissements étrangers :

- La montée du chômage place la création d’emplois au cœur des priorités des gouvernements successifs :
  l’opportunité d’accueillir des projets immédiatement créateurs d’emplois de surcroît dans des zones en difficulté
  devient stratégique,
- Aussi (et surtout ?), à partir de la moitié des années 90, la France investit massivement à l’étranger (Etats-Unis,
  Europe ce qui déséquilibre fortement la balance des paiements. Relancer les investissements étrangers en France
  devient donc aussi un impératif financier.




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                            Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique


                                             Les flux d’IDE entre la France et l’étranger de 1990 à 2000 (en Md €)
                                                    1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996                 1997   1998   1999    2000
                           Français à l’étranger     22,4   17,6   15,4    10,5   20,6   12,0   23,7   31,7   43,7   113,2   187,2
                           Étrangers en France        7,5    9,5   12,9    10,5   13,2   18,0   17,1   20,6   27,9    44,2    47,9
                           Solde net des IDE       – 14,8 – 8,1 – 2,6        0 – 7,4      6,0 – 6,6 – 11,0 – 15,9 – 69,0 – 139,3

                           Source : Banque de France




Comme nous l’avons vu précédemment, les années 90 voient une explosion des investissements internationaux
(Grande Bretagne, Irlande…), sous différentes formes (rachat, prises de participations, fusions, …) qui se traduisent
par une modification fondamentale de la nationalité du capital des grandes sociétés (30 % de l’industrie française est
contrôlée par des actionnaires étrangers, 40 % des activités exportatrices, 55 % de la pharmacie…).

A partir de quel seuil considère t’on qu’une société est sous contrôle étranger ?


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Le régime applicable aux investissements directs étrangers en France est entré en application en février 1996 (la loi n° 96-109 du 14 février 1996, le décret n° 96-
117 du 14 février 1996 et un arrêté du même jour)

Les investissements directs étrangers en France sont désormais libres de toute autorisation ou déclaration préalables ; ce principe ne souffre que quelques rares
exceptions, dans le cas d’investissements susceptibles d’affecter les intérêts publics essentiels, qui restent eux soumis à l’autorisation préalable.

99% des investissements étrangers en France désormais libres de toute procédure préalableD

Définition

La notion d’investissement étranger en France est demeurée inchangée à l’occasion de la réforme de 1996. Il s’agit toujours de la création d’une entreprise, prise de
contrôle et accroissement du contrôle d’une entreprise existante, extension d’activité, certaines prises en location-gérance de fonds de commerce, certaines
opérations financières liées réalisées par des non-résidents. Les seuils à partir desquels une société française est considérée comme étant sous contrôle étranger
n’ont pas été non plus modifiés : total des participations étrangères supérieur à 33,33% du capital ou des droits de vote pour les sociétés non cotées, participation
étrangère supérieure à 20% du capital ou des droits de vote pour les sociétés cotées.



                   2. Les acteurs
L’Agence Française pour les Investissements Internationaux (AFII)

Jusqu’en mai 2001 coexistaient deux organisations en charge des investissements internationaux : les bureaux de la
Datar à l’étranger (IFA - Invest in France agencies) et la délégation aux Investissements Internationaux (DII),
dépendante du Ministère de l’Economie et des finances. Ces deux organisations se sont finalement rapprochées
constituant ainsi l’Afii, organisation unique en charge de l’accompagnement des projets d’investissements étrangers
en France.

L’AFII s’inscrit dans un environnement macro-économique de mondialisation, d’ouverture des marchés et
d’élargissement de l’union européenne. Elle opère à l’échelle nationale, non pas tant pour « vendre la France », et se
désintéresser ensuite du niveau régional de l’implantation, que pour bien gérer le portefeuille des opportunités à
l’échelle nationale.


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Elle poursuit, de par son niveau d’intervention national, un double objectif : attirer l’investissement étranger sur le
sol national, le localiser là où cela fait sens en terme de gestion du territoire et d’intérêt pour l’entreprise.

Elle endosse les enjeux historiques perçus par la DATAR, liés à la perspective de développement économique
(équi)réparti sur le territoire :

-   Atténuer, tempérer l’impact d’une concurrence territoriale explicite
-   Favoriser une concentration ciblée des moyens pour une meilleure efficience
-   Permettre à tous les territoires d’accéder aux meilleures pratiques, en matière d’offre
-   Rendre attractives les offres les moins évidentes a priori : donner leurs chances aux territoires défavorisés
-   Accompagner la recomposition des territoires en contribuant à l’élaboration de projets économiques structurés

Elle essaye de définir une stratégie en ligne avec les attentes économiques :

- Promotion de l’échelle régionale, considérée pertinente malgré :

                  -        une relative pauvreté des exercices de diagnostic et surtout de leur exploitation en terme de
                           positionnement concurrentiel
                  -        des carences certaines dans la continuité des options entre différents niveaux de territoires
                           indépendants

- Gestion équilibrée du portefeuille national d’offres

Elle essaye de repenser globalement l’élaboration de l’offre, en interface des besoins des grandes firmes
internationales, qui ont une logique de globalisation et de mondialisation :




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Côté demande :

-   En segmentant les prospects potentiels, pour en catégoriser les besoins de façon pertinente et rapide.
-   En se faisant référencer auprès des prescripteurs et investisseurs, et en ne négligeant pas les actions de lobbying
-   En réalisant des diagnostics partagés et en identifiant les éventuels critères différentiants (au sens du produit)
-   En disposant d’une veille permanente externe et interne et en revalidant périodiquement les éléments du
    « marché »

Côté offre :

- En connaissant finement les tissus existants et en anticipant leurs besoins
- En réalisant des alliances territoriales tactiques
- En formulant des offres complètes et préparées, « pré-packagées », intégrant l’ensemble des facettes en réponse
  des besoins, et constituant des produits « d’appel ».

La poursuite d’objectifs quantitatifs et qualitatifs peut s’avérer difficile, surtout en période de concurrence
économique. Il en résulte une certaine souplesse dans les critères de recherche des demandeurs, avec un critère
ultime la pérennité de l’implantation : pérennité de l’entreprise, des emplois créés, pérennité de la construction
économique qui en résulte, avec recherche d’une « masse critique »

Notons que les régions françaises sont dans le tour de table de l’Afii et ont également des représentations à
l’étranger.

Les agences de développement économiques

Celles-ci peuvent être supportées par les collectivités, à différents niveaux : régional (exemple ARD IdF),
départemental ou en liaison avec un ensemble de communes et villes, ou à l’occasion d’un important projet
d’aménagement (Ville Nouvelle, grande opération urbaine,…). Elles peuvent aussi être soutenues par les instances
consulaires, CCI, et/ou travailler en concertation avec elles.
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Les agences de développement étaient souvent des Commissariats, c’est à dire des émanations de la Datar. Elles sont
désormais sous l’autorité des régions, même si les liens avec la Datar perdurent.

Les société de reconversion émanant de grands groupes

Les principaux grands groupes industriels (Charbonnages de France, EDF, Giat Industries, Usinor, Thomson…) ont
créé leurs propres sociétés de conversion. Ces sociétés sont les principaux acteurs de la réindustrialisation et
interviennent tant en matière de prospection que d’accueil et de financement.

Elles jouent un rôle de premier plan dans la prospection de projets internationaux et ont une approche très ciblée qui
tient compte des spécificités des sites à réindustrialiser (immobilier, actifs industriels, qualifications de la main
d’œuvre…). Cf. présentation « Outils, acteurs et stratégies du développement économique » et exposé de Danone.

Depuis une dizaine d’années, ces sociétés ont évolué en s’orientant vers des clients autres que leur maison mère
d’origine et en s’émancipant souvent d’elle.




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    3. Le processus de localisation et d’implantation d’un projet
                   1. Les différentes facettes d’un projet
On peut catégoriser :

- des projets liés à « l’offre » de territoire et à la réalisation de « contenants » : villes nouvelles, aménagements
  urbains, ZAC, infrastructures de transport, préfiguration et exploitation de services collectifs

- des projets liés à la « demande » et à la mise en place de « contenus » : unités de production industrielles et
  tertiaires, commerces, unités de loisir, habitations, équipements collectifs (bien que ceux-ci puissent aussi relever
  de «l’offre»)

Dans une économie non centralisée, les actions volontaristes de construction d’infrastructures ou d’aménagement
ont une efficacité qui est directement liée à la vitalité économique qui en résulte et pour une grande part à la création
de richesses et d’emplois.

L’implantation d’une activité sur un territoire constitue un projet :

- projet pour l’acteur qui va financer, puis exploiter cette activité
- projet pour les acteurs qui détiennent l’offre de terrain, en financent et construisent les infrastructures d’accès,
  suscitent un environnement favorable de services, facilitent les conditions juridiques et économiques.

Bien qu’il s’agisse du même « objet », le projet vu de l’entreprise, et celui vu de la puissance territoriale ne
procèdent pas des mêmes objectifs, des mêmes motivations, des mêmes enjeux.

Il en résulte que les critères de choix vus de l’entreprise, et les critères de développement et de mise en valeur de
l’attractivité vu de l’entité territoriale peuvent être assez décalés.
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Un « projet » se définit dans un contexte rigoureux, qui aborde la clarification des composants suivants :

                 Son périmètre : contenu programmatique                    et   technique,      périmètre     financier,      périmètre
                  institutionnel/contractuel, périmètre humain.

                 Ses phases : faisabilité / programme / montage, conception, achat (procurement), réalisation / réception,
                  pré-exploitation, exploitation technique/commerciale, maintenance, transfert/liquidation/recyclage…

                 Ses acteurs : mandants / maîtres d’ouvrage « régaliens », maîtres d’ouvrage opérationnels, investisseurs,
                  prêteurs, maîtres d’œuvre, constructeurs, exploitants techniques et commerciaux, concessionnaires, et
                  enfin utilisateurs, ces acteurs pouvant changer de statut d’un niveau à un autre du projet ( le promoteur
                  est « client » de l’aménageur, avant d’être maître d’ouvrage de sa construction).

                 Sa relation à la structure de l’acteur principal : société « ad hoc » ou mono-projet, entreprise multi-
                  projets séquentiels ou parallèles.

Ces composants sont liés : le périmètre d’un projet dépend de l’acteur principal qui en assume la réalisation et le
risque, et ce périmètre peut aussi varier selon les phases. Il n’y a pas « d’objet » ou « d’action » intrinsèques.

En rappel : Il en résulte qu’un projet circonscrit pour un acteur 1, peut engendrer des conséquences pour un autre acteur 2 : il s’agit de
ce qu’on peut appeler une externalité (pour l’acteur 1). Celle-ci peut être :

        -        « positive » : l’arrivée d’un centre commercial occasionne une appréciation foncière qui bénéficie aux propriétaires
                 riverains…
        -        « négative » : pollution occasionnée à l’espace collectif ou privé, par une industrie ou une infrastructure (Not In My
                 Back Yard- NIMBY)




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                   2. L’implantation d’une activité : les paramètres préliminaires
Avant de parler des critères, qui permettent d’associer un projet d’activité avec une implantation territoriale, il
convient donc de catégoriser :

        les acteurs :

         - côté « demandeur/contenu » : les investisseurs et actionnaires, l’entreprise (globale, ou sa filiale
           concernée), ses managers et employés, ses partenaires et fournisseurs, ses clients

         - côté « offreur/contenant » : les collectivités, administrations et services déconcentrés de l’Etat, qui
           comportent de même des élus, des électeurs et des technostructures. Il est bien évident que la vision côté
           entreprise, et ses critères, ne sont pas ceux côté collectivité.

        l’échelle du projet : l’échelle est déterminée par le nombre d’emplois, le montant de l’investissement mais
         aussi l’importance stratégique de l’activité par rapport à l’entreprise, et/ou par rapport au territoire d’accueil.
         L’échelle du projet conditionne les enjeux des acteurs, et ordonne les priorités des critères.

        Le secteur d’activité économique et la fonction implantée : s’agit-il d’un projet tertiaire ( front office, back
         office, R&D, …), de services (CTI,..), industriel (polluant ou non ; chimie/pharmacie, textile, énergie,
         automobile, espace/défense, aéronautique…), logistique, commercial (grand centre commercial, multiplex,
         …), tourisme/loisir (parc à thème, hôtellerie,…). Le secteur d’activité du projet implique tout un ensemble de
         paramètres en particulier associés aux risques et opportunités : nature et physionomie du marché, niveau de
         capitalisation et typologie du rendement, nature des compétences nécessaires, besoins et contraintes
         spécifiques (pollution, accès, services associés, …), et poids relatif des facteurs liés aux coûts de transport, de
         main-d’œuvre, des taxes, etc.



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        Le territoire lui-même : est-il en croissance économique ou en vulnérabilité, en forte concurrence ou en
         monopole par rapport à un type de projets,…


L’alchimie qui permet la convergence entre l’offre et la demande n’est pas simple, monolithe, rationnelle.

Si certains facteurs objectifs et intrinsèques ou en relation avec la nature du projet peuvent être mis en valeur :
proximité d’un marché, infrastructures existantes, bassin d’emploi qualifié, environnement de fournisseurs
compétents, coût du terrain et de son aménagement …

…d’autres facteurs sont davantage subjectifs, irrationnels et aléatoires : qualité de vie, compatibilité culturelle,
proximité des racines historiques de l’entreprise ou de ses fondateurs, qualité de l’approche commerciale et
simplement charisme du politique, etc.

Vu de l’entreprise, un projet nécessitant une nouvelle implantation est d’abord un investissement, un coût, un
risque. L’implantation est un résultat, l’incarnation d’un projet industriel, financier, humain, issu d’un objectif
économique et stratégique. Le lieu d’implantation n’est pas perçu directement, mais au travers du corps entier de
l’entreprise : il faut d’abord créer une activité nouvelle ou en restructurer une, faire face aux problèmes de
changement et de déplacement des collaborateurs, acquérir des technologies, déployer des forces de vente, assurer
un environnement propice à la production, et toujours limiter les risques :

        -        en phase de montage : problèmes juridiques et administratifs, (permis de construire, taxes, …),
                 oppositions locales, indiscrétions profitant à la concurrence
        -        en phase de construction : coûts et délais, qualité technique des ouvrages
        -        en phase de transfert et de mise en route : déménagement, recrutement local, transfert de compétences et
                 d’expertise de l’entreprise.
        -        en phase d’exploitation : stabilité politique et croissance économique, environnement de fournisseurs,
                 de services, présence d’un marché, etc.

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Par ailleurs, la notion d’entreprise est souvent incomplète, et il faut se poser la question de la fonction qui est
implantée : s’agit-il d’un siège ou d’un centre décisionnel majeur, d’un « back office » administratif et de fonctions
supports (gestion- comptabilité, informatique, logistique propre), d’un centre de production et d’assemblage, d’un
centre d’études, de recherche et développement, de magasins et de stockage,…

L’entreprise se voit donc d’abord elle-même avant de voir son implantation. De plus, il existe une offre potentielle
en principe assez vaste pour un type donné de projet : cette situation de choix étendu relance d’autant plus la
confrontation de l’offre avec l’analyse fine des besoins et de la demande.


Un des thèmes importants de l’aménagement des territoires est celui de l’attractivité d’entreprises internationales,
« mondiales ». La concurrence se situe entre nations, même si l’échelle pertinente de site est plutôt la région. La
mondialisation est multidimensionnelle : exportation de biens, de services et de capitaux, ingénierie financière,
échanges et importations situent l’interdépendance des relations entre entreprises mondiales et territoires.

Pourquoi une firme va-t-elle s’exporter ? La réponse correspond à 3 stratégies possibles :

        -        stratégie « horizontale » : Nord/Nord : l’objectif est « market seeking » : trouver des consommateurs
                 solvables

        -        stratégie « verticale » : Nord/Sud : il s’agit de minimiser les coûts de production (outsourcing)

        -        stratégie « globale » : market seeking + oursourcing. L’espace est celui d’une « régionalisation » des
                 échanges (exemple : Alena)

Pour ces firmes, les critères de premier rang sont simples : il faut que les territoires éligibles soient dans la « short
list », et la concurrence est forte.


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On discerne quatre cercles :

        -        le « cœur » : les pays de la triade

        -        les pays de la « nouvelle frontière »

        -        les pays potentiels

        -        les pays périphériques


Quels sont alors les critères couramment évoqués : ils ont pour but de sélectionner l’implantation qui permettra avant
tout la meilleure rentabilité, le meilleur retour sur investissement. De ce point de vue, la logique qui avait cours il y a
une vingtaine d’année n’est plus pertinente : il ne s’agit plus pour les firmes de s’implanter pour contourner une
barrière douanière et permettre l’écoulement d’une production à l’intérieur d’une zone protégée, et ainsi conquérir
des « parts de marché ». Les vertus de l’équilibre des balances commerciales, la montée du chômage ont convaincu,
notamment en France traditionnellement interventionniste, qu’il était important de capter les flux économiques et
l’emploi créés par l’investissement étranger. Dès lors les barrières d’accès aux marchés se sont ouvertes, et le
« ticket d’entrée » étant supprimé, c’est la rentabilité, et ses conséquences induites qui prime.

Il est d’usage classer ces critères en :

        « Gouvernance »

                 -         Stabilité politico-économique (à assurer sur la durée minimale assurant la rentabilité du projet)
                 -         Croissance soutenable




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        « Climat des affaires »

                  -        Environnement légal et réglementaire
                  -        Procédures administratives
                  -        Infrastructures
                  -        Marché du travail
                  -        Tissu industriel

        Marchés

                  -        Taille et dynamisme
                  -        Domestique, régional, mondial

        Promotion

                 -         Image
                 -         Services
                 -         Ciblage
                 -         Incitations


Le processus de localisation évolue alors progressivement passant d'une approche macro-économique à une
approche micro-économique : choix du continent puis du pays, de la région, de la ville puis du terrain…

… et combine des critères intangibles (stabilité politique et sociale) et tangibles (coût de la main d'œuvre, des
transports…)2
2
  Les critères tangibles sont finalement les plus complexes à qualifier car leur perception est parasitée par de nombreux présupposés ou a priori. Comparer
objectivement l’opportunité d’une nouvelle implantation dans 2 ou 3 pays est un exercice périlleux pour ne pas dire impossible. L’image internationale des 35
heures brouille l’excellent rapport qualité prix de la main d’ouvre française.
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En pratique, on observe que les nouvelles implantations sont aussi souvent la dernière étape d'un développement
progressif initié de longue date :

            agent commercial, représentation commerciale
              filiale de commercialisation ou de distribution
                 centre logistique en direct ou via tiers

                    rachat / fusion avec un concurrent
                        implantation d'un centre de recherche

                           création d'une unité de fabrication proprement dite…..




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    4. Essai d'approche théorique de la localisation des entreprises
(Bibliographie : "La localisation à l'étranger des entreprises multinationales", une approche d'économie géographique hiérarchisée
appliquée aux entreprises japonaises en Europe, Thierry Mayer et Jean-Louis Mucchielli - Economie et statistiques N° 326-327, 1999)

Les analyses théoriques traditionnelles privilégient un seul type de déterminant (demande, coûts) et se limitent à un
seul pays.

Les nouvelles analyses géographiques intègrent désormais les phénomènes d'agglomération (région, etc…), mettent
en évidence l'imperfection de la concurrence et différencient les niveaux géographiques pertinents pour chaque
variable pertinente de l'implantation.

Quatre types de déterminants du choix de localisations peuvent être distingués :

        deux critères de choix objectifs

         - la demande du marché,

         - le coût des facteurs de production

        deux autres critères plus difficiles à appréhender :

         - l'impact du nombre d'entreprises locales ou étrangères déjà installés : effet de concurrence, effet
           d'agglomération : la distance isole l'entreprise de la concurrence. Un nombre élevé de firmes l'accroît et
           réduit donc l'attractivité du territoire mais il existe également des externalités positives : sous-traitance
           spécialisée, partage du marché du travail, retombées technologiques, environnement technologique et
           intellectuel… Les phénomènes de suivismes ou de mimétisme ne sont pas négligeables.


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         - les politiques d'attractivité : subventions, exemptions de fiscalité locale ou d'impôt sur les sociétés : leur
           impact demeure difficile à mesurer.


Profitabilité d'une localisation = demande (positif) coûts (négatif) nombre de firmes (positif ou négatif) mesures
incitatives (positif)


L'analyse théorique met en évidence un élément nouveau : ces déterminants n'ont pas une importance égale pour
chaque niveau géographique, ainsi :

- La demande : le niveau d'analyse pertinent est national, voir euro-régional

- Les coûts : national mais surtout de plus en plus régional

- Les effets d'agglomération : les externalités positives sont d'autant plus fortes que l'échelle géographique est fine.
  Le niveau régional est donc prédominant

- Les effets de concurrence : du fait des facilités de transport existant désormais, le niveau national est pertinent

- Les mesures incitatives : régional / national


L'analyse théorique met en évidence l'imbrication de déterminants à des échelles ou des niveaux différents

L'article de Jean-Louis Mucchielli cité en référence explicite plusieurs modèles d'analyse et applique ces modèles à
l'analyse des investissements japonais en Europe.


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    5. Conclusion
Les IDE constituent un enjeu majeur en matière de développement économique exogène de territoires. Ils sont
également valorisants pour leur pays d’accueil qui voient dans leur choix la reconnaissance de leur valeur
économique

Les critères intangibles (la qualité de l’accueil et du suivi des nouveaux projets) sont des déterminants majeurs dans
le processus de décision d’une localisation (au moins pour exclure des sites en phase de pré-sélection).

La décision de l’opportunité d’une nouvelle localisation pour un groupe industriel peut demeurer longtemps en
gestation puis faire l’objet d’une mise en oeuvre très rapide, confiée à un chef de projet confronté à la responsabilité
de comparer des localisations fort différentes.


L’attractivité d’un territoire est une notion difficile à quantifier qui combine des données objectives et subjectives.

La mesure de l’attractivité d’un territoire, si on la mesure en nombre d’emplois ou de projets, est une donnée
stratégique. Les pays se livrent une compétition féroce et cherchent chacun à s’attribuer la meilleure place. En
pratique, la mesure de l’attractivité peut de faire de nombreuses façons : décision d’investissement, flux financiers,
emplois effectivement créés…

Il y a une grande confusion entre les notions de compétitivité et d’attractivité comme en témoignent l’article suivant
et les tableaux comparant le coût du travail entre plusieurs pays, à mettre en perspective avec les indices du coût de
la vie.




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    6. Annexe     1:   processus                                      de         localisation                d’un           projet
       d’investissement
I-Quelques réflexions sur l’évolution des implantations d’entreprises

II–Description du processus de comparaison de l’offre de sites d’implantation

                                                                   ***

I-Quelques réflexions sur l’évolution des implantations d’entreprises

Projets d’investissements internationaux et emploi

Le débat sur l’attractivité des territoires concerne souvent les grands projets d’investissements internationaux. Le
choix d’une implantation par un investisseur est valorisant pour le territoire d’accueil car il est la sanction, par un
acteur privé, de la supériorité d’un territoire par rapport à un autre. Exemple : rivalité exacerbée entre la France en
l’Angleterre afin de déterminer lequel des deux pays est le plus attractif en matière d’accueil, classement du World
Economic Forum…

La recherche d’investisseurs internationaux devient ainsi un objectif prioritaire pour un territoire même si, en
pratique, leur impact sur l’emploi et l’économie est finalement limité (à l’échelle du pays) : 30-50 000 emplois par
an.

En pratique, les gisements d’emplois sont finalement plus diffus et concernent avant tout les tissus économiques
existants et le développement des entreprises déjà présentes.

Echelon national et localisation des investissements
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Dans le même temps, les grands projets semblent se raréfier ou du moins les moyens de les capter paraissent plus
difficiles. Une société s’implantait autrefois dans un pays pour s’établir sur un marché national en se rapprochant de
ses clients. Les progrès de la logistique et la globalisation des économies et des entreprises rend de fait l’échelle
nationale peu pertinente : l’implantation d’un site de production en Europe se fait ou se fera bientôt dans des
conditions qui s’harmonisent (main d’œuvre, énergie, logistique…) et qui sont de toutes façons sans communes
mesures avec l’offre que peuvent proposer des pays émergents.

Développement endogène / développement exogène

Si l’on change d’échelle, on observe que les projets d’investissements d’origine domestique ou d’origine
internationale qui n’émanent pas de firmes « globales » s’implantent dans leur grande majorité (on évoque
couramment un taux de 80%) sur des territoires avec lesquels elles entretiennent déjà des relations d’affaires (clients
stratégiques, distributeurs…). Ceci permet de penser que, sous réserve d’être en mesure d’identifier ces relations
entre entreprises locales et entreprises externes, il existe une voie permettant d’aborder la recherche
d’investissements exogène à partir d’un travail endogène.

Cette approche valorise l’échelle des grandes aires métropolitaines qui offrent de par leurs diversités et
l’imbrications de réseaux d’échanges un plus grand nombre de probabilités de connexions et donc d’opportunités de
projets (une aire métropolitaine se développera donc d’autant plus qu’elle est déjà développée) à la condition que la
multiplicité des intervenants ne soit pas une source de confusion.




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Méthode

Le renforcement de l’attractivité, la capacité d’identifier et de capter des projets supposerait donc :

-        Une amélioration de l’interconnexion entre les efforts engagés en matière de développement endogène
         (développer le tissu économique existant) et exogène (intégrer dans le tissu économique existant des
         entreprises extérieures). L’agence de développement du Pays de Galles (Welsh Development Agency) a
         poussé cette logique à son terme en jouant simultanément un rôle de guichet d’entrée/sortie pour les
         investisseurs, un rôle d’aménageur et un rôle de financeur,
-        Que les entreprises soient au cœur des dispositifs d’identification et d’approche de nouveaux investisseurs
         d’une part car elles sont un moyen d’accès légitime pour approcher d’autres entreprise, d’autres part car elles
         sont souvent elles-mêmes engagées dans un processus – désormais anticipé de longue date – de
         désengagement et à ce titre soucieuses d’être associées à la recherche d’activités de substitution
         (responsabilité sociale),
-        Enfin, qu’il soit possible de structurer des outils financiers réactifs susceptibles d’être mobilisés rapidement
         afin de compenser la raréfaction des financements publics et de fixer / sécuriser les opportunités
         d’investissements.




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II–Description du processus de comparaison de l’offre de sites d’implantation


1-Introduction

    • Le choix d’un site nouveau est le résultat d’une décision stratégique majeure et complexe pour une entreprise.
    • Il peut s’agir d’une extension de production sur un site existant ou d’une nouvelle unité « greenfield », d’une
      délocalisation…
    • Les motivations peuvent être très diverses :
          – Profiter des avantages de coûts (MOD, énergie, logistique),
          – Se rapprocher d'une infrastructure adaptée ou de marchés,
          – S'insérer dans un environnement industriel plus favorable,
          – Profiter d'avantages fiscaux spécifiques…
    • Une procédure spécifique doit être suivie avec attention afin de minimiser tous les risques et optimiser les
      chances de succès de la nouvelle implantation.
    • Le rôle du conseil est :
          – d'accompagner le projet à chaque étape,
          – de rendre comparables des options de natures distinctes (création, extension…),
          – d'optimiser le package offert à la société en termes financiers, fiscaux, administratifs…
          – de limiter les risques à chaque stade du projet.

2-Structure générale d’un processus de localisation

    • Chaque projet est un projet unique et il n ’y a pas de matrice universelle.
    • La qualité du cahier des charges est primordiale.
    • La capacité de recherche d’information et le suivi minutieux du processus d’évaluation sont des facteurs clés
      de succès.
    • Le processus passe d’une dominante information à une dominante négociation, entre des analyses techniques
      et des éléments financiers.
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    1ère phase : élaboration cahier des charges

    • Elaboration du cahier des charges :
         – Définition du projet avec l’investisseur
               • Etude de faisabilité, technique, logistique, impact prévisible, marchés,
               • Planning.
    • Définition, hiérarchisation et pondération des critères d’évaluation, variables à chaque projet et selon :
               • Qu’il s’agisse d’une unité de production, d’un HQ, d’un centre logistique, d’un centre de
                   services, un centre de recherches,
               • De la vision stratégique de l’investisseur,
               • De la définition des facteurs incontournables de localisation.




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    • Définition, hiérarchisation et pondération des critères d’évaluation des sites avec l'investisseur:
               • Quantitatifs / modélisation des coûts :
                       – Initiaux (construction, foncier, formation, infra, ..),
                       – Opérationnels (main d’œuvre, énergie, fiscalité, logistique,...).

                       • Qualitatifs :
                           – Compétence, motivation, coordination des interlocuteurs locaux,
                           – Qualification de la main d’œuvre,
                           – Cadre de vie...

1ère phase : exemple d'un call center
               Labour                                  Infrastructures
               -   Multilingual skills                 - Quality of telecom infrastructures
               -   Availability native speakers        - Costs of real estateDensity
               -   Education level                     - Availibility adapted building
               -   Training schemes                    - Fibre optic/Backbone connexions
               -   Recruitment organisation
               -   Flexibleworking Period


               Grants                                  General environnement
               -   Tax exemption                       - Tax and legal framework
               -   European incentives                 - TIC level of acceptance
               -   National incentives                 - Implementation follow up
               -   Training programs                   - Relationship with public authorities
               -   Cash grants                         - European strategy
               -   Rebates on infrastructures cost




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    2ème Phase : recherche de sites

    •     Etude macro-économique des pays cibles,
    •     Présélection pays cibles / régions cibles,
    •     Identification des sites potentiels,
    •     Collecte des données auprès des réseaux identifiés,
    •     Vérification des données,
    •     Visite des sites…

    3ème Phase : évaluation quantitative et qualitative des sites

    • Evaluation quantitative : étude des coûts, utilités, logistique, pré-négociations.
    • Evaluation qualitative, par exemple sur :
               • Climat des affaires,
               • Géologie,
               • Contraintes réglementaires,
               • Infrastructure de transport, utilités,
               • Marché du travail,
               • Formation,


Un tableau de synthèse est alors élaboré afin de permettre de comparer des offres qui sont difficiles à comparer car elles intègrent des éléments objectifs et
subjectifs. L’objectif n’est pas à ce stade de « noter » les offres, ce qui serait arbitraire car dépendant du niveau de pondération que l’on prête à chaque composant
de l’offre mais de mettre en évidence des zones de risques dans la conduite du projet d’investissement : risques techniques, administratifs, humains…

Cinq familles de critères sont ainsi évalués :

Exemple

    1-Cout du terrain à aménager (exemple du réaménagement préalable d’un grand terrain)
    -       Coût final pour l’entreprise (coût initial – apports extérieurs),


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    -        Evaluation de la capacité des partenaires à mener à terme le réaménagement du site, capacité à agir en conformité avec le planning du projet (i.e.
             procédure de site classé), capacité financière à mener le projet (maîtrise foncière, financements…).

    2-Soutiens publics
    -       Coût final du projet après déduction des soutiens directs/indirects,
    -       Evaluation de la capacité des partenaires, du planning et des ressources financières.

    3-Tax credits
    -       Exonérations temporaires, amortissements accélérés…
    -       Evaluation de la capacité des partenaires, du planning et des ressources financières.

    4-Autres soutiens
    -       Aides au recrutement, à la formation…. Ces (non) dépenses pour l’entreprise peuvent constituer un levier considérable.
    -       Evaluation de la capacité des partenaires, du planning et des ressources financières.

A ce stade, il est possible de réaliser des simulations financières qui permettent de relativiser les offres de certains sites à priori plus attractives sur un plan
financier. Un site bénéficiant d’un fort taux d’aides sera finalement pénalisé si les soutiens financiers apparaissent rapidement effacés par un niveau d’imposition
local supérieur à d’autres sites moins aidés.

    5-Aspects non financiers
    -       Equipes en charge de l’accueil : expérience, motivation, capacité à résoudre les difficultés et à donner le sentiment que l’offre est sécurisée.
    -       Relations entre les acteurs locaux : c’est finalement le point central.




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4ème phase : sélection finale

    • Les critères techniques permettent un processus d’entonnoir, éliminant les sites au profit de ceux présentant
      la meilleure adéquation :
         – présélection géographique,
         – conformité au cahier des charges,
         – rapport matriciel pour chaque site entre niveau des coûts / niveau de réponses aux critères qualitatifs.

    •    Sélection de deux ou trois sites sur la base des résultats de la matrice.
    •    Validation finale des données.
    •    Simulation du projet sur les sites finalement sélectionnés.
    •    Négociations :
            – Aides,
            – Infrastructures,
            – Juridiques,
            – Politiques…

Conclusion

    • Le processus de sélection d’un site d’implantation combine des éléments d’appréciation tangibles et
      intangibles. Le recours à une approche rationnelle permet avant tout de mettre en évidence les carences (ou les
      risques) de tel ou tel site, par rapport au cahier des charges initial du projet.
    • Du point de vue de l’entreprise, la décision d’investissement procède d’une démarche qui peut être également
      contradictoires et déboucher finalement sur une décision brusque. Ceci inclus les décisions de
      réinvestissements dans des unités existantes.
    • Le chef de projet de l’investisseur joue un rôle central dans le processus de choix et doit souvent assumer seul
      une lourde responsabilité. Ceci confère à la qualité de l’accueil qui lui est réservé sur un site un rôle
      fondamental dans son processus de choix.

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    7. Annexe 2 : les conséquences de la « mondialisation » et des
       NTIC sur les implantations des « fonctions d’entreprises » : RUL
       novembre 2003.


La problématique posée dans le séminaire Région Urbaine de Lyon est : « comment mieux gérer la différentiation de l’offre
territoriale , à l’intérieur d’un bassin métropolitain. ? »

Que signifie cette problématique ?
Cette problématique peut être vue comme :
   1. « je suis un client pour un site d’implantation à l’intérieur de ce bassin, et je souhaite m’implanter au mieux de mes intérêts
       (d’entreprise, d’habitant,…) » Ce client est déjà « captif » du territoire considéré, et différentes aires de ce bassin sont en
       concurrence pour accueillir ce client.
   2. « je suis un client potentiel pour une implantation dans ce bassin, mais je dispose d’offres concurrentes d’autres bassins, voire
       dans d’autres pays ; en quoi ce bassin est-il plus favorable à mes activités ? ». Ce client n’est pas captif , et le bassin est en
       situation de concurrence globale, avec des avantages compétitifs qui pourraient être liés à une offre de ses aires suffisamment
       différenciée.
   3. « je suis une collectivité locale, j’ai une offre de terrain pour implanter des activités , du commerce/loisir – ou de l’habitat-
       Comment puis-je me différencier pour capter et fidéliser des clients qui m’achètent mon « produit territorial » ? »
   4. « je suis responsable de mon bassin –politique, coordinateur commercial ou technique pour les infrastructures, comment puis-
       je favoriser la différentiation de mes aires d’accueil pour capter des clients externes et éviter une concurrence inutile et
       dangereuse entre ces aires, et pour canaliser les demandes locales en renforçant les offres porteuses et en
       rentabilisant/amortissant mes investissements d’infrastructures »

En simplifiant, on peut donc définir 2 catégories de point de vues associées aux acteurs « offre » et « demande », et 2 échelles
associées au territoire du bassin proprement dit et à un territoire de concurrence entre bassins.
Même si la problématique est posée selon un seul angle de vue, par exemple celui des collectivités, et à l’intérieur du bassin, il faut
faire les « zooms arrières » pour englober les autres points de vue, et les confronter.

Les présupposés de la problématique :
Poser cette problématique revient à supposer que cette différentiation comporte des avantages évidents ; Elle permettrait donc :

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      une meilleure lisibilité de l’ offre au sein du territoire, et aussi en dehors de son périmètre
      la construction d’effets de masse favorables
           o Aux fonctions de production des entreprises, mises en synergies .
           o A l’optimisation des investissements en équipements et infrastructures
    Une meilleure coordination des politiques locales, appuyées sur des schémas directeurs d’implantation des fonctions et
       activités, et évitant les concurrences « sauvages ».
Ce serait donc un « chemin » privilégié du développement économique et de l’optimisation des investissements collectifs.

Tendre à ce résultat suppose aussi que cela n’est pas naturel, et ne se fait pas par le libre jeu des acteurs.
     Les acteurs privés sont guidés par des considérations propres qui négligent souvent les incitations des « offreurs de
       territoire » ; ces considérations paraissent opaques, et un certain nombre de fantasmes ont cours sur ce qui peut les mouvoir.
     Les acteurs publics, ou « offreurs territoriaux » sont enclins au comportement autarcique dès lors que des considérations
       fiscales ou environnementales sont en jeu.
Ces constats adressent les problèmes de la compréhension des moteurs des acteurs en présence, et des outils de « gouvernance
globale » appropriés à l’échelle territoriale à gérer.

                      - La différentiation : d’abord cerner les échelles
Depuis la formalisation par Ricardo (1802) de la théorie de l’avantage comparatif, montrant que les nations ont intérêt d’une part à se
spécialiser dans les biens et services pour lesquels ils ont un meilleur rendement comparé, et d’autre part et simultanément à acheter
les biens et services pour lesquels ils sont moins performants, deux siècles d’expériences économiques accélérées ont confirmé la
dynamique de la spécialisation et des échanges… ( on ne dit pas « on confirmé les vertus… »).

De même les théories gravitaires théorisées depuis presque aussi longtemps (Von Thünen, 1826, jusqu’à Reilly, 1929) nous ont fait
comprendre les dynamiques à l’œuvre dans les effets de concentration (urbaines, commerciales, de service ;..), et sont aujourd’hui
classiquement utilisées pour projeter et vérifier la rentabilité d’un centre commercial, par exemple.

Ces deux grands « systèmes » qui immergent la compréhension de l’économie territoriale, et qui , s’ils sont utilisés sans autre
précaution, pointent la différence et la concentration comme des conséquences des dynamiques de développement, restent à
manipuler dans toutes leurs dimensions, et notamment requièrent une discussion sur les échelles d’utilisation de ces modèles.

Concrètement, l’échelle pertinente de l’ « effet Ricardo » , ou de l’avantage comparatif, est sans doute le territoire national voire
européen – et ceci est en particulier du aux stratégies des entreprises actuelles, et à leur moyens de communication et de gestion.
L’échelle pertinente de l’effet gravitaire est (entre autres) celui du territoire métropolitain, soit une région ou une agglomération. .De
plus , la dynamique gravitaire, combinée avec le jeu des acteurs et les nouvelles technologies n’aboutit pas forcément à la
concentration des activités sur ce territoire, mais plus probablement à leur distribution homogène.


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Ainsi on voit apparaître une première difficulté sur le fait que différence et concentration soient bien des conséquences prévisibles des
dynamiques « naturelles » de l’économie territoriale, et il faut regarder de plus près pour savoir de quelle taille de territoire on parle.

Une deuxième difficulté, non moins forte, est que même si différence et concentration sont des conséquences – ou des « attributs
visibles » de cette dynamique, il n’est pas certain que ce soient des causes , ou des facteurs de déclenchement ou de facilitation. Un
peu trivialement, il ne faudrait pas confondre les objectifs et les moyens. Ce « raccourci » est parfois effectué par les « offreurs », qui
pensent ainsi se mettre au format des « demandeurs » - mais ça ne marche pas comme cela !

La considération sur l’échelle territoriale en jeu est donc primordiale pour l’acteur public qui est en situation « d’offre » de territoire vers
les acteurs privés, entreprises et à un moindre degré , habitants.

-                        La question de l’échelle côté de l’entreprise
Cette question n’est pas moins importante côté entreprise. En fait , elle est aujourd’hui d’autant plus importante que les nouvelles
stratégies économiques et les moyens technologiques pour les servir se répandent au niveau mondial.

Cette « mondialisation » et cette communauté des stratégies basée sur 2 ou 3 orientations principales est sans doute le fait de
grandes entreprises, plutôt internationales ; et qui représentent au fond un pourcentage faible des emplois sur un territoire. En réalité,
au delà du poids numérique immédiat ( les emplois directs crées par les implantations de grands groupes internationaux ne
représentent annuellement en France que quelques dizaines de milliers de postes), il faut considérer les réseaux induits de sous-
traitance et d’emplois indirects de services. Il faut aussi considérer l’induction sur le comportement des entreprises locales, par le biais
des échanges, des achats (en ligne), de la gestion de production étendue, des transferts de technologie, etc. Il faut enfin considérer le
comportement induit sur les employés, leur temps et leur mobilité. De ce fait, les stratégies des grands groupes sont modélisantes.
Quelles sont-elles ? On peut dire que les grandes constantes sont :
      La priorité donnée au service et à la relation aux clients
      L’optimisation des ressources :
         rendement du capital, conduisant à externaliser les fonctions consommatrices de capital (la production et l’investissement
            dans les outils ) et développer le service,
         diminution des coûts fixes, dont l’immobilier, et dont le travail non productif, conduisant à déléguer au maximum les
            responsabilités au niveau unitaire, et à nomadiser les employés, en les interfaçant avec des systèmes de communication
            internes.
         « taylorisation » territoriale des activités et fonctions de l’entreprise, organisées en réseaux et centres spécialisés
            ressources : « back offices centralisés et spécialisés, front offices capillaires ».
      La valorisation de l’information : on parle du « capitalisme cognitif » cf. François Ascher, pour désigner le fait que le travail
        sur l’information qui transite par l’entreprise dans l’exercice de ses fonctions de production et de vente lui permettent de mieux
        cibler et fidéliser ses clients et optimiser sa production. Cela lui permet aussi de maîtriser l’externalisation de ses activités


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         considérées comme à faible valeur ajoutée, dans les territoires où le coût et la qualité en son optimisés. Cette maîtrise est à la
         fois la connaissance fine des processus et le contrôle.

Ces lignes stratégiques sont d’ailleurs aussi applicables au grandes entités institutionnelles et publiques , telles que la Santé, la
Défense, les Finances, etc.

La conséquence de ces stratégies – conséquence ou bien objectif recherché et atteint, en est une évolution de la perception de la
valeur dans la « chaîne de valeur de l’entreprise ». La chaîne de valeur est la succession des maillons ou fonctions successives,
chronologiques ou itératives de l’entreprise :
1. Stratégie
2. Recherche et développement
3. Ingénierie des offres, études, pré-industrialisation
4. Industrialisation de la production
5. Vente
6. (Exploitation, maintenance)
7. service après-vente, relation et service clients, rétro-action sur la stratégie et les offres.

Les grands groupes et sociétés privées, internationales , nationales, mais aussi les grandes entités publiques de l’ère industrielle
voyaient leur valeur dans les maillons 3 et 4, ingénierie et surtout production. La partie la plus visible, le cœur de l’entreprise était dans
ces fonctions de production, dont la localisation était perçue comme celle de l’entreprise. D’ailleurs, l’entreprise elle-même se
concevait comme unitaire, et on n’avait pas réellement dissocié mentalement et spatialement ses différentes fonctions.

Avec les nouvelles stratégies et les outils NTIC, la valeur est en quelque sorte « chassée » en amont vers la recherche et
développement, qui tire la créativité et le maintien dans la course concurrentielle, et en aval vers la relation client qui permet la
fidélisation, la captation de l’information et l’optimisation des efforts amont de recherche et de production. Le centre de la chaîne est
sous-traité, et il suffit de formaliser et maîtriser les processus de fabrication, de commande et livraison, et de pouvoir piloter ces
processus à distance pour que la production ne constitue plus du tout un enjeu. Les collaborations entre acteurs (réseaux de sous-
traitants, par exemple) sont suffisamment segmentées et dans des temps suffisamment longs pour que les outils permettant leur
pilotage et leur coordination fonctionnent efficacement.

Ces 3 « mouvements » dans la chaîne de valeur ont des conséquences territoriales continues et importantes, dont tous les
développements sont loin d’être perçus, compris et analysés. De plus, l’évolution des outils technologiques qui les soutiennent, ainsi
que l’appropriation « sociétale » par les personnes ne sont pas achevées.

Si nous ébauchons une projection, nous voyons 3 types de conséquences. Il nous faut d’abord souligner que dans cette nouvelle
« ère informationnelle » qui depuis une génération maintenant succède à l’ère industrielle, comme celle-ci avait succédé il y a deux
siècles à l’ère agricole vieille de 10 000 ans, l’entreprise n’est plus cette entité unique à laquelle nous nous référions. Nous avons
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affaire maintenant aux « fonctions » de l’entreprise, et on doit donc raisonner avec ce prisme, qui correspond à la réalité économique,
et aux possibilités de gestion territoriale de l’information. Les 3 types de conséquences sont directement liées au 3 grappes de
fonctions ou maillons de la chaîne de valeur :
1. les fonctions décisionnelles, stratégiques, communication et recherche et développement mais aussi les fonctions
    supports (notamment de système d’information, de hot line) nécessitent une centralisation forte d’abord de l’information, et
    ensuite , encore à ce jour, des personnes. Les tentatives pour faire travailler de façon spatialement dispersée des centres de
    recherche conséquents ne semblent pas avoir été couronnées de succès : la qualité intellectuelle des échanges et contacts passe
    par la proximité physique. Ces fonctions vont s’implanter de préférence dans des agglomérations offrant une vie intellectuelle forte,
    un niveau de services étendus, une qualité de vie avérée, une visibilité culturelle certaine, des ouvertures garanties pour les
    cadres et leur famille, des connexions faciles avec les autres grands pôles internationaux du même type.

2. Les fonctions de production, avec leurs périphériques d’études , d’achat, de logistique, etc. sont sorties de l’entreprise, et
   sous-traitées aux acteurs les plus efficaces. L’effet de masse, de compétence cumulée, de rapport qualité-fiabilité/coût est alors à
   l’œuvre, ainsi que dans certains cas de matières pondéreuses, l’effet de la « tyrannie des transports » et des bassins de
   chalandise. Ces fonctions ont donc tendance à se regrouper à partir des commandes de plusieurs entreprises clientes, et à créer
   des effets de spécialisation territoriale à échelle des régions , des agglomérations parfois des pays. Les structures de type SPL
   peuvent rester alors compétitifs, grâce à l’optimisation des ressources humaines, à la souplesse des réseaux, à l’accumulation des
   savoir-faire.

3. Les fonctions de service au client, nécessitant un contact mobile, ou un front office capillaire ont en fait des conséquences à
   l’échelle de l’intérieur des bassins régionaux et agglomération. Par définition, ces fonctions seront dispersées sur les
   agglomérations conséquentes, au pro rata des clients potentiels. Elles induisent un besoin de mobilité ou de nomadisme, ou de
   façon un peu parallèle, un besoin de mise en réseau des guichets fixes, avec des fonctions de contact privilégiées, tandis que les
   fonctions de reporting, et traitement sont renvoyées dans des unités spécialisées, induisant une spécialisation au sein du réseau
   territorial de l’entreprise.


L’échelle de l’agglomération et de la région : la théorie de l’univers de choix et le paradoxe de la différentiation
Si nous nous arrêtons sur ce dernier niveau, qui s’applique préférentiellement aux agglomérations et régions, et les conséquences
qu’il induit, il nous faut rappeler une des conséquences du besoin de mobilité et de répartition des services : souscrire à ce besoin
suppose de faciliter la construction des infrastructures de transport ( des personnes, des biens et des informations).

L’offre de transport ne se traduit pas , comme on le pense généralement , par un transfert du « temps gagné » vers d’autres activités.
Jean Poulit (1) a montré de façon théorique, et aussi vérifié empiriquement par des sondages récurrents et échelonnés le caractère
stable du « temps ergonomique individuel dédié au transport » : chaque individu consacre statistiquement 1H30 par jour à se
déplacer, et ce depuis 30 ans , sinon plusieurs centaines d’années… Ce temps physiologique semble vérifié selon les époques et les
pays.
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Le résultat est qu’une offre d’amélioration de transport induit statistiquement un accroissement du vecteur potentiel de déplacement à
l’intérieur de ces 1H30. On peut dire que l’individu accroît son « univers de choix » à l’intérieur de son capital-temps. Cet
accroissement se traduit par un surcroît d’opportunités économiques et d ‘échanges générateurs de valeur, et aussi d’opportunités de
loisirs ( dont les loisirs « verts »). Cette réflexion, associée aux théories gravitaires classiques, montre qu’il devrait y avoir une relation
de corrélation entre la taille du territoire couvert à l’intérieur d’une isochrone donnée, et la production de richesse globale et
individuelle sur ce territoire.

Les théories correspondantes ont été mathématisées par Jean Poulit, et comme personne n’est prophète en son pays, par Mac
Fedden , qui a reçu le prix Nobel d’économie il y a 3 ans sur le même sujet. De plus des vérifications extensives menée dans le cadre
de l’IGN sur le territoire Français et européen ont confirmé cette relation.

Sans rentrer dans le cheminement détaillé des corollaires de cette théorie, qui est en fait un constat, nous voyons que l’offre de
mobilité est à la fois une demande des entreprises, et qu’elle est statistiquement associée à la création de richesse sur un territoire.
Nous voyons aussi qu’elle induit assez probablement une homogénéisation du territoire de l’agglomération, c’est à dire une
équirépartition des services dans les sous-échelles de ce territoire.

De façon encore plus synthétique, nous pourrions dire que la création d‘activité économique va de pair avec un certain
niveau d’homogénéité des services sur un territoire continu. Par « service » il faut entendre :
     Les services endogènes de proximité : commerce, loisir, éducation, …
     Les services endogènes support des activités « différentiantes » et qui relèvent des autres logiques dans la chaîne de
       valeur des entreprises : logistique, services bureautiques, main d’ oeuvre non spécialisée, …

Dans cette optique, la différentiation d’un territoire régional est à regarder avec beaucoup d’attention, et principalement dans une
perspective externe à ce territoire.




En synthèse : la nouvelle donne des entreprises et les conséquences sur le territoire.
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Les conséquences spatiales sur le territoire pourraient en simplifiant être traduites par 2 mouvements « pendulaires » assez
classiques sinon banals une fois que le concept en est énoncé :
-      concentration/spécialisation, aux échelles nationales d’abord, aux échelles plus locales de l’agglomération ensuite ;
       La concentration des activités dans un maillon donné de la chaîne (en amont, ou en production) engendre une
       spécialisation accrue des régions .

-        et mobilité/uniformité surtout perceptible à l’échelle urbaine. L’uniformisation relative des sous-ensembles urbains est
         sans doute une conséquence de la mobilité et du nomadisme, un peu à l’instar de la mondialisation ou la globalisation
         conséquence des échanges.

mais autour d’attracteurs territoriaux existants qui renforcent les spécialisations. Ceci est tracé depuis longtemps avec les
théories de l’avantage comparatif, mais on en retrouve une illustration prolongée à des échelles les plus grandes aux échelles les plus
réduites :
-      les grands territoires se voient organisés en réseaux métropolitains, dont les nœuds se spécialisent. Ce réseau maillé peut
       paraître « homogène » vu de loin (ne parle-t-on pas de ma mondialisation, de la globalisation ?), mais certains de ces
       « nœuds » ont une dynamique propre à un instant donné, qui tend à les particulariser : particularisme lié à la masse critique
       culturelle, intellectuelle, décisionnelle ( Paris, les métropoles régionales), ou lié à des spécialisations voulues politiquement
       (Toulouse et le pôle Aéronautique, Rennes et le pôle Télécommunication, Lyon et la pharmacie et le textile), ou héritage d’une
       situation d’avantage comparatif (qualité de vie, culture locale, situation logistique…).

-        les nœuds sont eux-même des territoires urbains qui tendent à s’étendre, se dédensifier et s’homogénéiser, inter-relationner en
         réseaux économiques irrigués par des infrastructures physiques et virtuelles toujours plus performantes : le « nomadisme
         professionnel » en est l’instrument, comme la « capillarité des guichets ». Toutefois certains sous-ensembles du « continuum »
         urbains sont amenés à être spécialisés, densifiés et constituent des îlots où se localisent les fonctions amont et supports
         locales.

Cette rémanence des « attracteurs » se traduit dans l’espace physique , dans le cadre immobilier du territoire urbain. Malgré une
tendance à la mixité des activités dans un immeuble ou un quartier, la capacité physiologique et intellectuelle à travailler, en particulier
en mode projet nécessitant des interventions séquentielles, croisées et instantanément contributives non seulement techniques mais
aussi dans la sphère sensible et créative, n’est pas aujourd’hui compatible avec une virtualisation et une dispersion totale : « la cité
n’est pas le bureau ».
Au fond, ces attracteurs remettent en situation l’histoire et la géographie des lieux et rappellent que le territoire est le fruit de la
combinaison des reliefs , des climats et du génie humain – gouverné par quelques dynamiques économiques de base que sont
l’échange et l’attraction, depuis le néolithique et l’avènement des villes, voici 10 000 ans. 200 ans d’ère industrielle, et à peine 25 ans
d’ère informationnelle ne sauraient gommer cet héritage, et il faut au contraire l’utiliser.



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Autre conclusion : la nécessaire coordination des acteurs locaux
Cette conclusion n’était pas sans doute évitable, même sans la découverte de ce paradoxe de la gestion des offres différentes. Il
prend une dimension à notre avis un peu spéciale de ce fait.

En effet, il paraît nécessaire de promouvoir un territoire d’abord « vu de l’extérieur », global et dans une vision de compétition ou de
complémentarité avec des territoires de même nature. Cette promotion devrait s’appuyer sur l’analyse des pôles, des différences
compétitives, mais aussi sur le caractère « homogène » des services « mutuels », bien sûr de bon niveau, et sur le caractère « fluide »
de leur utilisation.

Ensuite, à l’intérieur de ce territoire, il faut assurer la réalité de cette distribution, et assumer les regroupements équirépartis des
services et activités endogènes et celles , exogènes qui tirent l’image et la différence compétitive.

Il ne faut pas oublier qu’un territoire est en définitive attractif à proportion de sa « masse » ( de services cohérents ). Conserver une
ségrégation par une spécialisation excessive conduit à diminuer l’attractivité de chaque sous-territoire, et à l’handicaper dans sa
compétitivité vis à vis de l’extérieur.

Des différences promues à l’extérieur, une cohésion forte à l’intérieur.




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                                                        Evolution de la chaîne de valeur de l'entrepise
         Chaîne de valeur                            Stratégie        Recherche &     Eudes, conception, mise au   Production      commercialisation,    Enquêtes satisfaction,
         entreprise                                                  développement       point industrielle,….                        distribution        Service après-vente
         "économie traditionnelle"


                                                                                               Déplacement de la valeur
                                                                                               vers les extrémités de la
                                                                                                        chaîne

         Chaîne de valeur                            Stratégie        Recherche &     Eudes, conception, mise au   Production      commercialisation,    Enquêtes satisfaction,
         entreprise                                                  développement       point industrielle,….                        distribution        Service après-vente

         "nouvelle économie"




                                      Conséquences sur les paramètres spatiaux et temporels des fonctions

                                                        Centralisation                                                              Dispersion/mobilité
                                                      Informationnelle:                                                                Physiques :
                                               "regrouper les activités connexes                                                   "se trouver au plus près du
                                               à forte valeur ajoutée pour facliter                                              client, éviter la perte de temps
                                                  les synergies et atteindre des                                                    de transport, ne pas sous-
                                                        masses critiques"                                                       utiliser de la surface de bureau"
                                                                                                 Externalisation




                Centralisation Physique:                                                           Centralisation
                  "faciliter les contacts et                                                         Virtuelle :
               l'empathie de la collaboration                                              "conserver la qualité de vie et
              entre créatifs et décisionnaires,    Temps réel                                   la productivité liées à
               gérer les plages horaires pour                                                                                        Temps différé
                                                   permanent                               l'autonomie,tout en ayant une
                     offrir la continuité"                                                consolidation de l'information"             permanent




                                                            Conséquences sur le territoire ( approche)
                  Spécialisation par                                     Attraction autour des                                                 Accroissement et
                fonctions d'accueil des                                   services existants :                                                  isotropisation de
                      entreprises:                                        "services 24/7, services                                            l'univers de choix :
                 "front office, back office,                           associés à la qualité de vie et                                     "facilitation et ciblage des
                  centre décision, centre                                recherche exclusivité,…"                                         transports après choix des
                          R&D,…"                                                                                                         plages et des motifs; lissage
                                                     Extension et dédensification du territoire métropolitain                              des sous-territoires par la
                                                                                                                                           multiplicité des critères "
                                                     Renforcement des "Attracteurs Territoriaux existants":
                                                      - infrastructures NTIC facilitant la communication et la mobilité
                                                              -meilleure utilisation des infrastructures transport
                                                 - services liés à la qualité de vie (environnement, éducation, transport,…)
                          Echelle                                                  Echelle
                                               - services associés à la production de valeur : université, centre recherche,...                            Echelle
                  nationale/transnationale                                  metropolitaine                                                              ergonomique

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                             Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique


    8. Annexe 3 : documentation
Challenges - novembre 2002 - N° 190 – Analyse                                          taux d’épargne les plus élevés d’Europe. Le pays, considéré globalement,
                                                                                       dégage une épargne nette, à l’inverse des Etats-Unis, qui financent leur
Compétitivité                                                                          économie par l’emprunt extérieur. Bref, il y a là, pour le moins, matière à
                                                                                       discussion. D’après l’institut de conjoncture Xerfi, qui travaille essentiellement
La France mal notée, mais pas si                                                       pour les entreprises, «cette étude a été principalement financée par les
                                                                                       milieux financiers américains, et les Etats-Unis ont besoin de redorer le
cancre                                                                                 blason de leur économie pour drainer des capitaux». Dans le même ordre
Le World Economic Forum a placé l’Hexagone au trentième rang                           d’idée, le responsable de la direction de la prévision du ministère de
mondial en 2002                                                                        l’Economie revient aujourd’hui sur le classement du PIB par tête établi voilà
                                                                                       plus d’un an par Eurostat, qui plaçait la France au douzième rang européen:
Une rétrogradation qui crée la polémique                                               «Ce recul de la France traduit surtout l’imperfection des comparaisons
                                                                                       internationales», affirme-t-il dans un article publié par l’Insee. Une autre
Le World Economic Forum de Davos a rétrogradé la France du vingtième au                enquête mettant en lumière des freins à la compétitivité française émane de
trentième rang de son classement international de la compétitivité par pays.           la chambre de commerce franco-américaine. Elle souligne l’impact négatif de
Un classement fondé surdes enquêtes auprès des chefs d’entreprise, dont la             la mise en place des 35heures sur la productivité. Mais elle met l’accent sur
rigueur est contestée par de nombreux économistes. Difficile de croire que la          les atouts que représentent la position géographique, la qualité des
Slovénie bat la France...                                                              infrastructures, ainsi que la qualification de la main-d’œuvre.

France, terre de paradoxes. A lire les rapports internationaux, on la découvre         Attractivité travaillée. Des facteurs qui expliquent sans doute la forte
de moins en moins compétitive –comme nous l’annonce le World Economic                  progression de l’investissement étranger en France, multiplié par sept depuis
Forum de Davos. Cela justifie de prendre rapidement des mesures, estime                1990. En 2001, son montant a atteint le niveau record de 58,8milliards
Francis Mer, le ministre de l’Economie. Mais, dans le même temps, on                   d’euros, faisant de la France le deuxième pays européen choisi par les
apprend que les entreprises étrangères se pressent pour investir dans                  investisseurs internationaux, après la Grande-Bretagne. Sur les neuf
l’Hexagone. Cherchez l’erreur. Les experts de Davos n’ont jamais été tendres           premiers mois de 2002, il s’inscrit encore en hausse (+17%). Francis Mer
avec la France. Peut-être en raison d’un certain dédain des gouvernements              n’en veut pas moins développer «l’attractivité du territoire» français. A
français pour ce «club»? Toujours est-il que, dans le classement 2002 de la            l’occasion du vingtième anniversaire de Challenges, il a annoncé son
compétitivité par pays, la France perd dix places, rétrogradée au trentième            intention de mettre en place un statut spécifique en faveur des «impatriés»,
rang. Sur quelles bases? Il s’agit surtout d’enquêtes réalisées auprès des             c’est-à-dire les cadres étrangers venant travailler en France (lire page16).
investisseurs, des chefs d’entreprise, et compilées par tous les représentants         Laurent Fabius avait déjà engagé une réflexion à ce sujet, dont Bercy a bien
de Davos. A partir de ces enquêtes, des classements sont effectués par                 l’intention de s’inspirer. Le député socialiste Michel Charzat avait fait une
items, pour aboutir à une évaluation globale.                                          série de propositions à la tonalité très libérale. Il recommandait notamment la
                                                                                       «mise en place d’un régime fiscal spécifique» pour les «impatriés». Les
Classement discutable. La majorité des économistes critique la méthode                 prélèvements sociaux pourraient faire l’objet d’un forfait, tandis que les
employée. Car il existe souvent un décalage entre les réalités statistiques et         suppléments de revenu attribués aux «impatriés» par leur entreprise
macro-économiques, et la perception que peuvent en avoir les acteurs. Ainsi            pourraient être exonérés d’impôt.
le Forum classe-t-il parmi les freins à la compétitivité le montant de l’épargne       I. B.
en France. Elle est très mal classée dans ce domaine, au quarantième rang
mondial, alors même que les particuliers de l’Hexagone affichent l’un des




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                            Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique



        jeudi 11 décembre 2003, 11h35


        Conseil stratégique pour l'attractivité de la France
        PARIS, 11 décembre (Reuters) - Le gouvernement a arrêté jeudi, à l'issue d'une réunion de ministres à Matignon, une quarantaine
        de mesures pour renforcer l'attractivité de la France afin d'y attirer investissements et talents.

        Il a notamment confirmé la création d'un "Conseil stratégique pour l'attractivité de la France" de 19 membres, associant des
        présidents français et étrangers de groupes internationaux, qui se réunira au premier trimestre 2004.

        Son rôle sera de fournir au Premier ministre "la perception de la communauté internationale des affaires sur la compétitivité de la
        France" et d'émettre des recommandations, précise un document gouvernemental.

        Ce conseil comprend notamment Umberto Agnelli (Fiat), Thierry Breton (France Télécom), Kunio Egashira (Ajinomoto), Jean-Martin
        Folz (PSA), Christine Lagarde (Baker MacKenzie) Hisataka Nobumoto (Akebono), Michel Pébereau (BNP-Paribas), Lars Rebien
        Sorensen (Novo) ou Félix Rohatyn (Rohatyn Associates).




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                            Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique




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                            Investissements internationaux, aménagement du territoire et développement économique

Nb : ces tableaux ont été réalisés à l’occasion du passage à l’Euro et n’ont pas été actualisés depuis.



Quelques sites à visiter :

http://www.oecd.org/dataoecd/52/11/2958722.pdf
www.afii.fr/France/?l=fr
http://www.unctad.org/Templates/Page.asp?intItemID=1739&lang=2
http://www.weforum.org/
www.social.gouv.fr/htm/actu/charzat.pdf
www.cjd.net/mediat/rapports/attractivite.pdf
www.premier-ministre.gouv.fr/ressources/fichiers/attractivite111203.pd




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posted:12/1/2011
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