PEINTURE EN FRANCE AU XVIII SIECLE by uDZI05

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									                             PEINTURE EN FRANCE AU XVIII SIECLE



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Semestre 2.

                                             Cour du 14.02.06

Watteau, Antoine

Watteau, Antoine (1684-1721), peintre français, représentant le plus original de la période rococo.

Né à Valenciennes, Watteau suit, à l’âge de quatorze ans, l’enseignement d’un peintre religieux local, qui
lui fait étudier la peinture flamande. Installé à Paris en 1702, il subsiste d’abord en peignant pour le
compte d’un marchand d’images pieuses. Plus tard, il étudie auprès du graveur et décorateur théâtral
Claude Gillot, qui lui communique son goût pour la commedia dell’arte italienne, pour le mensonge des
masques et la gaieté triste des mascarades.

Vers 1708, Watteau se met à travailler pour le peintre décoratif Claude Audran, conservateur des
collections du palais du Luxembourg. Il a ainsi la possibilité d’étudier toute une série de toiles baroques
de Rubens. En 1709, Watteau remporte le second prix de Rome. Il est agréé par l’Académie de peinture
française en 1712, avant d’en être élu membre, en 1717. Watteau meurt de tuberculose à Nogent-sur-
Marne le 18 juillet 1721.

Si les toiles de Watteau reflètent l’influence des grands maîtres flamands — tout particulièrement
Rubens — et de l’école vénitienne, il y ajoute une certaine étrangeté par son goût des rendus vaporeux et
des figures énigmatiques. La sensualité de sa palette inaugure un style très personnel qui, malgré de
nombreux imitateurs, ne trouve point d’équivalent dans l’expression de la richesse du mystère intérieur.
Avec l’avènement du néoclassicisme dans l’art français, la réputation de Watteau décline, pour connaître
un net regain de popularité après la Révolution française, notamment pendant la période romantique.
Baudelaire et Verlaine en ont été les ardents admirateurs. Plus tard, les impressionnistes redécouvrent
l’utilisation que fait Watteau de la touche et de la couleur, la délicatesse de l’air de Venise.

Watteau est le peintre des réceptions mondaines de plein air, les fameuses Fêtes galantes. Le chef-
d’œuvre du genre est le Pèlerinage à l’île de Cythère (1717, musée du Louvre, Paris) ; néanmoins le
camaïeu automnal de la palette et la place des figures vues de dos dans un parcours indéfini en font une
toile mélancolique, empreinte du mystère allant de l’éclat de la jeunesse aux déboires de l’amour. Parmi
ses autres sujets de prédilection figurent également les clowns (le Pierrot, 1720, Louvre, Paris), les
arlequins et autres personnages de la commedia dell’arte, comme Arlequin et Colombine (1715, Wallace
Collection, Londres) et les Comédiens italiens (sans doute 1720, National Gallery of Art, Washington).
Dans l’Enseigne de Gersaint (1720, Staatliche Museen, Berlin), panneau réalisé pour la boutique d’un
marchand d’art, Watteau représente ironiquement, sous la peinture sociale, la controverse entre la
peinture du passé et les ambitions présentes, que son œuvre a tenté de synthétiser.




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                                   Watteau, Pèlerinage à l'île de Cythère
Le jeu subtil des nuances colorées crée le cadre insolite de cette fête galante. La vibration de
l'atmosphère et de la touche fait écho à la manière de Rubens et permet aux acteurs de cette scène
champêtre de se fondre dans le paysage. La toile, placée sous le signe de l'Amour et de la Mélancolie,
marqua l'entrée de Watteau à l'Académie.

Antoine Watteau, l'Embarquement pour Cythère ou Pèlerinage à l'île de Cythère, 1717. Huile sur toile,
129 × 194 cm. Département des peintures, musée du Louvre, Paris.




Boucher, François

Boucher, François (1703-1770), peintre français de scènes pastorales et mythologiques, galantes et
érotiques, de style rococo.
Fils d'un créateur de canevas décoratifs, élève du peintre François Lemoyne, Boucher travailla d'abord
pour le graveur Cars, chez lequel il réalisa des eaux-fortes à partir de dessins d'Antoine Watteau. Il partit
ensuite pour Rome où il s'intéressa plus particulièrement au Corrège. De retour en France, parallèlement à
une carrière officielle brillante, il répondit à des commandes de portraits, de panneaux de boudoir, de
décors de théâtre, d'illustrations de livres ainsi que des modèles pour la manufacture de porcelaine de
France. En 1734, il fut admis à l'Académie royale avec son Renaud et Armide (musée du Louvre). Il
réalisa des cartons de tapisserie d'après Ovide et Apulée pour la manufacture royale de Beauvais et, en
1755, il devint directeur de la manufacture des Gobelins. L'admiration que lui vouait la marquise de
Pompadour, maîtresse de Louis XV, lui valut d'être nommé en 1765 premier peintre du roi.
Son enthousiasme pour Watteau était à l'origine de son goût du paysage mais, dès 1735, il se consacra à la
peinture des mœurs de l'époque et de la vie des nobles. Les scènes pastorales dans lesquelles évoluent de
jeunes bergers en riches costumes d'époque ou les scènes mythologiques plaisaient au public de la cour.
Parmi ces toiles, il faut citer le Triomphe de Vénus (1740, National museum, Stockholm), Nu étendu sur
un sofa (1752, Alte Pinakothek, Munich) et la série de tapisseries Amours des dieux (1744). Si son style
fut très largement copié à l'époque, il perdit rapidement son prestige sous les attaques que Diderot
dirigeait contre le rococo, dont il était un des représentants les plus en vue.



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Les pastorales

 Marie Antoinette

Chardin, Jean-Baptiste

Chardin, Jean-Baptiste (1699-1779), peintre et pastelliste français, auteur de scènes de genre et les natures
mortes d’une remarquable intensité.

Les œuvres de Jean-Baptiste Chardin, certainement les plus populaires de l’art du XVIIIe siècle, traitent
pourtant de sujets « mineurs » à une époque encore très attachée à la hiérarchie des genres — au sommet
de laquelle se situe alors la peinture d’histoire — et relèvent d’une technique et d’une vision tout à fait
originales qui ont fait l’admiration de peintres modernes, tels Paul Cézanne, Georges Braque ou Giorgio
Morandi.

 Des natures mortes d’animaux et de fruits 

Né à Paris d’un père menuisier spécialisé dans la fabrication de billards, Jean-Baptiste Siméon Chardin se
distingue d’abord des grands peintres du XVIIIe siècle par sa formation : il ne suit en effet pas les cours de
la prestigieuse et officielle Académie royale, mais entre dans les ateliers des peintres d’histoire Pierre-
Jacques Cazes et Noël-Nicolas Coypel (demi-frère du peintre Antoine Coypel). Il est reçu à l’Académie
de Saint-Luc en 1724 puis, grâce à ses deux premières natures mortes de taille monumentale, la Raie
(v. 1727, musée du Louvre, Paris) et le Buffet (1728, musée du Louvre), il est admis en 1728 à
l’Académie royale de peinture et de sculpture dans la catégorie la plus basse, celle des peintres
« d’animaux et de fruits ». Les tableaux de cette époque, souvent consacrés au gibier, associent déjà les
deux caractéristiques majeures du peintre : grande liberté de facture et disposition minutieuse des
différents éléments.

Outre plusieurs commandes décoratives, Jean-Baptiste Chardin poursuit ses recherches dans les
années 1730 en limitant les motifs de ses tableaux à de simples « ustensiles et objets de ménage ». Il
parvient ainsi à dépasser l’objet pour ouvrir un vaste espace pictural dans lequel se répondent les
matières, les vides et les pleins, l’ombre et la lumière (la Fontaine de cuivre, v. 1730, musée du Louvre).

 Des scènes de genre 

* Les femmes de la bourgeoisie

L’artiste se consacre bientôt aux scènes de genre qui lui valent un large succès. Les figures dépeintes par
l’artiste sont surtout féminines et issues de la bourgeoisie, saisies dans leur intérieur à des occupations
quotidiennes (Femme cachetant une lettre, 1733, Staatliche Museen, Berlin). Les mères et leurs enfants
constituent à ce titre un thème intimiste cher à Jean-Baptiste Chardin, qui en offre deux déclinaisons
d’une extrême délicatesse au roi Louis XV : la Mère laborieuse (av. 1740, musée du Louvre) et le
Bénédicité (v. 1740, musée du Louvre). Les toiles condensent admirablement l’art de Chardin à mêler
gravité et tendresse, rendu des textures et retenue des sentiments.

* Les domestiques




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Jean-Baptiste Chardin use des mêmes cadrages resserrés, des même fonds neutres pour saisir servantes et
valets dans des situations ordinaires. Les gestes suspendus, les regards perdus dans le vague (l’Écureuse,
1738, musée de Glasgow ; la Pourvoyeuse, 1739, musée du Louvre) engagent là encore le spectateur à
dépasser la banalité de la scène pour y chercher une autre signification.

* L’enfance

Le XVIIIe siècle porte un regard nouveau sur l’enfance et Jean-Baptiste Chardin illustre à maintes reprises
le thème du jeu (la Fillette au volant, 1737, collection privée, Paris ; l’Enfant au toton, 1738, musée du
Louvre), préférant également l’immobilité à l’action, la rêverie qui se devine dans les regards plutôt que
l’anecdote d’une scène éphémère.

 Le retour à la nature morte 

Les années 1750-1770 marquent l’apogée dans la carrière de l’artiste. Il obtient une pension royale,
devient trésorier de l’Académie, tapissier (responsable de l’accrochage des tableaux pendant les salons),
se voit attribuer un logement au palais du Louvre et répond à une seconde commande royale.

Les natures mortes réalisées à cette époque montrent une très grande variété de thèmes et une évolution
stylistique très nette (Pipe et vase à boire, dit la Tabagie, v. 1750, musée du Louvre). Jean-Baptiste
Chardin s’éloigne en effet d’un travail des détails et s’attache dorénavant au rendu de l’ensemble, à la
circulation de l’air et de la lumière enveloppant les objets, aux reflets et aux transparences : le Panier de
fraises des bois (v. 1760, collection privée, Paris), Verre d’eau et cafetière (v. 1760, Carnegie Museum of
Art, Pittsburgh). Ainsi, le Bocal d’olives (1760, musée du Louvre) fera-t-il dire au critique d’art Denis
Diderot, rencontré à cette époque : « Ô Chardin ! Ce n’est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies
sur ta palette : c’est la substance même des objets, c’est l’air et la lumière que tu […] attaches sur la
toile… On n’entend rien à cette magie. […] Approchez-vous, tout se brouille, s’aplatit et disparaît ;
éloignez-vous, tout se crée et se reproduit. » (Salon, 1763).

 Les pastels 

Les dernières années de Jean-Baptiste Chardin sont difficiles. L’émergence du néoclassicisme, des
changements à la direction de l’Académie l’isolent dans le paysage artistique français. Une maladie des
yeux l’oblige par ailleurs à supprimer les pigments et les liants de la peinture à l’huile, l’amenant à se
tourner vers le pastel — tout comme Edgar Degas un siècle plus tard. Les portraits réalisés avec cette
technique — dont le Portrait de Madame Chardin, 1775, musée du Louvre — montrent une très grande
aisance du geste, mais le spectateur gardera surtout en mémoire le regard soutenu et vif des trois
autoportraits conservés au Louvre : Autoportrait aux bésicles (1771), Portrait de l’artiste avec des
lunettes (1775), Portrait de l’artiste avec un pince-nez (1776).




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                                            L’enfant au teuton

Natoire, Charles Joseph

Natoire, Charles Joseph (1700-1777), peintre français, l’un des maîtres du style rococo.

Né à Nîmes, Charles Joseph Natoire obtient en 1721 son premier prix de peinture à l’École nationale des
beaux-arts de Paris avec Manué offrant un sacrifice pour obtenir un fils. Il séjourne à Rome où il parfait
son talent et entre en 1734 à l’Académie de France à Rome où il est nommé professeur deux ans plus tard.

Peintre galant, dans le style de Boucher, il orne, entre 1737 et 1740, tous les panneaux peints du salon
ovale de l’hôtel de Soubise, de scènes retraçant la vie de Psyché. Dans ce même chantier travaillent aussi
Carle Van Loo, Restout, Boucher et Trémolière.

Personnalité originale de la tradition rococo, Natoire est un peintre et dessinateur au goût raffiné et
mesuré, particulièrement inspiré par le genre lyrique (l’Éducation de l’Amour ; Narcisse se mirant dans
la fontaine ; les Trois Grâces ; Louis, dauphin ; la Jeunesse et la Vertu présentant deux princesses à la
France...).

Entre 1735 et 1744, Natoire dessine également avec bonheur des cartons pour des tapisseries de Beauvais
qu’il réalise dans le style Louis XV.

Nommé directeur de l’Académie de France à Rome de 1751 à 1775, il y accueille vraisemblablement
Hubert Robert. Outre les décors, il signe, notamment en Italie, de nombreux paysages.

 la petrate

Restout, famille

Restout, famille, famille de peintres français active aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Originaire de Normandie, la famille Restout livra une dynastie d'artistes. Le premier fut Marc-Antoine
(1616-1684), peintre qui exerça sa carrière en Italie — où il subit l'influence de Poussin —, en France et
en Hollande. Son fils Eustache (1655-1722) fut architecte et sculpteur. C'est cependant l'œuvre de Jean
Restout (1692-1768), remise à l'honneur en 1970 par une exposition organisée par le musée de Rouen où
il naquit, qui s'avère la plus intéressante. Il se consacra toute sa vie à la peinture religieuse et
mythologique et fut le continuateur des traditions du Grand Siècle. Académicien en 1720, il acheva une



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carrière brillante comme chancelier de l'Académie en 1761. Son fils Jean-Bernard (1732-1793) n'eut pas
le talent de son père et ne laissa que d'assez médiocres portraits.

 Mort de la Sainte scolastique

Deshays

 Martyr de saint André

Greuze, Jean-Baptiste

Greuze, Jean-Baptiste (1725-1805), peintre français, spécialisé dans les scènes de genre.

Né à Tournus, Jean-Baptiste Greuze étudie d'abord dans l'atelier du peintre lyonnais Grandon, puis à
l'Académie de peinture à Paris avec Charles-Joseph Natoire. Il abandonne rapidement les sujets
académiques pour se consacrer à la peinture de genre. Son parti pris moralisateur (Père lisant la Bible à
ses enfants, 1755, musée du Louvre, Paris) tranche avec les sujets légers et décoratifs du style rococo
alors dominant. Ses œuvres correspondent au goût nouveau de la société bourgeoise pour les sujets
familiaux et sentimentaux.

Après un voyage en Italie où il se montre plutôt indifférent aux leçons de l'art antique et des peintres de la
Renaissance, il revient à Paris en avril 1757 et se marie quelque temps plus tard. En 1761, il présente au
Salon plusieurs œuvres importantes, dont l’Accordée de village (1761, musée du Louvre), caractéristique
de ses sujets de genre un peu artificiels et moralistes que Diderot appréciait particulièrement. Désireux de
ne pas abandonner une veine aussi fructueuse, il développe le genre, tout en prenant soin de s'assurer de
nouveaux profits par le biais de l'estampe.

Souhaitant entrer à l'Académie royale de peinture et de sculpture comme peintre d'histoire, il y présente
Septime Sévère reproche à Caracalla, son fils, d'avoir voulu l'assassiner dans les défilés d'Écosse (1769,
musée du Louvre), mais, à son grand regret, est reçu comme peintre de genre. Furieux de ce qu’il tient
pour un affront, Greuze décide de ne plus participer aux Salons.

Désireux de retrouver les faveurs du public, il expose dans son atelier et poursuit, avec un succès certain,
son abondante production (le Dévidoir, 1759, Frick Collection, New York ; la Cruche cassée, musée du
Louvre ; la Malédiction paternelle, 1777-1778, musée du Louvre). Au début des années 1780, la vogue
de la peinture de genre commence à décliner : le goût du public se porte vers l'art de Regnault et surtout
de David, et délaisse les œuvres de Greuze qui est réduit à la misère. Aujourd'hui, Greuze est surtout prisé
pour ses beaux portraits de femmes (Madame Greuze, Albertina, Vienne), d'hommes politiques ou
d'enfants — dénués de toute sentimentalité. Ses fusains, conservés notamment aux musées du Louvre et
de l'Ermitage, sont également très recherchés.

David, Jacques Louis

David, Jacques Louis (1748-1825), peintre français qui introduisit en France le style néoclassique et en
fut le meilleur promoteur, de la Révolution jusqu’à la chute de Napoléon Ier.




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Jacques Louis David naquit à Paris dans une famille de la bourgeoisie aisée. Il étudia à l’Académie royale
sous la direction du peintre rococo Joseph Marie Vien et remporta le prix de Rome en 1774, après quatre
tentatives. Il partit alors pour la Ville éternelle, comme pensionnaire à la villa Médicis, où il resta cinq
ans. Au cours de ce séjour, il fut très influencé par l’art classique et l’œuvre du peintre du XVIIe siècle
Nicolas Poussin.

De retour à Paris en 1780, David parvint rapidement à son propre style néoclassique, tirant les sujets de
ses tableaux de l’Antiquité et s’inspirant, pour les formes et la gestuelle, de la sculpture romaine. Sa
première commande, le Serment des Horaces (1784, musée du Louvre, Paris) fut soigneusement
prémédité pour être le manifeste du nouveau style néoclassique, destiné à développer le sens civique du
public. Porteuse d’un thème très moral, voire patriotique, cette toile devint la référence principale de la
peinture historique noble et héroïque des deux décennies suivantes. À partir de 1789, afin de témoigner
des épisodes de la Révolution française, David — jacobin, ami de Robespierre — mit son art au service
de la nation et adopta un style plus réaliste que néoclassique, comme l’atteste la Mort de Marat (1793,
musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles). En 1794, emprisonné à deux reprises au palais du
Luxembourg, il continua néanmoins à peindre et conçut les Sabines (musée du Louvre), qu’il acheva en
1799.

De 1799 à 1815, David fut le peintre officiel de Napoléon Ier dont il retraça le règne dans de très grandes
toiles, comme le Sacre de Napoléon Ier le 2 décembre 1804 (1806-1807, musée du Louvre). Suivant la
disgrâce de l’Empereur, David s’exila à Bruxelles — l’Italie avait refusé de l’accueillir —, où il séjourna
jusqu’à sa mort. Il y ouvrit un atelier, revint aux sujets de la mythologie grecque et romaine, peints
cependant dans un style plus théâtral.

Tout au long de sa carrière, David fut également un portraitiste fécond. Plus intimistes que ses grandes
toiles, ses portraits, comme Madame Récamier (1800, musée du Louvre), montrent sa grande maîtrise
technique et sa psychologie des personnages. De nombreux critiques modernes considèrent que les
portraits de David, dénués de discours moral et soumis à une technique plus simple, sont sa plus grande
réussite.

La carrière de David symbolise en quelque sorte le passage du style rococo du XVIIIe siècle au réalisme
du XIXe siècle. Son style au souffle puissant et sa grande maîtrise du dessin influencèrent fortement ses
élèves Antoine Gros et Jean Auguste Dominique Ingres (l’un des derniers représentants du
néoclassicisme) ; ses thèmes patriotiques et héroïques préparèrent la voie au romantisme.




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                                        David (Jacques Louis), le Serment des Horaces
         Le tableau, dont l'intensité dramatique est rendue par un jeu de lignes fortes qui guident le regard et par
         une nette opposition des couleurs, pures et franches — le rouge annonce le sacrifice des Horaces —,
         consacra David comme le maître incontesté du néoclassicisme. L'œuvre s'impose en effet par l'implacable
         rigueur de sa composition, son dessin énergique et le rythme ternaire des personnages.

         Jacques Louis David, le Serment des Horaces, 1784-1785. Huile sur toile, 330 × 425 cm. Département
         des peintures, musée du Louvre, Paris.
         Bridgeman Art Library, London/New York

          Le XVII siècle est vu comme une siècle frivole, licencieux mais il y a quand même une forte présence
         de la religion. Les peintres se doivent de peindre des scènes historiques, mythiques, héroïques. Les
         commanditaires sont principalement l’Eglise, les paroisses… On note un poids de la religion certain dans
         ce monde par rapport à l’image du siècle des Lumières que l’on peut s’en faire.




I)                        Le cadre institutionnel

         La création artistique se fait dans un cadre rigide : le cadre des académies, cadre des Beaux-Arts. C’est un
         cadre très autoritaire. A l’époque le jugement d’une œuvre se fait par la hiérarchie des genres. Il existe
         une échelle de valeur selon que l’on peint des portraits, des paysages…

          L’administration des bâtiments

                     Le directeur des bâtiments :

         Il est nommé par le roi. Il détermine les pensions aux artistes et gère les commandes officielles. Il
         chaponne les académies.

                    Duc d’Antin de 1709 à 1736. C’est le fils légitime de la maîtresse de LouisXIV.
                    Philibert Orry de 1736 à 1746.
                    Le Normant de Tournehem de 1746 à 1751. C’est l’oncle par alliance de madame de
         Pompadour (maîtresse du roi)
                    Le marquis de Vandières (ou marquis de Marigny)
                    Comte d’Angivillers pendant le règne de Louis XVI

         Tocqué : Portrait de Tournehem
         Jean-François de Troy : Portrait du marquis de Vandières

                     Le premier peintre :

         C’est l’intermédiaire entre ses collègues et le directeur. Cette fonction sera parfois vaccante.

                       Charles Antoine Coypel
                       Jean-Baptiste Pierre


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II)                  Les académies royales
      1) L’Académie royale de peinture et sculpture de Paris

      L’apprentissage se fait dans des ateliers, organisé dans des corporations. Les peintres étaient alors
      considérés comme des artisans. Ils étaient assez méprisés. L’artiste rentre en atelier très jeune (9 ou 10
      ans) : il apprend à broyer les couleurs, à tendre les toiles, prépare le chevalet pour son maître, les
      pinceaux, fait le ménage. Il apprend ensuite à dessiner, puis fait le fond des tableaux, puis devient le
      collaborateur du maître et enfin s’installe seul.

      La création de l’académie favorise une formation plus valorisée. En 1648, c’est la création de l’Académie
      royale de peinture et sculpture en France alors qu’en Italie, il en existe déjà. En 1655 : création du
      règlement. En 1663 : Colbert donne les statuts. L’académie doit définir les règles du beau idéal et former
      des élèves à cette doctrine.

      Ordre hiérarchique de l’académie :

                 1 protecteur + vice protecteur
                 1 directeur
                 1 chancelier
                 4 recteurs + adjoints
                 14 professeurs + 8 professeurs adjoints

      A la mort de Louis XV, l’académie compte 100 membres et 40 agrées (qui demande à être admis) On y
      compte des peintres, sculpteurs mais aussi des honoraires associés qui apporte leur lumières et
      connaissance :

                       La live de July
                       Compte de Caylus
                       Cochin
                       Mariette

      Le rôle des femmes est assez réduit, seulement 4 sont admises à l’académie :

                       Elisabeth Chero (1648-1711)
                       Rosalba Carriera
                       Le Brun

      Contenu de l’enseignement :

              Théorique : à partir d’une série de traités (de peintre, graveur, d’anatomie)
               Planche Anatomic squelette de profil et l’écorché
                      Cour d’anatomie, parfois pas assuré, les élèves assistent donc au cours de chirurgie.
                      Cour de géométrie, de perspective. Au 18e il est assuré par la famille Leclerc et Michaël
               Challe.
                      Cour de « belles lettres », littérature, histoire (dans le cadre de conférence)
               L’école royale des élèves protégés va plus loin dans l’enseignement de cette matière.



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   Pratique :
    Gérard de Lairesse, A treatise on the art of painting
           Copier d’après des dessins, des traités. D’abord des images simples, puis des modèles plus
    connus, des héros antique mais on n’apprend pas encore le volume et la couleur.
           Etude d’après l’antique, modèle illustre qu’on reproduit.
    Artiste qui copie une statue
    Gravure de Cochin : montre les étudiants en train de copier des esquisses,puis études de moulage
    puis sur modèle vivant.




    Gladiateur Broghèse
    Le gladiateur (ou guerrier) mourant




    Laocoon
     En 1749, l’académie propose à 6 étudiants parmi les meilleurs, la liberté de copier la collection
    antique de l’académie (honneur) mais au bout de deux ans plus personne ne postule car ils trouvent
    ce travail trop barbant.
           Apprentissage sur modèles vivant :
    C’est une exclusivité de l’académie. Des modèles masculins exclusivement posent. (d’où les
    femmes ne peuvent pas peindre) Le modèle est un personnage, il est logé au Louvre, exemple
    Deschamps pose pendant 40 ans ! Les cours ont lieu dans la galerie d’Apollon ou au grand salon
    carré du palais du Louvre.

    L’enseignement est ponctué de concours :
           Les petits prix : tous les trois mois, on présente une copie qui sera jugé et les trois meilleurs
    auront une médaille.
    Concours de la « tête d’expression » par Caylus crée en 1759. Un prof tiré au sort donne une pose
    avec une expression pour le modèle.
    Concours crée en 1776 par La Tour « Le prix de l’étude d’une tête avec les mains peintes d’après
    nature sous trois aspects différents »
           Les grands prix : chaque année, avant le premier samedi d’avril. Les professeurs imposent
    un sujet (tiré de la bible) et les élèves font une esquisse. Les huit meilleurs sont choisis, puis ont



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jusqu’en août pour faire une toile (ou sculpture). Le lauréat aura une place à l’académie.


La hiérarchie des genres :
Texte de Pélbien (1666)
 Le classement se fait à partir des sujets (indépendamment de la qualité de l’œuvre)

      Peinture d’histoire (histoire sainte, antique, mythologie et histoire moderne c'est-à-dire
médiévale)
      Portrait
      Scène de genre (met en œuvre la vie quotidienne)
      Le paysage (et nature morte)
La Font de Salyenne (un critique) : « Le peintre d’histoire est le seul peintre de l’âme, les autres
peignent pour les yeux »

2) L’académie de France à Rome
Elle est fondée en 1666 et reçoit 6 peintres, 4 sculpteurs et 2 architectes dans un palais luxurieux. A
cette époque, Rome compte 130000 habitants et un centre artistique, point de rendez-vous de toute
l’Europe.
La place d’Espagne
Le port sur le Tibre
Eglise Saint Louis des Français ( avec la fresque de Natoire : Apothéose de Saint Louis et
quelques tableaux de Caravage) Lieu où sont enterrés des académiciens : Vleugheuls et Poërson.

Programme des études :
Devenir romains c'est-à-dire copier les anciens et maître de la Renaissance classique. Mais cette
idée s’estompe peu à peu :
En 1682 « il faut donner aux élèves le temps de faire quelque chose de leur génie »
En 1692 « Le goût en France est bien meilleur » que l’antique et la renaissance ? Non mais meilleur
que la production romaine.
En 1702 « La peinture est tombée dans un si mauvais goût que c’est pitoyable. Seul les anciens
maintiennent la réputation de Rome »

L’étudiant à Rome travaille pour le roi. Il copie toujours l’antique puis des peintres de référence
comme Raphaël, les Caraches, Guido Reni, Pierre de Cortone, Michaël Ange effraie un peu.

La seule possibilité pour les élèves de s’évader de la copie, c’est le paysage.
Villa romaine (Natoire)
Jardin de la ville d’est (Fragonard)

Le séjour à Rome est une consécration pour les études. Lorsqu’on revient en France, on peut
prétendre à une carrière académique. On demande son agrément à l’académie, le candidat doit dans
un délai d’un an rendre un tableau qui lui vaudra de devenir académicien.




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Perronneau : Jean baptiste Oudry
Lambert Sigisbert Adam




Chardin : La raie




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                           La grande peinture décorative et son évolution

I)     Mise en Perspective historique

Les grands plafonds comme en Italie (Galerie Farnèse …) commence à arriver en France au palais du
Cardinal Mazarin et au Louvre dans les appartements d’Anne d’ Autriche.
Galerie au palais du Louvre d’Anne d’Autriche.




Salle des saisons d’Anne d’Autriche
Cadrage
Scène de plein air
Les stucs soulignent les cadres
Salle de la paix d’Anne d’Autriche

Florence, Galerie Palatine, Palais Pitti décoré par Pierre de Corbone
Château de Vaux par Fouquet
Fouquet veut impressionner Louis XIV et l’accueil avec feux d’artifices, théâtre… Trois semaines plus
tard, Fouquet est fait prisonnier par le roi.
Bibliothèque par Le Brun.
décor somptueux
Peu d’espace libre
Présence de stucs
impression d’altitude, grâce au contraste

Salon des muses




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Centré sur une figure
Compartimentage
Structure très géométrique et symétrique

Versailles




Versailles est d’abord la résidence du roi, il y a aussi le gouvernement et la cour à Versailles, qui se veut
de domestiquer les grands pour éviter une nouvelle fronde.


Escalier des Ambassadeurs




Escaliers qui conduisent aux grands appartements
Symétrie, partie axiale centrée sur un buste monumentale de Louis XIV
De part et d’autre de la niche au buste : les doubles portes, tableaux, puis peint en trompe l’œil des

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spectateurs qui regardent la scène avec une ouverture sur le ciel.
Usage dorure et marbre
Les grands appartements, enfilade des salons
Salon de Diane




Dorure et marbre à l’antique
Image de Louis XIV
Grand plafond qui représente dans un jeu de stuc dorés, Diane qui préside à la chasse et à la navigation.
Galerie des Glaces




Galerie qui donnent sur les jardins
Glaces qui reflètent la lumière réelle
A l’origine il y avait un mobilier en or massif
Réalisé de 1678 à 1686
Vaste berceau, au début on pense à Apollon (dieu soleil), puis Hercule mais le Brun préfère représenter
l’histoire du roi, de ses victoires et de ses alliances.
Salon de l’abondance




Décoré par René Antoine Houasse
Représente la magnificence royale, le progrès de l’art et l’immortalité/
vaste ciel avec peu de personnages sans compartimentations

L’hôtel Lambert
Galerie italienne indispensable à l’époque
Orné par Le Brun
L’espace est compartimenté avec des scènes sur Hercule
Palais Royal
Résidence de Philippe d’Orléans

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Galerie Enée
Décore par Antoine Coypel (1661-1722) et détruite en 1783
Hôtel Crozat
Croza accueil Charles de la Fosse (1636-1716)
Nuée sur toile (77.4 x 96.2)
Esquisse à la gloire de la maison de France

Galerie hôtel mazarin
41m de long sur 9m de large
Orné en 1719 avec une allégorie qui représente la prospérité de la France.

Peu à peu, l’art de vivre change et les galeries disparaissent au profit des salons. Les chambres d’apparat
comme celle de Louis XIV à Versailles changent aussi. L’époque des grands salons s’achève en
apothéose avec le salon d’Hercule de Lemoyne.




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