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Chacun est un don de Dieu pour l'autre

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Chacun est un don de Dieu pour l'autre
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11/29/2011
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French
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Gn 1,28 Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez.

Pr 31,11 En elle se confie le cœur de son mari.

Jn 3,16 Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique  dans une famille (ce qui n’était pas a priori nécess)

Jn 4,16 Va chercher ton mari et reviens ici: Jn Chrysos p. 363: car c'est avec lui que la femme devait avoir part au don et à la grâce

de Dieu.

Ml 2,13-17 13 Voici une seconde chose que vous faites : vous couvrez de larmes l'autel de YHWH, avec lamentations et gémissements,

parce qu'il se refuse à se pencher sur l'offrande et à l'agréer de vos mains. 14 Et vous dites : Pourquoi? - C'est que YHWH est témoin

entre toi et la femme de ta jeunesse que tu as trahie, bien qu'elle fût ta compagne et la femme de ton alliance. 15 N'a-t-il pas fait un

seul être, qui a chair et souffle de vie? Et cet être unique, que cherche-t-il? Une postérité donnée par Dieu! Respect donc à votre vie, et

la femme de ta jeunesse, ne la trahis point! 16 Car je hais la répudiation, dit YHWH le Dieu d'Israël, et qu'on recouvre l'injustice de

son vêtement, dit YHWH Sabaot. Respect donc à votre vie, et ne commettez pas cette trahison! 17 Vous fatiguez YHWH avec vos

discours! -

Qo 3,5 Il y a un temps pour embrasser, et un temps pour s'abstenir d'embrassements.

Mt 19,7 Des pharisiens dirent à Jésus: "Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie?" - 8 "

C'est, leur dit-il, en raison de votre dureté de coeur (sklerokardia: sclérose du cœur) que Moïse vous a permis de répudier vos

femmes; mais dès l'origine il n'en fut pas ainsi.

Mc 10,6-9 Dès l'origine de la création Il les fit homme et femme. 7 Ainsi donc l'homme quittera son père et sa mère, 8 et les deux ne

feront qu'une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. 9 Eh bien ! ce que Dieu a uni, l'homme ne doit point le

séparer... 11 Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère à son égard. 12 et si une femme répudie

son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.



1Co 7,28 Si cependant tu te maries, tu ne pèches pas ; et si la jeune fille se marie, elle ne pèche pas. Mais ceux-là connaîtront la

tribulation dans leur chair, et moi, je voudrais vous l'épargner.

2Co 11,2 J'éprouve à votre égard en effet une jalousie divine ; car je vous ai fiancés à un époux unique, comme une vierge pure à

présenter au Christ.



Gaudium et Spes 48 (Vatican II): Le mariage est une intime communion de vie et d'amour.



Notes:

Propriétés (biens du mariage): Unicité, fidélité, indissolubilité, ouverture à la vie

Augustin: fides, proles, sacramentum

- Quitter, s’attacher, devenir.

- Une gde raison des difficultés des couple: trop peu sacrement pardon.



- Fidélité : don reçu à recevoir chaque jour

L'Alliance divine est irrévocable.

GMarcel : la seule victoire sur le temps est celle de la fidélité.

- Adultère: Adulte-taire: comportement infantile. Régression, fuite sentiment angoisse, impatience, fébrilité, hésitation; poursuite

chimère relation fusionnelle, refus du temps et de la transformation de chacun des membres du couple.

Décalogue. Cet interdit est entre celui du meurtre et celui du vol: symboliquement et spirituellement, est la synthèse des deux.

Refus idée adulte que amour évolue (vs euphorie fusionnelle embryon-mère), et demande donc adaptation continue.

Décalogue: sur les deux tables de la Loi, la condamnation adultère correspond à condamnation de l'idolâtrie.

- Volonté de durer (car source : fidélité de Dieu)

- Illusion liberté changer (consumérisme jusque ds relation)

- Divorce = apo-stasie: éloignement de D aussi.

- Esprit du monde (et donc medias) fait croire loi de l'espèce (identité, filiation…; prohibition adultère) n'a aucune importance.

 culte individualisme, destruction progressive du lien social, dissolution place des pères.

- Martyrs fidélité: JB, Thomas More (vs H VIII)

- Dragées amande: fidélité.



- Passer du Je au Nous (purification)

- L’amour vrai est diffusif de soi, il cherche à se répandre sur le monde.

- Seul l'amour vrai (pas les autres) vient de Dieu

- Inviter Jésus aux noces, comme à Cana.

- Programme conjugal (Berdiaev: "social"): la Trinité

Ontologie trinitaire

Communion des personnes, Bien des conjoints, enfants, sté; corps-don de soi; "reductio" à unité: Eucharistie, Sainteté

Pio XI 1930 Casti connubii nn.24-25: Il Matrimonio non viene trattato in senso stretto come una istituzione destinata alla

generazione e all’educazione dei figli, ma in un senso più ampio come una compiuta ed intima unità e comunità d’amore".

Gaudium et Spes 51: actes sexuels honorables et dignes, don de soi et se confier à, chaste intimité.

- Sacrement: signe efficace de la grâce du Christ, insertion dans le Mystère du salut (Ep 1,9; 5,2).

Progressivité prise de cs et définition sacramentalité

Réalité sacrée voulue par Dieu dans la Création (auteur), saisie par Christ comme réalité sacramentelle.

Jean Paul II Audience générale du 14/11/79: « l'homme est devenu ‘ image et ressemblance ’ de Dieu (Gn 1,27) non seulement à

travers sa propre humanité, mais aussi à travers la communion de personnes constituée par l'homme et la femme dès le début.

L’homme devient image de Dieu au moment de la communion plus qu'au moment de la solitude »…

GS 48 Intima communitas vitae et amoris coniugalis (communauté: extérieur, témoignage)

Mt 19,4 che afferma che "in principio non fu così!" in combinato con Ep 1,9; 5,32 rimanda al "il mistero"

- Dieu vous appelle et vous veut pour Lui seul, quelle que soit votre vie: livrez-vous bien pour tout, n'ayez pas peur d'un maître si doux

Laissez le Christ vivre au milieu de vous et en vous; donnez-lui en les moyens: dispo cr, temps prière en commun…





- Pastorale: Avant de dire quoi faire, dire d'abord aux fidèles pourquoi.

Pb "baptisés non croyants"

Pb filosofia cristiana personalista della Chiesa non è più condivisa della società: come dunque farsi capire?







1. Dans l'Ecriture:



Texte sacerdotal P: Gn 1-2,4 (h sommet): Gn 1,27 Dieu créa l'homme (adam) à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et

femme (zakhar ounekeva) il les créa. Différence (ou unité) duale.

28 Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la; dominez sur les poissons de la mer, les

oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. (appelés à la fécondité)

29 Dieu dit : Je vous donne toutes les herbes portant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des

fruits portant semence : ce sera votre nourriture.

(rq: imago et distinction h/f précèdent fécondité, pr ne pas mener à interprétations cultes sexualité en D comme ds paganismes

cananéens prost sacrées, Dyonisos, Bacchus, cultes orgiaques…).

H est un être interrelationnel mais conserve sa solitude originaire.



Texte yahviste (h archétype, départ): Gn 2,18a YHWH Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul. (négatif; rel

interpersonnelle)

b (Il faut que) je lui fasse (piel) une aide qui lui soit assortie (kenegdo: dialogue, face à face, réciprocité).

23 Alors celui-ci s'écria : Pour le coup, c'est l'os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée femme, car elle fut tirée de

l'homme, celle-ci ! (intégration chair de chair; D unit ish et isha (Yod He)

24 C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. (intégration se réalise

ds unité; monogamie)

25 Or tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre.

 Certaine primitivité: f répond pas "chair de ma chair", h pas "aide de f".

Péché Originel: possession, rivalité (concupiscible et irascible); pudeur  honte

PO: concupiscence entre dans la faculté de désir.



Epoque patriarcale: de la possession au don

Alliance, nuptialité, vs adultère.

Amour, mariage (choisis et dominé par h pour postérité clan: endogamie), monogamie

Démythisation de la sexualité humaine à travers la prise de conscience que la postérité est don de Dieu.

La personne est corps vivant (basar + nefesh).



Décalogue: Condamnation adultère correspond à condamnation de l'idolâtrie.



Talmud Sota 2a: "Il est aussi difficile de marier deux personnes que de fendre les eaux de la Mer Rouge" . Ici également, rien

n'est difficile pour le Créateur de l'univers, et prendre au pied de la lettre cette parole talmudique serait un non-sens. Par contre, dire

comme au sujet de l'arrivée des hébreux devant la mer, que la difficulté à prévoir quelle personne sera son conjoint, malgré tous les

efforts de l'homme, équivaut à celle d'imaginer une cinquième solution, impossible, mais plausible, comme nos ancêtres devant les

eaux de la Mer Rouge.



Osée 752-724: foi en Dieu, image alliance, pureté de relation, irrévocable (D époux trahi), int, miséricorde

Jr: 650 apostasie, YHWH reste ouvert; consolation

Ez prêtre (loi) ch. 16. Adultère, drame amour hist Israël.

Is 50,54

Tb et Sara exp concrète am réciproque, cr, ethos

Sg: société morale et religieuse: fidélité, bon, trésor, sagesse > ext, foi en D. Moral + psy.



NT: Rapporte le mariage à la conception originaire voulue par le Créateur et à l'indissolubilité (vs sklerokardia).

Jésus indique un retour à l'origine (vs exceptions apportées peu à peu).  difficile Montée à Jérusalem Mt 19. + Mt 5 moi je

vous dis.

Cas porneia: mentalité hébraïque.

Renvoie à Dt 24 erwat dabar (fornication), ou Lv 18 (cas prohibition relation sexuelle comme inceste) zenut (Pb: prostitution)

Ms intention X claire Mt 19,8 sklerokardia; Mt 5,28 cœur. Stupeur car > Shammai.

Indissolubilité: sur nature du couple (vs que législatif)

1Co 7,39: dans le S; privilège paulinien pour la foi.

Ep 5,32 musterion mega + Ep 1,9

Plénitude Ep 1,23 + Gn 1,28 pletuneste





2. De quel amour s'agit-il?

- Cf. charité

De quel amour nous aimons-nous? Celui du chat qui croque une souris, ou comme le Christ qui est dévoré par le monde?

- La charité s'apprend, vs ignorance, orgueil, pièges contrefaçons. Besoin aussi de formation continue.

- Alliance (pour la vie) > contrat (qui porte que sur actes précis, prévoit sanctions, motivé par volonté d'obtenir ce que désire…)

Servir l'autre (préférer tjrs l'autre à soi-même)

Pas simple contrat d’association pour réaliser un intérêt affectif, matériel, social (disp dès que plus efficace). Trop longtemps: contrat

(pas amour), droit au corps de l'autre: mariage comme une transaction.

- Pour toujours: = pour tous les jours : ds quotidien, et dans la persévérance.

- Attention de ne pas confondre amour et passion ("droit d'être heureux…")

- Aimer c'est s'adapter sur la durée à un être différent

Claudel: L’amour humain est une promesse non tenue.

Soulier satin: héroïne : Ce qu’aucune femme n’était capable de donner, pourquoi me l’avoir demandé?

Soulier de satin: Je te décevrai (car pas absolu)

- L'Amour est construction

On se marie moins à cause de l'amour qu'on éprouve, que dans le but de s'aimer, et cela même lorsque cela semblera

humainement impossible. Mariage qu'un début pour l'inconnu à construire comme adjoints de Dieu.

Amour n'est jamais accompli, mais se faisant.

- Avoir intelligence et humilité de se faire aider et consulter qqun de compétent quand ça ne va pas.

- L'époux n'est que l'annonce et le chemin de l'Epoux parfait qu'est le Christ, le mariage terrestre n'est qu'une préparations des noces

éternelles. Amour de l'autre est préparation à l'ouverture à Dieu

- Avant de se dire oui l’un à l’autre, les époux répondent d’abord à l’appel du Christ à se donner comme lui-même s’est donné.

Engagement dont Dieu seul donne les moyens.

Etre l'un pour l'autre présence du Christ, rédempteur (par participation à rédemption apportée par le Christ), prêtre sanctifiant.

- Pas tout faire ensemble, mais en fonction de l’autre

- Mariage prototype du royaume des cieux (paraboles du royaume comme noces)  semblable à un trésor caché dans un champ,

(Mt 13,44 Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor qui était caché dans un champ et qu'un homme vient à trouver : il le

recache, s'en va ravi de joie vendre tout ce qu'il possède, et achète ce champ. 45 " Le Royaume des Cieux est encore semblable à un

négociant en quête de perles fines : 46 en ayant trouvé une de grand prix, il s'en est allé vendre tout ce qu'il possédait et il l'a

achetée.) Cf. Royaume



(JPII discours à la rencontre mondiale des familles: Le mariage chrétien est une consécration religieuse; en se consacrant l'un à

l'autre, les époux se consacrent réellement à Dieu)

JPII oct 94: le Concile Vatican II n'a-t-il pas dit lui aussi que les époux, dans le sacrement du mariage, se consacrent presque à Dieu?

Famiglia ut ecclesia domestica : quasi comme égl domestique (pas même nature mais analogie très proche)

Jean-Paul II: Mercredi 10 mars 2004 (ZENIT.org) –invite à faire de votre vie familiale une mission d’amour fidèle et généreux".

Jn XXIII : cellule de base, cellule germinale de l’organisme ecclésial.

P. Caffarel : prière personnelle, prière conjugale, Parole,…

Le foyer, petite église, est un relais sur le chemin de la grande Eglise. Communauté membre du corps mystique du Christ

qu’est l’Egl.

Voc [pas autoréalisation] mais renoncement à soi-même, se donner l’un à l’autre pour se donner ensemble au Christ, arriver à

la rencontre pers du Christ [complètement au-delà idéal fusionnel actuel]

Le Christ guérit et sauve l’amour conjugal, le divinise

Mariage sacramentel > mariage naturel (différence de substance), car consécration de la relation (pas des personnes). Christ est

l'auteur.

Epoux ministres et non auteurs du sacrement: médiateurs l'un pour l'autre d'un don qui les dépasse l'un et l'autre.

Sacrement ne fait pas que perfectionner le mariage naturel, mais donne grâce et mission spécifique (changement nature…).

Rituale Romanum , Ordo celebrandi matriomonium, n 74, 2è édition typique, 1991, p. 26.Cérémonie du mariage, le célébrant invoque

ainsi le Seigneur pour les nouveaux époux : “ Fais descendre sur eux la grâce de l’Esprit-Saint afin que, par ton amour répandu dans

leurs coeurs, ils restent toujours fidèles à l’alliance conjugale “ (8). C’est de cette “effusion de l’Esprit-Saint“ que naît la force

intérieure des familles, comme aussi la puissance capable de les unifier dans l’amour et dans la vérité.

Couple/famille = Icône de Dieu.

Vocation du couple, vocation mystique, chemin spirituel.

Capable : capax = porteur d’une grâce.

Concile de Trente: innuit = suggère mariage.

Adam et Eve: prototype de l'alliance future, contexte salvifique.

LG 11: 2 mystères jamais dissociés; + quasi église domestique

DCE 11: Dieu s'est servi de la voie de l'amour pour révéler le mystère intime de sa vie trinitaire. En outre, le rapport étroit qui existe

entre l'image de Dieu Amour et l'amour humain nous permet de comprendre que « à l'image du Dieu du monothéisme correspond le

mariage monogamique. Le mariage fondé sur un amour exclusif et définitif devient l'icône de la relation de Dieu avec son peuple et

réciproquement: la façon dont Dieu aime devient la mesure de l'amour humain » (Ibid., n. 11).

- Mystère de la croix indissociable, comme mystère pascal.

Egl d’Orient : couronnes bras croisés prêtre ; Croatie : 1 croix remise

- Témoignage

Mt 5,46 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-il pas autant ?

Eg chemin néochatéchuménal : dispo mission, dont vendre maison pour pouvoir partir. Renoncement à volonté propre, et pour

certains plus que d’autres, à aisance matérielle.

Engagement auprès d'une communauté : danger assistanat, quitter réalité matérielle, orgueil spi…

VdPaul: Le cloître, c'est la rue à condition d'avoir les yeux illuminés du coeur

Quitter les repères du monde pour des repères plus exigeants.

EldelaT Lt 93: Il faut s'aimer au dessus de tout ce qui passe, alors rien ne peut nous séparer.

S. Bruno de Segni Cmt in Mt: 1,1, PL 165,75: Accueille la Vierge Marie maintenant pour te mettre à sa disposition, comme en face

d'une souveraine. Elle t'est confiée, non pas livrée, sois avec elle, au lieu du mari qui commande, le serviteur qui obéit.

Antoine de Saint-Exupéry: S’aimer, ce n’est pas se ‘regarder l’un l’autre ; c’est regarder ensemble dans la même direction.

- Vivre pauvreté : Dieu pourvoit, par miséricorde

* accepter certaines privations.

* quelle soumission à l'Eglise?

* quel accueil des pauvres?





5 dimensions de l'amour humain:

- physique, sexualité

- tendresse (psycho-aff)

- communication (P. Sonet : 70 % échecs viennent de là)

- donner la vie (projet de vie féconde en commun)

- être traité comme un personne estimée pour tout ce qu’on est (tout l’être dans son unicité): gentillesse, aspect, intelligence ne

suffisent pas









Communion pratique

5 langages (Gary Chapman): - paroles valorisantes

- services rendus

- moments de qualité

- toucher

- cadeau

 observer de quelle manière on montre soi-même son amour, ce qu'on reproche à l'autre le + souvent, ce qu'on lui demande le +

souvent.



Méthode END:

* écouter régulièrement la parole de Dieu.

* oraison quotidienne.

* prière conjugale et familiale quotidienne.

* dialogue conjugal sous le regard du Seigneur (devoir de s'asseoir) chaque mois.

* se fixer une règle de vie et la revoir chaque mois.

* retraite annuelle d'au moins 48 heures si possible en couple





- connaissance de soi et de l'autre (Cf. Ennéagramme, MBTI, Relation)

- Instrument nécessaire de réajustement permanent: communication

- ne pas enfouir, dissimuler blessures et colère

- gérer les différends à deux

- communiquer non seulement sur informations factuelles extérieure, mais sur émotions, ressentis, pensées

- attention, + on est ancien, + on a pris des habitudes, bonnes et mauvaises

Quand trop d'habitude ("plus rien à se dire"), chercher activités nouvelles (centres intérêts, afin de ne pas avoir que des difficultés à

partager), conversations + profondes

- prier ensemble, et aussi l'un pour l'autre, et l'un pour les intentions que porte l'autre

- Projet concret commun nécessaire pour tous les âges, et aussi projets de secours si 1er ne fonctionne pas (si possible raison qui vae

la peine de donner sa vie)

- La simple relation amoureuse ne suffit pas: raison nécessaire, innovation, éviter fusion étouffoir

- Parler en cherchant la vérité non subjective.

Se justifier, c’est perdre son identité, ne pas être responsable. On s’avilit en se justifiant. Nous avons à être justes, pas à nous

justifier !

- Pardonner tout, spécialement d'être différent de ce qu'on avait imaginé.

- Chacun est un don de Dieu pour l'autre

La source et le but de tout amour, c'est Dieu

Conséquence: nécessité de puiser à la source, et par excellence: l'Eucharistie

Eucharistie: don des corps entre Jésus et son Eglise

L'être humain est 1: donc pas de joie du corps sans joie du coeur.

D'abord se réconcilier pour être capable de se donner vraiment.

Voie heureuse vers l'Amour infini.

- Confucius: quand tout va mal, l’urgence est de faire un dictionnaire.

- Pardon:

Nedarim (vœux 9,4): En coupant la viande, [avec une main], un homme se tranche l'autre main. Va-t-il pour autant couper la seconde

pour avoir coupé la première?  étant membres d'un même corps, nous n'avons pas à rendre blessure pour blessure

- Les Pères du désert nous rappellent qu’il n’y a de chemin de communication que dans l’humilité et la Kénose, cet abaissement qui

consiste à se vider de son ego, y compris identitaire et confessionnel, pour revêtir Celui qui est la seule vraie identité du chrétien : le

Christ.

Accordance – Discordance - Transcendance

Incarnation }

Pâques } Mariage. Devenir couple pour être visité.

Pentecôte }







Particularités h-f

h : « faut pas pleurer, les sentiments c’est de la mièvrerie… »  ne pas faire sortir ce qu’on éprouve = constipation

Ishah (aleph, shin, he). Ish: aleph, yod, shin.

Donc ce qui est commun: aleph, shin = esh = feu.

Mise en commun des particularités: yod, he = Yah, nom du Seigneur (Talmud Sota 17a)



- Charismes masculins :

* Cultiver le bonheur (le jardin d’Eden). Prendre soin de la vie sous toutes ses formes, avec sa force.

* Rationalité

* Garder la Loi (le permis, le défendu). La Loi donne Vie, permet de se structurer, de savoir qui je suis.

* Le pouvoir de nommer.

Participation de l’homme à la création : Je ne suis moi-même qu’en engendrant l’autre à sa propre réalité.

Nourrir, protéger, éduquer (faire grandir, notamment caractère et foi).

* Besoin qu'on lui fasse toute confiance.



- Charismes féminins :

* Accueil, douceur, tendresse, consolation

* Sensibilité

* Sagesse intuitive

* Spiritualité: ouverture à la transcendance, disposition à la contemplation

* Besoin d'être comprise.



Crises

Ancien Cleopa +1998: vs divorce: le mari non croyant est sanctifié par la femme croyante, et vice versa (1Co 7,16)



Menaces

4 dérives: hibou réagit pas (impassible, recherche sécu ds rationalité), autruche s'enterre (ignore, refuse reconn pb), colombe subit tt

(irénisme ferme en réalité la vraie communication), faucon accuse.

Vs Dieu simple témoin ext.

Vs alibis et flous: dire tout de suite fait moins souffrir.

Vs justification culpabilisant l'autre.(eg ds séparations).

Vs jalousie: refuser soupçonner.

Vs choix de solutions faciles immédiates (cohab)

Bcp sont repus, sympathiques, généreux, mais jamais satisfaits.

Att illusion, erreur, indep, ingratitude. Pardon nécess vs fusion, car construit, approfondit.

Ne pas se coucher sur sa colère.

Att phénomène consumériste du sentiment, immédiateté, facilité..

Mode d'être célibataire sans contrainte, ou traître, ou vagabond, plutôt que fidèle, donné…

"Union libre": illusion, fantasme liberté individualiste refus de toute dépendance.

Soit pleinement libre, soit pleinement uni.

75% rupture (vs 33% dans mariage) (et 6 fois plus qd pas enfants)

Victimes 90% des cas: femmes, car qd votre mec n'a pas eu le courage de s'engager et la générosité de se donner pour

toujours, il vous jette, et à 40-45 ans peut toujours retrouver une jeunette, femme non.

Sple cohabitation: possession mutuelle vs don réciproque, et laisser Dieu nous donner l'un à l'autre

Absence d'engagement ne permet pas de s'obliger à s'adapter à la différence

Création de liens où l'un peut (à la longue) se sentir piégé

Seul le X peut donner une personne à l'autre

William Shakespeare (Roméo et Juliette, trad. François-Victor Hugo, p.195, Garnier-Flammarion n° 6)

Le plus doux miel devient fastidieux par sa suavité même, et détruit l'appétit par le goût : [reçois donc avec mesure] : l'amour

durable [n'est pas avide de s'emparer]: la précipitation n'atteint pas le but plus tôt que la lenteur.



Vs cohabitation: amour a besoin appuis sûrs, confiance

Mariage: - pas autorisation de coucher ensemble, mais capacité que Dieu donne de vivre le don des corps en vérité.

- Pentecôte (comme autres sacrements)

- aimer pour tout ce qu'on est, vs égoïsme chair

- sexualité est d'abord spiritualité, relation de personnes (complètes) Cf. Chasteté

Att on engage trop souvent les fiancés dans un lien sacramentel qu'ils sont incapables de porter. Evangéliser d'abord (avec

éventuellement une profession de foi, une bénédiction du couple); sacrement plus tard.



Divorcés:

Le sort des malheureuses épouses de David, après la profanation qu'en a faite Absalom 2S 20, montre que, même séparées du roi et «

veuves» en quelque sorte, elles restaient dépendantes d'un époux demeuré « vivant ».

Séparation = amputation d'un membre, car une seule chair









Famille

Si 3,1 Enfants, écoutez-moi, je suis votre père, faites ce que je vous dis, afin d'être sauvés.

2 Car le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il fortifie le droit de la mère sur ses fils.

3 Celui qui honore son père expie ses fautes,

4 celui qui glorifie sa mère est comme quelqu'un qui amasse un trésor.

5 Celui qui honore son père trouvera de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé.

6 Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne satisfaction à sa mère.

7 Il sert ses parents comme son Seigneur.

8 En actes comme en paroles honore ton père afin que la bénédiction te vienne de lui.

9 Car la bénédiction d'un père affermit la maison de ses enfants, mais la malédiction d'une mère en détruit les fondations.

10 Ne te glorifie pas du déshonneur de ton père il n'y a pour toi aucune gloire au déshonneur de ton père.

11 Car c'est la gloire d'un homme que l'honneur de son père et c'est une honte pour les enfants qu'une mère méprisée.

12 Mon fils, viens en aide à ton père dans sa vieillesse, ne lui fais pas de peine pendant sa vie.

13 Même si son esprit faiblit, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.

14 Car une charité faite à un père ne sera pas oubliée, et, pour tes péchés, elle te vaudra réparation.

15 Au jour de ton épreuve Dieu se souviendra de toi, comme glace au soleil, s'évanouiront tes péchés.

16 Tel un blasphémateur, celui qui délaisse son père, un maudit du Seigneur, celui qui fait de la peine à sa mère.



Rituale Romanu , Ordo celebrandi matriomonium, n 74, 2è édition typique, 1991, p. 26.Cérémonie du mariage, le célébrant invoque

ainsi le Seigneur pour les nouveaux époux : “ Fais descendre sur eux la grâce de l’Esprit-Saint afin que, par ton amour répandu dans

leurs coeurs, ils restent toujours fidèles à l’alliance conjugale “ (8). C’est de cette “ effusion de l’Esprit-Saint “ que naît la force

intérieure des familles, comme aussi la puissance capable de les unifier dans l’amour et dans la vérité.



Enfants sont souvent + cx des medias et de la sté de conso que des intentions des parents.



V.Hugo : Chacun a sa part de l’amour d’une mère, et tous l’ont en entier.



JPII: C'est à vous laïcs qu'il revient de témoigner de la foi à travers les vertus qui vous sont spécifiques: la fidélité et la tendresse en

famille, la compétence dans le travail, la persévérance (ténacité) dans le service au bien commun, la solidarité dans les relations

sociales, la créativité pour entreprendre des oeuvres utiles à l'évangélisation et à la promotion humaine. C'est également à vous qu'il

revient de montrer - en étroite communion avec les pasteurs - que l'Evangile est actuel, et que la foi ne soustrait pas le croyant à

l'histoire, mais le plonge plus profondément dans celle-ci.



Lc 3,10-14 JB, même aux publicains et soldats, ne dit pas de quitter fonction, mais agir avec justice: valorisation laïcat, travail.







Régulation naturelle ou contraception

L’amour amputé de sa fécondité est comme un moteur qui tournerait à vide.

La contraception a fini par être nihiliste.



Abstinence: Manière du jeûne (de nourriture avant chaque communion) eucharistique, le renoncement à une chose bonne et

désirable en préparation de la réception d’un plus grand bien. Ainsi la prescription faite aux époux serait destinée à prévenir toute

tentation de repli sur soi et à orienter tout leur être vers le bien suprême dont ils vont s’approcher dans la synaxe. Entendu comme cela,

le précepte est proche de l’enseignement paulinien authentique de 1Co 7, 5 et respecte pleinement l’affirmation de l’épître aux

Hébreux selon laquelle « le lit nuptial est sans souillure » (He 13, 4). Plusieurs Pères abondent dans le sens de cette interprétation. Jean

Chrysostome note que grâce à l’abstinence charnelle, les actes du culte sont « accomplis avec plus de ferveur »1. Ambrosiaster : « les

choses qui, rapportées à nous, sont permises et pures, sont comme interdites et impures en regard de la dignité de Dieu. Bien qu’elles

soient bonnes, elles ne conviennent cependant pas à la personnes de Dieu »2. Appliqué aux clercs mariés, cette lecture de la continence

« obligatoire » conserve toute sa pertinence



Enfant pas élément d’autoréalisation des parents : pas un droit

(vs fabrication d’embryon, « parentalité » homosexuelle)

Situation de stérilité de la chair

Fécondité, eg époux Follereau



Institut berlinois pour la population et le développement 2006, l'Allemagne a le plus petit nombre d’enfants pour 1 000 habitants de la

planète. On est parvenu au taux record de 1,36 enfant par femme en âge de procréer. Si l’on considère le cas de l‘Italie et de

l’Espagne, la situation n’est guère meilleure, de telle sorte qu’on est bien obligé de constater que c’est un hiver démographique qui

s’est précipité sur notre continent et qu’il en faut imputer la cause la plus déterminante à la fameuse révolution contraceptive, célébrée

sur tous les tons comme une conquête féminine.

Lorsque le pape Paul VI eut le courage de s’opposer à la dite révolution, il fut l’objet d’une campagne de dénonciation retentissante.

Aujourd’hui encore, certains voudraient sommer l’Eglise catholique de renoncer à son interdit afin de répondre aux justes attentes du

monde moderne. On affirme que pour la première fois dans l’histoire, la femme a acquis la maîtrise de sa fécondité, défiant les

fatalités archaïques.(1)

Martin Heidegger : l’impérialisme de la technique. Il n’est pas vrai que celle-ci soit neutre et s’offre à la disposition du libre-arbitre.

Elle met les individus en condition de se soumettre à sa rationalité instrumentale, disposant d’eux comme d’un fonds disponible.

Eg: démographie européenne, domestiquée par la technique contraceptive.



Karol Wojtyla Amour et responsabilité, publié dans les années 1960. «Il faut exiger que, dans l'acte sexuel, l'homme ne soit pas le seul

à atteindre le point culminant de l'excitation sexuelle et que cela se produise avec la participation de la femme, et non à ses dépens.»

Jean-Paul II, le pape de la «chasteté» ne préconisait pas aux couples catholiques de bouder leur plaisir, bien au contraire. Il a conféré

au désir une dignité spirituelle en développant une «théologie du corps», véritable «bombe à retardement», d'après son biographe

américain, George Weigel.

Jean-Paul II fondait sa théorie sur une relecture de la Genèse: puisque l'homme et la femme ont été façonnés à l'image de Dieu, leurs

organes sexuels portent aussi l'empreinte du divin??. Dans le cadre du mariage, évidemment. Dès lors, la communion charnelle figure

la communion du Père, du Fils et du Saint- Esprit. «Dans cette perspective, le corps a pour vocation de révéler le mystère de Dieu»,

explique Yves Semen, directeur de l'Institut européen d'études anthropologiques, qui a publié La Sexualité selon Jean-Paul II (Presses

de la Renaissance). Pendant cinq ans, de 1979 à 1984, le prédécesseur de Benoît XVI a creusé son sujet lors des audiences du

mercredi. 800 pages de catéchèse. «Le plus vaste enseignement pontifical de toute l'histoire de l'Eglise!» relève Yves Semen.

Curieusement, cette somme est passée presque inaperçue. Comme si Jean-Paul II lui-même ne souhaitait pas en faire la publicité

Goûter le plaisir sexuel sans traiter pour autant la personne comme un objet de jouissance, voilà un chemin de conversion à

parcourir.

La vie sexuelle est de nature divine. À ce titre, elle est au service de la sainteté conjugale, porteuse d’un message de vérité et de liberté

à la lumière de l’incarnation

Yves Semen, “La sexualité selon Jean-Paul II”, Presses de la Renaissance, 2004, 240 p., 17 €.



Saints:

Patriarches et leurs épouses

Anne et Joachim

Marie et Joseph

Mélanie l'ancienne (patricienne romaine disciple Jérôme, comme Egerie), fille Mélanie la Jeune (383-439), épouse Pinien.

Basile l'Ancien et Emmelia (Emmelie), (30 Mai), parents de St Basile et St Grégoire de Nysse et ste Macrine, Pierre de Sébaste

Ste Gorgonie (9 déc), 3 enfants, fille de ste Nonne et st Grégoire, sœur de G de Naz et st Césaire médecin

Sts Montan et Maxime +304 martyrs (26 mars)

St Wandrille et sa femme (cour roi Dagobert), Paulin de Nole et sa femme ; Nicolas de Flüe : deviennent relgx

Henri II de Bavière et Cunégonde (XIè)

St Etienne de Hongrie et bhse Giselle

Frederic Ozanam (ép Amélie)

Louis et Zélie Martin

Marie et Luigi Beltrame Quattrochi

St Louis (et autres rois saints) : prière, justice, service des pauvres, théocentrisme… 11 enfants.

St Eléazar de Sabran (Provence) 1285-1323 reste vierge avec son épouse bhse Delphine.

Bhse Françoise d'Amboise 1427-1485, mariée 1441, promesse virginité avec mari, veuve 1457; 1468: carmel de Vannes "Sur tte

chose, faites que D soit le mieux aimé"

Bhx Luis Campos Gorriz 1905-1936, père de famille et martyr à Picadero de Paterna près de Valence.

Jeanne Beretta Molla



1

Ibid., 359.

2

GRYSON, R., op.cit. fichier célibat sacerdotal, 133-134.

St Conrad de Magdeburg, Vie de Elisabeth de Hongrie Malgré ses œuvres de la vie active, je le dis devant Dieu, j'ai rarement vu une

femme + contemplative.

Bhx Amédée de Savoie + 1147, à 37 ans, concentre royaume sur pauvres.



J d’Arc procès : C’est de ma mère que j’ai appris Pater noster, ave maria, credo. Je n’ai appris ma créance (Foi) d’ailleurs que de ma

mère.

P. Laurentin : La famille est la plus haute image naturelle de l’amour divin. Mais le don total à Dieu seul peut aller plus loin

encore, en passant par un don exclusif à Dieu seul. Voyez Mère Teresa : elle allait d'instinct aux plus pauvres, aux plus faibles,

aux plus souffrants.



Mariés peuvent aussi vivre essence vie consacrée, 3 conseils évangéliques

Vita conscecrata, courant théol récent

Ce qui est consacré en eux : amour mutuel (pas pers qui sont consacrées)

Respté couple : charité mutuelle et débordante, mission dans Egl : signe visible Am X-Egl









TEXTES

Saint Jean Chrysostome Homélie 20 sur l’Ép. aux Éphésiens, 1 à 9 : PG 62, 135 à 148. Trad Orval. Conseils à un mari

Il y a un amour caché au fond de notre nature et qui appelle l’union de l’homme et de la femme. Dès l’origine, la femme est venue de

l’homme, et depuis lors, homme et femme naissent de l’homme et de la femme... C’est un mystère, un grand mystère : quitter l’auteur

de vos jours, celui qui vous a élevé, celle qui vous a enfanté dans la souffrance et les larmes, ceux à qui l’on doit tant et avec qui l’on a

toujours vécu, pour s’unir à une personne que l’on connaît à peine, avec laquelle on n’a rien eu de commun, et la préférer à tout. Oui,

c’est vraiment un mystère. Et les parents n’en sont point affligés ; ils regretteraient plutôt le contraire. C’est même avec joie qu’ils se

mettent en frais pour la circonstance. Oui, ce mystère est grand et contient une sagesse ineffable. Autrefois, Moïse l’avait prophétisé et

maintenant Paul le proclame d’une voix éclatante Ce mystère est grand dans le Christ et dans l’Église (Ep 5,32). Il ne parle pas

seulement pour l’homme, mais pour la femme, afin qu’il prenne soin d’elle comme de sa propre chair, ainsi que le Christ le fait pour

l’Eglise.

Que faut-il donc que tu dises à ta femme? Dis-lui avec beaucoup de douceur : « . . .Je t’ai choisie, je t’aime et te préfère à ma propre

vie. L’existence présente n’est rien aussi, mes prières, mes recommandations et toutes mes actions, je les fais pour qu’il nous soit

donné de passer cette vie de manière à pouvoir être réunis dans la vie future sans plus aucune crainte (de séparation). Le

temps que nous vivons est court et fragile. S’il nous est donné de plaire à Dieu durant cette vie, nous serons éternelle ment avec

le Christ et l’un avec l’autre dans un bonheur sans limites. Ton amour me ravit plus que tout et je ne connaîtrais pas de

malheur plus insupportable que d’être séparé de toi. Quand je devrais tout perdre et devenir plus pauvre qu’un mendiant,

encourir les derniers périls, et endurer n’importe quoi, tout me sera supportable tant que ton affection pour moi demeure. Ce

n’est qu’en comptant sur cet amour que je souhaiterai des enfants. »

Il faudra aussi conformer ta conduite à ces paroles... Montre à ta femme que tu apprécies beaucoup de vivre avec elle et que tu aimes

mieux, à cause d’elle, être à la maison que sur la place. Préfère-la à tous les amis et même aux enfants qu’elle t’a donnés ; et que ceux-

ci soient aimés de toi à cause d’elle...

Vos prières, faites-les en commun. Que chacun de vous aille à l’église et qu’à la maison le mari demande compte à sa femme, et la

femme à son mari, de ce qui a été dit ou lu... Apprenez la crainte de Dieu ; tout le reste coulera comme de source et votre maison

s’emplira de biens in nombrables. Aspirons aux biens incorruptibles, et les autres ne nous feront pas défaut. Cherchez d’abord le

Royaume de Dieu, nous dit l’Évangile, et tout le reste vous sera donné par surcroît (Mt 6,33).



Jn Chrysostome (Homélie 22 sur la Genèse, no 4.) LES ÉPOUX PEUVENT PLAIRE A DIEU...

« Et Enoch plut à Dieu après qu'il eut engendré Mathusalem. » Que les maris et les femmes entendent, qu'ils apprennent la vertu du

Juste, et qu'ils ne croient pas que le mariage soit cause que les gens mariés plaisent moins à Dieu ... Nul ne doit penser que le mariage

soit un obstacle à la vertu. Si nous sommes sages, ni l'éducation des enfants ni le mariage ni aucune autre raison ne nous empêchent de

plaire à Dieu. Enoch était un homme comme nous ; il n'avait même pas encore reçu la Loi, ni l'enseignement contenu dans les

Écritures, ni rien de ce genre, pour l'amener à pratiquer la vraie sagesse. C'est de lui-même, par sa volonté qu'il voulut plaire à Dieu, au

point qu'il vive encore aujourd'hui sans avoir passé par la mort. Si le mariage, chers Amis, ou l'éducation des enfants avaient été un

embarras sur le chemin. de la vertu, jamais le Créateur de l'univers n'aurait introduit le mariage dans la vie des hommes, pour ne pas

nous priver du principal et du nécessaire qu'est la vertu ! Non seulement le mariage n'est pas un obstacle à vivre selon la sagesse

divine, si nous en usons avec mesure, mais il est une grande consolation ...

Clément d’Alexandrie, le sacrement du mariage comporte une "grâce paradisiaque". PG 8, 1096.

Clément d'Al Stromates 3 10.68 Qui sont les deux ou trois, rassemblés au nom du Christ, au milieu desquels se tient le Seigneur?

N'est-ce pas l'homme, la femme et l'enfant, puisque l'homme et la femme sont unis par Dieu?

3 12.84 L'état de mariage est saint.

7 12.70 On ne se montre pas un homme, en vérité, lorsqu'on choisit de vivre seul. Il surpasse les hommes, au contraire, celui qui s'est

exercé à vivre sans plaisir et sans peine dans le mariage, la procréation des enfants et le soin de sa maison et demeure inséparable de

l'amour de Dieu au milieu de ses sollicitudes Domestiques, et triomphe de toutes les tentations, qu'elle viennent de ses enfants, de sa

femme, de ses serviteurs ou de ses biens. Mais celui qui n'a pas de famille est, dans une large mesure, affranchi de la tentation. N'ayant

à s'occuper que de lui seul, il se trouve surpassé par celui qui, dans une situation inférieure quand au salut personnel, lui est supérieur

cependant pour la conduite de vie.

Jérôme Traité contre Jovinien (Marcion et Mani): Nous aimons le mariage, mais il faut le dire, nous lui préférons la virginité qui naît

de lui. Ce n'est pas nier l'argent que de pas égaler sa valeur à celle de l'or. [Même si dépend d'abord de appel pers]

Tertulliano ha scritto una delle pagine più belle sul Matrimonio "Come sarò capace di esporre la felicità di quel Matrimonio che la

Chiesa unisce, l'offerta eucaristica conferma, la benedizione suggella, gli Angeli annunciano e il Padre celebra e

ratifica?…Quale giogo quello di due fedeli uniti in un' unica speranza, in un unico desiderio, in un' unica osservanza, in un unico

servizio! Entrambi sono figli dello stesso Padre, servi dello stesso Signore, non vi è nessuna divisione quanto allo spirito e quanto alla

carne. Anzi sono veramente due in una sola carne e dove la carne è unica, unico è lo spirito >> (Ad uxorem, 2,9). Cf. anche PL. 1, 13

13-13 14.

Durante il periodo ereticale montanista la sua concezione si acuirà in senso negativo. (De exortatione castitatis, De monogamia, De

pudicitia).

I Padri del IV sec.

Sia in Occidente che in Oriente la riflessione sul Matrimonio non procede in una grande elaborazione. Troviamo i Padri dell'epoca:

Basilio, Gregorio di Nissa, Gregorio di Nazianzo, Giovanni Crisostomo (in Oriente) e Ambrogio e Girolamo (in Occidente) spesso in

una situazione a volte contraddittoria a volte controversa e a volte altalenante. La preoccupazione è di affermare la verginità come lo

stato di vita prioritario che deve essere scelto dai cristiani.

Leggere al proposito la pertinente impostazione del Catechismo della Chiesa Cattolica,(CCC)n.1618-1620 e ciò che scrive :

Giovanni Crisostomo: > (De verginitate, 10;1; PG 48,540A).



Jacques de Saroug (vers 449-521), moine et évêque syrien Hexaméron ; Homélie pour le sixième jour (trad. Sr Isabelle de la Source,

Lire la Bible, Médiaspaul 1988, vol.1, p.27)

« Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance », dit Dieu (Gn 1,26). Un simple commandement avait fait surgir les autres

êtres de la création : « Que la lumière soit ! » ou « Qu'il y ait un firmament ! » Cette fois, Dieu ne dit pas : « Qu'il y ait des hommes »,

mais il dit : « Faisons l'homme ». En effet, il estimait convenable que soit façonnée de ses propres mains cette image de lui-même,

supérieure à toutes les autres créatures. Cette oeuvre lui était particulièrement proche ; il l'aimait d'un grand amour. Adam est à l'image

de Dieu parce qu'il porte l'effigie du Fils Unique.

D'une certaine manière, Adam a été créé à la fois simple et double ; Ève se trouvait cachée en lui. Avant même qu'ils n'existent,

l'humanité était destinée au mariage, qui les ramènerait, homme et femme, à un seul corps, comme au commencement. Aucune

querelle, aucune discorde, ne devait s'élever entre eux. Ils auraient une même pensée, une seule volonté. Le Seigneur a formé Adam de

poussière et d'eau ; Ève, il l'a tirée de la chair, des os et du sang d'Adam (Gn 2,21). Le profond sommeil du premier homme anticipait

les mystères de la crucifixion. L'ouverture du côté, c'était le coup de lance porté au Fils Unique ; le sommeil, la mort sur la croix; le

sang et l'eau, la fécondité du baptême (Jn 19,34). Mais l'eau et le sang qui ont coulé du côté du Sauveur sont à l'origine du monde de

l'Esprit.

Adam n'a pas souffert du prélèvement fait dans sa chair ; ce qui lui avait été dérobé lui a été rendu, transfiguré par la beauté. Le souffle

des vents, le murmure des arbres, le chant des oiseaux appelaient les fiancés : « Levez-vous, vous avez assez dormi ! La fête nuptiale

vous attend ! ». Adam vit Ève à ses côtés, celle qui était sa chair et ses os, sa fille, sa soeur, son épouse. Ils se sont levés, enveloppés

d'un vêtement de lumière, dans le jour qui leur souriait. Ils étaient au Paradis.



Cantalamessa: Souvent précisément celui qui trahit fait retomber sur l’autre la faute de tout ce qui se passe et se comporte

en victime.

Revenons au passage de l’Evangile de Cana car il contient un message d’espérance pour tous les couples humains, y

compris les meilleurs. Ce qui se produisit lors des noces de Cana se produit dans tout mariage. Il commence dans

l’enthousiasme et la joie (symbolisés par le vin) ; mais cet enthousiasme initial, comme le vin à Cana, se

consume au fil du temps et vient à manquer. On fait alors les choses non plus avec amour et joie mais par habitude. Si

l’on n’est pas attentif, une sorte de nuage de grisaille et d’ennui s’abat sur la famille. Il faut également dire, avec tristesse,

de ces couples : « Ils n’ont plus de vin ! ».

Le passage de l’Evangile indique aux conjoints un chemin pour ne pas tomber dans cette situation, ou en sortir si l’on y

est entré : inviter Jésus à son propre mariage ! S’il est présent, on peut toujours lui demander de répéter le miracle de

Cana : transformer l’eau en vin. L’eau de l’habitude, de la routine, de la froideur, en un vin d’amour et de joie meilleurs que

le premier, comme le vin multiplié à Cana. « Inviter Jésus à son propre mariage » signifie accorder à l’Evangile une place

d’honneur chez soi, prier ensemble, recevoir les sacrements, prendre part à la vie de l’Eglise.



BXVI Bavière « Les trois lieux de la formation – famille, école, et paroisse – marchent ensemble et nous aident à trouver le chemin

des ‘sources de la vie’ et, chers enfants, chers parents, chers éducateurs, en vérité, nous désirons tous ‘la vie en abondance’ .»

« Je vous en prie, disait-il, allez avec vos enfants à l’église pour participer à la célébration eucharistique le dimanche ».

« Vous verrez que cela n’est pas du temps perdu. C’est au contraire ce qui tient la famille vraiment unie, en lui donnant un centre. Le

dimanche devient plus beau, toute la semaine devient plus belle, si vous participez ensemble à la liturgie dominicale ».

« Et, s’il vous plaît, priez aussi à la maison ensemble : à table et avant d’aller dormir. La prière ne nous conduit pas seulement vers

Dieu, mais aussi les uns vers les autres. C’est une force de paix et de joie. La vie en famille devient plus festive et acquiert une

respiration plus ample, si Dieu y est présent et l’on fait l’expérience de sa proximité dans la prière ». ZF06091105



Cantalam La Bible fait comprendre où commence la rupture de la communication, d’où vient notre difficulté à entretenir des relations

saines et belles les uns avec les autres. Tant qu’Adam et Eve entretenaient de bonnes relations avec Dieu, les relations entre eux étaient

également belles et exaltantes. « C’est la chair de ma chair… ». A peine leurs relations avec Dieu s’interrompent, en raison de la

désobéissance, les accusations réciproques commencent : « C’est lui, c’est elle… ».

C’est de là qu’il faut chaque fois repartir. Jésus est venu pour nous « réconcilier avec Dieu » et ainsi nous réconcilier les uns

avec les autres. Il le fait essentiellement à travers les sacrements… Le sacrement de l’Eucharistie en particulier, nous aide à

vaincre l’incapacité de communiquer avec notre prochain, en nous faisant vivre la plus merveilleuse communion avec Dieu.

ZF06090805



père Caffarel (+ 1996), Prds chez toi Marie ton épouse, Parole et Silence,2006, 160. fondateur des équipes Notre-Dame,

fut le précurseur et l'apôtre de la spiritualité conjugale prom ue par le concile de Vatican IL

C'est bien Dieu qui orienta Marie et Joseph l'un vers l'autre, qui les donna l'un à l'autre. Aimer l'autre, ce n'est pas alors aimer « à côté » de

Dieu, mais c'est d'abord aimer Dieu, puisque c'est lui prouver son amour en accomplissant ce qui lui plaît. L'autre serait-il moins aimé parce

qu'on l'aime ainsi pour l'amour de Dieu, en Dieu? Il l'est plus encore, puisque chacun dispose de la puissance d'amour de Dieu, puisque

chacun aime l'autre de toute la force de son désir de plaire à Dieu. « La force par laquelle je t'aime n'est pas différente de celle par laquelle

tu existes »(Claudel). Et en retour, chacun reçoit l'autre des mains du Seigneur, non pas comme un don sur lequel on referme jalousement les

bras, mais comme un don qui aussitôt devient offrande. Tel m'apparaît l'amour conjugal - le plus parfait qu'on puisse concevoir - entre

Marie et Joseph, ces deux êtres consacrés à Dieu. Des lecteurs seront peut-être pris de panique en écoutant parler d'un tel amour,

comme s'il constituait, par son élévation même, une menace pour leur amour conjugal, leur pauvre amour si vulnérable et si imparfait

mais qui du moins a le mérite d'offrir à leur coeur un peu de chaleur humaine. Qu'ils se rassurent ! Depuis quand l'amour de charité

exclurait-il les tendresses de la terre? Il n'est incompatible qu'avec le péché. Loin de déshumaniser, il « surhumanise ».



Cantalam: On pourrait se demander pourquoi la littérature, l’art, le monde du spectacle, la publicité,

n’exploitent qu’un seul aspect des relations humaines : la relation sur fond érotique entre l’homme et la

femme, entre mari et femme. Il semblerait qu’il n’existe pas autre chose dans la vie. La publicité et le

monde du spectacle ne font que cuisiner le même plat avec mille sauces différentes. Nous omettons en

revanche d’explorer un autre aspect des relations humaines, tout aussi universel et vital, une autre des

grandes sources de joie de la vie : la relation père - fils, la joie de la paternité. En littérature, la seule

œuvre qui traite vraiment de ce thème est la « Lettre au père », de F. Kafka (le célèbre roman « Pères et

fils » de Tourguéniev ne traite pas en réalité de la relation entre pères et fils naturels mais entre

générations différentes).

« J’ai élevé des enfants, je les ai fait grandir, mais ils se sont révoltés contre moi » (Is 1, 2).

Lorsque naquit le précurseur Jean-Baptiste, l’ange déclara que l’une de ses tâches aurait été de ramener

le cœur des pères vers leurs enfants et le cœur des fils vers leurs pères (cf. Lc 1, 17). Une tâche

plus actuelle que jamais.



Mon père, mon héros

«Bonne fête Papa !» Le dimanche 18 juin, honneur aux pères. Pris par le quotidien, souvent accaparés par leur travail, ils

s’impliquent de plus en plus dans l’éducation de leurs enfants. essaient d’être disponibles et inventifs. Stéphanie Combe

La mère aménage souvent ses horaires en fonction des enfants. Lui, peu : l’essentiel de son temps est mangé par son

travail. Fatigue et tension professionnelles l’absorbent, amplifiées par le spectre du chômage.

À cela s’ajoutent les rythmes propres à chacun. «En sortant du bureau, le père aspire à se retrouver seul quelque temps

pour décompresser. Écouter un enfant à ce moment-là demande un réel effort.» Et le week-end où il est plus disponible,

ses chérubins lui glissent entre les pattes : anniversaires, scouts ou jeannettes, danse ou violon…

Un simple regard, et le père montre qu’il est bien “là”…

Par ailleurs, certains pères semblent distants, non parce qu’ils n’aiment pas, mais parce qu’ils ignorent comment

s’exprimer. Fruit d’une certaine pudeur masculine ou d’une éducation peu encline à l’expression des sentiments, ce

silence peut se rompre. Dire son amour verbalement transforme la vie : «Il n’y a rien de plus touchant que d’entendre

“Papa, je t’aime !” D’autant que, moi-même, je ne l’ai jamais dit à mon père».

D’autres pères croient manifester leur amour par leur exigence ; sans s’en rendre compte, ils demandent trop à leurs

enfants. Daniel Desbois, psychologue, prévient qu’«asséner sans cesse des “peut mieux faire” casse la confiance. Et

c’est difficilement récupérable». Philippe Oswald (1) invite à ne pas attendre l’adolescence pour nouer le contact : «Être

présent dès le plus jeune âge aide à maintenir le fil. La proximité ne se décrète pas, elle se vit». Pour toutes ces raisons,

nombre de pères culpabilisent de n’être pas assez ou maladroitement présents. Pourtant, la pire absence n’est pas tant

l’éloignement physique que le désintérêt. «Je m’efforce toujours de relever la tête lorsqu’ils viennent me solliciter,

même si ça m’emmerde ». Un simple regard, une caresse suffisent à montrer sa disponibilité.

Pour le philosophe et théologien Xavier Lacroix (2), l’absence paternelle peut même s’entendre dans un sens positif, voire

constitutif du lien paternel. «Le père n’est pas tout entier “ici”. Sans doute est-ce ainsi qu’il peut indiquer un “ailleurs”.»

Quand l’enfant s’entend répondre «Papa est au travail», il envisage la vie à l’extérieur de la maison, qu’il quittera lui-même

un jour. D’autant que le père revêt une fonction symbolique. «Cela ne signifie pas qu’il ne compte pas», souligne le Père

Pierre-Marie Castaignos, prieur de l’abbaye d’Ourscamp (Oise) et auteur de conférences sur la paternité (3). «Au

contraire : il permet à l’enfant de s’identifier.»

Par sa seule existence, le père joue un rôle dans la construction de l’enfant. Il est le «tiers séparateur» de la

mère, reprend Daniel Desbois : «Il confronte au réel et donc à la frustration. Car le monde ne peut être comblant, au

contraire de la mère avec ses caresses, ses baisers». L’enfant apprend à devenir moins dépendant de la recherche du

plaisir symbolisé par la mère. Quelqu’un qui s’en tient à la recherche de sécurité n’avance jamais. Le père entraîne à

explorer le monde, à prendre des risques, à dépasser ses peurs. «La première fois, j’ouvre la piste. La deuxième fois,

Vianney passe devant moi». Le Père Castaignos confirme : «Si la mère met au monde biologiquement, le père met au

monde socialement son enfant. Il l’envoie et l’engage à y prendre des responsabilités. À l’image de Dieu, c’est lui qui

invite au sacrifice et fait entrer dans la logique du don».

Il donne ainsi le goût des choses nouvelles. Combien de pères ont initié à la belote, au tennis, à la conduite ou transmis

la passion des maquettes, de l’art, du kart… Des apprentissages qui mobilisent toute leur patience. Et qui ne vont pas

sans quelques “dommages collatéraux” : oignon de fleur planté à l’envers, pot de peinture (indélébile) renversé, ou

meuble égratigné par un coup de tournevis maladroit. Mais «faire avec» responsabilise, motive et fait exister l’enfant. «J’ai

réparé le tabouret avec Claire», clame Papa. Et le bout de chou de se redresser fièrement, du haut de ses 6 ans.

Car la parole du père porte ; sa reconnaissance touche. «Quand je félicite l’un ou l’autre qui vient de jouer fair-

play, ses yeux pétillent». Un tel doute habite le cœur de l’enfant qu’il ressent un besoin constant de se savoir

aimé. Ces mots paternels rassurent, manifestent l’amour. «Que de notre bouche sortent des “je t’aime, je suis fier que

tu sois ma fille, mon fils, je te félicite…”», préconise Daniel Desbois.

De retour du bureau, Jean lance : «La piscine ferme à 21 h ce soir. On y va tous? !» Les enfants aiment être surpris ; ils

apprécient les accès de fantaisie. En jouant, en passant du temps avec ses enfants le père donne aussi un exemple

«transgressif». Xavier Lacroix souligne le «désir masculin de “sortir”, de bousculer, voire de transgresser un ordre un

peu trop établi». Un désir qui rejoint celui des enfants, et les rend complices.

Si tous sont stimulés par ces qualités masculines, le lien paternel diffère s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille.

Le père entretient avec son fils une relation en miroir. Spontanément, celui-ci l’admire et cherche à l’imiter. Aussi importe-

t-il de passer du temps ensemble. Conscient de cet enjeu, Thibault Levivier a créé à Senlis l’association éducative «Père

et fils» qui rassemble entre vingt et trente binômes. Cinq fois par an, une sortie est organisée : jeux d’équipe, chants,

visite culturelle, chasse ou pêche. Avec pour seule consigne donnée aux pères : «Montrez-leur que vous êtes là pour

eux». Une formule qui rencontre un grand succès… «Plutôt introverti, mon mari peinait à communiquer avec notre fils,

plutôt expansif. Ces activités vécues ensemble ont transformé leur relation. Ils ont réussi à amorcer un dialogue». Après

quatre sorties, Matthieu, 8 ans, approuve : «Papa, j’ai passé les plus beaux jours de ma vie !» Qu’a-t-il fait? Des choses

simples : il a dormi sous la tente avec lui, participé à un jeu de nuit en forêt, partagé des moments de prière… Dans le

même esprit, la communauté Fondacio organise, lors d’une session estivale, une nuit sous tente : pères-fils d’un côté,

mères-filles de l’autre.

À l’égard des filles, le rôle paternel n’en est pas moins déterminant. «Les pères sont paumés avec elles, remarque le

Père Castaignos. Qu’ils n’hésitent pas à manifester leur tendresse : elles ont besoin d’être rassurées, peut-être

davantage que leurs frères. Dites à votre fille qu’elle est belle et vous verrez combien elle rayonnera !»

Xavier Lacroix renchérit : «La petite fille attend la reconnaissance de sa féminité par le père-homme-masculin. Que

celui qui aime Maman m’aime moi aussi, toute petite, me valorise» (2). Et si elle tombe amoureuse de son père? «Mais

c’est super ! rassure Daniel Desbois. Car elle découvre ainsi l’amour. Son père la prépare à la donner à un autre homme.

Le fait d’aimer l’humanité de son père favorise le passage vers celui qu’elle aimera, avec ses qualités et ses défauts.»

Aussi le père peut-il se présenter dans sa vulnérabilité : «Tout comme il doit avoir existé, l’idéal doit se casser, poursuit

le psychologue. L’enfant a besoin de voir son père joyeux, triste : ni roc, ni superman. Il est un homme de chair, qui

ressent des émotions».

Dans ce domaine, le pardon échangé instaure une grande richesse de relation. Il conduit l’enfant à aimer son père, puis

l’autre, en vérité. Élevée dans une famille qui verbalise peu le pardon, Soizic, 26 ans, se souvient de ce jour où son père

l’a punie injustement : «Je m’étais réfugiée dans ma chambre en pleurant, prête à bouder. Il a frappé à ma porte, a passé

la tête et m’a dit : “Soizic… je te demande pardon”, presque intimidé. Ça m’a scotchée !» Les bénéfices d’une demande

de pardon paternel sont multiples : éducation à l’humilité, à la justice, à la miséricorde.

Cette relation père-enfant se tisse au quotidien. Elle passe par des petits riens, des clins d’œil : petite surprise, tape sur

l’épaule, compliment…

La complicité naît aussi de rendez-vous régulièrement proposés. «Quand je pars faire un footing, je leur propose de

m’accompagner à vélo. Parfois, l’un ou l’autre désire venir seul avec moi. C’est qu’il a besoin d’attention, de parler.»

Pas envie de sortir? Il reste toujours la possibilité de jouer ; et souvent avec trois fois rien. «Un jeu qui marche à tous les

coups? Les marionnettes.» Christian les confectionne avec des chaussettes blanches sur lesquelles il dessine. Puis il se

cache derrière une porte et improvise des saynètes. Rires garantis. Les parties de cache-cache, comme celles de foot ou

d’échecs plus tard, en valent toujours la chandelle. «Le jeu constitue une éducation en lui-même, par les règles qu’il

implique. Le père ne doit pas craindre qu’il remette en cause son autorité», explique le Père Castaignos. Et le jeu avec

Papa est plus excitant, car à l’inverse de Maman, il se défend… Quelle victoire alors de gagner ! «J’ai beaucoup joué

au ping-pong avec mes garçons, raconte Philippe, jamais je ne me serais laissé battre ! Ils ont fini par y arriver, mais je

me suis acharné. Si l’un d’eux m’avait surpris à le laisser gagner, il aurait été furieux.»

Partager des émotions avec ses enfants est fondateur

Autre corde à l’arc du père : le dialogue. Arnaud reconnaît avoir mal vécu l’absence de communication paternelle. Aussi

ce chef d’entreprise prend-il soin de ne pas manquer le dîner. «On discute beaucoup à table. Je leur pose des questions ;

je les aide à trouver des centres d’intérêt, à bâtir des projets, sans leur mettre la pression.» En voyant le désordre de la

chambre de ses enfants, Yves en profite pour amorcer un dialogue plutôt que de leur lancer un « range ta chambre !».

«Sans leur tirer pour autant les vers du nez. à chacun son jardin secret. ». «Que le père ne profite pas de ces moments

pour réciter les Dix Commandements, selon le souci bien masculin du rendement».

Tony, lui, utilise volontiers des textos pour manifester sa proximité : «C’est leur monde et ça les amuse». Quant à Jean-

Marc, qui est séparé de sa femme, il garde un lien avec son fils de 6 ans en communiquant chaque jour avec lui par

webcam et par MSN. «Il me montre ses dessins, il écrit son nom. J’ai ainsi les moyens d’échanger avec lui sur son

quotidien.»

Post-it sur l’oreiller, courriel nominatif, sucreries surprises… la sollicitude paternelle se cultive avec chacun. Les petits

cadeaux personnels des pères voyageurs achetés en catastrophe sont de vrais baumes. Dans le cadre d’une famille

nombreuse, l’amour “global” s’avère insuffisant, prévient le psychologue Daniel Desbois : «L’enfant a besoin d’être

aimé de manière préférentielle, d’aller au restau seul avec ses parents, de se promener avec son père, même

adolescent». L’essentiel est de vivre des moments privilégiés.

Luc pallie ses absences par une connivence forte. Chaque année, il réalise un projet unique avec un enfant : il emmène

l’un de ses fils «entre hommes» sur le chemin de Saint-Jacques, saute en parachute avec sa fille pour fêter sa majorité.

«Partager des émotions – que ce soit la moto ou un simple lever de soleil – s’avère fondateur. La beauté crée des liens.»

Les vacances invitent particulièrement à ce temps de partage. Elles permettent de se dévoiler, de se découvrir. Tony est

encore marqué par l’aveu de sa fille au retour d’une virée à dos d’âne : «Ah ! Maman, maintenant, je comprends pourquoi

tu as épousé Papa !»

(1) Debout les pères, par Philippe Oswald, Le Sarment-Fayard, Guides Totus, 11,40 euros. (2) Passeurs de vie – Essai

sur la paternité, par Xavier Lacroix, Bayard, 318 p., 19,90 euros. (3) Double CD Conférences sur la place du père dans la

famille, par le Père Castaignos, à commander à l’abbaye Notre-Dame, 60138 Chiry-Ourscamp (18 euros, frais de port

inclus).



Prière familiale à la Sainte Famille

O Jésus très aimant, qui, par vos ineffables vertus et exemples de vie domestique, avez consacré la Famille choisie pour vous sur la

terre,

jetez un regard de miséricorde sur notre famille, qui, prosternée à vox pieds, vous supplie de lui être propice.

Souvenez-vous que cette maison vous appartient, comme s'étant vouée et consacrée à vous

pour vous honorer d'un culte particulier.

Protégez-la dans votre bonté, délivrez-la des périls, venez à son aide dans les nécessités, accordez-lui la force de persévérer toujours

dans l'imitation de votre sainte Famille, afin que, fidèlement attachée à votre amour tout le temps de sa vie mortelle,

elle puisse enfin chanter vos éternelles louanges dans les cieux.

O Marie, très douce Mère, nous implorons votre protection, bien persuadés que votre divin

et unique Fils exaucera vos prières.

Et vous aussi, très glorieux Patriarche saint Joseph,

accordez-nous l'appui de votre puissant patronage, et remettez nos voeux entre les mains de Marie, afin qu'elle les présente à Jésus-

Christ.

Jésus, Marie, Joseph, éclairez-nous, secourez-nous, sauvez-nous. Amen.



O glorieuse sainte Anne, Patronne des familles chrétiennes, je te présente mes enfants. Je sais que je les ai reçu de Dieu et qu'ils lui

appartiennent.

Aussi je te prie de m'obtenir la grâce de me soumettre toujours avec eux à la divine Providence.

Daigne les bénir, et, en te suppliant de leur obtenir la bénédiction de Dieu, je ne demande en leur faveur ni les honneurs du monde, ni

les biens de la terre.

Ma prière sera plus chrétienne et plus agréable à tes yeux si je demande avant tout le Royaume de Dieu et sa justice.

Je compte, bonne Mère, que tu m'aideras à leur procurer ce qui est nécessaire pour leur assurer une existence digne.

Imprime dans le coeur de mes enfants une grande horreur du péché. Eloignes les du mal.

Préserve-les de la corruption du monde. Qu'ils soient toujours animés de sentiments chrétiens. Accorde-leur la simplicité et la droiture

du coeur.

Apprends-leur à aimer Dieu uniquement, comme tu l'as appris, dès ses plus tendres années, à ta Fille Immaculée, la Bienheureuse

Vierge Marie.

Ô sainte Anne, tu es le miroir de la patience, obtiens moi la grâce de supporter avec patience et amour toutes les difficultés

inséparables de l'éducation de mes enfants.

Bénis-nous, mes enfants et moi. Veille sur nous, ô bonne Mère. Fais que nous nous aimions toujours avec Jésus et Marie.

Que nous vivions conformément à l'Esprit de Dieu. Afin qu'après cette vie nous ayons le bonheur d'être ensemble, unis à toi, pour

toute l'éternité. Amen.





Khalil Gibran mariage

Alors Almitra parla de nouveau et dit, et le mariage, Maître?

Et il répondit en disant:

Vous êtres nés ensemble et ensemble vous

resterez pour toujours.

Vous resterez ensemble quand les blanches

ailes de la mort disperseront vos jours.

Oui, vous serez ensemble

jusque dans la silencieuse mémoire de Dieu.

Mais qu'il y ait des espaces dans votre communion,

Et que les vents du ciel dansent entre vous.

Aimez-vous l'un l'autre,

mais ne faites pas de l'amour une entrave:

Qu'il soit plutôt une mer mouvante

entre les rivages de vos âmes.

Emplissez chacun la coupe de l'autre

mais ne buvez pas dans la même coupe.

Partagez votre pain

mais ne mangez pas de la même miche.

Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux,

mais demeurez chacun seul,

De même que les cordes d'un luth sont seules

cependant qu'elles vibrent de la même harmonie.

Donnez vos coeurs,

mais non pas à la garde l'un de l'autre.

Car seule la main de la Vie peut contenir vos coeurs.

Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus:

Car les piliers du temple s'érigent à distance,

Et le chêne et le cyprès ne croissent pas

dans l'ombre l'un de l'autre.



Khalil Gibran Les enfants

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, parlez nous des enfants.

Et il dit :

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle même.

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour, mais non point vos pensées,

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps, mais pas leurs âmes,

Car leurs âmes habitent la maison de demain,

que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.

Car la vie ne va pas en arrière,

ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.

L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini,et Il vous tend de Sa puissance

pour que ses flèches puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;

Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable



Jeanne Beretta Molla

canonisée le 16 mai 2004

est née à Magenta, en Italie, le 4 octobre 1922, dixième de 13 enfants. Dès son enfance, elle accueille avec une adhésion totale le don

de la foi et une éducation fortement chrétienne. Docteur en médecine et en chirurgie en 1949 à l’Université de Pavie, elle ouvre en

1950 un dispensaire à Mesera, près de Magenta. Elle se spécialise en pédiatrie à l’Université de Milan en 1952 et préfère parmi ses

assistés, les mamans, les enfants, les personnes âgées et les pauvres. Alors qu’elle remplit sa charge de médecin, qu’elle ressent et

pratique comme une véritable mission, elle accroît encore son engagement dans l’Action Catholique, en se donnant généreusement

pour les “plus jeunes” et, en même temps, elle exprime en faisant du ski et de l’alpinisme, sa grande joie de vivre et de jouir du charme

de l’oeuvre de Dieu dans la nature. Elle s’interroge alors, prie et fait prier pour sa vocation qu’elle considère comme un don de Dieu.

En choisissant l’appel au mariage, elle y répond avec tout son enthousiasme et elle s’y donne totalement “pour former une famille

vraiment chrétienne”. Elle se fiance avec l’ingénieur Pierre Molla et, durant les fiançailles, elle est radieuse par son comportement et

par son sourire. Elle en remercie sans cesse le Seigneur. Jeanne se marie le 24 septembre 1955. Elle est une femme heureuse. En

novembre 1956, elle devient maman pour la première fois : Pierre-Louis naît. Puis en décembre 1957, c’est la naissance de Mariolina.

En juillet 1959, celle de Laure, la troisième. Elle sait harmoniser avec simplicité et équilibre ses devoirs de mère, d’épouse et de

médecin ainsi que sa grande joie de vivre. En septembre 1961, vers le deuxième mois d’une nouvelle grossesse, elle connaît la

souffrance et le mystère de la douleur : un fibrome à l’utérus apparaît. Il faut l’opérer. Tout en sachant les risques que cela comporte

de continuer la grossesse, elle supplie le chirurgien de ne pas recourir à l’avortement, mais de sauver la vie qu’elle porte en elle.

Jeanne se confie par la prière à la Providence. Quelques jours avant l’accouchement, tout en se confiant pleinement à la Providence,

elle est prête à donner sa vie pour sauver celle de son enfant : “Si vous devez décider entre moi et l’enfant, n’hésitez pas : choisissez,

et je l’exige, l’enfant. Sauvez-le”. Le matin du 21 avril 1962, Jeanne-Emmanuelle est née, saine et sauve. Le matin du 28, malgré tous

les efforts et les soins pour sauver aussi la mère, au milieu de douleurs indicibles, après avoir répété : “Jésus, je t’aime. Jésus, je

t’aime”, Jeanne meurt saintement. Elle a 39 ans. La fête liturgique de la Bienheureuse Jeanne est le 28 avril. Ce 16 mai elle sera

canonisée à Rome. _

“Jeanne Beretta-Molla, mère de famille jusqu’au bout”, par l’Abbé Thierry Lelièvre, éditions Téqui.

Biographie de Gianna Beretta Molla, médecin, mère de famille et sainte

CITE DU VATICAN, Lundi 17 mai 2004 (ZENIT.org) – Voici un résumé de la vie de Gianna Beretta Molla (1922-1962), médecin,

mère de famille et sainte, par l’agence missionnaire internationale Fides.

Gianna Beretta est née à Magenta dans la Province et dans le Diocèse de Milan, le 4 octobre 1922, dixième de 13 enfants. Toute jeune

elle accueillit sans réserve le don de la foi et l’éducation chrétienne limpide qu’elle reçut de ses parents, et qui l’amènent à considérer

la vie comme un don merveilleux de Dieu, à avoir confiance dans la Providence, à être certaine de la nécessité et de l’efficacité de la

prière. Sa première Communion à l’âge de cinq ans et demi marque chez Gianna un moment important, et fut le début d’une

fréquentation assidue de l’Eucharistie qui devint soutien et lumière de son enfance, de son adolescence et de sa jeunesse.

Les difficultés et les souffrances ne lui manquent pas durant ces années : changements d’écoles, santé délicate, déménagements de la

famille, maladie et mort de ses parents. Mais tout cela ne la troubla pas, étant donné la richesse et la profondeur de sa vie spirituelle ;

au contraire, elle affina sa sensibilité et renforça ses vertus.

Pendant les années passées au lycée et à l’Université, c’est une jeune fille douce, décidée et réservée ; et, tout en se consacrant avec

soin à ses études, elle traduit sa foi en un engagement généreux d’apostolat auprès des jeunes d’Action Catholique, et de charité auprès

des personnes âgées et des nécessiteux dans les Conférences de Saint Vincent de Paul. Diplômée en médecine et chirurgie en 1949 à

l’Université de Pavie, elle ouvre en 1950 un dispensaire médical ; elle se spécialise en pédiatrie à l’Université de Milan en 1952, et a

une prédilection spéciale, parmi ses malades, pour les mamans, les enfants, les personnes âgées et les pauvres.

Dans son œuvre de médecin, qu’elle ressent et pratique comme une "mission", elle développe son engagement généreux dans l’Action

Catholique, en se consacrant aux "très jeunes filles", et, dans le même temps, elle exprime dans le ski et l’alpinisme, sa grande joie de

vivre et de jouir des grandeurs de la création. Elle s’interroge, en priant, et en faisant prier, sur sa vocation qu’elle considère aussi

comme un don de Dieu. Ayant choisi la vocation au mariage, elle s’y donne avec tout son enthousiasme pour "former une famille

vraiment chrétienne".

Elle se fiance avec l’ingénieur Pietro Molla et vit ses fiançailles dans la joie et dans l’amour. Elle se marie le 24 septembre dans la

Basilique de San Martino à Magenta. C’est une épouse heureuse. Au mois de novembre 1956, elle devient maman de Pierluigi ; au

mois de décembre 1957, de Mariolina ; au mois de juillet 1959, de Laura. Elle sait harmoniser, avec simplicité et équilibre, les devoirs

de mère, d’épouse, de médecin, et la grande joie de vivre.

Au mois de septembre 1961, à la fin du deuxième mois de grossesse, elle est frappée par le mystère de la souffrance, avec un fibrome

à l’utérus. Avant l’intervention nécessaire, tout en sachant le risque que la poursuite de la grossesse comportait, elle supplie le médecin

de sauver la vie qu’elle porte dans son sein, et se confie à la prière et à la Providence. La vie est sauvée, elle remercie le Seigneur et

passe les sept mois qui la séparent de l’accouchement avec une force incomparable et avec un engagement sans changement de mère et

de médecin. Elle a peur que l’enfant qu’elle porte dans son sein puisse naître malade, et demande à Dieu qu’il n’en soit pas ainsi.

Quelques jours avant l’accouchement, tout en se confiant toujours en la Providence, elle est prête à donner sa vie pour sauver celle de

son enfant. "Si vous devez décider entre moi et l’enfant, aucune hésitation : choisissez, et je l’exige, l’enfant. Sauvez-le". Le matin du

21 avril 1962, elle donne le jour à Gianna Emmanuele, et, le matin du 28 avril, malgré tous les efforts et tous les soins pour sauver les

deux vies, au prix de très grandes souffrances, après avoir répété la prière "Jésus, je vous aime, Jésus je vous aime", elle meurt

saintement. Elle avait 39 ans. Ses funérailles furent une grande manifestation unanime d’émotion profonde, de foi et de prière. Elle fut

béatifiée par le Pape Jean Paul II le 24 avril 1994, Année Internationale de la Famille.

ZF04051714

Dans une lettre à son fiancé, sainte Gianna écrivait : "Je veux former avec toi une famille vraiment chrétienne, un petit Cénacle où

Dieu se sente chez lui et puisse régner dans nos cours et sur nos projets".



Nbses mères martyres (Macchabées, antiquité,…)





Couple pastorale www.elleetlui.org



Benoît XVI:

« L’amour aujourd’hui est souvent mal interprété, dans la mesure où il est présenté comme une expérience égoïste, alors

qu’en réalité il s’agit d’un abandon de soi et qu’il permet ainsi de se trouver… une culture de la consommation falsifie notre vie

avec un relativisme qui semble tout nous accorder et qui en réalité nous vide ».

« Pour moi c’est une chose très belle de constater que dans les toutes premières pages des Saintes Ecritures, juste après le récit de la

Création de l’homme, nous trouvons la définition de l’amour et du mariage. L’auteur sacré dit : ‘L’homme abandonnera son père

et sa mère, suivra sa femme et tous deux seront une seule chair, une existence unique’».

« Il s’agit d’une prophétie du mariage qui reste identique dans le Nouveau Testament également », a constaté le pape. Citant les

théologiens du Moyen âge il a affirmé que dans un certain sens le mariage a été le premier sacrement car il fut institué par Dieu

lors de la création. « C’est un sacrement inscrit dans l’être humain lui-même ».

« Il ne s’agit donc pas d’une invention de l’Eglise », a poursuivi le pape, reconnaissant qu’ à cause du péché originel et de la

fragilité humaine, le mariage semble parfois réellement difficile à vivre.

C’est précisément pour cette raison, a expliqué le pape, que pour vivre cette vocation, nous avons besoin d’un « cœur nouveau », un «

cœur de chair » comme le dit Ezéchiel. « Lors du baptême, le Seigneur nous implante ce cœur nouveau. Il ne s’agit pas d’une greffe

physique, mais peut-être pouvons-nous nous servir de cette comparaison : après la greffe il est nécessaire que l’organisme reçoive des

soins, qu’il bénéficie des médicaments nécessaires pour pouvoir vivre avec le nouveau cœur, pour que celui-ci devienne ‘son cœur’ et

non ‘le cœur d’un autre’. Dans cette ‘greffe spirituelle’ dans laquelle le Seigneur nous implante un cœur nouveau, un cœur ouvert au

Créateur, à la vocation de Dieu, des soins appropriés sont d’autant plus nécessaires pour pouvoir vivre avec ce cœur nouveau. Il faut

avoir recours aux médicaments appropriés afin que ce cœur devienne vraiment ‘notre cœur’. En vivant ainsi dans la communion avec

le Christ, avec son Eglise, le nouveau cœur devient réellement ‘notre cœur’ et le mariage devient possible. L’amour exclusif entre un

homme et une femme, la vie à deux conforme au dessein du Créateur, devient possible, même si le climat de notre monde la rend si

difficile, jusqu’à la faire apparaître impossible ».

« Il existe de nombreuses familles chrétiennes qui vivent dans la fidélité et dans la joie la vie et l’amour indiqués par le Créateur ».

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Benoît XVI soulignait l’enjeu social de cette conception de l’amour en disant : « L'amour authentique devient une lumière qui conduit

la vie entière à sa plénitude, engendrant ainsi une société convenable pour l'homme. La communion de vie et d'amour qu'est le mariage

constitue ainsi un bien pour la société ».

De là son affirmation, qui a fait aujourd’hui les titres des journaux télévisés italiens : « Il est aujourd'hui prioritaire d'éviter de

confondre le mariage avec des formes d'union fondées sur un amour faible. Seul le roc d'un amour total et irrévocable entre

un homme et une femme peut fonder une société accueillante à tous ». ZF06051102

ROME, Mercredi 24 mai 2006 (ZENIT.org) – « Ce qui est véritablement un obstacle au plan spirituel, c’est refuser de pardonner,

décider de ne pas pardonner, parce que dans ce cas l’espérance ne peut plus se déployer », affirme Mgr Jean Laffitte dans cet entretien

accordé à Zenit.

Mgr Laffitte, prêtre de la Communauté de l’Emmanuel, est actuellement vice-président de l’Académie pontificale pour la Vie. Il est

l’auteur de « Le pardon transfiguré » (Desclée/Editions de l’Emmanuel, 1995) et co-auteur avec Mgr Livio Melina de « Amour

conjugal et vocation à la sainteté » (Ed. de l’Emmanuel, 2001).

Zenit : Pensez-vous que le pardon puisse restaurer en profondeur une relation brisée?

Mgr J. Laffitte : C’est précisément le propre du pardon d’essayer de restaurer une relation qui a pu être abîmée, blessée, brisée par une

offense ou plusieurs offenses, souvent d’ailleurs lorsqu’il s’agit de couples, par des offenses réciproques.

Il existe deux réalités différentes du pardon. Le pardon est un acte, un choix. Le fait de pardonner représente le désir de déclarer celui

qui nous a fait du mal comme « quitte » de sa dette, pour prendre une image juridique, et de ne pas lui en tenir rigueur. Dans la

situation d’un couple où la relation est vitale, puisque c’est une relation de tous les jours, et que si la relation n’est pas rétablie il n’y a

plus de couple du tout, le pardon vise effectivement toujours à rétablir une relation.

De manière générale, le propre du pardon est d’essayer de rétablir une relation brisée mais le pardon – toujours dans cette première

acception d’un acte qui vise à pardonner – n’a pas toujours cette capacité, parce que le rétablissement d’une relation n’est pas le

pardon lui-même. Il est une conséquence du pardon. En effet, quelqu’un peut tout à fait pardonner sincèrement et du fond du cœur le

mal qui lui a été fait, sans pour autant que soit possible le rétablissement d’une relation, parce qu’une relation suppose également un

ensemble d’éléments qui la rendent possible. Une relation est constituée de divers éléments et obéit à plusieurs nécessités. Parfois le

rétablissement d’une relation est impossible tout simplement parce que peut avoir été introduit un déséquilibre tel que la reprise de la

relation n’est plus possible. S’il y a eu par exemple dans un couple l’offense grave d’un adultère, que cet adultère a conduit l’une des

deux parties à s’éloigner et à contracter de nouveaux engagements auprès d’une tierce personne avec des implications concrètes, le

rétablissement de la relation originelle n’est parfois pas possible. Est-ce pour autant que le pardon ne doit pas être donné? Le pardon

dans ce sens-là, dans le sens d’une action qui consiste à pardonner, peut être donné mais peut, dans certaines circonstances, être privé

de son expression.

Cela nous conduit à cette deuxième acception du pardon qui est une situation de pardon où les fruits du pardon ont été portés, et que

l’on appelle réconciliation. Le pardon est un acte qui peut viser à rétablir une relation. Il arrive que des circonstances empêchent que

cette relation soit pleinement rétablie. A ce moment-là, une situation de réconciliation peut ne pas être rétablie dans sa plénitude. Cela

ne veut pas dire que le pardon n’a pas été donné dans le sens d’une action et d’un choix personnel.

Je crois qu’il faut distinguer ces deux dimensions. C’est-à-dire que le pardon comme choix personnel est un acte de volonté qui se

pose à une personne dans un cas précis. Il peut porter et normalement il porte des fruits de réconciliation mais il arrive qu’un pardon

soit authentique sans qu’il puisse porter les fruits de réconciliation qu’il serait normalement appelé à porter.

Zenit : Que peut-on dire à une personne qui n’arrive pas à pardonner?

Mgr J. Laffitte : Très concrètement, je crois que c’est l’expérience commune de beaucoup de personnes de se trouver dans des

situations où elles désireraient pardonner mais n’y arrivent pas. Intérieurement, elles se sentent incapables de pardonner et la seule

idée du pardon peut parfois même faire rejaillir en elles les griefs et les motifs de souffrance subis.

Evidemment, la dernière chose à faire, c’est un discours moralisateur. Par contre je crois qu’il faut pouvoir montrer à une personne

que ce qui n’est pas possible aujourd’hui peut le devenir demain et qu’un pardon exige du temps. C’est un acte qui va se réaliser dans

le temps et qui doit pour être plénier et porter tous ses fruits, pouvoir englober toute une histoire, une histoire commune s’il s’agit d’un

couple. Un pardon pour toute une série de griefs qui ont pu s’accumuler, ne peut donc pas, nécessairement – ou en tout cas très

rarement – se donner en quelques secondes ou en quelques minutes. Le pardon doit pouvoir embrasser la totalité de ce qui a été vécu

et il exige parfois du temps.

Le pardon en effet engage aussi la faculté de la mémoire. C’est très souvent parce que leur mémoire et en particulier leur mémoire

affective est encombrée par le souvenir d’un grief et d’une souffrance, que certaines personnes affirment ne pas pouvoir pardonner. Il

y a donc un travail à faire sur cette mémoire, un travail qui ne peut se faire que dans le temps.

A mon avis, la seule réponse possible à ce type de situations, c’est transmettre une espérance, qui est réelle et fondée, à savoir que

quelque chose qui n’est absolument pas possible aujourd’hui peut le devenir dans le futur, selon évidemment certaines conditions, et

dans les différents cas particuliers qu’il faut traiter avec beaucoup de prudence quand on s’adresse à des couples blessés. Il faut

redonner l’espérance, prendre en compte l’histoire, le passé commun, et ne jamais moraliser ; il ne faut jamais culpabiliser une

personne qui n’arrive pas à pardonner.

Ce qui compte c’est que soit présente, très simplement, sa bonne volonté de pardonner un jour, dès que cela sera possible. Ce qui est

répréhensible au plan spirituel, ce qui est véritablement un obstacle au plan spirituel, c’est refuser de pardonner, décider de ne pas

pardonner, parce que dans ce cas l’espérance ne peut plus se déployer, il ne peut plus y avoir d’avenir, il ne peut plus y avoir de paix.

On se ferme dans une situation d’inimitié.

Mais refuser de pardonner ne signifie pas être dans l’impossibilité de pardonner. Ce sont deux choses différentes. On peut vouloir

pardonner un jour et constater qu’on est incapable de le faire. Dans ce cas, avec toute la prudence nécessaire, c’est l’accompagnement

et l’espérance qui peuvent changer un peu la lumière dans laquelle sera vue toute la perspective d’un pardon éventuel futur.

Zenit : Dans une vie de couple, faut-il tout dire dans l’espoir que tout soit pardonné, et afin de vivre une communion plus parfaite?

Mgr J. Laffitte : Dans un couple qui décide de vivre une communion il y a bien sûr un objectif de perfection et d’approfondissement

de cette communion. Cette communion va grandir tout au long de la vie commune et va comprendre en effet toute une série de petits

pardons, pour les petites choses de la vie quotidienne. Cela est normal.

Il faut toutefois se garder d’une vision idéaliste de la communion humaine. La communion dans sa dimension humaine est également

appesantie. Elle connaît des obstacles qui sont dus à la finitude humaine, aux limites de la personne, aux limites des psychologies, à la

fatigue, au manque d’espérance, à la situation peut-être difficile dans laquelle se trouve l’une des deux parties pendant un certain

temps. Il faut éviter d’avoir une vision fausse de la communion comme quelque chose qui serait une transparence parfaite de l’un à

l’autre. La communion ne signifie pas être totalement transparent l’un à l’autre. Ceci est une définition abstraite de la communion.

Dans les faits, dans la réalité, la communion est un service constant à la personne de l’autre, dans l’amour, ce qui comprend

évidemment des hauts et des bas. C’est une volonté profonde commune de surmonter les bas que l’on peut rencontrer par la pratique

de la prière, par la pratique de la réconciliation sacramentelle sur le plan chrétien, par la pratique, très simplement, au plan humain, de

petites réconciliations qui font la vie commune des gens en société, des gens qui se respectent et qui s’aiment.

Le fait d’être totalement transparents l’un à l’autre est cependant une utopie. Pourquoi? Parce que même si une communion est la plus

parfaite possible imaginable, chacun a une conscience personnelle, chacun a une conscience de soi, chacun a des intentions profondes

qu’il ne peut pas de façon constante et continuelle toujours expliciter à l’autre. L’autre peut les deviner mais cela se révèle petit à petit,

pas nécessairement seulement par les paroles mais aussi par les petits actes de la vie quotidienne. La transparence parfaite est une

illusion comme est une illusion la science parfaite.

Je pense qu’au contraire la vraie communion, la communion profonde, implique de plus en plus le respect de ce qui dans l’autre est

unique et en particulier de cette relation particulière qu’il peut avoir avec Dieu, qui peut être d’ailleurs une relation qui comprend la

prière commune mais qui est malgré tout un chemin qui se fait dans cette condition de l’homo viator, de l’homme en chemin, une

condition faillible, finie, limitée, avec notre humanité. Une communion authentique progresse toujours car elle est toujours animée par

le désir de la charité et du bien de l’autre, de l’amour véritable de l’autre.

En revanche, l’idée de tout connaître de l’autre est une utopie. C’est un peu le mythe de Faust. Dans l’humanité, cela n’existe pas. La

parfaite transparence n’existe pas en humanité.

Zenit : Les enfants ont-ils un rôle à jouer dans une situation de séparation ou de divorce?

Mgr J. Laffitte : Les enfants montrent bien que la relation entre deux personnes n’est pas une transparence totale parce qu’une

communion dans un couple, entre un homme et une femme, est une communion qui peut, qui est normalement destinée à être féconde.

En réalité c’est une communion qui, au moment même où elle s’exprime de la façon la plus intense par l’union de l’homme et de la

femme, est susceptible d’avoir comme conséquence la venue à l’existence d’une autre personne avec son mystère propre, sa liberté

propre. Au moment même où les époux atteignent une union et une expression de la communion extraordinairement intense, ils sont

rendus capables de favoriser la venue à l’existence d’un autre être humain. Ceci est un élément très important. Cela veut dire que les

enfants, en eux-mêmes, lorsqu’ils viennent, sont les éléments qui renforce la communion de leurs parents. Ils en sont un fruit et d’autre

part la communion qui existe entre les parents va devenir une communion active au service de la croissance de ce nouvel être. En ce

sens, les enfants participent à l’accroissement de la communion entre les parents. Ils l’enrichissent et évidemment leur rôle est central

pour que cette communion soit maintenue.

Dans les faits, les enfants favorisent la communion entre les parents. Dans une famille où il peut y avoir momentanément des

difficultés dans le couple, les enfants sont souvent concrètement les éléments qui favorisent, qui reconduisent à des choses simples de

l’amour entre les personnes et de solidarité entre les générations. Ils reconduisent la communion à une expression peut-être plus simple

et c’est en ce sens qu’ils peuvent favoriser la communion des parents.

A l’inverse je pense que les enfants sont éduqués eux-mêmes dans la communion entre eux par la multitude de petits gestes qui

favorisent la communion, à commencer par les petits gestes de pardon. L’enfant a besoin de vivre du pardon et en particulier du

pardon de ses parents parce que l’enfant se trompe et fait parfois des choses manifestement contraire à ce que sa conscience en éveil

lui indiquerait de faire. Le pardon qui est donné en vérité consolide l’enfant dans le sens de la communion responsable. Il n’est pas une

sorte de licence totale sur tous ses actes mais au contraire un amour totalement responsable et responsabilisant.

Les enfants entre eux, peuvent être encouragés à des petits actes de pardon. Cela favorise la communion familiale. La communion est

une chose qui se diffuse et qui porte ses fruits, qui va au-delà. Une famille unie n’est jamais fermée sur elle-même, elle est

accueillante. La communion familiale s’étend au-delà de la famille. De la même façon, au sein d’une même famille et selon différentes

générations, la communion, favorisée par des petits gestes de pardon et de réconciliation, est une communion qui grandit. Dans une

perspective chrétienne cette communion est consolidée, favorisée par la vie commune, par la grâce partagée, la prière et la vie

sacramentelle.

Zenit : Dans votre réponse à la première question vous avez évoqué les situations irréversibles…

Mgr J. Laffitte : Il y a des situations qui ont été provoquées par des offenses, des griefs, des souffrances causées, des trahisons, des

infidélités, etc. qui peuvent conduire à des situations qui apparaissent en effet humainement irréversibles. Ces situations ne préjugent

pas de ce que l’époux qui a été humilié et trahi puisse pardonner. Mais s’il le fait, ce pardon sera peut-être privé de la faculté de

s’exprimer, tout simplement parce que l’autre n’est pas dans la situation de l’entendre ni même de comprendre.

Un pardon peut être privé de s’exprimer, il peut être privé de porter ses fruits de réconciliation pour une raison apparemment et

humainement irréversible, mais je pense profondément que la possibilité que ressent une personne à pardonner n’est pas une situation

irréversible car une personne est toujours appelée à pardonner.

Je crois qu’il faut rejoindre cette exigence avec la source du pardon qui s’opère sur la croix du Christ. Lorsque le Christ est sur la croix

il prononce un pardon contre ses persécuteurs qui dans les faits est un pardon presque privé humainement de se manifester puisqu’il le

fait devant des soldats qui le bafouent, devant un larron qui l’insulte, devant des Romains qui s’apprêtent à constater qu’il est sur le

point de mourir. On a là un pardon apparemment privé de ses fruits immédiats de réconciliation, mais en réalité il n’y a jamais eu de

pardon plus authentique, plus pur, plus profond, et plus fécond. On a l’exemple typique d’un pardon pleinement donné, en toute

liberté, alors qu’apparemment au plan humain, l’offense subie par le Christ est humainement irréversible. Y a-t-il une situation plus

irréversible que celle d’être immobilisé par des clous sur le bois d’une croix, cela jusqu’à asphyxie totale? Humainement, il est

impossible de prononcer un pardon, et pourtant Jésus a dit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Nous avons là une

réponse très éclairante sur cette question. ZF06052506



Jean-Paul II

L'eucharistie est la source même du mariage chrétien

Époux chrétiens, vivez au coeur du sacrement de l'alliance, votre mariage étant nourri de l'eucharistie et l'eucharistie éclairée par votre

sacrement de mariage : il y va de l'avenir du monde !

À la messe, par le ministère du prêtre, l'Esprit du Seigneur fait du pain et du vin le corps et le sang du Seigneur; dans et par le

sacrement de mariage, l'Esprit peut faire de l'amour conjugal l'amour même du Seigneur. Par le don du Seigneur, l'amour humain peut

être totalement irradié par la source de l'amour et manifester véritablement l'Alliance nouvelle et éternelle, qui rayonne en lui.

Les époux chrétiens révèlent à l Église ce qui est advenu sur la croix

Le mariage n'est pas « du monde » mais « du Père ». L'alliance matrimoniale est un mystère d'une insondable transcendance, c'est un

dessein qui émane du Créateur, confié à la fragile liberté humaine.

Chers époux, le décalage que vous percevez entre l'attente du Père et vos pauvres réponses ne doit pas vous paralyser mais vous

rendre plus dynamiques encore. Vous vous êtes promis l'amour du Christ, vous vous appartenez dans cet amour. Cet amour n'est pas

seulement un idéal lointain, il est présent : lorsque vous vous êtes unis dans le Seigneur, lorsque vous priez ensemble, lorsque toujours

comme la première fois vous allez l'un vers l'autre, lorsque à chaque instant vous dites « oui » à sa volonté, lorsque maintenant

vous l'invoquez et vous lui demandez : « Sois plus fort, toi en nous et entre nous, plus fort que nous le sommes nous-mêmes. » À

travers vous veut être rendue présente la puissance de l'amour divin.



Cantalam 10/2006 Jésus ne se limite pas à réaffirmer la loi (Mt 19) ; il y ajoute la grâce. Ceci signifie que les époux chrétiens n’ont

pas seulement le devoir de rester fidèles jusqu’à la mort ; ils ont également les aides nécessaires pour le faire. De la mort rédemptrice

du Christ vient une force – l’Esprit Saint – qui imprègne tous les aspects de la vie du croyant, y compris le mariage. Celui-ci est même

élevé à la dignité de sacrement et d’image vivante de son union sponsale avec l’Eglise sur la croix (cf. Eph 5, 31-32).

Affirmer que le mariage est un sacrement ne signifie pas seulement (comme on le croit souvent) que dans le mariage l’union

des sexes – qui en dehors du mariage serait désordre et péché – est permise, licite et bonne ; cela signifie en plus affirmer que le

mariage devient un moyen de s’unir au Christ à travers l’amour pour l’autre, un véritable chemin de sanctification.

Cette vision positive est celle que le pape Benoît XVI a si brillamment mis en lumière dans son encyclique « Deus caritas est » sur

l’amour et la charité. Le pape n’y oppose pas l’union indissoluble dans le mariage à toute autre forme d’amour érotique ; il la présente

toutefois comme la forme la plus mûre et parfaite du point de vue non seulement chrétien mais également humain.

« Cela fait partie, dit-il, des développements de l'amour vers des degrés plus élevés, vers ses purifications profondes, de

l'amour qui cherche maintenant son caractère définitif, et cela en un double sens : dans le sens d’un caractère exclusif – ‘cette personne

seulement’ – et dans le sens d’un ‘pour toujours’. L’amour comprend la totalité de l’existence dans toutes ses dimensions, y compris

celle du temps. Il ne pourrait en être autrement, puisque sa promesse vise à quelque chose de définitif : l’amour vise à l’éternité ».

Cet idéal de fidélité conjugale n’a jamais été facile (le mot « adultère » a une connotation négative également dans la Bible !);

aujourd’hui cependant, la culture permissive et hédoniste dans laquelle nous vivons l’a rendu infiniment plus difficile. La crise

alarmante que traverse l’institution du mariage dans notre société est sous les yeux de tous. Des législations civiles, comme celle du

gouvernement espagnol, qui consentent (et indirectement ainsi encouragent !) à entamer des procédures de divorce après seulement

quelques mois de vie commune. Les conjoints utilisent des expressions comme : « J’en ai assez de cette vie », « je m’en vais », « si

c’est comme ça, chacun pour soi ! », dès la première difficulté (soit dit en passant, je crois qu’un époux chrétien qui a prononcé l’une

de ces paroles, devrait se confesser, car le simple fait de les prononcer est une offense à l’unité et constitue un dangereux précédent

psychologique).

Le mariage souffre ici des conséquences de la mentalité actuelle du « jetable ». Si un appareil ou un outil est endommagé ou

légèrement éraflé, on ne pense pas à le réparer (ceux qui faisaient ces métiers n’existent plus désormais), on ne pense qu’à le

remplacer. Appliquée au mariage, cette mentalité fait des ravages.

Saint Paul donnait d’excellents conseils à ce propos : « Si vous êtes en colère, ne tombez pas dans le péché ; avant le coucher

du soleil mettez fin à votre emportement. Ne donnez pas prise au démon » (Eph 4, 26-27) ; « Supportez-vous mutuellement, et

pardonnez si vous avez des reproches à vous faire » (Col 3, 13) ; « Portez les fardeaux les uns des autres » (Ga 6, 2).

Ce qu’il est important de comprendre, c’est qu’à travers ce processus d’accrocs et de raccommodages, de crises et de

dépassements de crise, le mariage ne se fane pas mais s’affine et s’améliore. Je vois une analogie entre le processus qui conduit à un

mariage réussi et celui qui conduit à la sainteté. Sur le chemin vers la perfection, les saints traversent souvent ce que l’on appelle la «

nuit obscure des sens », dans laquelle ils n’éprouvent plus aucun sentiment, aucun élan ; ils se sentent arides, vides, font tout à la force

de la volonté, et tout est difficile. Vient ensuite la « nuit obscure de l’esprit », dans laquelle non seulement le sentiment entre en crise

mais également l’intelligence et la volonté. On arrive à se demander si l’on est sur la bonne voie, si par hasard on ne s’est pas

complètement trompé ; c’est le noir le plus complet, des tentations à n’en plus finir. On n’avance plus qu’avec la foi.

Tout est donc fini? Loin de là ! Tout cela n’était que purification. Après avoir traversé ces crises, les saints se rendent

compte que leur amour pour Dieu est désormais beaucoup plus profond et plus désintéressé qu’au début.

Si avec de la bonne volonté, et l’aide d’une autre personne, on arrive à surmonter ces crises, on se rend compte que

l’élan, l’enthousiasme des premiers jours étaient vraiment peu de chose comparé à l’amour stable et la communion qui ont mûri au fil

des années. Si au début les époux s’aimaient pour la satisfaction que cela leur procurait, aujourd’hui ils s’aiment peut-être un

peu plus d’un amour de tendresse, libéré de l’égoïsme et capable de compassion ; ils s’aiment pour ce qu’ils ont réalisé et

souffert ensemble.



BXVI diocèse Albano sept 2006: La famille

R.P. Angelo Pennazza, curé à Pavona Votre Sainteté, dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, nous lisons que l'“Ordre et le

Mariage sont ordonnés au salut d'autrui... Ils confèrent une mission particulière dans l'Eglise et servent à l'édification du Peuple de

Dieu” (n. 1534). Cela nous semble véritablement fondamental, non seulement pour notre action pastorale, mais également pour notre

façon d'être prêtres. Que pouvons-nous faire, en tant que prêtres, pour traduire dans la pratique pastorale cette proposition et (selon

ce que vous avez vous-même réaffirmé récemment), comment transmettre de façon positive la beauté du mariage pour rendre encore

amoureux les hommes et les femmes de notre temps? Que peut apporter à notre vie de prêtres la grâce sacramentelle des époux?

BENOIT XVI : Deux grandes questions ! La première est : comment transmettre aux personnes d'aujourd'hui la beauté du mariage?

Nous constatons que de nombreux jeunes tardent à se marier à l'église, car ils ont peur de l'aspect définitif du mariage. Ils tardent

même à contracter un mariage civil. Le caractère définitif apparaît aujourd'hui à de nombreux jeunes, et également moins jeunes,

comme un lien contre la liberté. Et leur premier désir est la liberté. Ils ont peur à la fin de ne pas y arriver. Ils voient tant de mariages

qui échouent. Ils ont peur que cette forme juridique, telle qu'ils la perçoivent, soit un poids extérieur qui éteint l'amour.

Il faut faire comprendre qu'il ne s'agit pas d'un lien juridique, d'un poids apporté par le mariage. Au contraire, la profondeur et

la beauté résident précisément dans le caractère définitif. Ce n'est qu'ainsi que celui-ci peut faire mûrir l'amour dans toute sa beauté.

Mais comment le transmettre? Cela me semble un problème commun à nous tous.

Pour moi, Valence — et vous, Eminence, pourrez le confirmer — fut un moment important non seulement lorsque j'ai parlé

de cela, mais lorsque se sont présentées devant moi diverses familles, plus ou moins nombreuses ; l'une d’entre elles était presque

comme une « paroisse » avec tous ses enfants ! La présence, le témoignage de ces familles a été vraiment plus fort que toutes les

paroles. Elles ont présenté avant tout la richesse de leur expérience familiale : comment une famille aussi grande devient réellement

une richesse culturelle, une opportunité d'éducation des uns et des autres, une possibilité de faire vivre ensemble les diverses

expressions de la culture d'aujourd'hui, le don et l'aide réciproque également dans la souffrance, etc. ... Mais le témoignage des crises

qu'elles ont traversées a également été important. L'un de ces couples en était presque arrivé au divorce. Ils ont expliqué comment ils

ont ensuite appris à vivre cette crise, cette souffrance de la différence de l'autre et à s'accepter à nouveau. C'est précisément en

surmontant le moment de la crise, du désir de se séparer, que s'est développée une nouvelle dimension de l'amour et que s'est

ouverte une porte sur une nouvelle dimension de la vie, qui ne pouvait s'ouvrir qu'en supportant la souffrance de la crise.

Cela me semble très important. Aujourd'hui, on arrive à la crise au moment où l'on s'aperçoit de la différence des caractères,

de la difficulté de se supporter chaque jour, pour toute la vie. A la fin, on décide alors de se séparer. Nous avons compris précisément

à travers ces témoignages que c'est dans la crise, en traversant le moment où il semble que l'on n'en puisse plus, que s'ouvrent

réellement de nouvelles portes et une nouvelle beauté de l'amour. Une beauté faite de seule harmonie n'est pas une véritable

beauté. Il manque quelque chose, elle devient insuffisante. La véritable beauté a besoin également du contraste. L'obscurité et la

lumière se complètent. Même le raisin a besoin pour mûrir non seulement de soleil, mais aussi de la pluie, non seulement du

jour, mais aussi de la nuit.

Nous-mêmes, prêtres, tant les jeunes que les adultes, devront apprendre la nécessité de la souffrance, de la crise. Nous devons

supporter, transcender cette souffrance. Ce n'est qu'ainsi que la vie s'enrichit. Pour moi, le fait que le Seigneur porte éternellement les

stigmates revêt une valeur symbolique. Expression de l'atrocité de la souffrance et de la mort, elles représentent à présent le sceau de la

victoire du Christ, de toute la beauté de sa victoire et de son amour pour nous. Nous devons accepter, en tant que prêtres ou en tant

qu'époux, la nécessité de supporter la crise de la différence, de l'autre, la crise dans laquelle il semble que l'on ne puisse plus demeurer

ensemble. Les époux doivent apprendre ensemble à aller de l'avant, également par amour pour leurs enfants, et ainsi se connaître à

nouveau, s'aimer à nouveau, d'un amour beaucoup plus profond, beaucoup plus vrai. C'est ainsi, en parcourant un long chemin, avec

ses souffrances, que mûrit réellement l'amour.

Il me semble que nous, les prêtres, pouvons également apprendre des époux, précisément de leurs souffrances et de leurs

sacrifices. Nous pensons souvent que seul le célibat est un sacrifice. Mais, en connaissant les sacrifices des personnes mariées —

pensons à leurs enfants, aux problèmes qui apparaissent, aux peurs, aux souffrances, aux maladies, à la rébellion, et également aux

problèmes des premières années, lorsque les nuits sont presque toujours privées de sommeil à cause des pleurs des petits enfants —

nous devons apprendre d'eux, de leurs sacrifices, notre propre sacrifice. Et apprendre ensemble qu'il est beau de mûrir dans les

sacrifices et ainsi œuvrer au salut des autres. Père Pennazza, vous avez à juste titre cité le Concile, qui affirme que le mariage est un

sacrement pour le salut des autres : avant tout pour le salut de l'autre, de l'époux, de l'épouse, mais également des petits, des enfants, et

enfin de toute la communauté. Et de cette façon, le prêtre aussi mûrit dans la rencontre.

Je pense alors que nous devons faire participer les familles. Les fêtes de la famille me semblent très importantes. A l'occasion

des fêtes, il faut que la famille apparaisse, il faut qu'apparaisse la beauté des familles. Les témoignages également — bien qu'ils soient

peut-être un peu trop à la mode — peuvent en certaines occasions être réellement une annonce, une aide pour nous tous.

Pour conclure, il demeure très important pour moi que dans la Lettre de saint Paul aux Ephésiens, les noces de Dieu avec

l'humanité à travers l'incarnation du Seigneur se réalisent sur la Croix, dans laquelle naît la nouvelle humanité, l'Eglise. Le mariage

chrétien naît précisément dans ces noces divines. Il est, comme le dit saint Paul, la concrétisation sacramentelle de ce qui a lieu dans ce

grand Mystère. Ainsi, nous devons sans cesse ré-apprendre ce lien entre la Croix et la Résurrection, entre la Croix et la beauté de la

Rédemption, et nous insérer dans ce Sacrement. Prions le Seigneur afin qu'il nous aide à annoncer correctement ce Mystère, à vivre ce

Mystère, à apprendre des époux comment ils le vivent, à nous aider à vivre la Croix, de façon à arriver également aux moments de la

joie et de la Résurrection.



P.A.Bandelier: «Ma fille, en première année de fac, est amoureuse d'un garçon de sa classe. Au départ, elle avait l'intention d'attendre

le mariage. Maintenant, elle me demande de l'accompagner chez le médecin pour qu'il lui prescrive la pilule. »

IL FAUT AVOUER QUE NOUS SOMMES DANS UN MONDE TRÈS LOIN DE L'EVANGILE et d'une vision chrétienne

de la vie et de l'amour (et du reste aussi). « C'était une fille bien, engagée dans la paroisse. J'avais parlé avec elle. Elle avait un

idéal. Et je découvre qu'elle couche régulièrement avec ce garçon .• "Il n'y a rien de mal à ça, on s'aime, c'est tout! "Mon monde

s'est écroulé, avec mes illusions. Qu'est-ce que j'ai raté? Quel sens du mariage lui ai-je transmis, quel témoignage lui

avons-nous donné? »

Parents et éducateurs, nous pouvons nous interroger, en effet, cela ne fait pas de mal. Mais s'interroger n'est pas se culpabiliser.

D'une part, nous n'avons pas de maîtrise directe sur les idées et les mœurs de l'époque. D'autre part, nous ne pouvons ni ne devons

avoir prise sur les choix fondamentaux de ces jeunes adultes (qui ne sont peut-être que de grands adolescents).

En revanche, nous avons à dire ce que nous pensons, et je suis heureux de voir que cette jeune fille accepte le dialogue, même s'il est

dérangeant pour elle comme pour sa mère. Cela dit, où est l'erreur?

La première erreur, hélas trop fréquente, c'est que des jeunes chrétiens convaincus acceptent de tomber amoureux, puis de tomber

dans le même lit, alors que le « partenaire » n'a pas du tout les mêmes convictions, la même vision de la vie, le même idéal. C'est de la

folie, neuf fois sur dix. On me dira : l'amour ne se commande pas. Bien sûr que si! Comment font les époux (et les consacrés)

pour rester fidèles quand quelqu'un de séduisant et de disponible passe à portée de regard et de cœur? C'est justement parce que

j'espère et que j'attends un vrai compagnon, une vraie compagne, une vraie communion de corps, de cœur et d'âme, que je ne laisse pas

ma sentimentalité ou ma sensualité s'égarer à la première occasion. Illusion fusionnelle, destructrice.

La deuxième erreur est de commencer si vite une vie conjugale (pas officielle, mais néanmoins réelle). C'est s'emprisonner dans une

relation intime et intense, avant d'avoir l'autonomie nécessaire, non seulement extérieure (sociale, professionnelle, économique),

mais intérieure (la maturité psychologique, affective, intellectuelle, spirituelle). Seule cette autonomie permet un choix authentique

et un engagement d'avenir. Les relations précoces ne préparent pas au mariage, mais au divorce. En effet, elles apprennent

moins à s'unir qu'à se séparer. Et les cœurs ont très mal quand ils se réveillent !

La troisième erreur, tellement courante aujourd'hui qu'elle paraît la vérité et même l'évidence, c'est de mettre sous pilule une

jeune fille. Comme s'il n'y avait aucun risque à malmener les délicats équilibres féminins, et cela au moment même où ces équilibres

s'instaurent et se consolident. Et, il faut le dire, comme s'il n'y avait jamais de risques ultérieurs pour la santé ou pour la fécondité.

EVIDEMMENT, DANS CES SITUATIONS DE CONCUBINAGE PRÉCAIRE, une régulation naturelle, selon les méthodes d'auto-

observation, est a priori disqualifiée : elle demande attention, dialogue, responsabilité ; elle s'oppose à la loi impérieuse de

«l'empire des sens »; elle ne plaît pas en particulier au garçon, pour qui la belle doit toujours être disponible.

On dira qu'il vaut mieux prendre la pilule plutôt que risquer une grossesse - c'est-à-dire, neuf fois sur dix, un avortement. Entre deux maux,

choisir le moindre. C'est évident ! Mais c'est également révélateur. Cela manifeste que, dès le départ, l'enfant est exclu de ces amours

adolescentes, où l'on cherche à prolonger un cocon fusionnel plus qu'à bâtir un avenir.

D'autres jeunes que je connais attendent. Des fiancés s'attendent. Ils m'émerveillent. II y a en eux une grâce. Elle transparaît

parfois dans leur regard, dans leurs gestes. Mais que ceux qui ont perdu cette beauté intérieure le sachent : elle peut leur être

rendue.



Gesù a S. Margherita Alacoque, è questa: "Benedirò le case dove sarà esposta e venerata l'immagine del mio Cuore.



Giovanni Crisostomo diceva, già a suo tempo, di costoro che trascurano la salvezza dei figli e la propria, preoccupandosi

solamente di come, una volta arricchiti, potranno lasciare le ricchezze ai figli e questi a loro volta ai loro figli e questi ai posteri,

diventando così, per così dire, trasmettitori di denaro e di beni anziché genitori (cf. Hom. 59 in Matth.).



Si 30,1-13 Chi ama il proprio figlio usa spesso la frusta, per gioire di lui alla fine. Chi corregge il proprio figlio ne trarrà

vantaggio... Chi accarezza un figlio ne fascerà poi le ferite... Educa tuo figlio e prenditi cura di lui, cosi non dovrai affrontare la sua

insolenza.

- "cellula base” della società umana. Distruggerla significa distruggere questa società.

- generatrice di vita. Il bambino nasce da due amori congiunti. e li completa dando loro un senso, come ha voluto il Creatore. Di

conseguenza la famiglia è l'ambiente vitale, necessario alla crescita del bambino nel suo essere fisico, psichico, intellettuale e

spirituale. E in esso ch'egli sta immerso per svilupparsi.

- per eccellenza scuola di libertà. L'educazione alla libertà, indispensabile per ogni bambino, non può riuscire che in un clima di

grande affetto: quello di una famiglia unita. Fatto di un giusto equilibrio di fermezza e di dolcezza, esso permette al bambino di

formare e di fortificare la sua volontà. Dove c'è costrizione non c'è posto per la libertà; quando si rinuncia ad ogni autorità, nessun

vero progresso è più possibile.

- 'centro di accoglienza”. Ripiegata egoisticamente su se stessa, diverrebbe un ambiente soffocante. Se non vuole morire d'asfissia, la

famiglia non deve rifiutare nessuno:

né gli anziani, che dopo essersi dedicati ad essa fino al limite di ogni energia vivono sotto il suo tetto, né gli estranei che battono alla

sua porta, lungo corteo di miseria e di sofferenza.



Cirillo di Ales., In Io. comment., 2, 1: Quando si celebrano nozze, naturalmente che siano caste ed oneste, di sicuro è presente la

madre del Salvatore, ma lui stesso viene con i suoi discepoli se è invitato, e non tanto per prendere parte al banchetto quanto per

compiere il miracolo, e inoltre per santificare il principio stesso della procreazione, che di sua natura è cosa che concerne la carne.



Tertulliano, Ad uxorem Il, 6-9: « Chi mai sarà all'altezza di descrivere la felicità di un matrimonio che la Chiesa consacra, l'Eucaristia

conferma, la benedizione sigilla, gli angeli acclamano e che il Padre approva? Come è bello il giogo che unisce due credenti che hanno

un'unica speranza, uno stesso desiderio, una medesima regola di vita, una stessa volontà di servizio! Entrambi fratelli, entrambi

conservi; nessuna separazione tra di loro, né di carne né di spirito. Sono veramente "due in una carne sola"; ma dove c'è una sola

carne, li' c'è anche un solo spirito: insieme infatti pregano, insieme si mortificano, insieme digiunano; si istruiscono a vicenda, a

vicenda si esortano e si sostengono. Insieme nella Chiesa di Dio, insieme alla Mensa del Signore, insieme nelle difficoltà e nelle

persecuzioni e insieme anche nel sollievo. Nessuno dei due si nasconde all'altro, nessuno dei due evita l'altro, nessuno dei due è gra-

voso per l'altro. Se c'è da visitare un infermo o da aiutare un indigente, lo si fa con tutta libertà; l'elemosina è senza tormento, i sacrifici

senza scrupoli, l'osservanza quotidiana senza impedimenti; non c'è bisogno di farsi furtivamente il segno della croce, di lodare con

trepidazione o di pronunciare in silenzio la benedizione. Risuonano tra loro salmi ed inni e fanno quasi a gara a chi sa cantare meglio

al proprio Signore. A vedere e sentire queste cose, Cristo ne gode e manda ad essi la sua pace. Dove sono i due, ivi c'è anche lui e

dove c'è lui ivi non c'è il maligno »

Agostino, commento a Giovanni (IX,2): «Che il Signore abbia accettato l’invito e sia andato alle nozze, a parte ogni significato

mistico, vuole essere conferma che egli stesso ha creato il matrimonio. Sarebbero venuti degli uomini che avrebbero vietato le nozze,

dicendo che sposarsi è cosa cattiva, che le nozze sono opera del diavolo. Coloro invece che conoscono bene la fede cattolica, sanno

che è Dio che ha istituito le nozze. Il Signore dunque accettò l’invito e andò a nozze, per confermare la castità coniugale, e palesare il

mistero che è figurato dal matrimonio: in quelle nozze, infatti, era figurata la persona del Signore dallo sposo, cui fu detto: Hai

riservato il buon vino fino a questo momento. Cristo infatti, aveva conservato fino a quel momento il buon vino, cioè il suo Vangelo

(Bonum enim vinum Christus servavit usque adhuc, id est Evangelium suum)» .

bienheureuse Françoise d'Amboise Au couvent des Couëts, près de Nantes, en Bretagne, épouse du duc de Bretagne Pierre II, qui

fonda à Vannes le premier carmel féminin de France, où, devenue veuve, elle se retira en simple servante du Christ.

Agée de 4 ans, Françoise (1427-1485) a été fiancée à l'un des fils de jean V de Bretagne, Pierre de Dreux. Conduite à Nantes, elle fut

éduquée à la cour par la duchesse Jeanne de France, fille spirituelle de saint Vincent Ferrier.

Après leur mariage en 1441, Pierre et Françoise se firent promesse de virginité. Pierre succédant à son père, ils s'établirent à

Guingamp. « Plutôt mère que dame et maîtresse de ce peuple breton », Françoise veilla à ce que les pauvres n'aient pas trop d'impôts,

se montra très « aumônière », fonda un couvent de clarisses à Nantes et un carmel à Vannes.

Pierre Il mourut en 1457 et, en 1468, Françoise se retira au carmel de Vannes. Désireux de voir sa tante auprès de lui, le duc François

Il obtint du pape le transfert du carmel aux Couëts. Elle s'y éteignit en disant : « Sur toutes choses faites, que Dieu soit le mieux

aimé. »



S. PIERRE CHRYSOLOGUE (t 450), archevêque de Ravenne, nous laisse cent soixante-seize sermons d'inspiration biblique, S 99,

coll Ichtus lt Xnes 12, , Centurion/Grasset1968, p. 286: L'homme et la femme ont mis fin au procès du monde

[Jésus] comparait tout à l'heure son royaume à un grain de sénevé, il l'assimile maintenant à du levain. Il rappelait qu'un homme avait

pris un grain de sénevé, il dit ici qu'une femme prend du levain. Il racontait que l'homme avait semé une petite graine et qu'il en était

sorti un grand arbre ; à présent la femme enfouit une pincée de levain pour faire gonfler toute sa pâte. En vérité, comme dit l'Apôtre

Paul, dans le Seigneur, la femme n'existe pas sans l'homme, ni l'homme sans la femme (t Co il, 11). Ces deux paraboles acheminent au

même royaume les deux sexes ; le Christ appelle à la fois, sans les séparer, l'homme et la femme, que Dieu unit, que nature assemble,

en leur donnant par une admirable conformité, les mêmes gestes, les mêmes tâches. Dieu fait que par le lien du mariage deux êtres n'en

soient qu'un et qu'un seul en soit deux et que l'homme y découvre un autre lui-même, sans perdre sa singularité ou se confondre dans le

couple...

Ces paraboles évoquent le plus grand projet de l'humanité : l'homme et la femme ont mis fin au procès du monde, qui traînait depuis

des siècles. Adam, le premier homme, et Ève, la première femme, sont conduits de l'arbre de la connaissance du bien et du mal à la

brûlure du sénevé évangélique. Ces yeux que l'arbre tentateur avait fermés en les ouvrant, l'arbre du sénevé, par la vertu de son

onguent et par son âpreté même, les ouvrira en les fermant. Ces bouches infectées par un arbre empoisonné, seront guéries par la

brûlante saveur de l'arbre salvifique et cet arbre au goût de feu embrasera de toutes ses ardeurs les consciences que l'autre arbre avait

glacées de sa froide saveur. La nudité n'a plus d'effet ici, elle n'inspire plus de confusion : l'homme est tout entier habillé de

pardon, réchauffé par le vêtement de la foi et toutes les grâces que lui a apportées le grain de sénevé se répandent aussi sur la

femme.



Patricia Martinez Peroni, directrice du congrès, professeur d’anthropologie et de psychologie de la personnalité et des différences

individuelles à l’Université San Pablo CEU (Madrid, Espagne), Congrès européen de la Famille à Rome du 8 au 10 mars 2007

ROME, Mercredi 7 mars 2007 (ZENIT.org) – Un congrès européen sur la famille affrontera à Rome, du 8 au 10 mars, les défis de la

famille européenne aujourd’hui. Politiciens, académiciens et organisations non gouvernementales apporteront leur contribution aux

travaux.

L’évènement est organisé par l’Institut des Etudes supérieures sur la Femme, de l’Université pontificale « Regina Apostolorum » à

Rome. L’idée du congrès est d’affronter les questions nouvelles que posent, au plan politique, économique et éducatif, la situation et

l’évolution de la famille en Europe, et de faire connaître les initiatives mises en œuvre, pour la famille, par des organisations

internationales.

Du point de vue de l’ordre et de la loi naturelle, la famille d’aujourd’hui est identique à celle que l’on connaissait il y a 100 ans.

La liberté humaine, « limitée et contingente », a effacé l’« empreinte divine ». Elle représente, « en se servant d’ idéologies soi-

disant immanentistes, une nouvelle forme de société, où l’individu et la famille se construisent selon de nouveaux modèles théoriques

et de nouveaux paradigmes culturels ».

« C’est probablement en Europe que s’est forgée cette désintégration de la loi naturelle de manière plus récente – a-t-elle déploré –.

Même si l’Amérique du Nord a posé les jalons de la révolution sexuelle, au détriment du mariage et de la famille, en Europe il existait

déjà des précédents ».

« Que la législation européenne ne défende pas la famille est terriblement préoccupant. Surtout quand elle se met à défendre le

‘mariage homosexuel’. Ceci, très dévalorisant pour le mariage en tant que bien juridique à défendre, relativise la substantialité de la

famille en tant que cellule naturelle de l’ordre social. De nouvelles catégories équivoques telles que la ‘diversité de familles’, la

‘théorie du genre’ ou l’‘orientation du désir’ font leur apparition dans la liste des nouveaux droits de l’homme ».

Quant aux différences qui existent entre une politique de la famille et les politiques sociales d’orientation familiale, la première «

répond à la réalité de l’institution naturelle et juridique du mariage et au milieu où l’être humain est engendré et sera éduqué ».

« Si nous considérons que la politique, pour assurer l’ordre social, doit agir pour le bien commun, elle ne peut s’opposer au bien

personnel de chaque individu ».

La personne humaine transcende « la pure vie organique pour se perfectionner dans un utérus social tel l’habitat premier de la famille

et du foyer ». L’homme est « un corps animé de l’âme spirituelle, qui l’identifie comme membre d’une espèce. Par conséquent, sa

nature rationnelle le porte à une interrelation avec les autres, tout d’abord avec son père et sa mère, dont son existence dépend mais

dont il reçoit aussi une formation psycho-biologique et spirituelle conforme à sa nature », a-t-elle poursuivi.

« Cette réalité naturelle est la base de la société, et nécessite que la politique d’un Etat garantisse sa protection juridique et sociale, vu

qu’elle répond à la dimension spécifique de l’homme en tant que membre d’une communauté ».

« Les politiques sociales en faveur de la famille devraient miser sur cette ‘perspective’ ». « Or, il arrive souvent que, « sorties d’une

juste anthropologie, celles-ci deviennent une pure idéologie, soumise à un pouvoir à la fois positiviste et constructiviste, offrant

des services qui n’ont plus rien à voir avec la réalité de l’homme en tant que tel ».

La famille est « la cellule qui reçoit la vie humaine dans sa gestation et dans son développement afin que l’homme puisse atteindre sa

plénitude de créature. Elle ne peut être privée de sa dimension transcendante, dans la mesure où l’homme est un être à la fois corporel

et spirituel ».

La « caractéristique de la famille » comme institution naturelle « trouve son fondement premier dans le mariage indissoluble qui reflète

la communion des époux et l’ouverture à la vie, celle-ci n’étant pas uniquement entendue comme procréation mais également comme

éducation des enfants et humanisation de la société ».

« C’est pourquoi la famille, qui est cellule et base du développement humain, est un bien juridique à défendre ».

ZF07030709



■ Divorce. Le mariage se porte de plus en plus mal. Un couple sur six n’est pas marié (un sur trois en région parisienne). Une enquête

Insee-ministère de la Justice révèle que sur 134 000 divorces prononcés en 2004, près de 20 000 concernaient des couples mariés

depuis moins de cinq ans, soit 29 % de plus qu'en 2000 (Le Monde, 1er mars). Et c'est autour de trois années que les risques sont le

plus grand: 24,5 divorces pour 1 000 unions. Ces chiffres ne font que confirmer une tendance qui ne se ralentit pas. Il y a trente ans

on divorçait après vingt ans de mariage. Le taux de divorce n’était dans la première année que de 5 pour mille. Il a presque quadruplé.

« Ce qui a changé, c'est que le couple ne fait plus partie de la famille, qu'il est une notion à part, remarque Robert Neuburger,

psychiatre et vice-président de la Société française de thérapie familiale. Autrefois, on ne faisait pas la différence. On se mariait pour

fonder une famille et le couple en constituait le fondement. Désormais, on est dans l'idée d'un couple qui apporte satisfaction puis

d'une famille qui apporte satisfaction. Mais les deux éléments restent dissociés »Quand la satisfaction cesse on se sépare. »

Moralement correct (Perrin) offre une mine d’information sur la dérive libertaire de notre société, Jean Sevillia dresse le tableau de

la nouvelle moralité et l’inventaire des contradictions qui en résulte. Il écrit à propos de la famille et du mariage: « La famille, de nos

jours se fonde sur deux personnes qui se sont mises en couple. Un couple fondé sur l’amour et seulement sur l’amour. Un amour

total, fusionnel, ne tolérant ni déception ni routine. S’il n’y a plus de passion, et notamment plus de passion sexuelle, le couple perd

sa raison d’être. » L’expérience montre que l’amour passion, à moins d’être vivifié par une vie spirituelle profonde, ne dure

généralement pas plus de trois ans.



Denis Sonet, vs déception mariage (FCh 1526):

«Quand je pense aux espérances que j'avais fondées sur mon mariage ! Mais la réalité n'est pas le rêve : faut-il donc être déçu par ce

qu'on attend le plus? » (Une épouse.)

Brassens chantait: « Il n'y a pas d'amour heureux!» Je pense qu'il serait plus juste de dire: « Il n'y a pas de mariage parfaitement

heureux », pour la simple raison qu'au coeur de tout amour, il y aura toujours une certaine insatisfaction. L'amour est « une promesse

non tenue », disait Claudel. Il promet le partage, l'échange, le dialogue : il y a le journal, la télé, la surcharge de travail. Il promet la

connaissance totale de l'autre : celui-ci reste mystère. Le bonheur? Il y a la maladie, la chute du désir. Il dit « toujours »: il y a au-

dessus des couples l'épée de Damoclès de la mort. Il promet l'union parfaite : et les conjoints restent toujours deux.

C'est que l'amour s'exprime dans un faisceau de désirs, dans un jaillissement d'aspirations qui ne pourront être totalement comblés.

L'un des désirs DE L'AMOUR, C'EST LE DÉSIR DE POSSESSION. Et le vocabulaire amoureux exprime bien ce désir: « Tu es à

moi », « tu es mienne », « je te veux ». Et ce rêve apparaît au départ réalisable : ne donne-t-on pas à l'autre les clés de son sanctuaire

intérieur? On lui donne le droit d'avoir accès à nos valeurs les plus chères, voire de nous transformer, de nous sculpter (ce qu'on

refusait farouchement parfois à nos parents). Pouvoir pourtant limité: car on ne possède jamais totalement un être libre. Le rêve de

possession est obligé de se modérer, d'attendre le bon consentement de l'autre, qui peut toujours nous échapper. Il n'est possédé que s'il

est respecté dans sa liberté... Saint Paul disait: « Possédez comme ne possédant pas » !

AUTRE DÉSIR DE L'AMOUR, LA CONNAISSANCE PARFAITE DE L'AUTRE. Comme on aimerait connaître toutes ses pensées,

lire dans ses yeux à volets ouverts... « Dis-moi tout », « ne me cache rien », « m'aimes-tu vraiment? »

Or, ce désir est souvent déçu: « Plus nous irons loin dans le monde de la connaissance [de l'autre], plus nous nous apercevrons

que le mystère demeure », écrivait Anne Philipe. Il y a souvent des non-dits, ne fût-ce que pour éviter à l'autre la souffrance. Et de

toute façon, il y a une part d'incommunicable chez chacun, de mystère qui échappe même à l'intéressé, cette part que se réserve le

Créateur qui crée chacun unique, sacré, insondable.

IL EXISTE AUSSI LE DÉSIR DE DÉPASSEMENT. C'est chez les amoureux le désir de vivre un amour toujours plus beau, toujours

plus fou. Connaître la joie complète au plan sentimental, mais aussi au plan charnel, où les attentes sont grandes dans le monde

moderne! Et là aussi, l'insatisfaction apparaît bien souvent, parce que l'obsession de la réussite, l'oubli par l'un des deux époux de la

tendresse, le sentiment d'être un objet, apportent une certaine désillusion. Ce qui devrait unir, paradoxalement, sépare parfois. Et,

de toute façon, comment concilier parfaitement le désir légitime de prendre son plaisir et de songer avant tout au bonheur de l'autre?

L'amour désirerait grandir avec les années. Il voudrait posséder toutes les qualités de Dieu, et en particulier la durée, l'éternité: « Tu

m'aimeras toujours?» Or, il y a toujours derrière les amoureux l'horloge qui scande la fuite du temps.

LE DÉSIR QUI SERA INÉVITABLEMENT INSATISFAIT, C'EST LE DÉSIR DE FUSION, d'union totale, de communion

réussie. N'être qu'un, qu'une pensée, qu'un coeur, qu'une âme, qu'une prière! Rêve souvent déçu à cause des défauts de chacun et des

différences entre les personnes. Comment concilier parfaitement le désir de n'être qu'un et celui de rester soi? Il n'y a que dans

l'amour infini de la Trinité qu'on peut n'être qu'un en restant trois!

VOILÀ, POURQUOI IL NE FAUT PAS ÊTRE ÉTONNÉE DE RENCONTRER EN AMOUR UNE PART DE DÉCEPTION :

l'amour vole trop haut.

Sommes-nous alors les ratés de la Création, êtres finis avec des désirs infinis? La preuve que le monde est absurde, disent certains

philosophes. Non, diront les autres : cette insatisfaction est utile, car elle est le moteur de l'action et du progrès.

Quant aux chrétiens, sans refuser cette dernière explication, ils comprennent que si l'homme a des désirs infinis, c'est que son être

profond, justement, est orienté vers l'Infini. Il est fait pour un autre Amour (dont l'amour terrestre est le chemin et

l'apprentissage). Acceptons l'imperfection du conjoint: il n'est pas le Christ. Les noces de la Terre sont en fait la répétition générale

(souvent difficile) des Noces éternelles.



Cal Barbarin /Ep 5, FCath 5 mai 2007:: Il y a un balancement dans le texte, puisqu’il parle aux femmes d’abord, puis aux

maris. Surtout, ce que saint Paul nous révèle ici, et c’est pourquoi l’on peut lire ce texte dans la liturgie du sacrement de

mariage, ce qu’il souligne, c’est une analogie, un lien qui existe entre l’attitude de la femme par rapport à son mari et du

mari par rapport à sa f e m m e d’une part, et d’autre part l’attitude du Christ par rapport à l ’ É g l i s e . Avez-vous

remarqué que saint Paul ne dit pas a u x femmes: "soyez soumises à votre mari", et aux maris: "aimez vos femmes",

c’est-àdire: "ayez une qualité de relation avec votre épouse"? Ce n’est pas cela qu’il dit, et l’insistance n’est pas du tout

làdessus. Il dit: "Comme le Christ a aimé l’Église, maris, aimez vos femmes". "Comme le Christ a été soumis,

femmes, soyez soumises". C’est-à-dire qu’il y a le Christ et l’Église, et saint Paul dans son épître aux Éphésiens a

développé ce mystère du Christ par rapport à l’Église, de Dieu par rapport à nous, son peuple. Et maintenant il nous dit

que dans le mariage, il s’agit de maris et de femmes, et qu’il s’y trouve quelque chose comme ce lien entre le Christ et

l’Église. Tel le Christ s’est comporté vis-à-vis de l’Église, tels les conjoints doivent se comporter entre eux. On ne dit pas:

tel le Christ s’est comporté vis-à-vis de l’Église, le mari doit se comporter vis-à-vis de sa femme, telle l’Église a été par

rapport au Christ, que la femme soit par rapport au mari. Ce serait très faux de le comprendre comme cela. On dit, de la

même manière que le Christ a aimé l’Église, de la même manière le conjoint numéro 1 va aimer le conjoint numéro 2.

Mais précisément saint Paul comprend bien que dans l’amour du couple humain, il devrait y avoir une certaine symétrie

alors qu’entre le Christ et l’Église il n’y a pas vraiment de symétrie, parce que le Christ, personne divine, préexiste à

l’Église, et parce que l’Église est un corps social. Il y a préexistence. Le Christ fait surgir l’Église et il l’aime, tandis que ce

n’est pas le mari qui fait surgir sa femme d’une intense pensée d’amour, et hop ! le fantasme devient personne ! Saint

Paul dit: le Christ aime l’Église, et il s’adresse aux femmes: regardez comment le Christ aime l’Église, eh bien, aimez

vos maris de la même façon ! Ensuite, il se tourne vers les maris: regardez comme le Christ aime l’Église, eh bien

aimez votre femme de la même manière ! Dans la comparaison, c’est la qualité de l’amour du Christ pour l’Église qui

doit être le repère, le modèle de l’amour du mari pour sa femme et de la femme pour son mari. C’est cette qualité de

relation, car il s’est donné pour elle, le Christ s’est donné pour l’Église, alors vous, les maris, donnez-vous à votre épouse

comme le Christ s’est donné pour son Église, et de même pour les femmes. Il est vrai que saint Paul utilise un vocable

différent: d’un côté, il parle plutôt de soumission, et de l’autre il parle plutôt de don, mais l’idée fondamentale, c’est le

Christ entièrement ordonné à l’Église, qui s’est donné à elle, qui est ordonné à elle. Il n’est pas besoin de beaucoup jouer

sur les mots, même en français, pour retrouver cette différenciation qui correspond à deux manières convergentes de dire

la même chose. Il y a d’abord un don total et non pas une prise de pouvoir par rapport à l’autre, pour faire vivre l’autre.

Moyennant quoi la qualité de l’amour du Christ a été l’amour qui fait qu’il se donne, c’est-à-dire qu’il est entièrement

ordonné à ce salut de son corps mystique qu’est l’Église, et c’est cette qualité d’amour qui doit s’implanter dans l’amour

conjugal de l’homme pour la femme et de la femme pour l’homme. Si on a compris ça, on a compris le sens du

sacrement de mariage, et beaucoup d’autres choses. Ce n’est pas le Christ d’un côté et l’Église de l’autre, l’homme d’un

côté et la femme de l’autre, c’est l’amour du Christ envers l’Église qui doit éclairer l’amour conjugal de l’homme pour la

femme et de la femme pour l’homme. C’est pour cela qu’il y a deux paragraphes dans ce passage. C’est pour cela aussi

que ce qui est particulièrement bien dans le texte en français, c’est le mot "comme", répété avec insistance. Dans le

sacrement de mariage, il n’y a pas seulement cette réalité source de l’amour du Christ envers l’Église dont l’amour

conjugal devient signe, mais il en devient aussi présence.



Cantalam, Veni Creator:

Dans l'Antiquité, certaines personnes, influencées par les prescriptions judaïques sur la pureté rituelle, voulaient empêcher les époux

de s'approcher des sacrements après leurs rapports intimes, considérant que l'Esprit Saint se serait alors éloigné d'eux. Une source

canonique qui fait autorité a réagi énergiquement contre cette pratique : «Par le baptême, les époux ont reçu l'Esprit Saint, lequel reste

toujours avec ceux qui accomplissent la justice ; il ne les abandonne certainement pas en raison de leurs rapports conjugaux, mais il

reste toujours avec ceux qui l'ont et il les garde»3.

Si nous interrogeons la Tradition à la lumière de ces développements, nous y trouvons une confirmation particulière. La théologie

latine du don a entrevu ce lien très étroit entre l'Esprit Saint et l'amour sponsal, mais l'a développé dans un sens seulement. Elle est

partie du symbole -l'amour humain des époux- pour illustrer la réalité, c'est-à-dire l'Esprit Saint. Saint Hilaire le premier a relié les

deux concepts de "don" et de "jouissance" quand il écrit : «L’infinité dans l'Eternel, la visibilité dans l’Image, la jouissance (fruitio)

dans le Bienfait»4. Augustin a développé cette intuition : «Cette ineffable union du Père et de son Image n’est donc pas sans

jouissance, sans amour, sans joie. Et c’est cet amour, cette délectation, cette félicité ou béatitude, —si aucune de ces expressions

humaines est digne— qu’Hilaire appelle d’un seul mot, jouissance, c’est-à-dire : l’Esprit Saint dans la Trinité, non engendré, mais

doux lien de celui qui engendre et de celui qui est engendré, se répandant avec générosité et abondance sur toutes les créatures dans la

mesure de leur capacité, afin que chacune soit dans l’ordre et se tienne à sa place»5.

À la lumière de ce texte merveilleux, il apparaît que toute la douceur et la joie que l'on peut connaître sur la terre ne sont qu'un reflet

ou une sorte de halo lumineux de l'union trinitaire.

À partir de là, les écrivains latins parlent communément de l'Esprit Saint avec les images conjugales de l'union intime et du baiser.

Saint Ambroise note ceci : «Dans le baiser, il y a plus que le simple contact des lèvres ; il y a le désir d'insuffler l'un dans l'autre son

propre souffle»6. Au sujet du rapport amoureux, voici ce qu'écrit un auteur du Moyen-Âge : «Cette mutuelle dilection, amour très

suave, heureuse relation intime, amour qui comble, par lequel le Père trouve son repos dans le Fils et le Fils dans le Père ; ce repos

imperturbable, dis-je, cette bonté incomparable, unité inséparable, réunion de deux choses en une seule, ce rassemblement en une

seule et unique chose : tout cela, nous disons que c'est le doux, suave, bienheureux et saint Esprit»7.

Nous voyons que ce symbolisme est utilisé seulement dans la direction du passage du symbole à la réalité, car il tente d'éclaircir la

personne de l'Esprit Saint en partant des gestes conjugaux du baiser et du rapport amoureux. Mais il est possible de l'utiliser aussi dans

3

Didascalie des apôtres, XXVI, éd. R. H. Connolly, Oxford 1969, p. 242.

4

Hilaire de Poitiers, La Trinité, II, 1 (CC 62, p. 38), SC 443, p. 277.

5

Augustin, La Trinité, VI, 10, 11.

6

Ambroise, Su Isacco e l'anima, 3, 8 (CESL 32, p. 648).

7

Bernard, Sermoni diversi, 89, 1 (Ed. Cistercense, VI, I, p. 336) ; cf. Isaac de l'Etoile, Sermons III, 45, 12 (SC 339, p. 105).

la direction opposée, c'es-à-dire en partant de l'Esprit Saint comme don de Dieu, pour mettre en lumière le sens profond de l'amour

conjugal humain. L'auteur cité disait au sujet de l'union divine qu'il est bonheur, amour, repos, paix, douceur, pleine satisfaction,

fusion parfaite dans l'unité. Mais cela n'est-il pas l'aspiration de tous les époux lorsqu'ils s'unissent par un vrai amour?

L'union charnelle en elle-même est impuissante à réaliser tout cela, comme le disait déjà, en termes crus mais efficaces, le poète païen

Lucrèce8. Si le mauvais amour d'agression et de possession s'élève à l'amour de don (ce que l'Esprit Saint enseigne), l'intimité pourra

réaliser entre les époux cette douce unité de paix, pâle reflet sur terre de l'union divine dans l'Esprit.

L'Esprit Saint, comme don de Dieu, nous offre la base d'une théologie du plaisir, capable de sauver, au moins en principe, cette

expérience humaine, de l'ambigüité qui pèse sur elle. Le même poète païen constatait ce qui arrive dans toute expérience de plaisir,

particulièrement dans le plaisir charnel : «Du milieu même de la source des plaisirs surgit l’amertume et l’épine déchirante sort du sein

brillant des fleurs»9.



SOCIETE Lesatouts de la famille L’économiste Jacques Bichot, professeur à l’université de Lyon, et le journaliste Denis

Lensel se sont attelés à un travail dont ferait bien de s’inspirer la future majorité présidentielle, quelle qu’elle soit. Ils ont en

effet recensé et mis en perspectives tous les “atouts” que les familles - composées d’un homme, d’une femme et de leurs

enfants - offrent non seulement à chacun de leurs membres, mais aussi à la société tout entière. Ce sont bien des

politiques actuelles et des idées reçues ou imposées qui en prennent pour leur grade dans cet essai vif, salutaire et

finalement roboratif parce qu’il montre que la famille est une force de résistance morale et d’innovation sociale qui peut

résister encore longtemps aux idéologies et aux modes les plus destructrices du bonheur des hommes. On y verra

notamment comment la famille donne un sens au travail, est une “sécurité sociale”, est une école de liberté... Ce dont

l’entretien ci-contre ne donne qu’une petite idée tant la variété des sujets abordés est étonnamment grande. 8

FRANCECatholique N°3070 4 MAI 2007 Interview de Jacques BICHOT et Denis LENSEL par Maurice CHARLIN

Les Français, plébiscitent la famille, dites-vous, sondages à l’appui. Mais quelle image ont-ils de cette famille?

Jacques Bichot: La famille rend service à ses membres, et cela compte dans l’attachement que les Français lui portent.

Mais on ferait une erreur en réduisant le "familialisme" à une sorte d’utilitarisme. Regardons les rapports entre parents et

enfants: bien sûr, les enfants apportent à leurs parents beaucoup de "gratifications", comme disent les psychologues,

mais l’amour de ces derniers n’en est pas moins essentiellement altruiste. L’adolescence est souvent qualifiée d’“âge

ingrat"; cela veut dire qu’être parent, à ce moment-là, représente souvent plus de soucis que de satisfactions. Est-ce que,

pour autant, les parents se détournent de leurs ados? Non! Ils se disent que leur fils ou leur fille traverse une période

importante et difficile de sa croissance, et ils font tout leur possible pour les accompagner dans ce cheminement. De

même, constatons le dévouement du conjoint resté valide vis-à-vis du conjoint devenu "dépendant": ce dernier ne

"sert" plus à grand-chose, il n’en est pas moins entretenu, soigné, en un mot aimé. Il est clair que la gratuité est au coeur

de l’amour conjugal, parental et filial. Mais ce en quoi la famille est formidable, c’est qu’elle utilise les aspects utilitaires

pour servir de base à l’amour gratuit, altruiste. Prenons la distinction classique entre eros et agapé: le plaisir amoureux,

l’érotisme conjugal, sert de matériau pour construire l’alliance, qui va bien au-delà de la sexualité et même de

l’affectivité ! C’est comme une maison: le plus important est l’atmosphère qui y règne, mais s’il n’y avait pas les

pierres, le ciment, les fenêtres et tutti quanti, il n’y aurait pas l’atmosphère conviviale qui en est l’âme. En

somme, la famille sert à ses membres, c’est son aspect corporel; et à travers les services que ses membres se

rendent mutuellement ils construisent une vraie communauté animée par un amour altruiste: c’est l’aspect spirituel de la

famille. Celle-ci est humaine: elle est donc corps et âme, inséparablement.

Denis Lensel: Il y a un "donnant-donnant" dans toute famille qui reste unie dans la durée. Certes, on y reçoit, mais on

y apporte aussi. Et la solidarité entre les générations crée des réciprocités soit immédiates, soit étagées dans le temps.

Les parents élèvent leurs enfants, mais ensuite ceux-ci s’occupent – en principe – de leurs parents une fois ceux-ci

devenus âgés et plus dépendants d’un soutien extérieur. C’est la règle de toute vie humaine.

J. B.: La période historique où la femme était légalement une sorte de mineure dépendante de son mari est révolue, du

moins dans les pays de tradition chrétienne. Mais cela ne date pas de tellement longtemps: en cette période électorale,

rappelons que le droit de vote des Françaises date seulement de 1945! Dans le code civil, le remplacement de la

"puissance paternelle" par l’autorité parentale (exercée conjointement par le père et la mère) est encore plus récent. Il est

donc nécessaire d’insister sur le principe d’égalité. Quand nous lisons chez Saint Paul "femmes, soyez soumises à vos

maris", n’oublions pas de le faire cum grano salis. Le grain de sel est la parole même de Jésus, en Mt 19 quand il proscrit

la répudiation. Celle-ci é t a i t peut-être la manifestation la plus forte de l’inégalité homme-femme à son époque; en la

proscrivant, il chamboula les idées reçues de ses disciples, qui s’écrièrent: "si telle est la condition de l’homme envers la

femme, il n’est pas expédient de se marier." Egalité, donc, mais non pas identité. Les féministes de la seconde

génération, par exemple Sylviane Agacinski, revendiquent à juste titre le droit à la différence: une soi-disant égalité

qui impose à la femme de se comporter comme un homme est en fait une forme subtile de soumission. L’homme n’est

pas une femme comme les autres, la femme n’est pas un homme comme les autres: "homme et femme Il les créa", dit la

Genèse. Quand Marie-Pascale Delplancq-Nobécourt publie Oser être femme au foyer, elle se situe dans cette

perspective: il ne doit pas y avoir de hiérarchie entre les tâches ménagères et les activités professionnelles, il n’est pas

moins important de s’occuper de ses propres enfants que de travailler à la Direction des ressources humaines d’une

entreprise ou d’une administration. Les écologistes veulent que l’on respecte la diversité des espèces; au sein de

l’espèce humaine, respectons la diversité des sexes ! Ce sont les différences entre mari et femme, entre père et

mère, entre frères et soeurs, qui font la richesse de la vie familiale.

Selon vous, "Le bon fonctionnement du couple demande plus de savoir-faire et de bonne volonté que jadis". Pourquoi? J.

B.: L’évolution de la société va de pair avec celle des mentalités individuelles. Chacun dispose de plus d’indépendance.





8

Lucrèce, De la nature des choses, IV, 1104 ss.

9

Ibid., IV, 1129 s.

Les normes collectives sont moins contraignantes. Par exemple, beaucoup de parents ont de la difficulté à apprendre

la politesse, ou l’obéissance, à leurs enfants, parce qu’il existe beaucoup de lieux où politesse et obéissance ont été

réduites à la portion congrue, à commencer par de nombreuses écoles. Pour le couple, il en va de même: la division du

travail entre mari et femme, la répartition des rôles pour l’éducation des enfants, les comportements respectifs vis-à-vis

des voisins ou des professeurs des enfants, ou encore le comportement sentimental et sexuel (par exemple, qui prend

l’initiative?), tout cela n’est plus autant codifié par la société. Les conjoints doivent trouver l’équivalent d’un "gentleman

agreement" pour la conduite des enfants en classe, la vaisselle, le ménage, le bricolage, la cuisine, la ligne de conduite à

tenir vis-à-vis de leur fille aînée qui commence à vouloir "sortir", la façon de remettre au travail leur garçon qui ne

s’intéresse qu’aux jeux électroniques, etc. Tout requiert concertation, discussion, parfois négociation. De ce fait la vie de

couple est à la fois plus vivante, plus intéressante, et beaucoup plus difficile. Comme on apprend sur le tas, par essais et

erreurs, il est très important de savoir présenter des excuses et pardonner.

D.L.: L’évolution de la société actuelle, son éclatement mais aussi sa diversification, créent des occasions de suivre des

voies différentes de celles de la vie des couples dans le mariage. Il faut donc recadrer judicieusement la place de la

famille dans ce maëlstrom culturel, à la fois sans frilosité craintive et sans laisser-aller démagogique, mais avec audace et

prudence.

Quelles sont la part de la dimension contractuelle et la part de la spontanéité affective dans le “mariage idéal”?

J. B.: Le mariage est aujourd’hui conçu comme aboutissement d’un sentiment amoureux, mais il ne saurait se limiter à

cela, car Cupidon est volage. Et ce n’est pas le contrat, si utile soit il, qui permet de rendre le mariage vraiment solide:

c’est plutôt l’alliance, c’est-à-dire une décision conjointe de vivre l’un pour l’autre, au-delà de tout calcul, sa vie

durant. D. L.: Chez les jeunes couples, en général, c’est l’amour-sentiment qui prédomine, mais dans un contexte

matériel et psychologique difficile, et ici, gare à l’aveuglement de l’angélisme romantique. Le réalisme doit étayer les

élans de l’amour, pour éviter de cruelles désillusions.



Sondages D’après l’IFOP, en 2003, malgré un contexte général d’inquiétude, 89% des Français affirmaient leur confiance

dans "les relations avec leur famille". Dans un sondage BVA-Vivre plus de mars 2002, 67% des personnes interrogées

pensent avoir ou avoir eu "de très bons parents", et 28% d’ "assez bons", contre seulement 1% d’ "assez mauvais", et…

0% de "très mauvais". D’après la même enquête, quatre jeunes sur cinq voient dans la famille "une valeur moderne".

D’après une enquête IFOP-Psychologies de mai 2001, 92% de Français âgés de plus de 15 ans se déclarent satisfaits de

leur vie familiale, contre 7% d’insatisfaits. D’après un sondage SOFRES-Pèlerin d’octobre 2005, la famille obtient 91% de

mentions favorables dans le domaine de la transmission des valeurs, devant l’école qui n’en obtient que 60%. Quant à la

notion de maternité, à une question de la SOFRES posée en l’an 2000, après un premier sondage identique datant de

1980, le fait d’être mère, jugé seulement "souhaitable" à 46% en 1980, devient "indispensable" à 44% en 2000, au lieu

de l’être à 40% en 1980. D’après l’enquête SOFRESParents d’avril 2005 auprès de mères de bébés de moins de deux

ans, 75% de ces mamans rêvent d’avoir une famille nombreuse. Une autre enquête de la SOFRES pour Biba en août

2005 révèle que les femmes de 25 à 35 ans qu’elles sont rendues "tout à fait heureuses" par leur couple à 57%, et "plutôt

heureuses" à 22%. Quant à la vie de famille incluant les enfants, elle récolte en parallèle respectivement 52% et 16% de

satisfecit du même type. Quant à l’idée que "la durée de vie idéale pour un couple c’est toute la vie", elle recueille 86%

d’adhésions, hommes et femmes, confondus, dans un sondage d’IPSOS-Ça m’intéresse, ce périodique étant tout

public… Les 35-59 ans sont un peu moins enthousiastes mais donnent quand même leur accord à 83% !



Beaucoup de jeunes gens hésitent devant le mariage, à cause des nombreux divorces. Ils sont comme des voyageurs

dans un aéroport qui constatent que beaucoup d’avions s’écrasent au décollage et hésitent à monter dans le leur…

J. B.: La séparation d’un couple non marié n’est pas non plus une réussite, ni pour les concubins, ni pour les enfants,

quand il y en a – ce qui est fréquent. C’est la vie en couple et en famille qui est fragile; le mariage, sauf s’il est décidé à

la légère, accroît la force de résistance aux inévitables tiraillements et dysfonctionnements à l’intérieur de la

famille. Statistiquement, les couples non mariés se séparent encore davantage que les couples mariés. Mais

l’attitude des jeunes a un aspect positif: ils sentent que le mariage est fait pour durer, que c’est un engagement qui doit

être respecté. En l’évitant parce qu’ils craignent de ne pas tenir leurs engagements, ils manifestent ce respect. Cette

reconnaissance du sérieux du mariage est un bon point de départ. Rien ne sert de pousser des jeunes à s’engager alors

qu’ils ne sont pas mûrs pour le faire; mais s’ils sont réellement désireux de s’engager, alors disons-leur comme Jean-Paul

II: "n’ayez pas peur !" Et nous, n’ayons pas peur de dire que le mariage chrétien est un sacrement, et que Dieu aide qui se

tourne vers lui à tenir ses engagements. Il y a une "grâce d’état" pour ceux qui se marient devant Dieu.

Vous définissez le mariage comme "un don de soi, qui appelle un don en retour, mais qui ne prend aucune disposition

pour l’exiger": n’est-ce pas un tel risque qui provoque la crainte dans la société actuelle, et le choix alternatif de

séquences de vie commune non inscrites dans la durée? J. B.: Il s’agit effectivement d’un risque: on ne prend pas

d’assurance ! La route de l’amour-don est comparable à celle que l’on prend en suivant Jésus: c’est un pari, une folie aux

yeux du monde. Mais c’est aussi la Sagesse, car Jésus a dit: "celui qui veut sauver sa vie la perdra". L’amour

conjugal sans retour est un acte insensé, comme vendre tout ce que l’on possède pour acheter une perle

extraordinairement belle. Mais écoutons Pascal: en pariant sur Dieu –sur l’amour d’un conjoint– on risque de perdre

beaucoup de superflu, mais on a une chance de gagner ce qui compte vraiment. Pour un bon mathématicien, ce que

Pascal était, c’est rationnel. Pour un bon philosophe, idem. On retrouve la compatibilité foi/raison au plus haut niveau que

résume le dicton: "un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science en rapproche". D. L.: On assiste

aujourd’hui à une réticence très générale à l’encontre de la notion d’engagement pour toute la vie. Cela touche même des

communautés religieuses… La durée semble faire peur, et pourtant elle demeure bien plus une sécurité qu’un

carcan, à condition toutefois qu’elle soit décidée de façon prudente et vécue de façon humaine, sans relâchement

certes, mais sans exigences excessives, avec l’idée d’un recommencement répété après les défaillances éventuelles.

Vous évoquez le problème de l’effacement des pères...

J. B.: L’homme avait coutume de s’affirmer dans un style “machiste”. Il faut qu’il comprenne que l’on peut exercer

l’autorité sans être un tyran. Et les femmes, devenues en quelque sorte le "sexe fort", devraient prendre un peu pitié de la

fragilité masculine. D. L.: En outre, se pose ici la question des rapports entre les enfants et leur père. Il faut évidemment

réparer les dégâts du thème de la "mort du père" telle qu’elle a été diffusée dans la société dans les années 60. Le père

n’est pas un intrus, il est à la fois un co-éducateur des enfants et un protecteur de toute la famille.

Vous présentez la famille comme un pôle de défense de la liberté des hommes. Mais certains disent que la famille est

une structure oppressive qui étouffe la personnalité des enfants… J.B.: Il existe des familles totalitaires, comme il existe

des Etats totalitaires. Les religions ont leurs intégrismes. Chaque institution a ses déviances. Mais ce n’est pas la famille

qui est oppressive, ce sont certaines familles, dont les membres se comportent mal. Il arrive aussi que des gouvernants

instrumentalisent la famille pour que l’éducation soit remplacée par un dressage. Malgré ces déviances, la famille a été un

formidable vecteur de formation à la liberté. Elle a été et demeure le cadre le plus favorable à l’épanouissement de

personnalités équilibrées, autonomes et indépendantes.

En quoi la famille a-t-elle pu être, et peut-elle être encore, un facteur d’innovation dans la société?

J. B.: Pour innover, il faut connaître ce qui existe, sans en être l’esclave. Or précisément la famille équilibrée transmet

beaucoup, sans imposer, en laissant libre d’aller plus loin. Jésus fut le plus grand innovateur de l’histoire humaine; or Il a

dit: "je ne suis pas venu abolir la loi et les prophètes; je ne suis pas venu abolir, mais accomplir." Marie et Joseph lui

avaient transmis toute leur tradition juive, tout en le laissant libre d’aller plus loin: chaque fois que des parents s’efforcent

(parfois sans le savoir) de leur ressembler, leur famille est facteur d’innovation. D. L.: Chaque famille est à elle seule une

petite structure d’innovation, étant différente des autres familles, ne serait-ce que par la personnalité des parents, et aussi

des enfants qui la composent. Les familles peuvent se montrer inventives à tout point de vue, d’abord face à la vie

quotidienne.



Cardinal Alfonso Lopez Trujillo, Le grand défi de la famille, Parole et Silence, 222 Le grand défi de la famille Le titre de cet

autre ouvrage, du cardinal Alfonso Lopez Trujillo, résume bien la situation actuelle. Pour le président du Conseil pontifical

pour la famille, "En Europe, aujourd’hui, la peur de la vie s’est accrue", et le mythe démographique malthusien de la

surpopulation en est une des causes. Il dénonce également l’organisation aberrante d’une économie "insensée" où les

Etats passeraient volontiers de l’assistance aux familles au remplacement des parents dans leurs responsabilités, or

"aucun Etat, à aucune époque de l’histoire, n’a jamais été capable de remplacer la famille". De fait, la famille est

seule capable d’assurer une formation humaine, intégrale, une formation dans l’amour, un amour "responsable et riche en

valeurs". Ce défi se situe dans un contexte précis, celui de la mondialisation actuelle, qu’évoque le cardinal Lopez Trujillo,

citant le directeur de la London School of Economics: "nous sommes en train d’en vivre la première phase, qui changera

notre mode de vie, l’homme de demain, le jeune de demain". La famille doit s’adapter, mais en résistant aux risques de

déshumanisation. Accepter certaines évolutions, mais contrecarrer les utopies redoutables comme celle de l’idéologie

"unisexe" du "gender" qui banalise des impasses psychologiques. La famille doit rester présente dans la société, et

"influencer le monde du travail", de l’école, de la politique et de la culture. S’adapter, c’est aussi préserver son identité à

travers les changements nécessaires, en distinguant ce qui est fécond et ce qui est mortifère.



Ludovic Lecuru Agacements, Les petites guerres du couple, Jean-Claude Kaufmann, Armand Colin, 255 pages, 19 €. "Où

as-tu rangé les clés de la voiture?" Pour lui, ranger les clés, c’est les accrocher sur le petit clou de l’entrée qu’il a planté

exprès pour ça. Pour elle, c’est les mettre dans son sac à main. "Mais il est où, ton sac?" Et c’est parti. Cela fait des

années que lui et elle sont agacés par leurs manies respectives. Parfois, ils demandent même s’ils s’aiment encore. Zoé,

elle, sait bien que oui, mais il y a des jours où elle voudrait vivre loin de ce "quotidien qui tue". Pour Zoé, les détails qui

l’agacent le plus se manifestent à table. "Il chiffonne toujours sa serviette en boule. Il parle la bouche pleine alors que

c’est une chose que j’interdis aux enfants. Il lèche la petite cuillère et la repose dans le pot de confiture". Même si, quand

elle relit la liste de ce qui l’agace chez son conjoint, Zoé trouve cela tellement drôle et stupide qu’elle en rit, c’est fou ce

que l’agaceur ignore à ce point la souffrance de l’agacé(e). Jean-Claude Kaufmann, sociologue, directeur de

recherche au CNRS, scrute les couples depuis plus de vingt ans. Il fouille dans leur linge sale et les fait parler sur leurs

tensions. Que ce soit dans la salle de bain, la cuisine, le garage, la chambre à coucher, le salon : les armes du crime sont

partout. Un tube de dentifrice, un bol, une chaussette. « Ce qui est d’abord très important, c’est de comprendre que l’autre

est différent et qu’on n’a pas forcément raison, répond Jean-Claude Kaufmann. Dans quelques cas, on a raison. Par

exemple quand on met en place une règle officielle : les clés, on les accroche au petit crochet. En dehors de ces

règles, quand une femme s’agace pour des chaussons qui traînent - et là c’est typiquement féminin -, et que l’autre dit :

“Je vais les ranger plus tard, on ne va pas passer sa vie à ranger”, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent,

deux éthiques, et il n’y en a pas une qui a raison par rapport à l’autre. » L’agacement au sein d’un couple fait souvent

croire le contraire : c’est l’autre qui a tort. Cette conviction paraît salutaire à certains. "C’est une récupération de mon

autonomie, confesse Mélodie, femme agacée, une mise à distance de l’autre qui me permet de retrouver mon plaisir

d’être". Selon Jean-Paul Kaufmann, "il y a aujourd’hui beaucoup plus de motifs d’agacements qu’autrefois parce

qu’on est moins défini par un rôle social. Dans les années 50, Madame était passagère et ne conduisait pas dans sa

tête. Aujourd’hui, Monsieur et Madame prennent le volant". Si, d’après lui, les femmes expriment davantage ce qui les

agace, les hommes, eux, font plus facilement preuve d’humour pour désamorcer le problème. Jean-Claude Kaufmann

décrit ici les processus de l’agacement, les moyens de se défendre et surtout de les vaincre pour mieux construire

l’amour. Belle façon de tromper l’ennemi.



Mgr Anatrella psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, consulteur des conseils pontificaux pour la

Famille et pour la Pastorale des services de la Santé Aspects psychologiques et spirituels du couple, Conférence

à l’université pontificale du Latran

ROME, Jeudi 12 juillet 2007 (ZENIT.org) – « L’amour est source d’éternité puisqu’il vient de Dieu. La relation et

la spiritualité conjugale se fondent au nom de ce don de vie. C’est pourquoi les couples vont passer leur

existence à apprendre à aimer. Amour et vérité forment un couple inséparable. C’est la vérité de l’amour qui

rend libre. Il permet de traiter les crises de la vie à travers l’espérance de la « caritas » et de partager ainsi la

vie divine qui est au cœur du sacrement de mariage »

Mgr Anatrella a également donné l’an dernier au même institut, qui dépend de l’université pontificale du Latran,

un cours sur: « La psychologie de l’homosexualité ».

Mgr Anatrella citait un sondage indiquant qu’en France, 47% des personnes interrogées, soit près d’un Français

sur deux, pensent que « vivre en couple aujourd’hui est difficile », et 44% « n’accordent plus le même sens à

l’engagement » (cf. Magazine « Vivre plus » à l’occasion de la saint Valentin, février 2007 -

http://www.vivreplus.fr/).

Autrement dit, « le couple serait devenu l’enfer » « dans les représentations sociales », alors qu’il demeure «

une aspiration forte chez nos contemporains, surtout dans un monde marqué par la « déliaison » sociale ».

« L’augmentation constante du divorce pose divers problèmes psychologiques, sociaux, médicaux,

économiques et religieux, continuait Mgr Anatrella. On peut donc se demander pourquoi on divorce de plus en

plus? N’est-ce pas révélateur de problèmes qui n’ont pas été traités dans le couple? La loi civile qui libéralise le

divorce ne favorise-t-elle pas les ruptures? Que devient une société lorsque les citoyens ne savent plus durer

dans leurs engagements? L’instabilité affective du couple ne rend-elle pas incertaine l’institution du mariage et

de la famille? L’instabilité n’est-elle pas une source d’insécurité pour les enfants et pour les adultes? Cette

insécurité ne va-t-elle pas produire des effets collatéraux sur le lien social? Dans ce contexte, l’autre ne devient-

il pas un objet d’inquiétude et de méfiance qui ne laisse guère de place à la confiance? Nous avons le souci du

développement durable en matière économique. Mais ce développement est négligé lorsqu’il s’agit de la vie

conjugale et familiale. Pourquoi ne pas considérer qu’il s’agit d’un investissement humain pour l’avenir et les

générations futures? Ce sont autant de questions qui se posent face à la dislocation de la vie conjugale ».

« Une autre question apparaît et va retenir notre attention au cours de cette conférence. Ne peut-on pas

chercher à comprendre les ruptures de la vie conjugale à partir des éléments qui ont participé à sa constitution?

Autrement dit, quels sont les aspects psychologiques et spirituels qui participent, dans le meilleur des cas, à la

fondation du couple? Il me paraît important d’élucider cette problématique car l’analyse de l’expérience de ces

couples qui se défont révèle souvent la structure relationnelle à partir de laquelle ils se sont engagés et qui,

sans évoluer de façon positive, aboutit à des crises et à des ruptures », faisait observer le psychanalyste.

Sans pouvoir reprendre ici les développements du conférencier, nous nous contenterons de quelques

éléments et de la conclusion:

Mgr Anatrella a analysé successivement « Le couple et les jeunes générations », ou « Comment se présente

l’image du couple dans la mentalité des jeunes générations », « Comment se constitue une relation fondée sur

l’amour conjugal » (un exemple de fondation dans l’interdépendance, comment se constitue la relation

conjugale –attachement, couple sentimental, séduction sexuelle, relation amoureuse–) et « Comment

tenir compte des divers facteurs d’évolution du couple » (la phase d’idéalisation, les ajustements, la naissance

de l’enfant, les grands-parents, accomplissement spirituel).

Mgr Anatrella concluait sur la place de l’affectivité dans la relation de couple: « Les exigences affectives sont

devenues une priorité dans la relation de couple formée par un homme et une femme. Nous pouvons nous

réjouir de ce souci et de cette attention pour améliorer la qualité relationnelle, mais à elle seule l’affectivité, bien

que nécessaire, est insuffisante pour être le seul déterminant qui participe à la fondation de la relation de

couple ».

Le sentiment n’est pas synonyme d’amour

Il réfutait cette idée reçue : « Cette insuffisance se constate lorsque les partenaires rencontrent des difficultés

pour inscrire leur relation dans la dimension de l’amour. Le sentiment n’est pas synonyme d’amour comme

le croient à tort des jeunes couples. Sans autre référence qu’eux-mêmes, l’homme et la femme s’enferment

dans un vis-à-vis sentimental qui peut aboutir à des impasses, comme il peut être un point de départ et accéder

au sens de l’amour. Celui-ci est une des conditions objectives qui permet à un couple de s’engager, de durer et

de traiter les différentes crises qui ne manqueront pas de se présenter dans leur histoire conjugale ».

S’impliquer dans un dialogue conjugal

« Les couples actuels ne savent pas toujours repérer les éléments fondateurs de leur relation. Le besoin de se

ressentir constamment entretient une vision fusionnelle de leur union. Le besoin quasi égalitariste

entre l’homme et la femme ne les aide pas toujours à se rejoindre dans leur symbolique respective et

dans leur complémentarité. L’égalité se confond ici avec la similitude. Le besoin aussi d’être dans la

transparence en se disant tout, en ligne directe, sans aucun objet médiateur, favorise la confusion

des espaces personnels aussi bien psychologiques que spirituels. Autre chose est de s’impliquer dans

un dialogue conjugal pour traiter les questions de la vie commune du couple ».

Le sens de l’altérité devient possible

« Des couples souhaiteraient davantage trouver une fondation plus solide à partir de leur vie affective qu’au

nom d’un engagement voulu dans le mariage. Celui-ci représente une structure tierce à partir de laquelle le

sens de l’altérité devient possible ».

«Le contexte actuel ne porte pas les personnes à socialiser leur vie affective et sexuelle. Elle est recluse

dans un univers intimiste, individualiste et parfois imaginaire. Il n’est pas étonnant de voir se multiplier

les problèmes sexuels dans l’expression du couple. L’expression sexuelle devient parfois insignifiante lorsqu’elle

n’engage plus la relation conjugale dans le temps et après la mort à travers les enfants».

« Nous pouvons élargir ce constat en soulignant que la suprématie des sentiments fait que n’importe quelle

situation affective pourrait être qualifiée de couple ou de famille avec ou sans enfants comme cela est

revendiqué par des personnes homosexuelles. La confusion des sentiments est à son comble lorsqu’elle

s’enracine dans la confusion de la différence sexuelle ».

Le culte de l’intimité affective, une illusion

« Le culte de l’intimité affective est une illusion quand il est entretenu au détriment des réalités de la vie.

C’est pourquoi, il devient nécessaire d’être attentifs au type de relation dans lequel les partenaires sont

impliqués, le projet dans lequel ils s’inscrivent, les références à partir desquelles ils entendent construire

leur communauté de vie, la capacité à donner un sens à la mort qui incite, dans le meilleur des cas, à nouer des

relations pour le présent et l’avenir, et à s’engager dans le renouvellement des générations, à la façon dont ils

vivent la dimension spirituelle qui nous révèlent sens de l’amour qui vient de Dieu ».

L’amour, source d’éternité puisqu’il vient de Dieu

« L’amour est source d’éternité puisqu’il vient de Dieu. La relation et la spiritualité conjugale se fondent au nom

de ce don de vie. C’est pourquoi les couples vont passer leur existence à apprendre à aimer. Amour et

vérité forment un couple inséparable. C’est la vérité de l’amour qui rend libre. Il permet de traiter les crises de

la vie à travers l’espérance de la 'caritas' et de partager ainsi la vie divine qui est au cœur du sacrement de

mariage. Le Pape Jean-Paul II n’a eu de cesse de nous inviter 'à apprendre à aimer l’amour humain' ».

Apprendre à s’aimer comme couple, chemin merveilleux

Il citait en conclusion ces paroles de Benoît XVI, à l’occasion des JMJ 2007, le dimanche des Rameaux 1er avril:

« Si vous êtes fiancés, Dieu a un projet d’amour sur votre avenir de couple et de famille, et il est donc essentiel

que vous le découvriez avec l’aide de l’Eglise, libre du préjugé courant selon lequel le christianisme, avec ses

commandements et ses interdits, met des obstacles à la joie de l’amour et empêche en particulier de goûter

pleinement au bonheur que l’homme et la femme recherchent dans leur amour réciproque. L’amour de l’homme

et de la femme est à l’origine de la famille humaine, et le couple que forment un homme et une femme a son

fondement dans le dessein originel de Dieu (cf. Gn 2, 18-25). Apprendre à s’aimer comme couple est un chemin

merveilleux, qui requiert toutefois un apprentissage exigeant. … Cela permet de mûrir dans l’amour, dans la

prévenance et dans l’attention à l’autre. »



Jn Chrysotome: L'enfant est « comme un pont ; les trois deviennent une seule chair, car l'enfant réunit les

deux parties » (Homélie 12, 5 sur la Lettre aux Colossiens); les trois constituent « une famille, petite Eglise »

(Homélie 20, 6 sur la Lettre aux Ephésiens).



Cantalamessa/Lc 20 (7 maris): En réponse à la question piège des sadducéens sur le sort de la femme qui a eu

sept maris sur terre, Jésus réaffirme avant tout le fait de la résurrection, en corrigeant dans le même temps la

représentation matérialiste et caricaturale qu’en font les sadducéens. La béatitude éternelle n’est pas un simple

accroissement et un prolongement des joies terrestres, avec les plaisirs de la chair et de la table à satiété.

L’autre vie est vraiment une autre vie, une vie de qualité différente. Elle est, certes l’accomplissement de toutes

les attentes de l’homme sur la terre - et même infiniment plus - mais sur un autre plan. « Ceux qui ont été

jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas, car ils ne

peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges ».

Dans la partie finale de l’Evangile, Jésus explique la raison pour laquelle il doit y avoir une vie après la mort. «

Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson

ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob. Il n'est pas le Dieu

des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui ». Mais où est, dans cette phrase, la preuve que les

morts ressuscitent? Si Dieu se définit « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » et est un Dieu des vivants et non

des morts, cela signifie qu’Abraham, Isaac et Jacob vivent quelque part, même si, au moment où Dieu parle à

Moïse, ceux-ci sont morts depuis des siècles.

Interprétant de manière erronée la réponse que Jésus donne aux sadducéens, certains ont affirmé que le

mariage n’a aucune suite au ciel. Avec cette phrase Jésus rejette l’idée caricaturale que les sadducéens

présentent de l’au-delà, comme s’il s’agissait d’un simple prolongement des relations terrestres entre les

conjoints ; il n’exclut pas le fait que ceux-ci puissent retrouver, en Dieu, le lien qui les a unis sur la terre. Est-il

possible que deux époux, après une vie qui les a associés à Dieu dans le miracle de la création, n’aient plus rien

en commun dans la vie éternelle, comme si tout avait été oublié, perdu? Cela ne serait-il pas en opposition avec

la parole du Christ qui dit que l’on ne doit pas séparer ce que Dieu a uni?(Mt 19,6) Si Dieu les a unis sur la

terre, comment pourrait-il les séparer au ciel? Une vie commune peut-elle finir dans le vide sans que soit

démenti le sens même de la vie ici-bas qui est de préparer l’avènement du royaume, les cieux nouveaux et la

terre nouvelle? L’Ecriture elle-même - et pas seulement le désir naturel des époux - confirme cette

espérance. Le mariage, dit l’Ecriture, est « un grand sacrement » car il symbolise l’union entre le Christ et

l’Eglise (Ep 5, 32). Est-il donc possible que cela soit annulé précisément dans la Jérusalem céleste, où l’on

célèbre l’éternel banquet de noces entre le Christ et l’Eglise, dont le mariage est l’image? Selon cette

vision, le mariage ne se termine pas avec la mort, mais il est transfiguré, spiritualisé. On lui enlève toutes les

limites qui caractérisent la vie sur la terre. De la même manière, les liens entre parents et enfants ou entre amis

ne tombent pas non plus dans l’oubli. Dans la préface de la messe des défunts, la liturgie dit qu’avec la mort «

la vie est changée, elle n’est pas enlevée » ; cela vaut également pour le mariage qui est partie intégrante de la

vie.

Que dire à ceux pour qui le mariage terrestre a été une expérience négative, d’incompréhension et de

souffrance? L’idée que le lien ne soit pas rompu même avec la mort n’est-elle pas pour eux davantage un motif

de peur que de réconfort? Non, car avec le passage du temps à l’éternité le bien demeure, le mal tombe.

L’amour qui les a unis, même s’il n’a duré que peu de temps, demeure ; les défauts, les incompréhensions, les

souffrances qu’ils se sont infligées mutuellement, s’évanouissent.

De très nombreux conjoints n’expérimenterons le véritable amour entre eux, et avec cet amour, la

joie et la plénitude de l’union qu’ils n’ont pas connues sur la terre, que lorsqu’ils serons réunis « en

Dieu ». C’est aussi la conclusion de Goethe sur l’amour entre Faust et Marguerite : « Seul au ciel,

l’inaccessible (c’est-à-dire l’union pleine et pacifique entre deux créatures qui s’aiment) deviendra

réalité ». En Dieu on comprendra tout, on excusera tout, on pardonnera tout.

Et que dire de ceux qui ont été mariés, de manière légitime avec plusieurs personnes comme les veufs

et les veuves remariés? (Ce fut le cas présenté à Jésus, des sept frères qui avaient eu successivement la même

femme pour épouse). Pour eux également, il convient de répéter la même chose : ce qu’il y a eu d’amour et de

don authentiques avec chacun des maris et des femmes, cela étant objectivement un « bien » et venant de

Dieu, ne sera pas annulé. Au ciel il n’y aura plus de rivalité en amour ou de jalousie. Ces choses

n’appartiennent pas à l’amour vrai, mais à la limite intrinsèque de la créature.



BXVI:« Si tu veux la paix, soutiens la famille » : « Famille humaine, communauté de paix ».

Le message a été présenté ce matin au Vatican par le président du Conseil pontifical justice et paix, le cardinal Renato Raffaele

Martino et par le secrétaire de ce même dicastère, Mgr Giampaolo Crepaldi.

D'aucuns se souviendront que la vieille syntaxe latine disait : « Si tu veux la paix, prépare la guerre - Si vis pacem, para bellum »,

mais évangélisée par Benoît XVI, elle pourrait plutôt inculquer aux enfants la grammaire du IIIe millénaire qui enseignerait en somme

que la famille « est la principale ‘agence' de paix ».

Et, a contrario, Benoît XVI souligne que, pour cette raison, « la violence, si elle est perpétrée en famille », est perçue « comme

particulièrement intolérable ».

Mais plutôt que de « grammaire », Benoît XVI préfère parler de « lexique » en disant : « Le lexique familial est un lexique de paix ;

c'est là qu'il est nécessaire de toujours puiser pour ne pas perdre l'usage du vocabulaire de la paix ».

Ou plutôt, lorsqu'il parle de « grammaire », ce sont des gestes et non des paroles : « Dans l'inflation des langages, la société ne peut pas

perdre la référence à cette ‘grammaire' que tout enfant apprend des gestes et des regards de sa mère et de son père, avant même que de

l'apprendre de leurs paroles ».

Le pape voit d'ailleurs une « responsabilité particulière » des moyens de communication dans la promotion du « respect de la famille »,

et « pour illustrer ses attentes et ses droits, pour mettre en évidence sa beauté ».

Benoît XVI a donc cette démarche originale de partir de la famille naturelle et de ses besoins fondamentaux, dont la satisfaction est

nécessaire pour garantir la paix en son sein, pour appliquer ensuite son observation aux besoins de ce qu'il appelle avec Vatican II « la

famille humaine », besoins dont la satisfaction est nécessaire à la paix mondiale.

La famille est ainsi « la première et irremplaçable éducatrice à la paix », et le « prototype de tout ordre social ».

« La première forme de communion entre des personnes est, explique le pape, celle que l'amour suscite entre un homme et une femme

décidés à s'unir de façon stable pour construire ensemble une nouvelle famille. Mais les peuples de la terre sont aussi appelés à

instaurer entre eux des relations de solidarité et de collaboration, comme il revient aux membres de l'unique famille humaine ».

Citant Jean-Paul II (Christifideles laici, n. 40), Benoît XVI affirme que « la famille naturelle constitue « le lieu premier

d'« humanisation » de la personne et de la société », le « berceau de la vie et de l'amour » ; aussi, est-ce avec raison que la famille

est qualifiée de première société naturelle ».

Le « Compendium de la doctrine sociale de l'Église » (n. 211), y voit, rappelle le pape, « une institution divine qui constitue le

fondement de la vie des personnes, comme le prototype de tout ordre social ».

Le pape décrit ce qu'il appelle « une saine vie familiale » où l'on fait « l'expérience de certaines composantes fondamentales de la

paix: la justice et l'amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les

membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir

l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner ».

Le pape donne une deuxième raison de voir dans la famille le « fondement de la société » : elle permet en effet « de faire des

expériences déterminantes de paix ». C'est pourquoi, avec une de ces formules bien frappées dont le message est riche : « La

communauté humaine ne peut se passer du service que la famille remplit ».

Le pape en vient ensuite aux « droits spécifiques » de la famille, se référant à la Déclaration universelle des droits de l'homme,

proclamée solennellement à Paris il y a bientôt 60 ans, le 10 décembre 1948, et qui affirme: « la famille est l'élément naturel et

fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État ».

Le pape souligne en outre que, par la « Charte des droits de la famille », publiée il y a 25 ans, le Saint-Siège a voulu « reconnaître une

dignité juridique spéciale à la famille ».

Ce qui affaiblit la famille menace la paix, et inversement, tout ce qui aide la famille consolide la paix, sociale, nationale,

internationale. « La négation ou même la restriction des droits de la famille, obscurcissant la vérité sur l'homme, menacent les

fondements de la paix eux-mêmes ». « Celui qui, même inconsciemment, entrave l'institution familiale rend fragile la paix dans la

communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu'il affaiblit ce qui, de fait, est la principale ‘agence' de paix ».

« Tout ce qui contribue à affaiblir la famille fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme, ce qui directement ou indirectement

freine sa disponibilité à accueillir de manière responsable une nouvelle vie, ce qui entrave son droit à être la première responsable de

l'éducation des enfants, constitue un obstacle objectif sur le chemin de la paix ».

Mais quels sont les besoins spécifiques de la famille? « La famille a besoin de logement, de travail et d'une juste reconnaissance de

l'activité domestique des parents, de l'école pour les enfants, de l'assistance médicale de base pour tous. Quand la société et la politique

ne s'engagent pas à aider la famille dans ces domaines, elles se privent d'une ressource essentielle au service de la paix ».



Christian Chabanis (+ 1989 Obsessions de D, DDB 1990, 138, lt inédites) Écrivain récompensé du Grand prix catholique

de littérature invité à plusieurs reprises par le pape Jean-Paul IL

« Croyez-vous que l'amour entre un homme et une femme puisse durer toujours?» Bien sûr que non, je ne le crois pas. Pas plus que

nous ne durons, notre amour ne saurait durer, il est éphémère, à moins que... À moins qu'il n'existe au monde un amour qui ne soit pas

éphémère parce qu'il ne viendrait pas de nous, et que cet amour entre dans le nôtre pour le sauver de sa précarité. À moins qu'il ne soit offert

à notre amour d'être visité par un amour plus vaste que lui, et qui l'ouvre soudain à une plénitude et une durée inconnue de lui. Alors

l'amour entre un homme et une femme pourrait durer toujours.

L'homme et la femme n'ont besoin de personne pour s'aimer, mais, pour que dure leur amour, ils ont besoin en effet d'un amour

plus durable que le leur. Mais ce qui est vrai de l'amour de l'homme pour la femme l'est de tout amour qui naît un jour au coeur de

l'homme. De tout amour il découvre un jour la finitude et qu'il ne rime pas avec toujours. Dans tout amour, il reconnaît d'autant plus

douloureusement sa propre limite que cet amour avait davantage fait lever l'espoir de l'illimité. Il n'est rien comme l'amour de

l'homme pour lui révéler à la fois les frontières de sa condition et qu'il n'aspire qu'à franchir ces frontières. L'amour n'est pas le

génie de l'homme mais le génie de Dieu ; celui de l'homme n'est que le besoin infini d'aimer et d'être aimé malgré tous les démentis

que l'existence oppose à ce besoin. L'obsession de l'amour absolu, de l'amour éternel, de l'amour durable, n'est qu'une autre forme de

l'obsession de Dieu, sa forme la plus universelle, la plus constante, la plus irréductible.


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