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Bilan et m�moires de la Seconde Guerre mondiale

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Bilan et m�moires de la Seconde Guerre mondiale
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11/26/2011
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French
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27
Bilan et mémoires

de la Seconde Guerre mondiale

En 1945, la France est en ruine. Sur le plan humain, elle est

loin d’être parmi les pays ayant le plus souffert de ce conflit.

Pour autant, la guerre a laissé des traces indélébiles dans la

société française et dans les représentations qu’elle a de son

passé. Le souvenir de cette guerre a pris selon les générations

qui se sont succédées une signification fort différente.

Quelle empreinte la 2nde GM a-t-elle laissée dans la

mémoire collective?

Comment la France a-t-elle affronté son passé?

I/ LA FRANCE EN 1945 entre CHAOS

et RENOUVELLEMENT





En 1945, la France est libérée mais

meurtrie. A quels problèmes est-elle

confrontée?

A. Un pays ravagé et meurtri



 Le bilan humain est lourd

-600 000 victimes (contre 1,4

million pour la 1ère GM)

-France ne fait pas partie des

pays les plus touchés

-proportion élevée de victimes

civiles (près de la ½)

-La France connaît un déficit

démographique: baisse de la

natalité, surmortalité indirecte,

migrations

A. Un pays ravagé et meurtri

• Un pays traumatisé par la

violence de la guerre

-traumatisme lié aux massacres

perpétrés lors du repli allemand

-l’intensité des bombardements,

l’utilisation de nouvelles armes

-nombreuses familles touchées

par la déportation, par le deuil

-les gens sortent de plusieurs

années de privation: situation

matérielle difficile

Vue intérieure de l’église d’Oradour -poursuite du « système D »

A. Un pays ravagé et meurtri

• Des pertes matérielles

énormes

-de nombreuses villes ont subi

des dégâts considérables

-important effort des

populations pour déblayer

-réseau de transport gravement

endommagé

-capacité productive affaiblie

→ production agricole = 2/3 de

celle d’avant guerre

→ production industrielle = 30 %

de celle d’avant-guerre

-problème d’énergie: on manque

de pétrole et surtout de charbon

B. La restauration de l’ Etat



 De Gaulle à la tête du GPRF

-juin 1944 = régime de Vichy

s’effondre

-général de Gaulle, très

populaire, préside le GPRF et

présente Vichy comme une

parenthèse illégitime de l’histoire

de France

-il entend incarner la continuité

et la garantie républicaine

-il effectue une tournée en

province afin de restaurer l’ordre

B. La restauration de l’ Etat

• Le problème de l’épuration

-l’épuration sauvage

= répression spontanée illégale,

prenant la forme d’arrestations,

de violences physiques, parfois

suivies d’une exécution après un

simulacre de procès

-exécutions sommaires estimées

à environ 9 000

-miliciens, collaborateurs,

femmes soupçonnées d’avoir eu

des relations avec les Allemands





http://crdp2.ac-besancon.fr/catalog/sites/france-en-guerre/films/film6_2.php

B. La restauration de l’ Etat



• Le problème de l’épuration

(suite)

-l’épuration légale :mettre fin

aux actes de vengeance

spontanés et à leurs excès

-épuration légale modérée qui

frappe surtout les élites

politiques et intellectuelles

-sur 160 000 inculpés, près de la

½ ont été graciés, seulement 4%

condamnés à mort

-l’épuration laisse une impression

de malaise

B. La restauration de l’ Etat



• Restaurer le rôle de la France

-De Gaulle réussit à faire

reconnaître GPRF par URSS,

Etats-Unis et Royaume-Uni

-France intègre le camp des

vainqueurs et obtient une zone

d’occupation en Allemagne et en

Autriche

-place de membre permanent au

Conseil de sécurité de l’ ONU

B. La restauration de l’ Etat

• Restaurer le rôle de la France

-France confrontée à la montée

du nationalisme dans ses colonies

ex: en Indochine, Hô Chi Minh

proclame la République

démocratique du Vietnam

8 mai 1945 = manifestations

de Sétif (Algérie), sévère

répression

-Refus de prendre la mesure de

ces revendications: l’ Empire est

une composante de la puissance

C. Une France nouvelle mais

une société divisée

• Un échiquier politique totalement recomposé

-retour à la III° République inenvisageable

-le rapport de force penche nettement à gauche

-la droite traditionnelle est discréditée (souvenir du régime de

Vichy)

-les principales formations politiques:

le Parti communiste français (forte audience)

le Parti socialiste (SFIO)

le MRP = mouvement républicain populaire, parti démocrate-

chrétien fondé en 1944

-nouvelle élite politique constituée d’hommes issus de la Résistance

C. Une France nouvelle mais

une société divisée

• Un projet politique inédit

= projet d’une démocratie sociale

Projet qui s’appuie sur le

programme du Conseil national

de la Résistance (mars 1944)

-droit de vote aux femmes

-Etat interventionniste, devant

corriger les inégalités et réguler

l’économie (Etat-providence)

création de la Sécu

nationalisations

C. Une France nouvelle mais

une société divisée

• Un pays qui reste divisé

-la pratique de l‘épuration sauvage révèle les tensions présentes

dans la société française. On a pu parler de « guerre franco-

française »

= affrontement durant la guerre et à la libération entre les forces

soutenant Vichy et celles de la Résistance

-les comités locaux et départementaux de Libération (où les

communistes sont majoritaires) acceptent difficilement de

reconnaître l’autorité du GPRF: tensions entre partisans de De

Gaulle et communistes

II/ Les Français et la 2nde Guerre

mondiale: un « syndrome de Vichy »

« syndrome de Vichy » = expression qui permet de caractériser

l’ensemble des symptômes et des manifestations qui révèlent

les conflits internes provoqués par le souvenir du régime de

Vichy





De quelle façon le souvenir des « années noires » révèle

la difficile gestion de son passé et les fluctuations de

la mémoire?

A. Le mythe d’une France unanimement

résistante (1945 à la fin des années 60)









Le mémorial de la France combattante

Le général de Gaulle au mont Valérien

(18 juin 1968)

• la nation s’identifie à la Résistance

• l’éclatement des mémoires

A. Le mythe d’une France

unanimement résistante

• Des plaies mal refermées

-réapparition du mythe Pétain,

certaine résurrection du

pétainisme au début des 1950’s

Pétain se serait sacrifié pour la France, il

aurait pratiqué un double jeu pour

faciliter la tâche des Alliés et protéger

les Français

Ses fidèles souhaitent défendre sa

mémoire.

-deux lois d’amnistie (au début des

années 50’s) permettent à des hommes

de Vichy de reprendre leur carrière

-la question des « malgré-nous »

révèle l’existence d’un « syndrome

de Vichy »

A. Le mythe d’une France

unanimement résistante

• Le retour de la mémoire

gaulliste

= celle des Français unis contre

l’occupant (le souvenir de Vichy

est refoulé, la collaboration est

réduite à quelques traîtres)

-apogée de cette mémoire =

transfert des cendres de Jean

Moulin au Panthéon (18 et19

décembre 1964)

→ élevé au rang de martyr national,

de héros emblématique de la

Résistance; hommage rendu par des

Extrait du discours prononcé par A. Malraux lors

du transfert des cendres de Jean Moulin au résistants de toutes tendances

Panthéon (19 déc. 1964)

http://www.ina.fr/fresques/jalons/fresque/?periode=1994 (vidéo du 19 décembre 1964)

B. Un autre regard sur Vichy et les

« années noires » (depuis les années 70)

• Vichy, un passé discuté

-image d’une France unanimement

résistante est mise à mal ;

représentation plus nuancée et

moins glorieuse de la France

occupée

Le Chagrin et la Pitié film de M. Ophuls

La France de Vichy livre de R. Paxton

→ réécriture des manuels d’histoire

-réévaluation du passé au travers

de révélations scandaleuses

(affaires Touvier, Barbie, Papon…)

→ dénonciation des crimes de Vichy

difficulté à exorciser le passé





http://www.ina.fr/fresques/jalons/fiche-media/InaEdu01491/robert-paxton-historien-

de-la-france-de-vichy.html

B. Un autre regard sur Vichy

et les « années noires »

• La responsabilité assumée

-les gouvernements se sont longtemps

refusés à reconnaître officiellement

responsabilité de l’ Etat français

-F. Mitterrand = 1er chef d’ Etat à

assister à la cérémonie commémorant

rafle du Vel d’hiv (1992)

Monument commémoratif de la rafle du

-J. Chirac reconnaît la responsabilité

Vel’ d’hiv’ (inauguration le 17 juillet 1994) française (16 juillet 1995)

-en 2000, une loi fait du 16 juillet un

jour de commémoration des « crimes

racistes et antisémites de l’ Etat fr. »

B. Un autre regard sur Vichy

et les « années noires »

• Une relecture de la Résistance

-une nouvelle représentation de ce passé « difficile » s’élabore

-après avoir sacralisé la face noble puis la face noire de

l’attitude des Français, on renoue avec la Résistance comme fait

historique

→ on admet mieux la diversité des parcours, les divisions

internes

→ on comprend l’extraordinaire difficulté du choix et du

combat des résistants

« La France a encore mal à sa Seconde Guerre mondiale »

mais elle a fait un lourd travail de mémoire pour assumer les

crimes de Vichy et les divisions de la Résistance.

III. La mémoire du génocide



Génocide = terme forgé en 1944 pour définir l’extermination

systématique et planifiée, en totalité ou en partie, d’un

groupe national, ethnique, racial ou religieux









Comment après avoir longtemps rencontré

l’indifférence, le souvenir de la Shoah s’est-il imposé

comme un devoir de mémoire?

A. Un génocide peu reconnu (1945-1961)



• La difficulté de témoigner

-survivants juifs (à la Libération)

éprouvent le besoin de témoigner:

récits individuels, livres du souvenir,

« mémoires d’outre-tombe »…

-la société française (à l’image du

reste du monde) est peu réceptive

-la mémoire juive n’émerge pas dans

la société: elle n’a pas pour objet de

s’adresser à la nation

A. Un génocide peu reconnu (1945-1961)



• Le problème des amalgames

-l’image qui capte l’attention est celle des déportés résistants

(victimes de la répression nazie): « héros nationaux »

-l’extermination des déportés juifs est moins souvent évoquée que

la « concentration » et son lot de privations et mauvais traitements

-les Juifs sont assimilés à la masse indifférenciée des déportés

-les survivants, eux-mêmes, ne souhaitent pas être distingués des

autres victimes; certains ont du mal à s’identifier aux victimes

passives du génocide

-mémoire minoritaire: 75 000 Juifs sont déportés, seuls 2 500 sont

rescapés (effectif faible par rapport aux 40 000 déportés de

retour des camps

B. Le réveil de la mémoire juive

(1961-1978)

• Impact du contexte international

-le procès Eichmann = un tournant

En 1961, Adolf Eichmann, organisateur

de la « solution finale » jugé à Jérusalem

Parole donnée aux témoins, survivants.

Mémoire juive sur le devant de la scène.

Transmission du souvenir.

-la guerre des Six Jours (1967) fait

craindre la destruction de l’Etat d’Israël

et ravive la mémoire du génocide qui

devient constitutive de l’identité juive.

La Shoah est revendiquée comme une

singularité.

B. Le réveil de la mémoire juive

(1961-1978)

• Faire face aux remises en

cause

-mémoire juive attaquée par des

thèses négationnistes

Négationnisme = ensemble des thèses

persistant à nier la réalité du

génocide des Juifs et des Tsiganes

Robert Faurisson « le prétendu

gazage et le prétendu génocide ne

sont qu’un seul et même mensonge

historique »

-renaissance de l’extrême droite

autour de J.M. Le Pen ravive

l’inquiétude des Français juifs

C. La victoire de la mémoire juive

(1980 à nos jours)

• Le génocide, objet d’une intense

activité mémorielle

-médiatisation du génocide: livres,

films (Shoah en 1985, Au revoir les

enfants en 1987), émissions TV,

mémoriaux

-création d’associations comme la

FFDJF = fils et filles des déportés

juifs de France (créée en 1979)

→ faire comprendre aux Français le sort

particulier réservé aux Juifs;

combattre antisémitisme et

négationnisme; obtenir la

reconnaissance des crimes de Vichy

C. La victoire de la mémoire juive

(1980 à nos jours)









• La reconnaissance officielle

-jugement de responsables de la déportation juive

-progressive reconnaissance de la responsabilité française dans la mise

en œuvre du génocide

-Eglise catholique reconnaît officiellement son « indifférence coupable »

au sort réservé aux Juifs pendant l’ Occupation (repentance à Drancy en

1997)

http://www.ina.fr/fresques/jalons/fresque/?periode=1994 (les procès de Vichy 2 avril 1998)


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