Economie Ouverte
Taux de change et balance courante
Modèle Mundell-Fleming
Economie ouverte
Taux de change et balance courante
Le modèle Mundell-Fleming
Définition du taux de change
Le taux de change (e) est le prix d’une monnaie en
termes d’une autre monnaie
Attention ! il y a deux manières de l’exprimer:
La quantité de $ que l’on peut acheter avec 1€ :
1€ = 1.55€
La quantité d’€ nécessaire pour acheter 1$ :
1$ = 0.65€
Les deux « mesures » sont équivalentes, mais
généralement on choisit la deuxième (la moins
intuitive!) dans les modèles:
Si e diminue, il faut moins d’€ pour acheter 1$, l’euro
s’est apprécié (il vaut plus en termes de $)
Si e augmente, il faut plus d’€ pour acheter 1$, l’euro
s’est déprécié (il vaut moins en termes de $)
Le taux de change est un prix
e=prix de la devise
(dollars/euro)
Offre d’euros
Achat d’actifs en
dollars, importations
tx d’équilibre: e*
Achat d’actifs en euros
par les US et exportations
Demande d’euros
Quantité
Taux de change nominal et réel
Le taux de change est une valeur nominale.
Il est possible de définir un taux de change
réel qui tient compte du différentiel des prix
entre les deux devises côtées.
Le taux de change réel est un prix relatif.
C’est le rapport du prix en dollars du panier de référence euro au
prix en euros du panier de référence US.
La parité des pouvoirs d’achat
La parité des pouvoirs d’achat est un taux de change
qui se définit selon les prix des mêmes paniers de
biens dans les 2 pays.
Ce taux est souvent considéré comme un taux
d’équilibre ou un taux de référence qui permet de
comparer les grandeurs économiques exprimées en
monnaie différente.
Taux de change réel et Compétitivité
Le taux de change réel est un indicateur de
compétitivité.
Si le taux de change réel augmente,
l’économie européenne voit sa compétitivité
diminuer.
Si le taux de change nominal était égal à la
PPA, alors le taux de change réel devrait être
égal à l’unité.
Les régimes de changes
Système de taux de change fixes
Système de l’étalon de change or (Bretton woods)
Zone euro
Système de taux de change flexibles ou
flottants
SMI après effondrement de Bretton Wood
Système intermédiaire:
ancrage monétaire glissant (Tunisie, Bolivie)
caisse d’émission (Hong Kong, Estonie, Lituanie)
Flottement administré (ex: Indonésie, Inde,
Egypte)
Typologie des régimes de change
Flexibilité croissante
Caisse d’émission
(currency board)
Dollarisation/ Taux de change Ancrage glissant Flottement
euroïsation fixes (crawling peg) pur
Union Taux de change
fixes avec marges de Flottement
Monétaire
fluctuation administré
Arguments en faveur des taux de change
flottants
Le marché fait toujours mieux: plus efficace.
Cela donne au gouvernement plus de flexibilité
pour parvenir aux objectifs de politique
économique internes et externes.
Pas de contraintes sur la détention des
réserves de change par la BC.
Mécanisme d’équilibrage des balances
automatique.
Remarque: En change flottant, on parlera
d’appréciation ou de dépréciation du change.
Arguments pour la fixité des taux de change
Réduit les fluctuations (volatilité) qui augmente
l’incertitude et diminuent le commerce.
Réduit l’activité déstabilisante des spéculateurs.
Pas inflationniste comme les changes flexibles.
Remarque: En changes fixes, on parlera
d’évaluation ou de dévaluation du change.
Economie ouverte
Taux de change et balance courante
Le modèle Mundell-Fleming
Le modèle Mundell-Fleming
Modèle mis au point par Robert Mundell et
Marcus Fleming
Extension du modèle IS-LM en économie ouverte
La demande agrégée contient maintenant la
balance commerciale : la différence entre
exportations et importations.
X(Y*,e) : Les exportations dépendent du revenu
mondial (exogène) et du taux de change
M(Y,e) : Les importations dépendent du revenu
national et du taux de change
Le modèle Mundell-Fleming
La balance commerciale
Déterminants de la balance commerciale:
Si e augmente (dépréciation) : les exportations sont plus
compétitives, les importations plus chères. Le solde de la
balance commerciale augmente
Si Y augmente : les importations augmentent, et le solde de
la balance commerciale diminue
Y* est exogène, et Y est déjà expliqué dans ISLM. Mais il y
a maintenant une variable de plus qui intervient : le taux
de change e.
Il faut donc rajouter une équation (un marché) de plus
pour pouvoir résoudre le système : c’est l’équilibre de la
balance des paiements.
Le modèle Mundell-Fleming
Bref retour à la condition d’équilibre sur le marché des
biens :
Hypothèse simplificatrice : le budget du
gouvernement est en équilibre (G-T = 0)
Si la BC est en déficit (X-M 0), il y a un excédent
d’épargne. Cet excédent sert à financer des investissements à
l’étranger.
L’ajustement se fait donc par un influx ou un départ
d’épargne: c’est la balance des capitaux
Le modèle Mundell-Fleming
La balance des capitaux
La balance des capitaux (BK)
Est en surplus si les flux de
capitaux entrant sont
supérieurs aux flux sortants.
Est en déficit si l’inverse est
vrai.
Quel est le déterminant
principal de ces flux de
capitaux ?
Intuitivement : la rémunération de l’épargne
Si l’épargne est mieux rémunérée en Europe qu’aux
Etats-Unis, on s’attend à un flux de capitaux américains
vers l’Europe.
La parité des taux d’intérêt
Arbitrage des investisseurs entre deux devises
donc entre 2 places financières.
Quel est le rendement attendu d’un
investissement dans chacune des devises?
Il faut tenir compte du différentiel de taux
d’intérêt mais aussi de l’évolution du taux de
change le temps du placement.
Les Investisseurs averse au risque vont veiller
au respect de la parité des taux d’intérêt
couverte.
Les spéculateurs vont veiller au respect de la
parité des taux d’intérêt non couverte.
La parité des taux d’intérêt couverte
La différence relative entre le taux de change à
terme et le taux de change courant doit
égaliser la différence de taux d’intérêt.
Supposons que vous voulez placer un montant
de X euros mais que vous avez besoin de cet
argent en euros dans un an.
Parité des taux d’intérêt: mécanisme
Soit vous placez X sur le marché européen avec un
rendement i€. Vous obtiendrez: X(1+i€).
Soit, vous changez ce montant en dollars, X.e$/€ (où1€=
e$/€ dollars).
Vous les placez sur le marché US et obtenez:
X.e$/€ (1+i$)
Vous prévoyez leur conversion en euros avec le change à
terme f. Alors, le rendement sera:
X.e$/€ (1+i$)/f
Si les investisseurs pratiques tous le même raisonnement
alors les deux placements seront équivalents:
X (1+i€) = X.e$/€ (1+i$)/f
Parité des taux d’intérêt non couverte
Elle se déduit de la précédente, mais ici
l’investisseur ne se couvre pas mais
anticipe un cours de change futur.
C’est cette anticipation qu’il prend en
compte dans son arbitrage.
Si la parité des taux d’intérêt non
couverte est vérifiée, on aura :
Le modèle Mundell-Fleming
La balance des capitaux
Les flux de capitaux assurent donc une parité des taux
d’intérêt
Dépréciation anticipée
Taux d’intérêt national du taux de change
Taux d’intérêt mondial
Si le taux d’intérêt national est supérieur au taux
mondial, les capitaux afflueront, jusqu’à ce que les
agents anticipent une dépréciation future des taux de
change qui compense l’écart de taux.
Si le taux national est égal au taux mondial, le taux de change
ne varie pas
Ceci permet de comprendre les évolutions du taux de change
en fonction des changements du taux d’intérêt
Le modèle Mundell-Fleming
La balance des paiements
La balance des paiements est la somme des balances
commerciales et des balances des capitaux
L’équilibre est atteint quand elle est égale à zéro, donc
quand les déficits et surplus des deux balances se
compensent exactement.
On voit que cette relation d’équilibre peut être
exprimée dans l’espace (Y,i) de IS-LM
Le modèle Mundell-Fleming
La courbe BP
Sur BP la balance des
paiements est à
i
l’équilibre
Excédent de BP
BP est croissante
Appréciation de e BP Une hausse de Y crée un
déficit de BC
Revenir à l’équilibre
Surplus de requiert un surplus de BK
BK donc une hausse de i
Déficit de La pente dépend de la
BC Déficit de BP mobilité internationale
Dépréciation de e des capitaux
Moins ils sont mobiles,
Y plus elle est forte
Le modèle Mundell-Fleming
La courbe BP simplifiée
Parfaite mobilité Le modèle MF a été
des capitaux développé dans les années
i
i=i*
60, quand la mobilité des
capitaux était faible (Bretton
Woods)
Excédent de BP Pour simplifier, on fait
Appréciation de e aujourd’hui l’hypothèse
BP d’une parfaite mobilité.
i*
Attention, ceci reste une
Déficit de BP simplification.
Dans certains cas (comme
Dépréciation de e
le commerce extérieur de
la Chine), le concept de
mobilité imparfaite reste
Y
important.
Le modèle Mundell-Fleming
IS-LM-BP
On a maintenant les trois courbes IS-LM-BP :
i
LM
BP
i*
IS
Y
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques
On va maintenant comparer 4 situations et
essayer d’établir l’efficacité des politiques
économiques
Changes Changes
fixes flottants
Politique
fiscale ?? ??
Politique
monétaire ?? ??
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques
Politique monétaire en changes fixes :
i LM se déplace vers la droite
LM L’augmentation de la
masse monétaire baisse le
taux d’intérêt et crée une
tendance à la dépréciation
de e
BP
i* Pour garantir la fixité du
change, la BC doit
immédiatement rétablir i=i*
en réduisant la masse
monétaire
IS
En fait une telle politique
Y ne peut pas être effectuée
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques
Politique fiscale en changes fixes :
i
IS se déplace vers la droite
LM Si LM ne réagit pas, il y a
augmentation du taux
d’intérêt et donc tendance
à l’appréciation de e
BP Pour garantir la fixité du
i* taux d’intérêt et donc du
change, la BC doit intervenir
en augmentant la masse
monétaire
IS
Politique efficace: Y augmente
Y
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques
Politique monétaire en changes flottants :
i
LM se déplace vers la droite
LM La baisse du taux d’intérêt
provoque une dépréciation
de e
La dépréciation du taux de
BP
i* change stimule les
exportations et pénalise les
importations
IS se déplace vers la droite
IS
Politique efficace
Y
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques
Politique fiscale en changes flottants :
i
IS se déplace vers la droite
LM La Banque centrale n’a pas à
réagir. Il y a augmentation
du taux d’intérêt et
appréciation de e
BP L’appréciation du taux de
i* change pénalise les
exportations et favorise les
importations
IS se déplace vers la gauche
IS
Politique inefficace
Y
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques
En résumé:
Changes Changes
fixes flottants
Politique
fiscale Efficace Inefficace
Politique
monétaire Impossible Efficace
Avec cet exemple simple (hypothèse de parfaite
mobilité des capitaux), on voit que l’efficacité d’une
politique dépend des conditions internationales !
Le triangle d’incompatibilité
Union
Monétaire
Triangle des
incompatibilités
(Mundell-Padoa-Schioppa)
Changes
Autarcie flexibles
Financière Autonomie de la politique monétaire