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GENRE ET POLITIQUE

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GENRE ET POLITIQUE
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11/26/2011
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French
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35
GENRE ET POLITIQUE (sociologie des sexes)



Examen : oral : question de cours (50%), dossier thématique à présenter (50%).



Rapports sociaux de sexe. Le concept de genre a mis du temps à se forger et son

utilisation scientifique a longtemps été critiqué car elle était vu comme le cheval de

Troie du féminisme. Ainsi, le concept de genre sera le fil rouge de ce cours.

Politique au sens large : à partir du moment où il y a rapport de force entre les H

et les F dans des domaines différents (travail, sport, sexualité, religion…), cela touche

à la politique.



Intro Le genre comme opérateur symbolique d’intelligence du social &

ressource conceptuelle



Les relations entre les sexes structurent le fonctionnement des sociétés. Par

ailleurs, elles forgent des rapports de pouvoir, d’antagonismes sociaux. C’est une

question difficile à résoudre et à traiter car elle nous est intime et familière. En effet,

avant même de commencer à traiter le sujet, nous savons des choses : il y a un

sentiment de proximité. Ainsi, pour continuer ce cours, il faut se débarrasser de toutes

nos pré-notions. C’est une dimension complexe de la vie sociale : cette partition

semble aller de soi et s’ancre dans les inconscients. Ces différences au jour le jour ne

sont même plus aperçues. Les individus se comportent comme on attend qu’ils se

comportent en fonction de leur sexe.

Or en sociologie, rien n’est innée : tout est construction sociologique. Rien est

inévitable, tout a donc été construit par les Hommes au cours de l’histoire. Ainsi, un

phénomène sociale doit pouvoir être expliqué sous l’angle historique et non naturel.

« Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il

n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de

soi. Rien n’est donné. Tout est construit. » Gaston Bachelard : cf. La formation de

l’esprit scientifique.



La différence entre masculin et féminin, c’est la première chose que l’on va

faire en rencontrant autrui sans même y penser. Par la suite, on va adapter notre

comportement au sexe de la personne que nous venons de rencontrer. Cette différence

est marquée linguistiquement : elle existe dans toute les langues sans exception.

Toujours linguistiquement, le masculin a un statut particulier : dans certaines langues,

le masculin est neutre et c’est le féminin qui est marquée ; dans d’autres, le masculin et

le féminin sont tout deux caractérisés différemment et le masculin tient une place

prééminente (le masculin l’emporte). Ainsi, le langage structure et prépare déjà le

cerveau selon cette différence de sexe. Au cours de la socialisation (école, groupe de

pair, médias…), ces deux catégories vont évoluer différemment dans l’espace et dans

le temps et prendre des places sociales différentes. Leurs attributs seront également

distincts. Ceci va aussi permettre de donner du sens au monde, de le rendre

intelligible.

Pourquoi utiliser le terme de genre et non de sexe ? Le terme « sexe » renvoie a

une différence anatomique, physique, physiologique. Or le terme de « genre » vise

justement à écarter la dimension essentialiste ou naturalisante de la différence des

sexes. Par la suite, on va associer aux différences naturelles des différences sociales et

sociologiques. On privilégie l’étude de la différence sociale des sexes et non de l’étude

de la différence des sexes, même si cette différence biologique est la source d’une

différence sociologique. La division hiérarchique des sexes est l’une de ces différences

sociologiques : la domination masculine est institutionnalisée et parfois même légalisé.

Cette différence sociologique, on la voit encore dans le rôle social qui est imparti à

chacun d’eux : l’H dans la sphère publique (raison, création), la F dans la sphère

privée (passion, émotion, affecte).

Concept de « genre » : sexe socio-historiquement construit. Ainsi, la différence

des sexes au sens purement naturel est la première pré-notion à écarter. Autre

pré-notion à écarter : la psychologie des sexes. « Les H viennent de Mars, les F

viennent de vénus » : on tend à démontrer que les H et les F n’utilisent pas la même

partie de leur cerveau ni le même langage. Alors que la plupart des comportements

sont guidés voire dictés par la société et non pas par notre psychologique ou notre

cerveau.



Ainsi, l’étude du concept de genre est vraiment celle des comportements

sociaux. C’est aussi ce qu’affirme E. Durkheim. On parle de déterminismes sociaux

qui ne sont pas issus de la nature mais de notre culture (une sorte de seconde nature).

« On ne naît pas femme, on le devient » Simone de Beauvoir. On a naturalisé ce qui

était une construction sociale. « Le long travail collectif de socialisation biologique et

de biologisation du social » Bourdieu.



« Sex, gender and society » An Oackley. Très vite, ce phénomène de recherche

va aussi s’intéresser aux H, puis aux rapports entre les deux sexes. Il a été très fort au

Royaume-Uni, mais en France il n’est que très récent.

Genre : c’est donc la construction du/des féminin(s), du/des masculin(s). Le

genre fonctionne donc comme une catégorie sociale qui permet de représenter des

rapports de pouvoir entre les deux sexes. Rapports H/F, parents/enfants, école/écolier,

groupe de pairs/membre du groupe… dans toutes les sphères sociales, les modèles et

normes proposées aux enfants sont sexués. Ils arrivent à l’âge adulte avec tout un

ensemble de principes et modèles qui vont entraîner un certain comportement chez lui,

le comportement stéréotypé attendu par la société. Concept d’habitus forgé par

Durkheim et théorisé sociologiquement par Bourdieu : « L’habitus c’est le social

incorporé dans l’individu ».

Objectif du cours : comment ce concept de genre a t’il émergé ? Quels obstacles

a t’il rencontré ?

Partie 1 Du sexe au genre : la construction d’un objet d’étude



Chapitre I Le sexe comme catégorie socialement et culturellement construite –

Les apports de l’anthropologie et de l’ethnologie





Section 1 L’anthropologie contre l’essentialisme : contextualiser les variables

biologiques



Comment les anthropologues se sont intéressés au concept de genre ? Ils se sont

demandés pourquoi, à l’âge adulte, chaque individu, dans toutes les sociétés,

semblaient être dotés de structures cognitives d’appréhension du monde différenciées

selon les sexes. Ainsi, ce qu’une société attend de ses membres en terme de

comportement diffère selon le sexe. On va en rupture avec l’essentialisme.

Margaret Mead « Mœurs et sexualités en Océanie » met en évidence des

phénomènes d’universalité et de différenciation. Elle résonne sur les écarts par

lesquels chaque société va s’approprier un des caractères essentiels de la société, à

savoir la partition des sexes. Elle est une des premières à rendre cette partition une

réalité arbitraire et contingente tout en marquant sa nécessité.

La différence biologique H/F ne suffit pas en elle-même à justifier la différence

sociale qui en découle. Hypothèse de départ de Mead : les traits de caractères et les

comportements des H et des F résultent de conditionnements sociaux. Elle combat

l’idée selon laquelle il existerait un éternelle féminin. Au fond, les H/F jouent le rôle

social qu’on attend d’eux, mais ne sont pas intrinsèquement si différents. Mead va

ainsi observer trois société différentes de Nouvelle-Guinée. Elle admet que dans deux

des sociétés, aucune différence entre les sexes n’est instituée, mais l’organisation

sociale diffère pour chacune d’elle. La tribu des Arapesh va valoriser chez chacun des

deux sexes des qualités qualifiées de « féminines ». Ce qui est valorisé, c’est le côté

maternel et le soin apporté aux enfants (douceur, délicatesse, sensibilité…). Dès le

plus jeune âge, on vise à leur faire acquérir le sens de la solidarité, à éviter

l’agressivité : société pacifiée. 2ème société, les Mundougoumorts : pas de différences

des sexes. Cette société qu’on qualifierait aujourd’hui de « masculine » : société plus

violente, plus agressive. 3ème société, Chambuli : il existe une différence entre les

sexes ; dimorphisme sexuel des rôles sociaux. Il fonctionne de manière « inverse »

par rapport à la division du travail contemporaine et occidentale. Société exo-centrée :

le féminin prime. Ce sont les femmes qui gèrent la famille et ses affaires, qui sont au

cœur de l’économie et qui s’occupent des taches extérieures au foyer. Chez l’Homme,

c’est le côté artistique, sensible, s’occupant des enfants… qui prime. « Si certaines

attitudes que nous considérons comme traditionnellement associé au comportement

féminin tel que la passivité, la sensibilité, l’amour des enfants, peuvent si aisément être

typiques des H d’une tribu, et dans une autre, au contraire, être rejetées par la majorité

des H comme des F, nous n’avons plus aucune raison de croire qu’elles soient

irrévocablement déterminées par le sexe des individus ». Au final, ces

caractéristiques ne résultent pas du sexe, mais de la socialisation. Celle-ci est plus

ou moins explicite, mais existante dès le plus jeune âge et incorporé progressivement

aux individus.

A partir de ces travaux pionniers, on va commencer à s’intéresser au concept de

genre et de domination masculine. Ces travaux vont ensuite se concentrer sur les

sociétés androcentrée/domination masculine.





Section 2 Sociétés androcentrées et domination masculine



- Maurice Godelier « La production des grands hommes : pouvoir et domination

masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée » (1)

- Pierre Bourdieu « La domination masculine » (2)



Ces deux études vont également démontrer que la différence socialement et

culturellement construite entre les sexes repose sur un postulat naturaliste qui se fonde

sur un arbitraire (l’infériorité biologique des femmes) et qui va légitimer une division

hiérarchique radicale du travail entre les sexes. Les deux auteurs vont donc

conceptualiser cette réalité.



1- Les Baruya constituent une société qui n’a en apparence aucune classe. En y

regardant de plus près, Godelier voit des différences hiérarchiques de statut social, et

qui sont très liées au sexe. Mais cela ne génère pas d’accumulation de richesse par les

uns au détriment des autres. Les grands hommes Baruya cumulent davantage de

richesses symboliques (prestige et reconnaissance sociale) plus qu’autre chose. Les

grands hommes sont les Chamans (des sorciers guérisseurs ou protecteurs, ou des

guerriers), mais leurs épouses ne peuvent appartenir à un statut plus élevé que celui

des autres femmes. Elles sont d’ailleurs exclues de tous les rites majeurs exercés par

les grands hommes. Elles ont peut-être un peu plus de pouvoir que les autres femmes,

mais elles tirent ce pouvoir de leurs époux. Ce petit écart reste moindre face au statut

social et au pouvoir accordé aux grands hommes. La clef de leur rapport au monde

réside dans tout un ensemble de représentations, de mythes, de rites, de normes,

d’institutions, qui sont toutes hiérarchisés en suivant cette partition H/F. Tout ce

système vise à magnifier les H au détriment des F. Cela vise à produire, à maintenir et

à légitimer la domination collective des H sur les F. Cette partition reste donc la clef,

le fondement de cette société. Exemple : mythe du soleil et de la lune : le soleil porte

un nom féminin alors qu’il représente le symbole du feu et de la force masculine ; la

lune a une double signification, pour les initiés, elle est masculine et est considérée

comme le petit frère du soleil, pour les non initiés, elle est féminine et représente la

femme du soleil.

Jusqu’à l’âge de 9-10 ans, il n’y a pas de différence. Puis, les garçons vont

quitter cette sphère tandis que les filles vont être formées pour devenir des « femmes

au foyer ». Elles vont subir une initiation vers l’âge de 13-14 ans qui est beaucoup

moins ritualisée que chez les garçons. Les filles vont alors apprendre des femmes

initiées un ensemble de valeurs (respect des H, soumission, soutien…). Cette initiation

dure une 15aine de jours. Chez les garçons, cette initiation va durer une 10aine

d’années : elle va en rupture avec la vie sociale qu’ils avaient avant le début de

l’initiation (rupture car il ne faut pas oublier qu’il n’y avait alors aucune

différenciation H/F : les garçons s’habillant, par exemple, comme les filles jusqu’avant

l’initiation). Ils vont rejoindrent ensuite la maison des H : les H plus âgés transmettent

aux plus jeune un certain nombre de secrets, et notamment le Grand Secret : les jeunes

H vierges de tout rapport sexuel avec les F, donnent à voir leur sperme aux jeunes à

initier : ingestion du sperme. Le but étant de procréer par la suite des Hommes. Cette

pratique homosexuelle va permettre de renforcer les jeunes initiés, les rendre plus fort

que les F, apte à les dominer et à les diriger. Une fois les H « déviergés » par une

femme, on dit que l’H est pollué et il ne peut plus donner son sperme à ingérer aux

jeunes à initier. Puis c’est à la femme d’ingérer le sperme pour féconder et nourrir le

fœtus. D’où le fait que la lune soit « féminin » avant l’initiation et « masculin » après.

Les femmes se trouvent expropriées du travail même de reproduction auquel elles sont

afférées. C’est l’H qui procréé, et notamment lorsqu’il s’agit de garçons. Ce

comportement homosexuel est analysé par Godelier comme un comportement

politique. Alors qu’on valorise les fluides masculins, on dévalorise les fluides

féminins, telles que les règles qui sont vues comme impropres. Ceci va entraîner le fait

que les femmes vont être exclues de beaucoup d’activités sociales (usage des armes,

échange de terre, production de la monnaie…).

Toute cette société démontrant du primat social du masculin ne conduit pas à la

violence physique des H sur les F. Car les F respectent les règles sociales de la tribu et

s’y conforment sans qu’il ait besoin de les contraindre par la violence. Néanmoins, il

existe une violence symbolique (humiliations, rabaissement des F). Pourquoi les F

respectent-elles ces règles ? Parce qu’elles-même, au travers du processus de S°,

participent à cette domination dont elles font l’objet.

Certains points restent contestés par certains auteurs, et notamment le fait que

les F participent à leur propre domination. A cela, Godelier répond que certaines F

tentent des stratégies pour limiter leur domination, mais ce n’est jamais en

concertation (micro-marques de raz le bol individuel). Mais par la suite, un sentiment

de culpabilité les envahit : c’est là qu’on voit que la S° a bien fonctionnée ! Cela pose

la question du rapport entre violences et consentement.



2- Recherche sur la société kabyle : société de bergers berbères. Il faut montrer

comment les oppositions masculin/féminin vont structurer la société et sont à la source

de la production de principes masculins et de principes féminins. Primat du masculin,

domination masculine qui va se retrouver dans toutes les structures de la société

kabyle. Mais, il ne faut pas voir cela comme une société exotique : il faut justement

comprendre que ce système d’oppositions, on le retrouve dans nos sociétés

occidentales contemporaines. Seulement dans ces sociétés occidentales, on retrouve

ces oppositions de manière plus euphémisée, moins marquée. « Dans la société kabyle,

la masculinité fonctionne comme une noblesse ». L’une des caractéristiques

principales de la masculinité réside dans le sens de l’honneur, dans le courage

physique et morale, la magnanimité… Ainsi, ces caractéristiques, on les retrouve dans

tous les domaines de la société (pratiques religieuses, alimentaires, organisation du

travail agricole ou domestique, façon de s’ habiller, éducation des enfants, conception

de l’espace et du temps, mythes…). Le haut, le dessus, le grand, le sec, le droit, le

dressé, le fort, le dur, le devant, le pur, l’épicé, le clair, l’actif, le dehors et le public

(masculin valorisé dans la société kabyle). Le bas, le dessous, le petit, l’humide, le

courbe, le couché, le faible, le mou, le derrière, l’impur, le fade, l’obscur, le passif, le

dedans, le privé (féminin dévalorisée dans la société kabyle).

Tous contribue au renforcement des oppositions H/F dans toutes les sphères

sociales. On voit bien le fondement biologique de ces oppositions : mécanisme

d’homologie (même oppositions dans tous les secteurs sociaux). Un certain nombre de

rites et de mythes viennent renforcer les stéréotypes de genre et donc l’ordre établi.

Bourdieu insiste sur le fait que les F comme les H sont contraints par cet ordre social.

Mais cette contrainte n’est pas physique car il n’y a besoin d’aucune violences pour

imposer ce schéma sociale. Il va parler de violence symbolique : violence invisible,

diffuse (douce) subie par les dominés (en l’espèce les F). Dans cette acceptation, le

dominé collabore inconsciemment avec le dominant pour respecter des règles sociales

qui paraissent ainsi naturelles. Cette violence symbolique n’est possible que par ce

processus de socialisation : elle va forger chez l’individu des visions du monde, et

notamment des dualités du monde (tel que la division H/F dans la société kabyle). Puis

il va parler d’habitus : véhiculé par la socialisation, c’est un ensemble de

pratiques et de comportements qu’on a l’habitude d’effectuer ; il agit comme une

seconde nature (donc inaperçu chez l’individu). Ces habitus vont fournir à l’individu

des facteurs d’actions, de comportements, de pratiques mais aussi de classements qui

vont lui permettre de se situer dans la société afin de trouver sa place (principe

générateur d’action + principe générateur de perception). En l’espèce, cette

domination paraît relever de l’ordre des choses, donc inévitable, et ainsi

incontestable : ce caractère incontestable permet aux individus et à la société de

s’abstenir de justification. (C’est justement parce que les sociologues démontrent du

caractère construit de ces habitus, qu’ils les dénaturalisent, les rendant par là

contestables, donc contestés). L’arbitraire des normes sociales est transmué comme

des évidences naturelles.

Exemples :

- Les rites de fécondité vont trouver un écho dans les pratiques agricoles : à

l’occasion de fêtes de mariage, d’accouchement, de circoncision, on retrouve le

même rituel que lors de l’ouverture des labours. Ce sont des actions considérées

comme homologues : dans les deux cas, il s’agit d’ouvrir et de féconder. Les

kabyles cuisinent des éléments qui gonflent comme des beignets par exemple :

parallèle avec le ventre qui grossit, avec l’érection… Par ailleurs, dans la

tradition kabyle, la germination du grain, considérée comme un renouveau

naturel, est un événement considéré comme homologue de la renaissance du

grand-père dans le petit-fils, renaissance sanctionnée par le prénom. Enfin, dans

ces deux types de rites, la logique mythico-rituel privilégie toujours la

domination masculine.

- Usages sociaux du corps : les parties publiques du corps relèvent

essentiellement du haut du corps et sont considéré comme les parties nobles

chez l’homme : toutes ces parties relèvent du masculin et seul les hommes

peuvent en faire un usage public (visage, front, bouche…). Bourdieu insiste

également sur l’honneur du nez directement associé à l’honneur masculin. Si un

H dit à un autre qu’il a une face plate, un nez sans forme, non modelé, c’est une

insulte. En outre, tout un tas d’expressions péjoratives visent à déprécier les

organes génitaux, et notamment chez les F. De nombreuses insultes, dans de

nombreuses langues, correspondent aux organes génitaux féminins. On fait

donc une distinction entre l’honneur du nez masculin et le côté public-masculin

du haut du corps d’un coté, et la dépréciation des organes génitaux féminins et

le coté privé-féminin du bas du corps de l’autre. Ainsi, il existe bien des usages

sociaux du corps différents selon le sexe, mais plus qu’une différence une

hiérarchisation de ces usages. Ainsi la F doit éviter les endroits publics, si ce

n’est pas le cas, elle baisse les yeux et se tait. Les rapprochements sexuels entre

H/F se font autour de la fontaine : seul véritable endroit de liberté pour la F

puisqu’elle a l’initiative de l’acte sexuel et doit montrer à l’homme comment on

fait. Les H, gouvernant la société, vont être la source d’une domestication des

F.

Bourdieu insiste également sur le langage : sec/chaud, H, humide/froid, F. On

dit d’un H que « sa marmite brûle », que « son tambour chauffe » ; à l’inverse les F ont

la capacité de « donner à boire », de « donner de la fraîcheur », et « d’éteindre le feu ».

Les H peuvent faire chauffer leur sang pour le transformer en sperme, tandis que les F

reçoivent ce sperme dans un réceptacle froid. Les nécessités de reproduction

biologique sont déterminées, plus qu’elles ne déterminent, par une organisation

symbolique de la division sexuelle du travail, division qui se fonde sur le primat du

masculin. Ainsi, les différences biologiques sont socialement construites de

manière arbitraire et aboutissent à des usages licites ou illicites du corps selon

qu’il s’agisse d’un H ou d’une F : il existe un contrôle masculin sur la sexualité

féminine. La vision androcentrée semble s’inscrire dans une logique naturelle, alors

qu’elle est le fait d’une construction sociale qui a été naturalisée.

A l’intérieur même du foyer, il y a des endroits pour les H et des endroits pour

les F : les F s’occupent de l’entretien de la maison, de la cuisine, du soin apporté aux

animaux, du circuit des végétaux et de l’eau, de l’éducation des enfants (plus pour les

filles, car à partir d’un certain âge, les H prennent le relais de l’éducation des garçons).

Les femmes sont exclues des lieux publics, elles vont seulement chercher de l’eau.

Dans le foyer, l’entretien du feu relève du masculin. Ils s’occupent des moissons.

Néanmoins les femmes participent à la cueillette des olives mais là encore il y a une

répartition des tâches : les hommes ont un rôle bref et ostentatoire (ils arrivent avec un

grand bâton, frappent les branches) puis, les femmes et les enfants vont ramasser au

sol les olives.



La socialisation, puis la naturalisation des différences entre les corps

masculin/féminin est à la source d’une vision androcentrée du monde. Ces perceptions

différenciées vont s’incarner dans des corps et vont entraîner une division sexuelle sur

l’usage des corps. Derrière le biologique, derrière ce qui nous paraît naturel, derrière

des primats qui tentent de mettre le biologique en avant et au-dessus de tout, il n’y a

que des constructions sociales. Il faut donc laisser l’essentialisme de côté pour

comprendre que ce qui nous paraît naturel n’a été que naturalisé.

Chapitre II « Gender »& « gender studies » : la fortune scientifique et politique

contrastée d’un concept



De nombreux travaux portent sur l’objet « femme », quelques soient les prises

de positions politiques et scientifiques. En France, il n’existe pratiquement pas de

travaux qui porte sur le masculin, même si les chercheurs tirent la sonnette d’alarme.

Or l’intérêt réside justement dans leur relation. Welzer-Lang, seul spécialiste français

du masculin « Les marges du/des comportement(s) masculin(s) » : l’homosexualité

reste un objet sociologique où les travaux se multiplient. Il a également travaillé sur la

prostitution, les violeurs et violences masculines, ainsi que sur les échangistes. Les

grands absents des analyses sont les hétérosexuels masculins ordinaires (aucune

recherche). Compte tenu de la domination masculine, c’est l’objet « femme » qui reste

privilégié (sur une centaine de documents par mois correspondant aux rapports sociaux

de sexe, environ 95% sont relatifs à l’objet « femme »).

Maruani : pour s’affirmer, les femmes ont dû montrer leur spécificités,

s’imposer en respectant les règles sociales qui distinguent fortement l’H de la F, mais

au fur et à mesure des problématiques posées, ces spécificités se sont détruites

d’elles-mêmes.

« Sex, gender and society » Ann Oackley : dans les pays anglo-saxons, ce

mélange des genres n’est pas problématique ; dans tout un ensemble de secteurs, les

équipes sont mixtes et souvent militantes. En France, ce concept a du mal à se frayer

un chemin car les réticences et les a priori sont beaucoup plus nombreux. L’objectif du

terme « genre », c’est de montrer que les différences entre les sexes sont

irréductibles aux différences biologiques. Dans les pays anglo-saxons, ce concept

s’est forgé en corrélation avec les mouvements féministes. L’un des vecteurs de

l’introduction de ce concept en France sera un travail important effectué par les

historiens : ce qui aboutit en 1991 à l’ouvrage Histoire des femmes en Occident en 5

volumes. Le but n’est pas tant de rapporter une histoire des femmes qu’une histoire

des rapports sociaux de sexes. 60% des chercheurs-auteurs du livre sont français, les

autres sont européens. Antiquité, Moyen Age, 17-18ème siècles, 19ème siècle, 20ème

siècle. Une histoire des femmes, pris isolément, n’a aucun sens. Les auteurs insistent

sur les différences, mais aussi sur les ressemblances, et notamment sur les

ressemblances dans les différences.



1ère difficulté : Ce qui pose problème en histoire, ce sont les sources : en effet,

les sources disponibles sont masculines… Seules les sources privées, du type journal

intime, peuvent avoir été écrites par des femmes (source infime). Les auteurs

accordent une grande importance au quotidien, à l’ordinaire, car c’est là que les

différences sociales s’expriment très largement. On va accorder de l’importance aux

comptes-rendus de procès, aux autobiographies, aux correspondances… donc à des

sources improbables de l’histoire, car jusqu’à maintenant négligés.



2ème difficulté : les auteurs souhaitent se focaliser sur l’objet « femme ». Or à

l’époque, on privilégie de nombreux autres objets de recherche, mais l’objet

« femme » était considéré comme un objet peu sérieux. Il faut donc montrer que le

genre est une catégorie utile à l’analyste : on veut saisir les déterminants des processus

de changements entre les H/F, les effets que ces déterminants produisent : il faut donc

montrer que l’étude de l’objet « femme » n’est pas un « objet de ghettos » mais bel et

bien un objet qui peut nous apprendre beaucoup sur l’histoire. Les historiens ont bien

compris qu’il fallait dégager la recherche sur l’objet « femme » de toute empreinte

militante.

Ainsi on refuse l’idée qu’il existerait une spécificité féminine a priori : il ne

s’agit donc pas de convertir le stigmate en emblème. On ne veut pas ériger en qualité

ou en supériorité les différences au nom desquelles les femmes ont été historiquement

dominée : exemple de la loi sur la parité ; le risque souligné par ce système de quottas

est le fait d’approuver une spécificité féminine, comme si les femmes avait une

manière de faire de la politique très différente de celle des H (plus à l’écoute, plus

proche des enjeux de la vie quotidienne, moins carriéristes, moins corruptibles…). Les

historiens rejettent donc a priori cette posture : on travaille sur les différences à

condition de travailler également sur les ressemblances : il ne faut pas faire de la

femme une catégorie spécifique, au risque de continuer à opposer, de manière toujours

plus essentialiste, l’H à la F. Il ne veulent pas en arriver, dans un espace de recherche

sur les femmes, à la création de recherches féministes : par la recherche scientifique,

on veut socialement trouver des solutions aux problèmes de la domination des F. Il

existe quelques groupes de ce type : ils (elles) ont une démarche différentialiste.

Néanmoins, s’il ne faut pas tomber dans l’écueil de la démarche

différentialiste, il ne faut pas non plus tomber dans celui de la démarche

universaliste (qui ne chercherait que les ressemblances, que les points communs entre

les deux sexes). Le but est donc de rechercher les différences et les ressemblances dans

le but d’étudier les rapports sociaux de sexe. La recherche sociologique s’arrête là :

après chacun a ses convictions, ses opinions… Beaucoup souhaitent l’égalité des H et

des F : égalisation qui passe de toute façon par la reconnaissance sociologique de

différences et de points communs entre les deux sexes. C’est donc une recherche qui

se veut objective. On se doit de s’imposer des critères scientifiques très lourds pour

que l’étude sociologique effectuée soit vraiment reconnue. Si ce n’est pas le cas,

l’étude risque d’être rejetée dans son caractère de moindre scientificité. Autrement dit,

il faut toujours se justifier de la scientificité de la recherche.

Mais on peut très bien, a posteriori, trouver chez les F une spécificité.



3ème difficulté : Le rapport des F à l’écrit a un certain nombre de

caractéristiques (différentes de l’écrit des H) : les F ont une manière spécifique

d’écrire liée à leurs qualités essentielles. Par exemple, le recours à l’anonymat est plus

récurant chez les F. Elles conservent une plus grande distance avec les maisons

d’édition. Autre caractéristique : le public-cible des F est un public enfantin ou plus

restreint (la famille). Enfin le type d’écrit des F : manuel de civilité (bonnes manières,

savoir-vivre…), correspondances quotidiennes ou amoureuses ; autrement dit des

genres mineures pour l’époque. Ainsi, cela montre à quel point ces caractéristiques

sont celles d’une écriture dominée : cette écriture est privée de toute propriété

masculine (le nom propre, les contrats d’édition, un public large pour ne pas dire

universel, des genres ouverts).

Au final, les femmes mettent en place des tactiques pour pouvoir écrire. Elles

sont néanmoins soumises à des règles différentielles du système éditorial. Cela signifie

qu’elles doivent, puisqu’elles sont des femmes, remplir un certain nombre de

conditions pour être acceptées dans le milieu éditorial. Aux 17ème et 18ème siècles, les

femmes ne pouvaient accéder au statut d’ « auteur » que selon leur statut sociale. Selon

Viala Youhaud, Pouvoir de la littérature, les H mettaient en place un certain nombre de

stratégies pour intégrer ce milieu sociale par l’écriture. C’est un moyen de gagner du

capital social. Pour les femmes, c’est l’inverse. Elles doivent commence haut pour

pouvoir prétendre à l’écriture. En outre, les écrivains (hommes) tirent un meilleur parti

financier que les femmes. A partir du 17ème siècle, 20% des auteurs sont des femmes

mais seulement 10% des ouvrages sont publiés : la plupart du temps elles restent

anonymes. Aussi, le métier d’écrivain ne représente pas une carrière pour les femmes.

Il faut développer des projets moins ambitieux (qui font moins peur aux éditeurs) :

- moins novateur

- moins encyclopédique

- public moins universel

- moins de diversité

Les femmes seraient naturellement douées pour certaines choses : écrire des

lettres, s’occuper de la maison, avoir un certain savoir vivre. Par là, elles ne peuvent

prétendre à l’investigation d’autres genres littéraires (romans, essais par exemple).



Le concept de « gender » explique beaucoup des rapports sociaux. Mais il reste

insuffisant. Il ne peut pas à lui tout seul tout expliquer. Aussi, le raisonnement suivi

va fonctionner selon un triptyque « Race, Class, Gender ». Il peut seul expliquer

les divisions du monde social. Elsa Dornay, Matrice de la race, va porter attention

aux usages sexuellement différenciés qui sont communs aux deux sexes, plutôt que de

s’intéresser uniquement aux différences. Cette recherche prétend éviter la reproduction

de clichés, de stéréotypes, et rétablir toute la diversité du monde social.

Les travaux sur les femmes se sont d’abord intéressé à leur vie privée, à leur

corps, ainsi qu’à la maternité. Effectivement, l’accès aux sources était plus pratiques.

Mais on s’intéresse désormais à de nombreux sous-objet sur le thème général du

genre :

- l’éducation des filles

- femmes et travail (mouvement ouvrier)

- femmes et politique/pouvoir

- femmes et art (plus sciences et techniques)

- femmes et violences

Partie 2 Ordre des genres, ordre des corps

Il existe une hiérarchie des genres qui est directement issue de l’existence d’une

hiérarchie des corps. La sociologie du genre ne va pas sans la sociologie du corps. La

première différenciation H/F est faite de par leur représentation matérielle, le corps.





Chapitre I Corps féminins, contrôles masculins



De nombreux discours sont marqués par la domination masculine et notamment

à travers la médecine. Les F sont comparées aux H, et le discours vise à démontrer

tous les handicaps, les manques, les déficiences des F. Il faut attendre le 18ème siècle

pour que le changement commence à opérer.





Section 1 Du modèle du sexe unique au modèle des deux sexes : l’évolution

du discours de la médecine et de la science sur les femmes



T. Laquer, La fabrique du sexe : essai sur le corps et le genre en Occident,

admet tout d’abord une évolution dans l’histoire de la médecine. Cette évolution tient

dans la manière même de représenter les sexes.



 Le modèle du sexe unique



Il n’existe qu’un seul sexe : le sexe masculin à l’aune duquel on va évaluer et

hiérarchiser les différences anatomiques sexuées (un seul modèle de référence). Les F

possèdent les mêmes organes génitaux que les H, mais ils sont, pour elles, rentrés à

l’intérieur. La F est donc un H incomplet, « métaphysiquement imparfait » selon

Aristote, un H inverti.

La théorie galéniste constitue le fondateur du modèle du sexe unique. Pourquoi y

a t’il imperfection ? Si les F gardent leurs organes à l’intérieur, c’est parce qu’elles

souffrent d’un défaut de chaleur vitale. D’ailleurs, cette imperfection est à la source de

troubles, de pathologies chez elles. Elles vont produire une semence à l’intérieur, et la

procréation vient justement de la rencontre des deux semences. De même, on assimile

la procréation au plaisir féminin : sans plaisir, pas de semence (ce qui aura certains

effets pervers : si une F violée tombe enceinte, cela ne pourra pas être reconnu comme

un viol car la F y aura pris du plaisir). Enfin, cette semence va agir en s’incorporant

dans le sang : d’où le fait que le sang des F est « gâté », ce qui leur vaut ces fameux

troubles. Par là, il n’y pas à proprement parlé de différence de nature, mais c’est

bel et bien une différence de degré.

Selon Freud, l’envie du pénis chez la F est la source de tous ses maux

psychologiques. Dans les planches graphiques, dans les représentations, tout est fait

pour se faire ressembler les deux sexes. On est ici en présence d’une hiérarchie

verticale.

 Le modèle des deux sexes



En revanche, ce modèle-ci présente les H et les F comme physiologiquement et

anatomiquement différents. Ce sont des différences biologiques irréductibles. On est

en présente d’une hiérarchie horizontale. Ici, c’est véritablement le sexe qui définit le

genre. De cette partition vont découler des rôles sociaux différents. Il pourrait y avoir

égalité, mais non, les F ont un organe propre, l’utérus, qui les rendent hystériques. Les

F souffrent de ce qu’on appelle les « fureurs utérines », l’utérus étant un organe

capricieux. C’est la source, chez les F, de tout un ensemble de maladies nerveuses que

l’on va appeler les « vésanies ».

Un groupe de médecins va même se déclarer spécialiste de ces « vésanies ». Dr

Bienville, à leur tête, écrira d’ailleurs un traité, De la nymphomanie ou traité de la

fureur utérine. Il va rencontrer un grand succès chez les bourgeois qui vont pouvoir

peser, par la suite, contre les aristocrates libertins. Comment se manifestent ces

troubles de l’utérus ? Quels en sont les symptômes ? De nombreux symptômes

contradictoires : « syncope », « endormissement », « forme d’indolences »,

« agitation », « fièvre », « rêveries », « humeur taciturne », « silence », « larmes »,

« babil immodéré » (bavarde), « pâleurs », « rougeurs », « formes de mélancolie »,

« des caprices ou des comportements inconstants »… Ces médecins appellent cela la

suffocation de l’utérus. Cette maladie devient le symbole de la féminité. On le voit

notamment à travers l’adage latin « Tota mulier in utero » (la F entière réduite à son

utérus ». Ceci s’accompagne d’un langage dépréciatif à son égard. Va même se

développer la théorie des tempéraments. Elle émerge au 16ème siècle et s’inspire à la

fois de la théorie galéniste et de l’Antiquité. Selon cette théorie, les H et les F n’ont

pas le même tempérament. Les F sont classées comme ayant un tempérament

lymphatico-sanguin, les rendant humides, molles et froides. Leurs tissus sont plus

souples, leur peau plus fine, leurs nerfs plus nombreux et plus ramifiés (surtout dans

l’appareil génital). Reste à savoir : pourquoi les utérus se détraquent-ils ? Ce qui

frustre les F, c’est l’absence de relations sexuelles : l’utérus produit lui-même une

semence à la source de tout ce dysfonctionnement. C’est donc une maladie des F sans

H (veuves, vielles filles, religieuses…).

Pour éviter cela, on pense à rabaisser l’âge minimum légal permettant de marier

une fille. On veut empêcher les effets pervers de cette maladie : la nymphomanie, le

saphisme (lesbiennisme), l’onanisme (masturbation). Durant les 18ème et 19ème siècle,

le problème de la masturbation était largement posé. Elle était pensée comme un crime

contre la nature, contre Dieu, contre le mariage. C’est donc une préoccupation des

clercs religieux et laïcs. Tissot a surtout pour cible les H de lettres. Il va ainsi montrer

les dangers du livre. Bienville a d’ailleurs travaillé sur la masturbation féminine. Il

affirme que si elle a des effets pervers, c’est parce que l’utérus est un organe fragile et

que la masturbation peut largement contribuer à son dérèglement. Par ailleurs, elle

reste très liée à l’imagination des F. On va, par conséquent, contrôler encore davantage

l’usage par les F d’un certains nombre de romans, spectacles, ainsi que leur

alimentation et en particulier les aliments trop épicés ou trop sucrés. On va imposer

aux F, comme remède, le mariage et la maternité. Autrement, les médecins préconisent

de les enfermer de force dans des institutions spécialisées. On va même jusqu’à les

saigner (car n’oublions pas que leur sang est « gâté »).

 Conclusion



Ces deux modèles se valent en terme de hiérarchisation. On fonde

biologiquement une hiérarchisation qui va s’imposer socialement. Dans toutes les

sphères sociales, cette hiérarchie s’observe. Ce discours s’étend même et surtout aux

sphères élitistes de la société. On justifie ainsi la relégation des F. En outre, cela est

encore véhiculé par les religieux. Jusqu’au 13ème siècle, ils avaient le discours savant

sur les F, car c’est eux qui sont formés aux doctrines médicales. « La F est une

pécheresse, c’est elle qui s’est laissée tentée ». « La F, c’est la porte du démon ». Elle

est « source de tentation et de perdition pour les H ». Enfin, elle est « sexuellement

insatiable ».

Certains discours médicaux viennent soutenir que les F sont des sorcières car

leur utérus est débile, donc plus fragile, et ainsi plus sensible à la possession de Satan.



A titre de transition, nous avons vu que le problème de la masturbation est aussi

posée concernant les hommes de lettres. Ils sont visés, et en particulier chez les

femmes. C’est donc à présent la question des « lectures dangereuses » qui est posée.

On pense effectivement que la lecture (notamment) de romans met en danger leur

équilibre car cela fait travailler leur imagination, et les mène directement à la

masturbation.





Section 2 Lectrices dangereuses : médecins, contrôle social et lectures

« lascives » (17ème, 18ème siècles)



Certains auteurs ont travaillé sur le rôle des livres et de la lecture dans l’histoire.

Chartier, Les origines culturelles de la Révolution française, montre notamment

comment la Révolution n’a pas uniquement été le fruit d’une révolte à la tête de la

société et qui se serait diffuser dans celle-ci (vision verticale). Mais elle serait aussi le

fruit d’une mutation culturelle de la société (vision horizontale). Ce qu’on entendait

par « livre » au Moyen-Age, c’étaient de très grands, très lourds et très chers ouvrages

ornés d’enluminures. Avec l’imprimerie, on a popularisé très progressivement le livre.

La « Révolution de la lecture » a eu ainsi de nombreuses conséquences. Mais il existe

plusieurs types de lectures :

- La lecture intensive : lecture collective (pratiquée en groupe, au sein de

communautés) et oralisée. Un petit nombre de textes, toujours les mêmes,

circulait. Même ceux qui ne savaient pas lire avaient une connaissance très

approfondie de ces ouvrages à force de les avoir entendu.

- La lecture extensive : lecture individuelle et silencieuse. Elle le devient surtout

à partir du 17ème siècle, mais encore une fois, très progressivement. De moins en

moins chers, de plus en plus maniables, ces ouvrages que l’on peut désormais

reproduire feront l’objet de lectures qui n’auront désormais plus rien avoir avec

la lecture intensive. Les femmes sont les premières qui vont profiter de ce

progrès technique pour se construire un fort intérieur. La lecture s’individualise

et se féminise. Va se développer deux types de lectures : la lecture officielle et

la lecture clandestine (romans, placards… dont on discute dans les tavernes,

dans les criées). A partir du 18ème siècle, cette lecture va être diffuser largement

au sein de la société par la « bibliothèque bleue ». Elle est gérée par des liseurs

troyens qui vont vendre des livres (surtout des ouvrages religieux), à l’aide de

colporteurs, même dans les contrées les plus reculées. Ils vendent à l’origine

des tissus et d’autres produits, mais depuis l’imprimerie ils se sont mis à la

vente de livres et également d’almanachs (ouvrages enseignant les saisons, les

clefs de l’agriculture,…). Les liseurs de la bibliothèque bleue vont même

essayer de faciliter la lecture de personnes qui savent lire, mais pas très bien :

ponctuation, modification de phrases complexes, voire suppression si le passage

n’est que descriptif, création de chapitres… On assiste très vite à ce qu’on

appelle la « fureur de lire ». Plus au nord qu’au sud, plus urbain que rural, plus

les H que les F. Mais le 18ème siècle fait largement état d’une augmentation

croissante des ventes de livres. Et le colportage s’améliore.

Mais lire ce n’est pas écrire. Ce n’est pas parce qu’on sait lire que l’on sait écrire.

Car dans l’écriture, il y a la reproduction de symboles, les lettres, qui constituent un

effort autre que celui de déchiffrer ces mêmes symboles. En outre, ce n’est pas parce

qu’on sait lire que l’on sait tout lire : entre l’écriture manuscrite et imprimée, il y a de

grandes différences dans le déchiffrage des symboles. Au final, la lecture de ce flot

d’ouvrages a mis du temps à se diffuser car tous ne savent pas lire. Mais désormais

apprendre à lire est devenu courrant. Cet apprentissage reste néanmoins limité car les

« enseignants » sont le chef de famille, ou le lettré du village. De là s’explique cette

longue attente entre la découverte de l’imprimerie et la Révolution : le temps de

la diffusion de la lecture.

17ème siècle : la médecine se constitue comme sphère de spécialité autonome

(notamment face à la religion). Et l’inquiétude n’est plus seulement clérical, mais aussi

médicinal. Les médecins pointent du doigt la lecture lascive. La lecture féminine

constitue une double transgression : viol du principe de sphère publique/sphère privée ;

menace pour l’ordre sociale et celui des genres. Les interprétations médicales, en

apparence scientifique, vont donc dénoncer ce type de lecture. Et ils vont formaliser

dans les livres cette vision des choses : un sorte d’ « encyclopédie », donc se

présentant comme scientifique, qui va leur permettre d’asseoir leur autonomie dans

leur domaine, et notamment vis-à-vis des femmes. Ce discours va rencontrer un échos

très large. Mais cela va avoir un effet encore plus important puisque les médecins

rencontre désormais une autorité sociale sans précédent. Ce pouvoir qui leur est

octroyé va leur permettre de s’intégrer dans un discours moralisant et à grande échelle.

Peu importe que la médecine contribue à réaffirmer les effets sociaux de la religion et

à habiller scientifiquement le discours religieux, tant qu’il se présente comme le fruit

de la science.

C’est donc un moyen d’avoir un contrôle sur le fort intérieur des femmes. Les

médecins ordonnent l’arrêt de la lecture, proposent pour remède des saignés… et dans

le pire des cas, envoient les lectrices dans des maisons de force. La femme est réduite

plus que jamais « in utero », à son utérus. Les scientifiques démontrent que la lecture

de romans, parfois pornographiques, poussent à la masturbation : comportement qui

détruit purement et simplement l’équilibre et la santé des femmes. La lecture est donc

dangereuses pour celle-ci.

Section 3 Femmes procréatrices : les enjeux de la maîtrise du corps féminin



« La femme est donnée à l’homme pour qu’elle lui fasse des enfants, elle est

donc sa propriété comme l’arbre fruitier est celle du jardinier » N. Bonaparte.

La femme ne peut donc, par essence, avoir d’autres fonctions sociales que celle

de reproduire. On va retrouver le même type de raisonnement dans le code pénal :

règle de la double morale. L’adultère des femmes est un délit passible d’une réclusion

en maison de correction, alors que celui des hommes est une contravention passible

d’une amende. En outre, l’adultère féminin est punissable où qu’il ait été commis,

tandis que l’adultère masculin, pour être constitué, doit avoir été commis à l’intérieur

même du foyer et de manière répétée. Enfin, les juges sont plus sensibles à l’adultère

féminin et excusent plus facilement l’adultère masculin, étant vu comme une manière

d’affirmer la fierté masculine.

A partir des années 70, le MLF (mouvement de libération des femmes) va

beaucoup travaillé pour rendre aux femmes ce qui leur est dû : un contrôle sur la

procréation par elle-même et non venant de l’extérieur. Slogan « Un enfant, quand je

veux, si je veux ». Dans un premier temps, le MLF va largement axer son combat sur

la maîtrise du corps : procréation (contraception notamment), et dépénalisation de

l’avortement. Dans un second temps, d’autres combats :

- Reconnaissance du viol, puis du viol conjugal.

- Reconnaissance d’une pornographie féminine.

- Pénalisation du harcèlement sexuel, en particulier au travail.



En France, on assiste au développement du malthusianisme bourgeois. On

souhaite contrôler la procréation et notamment à travers la contraception. Mais,

tout ceux qui tentent de réguler les naissances sont montrés du doigt. Alors qu’au

Pays-Bas, la régulation des naissances est d’autorité publique depuis la fin du 19ème

siècle. Ici nous sommes confrontés à l’institution qu’est le mariage comme fruit de la

natalité : le mariage hétérosexuel est vu comme un permis de procréer. Réguler les

naissances, et donner ce pouvoir de régulation aux femmes, c’est mettre fin à l’ordre

patriarcale, à la famille, et c’est mener vers la débauche… En réalité, c’est surtout

mettre fin au contrôle par les hommes de la procréation.

Aux USA, Margaret Sanger, auteur de La femme rebelle, a créé une ligue de

contrôle des naissances. Elle sera incarcérer et mise en prison. A sa sortie, elle créé

dans Brooklyn un centre, un planning pour parfaire son but. Elle sera de nouveau mise

en prison.

Le code pénal punissait de réclusion « toute personne qui pratique, aide ou subit

un avortement ». Les premières victimes de cette loi, ce sont les médecins et autres

infirmiers qui, dans ce cas, sont envoyés au bagne ou au travaux forcés. 1923 :

l’avortement devient un délit correctionnel (ce n’est plus un crime). Mais cette loi

n’est pas une avancée car elle se veut répondre au problème du jury populaire qui se

montrait trop favorable aux inculpés. On veut laisser le choix de la sanction au juge

qui serait plus sévère (et c’est le cas). Mais très vite, on requalifie juridiquement

l’avortement : c’est de nouveau un crime passible de la peine de mort. La Libération

ne remettra pas en cause cet arsenal juridique. En 1955, l’avortement thérapeutique

est autorisée, mais seulement dans le cas de mise en danger de la mère. Pour la

première fois, en cas de complication, on sauve la mère plutôt que l’enfant.

Paradoxalement, de nombreux hommes seront impliqués dans la défense des droits des

femmes. Le camps féministe commence à se forger car il prend du poids sur la scène

médiatique. Il s’est notamment vu au travers du manifeste des « 343 salopes » où 343

célébrités déclarent avoir avorter illégalement. Parmi elles, il y a de nombreuses

artistes, comédiennes, auteures… Le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de

la contraception (MLAC) est en marche. Aujourd’hui, ce mouvement n’existe plus.

Ce type de manifestations, on le retrouve en Allemagne, aux Etats-Unis… et dans de

nombreux autres pays.

La première loi autorisant l’avortement (1975), à l’initiative de Weil et plus

largement portée par la gauche que par le droite, est votée. On considère qu’avant la

loi Weil il y avait deux à trois fois plus d’avortements qu’après. Cette loi n’a donc pas

du tout eu pour effet de multiplier le nombre d’avortements, au contraire. Il faut

néanmoins attendre 82 pour que l’IVG soit rembourser par la Sécurité sociale. La

première pilule abortive est autorisé : on démédicalise l’acte d’avorter.

Mais ce combat n’est pas gagné : mouvement « pro-life » aux USA, « Laissez-

les vivre » en France. Ils sont composés généralement de religieux et se battent contre

l’avortement. Face à la violence dans leur manière de revendiquer, l’Assemblée

nationale a même décidé de pénaliser ce qu’on va appeler une « entrave à IVG ».

Ainsi, l’avortement n’est toujours pas entièrement et socialement admis.

Pour ce qui est de la contraception, il faut revenir en France dans les années 20-

30. Quelques groupes féministes (Roussel, Pelletier par exemple) lancent le fameux

mot d’ordre « La grève des ventres ». Le premier dispensaire de contrôle des

naissances est crée par un médecin à cet époque-là. Il est très vite menacé de mort.

Selon lui, les naissances doivent être exercées au nom de la liberté des femmes. Au

Pays-Bas, en Allemagne, au Royaume-Uni, l’esprit est différent : la publicité pour les

contraceptifs est même autorisée. En France, se développe une espèce de marché noir

de la contraception. Il faut attendre 1955 pour que la première pilule contraceptive soit

créé. On commence par en vendre illégalement. Elle gagne très vite le monde entier.

Mais ce sont les allemandes qui seront les premières à en user, suivies des

hollandaises. Elle est distribué gratuitement dans les planning qui ont effectivement

gagnés l’Europe. L’association « la maternité heureuse », composée de médecins-

hommes et de féministes, en sera le créateur. Importé des USA, les planning vont

officiellement octroyer des rendez-vous aux femmes pour leur venir en aide dans leur

procréation. Mais officieusement, c’est le lieu où va s’échanger très largement de

nombreuses pilules. Les planning grandissent peu à peu en nombre d’adhérents, tous

dans une illégalité assumée afin de mobiliser et de faire bouger les pouvoirs publics.

En 67, la loi Neuwirth va enfin autorisée la conception. Mais elle ne sera appliquée

qu’à partir de 71. Cela a été notamment permis par l’appui de soutien parmi les francs-

maçons.

_______________________________________________



Avc loi Neuwirth, publicité est limitée ; mineures ont accès à contraception

qu’avc autorisation parentale. De plus, contraceptifs ne st pas remboursés (pilule et

stérilet remboursés dès 9174 : dès lors elle est gratuite et délivrée aux mineurs sans

autorisation parentale)

Ajdh l’ONU, par l’intermédiaire de l’OMS estime que plus d’une femme mariée sur 2

ds le md utilise des contraceptifs. Ms discours à pdre avc prudence. En Afrique, 1/5

seulement : raison coutmières, religieuses ms aussi d’information et de non gratuité.



Section 4 L’excision : regards anthropologiques, regards sociologiques



I- Données générales de cadrage



Dès que cette qu° est évoquée, suscite débats extrêmement vifs et sentiments

d’incompréhension, d’horreur, de dégoût.

Pratique fonctionnelle à laql on attribue plusiers sens, même si ce ne st plus les

mêmes sens qu’avt

2 types de dénonciations :

 Humaniste

 Féministe

Légitimes ms occidentalo-centrées dc ne permettront pas de connaître le phéno



Considérer l’excision d’abord comme un acte social, de lui rendre sa complexité,

et de réfléchir d’un pt de vue anthropologique et sociologique pr rendre compte des

justifications et des sens



Rappeler le rôle essentiel des femmes ds ce processus, qu’il s’agisse des mères ou

des belle-mères et des exciseuses, puisqu’il n’y a pas d’exciseurs : ce ne st que des

femmes qui pratiquent l’excision. Femmes qui participent à fr perdurer ce qui relève

au départ de la somination masc. Ces exciseuses ont elles-mêmes subi l’excision ; ms

considèrent que fr exciser leurs filles est tjrs un impératif. Cf Des mères et des

femmes.



Pratiques qui st très localisées d’où mieux connues par exemple que les mariages

forcés, que les polygamies ( ont tendance à régresser et st l’objet d’un regard social

défavorable). Recherches anthropologiques récentes même si peu de données

staistiques fiables.



Excision renvoie à 2 pratiques distinctes :

 L’infibulation : ce qu’on entend ajdh par excision

 L’excision





Ds les 2 cas, mutilation génitale (violence) : tte intervention comportant une

ablation partielle ou totale des organes génitaux féminins externes, pratiquées pr des

raisons culturellme sou religieuses ou pr tte autre raison non-thérapeutique



Néanmoins il faut distinguer 2 pratiques :

L’excision au sens strict : coupure du clito et des petites lèvres, parfois

accompagné de la suture des gdes lèvres, qui st scellées par des épines de manière à

recouvrir l’urêtre et la majeure partie de l’ouverture vaginale, laissant un simple trou

pr l’écoulement des règles et de l’urine. Ds ce cas-là, qd c’est la « totale », c’est

l’infibulation ; si coupure clito et petites lèvres , c’est l’excision.

Cette opération est pratiquée chez jeunes filles vierges non mariées ms

historiquement cette opération devait être renouvelée après la séparation avc un

conjoint (décès ou divorce) et ds certaines tribus après chq accouchement on

recommençait l’opération ; lié parfois à un dégoût du sexe fém qui doit dc être scellé,

caché.

L’excision a été pratiquée sur près de 100 millions de femmes ds le md et 2 mill

de nvl interventions st pratiquées chq année. Parfois et de plus en plus rarement ces

opérations st pratiquées par des bébés ms le plus svt c’est à l’adolescence, voire svt avt

qu’elles aient leurs 1er règles. Il s’agit dc de prtaiques davantages coutumières liées à

des rites mythiques plus que religieux. Svt même, ds les pays, une loi la condamne, ms

cela ne suffit pas. Ds certns pays de la péninsule arabique et ds qq éthnies minoritr en

Asie. Le tx de pratique est très variable d’un pays à l’autre. Les pays les plus exposés :

le Mali, l’Egypte , le nord du Soudan, l’Erythrée et deux fois moins en RP

centraficaine et en Côte d’Ivoire. Pr l’essentiel il s’agit d’excision. La pratique

d’infibulation est plus rare : Djibouti et Nord Soudan srtt. Parmi le femmes de 15 à 49

ans, 90% des maliennes, des égyptiennes, des soudanaises du nord st excisées. Sachant

que c’est probablement au Mali qu’il y a le plus de pratiques car le mot même n’a pas

été cité (même pas de loi). A 80% il s’agit d’excision et pas d’infabulation. Au nord

Soudan ¾ des pratiques st infibulation et 80% en Côte d’Ivoire.



Pratiques de plus en plus condamnées par les médecins, ms svt par médecins

étrangers. Médecins hommes ds les pays concernés refusent de prdr la parole sur ce

sujet. Sur place, on trouve très peu de médecins qui acceptent de le fr de façon

médicalisée car c’est une façon pr eux de ne pas cautionner cette pratique.



Ces pratiques st dc considérées comme mutilation par OMS et Unicef et

condamnées.



Depuis une 30n d’années, grâce aux ONG, il y a eu des pressions sur les gvnts et

un certn nb de pays ont fait législayion qui condamnent ces pratiques, ms cela n’a svt

peu d’incidence. Pays où loi l’interdit : Nigéria, Ghana, Guinée, l’Egypte, le Burkina-

Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Soudan (seule l’infibulation est interdite). En cas

de conflits, la loi de l’Etat ne prévaudra pas sur la coutume : en cas de décès, les

exciseuses seront relachées.

Ce qu’on appelle l’excision au sens strict est svt appelée excision sunnite

(Soudan). L’infibulatione st dit « excision soudanaise », ms Soudanais l’appellent

« l’excision pharaonique ». l’origine mythico-riruelle est dc svt assez confuse.

Question des femmes elles-mêmes. Très forte résistance des femmes elles-mêmes pr

l’abolition de cette pratique. 4/5 en RP centraficaine souhaite l’abolition de cette

pratique.



II- Des origines religieuses et mythico-rituelles plurielles et incertaines

Il n’y a pas de lien systématique entre Islam et pratiques de l’excision, d’abord

pcq l’existence de l’excision est antr à la religion musulmanne. Elle est pratiquée

apparemment depuis l’origine de l’humanité, au sein de soc noires animistes et au sein

de soc arabe ds soc pharaonique (infibulation) ; même ds Europe paléolithique. Au

Soudan, on constate que certn tribus chrétiennes la pratiquent. Concernant l’Islam, au

regard du Coran, le Prophète n’a ni ordonné ni interdit l’excision. Selon certn

interprétations, les incirconcis seraient en état d’impureté et ne pourraient pas se pster

dvt Dieu (comme circoncision pr les hommes). Ajdh ds la tradition soudanaise on

utilise le terme de tahara(purification) ou de khitan (circoncision et excision). On sait

qu’en Egype antique, l’excision était pratiquée pr raison de pureté et d’hygiène,

comme la circoncision. D’autres spécialistes de l’Islam disent que cette interprétation

est erronée et que Prophète recommandait juste ablutions et que organes doivent rester

intacts, tt comme ils ont été créés. 2 sources st ajdh retenues : une source biblique et 2

sources mythico-rituelles.



A- Une origine biblique, à partir de la corne orientale de l’Afrique



Cette origine établit un lien netre excision et circoncision : part de l’hist de Sarah,

épouse d’Abraham, convoitée par le roi Abdeler, ms qui n’avait pas réussi à obtenir

Sarh, protégéepar des pvrs surnaturels. Pr lui prouver son amour, il va offrir à Sarh une

jeune esclave, Ahdiara, à laql Sarh va s’attacher. Sarah se pense stérile et va dc

demander à son mari, Abraham, de prdr Ahdiara comme 2nd épouse afin qu’elle ait un

enfant. Abraham va dc avoir un fils, Ismael, de cette 2nd épouse, ms par la suite Sarah

aura un fils, Isaac. Ms entre tps, Ahdiara et Abraham se st rapprochés, au-delà de ce

que Sarah avait souhaité. Sarah, jalouse, décide dc de fr exciser Ahdiara, sa rivale, avt

de la chasser. On trouve plusieurs versions de cette épisode( parfois on dit qu’elle lui

fait percer le oreilles). Plus tard lorsqu’Ismael décida de se marrier, Ahdiara elle lui

dit : « ns sommes ts circoncis, hommes et femmes, et ns n’épousons que ceux qui le

st » ; tte sle sprétendantes d’Ismael demandent à être exisées, pr être choisies. Il

épousa ttes celles qui s’étaient excisées et eut 12 princes.



On voit ds cette légende biblique que l’excision comme la circoncision,

constitue des marques corporelles qui signent la particularité d’un peuple béni de Dieu.

On va retrouver cette tradition chez les chrétiens coptes d’Egypte ou chez les Abyssins

d’Ethiopie, et là cette pratique est très antr à l’Islam, même si va perdurer après son

apparition. Bien que le Prophète ne l’ait pas prescrite, hypothèse qu’elle a été

véhiculée pas peuples islamisés vers pop° avoisinantes. Et ensuite des rites importés à

l’origine viennent se confondre avc d’autres fondements religieux ou d’autres

coutumes : il y a dc des phéno de migration de mites, ce qui explique qu’on peut

retrouver ces pratiques chez peuples nomades



B- Une origine mythico-rituelle en Afrique occidentale (mythes Dogon

et Bambara)



2 mythes plus couramment répandus que le mythe biblique (Afrique occid):

1. Mythe Dogon : il y a un Dieu qui s’appelle Amma, qui veut s’unir à la Terre dt

le sexe est repsté comme une fourmilère et le clito une comme thermitière. C’est dès

lors que se produit le 1er des ordres de l’univers. Au moment où Amma s’approche de

la Terre, le clito se dresse et barre le passage à Amma. Elle devient dès lors l’égal du

sexe masc et dc l’union ne peut pas avoir lieu. Amma abat alors la thermitière rebelle

et ainsi peut s’unir à la Terre qu’il vient d’exciser. De cette 1er union conflictuelle va

naître le chacal qui est le symbole des difficultés de Dieu qu’il a eu à s’unir à la Terre.

Puis des jumeaux vt voir le jour. Ce mythe signifie dès lors que chq être humain, dès

l’origine, est nanti de 2 âmes de sexes différents, un peu comme s’il y avait 2

personnes distinctes à l’intr de chq être humain. Pr l’homme, l’âme femelle siège ds le

prépus, pr la femme, l’âme mâle siège ds le clito. Ms la vie des hommes ne peut

s’accomoder de ces êtres doubles. Dieu va dc circoncire l’homme pr lui ôter tte

féminité, en agissant dc sur le prépus, et il va dc exciser la femme en lui ôtant son

clito. Après, naissance de 8 autres jumeaux, qui st à l’origine de la formation du peuple

dogon. On voit comment le mythe dessine et justifie cette pratique. Ms il faut aller

plus loin : au moment de l’excision, le clito d’éloigne de la Terre, métamorphosé en

scorpion, animal dangereux, nuisible, mauvais, ce qui explique d’ailleurs que le mot

clito utilise ds le langage un mot qui veut dire aussi « épine », « crochet », « dard

venimeux ». dès lors, repdte un double danger : pr l’homme lors du rapp sexuel (risque

d’être piqué et d’être contaminé par le venin) et pr l’enfant lors de l’accouchement.

D’où la justification de l’ôter.



2.Mythe Bambara: à l’origine la Terre était peuplée de jumeaux. La légende

rapporte que le 1er être mâle nommé Pemba, prend la forme du Roi des Arbres et

devient Balanza. Balanza va s’unir avc sa sœur jumelle, qui est aussi le 1er être femelle

qui s’appelle Mussokoroni (veut dire aujdh « vieille petite femme »). Au cours de cette

union, les épines de ce 1er être femelle vt le blesser. Elle va devenir folle et sa folie va

l’entraîner à circoncire et exciser ts les hommes et ttes les femmes rencontrées, ce qui

va semer partt le désordre et le malheur, matérialisés par une force maléfique, le

Wanzo ; depuis lors, tt enfant à sa naissance, reçoit le wanzo : ds son sg et sur sa peau

au moment du contact avc la Terre sur laql il naît. Cette force va siéger ds le prépus pr

les hommes et ds le clito pr les femmes. Elle repste pr chq individu le désordre et par

ailleurs s’oppose à sa fécondité.



On trouve jéméléité ds les 2 mythes, tjrs des jumeaux des 2 sexes. Il semble que

la tradition se soit construite comme si l’homme et la femme incirconscrits

continuaiant d’abriter leur double en eux. Or cette coexistence de double n’est pas

acceptable : alle entraîne le repli sur soi, une absence de curiosité pr la connaissance et

une absence d’attrait pr l’autre sexe pr que l’ont en eux. Cette absence d’attrait étant

intolérable, pr qu’il y ait une relation d’altérité il ft séparer les jumeaux et détruire le

ppe fém ou masc. Ainsi chq être, dès qu’il a perdu son autre, va rechercher son double

ds mariage. Ds les 2 cas il s’agit de supprimer la force du mal : excision forme

inversée de la circoncision ; les 2 st dc liés. Ces 2 mythes vt devenir les fondements

des rites initiatiques de circoncision et d’excision. Parfois est une fondement, parfois

justification donnée a posteriori.

III- L’interprétation anthropologiques des rites de passage : socialisation et

divisions sexuées des rôles sociaux, intégration identitaire au groupe



Excision = rite de passage

Les mythes sont fondateurs => excision et circoncision sont liés.

Ce sont des manières d’incorporer l’identité du groupe. Ces rites ont garants de la

cohésion sociale. Ces gestes de modelage des corps font partie d’un dispositif plus

large qui vise à inscrire l’enfant dans son statut d’être humain sexué. Ces rites de

manière générale, ont lieu à deux périodes : première semaine du nouveau-né ou après

la transmission du nom (7 à 18 ans). Tous ces rites qui sont souvent des épreuves

visent à produire une transformation radicale chez ceux qui y sont soumis. Il s’agit de

marquer une différenciation de genre par l’excision et la circoncision et donc la

répartition des rôles sociaux sexués. La douleur fait parti intégrante du rite => les

enfants pour devenir adultes doivent maîtriser un certain nombre d’émotions pour

obtenir la considération générale du groupe qui rejaillit sur la famille. L’excision

marque le passage d’un état à l’autre.

L’atteinte à l’intégrité du corps féminin dans ces rites d’excision a aussi la

signification d’une renaissance (« éducation par métamorphose »). Elle n’est pas

considérée comme dommageable mais constitue un élément essentiel de la pédagogie

initiatique. Dans ces sociétés, le statut de la personne n’a pas de sens => l’individu

n’existe que par le groupe.

Le groupe pourra exiger un autre comportement de la femme une fois excisée

=> les initiés ne sont pas considérés comme irresponsables.

Ce rite se présente sous la forme d’un secret, il se déroule à l’écart du village.

Cette excision s’accompagne de révélations d’autres secrets : soins par les plantes par

exemple. Ces rites font l’objet d’une célébration collective. Des solidarités

horizontales et verticales se forment. On excise moins rarement en groupe alors que

c’était le cas avant. Cette excision n’a plus la visée initiatique. Plus non plus de

transmission de savoirs particuliers aujourd’hui. Ce rite ne crée plus de cohésion

sociale. Il s’agit d’un acte qui est pratiqué par habitude avec une assignation de genre

du coup plus nette qu’auparavant. Ces pratiques étaient très valorisées, peu de parents

y renonçaient. Ne pas subir ces rites, c’était rester dans un état de non- circoncis. La

fille était donc un garçon non circoncis : pas de rôle, pas de culture, pas de

reconnaissance sociale. Ces femmes étaient objet de répulsion. Seuls les excisés

pouvaient se marier. Pour ces familles, il s’agit d’un choix purement éducatif qui

relève du privé. Toute forme de répression de la pratique est considérée comme portant

atteinte aux ancêtres et à la coutume. Violer la loi c’est donc respecter la coutume.

Ce sont les femmes qui gardent le pouvoir de décision dans ce domaine : c’est

l’expression de leur pouvoir sur le monde du féminin. Les mères ne prennent pas

seules les décisions : elle n’imposera pas sa décision si sa belle-mère est favorable à la

pratique et que son mari ne la soutient pas.



IV- Situation de migrations et effets d’hystérèse



Surtout en situation de migration, abandonné l’excision c’est abandonner son

identité. L’intégration à la société d’accueil est considérée comme un risque de

désintégration à la société d’origine. Peuples exilés sont donc davantage des gardiens

des coutumes et de l’excision que ceux qui sont restés dans le pays d’origine alors que

la situation peut évoluer dans la société d’origine. Un certain nombre de travaux

mettent en évidence que les migrants constituent une force d’opposition plus grande à

l’abolition de l’excision que ceux qui sont restés au pays d’origine.

1989= premier procès d’une exciseuse (Awa Gréou). Cette condamnation a été

mal ressentie par une majorité de migrants qui soutiennent cette pratique. Aujourd’hui,

30 000 fillettes ont été excisées en France. La loi française n’a pas valeur d’exemple :

en cas de condamnation les autres fillettes de la fratrie ne sont pas protégées pour

autant. La gravité de l’acte n’est pas toujours perçue comme telle même depuis que la

jurisprudence se soit durcie en 1991 => peine de prison ferme

La plupart du temps, ces peines sont assorties d’une mise à l’épreuve pendant

laquelle la mère doit justifier de sa volonté d’intégration. Les pères n’ont jamais été

condamnés : ils affirment qu’il s’agissait d’une affaire « de femme » où qu’ils

n’étaient pas là au moment des faits. Depuis 2005, il semble que ce soit possible

d’obtenir le statut de réfugié lorsqu’une femme est menacée d’excision si elle retourne

dans son pays. Principal problème est celui du signalement et des tensions survenant

suite à l’intervention des différents acteurs. Un médecin ne signale pas toujours

l’excision car il ne veut pas être un instrument de contrôle de l’Etat. Des travailleurs

sociaux estiment que c’est une pratique culturelle qui n’est pas à dénoncer.

Autre problème : dénoncer l’excision c’est pour les filles détruire des liens

familiaux et accuser leurs parents. C’est plutôt dans les milieux favorisés

culturellement que la contestation est possible. Le meilleur rempart contre ces

pratiques est la scolarisation : les jeunes filles sont sensibilisées sur ce problème.

Dans le cas d’une excision dans le pays d’origine : c’est une manière de

conformer la jeune fille au modèle d’épouse et de mère du pays. Il s’agit réellement

d’un rite de passage de la fille éloignée.

Les prérogatives des gens du village ne disparaissent pas : dette migratoire. Cette

dette repose sur une logique familiale : c’est l’idée que les femmes du pays ont rejoint

leur époux et ont eut des enfants en dehors du pays d’origine => elles sont donc en

dette vis-à-vis de la communauté d’origine. La communauté d’origine revendique le

droit de se réapproprier ses enfants éloignés au moyen de l’excision pour les réintégrer

dans le réseau de parenté et espérer un mariage local. Cette logique est extrêmement

prégnante. Il est difficile pour les parents de se soustraire aux décisions des

communautés d’origine.





V- Les sens actuels de l’excision : le contrôle du corps et de la sexualité des

femmes dans des sociétés androcentrées



L’excision est également justifiée par la nécessité de contrôler la sensibilité des

femmes. L’idée que les femmes auraient une sexualité excessive notamment

africaines.

Dans les pays africains il existe un parallèle entre l’hypersexualité féminine et

l’insatiabilité des bébés féminins => excision est justifiée car diminuerai le désir

féminin et favoriserai donc le comportement valorisé des femmes (chasteté, fidélité,

réserve). Le but est de les aider à contrôler leur pulsion et à supprimer toute forme de

masturbation pour privilégier la fonction reproductrice. Il existe aussi des

considérations esthétiques : le clitoris hypertrophié pousse à la masturbation et à

l’homosexualité. Une hypertrophie anormale est considérée comme menaçante pour le

masculin. Les femmes ont intériorisé cette dimension esthétique.



VI- Le rôle et le statut social des exciseuses : le poids de la dimension sociale

et économique



Pour l’essentiel ce sont les exciseuses qui constituent le noyau dur de la

résistance à l’abolition de la pratique.

Elle la présente comme une institution sacrée qui marque le pouvoir sur le

féminin. Le dispositif est géré par une gérontocratie féminine (femmes de plus de 45

ans). Elles sont les gardiennes de la tradition qui constitue aussi pour elles un fonds de

commerce.

Elle est justifiée aussi comme une pratique des ancêtres qui sont très présents.

Elles se considèrent comme dépositaires de cette tradition. Dans un certain nombre de

pays, les exciseuses font partie d’une caste privilégiée qui est celle des forgerons.

C’est une caste compétente dans la gestion de l’intime et de la sexualité. Le statut de

cette caste et son niveau de revenu a été modifié dans la période postcoloniale par la

mécanisation du travail du fer => elle s’est appauvri. Abandonner l’excision c’est

abandonner le seul privilège financier qui demeure dans cette caste. Il faut donc leur

trouver d’autres sources de revenu et leur apprendre d’autres métiers. Ce qu’on leur

retire c’est le pouvoir sociale qu’elles détenaient de cette pratique. Elles cherchent à

protéger leur statut social qui est proche du sacré. Cette dimension est donc un élément

central dans le combat contre l’excision.

Même si ce rite a perdu certaines dimensions, elle n’a pas perdu la dimension

culturelle.

Chapitre II Féminin/Masculin ; Féminité(s)/Masculinité(s)





Section 1 Les transformations des représentations du corps féminin (XVIIIème-

XIXème siècles)



Philippe Perrot : « Le travail des apparences, le corps féminin 18ème- 19ème

siècle ». Il se pose la question de l’explication socio-historique de l’évolution des

représentations du corps féminin au fil des siècles, en particulier celle des

représentations de soi. C’est une manière de réfléchir à la construction et à l’évolution

des chaînes de perception et d’appréciation du « beau », à la manière dont la culture

travaille la nature. Il s’agit d’une contribution à la sociohistoire du corps comme

instrument symbolique, vecteur de présentation de soi, vecteur de la construction de

l’identité sexuée et comme ressource. Ce qui intéresse cet auteur est de montrer

comment les marques culturelles de la féminité se sont construit, fabriquées et

naturalisées progressivement. Ce qui l’intéresse c’est le système des relations sociales

qui sont à l’origine de cette fabrication de la féminité. Différences hiérarchisées entre

les sexes à partir du 19ème siècle.

Le corps est analysé comme un capital dont la rentabilité est variable (« capital

physique » selon Bourdieu) qui peut être un outil de distinction sociale. Ce qui est

intéressant c’est la société de Cour, l’espace parisien et les catégories dominantes. Le

travail de Philippe Perrot serait à faire sur le corps masculin.

Pratiques qui avaient lieu dès l’Antiquité chez les femmes : exigence d’avoir une

peau clair ( => la pâleur est la marque d’un statut social) => dvpmt de pratiques pour

blanchir le teint qui sont parfois nocives pour la santé. Au Moyen-âge, la mode était

d’avoir un front large et dégagé (les femmes s’arrachaient les cheveux). A partir de la

fin du 18ème siècle, l’auteur va montrer que ces préoccupations vont toucher aussi les

hommes et que l’on va tendre à la valorisation d’une indifférenciation du genre (« la

confusion des genres »). Rupture du 19ème siècle qui va refonder le dimorphisme

sexuel dans l’apparence. Il s’intéresse à la manière donc les aristocrates, les libertins

vont utiliser un système de fard.



I- Aristocrates, courtisans et libertins : du bon usage des fards et de

l’étiquette (XVIIème-XVIIIème siècles)



Le Libertinage était avant tout une dimension politico-philosophique qui passait

par l’idée de penser par soi-même c’est-à-dire sans médiation de la religion. Le

libertinage est aussi la recherche des plaisirs érotiques. Beaucoup de romans libertins

se revendiquent comme philosophiques et érotiques =>éloge des sens et des passions

comme mode de vie => l’art de la séduction joue un rôle central.

Dans même temps, préoccupation morale et religieuse sur l’apparence : réflexion

sur l’orgueil que reflète la volonté d’embellir son apparence. Cette question se pose à

un moment où la société de Cour s’affirme et avec elle l’art de l’étiquette dans laquelle

les fards jouent un rôle important. Avant, seules les femmes se fardaient. Début du

18ème siècle : les fards vont se répandre chez les hommes => renvoie à plusieurs

raisons :

- L’aristocratie se démarque des roturiers qui privilégient le naturel, la propreté,

la pureté et qui dénoncent l’usage des fards à la Cour qu’ils qualifient de mensonge,

fourberie, fausseté.

- Ces fards permettent de signifier son statut social devant la Cour. Les fards

jouent pour les deux sexes un rôle socialement connoté (cf. place des mouches sur le

visage)

- C’est également une manière d’être vu et bien vu au sein de la Cour. Il fallait

lancer des modes, se faire remarquer par l’entourage du roi. Les petits maîtres

lançaient des modes vestimentaires, capillaires, des fêtes, des danses. C’est la

représentation la plus aboutie de la confusion des genres tout en défendant dans le

même temps une réputation de séducteurs.

- Les fards sont la marque visible constitutive d’une condition sociale : il s’agit

d’innover, d’intriguer et de surprendre. C’est une bataille sans relâche sur le marché du

signe selon Perrot.

Hommes et femmes dans la société de Cour ont les mêmes obsessions. Les deux

marques de la noblesse sont la pâleur et la jeunesse.

- L’usage des fards, des poudres et des perruques à tout âge visent à faire que

tous les visages se ressemblent en dissimulant les marques du temps et afficher la

même pâleur. Hommes et femmes utilisent les mêmes artifices : ils utilisent des

poudres pour blanchir le visage, ils renforcent la pâleur par d’autres artifices tels que le

crayon noir, on met en évidence les joues, la chevelure est blanche. Les perruques des

femmes sont plus hautes que celles des hommes. Personnel de cour spécialisé en la

matière. Les perruques sont farinées et parfumées. Le but était de faire en sorte que les

yeux soient au milieu du corps. Usage d’ombrelles, de masques qui favorise les

pratiques libertines. La pâleur a aussi pour but de dissimuler les émotions. Hommes et

femmes se vêtissent de la même manière (tissus précieux tels que la soie, la dentelle).

Les hommes comme les femmes découvrent leur mollet => androgynie

généralisée par l’usage de ces artifices. Les fonctions dans la société de Cour sont

moins sexuées que sociales. L’idée est de s’offrir en spectacle. Le corps des femmes

valorisé dans la société de Cour : hanches plus larges que les épaules, taille fine =>

usage des corsets, baleines, paniers. Les catégories bourgeoises vont s’opposer à cette

représentation car idée que le corps féminin ne serait qu’un attribut de séduction, une

ressource pour les aristo-libertines qui contraignent leurs corps et qui se détournent de

leur rôle de mères (le corset serait mauvais pour la maternité). Les catégories

bourgeoises vont substituer un autre modèle à celui de la Cour. Publication de certains

mémoires par les anatomistes sur ce problème => interrogation médicale bourgeoise

sur le mode de vie aristocratique sur les dangers qu’encoure la mère.



II- Les petits maîtres et les coquettes : une confusion des genres ?





III- Le nouvel ordre bourgeois : du modèle de la mère au

dimorphisme sexuel comme fondement de la citoyenneté

(XIXème siècle)

La société aristocratique est très codifiée. D’anciens seigneurs féodaux ont été

vassalisés. Ce qui compte c’est d’être un bon courtisan, d’être vu et bien vu, de lancer des

modes, de contrôler ses affects… Il y a une forme d’androgynie, qui renvoie à la confusion

des genres. Ils ont des accessoires, des perruques… Les femmes ont un rôle important : elles

reçoivent, elles entrent dans le monde des lettres… Bref, elles commencent à avoir un poids,

notamment politique. Ceci fut très critiqué par les bourgeois qui y voient une forme de

décadence.

Le XIXème siècle, marqué par la réussite bourgeoise, va réaffirmé la division des sexes : le

dimorphisme sexuel est réaffirmé, ce qui ce traduit notamment par un dimorphisme

vestimentaire. Ceci a pour ultime but de réaffirmer la hiérarchie sexuelle. D’un côté les

hommes représentent la virilité et la sobriété (sérieux, valeur du travail), de l’autre les corps

féminins vont être représentés autrement : valorisation de la maternité (les corsets se

desserrent), du naturel (contre l’artifice aristocrate).



Le mouvement transsexuel, qui a marqué le XIXème siècle, constitue une mode qui va

progressivement reculé. On va défendre le « nouveau naturel », et cela annonce une autre

époque, celle du romantisme. La perception différenciée des sexes va donc de paire avec

l’arrivée des bourgeois au pouvoir.

Nouvelles oppositions : raison/passion, culture/nature, extérieur/intérieur, public/privé,

actif/passif… qui constituent des qualités octroyés à l’un ou à l’autre sexe. Les femmes sont

de nouveaux confinés dans les foyers et un nouveau discours va placer les familles au centre

des préoccupations, famille qui devient le point d’articulation entre l’individu et la société

(c’est le début du familialisme) : c’est la base des groupes sociaux en tant que groupe de

reproduction, mais aussi de reproduction sociale. C’est le siècle des notables, des pratiques

notabiliaires. Valorisation de la famille comme entité de reproduction sexuelle et sociale. (En

outre, nous verrons que le suffrage universel n’a pas supprimé cette société de notables.) La

valeur du travail va s’imposer contre l’oisiveté aristocrate. Toute une morale « nouvelle » va

se former avec la réussite bourgeoise. Les femmes aristocrates deviennent le symbole de la

décadence : c’est une femme publique qui joue de la ruse en politique, qui s’essaie aux art et

lettres, qui en oublie sa famille (confié à des nourrices), son indépendance la pousse vers le

libertinage. Il faut rappeler que la femme doit avant tout être mère. La nature devient le

référent : c’est autour de la famille, du foyer, que va s’opérer la répartition sexuée des rôles.

La femme est réduite à sa fonction reproductive.

Ce nouvel ordre morale va réprimer tout ce qu’on appelle, à l’époque, la virilisation des

femmes. Une femme doit être femme des pieds à la tête. Ce n’est pas tant la santé des femmes

qui intéresse les philosophes et les médecins, mais leur sens de la morale. Les critères

esthétiques de beauté changent (taille fine et élancé dans le milieu aristocrate, formes

généreuses chez les bourgeois). En outren les hommes ne doit pas netrer dans le jeu de la

séduction : un costume sombre, qui cache les mollets (à l’inverse de la Cour). Les hommes

n’ont pas à plaire puisque c’est eux qui vont choisir leur compagne. Progressivement, la

masculinité s’érige envertu, la féminité en faiblesse. XVII le beau sexe et XIX le sexe faible.

Elles n’ont pour rôle que de mettre en avant le capital social du mari. C’est à cette époque que

se développent des école pour fille leur apprenant à recevoir, à gérer les tâches de la maison, à

s’occuper des enfants. Le port du pantalon est un délit en France jusqu’en 1909. Le code

pénal enferme la femme, elle n’a pas d’autonomie : elle passe de l’autorité du père à celle du

mari. Ceci permet de faire perdurer cette exclusion de la scène politique.



Aussi les apparences sont très intéressantes à analyser pour comprendre la société et

les rapports sociaux de sexe.

Section 2 Sur le concept de « masculinité(s) »



I- Virilité et violence



Lien entre virilité et violence : la force physique est le premier capital détenu en propre

par les hommes, par le masculin.



A- Virilité, violence et sport



Quel liens peut-on faire entre virilité, violence et sport ? N. Elias a travaillé sur ce

sujet : « Sport et civilisation : une violence maîtrisé ». Le processus de civilisation nous

conduit à pacifier les mœurs. Elias considère le sport comme un laboratoire particulier qui

explique et conduit en partie à la pacification des mœurs. Il va chercher à articuler ces trois

notions. L’idée est d’inscrire le lien violence-virilité dans le cadre particulier du sport.

Les jeux antiques ont des caractéristiques particulières. Jusqu’au Moyen-Age, le sport

était davantage un domaine masculin. C’est un espace où la violence est encadrée, où elle est

forclose. Cet espace permet aux hommes d’exprimer leur violence, et ainsi de ne pas avoir à

le faire au niveau social. L’une des épreuves reines était la lutte. Elle implique un contact

direct avec l’adversaire : un certain nombre de pratiques pouvaient même conduire à la mort.

Le mort étant alors désigné vainqueur. Les pratiques sportives étaient violentes dans tous les

milieux sociaux (joutes entre chevaliers, comme les pratiques villageoises : particulièrement

violent). La soûle était d’ailleurs un jeu de village, tel une chasse à l’homme, très violente :

lâcher d’un condamné à une lourde peine.

Peu à peu, la violence leur est dépossédé : la seule violence légitime est celle du Roi.

Celui-ci va peu à peu réglementer ces pratiques, telles que les duels, puis les interdire. Ce

monopole de la violence va conduit à évider le sport de la violence. Celle-ci devient une

source extra-ordinaire de pratiques sportives. Néanmoins, le sport va également permettre

d’instaurer une distinction sociale. Elias cherche à comprendre d’où notre sport pacifique.

Selon lui, il naît en Angleterre, dans un milieu social particulier : les milieux aristocratiques

des grandes écoles, réservés aux élites bourgeoises de la société. C’est donc dans cess écoles

que l’aristocratie et la bourgeoisie anglaise ont commencé à codifier, par leurs propres règles,

des jeux populaires, vulgaires (football, rugby). Cette appropriation de sports d’origine

populaire leur fait subir un changement de sens et de fonction.

Dorénavant ces pratiqsues sont dissociées des fonctions sociales qu’elles visaient

auparavant en milieu populaire. D’ailleurs, ces milieux étaient très liés à l’Eglise, aux fêtes

agraires… Ces sports codifiés vont s’insérer dans un lieu, qui est l’école, et qui valorise une

partition particulière entre travail, savoir et loisir. L’école, telle qu’elle est conçue, est un lieu

de double apprentissage pour l’élite : apprentissage du savoir, mais également de certains

loisirs ou pratiques valorisées. Avant le 19ème siècle, c’est la pratique des arts qui était valorisé

comme type de loisir. Mais peu à peu, on a estimé que le sport était plus approprié à

l’affirmation des vertus viriles des futurs chefs. La montée en puissance des prtiques sporives

conduit également à une baisse des pratique sartistiques dans les loisirs. Elle est destinée aux

élites. Autant on valorisait une pratique de l’art pour l’art (une fin désintéréssé), autant

désormais on valorise une pratique du sport pour le sport. L’ « ethos » (système de valeurs,

éthique) bourgeois va permettre d’instaurer une pratique pacifique du sport : fair-play (c’est,

selon Elias, la manière de jouer le jeu de ceux qui ne se laisse pas prendre au jeu au point

d’oublier que c’est un jeu), esprit d’équipe… Pas de ruses, pas de mauvaise foi. L’esprit

sportif est un esprit léger et pacifique). On maintient une distance aux rôles attribuer à chacun

des joueurs.

D’un point de vue techniques, il s’agit de rationaliser ces pratiques au-delà des

différences et des particularismes. Auparavant, il y avait autant de manière de jouer au foot

que de régions ou villages anglais. L’idée est donc de parvenir à la création de « règles du

jeu » universelles : ce qui va permettre la pacification des régions, puis des Etats entre eux. Le

sport devient une philosophie politique. Amateurisme, courage, désintéressement, respect des

règles (fair-play), mais aussi valorisation d’une virilité qui s’affirme sans violence. Le

leadership masculin, ce n’est plus la violence (car l’Etat, le Roi les en a dépossédé), c’est la

recherche de la victoire. Mais une victoire par le respect des règles du jeu. Il ne faut pas

tomber dans l’écueil de la « victoire à tout prix », jusqu’à user de la violence : par conséquent

le seuil de tolérance à la violence a constamment baissé, à mesure de la pacification de la

société par le sport (mais pas uniquement). Le sport va perdre en violence, et l’acceptation de

la violence avec. Le masculin évolue en ce sens. Le sport va être davantage source de division

entre classes sociales.

On va voir apparaître des hiérarchies et des couples d’opposition :

amateurisme/professionnalisme, pratiques ascétiques/pratiques spectacles, pratiques

distinctives/pratiques populaires. Caractéristiques des sports au sommet de la société : une

distance de plus en plus grande entre les adversaires. Ce ne sont pas les sports mettant en

scène les muscles, la violence physique (bas de la société, rien dans le cerveau…) comme

l’haltérophilie, mais la distance, le côté pacifique (escrime, tennis, équitation…). Le sport le

plus élitiste est celui où il n’y a aucun adversaire : le golf. Et on voit comment plus un sport

est valorisé, plus il est rare, plus il est cher (au golf l’équipement, la pratique est coûteuse). A

l’inverse, plus une pratique culturelle ou sportive se divulguent, moins elle est rare, moins elle

est recherchée, moins elle est chère. En outre, le fait que le golf soit au sein d’une sphère

fermé, élitiste, où il faut présenter une carte de membres… montre que ces espaces sont

réservés aux hautes sphères élitistes publiques (exclusion des femmes, encore plus des

milieux populaires : seuls les gentlemen y sont conviés). GOLF : Gentlemen Only – Ladies

forbidden.

Enfin, on privilégie les sports mettant l’accent sur la stratégie plus que sur la force. Le

sport rempli une fonction : c’est un simulacre de violence. C’est une manière de défouler, de

manière encadrée, des pulsions, des affects… De nos jours, toutes les formes de codification

du sport assure de genre de pratiques. Les règlements sont de plus en plus fournis ! A coté de

cela, va se développer de nouvelles formes de violences dans le sport : notamment le

houliganisme. En outre, certaines pressions économiques (Coubertin) pousse à la victoire à

tout prix, même au prix de la violence.



B- Hommes, femmes et violences



Dans le monde, les F sont victimes de la violence masculine. Les travaux sur ce sujet

sont multiples en GB. Mais en France, nous sommes encore très en retard. Les violences

faites aux femmes, dans le monde entier, sont la première cause de mort et d’invalidité

féminine (OMS).

Repères statistiques : les femmes et les enfants représentent 80% des personnes

blessées ou tuées en temps de guerre. On compte aujourd’hui 50.000.000 de personnes

déplacées (exilés non volontaire, mouvements interne aux pays) : ¾ sont des femmes ou des

enfants. 1/5 femme dans le monde a déjà été violée. De plus en plus, le viol est une marque de

guerre. Chaque jour en Europe, 1/5 femme subit des violences. En 15 et 44 ans, la violence est

la première cause de mortalité et d’invalidité (vient après le cancer, le paludisme, puis les

accidents de la route). Sur le plus de 1,5 milliards de personnes qui vivent sous le seuil de

pauvreté, 70% au moins sont des femmes.

La guerre n’arrange rien. Mais ce sont les civils qui sont les premières victimes de ces

violences, et en particulier les femmes. Ex : la 2nde GM, les allemands ont beaucoup violé de

françaises (surtout au moment du retrait), mais pire, les alliés ont aussi eu ce type de

comportement. Ex 2 : Guerre de Bosnie, 20.000 femmes, au minimum, se sont fait violées : la

grande majorité par des serbes. Ex 3 : au Rwanda, cela permettait de procréer une

descendance Hutu et non Tutsi (car c’est le père qui donne la nationalité). De manière

générale, le viol permet d’humilier une communauté.

En temps de paix, les femmes sont les victimes d’autres types de violences. De

nombreux secteurs sont touchés :

- la prostitution : on estime qu’elle permet de produire environ 7 à 10 milliards de

dollars de chiffre d’affaire. Selon l’ONU, tous les ans, 4 millions de femmes

supplémentaires sont achetées pour être réduite à la prostitution. Profil : ce sont

souvent des femmes immigrées qui sont venues chercher du travail. Elles tombent sur

de proxénètes qui vont leur confisquer leur papier. Autre moyen : acheter une femme à

une famille, en échange de quoi, une partie de l’argent revient à la famille. Ce système

de servitude met une pression sur les jeunes femmes : des menaces sur leur famille

leur sont faites. La prostitution concerne, la plupart du temps, des femmes non

qualifiées voire analphabètes, qui proviennent souvent de pays pauvres.

- Le travail clandestin : très lié à certaines mafias (exemple : la Triade en Chine). Les

femmes sont exploitées pour travailler dans des conditions désastreuses.

- Mutilation génitale (excision) comme nous l’avons vu : ce phénomène a tendance à

s’exporter au pays objet d’immigration.

- Les violences conjugales : tous les pays du monde sont concernés. Tous les ans, selon

l’OMC, 2% des femmes sont victimes d’agressions sexuelles (souvent par des

proches, des personnes que la victime connaît de très près). Dans la plupart des cas,

l’agression a lieu au foyer, mais pour 10% sur le lieu de travail. Aussi, en France, c’est

surtout les violences domestiques qui nous intéressent. Tous les quatre jours, une

femme meurt sous les coups de son mari. Cela peut aller des coups et blessures, en

passant par le viol conjugal, des formes de séquestration, des violences symboliques,

psychologiques (plus difficiles à déceler, mais qui laissent plus de séquelles). Welzer-

lang montre la différence de perception des violences entre un homme et un femme.

Un homme n’appelle pas violence la même chose que ce que sa compagne peut

considérer comme de la violence. Les deux sexes ne s’entendent pas sur ce qu’est la

violence, et n’y accordent pas la même importance. La plupart du temps, ils n’ont pas

le sentiment d’avoir excéder le cap de la simple querelle conjugale. Ils ont le sentiment

que c’est une pratique répandue, et que ce n’est pas si graves. Les femmes davantage

mettent en avant la violence psychologique (insultes, humiliations, interdiction de

sortir, ou refus de donner un peu d’argent…). Les difficultés sont nombreuses : forme

de violence la plus répandue. Il semble qu’il y ait une part d’hommes, minoritaire, qui

ont eux-mêmes (dans leur enfance, ou leur mère) subis des violences. Ce schéma

semblerait se reproduire. Mais cela n’explique pas tout. En outre, ce sont des violences

cachées au sein du foyer, inapparentes. Parallèlement, les femmes ont du mal à aller

porter plainte. Elles peuvent se sentir humiliées, ou seules dans leur combat. Du même

coup, les statistiques sont difficiles à établir : l’ampleur du phénomène est compliquée

à évaluer. On estime (OMC) qu’une femme sur trois en souffre. La probabilité qu’une

femme soit tuée sous les coups de son conjoint est plus importante que par un

étranger. Aux USA, une femme meurt toutes les 9 secondes sous les coups de leur

conjoint. Cette violence est endémique : elle concerne tous les groupes sociaux

(populaire ou non), tous les pays (industrialisés ou non) au-delà des frontières, des

cultures… Néanmoins, cette violence est plus connue, plus recensée, plus avouée en

milieu populaire. Malgré tous ces constats, les autorités résistent à accepter cette

violence de genre. Aussi, on ne développe pas de politiques publiques qui viseraient à

la contraindre, à cause justement de cette résistance. On tend néanmoins à pénaliser ce

type de comportement. Il a quand même fallu attendre 1990 pour que le viol conjugal

soit reconnue et pénaliser. On a par contre reconnu le viol en temps de guerre comme

crime contre l’humanité, et ce de manière imprescriptible. Mais le raisonnement n’a

pas été poussé au bout : il n’y a rien qui prévoit à ces femmes un statut de réfugié.

Actuellement, il y a encore une 40aine de pays qui refusent de ratifier la convention

d’élimination de toute discrimination envers les femmes.

- Violences culturelles : infanticides sur les bébés de sexe féminin dans certaines

cultures (car une fille = une dot) ; coutume ancestrale indienne (crémation des

veuves), chose qui avait été rendue interdite par les colons britanniques ; excision…



Enfin, l’accès au soin, à la médecine, à l’autonomie, à l’émancipation… est plus

difficile pour les femmes. Il existe ainsi une inégalité sociale des genres, à la source même de

toutes ces formes de violences. De plus, les femmes ont été socialisée dans leur rapport au

monde dans cet esprit : elles ont intériorisé ces pratiques (idée de coutumes, de rites…). Or ce

qui est normal n’a pas à être dénoncé. On estime même que seul 5% des viols font l’objet

d’une plainte, ce qui est déjà beaucoup par rapport à avant. C’est donc le fruit d’une société

patriarcale dans laquelle ces pratiques sont euphémisées, et rendues normales.





II- L’homosexualité masculine : historiciser et sociologiser le regard



L’homosexualité est un troisième objet de recherche vis-à-vis de la virilité.

L’homosexualité masculine est bien plus étudiée que l’homosexualité féminine. Le terme

Queer, utilisé par les anglo-saxons, englobe toutes les pratiques sexuelles, dont

l’homosexualité. D. Boursier et J. Butler ont travaillé sur le sujet. Butler est incontournable.

On refuse l’opposition binaire traditionnelle entre hétéro et homo. On est dans une démarche

militante (qui est un peu problématique). On sort les études homo d’une sorte de ghetto dans

lequel elles étaient plus ou moins en train de s’enferrer. On remet en cause la « légitime »

dominance du modèle hétéro. La violence symbolique est plus ou moins intériorisée par les

homo. Et la dominance hétéro ne fait que témoigner de cette intériorisation.

La queer théorie, elle, donne une place centrale dans son questionnement, à une

identité sexuelle flexible. On parle de la théorie transgenre : chaque identité sexuelle est

flexible. Chacun a la bisexualité en soi, nous sommes tous transgenres. Mais ce sont des

conditions culturelles, biologiques, sociales… qui vont pousser ou non à l’affirmation de

l’homosexualité. S’en tenir à une identité gay ou à une identité lesbienne, assez largement

fantasmée, stylisée, serait donc un écueil dans la recherche sociologique. Toute entreprise

visant à faire émerger une identité sexuelle propre serait réducteur. Les individus n’ont pas à

choisir de manière définitive et rigide entre le masculin et le féminin car dans les deux cas,

c’est identité sont des construits socio-historiques. L’individu n’est ni homme ni femme, ni

homo ni hétéro, il ne s’identifie à ces identités parce que la société s’impose à lui. Or la

société est justement le fruit de construction sociale et historique.



Mais la queer théorie, trop militante, doit être écartée en sociologie. Car c’est plus de

la philosophie que de la sociologie. Quels que soient les Hommes, l’idée est d’analyser ce qui

font socialement, non ce qu’ils sont. En cela, la queer théorie n’est pas inintéressante : les

sociologues s’y intéressent, mais elle ne peut constituer une théorie sociologique à proprement

parlé. La queer théorie est donc très difficile à conceptualiser en terme sociologique.

Les études sur l’homosexualité sont surtout à mettre en perspective avec la sociologie

de la sexualité. C’est grâce à l’UNED, depuis plus de 20 ans, que l’on étudie cet objet

sociologique. Michel Bozon est l’un des chercheurs de l’UNED. Il a donc beaucoup travaillé

sur la sexualité. De manière générale, les actes sexuels sont surchargés de déterminations

anthropologiques (M. Mead notamment). Dans toute société, l’image que les agents sociaux

se font du corps sexué, de ses usages légitimes (parmi lesquelles les usages sexuels), des

représentations qu’ils ont de la féminité et de la masculinité, influent sur l’homosexualité et le

statut qui est le leur. Les homo n’ont pas toujours été marginalisés, mais dans nos sociétés,

cette pratique apparaît en décalage avec ce qu’est la sexualité légitime (historiquement

construite). L’hétérosexualité s’est imposé historiquement comme étant la sexualité

dominante, légitime. C’est d’autant plus vrai dans nos sociétés modernes qui sont

hétérocentrées, mais également androcentrées : elles donnent le primat au masculin. On tend

donc à exclure socialement et culturellement les homo. Les homo eux-mêmes, notamment au

cours du processus de socialisation (médias, école, famille, groupe de pairs…), ont intériorisé

un ordre sociale sexuellement ordonné. Ils ont intériorisé des chaînes de représentations

dominantes : l’hétéro, par son virtus, sa virilité va dominer les homo. En raison de ce décalage

par rapport à l’ordre dominant, les homo vont développer un sentiment de gêne, de honte, de

culpabilité… Plus précisément, la définition dominante de la forme légitime de la pratique

hétérosexuelle repose sur un rapport de domination du principe masculin qui est posé comme

actif (pénétrant), sur le principe féminin qui est posé comme passif (pénétré). Ici la pratique

homo remet en cause ce principe de domination. La sociologie de l’homosexualité repose sur

le questionnement u tabou de la féminisation qu’entraîne l’homosexualité masculine. Or la

féminisation est sacrilège. Or lorsque l’homosexualité fut tolérée, elle ne le fut que pour les

partenaires actifs. C’est bien la féminisation du masculin qui est posée comme sacrilège.

L’homosexualité du partenaire passif va à l’encontre des positions dominantes de la division

du travail sexué. C’est ce qui explique la pénalisation de cette pratique.

Sous l’Antiquité, ce n’était pas tant l’homosexualité qui était toléré mais la bisexualité.

Elle était considéré comme un rite initiatique ou comme un divertissement de ceux qui avaient

fait la preuve de leur hétérosexualité. Mais l’homosexualité fut de plus en plus perçue comme

un crime, puis avec les religions, comme un péché. Enfin, elle fut vu comme un vice, un tare,

puis une maladie.

En réalité, on parle de l’homosexualité comme groupe homogène, mais ça n’est pas le

cas.



A- De la tolérance de la bisexualité comme rite initiatique ou

divertissement à la répression de l’homosexualité comme crime, péché

contre-nature ou maladie



Sous l’Antiquité, en particulier en Grèce, les pratiques homo étaient admises en tant

que telles comme rites initiatiques. Mais cela ne devait pas être exclusif à l’hétérosexualité :

c’est la bisexualité qui est en fait reconnue. De nombreux documents iconographiques atteste

du fait que les pratiques homosexuelles étaient répandues, mais surtout dans les élites. La

pratique homosexuelle masculine n’était pas répréhensible, mais elle devait respecter la

hiérarchie sociale. Exemple : si patriciens et esclave, c’est l’esclave qui doit être passif. Le

dominant socialement et culturellement doit également l’être sexuellement. En outre, cette

pratique ne doit pas s’accompagner d’une féminisation des partenaires : l’efféminement n’est

pas tolérée. Ces rites initiatiques entre un maître et ses disciples faisaient partie intégrante de

la société. Le maître doit initier le disciple en l’emmenant dans la forêt et en le formant. Les

mères de famille étaient fières de cela, car si elles n’acceptaient pas, la honte se serait abattue

sur leur famille : être choisi par un maître était un honneur. Plusieurs philosophes ont

développé la thèse des « deux moitiés » : à l’origine de la création de l’humanité, chaque être

humain était double. Il y avait trois types d’être humain : les hommes-hommes, les femmes-

femmes, et des hommes-femmes ou des femmes-humains. Mais dans un accès de colère, les

Dieux ont scindés les Hommes en deux : leur but est donc de retrouver leur autre moitié. Tant

et si bien que l’élite favorisait le couple hétérosexuel marié, et tolérait les pratiques homo sous

conditions. Pourtant, déjà sous la Romantique, certains auteurs (Sénèque, Cicéron)

commencent à condamner l’homosexualité. Par contre, au contraire, des grecs qui tolérait

complètement l’homosexualité féminine. Elle était représenté par la Déesse Sapho (d’où le

saphisme). Mais à Rome, elle n’est pas du tout toléré. A ces formes d’acceptations va

s’enchaîner des formes de répressions de l’homosexualité, par plusieurs facteurs.

La « lex scatina » va pénaliser d’une peine d’amende les relations homos entre

hommes libres. Sous Constant 1er, les homos passifs sont passibles du bûché. En 390,

l’homosexualité, quelle qu’elle soit (active, passive, tout milieu social confondu), sera

complètement pénalisé sous l’Empereur Théodose : c’est « l’infamie qui condamne le corps

viril transformé en corps féminin à subir les pratiques réservées à l’autre sexe ». Au 6ème

siècle, pour des raisons démographiques (guerres, catastrophes naturelles, épidémie, famine…

un quart de la population dépasse 50 ans, on dépasse rarement 25 ans, en terme d’espérance

de vie) qui vont pousser à une politique nataliste : est puni tout acte homo au bûché ou à la

castration. Avec l’avènement du Christianisme l’homosexualité a changé de nature : ce n’est

plus un crime, mais un péché contre-nature poussé par la tentation. L’exemple de Sodome et

Gomorrhe montre à quel point l’homosexualité est réprimée par l’Eglise. Au 19ème siècle,

l’homosexualité va se pathologiser : elle est considérée dès lors comme une maladie. Le

discours médical supplante davantage le discours religieux. C’est dans ce contexte que le

terme « homosexuel » apparaît. Avant, on parlait de « mollesse ». Il renvoie à l’idée

d’effémination. C’est un médecin hongrois qui pose le terme « homosexuel » sur une base

identitaire et non plus uniquement comme une pratique. Et cette identité constitue dès lors une

déviance. Les premiers traitements : lobotomie (retrait d’une partie du cerveau), castration,

choc électrique. Plusieurs causes : causes biologiques, causes psychanalytique. Les cb sont

multiples : remise en cause du système hormonal, raisons neurologiques, causes génétiques

(hérédité de l’homosexualité). Les cp : enfance des homo en esquissant des schèmes

familiaux expliquant la déviance de l’individu. Au XXème siècle, deux périodes :

- années d’entre-deux-guerres, années 20-30 (les années folles) : dans certains quartiers,

l’homosexualité va être reconnu. Et pour cause, certains homosexuels sont très

appréciés par le public (J. Cocteau, A. Gide, Colette…).

- IInde GM : très forte répression, en particulier en Allemagne. Dès son installation au

pouvoir en 33, le parti nazi va s’attaquer aux homosexuels. Au départ, cela va surtout

toucher Berlin. Les nazis ferment un certain nombre de cafés, de lieux de rencontres

homo. Ils feront parties des premiers déportés. De 33 à 45, environ 200.000 homo

déportés. Entre 50.000 et 100.000 périront dans les camps. Ces chiffres font l’objet

d’étude plus approfondi (en cours d’exécution). Ils ont été chassé de l’armée, de

l’administration, et beaucoup d’entres eux ont été exécuté de manière sommaire. Les

nazis ont également mené des expériences sur certains individus, afin de savoir s’il est

possible de les reconvertir. En 43, Himler est autorisé à pratiquer des castrations sur

les homo. Ils étaient obligés de porter des triangles roses inversés.

C’est seulement en 83 que l’homosexualité sort du répertoire des maladies mentales

listées par l’OMS. Puis, ils commencent à s’organiser.



B- Une communauté militante hétérogène, une reconnaissance variable

La communauté homo va se structurer surtout grâce aux évènements de mai 68,

événement qui s’est accompagné d’un mouvement de « libéralisation sexuelle ». Ces termes

restent à discuter. Ouvrage majeur : D. Damamme, B. Gobille, B. Pudal, Mai 68.

Le FHAR (Front Homo d’Action Révolutionnaire) : mouvement homo gauchiste. Il est

soutenu par de nombreux penseurs (Sartre par exemple), et pousse certaines personnalités à

faire leur « coming-out ». Ce coming-out est perçu comme un rite de passage, mais encore

comme un acre politique. C’est surtout aux Etats-Unis que le mouvement va se structurer,

s’organiser. La « Lesbian and gay-pride ». Il vise à commémorer la descente musclée

exécutée par les flics à l’égard de cette communauté. Au-delà d’actions militantes, certains

quartiers émergent, avec certes un risque de ghettoisation. Progressivement le discours

militant vise à reconvertir le stigmate en emblême : « Gay is beautiful » ! Ce qui témoigne de

la violence symbolique historiquement exercée.

Mais les années 80, avec l’épidémie de sida, dont les homo sont vue comme les

« instigateurs ». On l’appelle le cancer gay. Quoi qu’il en soit, cette épidémie va largement

mobiliser les associations. Elles sont vues comme des groupes de pression qui peuvent

influencer les politiques publiques. Elles usent de méthodes qui ne peuvent pas laisser

indifférent poussant la presse à s’y intéresser. Exemple : l’association “Act-up” couvre

l’obélisque d’un préservatif géant. Les associations commencent à prendre en charge ce qui

ne l’est pas par les pouvoirs publics.

Le monde artistique relaye largement ce type d’actions. Un film de C. Colar sera

notamment diffusé dans certaines institutions scolaires. Le sida va ainsi beaucoup mobiliser

les associations, les arts, l’Etat. La question homo se déplace sur le terrain de la santé

publique. Dans un premier temps, ils militent pour obtenir le droit à un contrat social (le

fameux PACS que l’on connaît aujourd’hui). Le PACS sera adopté en 99, à l’initiative du PS.

Il suscitera de nombreuses contestations, notamment dans des associations de droite

catholique (« laissez-les vivre », associations anti-avortements dont les militants sont très

souvent sympathisants du rétablissement de la peine de mort… associations représentées

politiquement par une personnalité telle que C. Boudin…). Au-delà, de cette droite religieuse,

il existe dans une même logique une très importante association, « Avenir de la culture », très

attachée aux valeurs traditionnelles de la famille. Mais d’autres fronts s’opposent à cette loi,

comme certains homosexuels considérant que le PACS n’est pas assez abouti et qu’il est

discriminant. Le mouvement queer affirme le droit, pour les individus, de ne pas se

déterminer sexuellement. Il ne doit pas y avoir discrimination, car les individus sont

sexuellement indéterminés.

Quoi qu’il en soit, cette loi est passée. Elle permet à ses signataires de faire une

déclaration fiscale commune, et surtout de les placer sous un régime un peu plus favorable en

terme d’héritage (mais toujours pas autant que les couples mariés). On sait que la moitié des

homo masculins qui affirment être en couple, cohabitent avec leur partenaire. Et ceci va de

manière croissante. Mais compte tenu de l’épidémie de sida, il existe néanmoins un certain

ralentissement. La moitié de cette moitié affirme qu’elle n’est pas toujours fidèle à leur

partenaire. On commence à tomber dans une logique de multi-partenariat. Cette instabilité ne

représente rien en soi : il faudrait la comparer avec de réels chiffres chez les hétéro.

Autres pays : Aux Etats-Unis, 18 Etats sur 50 répriment encore pénalement

l’homosexualité, sur la base des « sodomi-lose ». La pratique sexuelle de la sodomie est

interdit entre deux partenaires hétéro ou homo, ou bien l’interdise uniquement entre deux

homo (pour 5 Etats). Peines : de 30 jours d’emprisonnement à la perpétuité. C’est

extrêmement difficile d’envisager une vie sociale homo dans ces pays. En Afrique du Sud a

institué une protection des homo dans la Constitution. Les couples homo sont reconnus

comme les autres au niveau de la SS ; aucune discrimination n’est possible par l’armée ou

l’administration ; statut d’asile politique pour tous les gays et lesbiennes persécutés dans leur

pays d’origine. En Europe, on est dans une situation intermédiaire. La situation est très

différente d’un Etat à un Etat. Néanmoins, résolution du Parlement européen (avec le peu de

force normatif qu’elle peut avoir) : abolir les inégalités de traitement fondées sur l’orientation

sexuelle. Il n’existe néanmoins aucune normes communes sur le sujet. Exemple : l’âge de

consentement au rapport sexuel (âge en deçà duquel le rapport est considéré comme un acte

de pédophilie) n’est pas le même d’un Etat à un autre. Le plus discriminant, c’est le

Royaume-Uni : jusqu’en 94, 16 ans pour les hétéro ; 21 ans pour les homo. Il faut attendre

2000, pour que les homo rejoignent les hétéro. On peut également le voir dans la façon de

présenter l’homosexualité dans les institutions scolaires. A l’opposé, les pays scandinaves et

les Pays-Bas, mariage, adoption… ou encore dans des pays historiquement très catholiques,

comme l’Espagne.

Le mouvement gay a contribué à politiser la question de la sexualité. Cela repose sur

la divulgation de des expériences vécues, jusque-là restées clandestines. On veut faire prendre

conscience qu’il existe d’autres types de sexualité que l’hétérosexualité. On veut surtout lutter

contre les discriminations. Deux types de discriminations qui perdurent : discriminations à

l’embauche (lorsque l’homosexualité est visible, par exemple, vestimentairement),

discriminations sur le lieu de travail (sauf dans les métiers de l’art…). Puis, les

discriminations croissent à mesure que l’on s’éloigne des villes pour rejoindre les campagnes.

Toutes exhibition ou soupçon de l’homosexualité est socialement sanctionnée.





III- Un masculin « imaginé » ?



Qu’est-ce que la virilité pour un homme ? Qu’est-ce qui est constitutif de la

masculinité ? Quel regard porte les femmes sur le masculin ?

Le corps joue un rôle important dans la construction sociale de l’identité de genre,

qu’elle soit masculine ou féminine. L’entrée des hommes dans la sexualité s’exprime au

premier chef par le corps, et se concrétise dans la première relation sexuelle. L’entrée des

filles est antérieure, plus précoce : elle se fait souvent au moment des premières règles. Elles

s’accompagnent, si elles n’ont pas déjà été précédées, par un dialogue relatif à la sexualité, et

en particulier avec les groupes de pairs (les ami). L’entrée dans la sexualité féminine passe

par ce dialogue, par les affects… tandis que les hommes en parlent moins, par pudeur. Ou

alors, elle passe par l’humour, sur le mode de la distanciation et non sur un mode clinique. La

répartition traditionnelle explique largement cette distinction.

Cette entrée des hommes dans la sexualité est un des moments délicats de la vie

humaine. Pourquoi ? Parce qu’on doit régulièrement faire la preuve que l’on est bien un

homme. Il ne serait pas imaginable qu’un homme s’identifie selon des caractéristiques ou des

pratiques historiquement prêtées aux femmes. La socialisation joue énormément, détermine,

l’action des hommes ou des femmes. Les jeux notamment sont sexuellement choisies : tout ce

qui concerne les taches ménagères, les panoplies, le maquillage…pour les filles ; les poupées

viriles (action man), les jeux d’actions, les jeux des sciences (télescope)…pour les garçons. Il

est plus facile d’être un garçon manqué, qu’un homosexuel ! Certains pensent qu’il existe

encore des jeux neutres. Il existe des comportements valorisés, et des comportements jugés

efféminés. Exemple : prendre soin de soi (tendance métro-sexuelle), prendre des médicaments

pour assurer sa sexualité (viagra), et tout autre comportement socialement et historiquement

prêté aux femmes. Les questions de stérilité masculine sont par exemple beaucoup plus tabou

chez les hommes que chez les femmes. Les questions de multi-partenariat : les hommes sont

des « don juan », les femmes des « putes ». Il y a une concurrence quantitative entre les H, et

bien plus qualitative chez les F.

Tout cela est véhiculé au cinéma, dans le sport, dans les représentations médiatiques

de manière générale. Et en même temps, les H sont de plus en plus sommés de à agir selon

des comportements davantage prêtés au féminin : s’occuper des enfants, exprimer ses

émotions, en parler. On attend des H ce type de comportements, alors même qu’ils se doivent

d’être viril. C’est en cela qu’être un homme n’est pas forcément facile non plus. Le soupçon

d’androgynie doit sans cesse être écarter : l’H doit prouver qu’il est un H.

Pour toutes ces raisons, il y a des décalages entre les représentations de la virilité ou de

la masculinité que se font les jeunes H ou les jeunes F. Les sexes ne sont pas d’accord sur ce

qu’est le masculin, la virilité. Une enquête a été menée sur une population mixte de 17 à 23 :

questionnaire ouvert. Il fallait citer trois attributs renvoyant à la virilité. Plusieurs choses

étonnantes :

- Les garçons sont beaucoup plus d’accord (homogène) sur ce qu’est la virilité : 10 des

critères cités regroupent 98% des réponses. Tandis que pour les filles, ce même

pourcentage s’élève à 68%.

- Les garçons évoquent surtout des critères physiques, assez directement corporels.

Tandis que les filles soulèvent plutôt des critères qualitatifs.

- Trois items principaux pour les garçons : musculature (53% ; 22% chez les filles),

force physique ou force musculaire (41% ; 24,3% chez les filles), puis la masse

(38,5% ; 13,6% chez les filles). Vient ensuite tout ce qui attrait à la puissance sexuelle

(35% ; 9,2% chez les filles), la résistance à la douleur (27,6% ; 0% chez les filles).

Ceci explique que certains sports sont largement prêtés au masculin (boxe, rugby), car

ils exaltent des caractéristiques propres au masculin (résistance, force…). La

souffrance physique, les cicatrices… sont des marques de virilité. D’ailleurs, le corps

guerriers est esthétisé (calendrier des rugbymen). Puis pilosité (23,6% ; 23% pour les

filles). Mais les filles ne sont pas d’accord sur son interprétation (animal, bestiale, ou

rassurant, renvoyant au monde de l’enfance, des nounours…). La taille du sexe

(21,7% ; pas cité chez les filles) : par contre les filles citent « la taille » (hauteur, taille

des mains, des pieds…). Items principaux pour les filles (dans l’ordre) : les H en

imposent (la masse), le regard, la pilosité, la maturité. Il existe des corps qui font

peur : les corps marqués, avec cicatrice. Ensuite, il y a le corps massif, qui protège :

idée de « l’épaule ». Enfin, il y a le corps esthétique, esthétiquement beau.

On voit bien que les représentations du masculin n’est pas identité chez les H et chez les F

(en milieu populaire). Chez les filles, il y a aussi l’idée selon laquelle le corps masculin ne

doit pas être capable de protéger, il doit avant tout être capable de se protéger.


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