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Ministère du Développement Rural République du Mali
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Institut d’Economie Rurale Un Peuple – Un But – Une foi
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Direction Scientifique
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Programme Economie des Filières
EVALUATION ECONOMIQUE DE L’IMPACT DE LA RECHERCHE SUR LE NIEBE
AU MALI
RAPPORT PROVISIOIRE
ALPHA OUMAR KERGNA
SEPTEMBRE 2001
2
Introduction
L‟insuffisance des fonds de subvention a amené les gouvernements et les bailleurs de
fonds à s‟intéresser sur la rentabilité des investissements dans la recherche. La recherche
sur les nouvelles variétés, les techniques culturales et les politiques économiques génère
des “biens publics” qui nécessitent un financement public (certaines recherches sont
financées par le secteur privé). Ces biens publics profitent à des millions de producteurs
et consommateurs d‟où la difficulté de cerner de façon frappante la rentabilité des
investissements dans la recherche. Pour ce faire, l‟évaluation de l‟impact de la recherche
s‟avère necessaire.
L‟impact de la recherche peut être évalué selon une analyse ex-post pour les technologies
déjà développées, diffusées et adoptées par les paysans, ou ex-anté pour celles qui sont en
voie de développement.
La présente étude se propose d‟évaluer l‟impact de la recherche sur les variétés
améliorées de Niébé au Mali par analyse ex-post. Le programme niebe a developpé de
nombreuses technologies dans des domaines variés(méthodes de lutte contre les nuisibles
au champ et au stockage, amélioration de la qualité des aliments des enfants, etc.). Parmi
toutes les technologies developpées, les variétés améliorées sont les plus significatives.
Cette étude se focalise essentiellement sur la sélection variétale accompaqgnée de son
paquet technologique.
Objectifs : L‟objectif global de cette étude est de déterminer la rentabilité de
l‟investissement dans la recherche et la vulgarisation des variétés de niébé.
Les objectifs spécifiques sont les suivants :
1. déterminer les contraintes d‟adoption et d‟intensification de ces variétés;
2. déterminer la perception des paysans concernant ces variétés;
3. déterminer les taux d‟adoption des variétés de niébé issues de la recherche et qui sont
actuellement cultivées en milieu paysan;
4. estimer les bénéfices aux producteurs et consommateurs de niébé;
5. évaluer la rentabilité des investissements dans la recherche sur le niébé.
I. CONTEXTE DE L‟ETUDE
Le niébé est la légumineuse alimentaire la plus consommée et la plus cultivée au Mali
après l‟arachide (Rapport programme niébé 1996-1997). Culture bien connue pour son
apport appréciable en protéine (21 à 23 % contre 8 à 10 % pour le mil/sorgho), le niébé
joue un rôle important dans la sécurité alimentaire des populations rurales (aliment de
soudure, source de revenu). Aussi bien en ville qu‟en campagne, le niébé est consommé
3
pendant toute l‟année et offre une gamme variée de préparation culinaires. Il fournit aussi
du fourrage d‟excellente qualité pour le bétail. Il contribue aussi à la maintenance et/ou à
l‟amélioration de la fertilité du sol. Les graines et les fanes de niébé constituent
d‟importantes sources de revenus pour les producteurs.
Cependant, les superficies cultivées en niébé restent encore faibles (près de 200000 ha :
rapport DNA 1995-96). La production avoisine 68000 tonnes avec un rendement moyen
estimé à 340 kg/ha. La production totale de niébé croît de 1986 à nos jours. Cette
croissance est due essentiellement à une augmentation de rendement (200 kg - 800 kg/ha
de graines en culture pure).
Le niébé est produit dans toutes les régions du Mali et les principales contraintes qui
limitent la production sont :
- les attaques d‟insectes, de maladies et de striga
- la faible densité en association (2/3 des superficies en niébé sont en association)
- la difficulté de stockage
- le manque d‟organisation du marché.
La consommation du niébé au Mali est estimé à 3,75 kg/personne/an. Cette
consommation est faible et irrégulière par rapport a celles du mil, sorgho, maïs et riz. Le
prix du niébé est très variable au cours de l‟année (50 CFA/kg en période de récolte à 400
CFA en hivernage). Le niébé produit au Mali est souvent vendu dans les pays de la sous
région (Cote d‟Ivoire, Nigeria, etc.).
II. HISTORIQUE DU PROCESSUS DE RECHERCHE ET DE VULGARISATION DU
NIEBE AU MALI
2.1 Bref historique de la recherche sur le niébé
Les premiers travaux d‟amélioration variétale éffectués sur le niébé au Mali remontent
aux années 1960 et se limitaient à quelques essais et tests variétaux dans le cadre
des pratiques culturales (A.Tembely). Suite à la sécheresse de 1973 n‟acquit le projet de
recherche sur les légumineuses alimentaires financé par le CRDI en 1979.
Ce projet a connu trois phases d‟existence :
- La première phase concernait la période 1979-1983. Durant cette phase les variétés
retenues ont donné de bons résultats en station, mais ces rendements élevés n‟ont pu
être obtenus en milieu paysan à cause de la sécheresse, le striga et de nombreuses
maladies. Pour remédier à ces problèmes une deuxième phase a vu le jour.
- La deuxième phase a duré de 1983-1986. Au cours de cette phase des variétés
exotiques pouvant répondre aux différentes préférences suivant les zones agro-
écologiques ont été mises à la disposition de la vulgarisation. Des études ont porté
aussi sur l‟association du niébé avec les céréales sèches, la fertilisation et la
production mixte (gaine et fourrage).
- Pour confirmer les résultats de la deuxième phase une troisième phase allant de 1986-
4
1990 a vu le jour elle a mis l‟accent sur l‟identification de variétés locales à cycle
intermédiaire, de variétés locales fourragères, de variétés locales précoces et
l‟introduction de plusieurs matériels phytogénétiques. Au cours de cette phase des
caractères qualitatifs de certaines variétés locales furent incorporer dans des variétés
exotiques.
Après le projet légumineuses alimentaires, la recherche sur le niébé a continué sur le
financement du budget national et durant la période 1992-1994, d‟autres variétés locales
et nouvelles lignées mixtes ont été obtenues ainsi que des variétés résistantes à la
sécheresse et au striga.
De 1994 à nos jours, avec la nouvelle restructuration de l‟IER, il existe un programme de
recherche sur le niébé qui traite des aspects d‟amélioration variétale, agronomique,
phytopathologique et entomologique.
2.2 Sélection du Niébé : Objectifs, méthodes, priorités et acquis
La sélection des variétés de niébé vise à atteindre les objectifs suivants :
- identifier pour le paysan des variétés performantes en production de graine et de
fourrage ;
- mettre au point des techniques agronomiques appropriées pour la culture pure ou la
culture associée ;
- améliorer et diversifier les méthodes de préparation culinaire.
Les critères de sélection sont l‟adaptabilité, la résistance au striga, la résistance aux
maladies et aux insectes et le goût.
La méthode de sélection suit de façon générale le schéma suivant :
- essai (en station) sous le contrôle du chercheur
- essai en milieu paysan sous le contrôle du chercheur
- esai en milieu paysan sous le contrôle du chercheur et du paysan où le paysan apporte
la terre et la main d‟oeuvre et le chercheur les intrants (2 à 3 ans).
- mise à la disposition du service semencier national, la semence de base pour une
grande production.
5
Tableau 1 : Plan de la recherche de l‟évaluation des matériels introduits à partir de l'IITA
résistantes à la sécheresse et au Striga
ANNEE ACTIVITES
1 - Evaluation des matériels introduits
2 - Reconduction de l'essai
Hivernage - Reconduction de l'essai
3
Contre-saison - Multiplication des 3 meilleures variétés
4 - Test en milieu paysan des 3 meilleures variétés (Test
PNVA)
5 - Test en milieu paysan des 3 meilleures variétés (Test
PNVA)
6 - Test en milieu paysan des 3 meilleures variétés (Test
PNVA)
7 - Multiplication et diffusion des semences de la meilleure variété
par le service semencier national
La sélection sur le niébé a beaucoup d‟acquis dont les principaux sont résumés dans le
flux technologique suivant. (source : programme niébé).
Les tableaux suivants donnent le flux technologique du programme niébé sur les variétés
améliorées.
1
Tableau 2 : FLUX-TECHNOLOGIQUE DU PROGRAMME NIEBE 1996-1997
Stade Amélioration variétale Techniques améliorées Défense des cultures
Diffusion/Vulgarisation auprès KN1 ; TN88-63 ; Suvita 2 ; Cultures associées Résistance au Striga : Suvita 2
des utilisateurs directs et KVX30-309-6G mil/niébé en lignes
indirects alternées ; Résistance à la sécheresse :
Farines composées TN88-63 ; KVX30-309-6G
mil/niébé
Test de pré vulgarisation Résistance au Striga : Sangaraka Résistance au Striga :
; Korobalen Sangaraka ; Korobalen
Résistance à la sécheresse :
KVX30-470-3G
Essai en milieu paysan Variétés mixtes : Djèmani ; Utilisation de Sangaraka dans
Dounanfana ; Yèrè Wolo la lutte contre le Striga
hermontheca
Essai avancé en station Variétés mixtes introduites Résistance aux maladies
(IITA) : KVX396-4-5-2D ; virales (mosaïque jaune du
KVX404-22-3 ; KVX426-4 niébé) :
Variétés précoces introduites Résistance aux aphides :
résistantes au Striga : IT93K-
876-12 ; IT93K-876-30 ; IT93K- Résistance aux bruches :
513-2 ; IT93K-614-4 ; IT93K-
573-1 Utilisation des extraits de neem
dans la protection du niébé
Essai préliminaire en station Variétés de cycle intermédiaires Influence de la date et de
résistantes au Striga : CZ11-94- la densité des légumineuses
27 ; CZ11-94-32 ; CZ11-94-23 ; sur le rendement du
CZ11-94-5 ; CZ11-94-21 Sorgho et la fertilité du sol
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Tableau 3 : FLUX TECHNOLOGIQUE DU PROGRAMME NIEBE 1997 - 1998
Stade Amélioration variétale Techniques améliorées Défence des cultures
Diffusion/Vulgarisati KN1; TN88-63; Suvita 2; Cultures associées mil/niébé Résistance au Striga: Suvita 2
on auprès des Niban; IAR 1696; en lignes alternées Tolérance à la sécheresse :
utilisateurs directs et TVX 3236; KVX30-309-6G Farines composées mil/niébé TN88-63 ; KVX30-309-6G; 58-
indirects 57
Test de Résistance au Striga : Résistance au Striga :
Prévulgarisation Sangaraka ; Korobalen Sangaraka ; Korobalen
Résistance à la sécheresse ; (IT89KD-245 ; IT89KD-374)
KVX 30-470-3G Résistance à la sécheresse ;
Variétés mixtes : Djèmani ; KVX30-470-3G
Dunanfana ; Yèrè Wolo
Essai en milieu Variétés mixtes introduites Utilisation de Sangaraka dans
paysan (IITA) : KVX396-4-5-2D ; la lutte contre le Striga
KVX404-22-3 ; KVX426-4 hermonthica
Essai avancé en Variétés précoces introduites Influence de la date et de la Résistance aux viroses:
station résistantes au Striga : densité de semis des Djèmani; Dunanfana ; Yèrè
IT93K-876-12 ; IT93K-876-30 légumineuses sur le Wolo (PBL 22; PBL 112; PRL
IT93K-513-2 ; IT93K-614-4 ; rendement du sorgho et la 73)
IT93K-573-1 fertilité du sol Protection de stock: Farine et
Variétés de cycles Tourteau de graines de neem
intermédiaires résistantes au Protection du niébé au champ:
Striga : CZ11-94-27 ; CZ11-94- Extraits des feuilles et graines
32 ; CZ11-94-23 ; CZ11-94-5 ; de neem
CZ11-94-21
Essai préliminaire en
station
3
Tableau 4 : FLUX TECHNOLOGIQUE DU PROGRAMME NIEBE 1998 - 1999
Stade Amélioration variétale Techniques améliorées Défence des cultures
Diffusion/Vulgarisatio KN1; TN88-63; Suvita 2; Cultures associées mil/niébé Résistance au Striga: Suvita 2
n auprès des Niban; IAR 1696; en lignes alternées Tolérance à la sécheresse :
utilisateurs directs et TVX 3236; KVX30-309-6G Farines composées mil/niébé TN88-63 ; KVX30-309-6G; 58-57
indirects
Test de Résistance au Striga : Résistance au Striga :
Prévulgarisation Sangaraka ; Korobalen Sangaraka ; Korobalen
Résistance à la sécheresse ; (IT89KD-245 ; IT89KD-374)
KVX 30-470-3G Résistance à la sécheresse ;
Variétés mixtes : Djèmani ; KVX30-470-3G
Dunanfana ; Yèrè Wolo Stockage : séchage solaire, four
Variétés mixtes introduites solaire et l‟ensachage plastique
(IITA) : KVX396-4-5-2D ; double ou triple.
KVX404-22-3 ; KVX426-4
Variétés de cycles intermédiaires
Essai en milieu paysan résistantes au Striga : CZ11-94-27 ; Utilisation de Sangaraka dans la
CZ11-94-32 ; CZ11-94-23 ; CZ11- lutte contre le Striga hermonthica
94-5 ; CZ11-94-21
Utilisation des pièges jaune à
vaseline et de l‟extrait de la farine
des graines de neem.
Essai avancé en Variétés précoces introduites Influence de la date et de la Résistance aux viroses: Djèmani;
station résistantes au Striga : densité de semis des Dunanfana ; Yèrè Wolo (PBL 22;
IT93K-876-12 ; IT93K-876-30 légumineuses sur le PBL 112; PRL 73)
IT93K-513-2 ; IT93K-614-4 ; rendement du sorgho et la
IT93K-573-1 fertilité du sol Protection de stock: Farine et
Tourteau de graines de neem
4
Protection du niébé au champ:
Extraits des feuilles et graines de
neem
Essai préliminaire en Essais de variétés résistantes au Association mil/niébé avec et
station Striga, à la virose, variétés précoces, sans traitement chimique pour le
variétés mixtes et les pépinières contrôle des insecteurs ravageurs
d‟observation du niébé
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Tableau 5 : FLUX TECHNOLOGIQUE DU PROGRAMME NIEBE 1999 - 2000
Stade Amélioration variétale Techniques améliorées Défence des cultures
Diffusion/Vulgarisation KN1; TN88-63; Suvita 2; Cultures associées mil/niébé Résistance au Striga: Suvita
auprès des utilisateurs en lignes alternées 2
directs et indirects Niban; IAR 1696;
Farines composées mil/niébé Tolérance à la sécheresse :
TVX 3236; KVX30-309-6G TN88-63 ; KVX30-309-6G;
58-57
Résistance au Striga :
Sangaraka ; Korobalen
Résistance à la sécheresse ;
KVX 30-470-3G
Variétés mixtes : Djèmani ;
Dunanfana ; Yèrè Wolo
Test de Prévulgarisation Résistance au Striga : Résistance au Striga :
Sangaraka ; Korobalen
CZ11-94-32 ; CZ11-94-23 ; (IT89KD-245 ; IT89KD-
CZ11-94-5C ; CZ11-94-21 374)
Variétés mixtes introduites Résistance à la sécheresse ;
(IITA) : KVX396-4-5-2D ; KVX30-470-3G
KVX404-22-3 ; KVX426-4
Stockage : séchage solaire,
four solaire et l‟ensachage
plastique double ou triple.
Essai en milieu paysan Variétés précoces introduites Utilisation de Sangaraka
3
résistantes au Striga : dans la lutte contre le Striga
IT93K-876-12 ; IT93K-876-30 hermonthica
IT93K-513-2 ; IT93K-614-4 ;
IT93K-573-1 Utilisation des pièges jaune
à vaseline et de l‟extrait de
la farine des graines de
neem.
Essai avancé en station Influence de la date et de la Résistance aux viroses:
densité de semis des Djèmani; Dunanfana ; Yèrè
légumineuses sur le Wolo (PBL 22; PBL 112;
rendement du sorgho et la PRL 73)
fertilité du sol
Protection de stock: Farine
et Tourteau de graines de
neem
Protection du niébé au
champ: Extraits des feuilles
et graines de neem
Essai préliminaire en station Essais de variétés résistantes au Fertilisation à base de PNT Association mil/niébé avec
Striga, à la virose, variétés et sans traitement chimique
précoces, variétés mixtes et les pour le contrôle des
pépinières d‟observation insecteurs ravageurs du
niébé
4
2.3 Le processus de transfert en milieu paysan
Les diffusions des nouvelles technologies générées par la recherche en direction des
poducteurs se fait à travers trois axes de collaboration que sont :
- la liaison avec les ONG;
- la liaison avec les services de vulgaisation ;
- la liaison avec les utilisateurs.
2.3.1 La liaison avec les ONG(Vision mondiale, Voisins mondiaux, SOS Sahel, etc)
Elle porte essentiellement sur les tests en milieu paysan gérés par la recherche et l‟ONG.
Après l‟étape test , la technologie est diffusée aux poducteurs selon une technique propre
à chaque ONG.
2.3.2 La liaison avec les services de vulgarrisation
Le diagnostic de base : l‟agent de base reçoit un appui du chercheur, ce qui lui pemet
d‟identifier et de hiérarchiser les contraintes au niveau de chaque village. Ceci permet de
mieux orienter les actions de recheche.
La conduite des tests en milieu paysan : cette activité regoupe le chercheur, le
vulgarisateur et le producteur sur une parcelle de démonstration.
La formation des formateurs PNVA : cette formation assurée par la recherche permet
une mise à niveau des techniciens spécialisés de la vulgarrisation en rapport avec
l‟innovation technique. Ceux-ci forment à leur tour l‟agent de base.
L‟analyse des bilans et élaboration de pogrammes annuels: La parrticipation des
vulgarisateurs aux comités techniques de la echerche et la présence de la recherche dans
les différentes instances du PNVA permet une meilleure intégration des besoins.
Les visites des stations, des tests en milieu paysan et journées portes-ouvertes offrent des
occasions d‟échanges entre chercheurs, vulgarisateurs et producteurs.
2.3.3 La liaison avec les Comités Techniques des Utilisateurs
La participation des utilisateurs aux différentes assises de la recherche leur permet de
censurer les différents projets de recherche de manière à ce que ceux-ci repondent à leur
préoccupations.
2.4 Le Service Semencier National (SSN)
Le service semencier national est officiellement chargé de la multiplication et de la
distibution des semences améliorées au Mali. Ses activités se resument en 4 points qui
sont :
la prospection avant la poduction de semence
la multiplication des semences
la distribution des semences
la formation et l‟information des paysans.
5
2.5 Le secteur informel de distibution des semences
Il constitue le circuit le plus important de distibution de semence. Cependant, la quantité
des semences qui suivent cette chaîne est mal connue. Cette distibution se fait de paysan
à paysan, lors des journées portes-ouvertes, par l‟intermédiairre des ONG, etc...
6
III. ZONE D ‘ETUDE
Le niébé est produit dans toutes les zones du Mali. D‟importantes quantités de niébé sont
produites dans la partie Nord du pays dans les Lacs et Mares par suite d‟utilisation de
l‟humidite residuelle(decrue). Mais les différentes technologies utilisées dans cette zone
et les problèmes qu‟elles connaissent sont mal connues des chercheurs. Trois zones sont
retenues pour l‟étude : la zone Sahélienne, la zone Soudano-sahélienne et la zone
Soudanienne. La pluviométrie, les sols et la végétation diffèrent d‟une zone à l‟autre.
3.1 La zone Sahélienne
Elle est plus sèche avec une pluviométrie moyenne annuelle de 533 mm. On y observe
trois unités géographiques : le delta central nigérien, le plateau dogon et la plaine du
Seno. Le delta est une plaine alluviale constituée essentiellement de sols hydro-morphes;
le plateau dogon est un massif gravillonneux à sol peu évolué; enfin, la plaine du Seno est
une bande de terre caractérisée par des formations sableuses sous l‟action éolienne, plates
et parfois à faible dénivellation, ou se trouvent des sols ferrugineux tropicaux appauvris
et des sols ferrugineux lessivés à faible teneur en argile. Ici le mil, le sorgho, le niébé, le
vouandzou, le fonio sont les principales cultures.
Les variétés locales de niébé sont très sensibles à la sécheresse et au Striga. Une
sécheresse survenant en cours de cycle de la plante réduirait non seulement la production
grainière, mais aussi celle des fanes. Les pertes de rendement dues au Striga varient de 80
à 100 % (les zones les plus touchées par la sécheresse sont également les zones de
prédilection du Striga).
3.2 La zone Soudano-sahélienne
Généralement plus humide que la prémière, sa pluviométrie annuelle moyenne est de 705
mm avec un maximum de 962 mm et un minimum de 456 mm. On y rencontre deux
types de sols : les sol ferrugineux et les sols tropicaux indurés en profondeur (San,
Baramandougou, Niono et Kogoni) et les sols hydromorphes peu humifères dans les
alluvions anciennes du Bani. Les principales cultures de la zone sont : le mil, le sorgho, le
mais, le riz, le niébé, l‟arachide, le coton et les cultures maraichères.
Les problèmes d‟insectes, de maladies bactériennes et de striga constituent des contraintes
majeures au développement de la culture du niébé. Zone d'agriculture et d'élevage, un
développement de la culture du niébé permettrait une meilleure intégration et une
amélioration de la qualité nutritionnelle des populations.
3.3 La zone Soudanienne
Elle est généralement la plus humide des trois zones avec une pluviométrie moyenne de
900 mm par an. Les sols de cette région sont en général des sols ferrugineux tropicaux.
Les cultures pratiquées sont le sorgho, le mil, le maïs, l‟arachide, le niébé, le coton et une
gamme importante de cultures maraichères et fruitières.
En zone Soudanienne, ce sont les insectes et les maladies virales qui sont responsables
des baisses de la productivité du niébé tant pour le rendement grainier que pour la
production fourragère. De nombreux virus sont responsables des maladies du niébé qui se
traduisent par l‟apparition de mosaïque ou de marbrure. Les cas de viroses les plus
7
fréquents dans notre pays sont la mosaïque jaune, l‟aphide borne mosaïque et le golden
mosaïque du niébé.
IV. METHODOLOGIE
Pour mesurer l‟impact de la recherche sur le niébé, il est nécessaire d‟estimer le taux
d‟adoption des variétés améliorées. Ce taux est calculé en divisant la superficie emblavée
en variétés améliorées par la superficie totale consacrée à la culture. Au Mali, il est
difficile d‟estimer les superficies en niébé (aussi pour les variétés améliorées que pour les
variétés locales) pour plusieurs raisons. Premièrement, le niébé est semé en association
avec les céréales (mil, sorgho, maïs) et la proportion d‟occupation du sol est difficile à
déterminer par ce que le niébé est parfois dans le même poquet que le mil, parfois sans
rangement défini, parfois en ligne intercalaire, etc..Deuxièmement, les semences utilisées
par les paysans ne proviennent pas du service semencier pour la plupart et troisièmement,
les variétés améliorées acquièrent plusieurs noms (selon l‟introducteur, le village d‟où est
venue la première semence, le service ayant offert la première semence, etc.) qui rendent
leur identification difficile en milieu paysan.
Pour surmonter ces difficultés, il a été nécessaire de travailler en étroite collaboration
avec les services de vulgarisation dans la collecte des données en milieu paysan. Les
méthodes utilisées pour faire l‟échantillonnage, analyser les données et calculer les
indicateurs d‟impact sont présentées dans les sections suivantes.
4.1 Méthode d‟échantillonnage
Le choix des zones, l‟échantillonnage de villages et de paysans a été fait en trois étapes :
La première étape a consisté à faire une revue bibliographique sur les données
secondaires disponibles sur la production et la consommation du niébé au Mali. Cette
première investigation nous a permis d‟identifier les grandes zones de culture des variétés
améliorées de niébé et les zones ciblées par la recherche. Ces zones sont celles de Mopti,
de Ségou, de Sikasso et de Koulikoro.
La deuxième étape a consisté à faire une visite de reconnaissance dans les quatre zones
pour identifier des villages au tour de la station de Cinzana et des sous stations de
Koporo, Katibougou et Ntarla. Puis on a procedé au choix dans les zones de Cinzana et
Koporo d‟autres villages qui sont distants. Le choix des différents villages est fait avec la
participation des agents des services d‟encadrement et des chercheurs sur les différentes
stations et sous-stations.
La troisième étape a fait l‟objet d‟un choix aléatoire des Unités de Production Agricoles
(UPA) dans les villages de chaque zone. Le choix des UPA a été fait à partir de la liste
des chefs de famille fournie par les chefs de village ou l‟encadrement.
8
4.2 Collecte des données
La collecte des données a concerné un total de 180 UPA reparties entre 18 villages; soit
10 UPA par village. Les questionnaires ont été administrés au chef de chaque UPA ou de
son représentant. L‟enquête a été menée par 5 enquêteurs sous la supervision de deux
chercheurs pendant 20 jours.
4.3 Analyse des données
Les données ont été saisies en « excel » et analysées pour caratériser les exploitations
impliquées dans l‟étude. Une statistique descriptive est faite pour estimer la dipersion des
exploitations au tour de certains parametres (moyenne et variance). La méthode du
surplus économique a été utilisé pour calculer les indicateurs économiques d‟impact de la
recherche et la vulgarisation des nouvelles technologies sur le niébé.
4.4 L‟approche du surplus économique
Le cadre retenu pour l‟analyse des données et l‟évaluation d‟impact est l‟approche du
surplus économique. Cette méthode basée sur le modèle de l‟Offre et de la Demande,
permet une évaluation objective de l‟impact puisqu‟elle aboutit à la détermination d‟une
valeur unique qui est le taux de rentabilité interne. Ce taux représente la rentabilité (en
terme de gain social total) des investissements initialement consentis à la recherche
agricole et la vulgarisation par rapport à tout autre projet d‟investissement alternatif.
La base de ce concept est que l‟adoption d‟une technologie nouvelle entraîne une
augmentation de rendement qui se traduit par un déplacement vertical de la courbe de
l‟offre. Le bénéfice annuel total (ou gain social total) issu de ce déplacement est mesuré
par la somme totale des changements de surplus des producteurs et consommateurs. Le
surplus du consommateur est une mesure de bien-être représentée par la différence entre
ce que les consommateurs payent et ce qu‟ils seraient amenés à payer pour chaque unité
marginale de bien jusqu‟à concurrence des quantités achetées. En considérant la demande
des consommateurs comme point de référence, cette mesure de bien-être est représentée
par la surface entre la ligne du prix d‟équilibre et la courbe de la demande. Le surplus du
producteur est analogue à celui du consommateur. Il est la différence entre le prix aux
producteurs sur le marché et le prix auquel ils seraient amenés à vendre chaque unité
marginale de leurs produits jusqu‟à concurrence des quantités vendues. En prenant
comme référence l‟offre des producteurs, le bien-être total des producteurs est mesuré par
la surface délimitée par la ligne du prix d‟équilibre et la courbe d‟Offre.
On suppose que le surplus du consommateur et celui du producteur changent suite à un
déplacement de la courbe de l‟Offre qui entraîne une plus grande disponibilité de biens de
consommation sur le marché à un prix plus bas, d‟où l‟amélioration du bien être des
consommateurs. De même, le déplacement de la courbe d‟Offre augmente le bien-être
des producteurs à travers une augmentation de leurs productivités, réduisant ainsi les
coûts unitaires de production.
Pour mesurer les bénéfices de la recherche par la méthode du surplus économique, il est
nécessaire de comparer les situations de production et de consommation sans et avec la
recherche. Le modèle le plus simple à utiliser dans ce contexte est le modèle statique
unidimensionnel qui suppose un déplacement parallèle de la courbe de l‟Offre.
Pour que les bénéfices de la recherche soient matérialisés, certaines conditions doivent
être satisfaites :
- le projet de recherche doit effectivement produire la technologie escomptée,
9
- la technologie générée doit être effectivement transférée en milieu paysan.
Ainsi, le bénéfice total issu de la recherche comprend la totalité des bénéfices pendant la
période de temps durant laquelle la technologie est utilisée, moins les coûts de recherche
et de vulgarisation et autres coûts associés à l‟adoption de la technologie. Ce modèle de
base peut être étoffé en y incorporant des éléments de commerce international.
Cependant, la présente étude adopte le modèle simple sans extension. Ce choix se justifie
par le fait que le niébé n‟est pas considéré sur le plan national comme un produit faisant
l‟objet de commerce international. On peut donc considérer le cas d‟une économie
fermée.
V. RESULTATS ET DISCUSSIONS
5.1 Résultats de l‟enquête de terrain
5.1.1 Caracterisation des UPA enquétées
Les résultats du tableau 6 ci-dessous montrent que les UPA des zones sont généralement
de grande taille (21 personnes en moyenne par UPA). La grande taille des UPA
s‟explique par le fait qu‟elles sont constituées de plusieurs ménages. Si le nombre de
personne par UPA est élevé, par contre leur nombre d‟actif reste relativement bas. Le
nombre moyen d‟actifs par UPA est de 7 à 14; ce nombre représente seulement 50% de la
population de l‟UPA d‟où la nécessité pour un actif de produire non seulement pour se
prendre en charge, mais pour prendre également la charge d‟une autre personne. Cet état
de fait indique qu‟une intensification de l‟agriculture est nécessaire pour accroître la
productivité par actif.
La zone d‟enquête est suffisamment couverte par les structures d‟encadrement (92% des
paysans enquêtés reçoivent les conseils d‟au moins une structure d‟encadrement) et 40 %
des producteurs appartiennent à une organisation paysanne (AV, Ton, Comité de gestion,
etc...).
Le niveau d‟éducation (alphabétisation et scolarisation) des paysans des zones enquêtées
reste encore moyen. Seulement 31 % des paysans enquêtés savent lire et écrire soit dans
leur langue maternelle ou en français. Ce niveau modeste joue défavorablement sur
l‟adoption des nouvelles technologies entrainant leur adoption partielle ou leur non
adoption.
La taille des exploitations cultivées est relativement petite compte tenu du nombre moyen
de personnes dans les UPA et du nombre d‟actifs. En moyenne, chaque actif exploite près
d‟un hectare et demi de terre par an (voir tableau 7). Cette faiblesse de superficie est due
non seulement au manque de matériels et d‟équipements appropriés, mais aussi à la
disponibilité de surface cultivable (adaptée). Les superficies en jachère et les superficies
prêtées sont relativement faibles, mais leur exploitation rationnelle pourrait augmenter la
superficie par actif et augmenter la production par actif si des moyens adéquats sont
utilisés par les producteurs.
Dans presque chacune des UPA enquêtées 49 % possèdent au moins un matériel agricole
(voir tableau 6). Cependant, très peu d‟entre-elles possèdent un équipement complet. Ce
manque d‟équipement limite la réalisation de certaines activités à temps telles que le
10
transport, le labour, etc... En effet, 48 % des UPA utilisent la fumure organique dans leur
champ, si l‟on sait que cette matière est obtenue presque sans coûts directs dans la zone.
Par contre 29 % seulement des UPA utilisent l‟engrais chimique. Cette faible utilisation
de l‟engrais est due à son accessibilité financière difficile (principalement).
L‟expérience des chefs d‟exploitation ou de leur répondant est d‟au moins 40 ans en
moyenne. Cette experience quelque peu variable d‟une région à une autre est une bonne
indication que les répondants (chefs d‟exploitations) ont une bonne connaissance des
activités agricoles dans leur UPA.
Tableau 6: Caractéristiques des UPA
Désignation Zone Zone Zone Total
soudano- sahélienne Soudanienne Moyen
sahélienne
Nombre
Nomb % Nombre % % Nomb %
re re
Nombre total de personnes 26 - 14 - 24 - 21 -
par UPA
Nombre d‟actifs par UPA 12 - 7 - 14 - 11 -
Appartenance à une 25 41 19 31 38 63 82 40
organisation paysanne
Utilisation d‟équipements 29 50 27 45 33 55 89 49
agricoles
Utilisation engrais chimique 11 18 14 23 27 45 52 29
Utilisation fumure organique 25 41 20 33 40 66 85 48
Source : Enquête PRONAF 2000
11
Tableau 7 : Possession des terres des UPA
Désignation Moyenne Moyenne Moyenne Total
Zone Zone Zone
soudano- sahélienne soudanienn
sahélienne e
Superficies (ha) de champs 12,34 10,32 11,33 11,33
cultivés par UPA
Superficie Individuel/ homme 2,95 1,00 2,50 2,15
(hectares)
Superficie Individuel/ femme 1,96 0,74 1,00 1,23
(hectares)
Superficie en jachère 4,01 2,33 3,50 3,28
(hectares)
Superficie prêtées (hectares) 1,68 4,48 4,50 3,55
Superficie empruntées 0,93 0,45 0,50 0,62
(hectares)
Source : Enquête PRONAF 2000
Les résultats de l‟enquête nous enseignent sur l‟état d‟utilisation des nouvelles
technologies par les paysans. Parmi les 180 paysans enquétés, 82% déclarent avoir
adopté au moins une variété améliorée; 98% déclarent avoir utiliser des produits
chimiques pour protéger leur production et 8% déclarent connaître les technologies
botaniques (feuilles de neem, feuilles de papayer, etc). La majorité des paysans a obtenu
les informations sur les nouvelles technologies à partir des ONG (9%), des services de
recherche (43%) et des services de vulgarisation de l‟état (48%). Il faut signaler que au
sein des 48% sont inclus 8% du FIDA.
5.1.2 Les taux d‟adoption
Ces taux sont calculés en divisant la superficie en variétés améliorées par la superficie
totale de la culture. L‟analyse du taux de l‟adoption en termes de superficies emblavées
en variétés améliorées de niébé donne des taux allant de 15 % en 1992 à 45 % en 1999
dans les zones d‟étude. Cependant au cours de la même période les taux ont baissé de 10
% à près de 6 % en zone soudano-sahelienne, avant de progresser à 17%, par contre ils
sont passés de 16 % à 61 % en zone sahelienne. En zone soudanienne les taux ont
modérement évolué en passant de 13% a 18%. L‟explication des taux d‟adoption plus
élévés dans la zone sahelienne qu‟en zone soudano-sahelienne est double :
- premièrement : le programme niébé a connu une rupture dans la mise a la disposition
des paysans de nouvelles variétés améliorées;
- deuxièmement : le niébé a connu un essor important vers les années 1985 dans la
région de Ségou à travers le PFDVS. Les paysans se sont endettés pour produire du
niébé qui n‟a pas été acheté. Cette déception a entrainé une réduction considérable
12
des superficies par les producteurs.
Le graphique suivant donne l‟évolution du taux d‟adoption des variétés améliorées dans les
zones.
Graphique 1 : Evolution du taux d‟adoption des variétés améliorées de niébé au Mali
taux
0.5
0.45
0.4
0.35
0.3
0.25 taux
0.2
0.15
0.1
0.05
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
5.1.3 LES RAISONS D‟ADOPTION DES NOUVELLES VARIETES
Les raisons d‟adoption des nouvelles variétés de niébé au Mali avancées par les paysans
sont les suivantes: la précocité (66%), le haut rendement (55%) et le bon goût (38%). Ces
raisons varient selon les zones agro-écologiques. Ainsi en zone Sahélienne le haut
rendement et la précocité sont plus importants par ce que la pluviométrie est relativement
faible et le niébé constitue la principale culture de rente dans la zone. Par contre en zone
Soudano-Sahélienne c‟est la précocité, la production de fourrage et le goût du grain qui
sont les plus importants. En zone Soudanienne la grosseur de la graine, la couleur et le
goût qui sont les facteurs les plus importants. Dans cette zone la pluviométrie est
régulière et le niébé est plus consommé dans les ménages. Les fanes sont utilisées dans
l‟alimentation du bétail.
En ce qui concerne les technologies botaniques les paysans en ont le plus souvent
entendu parler; leur application se limite aux essais. Les sources d‟information des
paysans sur ces technologies sont diverses et variées. Mais la source la plus importante
reste les services de la recherche tant nationale qu‟internationale. Les technologies
botaniques les plus citées sont les extraits de neem et les extraits de papaye.
13
Graphique 2 : Raisons d‟adoption des nouvelles variétés de niébé par les paysans
5.1.4 LES CONTRAINTES D‟ADOPTION DES NOUVELLES VARIETES
Les contrantes limitant l‟adoption des variétés améliorées de niebé par les paysans sont
essentiellement: le manque de semences appropriées, le coût élevé des produits de
traitement et les problèmes de marché. A ces principales contraintes il faut ajouter que les
techniques culturales proposées par la recherche sont difficilement applicables par les
producteurs; les nouvelles variétés ne répondent pas le plus souvent aux besoins des
producteurs; le manque d‟organisation de la filière et la faible présence du niebé dans les
habitudes alimentaires des populations.
D‟autres raisons non moins importantes sont: la sensibilité aux insectes, les problèmes
d‟écoulement, la forte préférence pour la variété locale, etc.
14
Graphique 3 : Contraintes à l‟adoption des nouvelles variétées de niébé
En adoptant les nouvelles variétés les paysans remplacent ou abandonnent certaines
cultures ou variétés de niébé. Les cultures les plus fréquentes dans le remplacement sont
le mil et l‟arachide tandis que les variétés de niébé remplacées sont surtout la variété
locale ou les anciennes variétés améliorées. Le graphique suivant donne l‟importance des
cultures ou variétés remplacées par les paysans en adoptant les nouvelles variétés de
niébé au Mali.
Les raisons de remplacement de ces cultures sont multiples. La mévente est la principale
15
raison avancée par les paysans. Le mil et les anciennes variétés de niébé ne procurent pas
autant de revenus au producteurs que les nouvelles variétés de niébé par ce que les prix
de vente du mil et des variétés améliorées sont relativement faibles. Ainsi une superficie
relativement faible de nouvelles variétés de niébé permet aux paysans de se procurer plus
de revenus qu‟avec une superficie plus grande en mil ou en anciennes variétés.
Graphique 4 : fréquence des cultures remplacées par les variétés améliorées de niébé au
Mali
16
5.2 LES COUTS D „ADOPTION
Pour calculer les coûts d‟adoption un budget partiel a été établi avec et sans l‟apport de la
recherche. Le rendement de la meilleure variété locale est retenu pour le budget sans
recherche avec les pratiques paysannes de production. Par contre pour les variétés améliorées
un rendement moyen a été calculer et utiliser dans le budget avec recherche. Des coûts
moyens sont pris pour les différentes techniques culturales pratiquées par les paysans.
L‟analyse des coûts de production indique qu‟avec l‟utilisation des variétés améliorées de
niébé, on obtient une réduction du coût unitaire de production d‟environ 17 000fcfa par tonne.
Cela équivaut à un pourcentage de réduction du coût unitaire de 26% par rapport aux variétés
locales. Par leur plus grande productivité, les variétés améliorées renforcent l‟efficacité
technique des facteurs de production. Les paysans devenus donc plus productifs, peuvent
réduire leurs superficies de production de niébé au profit d‟autres cultures pour un plus grand
enrichissement des régimes alimentaires.
Tableau 8 : Coûts de production du niébé avec et sans recherche
Elements de coût Sans Recherche Avec recherche
Quantité( Coût Coût Quantité Coût Coût
kg) Unitaire( Total (kg) Unitaire( Total
cfa) (cfa) cfa) (cfa)
Semences 4,2 145 609 8,5 182,5 1551,25
Insecticides 0,9 1800 1620 1,75 1800 3150
Engrais minéral 26 227,5 5915 51,25 227,5 11659,38
Engrais organique 9 375 3375 17,5 375 6562,50
Sacs de récolte 3 365 1095 4 365 1460
Traitement au champ 0,5 - 1505 1 - 2962,5
Main d‟œuvre 10 - 2500 10 - 2500
Location attelage 1,5 4100 6150 1,5 4100 6150
Total 22769 35995,63
Source : Ecofil 2001
Coûts Variables Moyens par hectare 22769 35995.63
Production par hectare par année 0,350 0,750
Coûts Variables par unité 65 48
Réduction du coût variable par unité - 17 Fcfa
5.3 COUTS DE LA RECHERCHE ET DE LA VULGARISATION
Afin d‟estimer le bénéfice nette de la recherche, il est nécessaire de rapprocher les gains bruts
et les coûts de cette recherche et de la vulgarisation. Les coûts de la recherche et de la
vulgarisation sur les variétés améliorées de niébé sont estimés sur la base de budgets annuels
du programme niébé de l‟IER et de la DNAMR. Les coûts consacrés aux variétés concernées
par cette étude ont été estimés en considérant la part du budget alloué à l‟amélioration et à la
diffusion des variétés d‟une part et la proportion de temps de recherche et de vulgarisation
consentis aux variétés.
17
5.3.1 Coûts de la Recherche à l‟IER
Pour l‟estimation des coûts de la recherche à l‟IER, la période de 1994 à 2000 a été retenue
comme base de calcul. Les coûts ont été calculés en tenant compte des salaires des agents
impliqués dans la génération de ces technologies, des frais de déplacement des agents, des
coûts de conduite des essais et tests en milieu paysan, des coûts de multiplication de la variété
et de l‟amortissement des matériels et infrastructures utilisés pour la génération des
techologies (12000000CFA/an). A ces estimations il faut ajouter les appuis apportés par la
collaboration bilatérale (IITA, Inter CRSP, Bean Cowpea CRSP, etc.). L‟ensemble de ces
coûts ont été estimés en moyenne à 25000000 CFA par an pendant toute la période de
développement de la technologie. Une fois la technologie mise au point seulement des coûts
de confirmation et de multiplication de la technologie sont retenus. Les recherches antérieures
effectuées pour la génération des technologies par des institutions en dehors du pays ne sont
pas pris en compte. Le tableau suivant donne la base de calcul des couts de la recherche sur
les variétés de niébé à l‟IER.
Les différentes étapes pour le développement de nouvelles lignées de niébé à partir des
croisements et des schémas classiques de sélection
Tableau 9 : Plan de la recherche pour les croisements
ANNEE ACTIVITES Coûts de la recherche
Hivernage - On procède à des croisements. Exemple : pour la Coût de la recherche : 2.50
résistance au striga, on peut faire : Salaires du personnel
Suvita 2 X Shô Ba 1 sélectionneur : 2.400.000
2 Techniciens : 2.160.000
1 2 agents techniques : 1.440
Contre- retro croisements. Exemple : Total : 8.500.000
saison (Suvita 2 x Shô Ba) x Shô Ba
- Evaluation des descendances F2 issues des Coût de la recherche : 3.00
croisements Salaires du personnel
1 sélectionneur : 2.400.000
2 - Evaluation des RC1 2 Techniciens : 2.160.000
2 agents techniques : 1.440
Total : 9.000.000
- Evaluation des descendances F2 issues des Coût de la recherche : 5.00
retro croisements et avancement des Salaires du personnel
3 générations en contre saison 1 sélectionneur : 2.400.000
2 Techniciens : 2.160.000
- Evaluation des descendances F3 issues des 2 agents techniques : 1.440
croisements Total : 11.000.000
18
Hivernage - Evaluation des descendances F4 dans les essais Coût de la recherche : 2.40
préliminaires 1 de rendement Salaires du personnel
4 1 sélectionneur : 2.400.000
Contre- - Avancement des générations en F5 2 Techniciens : 2.160.000
saison 2 agents techniques : 1.440
Total : 8.400.000
Coût de la recherche : 2.40
- Evaluation préliminaire de rendement en Salaires du personnel
5 station des descendances F6 1 sélectionneur : 2.400.000
(les essais préliminaires 2 de rendement) 2 Techniciens : 2.160.000
2 agents techniques : 1.440
Total : 8.400.000
6 - Essai avancé de rendement en station (1ère Coût de la recherche : 2.40
année) Salaires du personnel
1 sélectionneur : 2.400.000
2 Techniciens : 2.160.000
2 agents techniques : 1.440
Total : 8.400.000
7 - Essai en milieu réel chez les paysans (2 ème année) Coût de la recherche : 3.60
Salaires du personnel
1 sélectionneur : 2.400.000
2 Techniciens : 2.160.000
2 agents techniques : 1.440
Total : 9.600.000
8 - Test en milieu paysan Coût de la recherche : 2.50
Salaires du personnel
1 sélectionneur : 3.600.000
2 Techniciens : 2.160.000
2 agents techniques : 1.440
Total : 9.600.000
Source : Compilation documents Programme Niébé
5.3.2 Coûts du Programme National de Vulgarisation Agricole (PNVA)
Toutes les structures de vulgarisation sont assimilées au PNVA. L‟estimation des coûts de la
vulgarisation a concerné les activités annuelles des agents de la région de Ségou. Elle a été
généralisée sur l‟ensemble de la zone d‟étude. Ces coûts sont calculés en tenant compte du
salaires des agents de base, du coût des appuis reçus par ces agents des directions régionales et
nationales, des frais de déplacement des agents et de l‟amortissement du matériel utilisé pour
la vulgarisation. La diffusion des technologies sur le niébé étant seulement une faible partie
de la tache confiée aux vulgarisateurs, les coûts de diffusion représentent un certain
pourcentage des coûts de fonctionnement. Ce coût est estimé à 100.000000 de CFA par an.
19
5.4 INDICATEURS D‟IMPACT DE L‟ADOPTION DES VARIETES AMALIOREES DE
NIEBE AU MALI
Cette section présente des indicateurs quantitatifs montrant les bénéfices tirés de l‟utilisation
des variétés améliorées de niébé au Mali.
5.4.1 Indicateur de Sécurité Alimentaire
Les résultats de l‟enquête en milieu paysan montrent que l‟adoption des nouvelles variétés de
niébé entraine une augmentation de rendement de l‟ordre de 114%. En termes réels , les
rendement sont passés de 350 kg/ha pour les meilleures variétés locales de niébé à 750 kg/ha
en moyenne pour les variétés améliorées. Avec de tels gains en productivité, les paysans sont
à mesure de couvrir les besoins de consommation de niébé de leurs familles et d‟en dégager
un surplus pour le marché. La sécurité alimentaire s‟est aussi améliorée à travers l‟utilisation
des variétés précoces qui réduisent considérablement les risques de production liés à la
sécheresse de fin de cycle. Les variétés précoces arrivent en maturité en période de soudure et
contribuent ainsi à pourvoir de la nourriture pour les familles ou des revenus par la vente du
produit permettant de se procurer une nourriture. La vente des fanes procure aussi aux
producteurs d‟importants revenus leur permettant ainsi de satisfaire les besoins de leurs
familles en nourriture. Par ailleurs les fanes peuvent servir d‟aliment bétail pour
l‟engraissement des pétits ruminants dont la vente pourrait augmenter les gains monétaires des
producteurs et contribuer ainsi a l‟amélioration de leur sécurité alimentaire.
5.4.2 Indicateur d‟Efficacité Technique
L‟analyse des coûts de production indique, qu‟avec l‟utilisation des variétés améliorées de
niébé on obtient une réduction du coût unitaire d‟environ 17fcfa par kilogramme. Ceci
équivaut à un pourcentage de réduction du coût unitaire de près de 26% par rapport aux coûts
unitaires des variétés locales. Cette analyse a porté seulement sur la production de graine; la
production de fanes et son apport n‟ont pas été pris en compte. Par leur plus grande
productivité les variétés améliorées renforcent l‟efficacité technique des facteurs de
production. Les paysans devenus donc plus productifs, peuvent réduire leurs aires de
production au profit d‟autres cultures pour une plus grande diversité de la production et pour
une gestion plus efficiente de la ressource terre.
5.4.3 Indicateurs de Rentabilité
Elle est la valeur actualisée du flux des avantages supplémentaires produit par
l‟investissement dans la recherche et qui reviennent a la sociéte. Avec les coûts de la
recherche et de la vulgarisation discutés plus haut, un prix en année de base de 115000 francs
CFA (US$160) par tonne, un taux d‟actualisation de 10%, la Valeur Actuelle Nette (VAN)
des benefices tirés de la recherche sur les variétés améliorées de niébé est d‟environ 18
millions de dollars. Ce bénéfice représentent un taux de rentabilité interne (TRI) de 113%.
Une série d‟analyses subséquentes de sensibilité sur des paramètres clés (taux d‟actualisation)
indique que les indicateurs d‟impact économiques calculés (VAN et TRI) sont robustes. Mais
la VAN varie significativement avec une variation du taux d‟actualisation (voir tableau en
annexe). Une variation du taux d‟actualisation donne les bénéfices supplémentaires suivants :
20
IRR 1983-2000 113%
En cfa en ($000) cfa/ha $/ha
NPV en l'an
2000 10%
13,003,700 18061 45798 64
NPV en l'an
2000 13%
9,857,229 13691 34716 48
NPV en l'an
2000 15%
8,233,728 11436 28999 40
Les valeurs suivantes nous indiquent que les bénéfices supplémentaires par hectare varient de
près de 46000 cfa à 29000 cfa selon les taux d‟actualisation. Ces bénéfices constituent des
indicateurs de lutte contre la pauvreté.
21
VI. CONCLUSIONS
L‟étude a montré que les investissements consentis dans la recherche variétale sur le nébé au
Mali ont été profitables à plusieurs égards. D‟abord les rendements ont significativement
augmenté, entrainant ainsi une réduction des coûts unitaires de production, et par conséquent,
une réduction du prix à la consommation. L‟augmentation sensible de rendement et la
conséquente réduction des prix à la consommation sont des indices importants de sécurité
alimentaire et de réduction de la pauvreté des populations. Ensuite, ces investissements ont
engendré des taux de rentabilité internes de l‟ordre de 113% avec des bénéfices actualisés de
18 millions de dollars.
Les paysans adoptent les nouvelles variétés pour plusieurs raisons, dont les plus importantes
sont: la précocité, le haut rendement et la qualité de la graine (goût de la graine). En adoptant
les variétés améliorées, ils les substituent à d‟autres cultures. La culture fréquemment
remplacée est le mil. Les raisons de remplacement sont surtout économiques (les paysans
disposent de grandes superficies en mil, entant qu‟aliment de base son prix est relativement
bas par rapport au prix du niébé).
Les paysans, dans les zones d‟étude, ont signalé d‟importantes contraintes à l‟adoption des
variétés améliorées : ce sont le manque de semence, le coût élevé des produits de traitement et
les problèmes de marché. Ces contraintes énumérées par les producteurs sont dûes à :
l‟inexistence d‟un marché des intrants bien organisé, la faiblesse des revenus des paysans et
l‟insuffisance d‟information des producteurs.
Cependant, il est à remarquer que les paysans continuent à utiliser leurs variétés
traditionnelles dans la majeure partie de leur champs. Il est donc nécessaire de trouver de
nouvelles orientations et d‟établir des axes prioritaires pour la recherche et la vulgarisation
afin d‟atteindre un plus grand impact dans le bien-être des populations en générale et des
masses paysannes en particulier.
A l‟issue de ces conclusions les recommandations suivantes peuvent être faites. Les
producteurs demandent des variétés précoces, plus productives avec un bon goût tandis que
les consommateurs veulent du niébé ayant de grosses graines, de couleur blanche à texture
ridée… Pour satisfaire les producteurs et les consommateurs les sélectionneurs doivent mettre
au point des variétés qui satisfont aux exigences de production et de marché.
La disponibilité de semence est une contrainte majeure dans l‟adoption des variétés
améliorées. Pour une plus grande disponibilité, la production et commercialisation de
semence doivent être confiées aux organisations paysannes, les ONG et le secteur privé.
L‟adoption des nouvelles variétés nécessite des traitements phytosanitaires, les producteurs
n‟ont pas les ressources pour se procurer les produits. La mise en place d‟un système de crédit
adéquat permettrait de surmonter cette contrainte.
Les producteurs reçoivent leur informations soit à partir de la recherche, de la vulgarisation ou
d‟autres paysans. Ces informations sont très limitées et ne concernent que quelques
22
informations sur les techniques culturales. Pour une plus grande efficacité, le système
d‟information sur les technologies et les marchés doit être amélioré.