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Diapo quelques facteurs explicatifs

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Diapo quelques facteurs explicatifs
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Cours PCEM2 avril 2004 : Etat de santé en France - tendances récentes





Etat de santé en France – état des lieux et tendances récentes





PCEM2 : cours du 14 avril 2004









I. Mortalité générale : données descriptives ........................................................................ 2

II. Les points forts de la santé en France .......................................................................... 5

A. L’espérance de vie (EDV) : une des plus longues du monde ................................................ 5

B. Une espérance de vie sans incapacité (EDVSI) élevée et en progrès.................................... 7

C. La santé de certains groupes de population ........................................................................... 9

1. les personnes âgées (PA)...................................................................................................................... 9

2. les nouveau-nés et les nourrissons ....................................................................................................... 9

D. Les maladies cardio-vasculaires (MCV)............................................................................... 12

III. Les points faibles de la santé en France ..................................................................... 15

A. La mortalité prématurée et évitable ..................................................................................... 15

B. La mortalité par tumeurs ...................................................................................................... 16

C. La mortalité par morts violentes ........................................................................................... 20

D. le poids des pathologies liées aux comportements ............................................................... 23

1. Alcoolisme et maladies liées à l'alcoolisme : ..................................................................................... 23

2. Le tabagisme ...................................................................................................................................... 24

3. La toxicomanie................................................................................................................................... 27

4. Le SIDA ............................................................................................................................................. 30

5. Autres pathologies infectieuses .......................................................................................................... 33

E. les inégalités sociales et géographiques ................................................................................. 35

1. Inégalités sociales .............................................................................................................................. 35

2. Inégalités géographiques .................................................................................................................... 37

IV. Exemple de déterminants liés à l’environnement : la pollution atmosphérique. ..... 39

V. La morbidité prévalente................................................................................................... 42









Dr Frédéric Berthier DIM 1

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Définition OMS de la santé = un état de complet bien-être physique, mental et social donc

n’est pas seulement l’absence de maladie et d’incapacité mais aussi l’équilibre mental et

l’adaptation à l’environnement. Donc définition très exigeante et très optimiste et on dispose

de peu d’indicateurs pour mesurer les composantes positives de la définition. On rend compte

de l’état de santé général par des indicateurs relatifs au risque de maladie càd l’Espérance de

vie (EDV), la mortalité ou la morbidité.







I. Mortalité générale : données descriptives





Source de données : certificats de décès.

Avantages : données exhaustives, très anciennes, largement répandues (comparaisons

internationales).

Inconvénients : informations peu précises rendant difficiles d’étudier les tendances de

pathologies très ciblées, sous-estimation notoire des morts violentes, non adapté à l’étude des

pathologies bénignes.





Il y a environ 500 000 décès / an en France : 550 000 décès en 2002 soit un taux brut de

mortalité de 9 ‰ en 2002 (à noter 580 000 décès en 2003 en raison de la canicule).

Le risque de décès a diminué entre 1994 et 2003, plus particulièrement chez les hommes.

Ceci malgré une augmentation du nombre de décès mais si l’on rapporte le nombre de décès à

la population française, alors le taux de mortalité brut reste stable sur la période malgré le

vieillissement de la population française). Signalons toutefois que la diminution des risques

de décès a tendance à se ralentir.





Sur une période très récente (1991-1996), les progrès varient selon les classes d’âge :

- très nets chez les moins de 25 ans quel que soit le sexe (-25 %)

- nets chez les hommes de 45 - 64 ans

- stagnation chez les hommes jeunes, les femmes adultes et chez les hommes

de plus de 65 ans. On note même une tendance sur les années 1995-1996 vers une

augmentation des décès après 65 ans, lié notamment aux importantes épidémies de grippe.

Cette stagnation actuelle des progrès en terme de mortalité après 65 ans est à l’origine

du moindre recul des risques de décès.







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Attention : il faut bien différencier l’évolution à long terme (depuis les années 50), où il existe

une diminution majeure de la mortalité chez les personnes âgées, de l’évolution plus

récente (depuis 1995-96) où l’on constate un ralentissement de la baisse de la mortalité.





Quel que soit l’âge, le taux de décès chez les hommes est supérieur au taux de décès chez

les femmes avec un écart maximum entre 25 et 64 ans où le risque de décès est multiplié par

2.5 chez les hommes alors que la surmortalité masculine n’est que de 1.5 après 75 ans. Ceci

est lié à l’impact maximal avant 65 ans, du SIDA, des suicides, des cancers et des accidents

de la circulation.





Mortalité par grand groupe de pathologies





décès en 1999





1 = Maladies cardio vasculaires (MCV) 165 000 31 %

2 = Tumeurs 149 000 28 %

3 = Morts violentes 44 000 8%

4 = Maladies respiratoires 44 000 8%

5 = Maladies digestives 26 000 5%





Par pathologie (1999)

1 = Infarctus du Myocarde = 45 000 décès

2 = Maladies cérébrovasculaires = 40 000

3 = Cancer poumon = 25 000

4 = Cancer colorectal = 17 000

5 = Cancer du sein = 11 000

6 = Suicides = 10 000....









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Variation selon le sexe

Hommes 1 = tumeurs : 32 % des décès

2 = MCV : 28 %

3 = morts violentes : 9 %

Femmes 1 = MCV : 34 %

2 = tumeurs : 23 %

3 = maladies respiratoires : 8 %





Variation selon l’âge :

- avant 25 ans ++ morts violentes responsables d’un décès sur deux chez l’homme et un sur

trois chez la femme,

- entre 25 et 44 ans : morts violentes toujours (42% des décès chez l’homme) mais

augmentation de la fréquence du cancer qui devient la première cause de décès chez la femme

(35%),

- entre 45 et 64 ans : le cancer domine largement : responsable d’un décès sur deux environ,

- après 65 ans : les MCV dominent nettement.









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II. Les points forts de la santé en France





A. L’espérance de vie (EDV) : une des plus longues du monde





définition de l’EDV = nombre moyen d'années restant à vivre pour les personnes

d'un âge donné, compte tenu des taux actuels de mortalité par âge.



En toute rigueur, l’EDV ne devrait être calculée que lorsque tous les individus d’une

génération sont décédés. En pratique, on calcule l’EDV du moment en faisant vieillir

artificiellement une cohorte. L'EDV est calculée à partir des taux de mortalité aux différents

âges (0 à 1 an, 1 à 2 ans...95 à 96 ans..) : c'est un indicateur conjoncturel c’est à dire qu'il

dépend des conditions du moment et qu'il varie d'une année sur l'autre.

Le plus souvent calculé à la naissance mais aussi à un âge donné (à 35 ans, à 65 ans...)





L'EDV de la population française est une des plus longue du monde :

75.6 chez les hommes en 2002 (données provisoires)

82.8 chez les femmes en 2002 (données provisoires)

L'écart entre hommes et femmes est important même s’il se réduit légèrement depuis

quelques années. La progression de l’espérance de vie est nette chez les hommes alors qu’elle

stagne chez les femmes: La France est le pays de l’Union Européenne qui présente l’écart le

plus élevé (à égalité avec l’Espagne) ; cet écart n’est que de 5 ans au Royaume-Uni.

A tous les âges, la mortalité des hommes est supérieure à celle des femmes.





L'EDV augmente d'année en année d’environ + 2.5 ans tous les 10 ans (ou encore + 1 an

tous les 4 ans), mais (cf. mortalité), on note un ralentissement des progrès sur les 4 à 5

dernières années.

Cette augmentation est donc très importante et est due surtout à la baisse de la mortalité aux

âges extrêmes (sur ces 15-20 dernières années) : ce taux de mortalité a fortement diminué lors

des 15 dernières années.









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Les comparaisons internationales montrent que :

l'EDV des hommes est plutôt bonne sans plus (moins bien que la Suède ou que

l’Italie (> 76 ans) mais meilleure que l’Irlande ou le Portugal ( avant 37 SG) qui s’accompagne d’une

immaturité des organes en particulier respiratoire, vasculaire, neurologique

- l'hypotrophie : retard de poids par rapport à l'âge gestationnel ( pas d’amélioration à Lille). Due surtout à la diminution de la

létalité de l’IDM, à la fois moins de décès avant d’arriver à l’hôpital mais surtout moins de

décès pendant l’hospitalisation. L’enquête MONICA a montré que parallèlement, les

procédures de prise en charge hospitalière de la maladie se sont modifiées de façon

importante : plus de procédure de reperméabilisation, plus de prescription de fibrinolytiques,

-bloquants, aspirine....





- diminution de la mortalité par maladies cérébro-vasculaires.

Très nette diminution là aussi (-18 %), quel que soit l’âge. Deux facteurs = traitement et

dépistage de l’HTA + meilleure prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC).





- un taux de décès particulièrement bas en France par rapport aux pays voisins et encore

plus par rapport aux pays nordiques et aux USA : de nombreuses études épidémiologiques

sont en cours pour comprendre ces différences qui pourraient être liées au mode de vie et en

particulier au type d'alimentation :

• une alimentation variée et riche en fruits et légumes (cas de l'alimentation de

type méditerranéenne) aurait un effet protecteur sur la survenue de cardiopathies ischémiques

mais aussi des cancers digestifs par l'apport de vitamines anti-oxydantes,



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• un effet protecteur de l'huile d'olive (par augmentation du HDL cholestérol

encore appelé « bon cholestérol ») et de la consommation modérée de vin (augmentation du

HDL cholestérol et effet anti-agrégant plaquettaire).

Ces constatations ont fait naître de nombreuses hypothèses concernant les bienfaits d’une

alimentation variée, riche en vitamines et oligo-éléments (zinc, sélénium…). Une grande

étude en population est en cours : plus de 15 000 volontaires sains ont été recrutés et vont

être suivis pendant 8 ans (étude SUVIMAX). L’effet d’un régime enrichi en vitamines et

oligo-éléments sera comparé à un placebo en terme de mortalité générale, mortalité par

infarctus, incidence des cancers. Jusqu’ici les grands essais de prévention visant à démontrer

l’effet positif sur la santé de tel ou tel nutriment ont été assez décevants ; certaines études ont

même vu des effets négatifs dans le groupe ‘intervention’.

Mais l’alimentation s’intègre de façon générale dans un mode de vie plus agréable

(climat, moins de stress...) et il est assez difficile d’individualiser un aliment ou un nutriment

prépondérant pour expliquer la moindre fréquence des maladies cardiovasculaires en France,

d’autant que des facteurs génétiques viennent peut-être se surajouter.





La mortalité par MCV est très supérieure chez les hommes par rapport aux femmes, cette

différence est liée :

- aux habitudes de vie : tabagisme plus important chez les hommes or FR de CPI

- à un moindre degré, à la protection hormonale des femmes jusqu'à la ménopause

(œstrogènes naturels...)









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III. Les points faibles de la santé en France







A. La mortalité prématurée et évitable





Définition de la mortalité prématurée = décès survenant entre 1 an et 65 ans

C’est un problème de santé publique très préoccupant en France car cette mortalité

prématurée représente près d'un quart des décès, responsable de 115 000 décès en 1996.

On individualise au sein de la mortalité prématurée une mortalité évitable qui représente

environ la moitié des décès prématurée. Elle peut être liée :

- aux habitudes de vie et comportements (consommation de tabac, d'alcool,

comportement à risque dans la conduite de véhicule..) => cancer du poumon, VADS, suicides,

accidents de la circulation, SIDA…=> 42 000 décès par an

- au système de soins : cause de décès dont la fréquence pourrait être diminuée par

une meilleure prise en charge par le système de soins (soins plus rapides, programme de

dépistage,...) => maladies cardio-vasculaires (en partie), mortalité périnatale, mortalité

maternelle, cancer de l’utérus, du sein…=> 18 000 décès par an





Ce sont deux indicateurs de dysfonctionnement à l'intérieur du système de santé et de

prévention dans son ensemble. Elles renvoient aux rôles essentiels des déterminants sociaux

(niveau et conditions de vie, niveau d'instruction) à travers les comportements individuels, les

pratiques de santé et de recours aux soins.





Lorsque l’on compare la mortalité française avec celle des autres pays européens (Royaume

Uni, Allemagne, Italie, Pays Bas), on constate qu’il existe en France une surmortalité

prématurée présente dans les deux sexes mais cependant plus marquée chez les hommes.

Par contre, la mortalité après 65 ans est inférieure en France par rapport aux autres pays ;

cette sous mortalité étant plus marquée chez les françaises que chez les français.









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La différence de mortalité prématurée entre hommes et femmes est majeure pour certaines

maladies dites ‘évitables’ liées aux habitudes de vie : la mortalité prématuré par cancer

des VADS est 15 fois plus élevée chez les hommes, la mortalité par cancer du poumon est 10

fois plus élevée chez les hommes, la mortalité par infarctus du myocarde y est 6 fois plus

élevée.





La répartition des causes de décès prématurés est différente de celle de la mortalité générale :

1 : les tumeurs (44 000 décès en 1994),

2 : les morts violentes (accidents + suicides essentiellement : 24 000 décès en 1994),

3 : les MCV (17 000 décès prématurés en 1994),

viennent ensuite l’alcoolisme (4), le SIDA (5) puis les maladies respiratoires (6).







B. La mortalité par tumeurs





Il s’agit d’un point faible en ce qui concerne la mortalité par tumeurs chez les hommes ; la

mortalité par tumeurs chez les femmes est plutôt basse par rapport aux autres pays européens.

Les tumeurs constituent donc la 1° cause de mortalité prématurée avec deux localisations

principales :

le cancer du poumon dont 85 à 90 % sont liés au tabac et

le cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS)

dont plus de 80 % sont liés à l'exposition au tabac et à l'alcool

puis le cancer du sein qui est le 1° cancer de la femme en fréquence et en mortalité,

puis cancer de l'intestin (personne souvent âgées)

le cancer de la prostate représente une cause minime de mortalité prématurée car il

touche essentiellement des personnes âgées





Evolution de la mortalité globale par cancer en France au cours du au XX° siècle :





Année 1909 1927 1976 1988 1996 2000





nombre de décès 30 500 38 500 111 000 136 000 148 000 150 000





part de la mortalité globale 4% 6% 20 % 25 % 28 % 28 %









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Il s’agit de la 2° cause de décès (tous âges confondus) après les MCV

- 1° cause de décès chez les 45-64 ans

- 2° cause de décès chez l'enfant





Tous sexes confondus, les cancers les plus fréquents sont :





- pour les décès (nombre de décès en 2000) :

1. poumon 27 000 (1° cause de décès par cancer chez l’homme)

2. colon-rectum 16 000

3. Sein 12 000 (1° cause de décès par cancer chez la femme)

4. Prostate 10 000



- pour l’incidence (nombre estimé de nouveaux cas en 2000) :

1. sein 42 000

2. prostate 40 000

3. colon-rectum 36 000

4. poumon 28 000

5. VADS 15 000



Particularité française :

- la mortalité par cancer explique pour une bonne part la différence d'EDV entre

hommes et femmes : la surmortalité masculine est dans une large mesure liée aux cancers :

30 % des décès chez les hommes

20 % chez les femmes

- cancers du poumon, des VADS sont 10 fois plus fréquents chez Hommes/Femmes

- la mortalité par cancer en France est une des plus élevée chez l'homme en Europe est

basse chez les femmes mais ceci risque de changer car le tabagisme est plus récent chez les

femmes.





Disparités internationales

l’incidence et la mortalité par cancer chez l’homme est élevée en France par rapport

aux autres pays de la CEE (niveau des Pays Bas)

chez la femme, taux plutôt bas, proche de ceux des autres pays du sud (Espagne,

Italie), tandis que les taux des pays du nord (Danemark, GB) sont plus élevés.









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Il existe des disparités régionales importantes, plus marquées chez l’homme que chez la

femme

plus faible taux de mortalité par cancer en Midi-Pyrénées

plus forte dans le Nord-Pas de Calais





Evolution de la fréquence des cancers sur le long terme montre :

- qu’à âge égal, il existe une légère augmentation de la probabilité d'être atteint de cancer

mais on constate une forte augmentation du nombre de décès en raison du vieillissement

de la population : presque la moitié des cancers sont diagnostiqués après 65 ans,

- même si la fréquence à âge égal reste relativement stable pour les cancers (toutes

localisations confondues), il existe des variations importantes selon le type de cancer :

=> les cancers du sein ont augmenté

1° cancer chez la femme: 34 000 nouveaux cas / an et 10 000 décès / an

=> les cancers de la peau ont augmenté tout particulièrement le mélanome malin

lié à une exposition croissante au soleil, et ce d’autant plus que

l’exposition a été précoce (petite enfance) et que les sujets sont à teint clair

=> les cancers du col utérin ont diminué en raison

de la meilleure hygiène gynécologique

d’un dépistage efficace par réalisation de frottis cervico-vaginaux

=> les cancers des VADS ont diminué chez l’homme

car diminution de la consommation d’alcool et de tabac chez l’homme

=> les cancers de l’estomac ont diminué car les habitudes alimentaires ont changé

plus de produits frais riches en vitamines anti-oxydantes

conservation au froid plutôt que salage ou fumage

additifs anti-oxydants

=> les cancers du poumon ont augmenté de façon très importante chez l’homme

jusqu’aux années 1980 puis se sont stabilisés depuis une dizaine d’années ; par contre il

existe une forte augmentation chez la femme actuellement

=> les cancers du foie, du cerveau et de la thyroïde sont en augmentation

=> les cancers de la prostate sont en augmentation en raison d’une part du

vieillissement de la population, d’autre part en raison de modification des pratiques

diagnostiques (diagnostic par dosage des PSA...)









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Le rôle des modes et habitudes de vie semble prépondérant voire quasi-exclusif dans la

survenue certains cancers. On peut avancer pour argument la rareté de certains cancers chez

les mormons et les adventistes du 7° jour qui sont deux sectes protestantes où la

consommation d’alcool et de tabac sont interdites par des prescriptions religieuses. La

fréquence des cancers tous confondus est divisée par 2.

Si l’on compare la fréquence des cancers par rapport aux autres américains en ajustant sur

l’âge et sur le sexe :





localisation appareil respiratoire 10 fois moins fréquents

oesophage 3 fois moins fréquents

vessie 4 fois moins fréquents

tube digestif 1.5 fois moins fréquent

rein, système nerveux, lymphomes fréquence identique





Quelques données sur l’évolution récente (1990-1995) en France.





La mortalité par cancer chez l’homme a augmenté de 3 % entre 1990 et 1995 mais le point

important est la diminution de la mortalité prématurée par cancer (-9 %) liée à la forte

diminution de la mortalité prématurée par cancer des VADS (elle-même liée à la baisse de la

consommation d’alcool), à la forte baisse de la mortalité prématurée par cancer de la prostate

et à un moindre degré à la baisse de la mortalité prématurée par cancer colorectal.





La mortalité par cancer chez la femme a augmenté également entre 1990 et 1995 (+4 %) et la

mortalité prématurée par cancer a un peu diminué (-3 %) en raison d’une baisse de la

mortalité prématurée par cancer colorectal et par cancer du col de l’utérus. Mais ce qui est

inquiétant est l’augmentation de la mortalité par cancer du poumon et par cancer des

VADS, et même par cancer du sein.

L’évolution la plus alarmante concerne l’évolution récente (1990-1995) du cancer du poumon

chez les femmes :

- + 20% en incidence et en mortalité tous âges confondus

- + 43% en incidence chez les femmes de 25 à 44 ans.









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C. La mortalité par morts violentes





Elles constituent la 2° cause de mortalité prématurée et comprennent :





- les suicides : environ 12 000 décès / an (11 300 décès en 1996) mais le nombre de

décès par suicide est probablement sous-estimé de 20 %. Ils sont 2 à 3 fois plus fréquents

chez l’homme que chez la femme ; il existe un pic de mortalité entre 15 et 25 ans, puis une

augmentation majeure après 75 ans où les taux sont les plus élevés. Il existe de forte

disparités selon la catégorie socioprofessionnelle, surtout chez les hommes : on retrouve

trois fois plus de décès chez les ouvriers et employés que chez les catégories supérieures.

Problème de santé publique important car en augmentation, touche des sujets jeunes, et

fréquence plus élevée en France que dans les pays voisins.

L’évolution de la mortalité par suicide depuis 1980 montre une décroissance puis une ré-

augmentation chez les hommes depuis 90-91. L’augmentation la plus marquée concerne

les 25-44 ans, surtout les hommes. Il existe aussi une augmentation chez les 15-24 ans chez

lesquels le suicide constitue la 2° cause de décès après les accidents de la circulation.

Le nombre de TS est encore plus mal connu : on estime à environ 150 000 le nombre annuel

de TS accueillies dans les hôpitaux. On estime que moins de 1 TS sur 10 se termine par un

décès (1/13 à 1/15). A l’inverse des suicides, les TS sont plus fréquentes chez la femme que

chez l’homme.





- les accidents de la circulation : environ 7 à 8 000 morts / an jusqu’en 2002, avec

une baisse majeure en 2003 (-21%) où l’on dénombrait 5 732 tués.. Concerne des sujets

jeunes. Le taux de décès par accident de la circulation est le plus élevé chez les 15-24 ans.

A titre indicatif, les accidents de la circulation constituent 1.8 % de la mortalité générale, 5.6

% de la mortalité prématurée et 13.3 % des années potentielle de vie perdues. La France est là

aussi mal placée par rapport aux voisins européens (10° rang pour le taux de décès) mais il

existe une forte baisse de la mortalité et de la morbidité malgré l'augmentation récente du

trafic ; ainsi il y avait plus de 16 500 morts par accident de la route en 1972 ; il y en a eu 8

000 en 1996 malgré un trafic automobile multiplié par 3 ou 4 : en fait le risque moyen

encouru par l’usager a diminué beaucoup plus du fait de l’augmentation importante du

volume des déplacements : le nombre de tués rapporté au km parcouru a diminué de 2/3 entre







Dr Frédéric Berthier DIM 20

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1977 et 1997. La diminution observée depuis plus de 20 ans s’est stoppée en 1998 où le

nombre de tués sur les routes a de nouveau augmenté (= 8 437). Ces nombres ont ensuite

diminué à nouveau avec 8000 tués en 1999, 7600 en 2000 puis 5732 en 2003 , soit le chiffre

le plus bas depuis 1972.

Il existe une baisse importante de la mortalité par accident de la circulation, liée à plusieurs

facteurs :

- des mesures répressives (limitation de la vitesse, alcoolémie limitée à 0.5 g/litre de

sang, permis à point, ceinture de sécurité...) et une prise de conscience collective

- une amélioration de la fiabilité et la sécurité des véhicules

- une amélioration de l’infrastructure routière





Pour tempérer tout ceci, il faut rappeler que la France n’a pas de bons résultats par rapport

aux autres pays européens et surtout, que son retard relatif ne diminue pas. 3 fois plus de tués

par million d’habitant / Suède, deux fois plus / Grande-Bretagne.





Quelques exemples montrant l'importance des comportements sur la mortalité par accident de

la circulation :

- en 1995 : dérive à l'annonce de l’amnistie présidentielle (+ 3.3 % de tués sur 7 mois)

- diminution nette du nombre de tués (- 72 %) dans les 5 mois après l'abaissement du

taux légal d'alcoolémie de 0.7 à 0.5 g/l de sang

- aux USA, en 87-88, 40 états fédéraux ont décidé de relever la limitation de la vitesse

maximale autorisé de 55 à 65 miles/heure : on a alors constaté une augmentation de la vitesse

moyenne de 3 miles/h et une augmentation de 18 % du nombre de tués, après comparaison de

l’évolution dans les 10 autres états où le seuil était resté inchangé à 55 miles/h.





- accidents de la vie courante : Ils font en tout 18 000 morts par an dont près de 5000

avant 65 ans.

Les accidents de la vie courante diminuent de façon très nette depuis 1980 : les taux de décès

diminuent dans toutes les tranches d’âge mais la diminution est la plus forte chez les plus

âgés.

Ils comprennent les accidents domestiques (survenant aux abords immédiats du domicile), les

accidents de sport et de loisirs et les accidents scolaires. Ils touchent avec prédilection les

âges extrêmes de la vie.

- chez les jeunes enfants : chutes (70 % des accidents), intoxications



Dr Frédéric Berthier DIM 21

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(1=médicaments, 2=produits ménagers), brûlures (surtout entre 1 et 5 ans, souvent par liquide

chaud) => accidents nombreux et les plus souvent bénins,

- chez la personne âgée, les accidents, surtout des chutes, sont responsables

de nombreux décès en raison des fréquentes complications : fracture du col du fémur,

chirurgie, hospitalisation, alitement, infection, désorientation, dénutrition...: environ 12 000

morts sont liés aux chutes chaque année. On peut penser que la diminution des décès par

accident de la vie courante, très nette chez les PA, est due pour beaucoup à une amélioration

de la prise en charge.





Les accidents domestiques sont liés aux conditions de vie et au milieu social : ils sont plus

fréquents dans les milieux défavorisés.





Remarques concernant les maladies respiratoires.

Les maladies respiratoires : seulement 3 % des décès prématurés sont liés aux maladies

respiratoires car pneumonies et grippe sont surtout fatales aux personnes âgées, et la

fréquence des broncho-pneumopathies chroniques obstructives (BPCO) est en baisse par

diminution du tabagisme chez les hommes.









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D. le poids des pathologies liées aux comportements





Parmi les décès prématurés, la moitié soit 60 000 sont considérés comme évitables :

- 42 000 sont liés aux comportements

- 18 000 sont liés au système de soins





Les comportements à risque (tabagisme, alcoolisme, toxicomanie,...) ont un rôle prépondérant

non seulement sur la mortalité prématurée mais aussi sur les maladies chroniques et les

incapacités.







1. Alcoolisme et maladies liées à l'alcoolisme :





L’intoxication alcoolique entraîne de nombreuses lésions de l’organisme. Deux organes sont

en particulier très sensibles à l’alcool :

le foie : stéatose puis hépatite alcoolique puis cirrhose puis cancer du foie

le système nerveux central : psychoses alcooliques : encéphalopathie par

imprégnation, syndrome de sevrage...

constituent le groupe des décès par alcoolisme

Mais il existe aussi des conséquences plus indirectes : l’alcool est un facteur de risque de

cancer des VADS, de l’oesophage, du foie et l’alcoolisme est aussi la cause d’accidents et de

morts violentes (accidents de la circulation , du travail, suicides, homicides...).





L’alcool fait environ 40 000 morts / an soit 7 % des décès chez l’homme et 2 % des décès

chez la femme.





Il existe depuis 20 ans une diminution nette du nombre de décès liée à la baisse de la

consommation moyenne d'alcool (16 litres d'alcool pur / personne et par an chez les plus de

15 ans) avec une tendance à l'augmentation du nombre de petits buveurs et la diminution des

gros buveurs. A noter une augmentation de la consommation d’alcool chez les jeunes de 12 à

18 ans => moins d’abstinents.









Dr Frédéric Berthier DIM 23

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Le type d'alcool consommé évolue aussi : moins de vin, plus de bière quel que soit l'âge, plus

d'alcool fort chez les jeunes (en forte augmentation).





Cependant l'alcoolisme reste un grand problème de santé publique en France qui est le

pays où la consommation d'alcool est la plus forte :

5 millions de personnes soit près de 10 % de la population seraient des buveurs

excessifs (conséquences d'ordre médical, psychologique ou social)

2 millions de personnes seraient dépendantes de l'alcool.







2. Le tabagisme





Il constitue un risque majeur pour la santé publique : on estime qu’il provoque 60 000 morts /

an : il serait ainsi responsable de plus de 10% des décès en France. En d’autres termes, on

considère qu’un fumeur sur 2 mourra d’une pathologie liée à l’intoxication tabagique.

(résultats de la plus grande enquête épidémiologique réalisée, sur plusieurs dizaine de

milliers de médecins anglais suivi pendant près de 40 ans).





Le tabac est un facteur de risque de nombreuses pathologies et en particulier des cancers, des

pathologies pulmonaires chroniques et cardiovasculaires (cf. Tableau ci-dessous)









Dr Frédéric Berthier DIM 24

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Tabac et santé (C. Hill) : Risque relatif des fumeurs et nombre de décès attribuables au tabac.





Pathologie RR total des décès décès liés au tabac

(1985)

Cancers

- du poumon 10 19 400 14 600

- ORL 7 9 500 6 900

- oesophage 5 5 100 3 000

- vessie/pancréas 2 5 100 3 000

- rein 1,5 9 100 2 400

Bronchopneumopathie chronique 10 12 500 7 100

obstructive (bronchite chronique…)

Maladies CardioVasculaires

- artérite des membres inférieurs 4 3 100

- arrêt cardiaque 3 4 700 1 100

- cardiopathie ischémique 1,7 55 000 8 200

- maladies cérébro-vasculaires 1,3 62 900 3 700

Ulcères GastroDuodénaux 3 2 500 900

…. …

Total 550 000 60 000





Interprétation du tableau : le tabac est un facteur de risque (FR) de nombreux cancers, en

particulier du cancer du poumon, des cancers ORL (bouche, pharynx, larynx) et de

l’œsophage, du cancer de la vessie (car des métabolites de la fumée sont éliminés par voie

urinaire). Son rôle favorisant est aussi discuté dans la survenue du cancer du col utérin, du

cancer du sein, du cancer de l’estomac et du pancréas.

Il est aussi impliqué dans la survenue de bronchites chroniques et de certaines pathologies

cardio-vasculaires, principalement de l’artérite des membres inférieurs et des

cardiopathies ischémiques ainsi que de la mort subite.

Chez la femme, il accroît les risques de thrombose vasculaire (thrombose cérébrale,

thrombophlébite des MI et embolie pulmonaire…) surtout en association avec les

contraceptifs oraux, il augmente le risque de grossesse extra-utérine, d’avortements

spontanés , d’hypotrophie à la naissance et de mortalité périnatale.







Dr Frédéric Berthier DIM 25

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Pour beaucoup de ces maladies, notamment le cancer du poumon, la bronchite chronique,

l’artérite des membres inférieurs, le tabac est beaucoup plus qu’un facteur de risque, il s’agit

d’une cause. Parmi toutes les études réalisées sur ce thème, de très nombreux arguments sont

en faveur d’une relation causale (relation forte, antériorité, relation dose-effet, effet inverse,

plausibilité biologique, cohérence externe….).





Les ventes de tabac et surtout de cigarette ont augmenté de façon très importante à partir de

1950, pour atteindre un maximum en 1985 (6.8 cigarettes / adulte / jour). En 1993, la

consommation de cigarettes par personne par jour (6 cigarettes / personne) était proche de la

moyenne européenne.

La vente de tabac a diminué de 13 % entre 1992 et 1997, puis s’est stabilisé depuis. Il existe

une relation inverse entre le prix et les ventes de tabac ; d’ailleurs, les prix ont moins

augmenté depuis 1998 => le nombre de cigarettes vendues a de nouveau augmenté.

En 1996, un peu plus d’un tiers des adultes âgés de 18 ans et plus (35%) déclarent fumer, ne

serait-ce que de temps en temps mais il existe des différences majeures selon le sexe :

- en effet, depuis une quinzaine d’années, la proportion de fumeurs réguliers dans

la population des adultes de 18 ans et plus diminue chez l’homme et augmente chez la

femme.

- cependant, la proportion de fumeurs reste plus importante chez les hommes : environ

40 % des hommes sont fumeurs vs 32 % des femmes (enquêtes par sondage sur des

échantillons représentatifs de la population française).

Le % de fumeurs est maximal entre 25 et 39 ans chez l’homme, entre 18 et 29 ans chez la

femme.





Certaines caractéristiques sont à souligner :





- il existe une proportion élevée de consommation de tabac chez les mineurs : 35

% de fumeurs chez les 12-18 ans, cette proportion varie fortement avec l’âge, de

moins de 10 % chez les 11-13 ans, 45 % à 18 ans. Fait important et contrairement

aux adultes, la fréquence du tabagisme est presque identique entre fille et

garçons. La France était le pays qui avait le record du tabagisme chez les mineurs,

mais ceci n’est plus vrai en raison de la diminution de la consommation de tabac

chez les jeunes (9° pays sur 21 d’après une enquête faite récemment par l’OMS) :

46% de fumeurs chez les jeunes en 1977 contre 25% en 1997 : la diminution



Dr Frédéric Berthier DIM 26

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concerne les deux sexes.





- il existe une augmentation de la proportion de femmes continuant à fumer

pendant la grossesse (consommation au 3° trimestre de la grossesse : de 15 % en

1981 à 25 % en 1995),





- le profil de consommation des médecins est voisin de celui de la population

générale.





- il existe des différences importantes de % de tabagisme selon la catégorie

socio-professionnelle :

chez les hommes, ce sont les ouvriers et les employés qui fument le plus

chez les femmes, ce sont les employés et les professions intermédiaires (les

femmes cadres ont nettement diminué leur consommation de tabac depuis 1980).





La mortalité des femmes liée au tabac est en train d’augmenter de façon très sensible :

elles est seulement de 5 000 décès par an en France mais elle est de 110 000 décès par an en

Europe de l’Ouest (dont plus de 50 000 décès féminins par an imputables au tabac au

Royaume Uni où le tabagisme des hommes comme des femmes a été beaucoup plus précoce

qu’en France).





Les prévisions sont plutôt pessimistes car les effets du tabagisme mettent plus de 20 ans à se

faire sentir : d’après les tendances actuelles de consommation, on pourrait observer 160 000

décès annuels liés au tabac en 2 025 dont 50 000 concerneraient les femmes (nombre de

décès féminins multiplié par 10).







3. La toxicomanie





Du fait même de son caractère illicite, la consommation de drogues est difficile à repérer dans

la population générale. Certaines méthodes consistent à croiser les recensements effectués par

diverses sources (police-justice, établissements sanitaires, enquêtes spécifiques…) et à

estimer le nombre de toxicomanes inconnu de toutes ces sources (méthodes capture –

recapture).





Dr Frédéric Berthier DIM 27

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Des enquêtes de comportement des populations permettent d’approcher la fréquence et les

caractéristiques de la consommation :

- enquête Baromètre santé adulte 95-96 : repose sur les déclarations (anonymes)

donc sous-estime probablement la fréquence

- enquête réalisée en 1995 dans les centres de sélection des armées : hommes de 18-

22 ans : entretien médical + analyse d’urine

- leurs résultats convergent : en terme de fréquence de consommation au cours de la

vie :

Le cannabis est la drogue la plus utilisée : d’après une étude récente de

l’Observatoire Français des Drogues et de la Toxicomanie (parue en janvier 2002) 20

% des adultes soit 12 millions de personnes disent avoir consommé du cannabis au

moins une fois dans leur vie et 60 % des garçons de 19 ans déclarent avoir

expérimenté le cannabis durant leur vie.

Cette prévalence est nettement au dessus de la moyenne européenne et place la

France parmi les pays où les jeunes de 16 ans sont les plus expérimentateurs. Il existe

une augmentation de la consommation de cannabis chez les jeunes.

L’usage (au moins une fois dans la vie) d’héroïne et de cocaïne concerne

moins de 1 % des adultes.





L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies aboutit à une estimation de 160 000

personnes consommant en produit principal, de façon prolongée et régulière, de l’héroïne au

cours des derniers mois et qui ont ou auront recours au système de santé.

Les toxicomanes sont essentiellement des hommes, très souvent entre 20 et 34 ans, mais

l’âge moyen augmente depuis plusieurs années et il dépend fortement du produit consommé :

- 23.9 ans pour les usagers de cannabis

- 27.1 ans pour ceux de cocaïne

- 27.6 ans pour ceux d’héroïne

- 28.3 ans pour ceux de crack.





Parmi les usagers suivis par le système sanitaire (hôpitaux, centre de cure..), 60 %

consomment de l’héroïne, un peu plus de 20 % du cannabis, un peu moins de 10 % des

médicaments psychotropes et +++, près des deux tiers (63 %) consomment plus d’un produit

toxique.



Dr Frédéric Berthier DIM 28

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Evolution récente (1980-1995)

- il existe une forte augmentation du nombre d’interpellations pour usage de

stupéfiant concernant surtout le cannabis à un degré moindre l’héroïne : lié à la

fois à une plus grande efficacité des services de police et à une réelle augmentation

de la toxicomanie,

- il existe une augmentation importante du nombre de recours annuels aux

centres spécialisés dans le traitement des toxicomanes (doublement en 5 ans : de

30 000 recours en 1990 à 65 000 recours en 1995) ; ainsi qu’une augmentation du

nombre de consommateurs d’héroïne pris en charge dans l’ensemble des structures

sanitaires et sociales.





Quelles sont les pathologies des toxicomanes ?

Elles sont assez mal connues car seule une partie de la population est prise en charge. Parmi

les toxicomanes suivis à l’hôpital et dont le statut sérologique est connu :

 environ 20% sont séropositifs pour le VIH

 la moitié des toxicomanes par voie veineuse sont séropositifs pour l’hépatite C.





Quels sont les décès imputables à la toxicomanie ?

Ces décès peuvent soit faire suite à des surdoses de produits, ou apparaître comme cause

associée au décès. Ils ne représentent qu’une partie de la mortalité liée à la toxicomanie car il

est souvent impossible de repérer le lien entre l’abus de drogues et le décès (cas des morts

violentes, ou des maladies infectieuses).

Une étude de l’INSERM a conduit à estimer à 1700 le nombre de décès où pouvait être

impliquée la toxicomanie :

dans 550 cas, elle est la cause principale du décès

dans 1150 cas, elle est l’une des causes associées.





Remarque : la consommation d’ecstasy reste très mal connue en France car les statistiques

administratives ne peuvent rendre compte du phénomène. En effet, le recours aux soins est

rare donc les statistiques sanitaires ne sont pas adaptées. Les statistiques répressives rendent

un peu mieux compte de l’émergence du phénomène, avec un doublement des interpellations

pour usage d’ecstasy entre 1994 et 1996. Les statistiques sur les saisies ont également

augmenté mais il faut les interpréter avec prudence : les chiffres dépendent à la fois de



Dr Frédéric Berthier DIM 29

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l’activité des services répressifs et de la pénétration du produit sur le territoire français.

Les enquêtes ponctuelles semblent mieux adaptées : l’enquête réalisée en 1995 dans les

centres de sélection des armées montrent que 5% des jeunes interrogées ont essayé l’ecstasy

(3.9%) ou en consomment régulièrement (1.2%).



4. Le SIDA





Deux sources de données en routine : certificats de décès et incidence dans la population

générale : le SIDA est une maladie à déclaration obligatoire.

Du début de l’épidémie jusqu’à septembre 2000 : 53 000 cas de SIDA ont été déclarés (98 %

d’adultes et 2 % d’enfants) dont 31 500 sont décédés (59 %). Au 30/09/2000, environ 21 000

était atteintes de SIDA.





L’évolution du nombre de cas de SIDA en France peut être décomposée en 3 temps :

- augmentation du nombre de cas de SIDA jusqu’en 1994-95 (5 000 - 5 500

nouveaux cas en 1995 et 4 000 décès)

- une diminution très nette entre 1995 et 1998 : forte diminution de l’incidence de

la maladie et diminution de la mortalité par SIDA qui est aussi majeure

- une diminution lente du nombre de nouveaux cas de SIDA pour la période 1998-

2000









Dr Frédéric Berthier DIM 30

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année 1995 1997 1998 1999 2000

nouveaux cas de SIDA 5 200 2 300 1900 1700 1500

déclarés

décès 3 900 1 100 730 650 550





La baisse spectaculaire entre 1995 et 1998 est liée à l’emploi des trithérapies incluant des

antiprotéases, on peut lui attribuer 56 % de la diminution de l’incidence et 66 % de la

diminution de la mortalité.





La France est au 3° rang européen par sa fréquence : Incidence = 90 / million d’hab derrière

l’Espagne (174) et l’Italie (106).





Les cas de SIDA concernent des hommes dans 80 % des cas.





Parmi l’ensemble des cas depuis le début de l’épidémie (on parle de cas cumulés de SIDA

c’est à dire les personnes vivantes et décédées) :

- plus de 40 % concernent des homo/bisexuels => un des premiers groupes à appliquer les

méthodes de prévention => forte diminution à la fois de l’effectif et du %

- un quart sont des toxicomanes

- 15-20 % sont des hétérosexuels

Mais l’épidémiologie du SIDA s’est beaucoup modifiée depuis le début de l’épidémie. Sur la

période janvier 1998-juin 2000, le groupe majoritaire est représenté par les hétérosexuels

(40% des nouveaux cas), puis les homosexuels (30%) et les usagers de drogue injectable

(15%) => les rapports hétérosexuels représentent le mode de contamination le plus

fréquent parmi les cas de SIDA diagnostiqués depuis 1997. En effet la diminution du

nombre de cas de SIDA a concerné surtout les contamination par rapport homosexuel

ou par usage de drogue (-25%), alors qu’elle était très faible chez les hétérosexuels (-

4%).





La séropositivité est beaucoup plus mal connue car asymptomatique et une part des sujets

infectés ne le savent pas eux-mêmes.

Le problème actuel (période janvier 1998 – juin 2000) est la proportion trop importante de







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sujets qui ne connaissent pas leur séropositivité (50 % des cas de SIDA ne connaissaient pas

leur séropositivité au moment du diagnostic du SIDA) ou qui sont séropositifs mais non

traités (25% des séropositifs). Fait majeur qui explique les plus mauvais résultats chez les

hétérosexuels : c’est dans ce groupe que la proportion de sujets non dépistés ou séropositifs

et non traités est la plus importante. Il est capital que ces deux % diminuent pour que la baisse

des cas de SIDA continue de se poursuivre. La surveillance actuelle qui concerne les cas de

SIDA doit maintenant être orientée sur les sérologies VIH positives nouvellement

découvertes et leurs caractéristiques pour mieux ajuster la politique de dépistage, de prise en

charge et de prévention => la surveillance des nouveaux cas de séropositivité au VIH doit être

mise en place en 2001.









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5. Autres pathologies infectieuses









hépatite B

Mêmes modes de contamination que le VIH = sang, relations sexuelles avec en plus la salive

Le risque de passage à la chronicité est de 5 à 10 % des cas, puis 1/3 des infections

chroniques passent à la cirrhose puis 30 à 50 % des cirrhoses passent au stade de cancer du

foie. Depuis 1994, les nouveaux cas d’hépatite B sont devenus exceptionnels : on est passé de

20 000 nouveaux cas par an entre 1991 et 1994 à moins de 5 cas en 1998 et 1999 : ceci est du

à la généralisation de la vaccination.

On estime à environ 100 000 le nombre de porteurs chroniques du virus B.





hépatite C

Transmis essentiellement par le sang : s’est développé par la transfusion puis a atteint les

toxicomanes. Problème majeur de santé publique.

Les enquêtes de séro-prévalence donnaient un résultat d’environ 1 % de la population. On

estime à 500 000 à 650 000 personnes séropositives pour le virus C dont environ 50 % ne

connaissent pas leur séropositivité.

Passage à la chronicité très fréquent (80 % environ) ; 30 % des hépatites chroniques C

évolueraient vers la cirrhose du foie ; en cas de cirrhose liée au virus C, 30 à 50 % se

compliqueraient de cancer du foie en 10 ans. L’incidence des complications chroniques de

l’infection à VHC pèsera très lourd sur la morbidité, la mortalité et le système de soins.

Un des problèmes est que la moitié des sujets avec une infection chronique ignorent leur

statut ; or il est formellement déconseillé de boire de l’alcool en cas de lésions hépatiques : ce

fait risque d’aggraver sensiblement le pronostic.

Un des points positifs est l’existence de traitements dont l’efficacité est en progression, ce

qui amène à recommander le dépistage actif de l’hépatite C.

On peut considérer que le risque lié aux transfusions est écarté, reste le risque chez les

toxicomanes et le risque nosocomial (endoscopie, chirurgie...) potentiel.









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la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ)

Jusqu’à maintenant, on connaissait 3 formes de MCJ : la MCJ sporadique (90% des cas) dont

la fréquence était stable depuis plusieurs décennies, la MCJ familiale (10% des cas) et la MCJ

iatrogène (210 cas au monde). Puis apparition du nouveau variant de MCJ (nMCJ).

Le prion est responsable d’ encéphalopathie spongiforme bovine chez l’animal et de nMCJ

chez l’homme. Contamination par voie orale par l’intermédiaire de tissus nerveux infectés de

la viande bovine. Le premier cas du nouveau variant de MCJ (nMCJ) a été décrit au R-U en

1996. Fin mai 2000, la surveillance des nouveaux cas n’est pour l’instant pas en faveur d’une

épidémie massive chez l’homme : 89 cas recensés à ce jour dont 84 au Royaume-Uni, 2 en

Irlande et 3 en France. L’estimation du nombre de cas dans le futur reste quasi impossible :

dernière fourchette d’estimation publiée = [63 – 136 000 cas].

En effet, les prédictions sur l’épidémie de nMCJ dépendent de la durée d’incubation de la

maladie :

a. on sait qu’elle est de 10 ans environ pour les formes iatrogènes, si la durée

d’incubation de la nMCJ était identique, l ‘épidémie serait modeste (moins de 200

cas), mais la durée d’incubation pourrait être plus importante,

b. cette durée pourrait être influencée par le génotype de la protéine prion : des travaux

sur d’autres formes de la MCJ ont montré que les formes homozygotes avaient des

durées d’incubation plus courtes que les formes hétérozygotes, or à ce jour, tous les

cas de nMCJ sont homozygotes.





Réemergence de pathologies infectieuses : pour la tuberculose : se pose le problème de

l’apparition de phénomènes de résistance aux anti-tuberculeux ainsi qu’une augmentation des

cas de malades immunodéprimés.









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E. les inégalités sociales et géographiques







1. Inégalités sociales





Il existe en France des écarts très importants au niveau de l’état de santé et de la mortalité

selon les catégories socioprofessionnelles (CSP). La CSP est un indicateur synthétique qui

rend compte en partie du revenu, des conditions de vie, du statut social et de la place dans la

hiérarchie sociale, ainsi que du diplôme. Mais la CSP a ses limites et d’autres caractéristiques

tels que le statut professionnel (salarié, chômeur, retraité, étudiant…), le niveau d’instruction,

le statut matrimonial jouent aussi un rôle, ainsi que d’autres facteurs plus subtils tels que le

sentiment de précarité vis à vis de l’emploi ou la « culture » de santé propre à certains

groupes ou sous-groupes sociaux et qui, face à un même symptôme, conduira ou non à un

recours au soin.





Mises en évidence par des études de cohorte menées dans les années 60, de durées de vie très

variables entre groupes sociaux.

Entre 35 et 60 ans, le risque de décès des hommes varie de 10 % chez les cadres (où il est le

plus faible) et 20 % chez les ouvriers (où il est le plus important). En terme d’EDV à 35 ans,

ceci donne un écart de 8 ans entre cadres et ouvriers.

Les catégories ayant l’EDV la plus grande sont les cadres et les professions libérales puis les

instituteurs et professeurs. Ceux ayant l’EDV la plus faible sont les personnels de service, les

ouvriers et surtout les ouvriers agricoles qui ont des conditions de vie très dures et l’EDV la

plus courte.

Ces études ont également montré que :

=> les différences entre catégories sociales concernent aussi les femmes mais d’une

manière moins prononcée que les hommes (plus faible mortalité chez les femmes cadres

et la plus forte chez les ouvrières non qualifiées)

=> les écarts de mortalité sont observées à tous les âges mais ils se réduisent aux âges

élevés

=> dans le couple, la catégorie du conjoint influence fortement la mortalité des femmes

=> de même, la catégorie sociale du père joue un rôle important sur la mortalité des

enfants (mortalité infantile et mortalité des jeunes).







Dr Frédéric Berthier DIM 35

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Différence selon la cause du décès.

Chez les hommes âgés de 25 à 54 ans; les écarts les plus nets entre catégories sociales

concernent :

les décès par alcoolisme et les décès par cancer des VADS (environ 10 fois plus

fréquents chez les ouvriers et employés que chez les cadres supérieurs et professions

libérales)

les décès par cancer du poumon, infarctus du myocarde, maladie vasculaire

cérébrale, accident de la circulation et suicide où la mortalité chez les ouvriers et employés

est deux à trois fois supérieure à celle des cadres supérieurs et professions libérales.

Seul le SIDA se distingue par une fréquence de décès un peu plus élevée au sein des

professions supérieures.





Les écarts de mortalité entre catégories sociales ont tendance à augmenter dans le temps.

Ceci s’explique car la mortalité a nettement plus diminué pour les cadres et professions

libérales que pour les ouvriers et employés.





Chez les femmes, ces écarts sont moins prononcés mais bien réels cependant : la mortalité des

ouvrières et employées est multipliée par 6 pour l’alcoolisme, par 3 pour les cancers des

VADS, par deux pour les pathologies de l’appareil circulatoire et pour les cancers de l’utérus.





L’interprétation des disparités d’état de santé selon les CSP n’est pas simple car de multiples

facteurs agissent simultanément tels que les conditions de travail, les conditions de vie,

l’accès aux soins, l’attitude vis à vis de la santé et de la prévention... Les écarts les plus

importants concernent les causes de décès liées aux habitudes de vie, en particulier liées à

la consommation de tabac et surtout d’alcool. La part de la mortalité prématurée liée aux

habitudes de vie est nettement plus élevée au sein des classes sociales défavorisées (44 %

chez les ouvriers-employés vs 37 % chez les professions supérieures).





On constate également des différences très marquées (du simple au double) concernant la

fréquence des incapacités entre CSP. Les cadres et professions libérales ont à la fois l’EDV la

plus longue, mais aussi l’EDVSI la plus longue. Tout comme les écarts de mortalité (et donc

d’EDV), les écarts d’EDVSI entre les CSP ont eu tendance à se creuser dans le temps (mais

dernière évolution disponible concerne la décennie 80). On peut donc dire que



Dr Frédéric Berthier DIM 36

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globalement, les inégalités de mortalité et d’incapacités se cumulent au détriment des

CSP les moins défavorisées.





Par contre, les enquêtes sur la morbidité montrent des différences nettement moins accentuées

entre CSP.







2. Inégalités géographiques





Pour la mortalité générale, les régions qui présentent des taux de décès supérieurs de 10 % à

la moyenne nationale sont de façon générale des régions situées dans le nord de la France :

pour les hommes : le Nord-Pas de Calais, la Bretagne, l’Alsace, et la Picardie

pour les femmes : le Nord-Pas de Calais, l’Alsace, la Picardie et la Corse.





Quel que soit le sexe, la région Nord-Pas de Calais présente des taux de décès nettement plus

élevés tandis qu’une seule région a des taux de décès de plus de 10 % inférieurs à la moyenne

nationale : la région Midi-Pyrénées.





La distribution géographique est à peu près la même si l’on s’intéresse à la mortalité

prématurée.





Pour la plupart des causes de décès, ce sont les régions situées dans la moitié nord de la

France qui ont les taux de décès les plus élevés : cancer du poumon, cancers des VADS,

alcoolisme, maladies de l’appareil circulatoire, suicides, cancers de l’utérus et du sein. Une

des disparités géographique les plus marquée concerne les décès par alcoolisme où la France

est coupée en deux avec une mortalité supérieure dans le nord de la France et la région Nord

Pas de Calais qui est la plus touchée.





Certaines causes ont des distributions différentes :

la mortalité par accident de la circulation est supérieure dans le sud et dans le

centre de la France : région Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Aquitaine, Poitou-

Charente, Auvergne

les décès par suicide sont plus fréquents dans le Nord Ouest de la France et atteignent

leur maximum en Bretagne





Dr Frédéric Berthier DIM 37

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la mortalité par SIDA est très spécifique de deux régions : Ile de France et PACA

(puis Aquitaine) ; elle est par contre assez faible dans les régions du nord de la France









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IV. Exemple de déterminants liés à l’environnement : la pollution

atmosphérique.



Les sources de polluants sont multiples :

Habitat

Milieu de travail

Transport

Air respiré…





La pollution atmosphérique s’est beaucoup modifiée depuis ces dernières décennies :

Moins de pollution issue des émissions industrielles et du chauffage => diminution

des concentrations de SO2 et de poussières,

Augmentation importante de la pollution automobile (environ 30 millions de

véhicules en France) => augmentation de la concentration en particules fines et pollution

plus complexe associant oxydes d’azote, particules fines, hydrocarbures, ozone.





Les questions posées en terme de santé publique :

- Quel est l’impact sur la santé des niveaux actuels de polluants atmosphériques

ambiants, en particulier d’origine automobile ?

- Quel est l’impact des pics de pollution sur la santé ?





Les résultats convergent et sont convaincants en ce qui concerne les effets nocifs à court

terme de la pollution atmosphérique :





Très nombreux travaux depuis 10 ans, très variés





- différents indicateurs ont été étudiés, du plus grave (mortalité générale,

respiratoire, cardio-vasculaire surtout) aux plus précoces (mesure de l’altération de

la fonction respiratoire avant l’apparition de tout symptôme clinique) en passant

par les hospitalisations, les consultations en médecine ambulatoire, la survenue

de crises d’asthme chez l’enfant,

- des contextes économiques et géographiques très différents : étude dans des







Dr Frédéric Berthier DIM 39

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pays où la pollution est différente (pays de l’ouest vs pays de l’est), où l’état de

santé des populations est différent,

- des études avec des méthodes variées (études avec des résultats groupés dites

études écologiques, études épidémiologiques avec recueil individuel

d’informations, études de recherche clinique….),





Les principaux résultats montrent :

- que même des niveaux relativement faibles de polluants peuvent avoir des

effets à court terme sur la santé : en effet les variations quotidiennes des niveaux

de SO2, particules et fumées noires, NO2, ozone sont associées à des variations

dans le même sens de la mortalité, à des hospitalisations pour problèmes

respiratoires et cardio-vasculaire, à la survenue de crise et/ou l’aggravation de

crises d’asthme chez les patients asthmatiques, à une diminution de la fonction

respiratoire chez l’enfant. De tels effets sont observés pour des niveaux de

pollution inférieurs aux valeurs limites d’exposition définies par les normes de

qualité de l’air. Par exemple l’étude APHEA réalisée dans 15 villes d’Europe (Air

Pollution and Health : an Europeen Approac) : pour une augmentation de l’ordre

de 50 microg/m3 des niveaux journaliers de pollution , on observe :

- une augmentation de 1 à 3 % de la mortalité totale, de 4 à 5 % de la mortalité

respiratoires et de 1 à 4 % de la mortalité cardio-vasculaire,

- une augmentation de 1 à 3 % du nombre journalier d’hospitalisation pour

causes respiratoires chez les patients de 65 ans et plus, de 1 à 8 % des

hospitalisations pour asthme chez l’enfant et de 1 à 4 % des hospitalisations

pour bronchite chronique.

- Que ces effets concernent surtout des populations dites sensibles : personnes

âgées, enfants, personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques

(insuffisance respiratoires chroniques, bronchites chroniques, asthme…) ou de

maladies cardio-vasculaires (insuffisance cardiaque…),

- Qu’en ce qui concerne les effets sur la mortalité : il s’agit d’une mortalité dite

« anticipée » => les sujets qui décèdent à cause de la pollution sont déjà

gravement malades et seraient de toute façon décédés quelques temps plus tard

(délai mal connu : de quelques jours à quelques semaines plus tard). D’après une

étude très récente (avril 1999), 265 personnes meurent chaque année à la suite

d’une exposition aux différents polluants atmosphériques. Résultats d’une étude



Dr Frédéric Berthier DIM 40

Cours PCEM2 avril 2004 : Etat de santé en France - tendances récentes



portant sur 9 grandes villes françaises qui a étudié de manière rétrospective la

relation entre la mortalité pour la période 1990-1995 et les variations de la

concentration en polluants. Il existe pour toute variation de 50 microg / m3 de

polluants une augmentation de la mortalité totale (+ 3%), de la mortalité par

cause respiratoire (+3-6%) et par cause cardio-vasculaire (+2-10%).





Il existe par contre des incertitudes sur les effets à long terme de la pollution :

- Les études expérimentales sont peu appropriées pour étudier ces effets.

- Les études épidémiologiques nécessitent de recourir à des protocoles lourds

(difficile d’estimer sur une longue période l’exposition des sujets). Des études ont

été réalisées aux USA.

- Elles suggèrent l’existence de relations entre exposition durable à un air pollué et

survenue de cancer respiratoire (+ 20-25 %), ainsi qu’avec la réduction de la

survie (augmentation de 15-20 % de la mortalité cardio-respiratoire).









En résumé, les résultats des études épidémiologiques montrent que globalement, les

polluants atmosphériques constituent pour les niveaux actuellement rencontrés un

facteur de risque pour la santé. Les valeurs limites d’exposition ne sont pas totalement

efficaces pour protéger la santé des populations et surtout qu’il ne semble pas exister

de seuil en dessous duquel aucun effet n’est perceptible.

Ces résultats montrent bien qu’il ne faut pas se centrer exclusivement sur l’effet des

pics de pollution et que agir uniquement sur ce point ne suffira pas à régler le

problème en terme de santé publique.





Cependant, la pollution atmosphérique ne constitue pas un problème majeur de santé

publique comme peut l’être le tabagisme Le risque individuel (moyen) lié à la

pollution atmosphérique est faible (et même dérisoire par rapport aux tabac ou à

l’alcool) mais il est extrêmement répandu, et il existe une proportion élevée de

populations fragiles, ce qui conduit à un risque attribuable non négligeable.









Dr Frédéric Berthier DIM 41

Cours PCEM2 avril 2004 : Etat de santé en France - tendances récentes







V. La morbidité prévalente





La qualité de la vie dépend également de gênes ou pathologies à priori peu graves mais

pouvant être handicapantes dans la vie quotidienne.





La morbidité prévalente est la fréquence des pathologies un jour donné ; elle est connue à

partir des enquêtes INSEE - CREDES : enquête par questionnaire réalisée tous les 10 ans

dernière enquête en 1991).





On trouve au premier plan

- des troubles de la vision : presbytie, myopie

- des problèmes dentaires : prothèses, caries (à 18 ans : 1 personne sur 5 seulement a

encore ses dents en bon état)

- des problèmes cardio-vasculaires qui concernent

 la circulation veineuse (varices , jambes lourdes, phlébites): problème plus

fréquent chez la femme

 l’hypertension artérielle qui est l’exemple de la pathologie à risque car souvent

silencieuse ; sa fréquence augmente fortement avec l’âge : après 65 ans, une

personne sur trois déclare être hypertendue

- puis les problèmes ostéo-articulaires, surtout le dos (lombalgies, sciatiques,

scolioses...)

- troubles endocriniens et du métabolisme (obésité)

- sans oublier le cortège des affections aiguës des voies respiratoires telles que rhume,

rhino-pharyngite, angine qui durent peu de temps en général mais sont très gênantes et

peuvent entraîner des complications chez les sujets fragiles.





Une enquête récente européenne, sur la prévalence de la dépression fait état de taux de

prévalence très élevés de l’ordre

prévalence à 6 mois d’une symptomatologie dépressive = 17 %

prévalence à 6 mois d’une dépression majeure = 7 %

avec les taux les plus élevés en France et au Royaume-Uni. La dépression majeure à une

prédominance féminine (sex ratio = 2) mais les taux de dépression mineure sont équivalents

entre les deux sexes.





Dr Frédéric Berthier DIM 42

Cours PCEM2 avril 2004 : Etat de santé en France - tendances récentes



Cette étude (confirmée par d’autres) a bien montré qu’il existait une surconsommation

médicale des sujets dépressifs, notamment en raison d’un nombre plus élevé de consultations

pour d’autres raisons que la dépression elle-même : pb de diagnostic et de prise en charge

qui doit être plus globale et moins centrée uniquement sur le médicament.





Globalement, les femmes déclarent plus de problèmes de santé que les hommes (sauf

pour la pathologie artérielle).





Il semble que la morbidité s’accroît parmi les nouvelles générations de personnes âgées, mais

comme ces enquêtes reposent sur des pathologies déclarées, cet accroissement paraît plus en

rapport avec une augmentation de la sensibilisation aux problèmes de santé et une meilleure

connaissance (donc déclaration) que d'une réelle dégradation de la santé des personnes âgées.





L'étude de la morbidité donne une image et des conclusions différentes de celles issues de

l'étude de la mortalité :

la morbidité est plus importante chez la femme

la relation est moins nette entre morbidité et CSP

il existe une tendance à l'augmentation de la morbidité déclarée









Dr Frédéric Berthier DIM 43


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