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Philosophie d'intervention

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11/26/2011
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French
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45
TABLE DES MATIÈRES

REMERCIEMENTS

Cette évaluation n’aurait pu s’écrire sans la participation des membres de l’équipe de l’unité spécifique de

type III. Chacun d’eux a accepté de partager sa vision, parfois sa déception ou son incompréhension, mais

généralement son enthousiasme, avec transparence et honnêteté.



C’est avec un esprit critique que les membres du personnel ont abordé cette tâche d’évaluation, ce qui a

permis de faire la part des choses entre ce qui n’était plus à refaire, ce qui est à conserver et ce qui

demande de l’amélioration. Leur intérêt envers les résidents a constamment coloré les discussions et a été

sous-jacent aux recommandations formulées.



Chacun devrait ici se sentir remercié et chaleureusement salué pour ce magnifique travail de

collaboration.

INTRODUCTION

Déjà dès la fin des années 90, le besoin d’une d’équipe ont eu lieu de façon hebdomadaire dans

unité pour personnes en perte d’autonomie le but de faire le point sur le vécu de l’unité. Avant

associée à des troubles graves du comportement la rencontre, des éléments de réflexion étaient

se faisait sentir. En effet, aucun établissement laissés au personnel pour consultation (voir les

n’était capable de les accueillir de façon annexes). Les membres du personnel pouvaient

sécuritaire, à la fois pour elles et pour leurs pairs, remettre leurs commentaires par écrit si leur

eux-mêmes fragilisés et vulnérables. présence à la réunion était impossible ; sinon, les

commentaires étaient recueillis lors de la réunion.

Le CSSS Lucille-Teasdale ayant accepté de C’est ce bilan général qui constitue le contenu du

relever le défi, la première unité spécifique de type présent document.

III en Amérique prend forme de plus en plus. Les

travaux de rénovation vont bon train et les L’évaluation s’appuie sur la structure

premiers employés de l’unité sont finalement d’ensemble de Gendreau (1978, ), à la base

embauchés à l’automne 2007. Environ la moitié constituée de dix composantes, puis modifiée par

des postes est comblée à la fin de janvier 2008 et la suite pour être constituée de 13 composantes

le premier résident est admis le 12 février 2008. tel que le précise (200). Avant d’aborder

chacune de ces composantes, nous présentons la

L’unité étant un projet pilote, l’importance de philosophie d’intervention qui a animé les débuts

suivre de près son cheminement et d’évaluer ses de l’unité, de même que la structure d’ensemble

résultats s’avère encore plus essentielle que dans sa globalité pour, par la suite, dégager les

partout ailleurs. En ce sens, la première année recommandations issues des constats effectués

d’existence de l’unité spécifique de type III a été en équipe.

cruciale pour observer son évolution et rectifier le

tir, afin de s’ajuster rapidement aux besoins Pour chacune des composantes, nous

émergents. présentons la structure originale telle que planifiée

au moment de l’ouverture de l’unité, les

La possibilité nous a été offerte de présenter modifications que nous avons dû apporter pour

une synthèse de l’évaluation de l’unité au colloque s’ajuster à la réalité, les constats faits par l’équipe

des psychoéducateurs en mai 2009 ; pour ce concernant les points forts et les lacunes, de

faire, nous avons donc commencé à faire le bilan même que les recommandations proposées.

de cette première année d’exercice en janvier

2009. De janvier 2009 à mai 2009, des rencontres

PHILOSOPHIE D’INTERVENTION

STRUCTURE D’ENSEMBLE

COMPOSANTES

confronté : déficience profonde, problème de santé

Les résidents mentale, trouble de la personnalité sévère,

traumatisme cérébro-crânien, dépendance à

l’alcool et aux drogues, démence. De plus, trois

des 14 résidents sont sous une décision du

Tribunal Administratif du Québec (TAQ).



Caractéristiques Niveau fonctionnel

Selon les critères en vigueur, est admissible Lors du processus d’admission, une personne a

toute personne répondant à l’ensemble des refusé de rester à l’unité. En effet, selon ce que lui

caractéristiques suivantes: en avait dit la professionnelle qui l’accompagnait

dans son cheminement vers son intégration à

 Est âgée de 18 ans et plus ; l’unité spec III, son hébergement était gratuit ;

 Présente une perte d’autonomie lorsque cet homme a constaté qu’une partie de ses

fonctionnelle ou psychosociale ; revenus de bien-être social serait amputée pour

 Ne peut être maintenue dans la payer son hébergement, il a préféré prendre la

communauté et requiert un hébergement décision de se débrouiller seul et d’habiter, avec

spécialisé ; l’accord de cette dernière, chez sa mère. Son choix

 Présente des troubles graves du a beaucoup questionné la légalité de sa décision et

comportement liés soit à: a entraîné de nombreuses discussions sur

o Une dysfonction cognitive l’aptitude et l’inaptitude, de même que sur les

significative ; conséquences découlant d’une telle caractéristique

o Une pathologie psychiatrique dans le quotidien.

stabilisée ou non ;

 A un potentiel d’adaptation ou de Deux personnes ont été refusées : une parce

réadaptation ; qu’elle avait une personnalité sociopathique, sans

 N’est pas ou plus admissible dans une autre problématique inscrite au dossier. La

autre ressource du réseau de la santé et seconde nécessitait un environnement très

des services sociaux, toutes les autres particulier qui aurait exigé la reconstruction de

options ayant été essayées. (Chicoyne, l’unité avant de l’admettre ainsi que la diminution

2008) du nombre des résidents, dans le but de lui

réserver des locaux pour ses besoins spécifiques.

Niveau structural L’encadrement nécessaire pour cette personne

était de un pour un durant son sommeil et de deux

Le premier groupe de résidents est disparate en pour un durant sa période d’éveil, ce qui ne

termes de caractéristiques. Ainsi, il est constitué de correspondait aucunement à ce qui avait été prévu

14 personnes, dont 13 hommes et une seule à l’unité. Cette dernière situation, qui fut

femme ; l’âge est également très varié, s’étendant particulièrement difficile à défendre puisque la

entre 26 et 86 ans. Les problématiques principales personne avait été acceptée sur la liste d’attente

des résidents forment quant à elles un éventail très de l’unité, nous a forcés à examiner d’un peu plus

diversifié qui fait preuve, dès l’ouverture de l’unité, près les dossiers des résidents à venir, à valider

des possibles auxquels le personnel sera sur le terrain les informations inscrites au dossier

soumis au comité d’orientation/admission à peuvent être hébergés, mais que lorsqu’ils sont

l’Agence de Montréal ainsi qu’à questionner le criminels en plus d’avoir d’autres problématiques,

fonctionnement de ce même comité. Depuis ce donc encore plus difficiles en termes de

jour, un quorum est nécessaire pour que la réunion comportements, ils peuvent alors être admis. Les

ait lieu, les professionnels qui participent à ce membres du personnel se demandent pourquoi

comité étudient les sections de dossier relatives à ces résidents ne sont pas acheminés vers Pinel

leur champ de compétence respectif, une discipline plutôt que vers l’unité spec III.

plus grande est demandée lors des discussions

dont une écoute plus attentive des différents Constats

éléments de l’évaluation et des dossiers lisibles

Aspects positifs

ainsi que des rapports ne datant pas de plus de six

mois sont exigés. Dans le cas de doute, plutôt que À mesure que les clients sont admis, cela

d’inscrire le résident sur la liste d’attente d’un des permet de raffiner les critères d’admission et de

établissements, une visite est faite dans le milieu mesurer ce qui correspond à la clientèle prévue et

par l’un des membres du comité, afin de valider les ce qui excède la capacité d’intervention du

informations, répondre au questionnement suscité personnel. Nous reconnaissons l’importance d’aller

par la lecture des documents et clarifier visiter les résidents dans leur milieu d’origine, ce

l’orientation. Une sensibilisation a aussi été faite qui permet d’avoir une idée plus exacte de leurs

quant à la responsabilité partagée entre les comportements et de leurs capacités ; cet aspect

membres du comité face aux décisions prises dans est à maintenir.

l’orientation des résidents.

Le changement d’environnement que fournit

Au moment des admissions, nous constatons spec III amène à lui seul des changements

que plusieurs dossiers sont surévalués, dans le importants dans le comportement des résidents

sens où les comportements des résidents admis admis. Ainsi, l’espace disponible, plus important

ne correspondent pas toujours à ce qui est inscrit que dans d’autres unités, nous apparaît être un

au dossier : ils sont souvent moins intenses ou élément majeur ; il en va de même de la grandeur

moins fréquents que ce qui a été annoncé. des chambres et de celle de la salle de toilette,

personnelle à chacun, qui ressemble davantage à

Il s’est avéré parfois très difficile de réaliser des ce qui existe en appartement. L’environnement est

activités avec une clientèle aussi diversifiée. En ce très calme, ce qui apaise déjà les individus. Le

sens, les capacités résiduelles fort différentes d’un ratio de un pour deux de jour, de un pour trois de

résident à l’autre, les intérêts très variés de même soir et de un pour cinq de nuit, permet de répondre

que le peu de tolérance des résidents les uns plus rapidement ; les tensions sont prises en main

envers les autres ont provoqué des difficultés que dès la source dans la plupart des cas, avant de

le personnel n’avait pas prévues. devenir des comportements agressifs.



Pour plusieurs membres du personnel, les Les résidents semblent moins étiquetés comme

personnes admises ne correspondent pas aux étant dérangeants que dans leur milieu antérieur,

critères mentionnés au point de départ. Ainsi, la ce qui a pour effet de les valoriser et de les

majorité questionne la capacité réadaptative des normaliser ; ils semblent se sentir plus adaptés par

résidents, surtout ceux dont la caractéristique rapport à leur environnement.

principale est la déficience profonde. Plusieurs

contestent la présence de résidents relevant du Dû au nombre de résidents limité, le personnel

TAQ, puisque l’unité ne devait pas recevoir de peut se permettre d’être plus proactif et d’intervenir

criminels ; la compréhension qui est véhiculée est rapidement. Il y a donc moins d’accumulation

que lorsqu’ils ne sont que criminalisés, ils ne puisque les situations sont réglées au fur et à

mesure de leur apparition. Le personnel Aspects négatifs

dédramatise les événements ; le lien thérapeutique Pour le moment du moins, les résidents n’ont

est vraiment présent et se constate dans maintes pas la possibilité d’aller à la messe avec les

situations. résidents de Rousselot qui ont peur de la clientèle

de spec III et qui soulignent s’être fait dire dans le

Chaque résident a été accueilli dans sa langue passé que les résidents de spec III ne se

maternelle, sauf en ce qui concerne le vietnamien, mêleraient pas avec celle de Rousselot. Ceci a un

et son rythme de vie a été respecté. Le personnel impact chez quelques résidents pour qui la vie

s’est adapté à eux plus qu’ils n’ont eu à s’adapter à spirituelle et religieuse a une grande importance

leur nouvel environnement. (certains sont très pratiquants et un autre a étudié

pour devenir prêtre).

Il y a une nette volonté de décontentionner les

résidents et d’ouvrir le milieu fermé sur une Les résidents n’ont pas des comportements

certaine normalité. Ainsi, un résident qui vivait prévisibles, ce qui oblige le personnel à être

embarré dans sa chambre et ne sortait que les particulièrement vigilant et à réagir avec rapidité.

pieds et les mains liés, circule librement dans

l’unité, sans aucune contrainte physique. Nous Pour plusieurs membres du personnel, les

observons que, de façon sécuritaire, nous tentons résidents ne correspondent pas aux critères

de retirer les diverses contentions que les d’admission annoncés.

résidents nécessitaient auparavant.

Le terme réadaptation est très, voire même trop

Une attention très spéciale est portée au large et serait à préciser.

respect de la dignité des résidents, une volonté de

ne pas les humilier et de ne pas les punir, mais Les résidents anglophones sont peu tolérants ;

plutôt de valoriser leur autonomie partielle et de les il est vrai que ce ne sont pas tous les membres du

responsabiliser le plus possible. Quand, par personnel qui parlent anglais, ce qui a tendance à

exemple, le résident refuse sa douche, celui-ci les frustrer à certaines occasions.

n’est pas forcé à la prendre pour le simple fait

qu’elle est inscrite à l’horaire ; à l’inverse, s’il désire

Les résidents déficients profonds ont

une douche supplémentaire, nous prenons le

grandement régressé au moment de leur

temps de la lui donner. Nous tentons de trouver un

admission ; nous souhaitons qu’ils récupèrent ce

équilibre entre leurs désirs et leurs besoins et nos

qu’ils ont perdu. Nous nous questionnons sur la

exigences.

pertinence de les déplacer vers une unité comme

spec III., compte tenu des pertes que cela leur a

Nous avons mis sur pied la « boîte des bons fait subir.

coups », dans laquelle les idées nouvelles et

intéressantes, les résultats étonnants et les

La sécurité des lieux est un élément positif ; par

améliorations de comportement sont notés dans le

ailleurs, nous nous demandons si, à long terme,

double but de s’encourager mutuellement et de

elle représentera toujours un aspect positif :

partager les bonnes interventions. Cela nous aide

comment les résidents parviendront-ils à gérer leur

à porter davantage attention à la progression des

autonomie s’ils n’ont pas l’opportunité de régler

résidents, tel le constat qu’un résident n’est pas

allé en salle d’observation durant le dernier mois, leurs problèmes face à son utilisation ? Car tant

ce que nous avons tendance à occulter ou à qu’ils ne vont pas à l’extérieur, ils ne peuvent

garder chacun pour soi. apprivoiser la liberté.

La clientèle est lourde, ce qui nous amène à Il faudrait penser à étudier la possibilité de

avoir très souvent des interventions de un changer des résidents de chambre après leur

intervenant pour chaque résident, ce que nous ne admission, selon les besoins soit du résident lui-

pouvons pas nous permettre réellement. En ce même, soit de l’ensemble du groupe comme, par

sens, le conflit entre deux résidents est exemple, lorsque l’un fait une crise parce qu’un

particulièrement lourd à vivre au quotidien autre passe devant sa porte de chambre.

puisqu’ils réagissent au seul fait d’entendre l’autre

parler. Essayer d’héberger plus d’une femme à la fois,

car seule, elle pourrait s’ennuyer.

Les plans d’intervention ne sont pas assez

pointus, ce qui nous laisse parfois pris au Préciser ce qu’est un potentiel d’adaptation et

dépourvu devant un comportement devant lequel de réadaptation, car la définition diffère bien

nous ne savons pas trop comment réagir. Nous souvent d’une personne à l’autre et cela nous

avons parfois de la difficulté à assurer la sécurité apparaît très large comme concepts. Dans la

de tous et chacun, ce qui nous amène à faire des même ligne de pensée, les critères d’admission

retraits à la chambre pour certains. nous semblent très évasifs, ce qui ne permet pas

de bien cerner qui fait partie de notre clientèle.

Les résidents n’ont pas assez d’activités

physiques et restent trop dans leur chambre Trouver des moyens qui nous permettront de

respective. Compte tenu de leurs capacités, voir davantage l’évolution des résidents, afin de

physiques ou sociales, cela nécessite des activités nous motiver dans notre travail.

individualisées.



Pour certains membres du personnel, il aurait Le personnel

dû y avoir un mois entre chacune des admissions,

alors que nous avions laissé une semaine.



Les membres de l’équipe éprouvent certaines

difficultés à travailler avec les résidents dont Niveau structural

l’autonomie physique est plus diminuée ; en effet, La structure de poste a été pensée bien avant

nous sommes moins bien équipés pour faire face à l’ouverture de l’unité. Sur le quart de jour, le ratio

une telle situation : aucun fauteuil gériatrique, un prévu est de un intervenant pour deux résidents,

seul moteur pour les lève-patients, manque évident sur le quart de soir, de un pour trois et, sur le quart

de matériel pour les personnes handicapées de nuit, de un pour cinq. À cela s’ajoutent des

physiques. professionnels, travailleur social, ergothérapeute et

psychologue, à raison de deux jours par semaine.

Recommandations Puisque le personnel de l’unité doit répondre à une

clientèle anglophone, certains postes sont

Il serait important que chacun puisse pratiquer

bilingues de sorte que, sur chaque quart de travail,

sa religion, ce qui n’est pas le cas actuellement.

il y a du personnel bilingue, à la fois au plan

infirmier et au plan des soins.

Il serait intéressant, mais nous savons que cela

ne sera probablement pas possible, d’avoir des

Modifications apportées

informations concernant les antécédents médicaux

et sociaux des résidents avant leur admission ; L’embauche se fait très graduellement, les gens

nous constatons que les informations sont se montrant réticents à venir travailler auprès d’une

restreintes et parfois même, presque inexistantes. telle clientèle. Certaines autres personnes se

montrent intéressées, mais ne semblent pas avoir clientèle. Nous reconnaissons qu’il y a beaucoup

les attitudes de base requises pour intervenir avec de formation à l’unité mais, compte tenu de la

des résidents qui ont des troubles graves du clientèle qui est très spécialisée, personne ne

comportement. La décision est donc prise de ne détient l’ensemble des connaissances nécessaires

faire aucune concession quant aux attitudes au pour intervenir adéquatement : cela nécessite des

moment de la sélection, mais d’assouplir nos connaissances très pointues sur des pathologies

exigences au niveau du bilinguisme ; ainsi, un très spécifiques, sur la comorbidité ainsi que sur

intervenant qui détient les compétences l’intervention au quotidien face à ces

nécessaires relatives à son champ de compétence problématiques. Nous découvrons cet univers et,

et qui témoigne d’attitudes adéquates pour comme l’unité est une innovation, aucun autre

travailler dans un tel contexte, mais qui n’est pas partenaire n’est en mesure de nous aider sur

tout à fait bilingue, peut obtenir le poste l’ensemble de la problématique, chacun pouvant

conditionnellement toutefois à l’atteinte du niveau bien souvent apporter son aide par rapport à un

de bilinguisme requis pour le poste visé. Un cours seul aspect de nos interventions.

d’anglais est alors offert gratuitement sur le temps

de travail. Une telle décision est basée sur le fait Étant donné que les résidents arrivaient

que l’anglais s’apprend plus facilement qu’un graduellement au fil des semaines, les intervenants

changement ne s’opère au plan des attitudes. étaient, dans les débuts, plus nombreux que les

résidents. Cela n’a toutefois pas posé problème,

De la même façon, même si, au point de puisqu’il y avait encore beaucoup de choses à

départ, il y avait une préférence marquée envers finaliser et à peaufiner ; cela a donc permis de

un certain nombre d’années d’expérience de progresser dans l’organisation concrète de l’unité,

travail, particulièrement en psychiatrie, les tout en apprenant à travailler ensemble au

difficultés de recrutement nous ont amenés à quotidien de façon très étroite. Cela a aussi amené

embaucher des personnes avec aucune une plus grande cohésion entre les membres de

expérience de travail et, dans certains cas, avec l’équipe.

une expérience très différente, telle en garderie ou

en centres Jeunesse. Il n’y a pas de stabilité, par exemple au niveau

du poste de psychologue, mais surtout au niveau

Pour des raisons de difficulté de recrutement, le du quart de soir où le personnel change sans

poste d’infirmière clinicienne a été aboli pour être cesse.

transformé en poste d’assistante du supérieur

immédiat. Le budget ainsi dégagé a permis Il s’avère nécessaire de s’arrimer à ce qui a été

d’augmenter le nombre de journées de travail au fait auparavant avec le résident de façon globale ;

plan des postes d’éducateurs. en ce sens, il est important de connaître les essais

antérieurs face à la médication, les réactions du

Niveau fonctionnel résident devant telle ou telle intervention, etc.

Nous notons la très grande implication de Comme il nous faut nous inscrire dans cette

chacun des membres de l’équipe : il y avait continuité, la transmission des informations avant

beaucoup de choses à implanter, beaucoup l’admission représente un aspect majeur, rarement

d’aspects qui étaient nouveaux pour le personnel comblé de façon adéquate, de l’intervention

et tous ont accepté de faire les apprentissages appropriée auprès du résident.

nécessaires et de mettre la main à la pâte.

Malgré nos discussions et nos bonnes

Nous constatons que nous ne sommes pas intentions, il est arrivé à maintes reprises que le

assez formés pour travailler auprès d’une telle personnel n’a pas travaillé sur un « 24 heures »,

mais plutôt sur trois quarts de travail distincts,

c’est-à-dire en discontinuité, ce qui a occasionné Les comportements des résidents viennent

plusieurs difficultés ; à la décharge de l’équipe, il nous chercher profondément et cela est parfois

faut mentionner qu’il n’y a pas eu de leader stable très éprouvant. Nous nous rendons compte que

sur le quart de soir et que cela a pris un certain l’amour ne suffit pas et qu’une capacité à agir est

temps avant qu’il n’y en ait sur le quart de nuit. nécessaire ; l’intervention exige une mise à

Comme exemple de cette discontinuité, nous distance, ce qui demande un travail sur soi : tous

pouvons noter les interventions et les réactions ne sont pas formés à cela. En ce sens, le

des membres du personnel de soir qui n’étaient et personnel ne se sent pas outillé pour faire face par

ne sont toujours pas les mêmes que celles du exemple aux automutilations sur les murs ; les

personnel du quart de jour. Cela peut évidemment résidents se blessent et cela, de façon répétitive et

dépendre des caractéristiques des personnes qui les interventions ne portent aucun fruit.

ne sont pas les mêmes et des comportements des

résidents qui diffèrent parfois au cours de la Constats

journée ; mais certains membres du personnel

Aspects positifs

notent que cela est également une question de

volonté, certains intervenants voulant Il était intéressant de commencer ce projet tous

apparemment acheter la paix en étant permissif en même temps, comme il était fascinant de

avec les résidents. débuter quelque chose que personne ne

connaissait comme tel : la situation était fort

Plusieurs membres du personnel ont quitté stimulante.

l’unité, soit sept personnes à ce jour : 1

psychologue, 2 infirmières, 2 infirmières auxiliaires, Plusieurs postes sont encore à découvert, mais

1 éducateur et 1 préposé aux bénéficiaires. Pour nous constatons la grande qualité des intervenants

certains, cela relevait de leur décision personnelle, qui occupent les postes déjà comblés. La

alors que d’autres n’ont pas eu le choix. disponibilité, la flexibilité, la capacité d’écoute, une

grande patience et une bonne dose d’humour sont

Un conflit a surgi entre le médecin et la chef des qualités que nous observons régulièrement et

d’unité, ce qui a créé des tensions et des remous qui nous apparaissent indispensables pour

dans l’unité. l’intervention dans une telle unité.



Les réunions sont moins nombreuses sur le Il existe vraiment un travail d’équipe : tous les

quart de soir que sur le quart de jour. professionnels sont impliqués dans les activités de

la vie quotidienne, ce qui s’avère une force, et il

Les intervenants notent qu’ils ont les défauts de existe un réel partage de l’information entre les

leurs qualités, dans le sens où ils sont exigeants, membres de l’équipe. Les membres du personnel

mais ils le sont également envers eux-mêmes et se sentent impliqués dans l’équipe et en éprouvent

ces exigences qu’ils se donnent prennent du un sentiment d’appartenance.

temps, une disponibilité qu’ils n’ont pas toujours,

ce qui les laisse parfois insatisfaits malgré les Il est intéressant de constater que nous avons

efforts qu’ils ont faits. réussi à former une équipe, alors que nous venons

de milieux très différents (personnes âgées,

Le sens accordé au terme activité n’est pas traumatisés crâniens, enfants en garderie, jeunes

compris de la même façon par tous : est-ce que en centre Jeunesse, itinérants alcooliques et

c’est le fait de faire des choses, de réaliser les toxicomanes, personnes avec des problèmes de

activités de la vie quotidienne, de jouer… ? santé mentale, aucune expérience de travail…) et

que nous sommes confrontés à des

problématiques très diverses. Nous avons donc,

comme équipe, une expertise diversifiée et de voguer à la dérive lorsqu’il n’est pas là. Comme

complémentaire. l’unité est une première en Amérique, il est encore

plus important que le chef soit présent pour donner

Tous apprécient la crédibilité qui est accordée à l’orientation. Plusieurs considèrent inhumain

chaque membre du personnel, incluant les d’avoir à gérer trois unités dans deux installations

préposés, ce qui n’est pas le cas partout. différentes, ce qui est le cas actuellement.



Tous les membres du personnel peuvent Chacun se sent capable de travailler seul

collaborer aux différentes tâches telles la lingerie, auprès d’un résident, mais il semble que parfois il y

le retrait d’argent, les commandes, alors que dans a de la confusion quand il s’agit de travailler à

les unités, de façon générale, le monopole deux : le partage des tâches se définit alors moins

appartient à l’infirmière. Ici, le personnel peut bien.

même prendre des mandats.

Bien que le besoin de rencontre se fasse moins

L’ensemble du personnel s’assure que les sentir sur le quart de soir, il y aurait besoin d’un

droits et les devoirs de chacun sont respectés. plus grand nombre de réunions que ce qu’il y a

présentement.

Comme aucun membre du personnel ne détient

l’ensemble des connaissances nécessaires à Certains membres du personnel notent qu’ils ne

l’intervention auprès de ces résidents, le travail veulent pas courir pour ne pas énerver les

d’équipe devient encore plus important, car il résidents, mais au bout du compte, ils ne

permet une certaine complémentarité. Chacun a sa parviennent pas à tout faire ce qu’ils auraient à

zone de confort et de compétence et peut donc faire. À cet égard, il est précisé que c’est dans de

agir seul ; mais en d’autres occasions, comme par telles situations qu’il est nécessaire de se rappeler

exemple dans les plans de match, tous cessent que nous formons une équipe et que d’autres

leurs activités et font la même chose en même peuvent peut-être venir aider.

temps.

Un peu dans la même veine, quelques

Aspects négatifs membres du personnel agissent en « mère-poule »

Plusieurs se sentent démotivés parce qu’ils ont et en « père-poule » et surprotègent certains

l’impression que la mission poursuivie maintenant résidents comme s’ils étaient leur propriété ou leur

n’est pas la même que celle qui avait été œuvre personnelle. Il faudrait apprendre à

annoncée au début, avant l’ouverture de l’unité. déléguer des tâches aux collègues de travail. En

ce sens, les préposés de soir, de même que les

éducateurs, ne devraient pas toujours être auprès

Il est parfois difficile de faire partie d’une

des mêmes résidents et faire eux aussi une

nouvelle unité : il faut expliquer le travail car il y a

rotation des groupes de résidents dont ils

beaucoup de méconnaissance et il est nécessaire

s’occupent.

de défaire les préjugés véhiculés.

Le personnel de soir note qu’il y a moins de

Selon plusieurs membres du personnel, il aurait

personnel sur leur quart de travail, ce qui se révèle

fallu un chef d’unité uniquement pour l’unité au

être un non sens, puisque les résidents sont aussi

moins pour les deux premières années : quand un

longtemps éveillés sur l’un comme sur l’autre quart

projet démarre, il est indispensable que le

de travail. De plus, malgré ses efforts, la

capitaine soit présent. Quand le chef est présent,

psychologue est moins présente sur le quart de

les membres du personnel ont plus l’impression de

soir que sur le quart de jour et pourtant, les

savoir ce qu’il faut faire, alors qu’ils ont l’impression

besoins sont autant présents. Les membres du

personnel de soir ont l’impression qu’ils n’arriveront délai d’attente, ceux-ci ne sont parfois plus très

jamais à faire un bon travail, en partie dû au descriptifs de l’état actuel des résidents.

manque de personnel.

Il serait important de préciser nos questions

La notion de défi, c’est-à-dire une activité avec avant une admission et d’aller chercher les

un écart significatif, ne semble pas définie de la réponses – comme par exemple quelles sont les

même façon pour chacun ; ainsi, certains craignent interventions tentées dans le passé et les

l’activité de cuisine avec l’utilisation d’un couteau médicaments déjà essayés. Dans le même sens, il

pour des résidents potentiellement agressifs et nous faudrait aller chercher l’expertise spécifique

considèrent que le défi est trop grand. Dans cette nécessaire à l’intervention avant de recevoir les

ligne de pensée, plusieurs soulignent résidents : certaines problématiques sont

l’« omnipotence » apparente des éducateurs qui inconnues de l’ensemble des membres du

semble les immuniser contre les dangers. personnel.



Il est fréquemment très difficile d’obtenir le

matériel dont nous avons besoin et nous avons Les objectifs

parfois l’impression que cela relève de l’agressivité

passive de certains commis. Cette lenteur entraîne

des difficultés d’opération.



Le cahier de communication n’est pas utilisé

comme il se devrait. Même si tous ont le droit Niveau structural

d’écrire sur ces feuilles, 15-20 ans d’interdiction L’objectif principal de l’unité est de diminuer la

laissent des marques et plusieurs ne pensent pas fréquence et l’intensité des comportements

encore à la possibilité d’y inscrire ce qu’ils ont à agressifs, dans le but de pouvoir intégrer un milieu

dire. de vie plus normalisant. Certains intervenants ont

l’impression que l’objectif général visé par l’unité

Recommandations est de faire intégrer un appartement supervisé,

Il serait nécessaire de préciser le rôle et les objectif qui serait valide pour l’ensemble des

tâches des éducateurs. résidents ; cet objectif apparaît évidemment

insensé pour les deux résidents déficients

profonds et même inatteignable pour la majorité

Nous avons également à raffiner notre travail

des résidents de l’unité.

en équipe.

Modifications apportées

Il nous faudrait porter une plus grande attention

à nos bons coups, la démotivation commençant à Outre ce grand objectif général, les membres

en atteindre quelques-uns. de l’équipe n’avaient pas vraiment d’objectifs de

tracés pour les résidents ; il est donc devenu

Question plus qu’une recommandation : est-il rapidement nécessaire de déterminer des objectifs

envisageable de repenser la structure de poste ? pour organiser et orienter le travail, mais aussi

pour être en mesure d’évaluer le travail effectué.

Il serait indispensable d’obtenir le dossier En effet, les membres du personnel avaient

antérieur des résidents, car il s’avère généralement l’impression de tourner en rond et ils ne

incomplet : il nous faudrait donc l’exiger avant percevaient pas les progrès des résidents.

l’admission. Dans le même sens, il nous faudrait

demander des rapports qui sont à jour car, dû au

Niveau fonctionnel préposés aux bénéficiaires entre autres

personnes, n’avaient pas l’habitude d’être

L’obligation de déterminer des objectifs pour

autorisés à participer à de telles discussions

chacun des résidents nous a amenés à nous

réservées habituellement aux infirmières. Par

questionner sur le rôle de nos résidents dans la

ailleurs, après cette période d’adaptation, tous ont

société, ce qui n’est pas évident à faire ressortir.

apprécié et en ont ressenti une grande fierté.

Nous avons l’impression que, compte tenu de leur

état et de leurs comportements, ils n’ont pas

d’autre rôle que celui d’être des résidents. Nous constatons que plusieurs objectifs

tournent autour du suivi de l’élimination intestinale,

celle-ci étant souvent la cause de comportements

Les résidents ne sont pas arrivés avec des

propositions de programme de réadaptation, mais impulsifs et agressifs ; nous nous sommes rendu

plutôt avec des problèmes pour lesquels les compte que de tels objectifs de base, bien que

milieux précédents n’avaient pas trouvé de d’apparence moins noble et grandiose, étaient

solution. Cela nous a obligés à faire un certain essentiels dans la gestion des comportements.

ménage dans les dossiers des résidents avant de

déterminer où il était important d’aller. Aspects négatifs

L’obligation de travailler avec des objectifs a

Constats ajouté un élément de difficulté pour les membres

du personnel, car la plupart des membres de

Aspects positifs

l’équipe n’avaient jamais travaillé en réadaptation :

Les objectifs que nous avons établis dépassent cet univers était totalement inconnu pour eux. Ce

largement les soins de base, ce à quoi la majorité concept étant donc nouveau pour plusieurs

des membres du personnel n’était pas préparée membres de l’équipe, il a par conséquent fallu

puisque les soins constituaient auparavant le cœur apprendre sur le terrain et apprendre rapidement,

de leur tâche auprès des personnes âgées. ce qui a été d’autant plus difficile que le mandat de

l’unité ne semblait pas très clair pour tous.

Un énorme travail a été fait pour individualiser

les plans d’intervention tant au plan de Il y avait beaucoup d’irréalisme au point de

l’observation des comportements, de la recherche départ dans l’élaboration de nos plans

d’objectifs que de la rédaction des plans d’intervention, car plusieurs membres du personnel

d’intervention. Nous sommes satisfaits de visaient la vie en appartement ; nous constatons

constater que les objectifs sont transférables à aujourd’hui que de tels objectifs relevaient de la

l’extérieur de l’unité et qu’ils ne sont pas élaborés pensée magique. Le personnel se sent soulagé de

pour le bon fonctionnement du résident à l’intérieur viser l’atteinte d’objectifs plus limités, mais

de son milieu de vie, mais bien en fonction de lui, également plus réalistes compte tenu du niveau de

en considérant son propre avenir. base des résidents. Nous étions gonflés à bloc

comme équipe et voulions atteindre des objectifs

Même s’il y a 14 résidents différents avec quasi impossibles à réaliser. Ainsi, nous croyions

chacun des objectifs distincts, l’ensemble de ces que tous les résidents pourraient préparer leur

objectifs s’enligne assez aisément, ce qui est tout déjeuner et laver leur vaisselle ; nous n’avions pas

de même étonnant. prévu certaines tâches, n’avions pas pensé aux

moyens pour atteindre ces objectifs et avions

Le fait que tous les membres du personnel, peu oublié la planification des « retours en société »

importe le titre d’emploi, participent à l’élaboration comme les visites chez le dentiste et les

et à l’application des plans d’intervention est rencontres chez le psychiatre à l’hôpital

particulièrement apprécié. Cela a demandé au psychiatrique, ce dernier élément représentant

point de départ une adaptation car certains, les

pour certains résidents un retour au passé plutôt L’espace

angoissant.



Plusieurs membres du personnel qui faisaient

partie de l’organisation avant l’ouverture de l’unité

se disent désillusionnés ; ils affirment que les Caractéristiques

objectifs actuels de l’unité ne correspondent pas à La notion d’espace dans le présent contexte

ce qui avait été annoncé par la direction avant la consiste tout d’abord aux locaux de l’unité, sa

mise sur pied de l’unité. localisation dans le centre d’hébergement

Rousselot, puis de sa situation dans la ville.

Cela nous a pris de six à huit mois d’existence

avant de commencer à systématiser nos Niveau structural

interventions par des objectifs ; ce travail aurait pu Les locaux de l’unité sont restreints aux limites

débuter bien avant, mais l’intégration des résidents de l’unité, puisqu’il n’y a aucun autre endroit

dans l’unité et le quotidien ont pris le dessus. auquel nous ayons accès à l’extérieur des

frontières architecturales de l’unité. L’unité

Nous avons ressenti la pression de planifier des possède son propre jardin auquel elle a un accès

objectifs rapidement, sans être rodés, sans budget, direct.

avec un personnel hyperspécialisé mais

aucunement adapté à la clientèle spécifique de La sécurité en est une de type carcéral, c’est-à-

l’unité : nous avons trop voulu, trop vite. Il nous dire que toutes les portes sont barrées et que des

aurait fallu prendre un peu plus notre temps, mais caméras de surveillance filment ce qui se passe

cela ne s’avérait pas possible dû aux dans les corridors, les locaux communs et les

comportements des résidents qui demandaient des portes donnant sur l’extérieur. La sécurité est aussi

interventions sur le champ. pensée en fonction des gestes possibles de

désespoir de la clientèle. Ainsi, les gicleurs ne

Toute la gestion des plans de match est parfois dépassent pas le niveau des plafonds, les vitres et

très lourde et requiert une grande partie du temps les miroirs sont incassables, les crochets sont sur

et des énergies du personnel. pivot ce qui ne leur permet pas de supporter un

poids humain, le chauffage est à l’intérieur des

Recommandations plafonds ce qui enlève la possibilité de se brûler et

Il nous faut travailler davantage avec des les valves des robinets des lavabos sont barrées.

hypothèses.

L’unité est aussi organisée pour diminuer sinon

Il serait intéressant de déterminer une façon éviter les agressions en provenance du milieu ; en

plus systématique de procéder pour élaborer les ce sens, les lumières des différentes pièces

objectifs et les plans d’intervention. s’ouvrent graduellement, les teintes de peinture

choisies sont dans des tons pastel et pour la

Certains objectifs qui ont été déterminés en plupart dans des couleurs de terre, ce qui a un

rencontre interdisciplinaire ne sont pas travaillés, effet apaisant. Le milieu a de nombreuses fenêtres

par manque de temps ou par oubli. Il nous faudrait dirigées tant vers l’extérieur qu’entre les locaux, tel

donc mettre en place des moyens pour ne pas le carrefour des corridors qui est ouvert sur la salle

perdre de vue les objectifs de chaque résident. à manger. Cela permet aux intervenants une vision

globale de l’unité mais fait aussi oublier la sécurité

de l’environnement.

De surcroît, une entrée indépendante permet chambre et ainsi laisser la salle d’observation libre

l’accès direct à l’unité pour les ambulanciers et les pour répondre aux situations d’urgence.

policiers.

Des démarches sont actuellement en cours

Modifications apportées pour faire matelasser les chambres de deux

résidents qui s’automutilent sur les murs et les

Contrairement à ce qui avait été compris avant

planchers de leur chambre.

l’ouverture, les admissions des résidents de l’unité

se font par l’entrée principale du centre

d’hébergement comme pour tous les autres À une reprise, alors qu’une chambre venait de

résidents, et non pas par les portes de côté de se libérer, nous avons changé un résident de

l’unité. De même, lorsque les résidents ont à sortir chambre avec son accord. Cela ne s’est pas avéré

accompagnés par un membre du personnel ou par une solution intéressante, puisque ses pertes

un de leurs parents, ils sortent par les portes cognitives lui faisaient prendre la direction à

habituelles du centre d’hébergement. Cette façon laquelle il était habitué : il ne se retrouvait plus sur

de faire a entraîné de nombreuses réactions de la l’unité. Au lieu de l’aider comme nous le voulions,

part de certains membres du personnel et de nous lui avons complexifié la tâche et les

certains résidents de Rousselot. Nous avons déplacements.

maintenu notre point de vue en soutenant que les

résidents de l’unité spécifique n’étaient pas des Niveau des résultats

résidents de second ordre et qu’ils avaient le droit Positifs

aux mêmes égards que les autres.

Les résidents, les familles et les membres du

personnel apprécient grandement les locaux de

Les portes de chambre de deux résidents l’unité, modernes et éclairés. L’espace a vraiment

déficients qui vivent surtout par terre ont été vitrées été pensé en fonction de la sécurité de tous,

afin de permettre au personnel de les voir même si résidents et membres du personnel, ce qui

leurs portes de chambres sont fermées. constitue un élément d’une importance majeure.

Niveau fonctionnel Comme les chambres sont à peu de chose près

Dès l’ouverture de l’unité, la salle d’observation identiques, cela élimine les comparaisons entre les

est largement utilisée pour contenir des résidents et par voie de conséquence, les disputes

comportements inacceptables et dangereux ainsi qui pourraient s’ensuivre.

que pour apaiser des résidents que trop de stimuli

énerve. Comme certains résidents passent Négatifs

plusieurs heures dans cette pièce, les membres du Aucun vestiaire n’a été pensé sur l’unité pour le

personnel sont sur le qui-vive lorsqu’elle est personnel. Comme les casiers de Rousselot nous

occupée, vivant avec la crainte qu’un sont interdits, il n’y a pas de place pour mettre les

comportement d’un autre résident nécessite un manteaux et les bottes durant la saison hivernale.

retrait dans le but de limiter les conséquences de Les planchers de l’unité se salissent donc

l’agitation. En ce sens, une deuxième salle rapidement et l’unité a un air de désordre, les

d’observation serait tout indiquée. Pour compenser vestes et manteaux occupant le dossier des

cette situation, dans certains cas où les résidents chaises dans le bureau et la salle de réunion. En

auraient dû être de longues périodes – voire tout le cours d’année, un local nous a été rendu

temps – être retirés en salle d’observation pour accessible au palier supérieur de l’unité. Cette

leur propre sécurité, les serrures des portes de solution a en partie aidé pour le quart de jour, mais

chambre ont été inversées, ce qui fait que ces elle ne constitue pas une solution adéquate. Ainsi,

résidents peuvent être isolés dans leur propre les intervenants qui travaillent durant le quart de

jour et qui ont à prendre des marches à l’extérieur Recommandations

avec les résidents ne peuvent laisser leurs bottes Poursuivre les démarches pour matelasser les

et manteaux au vestiaire de l’étage supérieur, car chambres des résidents qui s’automutilent.

cela fait trop de déplacements avant de réaliser

l’activité : aller chercher ses effets personnels au

Regarder la possibilité d’avoir des locaux pour

deuxième, descendre à l’unité pour habiller le

faire dépenser de l’énergie aux résidents ou, au

résident pour, après la marche, revenir à l’unité

moins, acheter du matériel pour qu’ils puissent

pour déshabiller le résident, monter au vestiaire

passer leur agressivité.

porter ses vêtements puis revenir à l’unité. Cela est

déjà compliqué pour une seule activité ; quand une

activité extérieure se répète à plus d’une reprise

par jour, cela représente une perte de temps

Le temps

considérable. Cette solution, un vestiaire au palier

supérieur, n’a toutefois pas du tout aidé les quarts

de soir et de nuit, puisqu’une porte est codée dès

le milieu de la soirée jusqu’au lendemain matin, Niveau structural

porte qu’il est nécessaire de traverser pour se Avant l’ouverture de l’unité, à peu près aucun

rendre au vestiaire ; cela rend le vestiaire horaire n’avait été établi. Ainsi, au fur et à mesure

inaccessible en soirée et durant la nuit. des admissions des résidents, de l’intégration des

membres du personnel et de l’accumulation des

Le mobilier ne résiste pas aux assauts des tâches, des horaires ont dû être mis en place.

résidents, comportements qui ne sont parfois pas

aussi agressifs que l’on pourrait penser. Dans le Niveau fonctionnel

même sens, la porte d’entrée de l’unité n’a pas

résisté à un grand gaillard qui s’est seulement L’horaire des éducateurs du matin a été revu,

appuyé sur la barre de la porte. afin de les faire débuter à 7h30 plutôt que 8h30. Ils

peuvent donc prendre le rapport en même temps

Aucun local, tel un petit gymnase, n’a été pensé que le reste de l’équipe et peuvent de plus aider

pour dépenser de l’énergie. Notre clientèle étant certains résidents à préparer leur déjeuner avec

pour certains résidents dans la jeune vingtaine, il y les préposés, ce qui leur fait perdre moins de

a nécessité pour eux d’être actifs physiquement, temps au bout du compte.

ce qui s’avère très difficile.

Au fil des admissions et des conflits au fumoir,

Une seule salle de rencontre n’est pas un horaire est conçu pour remettre les cigarettes et

suffisante pour répondre aux besoins de l’unité. faire fumer les résidents, dans le but d’éviter le

Cela est d’autant plus réel que les membres du clivage entre les membres du personnel et de

personnel travaillent tous dans la même pièce ; il contrôler les présences simultanées dans ce local.

est parfois nécessaire de se retirer pour écrire un

rapport, réfléchir à une situation particulière, faire Un tableau des anniversaires de chaque

un téléphone confidentiel ou tout simplement se résident a été réalisé, ce qui permet d’éviter de ne

concentrer sur une tâche déterminée, ce qui est pas souligner un anniversaire.

très difficile dans le contexte actuel. Nous avons

tenté d’utiliser des locaux dans Rousselot, mais De façon générale par ailleurs, nous nous

comme là aussi les locaux sont très limités, ils sont sommes rendu compte qu’il y avait des difficultés à

la plupart du temps déjà utilisés pour des besoins établir un horaire, les imprévus étant nombreux. La

autres. gestion du temps s’est avérée être en lien avec le

jugement de l’intervenant ; ainsi, certains

respectent les horaires avec précision, alors que rythme avec lequel ils étaient habitués auparavant.

d’autres se permettent d’être plus souples, sans y Cela gruge beaucoup de temps sur l’horaire

voir de faute ou de risque d’une ouverture au quotidien de tout le personnel. Les interventions

clivage de la part des résidents. prennent plus de temps que ce que nous avions

imaginé. Il s’avère difficile de planifier et de

L’ensemble du personnel a l’impression d’avoir s’organiser dans le temps dû au fait que les

manqué de temps durant toute l’année pour faire priorités sont nombreuses.

ce qui s’avérait utile et intéressant de réaliser :

plein de projets restent en suspens. En ce sens, Le personnel mentionne qu’il manque de temps

l’équipe a réalisé que beaucoup de tâches pour réfléchir et avoir ainsi plus de créativité au

prennent beaucoup de temps, puisque c’est la plan des activités et des interventions. Nous

première fois qu’elles sont faites et qu’un certain notons aussi le manque de temps pour

temps de réflexion est nécessaire ; à long terme, l’autocritique, étant constamment dans l’action. Les

elles devraient nous prendre de moins en moins de éducateurs remarquent qu’ils n’ont pas

temps. suffisamment de temps pour rédiger toute la

paperasse qui leur est demandée, puisque les

Constats interventions en présence directe constituent la

majeure partie de leur tâche.

Aspects positifs

Aucun membre du personnel ne veut enlever Comme les dossiers sont peu élaborés lors de

l’autonomie des résidents au niveau de l’exécution l’admission des résidents, cela prend du temps

de leurs tâches ; cela prend par ailleurs beaucoup pour connaître leurs habitudes, les interventions à

de temps, puisqu’il est plus long de faire faire que faire et celles à éviter : ce nécessaire temps

de faire soi-même. Durant le temps où les d’observation est exigeant parce qu’il occasionne

résidents exécutent leur tâche, certains beaucoup de notes à rédiger.

intervenants se sont trouvés des petites choses à

réaliser, tel que nettoyer les lunettes, afin Les pauses sont rarement prises.

d’occuper ces instants durant lesquels les

résidents n’avaient pas besoin d’aide, mais où il Bien que le travail en équipe soit quelque chose

était nécessaire de rester présent. d’intéressant, le personnel note que le temps pris

pour aider un collègue gruge le temps disponible

Les réunions commencent à l’heure et ne pour sa propre tâche. Les différents horaires

s’étirent pas indûment, ce qui facilite l’organisation (cigarettes,…) sont difficiles à respecter. D’une

de tous et chacun. part, il est parfois difficile de faire les interventions

car nous devons aller voir le résident plusieurs fois

Aspects négatifs avant de faire ce qui avait été prévu et, d’autre

Le manque de temps se fait sentir à différents part, il est difficile de commencer quelque chose

niveaux. Ainsi, nous constatons que les imprévus, quand nous savons que dans quelques minutes,

par définition jamais prévus dans le temps, sont un résident avec un trouble sévère de la

nombreux et prennent parfois le dessus sur la personnalité va nous sonner pour une demande

routine déjà établie. Il ne faut pas perdre de vue quelconque ; cela met une pression pénible à

que plusieurs situations auxquelles nous faisons assumer.

face exigeraient beaucoup de temps pour les

gérer. Les résidents étaient, pour plusieurs, Le sentiment d’urgence vécu par la clientèle

habitués à du un pour un avant leur arrivée à semble banalisé ; certaines personnes ont ainsi

l’unité, ce qui les amène à exprimer des exigences l’impression que dans d’autres unités il semble

auxquelles nous ne pouvons pas répondre au

plus normal de prendre du temps pour faire les Lorsque les familles ont besoin de certaines

choses. choses qui prennent du temps à préparer, nous

devrions demander qu’elles fassent leurs

Certaines familles vivent autant dans l’urgence demandes au préalable, afin que nous ayons la

que leur parent hébergé à l’unité : elles arrivent possibilité de nous organiser. Certaines familles

comme un cheveu sur la soupe et s’attendent à ce ont également besoin d’autant d’encadrement que

que nous ayons le temps de répondre à leurs leur parent hébergé.

demandes sur le champ.



Recommandations Les familles

Comme la capacité d’attention des résidents est

très réduite, il serait important de s’attarder à

répéter souvent la même chose, sur une plus

longue période de temps, dans le but qu’ils aient

plus de chances de s’en rappeler. Caractéristiques



Faire régulièrement une rotation dans les Nous entendons par l’expression « membres

routines des préposés, afin que chacun connaisse des familles », toute personne qui a un intérêt pour

les résidents de ses collègues, amènerait plus de le résident. Cela peut être une personne unie par

contacts entre les membres de l’équipe, puisqu’il les liens du sang, les liens affectifs, les liens

faudrait échanger des informations. professionnels ou par les liens du mariage. Cela

peut également être le curateur délégué ou le

tuteur, privé ou public.

Non seulement déterminer des objectifs

spécifiques dans les plans d’intervention des

résidents, mais se donner des délais, soit de Niveau structural

réalisation, soit de révision, autres que la Peu de choses ont été planifiées en regard des

prochaine rencontre interdisciplinaire, ainsi familles des résidents. Ce qui a été pensé tourne

qu’identifier des moyens de progression. Cette autour du processus d’admission. Ainsi, une visite

façon de faire rendrait le cheminement moins flou. pré-admission se fait dans le milieu où le résident

Une façon de faire similaire pourrait être mise en est hébergé par deux professionnels de l’équipe ;

place pour le personnel: se donner des objectifs ces professionnels rendent visite au résident et à

d’équipe et les situer dans le temps. l’équipe de soins qui s’occupe de lui s’il y a lieu,

afin d’obtenir des informations plus spécifiques le

Prendre le temps de faire les différentes tâches, concernant, tant au plan de l’organisation physique

ce qui évite les accidents et empêche que le nécessaire des lieux, de l’équipement

fardeau ne retombe pas sur les épaules d’un indispensable que des interventions à éviter ou à

collègue qui doit reprendre la tâche lorsqu’elle favoriser. Cela permet également de commencer à

n’est pas très bien faite. créer des liens avec le résident dans le but de faire

un pont avec son futur milieu d’hébergement.

Il est nécessaire de prendre du temps pour soi ;

le travail à spec III n’est pas toujours évident : il Une invitation est alors lancée pour que des

nous faut toujours être vigilant et prêt à intervenir, membres de sa famille ou des professionnels

car nous ne savons jamais quand une situation de significatifs ainsi que le résident lui-même si

crise va surgir. possible viennent visiter l’unité.

Des rencontres interdisciplinaires sont à d’un parent. Nous avons donc mis en place

l’horaire, rencontres qui se font avec les membres l’agenda des visiteurs dans lequel nous

de l’équipe impliqués dans l’intervention auprès du demandons à chaque visiteur d’inscrire sa visite ;

résident ; à la fin de la rencontre, le résident et sa cet outil, que tous peuvent consulter, permet de

famille sont invités à venir rencontrer l’équipe dans connaître les différentes visites qui ont été

le but d’échanger sur les observations du effectuées et de s’y référer au besoin pour rassurer

personnel et de planifier le plan d’intervention un résident qu’il n’est pas tombé dans l’oubli.

ensemble si possible.

Niveau fonctionnel

L’aménagement des chambres est pensé en Nous nous sommes donnés comme objectif

fonction des besoins spécifiques de chaque général de créer ou de maintenir les liens entre les

résident. En ce sens, pour certains, il a été résidents et leurs familles.

nécessaire de sortir des meubles de la chambre ;

pour d’autres, il a fallu penser un aménagement

Les membres des familles ont été invités à

particulier.

participer aux quelques fêtes de l’unité, dont celle

de la Saint-Valentin, qui marquait le premier

Avant l’admission du résident, le contact avec le anniversaire de l’ouverture de l’unité. Leur réponse

milieu se fait avec le travailleur social référent, par a été fort positive et cela leur a permis de

l’intermédiaire du chef d’unité. Une fois les rencontrer les membres de la direction.

démarches d’admission enclenchées, les membres

de l’équipe interviennent selon leur champ de

Nous trouvons important que les familles aient

compétence et selon les opportunités.

des contacts régulièrement avec leur parent,

même si ce n’est pas possible d’être physiquement

Dès le point de départ, nous avons voulu présent. À cet égard, nous avons renoué la relation

maintenir le plus possible les liens avec les entre une fille et son père par des téléphones où

membres des familles et nous avons opté pour les les membres de l’équipe agissaient comme

impliquer directement dans les soins à leur parent intermédiaires, contact qui était rompu depuis de

en les informant, leur demandant leur avis et les nombreuses années. Bien que les souffrances

invitant en tant que partenaires. passées ne permettent pas dans ce cas-ci de

rétablir une relation continue, il reste que ces

Modifications apportées quelques contacts ont rappelé à chacune des

Étant donné l’arrivée du travailleur social dans parties la présence de l’autre et ont témoigné du

l’équipe de l’unité, les contacts avec le milieu cheminement des dernières années. Outre les

d’origine et les familles des résidents après leur appels téléphoniques, nous avons mis en place

admission se font surtout par l’intermédiaire de plusieurs moyens pour établir ou maintenir le

celui-ci ; l’éducateur qui est plus en lien avec le contact avec les membres des familles. Ainsi,

résident au quotidien reste quant à lui responsable quand la distance ne permettait pas à une fille de

de transmettre tout ce qui concerne les venir voir son père, nous lui avons envoyé des

comportements du résident. nouvelles ainsi que des photographies de son père

par internet. Toujours dans le but de maintenir le

Nous avons toujours demandé aux visiteurs qui contact, certains membres du personnel ont aidé

ils étaient et qui ils venaient voir ; toutefois, nous des résidents à fabriquer des cartes de Noël pour

nous sommes rendu compte que l’information ne les envoyer à leur famille. Nous avons

se transmettait pas toujours d’un quart à l’autre, ni accompagné des membres de famille, alors que

à l’ensemble du personnel et que, de plus, certains leur parent était hospitalisé et qu’ils trouvaient

résidents ne se rappelaient plus avoir reçu la visite pénible d’aller le visiter, ne sachant pas quoi lui

dire. Nous avons permis à des parents de sortir Constats

avec leur garçon afin de participer à des activités

Aspects positifs

répondant à ses intérêts ; ces parents ont vécu

cela comme si leur fils leur appartenait à nouveau. Le nombre restreint de résidents nous permet

Nous avons réalisé une vidéo auprès d’un résident d’être davantage présents pour les familles et

lorsqu’il faisait ses exercices pour recouvrer ses d’entendre leur souffrance, car nous avons du

capacités physiques, afin que lui et ses frères temps pour les écouter. Cela nous donne aussi

voient les progrès qu’il faisait. une plus grande flexibilité, nous permettant de

saisir le moment propice pour une discussion au

Nous expliquons aux familles les interventions moment où il passe.

que nous faisons et les raisons qui les motivent ;

nous tenons aussi compte de leur opinion et de En réalisant une histoire de vie avec les

leur interprétation des comportements ; il est arrivé membres de la famille, nous avons appris ce qu’ils

que, suite à leurs explications, nous ayons modifié avaient vécu de leur côté en contact avec leur

notre approche. Les familles vivent cela comme si parent malade ; cela nous a permis de voir l’autre

nous leur demandions de nous aider à aider leur côté de la médaille et nous a rendus sensibles au

parent, ce qu’ils apprécient grandement ; ils ont vécu des familles, vécu que nous ne soupçonnons

l’impression de faire partie de l’équipe et sentent pas toujours. En collectant les informations de la

que nous sommes prêts à écouter la connaissance vie antérieure des résidents auprès des membres

qu’ils ont de leur parent. de leur famille, nous avons démontré notre intérêt

face à ce qu’ils représentaient aux yeux de leur

famille. Certaines familles nous ont fait part du bien

Nous avons réussi à dissocier les

que cela leur faisait, affirmant que pour une

comportements de la personne, à ne pas s’attarder

première fois, ils avaient l’impression que nous

uniquement aux mauvais comportements et à ne

percevions leur parent tel qu’eux le voyaient.

pas dramatiser les situations agressives: les

difficultés vécues par celle-ci sont contre

balancées par ce qu’elle fait de bien. Les familles Même si, dans certains cas, nous avions

nous disent avoir l’impression que nous n’avons l’information que les relations étaient coupées

pas de préjugés ; sans nier les difficultés, nous entre le résident et les membres de sa famille,

validons qu’il y a aussi des aspects intéressants. nous n’avons pas pris cette information comme

acquise et nous avons tenté, parfois au grand

Ils se montrent heureux d’apprendre, de temps à

autre, de bonnes nouvelles concernant leur parent. étonnement des familles, de renouer le contact.



Il est permis aux familles de prendre des Nous avons pris les familles là où elles étaient

décisions au sujet de leur parent et ils ne se rendues et nous tentons de les amener le plus loin

sentent pas blâmés même si la décision n’est pas possible ; en ce sens, nous graduons les contacts,

celle que nous jugeons la meilleure. en nombre et en durée, lorsque le contexte le

requiert.

Le personnel de l’unité prend le temps

d’épauler les familles dans les situations plus Les membres des familles disent ne pas se

tendues: nous nous permettons d’entendre leurs sentir jugés par nous à travers les comportements

difficultés et, non seulement nous sommes prêts à agressifs de leur parent. Ils apprécient la

recevoir l’aspect émotif, mais bien souvent nous communication qui existe entre les membres de

allons le chercher. l’équipe et ils sentent que ce qu’ils disent à l’un est

transmis aux autres. À cet égard, une famille

raconte que dans un précédent lieu

d’hébergement, le personnel en place ne savait

jamais qu’elle viendrait visiter son parent, alors famille, cela les ferait participer aux soins, eux qui

qu’à l’unité, non seulement le personnel sait qu’elle ont souvent été mis à l’écart et cela pourrait leur

va venir, mais elle se sent attendue et accueillie ; faire voir les nombreuses difficultés qui ont

de plus, l’accueil se fait avec le sourire et le parsemé la vie de leur parent, ainsi que les progrès

personnel vient même au-devant d’elle pour la qui ont pu se produire.

saluer.

Il nous faut maintenir la communication entre

Une famille nous a mentionné que pour la les membres de l’équipe.

première fois depuis longtemps, son parent était

souriant et qu’elle le sentait bien à l’unité, ce qui Nous devons faire attention à garder notre

étonne d’autant plus que l’unité est fermée et que préoccupation première envers le résident : ainsi,

toutes les portes sont barrées : les familles vivaient nous demandons toujours les informations dont

au point de départ ce type d’hébergement un peu nous avons besoin d’abord au résident puis, si

comme un séjour en prison, alors qu’ils sentent besoin est, aux membres de sa famille. Cette façon

une ouverture de l’équipe vers le monde extérieur. de faire est à conserver, parce qu’elle se veut

respectueuse du résident et qu’elle lui attribue

Plusieurs familles viennent de plus en plus encore de l’importance malgré ses difficultés, ce

régulièrement visiter leur parent, dû à l’intérêt que que s’empressent de noter les membres des

le personnel leur porte, malgré parfois le lourd familles. Cela permet aussi aux familles de

passé de leur parent. Ils mentionnent avoir recentrer leurs propres interventions sur les

l’impression que chaque résident est un être besoins de leur parent.

unique. Les membres de l’équipe s’aperçoivent

que les résidents sont moins isolés après un Nous voulons augmenter la possibilité, pour les

certain temps à l’unité qu’aussitôt après leur familles qui le souhaitent, de sortir seuls avec leur

arrivée. parent.



Les membres des familles apprécient l’humilité Nous voulons travailler la fin de nos

des intervenants qui avouent que certaines interventions avant un départ définitif ; remettre le

situations ne sont pas faciles à vivre pour eux tout en perspective, boucler l’ensemble de la

aussi ; cela enlève le statut de spécialiste qui vit démarche avec le résident et sa famille, ce que

au-dessus de ses affaires. nous n’avons pas réellement fait.



Recommandations

Il nous faudrait écrire les histoires de vie des Le groupe de pairs

résidents en collaboration, si possible, avec les

membres de leur famille. Cela pourrait avoir

comme effet de rassembler les diverses

informations concernant les résidents, ce qui Caractéristiques

aiderait le personnel en nous les faisant mieux Il y a une très grande disparité des

connaître et nous serait utile pour faire de la caractéristiques entre chacun des résidents, tant

diversion lorsque le besoin s’en fait ressentir, lors au plan des pathologies, de l’âge que des

des soins par exemple. Pour les résidents qui sont capacités résiduelles.

eux-mêmes en mesure de nous livrer des

informations les concernant, ces échanges leur

donneraient de l’importance et pourraient améliorer

leur estime de soi. Pour les membres de leur

Niveau structural Constats

Nous avons opté pour un fonctionnement Aspects positifs

individualisé dans l’unité. Compte tenu des Nous avons éprouvé quelques difficultés à

caractéristiques personnelles des résidents, gérer les conflits entre deux résidents: l’un n’avait

aucune activité de groupe n’est prévue. qu’à passer devant la porte de l’autre pour faire

déclencher une crise chez ce dernier ; pour les

Modifications apportées autres par contre, l’intégration et la vie en

Les activités sont mises en place en fonction collectivité se sont quand même bien déroulées.

des intérêts des résidents.

Malgré leur agressivité, quelques résidents

Contrairement à nos prévisions, des activités en aident leurs pairs, par exemple en poussant le

dyade et de sous-groupe ont été possibles, pour fauteuil roulant lors des marches ou des

un nombre ne dépassant par ailleurs généralement déplacements à l’intérieur de l’unité ou en en

pas 5 résidents. alimentant un autre, sous la supervision d’un

intervenant.

Niveau fonctionnel

Nous intervenons sur les capacités des

Les résidents qui sont arrivés les premiers sur résidents beaucoup plus que sur leurs

l’unité ont reçu beaucoup d’attention puisque les comportements, ce qui favorise chez eux

intervenants étaient très nombreux par rapport au l’expression de leurs forces et même l’émergence

nombre de résidents et l’environnement était très de nouvelles. Cela les valorise et leur redonne du

paisible, dû au fait qu’il y avait peu de personnes pouvoir.

sur l’unité. Plus les admissions se poursuivaient,

moins ils avaient d’attention et plus les stimuli

Nous nous sommes concentrés à nous attacher

augmentaient, ce qu’ils ont trouvé très difficile ; le

affectivement aux résidents, à apprendre à les

bruit ainsi que le partage d’attention ont entraîné aimer ; parfois, par contre, il fallait chercher par

des désorganisations chez certains résidents.

quel bout nous pourrions les aimer sans avoir de

préjugés. Cela nous a permis d’intervenir plus

Nous avons réussi à accueillir les résidents facilement auprès d’eux. Nous avons aussi

sans faire de distinction. compris pourquoi les familles avaient encore des

liens avec eux et pourquoi ils se sentent coupables

Comme il y a peu d’activité à l’ouverture de de ne pas être capables de s’en occuper au

l’unité, les résidents trouvent le temps long et quotidien car, malgré leurs comportements, ils sont

s’ennuient ; plusieurs d’entre eux sont jeunes : ils très attachants. Nous avons constaté que lorsque

veulent bouger et faire de l’activité physique, les nous regardons au-delà des comportements

jeux de cartes ne les satisfaisant pas. agressants, nous découvrons des êtres fort

aimables et surtout très affectueux.

Nous sommes intervenus en nous disant que

nous ne pouvions pas faire pire que ceux qui nous Les membres du personnel considèrent qu’ils

avaient précédés, que nous allions faire de notre se sont bien tirés d’affaire et qu’ils se sont

mieux et qu’il nous fallait agir différemment puisque lentement habitués à la situation de l’unité. Les

les résultats n’avaient pas été probants avec les difficultés auxquelles tous ont été confrontés les

moyens d’intervention déjà tentés. ont portés à réfléchir et à chercher de nouveaux

moyens d’intervention. Cela témoigne de la

capacité d’adaptation des intervenants et de leur

capacité à gérer différentes réalités.

Les multiples interventions que nous devons Dans la même ligne de pensée, comme les

faire nous amènent à affirmer que le leadership, le résidents sont incapables de s’organiser par eux-

calme et l’esprit de débrouillardise sont des mêmes et qu’ils mentionnent à répétition qu’il n’y a

éléments essentiels pour intervenir auprès d’une pas d’activités et qu’il n’y a rien à faire à l’unité, ce

clientèle comme celle de l’unité spécifique. qui contient un peu de vérité, les membres du

personnel disent commencer à le prendre

Nous observons des changements dans les « personnel » et à se sentir mal à l’aise, voire

comportements des résidents, même dans ceux coupables de cette situation.

des résidents déficients ; ainsi, l’un d’entre eux est

maintenant capable de nous regarder dans les Recommandations

yeux, son vocabulaire a augmenté, il sourit et il Bien que l’utilisation du groupe soit difficile,

chante. nous devrions mettre en place des activités qui

peuvent intéresser quelques résidents en même

Aspects négatifs temps car, quand nous ne les occupons pas, ils

Les résidents déficients profonds sont vraiment s’organisent pour nous occuper et nous ne

à part dans les activités et les fêtes. Ils font pouvons pas nous permettre d’être constamment

également réagir certains résidents qui ne peuvent dans l’individuel.

tolérer les côtoyer quotidiennement et partager la

même unité (« J’veux partir d’ici, j’suis pas comme En plus de faire des activités occupationnelles,

eux, c’t’une place de fous ! »). Leur chambre non il nous faudrait structurer davantage les activités

décorée, les matelas par terre, sans meuble, de réadaptation pour chacun des résidents, afin de

l’absence à peu près complète de langage verbal travailler plus directement sur les comportements

et leur apparence confrontent les autres résidents inadéquats de chacun.

qui perçoivent bien les différences. Dû à la

structure de l’unité et le temps requis par chacun Il serait également important de travailler en

des autres résidents, nous sommes conscients de collaboration avec la liste de rappel, afin d’essayer

ne pas leur accorder le temps dont ils auraient d’avoir à peu près toujours les mêmes personnes

besoin et de les sous-stimuler ; mais il nous pour remplacer ; quand ce sont des personnes qui

apparaît difficile de faire davantage. Il a toujours ne sont pas habituées, cela a un impact

été entendu qu’il n’y aurait pas de critère considérable sur les résidents et, par voie de

d’exclusion à l’unité, mais l’équipe se demande si conséquence, sur les personnel en place et sur

les résidents déficients profonds ne devraient pas l’organisation du quart de travail.

être hébergés dans les milieux de déficience plutôt

qu’à l’unité, car nous faisons face à un univers très Nous avons encore beaucoup d’énergie à

différent. mettre pour organiser un milieu de vie avec 14

résidents si différents les uns des autres.

Le fait d’individualiser notre approche et d’être

fort restreint au plan de l’utilisation du groupe fait

en sorte qu’à maintes occasions, les interventions Le programme

et les activités se font dans le un pour un, bien que

cela ne corresponde pas au ratio de l’unité.



Parce que certains résidents nous demandent

beaucoup de temps, certains autres ne reçoivent

pas l’attention dont ils auraient besoin et à laquelle Niveau structural

ils auraient droit, ce que nous trouvons dommage.

Nous n’avions planifié aucune programmation Constats

avant l’ouverture de l’unité. Les débuts ont plus été

Aspects positifs

centrés sur l’adaptation, c’est-à-dire se connaître

mutuellement et créer des liens de confiance avec Lors de la journée milieu de vie, un clown est

les résidents dans la mesure du possible. venu sur l’unité, clown qu’un résident a reconnu

dans le journal quelques mois plus tard ; ceci nous

Modifications apportées laisse croire que, malgré leurs limites, ils tirent

profit de ce qui leur est offert.

Les soins d’hygiène et les activités

occupationnelles constituaient le cœur des temps Aspects négatifs

libres. Rapidement, nous avons parlé d’activités

« réadaptatives », sans toutefois que tous les Nous constatons que nous nous attardons trop

membres du personnel sachent vraiment de quoi il aux comportements ; il nous faudrait oser

s’agissait. davantage et miser plus sur le potentiel à

développer que sur les limites physiques et

comportementales et les risques potentiels

Niveau fonctionnel

d’éclatement.

Suite à la proposition d’un des éducateurs,

nous avons introduit la grille de Wilson qui permet Nous n’utilisons pas au maximum ce qui est à

de visualiser les réactions du résident lorsqu’il est notre portée, que ce soit au plan de

à son meilleur, les comportements précurseurs l’environnement ou des instruments.

d’une crise, ceux en état de crise ainsi que le

retour à la normale, de même que les interventions Ainsi, notre programmation est trop centrée sur

à faire et à éviter selon chacune des situations. Au la connaissance des résidents et les soins de

début, nous n’avons rempli cette grille que pour base ; nous vivons trop en cocon fermé, centrés

certains résidents, puis nous l’avons généralisée à sur le quotidien et les tâches ménagères. Par

l’ensemble des résidents. Cette grille nous a exemple, nous pourrions faire des sorties

permis de mettre en place les meilleures conditions extérieures dans la communauté, faire des

pour favoriser des apprentissages chez les activités pour le seul plaisir de les réaliser, sans

résidents. nécessairement avoir toujours un objectif de

réadaptation. Nous voulons réinsérer les résidents

Après avoir élaboré quelques programmes dans la communauté, mais nous restons entre nos

d’activités, il nous a été difficile de respecter la murs ; cela devrait faire partie de nos objectifs de

programmation. D’une part, la jalousie entre les réadaptation.

résidents a déclenché plusieurs crises, car certains

n’acceptaient pas que nous nous occupions d’un Nous n’avons presque pas utilisé le jardin dû au

autre résident ; d’autre part, il n’est pas simple de fait qu’il n’était pas prêt. Par contre, nous nous en

créer des sous-groupes pour faire des activités, les sommes servis pour une épluchette de blé d’Inde

intérêts, les capacités physiques résiduelles, ainsi que pour faire un repas aux hot-dog.

relationnelles et cognitives étant très différentes

d’un individu à l’autre, il n’est pas simple de Recommandations

constituer un sous-groupe homogène. Par contre,

des fêtes, des activités centrées sur la musique et Serait-il possible pour certains résidents d’être

sur la danse ont rejoint plusieurs résidents, ce qui sur des plateaux de travail, de faire des tâches

s’avère déjà un succès. concrètes, comme de ramasser des pommes, et

d’être rémunérés pour leur travail ? Cela les

stimulerait et leur donnerait une valorisation au

plan social.

Nous devrions prendre le temps de considérer soit à la salle à manger, soit à la chambre du

la faisabilité de certaines activités, tel que jouer au résident, afin de limiter les dégâts reliés à la

hockey ou aller regarder une partie de hockey. nourriture un peu partout dans l’unité.



Nous pourrions exposer les œuvres que Niveau fonctionnel

produisent les résidents dans les activités. Nous Avec un certain recul, nous nous rendons

pourrions également faire des pots d’herbes salées compte que les valeurs d’autodétermination, de

avec nos fines herbes et les résidents pourraient participation et de respect de soi et des autres, ont

les vendre à leur famille et aux membres du guidé l’élaboration de notre code.

personnel.

Un seul résident a un code de vie très strict,

code dont il a besoin pour encadrer ses journées

Le code et ses comportements de trop grande proximité

et les procédures physique ; ce code relève en fait du simple bon

sens et sert à lui faire des rappels sur ce qui est

permis à l’unité.



Tous les éléments rattachés à la sécurité, tels

les portes et les armoires barrées, les caméras de

Niveau structural surveillance, l’accès à l’extérieur avec

Nous n’avons élaboré aucun élément à ce accompagnement, sont présents pour les

niveau avant l’ouverture de l’unité. résidents, mais également pour les membres du

personnel, à la fois comme contraintes et comme

Modifications apportées instruments de sécurité.

Rapidement, les événements nous ont amenés

Il a été nécessaire de préciser que les fenêtres

à élaborer des règles. En ce sens, nous avons

devaient rester fermées pour ne pas débalancer le

émis des règles concernant l’utilisation du fumoir

système en place.

pour les résidents ; un incendie nous a amené à

interdire les briquets et les allumettes sur l’unité ; et

Dû à des réactions des résidents et des

des accidents malheureux ont entraîné une

membres du personnel du centre d’hébergement,

surveillance beaucoup plus grande des petits

nous avons établi que toutes les sorties des

objets qui peuvent être abandonnés ou oubliés ici

résidents de l’unité devaient être accompagnées

et là. Un résident qui se plaisait à camoufler des

d’un membre du personnel.

objets interdits au retour de ses sorties nous a

obligés à installer une fouille systématique avant

qu’il n’intègre sa chambre. Constats

Aspects positifs

Des places à table ont été attitrées à la salle à Nous nous sommes rapidement adaptés à la

manger pour chaque résident ; cette stabilité a réalité que nous vivions et nous nous sommes

permis, en délimitant le territoire de chacun, de réajustés plutôt aisément, tout en conservant une

rassurer les résidents et, par voie de conséquence, grande souplesse.

de diminuer leurs réactions. Nous avons

également déterminé que le déjeuner ne serait Nous avons réussi à conserver une approche

plus servi après 10h00, afin de laisser un certain personnalisée et à n’imposer des règles que pour

écart entre les deux repas. Dans le même sens, ceux qui en manifestaient le besoin. Malgré les

nous avons établi que les collations se prenaient

règles, nous sommes en mesure de rester à Cet aspect de l’intervention n’avait pas été

l’écoute des personnes réfléchi avant l’ouverture de l’unité.



Aspects négatifs Niveau fonctionnel

Nous avons été réactifs plutôt que proactifs Mise en interaction

dans l’élaboration d’un code de vie pour les Nous nous sommes vite rendu compte que la

résidents. diversité des pathologies oblige à avoir des

moyens de mise en interaction très diversifiés.

Le vouvoiement, qui fait partie du code L’humour, et nous avons bien fait attention de ne

d’éthique, n’est pas respecté par tous les membres pas verser dans l’ironie et le sarcasme, s’est avéré

du personnel ; nos résidents étant parfois très un moyen important et passe-partout

jeunes, les gens ont facilement tendance à les d’intervention ; cela a permis de dédramatiser bien

tutoyer et à oublier les règles générales. Par des situations et de désamorcer des

ailleurs, nous nous apercevons que le comportements qui devenaient de plus en plus

vouvoiement permet de garder une distance agressifs. Les interventions sont d’emblée très

professionnelle, très utile lors des situations de différentes d’un résident à l’autre, chacun ayant

crise. son vocabulaire ainsi qu’un niveau de

compréhension et de capacité à mémoriser parfois

L’individualisation des règles et des procédures opposé à celui des autres.

demande une bonne capacité d’adaptation et de

mémorisation de la part des membres du De façon générale, comme nous ne sommes

personnel. pas toujours assurés de la compréhension des

résidents, nous nous servons beaucoup des

Les règlements sont parfois trop vagues, ce qui gestes pour leur faire voir ce que nous voulons ;

amène des difficultés au plan de l’application. même s’ils ne peuvent alors saisir toutes les

nuances de notre langage, ils peuvent procéder

Recommandations par imitation et reproduire ce qu’ils voient.

Le code et les procédures ne sont pas toujours

mis par écrit, ce qui est insatisfaisant à plusieurs Afin qu’ils se sentent interpeller, nous les

égards: cette situation laisse place à appelons directement par leur nom de famille. À

l’interprétation, entraîne le fait que les intervenants cet égard, nous nous questionnons actuellement

ne sont pas au courant de toutes les règles et sur l’utilisation des prénoms dans le cas des

amène des différences entre les intervenants, ce déficients profonds : comme ils se sont toujours

qui ouvre la porte au clivage et à l’incohérence. faits appeler par leur prénom et se sont fait tutoyer

Nous devrions donc écrire les différents éléments et que leur capacité d’apprentissage est limitée,

du code. nous réfléchissons à la possibilité de poursuivre

dans cette voie en ce qui les concerne.



Les moyens Le personnel tente de présenter sous forme de

jeu les tâches qui sont perçues désagréables ou

de mise en interaction qui répulsent les résidents, comme par exemple le

bain qui en incommode plusieurs.



Le groupe est rarement utilisé comme moyen

d’intervention, car il est à peu près inexistant. Par

Niveau structural contre, les membres du personnel essaient de

mettre les résidents en relation les uns avec les Les interventions se font par la personne la

autres, en faisant manger un résident par un autre mieux placée pour intervenir, celle qui a le plus de

ou en faisant danser ensemble deux résidents. possibilités d’avoir l’écoute du résident à ce

Cela donne parfois lieu à des scènes moment précis. Il n’y a donc pas de rigidité dans

particulièrement touchantes. l’application des différentes fonctions : chacun

utilise ses affinités et développe celles qui lui font

Les interventions des membres de l’équipe se défaut. C’est un peu plus difficile au début, mais

font surtout au niveau de la prévention. Ainsi, dès tout le monde est gagnant par la suite : cela

le moment de leur admission, nous tentons de permet un « petit quelque chose » de plus et

connaître ce qui irrite les résidents afin d’éviter de chaque membre du personnel sent qu’il peut

faire des rappels désagréables pour eux et nous mettre en pratique ses compétences.

essayons de savoir ce qui leur fait plaisir et les

motive, dans le but d’utiliser ces éléments pour Le regard est quant à lui un excellent moyen

susciter leur participation ; à titre d’exemple, un d’intervention pour certains résidents ; d’autres par

intervenant pouvait apporter ou cueillir des fleurs ailleurs ne s’en préoccupent pas, ne réagissant

pour qu’un résident puisse aller les porter au pied qu’à des interventions beaucoup plus directes.

de la statue dans la chapelle.

Nous axons nos interventions sur l’aide

Interventions opportune, c’est-à-dire que nous tentons d’aider,

Nous agissons bien souvent à l’inverse de ce à de désamorcer avant que la situation ne dégénère.

quoi les résidents sont habitués et, par le fait Nous essayons de dédramatiser en reformulant ce

même, nous les déstabilisons. que nous avons précédemment énoncé et qui ne

semble pas compris ; nous clarifions nos

Malgré les comportements agressifs des demandes car, parfois, les résidents attribuent à

résidents, il n’y a pas de gardien auquel le nos propos un sens que nous ne leur avions pas

personnel pourrait faire appel en cas de besoin ; il donné. D’un autre côté, nous les aidons à mettre

est par ailleurs possible d’avoir du renfort de la part des mots sur leurs émotions, afin de tenter de

des autres membres du personnel de l’équipe qui diminuer les comportements impulsifs.

vont venir aider si besoin est lors d’une

intervention. Cette situation n’était pas sans Les membres du personnel constatent qu’ils

soulever quelques craintes, surtout dans les répètent à de multiples reprises les mêmes

débuts ; jusqu’à maintenant par contre, nous avons consignes. Il leur est parfois difficile de répéter

réussi à mener nos interventions jusqu’au bout, pour la xième fois sans manifester de l’impatience

sans conséquence négative majeure. Le fait dans le ton de leur voix ; il devient alors nécessaire

d’intervenir dans tous les contextes nous a permis de se rappeler que les résidents sont en grande

de maintenir le lien avec les résidents qui réalisent difficulté et qu’ils ne comprennent pas dans le seul

qu’ils se doivent de nous écouter et que nous but de provoquer le personnel, mais plutôt parce

sommes autant capables de faire des interventions qu’ils ne sont pas en mesure de faire mieux.

de retrait, de partager des jeux et des activités que

de réaliser les activités de la vie quotidienne : c’est Nous utilisons la confrontation comme moyen

une même personne qui exécute la totalité de ces d’intervention, non pas l’affrontement, lorsque nous

tâches, comme le fait un parent avec son enfant. Il le jugeons opportun ; toutefois, nous portons une

est donc préférable pour le résident de prendre grande attention à ce moyen, le jugeant à risque

l’intervenant au sérieux car c’est lui-même, avec la de blesser émotivement les résidents, de les

collaboration de ses coéquipiers, qui poursuivra et intimider ou encore de les humilier. Nous

mènera l’intervention jusqu’au bout. constatons que nous nous en servons davantage

dans les situations où il y a eu du clivage entre les

membres de l’équipe: le résident est alors intéressante, tant par le travail préalable de la terre

confronté aux versions différentes qu’il a données. que par la récolte qui a suivi.



Les interventions de « plans de match », telles Nous avons réalisé plusieurs activités qui ont

qu’enseignées par le personnel de Louis-H. été d’un grand support pour les résidents. À ce

Lafontaine, ont appris aux membres de l’équipe le titre, nous pouvons mentionné l’utilisation d’un

travail de collaboration dans les situations de logiciel permettant de voir avec des couleurs les

crise ; elles sont régulièrement utilisées et fréquences cardiaques pour un résident qui avait

permettent de limiter la contamination entre les du mal à percevoir son corps ; un vidéo et des

résidents de l’unité, tout en restreignant les gestes photographies pour permettre à des résidents de

de colère. À cet égard, la mise en retrait en salle constater les progrès réalisés au plan physique ;

d’observation est utilisée ; par ailleurs, nous nous les rencontres dans le but de partager les

rendons compte que nous l’utilisons de moins en émotions ; les marches sur le terrain et dans le

moins, essayant de trouver d’autres solutions quartier pour certains résidents ; la préparation de

adaptées à chacun des résidents. Par contre, collation (salade de fruits, gâteaux, smoothies,…)

l’intensité de certaines réactions nous oblige à par des résidents pour partager par la suite le

nous en servir et nous ne prenons pas de risque produit de leurs efforts avec leurs pairs ; la

en refusant de l’utiliser. fabrication de cartes de vœux et de la piñata en

papier mâché ; la peinture de l’arbre de Noël et la

Tout en sachant qu’il est nécessaire de faire boîte aux lettres pour la St-Valentin ; les différents

attention face à certains résidents, nous nous pictogrammes pour identifier visuellement les

sommes beaucoup interrogés sur le toucher, pour locaux et les routines quotidiennes ; les odeurs de

en arriver à permettre ce qui est généralement parfum et de crème pour éveiller les sens ; et la

accepté en société. D’ailleurs, nous nous servons ligne du temps qui permettait d’identifier l’ordre

souvent de la proximité physique comme moyen d’arrivée de chacun des résidents à l’unité, donc

d’intervention et de prévention. de se situer par rapport aux autres et de mesurer

le temps depuis son admission.

Activités

Dans le but de leur faire réaliser des activités, Constats

nous essayons d’identifier les goûts et les affinités Aspects positifs

de chacun des résidents et d’y répondre dans la

Nous sommes très contents de constater que

mesure du possible. Nous devons également tenir

nous sommes généralement intervenus dans le

compte de leur rythme d’assimilation et de leur

respect de chacun des résidents et que nous

état ; ainsi, avant de présenter une activité à un

n’avons pas abusé du retrait en salle

résident, nous avons vite réalisé qu’il se devait

d’observation. En ce sens, malgré nos craintes, les

d’être au niveau 1 de la grille de Wilson si nous

interventions ont été peu répressives, mais plutôt

voulions lui faire faire des apprentissages, c’est-à-

axées sur la valorisation.

dire à son état optimal. Même si l’activité est

planifiée, il se peut donc qu’elle n’ait pas lieu, le

résident n’étant à ce moment-là non disponible à De façon générale, les tâches et activités sont

suivre la démarche. L’état peut changer très offertes aux résidents en tant que propositions:

rapidement. nous tentons de leur remettre le pouvoir que leur

permettent leurs capacités résiduelles. Nous

pouvons par ailleurs être plus directifs avec un

Le jardin, contigu à l’unité, nous a permis de

résident qui refuse toute activité ou toute tâche de

faire un potager avec les résidents intéressés à

la vie quotidienne.

une telle activité ; cela s’est avéré une activité très

Intervenir de la façon dont nous le faisons à Le système

l’unité est apprécié de chacun des membres du

personnel. Toutefois, cela exige certaines qualités de responsabilités

qui vont au-delà des compétences techniques de

chacun des titres d’emploi. Ainsi, nous considérons

que cette façon de faire demande une grande

capacité d’adaptation, de l’empathie, une bonne Niveau structural

dose d’humour, de la patience et de la créativité,

Peu de choses avaient été planifiées à ce

de la passion envers les résidents et son travail.

niveau avant l’ouverture de l’unité.

Cela exige aussi un esprit d’équipe, car il faut

s’apporter du support.

Modifications apportées

Recommandations Nous nous sommes vite aperçus que si nous

voulions que les choses se fassent, il fallait que

Il nous faudrait faire des décorations avec les

quelqu’un en prenne la responsabilité car, malgré

résidents, personnaliser leur chambre et leur

la bonne volonté de tous, si la responsabilité

environnement pour que l’unité leur ressemble

appartient à toute l’équipe, elle n’appartient à

davantage.

personne.

Tenter de faire avec eux des sorties extérieures

Nous avons précisé avec le temps que les

autres que médicales, tels des pique-niques, en

responsabilités tournaient autour de la

amenant quelques résidents, ce qui les

réadaptation, des activités, des soins, du bien-être

sensibiliserait à entrer en contact avec d’autres

des résidents en général et des relations avec les

personnes, à partager l’attention des intervenants

et à s’insérer graduellement dans la société. Les familles ; elles concernent les membres du

résidents se tolèrent parfois mieux les uns les personnel, mais peuvent également concerner les

autres, lorsque nous sommes seuls avec un petit résidents eux-mêmes.

groupe.

Niveau fonctionnel

Il est peut-être possible d’envisager faire des Résidents

activités communes avec des résidents des unités Une résidente a la responsabilité de faire elle-

spécifiques de type I et II. même les démarches au niveau de ses rendez-

vous médicaux et du transport pour se rendre à

Nous devrons chercher du matériel intéressant ceux-ci ; un autre a celle de laver la vaisselle dont

et sécuritaire pour nos résidents, dans le but de il s’est servi pour les repas ; plusieurs doivent laver

planifier des activités : sans matériel, il est plus leur linge, même si cela se fait parfois avec l’aide

difficile de réaliser des activités. du personnel.



Nous aimerions trouver d’autres façons de dire En fonction des habiletés et des intérêts de

que celles que nous avons actuellement (« un bras chaque résident, voici des responsabilités qui sont

de distance », « vous entrez dans ma bulle ») pour distribuées sur une base ponctuelle :

signifier aux résidents qu’ils doivent conserver une

certaine distance ; nous trouvons que nous  Vider le lave-vaisselle ;

répétons toujours la même chose et que cela  Arroser les plantes ;

devient irritant à la longue.  Nettoyer la cage de l’oiseau et donner de

l’eau fraîche et de la nourriture à ce

dernier ;

 Lors de l’organisation des fêtes :  S’assurer de remettre les clés à leur

préparer les cartons d’invitation et les place ;

petits chocolats, décorer l’unité ;  Faire respecter les articles de loi en

 Aider à préparer les collations spéciales ; lien avec les cigarettes et le fumoir.

 Faire du jardinage: semer, désherber,

passer la tondeuse manuelle ; Responsabilités reliées aux champs d’expertise

 Pelleter la neige. spécifique :



Le dosage du nombre de responsabilités à  Assurer un suivi des plaies ;

prendre et le respect de la décision ponctuelle du  Établir et maintenir le lien avec les

résident entraîne parfois des questionnements et familles ou le représentant du

des difficultés. Quand, par exemple, un résident résident ;

décide de ne rien faire, nous avons tendance à le  Voir éventuellement à une

laisser faire, mais il nous faut apprendre à relocalisation des résidents ;

déterminer la limite entre ce qui est obligatoire et  Coordonner l’évaluation de l’aptitude

ce qui peut relever du champ personnel de ou de l’inaptitude ;

décision, ce qui n’est pas toujours aussi simple  Consulter les lois, les programmes

que cela en a l’air. sociaux et les services

gouvernementaux pertinents.

Membres du personnel

En tant qu’équipe, nous avons la responsabilité Comme équipe multidisciplinaire, nous avons la

de nous assurer d’être équitable envers tous et responsabilité de consulter les collègues, de

chacun des résidents. partager nos observations avec les autres

membres de l’équipe et de chercher des

Nous devons maintenir à jour nos ressources en externe si nous ne pouvons

connaissances, afin de ne pas échapper aucune répondre aux besoins identifiés par nos propres

possibilité de réadaptation par ignorance. moyens.



Certaines tâches appartiennent à des individus Constats

en tant que responsabilités spécifiques, alors que De façon générale, les gens se font confiance

d’autres relèvent de l’ensemble des membres du par rapport au respect des responsabilités.

personnel. En voici quelques-unes :

Aspects positifs

 Exercer une surveillance étroite du

Nous avons dû être créatifs au plan des

jardin et des différentes pièces de

responsabilités, afin d’en trouver qui s’adaptaient à

l’unité ;

différents niveaux de capacités des résidents.

 Commander les médicaments,

crayons… ;

Aspects négatifs

 Mettre des feuilles vierges dans les

différentes sections des dossiers ; La responsabilité de compléter le cahier

 Rédiger les notes aux dossiers ; d’élimination intestinale est trop souvent mise de

 Faire les plans de soins et les plans côté : les membres du personnel disent en saisir

d’intervention ; l’importance, mais le cahier n’est pas toujours

 Garder l’unité propre et en ordre ; rempli, ce qui a un impact majeur sur l’humeur et

 Vérifier le verrouillage des portes les comportements agressifs des résidents. Un peu

extérieures ;

dans la même veine, le personnel n’a pas Il nous faut aussi prendre le temps de connaître

tendance à écrire dans le rapport quotidien. les personnes, résidents et membres du personnel,

avant de leur remettre des responsabilités. Cela

La pression et les attentes envers les membres devrait se faire dans le respect des capacités de

de l’équipe sont grandes en ce qui a trait aux chacun.

responsabilités et cela est perçu davantage en

provenance de l’extérieur de l’unité ; cela s’ajoute à Cela nous aiderait de déterminer les quotas au

la pression et aux exigences que le personnel se niveau des commandes de la cuisine, des culottes,

donne lui-même face à l’unité et les résidents. de la lingerie et des crayons.

L’ensemble génère donc beaucoup de stress, car

tous veulent que l’unité fonctionne, qu’elle Il devrait y avoir un partage de responsabilités

fonctionne de façon satisfaisante et même en lien entre les membres de l’équipe au niveau de

avec une pratique exemplaire. certaines tâches comme les multiples photocopies,

les commandes de cigarettes… Cela revient

Il est très difficile de trouver des ressources à toujours aux mêmes personnes, comme si elles

l’externe pour nous épauler dans la réponse à étaient les seules concernées par ces tâches.

certains besoins des résidents : les

comportements de ces derniers font peur et Avec le temps, nous sommes un peu moins

amènent plusieurs intervenants à refuser de nous vigilants face à la circulation des briquets et à la

aider. surveillance des trousseaux de clés, ce qui ne

devrait pas être le cas.

Certains résidents sont oubliés à ce niveau ;

cette situation rend la vie plus facile pour eux et Les membres de l’équipe sentent le besoin

moins exigeante pour le personnel, car nous d’avoir plus de support, car les responsabilités

n’avons pas à les amener à faire leurs deviennent trop nombreuses (rendez-vous

responsabilités, mais ce n’est toutefois pas aidant médicaux, cohérence sur les trois quarts de

pour eux. travail…) : il y a tout à faire et tous les postes ne

sont pas encore pourvus, ce qui augmente la

En fin de compte, la responsabilité des tâches charge individuelle de ceux qui sont actuellement

non comblées ou non remplies revient à en poste.

l’infirmière, ce qui ne devrait pas être le cas,

puisque c’est la responsabilité de tous. Tous les intervenants devraient se

responsabiliser face aux interventions ; il nous

Recommandations faudrait mettre en place plus d’outils et de

formulaires pour bien suivre l’évolution des

Les résidents que nous accueillons à l’unité ont

difficultés et du cheminement des résidents, et

essayé une panoplie de choses avant d’être admis

prendre la responsabilité de les consulter par la

à l’unité ; il nous faut tenir compte de leur

suite.

cheminement, ce qui n’est pas toujours fait. Il est

nécessaire de se rappeler qu’ils ont vu plein de

gens et tenté une multitude de démarches avant

d’arriver ici. Nous devons être très vigilants à ce Les ressources

niveau, car cela reste fragile: nous perdons parfois

de vue d’où ils viennent.



Nous devrions laisser un plus grand espace de Caractéristiques

décision aux résidents en termes de responsabilité.

Pour l’unité spécifique de type III, les modalités d’encadrement adapté à leur état et

ressources extérieures sont constituées des leurs besoins.

professionnels et gens de métier qui ne font pas

partie intégrante de l’équipe interne de l’unité. Après beaucoup de réassurance, nous avons

pu avoir accès à la coiffeuse de Rousselot.

Niveau structural

Le médecin psychiatre est à peu près le seul Niveau fonctionnel

spécialiste pour lequel les services étaient prévus ; La psychiatre, qui était dans les faits une

celui-ci devait provenir de Louis-H. Lafontaine, ce omnipraticienne avec privilège en psychiatrie et qui

qui fut le cas. Toutefois, nous avons dû attendre un avait au point de départ neuf heures de présence à

certain temps avant d’avoir ses services. l’unité incluant un temps de rédaction, ne vient

plus. Elle est remplacée par un psychiatre que les

Modifications apportées résidents vont consulter au besoin à la clinique

externe de Louis-H. Lafontaine. À l’occasion, ce

Les cliniques externes de Louis-H. Lafontaine

dernier se déplace pour venir rencontrer un

répondent à nos principales demandes de

résident de l’unité.

médecins spécialistes ; par ailleurs, à certaines

occasions, nous avons fait appel à des

professionnels issus de la communauté. En effet, Il faut saisir que la situation n’était pas simple

nous nous sommes rendu compte que pour entre deux omnipraticiens qui ont tous deux

certains résidents qui avaient vécu à Louis-H., le l’habitude de prendre chacun l’entière

simple fait d’y retourner, ne serait-ce que pour une responsabilité des soins de leurs patients, de se

courte visite, réveillait la crainte d’y être abandonné positionner l’un, dans son rôle d’omnipraticien et

et de devoir y vivre à nouveau, ce qui déclenchait l’autre, dans un rôle de consultant ; les

des comportements d’agressivité. Lorsque la divergences de point de vue et les heurts dans le

situation était possible, nous avons donc cherché quotidien ont vite ressurgi, jusqu’à devenir difficiles

les professionnels dans la communauté, ce qui à vivre et rapidement intolérables. De plus, le fait

évitait, pour certains résidents, d’être associés à la de devoir prendre possession de l’espace du

maladie mentale et, pour d’autres, de faire un résident avant d’intervenir constituait pour la

retour au passé avec tous les fantômes que celui- psychiatre, selon son point de vue, un

ci réveillait. ralentissement inefficace dans la gestion de son

temps. Elle considérait qu’elle perdait trop de

temps à se faire accepter dans l’environnement

Nous avons dû avoir recours à un optométriste,

personnel des résidents. Enfin, nous avons eu des

un physiothérapeute, un dentiste, un

difficultés à entendre des diagnostics posés après

denturologiste, une couturière et un podiatre. Un

n’avoir vu le résident que quelques minutes, dans

résident reçoit les services d’un entraîneur privé et

un contexte où il n’était pas très à l’aise. Toutes

un autre ceux d’un éducateur privé pour

ces raisons ont amené son départ.

l’accompagner lors des sorties avec sa mère. Trois

résidents, qui relèvent du secteur de la déficience,

continuent d’être en lien avec le psychiatre qui les De notre côté, nous trouvons qu’une

suivait auparavant au Centre hospitalier de Rivière- disponibilité de neuf heures en psychiatrie est

des-Prairies. nettement superflu.



Un psychologue externe, spécialisé en Le suivi en externe, même dans le cas d’un

déficience intellectuelle, est venu évaluer les suivi pour une intervention chirurgicale, s’est avéré

capacités et le fonctionnement de nos deux extrêmement difficile, car il fallait qu’en plus de

résidents déficients profonds, afin de proposer des planifier le transport, transport où nous devions

être seuls dans le véhicule pour éviter les Constats

situations d’agressivité, organiser la présence de

Aspects positifs

deux intervenants, capables de contrôler le

résident. Il fallait de plus limiter le plus possible les De plus en plus, nous avons l’autorisation

temps d’attente dans lesquels le résident était d’utiliser certains services du centre

susceptible de se désorganiser et de poser des d’hébergement Rousselot. Ainsi, nos résidents

gestes agressifs. vont régulièrement chez la coiffeuse malgré les

craintes que certains peuvent susciter ; une

Nous avons eu énormément de difficulté à bénévole vient porter les cigarettes à l’unité ; le

mettre en place des liens avec des ressources personnel des services techniques éprouve moins

extérieures. La plupart du temps, les gens de peur à venir faire des travaux ; il y a une

craignaient de faire affaire avec notre clientèle et ouverture du comité des résidents pour que nos

d’autres refusaient de venir ou de nous recevoir, résidents participent aux loisirs ; il y a eu une

sous prétexte que nous étions dans un centre collaboration avec Rousselot et Lucie-Bruneau

d’hébergement ; ainsi, à de multiples reprises, pour l’entretien de certains fauteuils roulants ainsi

nous n’avions même plus de retour d’appel à partir que pour les cliniques de positionnement ; nos

du moment où nous avions expliqué notre contexte résidents ont reçu de la part du comité des

particulier de clients agressifs résidant en centre résidents des chocolats à Noël, chocolats qui ont

d’hébergement. Ces situations se sont avérées été directement livrés à l’unité ; et nous avons reçu

pénibles à vivre pour le personnel et ont été du service des loisirs des décorations de Noël. Il y

décourageantes : nous avions l’impression de a de plus une plus grande tolérance face au fait

passer notre temps à chercher et à essuyer des que nos résidents circulent dans les corridors et

refus pendant que nous continuions à être encore sur le terrain du centre d’hébergement, voire même

confrontés aux besoins des résidents. dans certains cas une réelle acceptation. Tous ces

éléments nous font voir que les relations avec le

Certains membres du personnel ont personnel et les résidents du centre

l’impression que nous serions peut-être moins d’hébergement s’améliorent nettement.

confrontés à de telles difficultés si nous étions

établis dans un centre de réadaptation plutôt que La couturière vient prendre les mesures à

dans un centre d’hébergement ; nous sommes l’unité même, avant de réaliser les vêtements et

vraiment différents des autres unités, incluant les parvient à les coudre en deux jours, plutôt que les

unités spécifiques, et nous sommes peu six mois nécessaires à une autre compagnie. Il faut

nombreux, ce qui nous amène à être exclus. Les préciser la difficulté de trouver une telle couturière,

problèmes de santé mentale et les troubles de car le tissu se doit d’être indéchirable et les

comportement sont tous les deux des sujets coutures nécessitent une machine particulière et

tabous, ce qui nous occasionne des difficultés et un fil spécialisé, beaucoup plus résistant, car les

nous amène à vivre le syndrome « pas dans ma résidents concernés ne doivent pas être capables

cour » chez plusieurs des partenaires dont nous de défaire les coutures de leurs vêtements (les

aurions besoin. coutures habituelles se font défaire en quelques

minutes seulement). Une telle ressource est à peu

Nous commençons à peine à faire participer près inexistante dans la communauté.

nos résidents à des activités dans la communauté,

ce que nous trouvons par ailleurs particulièrement Les membres du personnel de l’unité ont

intéressant. Ainsi, un résident va régulièrement à la apprécié le suivi assuré par la directrice de l’unité

bibliothèque municipale et d’autres se rendent à au sujet des multiples demandes faites : ils ont eu

l’occasion au dépanneur et à la pharmacie. l’impression de ne pas avoir été oubliés et ont

particulièrement aimés être consultés.

Aspects négatifs l’unité se fait dire que nos résidents prennent une

L’ensemble des démarches pour trouver des trop grande quantité de nourriture, ce qui ne nous

ressources à l’extérieur de l’unité est extrêmement apparaît pas être le cas, car plusieurs sont dans la

pénible ; cela prend énormément de temps, vingtaine et mangent nécessairement plus qu’une

occasionne des délais et procure une lourdeur personne âgée ; nous nous faisons aussi reprocher

incroyable pour, finalement, très peu de résultats. de faire des demandes qui sortent de l’ordinaire,

Notre clientèle n’est pas connue et fait peur, ce qui soit pour des aliments que les jeunes aiment et qui

donne comme résultats qu’elle ne peut pas aller ne se retrouvent pas sur les menus des centres

n’importe où et qu’elle n’est pas, non plus, d’hébergement, soit pour le matériel nécessaire

acceptée n’importe où. De plus, nous avons à pour réaliser des activités de cuisine.

prouver notre compétence et notre sens des

responsabilités ainsi qu’à démontrer notre Nous nous faisons répondre que nos résidents

crédibilité auprès de nos partenaires éventuels. n’ont pas accès aux services de la pastorale, le

Certains membres du personnel ont l’impression temps de ce professionnel étant réservé aux

de travailler à contre-courant par rapport à ce qui personnes du centre d’hébergement. Pourtant,

avait été annoncé avant l’ouverture de l’unité ; ils nous avons plusieurs résidents pour qui la vie

avaient compris que les ponts avec l’extérieur spirituelle est importante. Le personnel va

seraient établis au préalable et que toute cette régulièrement à la chapelle avec certains d’entre

mécanique serait simple, ce qui est à l’opposé de eux, mais ils ont des préoccupations qui

ce que l’équipe vit au quotidien. demanderaient des rencontres plus

personnalisées.

Le personnel constate avec regret que certains

intervenants viennent travailler ou rendre des Recommandations

services au personnel ou aux résidents de l’unité Il n’y a pas de corridor de services avec le

et déblatèrent par la suite sur ce qu’ils y ont vu ou centre hospitalier Maisonneuve-Rosemont et

entendu ; cela s’avère particulièrement démotivant pourtant, nous avons assez souvent besoin de

pour le personnel, certains commentaires entendus leurs services puisqu’ils sont à proximité de l’unité ;

faisant énormément de peine. cela pourrait être aidant qu’il y en ait.



Le personnel de l’unité considère que la vie des De l’aide technique serait très utile pour nous

résidents déficients est en danger, dû au fait que supporter dans l’ensemble des démarches que

les murs de leurs chambres ne sont pas nous avons à faire: tout est à construire et à

matelassés. Ils se font de plus en plus mal en se chercher, ce qui prend un temps fou.

frappant la tête sur les murs et les planchers.

L’ergothérapeute pourrait peut-être nous aider à

Il est très difficile d’avoir des bénévoles en planifier des activités physiques ou manuelles pour

santé mentale, ce qui nous donnerait pourtant un certains résidents.

grand coup de pouce.

Il serait intéressant de faire des démarches afin

Plusieurs insatisfactions se font sentir face au d’identifier un endroit où nos résidents pourraient

service alimentaire. En ce sens, nous sommes aller se baigner et faire de l’exercice ou des sports,

particulièrement déçus de ne pas pouvoir utiliser car ils sont jeunes et ont de l’énergie à dépenser.

notre chariot alimentaire pour la nourriture en vrac ;

nous n’avons pas les services d’une nutritionniste Nous devrions également explorer la possibilité

et nous avons dû en rechercher une de façon d’avoir des activités telles la zoothérapie, la

urgente, ce qui n’a pas été simple ; le personnel de

musicothérapie ou Dr Clown sur l’unité. Cela L’évaluation en vue de l’agrément n’a pas été

rejoindrait probablement certains résidents. quant à elle planifiée au moment de l’ouverture de

l’unité, mais elle s’est annoncée aussitôt la mise en

Certains membres du personnel notent qu’il place de l’unité, l’ouverture s’étant faite en février

serait utile d’avoir un support psychologique 2008 et la visite en vue de l’agrément se faisant en

régulier sur l’unité, dans le but de pouvoir ventiler avril 2008. Cela a forcé les intervenants alors

les émotions. Il est noté la disponibilité du présents à réfléchir sur l’organisation et les

programme d’aide aux employés, mais certains interventions et à évaluer ce qu’ils mettaient en

trouvent que cela correspond plus à un besoin place.

individuel, alors que l’équipe ressent actuellement

le besoin de partager, en équipe, le sentiment de Niveau fonctionnel

lourdeur qui est vécu à l’unité, la culpabilité de se

Au plan de l’évaluation

sentir impuissant, les interventions qui provoquent

le clivage entre les membres du personnel et de À deux reprises, nous avons eu recours au

faire un retour sur les crises auxquelles les gens comité d’éthique du CSSS, afin de nous aider dans

sont confrontés. des interventions dont nous n’étions pas certains ;

nous apprécions avoir été capables de s’ouvrir à

Le personnel de l’équipe aimerait que les rôles d’autres points de vue que le nôtre.

entre les directeurs de Rousselot et celui de

Jeanne-Le Ber soient précisés, car il est parfois L’évaluation des capacités cognitives de

difficile de préciser ce qui revient à l’un et ce qui chaque résident est commencée, ce qui va nous

relève de l’autre. permettre d’avoir une meilleure idée de ce qu’ils

sont en mesure de saisir.



Le système d’évaluation Une évaluation du travail des membres de

l’équipe se fait continuellement, afin de revoir ce

et de reconnaissance qui est satisfaisant, ce qui est oublié ou mis de

côté comme tâche ou comme intervention

souhaitable. Dans le même sens, des suivis se font

par rapport aux interventions qui sont tentées, à

l’organisation du travail qui est mise en place ainsi

qu’à la répartition des différentes tâches entre les

Niveau structural

membres du personnel.

Avant même l’ouverture de l’unité, un projet

d’évaluation de l’unité a été mis en place. Au plan de la reconnaissance

L’Agence de la santé et des services sociaux de

Tout au long du cheminement de l’unité durant

Montréal a abordé plusieurs chercheurs et tenté de

cette première année d’existence, plusieurs

les intéresser à la mission de l’unité spécifique de

éléments ont été mis en place pour souligner et

type III dans le but d’y faire de la recherche.

récompenser les progrès des résidents ainsi que

Plusieurs d’entre eux ont mentionné leur intérêt

les réalisations des membres du personnel.

face au projet, mais tous se sont désistés en

prétextant leur manque de temps. Finalement,

après quelques rappels échelonnés dans le temps, En ce qui concerne les résidents, plusieurs

l’Agence a cessé de réitérer sa demande moyens de reconnaissance sont accordés, chacun

d’évaluation. en lien avec les difficultés du résident et ce qui

représente pour lui une satisfaction

supplémentaire, capable de le motiver à faire des

efforts. Ainsi, pour l’un ce fut de mettre en place

une rencontre avec son travailleur social dans un tâche et en mesure de donner des réponses

restaurant à l’extérieur de l’unité ; pour un autre de précises aux résidents.

mettre du parfum après sa douche afin qu’il

ressente encore plus de bien-être une fois lavé ; un Nous avons été capables de réévaluer nos

autre, de lui remettre une cigarette rencontres d’équipe et de diversifier les rencontres

supplémentaire ; des applaudissements ; des (d’équipe, interdisciplinaire, révision de plan de

étoiles de papier à conserver qu’il peut colorer, soins, révision de plan d’intervention et ouverte sur

accumuler et, par la suite, échanger contre un les résidents qui nous préoccupent). Dans cette

privilège quelconque ; des sorties dans le quartier ; ligne de pensée, le personnel se sent à l’aise de

l’achat de boissons gazeuses ou de chocolats au demander des réévaluations lorsque les

dépanneur ou dans la salle à manger de observations faites sur le terrain ne correspondent

Rousselot ; un encouragement verbal et, comme pas aux contenus des évaluations ou lorsqu’il y a

l’information se passe entre les membres du de nouveaux comportements.

personnel, les félicitations se font répétitives ; les

photographies de différentes situations affichées Les plans de soins et les plans d’intervention

dans le corridor, ce qui permet à tous de les voir, sont élaborés et évalués en complémentarité avec

d’en parler et de souligner les aspects positifs et tous les membres du personnel.

les progrès.

Nous faisons une évaluation plutôt positive du

Pour ce qui est du personnel, une « boîte aux fonctionnement actuel de l’unité. Ainsi, nous

bons coups » a été constituée dans une période où constatons que plus les membres du personnel

le personnel commençait quelque peu à déprimer, agissent de la même façon, plus cela devient

afin de souligner les réussites, les bonnes idées sécurisant pour les résidents. De plus, tous les

ainsi que les petites trouvailles au plan des membres du personnel peuvent intervenir auprès

interventions. Dans la même ligne de pensée, les d’un résident, car il n’y a pas de chasse gardée

membres de l’équipe ont porté une attention (« c’est mon résident »).

particulière à se partager les trucs trouvés par l’un

ou l’autre des membres du personnel. Depuis quelque temps, nos résidents sont

acceptés aux activités de Rousselot, par exemple

Quelques éléments ont constitué des moments au bingo ou à la fête tropicale et, de plus en plus,

particuliers de reconnaissance ; à cet égard, nous nous sentons que les dents se desserrent par

avons reçu des commentaires très touchants de rapport aux marches que nous prenons sur le

membres de famille, l’évaluation consécutive à la terrain du centre d’hébergement avec nos

visite de l’agrément ainsi que la présence du résidents et à nos visites avec certains d’entre eux

directeur général et des autres directeurs à la fête à la chapelle. Tous ces changements apparaissent

anniversaire de l’unité. Tous ces moments ont été comme étant encourageants face à l’avenir.

une grande source de reconnaissance pour les

membres du personnel. Aspects négatifs

Nous constatons que nous soulignons surtout

Constats aux résidents leurs comportements négatifs et que

Aspects positifs nous leur témoignons peu notre appréciation. La

structure de l’unité apparaît lourde à certains

Les membres du personnel connaissent bien

membres du personnel pour témoigner de la

les résidents et font une bonne évaluation de leurs

reconnaissance aux résidents. La discussion

comportements et de leurs capacités ; ils sont

permet de réaliser que l’évaluation et la

intéressés à collaborer, conscientisés face à leur

reconnaissance ont été mises de côté dans notre permettrait d’apporter des modifications pour la

organisation de l’unité. prochaine fois et ainsi améliorer le fonctionnement

de l’unité.

De la même façon, nous constatons que nous

travaillons peu sur l’estime de soi des résidents: Il serait intéressant qu’environ une fois par

nous travaillons à maintenir les choses en place, mois, nous puissions faire le point sur chacun des

mais non pas à augmenter leur estime d’eux- résidents et, entre autres, revoir de quelles

mêmes, ce qui nous amènerait à intervenir manières nous leur témoignons notre

davantage au niveau de la prévention plutôt qu’au reconnaissance.

niveau de la réaction à un comportement.

Les éducateurs devraient donner des comptes

La perception que Rousselot a de notre rendus concernant l’évolution des comportements

clientèle et de notre travail est difficile à vivre ; des résidents, où ils sont rendus, ce vers quoi ils

nous entendons souvent le commentaire que nous s’en vont au moment des rapports lors des

ne faisons rien de plus que dans un CHSLD, donc changements de quart. Cela permettrait aussi au

que nous ne devrions pas avoir autant de reste de l’équipe de savoir ce qu’ils font comme

ressources et de personnel. Le jugement fait mal professionnels.

et enlève le goût de créer des liens ; de plus, cela

met une embûche supplémentaire, car la première Faire des évaluations objectives et compiler des

communauté à laquelle nos résidents pourraient observations, afin de ne pas rester sur notre

s’intégrer est celle de Rousselot, à cause de la dernière impression, mais avoir plutôt un portrait

proximité physique et nous ne sentons pas qu’ils global des comportements des résidents.

sont les bienvenus.

Nous devrions souligner davantage aux

Les membres du personnel constatent qu’ils résidents leur progrès et leurs bons coups.

réagissent plus à des situations de crise, plutôt que

de travailler à les prévenir, ce qui les diminuerait. Il serait important que nous ayons plus de

Dans le même sens, ce qui pourrait être fait de discussions cliniques.

plus pour un résident, le « petit surplus » qui

pourrait faire une différence n’est pas suffisamment Il nous faudrait tous travailler, le personnel de

recherché, tel le fait, par exemple, de visiter le l’unité ainsi que le personnel de Rousselot, à une

quartier chinois pour un asiatique. meilleure acceptation mutuelle.



Recommandations Nous nous apercevons que nous avons plutôt

Tous s’accordent pour dire que nous devrions tendance à stimuler les résidents qu’à les

nous auto-évaluer de façon plus régulière et plus valoriser ; nous voulons mettre dorénavant l’accent

en profondeur, mais aussi en fonction d’objectifs sur la valorisation.

plus réalistes : nos objectifs sont actuellement la

perfection, rien de moins, ce qui nous met des Devrait-il y avoir un comité des résidents des

exigences beaucoup trop élevées. Notre remise en unités spécifiques afin que nos résidents soient

question devrait par conséquent se faire sur une rejoints ?

base continuelle.



Il nous faudrait faire une évaluation plus

systématique après les fêtes, les situations de

crise ou autres moments particuliers, ce qui nous

ÉVALUATION GLOBALE

ANALYSE

RECOMMANDATIONS

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES



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