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					         ARTICLES et CONFÉRENCES

                  1) Corps et Toucher
               Plaidoyer pour le toucher
                Le toucher, appel à être
                  Au pays du toucher
    Le toucher, véhicule des voyages en pays subtils
                  A l'école du toucher
            Mon corps reflète ce que je suis

               2) Techniques de Détente
           Massages, comment s'y retrouver
              A la découverte du massage
            Coconing, le massage californien
         Vibrer à deux, la relaxation coréenne

                 3) Techniques Orientales
                 Massages à la chinoise
           Do it yourself, l'automassage doin
        Do in, l'automassage à la portée de tous
              Mal au dos, shiatsu, bravo!

                      4) Reflexologies
         Parle à mes pieds, ma tête est malade
     Des pieds qui parlent, la réfléxologie plantaire
Massages réflexes, les étranges ressources de notre corps

                   5) Toucher et Energie
       Reiki, l'énergie cosmique entre vos mains
        Rechargez vos batteries, le magnétisme

                            ***
                                    1 ) Corps et Toucher


                              PLAIDOYER POUR LE TOUCHER


"Ne touche pas ! l'odieuse injonction qui retentit cent fois par jour aux oreilles de l'enfant,
fait de lui un aveugle, un chien sans flair errant tristement dans un monde où tout est enfermé
dans des vitrines. Les compensations qu'on lui offre sont rares et maigres. Le bébé peut
encore pétrir à pleines mains le sein qu'il tête. Plus tard, perché sur le bras de papa, il ne se
fait pas faute d'enfoncer ses petits doigts dans la bouche. Mais ensuite, il ne lui reste plus que
la pâte à modeler, le pâté de sable,..." Michel Tournier.
Que de désirs d'exploration frustrés, le goût de l'aventure et de la découverte castré, le plaisir
du contact et la sensualité diminués pour une société de plus en plus aseptisée et désincarnée.
Et plus tard, tant de gestes retenus, maladroits ou stéréotypés dans les relations affectives ou
sexuelles, tant cette injonction a pris racine dans les profondeurs de l'inconscient. Tant
d'élans avortés, la peur de ne pas être reconnu-accepté-aimé est là tapie, insidieusement
distillée par une éducation qui privilègie le mérite au détriment de l'acceptation.
"Je t'aime si tu es comme je veux, si tu fais ce que je veux. Je t'aime si tu m'aimes". La
perversion relationnelle est là. Elle inscrit l'amour et son corollaire naturel, le toucher, dans le
cadre punition-récompense. Elle en fait une valeur marchande et enferme l'homme dans sa
solitude, le coupe, l'isole, autorise toutes les justifications et toutes les atrocités. Les corps
sont là, qui crient leur souffrance et leur besoin, dernier îlot de résistance, esclaves négligés,
meurtris, au point qu'il faudra les apprivoiser pour leur faire croire à la liberté. Leurs
occupants font la sourde oreille tout occupés qu'ils sont à croire qu'ils peuvent encore gagner
à ce jeu du "est-ce que tu m'aimes ? Moi non plus" faussé dès le départ.
La main ne ment pas. Dans la relation, elle traduit la vérité de l'échange. "Une main froide
me gêne, une main humide me répugne, une main saccadée m'irrite, une main chaude et
souple qui presse la mienne du contact de sa paume m'inspire une confiance et une sympathie
subite" témoigne George Sand.
Le toucher est un acte d'amour inconditionnel, au delà des préférences et des jugements. Il
s'adresse à l'Etre au travers du corps. Au passage, il bouscule la personnalité, les
arrangements avec soi-même, les compromis avec les autres. Il remue-ménage pour
permettre à l'appel de l'Etre de se frayer un chemin. Il déniche les émotions refoulées, les
expressions retenues, là où l'élan de la vie s'est enkysté dans les attitudes toutes faites, les
réactions conditionnées et les noeuds du corps.
Le toucher ouvre entre deux être un espace de ressenti partagé car il permet de pénétrer la
réalité de l'autre au delà de la séparation des corps. Il affirme l'identité entre les êtres humains
de la chair et sang qui me permet de sentir le corps de l'autre comme je sens le mien, de
transcender les limites de l'Ego identifié au corps. Reconnaissance de l'Etre chez l'Autre par
l'Etre en Soi dans la joie de se retrouver, Soi avec Soi, abolition de l'espace et communion.
Et pour terminer cette éloge de la main d'Henri Michaux dans « Poteaux d'angle
» :
"Inouïes dans le règne animal, les mains, ces instruments d'affection et de douceur, qui mieux
que n'importe quoi donnent des caresses.
Aussi les animaux qui acceptent de la laisser faire (la main) ne redeviennent plus eux-mêmes,
sauf toutefois les félins qui en temps voulu savent reprendre la vie aventurière. D'autres
animaux en pourrissent même, de cette affection. Habitués, ils ne peuvent plus s'en passer.
Vivre sans caresses leur est devenu intolérable. Irremplaçable main.
Par là, par cette possibilité particulière de caresse (tandis que la main du singe, du castor et
d'autres petits rongeurs reste dure, calleuse, désagréable ou indifférente), cet être agressif,
impatient et calculateur qu'est l'homme a une sorte de prédestination à la douceur et à
l'affection... Les enfants si on les laissait faire caresseraient des loups, des panthères. Cette
singularité, mal mêlée à leurs autres inclinations, indiquerait pourquoi, malgré de bonnes et
parfois très bonnes intentions, les hommes dans l'ensemble sont brouillons et - peuples aussi
bien qu'individus - restent des instables à qui on ne peut longtemps se fier.
Dans la main, plus de tendresse que dans le coeur et dans le coeur plus que dans la conduite.
Ce serait avant tout la main qui, l'ayant fait également manipulateur, fouilleur, chercheur,
artisan, ouvrier, étrangleur... et joueur, aurait rendu l'homme si particulièrement
inconséquent... et diablement divers.
Mais alors ? Si elle est réellement à la base, il faudrait bien y revenir, la traiter à part, sans
gymnastique toutefois ni mudras. Elle n'a été que trop endoctrinée et tournée vers l'utile.
Trouve « ses gestes », ceux dont elle a envie et qui seront « ses »
gestes pour te refaçonner. Danse de la main, observes-en les effets immédiats et lointains,
capital, surtout si tu ne fus jamais homme à gestes. C'est cela qui te manquait et non pas ce
que vainement tu cherchais au dehors, en études et compilations. Indéfiniment reviens à la
main".
Jean-Louis Abrassart
Paru dans Recto-Verseau



                                LE TOUCHER, APPEL A ETRE
                          Un entretien avec Jean-Louis ABRASSART
Nouvelles Clès : Il aurait pu faire "carrière" en sortant diplômé d'une grande école
d'ingénieur, mais il a préféré répondre à un appel de l'essentiel, suivre un chemin de
recherche spirituelle. Depuis quinze ans, Jean-Louis Abrassart enseigne différentes
disciplines du toucher. Jean-Louis Abrassart, comment, lorsqu'on sort de l'Ecole Centrale
d'ingénieur, devient-on animateur spécialiste du toucher?
J.L. Abrassart : Avec le recul, ce qui me reste surtout, c'est le sentiment qui resurgissait
régulièrement d'avoir quelque chose à faire, à exprimer d'une manière personnelle. Un
profond sentiment d'insatisfaction, de manque. Tout en ayant suivi des études scientifiques,
je n'ai pas trouvé dans le métier d'ingénieur suffisamment de réponses à ce que j'appellerai
maintenant mon "anxiété" intérieure de jeunesse. Les questions philosophiques que posent la
recherche scientifique me passionnaient, l'aspect technique me rebutait. Déception aussi de
l'engagement politique des années 70 quand je me suis rendu compte qu'il menait soit à la
violence, soit à la compromission. C'est le yoga que j'ai découvert à 17 ans qui a noué mon
premier contact avec le corps, puis la rencontre avec les tibétains où j'ai trouvé pour la
première fois, une manière d'être que je reconnaissais. Toucher et psychothérapie sont venus
ensuite.
NC : Dans la préface d'un de vos livres, Léandre Cochetel parle de vous comme d'un prêtre
du corps?
JLA :A 12 ans, un moment j'ai voulu être prêtre alors que ma famille est plutôt de gauche.
Prêtre du corps, c'est le corps comme mystère, mystère de ma vie, de ma présence sur terre.
Le corps comme Entre-Deux, entre la naissance et la mort, entre Terre et Ciel, entre ombre et
lumière, arche d'alliance. Prêtre du corps évoque pour moi une spiritualité enracinée dans la
vie, vécue dans et par le corps.
NC : En quoi est-ce important dans notre monde de développer le toucher ?
JLA : Que serait un monde sans le toucher? Solitude, isolement, séparation. Le toucher
donne la place première aux sensations, au ressenti, à la subjectivité, et par là il contrebalance
notre monde analytique. Le toucher est impressionniste, poétique. Il donne corps à
l'expérience, chair aux mots, consistance à la vie. Il est aussi mouvement vers l'autre, une
symbolique de l'échange - donner/recevoir - une mise en scène du jeu relationnel, le reflet de
la façon dont nous avons été aimés et dont nous aimons.
Toute notre histoire relationnelle est inscrite dans notre corps et elle est réactualisée par
chaque toucher. Enveloppement sécurisant de la mère et pression confrontante du père, par le
toucher, chacun établit sa place, se fonde un territoire et apprend à gérer sa distance avec les
autres. Enfin, le toucher atteint l'archaïque en nous, il en appelle à notre mémoire cellulaire,
chair contre chair, réaffirmation de la présence du désir de vie. Il réactive notre lien avec
l'univers, notre participation à une conscience-énergie globale. Il abolit la séparation,
reconnaissance de l'Etre en soi, communion des corps, antidote de la Tour de Babel. C'est
pourquoi le toucher a toujours été un outil privilégié d'aide à la guérison et à l'évolution
intimement reliée à la spiritualité, par exemple la tradition de l'imposition des mains. Comme
la spiritualité, le toucher pose le problème de l'origine, de l'incarnation. C'est un toucher qui
traverse le corps, je pourrai dire qu'il s'adresse à l'âme, à "ce qui anime", au souffle de vie,
favorisant l'autoguérison physique et l'accomplissement de soi. J'aime cette phrase d'une
participante à la formation :"Le toucher est un manque qui se promène sur mon corps."
Manque d'Etre, manque de lien, manque d'amour.
NC : Quand le toucher se fait dans cette intention, comment l'autre le reçoit-il, comment en
a-t-il conscience?
JLA : Comment l'intègre-t-il? L'autre répond à mon toucher mais pas forcément
consciemment. Il y a d'abord une réponse corporelle, un changement dans le ressenti du
corps, l'émergence de ce que j'appelle une qualité d'être. En simplifiant, un toucher des pieds
redonne la stabilité. Il y a ensuite une réponse de l'imaginaire, des images, des souvenirs, des
rêves - le rêve, massage psychique? - souvent significatifs. Il y a enfin la réponse de la vie,
c'est-à-dire des opportunités nouvelles qui se présentent à la personne. C'est l'aspect
"magique" du toucher, il libère le possible. Dans l'exemple du massage des pieds que je
prenais, la personne trouve le nouveau logement qu'elle cherchait depuis longtemps. Sursaut
de la vie. J'aide la personne à verbaliser ces trois réponses, à établir des liens entre elles, à
retrouver une dynamique dans sa relation avec la vie. Je crois plus à une intégration
biologique qu'à une intégration psychologique comme pour l'enfant qui acquiert le sens de la
marche et les qualités dont il a besoin pour tenir debout par un processus qui échappe en
grande partie à sa conscience. C'est une dynamique d'émergence, de créativité plutôt qu'une
logique de causalité.
NC : Vous parlez de guérison. Quel est selon vous le principe qui guérit?
JLA : Je ne parle pas de guérison dans un sens médical. Je définis la guérison comme une
remise en mouvement. Lorsque je rencontre une "gêne" dans le corps de l'autre, une tension,
je peux la considérer comme l'inscription dans son corps d'une difficulté de vie - le corps
comme mémoire - comme un blocage à libérer pour terminer des situations du passé, causes
de la tension. Je peux aussi considérer cette tension comme le début d'un mouvement,
comme une ressource, un possible qui est retenu chez la personne - le corps comme potentiel
à avenir, comme "graine"-.
Le fondement de mon approche par le toucher est que chaque personne a en elle un
"mouvement de vie" et que ce mouvement de vie cherche constamment à s'exprimer, en
particulier au travers du corps. Comme nous avons eu notre croissance durant l'enfance, je
crois à un mouvement intérieur de croissance qui tend à la réalisation de ce que chacun a
d'inscrit en lui. Le toucher aide alors l'autre à se remettre en phase, à Etre plus et mieux, avec
des bénéfices physiques et organiques. Le toucher dont je parle n'est pas une intervention de
l'extérieur. Il établit un dialogue avec le corps de l'autre. L'autre y participe par la manière
dont il reçoit corporellement le toucher, en particulier par sa respiration. Egalement, au fil
des séances, par l'intégration verbale. Mais le changement est enclenché dans le corps et par
le corps.
Paru dans le journal Nouvelles Clés (Extraits)


                                   AU PAYS DU TOUCHER
Jean-Louis Abrassart assure depuis plusieurs années des formations aux techniques du
toucher dans lesquelles il privilégie l'aspect relationnel. Lucien Tenenbaum, en rupture de
ban avec la psychiatrie actuelle, intègre à sa pratique thérapeutique le toucher et d'autres
approches non verbales. Engagés dans l'exploration des dimensions intérieures du toucher, ils
nous ouvrent, au travers d'un témoignage et d'une réflexion plus théorique, le carnet de bord
de leur voyage.
Les sens en éveil
Le toucher est d'abord un contact physique, l'un des cinq sens à notre disposition,
certainement le plus méconnu à la fois dans sa physiologie et dans ses implications.
Revenons tout d'abord à l'extraordinaire organe sensoriel qu'est la peau trop souvent
considérée comme une simple enveloppe contenant le corps.
Etalée sur près de deux mètres carrés chez l'adulte, elle représente 18% du poids du corps et
ses fonctions physiologiques essentielles au bon fonctionnement de l'organisme sont
multiples: la peau respire, digère les graisses qu'elle synthétise en vitamine D, élimine... Les
glandes sudoripares filtrent le sang et participent au drainage des toxines hors de l'organisme.
Les glandes sébacées servent d'épurateur à la lymphe.
Aussi, en secondant le fonctionnement de nombreux organes - reins, poumons - et en
régularisant les échanges avec le milieu environnant, la peau participe au métabolisme du
corps. Elle absorbe par exemple les radiations solaires indispensables à la survie et contribue
au maintien de l'équilibre thermique de l'organisme. Un simple toucher a déjà une fonction
générale de stimulation de tous ces processus et de l'ensemble du métabolisme. L'exemple
dramatique des grands brûlés montre à quel point le rôle de la peau est vital car personne ne
peut vivre sans posséder l'intégrité de la majeure partie de celle-ci.
D'autre part, l'épiderme contient un nombre impressionnant de terminaisons nerveuses - sept
cent vingt mille soit environ cinquante pour cent millimètres carrés. Cela fait de la peau
l'organe sensoriel le plus important du corps. Toutes ces fibres nerveuses se terminent par des
corpuscules sensitifs de nature différente, chacun étant attaché à un type de perception précis:
sensibilité au contact, à la pression, à la douleur, à la température.
La peau est un véritable "système nerveux extériorisé" qui va fournir des informations
essentielles à la survie de l'organisme. La peau, dont les cellules sont issues de la même
couche de l'embryon que le système nerveux, se différencie d'ailleurs avant les autres
systèmes sensoriels vers le deuxième mois de la gestation.
En étudiant la répartition des fibres sensitives issues de la moelle épinière, on découvre les
dermatomes ou "bandes" de peau associées à une vertèbre et par là même à un organe dans le
corps. C'est pourquoi tout contact physique se répercute sur le fonctionnement de
l'organisme. Utilisée systématiquement, cette correspondance a donné naissance aux
méthodes de massages réflexes et elle explique bon nombre des effets de l'acupuncture.
Cet effet organique du toucher est particulièrement sensible chez l'enfant qui vient de naître.
Ce sont les contacts tactiles lors des contractions maternelles et de l'expulsion qui vont
stimuler les fonctions respiratoires et digestives du nouveau-né. En cas d'insuffisance, elles
doivent être remplacées par des massages ou des enveloppements. Ashley Montagu dans son
livre remarquablement documenté, La Peau et le Toucher, met bien en évidence l'importance
des contacts corporels chez l'être humain comme chez les autres mammifères. Les
stimulations tactiles jouent un rôle essentiel dans l'épanouissement affectif de l'enfant, nous
allons le voir, mais plus fondamentalement encore dans sa croissance physique. Il est prouvé
qu'elles facilitent l'acquisition de nouvelles fonctions comme la marche, activent le système
hormonal, contribuent à une régulation harmonieuse de l'excrétion et, fait important, sont
intimement liées à l'établissement et au renforcement des défenses immunitaires.
Une enquête statistique récente a montré que la solitude et son corollaire, l'insuffisance de
contacts corporels, sont des facteurs de haut risque de maladies graves. Cet isolement est
présent dans près de 30% des cas.
Sur un plan thérapeutique, le geste de toucher pour atténuer une douleur ou apporter un
soutien est vieux comme le monde. Et c'est sans doute la plus ancienne thérapeutique
"découverte" par l'homme, la plus instinctive.
Depuis plus d'une dizaine d'années, les techniques de massage se multiplient, signe de la
nécessité de redécouvrir la dimension essentielle du toucher dans tous ses aspects.
Techniques à tendance médicale comme le drainage lymphatique, les techniques de
manipulation - ostéopathie, étiopathie, etc, - ou les méthodes réflexes - shiatsu,
réfléxothérapie, massage du tissu conjonctif... -, techniques de bien-être comme le massage
californien ou sensitif, techniques à but psychothérapeutique comme l'intégration posturale
ou le massage bioénergétique.
Elles se distinguent les unes des autres par leur objectif et par leur profondeur d'action, la
couche du corps sur laquelle elles agissent de façon privilégiée. En dehors de leur action
spécifique, en tant que contact physique, les techniques de massage auront pour effet général
de réduire les symptômes de stress : amélioration de la digestion, diminution de la tension
sanguine, régularisation des éliminations intestinales et rénales, libération respiratoire,
meilleure circulation sanguine, soulagement des douleurs psychosomatiques... "Le monde
des massages est riche et multiple dans ces objectifs. La profusion des techniques est à la
mesure de nos besoins. Cependant il ne faut pas oublier que massage implique relation et
qu'au-delà de la technique, c'est la qualité de cette relation et le degré de perception du
masseur qui feront la différence.
Le moi-peau
Dans nos sociétés, le toucher est réservé trop souvent à des circonstances privilégiées : la
mère qui touche son enfant, les relations sexuelles, la poignée de main sociale, qui
définissent le cadre dans lequel il peut s'exercer et son degré d'implication.
Or l'éducation privilégie depuis des générations les fonctions intellectuelles au détriment du
développement sensoriel et nous sommes presque tous frustrés de contacts corporels en
quantité et en qualité. Du "Ne touche pas" de l'enfance aux difficultés relationnelles de l'âge
adulte, que de gestes et d'élans avortés, que de corps qui crient leur besoin de contact. Etre
touché, reconnu, accepté, aimé : ces manques hérités de l'enfance faussent nos relations et le
sens de notre vie tant que nous n'acceptions pas de les reconnaître et d'y remédier. Chez le
nouveau-né, la peau est la seule - et la première - occasion de communication.
Avant la naissance, nous sommes entièrement plongés dans un univers de perceptions tactiles
et de sensations corporelles qui représentent la majeure partie de la réalité intra-utérines :
enveloppés, bercés, soutenus par le liquide amniotique, en contact direct avec les rythmes
cardiaque et respiratoire de la mère. Après la naissance, c'est à partir de la réassurance et de
la sécurité que lui apporte le contact maternel que l'enfant va petit à petit prendre ses
distances et son autonomie, découvrir le monde extérieur après l'univers clos prénatal. C'est
dire l'importance de ces premiers contacts qui permettent la transition à partir de la vie intra-
utérine et sur lesquels l'enfant va forger son identité. De plus, ces premiers échanges
corporels sont intimement liés à la satisfaction orale, car le plus souvent concomitants à la
tétée. Le toucher est essentiel au développement de l'enfant : il est preuve d'amour, de
reconnaissance, de sollicitude et d'attention, sentiments nécessaires pour développer le sens
de notre propre importance et notre sécurité de base.
Se fondant sur le principe que toute fonction psychique se développe en prenant appui sur
une fonction corporelle dont elle transpose le fonctionnement, Didier Anzieu, dans son
ouvrage le Moi Peau, a structuré un parallèle entre les fonctions physiologiques de la peau et
la constitution du moi. Il émet l'hypothèse d' une peau à double face : une face interne qui
contient, limite; une face externe qui perçoit, protège.
Aussi, tout contact avec la peau sera-t-il vécu en fonction de cette polarité : un toucher peut
être sécurisant ou oppressant, stimulant ou menaçant suivant la manière dont j'habite mon
corps. Non seulement le toucher met en scène le présent de la relation mais réveille
également sur quels présupposés, sur quelles croyances je la construis. Didier Anzieu lie le
sentiment d'une intégrité personnelle, la fonction de défense du Moi aux contacts corporels
reçus dans l'enfance. C'est toute la trame du jeu relationnel, la dialectique de la distance et de
la proximité, de l'intimité et du recul qui se met en place ainsi au fil des expériences. C'est
pourquoi tout rapport par le toucher est significatif de notre territoire, de la plus ou moins
juste distance que nous établissons dans notre relation aux autres.


Un toucher de l'intérieur
Au-delà de ses fonctions physiologiques et de son impact relationnel, le toucher est partage à
un niveau plus fondamental encore. Comme le rappelle Annick de Souzenelle, le terme
"peau" signifie en hébreu "pas encore lumière". La peau est la limite du corps physique et,
par là même, le début de couches plus subtiles, non matérielles mais perceptibles.
Toute recherche sur le toucher débouche immanquablement sur cette hypothèse de l'existence
de corps subtils que l'on retrouve dans toutes les traditions spirituelles et qui traduiraient à la
fois le rapport qui s'établit entre le physique et le psychique chez un être humain en même
temps que sa relation avec son environnement. Les guérisseurs parlent d'une énergie vitale
qui circule, dans, et autour, du corps et, de tous temps, l'imposition des mains a été
considérée comme une méthode particulièrement efficace pour soulager ou guérir sans qu'on
puisse la réduire à un simple phénomène de suggestion psychologique.
Le toucher est alors don énergétique et partage d'une réalité intérieure. Il y gagne une
dimension transpersonnelle que l'on retrouve dans le contact amoureux lorsque celui-ci va
au-delà des besoins physiques et affectifs. Il s'adresse au travers du corps à l'tre et non plus à
la personne, à la dynamique vitale selon l'expression de Danis Bois. Le toucher ouvre alors
entre deux êtres un espace de ressenti partagé car il permet de pénétrer la réalité de l'autre au-
delà de la séparation physique des corps et des jeux relationnels. Il affirme l'identité de la
chair et du sang qui me permet de sentir le corps de l'autre comme je sens le mien en
transcendant les limites de l'Ego identifié au corps. Il devient réellement acte d'amour.
Dans la mesure où la dynamique vitale, ce mouvement de l'Etre cherchant à réaliser son
destin, se traduit dans le corps et peut être touché, le contact va révéler comment ce
mouvement est accepté et intégré par la personnalité. Le corps - physique et subtil - est
considéré alors comme le théâtre de cette lutte ou de cet accord avec soi-même. Reflet de
notre histoire relationnelle, le toucher devient messager de nos besoins profonds, fil
conducteur de notre évolution.
Un toucher thérapeutique participe des trois dimensions évoquées : physique, relationnelle et
spirituelle. Au-delà de la technique qui se détermine par une action physique spécifique, la
relation praticien/patient est fondamentale car elle conditionne la manière dont ce dernier
reçoit et dont le praticien donne. Toute intervention corporelle, toute pénétration dans le
territoire de l'autre est psychosomatique : elle réveille les schémas relationnels par une
double action :
- parce qu'elle est elle-même relation dans le moment présent, mettant en jeu un geste, un
mouvement vers l'autre, un contact physique, ou à distance, particulièrement impliquant et
lourd de sens, nous l'avons vu :
- parce que les attitudes son inscrites dans les différentes couches du corps sous forme de
sensations mémorisées, de tensions musculaires, de blocages respiratoires que le toucher va
restimuler. Seule, l'intégration de cette double dimension relationnelle permettra à une
intervention d'avoir des résultats durables au fur et à mesure que les tensions physiques
révéleront leur contenu psychique et que la relation praticien/patient sera clarifiée.
En développant sa capacité de pénétrer par le toucher le ressenti de l'autre, le praticien peut
percevoir la manière dont le corps est habité, la coloration émotionnelle d'une tension, sa
signification dans le vécu de son patient. Par ce "toucher intérieur", il va favoriser la prise de
conscience de ce contenu psychique, l'acceptation du message délivré par la tension.
L'expression verbale que le patient fera de son vécu relayera ce toucher silencieux et
permettra de l'intégrer. Si le praticien livre verbalement sa propre perception, il reste
conscient de sa propre subjectivité. La qualité de son intervention est fonction de son niveau
de perception, de sa participation sensorielle au vécu de l'autre, pas de l'interprétation qu'il en
donne.
Ce toucher est moins intervention qu'écoute, la main se laisse guider dans un non-faire actif
qui, en révélant la manière dont le corps est habité, va ramener le patient à la nécessité de
prendre en compte ce que le corps a à lui dire. En mettant en évidence l'écart qu'il y a entre ce
qui est vécu et ce qui est à vivre, ce toucher prend sa dimension spirituelle car il présuppose
que chaque personne a "quelque chose" à réaliser, une voie à suivre et que ce chemin est pré-
inscrit dans le corps. "Le corps est le temple de l'homme", disent les traditions. Ce niveau
d'implication sous-entend que le praticien est lui-même en contact avec sa dynamique
intérieure que son cheminement personnel l'a amené à intégrer. Son propre vécu corporel
face à son patient lui sert de référence pour évaluer comment il reste en accord avec lui-
même dans la relation à l'autre.
Savoir-faire se confond alors avec savoir-être selon l'expression de Jean Ambrosi et dans ces
moments privilégiés, le toucher exprime la rencontre de l'Etre chez l'autre et de l'Etre en soi
et, dans la joie de cette reconnaissance et de ces retrouvailles, il est communion.
Jean-Louis ABRASSART
Paru dans le journal Nouvelles Clès
1. Voir Didier Anzieu, Le Moi-Peau, éd. Dunod
2. Ashley Montagu, La Peau et le toucher, éd. Seuil
3. Voir Jean-Louis Abrassart, Le Massage Californien, art de la détente et du toucher, éd.
Trédaniel
4. Jean-Louis Abrassart, Massages anti-stress, éd. Trédaniel
5. Annick de Souzenelle, De l'arbre de vie au schéma corporel, éd. Danglès
6. Danis Bois, Le Corps entre les mains,éd. Trédaniel
7. Jean Ambrosi, La relation de sympathie, éd. L'Originel.


             LE TOUCHER, VEHICULE DES VOYAGES EN PAYS SUBTILS
J'ai quitté les hôpitaux psychiatriques il y a deux ans, après y avoir travaillé comme médecin
pendant vingt-deux ans.
L'écart se creusait trop pour moi entre ce que la réalité m'obligeait à regarder comme réel et
ce que je faisais, et ce qu'on faisait autour de moi, de la maladie mentale.
Il me fallait quitter les autoroutes formolées de la psychiatrie pour prendre, chargé de toutes
mes expériences et des leçons reçues des patients, des chemins de traverse mal taillés.
Je ne peux en quelques mots détailler ces bouleversements, tout au plus les résumer en disant
"allons du corps apparent au corps réel, de la personne apparente à la personne réelle." Ce qui
va bien au-delà de la scie des écoles psychiatrico-psychanalytiques" sous le manifeste, le
latent" ou de leur frileuse antienne "une émotion peut cacher un transfert, un mot peu cacher
un contre-transfert, alors bouche cousue et neutralité".
Faut-il des faits? Certains, parfois étonnants, voire spectaculaires, sont en rapport avec le
toucher. Je touche dans le dos, pas n'importe où, un patient mutique : il se met à reparler. J'en
touche un autre, en certains points du coude, de la paume, je promène ma main autour de sa
poitrine, et voilà une grande crise d'agitation qui retombe comme un soufflé au fromage.
D'autres fois, il s'agit de mots. Que je m'entends prononcer de façon presque automatique. Ou
d'une histoire que je raconte, venue d'on ne sait où. Et une situation figée depuis des années
se débloque.
Dans quelle réalité, c'est-à-dire dans quel temps, quel espace peuvent bien se déployer ces
processus ? Réels puisque tangibles. Réels puisque porteurs d'effets visibles. Mais d'une
réalité dont rien pourtant n'avait transpiré toutes ces années dans les cercles bien informés de
la psychiatrie.
S'il n'y avait eu que cela!
Mais ce toucher ouvrait aussi la porte aux voyages, aux visions. Dès que j'ai commencé à
utiliser les passes magnétiques, j'ai vu les patients entrer dans des états modifiés de
conscience, partir dans des voyages vers des régions d'eux-mêmes auxquelles ils n'avaient
pas habituellement accès. Vers un savoir sur eux-mêmes qu'ils ne se savaient pas posséder.
Partis avec des questions, les voilà, après un travail éventuel sur leurs trouvailles, avec autant
d'éclaircissements et de réponses.
Comment ne pas être troublé, porté que je ne me croyais à aborder les choses par le verbal et
l'intellectuel - mais je m'interroge maintenant sur ce que j'ai réellement fait toutes ces années
quand je croyais faire ceci ou cela - par la relation entre toucher et voyage?
Elle s'impose à l'évidence. Ces voyages sont enclenchés par le contact entre ma main et un
point précis du corps ou de l'environnement immédiat de la personne, entre mon corps et son
corps, apparent ou non apparent.
Emmené par mes mains, je pars souvent moi-même en voyage intérieur. Je vois des images,
des personnages, une motricité nouvelle apparaît. Je constate ensuite de surprenantes
convergences entre mon voyage et celui des patients, entre les images que j'en rapporte et
leur histoire, leur problématique.
Bien plus, au cours de ces états particuliers, des interactions se produisent entre eux et moi.
Par exemple, à une image apparue en moi, répondent des bruits intestinaux distincts chez
mon compagnon de voyage silencieux.
Comment comprendre ces voyages?
Dans quel temps se déroulent-ils? Généralement celui de la vie du patient, mais à l'occasion,
celui de quelques autre vie... antérieure peut-être.
Dans quel espace? Celui des images, celui des symboles? On peut l'assimiler au rêve, à
l'inconscient, l'attribuer à la personne ou au collectif. On peut le tenir pour réel et y opérer
alors avec les outils, étonnants et parfois si efficaces, du chaman. Sont-ils hypnose,
suggestion, paramnésies? Mais souvent j'établis le contact par les mains avant tout échange
verbal approfondi. Souvent ces voyages se produisent dès la première rencontre. Sont-ils
dérivés imaginaires? Que faire alors des changements qu'ils induisent dans le réel du patient,
par exemple dans son corps?
Je touche, mais quoi?
Quelque chose en l'autre par quelque chose en moi. Quelque chose en l'autre qui est un
message à lui-même nécessitant de passer par mon canal.


Mais comment? Y a-t-il donc un espace personnel non perçu habituellement, où se déroulent
des processus considérés généralement comme d'une autre nature que la réalité observable,
mais auxquels on a accès en état modifié de conscience?
L'hypothèse des corps dits subtils rend-elle compte de ces faits?
Y a-t-il, au-delà de l'ego identifié par un nom, un prénom, une date de naissance, et dépassant
l'inconscient freudien individuel, une instance de l'être qui puisse être contactée par le
toucher?
Cette instance, on pourrait la qualifier de "transpersonnelle", siège de la véritable
intelligence, du véritable savoir.
Le toucher très physique du massage comme le toucher infiniment subtil de la guérison
spirituelle prendraient leur véritable dimension thérapeutique de se situer à l'interface entre
l'instance "personnelle" et cette instance transpersonnelle.
Au fur et à mesure que j'avance, cette hypothèse me semble chaque jour plus opératoire.
Peut-être n'est-elle juste que pour certains d'entre nous, dans la mesure où nous ne pouvons
travailler qu'au niveau correspondant à notre propre réalité subtile, même si c'est à notre insu.
Lucien TENENBAUM
Paru dans le journal Nouvelles Clés


                                   A l'ECOLE DU TOUCHER
                             Une interview de Jean-Louis Abrassart
                                  pour le journal Psychologies
Après s'être intéressé au yoga, puis à la psychothérapie, Jean-Louis Abrassart s'est passionné
pour les techniques du toucher. Il a fondé, il y a treize ans, une école consacré au toucher, au
sein de laquelle il pratique et enseigne différentes formes de massage. Nous avons voulu le
rencontrer.
Psychologies : Le massage peut-il être considéré comme une véritable thérapeutique, ou est-
ce simplement une technique de bien-être et d'équilibre?
Jean-Louis Abrassart : Les deux sont liées. On peut considérer la santé comme quelque chose
de purement physique. Mais, dans la pratique, on s'aperçoit vite qu'on n'obtient guère de
résultats si l'on s'en tient là. La santé est le résultat d'un équilibre intérieur, d'un accord avec
soi-même. Toutes les nouvelles techniques de massage visent à travailler au travers du corps
pour trouver cet équilibre intérieur.
Comment le simple fait de se faire toucher le corps peut-il déboucher dur de tels résultats?
C'est tout l'art du massage que vous me demandez d'expliquer là ! D'abord, nous sommes
tous sous-développés en matière de contact corporel. L'éducation en est en partie
responsable. Les gens qui viennent se faire masser sont tous en manque de contact.
Le tabou du toucher n'est-il pas lié à la sexualité ?
C'est vrai. Mais, d'une manière plus globale, il est lié à l'intimité. C'est une façon de garder
une distance, pour contrôler ses relations avec les autres. Il est lié aussi au système
récompense-punition sur lequel l'éducation fonctionne souvent. Selon qu'un enfant agit
"bien" ou "mal", on le touche avec douceur ou avec violence. Cela donne une connotation
très morale au toucher. On retrouve cela ensuite dans les relations sexuelles ou affectives.
Dès qu'on n'est plus d'accord avec quelqu'un, on ne le touche plus. C'est un peu comme si on
arrêtait de donner à manger à quelqu'un sous prétexte qu'il agit mal ! On crée un manque. Et
le corps connaît bien ce manque, pour l'avoir vécu dès la naissance. Avant de venir au
monde, le bébé est très entouré, il est touché en permanence. Brusquement, il se retrouve seul
dans un monde froid. Cette mémoire est inscrite dans le corps. Grâce au toucher, le patient
arrive à retrouver une sécurité de base. On lui rend une certaine confiance en lui. C'est la
continuité de la naissance, l'expression de la relation avec la mère. C'est le domaine privilégié
des techniques qui travaillent globalement et dans la douceur : massage sensitif, massage
californien... On y rejoue la relation avec la mère. Mais il y a un autre aspect, plus violent,
qui touche à la confrontation. C'est le domaine des techniques plus dures qui agissent en
profondeur et s'intéressent surtout aux points de tension du corps : bio-énergie, rolfing,
intégration posturale... Dans tout massage, il arrive un moment où l'on doit travailler sur ces
zones. On ne peut pas se contenter de donner à la personne des sensations positives, il faut
aussi aller réveiller les tensions et les problèmes. C'est la phase de réintégration de la
confrontation. et, très souvent, on résout par là la relation avec le père.
Le père, la mère, on en revient toujours là, finalement !
Au niveau symbolique, c'est important. Tout ce qui enveloppe, ce qui entoure est féminin et
maternel. Tout ce qui rentre en profondeur, ce qui pénètre est masculin et paternel.
Indépendamment des bienfaits de telle ou telle technique, un bon masseur doit savoir aider la
personne qu'il masse à résoudre sa relation avec sa mère et sa relation avec son père, au
travers du corps.
Il faut quand même qu'il ait une demande de la part du patient. Lorsqu'on essaie de toucher
quelqu'un qui n'en a pas envie, il se rétracte !
Il peut y avoir en même temps une forte demande et une résistance. Quand la personne se
rétracte, cela ne veut pas dire qu'elle n'a pas besoin d'être touchée. Elle a peut-être de
mauvais souvenirs, elle n'a peut-être pas reçu le toucher dont elle avait besoin. Tout dépend
alors de l'habileté et de la disponibilité de celui qui masse. On peut toujours trouver le moyen
de toucher quelqu'un d'une façon qui lui convient.
Une telle relation ne passe-t-elle pas aussi par la parole ?
La dimension principale du massage est non verbale. Mais, pour que la personne puisse
l'intégrer dans sa vie et opérer des prises de conscience, la parole est nécessaire. Dans un
premier temps, la personne reçoit ce dont elle a besoin, et c'est très bien. Mais elle n'en tirera
de réelles améliorations que si elle se rend compte de ce dont elle a besoin. C'est seulement
ainsi qu'elle pourra se mettre en situation de recevoir cela dans sa vie quotidienne. Si ce n'est
pas le cas, il risque de se créer une relation de dépendance entre celui qui donne le massage
et celui qui le reçoit. C'est pourquoi la verbalisation est une phase importante du massage. En
général, quand on a installé une relation de confiance et de sécurité au travers des premières
séances, on commence à s'appesantir sur les endroits de tension : posture, colonne vertébrale,
muscles noués... Très souvent, on réveille alors le souvenir de situations difficiles, sous
forme d'images ou d'émotions. Il faut aider la personne à s'exprimer, et la soutenir.
Cela suppose donc que ceux qui pratiquent le massage soient formés à l'écoute ?
Oui, si l'on veut faire un travail profond qui dépasse le cadre du bien-être immédiat. Mais ce
n'est pas tout. Un bon masseur doit absolument avoir effectué un travail thérapeutique sur lui-
même. Cette activité risque de réveiller, chez celui qui la pratique, les mêmes problèmes que
chez ses patients. Il faut qu'il ait traversé ces difficultés, et qu'il connaisse ses limites. On ne
se forme pas au massage sans changer soi-même en profondeur.
Quelle est la demande la plus répandue parmi les gens qui viennent se faire masser ?
Il y a des demandes très physiques : insomnies, douleurs, problèmes digestifs... Les gens
savent généralement que ces problèmes ont une origine psychosomatique. Ils savent
confusément que quelque chose ne va pas dans leur vie. Nous recevons également des gens
qui se trouvent dans la situation inverse : ils traversent une situation difficile, un deuil, une
séparation, des problèmes professionnels, relationnels, affectifs ou sexuels... Ils ont envie de
s'occuper de ce problème par l'intermédiaire de leur corps. Ce sont souvent des gens qui sont
peu en contact avec leur corps. Parfois, ils ont peur de s'engager dans une psychothérapie. La
psychothérapie est fréquemment vécue comme un aveu d'échec. Dans le massage, les gens
ont l'excuse de venir chercher une détente immédiate.
Combien de temps dure un traitement ?
Pour faire un bon travail, il faut de 8 à 12 séances. Parfois, c'est plus rapide. Une personne
qui se fait masser une fois de temps en temps ne peut pas obtenir de véritables changements
en profondeur. C'est alors une optique de détente et de relaxation. Les séances durent en
général une heure et demie.
A votre avis, peut-on parler d'une dimension énergétique du massage ?
Bien sûr ! Ce que l'on fait passer à l'autre dépend de l'état énergétique dans lequel on se
trouve. Au-delà de la technique physique et de la relation psychologique, quand on masse, on
laisse passer une énergie. Quand on arrive à dépasser l'approche physique, puis l'approche
psychologique, on entre dans un domaine plus subtil. C'est une ouverture. A ce moment-là,
on peut aider la personne non seulement à trouver un équilibre dans sa vie, mais aussi à
trouver un sens à sa vie. Avec une approche physique et psychologique, on équilibre les gens
dans leur vie, dans leurs relations avec les autres. Avec un travail plus profond, plus
énergétique, on les aide à trouver la vie qui leur correspond. Et c'est uniquement dans ce
cadre que chacun d'entre nous peut trouver le chemin de ce que l'on appelle la santé.
Propos recueillis par Marie Borrel.
Paru dans le journal Psychologies.


                          MON CORPS REFLETE CE QUE JE SUIS
Longtemps le corps a été exclu de la démarche psychologique ou de la recherche spirituelle,
tout au moins dans nos pays occidentaux. Il y prend maintenant une place prépondérante
comme "outil" d'évolution personnelle. Les nouvelles approches thérapeutiques se nomment
elles-mêmes "psycho-corporelles" dans la mesure où elles prennent comme points d'appui la
réalité du moment présent et le vécu corporel.
Notre corps est notre réalité première, le lieu de notre expérience du monde. Nous vivons
d'abord DANS et PAR le corps : par lui, nous percevons; par lui, nous agissons. Pris entre,
d'un côté, des impulsions vitales à satisfaire nos besoins, et de l'autre, les exigences de la vie
sociale et les contraintes intériorisées de l'éducation, notre corps devient un lieu de
compromis et notre structure corporelle traduit les tiraillements de notre histoire personnelle.
"Le corps s'exprime clairement laissant paraître le caractère et la façon d'être d'une personne
dans le monde. Il révèle les traumatismes passés et la personnalité actuelle, les sentiments
vécus et les sentiments refoulés... Le corps révèle la personne, il est la personne."
Nous pouvons apprendre à déchiffrer les messages que nous délivre le corps. Une
observation attentive, une ouverture intérieure à ce que l'autre peut ressentir et l'acceptation
sans jugement de la réalité perçue permettent de saisir les attitudes de vie que révèle la
structure corporelle. Celles-ci transparaissent extérieurement dans les dissymétries, dans la
forme et les proportions relatives des différentes parties du corps, dans la mobilité et la
souplesse des articulations ainsi que dans l'aisance respiratoire intimement liée à la capacité
d'expression des sentiments.
Plus intérieurement, l'observation de la structure corporelle sert de support au développement
de l'intuition, à une lecture "projective" associant les blocages corporels à des situations mal
intégrées du passé. Il est étonnant, par exemple, de constater que toutes les parties du corps
ne semblent pas avoir le même âge : une personne de quarante ans pourra montrer une cage
thoracique semblable à celle d'un adolescent, fournissant ainsi un point de départ pour la
résolution de conflits en relation avec cette période de vie. Cette lecture psychologique du
corps s'intègre dans une démarche globale qui met l'accent sur l'expression du vécu corporel:
Il ne s'agit pas de "plaquer" soi-même ou sur l'autre des interprétations toutes faites et d'en
déduire des directives de vie, comme dans d'autres grilles morphologiques, mais d'engager un
dialogue thérapeutique favorisant la prise de conscience et la résolution des comportements
problématiques.
Notre corps est le témoin de notre relation aux autres, de la liberté d'Etre que nous nous
permettons. JE VIS MA VIE COMME JE VIS MON CORPS. Mais souvent, nous ne
sommes plus conscients des compensations physiques - pendant de nos compromis intérieurs
- et des tensions chroniques qui modèlent notre posture et limitent notre amplitude
respiratoire. Notre corps peut devenir un carcan, restreignant nos possibilités d'expression et
même nos possibilités de ressentir, isolant certaines émotions, nous amenant à répéter les
mêmes schémas relationnels. La lecture du corps nous fournit un point de départ pour une
prise de conscience et sa transformation nous permet d'évaluer le chemin parcouru.
Au niveau le plus profond, toute évolution implique le corps. Un comportement nouveau
sous-entend des perceptions, une sensibilité, une attitude corporelle et une liberté respiratoire
nouvelles. Les changements psychologiques et physiologiques vont de pair. Comme tout
notre héritage émotionnel est inscrit dans notre corps, il nous faudra, pour nous en détacher et
retrouver notre liberté d'Etre, libérer notre corps. Mais s'il est vrai que le corps s'exprime c'est
l'écoute de l'être dans sa totalité qui nous permettra de l'entendre.
Jean-Louis Abrassart
Présentation du livre « Ce que le corps révèle » de Ron Kurtz et Hector
Prestera.
 Editions du Hameau.




                                  2) Techniques de Détente
                       MASSAGES : COMMENT S'Y RETROUVER?
                Un article pour le journal « Soigner Autrement »




Le geste de toucher pour atténuer une douleur, apporter un soutien dans une situation difficile
est vieux comme le monde. C'est, sans doute, la plus ancienne thérapeutique "découverte" par
l'homme, la plus naturelle. Ne portons-nous pas la main spontanément là où nous nous
sommes cognés pour presser ou frictionner l'endroit douloureux? Les Egyptiens de l'époque
des pharaons pratiquaient déjà les massages il y a plusieurs millénaires pendant que les
Chinois pressaient les points d'acupuncture pour soigner les organes.
Depuis une quinzaine d'années, nous redécouvrons l'importance et les bienfaits du toucher
tant médicaux que psychologiques. Les techniques proposées, en dehors du massage
classique de kinésithérapie, sont multiples : franchement médicales comme le draînage
lymphatique ou le shiatsu, axées sur le bien-être tel le massage californien ou même à but
psychothérapeutique avec l'intégration posturale. Toutes consacrent un renouveau du toucher
et un changement de mentalité, le désir de ne plus s'enfermer exclusivement dans la
consommation médicamenteuse.
Passons en revue quelques unes de ces méthodes et les résultats qu'elles promettent.
                            A LA DECOUVERTE DU MASSAGE


Après une journée de travail, pour retrouver le bien-être dans son corps, rien de tel qu'un bon
massage. Le massage professionnel à but médical est irremplaçable, mais il a ses indications
précises. En revanche, se masser entre amis ou en famille est un moyen extraordinaire de
retrouver son corps et de redécouvrir un contact authentique. Le massage doit redevenir un
geste naturel de notre vie quotidienne.
Selon les cas, le massage détend ou dynamise. Par son action sur la peau, les muscles, les
articulations et sur certains organes, il assure une augmentation de la circulation, une
meilleure élimination des déchets et il rétablit l'équilibre énergétique du corps.
Nous avons tous besoin d'être touchés
A l'enfant, il est normal d'exprimer son amour par des contacts physiques. D'ailleurs l'enfant
dans les bras de sa mère n'est-il pas le symbole de l'amour et de la sécurité? Dans le massage,
on peut et même on doit retrouver cet état de confiance. Il fonctionne psychologiquement
comme un rappel d'une époque bénie de l'abandon et de la sécurité. C'est pourquoi le toucher
est aussi indispensable que la nourriture.
Quand touche-t-on quelqu'un? Dans certains sports: quand on a mal, et bien sûr au cours des
relations amoureuses. La banale poignée de mains qui est une façon socialement admise de
prendre contact physiquement avec son voisin est complètement démunie d'un réel contact
physique.
Regardez comment les gens se tendent la main: le corps est dans un garde-à-vous aussi raide
que possible comme si la consigne était surtout de ne rien ressentir. Les poignées de mains
dans les peuples des sociétés traditionnelles sont longues, chaleureuses, enjouées et
communiquent beaucoup de choses sur l'état d'esprit de ceux qui la donnent.
Le pouvoir guérisseur des mains
Le pouvoir guérisseur des mains est connu depuis toujours. Le geste d'unir les deux mains est
une façon universelle de prier. Instinctivement, nous nous frottons les mains l'une contre
l'autre quand nous voulons nous atteler à une tâche; et quand nous sommes inquiets ou
impatients, nos mains à notre insu se joignent, se frottent dans une sorte de massage instinctif
dont le but est de rétablir le calme dans l'esprit et la détente dans le corps.
C'est pourquoi avant de masser, il est préférable de toujours faire un rapide massage de ses
propres mains pour délier les articulations, nettoyer les noeuds énergétiques et recharger les
mains de cette chose mystérieuse qu'on appelle l'énergie vitale ou encore le magnétisme.
Au Japon, on pratique en famille des séances de massage dérivé de l'acupuncture, le "shiatsu"
qui consiste à presser certains points-clés du corps. Un petit quart d'heure de shiatsu évacue
complètement la fatigue pour le masseur comme pour le massé et provoque une détente et un
apaisement profonds. Certains massages comme le massage californien, sont de véritables
dialogues, ce qu'on appelle aujourd'hui la communication non verbale.
Tout le monde a la capacité de pratiquer le massage et il existe maintenant de nombreux
stages qui initient à presque toutes les techniques. Choisissez-en une pour avoir de bonnes
bases et peu à peu, avec la pratique, vous trouverez votre style propre et sentirez ce qui
convient le mieux à votre partenaire. Bien sûr on peut apprendre seul, il existe maintenant
suffisamment de livres à cet effet. Mais rien ne remplace un stage d'initiation ou de
perfectionnement. La forte motivation des participants, la présence de l'animateur qui permet
l'acquisition d'une technique juste rapidement, une prise de contact avec l'anatomie du corps
et la localisation des points de douleurs les plus fréquents, rendent les stages très efficaces.
Apprendre le massage
Je suis partie suivre un stage de massage de trois jours dans le sud de la France avec une
vingtaine de participants de tous âges et de toutes professions. Dans une grande salle aux
murs blancs donnant sur un très beau parc, des matelas par terre et une bonne chaleur de
25/28°. Pour chaque partie du corps traité, l'animateur, Jean-Louis Abrassart travaille
sur un volontaire pendant que le groupe regarde et écoute les explications. Puis nous répétons
le massage et ensuite nous le recevons. Calme, détente et concentration. Durant ces trois
jours nous parlerons très peu entre nous, nous ferons connaissance en nous touchant et si des
confidences jaillissent au cours des longs moments passés à masser, c'est un peu comme un
secret provisoire qui ne durera que le temps du massage, car nous changeons de partenaire
pour chaque partie du corps. Au début du stage, j'étais un peu sur mes gardes; cette intimité
avec le corps d'inconnus, c'était un peu étrange; et puis le calme, la détente et la
concentration chassent toute inquiétude.
Démonstration du massage du dos: effleurages, plis roulés, glissers, pétrissages, pressions,
vibrations, percussions, les mains de l'animateur effectuent toutes sortes de manoeuvres.
"C'est dans le dos que s'accumulent les tensions physiques et psychologiques. C'est là que le
massage peut le plus détendre et soulager. La colonne vertébrale est le clavier le plus efficace
pour rétablir le bon fonctionnement des organes, une bonne posture et une meilleure vitalité".
C'est à notre tour de masser. Je vais masser Monique. Repérer les tensions qui s'accrochent
comme des noeuds le long des vertèbres et doucement, peu à peu, se laisser aller à la
sensation de ce qui se passe sous mes mains. Un endroit particulièrement douloureux où
j'insiste : Monique se détend dans un grand soupir et j'accompagne ma pression d'une longue
expiration.
Le massage devient un échange d'énergie, la main devient intelligente. "Quand vous massez,
dit l'animateur, il est essentiel d'établir d'abord le contact, de retrouver une véritable
communication par le toucher". Au silence qui règne dans la pièce, on mesure combien
chacun est attentif. Jean-Louis s'approche: "Redresse-toi; tu es trop contractée. Le
mouvement doit être fluide et tout le corps doit participer sans effort."
Nous massons longtemps et perdons un peu la conscience du temps. Parfois, le chant des
oiseaux et une rafale de vent dans les platanes tout proches nous ramènent au monde
extérieur. Pour finir, mes mains reposent un long moment sur la nuque de Monique. Je
perçois une détente. Elle aussi. A mon tour d'être massée.
Au bout de trois jours, nous ressentons un immense bien-être et une grande recharge
énergétique, mais surtout nous avons expérimenté un autre mode de communication, à la fois
très primitif et très moderne, le langage du corps, et sans presque nous parler nous avons fait
connaissance. Cela c'est une redécouverte essentielle qui s'ajoute à tous les autres bienfaits de
cet art vieux comme le monde: le massage.
Marie-Joséphine GROSJEAN
Paru dans le journal Femme Pratique


                        COCONING, LE MASSAGE CALIFORNIEN
Le geste de toucher pour soulager est aussi vieux que l'humanité. Et, dans les moments
difficiles, notre main se porte spontanément vers l'autre, pour le réconforter, le soutenir,
l'encourager. Si le massage médical est réservé aux kinésithérapeutes, pourquoi ne pas se
masser en famille, entre amis, pour se détendre et se faire du bien?
Rien de plus simple que de pratiquer le massage californien. Quelques principes de base,
quelques mouvements faciles à apprendre, un zeste de doigté, de l'attention et du respect et
vous allez redécouvrir les bienfaits du toucher, le plaisir de vous abandonner en toute
confiance et en toute sécurité.
Et la tendresse, bordel!
Lorsque je parle de massage, cela éveille souvent chez mon interlocuteur un petit sourire
plein de sous-entendus. C'est vrai que le geste de toucher s'associe presque automatiquement
dans les esprits au contact amoureux. Nous oublions que le toucher est d'abord une
expression d'affection, de tendresse, de chaleur humaine dont nous avons tous bien besoin au
fond de nous. Nous trouvons normal qu'une mère, ou qu'un père de plus en plus, cajole son
enfant et lui exprime son amour dans un contact physique. Et puis, terminé, tabou le toucher,
cantonné à la sexualité et aux poignées de main raides ou vides de sens. Se faire masser
quand on a mal, d'accord, mais simplement pour se faire du bien, c'est louche! Dommage, car
un bon de massage de détente vaut bien la meilleure soirée télé, la discussion la plus
passionnante. Anti-stress par excellence, le massage californien nous aide à récupérer, à
retrouver notre dynamisme et il enrichit notre relation avec nos proches. Alors, si le coeur
vous en dit, une petite initiation...
L'importance du premier contact
D'abord, bien s'installer dans un endroit bien chauffé où vous serez sûr de n'être pas dérangé.
Une musique que vous appréciez. Pas besoin d'une table pour masser à la maison, un matelas
mince ou plusieurs épaisseurs de couvertures repliées recouvertes d'un drap ou d'une serviette
de bain feront l'affaire. Votre partenaire s'allonge sur le ventre. Nous commencerons par le
dos où s'accumulent généralement les tensions. Frottez vos mains vigoureusement pour les
réchauffer, puis étalez sur celles-ci de l'huile de massage(*) qui va donner à vos mouvements
la fluidité nécessaire. Approchez lentement du corps de votre partenaire. Ne vous précipitez
pas. A quelques centimètres de la peau, vous pouvez déjà sentir le rayonnement de chaleur de
son corps. Posez doucement vos mains, détendez-les, laissez-les épouser la forme de la partie
du dos que vous touchez et restez ainsi quelques instants, le temps d'établir le contact, que
votre partenaire se familiarise avec vos mains. Ce premier contact respectueux et délicat,
sans pression, installe votre partenaire dans la confiance et conditionne toute l'ambiance du
massage.
(*) Il existe dans le commerce de nombreuses huiles de massage comme l'huile Wéléda à la
lavande et au romarin mais vous pouvez aussi la faire vous-même en mélangeant une huile
végétale de qualité, de l'huile d'amande douce par exemple, avec quelques gouttes d'huiles
essentielles choisies pour leurs propriétés et leur parfum. Vous trouverez dans "Mille et une
vertus des huiles essentielles" de J.L. Abrassart, Ed. Trédaniel, différentes compositions pour
réaliser vous-même des huiles pour le corps.
De grands mouvements enveloppants
Commencez alors à masser avec de grands mouvements fluides, vos mains continuant à
épouser le contour du corps avec une pression légère. Soyez dans vos mains, attentif à ce que
vous faites. Laissez-les se déplacer sur toute la surface du dos, bien en contact avec la peau.
Vous éviterez tout geste brusque ou saccadé pour prendre un rythme lent et tranquille. Ne
vous préoccupez pas, dans un premier temps de technique. Glissez ainsi sur tout le dos et les
flancs avec des gestes harmonieux et de préférence circulaires, propices à créer la détente. Si
vous ne pressez pas, vous ne pouvez pas faire mal à votre partenaire. Votre massage ne doit
pas être une effort: toucher est un geste naturel et après un moment l'appréhension d'être
maladroit que vous pouvez ressentir au début disparaît. Vous pouvez avoir alors autant de
plaisir à donner le massage que votre partenaire à le recevoir. Le massage californien procède
ainsi par de grands mouvements glissés qui s'enchaînent sur tout le corps sans que le masseur
interrompe le contact des mains. Il passe d'une partie du corps à l'autre sans heurts, se
déplaçant tout autour de son partenaire. Le toucher doit être plus que caressant, assez ferme,
plus pour les hommes mais il ne doit jamais réveiller de douleur.
Le dos et les jambes
Descendez le long du dos, une main de chaque côté de la colonne vertébrale. Arrivés en bas
des reins, écartez vos mains vers les flancs et remontez vers les aisselles avant de revenir sur
les épaules. Répétez plusieurs fois chaque mouvement et accompagnez-les avec votre corps.
Vous pouvez aussi glisser les deux mains à plat superposées sur la colonne vertébrale sans
appuyer.
Déplacez vos deux mains en travers du dos dans un mouvement de va-et-vient. Couvrez ainsi
toute la surface du dos de la base du cou au haut des fesses en prenant soin de bien prolonger
votre mouvement sur les flancs.
Pour l'arrière des jambes, vous vous placez aux pieds de votre partenaire, vous remontez avec
les deux mains les jambes, puis vous les écartez et vous redescendez par les cotés.
Le buste et le ventre
Partez du haut de la poitrine, glissez en descendant vers le ventre avant de séparer vos mains
pour remonter par les flancs en étirant doucement votre partenaire. Ne pressez pas sur la
poitrine dont les tissus sont fragiles. Harmonisez-vous avec la respiration de votre partenaire:
vous descendez en pressant lorsqu'il expire et vous revenez par les flancs lorsqu'il inspire.
Le plexus solaire est souvent tendu. Aussi, dans ce mouvement où vous glissez, les deux
mains l'une sur l'autre, du sternum vers le nombril, vous procéderez très lentement en
commençant avec une pression très légère. Répétez une dizaine de fois. Le ventre se masse
délicatement avec les deux mains à plat dans un mouvement circulaire dans le sens des
aiguilles d'une montre pour faciliter en même temps le transit intestinal.
L'avant des jambes se masse en remontant par la face interne pour aider le retour veineux.
Lorsque vous redescendez vers les pieds, passez sous la jambe avec les deux mains et
soulevez-la tout en glissant vers les talons. Massez en plus les pieds avec le bout des doigts et
les pouces, plus fermement en sentant le contour des os au travers de la peau.
La mémoire du cocon foetal
Petit à petit, vous vous sentirez plus à l'aise et vous sentirez instinctivement par vous-même
les gestes qui peuvent relâcher votre partenaire. Vous trouverez dans les nombreux ouvrages
grand public consacrés au massage des suggestions de mouvements qui vous aideront à
améliorer votre pratique. Le massage californien est un massage "nourrissant" qui procure
une profonde détente et un grand bien-être. Il permet de bénéficier à la maison de certains
des bénéfices physiologiques du massage - relâchement musculaire, amélioration de
l'irrigation sanguine, meilleure élimination, apaisement nerveux - mais surtout il recharge le
corps en sensations positives, nous apportant au niveau le plus fondamental reconnaissance et
sentiment d'être aimé. Il nous rappelle cette période bénie de la vie foetale, où dans le cocon
qu'était le ventre de notre mère, nous flottions sans soucis, enveloppés par le liquide
amniotique. Après sa séance, votre partenaire sera aux anges, harmonisé et réconcilié avec
lui-même. Laissez-le en profiter pendant un long moment avant de lui dire "A moi,
maintenant".
Jean-Louis ABRASSART
Paru dans le journal Médecines Douces


                    LA RELAXATION COREENNE : VIBRER A DEUX
Où suis-je ? Suis-je endormi, en train de rêver ? Non, je suis bien réveillé mais les bruits
autour de moi sont comme assourdis. Une pulsation régulière, rassurante, celle de mon coeur.
Des pensées qui s'effilochent puis s'évanouissent l'instant d'après comme si elles n'avaient
rien à quoi se raccrocher. Et mon esprit qui vogue, libre, dans un espace infini, avec en même
temps un sentiment de sécurité totale. Je m'imagine allongé sur un matelas pneumatique,
bercé par le rythme des vagues, enivré du bleu immaculé du ciel, la mer turquoise, la chaleur
du soleil qui se diffuse dans tout mon corps. Une voix qui m'appelle au loin, doucement :
"Comment te sens-tu ?" Je reviens lentement à la réalité. Que répondre ? Comment décrire
cette impression de bien-être profond, de délicieux abandon ? "Ca va, j'étais si loin" dis-je
simplement. Au bout d'un moment, j'ouvre les yeux. Hélène est là, elle est professeur de yoga
et thérapeute psycho-énergéticien et c'est à elle que je dois ce bain de bonheur.
Vibrer systématiquement le corps
C'était ma première séance de relaxation coréenne, une technique ancestrale qui libère le
corps par la vibration systématique des différentes parties du corps. Cet art de la détente
profonde ne fait l'objet d'aucune théorie, c'était plutôt une pratique qui s'est élaborée
empiriquement au fil des siècles en Extrême-Orient. Elle permet d'obtenir un relâchement
complet des tensions musculaires les plus profondes accompagné d'un sentiment de
détachement intérieur qui nettoye l'esprit des soucis du quotidien. La relaxation coréenne se
pratique à deux : celui qui reçoit est allongé confortablement sur le sol, celui qui "donne" la
relaxation va durant une heure environ soulever, manipuler, vibrer, étirer les différents
segments du corps selon un ordre bien précis. Les manipulations sont douces, progressives,
même si elles s'enchaînent à un rythme soutenu. Progressivement, celui qui est manipulé
lâche prise, accepte de se laisser faire, un rapport de confiance s'installe qui va lui permettre
de s'enfoncer de plus en plus profondément dans la détente.
Un corps souple et malléable
Hélène a commencé par s'asseoir à mes pieds. Lentement, elle a soulevé une de mes jambes à
quelques centimètres au-dessus du sol et à commencer à la secouer doucement de haut en
bas, changeant souvent de rythme comme si elle sentait les raideurs de mon corps et
cherchait la vibration adéquate. Elle a continué ainsi passant d'une jambe à l'autre, les plaçant
dans différentes positions, plus ou moins élevées, plus ou moins écartées, jambes allongées
puis genoux repliés, toujours un mouvement doux de vibration qui se propage des pieds à la
tête, dans les muscles, dans les articulations et finalement jusque dans les os. Elle s'arrête
entre chaque mouvement, reposant la jambe à terre. J'ai l'impression petit à petit que mes
jambes deviennent plus souples, malléables, que progressivement mes raideurs se dénouent.
Lâcher les souvenirs
Soudain, alors que je sens ma hanche qui a du mal à se relâcher, une scène d'enfance me
revient : j'avais voulu sauter à vélo un petit fossé et j'avais chuté lourdement. Je me vois
rentré à la maison, boitant, penaud, traînant ma bicyclette abîmée, plein d'appréhension dans
l'attente de la réaction parentale. Un court instant, envahi par ce souvenir, je ressens comme
un mélange de honte et de peur, j'aperçois que je bloque ma respiration. Toute une série de
bâillements se déclenche, puis un soupir, l'émotion s'évanouit comme si la vibration l'avait
dissoute en même temps que la raideur de ma hanche.
La mémoire des cellules
Hélène m'a prévenu avant la séance : "Les zones crispées du corps qui résistent au
relâchement sont en relation avec des sensations, des émotions, des situations qui nous ont
mis mal à l'aise, avec des sentiments que nous nous sommes retenus d'exprimer, cristallisés
parfois dans le corps depuis l'enfance. Le souvenir de ces situations est enregistré dans le
corps, la mémoire n'est pas seulement mentale, elle est inscrite dans les cellules du corps.
Dans la relaxation coréenne, ces mémoires cellulaires affleurent lorsque la vibration touche
une zone crispée. Avec la décontraction, le sentiment retenu se dissipe, le souvenir reste mais
il est comme vidé de sa charge émotionnelle. L'énergie emprisonnée dans ces mémoires est
libérée et se remet à circuler au grand bénéfice du corps. "Voilà pourquoi ma hanche, comme
traumatisée par cet accident, n'arrivait pas à de se détendre. Notre corps serait-il comme un
résumé de notre histoire à la fois physique et psychique? L'enchaînement de relaxation
coréenne la déroulerait comme un film, nettoyant les mémoires des tissus pour nous laisser
apaisé dans un état d'harmonie primordiale.
Réveiller l'énergie du hara
Après les jambes, c'est au tour de la respiration. Les mains d'Hélène, chaleureuses, posées
bien à plat, vibrent tour à tour les différentes zones de la respiration. "Pour être efficace, me
dit-elle, c'est tout mon corps qui doit vibrer avec mes mains. La vibration doit venir de
l'intérieur un peu comme un tremblement continu et mes mains ne doivent faire qu'un avec
votre corps. La vibration s'enfonce alors profondément dans votre corps. "Effectivement, il
me semble que mes organes internes vibrent d'eux-mêmes. Mon estomac manifeste sa
satisfaction par un long gargouillement et je sens comme une chaleur bienfaisante, une force
qui se réveille dans mon abdomen, ce Ki des Japonais ou Chi des Chinois, énergie de vie qui
est à la base de la pratique des arts martiaux.
Se débarrasser des tensions inutiles
Mes bras ont droit au même traitement attentionné, mes épaules se relâchent tellement que
j'ai le sentiment de m'enfoncer dans le sol. "Il y a aussi des causes physiques aux tensions.
Les gens dépensent souvent beaucoup trop d'énergie pour accomplir des gestes simples, et ce
d'autant plus qu'ils sont pressés et qu'ils ne sont pas conscients de leur corps. Lorsque le
corps est relâché, vous vous rendez compte que vous exécutez les mêmes gestes plus
facilement, plus fluidement, plus élégamment. Petit à petit, la relaxation coréenne vous
apprend à mieux vous servir de votre corps, à ne pas accumuler des tensions inutiles. Votre
corps reprend l'habitude de la détente, car c'est son état naturel, celui qui correspond au
meilleur fonctionnement physiologique et organique."
La sérénité est au fond de nous
La séance se termine par un massage relaxant du visage pendant quelques minutes. "Vous
auriez dû voir comment l'expression soucieuse de votre visage au début s'est transformé petit
à petit. Les masques tombent pour révéler au-delà des tensions et des émotions notre beauté
intérieure, un état originel de sérénité et d'unité. Cet état qui est inné en chaque être, la
relaxation coréenne le découvre progressivement, elle ôte le superflu, ce qui entrave la
manifestation de notre harmonie intérieure. J'ai appris cette technique avec Jean-Bernard
Rishi qui fut mon professeur de yoga. Il disait : "A la fin de la relaxation coréenne, la tête se
tait, le coeur s'ouvre, l'âme vibre, le corps est en symbiose avec l'univers".
Entrer en état alpha et théta
La relaxation coréenne n'a pas encore fait l'objet d'une explication scientifique. Bien sûr, on
connaît bien les effets décontractants sur la musculature des vibrations mais la relaxation
coréenne semble agir surtout sur le tissu conjonctif, c'est-à-dire sur l'enveloppe des muscles
et sur les tendons. Et les terminaisons nerveuses qui aboutissent dans le tissu conjonctif, en
particulier au niveau des articulations, sont à la base de la perception du schéma corporel, de
la coordination des gestes et l'orientation dans l'espace. La relaxation coréenne, en débridant
les articulations, nous remettrait ainsi dans une sorte de schéma corporel idéal et parfaitement
équilibré. Comme la sophrologie, elle plonge d'abord le cerveau dans un rythme d'ondes
alpha, ondes de la détente, puis d'ondes théta qui favorisent l'émergence de souvenirs et
d'images mentales. Elle est utilisée en complément pour aider les personnes qui ont du mal à
se détendre par une technique de relaxation verbale ou une méthode plus active.
Dénouer le destin
Comme l'enchaînement des manoeuvres vibratoires est assez simple et ne demande pas de
connaissance anatomique précise, chacun peut en apprendre les bases pour en faire profiter sa
famille ou ses amis. Si une séance avec un professionnel dure de une heure à une heure
trente, vous pouvez facilement avec quelques mouvements relâcher des épaules crispées, des
jambes fatiguées ou un dos tendu. Par son doigté, en trouvant la vibration juste en fonction de
vos tensions, un professionnel fera sienne cette devise de l'Egypte des pharaons : "Le but de
la vie est de dénouer les noeuds du destin".
Jean-Louis Abrassart
Un article pour le journal Médecines Douces




                                3) Techniques Orientales


                                MASSAGES A LA CHINOISE
Massez-vous en toute quiétude : le do-in est la seule technique d'automassage que l'on puisse
pratiquer sans risque. Avant de m'y être adonnée, je n'avais à vrai dire, aucune idée précise de
ce qu'était le "do-in". Je l'assimilais seulement à une forme de massage. On m'avait pourtant
donné un livre sur le sujet, mais il m'avait paru fort compliqué : l'auteur y avait inclus
maintes notions (philosophies chinoises, t'ai-ch'i, écoles du do, etc) qui n'avaient rien à voir
avec la pratique du do-in en elle-même. Découragée parce qu'en fait totalement béotienne en
matière d'art traditionnel chinois, j'avais refermé l'ouvrage et attendu sereinement ce rendez-
vous avec mon "initiateur".
En pénétrant dans l'institut de massages où nous devions nous rencontrer, je m'imaginais
avant tout que j'allais éprouver de délicieuses sensations. Dans mon esprit d'Occidentale bien
dressée, massage "chinois" signifiait à peu près : pétrissage voluptueux.
Première surprise : l'initiateur n'avait rien d'asiatique. Il portait, d'ailleurs, un nom tout à fait
européen - Jean-Louis ABRASSART - , avait une trentaine d_années sans une once de
graisse superflue, un visage épanoui et serein, et surtout cet air de bonne santé qu'envie tout
citadin en mal de campagne et de repos. Il me demanda de me mettre à l'aise (je me
déchaussai donc et enlevai mes vêtements) et de m'asseoir sur mes talons.
L'initiation débutait
Nous commençâmes par nous frotter les mains (pour les réchauffer), puis nous les secouâmes
(pour les décharger de leur trop-plein d'énergie). "Le do-in étant l'art de l'automassage, me
dit-il, il faut que vos mains et vos doigts soient parfaitement détendus. Faites très exactement
ce que je vous dirai, mais surtout n'employez jamais la force. Videz votre esprit et
concentrez-vous seulement sur ce que vous allez ressentir."
Pendant près d'une heure, il me fit toucher (et non pétrir ou caresser), avec la pulpe de mes
doigts, fermement, mais lentement et délicatement, un grand nombre d'endroits de mon
visage et de mon corps, endroits qu'il appela "points". Certains se révélèrent mous et
asthéniques, d'autres durs et fort douloureux. Les premiers, il me les fit masser, toujours du
bout d'un doigt, dans le sens des aiguilles d'une montre, les autres (les plus nombreux), dans
le sens inverse. A chaque fois il m'expliquait (sans que j'y comprenne grand-chose) à quels
organes correspondaient ces "points". Au fur et à mesure, je lui disais ce que je ressentais.
C'est ainsi qu'il établit son diagnostic : je fumais trop, je souffrais de colites, j'avais
probablement des problèmes dentaires, et mon état général était plutôt mauvais.
Je restai sidérée, impressionnée, séduite parce qu'il avait raison. Ainsi, avec la seule
connaissance des points douloureux de mon anatomie, il avait pu établir mon "bilan", sans
aucune aide médicale, et sans que je ne lui aie rien dit, bien sûr, de mes petits problèmes. De
plus, après toutes ces pressions centrifuges et centripètes qu'il m'avait demandé d'effectuer, je
me sentais beaucoup mieux : mes courbatures de la veille (dues à une séance de danse un peu
énergique) avaient pratiquement disparu; mon visage me semblait infiniment plus lisse et
plus reposé, et ma tension nerveuse avoisinait zéro.
En le quittant, détendue et heureuse, je tentai de lui exprimer ma reconnaissance. "Ne me
remerciez pas, me dit-il, je n'y suis pour rien. Mon rôle s'est simplement borné à vous faire
toucher vos problèmes du doigt. Mais, le jour où vous connaîtrez parfaitement tous vos
"points", vous pourrez parvenir à vous détendre ainsi seule, à établir votre diagnostic et à
vous soigner vous-même. Les adeptes du do-in ne doivent rien à personne d'autre qu'à eux-
mêmes." Du coup, je décidai de m'instruire et me procurai d'autres ouvrages (voir
bibliographie).
Une tradition millénaire
J'y appris que le do-in redécouvert récemment aux Etats-Unis et en Europe grâce au Japonais
Mishio Kushi (également illustre pour son enseignement de la diététique macrobiotique),
n'était pas seulement un nouveau truc de cette mode (heureuse) qui remet depuis quelques
années le corps à l'honneur et contribue au succès de la multitude d'ouvrages (plus ou moins
bons) parus à ce sujet.
En fait, le do-in est la plus simple (il ne nécessite aucun accessoire), la plus ancienne (il
remonte à la nuit des temps) et la plus complète forme de massage qui soit, celle sur laquelle
se sont d'ailleurs greffées toutes les autres, depuis le jusqu' àupressing et à la digitopuncture,
en passant par l'acupressing et les massage zen.
Elle s'appuie sur la thèse, connue en Chine depuis des millénaires, qu'en plus de l'air, de la
lumière et de la nourriture l'homme se nourrit aussi de vibrations supérieures,
électromagnétiques, provenant du cosmos. Ces vibrations forment l'"énergie vitale" (appelée
Ch'i en Chine et Ki au Japon), qui règle l'interaction des forces antagonistes (Yin et Yang)
existant dans tout être humain et que le corps capte par de nombreux "points" de pression.
De structure en spirale, placés sous la peau, ces "points", qui, donc, transmettent l'énergie
électromagnétique à travers le corps, sont situés le long de canaux, les "méridiens"
(comparables aux parcours prédéfinis des circuits électroniques), reliés chacun à un organe
ou à un système déterminé.
Ne soyez pas sceptiques
Reconnue et mise en pratique depuis des millénaires par la médecine traditionnelle chinoise,
cette théorie des "méridiens" et des "points" de pression est aujourd'hui cautionnée par la
médecine occidentale moderne. En effet, celle-ci reconnaît l'origine commune des nerfs et de
la peau dans l'embryon et admet même que certains points de l'ectoderme (couche extérieure
de cet embryon), qui deviendront en neuf mois le système nerveux et la peau, sont reliés à
d'autres, situés dans l'endoderme (couche intérieure), qui deviendront un organe. Il est donc
tout à fait admissible, même par un fanatique de la médecine occidentale, que la stimulation
d'un méridien, par l'intermédiaire d'un ou plusieurs des "points" situés sur son parcours,
influence de façon précise l'organe correspondant.
Bien que les organes internes possèdent leur propre système de circulation d'énergie vitale,
c'est par ces "points" qu'ils viennent en contact avec l'environnement. C'est donc par eux
qu'on peut y provoquer (ou y bloquer) l'afflux de l'énergie et rétablir son juste équilibre. La
pratique du do-in permet justement ce rééquilibrage.
Rééquilibrer l'énergie
Comment ? Tout simplement en appuyant sur ces points et en les massant. En effet, lorsqu'un
organe fonctionne mal, et avant même qu'il devienne sensible (c'est-à-dire avant qu'il soit
réellement atteint), les points auxquels il est relié changent de "comportement" au toucher. Si
celui-ci est dur et douloureux, c'est que l'énergie y stagne en excès. Il faut donc calmer le
point en dissipant ce trop-plein d'énergie dans le méridien avoisinant. Pour cela, il suffit
d'utiliser notre outil le plus naturel, c'est-à-dire notre main, ou plus exactement le bout d'un
de nos doigts (riches en terminaisons nerveuses), et de masser, profondément, d'une façon
continue et toujours sur un temps d'expiration, l'endroit sensible en un mouvement centrifuge
(Yin). Ainsi débloquée, l'énergie peut de nouveau circuler dans tout le corps, et les organes
s'en trouvent tous purifiés.
Au contraire, si le point est mou, froid et peu sensible au toucher, c'est que l'énergie y est
déficiente. Il faut alors le tonifier en décrivant, toujours avec la pulpe d'un doigt, des
mouvements centripètes (Yang).
La grande difficulté, pour un nouvel adepte, est d'apprendre à situer les différents points
(mais, contrairement à l'acupuncture, une cinquantaine suffit). Après, le reste devient routine.
Au bout de deux mois environ d'"exploration" quotidienne, cinq minutes suffiront à "sonder"
son corps (c'est-à-dire à établir son propre diagnostic). La durée du traitement dépendra
ensuite de la tonicité, de la flaccidité ou de l'hypersensibilité des points.
Pratiquer le do-in tous les matins favorise donc la circulation des énergies dans le corps
(prévention de la maladie), ranime les capacités génératrices de l'organisme (maintien de la
santé et du tonus) et rétablit l'équilibre de l'intérieur (soin des organes, stimulation du
système circulatoire, régulation du système nerveux).
En sachant cela, on s'imagine bien que cette "auscultation" quotidienne de son corps conduit
à une sensibilisation plus importante à soi-même. Comme on parvient à déceler et à soigner
ses maux, avant même qu'ils ne se manifestent, on acquiert petit à petit de l'indépendance, ne
serait-ce que vis-à-vis des médecins.
En somme, en s'adonnant au do-in, on conquiert son autonomie : d'abord vis-à-vis de son
corps, que l'on finit par accepter parce qu'on se sent plus en forme; ensuite vis-à-vis des
autres parce que, lorsqu'on se sent mieux dans sa peau, les complexes diminuent.
C'est ainsi que, petit à petit, on apprend à discerner ce qui est "bon" pour notre organisme de
ce qui l'est moins.
"Si la pratique favorise une plus grande stabilité physique, affirme Rishi dans son ouvrage
sur le do-in, elle permettra aussi une meilleure maîtrise des plans émotionnel et mental, car
celui qui contrôle ses énergies dispose d'un meilleur potentiel et peut ainsi mieux dominer
son comportement et mieux s'adapter aux différentes circonstances de la vie."
Ce dont je suis sûre, c'est que, depuis un mois que je m'y suis mise, si je n'ai, hélas! pas cessé
de fumer, je porte de moins en moins mes jeans trop serrés (qui entravaient ma circulation)
pour laisser mon corps s'épanouir dans des robes floues. J'abandonne peu à peu mes
vêtements en fibre synthétiques au profit de ceux qui sont en fibres naturelles (beaucoup
mieux supportées par la peau), je fais beaucoup plus attention à ma nourriture et je dors sans
cauchemars.
Bref, insensiblement, je change de mode de vie. Résultat : je me sens beaucoup mieux,
beaucoup plus détendue. Un peu comme si, lentement, je faisais peau neuve.
Quelques conseils pratiques
La position recommandée est d'être assis(e) sur les talons réunis, les genoux écartés de la
valeur d'un poing et tournés vers le soleil levant. Laissez tomber les bras de chaque côté du
corps et dressez au maximum votre colonne vertébrale. Puis inclinez-vous trois fois de suite
en avant, en expirant et en appliquant vos deux mains sur le sol, de chaque côté de vos
genoux. Ensuite, frottez-vous énergiquement les mains, secouez-les et "attaquez" les points
du visage, puis ceux de la gorge, et descendez ainsi, progressivement, jusqu'à la plante des
pieds.
Il faudrait un manuel entier pour décrire tous les points de do-in. Mais sachez par exemple
que :
- en pressant simultanément les ailes de votre nez à l'aide de vos pouces, vous traiterez la
sinusite, les rhinites, l'acné et le prurit facial;
- en saisissant et en étirant, entre vos pouces et vos index, les lobes de vos oreilles, vous
stimulerez votre estomac;
- en tambourinant avec le bout de vos doigts (les poignets doivent être souples) votre cuir
chevelu, vous stimulerez votre circulation;
- en massant avec le pouce un point situé environ à dix centimètres au-dessus du nombril,
vous diminuerez vos douleurs abdominales;
- en appuyant fortement avec le pouce dans le creux situé entre le pouce et l'index (au niveau
du premier et du deuxième os métacarpien), vous atténuerez vos maux de dents;
- en appuyant, avec l'ongle du pouce, dans le creux situé à l'extérieur du poignet, vous ferez
disparaître votre migraine et retrouverez le sommeil.
Massez-vous de préférence le matin à jeun ou le soir avant de vous coucher (jamais, en tout
cas, juste après un repas copieux). Ayez les mains parfaitement propres et les ongles coupés
courts. Installez-vous dans une pièce chauffée environ à 20°C et bien oxygénée.
Choisissez une lumière peu agressive.... Et faites le vide mental.
Les autres techniques de massage
Le do-in est la seul technique de massage qu'on puisse pratiquer sans aucun risque sur soi-
même, toutes les autres nécessitant en principe l'intervention d'un praticien. Parmi toutes ces
méthodes (digitopuncture, acupressing, manupressing, etc), dérivées d'ailleurs du do-in, la
plus répandue est certainement le shiatsu. Venue du Japon (en japonais, shi signifie doigt et
atsu pression), elle consiste à exercer des pressions (sans mouvement de massage) sur
certains "points" particuliers du corps (les "tsubo") afin de soulager un malade. la
manipulation doit donc être faite par un praticien chevronné.
Dominique Poncet
Paru dans Marie-Claire


                      DO IT YOURSELF, L'AUTOMASSAGE DO IN
             Un article paru dans le journal « Médecines Douces »



A la fin de l'été les bonnes résolutions foisonnent. Que faire pour garder la forme des
vacances? Reprendre le footing, commencer la pratique d'un nouveau sport, se mettre au
yoga, à la natation? Comment trouver du temps, entre le travail et les enfants et pour
s'occuper de soi ?
Rien ne remplace une activité physique régulière pour se sentir mieux, se préparer à résister
aux infections de l'hiver, se vider la tête des tracas de la vie quotidienne. Le soin que nous
prenons de notre corps, en plus des bienfaits physiques évidents et des avantages esthétiques
qu'il procure, est la base d'un moral solide.
Apprenons à éliminer les stress que nous accumulons dans la journée avant d'en arriver au
ras-le-bol, apprenons à préserver notre équilibre nerveux. Bien dans son corps, bien dans sa
tête est aussi vrai que l'inverse. Une mauvaise digestion, un mal de tête, une douleur
articulaire minent notre humeur et nous rendent plus vulnérables. Sédentaires que nous
sommes devenus, nous avons besoin de mobiliser l'énergie de notre corps. Pressés par nos
occupations quotidiennes, nous cherchons une technique facile à mettre en oeuvre. Pourquoi
ne pas essayer l'automassage d'origine japonaise, le DO IN

                                      Accessible à tous


IN, en japonais, c'est l'énergie. DO qui se retrouve dans judo ou aikido signifie la voie, le
chemin. Littéralement, le DO IN peut se traduire par la voie de l'énergie. La technique du DO
IN consiste essentiellement en des mouvements d'automassage simples combinés à des
étirements doux qui vont permettre à l'énergie de mieux circuler dans notre corps. Introduit
en France par un professeur de Yoga, Jean Bernard RISHI, le DO IN a l'avantage d'être
accessible à tous et d'être très facile à apprendre.
Une fois les mouvements connus, vous le pratiquez partout, à la maison ou même dans la
nature. Sans danger, adaptable à chacun, c'est une méthode idéale, même pour les personnes
âgées ou alitées. A l'école maternelle, des institutrices l'enseignent aux enfants sous forme de
jeu pour découvrir leur corps. Le DO IN ne nécessite aucun équipement ou matériel
particulier puisque vous n'utilisez que vos mains pour frictionner ou exercer des percussions
légères sur les différentes parties du corps. Vous profitez ainsi à domicile de l'effet relaxant et
revitalisant d'un vrai massage et, en plus, le DO IN vous enseigne des mouvements
spécifiques pour combattre la nervosité, soulager les douleurs, réduire les maux de tête ou
encore faciliter le transit intestinal, avec des résultats parfois étonnants.




                      Une technique basée sur les lois de l'acupuncture


Le DO IN trouve son origine dans les exercices utilisés par les moines orientaux dans les
temps anciens pour entretenir leur santé et compenser les longues périodes d'immobilité de
méditation et de prière. Il doit son originalité et son efficacité à son action organique : chaque
geste de massage, chaque étirement est conçu pour agir par l'intermédiaire des méridiens
d'acupuncture sur le fonctionnement des organes internes. A l'effet local de détente et de
stimulation de l'irrigation sanguine du massage, s'ajoute un effet à distance qui stimule les
fonctions essentielles du corps. Une simple friction du front va, par exemple, se répercuter
sur la vessie aidant celle-ci à mieux remplir leur rôle. Serait ce la raison qui nous pousse à
accomplir machinalement ce geste au réveil? Action semblable à celle de l'acupuncture dont
l'efficacité n'est plus à démontrer, en particulier pour tous les dysfonctionnements causés par
une vie déséquilibrée. Le geste de porter la main sur un endroit qui nous fait mal, de nous
frictionner, par exemple, après nous être cogné, est instinctif et naturel. L'envie de masser nos
épaules tendues après une journée éprouvante également. Le DO IN a simplement codifié ces
gestes instinctifs pour les rendre plus efficaces. Le réseau des méridiens d'acupuncture
couvrant tout le corps et chaque organe ayant son méridien, la succession des différents
mouvements de DO IN va rééquilibrer l'organisme tout entier.




                                      Une séance à la carte


Vous commencez votre séance de DO IN par une friction des mains l'une contre l'autre pour
le réchauffer et les préparer à l'automassage puis par exemple par des étirements des doigts,
chaque doigt commandant comme chaque orteil une fonction importante du corps. Un
massage circulaire avec le pouce de la paume de l'autre main va stimuler un point chinois
appelé "le palais du travail" qui favorise l'ardeur au travail, lutte contre le trac, l'anxiété et le
mal au coeur. N'y a-t-il pas là une analogie curieuse avec le fameux poil dans la main des
paresseux? D'autres mouvements vont assouplir les mains et les poignets dont la raideur peut
être en relation avec les poumons.
Vous continuez avec des tapotements et des frictions du cuir chevelu qui décongestionnent la
tête mais aussi le foie et la vésicule biliaire. Puis des gestes simples mais précis de massage
du visage, front, tour des yeux, ailes du nez pour stimuler la respiration - recommandé aux
fumeurs- petits mouvements circulaires sur les joues qui maintiennent les gencives en bonne
santé. Un des bienfaits annexes du DO IN est de retarder l'apparition des rides et si elles sont
déjà là de réduire leur aggravation. En effet, pour les médecins chinois, chaque ride est le
reflet du dysfonctionnement ou de la faiblesse d'un organe interne. Celles, horizontales sur le
front, sont en relation avec le gros intestin alors que deux traits marqués entre les sourcils
montre un foie surchargé.
Frictions de la nuque et des cou pour soulager les douleurs des vertèbres cervicales,
fragilisées par une élimination insuffisante, pétrissage des trapèzes, ces muscles des épaules
où nous portons le poids de nos ennuis, tapotements et mouvements glissés en descendant
l'intérieur des bras puis en remontant la face externe. Le DO IN alterne ainsi sur tout le corps
des percussions légères, des tapotements, des frictions et des gestes de massage simples à
exécuter et que vous choisissez en fonction du temps dont vous disposez. Les étirements qui
s'y ajoutent sont aussi conçus en fonction des méridiens d'acupuncture : amener un bras
replié derrière la tête assouplit l'articulation de l'épaule mais calme en même temps les
palpitations cardiaques et l'émotivité - étirement du méridien du coeur. Par le massage
circulaire appuyé de certains points précis, vous agirez à la carte sur les douleurs qui vous
sont familières ou vous calmerez le mal de tête ou la gêne digestive que vous gardez du repas
trop copieux de la veille.


                                     Prévenir la maladie


Le DO IN nous apprend que la plupart des douleurs, tensions musculaires, problèmes de peau
vont de pair avec une congestion ou une faiblesse de certains des organes internes.
Inversement, en agissant sur les méridiens d'acupuncture en correspondance avec ces
organes, le DO IN va régulariser leur fonctionnement et à long terme prévenir ainsi de
l'apparition de la maladie. Le méridien d'acupuncture a un rôle important: il "protège"
l'organe comme une première ligne de défense, en particulier face aux perturbations
extérieures comme les changements de température. Par exemple, quelques jours ou quelques
heures avant l'apparition d'une toux causée par un refroidissement, les muscles sur le
parcours du méridien du poumon à l'intérieur du bras vont se durcir, les articulations du
coude et du poignet devenir plus raides. En massant la face interne des bras vous vous
donnerez plus de chances d'éviter cette toux.
Le DO IN nous enseigne que le corps est un tout et que nous pouvons faire confiance à la
vitalité que nous portons tous en nous. Son but : renforcer les capacités d'autoguérison et de
défense de l'organisme dont l'affaiblissement est la cause première de toutes les maladies. Et
si notre corps n'avait besoin que d'un coup de main pour aller mieux.
Bien sûr, le DO IN n'a pas prétention à être une médecine et sa pratique ne dispense
nullement d'une aide médicale lorsque celle-ci est nécessaire. Il est d'ailleurs déconseillé dans
les moments de grande fatigue ou de trop forte perturbation émotionnelle - il ne doit pas
servir à tirer encore plus sur la corde -, quand une maladie est déclarée, par exemple en cas
de fièvre. Les personnes souffrant d'affections chroniques se contenteront d'un automassage
général léger en évitant le massage de zones spécifiques et de points d'acupuncture qui
pourraient leur être néfastes sauf s'ils leur ont été conseillés après le diagnostic d'un
professionnel.
Réapprennons à vivre bien avec notre corps, accordons lui l'attention que nous lui devons. Ne
mérite-t-il pas plus qu'une simple toilette quotidienne qui se cantonne à l'apparence
extérieure? Ne devons-nous pas aussi l'entretenir " de l'intérieur"? Nous vivons trop souvent
dans notre tête et notre corps nous suit comme il peut. Comme un enfant délaissé, il proteste
pour que l'on s'occupe de lui. Ses douleurs sont autant de cris d'appel, Est-ce trop demandé
que 10 mn par jour pour ensuite nous sentir mieux tout au long de la journée? Prendre du
temps pour nous frictionner, pour nous masser, pour nous faire du bien tout simplement.
Bref, pour aimer notre corps. Il ne nous le rendra bien.



                   DO IN, L'AUTOMASSAGE A LA PORTEE DE TOUS
                         Une technique de rééquilibrage énergétique
Au carrefour des techniques traditionnelles orientales et des méthodes de massage réflexes
les plus modernes, l'automassage DO IN occupe une place à part. Discipline simple,
accessible à tous, sans danger. DO IN est une pratique d'entretien et de remise en forme
physique. L'automassage DO IN est traditionnellement utilisé depuis des siècles en Extrême-
Orient comme une pratique matinale d'échauffement corporel qui se transmettait de
génération en génération. Terme japonais - de la racine DO = la voie, le chemin et IN =
l'énergie -, DO IN désigne littéralement un ensemble de mouvements destinés à améliorer la
circulation des énergies dans le corps. Il s'agit essentiellement d'une pratique individuelle -
pressions, frictions, étirements se combinent pour agir non seulement localement sur la
musculature - comme dans toute forme de massage - mais encore sur des zones et points
spécifiques du corps en relation avec les méridiens d'acupuncture et le système nerveux. Car
c'est là l'originalité du DO IN qui n'apporte pas seulement une détente externe et superficielle
mais assure par voie réflexe, c'est-à-dire par une action à distance, un rééquilibrage du
fonctionnement des organes internes.
Une pratique qui touche tout le corps
Grâce à un enchaînement qui varie d'une vingtaine de minutes à une heure, pouvez-vous sans
risque et sans exercice physique trop intense récupérer votre tonus et aborder la journée plus
détendu et plus efficace.
Bien que les mouvements insistent sur les mains, les pieds, le visage et la tête, facilement
accessibles en automassage, le DO IN traite l'ensemble du corps. En effet, dans la médecine
orientale, le corps est considéré comme un tout et les techniques sont pratiquées de façon à
agir à la fois sur les causes et les symptômes. Au sens occidental, le DO IN n'est pas une
médecine : il est avant tout préventif. Il renforce globalement les capacités d'auto-défense et
d'autoguérison du corps, la capacité d'adaptation de l'organisme dont l'affaiblissement est la
source première de toutes les maladies.
De l'acupuncture sans aiguilles
Cependant, le DO IN est également une "thérapeutique d'urgence". En effet, lorsqu'un organe
fonctionne mal, avant même qu'il ne soit réellement atteint, les points auxquels il est relié
changent de "consistance" au toucher. Certains deviennent douloureux et durs, l'énergie est
en excès, l'organe est congestionné. Il faudra donc dissiper ce trop plein énergétique par un
massage superficiel, sur l'expiration. D'autres points seront au contraire mous, froids et peu
sensibles. Il faudra tonifier l'énergie déficiente en relation avec un organe qui fonctionne
insuffisamment. Le massage sera plus profond, plus prolongé et s'effectuera sur l'inspiration.
Ainsi la connaissance d'environ soixante points à la surface du corps nous permet-elle de
réagir aux multiples maux et douleurs : insomnie, difficultés digestives, maux de tête,
fatigue, jambes lourdes, douleurs du dos...
C'est cet aspect du DO IN souvent dénommé acupressing ou acupressure qu'on fait connaître
récemment plusieurs livres à grand succès. Il faut prendre garde de ne pas simplement utiliser
ces "points-recettes" à l'exclusion des mouvements d'automassage général. La santé n'est plus
un domaine réservé simplement aux spécialistes mais devient le lot et la responsabilité de
chacun.
Alors pourquoi pas vous? Vous qui cherchez des mouvements simples pour vous échauffer
avant le sport et éviter les courbatures, vous qui avez du mal à vous mettre en route le matin
ou qui, rentrant du travail, avez quelques minutes pour récupérer, vous qui supportez mal les
stress et le rythme de la vie actuelle, vous encore du troisième âge que rebutent les exercices
physiques difficiles et tous, vous retirez du DO IN des bienfaits importants.
Jean-Louis ABRASSART
Paru dans le journal Prévention santé
                            MAL AU DOS, SHIATSU, BRAVO!
Le shiatsu est une médecine de la sensibilité qui s'exerce par application des doigts sur le
corps, suivant le même principe que l'acupuncture. C'est peut-être le remède aux maux de la
vie moderne. Marie-Joséphine Grojean l'a essayé.
J'ai mal au dos depuis un mois, une douleur intermittente qui part depuis la nuque, coule le
long de l'épaule et s'en va se diluer dans les muscles du bras. "C'est classique, m'a dit mon
amie Cynthia, tu es fatiguée, ton énergie ne circule plus et il se crée des noeuds qui font mal.
Va faire une séance de shiatsu. Moi, ça m'a fait un bien fou." Le shiatsu, connais pas. A mon
mal de dos, s'ajoute une curiosité toute occidentale : je prends rendez-vous chez le shiatsu shi
de Cynthia.
Une séance de Shiatsu
Paris 15e. Immeuble moderne. Appartement au 7e. Atmosphère japonaise : petite femme
japonaise, claustras en guise de baies vitrées, plantes, aquarium, gravure d'Okusai, grande
calligraphie au mur. Sur une estrade, un petit matelas de coton est posé sur le tatami. J'ai
plutôt l'impression d'être venue pour prendre le thé que pour me faire soigner. Le shiatsu shi
lui n'est pas japonais. C'est un jeune homme blond et sportif qui a étudié deux ans chez
maître Ryuho Okuyama à Tokyo après ses études de kinésithérapie à Montpellier.
- Mal au dos, c'est courant. Mais vous devez aussi avoir des problèmes de vésicule.
- Moi?
- Vos paupières sont gonflées et vous avez des cernes.
Des cernes. Je me sens passer aux rayons X et je n'aime pas ça. Surtout que je ne sais même
pas où est ma vésicule! Je me déchausse et je m'allonge sur le tatami. Sur le petit coussin où
je repose ma tête, un tissu fraîchement repassé avec une calligraphie.
- Qu'est-ce qui est écrit?
- C'est l'idéogramme du guerrier.
Le shiatsu shi a des chaussettes blanches. Il s'agenouille à mes côtés et prend mon pouls
droit. Six pressions légères. Les yeux fermés, je me concentre sur le contact. Pouls du côté
gauche.
- Que faites-vous?
- Je vous prends les pouls. Comme en acupuncture. C'est ainsi qu'on établit le diagnostic
énergétique. On lit l'état des organes internes aussi bien que l'état psychique, les points
faibles, les noeuds, les défaillances de tel ou tel organe. L'interprétation des pouls est
différente selon les heures, les saisons, le sexe.
- Qu'est-ce que vous avez trouvé pour moi?
- En général, on ne le dit pas au patient.
- Pourquoi?
- Notre état de santé est fluctuant. Si je vous dis : faiblesse de la vésicule, vous allez repartir
avec cette phrase dans la tête, alors que ce point faible n'est peut-être que le révélateur d'un
dysfonctionnement de l'estomac.
- C'est compliqué?
- Non, c'est une approche différente du corps, une approche globale.
Il me fait mettre sur le ventre.
-Aïe. Vous me faites mal.
Il a commencé ses pressions et il n'y va pas avec le dos de la cuillère. Cinq à sept secondes de
pressions fermes avec le bout des pouces et le bout de je ne sais quel doigt, sur l'épaule, sous
l'omoplate, près de l'aisselle, à la naissance du bras, sous le biceps. Il appuie fort. J'ai du mal
à respirer.
- Je ne vous fais pas mal. C'est vous qui avez mal. Il y a des points douloureux dans votre
corps. En appuyant dessus, je ne fais que les révéler. Vous vivez avec un corps douloureux
mais vous l'ignorez jusqu'à ce qu'il crie de douleur et produise un désordre pour qu'on
s'occupe de lui : c'est la maladie.
Il continue ses pressions. J'ai mal partout. J'ai l'impression d'être un sac de noeuds.
- Ne vous inquiétez pas. Dès que cesse la pression, la douleur disparaît. Vous avez mal parce
que vous avez des blocages énergétiques comme tout le monde. Il faut dénouer cela.
Guérir par la pression
Je commence à paniquer, puis, tout d'un coup curieusement, je constate que cette douleur
n'est pas que désagréable; comment dire, elle provoque même un certain soulagement quand
je la laisse passer sans me crisper. Au bout de quelques minutes, j'ai pigé quelque chose au
shiatsu. C'est ce qu'on appelle guérir le mal par le mal. Quand on a mal à une dent, on presse
la gencive, quand on se cogne la tête, on frotte l'endroit douloureux. Le shiatsu a fait de cette
démarche instinctive une méthode thérapeutique. Il utilise d'un côté l'instinct naturel qui
pousse chacun à appuyer sur le point douloureux et de l'autre, le pouvoir de régénération et
d'auto-réparation du corps. Tout le monde peut donc faire du shiatsu à condition de connaître
le corps humain et d'avoir conservé cet instinct du toucher. Le mot japonais est clair : shi
veut dire doigt. Atsu, pression.
- Pourquoi une pression sur un point douloureux produit-elle un soulagement?
- Les pressions sont douloureuses en surface mais en profondeur, elles rétablissent un courant
énergétique rééquilibrant.
- Quelles maladies peut-on soulager?
- Toutes celles qui proviennent d'un dysfonctionnement, les migraines, l'asthme, le diabète,
les aménorrhées, les dépressions, les insomnies, l'arthrose, le strabisme, la constipation : tous
les symptômes d'un dérèglement plus profond.
- Où appuyez-vous exactement?
- Ce sont les mêmes points que pour l'acupuncture, sur les méridiens. Chaque point
correspond à un organe précis ainsi qu'à une zone émotionnelle liée à cet organe ou à
d'autres.
Intéressant cette manière de voir le corps humain comme une centrale d'énergie avec des
circuits, des pannes, des points de haute tension et de basse tension. Le corps est une machine
super sophistiquée. Quand vous êtes en forme, l'énergie passe bien. Il y a une fluidité dans les
gestes, les choses s'enchaînent, tout semble facile. Quand on est en panne d'énergie, bloqué si
vous voulez, la même situation paraît insoutenable et la vie semble lourde comme un rocher.
Le shiatsu tout comme les massages médicaux fait partie des anciennes techniques de
guérison manuelle que l'on connaît sous le nom de médecines traditionnelles et auxquelles on
revient aujourd'hui, ce qu'on appelle les médecines douces, l'acupuncture, les traitements par
les plantes, l'imposition des mains, les manipulations de la colonne vertébrale et autres. Une
manière de soigner qui s'attache plus au traitement des causes qu'à l'élimination des
symptômes : j'ai mal à la tête, je prends un cachet. Le symptôme disparaît. Mais c'est oublier
que la migraine est d'abord un signal d'alarme : attention, quelque chose se dérègle. Il y a un
déséquilibre quelque part.
Au bout de 20 minutes de pressions intenses, je me suis levée du tatami. J'étais effectivement
soulagée, légère, défatiguée. Mais en même temps, je sentais un petit malaise au creux de
l'estomac, comme une inquiétude. Bizarre.
- C'est normal. Vous avez repris contact avec votre corps. Pendant la séance, vous êtres
entrée dans une zone intime de vous-même, celle de vos rythmes et de vos circuits
énergétiques. Vous vous êtes sentie de l'intérieur et qu'est-ce que vous avez senti? Vos
résistances, vos barrières, vos peur. Vous vous étiez habituée à vivre avec elles. En les
touchant un peu, c'est comme si je vous avais enlevé vos béquilles. Le traitement consiste à
vous donner cette aide profonde pour que vous puissiez accepter le changement et que vous
puissiez évoluer. Pour cela il faut réveiller en vous toutes les énergies qui vous permettront
de vous prendre en charge. Une personne équilibrée est droite. Le shiatsu ne fait qu'aider les
gens à ressentir cette force qui les pousse vers l'équilibre.
- Mais c'est une psychothérapie!
- C'est aussi, bien sûr, une médecine d'éveil et de prise de conscience.
Une technique d'avenir
Je rentrai songeuse chez moi. J'étais venue soigner un mal de dos, somme toute assez banal
étant donné que je passe la moitié de ma journée à taper à la machine, et je me retrouvais
secouée dans mes certitudes intimes et remise en cause. Je n'avais plus mal au dos mais j'étais
inquiète. Comment quelques coups de pouce bien placés pouvaient-ils avoir un tel effet? Je
décidais de guérir le mal par le mal et je pris rendez-vous avec Monsieur Tsugo Kagotani,
shiatsu shi japonais. Diplômé de l'école de shiatsu de Tokyo, ce Japonais vit à Paris où il se
propose d'ouvrir une école. Très strict, très poli et très réservé, il est entré, a posé son
parapluie et s'est déchaussé : "Le Japon, ce n'est pas seulement les microprocesseurs et
l'informatique. Cela, c'est seulement un aspect de la vie japonaise. C'est une société
expérimentale où l'on essaie d'équilibrer la tradition et le modernisme. Les intérieurs sont
calmes et quand les gens rentrent chez eux, le soir, ils changent de vêtements et se font des
massages. Tout le monde par tradition et par instinct fait un peu de shiatsu. On se tapote le
dos en famille pour se revigorer".
- Est-ce la seule façon pour les Japonais de se soigner?
- Non, le Japon a adopté en partie le mode de vie occidental. Quand la maladie est là, on
appelle le médecin et on prend des médicaments.
- Y a-t-il une manière différente de traiter son corps selon que l'on est Japonais ou Français?
- Enorme. Une différence énorme. Ici, on a une insomnie, on prend une pilule. C'est un
remède externe qui soigne le symptôme mais pas la cause du mal. Les Japonais sont plus
prudents avec leur santé, ils y pensent avant d'être malades. Ici, j'ai l'impression que les gens
vont jusqu'au bout et négligent les signaux d'alarme.
- Croyez-vous que les techniques manuelles comme le shiatsu vont se développer en Europe?
- Les stresses de la vie quotidienne, les sciences de pointe, le développement de
l'informatique par exemple, tout cela crée des maladies nouvelles. L'insomnie, les migraines,
les arthroses, les nuques bloquées, les dépressions sont des maladies modernes. Aujourd'hui,
on n'utilise pratiquement plus son corps mais constamment sa tête : le programmateur devant
son pupitre, la sténo devant son clavier, tous ces travaux où il faut regarder des chiffres et des
lettres qui s'inscrivent sur un écran fatiguent énormément les yeux et les centres nerveux. Le
cerveau travaille trop. Il y a un déséquilibre physique. Les manipulations donnent au corps ce
qui lui manque, un contact avec le vivant.
- Pourquoi toucher est-il si important?
- Dans toutes les sociétés traditionnelles on utilise le pouvoir guérisseur des mains. Les bouts
des doigts sont très riches en terminaisons nerveuses directement connectées avec le cerveau,
ce qui explique pourquoi l'utilisation des mains procure une sensation de bien-être
physiologique immédiat. C'est tout le pouvoir des caresses. Les hommes d'affaires japonais
ont l'habitude de se frotter les mains lors des négociations de business, c'est que cela procure
une sensation de calme. Les Chinois, eux, passent une bonne partie de leur temps à triturer
des noisettes dans leurs mains. Quand le bout des doigts est en action, ça donne une stabilité
émotionnelle, maintient la santé physique tout en stimulant la circulation dans les mains.
Une médecine de la sensibilité
Le shiatsu tel qu'on le pratique aujourd'hui est assez récent. Il date d'environ 60 ans. Depuis
très longtemps il existe au Japon un massage traditionnel, l'anma, qui a été importé de Chine
au 5e siècle. On l'utilisait pour guérir. Puis est arrivée l'acupuncture. Au 17e siècle, un
aveugle doué pour le massage est appelé auprès du shoggun, général en chef et maître du
pays. Grâce au massage qu'Eddo lui fait sur le ventre, le shoggun guérit. Il est si content qu'il
demande à Eddo ce qu'il veut, il le lui donnera. Eddo demande un titre qui lui assure le
monopole du massage sur le ventre. Il crée une caste et peu à peu le massage perd son
pouvoir thérapeutique.
Il y a 60 ans, le massage médical fait sa réapparition mais sous une autre forme, on ne masse
plus : on fait des pressions avec les pouces. Inspiré de l'anma et de l'acupuncture, le shiatsu
est né et s'est adjoint des techniques importées des USA, c'est un mélange de chiropractie, de
vertébrothérapie et d'ostéopathie. De nombreuses écoles se développent au Japon. On y
étudie les arts martiaux et médicaux ainsi que les philosophies.
- Comment reconnaître un shiatsu shi?
- C'est difficile. C'est une médecine de la sensibilité. Il est difficile d'être objectif. C'est à
chacun de faire son expérience. La main qui touche le corps agit comme un radar. Elle sent
les résistances, les régions dures et atteintes, les zones de perturbation. D'instinct, elle dose
les pressions. La seule règle d'un shiatsu shi, c'est de sentir. Pour sentir il faut avoir la tête
vide, alors les doigts travaillent tout seuls. Le shiatsu est une médecine de la sensibilité et de
l'instinct. Dans ce sens, elle est complètement nécessaire dans la vie moderne".
Marie-Joséphine Grojean
Paru dans le journal Marie-Claire
                                       4) Reflexologies
                      PARLE A MES PIEDS, MA TETE EST MALADE
Grecs ou marins, ils assurent, avec l'oeil, la position debout. Plats ou cambrés, ils déterminent
notre posture et reflètent nos émotions. En soignant nos pieds, le podologue rééquilibrera
notre être tout entier.
Cet été, sur la plage, vous avez sans doute observé tous ces corps dénudés venus profiter de
la mer : chacun a sa propre posture, sa démarche. L'un bombe inconsciemment le torse, une
autre se tient un peu raide sur ses jambes, même si ses reins cambrés attirent des regards
concupiscents. Celui-là qui court semble marteler le sol à chaque enjambée... Au-delà de
l'esthétique, chaque corps reflète une manière d'être dans la vie. Que penser des orteils
recroquevillés de cette jeune femme allongée sur le sable?
Retour en arrière. Au premier Congrès européen de podologie énergétique qui s'est tenu à
Annecy fin mai. Plus de deux cent cinquante podologues se retrouvaient pour faire le point
sur leur métier et leurs recherches. L'occasion de découvrir une discipline passionnante, trop
méconnue, semble-t-il, et dont la devise pourrait se résumer ainsi : savoir se tenir sur ses
pieds.
Nos pieds repoussent la terre
Comment nous tenons-nous debout? Question simple en apparence mais en réalité fort
complexe physiologiquement. Le Dr Bernard Bricot, chirurgien orthopédiste, nous explique.
"Longtemps, on a pensé que l'oreille jouait un grand rôle dans l'équilibre. En réalité, elle
n'intervient qu'en cas de mouvement. C'est l'oeil et le pied qui assurent la stabilité de la
position debout." Toute notre posture s'organise en fonction de l'appui de nos pieds au sol et
de la position de notre tête. Constamment, sans nous en rendre compte, nous repoussons la
terre avec nos pieds pour lutter contre la gravité. Cette pression sur le sol se répercute tout le
long des muscles de notre corps jusqu'au sommet de la tête, entraînant éventuellement des
déformations de notre posture. Contrairement à l'apparence, ce n'est pas notre squelette qui
nous tient mais bien les muscles et les tendons qui les relient.
Le pied, dont Léonard de Vinci disait qu'il est "un chef d'oeuvre de mécanique et une oeuvre
d'art", est aussi une merveille d'architecture anatomique : 26 os, soit le quart des os du corps,
90 muscles, plus de cent ligaments pour les relier et permettre toute la gamme de nos
déplacements. La plante du pied est la zone la plus irriguée et la plus innervée du corps : les
7'200 terminaisons nerveuses qui y aboutissent perçoivent des différences de niveau de cinq
microns et des variations d'appui d'un gramme. Nous ne réalisons pas par quel prodigue nous
tenons debout et nous marchons.
Un remède au mal de dos
L'une des spécialités du podologue est de prévenir et de traiter les troubles de la posture et de
l'équilibre statique et dynamique, c'est-à-dire aussi quand nous marchons. Ce thérapeute ne se
limite pas aux déformations et douleurs du pied mais considère le corps comme un tout qui a
besoin d'être rééquilibré. 43% des Français souffrent du dos et beaucoup vont de traitement
en traitement sans trouver de soulagement définitif à cause d'une médecine trop spécialisée,
trop compartimentée qui oublie de considérer l'être humain dans son ensemble.
Un mauvais appui des pieds au sol peut être responsable de douleurs dans n'importe quelle
partie du corps : genou, hanche, colonne vertébrale... Un traitement local ne donnera pas de
résultat puisque ces douleurs sont des compensations nécessaires à notre position debout.
Inversement, l'appui des pieds étant en relation avec la position de la tête, un strabisme
oculaire, par exemple, fera pencher le corps sur un côté et pourra être responsable d'une
jambe légèrement plus courte, qui entraînera éventuellement une scoliose de la colonne
vertébrale. Bon pied, bon oeil, dit le proverbe. Importance des dents aussi, passionnément
démontrée par l'exposé de Pascal Chatelet, chirurgien dentiste : posture et implantation des
dents s'influencent mutuellement. Si les dents pressent plus fortement les unes contre les
autres d'un côté ou encore si la mâchoire inférieure est en retrait par rapport à la mâchoire
supérieure, c'est tout l'équilibre du corps qui en est affecté. D'où la nécessité, par exemple,
d'une correction des surfaces de contact entre les dents pour que le poids puisse se répartir
également sur les pieds. Ecoutons encore le Dr Bricot. "A l'avenir, ophtalmologistes,
dentistes, ostéopathes, podologues travailleront de concert".
Des organes sous les pieds
Le bon fonctionnement de nos organes internes dépend aussi du contact de nos pieds avec le
sol et inversement. Philippe Villeneuve, président de l'Association posturopodie
internationale, souligne le lien avec la respiration.
Une personne qui porte plutôt son poids sur les talons aura tendance à se voûter et refermera
sa cage thoracique. Les asthmatiques ont souvent une démarche mal assurée parce qu'ils ne
délient pas les articulations du pied. Le Dr André Banos, acupuncteur, spécialiste de
l'électrographie Kirlian, détecte le rayonnement de l'énergie autour des orteils et des doigts en
relation avec les méridiens d'acupuncture. Il diagnostique ainsi les organes atteints mais en
déduit aussi des indications sur la psychologie de ses patients.
Pour rétablir les grandes fonctions du corps, beaucoup de podologues pratiquent la
réflexologie plantaire. Le principe en est maintenant bien connu : à chaque organe, à chaque
partie du corps, à chaque glande hormonale même, est associée sur le pied une zone précise,
dite réflexe car elle permet d'agir sur l'organe à distance. Cette zone est sensible au toucher,
parfois spontanément douloureuse, lorsque le fonctionnement d'un organe est perturbé.
Dépistage non seulement des douleurs mais aussi de leurs causes profondes souvent ignorées:
dans le cas d'une raideur d'épaule qui déséquilibre la posture, le podologue peut trouver la
zone réflexe du foie sensible et la traiter sur le pied par un massage spécifique. Ayant décelé
des troubles organiques, le podologue pourra utiliser d'autres thérapeutiques naturelles et
orienter, si besoin est, son patient vers d'autres praticiens.
Une fenêtre sur l'inconscient
Mais la plupart des conférenciers ont insisté sur la nécessité d'aller encore plus loin en
considérant le patient non seulement dans son corps mais aussi dans sa psychologie. Toute
position physique est obligatoirement une posture de vie, chaque pas une manière
symbolique d'aller vers les autres. Invité pour illustrer plus particulièrement cet aspect, j'ai
raconté comment, à partir d'un traitement de réflexologie, un jeune homme qui souffrait d'une
douleur cervicale et qui manquait de confiance en lui s'est retrouvé confronté à l'image d'un
père gendarme face auquel il ne pouvait que baisser la tête. Ayant exprimé face à moi la
rancune qu'il lui vouait, sa douleur dans le cou disparut et il put mieux s'affirmer dans sa vie.
Ou encore cette grand-mère émouvante qui se plaignait de douleurs rhumatismales dans les
pieds: elle s'était créé l'obligation de passer tous les week-ends chez ses enfants. En leur
disant qu'elle ne souhaitait plus se rendre chez eux si régulièrement, elle fut soulagée. Ses
enfants aussi. Un traitement des pieds ramène souvent à la conscience des situations de vie
passées ou présentes dans lesquelles une personne se retrouve bloquée, comme si elle ne
pouvait plus avancer. Chacun vient avec son histoire personnelle, inscrite avec ses joies, ses
peines et ses aléas dans la posture physique. Le massage des pieds ouvre une fenêtre sur
l'inconscient. L'écoute du praticien, sa disponibilité et sa capacité à engager une relation
d'aide psychologique conditionnent souvent les résultats obtenus.
Nous reliant à la terre, nos pieds sont comme des racines. L'expérience menée par Dominique
Pianel, podologue, spécialiste de la médecine chinoise, est parlante : il propose aux parents
de dix enfants sujets à des malformations des pieds d'établir leur arbre généalogique sur
quatre ou cinq générations puis de leur raconter l'histoire de ces proches ancêtres. Six
corrigeront d'eux-mêmes leur déformation sur six mois sans traitement physique, les autres
au bout d'un an avec des semelles de posture complémentaires. Connaître ses origines pour se
sentir stable sur ses pieds et marcher vers son futur.
Un langage à décoder
Terminons avec Michel Charruyer, initiateur et président du congrès. "L'être humain se
retrouve dans la structure du pied. Le poids du corps arrive d'abord sur le talon dont l'appui
reflète l'énergie vitale disponible. Ensuite, il y a l'arche plantaire et le bord externe, véritable
pont dont les tensions sont en relation avec la vie émotionnelle. L'avant du pied nous donne
l'impulsion pour la marche et détermine notre investissement dans différents domaines de la
vie représentés par les orteils. Un gros orteil bien positionné montre une personne qui sait
prendre sa place alors que des déviations, des oignons signifieront souvent un manque de
respect de soi, d'affirmation. Chaque entorse porte une histoire, une problématique à
résoudre. Soigner un pied, c'est aussi aider quelqu'un à être plus lui-même. Les podologues
ont le souci de ne pas s'enfermer dans une conception mécaniste du corps.
Plats mes pieds?
Le valgus calcanéen ou tendance aux pieds plats entraîne souvent un dos rond. Effondrement
du pied en dedans qui traduit un repli sur soi souvent relié chez l'enfant à la peur de grandir.
Déformation inverse, le varus calcanéen avec la voûte plantaire trop creuse et tendance à un
dos plat indique une personne qui a tendance à se soustraire aux contraintes de la réalité. Il
existe de multiples combinaisons à des degrés divers de ces deux pathologies.
Dans le cabinet du podologue
Après vous (a)voir interrogé sur les raisons de la consultation, le podologue vous installera
sur un podomètre, plate-forme qui permet de visualiser la répartition du poids sur les
différentes zones du pied. Il pourra masser vos pieds pour vérifier ses observations au
toucher et détecter des zones de tension. Une partie du traitement consiste dans la confection
de semelles de reprogrammation posturale avec des microcales de 1 à 3 mm, pour
rééquilibrer les chaînes musculaires qui déterminent la posture. Il vérifie ces semelles
personnalisées grâce à des tests musculaires. Les semelles sont remboursées en partie par la
Sécurité sociale mais pas la consultation.
Le podologue est aussi pédicure. Jusqu'en 1975, la podologie n'a été qu'une discipline
facultative, nécessitant seulement une année d'étude supplémentaire. Aussi, certains
pédicures n'ont-ils pas de formation en podologie. Même les problèmes de pédicurie (ongles
incarnés, verrues, etc) peuvent être en relation avec des dysfonctionnements organiques ou
des déséquilibres posturaux Actuellement, les études incluant la podologie à part entière
durent trois années après le bac. La profession évoluant beaucoup, de nombreux pédicures
podologues se perfectionnent en suivant des formations spécialisées annexes.
Jean-louis ABRASSART
Paru dans le journal Médecines Douces
Adresses
La Fédération nationale des podologues : 163, rue St Hononré, 75001 Paris.
Tél. (1) 42 60 62 45
API, Association posturopodie internationale, 198 rue de la Roquett, 75011 Paris.
Tél. (1) 43 70 64 37
CIES, Collège international d'étude de la statique, 367, av. du Prado, 13008 Marseille.
Tél. (1) 91 71 40 87


              DES PIEDS QUI PARLENT, LA REFLEXOLOGIE PLANTAIRE


                        Une conférence de Jean-Louis ABRASSART

                         au Congrès Européen de Podologie
           Pascal CHATELET: "Jean-Louis ABRASSART est le fondateur de l'ECOLE DU
           TOUCHER. Il sait que la main est le prolongement du Coeur. Jean-Louis, merci
              d'être parmi nous. Aujourd'hui, c'est une chance de t'avoir parmi nous."




   " Merci, Pascal. Je vais vous parler du toucher et plus particulièrement du rapport du
   toucher et de la psychologie. Je ne suis pas podologue. J'ai découvert la podologie en
   allant consulter Michel Charruyer et j'ai eu avec lui le même sentiment qu'avec vous
   depuis hier, Dans tout ce qu'ont pu dire les conférenciers et aussi lors des échanges que
   j'ai eus avec vous, j'ai senti une grande ouverture, j'ai senti que la podologie ne se limitait
   pas au pied, au physique mais qu'elle s'adressait à l'être humain tout entier. J'ai entendu
   parler de psychologie, de spiritualité, de généalogie. Cette ouverture me touche
   particulièrement, me donne confiance dans ce qui est ma recherche et ma pratique de tous
   les jours.
   Je reçois des personnes souffrant de problèmes psychosomatiques. Elles viennent me
   voir, soit parce qu'elles se trouvent dans une situation difficile qu'elles n'arrivent plus à
   gérer -deuil, rupture, changement d'activité,.....-, soit parce qu'elles ressentent une douleur
   ou un malaise physique qu'elles savent reliés à leur manière de vivre. Elles ont souvent
   d'abord essayé sans résultats des traitements purement physiques. Pour les aider, j'utilise
   une approche que j'ai mise au point, que j'enseigne aussi et qui associe massage et
   échange par la parole. Dans cette approche, le corps n'est pas seulement considéré comme
   une entité mécanique ou biologique mais comme une entité psychique.
   Le corps donne des indications sur la psychologie de la personne, comme l'ont déjà
   montré plusieurs conférenciers. Je voudrais dire plus : le corps est avant tout un vécu
   psychique. Il faut redonner la première place à la personne qui souffre plutôt qu'à ce dont
elle souffre. Lorsqu'une personne vient nous voir, nous pouvons nous centrer sur son
problème, établir un diagnostic physique ou même psychologique en analysant son
symptôme, je dirais, objectivement, de l'extérieur. Mais nous pouvons aussi nous centrer
sur la personne elle-même, sur son vécu: comment ressent-elle sa souffrance, comme la
vit-elle, comment en parle-t-elle? Le symptôme corporel s'intègre alors dans un vécu plus
global, à la fois physique et psychologique. Ce vécu a besoin d'être élucidé par la
personne elle-même pour que le symptôme disparaisse.
Je vais prendre l'exemple de la réflexologie plantaire qui est l'une des méthodes de
massage que j'utilise et que certains d'entre vous, en tant que podologues, intègrent dans
leur travail. Je peux me servir de la réflexologie d'abord d'un point de vue
symptomatique. C'est un outil qui donne d'excellents résultats. Pour une douleur
articulaire, un dysfonctionnement organique, il y a une zone correspondante au niveau du
pied: le massage de cette zone soulage par action réflexe l'organe ou l'endroit douloureux.
Je ne m'étends pas sur la technique qui, je pense, vous est bien connue.
Je peux dépasser le stade du simple symptôme en recherchant sous le pied d'autres zones
réflexes sensibles qui seront en relation avec le symptôme premier. Pour un mal de tête,
je peux déceler par le toucher chez une personne la zone réflexe des intestins
douloureuse, chez une autre, la zone des vertèbres cervicales et du sacrum, chez une
dernière, le plexus solaire. Je peux ainsi ne pas me limiter à une seule zone mais
rechercher sur le pied les différents dysfonctionnements physiologiques pour rééquilibrer
l'ensemble de l'organisme. A partir de là, on peut perfectionner les moyens de diagnostic
et de traitement: utiliser par exemple les lois de l'énergétique chinoise ou la photographie
Kirlian, traiter avec des applications d'huiles essentielles sur les zones réflexes ou se
servir des couleurs. Personnellement, je me sers beaucoup de la visualisation lorsque je
masse les pieds, visualisation des couleurs mais aussi des organes internes et des circuits
d'énergie.
Mais, quelque soit le degré de perfectionnement de mon diagnostic et de mon action, je
reste centré sur le problème physique. Soit en croyant que le psychisme va suivre, c'est-à-
dire que la personne va changer intérieurement à cause du traitement physique, soit en
faisant un peu de « psychologique sauvage » à partir de ce que j'ai pu
découvrir de ces pieds.
Je voudrais illustrer par des exemples une autre approche qui permet d'utiliser la
réflexologie plantaire, mais aussi toute autre technique de soin corporel, pour aider à une
changement intérieur plutôt que pour agir physiquement. Parmi les personnes qui
viennent me voir, beaucoup n'ont pas eu d'amélioration avec des traitements physiques.
Car un traitement physique peut donner des résultats sur le moment. Il risque de ne pas
donner de résultats durables s'il ne peut pas être intégré par la personne. Tout problème
corporel est en relation avec un certain vécu intérieur : s'il n'y a pas de changement
intérieur qui accompagne un traitement physique, le même symptôme revient. Ou la
personne somatise sa difficulté d'une autre manière.
D'un côté, il y a des thérapies psychologiques qui souvent s'enlisent dans le verbal à
cause de "verrous" physiques, comme chez beaucoup de dépressifs, par exemple, chez
qui on constate un blocage des 1ère et 2nd cervicales. D'un autre côté, il y a des
thérapeutiques qui se limitent au physique et que les patients ont du mal à intégrer. Il ne
suffit pas de dire que le corps et l'esprit sont un tout, il faut aussi associer physique et
psychique dans la pratique. Un patient qui vient pour un problème physique a une
histoire, un contexte de vie, un vécu psychologique qu'il faut l'aider à transformer en
même temps que l'on agit sur le corps.
Mon premier exemple est celui d'un jeune homme, Pierre, qui vient avec un asthme qui a
résisté à différents traitements. Je choisis d'utiliser la réflexologie plutôt que d'autres
formes de massage car, d'après mon expérience, il y a moins de risques avec la
réflexologie, en agissant à distance, de provoquer une crise durant les séances. Tout en
massant certaines zones réflexes -poumons, système nerveux, foie- que je trouve
sensibles, je lui demande de me parler de la manière dont il vit son asthme dans la vie.
Cela dure pendant environ 3 séances et en passant par plusieurs exemples, il finit par
constater qu'il ne se sent pas capable, avec son asthme, de faire ce que font beaucoup
d'autres personnes sans difficulté et qu'au fond il en garde un sentiment d'infériorité.
Pour Pierre, c'est son asthme qui est la cause de son sentiment d'infériorité alors que, dans
une vision plus large, on peut supposer que c'est un sentiment d'infériorité qui se
manifeste par l'asthme. Ce que le patient vit comme conséquence de sa souffrance
physique en est souvent la cause. Tout en soulageant le symptôme, la réflexologie aide la
personne à parler. On peut dire là que le toucher libère le contenu psychique du problème
physique.
Je continue à masser en lui demandant d'imaginer ce que serait sa vie s'il n'avait plus son
asthme. Je lui propose de fermer les yeux, de ne pas y réfléchir mais de laisser venir les
images. Il se voit marchant sur un chemin, il est un sorte de roi, des gens l'applaudissent.
Il a beaucoup de prestance, les gens lui sourient, l'admirent. Je lui demande de me décrire
ce qu'il ressent dans cette sorte de rêve éveillé. La séance suivante, je lui propose
d'essayer de marcher comme s'il s'est vu dans son rêve. C'est très difficile pour lui -il a les
pieds presque plats-, il a l'air malheureux. Plusieurs séances passent , nous alternons
moments de massage et marche "royale". Pendant cette partie du traitement, je crois que
le massage aide à faire surgir une autre possibilité d'être, la possibilité pour la personne
d'être autrement, de découvrir ce qu'elle a besoin d'être.
Finalement, il éclate, se met en colère, me dit qu'il n'en peut plus, qu'il n'y arrive pas. Il
ne peut pas se redresser, il ne veut pas être comme son père qui était gendarme, rigide et
autoritaire. Je lui fais remarquer la différence avec le roi de ses images, bon, noble et
généreux. Encore quelques séances pour qu'il sente qu'il peut se redresser sans ressembler
à son père et qu'il se reconnaisse comme quelqu'un de bon et de généreux. Le massage
sert alors à ce que la nouvelle manière de se ressentir "s'installe" dans le corps. Il finit
aussi de libérer l'inscription du problème sous forme de symptôme physique.
Pour moi, un symptôme corporel est la manifestation qu'une personne ne vit pas un
aspect d'elle-même, qu'elle ne reconnaît pas cet aspect ou qu'elle ne peut pas réussir à le
montrer, à l'exprimer. Mais c'est aussi l'indication qu'elle a besoin de vivre cet aspect
d'elle-même. Je crois que, de la même manière qu'il y a dans le corps une tendance à
l'autoguérison, il y a en chacun d'entre nous une dynamique psychique, une dynamique de
l'être intérieur, une dynamique d'âme, un mouvement de vie - on peut le dire de plusieurs
manières - qui nous pousse à devenir ce que nous sommes, à exprimer les potentialités
que nous avons en nous. Chaque personne est un être en devenir, en recherche qui a une
légende personnelle à accomplir.
Dans cette démarche, l'attitude du thérapeute, sa manière d'aborder son patient, de
communiquer avec lui est fondamentale. Lorsque l'on connaît bien le corps, il est très
facile en regardant la posture ou les pieds d'en tirer des indications sur la manière de vivre
du patient et sa psychologie. Et la tentation est grande de lui restituer ces informations, de
lui expliquer son problème, de lui en donner une interprétation. En faisant cela, je risque
d'enfermer la personne dans une explication rationnelle, de lui donner des raisons d'être
comme elle est et de l'empêcher d'exprimer ce qu'elle ressent elle. Cela ramène le
thérapeute à son rôle, à la définition de son action: est-il là pour apporter des réponses,
des solutions ou pour aider l'autre à se questionner, à trouver sa réponse. Il faut renoncer,
en tant que thérapeute, à se poser comme un sauveur, renoncer à faire passer un savoir ou
une interprétation qui, s'ils nous apportent la reconnaissance, créent aussi la dépendance.
Pascal CHATELET disait hier qu'il faut redonner à la personne son pouvoir. Je crois
qu'on lui redonne son pouvoir en lui redonnant la parole. On a parlé d'étymologie hier. La
maladie, c'est un mal-à-dire et ce n'est pas le dire du thérapeute qui est important mais
celui du patient. L'attitude que je propose pour le thérapeute consiste à inciter le patient à
parler de comment il vit et ressent son problème, à lui poser des questions sur son vécu
plutôt qu'à lui donner des réponses, de faire appel à son ressenti et à son imaginaire plutôt
qu'à son mental pour l'aider retrouver sa dynamique intérieure.
Un second exemple pour illustrer que les détours que peut prendre le chemin pour
retrouver une "bonne" posture. C'est une jeune femme qui vient parce qu'elle se sent
intimidée, exclue en groupe et qu'elle communique difficilement avec les autres. Lorsque
je lui demande comment elle vit sa difficulté dans son corps, elle me dit "j'ai la peur au
ventre". Elle se tient toute voûtée en me parlant et elle tremble presque. Mon attention est
attirée par ses pieds: elle a les jambes croisées et les pieds recroquevillés, vraiment
comme si elle souffrait de crampes, seule l'extrémité des gros orteils touche le sol.
Je masse les pieds, j'utilise la réflexologie, recherchant les zones douloureuses pendant
plusieurs séances. Elle se sent de plus en plus mal, à tel point que pendant une séance,
elle enlève ses pieds me demandant d'arrêter de la toucher. Je l'invite à me dire comment
elle sent ses pieds. Comme dans du coton, me répond-t-elle. Je lui propose de laisser
venir une image à partir de cette sensation. L'imaginaire permet d'entrer en contact avec
cette dynamique intérieure dont je parlais tout à l'heure. La personne a la solution en elle
et l'imaginaire permet de la décoder, de contourner le mental et les raisons que se donne
la personne pour expliquer son symptôme.
A partir de cette sensation des pieds entourés de coton surgit une image où elle se tient
debout dans un grand champ de boue, de vase qui s'étend à perte de vue. Elle marche, elle
trébuche, elle s'enfonce, elle perd courage. Je lui demande alors qu'est ce qui pourrait
l'aider à s'en sortir. Arrive une vieille dame qui la rejoint, une grand-mère toute voûtée
qui se tient sur un bâton. Elle n'avance pas vite mais elle connaît le chemin. Toutes les
deux, elles vont s'aider mutuellement, se soutenant l'une l'autre et finalement elles
débouchent sur la terre ferme, il y a des prés, du soleil, c'est vert et beaucoup plus
agréable. Nous parlons ensuite de ce que représente cette grand-mère pour elle, cette
grand-mère qui est voûtée comme elle, cette partie d'elle-même qui sait où elle va et je lui
propose de s'imaginer dans sa vie comme une vieille grand-mère. Lorsqu'elle revient pour
la séance suivante, elle me dit qu'elle a eu beaucoup moins peur et s'est senti beaucoup
plus tranquille avec les autres. Mais elle était encore plus voûtée.
Je continue à masser les pieds, elle se met sur le côté et se recroqueville de plus en plus.
Petit à petit elle commence à pousser sur mes mains. J'arrête de masser et l'invite à
continuer. Et pendant presque deux heures, elle a ainsi poussé en cherchant l'appui de
mes mains, revivant une symbolique de naissance pour retrouver son enracinement et le
moyen de se redresser. Elle était née par césarienne et j'ai plusieurs fois constaté, sans
généraliser, que les enfants qui viennent au monde ainsi ont du mal à trouver leur
confiance comme s'ils n'avaient pas été capables de venir au monde par eux-mêmes. Très
souvent, en réflexologie, quand une personne a eu une naissance difficile, il y a une
sensibilité particulière dans la zone des temporaux sur le bord du gros orteil. Et une
action sur cette zone pourra aider la personne à dépasser ses difficultés.
Cet exemple m'a rendu encore plus sensible à la nécessité d'être à l'écoute du patient, de
l'accompagner dans son vécu. Ce n'est pas l'action du thérapeute qui est important mais
comment le patient y réagit et il faut lui laisser au moins la possibilité de l'exprimer. Le
massage n'est pas alors une intervention pour obtenir un résultat mais un moyen de dire à
la personne que le message qu'envoie le corps est entendu et reconnu.
Quelques mots aussi pour ces deux exemples du transfert, c'est-à-dire de la possibilité
laissée au patient de rejouer sa difficulté dans sa relation avec le thérapeute: colère envers
le père dans le premier exemple, refus d'être touché dans le deuxième. Réactions que le
thérapeute ne doit pas prendre pour lui ou considérer comme des résistances au traitement
car au contraire elles permettent de débloquer la situation.
Pour terminer, comment aider le patient à rentrer dans cette approche plutôt qu'à attendre
simplement un soin? J'ai parlé de l'attitude du thérapeute mais il y a aussi, en réflexologie
ou avec le massage l'importance de la respiration. Faire participer le patient au processus
en l'invitant à respirer profondément durant le massage. Cela le rend plus présent à son
corps et plus sensible à son ressenti. Cela favorise aussi l'apparition d'images intérieures
en relation avec les sensations physiques comme si la respiration faisait le lien entre le
physique et le psychique. On sait qu'elle est très liée à l'état émotionnel. En réflexologie,
j'ai aussi vérifié l'importance de ne pas être concentré sur la zone réflexe que l'on masse
mais tout en massant de plutôt mettre son attention, comme thérapeute, sur l'endroit du
corps correspondant et sur la personne en général. Eviter par exemple de masser en
regardant le pied. Que penseriez-vous de quelqu'un qui en vous donnant une poignée de
main ne regarderait que votre main?


La zone réflexe est une porte que l'on ouvre, une porte qui donne accès à un vécu
intérieur qui a besoin d'être élucidé. Voilà, il resterait beaucoup à dire mais l'essentiel me
semble de se centrer sur le vécu du patient, de faire appel à son imaginaire d'où se dégage
sa solution, celle qui le fait grandir - encore dire - et de même qu'il a des tissus physiques,
il y a une trame psychique à dénouer. Un symptôme n'est pas négatif, ce n'est pas quelque
chose dont on doit débarrasser le patient. C'est un appel au secours, une manière d'essayer
d'être ce que l'on a du mal à être, c'est le besoin, le désir non encore reconnu que quelque
change.




                                   Jean-Louis ABRASSART.


                                 MASSAGES REFLEXES
                 LES ETRANGES RESSOURCES DE NOTRE CORPS
Nos pieds, nos mains, nos oreilles, etc, seraient comme des cartes de notre corps. C'est un
   phénomène encore mystérieux, mais en stimulant certains points de ces zones, on
             provoque des réactions à distance des organes correspondants.
Par un dimanche ensoleillé d'automne, Monsieur R. s'est décidé à bêcher son jardin. Cela
faisait longtemps qu'il n'avait pas fait un travail manuel aussi dur. Le lendemain au réveil,
impossible de se lever. Il est atteint d'une crise de sciatique qui lui permet à peine de
marcher, plié en deux. Son médecin ne lui ayant guère apporté de soulagement, Monsieur
R. est allé voir un naturopathe qui avec un simple massage des pieds l'a remis... debout.
Madame Y. a des difficultés familiales et professionnelles qui se sont tellement
accumulées, ces derniers mois qu'elle en a perdu le sommeil. Les drogues qui l'abrutissent
le jour ne sont guère efficaces la nuit. Elle finit par consulter un médecin qui lui pose
plusieurs minuscules aiguilles dans l'oreille, et qu'elle va garder plusieurs semaines. Peu à
peu, elle se sent mieux, peut diminuer les somnifères et retrouve le sommeil.
Podoréflexothérapie, auriculothérapie sont deux techniques apparemment assez
différentes. Mais elles reposent sur une base commune : l'utilisation de zones-réflexes
situées sur une région particulière du corps. Il existe ainsi un ensemble de
réflexothérapies, encore mal connues en France, mais qui bénéficient actuellement de
l'essor des médecines douces. Si leurs bases restent assez empiriques, la progression des
connaissances sur le système nerveux leur apporte une certaine crédibilité. L'allopathie
utilise parfois des techniques qui reposent sur des mécanismes réflexes, notamment la
mésothérapie.
Techniques nouvelles chez nous, les réflexothérapies sont utilisées depuis plusieurs
millénaires en Orient. L'acupuncture en est le système le plus élaboré. Ne se contentant
pas d'agir sur des points-réflexes destinés à produire une action symptomatique, elle
combine différents points suivant les théories énergétiques chinoises. C'est une technique
médicale à part entière. Mais divers systèmes de massage en sont dérivés (Do-in, shiatsu,
kuatsu). Pression avec le bout des doigts, coups avec la tranche de la main, massage avec
la paume sont les différentes techniques utilisées par ces méthodes. Au départ, il s'agit de
stimuler manuellement les points d'acupuncture. Mais peu à peu, ces massages sont
devenus des techniques-réflexes plus générales. On notera le rôle particulier des kuatsus,
technique de réanimation de personnes accidentées (syncope, noyade, accident,
insolation, sport, etc.) utilisée par les judokas.
De très anciennes pratiques
En Occident, les réflexothérapies sont beaucoup plus récentes : un siècle pour l'iridologie,
la spondylothérapie. A peine plus de 15 ans pour l'auriculothérapie, la réflexothérapie
dentaire. Mais on trouve des pratiques qui témoignent d'un usage empirique ancestral des
réflexothérapies. La clé glissée dans le cou pour arrêter un saignement de nez, la petite
tape dans le dos pour faire passer un hoquet ou faire régurgiter un nourrisson entraînant
un réflexe vertébral. Le croque-mort doit, dit-on, son nom à une technique de réanimation
destinée à vérifier les décès, en mordant un doigt, probablement sur un point kuatsu. On
trouve encore dans l'Est de la france des guérisseurs cautérisant (au fer rouge!) le lobe de
l'oreille pour guérir les sciatiques. C'est après avoir observé l'efficacité de cette très
ancienne pratique que le Dr Nogier a mis au point l'auriculothérapie.
En confrontant de telles observations à la progression des connaissances des mécanismes
du système nerveux, différents praticiens ont développé un ensemble de réflexologies et
techniques réflexothérapiques. Malgré l'influence très nette des méthodes orientales, les
réflexologies occidentales s'en distinguent assez nettement. On considère que les régions
du corps examinées comportent une projection du squelette et des différents organes. En
cas de douleur ou de lésion, on masse la zone correspondant à l'organe atteint, zone assez
large par rapport à l'étroitesse des points d'acupuncture.
Certes, Chinois et Japonais utilisent aussi des cartes avec des projections de certains
organes sur certaines régions du corps. Mais ces projections sont en général moins
complètes et reviennent plutôt à combiner points d'acupuncture et physionomie de la
région concernée. En outre la visée est avant tout diagnostique, les massages surtout
préventifs, les soins curatifs relevant plutôt de l'acupuncture et de la phytothérapie.
Problèmes de cartographie
L'esprit occidental a besoin de repère plus précis D'où cette recherche systématique d'une
cartographie complète du corps sur mains, pieds, oreille, dos, oeil, etc. En outre il aime
bien avoir des résultats immédiatement... palpables. Les zones ne sont pas toujours
sensibles à la pression. Selon les théories, lorsqu'une zone est douloureuse, la douleur est
provoquée par des dépôts de déchets ou des noeuds nerveux qui signalent ainsi le
dysfonctionnement de l'organe correspondant. Le massage est donc d'abord un moyen
diagnostique, mais prolongé quelque secondes, il doit faire disparaître la douleur et
soigner ainsi l'organe à distance.
Restant très empiriques, les réflexothérapies ont des limites. Notamment dans les
contradictions qui existent parfois entre les différentes cartographies (surtout en
iridologie). Ces contradictions ne sont peut-être qu'apparentes, une même zone pouvant
agir sur différents organes et des variations de localisation pouvant se produire chez
certains individus. Le développement des connaissances sur les systèmes nerveux central
et neurovégétatif et des statistiques cliniques devraient peu à peu permettre de mieux
préciser les contours de cette "zone-thérapie" comme on l'appelle parfois. Déjà les
recherches du Pr Bossy, en neuroanatomie, à la Faculté de médecine de Montpellier
apportent un certain nombre d'éléments dans ce sens.
En attendant, il semble prudent de considérer que les cartographies sont un guide
commode pour le massage, sans qu'on soit vraiment sûr de toujours agir sur l'organe
correspondant. Les réflexothérapies ne doivent d'ailleurs pas être utilisées isolément.
Comme diagnostic, leur valeur n'est qu'indicative. Elles ne peuvent remplacer un
diagnostic médical, mais seulement le confirmer ou l'élargir. Un réflexologue non
médecin ne prétendra pas faire un diagnostic médical. L'utilisation de plusieurs
techniques-réflexes ne peut l'aider qu'à dresser un bilan de santé. Comme les orientaux, il
faut que les praticiens occidentaux, - et chacun d'entre nous - développe avant tout sa
sensibilité, son toucher, sa connaissance du corps.
L'art du massage
De même au plan thérapeutique, il est légitime de vouloir un "élargissement de l'art de
guérir" pour les médecins et les professions paramédicales (kinés, infirmières,
podologues, naturopathes, etc.). Et bien sûr, un moyen de plus en médecine familiale.
Petit guide des zones réflexes
Voici un bref panorama des ressources insoupçonnées que nous offre notre corps pour
soulager les maux quotidiens dont il souffre.
La podoréflexologie ou massage réflexe des pieds semble être la réflexologie la plus
connue dans le grand public. Sans doute parce qu'elle est facile à pratiquer soi-même.
Mais surtout parce que la symbolique du pied est parlante. C'est notre point d'appui entre
terre et ciel et l'extrémité ultime de notre corps. En Inde et au Japon, des peintures et
sculptures témoignent de l'ancienneté des pratiques de massage des pieds et du
symbolisme qui s'y rattache. Les Chinois utilisent des points de podopuncture, souvent
différents des points d'acupuncture classiques.
La réfléxologie des pieds remonte aux travaux d'un médecin américain qui a publié en
1917 une méthode appelée "zone-thérapie" proposant une représentation des différents
organes au niveau de la plante des pieds et de la paume des mains. Fitzgerald a eu de
nombreuses émules. Mais c'est surtout Eunice Ingham, une masseuse kinésithérapeute
formée en ostéopathie, qui a développé la pratique des réflexologies du pied et des mains.
Sa méthode semble assez connue dans les pays germaniques et anglo-saxons.
Plusieurs cartes de projections d'organes ont été publiées, avec peu de différence (sauf au
niveau du talon). Grosso modo, on retrouve les différents organes de la tête aux pieds,
projetés des orteils ou des doigts vers les talons ou les poignets. La colonne vertébrale se
situe sur le bord interne des mains et des pieds. D'autres organes sont projetés de la face
dorsale des mains et des pieds et sur les poignets et les chevilles. Les projections sur les
mains sont la réplique des projections sur les pieds, la main droite correspondant au pied
droit.
Le massage des pieds est considéré comme plus efficace que le massage des mains (mais
cela dépendrait des individus). Il sert surtout à suppléer l'impossibilité d'utiliser le
massage des pieds (en cas de lésion ou quand on ne peut pas se déchausser). De très
nombreuses affections peuvent bénéficier de la podoréflexologie. Mais les promoteurs de
cette pratique préfèrent une stimulation globale du pied, qui permet de déceler des zones
douloureuses et suppléer aux corrections naturelles par la marche pieds nus, sur la terre,
le sable, les galets, etc.
On masse le pied avec l'extrémité du pouce (mais pas avec l'ongle, qui doit être court) ou
à la rigueur d'un autre doigt. Commencer par masser le gros orteil, puis les autres orteils,
puis les différentes zones-réflexes en descendant peu à peu vers le talon. La pression doit
être ferme, suivie d'un ponçage (on tourne le pouce dans le sens des aiguilles d'une
montre), ou être plus prononcée comme si on écrasait un grain de sable. Il ne s'agit pas de
chercher à provoquer une douleur. Mais si une légère douleur s'ensuit, il faut adapter la
pression et prolonger le massage quelques instants. Le massage général des deux pieds
doit durer au total de 15 à 20 minutes et n'être pas répété plus de deux fois par semaine.
Par contre, on peut tous les matins, utiliser pendant une dizaine de minutes une natte ou
un rouleau de massage plantaire. Il faut aussi penser à l'hygiène du pied et notamment
avoir de bonnes chaussures, mais aussi à réapprendre à marcher pieds nus.
Régis Pluchet
Paru dans le journal L'Impatient




                                5) Toucher et Energie
                                         LE REIKI
                     L'ENERGIE COSMIQUE ENTRE VOS MAINS
Tout se passe dans l'invisible. C'est comme une sorte de 6ème sens que chacun porte en
soi, quelque chose de mystérieux que l'on ne voit pas mais que l'on ressent et qui vous
donne le pouvoir étonnant de guérir.
Il y a deux mille ans déjà les hommes se servaient de leurs mains qu'ils imposaient, pour
soulager la souffrance. On appelait cela un miracle ! Mais, c'est au Japon vers 1870 que le
Doyen d'une université de Kyots, le docteur Mikao Usui, après des années de recherches
et d'expériences fut convaincu qu'il avait découvert un phénomène surprenant de
guérison, à base d'énergie vitale canalisée par les mains; qui de plus, mettait le pouvoir de
guérison à la portée de tous. Mikao Usui rebaptisa cette méthode le Reiki.
Le Reiki est un terme japonais qui signifie Energie Universelle de vie" explique Paula
Horan, psychothérapeute américaine et maître Reiki qui enseigne la méthode Usui aux
USA et qui a écrit :"Le Reiki Soigner se soigner". Elle ajoute : "Reiki est un mot
d'origine shintoïste désignant quelque chose que l'on ne voit pas mais que l'on sent !". Le
"Ki" est la part d'énergie cosmique que chaque être reçoit à sa naissance. La façon dont il
traite cette énergie, dont il la gère, la relation qu'il établit avec elle ne dépend que de lui et
de son libre-arbitre.
Chacun peut se traiter soi-même et traiter l'autre
L'apprentissage de la méthode reiki, se différencie des autres méthodes de guérison par
une véritable initiation à la portée de chacun. On se familiarise peu à peu avec la
méthode. Par l'imposition des mains, toute personne douée d'un fort courant magnétique
peut favoriser l'accélération du processus de guérison et presque tout le monde a en soi ce
courant. Mais ceux qui ont reçu l'initiation au Reiki on fait l'expérience d'une technique
qui leur permet d'accorder le corps physique et le corps éthérique à un niveau de vibration
supérieur.
"De plus, précise Paula Horan, certains des centres énergétiques, appelés Chakras, sont
éveillés de façon à permettre la circulation et la vibration d'une plus grande quantité
d'énergie vitale". Le Reiki, s'il est canalisé par le "donneur", n'est pas "transmis" par ce
dernier c'est-à-dire qu'il garde toute son énergie cosmique en lui bien qu'elle soit absorbée
par le "receveur". "Par exemple, ajoute Paula Horan, si l'on impose les mains sur un corps
pour le traiter ce dernier n'absorbera que la quantité d'énergie nécessaire aux régions
déficientes".
Ce qui explique que le "donneur" n'est jamais privé de son énergie au cours de son
échange, mais au contraire il en bénéficie. L'énergie qui pénètre par son Ckakra coronal
traverse tous les centres supérieurs jusqu'au coeur et au plexus solaire. Et tandis que le
corps du donneur conserve une partie de cette énergie, l'excédent suit les méridiens des
bras et des mains pour pénétrer dans le corps du "receveur". Celui-ci donc ne puise
jamais dans l'énergie propre du "donneur" le Reiki empruntant un circuit purifié, ouvert
lors de l'initiation du donneur.


Le mal au dos vaincu
Danielle S. 40 ans, de Paris, secrétaire de direction, mère de deux enfants, raconte :
- "J'avais des douleurs dans le dos tous les matins, dont je n'arrivais pas à me débarrasser.
Aucun cachet n'en venait à bout, aucune séance de kinésithérapie, rien ! Je suis allée
voire Anny Izsak, maître Reiki, et j'ai fait un stage de 4 séances. Je peux dire que j'ai
ressenti distinctement le travail de l'énergie sur les points douloureux de mon corps. Au
bout de la première séance j'ai pu constater déjà un grand soulagement. Maintenant, je
suis débarrassée de ce qui ma gâchait la vie".
L'auto-traitement est l'un des plus grands avantages offert par le Reiki. Il suffit qu'un
sujet initié, veuille se prodiguer le Reiki ou le prodiguer à quelqu'un d'autre pour que
l'énergie soit immédiatement disponible.


Valérie D... vendeuse dans une grande surface, 50 ans, souffrait de rhumatismes.
- "Une de mes amies m'a conseillé de faire quelques séances de ce qu'elle appelait : le
Reiki. Je me suis rendue chez un maître Reiki. C'était une femme. Je me suis allongée
dans une position relaxante, dans une pièce calme, toute habillée. Elle a placé doucement
ses mains, les doigts joints au dessus de mon corps et très rapidement la douleur que
j'avais aux genoux a disparu. Au bout de 2 séances les résultats furent remarquables. Je
n'avais plus mal nul part. J'avais même l'impression d'avoir rajeuni cela se voyait sur mon
visage. Alors j'ai voulu m'initier à la méthode pour la pratiquer sur d'autres.
Le stage est de 2 jours. Nous avons appris d'abord à bien placer nos mains, ensuite nous
avons travaillé sur nos "Chakras", qui sont les "centres d'énergie", ensuite on nous a
donné les 4 initiations. Il y a tout de même une vingtaine de positionnements des mains,
auxquels s'ajoutent quelques variantes spécifiques à certaines affections. Je sais
maintenant qu'en pratiquant le Reiki sur les autres et en développant mon pouvoir de
guérison, je me désintoxique moi-même et ma santé se renforce. C''est comme un 6ième
sens énergétique que je sens en moi.
Le maître Reiki
Il n'y en a que 5 en France, en revanche l'Allemagne en compte 150. Pour devenir maître
Reiki il faut avoir reçu plusieurs degrés d'initiation et avoir pratiqué pendant 3 ans. "La
tradition initiale du Reiki" délivre deux certificats et une maîtrise.
Nous avons rencontré Anny Izsak, maître Reiki, relaxologue, thérapeute : "Le Reiki est
probablement la méthode d'auto-guérison la plus simple et la plus efficace. Parce que
chacun porte le Reiki en soi et qu'il est possible lorsqu'on est initié, de se soigner soi-
même où que l'on soit et sans faire appel à une aide ou à un outil particulier. En fait le
Reiki est une alternative naturelle aux médecines conventionnelles".
Magnétiseur, guérisseurs et Reiki
Le Reiki ne rejoint-il pas les pratiques ancestrales des guérisseurs et des magnétiseurs,
puisqu'aucune connaissance médicale n'est nécessaire pour le dispenser, que le Reiki
soigne tout, que cela est un peu mystérieux, puisque tout est invisible, et peut-être même
miraculeux? "Rien n'est mystérieux, encore moins miraculeux explique Anny Izsack,
dans notre inconscient il n'y a pas de bloc-note, donc le message qui exprime de la
souffrance, de la fatigue, un manque d'énergie, etc... nous est envoyé par le corps. Il sera
là ce message jusqu'à ce qu'on le comprenne. Ca peut commencer par un rhume, une
migraine. Si personne n'y prend garde il se transformera en bronchite. Jusqu'au moment
où l'on va comprendre qu'il y a bien quelque chose à comprendre".
C'est là qu'intervient le Reiki et Anny Izsack ajoute : "Le Reiki n'est pas une religion, il
ne repose sur aucun dogme ou doctrine, il est en fait une très ancienne méthode de soins
naturels qui renforce la capacité du corps à se guérir lui-même, et aide tous les autres
traitements. Vu de l'extérieur le Reiki et le magnétisme offrent des similitudes. Mais, le
magnétiseur lui se fatigue parce que c'est sa propre énergie qu'il transmet. De plus il ne
peut pas se soigner lui-même. Avec le Reiki l'énergie se transmet. Le donneur va
canaliser l'énergie, va la transmettre sans puiser dans la sienne propre. Il n'est qu'un
transmetteur, un conducteur. Il est même conseillé de s'appliquer le Reiki afin de
renforcer son tonus et sa propre santé".
L'énergie fait le reste
Aux Etats-Unis, à l'Université de Standford des chercheurs se servent d'appareils
capables de mesurer le flux d'énergie entrant dans le corps. Ils ont pu déterminer que
l'énergie du Reiki pénétrait par le sommet de la tête dans le corps du guérisseur et qu'elle
émanait des mains. On peut même voir sur des écrans, des images d'avant et d'après une
séance de Reiki. Ces dernières révèlent un degré de radiation bien supérieur aux
précédentes.
Il est difficile voire impossible d'expliquer le Reiki à partir des pratiques thérapeutiques
modernes. Les effets du Reiki varient en fonction des individus. Tout le monde peut en
bénéficier. L'énergie opère là où le malade en a le plus besoin.
Anny Izsack commente :- "C'est la partie physique, l'organe, ou bien la partie psychique,
qui va attirer l'énergie dont elle a besoin et qui est mise à disposition du malade, par les
mains de la personne qui va le traiter, et le maître Reiki explique : "Je fais un traitement
entier qui commence par la tête pour que chaque organe puisse avoir ce dont il a besoin.
C'est l'énergie qui fera le reste. Je ne vais pas décider que c'est tel organe que je dois
soigner. C'est le corps qui décide. De temps en temps, je ressens effectivement qu'il y a
une difficulté, quelque part. Dans ce cas si c'est avancé, je conseille au patient de
consulter un médecin. Si c'est quelque chose au démarrage on voit avec le Reiki. Pour
une difficulté je peux ressentir l'impression d'un paquet dans les mains, quelque chose de
dur, ou d'un froid intense ou simplement l'intuition, la connaissance directe. Il faut
préciser que ce que l'on ressent est individuel. Lorsque je pratique le Reiki, il peut y avoir
des sensations de chaleur, de picotements dans mes mains".
Faut-il y croire?
Il est vrai qu'une foi bien solide peut aider. Mais dans ce cas comment expliquer que le
Reiki soit efficace sur les nouveaux-nés, les animaux et même les plantes. Les cas de
guérison complètes sont de pus en plus nombreux. Aucune explication scientifique ne
vient étayer le phénomène du Reiki, mais après tout, la science à encore beaucoup de
choses à découvrir.
A Lire : "Le Reiki" Anny Isaaks. Ed. Entre-Lacs diffusé par Ed. Librairie de Médicis.
Voir aussi « Lumière Channeling », cliquer sur Reiki et guérison spirituelle
P.R., paru dans Quel avenir, Madame.


                    RECHARGEZ VOS BATTERIES : LE MAGNETISME


Le magnétisme traditionnel
A la fin du XVIIIe siècle, un médecin allemand, Mesmer, parla pour la première fois de
"magnétisme", de "fluide magnétique" qu'il assimila à une force de l'univers encore
inconnue de la science comparable à celle qui se produit entre deux aimants.
L'existence du "fluide magnétique" a pourtant été longtemps contestée. Les effets du
magnétisme étant assimilés à un simple phénomène de suggestion, malgré les
nombreuses guérisons d'animaux qui excluent toute action psychologique. Il aura fallu
attendre ces dernières années pour que les photographies "Kirlian" du champ
électromagnétique prouve l'existence d'une "transmission" énergétique. Les
photographies prises avant et après l'action du guérisseur montrent:
- d'une part, l'augmentation et une meilleure répartition du champ électromagnétique du
malade;
- d'autre part, la diminution après son action de la vitalité du guérisseur et
l'affaiblissement de certains organes, comme s'il y avait puisé sa force de guérison.
En réalité, le magnétisme crée d'abord un état de relaxation, de flottement de l'attention,
semblable à l'état que chacun peut percevoir entre le sommeil et la veille, où il est
possible d'obtenir une action subconsciente, qui stimule chez le patient les réactions
d'autoguérison et de défense contre les processus évolutifs de la maladie et réoriente ses
réactions psychiques dans un sens positif.
Les images mentales
Pour être plus efficace, le magnétiseur utilise la technique des "images mentales" ou
"visualisations" qui lui permettent de diriger son action "fluidique". Quand il impose les
mains, il imagine un courant lumineux, brillant et bienfaisant, tonique ou calmant, qui,
s'échappant de ses mains, pénètre à l'intérieur du corps du patient et irradie l'organe
malade. Par ce pouvoir évocateur, de l'image sur le corps, il améliore le fonctionnement
de l'organe, de la même manière que lorsque nous pensons à un chat, cet animal peut
évoquer en nous la douceur de la fourrure, la souplesse du mouvement, la chaleur du
contact. Si nous nous imprégnions de cette image, elle aura un effet positif sur notre
corps, comme, le fait de repenser à un moment de colère peut nous faire monter le sang à
la tête ou nous donner une boule à l'estomac. Cette action subtile et silencieuse s'effectue
généralement à l'insu du patient. Elle permet de diriger l'action magnétique vers les
organes atteints et va plus loin que la simple suggestion.
Pour renforcer son action, le magnétiseur utilise aussi la "puissance vibratoire" des
couleurs dont les effets sont maintenant reconnus : tonique du rouge, calmant du bleu,
équilibrant du vert,etc......
Le magnétiseur utilise également les images mentales pour se "recharger" en dehors des
séances de soins et il est très important pour lui de se vivre comme un "canal": l'Energie
cosmique ou divine, suivant ses croyances, le traverse, se répand dans ses mains pour
soigner l'autre personne. Il se contente de la guider, de résonner à cette présence
énergétique qui le dépasse pour "laisser faire" l'énergie cosmique. Il n'agit donc pas de sa
propre volonté. Les magnétiseurs qui insistent sur ce point le font souvent dans un
contexte spirituel; c'est une véritable "prière" qu'ils adressent à une force supérieure, qui
guide leur action. Ils s'en remettent complètement à cette force.
Intermédiaires d'une énergie supérieure, les grands magnétiseurs sont souvent de
véritables médiums: ils ressentent profondément, soit directement dans leur corps sous
forme de douleurs passagères, soit sous forme d'images ou intuitions, les problèmes de
leurs patients et c'est par cette "identification" énergétique qu'ils peuvent soigner.
Les polarités
Mais, depuis quelques années, le magnétisme traditionnel est en révolution, au fur et à
mesure que progresse la connaissance subtile des courants énergétiques dans le corps
humain. Cela a commencé aux Etats-Unis avec le Dr Randolph Stone qui a défini le
magnétisme par polarité. Pour le Dr Stone, l'énergie électromagnétique ou force de vie
circule dans le corps humain et autour de celui-ci entre des pôles : le sommet du corps, le
côté droit, et l'arrière du corps étant positifs; le bas du corps, le côté gauche et l'avant du
corps étant négatifs.
Toute action mettant en contact des polarités opposées favorisera ainsi la circulation
énergétique et contribuera à l'élimination des symptômes. Dans le magnétisme par
polarité on utilise généralement les deux mains pour créer une circulation énergétique.
Pratiquement, la main gauche est toujours placée au-dessus de la main droite, le long de
l'axe vertical du corps. Vous pouvez en faire l'expérience. En plaçant votre main gauche à
distance (1-2 cm) du front, en posant votre main droite sur la nuque, vous pouvez, par
exemple, faire disparaître une migraine en quelques minutes. Vous sentirez un circuit
énergétique se créer entre vos deux mains, l'énergie remonter le long de votre bras
gauche, puis redescendre le long de votre bras droit.
La technique des polarités s'est développée comme une pratique complète, un
enchaînement d'impositions des mains sur différentes parties du corps assurant un
rééquilibrage de la circulation énergétique.
Le corps subtil
Pour Jean-Louis Abrassart, le magnétisme agit sur le Corps-Esprit, c'est-à-dire sur les
différentes "couches" du corps de l'être humain: le corps physique proprement dit, le
corps dit éthérique, vital ou encore énergétique, et le corps astral, le corps de rêve.
Le magnétisme agit de préférence par l'intermédiaire des corps subtils, essentiellement
éthérique et astral, sur le corps physique et la relation entre les différents corps, de façon
à rétablir l'état de santé physique et psychique en éliminant les pensées et émotions
négatives, sources de déséquilibre. Les magnétiseurs considèrent chaque corps comme
une "cristallisation" du corps précédent. Ainsi le corps physique est la cristallisation
matérielle du corps éthérique et non pas simplement le rayonnement de celui-ci. Tous les
organes et fonctions du corps ont leur double dans le corps énergétique et sur ces
"doubles" agit le magnétiseur. Les effets se répercutent ensuite sur le corps physique.
L'originalité de ces "doubles" est d'être soumis à la fois à l'organe physique : une
mauvaise nourriture affectera l'estomac et par suite son double énergétique, une cicatrice
d'opération aura son double dans le corps énergétique; et aux influences du corps astral:
émotions, sentiments, pensées qui à long terme influencent les organes physiques. Dans
le corps astral, les émotions, les pensées et les sentiments sont ressentis comme des
mouvements énergétiques qu'un magnétiseur peut percevoir avec ses mains.
Une véritable chirurgie du corps énergétique
En faisant circuler l'énergie des "excès" vers les "manques", en la répartissant, il obtient
un effet positif. Le corps énergétique "respire", il est soumis constamment à un
mouvement dilatation-contraction qui a son double dans le corps physique sous la forme
de la "respiration primaire" ou mouvement du liquide céphalo-rachidien, qui baigne
l'espace compris entre le cerveau et les os du crâne. Ainsi les passes magnétiques
effectuées sur le corps énergétique sont fluides, ondulatoires, comme des mouvements de
caresse de la fourrure d'un animal. Les sensations propres au corps énergétique sont
celles de chaleur, de "consistance" de l'air, de coussin d'air, souvent de picotements. Le
magnétiseur travaille main ouverte, la paume parallèle au corps car le rayonnement de
celle-ci, si intense soit-il, ne porte qu'à quelques centimètres. Par les passes magnétiques,
le magnétiseur draîne les excès, les congestions, les énergies négatives; par les
impositions, il renforce et par les polarités, il équilibre. Le patient en ressent
généralement assez rapidement les effets qui sont transmis au corps physique : lourdeur
ou légèreté, chaleur, sensation de courant, etc... C'est également par cette action que
s'obtient le sommeil hypnotique, propice à la suggestion, au rêve éveillé, et à toutes les
expériences parapsychiques.
L'action sur le corps astral est plus complexe à expliquer. Après avoir ressenti la limite du
corps astral, généralement à quelques dizaines de centimètres, par de très légers
picotements du bout des doigts et aussi par une sensation "intérieure" qu'il a appris à
reconnaître, le magnétiseur peut commencer à effectuer de longues passes soit calmantes
du haut du corps vers le bas, soit excitantes du bas vers le haut. Si nous choisissons
d'intensifier les phénomènes qui se produisent dans ce corps, nous commencerons par
remonter le long de l'avant du corps depuis les jambes jusqu'au dessus de la tête, les
doigts dirigés vers le corps, les mains perpendiculaires à celui-ci. Ces passes excitantes
s'effectuent assez rapidement sur l'inspiration, les doigts sont écartés. Dans le mouvement
de retour au contraire, les doigts sont joints et les mains parallèles aux côtés du corps
(position neutre). Lors de passages successifs, nous pourrons percevoir dans les mains
des sensations plus intenses, généralement de picotements, ou de vide.
Jean-Louis Abrassart a ainsi mis au point toute une série d'interventions extrêmement
efficaces à partir de mouvements instinctifs qu'il ressent dans ses mains. Ces mouvements
sont très imagés, il s'agit d'une véritable chirurgie douce, subtile : "tassement",
"claquage", mouvements de rotation ou de vis, projections, faisceaux dirigés, "tirer le fil"
en sont des exemples. L'impulsion à faire ces mouvements naît spontanément dans ses
mains qui, complètement détendues et réceptives, sont prises dans le champ d'énergie du
patient. Vus de l'extérieur, s'il n'y avait pas de patient, ces mouvements pourraient être
ceux d'un mime. Ces perceptions subtiles, et l'action qui en résulte, ne sont pas forcément
en relation avec un problème physique, mais souvent aussi avec des émotions. Car dans
le corps énergétique, la douleur physique et les émotions retenues sont perçues de la
même manière. Le magnétiseur doit donc doser son action en alternant tonification et
dispersion. Une séance de magnétisme se termine toujours par de grandes passes lentes et
calmantes effectuées du dessus de la tête jusqu'au sol, main droite dans le dos, main
gauche sur la face avant, pour réharmoniser la personne. Quand il travaille, Jean-Louis
Abrassart concentre toute son attention sur ses mains qui le guident mais aussi dans son
regard. Il a appris, à l'inverse de l'hypnotiseur qui fascine, à développer une vision "floue"
favorable aux perceptions extra-sensorielles qui le rend plus réceptif à son patient. Dans
la vie quotidienne, nous sommes constamment sollicités au niveau des yeux et nous
perdons ainsi une grande partie de notre énergie magnétique.
                                       Gilles d'Ambra
                         Paru dans le journal Vous et votre avenir

				
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