Etat des lieux . UNESCO by HC111126074021

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									Programme Multisectoriel de lutte contre les violences fondées sur
 le genre par l'autonomisation des femmes et des filles au Maroc




 État des lieux analytique des actions de communication réalisées par
   les différents intervenants dans le domaine de la lutte contre les
 violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites
                                 filles




                                                 PRESENTE A

                                                 L’UNESCO
                                                  PAR
                                            DEMOS CONSULTING

                                                  Juin 2009




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   1
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
                                                SOMMAIRE
                                                SOMMAIRE
Item                                                                                                     Pages
                                             CONTEXTE GLOBAL
                                             CONTEXTE GLOBAL
                                              ONTEXTE GLOBAL
1. Introduction                                                                                          04
2. Les violences fondées sur le genre                                                                    05
2.1 Définitions
2.2. La sensibilisation et la communication comme moyens de lutte contre les VFG
        I.. ACTIIONS DE COMMUNIICATIION REALIISEES PAR LES DIIFFERENTS IINTERVENANTS
         I ACTIONS DE COMMUNICATION REALISEES PAR LES DIFFERENTS INTERVENANTS
             CT ONS DE COMMUN CAT ON REAL SEES PAR LES D FFERENTS NTERVENANTS
Les organismes gouvernementaux                                                                           08
 Le MDSFS
 Le Ministère de la justice
 Le Ministère de l’Education Nationale
 Le Ministère de la Santé
Les organisations de la société civile                                                                   13
Les réseaux et ONG de promotion des droits des femmes                                                    13
  Le réseau ANARUZ
  L’association Démocratique des Femmes du Maroc
  Joussour Forum des Femmes marocaines
  Union de l’Action Féminine
  La Ligue Démocratique des Femmes du Maroc
  Alliance des Femmes du Maroc pour le Développement et la Formation
  Association AMAL. Femme en mouvement pour une vie meilleure
  Centre des droits des gens
  Association Marocaine pour les droits des femmes
 Les ONG de Développement
     Association AFAK, civisme et développement                                      25
     Association Tanmia
     Association Tlassemtane pour l’environnement et le Développement
     Fondation Zakoura
 Conclusion de la première partie                                                      27
IIII ACTIIONS DE COMMUNIICATIION EN MATIIERE DE LUTTE CONTRE LE TRAVAIIL DES PETIITES FIILLES
 II ACTIO NS DE COMMUNIC ATIO N EN MATIE RE DE LUTTE CONTRE LE TRAVAIL DES PETIT ES FIL LES
       CT ONS DE COMMUN CAT ON EN MAT ERE DE LUTTE CONTRE LE TRAVA L DES PET TES F LLES
Les organismes gouvernementaux                                                                           29
  Le Ministère de la justice
  Le ministère de l’artisanat
  Le MDSFS
Les organisations de la société civile                                                                   32
  L’Observatoire National des droits de l’Enfant
  L’Association Tanmia
  L’association AFAK
  L’association Al Amana
Conclusion de la deuxième partie                                                                         37
 IIII. LES PRIN CIP AUX CONSTATS SUR LES ACTIO NS DE COMMUNIC ATIO N REALIS EES A TRAVERS
IIIII. LES PRIINCIIPAUX CONSTATS SUR LES ACTIIONS DE COMMUNIICATIION REALIISEES A TRAVERS
        ES PR NC PAUX CONSTATS SUR LES ACT ONS DE COMMUN CAT ON REAL SEES A TRAVERS
 AVEC LES MEDIA S
AVEC LES MEDIIAS
 AVEC LES MED AS
En ce qui concerne l’élaboration et la mise en œuvre des campagnes de communication                      38
En ce qui concerne le financement des campagnes                                                          39
En ce qui concerne la portée et l’impact des campagnes                                                   39
En ce qui concerne le partenariat                                                                        42
IV.. LES PRIINCIIPALES RECOMMANDATIIONS ET PIISTES D’’AMELIIORATIION
IV LES PRINCIPALES RECOMMANDATIONS ET PISTES D AMELIORATION
      ES PR NC PALES RECOMMANDAT ONS ET P STES D AMEL ORAT ON                                            43
                                                                                                         43
Annexe 1. Exemples d’affiches des campagnes grand public                                                 50
Annexe 3. Bibliographie                                                                                  53

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             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
                                      SIGLES ET ACRONYMES
                                      SIGLES ET ACRONYMES

ACDI            Agence Canadienne de Développement International
ADFM            Association Démocratique des Femmes du Maroc
AMDF            Association Marocaine pour les Droits des Femmes.
AMDH    Association Marocaine des Droits Humains
ANARUZ  Réseau national des Centres d’écoute des femmes victimes de violence
ARFEDEC Association de la Recherche Féminine pour le Développement et la Coopération
BIT     Bureau International du travail
CDE     Convention des droits de l’enfant
CDG     Centre droits des gens
CF      Code de la famille
DEVEF   Déclaration sur l’Elimination de la Violence à l’Encontre des Femmes
DGCL    Direction Générale des Collectivités Locales
DHFF    Droits humains des femmes et des filles
FAO     Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FFVV    Femmes et filles victimes de violence
FEVV    Femmes et enfants victimes de violence
FNUAP   Fonds des Nations Unies pour la Population
HCP     Haut Commissariat au Plan
INDH    Initiative Nationale de Développement Humain
IPDF    Initiative pour la promotion des droits des Femmes.
IPEC    Programme international pour l'abolition du travail des enfants
UAF     Union de l’Action Féminine
LCVFG   Lutte Contre la Violence Fondée sur le Genre
LDDF    Ligue Démocratique des Droits des Femmes
MAEC    Ministère des Affaire Etrangère et de la Coopération
MAP     Maghreb Arabe Presse
MDSFS   Ministère du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité
MEFP    Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle
MEN     Ministère de l’Education Nationale, de l’enseignement supérieur, de la
         formation des cadres et de la recherche scientifique
OMDH    Organisation Marocaine des Droits de l’Homme
ONDE      Observatoire National des Droits de l’Enfant
ONUSIDA Programme Commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA
RTM      Radios et télévisions marocaines.
SEFEPH  Secrétariat d’Etat à la Famille, l’Enfance et aux Personnes Handicapées
SNLCVF Stratégie Nationale de Lutte contre la Violence à l’Egard des Femmes
SNRT    Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision.
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la culture
UNICEF  Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
UNIFEM Fonds des Nations Unies pour le Développement de la Femme
VFG     Violence Fondée sur le Genre.




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   3
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
CONTEXTE GLOBAL
CONTEXTE GLOBAL

1. Introduction
Le « Programme multisectoriel de lutte contre les violences fondées sur le genre (LCVFG)
par l’autonomisation des femmes et des filles au Maroc » est mis en œuvre par les agences du
système des Nations Unies1 et leurs partenaires nationaux.2 Il vise à prévenir et protéger les
femmes et les filles de toute forme de violence en faisant le lien avec leur état de pauvreté et
de vulnérabilité. Le programme s’articule autours de deux axes :

Axe 1 : L’appui à l’institutionnalisation du genre et des Droits Humains des Femmes et des
Filles (DHFF) dans les politiques nationales et programmes de développement.

Axe 2 : la territorialisation des politiques nationales sensibles au genre dans 6 régions
identifiées3 avec la mise en place d’espaces multifonctionnels pour l’autonomisation des
femmes et des filles ; les chaînes multisectorielles de prise en charge des femmes et de filles
victimes de violences et la sensibilisation à une culture égalitaire.

Ce programme met l’accent sur l’information, la sensibilisation et l’éducation aux DHFF
comme un vecteur essentiel dans le changement des mentalités et dans la lutte contre les
violences fondées sur le genre (LCVFG). Dans le cadre du produit 94de ce programme,
l’activité 9.9 (mis en œuvre par l’UNESCO) prévoit de mettre en place un partenariat
stratégique avec le ministère de la Communication et la HACA.

En parallèle, dans le cadre de l’activité 9.10 relatif au renforcement des capacités des médias
et des ONG, l’UNESCO a travaillé dans les régions de Fès et Marrakech avec les associations
féminines (IPDF, AMPF, El Hadaf à Fès et Ennakhil, LDDF, Twiza à Marrakech) et les
médias régionaux (Radio MFM Saïss à Fès et Radio Plus Marrakech et Radio MFM à
Marrakech) pour la réalisation et la diffusion de spots radios sur les ondes des radios
régionales. Afin de sensibiliser les médias sur les droits humains des femmes et des filles,
l’UNESCO a organisé un atelier de formation à l’attention des médias, en présence des
associations. Egalement, un atelier de formation sur les techniques de communication a été
organisé pour les associations en présence des médias. Les associations et les médias ont, par
la suite, élaboré conjointement des produits de communication destinés à être diffusés sur les
ondes des radios régionales.

Pour la réalisation de l’activité 9.9, l’UNESCO et ses partenaires nationaux, souhaiteraient
disposer, au préalable, d’un état des lieux des actions de communication en matière de
LCVFF, réalisées par les différents acteurs nationaux afin d’en tirer les enseignements et les
recommandations qui serviront à alimenter les débats de l’atelier de réflexion sur le
partenariat stratégique entre les différents intervenants en matière de communication sur les
VFG et à guider les actions futures dans le domaine.

1
  UNIFEM, UNICEF, FNUAP, UNESCO, ONU SIDA, FAO, BIT.
2
  MAEC, INDH. MDSFS, etc.
3
  Marrakech Tensift Al Haouz ; Tadla Azilal ; Souss Massa Draa ; Tanger Tétouan ; Oriental ; Fès-Boulmane.
4
  Les populations sont respectueuses des DHFF grâce à des activités de sensibilisation, d’éducation et de
formation.
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte 4
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
Ce mandat a été confié à Demos Consulting qui a procédé à cet état des lieux selon les étapes
suivantes :

- La recherche documentaire : identification, compilation et analyse des rapports et documents
disponibles portant sur les actions de communication dans le domaine de la LCVFG et la
lutte contre le travail des petites filles entreprises par les acteurs gouvernementaux et non
gouvernementaux.

- Les entretiens directs avec les représentant (e) s des organismes suivants: Ministère du
Développement Social de Famille et de la Solidarité, Ministère de la Communication,
Ministère de la Santé ; l’ADFM, le BIT/IPEC et l’UNICEF.

La collecte des documents et rapports en relation avec la thématique n’a pas été aisée. En
effet, à l'exception des grandes ONG, la majorité des associations ne disposent pas de sites
web. Quand ces derniers existent, ils ne sont pas actualisés. Le site du MDSFS a besoin d'un
réaménagement pour être un espace d'information et de connaissances, principalement pour
les médias.

Le présent rapport est articulé comme suit :

La première partie passe en revue les différentes actions de communication en matière de
LCVFG initiées par le gouvernement et les organisations de la société civile.

La deuxième partie aborde les actions de communication en matière de lutte contre le travail
des petites filles.

La troisième partie met en évidence les principaux constats relatifs aux actions de
communication réalisées avec les médias.

La quatrième partie présente les principales recommandations qui serviront à alimenter la
réflexion sur les axes de partenariat en matières de communication sur les VFG et la lutte
contre le travail des petites filles.

2. Les violences fondées sur le genre

2.1. Définitions
La Déclaration sur l’Elimination de la Violence à l’Encontre des Femmes (DEVEF, 1993)
définit la violence fondée sur le genre (VFG) comme « tous actes de violence dirigés contre
le sexe féminin et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances
physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la
privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ». Elle
englobe, sans y être limitée, « la violence physique, sexuelle et psychologique exercée au sein
de la famille, y compris les coups, les sévices sexuels infligés aux enfants de sexe féminin au
foyer, les violences liées à la dot, le viol conjugal, les mutilations génitales et autres
pratiques traditionnelles préjudiciables à la femme, la violence non conjugale, et la violence
liée à l’exploitation; la violence physique, sexuelle et psychologique exercée au sein de la
collectivité, y compris le viol, les sévices sexuels, le harcèlement sexuel et l’intimidation au
travail, dans les établissements d’enseignement et ailleurs, le proxénétisme et la prostitution

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   5
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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forcée et la violence physique, sexuelle et psychologique perpétrée ou tolérée par l’Etat, où
qu’elle s’exerce »

La VFG est à appréhender comme un mécanisme de contrôle social des femmes et des
fillettes. Au-delà des actes, elle dérive de la perception de l’infériorité de ces dernières et de
leurs statuts inégaux, renforcés par les lois et normes sociales et s’inscrit dans un
fonctionnement d’emprise sur l’autre. Elle est fondée sur les rapports de force ou de
domination et relève du désir d’imposer sa volonté, de dominer au besoin en humiliant, en
dévalorisant autrui, le harcelant jusqu’à sa capitulation et sa soumission. Comme le souligne
le Rapporteur spécial sur la violence faite aux femmes,5 la VFG traduit « Des rapports de
forces historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination
et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes […] elle
compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des
femmes aux hommes »6.

L’un des principaux enjeux consiste à définir la violence « de manière à englober toute la
gamme des actes perpétrés et les expériences subjectives des victimes sans généraliser au
point que la définition perde sa signification -ou sans donner une définition tellement large
qu’elle décrirait les vicissitudes naturelles de la vie de tous les jours en terme de pathologie.
Qui plus est, il faut un consensus mondial pour pouvoir comparer les données entre pays et
constituer une solide base de savoir ».7

Les femmes et fillettes ne font pas seulement l’expérience de la violence à différents âges,
mais aussi selon leur statut social, occupation, ethnie, race etc. Ainsi, la pauvreté,
l’ignorance des droits et des lois, l’instabilité familiale et sociale auront tendance à
augmenter cette vulnérabilité des femmes et fillettes à la violence.8

Dans le présent rapport, les VFG englobent les violences économiques perpétrées contre
les femmes et fillettes et particulièrement le travail domestique des petites filles.
En effet, outre le fait que le travail des enfants est une violation de leurs droits humains,
celui accompli par les petites filles domestiques a ceci de particulier qu’il obéit aux mêmes
mécanismes de fonctionnement des violences fondées sur le genre analysés ci-dessus.

2.2. La sensibilisation et la communication comme moyens de lutte contre les VFG

Au Maroc, l’acceptation sociale des violences à l’encontre des femmes et des fillettes
constitue l’un des principaux obstacles à son éradication. L’impunité dont bénéfice les
agresseurs et ceux qui exploitent la vulnérabilité sociale et économique des femmes et des
fillettes, le silence, a culpabilité ressentie par les victimes, forment un cercle vicieux
permettant à ces pratiques de perdurer. Les violences perpétuées au quotidien et la plupart du
temps dans l’intimité de la sphère privée, sont souvent occultées, voire déniées par les


5
  Rapport préliminaire présenté par le rapporteur spécial chargé de la question de la violence contre les femmes,
y compris ses causes et ses conséquences, Doc. ONU E/CN/4/1995/42, para.49
6
   Préambule de la Déclaration sur l’Élimination de la Violence à l’Egard des Femmes, Doc. ONU
A/RES/48/104.
7
  Rapport mondial sur la violence et la santé, Résumé, Organisation mondiale de la santé, Genève, 2002, P. 4-5.
8
  Le rapport de la Banque mondiale « La Voix Des Pauvres » de 2000 montre que les propres définitions par les
femmes pauvres de la pauvreté incluent la violence comme un facteur de la pauvreté.
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte 6
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
victimes elles même. Cette invisibilité constitue l’un des principaux écueils que doivent
dépasser les programmes et politiques de lutte contre les VFG.

Les leçons tirées des expériences de plusieurs pays en matière de lutte contre les VFG
montre qu’il ne suffit pas de modifier les lois et les politiques pour que le changement ait
lieu. Un travail de longue haleine est nécessaire et vital pour lutter contre les pratiques et
comportements qui contribuent à créer une culture d’impunité et pour venir à bout de
l’acceptation sociale et la tolérance dont bénéficient les violences à l’égard des femmes et
fillettes à travers le monde.

Or, le changement des mentalités et des comportements est un processus de longue haleine
qui présuppose la prise de conscience des conséquences des positionnements et des actes
ainsi que la connaissance des solutions de remplacement existantes.

En effet, malgré les progrès accomplis durant la dernière décennie, la prise de conscience des
marocains et marocaines n’est pas encore à la mesure de l’ampleur des violences familiales,
conjugales, sexuelles et économiques fondées sur le genre qui ne sont pas encore reconnues
comme des violations graves des droits humains des femmes et fillettes ni comme un
véritable problème de société.

Pour ces raisons, les campagnes de sensibilisation à travers une communication destinée au
grand public représentent aujourd’hui un volet complémentaire et un chaînon important dans
les programmes de LCVFG au Maroc.




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   7
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
Partie I.        LES ACTIIONS DE COMMUNIICATIION EN MATIIERE DE LUTTE CONTRE
                 LES ACT ONS DE COMMUN CAT ON EN MAT ERE DE LUTTE CONTRE
                 LES VFG INITIEES PAR LE GOUVERNEMENT ET LES ONG
                 LES VFG INITIEES PAR LE GOUVERNEMENT ET LES ONG

Depuis la promulgation du nouveau code de la famille en 2004 et dans le cadre de la mise en
œuvre de la stratégie nationale de LCVFG, de nombreuses actions de communication ont été
réalisées par les différents intervenants du gouvernement et de la société civile.

Les réalisations exposées dans ce rapport ne sont pas exhaustives. Elles sont présentées à titre
d’illustration de la nature et de la diversité des actions réalisées par les différents acteurs
nationaux.

1.1 LE GOUVERNEMENT

1.1.1 Le Ministère du Développement social de la Famille et de la Solidarité

C’est en 1998, sous le gouvernement d’alternance, que le Secrétariat d’État chargé de la
Protection sociale, la Famille et l’Enfance a organisé avec l’appui de l’UNIFEM et la
participation des ONG la première « campagne nationale contre la violence à l’égard des
femmes ». Lancée sous le thème « Non à la violence contre les femmes », cette campagne a
mobilisé plusieurs départements gouvernementaux et de nombreux acteurs de la société civile.
Elle a permis de jeter les bases de la stratégie nationale de lutte contre les violences qui a été
élaborée en mars 2002 par le ministère chargé de la condition féminine, les départements
ministériels et les ONG.

Parmi les domaines d’intervention de cette stratégie, figure en bonne position, le domaine
relatif à l’éducation, la conscientisation et la communication sur la LCVFF et ce à travers 04
actions prioritaires en l’occurrence : 1) l’intensification de la prise de conscience du grand
public sur la gravité du problème de la violence à l’égard des femmes ; 2) la consolidation de
l’éducation des plus jeunes, autour de représentations et d’images positives des rôles et statut
de la femme ; 3) le renforcement des programmes d’information, d’alphabétisation et de
formation professionnelle pour l’autonomisation des femmes et 4) la mobilisation continue
pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes.

A partir de 2004, et dans le cadre de l’opérationnalisation du plan de mise en œuvre de la
SNLCVF, le département ministériel chargé de la condition féminine, a entamé un processus
d’information et de communication annuel sur les VFG.
Ainsi de 2004-2008, cinq campagnes nationales de LCVFF ont été lancées par ce département
sous les thématiques suivantes:

2004 Deuxième campagne Nationale sous le thème : « La violence à l’égard des
     Femmes est la responsabilité de tous, dénonçons-la ».
2005 Troisième campagne : « Non à la violence à l’égard des femmes ».
2006 Quatrième campagne : « La violence à l’égard des femmes est contraire à nos
     valeurs : refusons-la ».
2007 Cinquième campagne : « Mobilisons les jeunes pour la lutte contre les violences à
     l’égard des femmes ».
2008 Sixième campagne : « pour une protection légale contre la violence basée sur le
     genre ».
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   8
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
Ces campagnes se caractérisent par l’organisation du 25 novembre au 15 décembre de chaque
année, de plusieurs activités de sensibilisation autours des axes suivants :

Production et distribution d’outils d’éducation et de sensibilisation
Pour accompagner les différentes activités découlant des campagnes, le département chargé
de la femme, a produit des outils d’éducation et de sensibilisation sous différents supports.
Ainsi des panneaux publicitaires ont été installés dans les différentes villes du royaume.
Des affiches ont été placardées dans les espaces publiques. Des dépliants ; brochures ; guides
de référence ; livrets illustrés ; tshirts ; pin’s etc., ont été distribués lors des différentes
manifestations organisées par le département chargée de la femme ou ses partenaires ; dans
les établissements scolaires et les maisons de jeunes ; lors des caravanes et stands s’exposition
etc. Ces outils de communication qui portent chaque année la charte et/ou le message de la
campagne, ont pour objectif de démultiplier auprès des population la transmission du message
de la campagne en vue de susciter une mobilisation sociale.

Organisation et animation de rencontres et nationales et régionales
Pour le lancement de la campagne, le département chargé de la femme, organise chaque
année, des rencontres nationales et régionales. Les rencontres nationales sont habituellement
présidées par le premier ministre en présence des différents départements gouvernementaux,
de la société civile et des organismes internationaux. Elles constituent un espace
d’information, d’échange et de réflexion entre les différents intervenants. C’est l’occasion
pour le gouvernement de rappeler les engagements du Maroc en matière de promotion des
droits humains des femmes et de la lutte contre les violences à leur encontre.
C’est également l’occasion département chargé de la femme et les autres départements
ministériels de présenter le bilan des réalisations et les débats et les échanges, permettent de
recueillir les constats ; les besoins et les recommandations des intervenants en matière de
LCVFF.

Les différentes régions du Maroc, en particulier les zones rurales sont également ciblées dans
le cadre de ces campagnes par le biais de tentes d’exposition ; de caravanes mobiles et de
tables rondes régionales. Ces activités qui sont organisées en partenariat avec les ONG
régionales permettent d’une part d’informer et de sensibiliser sur les droits des femmes et sur
l’importance de lutter contre les violences à leur égard et d’autre part sur les recours et les
mécanismes de protection et de lutte contre les violences. Les documents et supports visuels
produits dans le cadre de ces campagnes, sont distribués ou visionnés lors des différentes
manifestations. Les radios locales et la presse sont sollicitées pour couvrir les différentes
activités et contribuer ainsi à informer et sensibiliser les populations locales.

La médiatisation de la campagne
Pour démultiplier la communication autours des campagnes nationales de LCVFF, le
département chargé de la femme a impliqué les médias audiovisuels et de la presse écrite.
Chaque année, la couverture médiatique de la campagne est lancée, par l’organisation d’une
conférence de presse à laquelle participent outre les journalistes, les représentant(e)s
organismes gouvernementaux et de la société civile.
Lors de ces conférences de presse, le département chargé de la femme, procède à la
présentation des activités et des outils produits dans le cadre de ces campagnes.



État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   9
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
La presse écrite.
Chaque année, du 25 octobre au 15 décembre environ, la presse écrite arabophone et
francophone se fait l’écho des campagnes nationales de lutte contre les VFG.
Les communiqués de presse du département chargé de la femme sont diffusés via la MAP.
Pendant toute cette période, les journaux mettent l’accent sur la présentation du phénomène
de la violences, les engagements et les réalisations du Maroc en matière de LCVFF ; sur
l’arsenal juridiques et les mécanismes de protection et de prévention des VFG et sur les
enjeux et défis du Maroc en matière de LCVF. Les journalistes prennent généralement pour
référence, les différents rapports publiés par le gouvernement et la société civile ; les
recommandations découlant des différente manifestations organisées en marge de la
campagne ainsi que les interview avec les responsables gouvernementaux et de la société
civile. A noter que la presse écrite fait référence généralement aux violences physiques.
Même si le contenu de l’article est destiné à rapporter un des événements ou activité de la
campagne, l’image et le titre de l’article font références principalement aux violences
conjugales laissant supposer seule cette forme de violence est visée par la campagne

Les spots publicitaires
Sur le plan audio-visuel, ces campagnes médiatiques se caractérisent par la diffusion de spots
publicitaires dénonçant la violence et son impact sur la famille et la société et appelant à lutter
contre ce fléau. Ces spots sont diffusés, pendant une semaine sur les deux chaînes de
télévision nationale (RTM et 2M) à hauteur de deux ou trois passages par jour.

Les émissions radiophoniques et télévisées
Elles réunissent les différents intervenants en matière de LCVFF. Ces émissions, permettent
d’informer et de sensibiliser le grand public sur les VFG. C’est également l’occasion pour le
département chargé de la femme de présenter les avancées, les réalisations et les prévisions en
matière de LCVFF et pour les organisations de la société civile de présenter leurs constats et
leurs revendications.

Le numéro vert national en faveur des Femmes et des Filles Victimes de Violence :
Par ailleurs, la communication avec les femmes victimes de violences est réalisée à travers le
numéro vert national en faveur des Femmes et des Filles Victimes de Violence : 80008888.
Cette ligne gratuite a été mise en place en 2005 par le SEFEPH en vue d’offrir aux femmes
victimes de violence, des services d’écoute, d’assistance juridique, psychologique et médicale
et de collecter les données statistiques sur les VFG.
Pour l’orientation des FVV vers les services concernés, le SEFEPH a signé des conventions
de partenariat avec les différents intervenant en matière de VFG en l’occurrence : le Ministère
de la Santé ; Ministère de la Justice ; Direction de la Sûreté Nationale ; Gendarmerie Royale
et les Centres d’écoute et d’assistance psychologique et juridique.
Le lancement du numéro vert a été accompagné par une campagne médiatique. L’annonce a
largement été diffusée aussi bien au niveau de la presse écrite qu’au niveau des radios
nationales que sur les chaînes nationales de télévision.

Pour examiner si les objectifs globaux fixés aux campagnes nationales de lutte contre les
violences fondées sur le genre ont été atteints, le MDSFS a initié en 2009, une étude
d’évaluation de l’impact des cinq campagnes conduites respectivement en 1998, 2004, 2005,



État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   10
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
2006 et 20079. En tant que pratique positive, l’évaluation des campagnes de sensibilisation
destinées au grand public devrait être systématisée et généralisée à toutes les actions et
campagnes de sensibilisations initiées par le gouvernement et les autres partenaires
concernés10. Cette étude a permis de conclure à un certains nombre de constats, parmi
lesquels :

-     Les campagnes d’information et de sensibilisation sur les violences à l’égard des femmes
informent sans éduquer et sans faire réellement connaître le phénomène dans sa complexité et ses
implications alors que c’est dans l’information instructive et dans la sensibilisation conscientisation
que réside l’effet changement des mentalités.
- Les campagnes de communication focalisent sur la violence physique dans leurs messages et
images support. Cette situation entraîne une compréhension fausse des VFG chez le grand public
(94% des enquêtés font référence aux violences physiques, particulièrement celles générant des
séquelles lourdes).
-     Les spots touchent plus les couches sociales lettrées alors qu’un film, un feuilleton adapté
toucherait plus la masse et ferait éviter la ponctualité et l’enjeu des lectures parcellaires des messages.
Un film autour de la thématique de la violence qui retient un spectateur pendant 40 à 45 minutes peut
avoir un impact plus grand. Un feuilleton qui démontre aussi le cercle vicieux de la violence, le cas
récidiviste, les retombées de la violence sur les enfants et la vie de l’auteur de la violence lui-même,
serait d’une grande influence, même sur les personnes analphabètes qui sont fidélisées par la série et le
côté aussi esthétique ou artistique11.
- Le débat en direct peut être un bon support pour les messages car ils permettent aux différents
points de vue de s’exprimer. Les émissions de débats dans les télévisions et radios enregistrent
généralement un auditoire de spectateurs important et diversifié.
- Les femmes rurales et les femmes analphabètes ne sont pas bien ciblées par les campagnes de
sensibilisation. L’accessibilité des messages télévisés des spots, reste une limite en dépit des efforts
fournis au niveau de certains spots et affiches qui ont utilisé quelques fragments de phrase en dialectal
et en amazigh.
- Les spots ont aussi souffert d’une sorte de stérilité de création artistique. Certains partenaires, dont
les professionnels de la communication interviewés considèrent qu’il est temps de passer à des images
plus fortes et responsabiliser l’auteur de violence et la société et tendre vers une tolérance zéro.
- La périodicité des campagnes depuis 1998 est une bonne chose mais sa brièveté, une semaine à dix
jours, n’est pas un garant de l’impact. A côté de l’événement ponctuel, il faut prévoir des programmes
tout au long de l’année. Il s’agit de réfléchir aux produits durables et défiant la ponctualité pour un
impact long terme.
- Les aspects organisationnels et de préparation des campagnes ou plus globalement la question de la
stratégie partenariale sont soulevés. L’étude souligne les limites de la coordination intersectorielle et
avec les partenaires concernés y compris les associations.


1.1.2 Le Ministère de la justice.

Le Ministère de la Justice a pris différentes mesures en matière de LCVFF, en l’occurrence la
mise en place d’une cellule de communication avec les centres d’écoute, la formation des
centres en matière des connaissances et de procédures juridiques, la formation des magistrats

9
  MDSFS : Étude d’évaluation de l'Impact des Campagnes Nationales de Lutte contre la Violence Fondée sur le
Genre, 2009
10
   Même s’il difficile de parler de mesure d’impact compte tenu de l’absence d’évaluations précédentes pouvant
établir une situation initiale de référence.
11
   Les partenaires de la Sûreté Nationale interviewés sont les auteurs de ces suggestions dans le détail du
support cinématographique, la proposition est revenue à maintes reprises chez d’autres enquêtés sectoriels.
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte 11
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
des parquets dans le traitement des affaires liées à la violence à l’égard des femmes, et l’aide
juridictionnelle pour les indigents.

En vue d’informer et de sensibiliser sur les nouvelles disposition du code de la Famille, le
Ministère de la Justice a publié 04 dépliants sur : le mariage, la pension alimentaire ; le
divorce ; le mariage et le divorce pour des marocains résidents à l’étranger.

Ces documents fournissent des informations et explications concises sur les articles de loi
mais sont difficilement accessibles au grand public en raison de la terminologie technique
qui est utilisée.

Par ailleurs, à partir de 2004, le Ministère de la Justice a instauré une bonne pratique
consistant à communiquer autour de la mise en œuvre du code de la famille par le biais de la
collecte auprès des tribunaux de la famille et la publication des données statistiques sur la
mise des différents dispositions du code de la famille. Ces données sont largement diffusées à
l’occasion d’un séminaire national annuel réunissant les médias et l’ensemble des acteurs
concernés. Les données statistiques à partir de 2006 jusqu’à 2008 sont diffusées aussi à
travers le portail du Ministère de la Justice.12

1.1.3 Le Ministère de l’Education Nationale

Dans le cadre du son programme d’éducation à la culture des droits de personne, le
département chargé de l’éducation a mis en place un programme d’éducation sur la
citoyenneté, les droits de la personne et la lutte contre la violence, ainsi qu’un service
d’écoute, d’orientation et de sensibilisation des enfants à leurs droits.

Par ailleurs, dans le cadre du programme d’alphabétisation des adultes, le département de
l’alphabétisation et de l’éducation non formelle a produit des bandes dessinées et des livrets
de sensibilisation sur le code de la famille, les droits et les responsabilités dans la famille et
sur la participation politique des femmes. Ces livrets ont été produits en partenariat avec la
société civile en vue de la promotion et de la généralisation de la culture citoyenne et les
droits de la personne. Ils sont distribués aux ONG qui oeuvrent dans le domaine de
l’alphabétisation des femmes.

Ces supports pédagogiques ont pour objectif de mettre en évidence les droits et les
responsabilités dans la famille. Ils comportent une série d’histoires mettant en scène une
famille qui discute sur les nouvelles dispositions du Code de la famille. Les histoires sont
tirées du vécu quotidien et sont abordées de manière simple ce qui permet au livret d’être
accessible à une large population. Les encadrés en bas de page permettent d’accéder
rapidement au texte de loi et la validation de l’interprétation est soumise au juge de la famille
en vue de consolider la compréhension. Les livrets sont en arabe classique, alors que la darija
aurait été plus indiquée, par ailleurs, certaines expressions utilisées sont dévalorisantes pour
les femmes et contribuent à véhiculer les stéréotypes.




12
  http://www.justice.gov.ma/ar/documentation/documentation.aspx?ty=0
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   12
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
1-1.4. Le Ministère de la Santé

Ce département a mené une réflexion stratégique sur la problématique de la violence à l’égard
des femmes et des enfants au niveau des structures de la Santé. Il a élaboré un programme de
protection et de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences intégrant la
production de supports de communication et d’information.

Ainsi comme préalable à la mise en place dans les hôpitaux, d’unités régionales et
provinciales de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences, le ministère
de la Santé a mené des actions d’information et de sensibilisation des professionnels de la
Santé sur la violence et ses aspects cliniques et médico-légaux.

Un guide national sur les normes et standards de prise en charge des femmes et des enfants
victimes de violences (FEVV). Ce document élaboré en partenariat avec l’ONDE, l’UNICEF
et le FNUAP est un document de référence pour le professionnel de la Santé.

Deux affiches ont été produites et placardées au sein des unités de prise en charge des FEVV.
Ces affiches décrivent respectivement de manière schématique et claire la conduite à tenir
devant une femme ou un enfant victime de violence.

1.2     LES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE

Les ONG, principalement, les organisations de promotion des droits des femmes, ont été les
premières à faire de l’information et de la sensibilisation sur les droits humains des femmes,
une priorité stratégique de leur action. .

Les actions de communication des ONG ont principalement été axées sur les nouvelles
dispositions législatives (du code de la famille, code pénal, code du travail), elles trouvent leur
fondement d’une part, dans l’importance d’informer le grand public sur les droits des femmes
et d’inciter ces dernières à les revendiquer et d’autre part dans la nécessité, d’informer les
responsables gouvernementaux sur les situations de violations des droits des femmes dans
l’optique d’activer la mise en place des mécanismes et des procédures pour
l’institutionnalisation de la lutte contre les violences faites aux femmes.

1.2.1 Les réseaux et ONG de promotion des droits des femmes

Le Réseau ANARUZ des centres d’écoute des femmes victimes de violences, National

Le réseau national des centres d’écoute des femmes victimes de violence est un groupement
d’ONG crée en avril 200413 en vue de promouvoir la mise en place de mécanismes et de
procédures institutionnelles de protection des femmes victimes de violence. Ce réseau s’est
assigné comme mandat de faire le suivi de la mise en œuvre du code de la famille et de la
législation pénale révisée et de mener des campagnes de plaidoyer documentées et


13
   La structure du réseau est déclinée en une coordination nationale assurée par l’ADFM et 4 coordinations
régionales assurées par l’association ARFEDEC pour la région du Nord ; IPDF pour la région de Fès et Oujda
Ain Ghazal pour la région de l’Oriental et l’Association troisième Millénaire pour la région d’Errachidia.

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   13
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
accompagnées de données et d’études de cas sur le terrain afin d’améliorer le recours et
l’accès des femmes à la justice et à leurs droits. Depuis sa création, le réseau ANARUZ a
réalisé plusieurs actions de formation, d’information et de sensibilisation à travers différents
supports dont en l’occurrence:

Un système d’information standardisé de collecte et traitement des données des centres
partenaires sur la violence par le biais d’une harmonisation du protocole de collecte de
l’information auprès des femmes ayant recours aux centres d’écoute/information juridique.

Une base de données électronique permettant une interactivité et un accès en temps réel aux
données de tous les centres partenaires.

Un portail national (www.anaruz.org) sur les violences à l’égard des femmes qui est
l’interface du réseau Anaruz avec le monde extérieur. Il permet de fournir aux différents
intervenants nationaux et internationaux, une information de qualité et un partage de
connaissances sur les mécanismes et les outils en matière de LCVFF.14

Dans le cadre de son action d’information et de sensibilisation et avec l’appui de l’UNIFEM,
du FNUAP et de l’Ambassade de Belgique, le réseau Anaruz a réalisé des actions de
communication utilisant différents supports en l’occurrence :

- Les affiche murale, autocollants, Pins qui portent le slogan d’Anaruz : « vivre en
sécurité est un droit et non un privilège. Agissons contre la violence faite aux femmes ».
Ces supports sont distribués par les coordinations régionales aux ONG de leur région ; dans
les établissements scolaires ou lors de manifestations organisées par les membres du réseau.

- Les fiches informatives sur les violences fondées sur le genre présentent les différentes
formes de violence et leurs conséquences à court et long terme. Sont présentés également des
extraits du rapport parallèle des ONG au rapport périodique du gouvernement du Maroc ainsi
que des recommandations sur les actions à entreprendre pour lutter globalement et
efficacement contre les violences faites aux femmes.

- La production de kits de formation sous format CD à l’intention des ONG
Dans le cadre du renforcement des capacités des ONG, le réseau ANARUZ a produit 03 de
kits de formation sur les thématiques suivantes: les techniques d’écoute ; la violence fondée
sur le genre et les techniques de plaidoyer. Par ailleurs, le réseau a élaboré un manuel de
référence sur l’orientation juridique à l’intention des écoutantes des centres d’accueil des
femmes victimes de violences

- L’organisation de conférences de presse pour la présentation des rapports sur « les
violences fondées sur le genre, constatées par les membres du réseau »
En tant que support de communication et de plaidoyer, ces rapports sont produits
annuellement afin de présenter les principaux résultats de l’analyse des données enregistrées
par les centres d’écoute membres. Ils sont présentés publiquement lors de conférences de
presse réunissant les médias de la presse écrite et audiovisuelle. Depuis sa création le réseau a
produit et présenté 3 rapports.

14
     Depuis sa création en 2006, le portail Anaruz a enregistré plus de 50000 visites.

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   14
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
- La campagne de communication grand public
Pour renforcer la diffusion de l’information et sensibiliser le public et les décideurs sur les
violences faites aux femmes et aux petites filles et inciter ces dernières à dénoncer les
violences dont elles sont victimes, le réseau a lancé en mars 2007 avec l’appui de l’UNIFEM
une campagne de communication véhiculée par les médias audiovisuels : télévision (support
prioritaire) et les radios (nationales et régionales).
Cette campagne utilisé les supports suivants :

- Les spots publicitaires : Des spots représentant des scènes de vie ont été produits en
arabe dialectal autours des 04 thèmes suivants: L’âge du mariage, l’expulsion du domicile
conjugal, le partage des biens acquis pendant le mariage et le divorce par la procédure du
chikak. Les messages sont simples et accessibles, le ton est résolument positif, ils n’y pas de
victimisation, les formes de violences sont plus suggérés que dites. A la fin de chaque spot, le
n° de téléphone du réseau ANARUZ est annoncé pour les demandes d’informations
complémentaires.

- Les spots visuels de 30 secondes chacun ont été diffusés du 05 au 25 mars 2007, sur les
chaînes radio et télévision RTM et 2M.

- Les capsules radios ont été diffusées sur les ondes de Casa FM ; de la RTM et sur Radio
Plus Agadir en arabe dialectal, Tachelhit, Tarifit et Amazigh.

- Les Cdrom et l’affiche portant le slogan de la campagne, ont été largement distribués aux
ONG régionales dans le cadre d’atelier d’information et de sensibilisation sur les VFG
organisées par les coordinations régionales du réseau ANARUZ.

Les médias ont été impliqués à travers deux conférences qui ont été organisées pour le
lancement de la campagne et à la fin de la campagne, pour la présentation des statistiques
relatives aux appels reçus de la campagne et ceux de l’étude portant sur la perception de la
campagne de communication chez le public marocain.15 Suite à ces conférences, la couverture
de presse a été assurée par les médias16 qui se sont pour la plupart limité au contenu du
dossier de presse qui leur a été remis par ANARUZ. La télévision a retransmis l’événement
avec des images d’archives, représentants un centre d’écoute qui n’est pas membre de
ANARUZ, et concernant la presse écrite, sur 14 journaux présents, seuls 05 journaux ont
publié un article.

             L’évaluation post campagne réalisé en 2007 par le réseau ANARUZ
                                a dégagé les constats suivants :
- Ce type de campagne de sensibilisation est jugé indispensable pour informer les citoyens et les
citoyennes sur leurs droits mais aussi sur les limites fixées par la loi.
- La télévision apparaît comme le média de vulgarisation le plus adéquat pour les populations
analphabètes.

15
   Ont assisté à ces conférences les journalistes de la presse écrite et audiovisuelle en l’occurrence : 2M, RTM,
MAP, Libération, Rissalat al Ouma, Achark Alawsat, Al Ahdat Al Maghribiya, Assabah, Al Ayam, La Vérité,
Le Reporter, La Citadine Le Matin du Sahara.
16
   La couverture médiatique a été réalisé par : Presse écrite : Libération, Le Matin, Al bayane, l’économiste ; par
la presse électronique : www.menara.ma; www.jeunesdumaroc.com ; www.allafrica.com;
www.tamazight.biz.com et par les journaux télévisés de la RTM et 2M, Al Arabyia et par les radios : Casa FM,
RTM, midi 1.
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte 15
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
- Les femmes, considèrent que l’accès à l’information, modifie le rapport entre les citoyen (ne)s et la
loi : jusque là, la connaissance de la loi était réservée d’une part aux gens instruits en mesure d’accéder
aux textes et de les comprendre ; et, d’autre part, aux personnes directement touchées par une décision
de justice.
- Certaines femmes ont souligné que cette campagne contribue à leur donner de l’assurance.
- La campagne suscite toutefois des frustrations : les spots ne donnent qu’une information générale
sur la loi sans apporter des détails perçus comme indispensables pour en comprendre la portée.
- Toutes les personnes interrogées, s’accordent sur la nécessité de la récurrence de ce type de
campagne pour influencer les comportements.


- L’organisation de manifestations régionales par les coordinations régionales à l’occasion
des campagnes nationales de luttes contre la violence faite aux femmes. Ces manifestations
sont très variées et permettent de toucher différentes catégories de la population : jeunes ;
populations rurales etc. Elles permettent également d’informer et de sensibiliser les
responsables locaux (police, justice santé etc.) via l’organisation de tables ronde.

- Le film documentaire: « Code de la famille : La loi et la vie des femmes ».
Ce film a été réalisé avec l’appui de l’UNIFEM, et finalisé en janvier 2009. Il s’inscrit dans le
cadre du plaidoyer pour le suivi de l’application du code de la famille et comme
accompagnement /complément à postériorité de la campagne d’information et de
sensibilisation grand public de mars 2007 dont il reprend les 04 thématiques17.
D’une durée de 20 minutes, ce documentaire en arabe dialectal sous-titré en français et en
anglais, jette la lumière, à travers des témoignages des cas réels sur les difficultés rencontrées
par les femmes pour accéder aux droits qui leur sont reconnus par le code de la famille. Le
film met en scène des femmes témoignant de leurs démarches quotidiennes devant la justice
(circuit des plaintes : police, tribunal, avocat, etc.). Il met en évidence les nombreux obstacles
que ces femmes doivent surmonter. Chaque témoignage est ponctué par la présentation des
textes de lois par les avocats ainsi que les commentaires de représentant (e) s de centre
d’écoute membres du réseau Anaruz. Le film a été présenté lors d’une conférence de presse le
06 mars 2009 à Rabat et sera présenté sur une des chaînes télévisées nationales pour servir de
référence à une table ronde réunissant les différents acteurs.

L’Association démocratique des femmes du Maroc

Créée en 1985, l’ADFM s’est fixée comme mandat de défendre les droits humains des
femmes et de promouvoir des politiques et mécanismes visant l’équité, l’égalité et la lutte
contre les violences à l’égard des femmes ; des lois égalitaires et des pratiques respectueuses
de la citoyenneté des femmes et des mentalités ouvertes au changement.
Depuis sa création, l’ADFM a réalisé de nombreuses actions de communication,
d’information et de sensibilisation sur les droits des femmes dont en l’occurrence :

La mise en place d’un site web en vue de renforcer la communication avec les membres de
l’ADFM, le grand public, les décideurs, les institutions, les medias, les partenaires et sponsors
et disposer d’un outil de plaidoyer, l’ADFM a mis en place, un site web www.adfm.ma.

17
  La diffusion de ce film était prévue pour 2008, à titre de « piqûre » de rappel et de complément de la
campagne. Mais pour différentes raisons, dont la principale était un accompagnement intense de la boite de
communication, le film n’a pu être finalisé qu’en 2009.

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   16
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
Ce site met à la disposition du public, des outils d’information et de sensibilisation ainsi que
les publications développés par l’ADFM. Ce portail est un site web dynamique trilingue :
français arabe et anglais. Il intègre plusieurs fonctionnalités: sondage, lettre d’information,
bulletin d’adhésion, centre multimédia, forum etc. Depuis son lancement en juin 2008 il a
reçu plus de 28 000 visites.

Le Cédérom « Hikayats Nejma » a été produit comme outil pédagogique pour animer les
ateliers d’information et de sensibilisation organisés mensuellement par le centre Nejma
d’écoute et d’orientation à l’intention des bénéficiaires des services du centre. Le conte met en
scène une femme victime de différentes formes de violences. L’écoutante du centre qui anime
l’atelier, suscite les débats sur les violences subies par Nejma ce qui permet d’identifier le
niveau de connaissance des femmes quand à leur droit. Lors de ces ateliers, chaque cas de
violence est argumenté par une avocate sur la base des dispositions du code de la famille, ce
qui permet aux femmes de faire le parallèle avec leur propre dossier, de connaître leur droit et
les procédures administratives et juridiques

Le guide des jeunes filles contre le harcèlement sexuel a été élaboré en 2006 par le groupe
jeune de l’ADFM, avec l’appui du FNUAP. Il est destiné à informer les jeunes filles sur les
diverses formes du harcèlement sexuel, ses conséquences, les mesures de protection et les lois
relatives à ce sujet. Le message véhiculé est que le harcèlement sexuel est une atteinte à la
dignité et appelle les jeunes filles à la tolérance zéro. L’utilisation de témoignages et de
caricatures agrémente les textes et s’adapte bien à la population cible en l’occurrence les
adolescentes. La dernière partie du document est consacrée aux adresses et sites web utiles.
Ce guide a été présenté lors d’une conférence de presse en présence de nombreux lycéens et
lycéennes. Il a en outre été distribué par le groupe jeune de l’ADFM et les ONG partenaires,
dans les établissements enseignements publics et privés à travers le territoire national.

La production de capsules radio à l’intention des jeunes
Ces capsules ont été produites dans le cadre de programme de formation des jeunes sur
l’animation et la réalisation d’émissions Radio initié en partenariat avec l’UNESCO et Hit
Radio. L’objectif étant de promouvoir des comportements positifs et de lutter contre les
préjugés et les comportements démobilisateurs ressentis chez les jeunes marocain (e) s.

Pour ce faire, le groupe jeune de l’ADFM ainsi que les jeunes de cinq associations 18 encadrés
et formés par des professionnels, ont conçu et enregistré en mai 2007, 12 spots
radiophoniques en arabe dialectal et en français. Ces spots ont porté sur: la liberté de choix ;
l’égalité de genre, le mariage des mineurs, la pédophilie, le travail des enfants, le harcèlement
sexuel, la participation à la vie associative, le racisme, le droit à la santé etc.

Afin de toucher les jeunes, le choix s’est porté sur Hit Radio qui cible ce public et qui a
diffusé les spots à différents moments de la journée. Hit radio émet sur les ondes FM qui
couvrent 12 provinces de Kenitra à Essaouira.

L’évaluation de l’impact de ce projet sur les connaissances, les attitudes et les pratiques des
jeunes auditeurs de Hit Radio en matière des droits humains et de l’égalité des sexes a permis de
recueillir les constats suivants :

18
  Il s’agit des organisations suivantes : AMDH, OMDH, section de Rabat ; Amnesty Maroc, section de Rabat ;
Chantier Jeunes Marocains section de Salé ; Association Al Intilaka pour l’Enfance et la Jeunesse et IPDF, Fès.
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte 17
              contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                               Demos Consulting
- Le choix de Hit Radio comme partenaire dans cette initiative de sensibilisation et de l’éducation à la
citoyenneté a permis d’atteindre des jeunes issus majoritairement, des couches supérieures de la
classe moyenne,
- Les messages ont eu un impact positif sur les connaissances, les attitudes et les comportements de
la majorité des jeunes qui ont écouté ces spots, mais ces derniers sont minoritaires,
- La majorité des jeunes auditeurs ont prêté peu d’attention au contenu des messages. Ce faible
taux d’écoute s’explique d’une part par le nombre de spots et la diversité des thèmes abordés et d’autre
part par l’absence de mesures d’accompagnement : explications, commentaires interaction etc.
- Certains messages éducatifs ont été assimilés à un discours moralisateur et culpabilisateur,
- Les supports et messages de sensibilisation, doivent être adaptés au profil de la population cible et
être accompagnées d’activités complémentaires de manière a suscité l’intérêt des jeunes.

La campagne de communication grand public
Lancée en mai 2005, la campagne de communication grand public, réalisée avec le soutien
de l’Ambassade des Pays Bas et l’UNIFEM, avait pour objectifs d’informer les femmes sur
les différentes lois (code de la famille, code du travail, code pénal, etc.); de vulgariser les
informations d’ordre juridique pour une large population. Les supports utilisés ont été la
presse écrite, la radio et la télévision.

Les spots télévisuels et capsules radio ont été diffusés pendant tout un mois, du 1er au 31 mai
2005. Ils ont concerné pour les thématiques suivantes :
Pour la télévision 04 spots : la discrimination à l’égard des femmes dans le travail, la
dissolution du mariage, l’Expulsion du domicile conjugal et la violence conjugale et pour la
Pour la radio et la presse écrite 06 spots : la tutelle matrimoniale, la dissolution du mariage,
l’expulsion du domicile conjugal, la violence conjugale, la discrimination à l’égard des
femmes dans le travail et le harcèlement sexuel sur les lieux du travail.

Les messages sont ciblés, il n’y a pas de victimes, mais des images suggestives qui
interpellent l’audience. (A titre d’exemple, les affaires d’une femme dans la rue avec sur la
pile une poupée démontre que l’expulsion du domicile conjugal a des répercutions sur les
enfants). Le numéro de téléphone du centre d’écoute Nejma est indiqué à la fin de chaque spot
pour les demandes d’informations complémentaires.
Le centre Nejma a reçu pendant cette période 1113 appels, ce qui représente un taux d’appel
important dans la mesure ou le centre n’était équipé que d’une seule ligne téléphonique et que
de nombreux appels n’ont pu être réceptionnés en raison de l’encombrement de cette ligne.

     L’évaluation externe post campagne réalisée par l’ADFM19 a conclu aux constats suivants :

- Le taux d’appel a été exceptionnel pour une campagne publicitaire à but informatif.
- La télévision est le média qui a eu le plus d’impact suivi de la radio. Les journaux ont eu un très
faible impact ;
- Les messages radio sont plus compréhensibles et plus clairs que ceux de la télévision qui été trop
brefs ;
- La population rurale a été faiblement touchée par la campagne ;
- Autant les hommes que les femmes sont en accord avec cette campagne, sauf sur le sujet de la
tutelle qui a été critiqué car il touche aux traditions et aux coutumes de la société marocaine et une
telle réforme est perçue comme une attaque aux mœurs ;
- Les personnes rurales sont plus demandeuses d’informations que les personnes urbaines ;

19
  L’évaluation externe a été confiée à une entreprise spécialisée en marketing social. L’ADFM a procédé à une
évaluation interne à partir de l’analyse des appels reçus.
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte 18
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
- La campagne n’a pas pu toucher les populations de langue AMAZIGH ;
- Les messages sont nombreux, il faut les limiter à deux ou trois thèmes pour être plus efficace ;
- Il serait très intéressant de faire un débat télévisé afin de pouvoir présenter et expliquer tous les
différents thèmes. Ceci permettrait une information participative et une action plus explicite.


L’Association 12 mars (Taza)

Constituée en mai 2000 à Tahla, l’association 12 mars pour le développement de la femme
s’est fixée comme objectifs d’organiser des campagnes de sensibilisation et de formation sur
les droits humains des femmes. Parmi ses réalisations en matière de communication on peut
noter l’organisation en partenariat avec le l’équipe mobile du centre de santé de Zrarda, de
deux campagnes de sensibilisation sur les droits humains des femmes, dans six douars de la
commune rurale de Zrarda en l’occurrence: Wawrakhsen, Ain Aala, Aghbal, Tadart
Oumchoud, El kalaa, Ilmaten. Ces campagnes ont été lancées en juillet 2007. Elles ont
permis de toucher plusieurs centaines de femmes rurales.

L’association « Jossour, Forum des femmes marocaines »

Crée en juillet 1995, Jossour s’est assignée comme mission de promouvoir les droits des
femmes marocaines. Les actions de communication menées par                          cette ONG ont
principalement ciblées les femmes bénéficiaires des cours d’alphabétisation juridiques à
travers la production d’un livret informatif sur les droits des femmes et les nouvelles
dispositions du code de la famille. Ce document définit le concept du code de la famille via
une discussion entre trois femmes dont l’une explique que le code de la famille est un
ensemble de règles de loi relatives aux responsabilités dans le mariage ; aux procédures de
divorce ; aux droits de l’enfant et à la corruption. Les principaux messages véhiculés sont le
droit à l’éducation des filles et l’inscription des enfants dans le livret d’état civil.

L’Association Ennakhil (Marrakech)

L’association Ennakhil pour la femme et l’enfant a été créée le 22 février 1997 dans la région
Marrakech Tensift Al Haouz. Elle s’est assignée comme objectifs de lutter contre tout type de
violence et de discrimination à l’égard de la femme et de l’enfant et d’œuvrer pour renforcer
l’éducation aux droits humains.
Parmi les principales réalisations de cette association, ont peu noter la mise en place en 1998,
d’un centre d’accueil, écoute, orientation/consultation et soutien juridique et/ou
psychologique pour les femmes et les enfants et la conduite d’actions d’information, de
sensibilisation et de formation sur les droits juridiques de la femme et de l’enfant à l’intention
des associations locales et des différents acteurs.

Dans ce contexte cette association a réalisé dans le cadre des journées internationales de
LCVFF et en partenariat avec le SEFEPH, plusieurs actions de communication dans
Marrakech et sa région, dont des stands d’expositions ; des tables rondes avec les acteurs
locaux, des conférences de presses et émissions radiophoniques.

Par ailleurs, cette association, a présenté en novembre 2008 à Marrakech, les résultats d’une
enquête soutien financier de l’Agence espagnole et d’Oxfam qui a démonté que les femmes
instruites sont plus nombreuses à dénoncer les violences. Cette étude a recommandé une
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   19
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
sensibilisation permanente et ciblée au profit des femmes analphabètes à travers les médias
audiovisuels.

L’Union de l’Action Féminine (UAF) Rabat et section régionales

Créée en 1987, l’UAF est présente dans les différentes régions du Maroc. Elle œuvre pour la
promotion de la situation de la femme au niveau social et juridique et l’éradication de tout
type de discrimination à son égard. Depuis sa création, l’UAF a réalisé de nombreuses actions
de communication et de plaidoyer utilisant différents supports de communication dont en
l’occurrence la publication du journal le 08 mars, la tenue de tribunaux symboliques sur les
VFF ; la mise en place de centre d’écoutes et d’accueil de femmes victimes de violence la
production de livrets, de bande dessinées et de Cdrom

Parmi ces réalisations en matière de communication, l’UAF a produit un guide de
sensibilisation « dis-moi quelles sont les nouveauté de la Moudawana ».

Produit en arabe dialectal, ce guide présentent les nouvelles disposition du code de la famille
en ce qui a trait à l’âge du mariage, la tutelle, le mariage des marocains résidents à l’étranger,
la polygamie, la garde des enfants ; le logement des enfants après le divorce ; le remariage de
la femme ayant la garde des enfants, le partage des biens, les clauses dans le contrat de
mariage et l’expulsion du domicile conjugale. Le document est très instructif, et présente les
informations via des histoires tirées du vécu quotidien les textes de loi sont expliquées de
manière claire et méthodique. Les discussions entre deux ou trois personnes permettent
d’apporter des éclaircissements sur les différentes thématiques. Des images accompagnent le
texte pour situer le lieu, le contexte et le contenu de la scène.

La Ligue Démocratique pour les Droits des Femmes. Casablanca et 14 sections régionales

Créée en avril 1993, la LDDF s'est assignée comme mandat de défendre les droits des
femmes et de lutter contre toutes les formes de violences et de discrimination à leur égard; de
promouvoir le principe de l'égalité ; les valeurs de la citoyenneté et la culture de tolérance, de
respect et de paix. La LDDF dispose de 14 sections régionales à travers le Maroc ; d’un
centre d’Information et d’Observation des Femmes marocaines (CIOFEM)

Depuis sa création, la LDDF a organisé de nombreuses actions de communication, de
sensibilisation et de plaidoyer : tables rondes, séminaire ; rapports, caravanes etc.
.
A partir de 2000, la LDDF a entamé un cycle de caravanes de sensibilisation sur les droits
des femmes à travers les différentes régions du Maroc et à l’extérieur du Maroc à l’intention
des MRE. Ces caravanes ont principalement pour objectif de sensibiliser les populations
vivant dans les milieux défavorisés sur les droits des femmes et des enfants ; de promouvoir et
de diffuser les valeurs égalitaires.

Dans le cadre de ces caravanes, les femmes bénéficient de séances d’écoute et d’orientation
juridique. Comme support pédagogique, la LDDF a produit une cassette audio intitulée :
« La justice et l’égalité pour une famille harmonieuse. Tous pour l’égalité et la citoyenneté ».
Produite en, arabe dialectal, tamazight, tarifit, français, espagnol, elle est distribuée
gratuitement dans toutes les zones de passage de la caravane.

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   20
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
Les thèmes abordés concernent les droits des femmes dans l’espace familiale, les droits de
l’enfant, le principe de l’égalité homme femme. La cassette présente également les différents
intervenants dans le domaine des droits des femmes ainsi que les procédures administratives
et juridiques. La production de la cassette en plusieurs langues et dialectes, rend accessible
l’information à toutes les régions du maroc.

La LDDF a également produit un guide pour diffuser et vulgariser les nouvelles dispositions
du code de la famille. Ce document produit en arabe dialectal, Amazighia, Rifia; Français et
Espagnol est distribué à travers les réseaux associatifs. Il aborde de manière simple et
attractive les dispositions du code de la famille en fournissant une réponse aux questions
essentielles que se posent les femmes. Des caricatures humoristiques illustrent chaque
thématique et servent de contre exemples aux explication sur les articles de loi.

L’association « Alliance des Femmes du Maroc pour le Développement et la
Formation » Tétouan

L’Association Alliance des Femmes du Maroc pour le Développement et la Formation œuvre
depuis mars 2000 dans la régions de Tétouan dans les domaines de la promotion de la
situation économique, politique et sociale des femmes ; la lutte contre toutes les formes de
violences et de discrimination à l’égard des femmes qui touche la femme et l’information et la
sensibilisation sur les droits des femmes.

Dans le cadre de ses actions d’information et de sensibilisation, Cette association a produit un
livret d’information sur les dispositions du code de la famille. L’approche utilisée, consiste
à énumérer les nouvelles dispositions du code de la famille et de faire le lien avec le vécu des
femmes en ce qui a trait à l’exécution de ces dispositions. Le document expose également les
problèmes rencontrés dans l’application de certains textes de loi.

Le document donne une information complète et pertinente. Toutefois, les textes de loi, sont
cités dans un langage juridique et les observations des participantes sont formulées en arabe
classique. Le document gagnerait à être simplifié avec une explication des termes techniques.
L’utilisation de l’arabe dialectal serait recommandée pour les commentaires.

Par ailleurs, l’Alliance des Femmes du Maroc pour le Développement et la Formation a
organisé en 2007, une caravane de sensibilisation qui a ciblé les écoles et les habitants de la
région : « Tous pour l’activation des lois et l’élimination de la discrimination ».

L’Association de la Recherche Féminine pour le Développement et la Coopération
ARFEDEC (Tétouan)

Créée en octobre 1996, ARFEDEC s’est fixée comme mandat de promouvoir les droits
humains des femmes. Elle a réalisé de nombreuses actions de communication dans la région
du nord , dont notamment : des actions de sensibilisation sur les DHFF réalisées en partenariat
avec la délégation régionale du Ministère de l’Education Nationale à l’intention des
établissement scolaire de Tétouan ; des ateliers d’information sur les VFFF au sein des
institutions d’enseignement primaire ; des rencontres d’information et de sensibilisation des
jeunes et des femmes victimes violences ainsi que des tables rondes avec les acteurs locaux
sur les problématiques juridiques des femmes victimes de violence.

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   21
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
ARFEDEC qui assure la coordination du réseau ANARUZ pour la région du nord, réalise
également avec les membres régionaux du réseau, des actions de communication, découlant
de la stratégie de plaidoyer du réseau.

L’association « AMAL, Femmes en mouvement pour une vie meilleure » Casablanca

L’association AMAL oeuvre depuis 1997, pour la promotion des droits des femmes. Elle s’est
fixée comme mission de favoriser l’accès des femmes à la pleine citoyenneté dans une société
démocratique et moderne, d’informer et de sensibiliser les femmes sur leurs droits ;
d’appuyer et orienter les femmes victimes de violences et de mener des actions de plaidoyer
pour promouvoir la participation des femmes dans la vie politique et pour leur accès aux
postes de décision.

Dans le cadre de son programme d’alphabétisation, l’association AMAL a produit des
cédéroms et des cassettes audio sous le titre « pour une famille équilibrée ».
Les thématiques abordées sont : le principe de l’égalité entre l’homme et la femme; l’âge du
mariage; la tutelle dans le mariage; le mariage de la fille mineur; la polygamie; l’exigence de
la monogamie dans le contrat de mariage ; les formes de divorce ; le divorce par la procédure
du chikak; le contrat de partage des biens; les droits de l’enfant (protection, éducation, santé ;
logement et pension alimentaire). L’application des procédures juridiques pour la
reconnaissance de la paternité; l’héritage des petits enfants du côté maternel; le mariage par le
régime de la Jamâa; le mariage et le divorce des marocains résidents à l’étranger.

Les CD et cassettes audio, ont été produits en arabe, tachelhit, tarifit et tamazight et sont
distribués via les réseaux associatifs. Ils mettent en scènes un dialogue entre un couple, qui
échange ses connaissances et appréciation sur le code de la famille. La conversation est
sereine et attrayante. Le discours est simple, accessible à une large population.
Les thématiques sont abordées en profondeur avec une explication simple et concise.

L’association « Centre droits des gens, CDG » Fès

Le centre des droits des gens a été créé en 1999, il s’est fixé comme mandat de contribuer de
promouvoir l’éducation aux droits humains et de lutter contre les VFG en milieu du travail.
Cette association a mis en place en janvier 2003, le centre El Karama d’écoute et d’assistance
juridique des femmes travailleuse victimes de violation de leurs droit.
Dans le cadre de son action d’information, de formation, de sensibilisation et de plaidoyer sur
les droits humains, le CDG a organisé plusieurs actions de communication en matière de lutte
contre les violences faites aux femmes dont différentes publications, ainsi que des
« campagnes populaires pour la sensibilisation des population rurales sur les droits des
femmes.

Ainsi avec l’appui de l’UNIFEM et de l’ACDI, le CDG a mené plusieurs actions de
communications dans les zones rurales : caravanes d’information et de sensibilisation ;
distributions de brochure explicatives sur : le code de la famille ; les instrument
internationaux le code de la famille, etc.

La campagne pour la LCVFF organisée de mai 2006 à mai 2007, avec l’appui de l’UNIFEM,
a été réalisée dans 7 régions du Maroc. Elle a permis de toucher près de 10157 personnes dont

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   22
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
68% de femmes20. Cette campagne a également permis de recueillir les témoignages de
femmes victimes de violences.

Des séances d’information ont été organisées à l’intention de plus de 80 adouls et de 250
représentant ( e ) s de la société civile et des ministère de l’Education nationale ; la Santé, la
Police, la Gendarmerie Royale et la Jeunesse et Sports. Pour la sensibilisation sur les
dispositions du Code de la Famille dans les souk hebdomadaire. Le CDG a installé à chaque
étape une grande tente ouverte au public.

  L’évaluation réalisée par l’UNIFEM a permis de dégager les recommandations
suivantes :
- Les supports écrits doivent être adaptés aux populations vulnérables, souvent analphabètes
du monde rural.
- Les supports audio-visuels doivent mettre en scène le monde rural et faire ressortir ses
spécificités.
- Les contacts et la coordination avec les associations pour la défense des droits des femmes
mais aussi avec les coopératives, les associations de développement et de micro crédit
implantées au niveau local et régional permettraient de cibler davantage les femmes
vulnérables.
- Les campagnes de sensibilisation en direction du monde rural doivent privilégier des modes
de sensibilisation moins impersonnels que la tente.

L’association « Initiatives pour la promotion des droits des Femmes », IPDF Fès

Créée en 1998, IPDF21, est une association féminine de plaidoyer. Sa mission stratégique est
la mise en oeuvre de l’égalité entre les sexes dans les textes et dans les faits, via la défense des
droits universels des femmes. Pour ce faire, IPDF organise régulièrement des campagnes
d’information et de sensibilisation des populations rurales et des jeunes sur la lutte contre les
violences. Cette association utilise différents support de communication dont en l’occurrence :
des pièces de théâtre élaborées pour la circonstance, des tables rondes avec les acteurs locaux
(juges, avocats, responsables de police et gendarmerie et de représentants associatifs) ; des
cafés débats avec les adolescents ; des ateliers d’écritures et de dessin à l’intention des jeunes
ainsi que la participation à des émission de radio, principalement les radios locales.

A noter IPDF a mis en place dans le cadre de l’INDH et en partenariat avec la Wilaya de Fès,
l'Entraide nationale et les collectivités locales, un centre d'éducation, de formation et
d'insertion des femmes en situation difficile.

L’association « Initiatives pour la promotion des droits des Femmes. Meknès

Cette association a pour mandat de promouvoir la participation des femmes à la gestion des
affaires publiques, de contribuer pour une meilleure intégration des femmes dans le
20
  Etude finale. Rapport analytique. Programme communication sociale, participation politique et gouvernance
démocratique pour l’habilitation des femmes au Maroc. UNIFEM mai 2008.

21
     IPDF Fès assure la coordination du réseau ANARUZ pour la région de Fès.



État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   23
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
développement ; de lutter contre les violences faites aux femmes et d’assurer le suivi de
l’application des nouvelles dispositions du code de la Famille.

Dans le cadre de ses activités de communication, IPDF Mekhnès a produit une brochure en
vue d’informer et sensibiliser les jeunes sur la problématique de la violence à l’égard des
femmes. Cette brochure publiée en arabe et en français, présente les mythes et les préjugés
qui sont véhiculés dans notre société, les différentes formes et le cycle de la violence, les
conséquences de la violence sexuelle sur la victime, les solutions pour contrer la violence, les
démarches à suivre pour porter plainte en cas de violences, les procédures judiciaires en cas
de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle et/ou de viol, une liste de ressources pour l’aide
aux victimes, une liste d’adresses web ainsi que des témoignage des victimes en bas de page.
Les informations sont ciblées et accessibles aux jeunes, les illustrations représentent les
dessins sur les VBG réalisés par des adolescents.

L’Association Marocaine pour les droits des Femmes (AMDF, Casablanca)
L’AMDF, s’est assignée comme mandat de lutter contre toutes les formes de violences à
l’égard des femmes et de lutter contre l’analphabétisme juridique. Dans le cadre de ses actions
de communication et d’information sur les droits des femmes, le centre Fama d’accueil,
d’écoute et d’orientation juridique des FVV de l’AMDF, a élaboré un guide juridique sur
les droits des femmes. Ce document publié, avec le soutien de l’ambassade de Finlande,
aborde outre les principales dispositions du code de la famille, les différentes formes de
violences faites aux femmes. Dans ce document, des illustrations servent de support aux
thématiques traitées. Les articles sont énoncés de manières simples et accessibles à une large
population.

L’Association Ain El Ghazal. Oujda

Cette association a été créée le 24 avril 2000. Elle s’est assignée comme mandat d’oeuvrer
pour le développement économique, social et culturel de la région de l’oriental.

Depuis sa création, elle compte à sont actif plusieurs réalisations dont notemment : la création
d’un centre socio éducatif qui dispense des cours d’alphabétisation et de sensibilisation
(médicales, juridiques, civiques etc ainsi que des formations aux femmes de la région ; la
création d’un dispensaire dans la commune rurale d’Aghbal ; la mise en place de cours
d’alphabétisation pour le personnel domestique de Oujda ainsi que la création en février
2002 du premier centre d’accueil , d’écoute de soutien spylologique et d’orientation
juridique pour les femmes victimes de violence dans la région de l’Oriental.

Ce centre réalise régulièrement des actions d’information et de sensibilisation sur les DHF et
les VFG à l’intention des différentes catégories de la population, en l’occurrence les femmes
et les jeunes de la ville de Oujda et sa région (Nador, Berkane ; Taourirte etc.).
Parmi les actions de proximité, on peut noter des rencontres d’information et de
sensibilisation sur la VFG à l’intention des acteurs locaux ; des expositions de photos et tables
rondes sur les violences « le langage des photos » dans les établissements scolaires.
Oujda Ain Ghazal, assure la coordination du réseau ANARUZ pour la région de Oujda. Elle
gère également un centre d’accueil et de réinsertion des femmes victimes de violence.


État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   24
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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1.2.2 LES ONG DE DEVELOPPEMENT

L’association « AFAK Civisme et Développement », Casablanca
Crée en 1995, l’association AFAK œuvre pour la promotion d’une conscience civique et
d’une citoyenneté responsable comme principaux leviers pour le développement du pays.
 Les principaux outils et moyens mis en œuvre par AFAK pour la réalisation de sa mission
sont la sensibilisation et l’éducation.

Les mass média, surtout les radios, constituent les principaux supports mobilisés par AFAK
dans son travail de sensibilisation et de conscientisation. En effet, les capsules radiophoniques
diffusées par AFAK depuis 1998 sont devenues un outil de communication qui s’est imposé,
compte tenu de l’audience et de la proximité des stations radios.22

Dans le cadre de son programme d’information et de sensibilisation, l’association AFAK a
produit avec le soutien de la délégation de la commission européenne ainsi que d’autre
partenaire nationaux, un programme radiophonique d’éducation à la citoyenneté et aux
droits de l’Homme. Des spots radio, sur les différentes thématiques en relation avec la
citoyenneté, sont diffusés plusieurs fois par jour sur les ondes radio et sont distribués dans
des cassettes audio. Les thèmes en relation directe avec les droits de la personne sont : le
respect des lois; le respect des individus ; les droits et les devoirs des citoyens et citoyennes
et l’égalité homme femme, etc. Les spots de 45 secondes chacun sont simples et ciblés. Le
langage est accessible à tous les citoyens et citoyennes. Les messages sont diffusés
régulièrement sur radio 2M. Ils sont clairs, directs, moralisateurs, basés sur des situations
contextuelles. Les cassettes audio ont été distribuées gratuitement via les réseaux associatifs,
principalement dans les zones rurales.

L’association « Tanmia », Rabat

Créée en 2004, l’association Tanmia a pour mandat de promouvoir l’utilisation d’outils
technologiques d’information et de communication auprès des ONG via le renforcement de
leurs capacités. Le principal outil de communication de Tanmia, réside dans son portail qui se
veut un espace d’information, de ressources, de renforcement des capacités et de mise en
relation des acteurs du développement au Maroc.

Dans le cadre des ses activités d’information et de sensibilisation sur les droits des femmes,
l’association Tanmia a produit avec le soutien de l’union européenne des dessins animés. Ces
derniers, produits en Arabe, Français, Tamazight ont été distribués via les réseaux associatifs
et son également téléchargeable sur www.tanmia.ma. Les thèmes abordés sont le mariage, le
divorce et la garde des enfants. Les messages sont simples et accessibles aux populations
rurales et urbaines. Toutefois certaines allusions humoristiques pourraient faire l’objet d’une
mauvaise interprétation et voir même renforcer certains stéréotypes.




22
  Une étude d’impact réalisée en 2003 auprès de 497 personnes à Casa, Rabat, Salé, Fès, Marrakech a montré
que : Ont remarqué une campagne AFAK : 59 % ; Mémorisation des thèmes : 42 à 77 % ; Campagne
convaincante, crédible : 75 – 78 % ; Influe sur mon comportement : 60 %
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte 25
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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L’Association Tlassemtane pour l’Environnement et le Développement. Chefchaouen

Créée en mars 1996, cette association a pour mandat de susciter la prise de conscience aux
problèmes de l’environnement ; de défendre le droit des citoyens et de la citoyennes à vivre
dans un milieu sain en accord avec les conventions et les législations en vigueur au niveau
national et international et de promouvoir le tourisme écologique.
Cette association a produit un programme de sensibilisation sur les droits des femmes avec
comme support un livret qui contient des conseils simples et pratiques dans les différents
domaines : santé de la femme et de l’enfant, planification familiale, MST, Code de la famille,
protection de l’environnement etc. Les illustrations permettent de renforcer la compréhension
et se susciter l’intérêt des jeunes.

La Fondation Zakoura

La Fondation Zakoura a pour mandat de combattre la pauvreté et développer le sens de la
responsabilité civique et d’appuyer le développement humain par l’éducation des enfants,
l’alphabétisation et la sensibilisation des adultes et l’initiation professionnelle de la jeunesse.

La Fondation Zakoura a produit une série d’outils d’information et de sensibilisation sur les
droits humains des femmes pour accompagner la mise en œuvre de son programme de micro
crédit et alphabétisation fonctionnelle des femmes. Elle dispose à ce titre, d’un kit complet
d’information et de sensibilisation utilisant différents supports de communication
audio-visuel, visuel (livrets et affiches et les journaux) dont :

Six livrets sous forme de bande dessinées, abordant respectivement les fiançailles, le mariage,
le divorce, la wilaya, la polygamie, la garde des enfants, en vue d’informer et de sensibiliser
sur les nouvelles dispositions du code de la Famille. Produits en arabe dialectal pour illustrer
les cours d’alphabétisation des femmes bénéficiaires des services de Zakoura, ces documents
ont fait l’objet d’une large distribution à travers toutes les régions du Maroc et ce via les
réseaux associatifs régionaux. Chaque livret aborde une thématique particulière, illustrée par
des scènes de vie, sous forme de bandes dessinées. Un encadré présente un texte de loi sous
forme d’interrogation « Est-ce que vous savez que ». Les différentes thématiques sont
abordées de manière stratégique et ciblée. Les informations sont pertinentes et tiennent
compte du vécu quotidien. Les messages sont clairs dans l’ensemble mais certains sont
incomplets et peuvent prêter le flanc à une mauvaise interprétation. L’utilisation des
expressions populaires est un atout pour la sensibilisation de la population cible, mais
certaines expressions utilisées véhiculent des stéréotypes.

Des Cédéroms ont été produit en accompagnement au programme de Zakoura et également
distribués aux ONG régionales. Ils ont pour objectif d’informer et de sensibiliser sur la santé
de la femme, l’hygiène ; la planification familiale, les nouvelles dispositions du Code de la
Famille, l’égalité homme femme, la citoyenneté etc. Les informations sont présentées de
manières attrayantes et accessibles à une large population. Le jeu de rôle et la mise en scène
sont réalisés de manière professionnelle. Les personnages sont interprétés par un acteur et une
actrice professionnels. Toutefois Le principe du nouveau code sur la protection des droits de
toute la famille n’est pas suffisamment mis en relief. Le volet sur la citoyenneté traite de
différentes thématiques comme la lutte contre la corruption, l’importance de la carte d’identité
nationale etc. Toutefois, certaines scènes entre les personnages ainsi que le ton utilisé, donne

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   26
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
l’impression que le nouveau Code de la famille a diminué les prérogatives de l’homme et
augmenté celles de la femme.


CONCLUSIION DE LA PARTIIE I
CONCLUSION DE LA PARTIE I
 ONCLUS ON DE LA PART E

Les actions de communication en matière de DHFF et de LCVFF réalisées par les acteurs
gouvernementaux et de la société civile sont nombreuses et diversifiées et peuvent être
classées selon les catégories suivantes :

Les campagnes de communication grand public
Elles utilisent comme support de communication principalement les médias de la presse écrite
et audio visuelles et les vecteurs les plus efficaces en termes de capacité de diffusion sont la
télévision et la radio. Le constat qui se dégage est que les zones rurales sont peu touchées par
les messages de ces campagnes et au niveau de l’urbain, les messages sont accessibles
principalement aux classes moyennes.

Les messages des campagnes de communication réalisées par le département chargé de la
condition féminine, utilisent un ton moralisateur et ne font que rarement référence à la loi à
l’exception de la dernière campagne qui a été lancée sous le thème pour une protection légale
des femmes. A l’inverse, ceux des ONG, font références aux principales dispositions légales
(code de la famille, du code pénal, du code du travail etc.), mais l’information est perçue
comme étant trop globale, elle informe sur la loi, sans donner les informations sur sa portée

D’une manière générale, les campagnes sont jugées comme étant trop ponctuelles et les
évaluations réalisées concluent à deux constats communs à savoir :
- la communication et la sensibilisation ne doivent pas être uniquement liées à des événements
ponctuels mais s’inscrire dans la continuité et le long terme;
- les messages devraient être accessibles à toutes les catégories de la population ; s’éloigner
de la victimisation et être plus explicites quant aux actions demandées au public.

Les actions qui touchent les populations défavorisées

Elles sont organisées par les ONG sont orientées principalement vers le monde rural.
Elles utilisent comme supports, les cassettes audio, les pièces de théâtres, les affiches etc.
Ces actions restent un moyen efficace pour toucher les populations rurales. Les évaluations
démontrent que les outils doivent être contextualités et adaptés à la population cible
principalement au niveau du langage (arabe dialectal, Amazigh).

Les actions qui ciblent spécifiquement les femmes issues de couches défavorisées,
principalement les femmes rurales.

Elles sont réalisées principalement dans le cadre des cours d’alphabétisation, par les ONG de
développement dans le cadre de l’alphabétisation fonctionnelle et/ou du micro crédit.
Les supports utilisés sont principalement, les affiches, les livrets, scénettes ; cassette audio.
Les thématiques sont principalement axées sur les nouvelles dispositions du code de la famille
L’utilisation de support audio et de pièces de théâtres est particulièrement appréciée par les
femmes.

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   27
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
Toutefois, ces ONG ne sont pas toujours outillées pour communiquer sur les DHFF.
L’analyse de certains documents, laisse apparaître l’utilisation de stéréotypes et d’expressions
pouvant prêter le flanc à de mauvaises interprétations. Pour éviter cela, les ONG devraient
avoir recours à des avocats spécialisés dans le code de la famille et travailler en coordination
avec les associations de promotion de droits des femmes pour la validation des outils de
sensibilisation.




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   28
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
PARTIE II LES ACTIONS ET OUTILS DE COMMUNICATION EN MATIERE DE
PARTIE II LES ACTIONS ET OUTILS DE COMMUNICATION EN MATIERE DE
LUTTE CONTRE LE TRAVAIL DES PETITES FILLES
LUTTE CONTRE LE TRAVAIL DES PETITES FILLES

Conscients de l’importance de la communication sociale, le gouvernement marocain et les
organisations de la société civile ont initié plusieurs programmes et projets de sensibilisation
autour de questions diverses et, depuis la ratification par le Maroc de la Convention de
l’Enfant (CDE, 1993), autour de la question du travail des enfants.

Partant du constat que le travail des filles est d’abord une violation de leurs droits humains et
ensuite que ce phénomène constitue l’un des principaux obstacles à leur scolarisation et
éducation, des initiatives ont été prises récemment par plusieurs intervenants, notamment le
gouvernement, pour lutter contre ce phénomène.

La première partie de ce chapitre dresse un bilan analytique des actions et campagnes de
sensibilisation destinées au grand public initiées par le gouvernement et ses partenaires ;
La deuxième partie est consacrée à l’état des lieux analytique des principaux projets et
programmes mis en œuvre par les organisations de la société civile en la matière.

    2.1. Les départements ministériels

2.1.1 Le Ministère de l’Education nationale
Le Ministère de l’éducation nationale a réalisé en 2006, avec l’appui de l’UNICEF une étude
sur la violence à l’école. Cette étude a analysé les types de violences dont sont victimes les
enfants à l’école primaire. Elle est arrivée au constat que les châtiments corporels dans les
établissements scolaires étaient banalisés ce qui a pour conséquence de contribuer à l’abandon
scolaire. Cette étude propose 37 recommandations pour mettre fin à la violence à l’école.
Parmi ces recommandations la recommandation 32 : Organiser au niveau des grands médias,
une campagne d’information sur la violence à l’école, prise sous l’angle droits et devoirs à
l’école ; et la recommandation 34 qui incite les ONG à réaliser un travail de sensibilisation au
niveau des familles sur le droits de l’Enfant.

2.1.2 Le Ministère de la justice

Ce Ministère a produit avec l’appui de l’UNICEF deux documents de référence en matière de
droits de l’Enfant et de violences à l’égard des enfants.

Le guide sur les droits de l’enfant a été produit en arabe et en français dans un style très
simple, accessible au grand public, en particulier aux jeunes. Il a pour objectif d’informer et
de sensibiliser sur les droits de l’enfant et sur les instances et institutions nationales chargées
de les faire respecter.

La violence à l’égard des enfants au Maroc.
Cette étude a été publiée en 2006 pour pallier le déficit d’information sur la violence à l’égard
des enfants marocains et définir une stratégie pour prévenir et combattre les abus multiformes
dont sont victimes les enfants : violence physique, psychologique ou sexuelle, négligences et
mauvais traitements, exploitation économique, trafic d’enfants.


État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   29
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
2.1.3 Le Ministère de la Santé

Dans le cadre de son programme de protection et de prise en charge des enfants victimes de
violences, le Ministère de la Santé a mené des actions d’information et de sensibilisation à
l’intention des professionnels de la Santé. Ces actions ont porté sur la violence et ses
différentes formes ainsi que leurs aspects cliniques et médico-légaux sur les enfants. Des
unités régionales et provinciales de prise en charge des enfants victimes de violences ont été
ouvertes dans les hôpitaux.

Une affiche décrivant de manière schématique et claire la conduite à tenir devant un enfant
victime de violence a été placardée au sein des unités de prise en charge des enfants victimes
de violences.

Pour 2009, le Ministère de la Santé, envisage d’élaborer des outils de sensibilisation sur la
prévention de la violence à l’égard des enfants et l’instauration d’une approche d’éducation
parentale dans le domaine de la lutte contre les violences à l’égard des enfants.


2.1.4 Le Ministère de l’artisanat

Ce département a produit avec l’appui de l’UNICEF et de l’IPEC, un kit de plaidoyer
intitulé : « Lutter contre le travail des enfants : pourquoi ? Comment ? »

Publié en 2007 ce document se fonde sur l’expérience menée dans le cadre du projet « pour la
prévention et l’élimination du travail des enfants dans le secteur de l’artisanat à Fès » qui
avait été en 2000 par la délégation régionale du Ministère de l’Artisanat en partenariat avec la
Wilaya, l’UNICEF, le BIT-IPEC, des associations de métiers, des ONG locales et divers
partenaires gouvernementaux.

Il accorde une place importante à la sensibilisation des parents et des employeurs via des
actions de proximité qui mettent à contribution les ONG.


2.1.5 Le Ministère du Développement Social de la Famille et de la Solidarité : « Inqad»

Le projet Inqad s’inscrit dans les orientation et axes stratégiques du Plan d'Action National
pour l'Enfance (PANE, 2006-2010). Ce Plan d’Action vise à contribuer à la matérialisation de
l’Initiative Nationale du Développement Humain INDH, dans la mesure où il définit les
objectifs majeurs en matière de droits de l’enfance qui augure une nouvelle politique sociale
en matière d’enfance.

Le projet INQAD, composante du PANE dans le volet relatif à la protection des enfants
contre l’exploitation économique et la lutte contre le phénomène des petites filles domestiques
(objectifs 2 et 3 du PANE) a été mis en place par le Secrétariat d’Etat chargé de la Famille, de
l’Enfance et des Personnes Handicapées (SEFEPH) en partenariat avec plusieurs autres
intervenants institutionnels, internationaux et acteurs de la société civile.
L’objectif global du projet INQAD est la réduction du travail domestique des petites filles par
l’amélioration de la prise de conscience des effets néfastes de ce phénomène parmi les acteurs
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte 30
            contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                             Demos Consulting
concernés (parents, employeurs et intermédiaires) et la lutte contre les facteurs le favorisant.
Le projet cible la lutte contre le réseau des intermédiaires et encourage les familles en milieu
rural à envoyer leurs filles à l'école.

Dans le cadre du projet INQAD, une campagne nationale «Tous contre le travail
domestique des petites filles » a été initiée par le gouvernement avec l’appui de plusieurs
partenaires nationaux et internationaux, cette campagne a marqué le début de la mise en
œuvre du programme Inqad.23 Elle s’est déroulée du 22 janvier au 23 février 2007 autour des
axes suivants:

Les spots télévisés :
Ces spots télévisés ont été diffusés en langue arabe (dialectale) sur les deux chaînes
marocaines (TVM et 2M). Ces derniers en trois épisodes montrent le vécu de la mère après
le départ de sa fille vers la ville, les discussions entre le père et l’intermédiaire qui s’est
chargé de trouver l’emploi à la petite fille et enfin, le vécu de la petite fille chez les
employeurs.

Les capsules radiophoniques en arabe :
03 capsules radiophoniques ont été produites autours des messages suivants :
   - Message 1: destiné aux parents d’une durée de 56 secondes
   - Message 2: destiné aux employeurs d’une durée de 60 secondes
   - Message 3: destiné aux intermédiaires (Samaras) d’une durée de 53 secondes

Les supports de la presse écrite en deux langues (Arabe et Français) ont été
diffusés dans les quotidiens, les hebdomadaires et les magazines.

Des affiches placardés sur les bus dans les quatre grandes villes ciblées par la campagne
de sensibilisation.

Un Kit pédagogique pour le corps professoral englobant :
- Une lettre d’information cosignée par la Secrétaire d’Etat chargé de la Famille, de
l’Enfance et des Personnes Handicapées et le Ministre de l’Education Nationale ;
- Une Charte d’engagement comprenant 9 critères relatifs au danger du travail
domestique des petites filles ;
- Un livret pédagogique en langue arabe avec des illustrations comportant un bref état
de lieux du travail des petites filles domestiques, insistant sur le fait que la lutte contre le
phénomène est la responsabilité de tous, les effets du travail sur leur santé physique et
mentale des petites filles, un témoignage d’une petite domestique de maison et, enfin, une
présentation de la campagne et de ses objectifs.




23
  Le projet Inqad vise à combler le vide juridique en matière du travail des petites bonnes. Le Code de travail
actuel stipule que l’âge minimum du travail pour les enfants est de 15 ans. Bien que l'emploi de mineurs pour
des travaux potentiellement risqués pour leur vie et leur santé soit illégal, la loi ne prévoit aucune sanction
précise. Un projet de loi est en cours d’élaboration pour combler ce vide juridique.

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte    31
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
Des forums de discussion proposant un large éventail de matériels d'information
destinés aux personnes employant des petites bonnes ont été organisés dans les quatre
régions couvertes par le projet - Casablanca, Rabat, Fez et Marrakech.

Une caravane de sensibilisation pour les parents sillonnant les 4 zones qui
alimentent le marché des petites filles domestiques24. Ces caravanes ont procédé
notamment à la distribution du matériel de sensibilisation aux familles qui emploient des
petites bonnes ainsi qu’aux familles susceptibles de placer leurs jeunes filles sur le marché
des emplois domestiques.

L’organisation et diffusion télévisée d’une émission thématique de clôture
de la campagne diffusée le 23 Février 2007.


2.2 LES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE

2.2.1 L’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE)

Lors de la seconde édition du Congrès National des Droits de l’Enfant sur la Convention des
Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant25 (1995), Feu Sa Majesté le Roi Hassan II avait
pris la décision d’ériger le Congrès en Observatoire National chargé de suivre la stratégie
relative à la mise en oeuvre de la Convention des Droits de l’Enfant et d’en confier la
présidence à Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem.

La mission de l’ONDE consiste à assurer le suivi de la mise en œuvre de la CDE par: i)
l’analyse de la situation de l`enfant en matière de protection et promotion de ses droits, ii)
l’évaluation de l`impact des actions engagées; iii) l’information, sensibilisation et appui aux
différentes instances concernées tant à l`échelon national que régional ; iiii) la mise en œuvre
d’actions démonstratives promotionnelles des droits de l`enfant dans les domaines de la santé,
l`éducation, le juridique, les loisirs, la culture, etc. et enfin, iiiii) la coordination des
initiatives intersectorielles engagées par les partenaires nationaux et internationaux en faveur
de la protection de l`enfant et la promotion de ses droits.

L’ONDE a mené deux principales campagnes de sensibilisation du grand public à la
question du travail des petites filles. Il s’agit de :

La première campagne de sensibilisation/communication contre le travail de la petite fille a
été lancée en 2000, elle a constitué la première phase de la campagne nationale de lutte contre
la maltraitance des enfants autour du thème du travail des petites filles.



24
  Il s’agit notamment de: Casablanca et provinces: Région Chaouia-Ourdigha, Settat, Khouribga, Kelaa
Sraghna, et Doukala-Abda ; Marrakech et les régions qui l’alimentent : Région Tansiffet -El Haouz,
Essaouira ; - Rabat et les régions et les provinces qui l’alimentent : Région Rabat-Salé-Zemmou-Zaer
& Gherb-Chrarda-Beni Hssen, shoul, Kenitra ; Fès et les régions qui l’alimentent : Taza, Taounate,
Boulemane, Errachidia

25
  Ratifiée en 1993.
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   32
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
Cette campagne s’est déclinée sous la forme de spot télévisuel mettant en scène des fillettes
dans un environnement favorable et une petite fille domestique et faisant l’objet de violences
physiques de la part de la maîtresse de maison. Le message final insiste sur le droit à
l’éducation pour les filles comme pour les garçons.

La seconde campagne de sensibilisation contre le travail de la petite bonne, a été lancée en
2004. Le principal message télévisuel et radiophonique de cette 2ème campagne de l’ONDE
relate le cas d’une mère qui raconte à sa petite fille son histoire d’ancienne enfant domestique
et se rappelle avec émotion et reconnaissance ses anciens employeurs qui l’ont inscrite à
l’école et lui ont appris un métier (couturière). 26

       Le message de la campagne de sensibilisation « Contre le travail de la petite bonne » de
       2004 ne correspond pas à l’objectif recherché par cette action. En effet, le message est
       ambigu dans la mesure où il peut avoir des effets et impacts contraires à ceux qui sont
       recherchés par la campagne à savoir, le travail des filles domestiques est acceptable et
       même recommandé si ces petites domestiques sont bien traitées par leurs employeurs, si
       elles peuvent aller à l’école et si elles peuvent apprendre un métier.

2.2.2 L’association Tanmia.ma
L’association Tanmia.ma, a mis en place un programme de sensibilisation autour des droits
des femmes et de l’enfant. S’appuyant sur les NTIC, ce programme est décliné en deux
principales composantes: à savoir un cédérom appelé « Connais tes droits » facilement
accessible en ligne et un forum de discussion en ligne sur la question du travail des droits
de l’enfant et du travail des enfants.

Le cédérom « Connais tes droits »27 a pour objectif de sensibiliser le public aux droits des
femmes et des enfants. Il s'agit d'un produit audiovisuel qui est disponible sur le site de
l’association28 en trois langues (Arabe, français et amazigh). Cet outil vise à fournir une
aide aux associations mettant ainsi à leur disposition un support de sensibilisation pouvant
être diffusé auprès de leurs bénéficiaires29.
Ce cédérom qui peut être reproduit et diffusé librement, comprend six séries de dessins
animées de sensibilisation aux droits des femmes et des enfants s'inspirant de faits réels
dans plusieurs régions du Maroc afin d'investir les publics cibles dans la rédaction des
scénarios et la description de leurs personnages.

La composante relative aux droits de l’enfant est déclinée en trois thématiques :



26
   http://www.ondemaroc.org/francais/_vedio.php?filename=200606270429500
27
   Réalisé par avec l'aide financière de l'Union européenne
28
   http://connaistesdroits.tanmia.ma
29
   Les scénarios des 3 dessins animés s’inspirent de faits réels et d’histoires inventées par des enfants ayant
participé aux focus group du projet. 3 focus group composés d’enfants de toutes les catégories et classes
sociales, âgés de 10 à 15 ans et comprenant 10 participants chacun, ont été organisés dans les villes de Salé,
de Fès et de Marrakech, à l’issu desquels, une synthèse des résultats des 3 focus group a été réalisée, et a
permis d’extraire les 15 thématiques prioritaires, qui ont fait l’objet des 3 séries focalisant essentiellement sur
la nécessité de poursuivre sa scolarité le plus longtemps possible, le droit de ne pas travailler, ou encore les
situations de maltraitance ou d’abandon du domicile familial.

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte        33
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
-    L’avenir : cette thématique décline le travail des enfants en général est s’appuie sur
     une l’image du garçon (menuisier au travail) alors que le discours est fait par une
     femme.
-    Les dangers de la rue.
-    L’école de mes rêves fait référence au travail des enfants sans distinction de sexe.

Le cédérom est décliné en deux parties :

Une première partie, montre le vécus de trois enfants relatés par une femme journaliste
en reportage et racontant trois histoires relatant trois situations différentes :
- Celle de Hassan, un enfant maltraité par son père et qui s’est réfugié dans la rue,
- Celle de Saida, une petite fille qui habite dans la campagne de Marrakech qui est
obligée de quitter l’école pour aider ses parents dans les travaux domestique et de champ
et afin que son petit frère puisse aller à l’école ;
- Celle de Farid, enfant apprenti menuiser qui travaille dans des conditions très difficiles
et qui chaque jour passe devant « l’école de l’avenir ».

La deuxième partie montre une journaliste, en reportage débite un discours très
conventionnel et moralisateur sur les droits de l’enfant et les engagements du Maroc au
niveau national et international en relation avec les sujets (les trois cas) abordés dans la
première partie.

Le Forum de discussion en ligne

Après un premier débat lancé sur la violence contre les femmes, de nombreux visiteurs du
portail Tanmia.ma ont choisi de débattre du travail des enfants30. Depuis son lancement le 1er
mars jusqu’à sa clôture le 04 avril 2006, un sujet et plus de deux messages -en moyenne- ont
été publiés quotidiennement. Le nombre d’inscrits a avoisiné 200 et celui des visiteurs actifs
près de 2000. Les internautes ont été exhortés à participer activement à l’enrichissement du
débat à travers cet appel (rédigé en français et en arabe) :

     L’un des principaux intérêts de l’expérience de la campagne de l’association Tanmia.ma en matière
     de sensibilisation autour des droits de l’enfant est son positionnement sur un nouveau support
     (Internet) et la confection d’un cédérom facilement accessible et téléchargeable par les internautes
     Toutefois le nombre de cas /situation traités dans ce cédérom fait que les messages sont nombreux et
     difficilement lisibles
     Par ailleurs, le contenu des messages de la deuxième partie (énumération des droits de l’enfant et
     des engagement du Maroc) n’est pas très digest ni accessible


2.2.3 AFAK association marocaine pour le civisme et le développement31

Le programme de sensibilisation sur les travaux dangereux des enfants

En 2002, Afak a lancé un programme de sensibilisation sur les travaux dangereux des enfants
lancé 32dans le cadre d’un partenariat conclu avec le Ministère de l’Emploi et le Bureau


30
   http://dialogue.tanmia.ma/.
31
   http://www.afak.ma
32
   http://www.afak.ma/index.php?option=com_content&task=view&id=17&Itemid=34.
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   34
              contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                               Demos Consulting
International du Travail / IPEC-Maroc.33Le principal objectif assigné à ce programme est la
sensibilisation des enfants, des parents et des employeurs sur le problème du travail
dangereux des enfants et les risques auxquels ils sont exposés en l’exerçant.

Ce programme a été décliné en trois principales activités :
- la diffusion de 4 campagnes radiophoniques de 3 semaines chacune ;
- la réalisation de 2000 cassettes audio et de 5000 affiches de sensibilisation destinées aux
associations qui travaillent localement dans le cadre du programme IPEC ;
- la publication gratuite d’annonces presse pour mobiliser l’opinion publique, le
gouvernement, les ONG et les élus.

     La campagne de sensibilisation de l’association Afak n’a pas visé spécifiquement le travail
     des petites filles mais tous les travaux considérés comme dangereux pour la santé physique et
     mentale des enfants de deux sexes.
     Elle n’a pas non plus précisé la nature et types de ces travaux ni énoncé d’une façon claire
     que le travail des enfants est interdit par les lois en vigueur au Maroc


2.2.4    L’Association Al Amana pour la promotion de la micro entreprise

Crée en 1997, cette association a pour mission de contribuer à l’intégration sociale et au
développement économique par la micro finance et la promotion de la micro entreprise.
Cette association est également porteuse de valeurs fondatrices qui sont la dignité humaine de
tout un chacun (clients et salariés), la responsabilité et la solidarité. C’est ainsi qu’elle a
progressivement évolué pour prendre en charge de nouvelles problématiques sociales comme
le travail des enfants.

Le programme d’action contre le travail des enfants
Le programme d’action contre le travail des enfants a été mis en place par l’association Al
Amana à partir de janvier 2007 dans le cadre du renforcement et consolidation de la
responsabilité sociale de cette institution.
D’une durée de 12 mois, ce programme qui constitue une expérience originale de
sensibilisation visant la lutte contre le travail des enfants à travers les activités de crédit et de
d’accompagnement/conseil à la création de micro entreprises.

Sous le slogan « Ensemble pour une enfance épanouie » ce programme vise à34 :
- Communiquer auprès de tous les clients de l’association sur les droits de l’enfant au
travail et sur l’importance de la lutte contre le travail des enfants ;
- Sensibiliser les clients qui emploient des enfants à la problématique de la lutte contre le
travail des enfants;
- Inciter les clients qui emploient des enfants à modifier leur comportement en posant
comme condition d’octroi d’un micro crédit l’amélioration des conditions de vie et de


33
  Partenaires: IPEC-Maroc (Programme International pour l’Abolition du Travail des Enfants), l’Organisation
Internationale du Travail, Ministère de l’Emploi, médias nationaux et agence Nadar Communication.
34
  http://www.alamana.org/
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   35
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
travail des enfants en question, voire à l’éradication de cette pratique pour les cas les plus
problématiques.

Les principales activités relatives à la composante communication/ sensibilisation
sont :35
     La conception d’un module de formation des agents de terrain à leur nouveau rôle de
« sensibilisateur sur la thématique du travail des enfants », formation de 6 formateurs et
formation des 2125 agents de terrain d’Al Amana par les 6 formateurs (la formation portera
sur la problématique du travail des enfants, la nouvelle procédure et la façon de sensibiliser
les clients sur ce thème – élaboration d’un kit pédagogique pour aider les agents de terrain
à faire de la sensibilisation) ;
 La conception et impression d’un support de communication pour toucher tous les
clients d’Al Amana ;
 La campagne de communication auprès des 300.000 clients qui bénéficieront d’un prêt
entre l’entrée en vigueur de la procédure et la fin de l’action (cette communication se fera
dans le cadre d’une discussion qui aura lieu lors de la visite de l’agent de terrain au client
sur son lieu de travail) ;
     La campagne de sensibilisation auprès des clients identifiés comme employant des
enfants (sessions de sensibilisation organisée au sein du local d’Al Amana à l’occasion
d’une étape du processus d’octroi du prêt : test pour les prêts solidaires, préparation des
contrats pour les prêts individuels ; l’agent de terrain utilisera un kit pédagogique lors de
ces sessions) ;
     La campagne de sensibilisation par l’audiovisuel dans 20 agences pilotes :
- équipement des 20 agences par des lecteurs DVD et téléviseurs pour diffusion d’un
documentaire sur le travail des enfants ;
- identification des supports audiovisuels existants sur ce thème ;
- sélection du support le plus adapté au cas des clients du micro crédit ;
- organisation de sessions de sensibilisation pour les clients identifiés comme employant
des enfants (diffusion du documentaire puis discussion avec l’agent de terrain sur la base
du documentaire visionné)
 L’évaluation finale de l’action.

S’il est vrai que le message de la campagne « Ensemble pour une enfance épanouie » est général et
ne cible pas le travail des petites filles, certains enseignements peuvent toutefois être tirés de cette
expériences et pourront être investis dans des campagnes futures de sensibilisation et de
communication autour du travail des petites filles.
L’expérience d’Al Amana est originale car c’est une campagne de sensibilisation qui n’a pas
recours à un support médiatique mais qui cible plus la proximité avec la population cible, à savoir
les clients du micro- crédit
L’originalité de cette expérience réside aussi dans les impacts qui peuvent être déterminants et
surtout mesurables à travers l’entrée facilitatrice du micro crédit d’une part et de la proximité des
agents de l’association avec la population cible
Par ailleurs, la programmation et budgétisation de l’évaluation du programme constituent aussi une
bonne pratique à mettre en exergue.


35
   L’autre composante étant l’élaboration et mise en place d’une procédure interne à Al Amana qui rendra
systématique et obligatoire la mission des agents de terrain de sensibilisation des clients du micro crédit sur la
thématique du travail des enfants

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte       36
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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CONCLUSIION DE LA DEUXIIEME PARTIIE
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE
 ONCLUS ON DE LA DEUX EME PART E

Il ressort que les actions de communication et de sensibilisation en matière de lutte
contre les VFG et de lutte contre le travail des petites filles ont eu recours à
différents messages et ont utilisé des supports très divers dont certains se sont
avérés très efficaces et d’autres moins pertinents. Pour cette raison, il faut prêter
une attention particulière au choix de ces outils de telle façon à produire le plus
grand impact sur les cibles directes et indirectes.

La diversité des supports de communication (télévisions, radios, NTIC, sensibilisation de
proximité et autres supports de sensibilisation) peut être considérée comme une bonne
pratique à consolider car ces différents canaux ont chacun leurs cibles et leurs logiques
propres. Toutefois, les différentes évaluations montrent que le choix des messages et
supports n’a pas forcément obéi à des critères bien définis (pertinence/coûts, populations
cibles, objectifs de la campagne).




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   37
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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PARTIIE III :: PRIINCIIPAUX CONSTATS SUR LES ACTIIONS DE COMMUNIICATIION
PART E III     PR NC PAUX CONSTATS SUR LES ACT ONS DE COMMUN CAT ON
REALISEES A TRAVERS LES MEDIAS
REALISEES A TRAVERS LES MEDIAS

Les expériences des campagnes de sensibilisation autour des VFG et du programme
« Inqad » permettent de tirer un certain nombre de constats en relation avec la portée des
campagnes, les rôles et les responsabilités des différents intervenants ainsi que le coût et le
financement de ces campagnes.

3.1 L’ELABORATION ET LA MISE EN ŒUVRE DES CAMPAGNES DE COMMUNICATION

Les départements ministériels n’ont ni les ressources nécessaires ni les compétences
techniques requises pour superviser directement les actions découlant de l’élaboration des
campagnes de communication grand public.

Durant les campagnes de LCVFG précédentes et celle relative au projet d’Inqad, le
département ministériel en charge des droits des femmes et de l’enfant, a élaboré et mis en
œuvre directement les activités de la campagne de communication. Eu égard à son mandat
central relatif à la promotion des DHFF et de la culture de l’égalité, le MDSFS devrait
revisiter et recentrer son action en matière de communication/ sensibilisation.

Dans ce sens, il importe de relever que des conventions de partenariat ont été établies avec
le syndicat des journalistes, la SNRT et les radios locales dans le cadre de la mise en œuvre
de la « Charte nationale pour l’amélioration de l’image des femmes dans les médias ».
Mais ces partenaires n’ont pas été sollicités dans le cadre des campagnes nationales de
LCVFF.

Les ONG ayant réalisé des campagnes de communication grand public, investissent un
niveau d’effort important dans toutes les étapes du processus

Le processus d’élaboration et de lancement de la campagne de communication est ardu et très
long (en moyenne 08 mois), chaque étape nécessite un engagement et un niveau d’effort
important pour les membres de l’association, qui sont généralement des bénévoles et
doivent assurer en parallèle les activités découlant du plan d’action annuel de l’association.

Cet investissement est encore plus important dans le cadre de réseau. En effet, les
responsables régionaux doivent effectuer des déplacements souvent très long (Errachidia,
Oujda, Tanger, Marrakech ; Fès) pour participer aux réunions des différents comités
relatifs : aux choix des thématiques, des supports de communication, au processus de
sélection de l’agence de communication, à la validation des messages et autres activités
annexes à la campagne, etc.

La faible disponibilité d’une connaissance/expertise créative et sensible aux DHFF

Les expériences en matière de communication grand public, surtout à travers la radio et la
télévision, montrent les difficultés rencontrées en relation avec la faible disponibilité d’une
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   38
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
connaissance approfondie en matière de DHFF et de LCVFG de la part des journalistes ;
des professionnels du marketing social et des agences de communication.
Cette situation à des impacts négatifs et parfois pervers sur la pertinence et la qualité des
messages ( en termes de créativité) et sur le niveau d’effort à consentir par les organismes
commanditaires des campagnes qui doivent assurer un suivi rigoureux et fournir un
accompagnement dans toutes les étapes du processus .


3.2 LE FINANCEMENT DES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION

Aucune subvention n’est accordée par le gouvernement pour le financement d’action de
communication grand public. La quasi-totalité des campagnes de communication est
financée par les bailleurs de fonds internationaux y compris les actions entreprises par les
départements gouvernementaux. Eu égard à l’importance des fonds requis pour ces
campagnes, cette situation a des impacts extrêmement négatifs à plusieurs niveaux :

3.2.1 La revue et analyse des divers programmes de communication et de sensibilisation
sur les VFG et le travail des petites filles domestiques, montrent une constante qui est la
forte présence des bailleurs de fonds étrangers et la quasi absence des fonds publics dans la
mise en œuvre de ces programmes :
    - La multiplication des bailleurs de fonds intervenant en la matière en fonction des
        demandes qui leur sont adressées et leur propre agenda pourrait constituer une
        menace sur la lisibilité des messages diffusés et sur l’efficience de ces campagnes
        (duplication, incohérence des messages, etc.).
    - Cette question est directement liée à la légitimité de ces campagnes et à la durabilité
        du travail de sensibilisation qui devrait s’inscrire, comme cela a été souligné
        auparavant, dans une perspective de long terme.

3.2.2 L’exercice de recherche de financement pour les campagnes de communication est
      généralement ardu surtout pour les organisations de la société civile.

En effet, outre la rémunération de la boite de communication et la production d’outils de
sensibilisation, une grande partie du budget de ces campagnes est réservée à l’achat
d’espace télé et radio.

La cherté de ces canaux de communication a des répercussions directes sur la portée des
messages diffusés en l’occurrence :
    - Les spots sont trop courts, ils ne dépassent pas 30 secondes, ce qui les rend
        difficile à saisir ;

     -    Le nombre de passages est limité, les spots ne sont pas toujours diffusés aux
          heures de grandes écoutes ;

     -    La transmission des spots dans les différentes langues est trop coûteuse, les spots
          sont souvent diffusés en arabe et en français et très rarement en tamazight. Par
          conséquents les messages ne sont pas accessibles aux différentes catégories de la
          population.


État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   39
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
3. 3 LA PORTEE ET L’IMPACT DES CAMPAGNES

Il ressort des différentes évaluations des campagnes de communication des constats en
relation avec la population cible, la pertinence des messages, la durée et l’évaluation de ces
campagnes.

3. 3.1 La population cible

Les campagnes à travers les médias (télévision, radio et presse écrite), touchent
principalement les populations urbaines lettrées. Les populations rurales et analphabètes ne
sont pas bien ciblées par les campagnes de sensibilisation.

Les évaluations des campagnes de communication grand public disponibles s’accordent sur le
fait que ces dernières touchent/s’adressent essentiellement aux populations urbaines
principalement les classes moyennes. Les catégories sociales les plus pauvres du monde rural
sont faiblement touchés en raison de la teneur /discours et images utilisés dans les messages.

Par ailleurs, la langue véhiculant les messages, n’est pas toujours adaptée à la population cible.
Bien que des efforts aient été consentis pour divulguer les messages en arabes dialectal et en
amazigh, ces efforts restent limités. Les messages en langue française continue à être utilisés
dans les différents supports de communication. Ces derniers mobilisent des efforts et des fonds
avec un faible retour sur investissement compte tenu du nombre de plus en plus faible de la
population qui maîtrise cette langue

3.3.2 L’implication des professionnels et le choix du support de communication

L’implication citoyenne des professionnels des médias/communication est en deçà de leur
rôle potentiel. Les radios privées régionales sont faiblement mises à contribution dans le
cadre de ces campagnes

L’attitude des journalistes et professionnels de la communication est généralement réactive
répondant à une sollicitation/demande spécifique :
- en dehors des périodes des campagnes ou d’activités spécifiques touchant aux droits des
femmes ou des enfants, les journalistes de la presse écrite par exemple, ne traitent que des
faits divers ;
- les journalistes ont tendance à quelques exceptions prés, à se contenter des documents
fournis par les différents acteurs et fournissent généralement peu d’efforts personnels
d’investigation ou de terrain.

Les principaux supports de communication restent la télévision et la radio. Les campagnes
sont généralement diffusées à travers les télévisions nationales qui comme souligné, restent
anormalement chères pour un service public devant diffuser des informations d’intérêt
national. Les capsules radio sont diffusées sur les ondes nationales mais le circuit des radios
privées n’est pas suffisamment exploité. Or, ces dernières seraient disposées à réaliser des
actions citoyennes. A titre d’exemple, lors de la dernière campagne du réseau ANARUZ,
Radio Plus Agadir a sollicité de son propre chef, le réseau pour diffuser gratuitement les spots
en langue Amazigh.
État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte 40
            contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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3.3.3 La pertinence des messages

Les campagnes ne donnent qu’une information générale sur les droits des femmes et des
filles sans apporter les éléments informatifs indispensables à une bonne compréhension du
message. Certains messages sont trop directs, manquent de créativité et parfois, peuvent aller
à l’encontre des buts recherchés.

L’analyse des différents messages des campagnes de communication autour des violences
fondées sur le genre et à l’égard des petites filles, (principalement ceux émanant du
département chargé de la femme et de l’enfance) permet de dire que les messages sont
généralement moralisateurs faisant référence aux normes, programmes et engagements
internationaux du Maroc, et aux bons sentiments des uns et des autres. Or, un message, doit
expliquer un contenu, pointer une pratique ou orienter un choix, en vue de modifier ou
changer un comportement

Les messages de la campagne de sensibilisation de l’ONDE « Contre le travail de la petite
bonne » sont pris comme exemple pour illustrer l’inadéquation entre le message et l’objectif
recherché par l’action. En effet, le message est ambigu et peut avoir des effets et impacts
contraires à ceux qui sont recherchés par la campagne. Il peut vouloir encourager les parents à
envoyer leurs filles à l’école car toutes les filles qui ne fréquentent pas l’école ne sont pas des
employées de maison Il peut aussi inciter les employeurs à réserver un traitement humain aux
filles domestiques.

En outre, les messages de la campagne du programme « Inqad » revêtent un caractère très
général et hésitent généralement entre deux approches : celle visant à améliorer les conditions
de vie des enfants au travail et celle visant à dissuader les parents, employeurs et
intermédiaires à recourir à la main d’oeuvre infantile.

Par ailleurs, les messages de LCVFG tendent généralement à présenter femmes comme des
éternelles victimes, ils ne prennent en charge que les violences physiques alors que les VFG
constituent un cortège complexe. Ces messages sont également peu créatifs, moralisateurs et
rarement explicites quand à l’action demandée au public pour contribuer à lutter contre les
violences. Par ailleurs, certains messages peuvent également contribuer à véhiculer des
stéréotypes et/ou prêter le flanc à une mauvaise interprétation

3.3.4 La périodicité des campagnes

Les campagnes de sensibilisation et de communication grand public, revêtent un caractère
ponctuel et peuvent susciter chez les populations cibles des résistances en relation avec la
diversité des messages diffusés et avec l’idée que ces actions sont réalisées pour concéder à
des modes en vigueur et/ou des injonctions internationales.

Les campagnes de communication sociale sont ponctuelles ; elles sont organisées à
l’occasion de la célébration des journées mondiales spécifiques aux droits des femmes et
de l’enfant. Les activités durent en moyenne de deux à trois semaines durant lesquelles il y
a un foisonnement d’activités et une multitude de messages qui sont diffusés. Or, le

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   41
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
changement des mentalités et comportement est un travail de longue haleine qui nécessite
une programmation sur le moyen et le long termes.

3.3.5 L’évaluation des campagnes de communication

L’évaluation des campagnes de sensibilisation destinées au grand public n’est pas
systématisée et généralisée à toutes les actions et campagnes de sensibilisations initiées par le
gouvernement et les autres partenaires
S’il est vrai que la pratique et la culture d’évaluation enregistre des progrès au Maroc, les
évaluations externes et internes réalisées par le MDSFS,36 le réseau Anaruz et l’ADFM, des
efforts restent à consentir en la matière, notamment par la généralisation de cette pratique et
par le recours à l’expertise des agences de marketing social.

3.4 LES PARTENARIATS

Des efforts doivent être consentis pour élargir le partenariat aux différents intervenants et
inscrire ces partenariats établis dans une perspective réellement inclusive et stratégique

Les acteurs et intervenants en matière des droits des femmes et de lutte contre les violences
fondées sur le genre ont capitalisé une expérience non négligeable en matière de partenariat
et de mise en commun. Mais ce partenariat concerne principalement le MDSFS et les
ONG. Certaines institutions et départements sont restés, à ce jour, en marge des
dynamiques en cours en l’occurrence : le ministère de la Communication, les
professionnels des médias et communication ainsi que les radio privées.




36
   A noter que l’évaluation des campagnes en matière de lutte contre le travail des petites filles n’a pas été
réalisée.

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   42
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
PARTIIE III ::
PART E III           RECOMMANDATIIONS ET PIISTES D’’AMELIIORATIION
                     RECOMMANDAT ONS ET P STES D AMEL ORAT ON
Une campagne de sensibilisation grand public, nécessite un niveau d’effort important en
terme de ressources humaines et financières ainsi que des compétences techniques en matière
de communication. Dans ce sens, les programmes futurs visant la sensibilisation et la
communication et destinés au grand public autour des VFG et le travail des petites filles
devraient repenser leurs stratégies afin de maximiser les impacts et de réduire les coûts
humains et financiers.

Au regard des principaux constats, les recommandations peuvent se résumer comme suit :

RECOMMANDATIION 1
RECOMMANDATION 1
 ECOMMANDAT ON


Insttiittuttiionnalliiser lles campagnes de communiicattiion viia ll’’éllaborattiion d’’une sttrattégiie
Ins u onna ser es campagnes de commun ca on v a é abora on d une s ra ég e
nattiionalle de communiicattiion en mattiière de LCVFG
na ona e de commun ca on en ma ère de LCVFG

En tant que mécanisme d’impulsion et de coordination des politiques publiques en matière
de protection et de promotion des DHFF, le MDSFS devrait prendre en charge
l’élaboration d’une stratégie de sensibilisation/communication grand public.
La production des messages et l’identification des supports relèvent des compétences des
professionnels de la communication et des médias supervisés et appuyées par l’institution
gouvernementale de tutelle en l’occurrence le Ministère de la Communication et la HACA

Cette stratégie découlerait du plan de mise en œuvre de la SNLCVFF et s’inscrirait dans le
cadre de la charte nationale d’amélioration de l’image de la femme dans les médias. Elle
permettrait d’avoir une vision globale et concertée entre les différents intervenants via une
définition conjointe des objectifs, résultats attendus, axes stratégiques, publics cibles, axes
d’intervention ainsi que les mandats des différents intervenants dans la mise en œuvre de
cette stratégie.

Pour ce faire le MDSFS devrait veiller à :

1.1 Mettre en place des mécanismes de coordination et de suivi des activités découlant
de la stratégie

Il s’agit en l’occurrence des propositions d’amélioration suivantes:

       Mettre en place un comité de pilotage chargé d’élaborer, mettre en œuvre et assurer le
suivi des stratégies et des plans de communication;

        Mettre en place un comité technique composé de professionnels de la communication
et des médias. Concernant ce second comité, le ministère de la communication dans le cadre
de l’institutionnalisation de l’égalité entre les sexes dans le secteur de la communication a mis
en place des instances relais au niveau de la SNRT, SNPM la ACA et 2M. Il s’agira
d’impliquer ces instances dans ce comité technique.


État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   43
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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1 2 Doter la stratégie de communication et de sensibilisation sur la LCVFF, d’une
1..2
allocation conséquente du budget de l’Etat

 Seule l’affectation d’une rubrique budgétaire nationale permettra d’inscrire la communication
sociale autours des VFFF dans une perspective de moyen et long termes et concrétisera la
volonté du gouvernement pour lutter contre les VFFF via l’information et la sensibilisation.

La gestion des recettes et des dépenses relatives aux campagnes d’information, devra être
effectuée de manière concertée entre les différents partenaires. Le soutien des organismes
internationaux viendrait comme un apport supplémentaire et non pas comme apport financier
exclusif. Il s’agira plus particulièrement de :

      Réserver dans le budget de chaque ministère impliqué dans la LCVFG, une dotation
financière pour les actions de communication dans ce domaine ;

       Négocier une convention avec la SNRT et la Régie 3, pour la diffusion gratuite des
spots et capsules découlant de la stratégie de communication ;

      Appréhender la communication sociale comme étant une activité d’intérêt général qui
doit bénéficier de la gratuité en matière d’insertion de spots télévisuels et de capsules
radiophoniques. Aussi le ministère de tutelle devrait inclure un engagement en matière de
LCVFFF dans le cahier des chaînes privées d’une part, et faire un appel à contributions aux
entreprises citoyennes et aux radios privées, d’autre part.


RECOMMANDATIIION 2
RECOMMANDAT ON
 ECOMMANDAT ON

 Amélliiorer lla créattiiviitté,, lla perttiinence ett ll’’effffiiciience des messages ett des supportts de
 Amé orer a créa v é a per nence e e c ence des messages e des suppor s de
communiicattiion
commun ca on

2.1 Améliorer la pertinence et l’efficience des messages
La multiplication des intervenants est une bonne opportunité mais risque d’avoir des effets
négatifs potentiels sur la lisibilité et la cohérence des messages. Un bon message est celui
qui est formulé dans un ton et langage appropriés, simple et concis, qui énonce le problème
d’une manière claire, qui ne prête le flanc à aucune ambiguïté ou fausse interprétation et
enfin qui exhorte sans équivoque les populations cibles à l’action. Dans ce sens, il est
important de :

 Porter une attention particulière au contenu, forme et finalité des messages.
 Les messages doivent être basés sur les techniques de persuasion et faire appel à plusieurs
registres : registre de la crédibilité (Utilisation de faits et de chiffres) ; de l’émotion
(utilisation d’exemples réels, de personnes) ; celui de la conviction (arguments
convaincants à un niveau personne); et enfin, celui de l’incitation à l’action de participation
(mention de l’action demandée).

 Distinguer, dans la formulation des messages, entre les différentes catégories de
populations auxquelles ces derniers sont destinés (parents, employeurs, intermédiaires et

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   44
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
citoyens responsables). Il s’agit de communiquer sur plusieurs registres avec des messages
appropriés pour les différentes cibles.

 Mettre en exergue et rappeler, dans un langage simple, que les lois en vigueur
interdisent les violences à l’encontre des femmes et fillettes et le travail des enfants, sous
peine de sanctions, etc.;

 Responsabiliser les auteurs des violences et la société (pour tendre vers une tolérance
zéro) en diffuser des images fortes et des témoignages d’hommes qui dénoncent la violence
ou parlent d’un "repentir" pour donner l’exemple ;

 Faire appel au sens civique et à la responsabilité des citoyens pour leur demander
d’intervenir et de signaler les cas de filles domestiques (no vert). Ceci ne peut donner des
résultats tangibles que si des services et des prestations appropriées sont mis en place (accueil
et assistance des fillettes, replacement dans leur famille, suivi de leur insertion dans le
système scolaire, etc.) ;

    Systématiser le recours à langage simple et usuel ;

 Abandonner le recours à la langue française, accessible à une catégorie limitée de la
population et qui n’est pas majoritairement visée par ces messages ;

 Développer en direction surtout des radios régionales, l’élaboration de supports de
communication en Amazigh.

2.2 Diversifier les supports et les adapter aux cibles

Le choix de l’arsenal des supports de communication devrait se baser sur des critères
précis : - supports efficaces eu égard aux groupes cibles; objectifs de communication
(améliorer la connaissance, attirer l’attention, susciter l’émotion, changer les
comportements, inciter à l’action, etc.) ; - horizon temporel et disponibilité (moyen de
communication disponible en permanence, à intervalles réguliers ou action unique).

Afin de maximiser l’impact de ces campagnes de communication, il conviendrait de :

 Trouver un bon alliage entre des moyens de communication classiques – travail avec les
médias, imprimés, manifestations, et des moyens de communication plus spécifiques pour les
groupes cibles les plus importants;

     Exploiter à l’avenir pour les campagnes de communication le grand potentiel des
nouvelles stations de radio comme par exemple: Atlantic Radio Aswat, Cap Radio, Hit Radio,
Groupe MFM, Casa FM, Radio 2M, Radio Plus, et autres radios régionales compte du succès
qu’elles enregistrent et des cibles visées. Ce potentiel est d’autant plus prometteur que les
coûts de la diffusion sur les radios sont moins élevés que ceux requis pour les télévisions ;
 User de pièces de théâtre, feuilletons, etc. dédiés à la thématique des violences à
l’encontre des femmes et fillette en tant que supports de messages vivants, pouvant toucher un
public très large et permettant l’identification ;

État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   45
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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  Multiplier les débats en direct qui sont des supports potentiels porteurs permettant aux
 différents points de vue de s’exprimer ;

  User d’une stratégie/programmation de diffusion des supports (affiches, pin’s etc. établie
 préalablement avec l’identification des partenaires à impliquer de manière généralisée et
 décentralisé et ne pas se contenter par exemple des associations uniquement des grandes
 villes. D’un autre côté, les impératifs d’efficience, de capitalisation et de bonne utilisation des
 ressources disponibles (les spots télévisuels et radiophoniques mobilisent des efforts et des
 fonds considérables) exigent d’envisager des passages sur des périodes plus longues des spots
 visuels et capsules radiophoniques au lieu d’une seule période ;

  Renforcer le recours aux NTIC en matière de sensibilisation autour des VFG et du
 travail des petites filles. Ceci peut se faire par l’insertion de tous les produits médiatiques
 (spot, capsules, cédérom, pièces de théâtre, etc.) compte tenu de leur durabilité et accessibilité
 (téléchargeables par les internautes) ;

  Consolider le recours à l’affichage sur les transports publics urbains (bus et taxi) qui
 représentent aussi des supports potentiellement porteurs à exploiter plus massivement dans
 l’avenir ;

  Consacrer un portail spécifique à la lutte contre les violences à l’égard des femmes et
 fillettes comportant toutes les ressources disponibles. Ce portail permettra aux médias et
 professionnels de la communication d’accéder aux différentes informations (définitions,
 législations, réalisations, engagements du Maroc etc.) en matière de VFFF.

2.3 Mener sur une base régulière des campagnes de proximité
 Privilégier les campagnes de sensibilisation conscientisation de proximité qui ciblent les
espaces de vie (quartier, école, lieu familial de loisir comme les clubs, souk, les maisons des
jeunes…) comme moyens complémentaires durables des campagnes ponctuelles ;

 Mobiliser les maisons des jeunes à l'occasion et à cette fin tout au long de l'année par une
programmation de sensibilisation- conscientisation ciblée ;

 Cibler systématiquement le public des cours d’alphabétisation lors de la tournée de la
pièce théâtrale de sensibilisation à la lutte contre la VFG ;

 Adapter les thématiques relatives à la VFG à l’occasion des campagnes aux espaces
cibles, par exemple la violence institutionnelle à l’égard des femmes dans l’espace hospitalier,
le harcèlement sexuel dans l’espace scolaire et universitaire (conférence, atelier de débat,
affiches spécifiques thématique/espace, etc.) ;

 Utiliser l’infrastructure administrative locale et décentralisée, avec les ressources
humaines des départements partenaires, des délégations pour mener des campagnes
horizontales complémentaires de celle verticale nationale, en leur assumant le budget
nécessaire.



 État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   46
              contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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RECOMMANDATIION 3 ::
RECOMMANDATION 3
 ECOMMANDAT ON

Mettttre en pllace des parttenariiatts effffecttiiffs ett sttrattégiiques
Me re en p ace des par enar a s e ec s e s ra ég ques

3.1    En direction des professionnels de la communication et des mass médias

L’état des lieux analytique des campagnes de sensibilisation/communication a mis en exergue
la faible participation des professionnels de la communication et des médias dans
l’élaboration des programmes, la confection des messages et des supports de ces campagnes.

Il conviendrait donc de :
       S’associer avec les professionnels de la communication pour élaborer les messages et
identifier les supports et modalité de diffusion. La communication grand public étant un
véritable métier requérant des compétences pointues et de véritables qualifications, il est
important que les intervenants politiques et sociaux délèguent cette tâche aux professionnels ;

     Opérationnaliser la charte nationale pour l’amélioration de l’image de la femme dans
les médias en y incluant la lutte contre les violences à l’égard des femmes et fillettes ;

     Etablir des partenariats sur la base de ces stratégies avec les institutions spécialisées en
la matière : syndicat des journalistes, la SNRT et les radios locales et déléguer la production
des messages et des supports médiatiques aux professionnels de la communication en veillant
à faire valider ces productions par les différentes parties prenantes afin de garantir leur
implication durable ;

       Inciter le centre cinématographique et le motiver financièrement (département
concerné) pour produire des feuilletons, séries ou films, qui traitent de manière sociologique
et réfléchie de la VFG dans un but de conscientisation ;

     Elaborer et mettre en œuvre un programme de formation autour de la VFG, approche
genre et approche axée sur les droits au profit des professionnels des médias audio visuels et
presse écrite afin de les fidéliser et garantir leur adhésion ;

    Fournir des dossiers de presse aux journalistes et des documents supports leur
permettant de mieux appréhender les phénomènes de violences fondées sur le genre.

3.2 Renforcer et diversifier les partenariats avec les organisations de la société civile

Le MDSFS a une expérience non négligeable en matière de partenariat avec les organisations
de la société civile, toutefois, ce partenariat reste ponctuel et limité à certains secteurs de la
société civile, notamment les associations de défense des droits des femmes et les centres
d’écoute des femmes victimes de violences. Il s’agira de:

       Consolider la coopération et l’implication en amont (lors de l’élaboration de la
stratégie de communication) des organisations directement concernées par les thématiques des
violences et du travail des petites filles. Ce partenariat devrait être décliné en un plan de
travail et des moyens de son exécution et de son contrôle ;

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             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
      Diversifier les partenariats pour y inclure les ONG occupant des espaces et créneaux
pertinents en matière de sensibilisation (AFAK, association de promotion des NTIC, etc.)
ainsi que les associations de micro crédit (qui ont une clientèle féminine très importante),
associations socio professionnelles (patronat, syndicats, inspecteurs du travail, etc.) ;

      Appuyer ces organisations pour l’élaboration et la mise en œuvre de leur programme
de sensibilisation notamment par un apport technique et financier




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   48
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
                                         ANNEXES




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   49
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
                                       ANNEXE 1
                                        ANNEXE 1
                                         NNEXE
             Exemples d’affiche des campagnes de communication grand public

Ministère du Développement Social de la Famille et de la Solidarité

             2004                                     2005                                     2006




             2007                                  2008
                                     Pour une protection légale contre
                                    la violence basée sur le genre.




Février 2007 : Lutte contre le travail de petites filles.




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   50
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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                                       ANNEXE 1
                                        ANNEXE 1
                                         NNEXE
             Exemples d’affiche des campagnes de communication grand public


Mars 2007 : ANARUZ : Réseau National des centres d’écoute des FVV :




Mai 2005 : Association Démocratique des Femmes du Maroc




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   51
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
                                              Demos Consulting
                                       ANNEXE 1
                                        ANNEXE 1
                                         NNEXE
             Exemples d’affiche des campagnes de communication grand public

Observatoire National des Droits de l’Enfant 2004




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             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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                                                 ANNEXES 2
                                                 ANNEXES 2
                                                  NNEXES

                                           Revue documentaire

Association Démocratique des Femmes du Maroc
    -   Rapport. Stratégie de communication sur la mise en œuvre des nouvelles législations
        favorables aux droits des femmes et sur les violences à leur égard. ADFM. Juin 2005.

ANARUZ : Réseau National des Centres d'Ecoute des Femmes Victimes de Violence,
    -   Rapport des résultats du post-test qualitatif de la campagne de communication 2007 du
        réseau ANARUZ. LMS/CSA. Marketing et Sondage. 23 Avril 2007.

    -   Évaluation du projet ADFM_UNESCO. Impact des spots radiodiffusés par HIT
        RADIO sur les droits humains et l’égalité des genres sur les jeunes. Driss Bensaid.
        Janvier 2008.

Ministère de la Communication
    -   Programme a moyen terme pour l’institutionnalisation de l’égalité entre les sexes dans
        le secteur de la communication. Août 2006.

Ministère du Développement Social de la Famille et de la Solidarité
    -   La violence à l’égard des femmes est la responsabilité de tous…. dénonçons la !
        Campagne Nationale de Lutte Contre la violence à l’égard des Femmes. Rapport
        Général. SEFEPH. 24-30 novembre 2004.
    -   3ème campagne nationale de lutte contre la violence à l'égard des femmes, Rapport:
        Non à la violence à l'égard des femmes. Rapport. SEFEPH 20 novembre au 5
        décembre 2005.
    -   Plan opérationnel de la stratégie nationale de lutte contre la violence à l'égard des
        femmes, SEFEPH. Juin 2005.
    -   Stratégie Nationale pour l’équité et l’égalité entre les sexes par l’intégration de
        l’approche genre dans les politiques et les programmes de Développement. SEPEPH.
        2006.
    -   Programme National de Lutte Contre le travail domestique des petites filles.
        Programme INQAD » SEPEPH. Janvier 2007.

    -   Etude d’évaluation d’impact des campagnes nationales de lutte contre les violences
        fondées sur le Genre. Naima Chikhaoui. MDSFS. Mai 2009.


Ministère de l’Emploi
Le travail des Enfants en bref. OIT. UNICEF. 2008

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             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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Ministère de la Santé
    -   Programme Femme et enfants victimes de violences. 2008-2009.
    -   Ministère de la Santé : Evaluation des centres d’Ecoute et d’Orientation des Enfants
        victimes de violence et de maltraitance, Unicef, octobre 2005.
    -   Guide de référence, normes et standards pour la prise en charge des femmes et des
        enfants survivants à la violence. 2007.

UNICEF
  - Projet de lutte contre le travail des enfants dans le secteur de l’artisanat à Marrakech.
     2007.
  - Lutter contre le travail des enfants. Pourquoi ? Comment ? UNICEF. OIT. Mai 2007.
  - L’enfant dans la presse écrite au Maroc. AXE Etude. Avril 2009.

UNIFEM.
  - Rapport analytique du programme de communication sociale, participation politique et
     gouvernance démocratique pour l’habilitation des femmes au Maroc. Mai 2008.




État des lieux actions de communications réalisées par les différents intervenants dans le domaine de la lutte   54
             contre les violences fondées sur le genre et la lutte contre le travail des petites filles.
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