Capitale : Trentino by q99zL3

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									TRENTINO ET ALTO ADIGE – LE TRENTIN ET LE HAUT ADIGE

Capitale : Trentino
Provinces : Bolzano, Trento
Les vignobles comprennent 13500 hectares (17e) dont 11100 hectares
enregistrés comme DOC (10e).
La production annuelle du vin se monte à 1.200.000 Hl (13e) dont 61%
DOC (4e). Environ 70% est rouge.

0 DOCG
7 DOC
4 IGT




La région la plus septentrionale d'Italie, avec des frontières alpines
jouxtant l'Autriche et la Suisse, est subdivisée en deux provinces
distinctes. Au sud, le Trentin, qui entoure la ville de Trento,
historiquement italien de langue et de culture. Au nord, le Haut-Adige,
centré autour de la ville de Bolzano, plus connu sous le nom de Sud Tyrol
par la population essentiellement germanophone. Le Sud Tyrol, qui fait
historiquement partie de l'Autriche, est officiellement bilingue. Le
Trentino-Alto Adige est ceint par les Alpes et par les Dolomites




La difficulté à palisser la vigne le long de des treilles de bois sur les
terrasses à flanc de coteau contraint les vignerons à miser davantage sur
la qualité. Plus de 60% de la production est classée DOC et environ 35%
de la production locale est exportée (les deux pourcentages les plus
élevés d'Italie). Pourtant, si les experts s'accordent à dire que le climat
alpin favorise la culture du raisin destiné aux vins blancs parfumés,
l'accent est mis sur le rouge, qui s'approprie plus de deux tiers de la
production régionale.
Le cépage prédominant est le Schiava ou Vernatsch, qui produit des
rouges légers particulièrement populaires au nord, dans les pays
germanophones. Le plus apprécié d'entre eux est sans aucun doute le St-
Magdalener ou Santa Maddalena, issu des pentes pittoresques qui
dominent Bolzano. Le plus connu est le Caldaro ou Kaltersee, produit à
partir des vignes qui entourent le superbe lac du même nom, au rythme
de plus de 20 millions de litres par an, ce qui lui confère une place
d'honneur parmi les DOC d'Italie en termes de volume. Quant aux vins de
couleur rubis rosé issus du Schiava, ils parcourent la totalité du Sud Tyrol,
le long du fleuve Adige, atteignant finalement le Trentin et la Vénétie sous
l'appellation Valdadige. D'autres rouges visent un peu plus haut. Le
Lagrein, originaire du Haut-Adige, et le Teroldego, issu du Trentin,
figurent parmi les cépages les plus distingués du nord de l'Italie, et
engendrent des vins à la personnalité singulière. Le Marzemino produit un
vin rouge frais et joyeux. Une place considérable est accordée au
Cabernet et au Merlot, qui peuvent atteindre des niveaux
impressionnants, seuls ou en association avec d'autres. La région produit
également quelques-uns des meilleurs rosés d'Italie, dont le plus
impressionnant est sans doute le Lagrein Kretzer. Avec son arôme fleuri
délicat, le tendre Moscato Rosa est un vin de dessert rare et apprécié.
La demande croissante de vin blanc a poussé les vignerons à planter
davantage de variétés internationales primées. L'altitude est favorable aux
blancs aromatiques : Gewurztraminer, Sylvaner, Müller Thurgau et
Moscato blanc. Mais la qualité des Chardonnay, Pinot Bianco et Grigio,
Sauvignon et Riesling Renano issus de certaines caves peut rivaliser sans
honte avec les meilleurs vins d'Italie. Originaire du Trentin, le Nosiolo
donne un blanc sec très agréable, et constitue également la base du Vino
Santo, un riche vin de dessert de la Vallée des deux Lacs.
La production des nombreux vins variétaux se concentre dans deux
grandes zones DOC : le Trentin dans le sud et le Haut-Adige ou Sud Tyrol
dans le nord. Le Valdadige s'applique à des vins rouges et blancs
répondant à des normes commerciales populaires, produits entre Merano
et Vérone. Certaines petites zones DOC sont connues pour leur grande
classe. Valle d'Isarco et Terlano produisent quelques blancs exquis dans le
Haut-Adige, et Santa Maddalena est depuis longtemps réputé pour son
rouge léger et raffiné. Le Teroldego, produit dans la plaine de Rotaliano,
au nord de Trento, est un rouge étonnamment séduisant dans son jeune
âge, capable de vieillir magnifiquement bien lorsque issu de bons
millésimes .
Si les vins blancs de la région sont souvent considérés comme légers au
regard des normes internationales, certains ont une propension
inattendue à vieillir. Pinot Bianco, Gewurztraminer, Riesling et MüIler
Thurgau sont connus pour conserver fraîcheur et vitalité durant une ou
deux décennies. Mais l'accent repose surtout sur les très populaires Pinot
Grigio, Chardonnay et Pinot Bianco, dont la qualité ne laisse jamais
d'étonner. Pour finir, signalons que les producteurs des deux provinces
élaborent également des vins plus lourds et plus complexes, surtout à
partir de Chardonnay, Sauvignon et des Pinots, ainsi qu'à base de
Sylvaner; Riesling, Müller Thurgau et Gewurztraminer, dont le nom dérive
du village sud tyrolien de Tramin. Une série d'entre eux utilisent
également de nouvelles techniques pour les vins rouges, notamment dans
certains assemblages de Cabernet et Merlot, mais également avec le Pinot
Nero et le sous-estimé Lagrein. Ils rehaussent peu à peu le statut d'une
région dont les états de service en matière de DOC ne reflètent pas
totalement l'extraordinaire potentiel qualitatif. Le Trentin, qui peut se
targuer de posséder la plus grosse production de Chardonnay d'Italie, est
un leader dans le secteur des vins mousseux produits selon la méthode
classique, le spumante
FRIULI – LE FRIOUL

Capitale : Trieste
Provinces : Gorizia, Pordenone, Trieste,Udine
Les vignobles comprennent 21000 hectares (15e) dont 12300 hectares
territoires DOC régistrées (8e)
La production du vin annuelle s'élève à 1.100.000 Hl (15e) dont 40% DOC
ou DOCG (8e), 60% du vin est blanc.

1 DOCG (Ramandolo)
9 DOC
3 IGT




La région compacte constituée par le Frioul et la Vénétie Julienne, aux
frontières de l'Autriche, de la Slovénie et de la Croatie, est le royaume du
vin blanc italien nouvelle tendance. Se basant sur de fort bonnes variétés
locales et sur la crème de la gamme variétale internationale, les Frioulans
ont appliqué des techniques viticoles bien étudiées et une œnologie
d'avant-garde à la production de vins blancs très caractéristiques, ainsi
que de quelques rouges éminemment attractifs. Le Frioul possède deux
zones DOC de niveau exceptionnel à Collio Goriziano, plus simplement
Collio, et dans les zones adjacentes constituées par les Colli Orientali del
Friuli, qui épousent les frontières de la Slovénie, de Gorizia, au nord-
ouest, à Tarcento. Les pentes en terrasses, appelées ronchi, et l'échange
de courants adriatiques et alpins créent un environnement extrêmement
favorable. Carso est une zone unique, nichée dans les collines qui
dominent le port maritime et la capitale régionale, Trieste. Les quatre
autres zones DOC couvrent des collines basses ou des plaines, ce qui
n'enlève rien au potentiel qualitatif de ces sites.
Pratiquement tous les vins repris dans les sept catégories DOC sont des
vins de cépage. Globalement, environ 40% de la production du Frioul est
DOC. Seule la zone Grave del Friuli, qui produit près de 20 millions de
litres par an afin de figurer au top dix des DOC en termes de volume, peut
être considérée comme une grande zone au regard des normes
nationales.
Pour ce qui est des vins blancs, le Frioul est en train de se tailler une
réputation certaine, tant en Italie qu'à l'étranger. Le Tocai Friulano tient ici
le haut du pavé et en dépit de son nom, cette variété native du Frioul ne
présente aucun lien de parenté avec d'autres vins italiens connus sous le
nom de Tokay ou Tokaji. Le Malvasia local, Ribolla et Verduzzo méritent
notre curiosité, de même que des variétés importées mais établies de
longue date comme le Chardonnay, le Sauvignon, les Pinots, le Traminer
et le Riesling. En ce qui concerne les blancs, le style frioulan privilégie le
délicieusement frais et le fruité, avec des parfums délicats et un bouquet
exprimant clairement la spécificité variétale. De nombreux producteurs
considèrent leurs blancs comme étant trop purs et linéaires que pour tirer
profit d'un vieillissement sous bois. Le style frioulan est en ligne de mire
sur la scène vinicole nationale, qui semble favoriser les flaveurs et les
noms des purs vins de cépage. Il existe cependant des exceptions la
règle, notamment parmi certains vins de table, qui gagnent en profondeur
et en complexité grâce aux assemblages, au vieillissement en barrique de
bois et à d'autres apports artistiques.
Traditionnellement, les rouges frioulans ont toujours été légers et fruités,
meilleurs lorsque bus de deux à cinq ans après la vendange. Cette
remarque s'applique aux deux variétés dominantes, le Merlot et le
Cabernet Franc, ainsi qu'au Pinot Nero et à la principale variété native, le
Refosco. Certains vinificateurs ont toutefois réussi à rehausser structure et
nuances en mélangeant Cabernet, Merlot et d'autres variétés, et en
mettant le vin à vieillir dans de petits fûts de chêne neuf.
Les Frioulans ont tendance, et c'est encourageant pour d'autres
producteurs, à redécouvrir certaines variétés négligées, et à les faire
revivre. Premier de ces légendes, le Picolit, un vin blanc considéré vers
1800 comme l'un des meilleurs vins doux européens, alors qu'il avait les
faveurs des Habsbourg. Malgré des rendements plutôt faibles, le Picolit a
réussi son come-back. Il en va de même pour le Verduzzo, qui produit des
vins de dessert d'une légèreté exquise dans la région des Colli Orientali.
Le Ribolla Gialla, natif de Collio, bénéficie de nouvelles méthodes, qui en
ont fait un blanc sec de caractère. Parmi les rouges, le Refosco, qui peut
être tantôt léger et fruité, tantôt apte à un assez long vieillissement.
Rares et atypiques, Franconia et Tazzelenghe donnent des vins
caractéristiques, mais la palme du potentiel qualitatif revient sans doute à
la variété Schioppettino. Les vins effervescents ne cessent de gagner du
terrain, dans la mesure où les vinificateurs introduisent non seulement
des Pinot et autre Chardonnay de choix dans leurs cuvées, mais
également du Ribolla, ce qui donne un mousseux raffiné.

Colli Orientali del Friuli
Le district est un gros producteur de bons vins blancs frioulans. Les
rendements se montent à plus de 60 pour cent de la production DOC
totale des Colli Orientali.
La variété dominante est le Tocai Friulano, dont la zone constitue l'habitat
idéal. Les origines du Tocai sont très controversées, mais on sait qu'il a
été beaucoup cultivé en Italie, et encore plus dans le Frioul, et ce durant
plus de deux siècles.
Le sol des Colli Orientali del Friuli appartient au fameux "flysch di
Cormòns" et consiste en une alternance de couches de marne et de grès.
L'origine géologique des collines orientales doit être recherchée dans
l'éocène. Depuis, la lente décomposition des sédiments et la main de
l'homme ont modelé le paysage, plutôt doux et séduisant.
Si le Tocai est la variété la plus répandue, le Picolit est sans nul doute la
plus typique. A partir de ses raisins, on produit un vin très ancien, déjà
consommé au 17e siècle par les papes et les aristocrates. Seuls 400
hectolitres de ce vin sont produits aujourd'hui. La vigne est en effet assez
difficile à cultiver, et est très sensible aux attaques parasitaires.
L'avortement floral, c'est-à-dire l'impossibilité pour les fleurs d'évoluer
vers le stade du raisin, est assez répandu. Du côté des variétés de raisins
rouges, Merlot et Cabernet se retrouvent partout ; quant au Refosco, il est
également très cultivé.

Entités de production : 2.810 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 2.338.
Production maximum possible : 177.636 hl .
Quantité produite : 60.618 hl. (Tocai friulano, 16.351 hl.; Verduzzo
friulano, 4.991 hl.; Ribolla, 1.166 hl.; Pinot bianco, 4.001 hl.; Pinot grigio,
6.841 hl.; Sauvignon, 4.413 hl.; Riesling renano, 1.440 hl.; Picolit, 488
hl.; Merlot, 11.916 hl.; Cabernet, 4.595 hl.; Pinot nero, 770 hl.; Refosco,
3.646 hl.).
VENETO – LA VENETIE

Capitale : Venezia
Provinces : Belluno, Padova, Rovigo
La production annuelle du vin se monte à 8.500.000 Hl (3e) dont 20%
DOC ou DOCG (1er). Environ 55% est blanc.

3 DOCG (Bardolino Superiore, Recioto di Soave, Soave Superiore)
23 DOC
9 IGT




La région de Venise est la première d'Italie en termes de production et de
commerce de vins classés. La majeure partie des vins DOC (soit quelque
225 millions de bouteilles par an) regroupent le fameux trio véronais
Soave, Bardolino et Valpolicella . Etant donné toutefois que les DOC
représentent moins d'un cinquième du total de la région, la Vénétie
apparaît également comme un producteur et un exportateur majeur de
vins de table non classés, d'un prix souvent modéré.
La région comprend trois zones globales de production haut de gamme :
la province occidentale de Vérone, dans les collines entre le Lac de Garde
et la ville de Soave; les collines centrales, dans les provinces de Vicenza,
Padova et Treviso; les plaines orientales de la Piave et du Tagliamento, le
long de la côte adriatique, au nord-est de Venise.
Les vins classiques de Vérone sont des natifs authentiques : le Soave, issu
du Garganega et du Trebbiano di Soave, est généralement sec et
tranquille, bien que les versions Recioto, spumante et douce, soient
également prescrites. Troisième en termes de volume parmi les vins
classés (avec quelque 50 millions de litres par an) après le Chianti et l'Asti
Spumante, le Soave a longtemps été le vin DOC italien le plus populaire à
l'étranger. Avec quelque 35 millions de litres, le Valpolicella, un
assemblage de Corvina, Rondinella et Molinara, affiche un volume
particulièrement élevé pour un vin DOC. Le Valpolicella a la réputation
d'être un rouge plein et fruité, à boire relativement jeune, bien que les
raisins issus de ses vignobles, dans les collines au nord de Vérone,
puissent également être partiellement séchés et ajoutés au riche et sec
Amarone della Valpolicella, ou encore à l'opulent et doux Recioto della
Valpolicella. L'Amarone, avec sa structure ample et sa bonne longueur de
bouche, se classe parmi les rouges qui font autorité en Italie. Le
Bardolino, issu des mêmes raisins que le Valpolicella, est particulièrement
facile à boire, que ce soit en version rouge légère ou en version rose foncé
chiaretto. Sa récente popularité est due en grande partie à son
positionnement de premier DOC novello d'Italie. Cette DOC, située sur les
rives du Lac de Garde, se place également fort bien dans la liste des vins
à gros volumes, avec pas moins de 20 millions de litres par an. Autre DOC
véronais de renom, le Bianco di Custoza, d'une saisissante ressemblance
avec le Soave. Un DOC récent, produit entre Vérone et Vicenza, est le
Lessini Durello, un blanc sec acéré, généralement effervescent, qui semble
promis à une belle destinée. Dans la région de Vérone, la tendance
semble plutôt à la production de vins alternatifs, distingués. Certains
rouges novateurs gagnent également du terrain, notamment les types dits
rip'asso, élaborés sur une base de Valpolicella refermentée avec le marc
d'Amarone. Les collines centrales de Vénétie s'approprient plusieurs zones
DOC. Non loin de Vicenza, nous trouvons Gambellara, dont les blancs
s'apparentent à ceux de la zone Soave voisine, et les Colli Berici, où
prédominent les vins de cépage issus de Tocai, Pinot, Merlot et Cabernet.
Toujours dans cette province, voici Breganze, où se distinguent les
Cabernet et les blancs tirés des Pinot et Chardonnay, sans oublier le doux
Torcolato. Non loin de Padova, s'étirent les Colli Euganei, dont les pentes
escarpées produisent une large gamme de variétés
La province de Treviso comprend les collines au nord-ouest de Venise,
entre les villes de Conegliano et Valdobbiadene, surtout connues pour le
Prosecco, un blanc sec à légèrement doux, généralement pétillant. Une
version raffinée est désignée sous le nom de Cartizze. La zone adjacente
de Montello e Colli Asolani doit sa réputation au Prosecco, au Cabernet et
au Merlot, ainsi qu'au fameux vino da tavola Venegazzu della Casa. Les
producteurs de Prosecco, déjà très versés dans l'élaboration de vin
effervescent, ne cessent d'accroître la production de spumanti Pinot et
Chardonnay, généralement secs et élaborés par fermentation en citerne
ou selon la méthode classique.
Les plaines situées au nord-est de Venise comprennent la zone DOC Piave,
où Merlot et Cabernet se taillent la part du lion dans une vaste gamme,
plutôt tendance, de vins de cépage, même si le rouge local Raboso et le
blanc Verduzzo ont encore leurs admirateurs. Autrefois connue pour son
Tocai blanc, son Cabernet et son Merlot, Lison-Pramaggiore aligne
également aujourd'hui une liste complète de vins de cépage. Du côté des
vins rouges, Merlot et Cabernet Franc ont fait office, durant des années,
de véritables locomotives au centre et à l'est de la Vénétie, souvent sous
forme de vins légers, à boire jeunes. Certains producteurs se sont
toutefois hasardés à mélanger les deux, en y ajoutant de plus en plus de
Cabernet Sauvignon, et à faire vieillir le vin dans de petits fûts, afin de
développer davantage de style et de complexité. Dans toute la région, les
vins blancs ont plutôt la cote depuis quelque temps, et on notera que
Pinot Grigio, Sauvignon et, surtout, Chardonnay, ne cessent de gagner du
terrain.

VALPOLICELLA CLASSICO

Les Romains appliquaient le terme Rhétique au vin issu de la zone autour
de et au sud du Lac de Garde, mais le breuvage hautement apprécié par
Pline l'Ancien, Virgile, Martial et Suétone était sans aucun doute le vin
connu aujourd'hui sous le nom de Valpolicella. Ce vin, ainsi désigné
d'après le nom de la vallée située au nord de Vérone, et qui constitue
aujourd'hui le centre de sa production, est différent de ceux produits dans
d'autres zones tributaires du climat doux engendré par les eaux du Lac de
Garde, en ce sens qu'il possède davantage de corps et une couleur plus
intense. Sa réputation mondiale, le Valpolicella la doit toutefois à deux
versions du vin, le Recioto et le Recioto Amarone. Pour produire ces deux
vins, les grappes de raisins sont soigneusement sélectionnées et ensuite
mises à sécher, après la vendange, durant une période qui varie de 30 à
90 jours. Le pressurage et la fermentation ont lieu à des moments, dans
des conditions environnementales et conformément à des méthodes qui
diffèrent de ceux préconisés pour le Valpolicella normal. En outre, le degré
de douceur du vin peut être altéré par le simple fait d'avancer ou de
retarder le premier soutirage. C'est la transformation de tous ses sucres
en alcool qui différencie l'Amarone du Recioto. Ce facteur, joint à la
concentration du moût par la dessiccation des raisins et le vieillissement
en fûts de chêne durant au moins un an, explique le développement de
caractéristiques exclusives, qui donnent à ce vin une place tout à fait
distincte.

Entités de production : 2.804 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 6.014.
Production maximum possible : 505.176 hl.
Quantité produite : 386.805 hl. (Valpolicella, 377.064 hl.; Recioto della
Valpolicella, 9.741 hl.).
Zone de production : les territoires des communes de Marano, Fumane,
Negrar, Sant'Ambrogio, San Pietro in Cariano, Dolcè, Verona, San Martino
Bonalbergo, Lavagno, Mezane, Tregnago, Illasi, Colognola ai Colli,
Cazzano di Tramigna, Grezzana, Pescantina, Cerro Veronese, San Mauro
di Saline et Montecchia di Crosara, dans la province de Vérone.
Variétés : Corvina Veronese (Cruina ou Corvina), 40-70%; Rondinella, 20-
40%; Molinara, 5-25%; avec adjonction possible de Rossignola, Negrara
Trentina, Barbera et Sangiovese, à raison de maximum 15%.
Qualifications : à condition de vieillir durant un an et de présenter un
indice d'alcool minimum de 12°, le vin peut être étiqueté Superiore. Si les
raisins proviennent de l'ancienne zone de production, le vin peut être
qualifié de Classico. Si les raisins sont issus du district de production de
Valpantena, l'indication géographique Valpantena peut être ajoutée à
l'étiquette.

BARDOLINO
Dans la zone de production du Bardolino, la vigne est cultivée depuis l'Age
du Bronze, ainsi que l'attestent les graines de raisins fossilisées trouvées
dans les vestiges de maisons sur pilotis construites au bord du lac à
Peschiera, Lazise, Cisano, Pacengo et Bor.
Le nom du vin, indubitablement d'origine germanique, pourrait dériver,
ainsi que le veut la légende, de Bardala, fille du Roi Axuletus et petite-fille
de Mantus, fondateur de Mantua. Ce récit fut raconté pour la première fois
par le poète latin Virgile, et ensuite inclus dans la Divine Comédie de
Dante Alighieri. Au Moyen Age, alors que la production agricole tendait
généralement à décliner, la culture et la production de Bardolino se
poursuivirent, sous l'impulsion des moines de l'Eglise de San Colombano,
qui sauvèrent ainsi le vin de la disparition. Jusqu'au début du 19e siècle, il
était coutumier de produire le Bardolino en faisant fermenter le moût dans
les cavités creusées dans des couches rocheuses imperméables, couvertes
de dalles de pierre. Le Bardolino est le produit de l'assemblage de divers
cépages, dont chacun a un rôle précis à jouer. Le Corvina produit le corps
et la couleur, le Rondinella est responsable du bouquet caractéristique et
agréablement herbacé du vin, tandis que le Molinara confère à celui-ci son
parfum, et que le Negara lui permet de maintenir douceur et fraîcheur.

Entités de production : 1.541 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 2.665.
Production maximum possible : 242.515 hl.
Quantité produite : 200.655 hl.
Zone de production : la zone située au sud-est du Lac de Garde, y compris
tout ou partie des territoires communaux de Bardolino, Garda, Lasize, Affi,
Costermano, Cavaion, Torri Benaco, Caprino, Pastrengo, Bussolengo,
Sona, Sommacampagna, Castelnuovo, Peschiera et Valeggio, dans la
province de Vérone.
Variétés : Corvina veronese (Cruina ou Corvina), 35-65%; Rondinella, 10-
40%; Molinara (Rossana or Rossanella), 10-20%; Negrara (Negrara
trentina), 10%; Rossignola (Rossetta), Barbera, Sangiovese et
Garganega, à raison de maximum 15%.
Qualifications : à condition de vieillir durant un an et de présenter un
indice d'alcool de minimum 11.5°, le vin peut être qualifié de Superiore.
Lorsqu'il provient de la zone d'origine la plus ancienne, qui inclut les
communes de Bardolino, Garda, Lazise, Affi, Costermano et Cavaion, il
peut être étiqueté Classico.
Lorsque les raisins sont vinifiés partiellement sans les peaux et que la
couleur du vin tend vers le rose cerise, le terme Chiaretto peut être utilisé
sur l'étiquette, même pour la version effervescente (Spumante).
Le Bardolino mis en bouteille le 31 décembre de l'année de production
viticole peut être désigné par l'étiquette Novello (Nouveau).

SOAVE CLASSICO

Le Soave est l'un des noms les plus séduisants que l'on puisse concevoir
pour un vin. S'il n'avait pas existé, une firme de relations publiques aurait
pu l'inventer, et ainsi faire sa propre fortune, et celle du vin. En fait,
l'origine du nom est pour le moins douteuse. Deux hypothèses ont été
avancées, mais elles doivent davantage à la légende qu'aux faits. La
première attribue la paternité du nom au grand poète italien du 13e
siècle, Dante Alighieri, auteur de la Divine Comédie, et grand ami du
seigneur de Vérone, Cangrande della Scala. La seconde prétend que
Roméo aurait goûté le vin après un rendez-vous avec Juliette. "Soave",
dit-il à la servante qui lui apportait le gobelet, mais il pouvait tout aussi
bien faire allusion aux baisers de Juliette. Quelle que soit l'origine du nom,
une chose est sûre, ce vin est apprécié depuis des siècles, et les
commentaires élogieux à son sujet remontent au moins jusqu'à
Cassiodore, qui le recommandait chaudement à son seigneur, le roi goth
Theodoric, en le comparant à un autre chef-d'œuvre œnologique de la
même région, le Recioto della Valpolicella.

Entités de production : 3.564 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 5.655.
Production maximum possible : 554.190 hl.
Quantité produite : 506.470 hl. (Soave, 505.435 hl.; Recioto di Soave,
1.035 hl.).
Zone de production : les territoires des communes de Soave, Monteforte,
San Martino, Mezzane, San Bonifacio, Cazzano, Colognola, Caldiero, Illasi
et Lavagno, dans la province de Vérone.
Variétés : Garganega; l'adjonction de Trebbiano di Soave (Nostrano) et/ou
de Trebbiano toscano est autorisée, à raison de maximum 30%. Trebbiano
toscano, maximum 15%.
Qualifications : à condition de vieillir huit mois et avec un indice d'alcool
minimum de 11.5°, le vin peut être qualifié de Superiore. Si les raisins
proviennent de la plus ancienne zone de production, la mention Classico
est d'application.

PROSECCO
Les amateurs locaux de ce vin aiment à dire que l'ancêtre du Prosecco
était le vin Pucinum, très apprécié par les chroniqueurs de la Rome
antique et beaucoup dégusté parce qu'il s'agissait, apparemment, de la
boisson préférée de l'impératrice Livie, qui en buvait de grandes
quantités. Les historiens refusent toutefois cette théorie, et considèrent le
Pucinum comme le lointain ancêtre du Refosco. Ainsi, ils basent leur
argumentation sur une description de Pline l'Ancien dans son ouvrage
Naturalis Historia, dans lequel il décrivait l'ancienne variété comme
"omnium nigerrima" (entièrement noire - ou rouge). Sachant cela, il est
clair que le Prosecco tel que nous le connaissons aujourd'hui ne présente
absolument aucune similitude avec le Pucinum. La réputation de terre
d'excellents vins dont jouit Conegliano est déjà soulignée dans des
documents datés du 10e siècle. En outre, en 1606, un rapport envoyé par
le Podestà de Conegliano au Sénat mentionne la première commande
internationale de vins, avec des acheteurs venus d'aussi loin que
l'Allemagne et la Pologne et n'hésitant pas à faire des offres exorbitantes
pour se réserver la meilleure cuvée. L'un des éléments qui a concouru au
maintien constant du niveau élevé de qualité du Prosecco di Conegliano
durant tout le vingtième siècle est certainement la présence, dans sa zone
de production, de l'Ecole de Viticulture et d'œnologie de Conegliano,
fondée en 1876. Depuis sa fondation, l'école sert de point de référence
pour la recherche scientifique et technologique menée par l'ensemble du
secteur œnologique italien.

Entités de production : 2.369 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 2.666.
Production maximum possible : 223.967 hl.
Quantité produite : 162.636 hl.
Zone de production : le territoire montagneux des communes de
Conegliano, San Vendemmiano, Colle Umberto, Vittorio Veneto, Tarzo,
Cison di Valmarino, Follina, Miano, Valdobbiadene, Vidor, Farra di Soligo,
Pieve di Soligo, San Pietro di Feletto, Refrontolo et Susegana, dans la
province de Trévise. Seuls les vignobles bien exposés et situés dans des
zones montagneuses sont pris en considération. Les vignobles plantés
dans les creux de vallées ou dans les plaines exposées au nord sont
exclus.
Variétés : Prosecco, 85%; avec adjonction possible de Verdiso, Pinot
Bianco, Pinot Grigio et Chardonnay.
Qualifications : lorsque les raisins proviennent du territoire du hameau
San Pietro di Barbozza, ou encore Cartizze, et que le vin présente un
indice d'alcool minimum de 11°, il peut être étiqueté Superiore di Cartizze.
LOMBARDIA – LA LOMBARDIE

Capitale : Milano
Provinces : Bergamo, Brescia, Como, Cremona, Mantova, Milano,Pavia,
Sondrio, Varese
Les vignobles comprennent 30000 hectare (12e) dont 16700 hectare
territoires DOC régistrées (8e)
La production annuelle du vin se monte à 1.700.000 Hl (12e) dont 26%
DOC ou DOCG (7e), et dont un peu plus rouge que blanc.

2 DOCG (Franciacorta, Valtellina Superiore)
14 DOC
12 IGT




Parmi les nombreuses industries que compte la Lombardie, le vin ne se
positionne pas vraiment en tête de liste. Les citoyens de cette région très
peuplée et prospère semblent de plus en plus enclins à privilégier les
versions industrialisées de l'agriculture, au détriment de la production
artisanale de bons vins, plus fastidieuse et moins lucrative. En outre, sur
un territoire composé à peu près pour moitié de plaines fertiles et pour
plus d'un tiers de montagnes et de lacs, les douces collines se prêtant à la
culture viticole ne sont pas légion.
Pourtant, le climat alpin tempéré par les lacs de Garde, Iseo, Côme et
Maggiore, au nord, ainsi que la présence des Apennins, qui influencent le
climat plus au sud, a donné naissance à des sites particulièrement
favorables à la culture du raisin. Et même si la production est nettement
inférieure à celle des régions voisines de Vénétie, d'Emilie-Romagne et du
Piémont, la Lombardie produit quelques très bons vins, dont une partie,
trop souvent négligée, est vraiment excellente. Il est difficile d'expliquer
pourquoi les Lombards - surtout les éclectques Milanais - se montrent
parfois condescendants à leur égard, mais il est un fait que les mises en
bouteille locales sont presque invariablement surclassées par les rouges
de Toscane et du Piémont, et par les blancs des Venezie. La majeure
partie des 6 millions de bouteilles de rouges Nebbiolo produites
annuellement dans la Valtellina alpine sont escamotées par la Suisse
voisine avant même que les Italiens aient eu la chance d'en voir une
seule. Au rang des principales exceptions, on trouve les vins effervescents
metodo classico de Franciacorta, dans la région des lacs, une zone dont le
spumante est indéniablement en vogue.
La zone la plus productive de Lombardie, le Pavese d'outre-Pô, est
également la plus malmenée. Une grande partie de son rouge tranquille et
de ses vins blancs se vend en gros ou dans des bouteilles anonymes, dans
les restaurants de Milan, Gênes et d'autres villes. Bien que la région
d'Oltrepo' soit la principale source italienne de Pinot Nero, les producteurs
délaissent une grande partie de celui-ci au profit du Piémont et d'autres
producteurs de brut spumante, qui commercialisent les vins sans grand
égard pour leur origine. Sur plus d'un iCC million de litres produits
annuellement dans l'Oltrepo', 15 pour cent seulement sont vendus sous la
dénomination DOC - et souvent à des prix cassés. Cette attitude est
totalement injustifiable, car certains très bons vins sont produits là, non
seulement les Pinot, mais également les robustes Barbera, Bonarda et le
Pavese Rosso d'Oltrepo', sans oublier des Rieslings et des Moscato fruités.
Certains prédisent un retour en force du spumante local grâce à la
promotion du Classese en dénomination metodo classico de grande
qualité.
Le Valtellina bénéficie de davantage de respect à l'étranger. Les bouteilles
des quatre appellations Superiore - Grumello, Inferno, Sassella et
Valgella, dont chacune représente un petit sous-district, circulent aux
Etats-Unis et au Royaume-Uni, ainsi que le riche et moelleux Sfursat ou
Sforzato. Les rouges Valtellina figurent parmi les plus austères des
Nebbiolo, ce qui s'explique par la fraîcheur qui règne sur ces vignobles de
montagne cultivés en terrasses, tellement raides par endroit que les
raisins doivent être remontés dans des paniers, au moyen de câbles. Leur
légèreté apparente est toutefois trompeuse, car certains d'entre eux
possèdent la force et la vigueur qui les rendent aptes à bonifier durant
une bonne décennie.
De bons vins sont produits dans les provinces de Bergame, Mantoue, voire
même Milan, mais le prix de la qualité et de la variété va
incontestablement à Brescia, qui affiche pas moins de 7 DOC sur 13 pour
l'ensemble de la région : Botticino, Capriano del Colle, Cellatica,
Franciacorta, Lugana, Riviera del Garda Bresciano et San Martino della
Battaglia. Les berges du Lac de Garde produisent le Lugana (que l'on peut
comparer à un bon Soave Classico), ainsi que le rosso caractéristique et le
chiaretto de Riviera del Garda, qui n'a rien à envier aux meilleurs
Valpolicella et Bardolino. Les rouges vigoureux de Botticino et Cellatica et
le moelleux Tocai de San Martino ont également leurs adeptes.
Quoi qu'il en soit, les vins lombards les plus admirés du moment sont les
spumanti de Franciacorta. La zone possède également un bon rouge issu
de Cabernet, Barbera et Nebbiolo, ainsi qu'un très valable blanc tranquille
composé de Pinot Bianco et Chardonnay. Sa réputation se fonde toutefois
sur les remarquables vins effervescents fermentés en bouteille et élaborés
par de petits domaines. C'est également dans cette région que l'on trouve
le plus grand producteur d'Italie de metodo classico, Guido Berlucchi,
même si les cuvées, près de 5 millions de bouteilles par an, incluent des
vins issus du Trentino-Alto Adige, Oltrepo' et Piémont, ainsi que des
productions locales. En tout, Franciacorta produit un tiers du spumante
classique italien, bien que la majeure partie de cette production ne soit
pas DOC.

TERRE DI FRANCIACORTA
La Franciacorta, réputée jusqu'à la fin du siècle dernier pour sa production
de vins tranquilles très appréciés, doit son récent succès international à
l'introduction d'une technique d'élaboration de vins effervescents selon la
méthode champenoise. Cette décision a permis au district de rehausser
encore davantage la qualité des produits d'une viticulture bénéficiant déjà
d'un sol remarquable et d'un microclimat particulièrement favorable. La
zone de production est située dans les collines de la province de Brescia,
au sud du Lago d'Iseo. Le nom pour le moins inhabituel, Franciacorta,
dérive apparemment d'un terme ancien, "franca curte," appliqué à une
vaste propriété monastique, qui englobait autrefois une grande partie du
district. En qualité de propriété ecclésiastique, ce domaine était "franco",
exempté de taxes.
D'autres explications, plus pernicieuses, ont toutefois été avancées,
notamment que le nom se référerait au bref, ou "corta" séjour dans la
région de Charles d'Anjou et de ses troupes françaises. Le séjour fut bref
parce qu'ils furent expulsés en 1266.

L'extraordinaire développement de Franciacorta est non seulement dû à
l'attrait et à la qualité de ses vins, mais également aux remarquables
capacités d'entreprendre de la population de Brescia. Les habitants ont su
promouvoir avec intelligence la production de la région, qui s'est toujours
consacrée à la culture du raisin et à la production de vins.

Entités de production : 179 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 636,14.
Production maximum possible : 54.071 hl.
Quantité produite : 34.727 hl. (Bianco, 23.950 hl.; Rosso, 10.777 hl.).

Zone de production : le territoire montagneux situé au sud du Lago di
Iseo, dans les environs de Brescia, et qui comprend les communes de
Paratico, Capriolo, Andro, Erbusco, Cortefranca, Iseo, Polaveno, Brione,
Ome, Monticelli Brusati, Cellatica, Gussago, Rodengo Saiano, Castelgnato,
Paderno, Franciacorta, Provaglio d'Iseo et Passirano, ainsi que certaines
parties des territoires communaux de Brescia, Cologne, Coccaglio, Rovato,
Cazzago et San Martino. Seuls les vignobles cultivés sur des collines ou au
pied de collines bien exposés et à des altitudes supérieures à 400 mètres
au-dessus du niveau de la mer sont pris en considération.

TERRE DI FRANCIACORTA BIANCO

Variétés : Pinot bianco et/ou Chardonnay.

TERRE DI FRANCIACORTA ROSSO
Variétés : Cabernet franc, 40-50%; Barbera, 20-30%; Nebbiolo, 15-25%;
Merlot, 10-15%. L'adjonction de maximum 15% d'autres variétés à grains
rouges recommandées ou autorisées par la province de Brescia est
permise.

TERRE DI FRANCIACORTA BRUT
Variétés : Pinot bianco et/ou Chardonnay, avec adjonction possible de
Pinot grigio et/ou Pinot nero, à raison de maximum 15%.
PIEMONTE – LE PIEMONT

Capitale : Torino
Provinces : Allessandria, Asti, Cuneo, Novara,
Torino,Vercelli.
Les vignobles comprennent 70.000 hectares (6e) dont 35.900 hectares de
territoires DOC régistrées (1er)
La production annuelle du vin s'élève à 3.700.000 Hl (7e) dont 32% DOC
ou DOCG (2e place avec Toscane), et environ la même quantité en blanc
qu'en rouge.

7 DOCG (Barolo, Barbaresco, Moscato d’Asti, Brachetto d’Acqui, Gattinara,
Gavi, Ghemme)
44 DOC
0 IGT
Pratiquement tous les vins classés du Piémont sont issus de cépages
autochtones. Outre le Nebbiolo, noble source du Barolo, du Barbaresco et
du Gattinara, tous DOCG, le cépage Barbera figure au rang des plus
populaires pour les rouges, tandis que le Dolcetto est admiré pour ses vins
doux et corsés. Enfin, Freisa, Grignolino, Brachetto et une légion d'autres
variétés complètent le panorama des vins rouges. Pourtant, parmi les vins
DOC en tout cas, les blancs se distinguent tout autant. En tête de liste
arrive le Moscato d'Asti, base de l'Asti Spumante. Avec une production de
plus de 50 millions de litres annuels, celui-ci se classe second en volume
derrière le Chianti pour ce qui est des vins italiens classifiés. Autre star
confirmée au royaume des blancs secs, le Gavi, issu de la variété locale
Cortese. Région la plus occidentale d'Italie, dont les frontières jouxtent la
Suisse et la France, le Piémont est enserré entre les Alpes et les Apennins,
ce qui explique la signification de son nom, pied de la montagne. "Bien
qu'il ne se positionne que septième parmi les régions en termes de
production globale, à tous les autres égards, le Piémont est un géant du
vin. Il compte le plus grand nombre de zones DOC et DOCG, soit 38 (qui
s'arrogent pas moins de 43 types distincts de vins), et la plus grande
proportion de vignobles réservés à la production classée. Pour ce qui est
de la dextérité, du respect de la tradition et de la dévotion aux cépages
locaux dans leur habitat historique, le Piémont est vraiment sans aucun
rival en Italie. Le climat de la région est sévère, du moins selon les
normes italiennes, avec des saisons bien marquées. Les hivers sont froids,
avec beaucoup de neige; les étés sont généralement chauds et secs;
printemps et automne sont normalement assez frais, et le brouillard est
fréquent en période de vendange. La plupart des vignobles sont regroupés
dans deux zones principales; dans le sud-est, les montagnes Langhe anci
Monferrato, reliées aux Apennins, et au nord, les contreforts des Alpes,
entre le Lac Majeur et le Val d'Aoste.
Le foyer de la production de haut niveau est la ville d'Alba, sur le fleuve
Tanaro. Dans les collines Langhe toutes proches, on produit le Barolo (roi
des vins et vin des rois), au rythme de 6 millions de bouteilles par an,
tandis que le Barbaresco, que de nombreux experts jugent équivalent,
atteint rarement la moitié de cette production. Tous deux sont issus du
Nebbiolo, qui leur confère une structure puissante, les rendant aptes à
bonifier durant de nombreuses années, surtout ceux issus de bons
millésimes tels que 98, 97, 96, (95), 90, 89, 88, 86, 85, 82, 79, 78 , et
71. Les traditionnels Barolo et Barbaresco ont presque été élevés au rang
de vins cultes, encore que souvent critiqués parce que trop élaborés pour
les goûts modernes. Mais la combinaison d'une série de bons millésimes
et l'application de nouvelles techniques par les vinificateurs, dont de
nombreux jeunes, semblent modifier quelque peu cette image vieillotte.
Barolo et Barbaresco ont su conserver leur ampleur, tout en gagnant en
équilibre et en devenant plus accessibles qu'autrefois. La zone d'Alba est
renommée pour son doux et souple Dolcetto, repris dans plusieurs
appellations, ainsi que pour son Nebbiolo de premier ordre et son blanc
Arneis, issu des collines de Roero, sans oublier des vins de table de
grande classe, parfois commercialisés sous le nom de Langhe.
Les progrès les plus surprenants observés dans les zones d'Alba et d'Asti
sont toutefois le fait de l'omniprésent Barbera lequel, après avoir croupi
durant des années dans la catégorie des vins dits "communs", est
soudainement devenu très chic. Certains vieux Barbera issus de parcelles
choisies autour d'Asti et d'Alba en sont arrivés à soutenir la comparaison
avec les raffinés rouges Nebbiolo. Les Piémontais boivent plus de vin
rouge que de blanc, et la moitié environ du rouge est constituée de
Barbera, également séduisant en versionjuvénile fruitée et pétillante. Trois
autres vins rouges sont également revenus sur le devant de la scène
après des années de purgatoire, en l'occurrence le pâle Grignolino, le
Freisa, souvent frizzante, et le doux et pétillant Brachetto, d'Acqui. Dans
l'autre grande zone de production Nebbiolo, les collines du nord, des
styles plus modernes sont en train d'émerger, avec des rouges comme les
Ghemme, Carema, Lessona, Sizzano, Fara et le longtemps célébré
Gattinara, devenu entre-temps DOCG.
Le Piémont se classe parmi les principaux producteurs italiens de vins
effervescents. Principal d'entre eux, l'Asti Spumante, le vin pétillant doux
le plus populaire du monde. A l'heure actuelle, le marché de ce blanc
parfumé est plus vaste à l'étranger qu'en Italie. Et de fait, la demande
internationale est telle que l'on observe une pénurie de raisin Moscato di
Canelli. La région est également un tout gros producteur de vins pétillants
secs, méthode classique et charmat, même s'il est rare que les cépages
Pinot et Chardonnay proviennent de la région. La plupart proviennent de
la région voisine d'Oltrepo' Pavese, en Lombardie, ou encore du Trentino
Alto-Adige.
Parmi les blancs tranquilles, le Gavi se profile comme l'un des vins les plus
convoités d'Italie, avec son style nerveux et vif. Ses admirateurs le
tiennent pour un des meilleurs avec la cuisine de la mer. L'Arneis continue
à gagner du terrain à Roere, où le léger et piquant Favorita est également
en train d'émerger. Certains annoncent une renaissance de l'ancien blanc
Erabaluce di Caluso, qui provient des environs de Turin. Bien que les
vignerons piémontais aient été les premiers à tester des variétés
étrangères telles que le Cabernet et les Pinot, et cela dès le 19e siècle,
ces vignobles sont largement passés de mode. Ce n'est que récemment
que le Cabernet Sauvignon, les Pinot et, surtout, le Chardonnay se sont
avérés très prometteurs en qualité de vins de table. Leurs admirateurs
font toutefois observer que malgré le statut universel de leurs cépages,
ces vins sont indubitablement estampillés piémontais.

BARBARESCO

Le Barbaresco est l'un des grands vins du Piémont, et devrait être bu avec
tout le respect qu'il mérite. D'origine très ancienne, ce vin était déjà
mentionné par Tite-Live, dans son monumental ouvrage sur l'Histoire de
Rome. Selon une ancienne tradition, les Gaulois furent attirés en Italie et
descendirent vers le sud de la péninsule à cause des qualités du vin de
Barbaritium, d'où l'on tira le mot "Barbariscum" et, plus tard, Barbaresco.
Certains experts prétendent toutefois que le vin tire son nom des hordes
barbares qui menèrent des raids intensifs en Italie avant et après la chute
de Rome. Il y a longtemps de cela, le Barbaresco se nommait Nebbiolo ou
Barolo, et ses vinificateurs lui ajoutèrent des raisins Moscatello et
Passeretta, qui conférèrent au vin sa saveur douceâtre, tout en le rendant
effervescent. Le Barbaresco, vin rouge aristocratique que nous
connaissons aujourd'hui, fut mentionné en 1799, lorsque le Général
autrichien Melas réclama du "Nebbiolo di Barbaresco" pour célébrer avec
tout le faste dû sa victoire sur les Français. Ce n'est que vers le milieu du
19e siècle toutefois que l'on commença à produire un vin sec, qui fit
ressortir toutes les qualités extraordinaires du Barbaresco. Le professeur
Domizio Cavazza, un œnologue de renom, introduisit de nouvelles
techniques de vinification et en 1894, il fonda une entreprise vinicole
coopérative exclusivement réservée à la production de Barbaresco. Le
comparant aux plus grands vins français, l'œnologue décrivait le
Barbaresco comme un vin "raffiné, doux et généreux."

Entités de production : 482 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 489,75.
Production maximum possible : 27.426 hl.
Quantité produite : 17.710 hl.
Zone de production : l'ensemble du territoire des communes de
Barbaresco, Treiso et Neive et le district de San Rocco Senodelvio de la
commune d'Alba, dans la province de Cuneo. Seuls les vignobles juchés
sur des collines aux versants et à l'orientation appropriés sont considérés
aptes à la production. De plus, les terrains doivent être essentiellement de
type argilo-calcaire.
Variétés : Nebbiolo de Michet, Lampia et sous-variétés de Rosé.
Qualifications : soumis à une période de vieillissement d'au moins quatre
ans, le vin mérite la mention Riserva.

BARBERA d'ALBA

Les origines de la variété Barbera sont extrêmement anciennes, mais les
premiers documents dans lesquels le vin est cité datent d'il y a seulement
quelques siècles. En fait, la première citation formelle du Barbera apparaît
dans un document du 17e siècle, aujourd'hui conservé à l'hôtel de ville de
Nizza Monferrato. Le vin fut mentionné officiellement pour la première fois
en 1798, lorsque le Comte Nuvolone, sous-directeur de la société agraire
de Turin, rédigea la première ampélographie des variétés cultivées dans
les vignobles du Piémont. "Il" ou "la" Barbera, ainsi qu'il était
traditionnellement désigné par les vignerons piémontais, dont le caractère
brusque et sans prétention est le reflet fidèle de ce rouge franc et robuste,
est l'un des vins les plus appréciés et les plus connus d'Italie pour sa
générosité et sa force. A. Strucchi, célèbre œnologue italien, faisait
observer, à la fin du siècle dernier, que "lorsque le vin de Barbera atteint
cinq à six ans d'âge, il accompagne aussi bien les viandes rôties que le
Barolo, et est préféré par beaucoup aux vins plus célèbres."
Réputé pour sa capacité à créer une sensation chaleureuse et redonner de
la vigueur, le Barbera était particulièrement prisé par les officiers de
l'armée savoyarde, qui le qualifiaient de "compagnon sincère". Ils
prétendaient en effet que le vin les aidait à garder la tête froide lors des
épisodes les plus difficiles d'une rude bataille.

Apprécié par des poètes aussi remarquables que Carducci et Pascoli, le
Barbera est encore toujours considéré comme un vin exceptionnel par de
nombreux experts contemporains.
Entités de production : 3.774 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 2.523.
Production maximum possible : 176.610 hl.
Quantité produite : 44.060 hl.
Zone de production : la zone montagneuse qui entoure Alba, dans la
province de Cuneo. Seuls les vignobles plantés sur des collines aux pentes
et à l'orientation appropriées sont considérés aptes à la production. Les
sols doivent être de nature essentiellement argilo-calcaire ou calcaro-
sableuse. La mention DOC ne concerne pas les terrains exposés au nord
et les creux de vallées plats ou semi-plats.
Variétés : Barbera.
Qualifications : avec un indice d'alcool de 12,5° et un vieillissement d'un
an en fût de chêne ou de châtaignier, le vin peut être qualifié de
Superiore. Dans ce cas, l'étiquette doit mentionner l'année de production
du raisin.

DOLCETTO D'ALBA
Nombre de magnifiques produits de la région d'Alba, des truffes blanches
à la viande, en passant par le fromage de brebis, sont connus et appréciés
dans toute l'Italie. Le produit le plus fameux de tous demeure toutefois le
vin, qu'il s'appelle Barolo, Barbaresco, Moscato, Barbera, Nebbiolo ou
Dolcetto. Le dernier de cette liste, le Dolcetto d'Alba, a contribué de
manière décisive à la réputation de la commune. Mais Alba peut
s'enorgueillir d'une histoire fascinante, qui commença sous les Romains,
où elle portait le nom de Pompeia, se poursuivit au Moyen Age, époque à
laquelle la commune était riche et florissante, et se perpétue aujourd'hui
encore, en qualité de centre agricole important du territoire fertile et
attractif des Langhe. Il y a quelques décennies d'ici, des centres de
distribution furent établis dans le district, et le raisin fut bientôt expédié
jusqu'en Belgique. Aujourd'hui, le raisin issu de la variété Dolcetto est
uniquement utilisé pour la production d'un vin spécial, dont les
caractéristiques varient en fonction de la zone de culture de la vigne.
Parmi les divers types de Dolcetto, le plus représentatif est clairement
celui qui est produit dans le district d'Alba. En effet, au fil du temps, le
Dolcetto d'Alba a élargi son cercle d'admirateurs, grâce à sa séduisante
robe rouge rubis violacée, son nez caractéristique et son arrière-goût
d'amandes amères, qui est l'une de ses principales caractéristiques. A ce
propos, on a coutume de dire que le Dolcetto d'Alba "baroleggia", ce qui
signifie que sa couleur plus sombre et son indice d'alcool plus élevé lui
permettent de développer de remarquables qualités lorsqu'il a l'occasion
de vieillir durant deux ou trois ans. Durant cette période, le vin développe
des qualités spéciales, qui le mettent au rang des Barolo et Gattinara.
Certains le préfèrent même, parce qu'il est plus léger et plus subtil que les
deux susnommés.

Entités de production : 2.598 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 1.906.
Production maximum possible : 120.092 hl.
Quantité produite : 59.325 hl.
Zone de production : les collines de la région d'Alba, soit un territoire de
25 communes, dans la province de Cuneo et la commune de Coazzolo,
dans la province d'Asti. Seuls les vignobles en coteaux, plantés sur des
pentes appropriées et correctement exposés, ainsi que les terrains argilo-
calcaires ou calcaro-sablonneux sont considérés comme appropriés. La
DOC ne concerne pas les vignobles situés dans les creux de vallées.
Variétés : Dolcetto.
Qualifications : avec un indice d'alcool de 12.5° et après un vieillissement
d'un an, le vin peut être qualifié de Superiore.

BAROLO
Défini comme "le roi des vins et le vin des rois" en raison de ses
caractéristiques royales, ce superbe rouge piémontais est l'un des porte-
drapeaux de l'œnologie italienne. Le statut royal du Barolo s'impose dès le
Moyen Age, et depuis, sa réputation n'a cessé de croître au fil du temps.
Les souverains, de même que la noblesse, avaient coutume d'inviter à
leur table des classiques du Bordelais ou des vins de Bourgogne. On
raconte que le Barolo se retrouvait souvent à la table de Louis XIV, tandis
que d'autres admirateurs de ce vin incluent notamment le Roi Charles
Albert, les Marquises de Saluzzo et Monferrato et Marie- Christine de
Savoie. Bien d'autres personnages illustres de l'histoire contribuèrent à
faire croître la réputation du vin, en particulier le Comte Camillo Benso di
Cavour. Cavour avait coutume de donner des réceptions au cours
desquelles le vin figurait en bonne place. Il assuma un rôle personnel dans
l'élaboration du vin, dans son domaine de Grinzane, avec des résultats
tout simplement remarquables. En peu de temps, il devint un véritable
expert, et le Barolo issu de ses vignobles pouvait rivaliser sans crainte
avec les meilleurs vins français. Les pontifes n'étaient pas non plus
insensibles aux charmes de ce vin. Au début du 19e siècle, Pie VII
s'exclamait, après avoir dégusté un excellent Barolo : "Ah, La Morra ! Un
beau ciel et un bon vin !" Par la suite, il fit en sorte que le vin soit toujours
présent à sa cour et il en buvait fréquemment. Quant aux poètes et autres
écrivains, ils n'ont jamais manqué de célébrer les louanges du Barolo et
de rendre hommage à sa qualité exceptionnelle.

Entités de production : 1.163 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 1.178,69. Production maximum possible :
66.006 hl.
Quantité produite : 50.329 hl.
Zone de production : l'ensemble du territoire communal de Barolo,
Castiglione Falletto et Serralunga d'Alba, ainsi que certaines parties des
territoires des communes de Monforte d'Alba, Novello, La Morra, Verduno,
Grinzane Cavour, Diano d'Alba, Cherasco et Roddi, dans la province de
Cuneo. Seuls les vignobles plantés sur des collines aux versants et à
l'orientation appropriés sont considérés aptes à la production. En outre, le
sol doit être de nature essentiellement argilo-calcaire.
Variétés : Nebbiolo du Michet, sous-variétés Lampia et Rosé.
Qualifications : soumis à un vieillissement d'au moins cinq ans, le vin peut
être qualifié de Riserva

MOSCATO
La variété Moscato est cultivée dans la région d'Asti depuis les temps les
plus anciens. Le raisin était cité dans les Statuts de la Commune de
Cannelli dès le 13e siècle. Conformément à une ancienne légende du
district d'Asti, les origines du Moscato remontent à l'époque de
Stanzianelli, qui fonda la communauté. Giovan Battista Croce, un bijoutier
milanais qui s'installa à Turin à la fin du 16e siècle, est considéré comme
le "père" du Moscato d'Asti. Orfèvre et bijoutier réputé du Duc Charles-
Emmanuel de Savoie, Croce était également propriétaire d'un vignoble
situé entre Montevecchio et Candia, dans les collines turinoises, où il se
livrait à des expériences avec divers systèmes de palissage, afin
d'améliorer la qualité de ses vignes. Dans sa cave, il mettait au point des
techniques permettant de produire des vins doux, aromatiques, au faible
indice d'alcool. En 1606, il publia le fruit de ses recherches et ses
conclusions dans un petit ouvrage intitulé De l'Excellence et de la Diversité
des Vins Produits sur la Montagne de Turin et Comment Elaborer ceux-ci.
Pour produire du Moscato, les raisins sont séparés des rafles juste avant
le pressurage et le moût ainsi obtenu est vinifié sans les peaux. L'étape
suivante consiste à produire la "coperta" et à traiter le moût, afin de le
purifier et le désinfecter. Le premier filtrage s'effectue et le processus se
répète régulièrement, de telle sorte que le vin reste doux. Le produit ainsi
obtenu est désigné sous le nom de filtrat doux. Le Moscato naturel peut
être consommé tel quel ou transformé en vin effervescent.
Entités de production : 7.428 producteurs.
Nombre d'hectares inscrits : 8.957 ha
Quantité produite : 554.220 hl.
Zone de production : de nombreuses communes dans les provinces d'Asti,
Cuneo et Alessandria. Seuls les vignobles en coteaux, plantés sur des
versants ensoleillés, au sol de préférence calcaire ou argilo-calcaire, sont
retenus. Les vignobles situés dans les creux de vallées, aux sols légers et
humides, sont exclus.
Variétés : Moscato Bianco.

CORTESE DI GAVI
A l'origine du nom Gavi (la ville ou le vin), on trouve une histoire d'amour
et de passion. L'histoire semble avoir été inspirée par la Princesse Gavia,
une femme à la belle chevelure blonde, qui était probablement la fille de
Clodomir, Roi de France. Elle se maria extrêmement jeune et contre la
volonté de la cour royale. Elle s'enfuit, en compagnie de son mari, et on
raconte que leur fuite les mena jusqu'aux montagnes entre la Ligurie et le
Piémont, très exactement là où se trouve Gavi aujourd'hui. Les deux
jeunes gens décidèrent de s'arrêter, bien qu'ils fussent poursuivis par les
chevaliers de la Cour de France. Leur quête de liberté connut une fin
heureuse, grâce à l'intervention du pape et de la reine des Goths. Gavia et
son époux s'établirent dans les hauteurs de Gavi et régnèrent durant de
nombreuses années avec clairvoyance et magnanimité. Au-delà de cette
légende, de nombreux documents historiques mentionnent Gavi et son
vin. La première référence connue au château de Gavi date de 973. La
région devint un marquisat à la fin du 11e siècle et maintint un lien étroit
avec Gênes, une cité dont elle partagea la destinée et les dynasties
jusqu'au milieu du 19e siècle. En dépit de l'intégration ultérieure de Gavi
au Piémont, les habitants de la zone conservent un souvenir très vivace
de la région côtière et aujourd'hui Gavi, dans la vallée de Lemme, vit la
vie d'une zone frontalière avec une fierté altière, bien consciente des
signes indélébiles laissés par les événements historiques. A l'instar de son
territoire, le Gavi est un vin frontalier, influencé qu'il fut, lui aussi, par les
vicissitudes de la Ligurie et de ses administrateurs. En outre, de
nombreuses références, historiques et légendaires, décrivent la ville
comme étant l'alliée de potentats tels que Charles V et Napoléon
Bonaparte. Les documents les plus fiables dont nous disposons à propos
de ce vin datent toutefois de la période qui suivit l'épidémie de phylloxera,
la reconstitution des vignobles et l'expansion irrésistible du Cortese, une
variété aux grappes volumineuses de forme conique, aux grains ronds de
couleur jaune et vert brillant, conformément à la description publiée en
1870 par les ampélographes Demaria et Leardi. Produit exclusivement à
partir de raisins de la variété Cortese, le Gavi reçut la première
reconnaissance légale de sa qualité avec le Décret du Président de la
République (DPR) du 26 juin 1974, lui conférant le statut de DOC. Avec le
Décret Ministériel du 19 juillet 1998, il fut promu au rang de vin de DOCG.
Dans une région comme le Piémont, très attachée à la production de vins
rouges, le Gavi a longtemps fait office d'exemple le plus significatif de ce
que l'on entend par "l'autre moitié du ciel", du moins dans le contexte
œnologique. La compétence des vignerons et l'enthousiasme des
négociants ont permis de tirer le meilleur du Cortese : une couleur jaune
paille d'une belle intensité, parée de nombreux reflets verts, un nez très
parfumé aux senteurs d'amandes et de noisettes, de citron et de sauge, et
un bouquet sec, élégamment structuré, chaleureux et persistant. Outre la
version tranquille, le Gavi est disponible sous deux autres formes, un
mousseux et un vin effervescent, tous deux produits conformément aux
dispositions légales en la matière. A table, le vin se conjugue fort bien
avec les entrées, surtout les salami frais et bien vieillis, les hors-d'œuvre
à base de poisson ou de produits de la mer et ceux préparés à base de
viandes blanches et de légumes. Il accompagne également fort bien les
plats dits de "premier service", surtout les plus délicats et élégants,
comme le risotto al Gavi. Traditionnellement, le vin est également servi
avec des plats aux structures plus robustes, tels que fritures, omelettes,
tartes aux légumes, focacce, poulet à la casserole et d'autres
préparations. Ces plats sont très représentatifs de la région où le vin est
produit, une région dont la magie a su créer une parfaite harmonie entre
le vin et la nourriture.
La Dégustation

Au cours de cette soirée Nous avons essayé de découvrir le Nord de l’Italie
au travers de 7 vins (3 blancs – 4 rouges) aux styles très différents.

Nous avons commencé la soirée par les 3 blancs avec tout d’abord le Colli
Orientali del Friuli Tocai Friulano 2002 de Ronco del Gnemiz au nez tout en
élégance sur des notes de pomme, de citron, de minéral, d’abricot, de
pêche blanche, d’ortie. Bouche à l’attaque ample, large, du fruit, de la
fraîcheur et une finale sur une belle amertume de fruits (pamplemousse
jaune). Un vin d’une belle élégance aromatique (13,2/20). Nous avons
enchaîné avec le Terre di Franciacorta Curtefranca 2003 de Ronco Calino
au nez plus opulent sur de belles notes d’ananas, de fleurs blanches, de
minéral, de violette. Bouche à l’attaque à la fois ample et tendue, belle
ampleur, du gras, de la minéralité et une finale large marquée par l’alcool.
Un vin riche et opulent, marqué par un millésime chaud (12,4/20). Nous
avons terminé cette série avec le superbe Lugana Ca’Lojera 2004 de la
Tenuta Tiraboscha au nez tout en minéralité, s’ouvre sur les agrumes,
touche végétale et florale, pomme verte, melon. Bouche à l’attaque
ample, large, un très beau fruit, de l’ampleur et une finale sur la fraîcheur
et l’amertume du fruit. Un vin tout en fruit et en équilibre (15/20).

La soirée s’est poursuivie avec la dégustation des 4 rouges. Avec pour
ouvrir le bal, l’Oltrepo Pavese La Gatta 2003 de Barberini au nez tout en
fruit sur des notes de cassis, de cerise, de fraise sur un fond de vanille,
d’épices du bouillon et de romarin. Bouche à l’attaque onctueuse, tannins
souples et enrobés, très beau fruit, boisé intégré, finale équilibrée. Un vin
tout en équilibre, vinifié de manière très moderne (13,8/20). Nous avons
ensuite dégusté le Monferrato Barbiolo Rosso Albarossa 2004 de Dezzani
au nez tout en fruit sur des notes de cerise, groseille rouge, cassis, un
côté viandeux et sanguin, touche de pâte d’amandes. Bouche à l’attaque
souple, un superbe fruit, de l’alcool et de la fraîcheur en parfait équilibre,
de l’élégance, de la tension et de la race, une belle finale tendue sur des
fruits rouges. Un vin d’un fruit remarquable tout en équilibre entre alcool
et acidité (14,6/20). Nous avons enchaîné avec le Teroldego Rotaliano
2003 de Foradori au nez austère et assez fermé qui s’ouvre sur des notes
de mûre, de poivron, d’amande, de sous-bois, de fumé, note réduite et
minérale. Bouche à l’attaque ample, large, puissante, grande
concentration de matière, tannins stricts et serrés, et finale tendue qui a
tendance à sécher. Un vin puissant et quelque peu rustique qui doit
impérativement se fondre (13,2/20). Nous avons terminé la soirée par le
superbe Veronese Palazzo della Torre 2003 d’Allegrini au nez élégant sur
des notes de poivron, de fraise, note lactée, d’épices du bouillon, de clou
de girofle, de sous-bois, note métallique et sanguine, fleurs (géranium et
oeillet). Bouche à l’attaque onctueuse, ronde, un très bel équilibre
fraîcheur/alcool, du fruit, des tannins tendus et une finale élégante sur
une belle note réglissée. Un vin très racé, promis à un bel avenir
(15,3/20).
Difficile de faire le tour du nord de l’Italie en si peu de temps et de vin
mais cette soirée nous aura permis de découvrir que cette région recèle
de petites merveilles d’élégance et de subtilité en dehors des grandes
appellations piémontaises.

Youri Sokolow

								
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