L’évolution de la France de 1815 à 1914
I) 1815-1851 : la France, d’un Empire à l’autre
La France sort de sa révolution avec des institutions stables, globalement favorables à
la croissance, un marché unifié et un capital scientifique élevé.
Cependant, au début du XIXe S, des faiblesses persistent :
Démographie peu dynamique
Perte des débouchés coloniaux
Protectionnisme
Conflits franco-anglais
Transports lents, régions isolées, conservatisme rural
L’industrie est handicapée par :
Les prix élevés du fer et du charbon, à cause du faible nombre de
gisements : la France importe 1/3 de sa consommation
Gisements très localement situés : en 1830, 40% de la production vient
des mines de la Loire. On n’exploite qu’à partir de 1840 les mines
d’Anzin-Denain ainsi que celle de Valenciennes.
La production de fonte au bois, ainsi que l’usage de l’énergie
hydraulique persistent jusqu’en 1850
Entreprises de petite taille et dispersées
Urbanisation faible
Petite industrie, rurale, qui ne produit que des biens de consommation directe
Cependant, elle est tout de même développée dans certains domaines :
A partir de 1836, les fonderies du Creusot sont rouvertes :
prépondérance de la fonte au coke dès 1850
Production de machines à vapeur à partir de 1820, de locomotives
(Schneider) à partir de 1830.
Textile : il emploie la moitié des effectifs industriels : coton en
Normandie, laine à Roubaix
Apparition de lignes de chemin de fer, qui sont cependant locales et de
faible importance.
1842 : loi Guizot : toutes les lignes sont centralisées sur Paris.
Explosion du chemin de fer entre 1840 et 1860
L’Etat prend en charge les grandes constructions (1/4 de l’investissement national),
avec le soutien de la spéculation bancaire développement du réseau ferré et
homogénéité de celui-ci.
« Haute Banque » : le réseau bancaire est très développé (Rothschild, Mallet,
Neuflize), mais ne parvient pas à attirer l’épargne populaire (activités de placement et
de financement).
De surcroît, elles ne financent pas l’industrie, ce qui est handicapant dans un contexte
de faible croissance.
Retard du point de vue monétaire : seulement 20% de billets, troc toujours très
présent.
Agriculture : la situation est correcte :
Disparition progressive de la jachère
Hausse régulière de la productivité : élevage, mécanisation : des
surplus sont dégagés (la population augmente moins vite)
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Cependant, les exploitations sont de petite taille, et aucune loi ne favorise la
concentration (la transmission de l’héritage renforce les petites exploitations) :
1852 : 68% des exploitations font moins de 10 hectares
1913 : 85%
Conclusion : en 1851,
Bilan industriel mitigé
Agriculture moyenne
Banques médiocres
Démographie moyenne
Pas d’innovations
Retard généralisé vis-à-vis de l’Angleterre
II) 1851-1914 : évolution et modernisation et modernisation de la
France
A) Le second Empire
Période de confusion politique
Cependant, le règne de Napoléon III a été une période d’industrialisation et de
transformations socio-économiques :
Rôle des banques
S.A
Chemin de fer
Grands magasins
Infrastructures et commerce : la situation s’améliore :
Travaux d’Haussmann
Aménagement des quartiers
Réseaux d’égout, de distribution d’eau et de gaz
Mise en valeur des terres (Landes)
Modernisation des ports
Tunnels et canaux : 1/3 de l’épargne nationale
Apparition de grands magasins (Le Bon Marché, Printemps, la
Samaritaine)
Banques, bourses et sociétés :
Modernisation du système bancaire : créations de banques
La monnaie métallique reste dominante : 80% de la masse monétaire
(20% en Angleterre)
En 1860, ¾ des français n’ont pas accès aux banques. Malgré la
création de certaines banques de dépôt comme La Générale ou H.
Germain, les français n’ont pas confiance en celles-ci échec
1867 : une loi FAVORISE la création de S.A (elles existent déjà depuis
le code de commerce de 1807) : principe de responsabilité limitée
introduit
Cependant, cette loi n’a pas l’effet escompté :
1830 : 30 sociétés sont cotées en bourse
1865 : 100
1870 : 300
1900 : 1000
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Développement des S.A lent et faible
En France sous le second Empire, les structures bancaires existent, mais
leur action reste limitée
Agriculture : la modernisation se poursuit, mais lentement :
Mécanisation, malgré de petites superficies
Fin de la jachère en 1860
Engrais
Elevage, diversification des cultures
Baisse de l’autoconsommation ouverture sur le marché
Exportation de produits agricoles
Culture de blé et de vignes (2e poste d’exportation)
Le problème des rendements vient des petites superficies, et non des
machines
Chemin de fer et industrie : on assiste à un réel développement :
Explosion du chemin de fer, ce qui facilite le transport de marchandises
En 1865, 90% de la fonte produite est de la fonte au coke
Innovations de procédés dans le domaine de l’acier
La France devient une puissance charbonnière
Apparition de grandes entreprises
Diversification de l’industrie : machines-outils, produits chimiques
(engrais, colorants, explosifs)
Conclusion : la période du 2nd Empire est une période de développement : sur la
période, le TCAM est de 1,85%
B) 1873-1896 : la « Grande Dépression »
Période de crises et de reprises, ouverte par le krach boursier de 1873 à Vienne
entraînant la faillite de la Kredit Anstalt paniques et faillites en cascade dans le
monde entier, notamment dans le domaine du chemin de fer
Cette crise a été amplifiée par l’absence de prêteurs en dernier ressort.
La crise se propage rapidement, du fait des mouvements d’échanges.
Début 1880, une crise agricole touche l’Europe, principalement le blé et les vignes
(phylloxéra) importation de blé américain et russe
Cette « invasion » est due :
La révolution agricole : mécanisation et vastes surface agricoles
Progrès des transports (transatlantiques)
Coûts de production faibles
La France n’est pas compétitive : J. Méline instaure en conséquence un système de
double tarif en 1882. ce système comporte deux limites :
N’est qu’un protectionnisme tarifaire une concurrence peut subsister
Les mouvements de capitaux sont libres
Les échanges vont continuer et même accélérer, malgré cette loi
La France a donc connu une croissance et un développement, mais plus faibles
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Le chômage augmente, mais les salaires réels aussi incite les entreprises à se
regrouper et se mécaniser pour sauver les profits
La durée de cette crise s’explique par :
Une pénurie d’or entre deux périodes de découvertes de gisements
Des investissements limités : absence de progrès techniques
Consommation faible, malgré la hausse des salaires réels
Une crise de passage entre deux modes de régulation
C) 1896-1914 : la « Belle Epoque »
Terme contestable :
Repli protectionniste et appui sur les colonies
Conservatisme rural : 46% d’actifs agricoles
Population active faiblement salariée : 46% en 1911 contre 90% en
Angleterre
Sous-industrialisation
Firmes dispersées et de petite taille
La population stagne, vieillit et elle baisse même certaines années frein à la
production.
Pour contrer ce phénomène, la France :
A recours à l’immigration
Se replie (protectionnisme, IDE, peur de la concurrence)
Il y a cependant des aspects positifs :
Stabilité politique et structures
Dynamisme des secteurs nouveaux de la R.I
Expansion via les conquêtes coloniales
La croissance reprend donc, mais elle est moins forte qu’en Allemagne, Russie et USA.
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