Le 2 juillet 1994 by lCwy5p82

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									DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE
EN NOUVELLE-CALEDONIE

LE 02 JUILLET 1994

Par la présente, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance les faits suivants :

Le vendredi 24 juin 1994 à 06 heures, je faisais parvenir à MARTINE VARACHE juge d’instruction chargé de mon
dossier, une correspondance dont vous trouverez copie.
Dans ce courrier, j’exposais un certain nombre de faits constatés au cours de l’enquête menée personnellement
par le chef de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER, surtout en ce qui concerne les dernières heures
de garde à vue passées dans cette fameuse brigade.

Ces faits sont au nombre de trois :

1°/ Dans le bureau de ce dernier, celui-ci a incité JACKY UICHI et moi-même à faire de fausses déclarations quant
au nombre exact de personnes ayant participé aux actions, ALBERT KREYER et JEAN-CLAUDE POGNON n’étant
que des lampistes n’ayant rien à voir avec les opérations de vols.
Peu après nous avoir gentiment soufflé ces deux noms, celui-ci nous a déclaré :
« Vous remarquez ‘’qu’on’’ oublie le coffre-fort de la S.L.N. de THIO... ».

      Pourquoi cette attitude sinon pour des raisons de basse politique ?

      Ne serait-ce pas à cause de l’inscription raciste peinte sur mon ordre, à l’aide d’une bombe aérosol sur un
      mur de l’étage du bâtiment S.L.N. ? ( ‘’KANAKY XCRA‘’ avec une faute ‘’d’orthographe‘’ car il manquait un X
      à XCRA : XXCRA = VAINCRA ).

      Si ce détail était insuffisant, je suis prêt à en fournir d’autres pour la simple et bonne raison que j’ai moi-
      même effectué cette opération, et au cas où vous auriez des doutes je pose la question suivante :
      Pourquoi y a-t-il un trou dans la procédure d’audition entre le premier vol de coffre-fort, celui de la
      GUINGUETTE à L’ANSE VATA et le deuxième qui est en fait le troisième, celui d’EUROMARCHE à KOUTIO
      ?
      C’était pourtant la gendarmerie qui était chargée de l’enquête, et je veux bien qu’il puisse exister des
      problèmes de communication entre les différents services de l’ordre, mais au sein de la gendarmerie ce
      serait un peu gros…

2°/ Ce même vendredi 24 juin 1994, à 9 heures 30 / 10 heures, alors que j’étais en audition avec MARTINE
VARACHE, j’ai déclaré : « Je vous mens, mais moi j’ai le courage de le reconnaître, pas comme d’autres... ».
( voir le procès-verbal d’audition de ce jour dans le dossier d’instruction ).

      Lorsque MARTINE VARACHE m’a demandé d’éclaircir mes propos, je lui ai répondu que tout était dans ma
      lettre qui ne tarderait pas à lui être délivrée.

      A la fin de l’audition, je lui ai déclaré que je détenais la preuve de ce que j’avançais, à savoir que les services
      de gendarmerie mais plus particulièrement le chef de la brigade de recherches avait trafiqué toute l’enquête.

      Cette preuve, c’est le coffre-fort de THIO volontairement oublié dans la procédure à cause de l’inscription sur
      le mur qui sert à merveille une certaine politique, politique que je dénonce dans de nombreux procès-verbaux
      d’audition.

Dans ma lettre déposée chez ce juge d’instruction, j’ai également dénoncé le point suivant :

3°/ Au cours d’un entretien qui s’est déroulé au CAMP-EST dans le bureau du chef PASCAL WACAPO, le chef de
brigade MARC REVAULT m’a personnellement demandé d’établir un faux témoignage pour ‘’mouiller’’ comme il
disait, PIERRE MARESCA, élu du R.P.C.R. ( rassemblement pour le maintien de la NOUVELLE-CALEDONIE dans
le sein de la république française ).

       Les détails de cette affaire sont exposés dans la lettre jointe, et le motif bidon de cette entrevue était soi-
       disant un permis de visite ; le registre d’entrée du CAMP-EST doit en préciser la date.
Pour les raisons sus-citées, j’ai l’honneur de déposer une plainte auprès de vos services pour qu’enfin la vérité
éclate au grand jour, vérité qui a suffisamment été occultée dans ce pays.

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Veuillez agréer monsieur le procureur de la république, l’expression de mon profond respect.

GUY DIJOU.

NOTE SUPPLEMENTAIRE
Ne sachant pas qu’à toutes fins utiles, il était absolument nécessaire de faire une copie personnelle de chacun de
mes écrits, il m’est impossible de fournir un exemplaire de la lettre du 24 juin 1994 adressée par courrier interne du
CAMP-EST au juge d’instruction MARTINE VARACHE en charge de ce dossier.

Celle-ci doit normalement se trouver dans le dossier d’instruction, néanmoins les faits principaux sont exposés
dans la présente plainte adressée le 02 juillet 1994 au procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE,
YVES LEBOURDON à l’époque.

Il convient cependant de préciser les points suivants :

      Au début de cette correspondance j’ai déclaré : « ALBERT KREYER et JEAN-CLAUDE POGNON ne sont
      que des lampistes n’ayant rien à voir avec les opérations de vols », ce qui est faux comme ils l’avouaient
      eux-mêmes un peu plus tard.

      M’étant rendu compte des malversations françaises en NOUVELLE-CALEDONIE grâce à la mise en
      commun des connaissances de JOSEPH WANANIJE et des miennes, je décidais de couvrir au maximum
      les deux personnes en question.

      Celles-ci faisaient partie d’une liste de 12 prénoms découverte dans le dépôt clandestin situé à OUEMO
      MAGENTA, lequel aurait été localisé par les gendarmes grâce aux renseignements fournis par un
      anonyme…
      En face de ces 12 prénoms étaient inscrites les tailles des vêtements et les pointures des chaussures
      correspondantes à ces derniers. Cette procédure était destinée à la préparation en urgence de la panoplie
      complète de chacun des membres de ce groupe de combat.

      Celui-ci, indépendant de tous les partis politiques bien que proche de ceux-ci, visait à la préservation des
      intérêts de notre communauté et à assurer la présence de cette dernière sur cette terre de NOUVELLE-
      CALEDONIE, par tous les moyens !

      Comme convenu avec le gendarme MARC REVAULT dans le bureau de la caserne MEUNIER de NOUMEA,
      les quatre personnes suivantes uniquement devaient être arrêtées et jugées : GUY DIJOU JACKY UICHI
      ALBERT KREYER JEAN-CLAUDE POGNON. Cette liste s’allongeait après chaque dépôt de plainte de ma
      part, comme par ‘’hasard’’…

Autre détail important que j’ignorais au moment de la rédaction de ma plainte du 02 juillet 1994, JACKY UICHI ne
m’en ayant pas parlé à l’époque :

      Ce n’est pas un dossier qui a été escamoté ( coffre-fort de la S.L.N. / THIO ) mais bien deux !
      Le deuxième dossier escamoté concerne un vol d’armes et de munitions de chasse dans une petite
      armurerie de BOURAIL, la SODICAL dont le propriétaire était XAVIER ALLIZON.
      Là encore dans la nuit du 21 au 22 février 1990, une inscription « LA LUTTE CONTINU » ( sans e ) avait été
      peinte à l’aide d’une bombe de peinture sur la propre initiative de JACKY UICHI, ce dont il ne se souvient
      plus à présent...
      Cette inscription était destinée à orienter les enquêteurs vers le milieu indépendantiste, comme celle de THIO
      les 07 / 08 février 1990.
      Je précise toutefois que le dossier SODICAL / BOURAIL a été escamoté en dehors de ma présence, à la
      suite d’un accord intervenu initialement entre le gendarme MARC REVAULT et JACKY UICHI, dans un
      bureau de la caserne MEUNIER de NOUMEA.

J’étais par contre présent pour la suite, à savoir :

- Escamotage du dossier du coffre-fort de la S.L.N de THIO.
- 4 arrestations uniquement : GUY DIJOU JACKY UICHI ALBERT KREYER JEAN-CLAUDE POGNON.

Je me demandais bien les raisons d’une telle clémence de la part des autorités françaises, mais j’ignorais tout ce
que j’allais découvrir par la suite grâce aux connaissances de JOSEPH WANANIJE, militant indépendantiste
incarcéré au bloc C d’isolement du CAMP-EST.

Au cours de cette garde à vue dans les locaux de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER, un général
quelconque était venu tard dans la nuit, tout de blanc vêtu et décorations rutilantes en sus...



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Il convient toutefois de rappeler que notre arrestation ( GUY DIJOU et JACKY UICHI ) eut lieu le 08 février 1994 à
la frontière de la FRANCE et du LUXEMBOURG, lors d’un simple contrôle routier mené initialement par un seul
douanier français. Nous étions tous deux porteurs de deux ‘’vrais-faux’’ passeports français et d’un bon au porteur
de 29 millions de francs CFP, le tout provenant de différents cambriolages.

Une fois négocié, ce bon au porteur de 29 millions CFP aurait permis l’achat de matériel destiné au groupe de
combat ( matériel de vision et de tir nocturne d’origine russe vendu en ALLEMAGNE dans un premier temps, et du
matériel électronique dans un second temps ).

La garde à vue s’était déroulée dans le commissariat de THIONVILLE MOSELLE FRANCE, les interrogatoires
étant menés initialement par les inspecteurs DRUART, LALEVEE et le commissaire de police EJARQUE.

A l’issue de cette garde à vue, nous avons été présentés séparément devant le juge d’instruction GUY CORTI au
tribunal de grande instance de THIONVILLE, le 10 février 1994.

Nous avons ensuite été incarcérés avec interdiction de communication dans la maison d’arrêt de METZ-
QUEULEUE, où j’ai porté le matricule n° 26735 / K pendant un mois et demi environ.

Transférés séparément vers la NOUVELLE-CALEDONIE à partir du 18 mars 1994 et toujours incarcérés avec
interdiction de communication au pénitencier du CAMP-EST, je portais le matricule n° E 3398.

Toutefois avant ce transfert, le gendarme MARC REVAULT arrivait en FRANCE dûment muni d’une commission
rogatoire émanant du juge d’instruction MARTINE VARACHE, du tribunal de grande instance de NOUMEA en
NOUVELLE-CALEDONIE.

Ce dernier se présentait comme le chef de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER de NOUMEA, mais
j’appris plus tard que le gendarme MARC FORTIER occupait ce poste et non le gendarme MARC REVAULT. Le
gendarme MARC REVAULT ayant donc pris la relève de l’Inspecteur ... DRUART, les interrogatoires
recommencèrent dans le bureau de ce dernier, à l’hôtel de police de METZ.

En tant qu’interdits de communication, monsieur JACKY UICHI et moi-même faisions l’objet d’extractions séparées
de la prison de METZ-QUEULEUE, et les interrogatoires étaient uniquement menés par le gendarme sus-cité.
J’avais remarqué que ce dernier s’arrêtait de parler, ou changeait de conversation à chaque fois que l’inspecteur ...
DRUART entrait dans son bureau...

Une fois, le gendarme MARC REVAULT me fit la confidence suivante : « Nous savons que ça va repéter en 1998,
mais après ça ira mieux... ». ( ce rôle de ‘’prophète-gendarme’’ lui allait comme un gant, je devais découvrir cela
bien plus tard... ).

Il me dit également qu’il avait été voisin de palier avec le gendarme EDMOND DUJARDIN assassiné le 22 avril
1988 dans la gendarmerie de FAYAOUE OUVEA, en me précisant que celui-ci était un ancien motard bien
qu’étant jeune à l’époque où il l’avait connu.

C’est au cours d’un de ces interrogatoires menés par le gendarme MARC REVAULT que JACKY UICHI avait
donné l’emplacement de notre premier dépôt clandestin, malgré une conversation que nous étions parvenus à avoir
tous deux dans les cellules de garde à vue du commissariat de THIONVILLE, juste après notre arrestation à la
frontière.

Cet entretien s’était déroulé en langue arabe, grâce à deux algériens placés peu après dans nos cellules
respectives pour une affaire de coups et blessures avec arme blanche sans trop de gravité.
Nos deux cellules étaient uniquement séparées par un mur, et nous pouvions communiquer par les portes à
barreaux.

Toutefois les policiers étant juste en face, cela ne fut possible que grâce à ces deux intermédiaires. C’est ainsi que
l’arabe placé dans ma cellule transmit à son ami mon ordre destiné à JACKY UICHI ; cet ordre était le suivant : «
Ne dis rien, mets-moi tout sur le dos et laisse-moi faire ! ». JACKY UICHI me répondit alors lui-même : « C’est OK,
démerde-toi ! » et aucun des policiers de garde ne se douta de quelque chose ( entraide de futurs tôlards, quelles
que soient les races… ).

Ce premier dépôt était un container de 23 m3 dérobé vide sur le quai de NOUMEA en 1986 si mes souvenirs sont
exacts, avec la complicité de ROGER CHOCZYNSKY. Celui-ci travaillait à l’époque pour la société de transport
UNITRANS disposant de véhicules appropriés, et il m’a permis de citer son nom en précisant qu’il ignorait
totalement la destination finale de ce container, ce qui est vrai.

Ce container avait ensuite été repeint et muni d’aérations avant d’être placé dans un endroit que je ne dévoilerai
pas ici.


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Il fut ensuite déposé par une autre personne sur le terrain de la société SOLAR EDWARDS, zone industrielle de
DUCOS, société dont CLAUDE GUERIN est le propriétaire.

Après mon arrestation pour l’affaire HAM TRONIQUE le 03 mars 1987, ce container avait été déposé vide à cet
endroit, à la suite d’un accord entre JACKY UICHI et BERNARD BARSAC, ancien chef d’atelier de la société
SOLAR EDWARDS qu’il avait quittée bien avant les faits. Bien entendu, CLAUDE GUERIN et son nouveau chef
d’atelier DIEHN REINER n’étaient informés ni de la nature ni de la provenance du matériel découvert dans ce
dépôt, pas plus que BERNARD BARSAC à l’époque. Par contre, ce n’était pas le cas d’autres membres du groupe
de combat ou jouxtant celui-ci.

Par souci de discrétion, l’accès à ce container se faisait en dehors des heures ouvrables de la société SOLAR
EDWARDS, en fin de journée mais principalement la nuit et les week-ends.

Il convient de préciser que la perquisition de ce dépôt a été effectuée par la même brigade de recherches de la
caserne MEUNIER, en l’absence momentanée de CLAUDE GUERIN, propriétaire des lieux.

Mon avocat, maître CHRISTIAN BOISSERY à l’époque, m’avait même déclaré tout excité : « Çà y est GUY, on les
tient ! Les gendarmes ont fait une fausse signature dans le cadre de la perquisition de SOLAR EDWARDS ! Ils ont
imité la signature de GUERIN et c’est très grave ! Il y a quelque temps dans un autre dossier d’instruction, le juge
FABIENNE POUS avait changé la date d’un document. Je l’ai découvert et si elle a sauté, c’est grâce à moi ! ».

Cette discussion eut lieu dans le bureau situé en face des cellules du tribunal, juste avant une petite séance de
mensonges avec le juge d’instruction MARTINE VARACHE, séance où le plus menteur n’était certainement pas
l’inculpé, c’est-à-dire moi-même !

Le fameux dossier trafiqué par le juge FABIENNE POUS concernait un document tombé en prescription ou sur le
point de l’être, si mes renseignements ne sont pas erronés.

De plus, le nom de JEAN-MARIE TJIBAOU figurait dans ce dossier et sauf erreur de ma part, FABIENNE POUS
est toujours juge d’instruction en FRANCE... Une enquête rondement menée a sans doute permis ce tour de
passe-passe...

Devant l’ampleur mais surtout la tournure de l’affaire, CLAUDE GUERIN dont l’avocat était maître JEAN
DESTOURS, faisait appel à d’autres avocats situés à l’extérieur de la NOUVELLE-CALEDONIE.

Ma mère BERNADETTE DIJOU, avait eu un très bref entretien avec CLAUDE GUERIN dans les bureaux de la
société SOLAR EDWARDS. Celui-ci affirmait que les gendarmes en question avaient imité sa signature et falsifié la
date d’un document relatif à la perquisition effectuée dans le cadre de cette affaire, mais prescrivait le silence et la
plus grande discrétion à ce sujet.

CLAUDE GUERIN et son chef d’atelier DIEHN REINER ont fait tous deux l’objet d’un non-lieu à ce que je sais, et la
société SOLAR EDWARDS est maintenant au top de sa production.

Fort de mes connaissances actuelles, je ne puis m’empêcher de dire que ces ‘’erreurs’’ effectuées dans le cadre de
perquisitions peu orthodoxes, étaient bien plus que volontaires.

En effet, conscient que grâce à la présence de deux ‘’vrais-faux’’ passeports et du bon au porteur de 29 millions
CFP, l’équipe de l’inspecteur ... DRUART ne tarderait pas à découvrir tout le dispositif, j’avais moi-même révélé en
grande partie la nature du matériel en notre possession sans en indiquer les lieux de stockage bien entendu, et
selon mon plan de défense.

Je me souviens avoir particulièrement insisté sur l’équipement en provenance des forces armées françaises en
NOUVELLE-CALEDONIE ( grenades défensives, munitions de guerre 5,56 mm et 9 mm, explosifs militaires de
type ‘’plastic’’ et T.N.T., détonateurs, etc. ). En agissant de la sorte, l’attention de la police judiciaire française était
focalisée sur moi plus que sur JACKY UICHI.

De plus en gagnant du temps, j’espérais bien que la nouvelle de notre arrestation s’ébruiterait et que le matériel en
notre possession changerait de place par sécurité. Ces transferts auraient été opérés par d’autres personnes
restées en NOUVELLE-CALEDONIE.

Malheureusement ( ou heureusement, je le constaterai plus tard ), l’initiative de JACKY UICHI consistant à donner
l’emplacement du dépôt de la zone industrielle de DUCOS ( SOLAR EDWARDS ) avait fait capoter ce plan destiné
à limiter la casse au maximum. J’appris cette initiative de la bouche même de JACKY UICHI que je croisai tout à
fait fortuitement dans l’escalier central de la prison de METZ-QUEULEUE, alors que nous étions interdits de
communication.



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Je descendais à la bibliothèque tandis qu’il se rendait à son travail. En m’apercevant il s’affola, et les yeux hors de
la tête il me déclara : « J’ai donné l’emplacement du container sinon ils allaient arrêter d’autres personnes, REMY
tout ça... ». Il tenta de me donner d’autres explications, mais je lui dis que ce gendarme l’avait bien roulé sur un
point particulier et faux du dossier J.K.R. MARINE, société d’où provenait le fameux bon au porteur de 29 millions
CFP issu d’une comptabilité frauduleuse, soit dit en passant...

Cette double comptabilité de JEAN-MARIE.KREMER causa à son auteur un redressement fiscal assez lourd ( 11
millions CFP environ, à ce qu’il paraît… ). Juste après l’opération chez J.K.R MARINE, j’avais pourtant bien
expliqué ce point en détail à JACKY UICHI qui l’avait ‘’oublié’’...

Une attitude bien arrangeante qu’il n’abandonna jamais, surtout devant la cour d’assises des 24 / 25 / 26 avril
1996... Une attitude bien arrangeante et très contagieuse puisqu’elle fut adoptée par tous mes coïnculpés.

Donc pour ma part, le plan sus-cité devait me permettre de gagner du temps, comme le 1er mars 1987 à NOUMEA
lors d’une garde à vue pour un vol de matériel de transmission dans la société HAM TRONIQUE.

J’avais utilisé ce système avec succès contre le commissaire de police ANDRE SAURA et les inspecteurs ALAIN
LECOEUR ALAIN CERDAN FRANCOIS GIACOMOTTO DANIEL PAQUIN. 11 précieux jours avaient ainsi été
acquis, permettant le transfert du matériel dont nous disposions à cette époque, ainsi que l’élaboration d’alibis pour
d’autres personnes en cas de besoin. JEAN-PIERRE BELLOLI alors procureur de la république en 1987, en avait
été très vexé, promettant à mon avocat de l’époque qui était déjà maître CHRISTIAN BOISSERY « Que je paierai
cela très cher ! ».

Ainsi, les gendarmes de la caserne MEUNIER savaient très exactement à quoi s’en tenir sur ce qu’ils allaient
découvrir dans ce dépôt, et je maintiens qu’ils voulaient en escamoter tout le matériel plus que compromettant pour
les autorités françaises.

Une précision de taille toutefois :
Ce type de matériel n’était pas stocké dans le dépôt de DUCOS ( SOLAR EDWARDS ) mais bien dans l’autre, un
garage sis 94 route de OUEMO MAGENTA aménagé à partir du mois de février 1990.
Février 1990, soit 9 mois après l’assassinat plus qu’étrange le 04 mai 1989 à WADRILLA OUVEA de deux leaders
indépendantistes, JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE.

Ce double assassinat perpétré par DJOUBELLY WEA, militant indépendantiste lui aussi, devait avoir une très
grande influence sur les faits qui nous ont été reprochés.

Les deux leaders sus-cités venaient juste de participer à la signature des fameux accords de MATIGNON, lesquels
avaient été précédés par la boucherie de la gendarmerie de FAYAOUE et de la grotte de GOSSANAH, toujours à
OUVEA ( 25 morts officiellement, noirs et blancs ).

Le garage sis 94 route de OUEMO MAGENTA constituait donc notre second dépôt clandestin, et celui-ci avait été
loué sous une fausse identité dans l’agence immobilière LACROIX, grâce à des complicités internes.

L’une d’elles m’avait même déclaré : « Tu cherches du matériel électronique ? Je connais un ancien gars de la
D.S.T. en THAILANDE ; il tient une boîte de nuit maintenant et il pourra t’aider... ».
Réponse : « La D.S.T… Mais ça va pas non ! ».
Cette personne avait alors ajouté : « Mais non pas du tout ! Je peux t’assurer que ce gars était de notre bord en
1984, à fond, pas de problème... ».
Réponse : « Jamais je ne m’adresserai à ce genre de personne ! ».

Avec le recul du temps, je me dis que chaque calédonien ou pro-français actif devait être de près ou de loin, plus
ou moins influencé dans sa conduite par des gens bien placés, aux bons moments et aux bons endroits...

De plus, ce qui était valable pour nous l’était forcément pour les militants indépendantistes actifs.

Je pense cela car ce même homme m’ayant donné les renseignements sur cet agent de la D.S.T. avait parfois des
cibles plus qu’étranges comme les voitures de la poste… D’habitude, il s’attaquait plutôt à des voitures de collabos
des indépendandistes et ‘’travaillait’’ au FULMICOTON, un explosif de sa fabrication que personne n’utilisait chez
nous...

Tous les produits chimiques et les poisons trouvés dans le garage de OUEMO nous avaient été donnés par cet
homme, ainsi que 200 kg de nitrate ( explosif ) provenant d’un important vol qu’il avait commis en réunion dans un
entrepôt de NUMBO.

Et puisque l’heure est à la confidence, cette personne voulant me ‘’brancher’’ sur cet ‘’ancien’’ agent de la D.S.T.
n’est autre que BRUNO MASQUELIN, lequel chantait à qui voulait l’entendre après notre arrestation en FRANCE «
C’est GUY DIJOU qui a parlé, c’est lui qui a tout balancé ! ».

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Si la ‘’balance’’ que je suis à tes yeux avait vraiment parlé , nul doute que tu m’aurais rejoint très rapidement au
CAMP-EST, BRUNO MASQUELIN ! N’était-ce pas toi qui nous avais donné des renseignements erronés sur le
contenu du coffre-fort de LA GUINGUETTE à l’ANSE VATA, en échange d’une part du butin car tes motivations
étaient différentes ? Celui-ci s’élevant à la somme ‘’astronomique’’ de 120 000 CFP, tu ne reçus jamais rien !

Tu nous aida activement à la préparation d’une autre opération visant les transferts de fonds postaux dans le nord
de la NOUVELLE-CALEDONIE, toujours contre une promesse d’une part du butin. Cette action n’eut jamais lieu,
les risques de violence étant trop importants.

De même ton ami de la D.S.T. dont il est question ici répond au nom de ROBERT NERAT, ‘’Né-Rat’’ qui ne pouvait
finir que dans la D.S.T., la D.G.S.E. ou une autre saloperie du même genre n’est-ce pas ?

Mais revenons à la ‘’planque’’ de OUEMO que tu nous avais si gentiment louée en établissant un faux bail au nom
de l’agence LACROIX. Pour ce beau geste, tu reçus un cadeau en forme de revolver 38 SPECIAL dont tu n’ignorais
pas la provenance, à savoir le vol de l’armurerie BALLANDE. Souviens-toi bien BRUNO MASQUELIN, tu avais
confectionné une grande caisse en bois pour y entreposer toutes ces armes… C’est donc grâce à toi en effet, que
je pouvais régler moi-même les loyers en espèces, généralement pour 6 mois.

Dans un deuxième temps, JEAN-CLAUDE POGNON avait été chargé de cette tâche, ce qui explique bien le choix
d’arrestation dont il fit l’objet lors du marché proposé par le gendarme MARC REVAULT, choix gentiment soufflé
par ce dernier il faut le dire...

Dans ce deuxième dépôt et en plus du matériel militaire français fourni par l’armée française en NOUVELLE-
CALEDONIE, il y avait la fameuse liste de douze prénoms dont il est fait mention au début de ce dossier, et des
documents ‘’aimablement’’ donnés par les services spéciaux français, à savoir :


1°/ Un listing informatique très complet indiquant les noms, prénoms et adresses de très nombreux militants
indépendantistes actifs ainsi que leur appartenance politique précise : F.U.L.K. - PA.LI.KA. - U.C. etc.

2°/ Un rapport d’analyse concernant RAOUL LAPETITE, une des personnes ayant tué 10 militants kanaks
indépendantistes dont 2 frères de JEAN-MARIE TJIBAOU, le 05 décembre 1984 à TIENDANITE.

      ( JEAN-MARIE TJIBAOU aurait dû être avec les 10 victimes... Quelques détails de cette opération menée de
      mains de maître apparaissent dans la plainte globale cosignée par JOSEPH WANANIJE et moi en date du
      30 juillet 1994 ).

      Je précise que nous n’avons jamais demandé nous-mêmes ces documents et ce matériel de guerre ; ils ont
      été proposés à certains d’entre nous, ‘’tout simplement’’... ( voilà les munitions, les grenades, les noms et
      adresses des indépendantistes : Allez-y, flinguez-les à notre place, en quelque sorte... ).`

      L’un de ces documents comportait la mention ‘’CONFIDENTIEL-DEFENSE’’ ce qui explique l’attitude plus
      que douteuse des gendarmes en charge des perquisitions et des saisies, en particulier celle du gendarme
      CHRISTIAN GODEFROY agissant en tant qu’officier de police judiciaire lors de ces opérations menées dans
      le cadre de la commission rogatoire n° 105 / 91.

      En effet, son nom figure sur le procès-verbal n° 362 / 94 ( D 45 ) en date du 03 mars 1994 concernant
      l’inventaire des pièces à conviction sur ‘’saisie incidente au garage 94 route de OUEMO à NOUMEA’’.
      Le procès-verbal n° 369 / 94 ( D18 ) concerne quant à lui le dépôt de la zone industrielle de DUCOS, sur le
      terrain de la société SOLAR EDWARDS.

Un fait bizarre pourtant :
       La première perquisition dans le temps, celle du container de DUCOS, porte un numéro d’enregistrement de
       procès-verbal supérieur à celui de la deuxième perquisition, celle du garage de OUEMO :
       - n° 369 / 94 ( D 18 ) pour le container de DUCOS.
       - n° 362 / 94 (D 45 ) pour le garage de OUEMO.
       Un classement ‘’à reculons’’ dans le temps en quelque sorte, surtout quand on sait que JACKY UICHI n’a
       donné que l’emplacement de DUCOS...

Autre fait important :
       Toujours dans le bureau du chef de service pénitencier PASCAL WACAPO au CAMP-EST, le gendarme
       MARC REVAULT m’avait déclaré :

      « Le garage de OUEMO, c’est l’ancien policier JOSE AVAEMAI qui nous a renseignés ; tu connais ce grand
      tahitien… Mais tu ne lui feras pas de mal, hein ? ».


                                                                                                                  9
      Ce dernier n’exerçait plus la fonction de policier mais celle de démarcheur commercial à une trentaine de
      mètres du garage en question. En effet, étant policier et garde du corps de DICK UKEIWE ( élu de R.P.CR. ),
      JOSE AVAEMAI avait mortellement blessé son coéquipier et ami MIGUEL IDOUX, à la suite d’une fausse
      manœuvre avec son arme de service.

      Le drame avait eu lieu dans la villa de DICK UKEIWE à NOUMEA, et c’est de retour d’une mutation en
      FRANCE que JOSE AVAEMAI était devenu démarcheur commercial sur le territoire, en attendant mieux.
      Je connaissais personnellement JOSE AVAEMAI, qui avait beaucoup souffert à cause de ce drame
      involontaire.

      Et si la découverte du deuxième dépôt, celui de OUEMO, n’était due qu’à la présence d’un ancien reçu de
      paiement de loyer en espèces, celui-ci étant placé dans une cassette rouge à l’intérieur même du premier
      dépôt ( SOLAR EDWARDS - DUCOS ) ‘’donné’’ par JACKY UICHI...

      Il devenait ainsi possible de remonter le dispositif, d’autant plus que cette cassette rouge provenait du vol de
      coffre-fort de la GUINGUETTE, à l’ANSE VATA les 1er et 02 janvier 1990.

      Une ‘’guéguerre’’ des polices version NOUVELLE-CALEDONIE, JOSE AVAEMAI étant un policier en
      cessation provisoire d’activité travaillant à moins de 30 mètres du garage de OUEMO…Quelle aubaine !

Ayant récusé mon avocat pour des raisons exposées ultérieurement dans ce dossier, ce sont les deux seules
pièces importantes ( 369 / 94 et 362 / 94 ) que JACKY UICHI m’ait prêtées lorsqu’il fut muté du bloc A vers le bloc
C d’isolement, où j’étais incarcéré depuis près de deux ans.

Il avait eu des problèmes avec des détenus mélanésiens dont JOSEPH WANANIJE lui-même, lequel avait été
muté du bloc C vers le bloc A juste après le dépôt de la principale plainte 30 juillet 1994 adressée le 16 août 1994
au procureur YVES LEBOURDON.

Donc, ces deux procès-verbaux étaient importants, tellement importants que celui portant le n° 362 / 94 (D 45) du
03 mars 1994 a été coupé dans le sens de la largeur, au-dessus des signatures du feuillet n° 5 : Il y a eu
superposition de documents avant le passage dans la photocopieuse.

Connaissant la méticulosité légendaire de la gendarmerie, laquelle rappelons-le constitue un corps de l’armée
française surnommée ‘’LA GRANDE MUETTE’’ où sévit le bien trop fameux DEUXIEME BUREAU MILITAIRE
( voir l’affaire ALFRED DREYFUS ), il est plus qu’intéressant de constater les anomalies suivantes sur le procès-
verbal n° 362 / 94 ( D 45 ) du 03 mars 1994 concernant le dépôt de OUEMO.

Ce document mentionne les numéros des scellés ainsi que le descriptif de ces derniers, ceci constituant les pièces
à conviction justifiant les poursuites judiciaires, des preuves en quelque sorte.

Il comporte également la mention : nombre total scellé : 127.

Scellé n° 42 ( entre autres... ). - 41 bouchons allumeurs ( de grenades ) modèles 35, F 3, F 6, F 5 A sans aucun
numéro de fabrication, alors que celui-ci est toujours gravé en gros caractères dans le métal de la cuillère, elle-
même maintenue en place par une goupille de sécurité.

Scellé n° 42 TER - 22 grenades D.F. ( défensives ) toujours sans aucun numéro de fabrication alors que tout le
matériel militaire français en comporte toujours de plusieurs types. De plus, nous n’avions recueilli que 10 ou 12
grenades explosives D.F. françaises dûment numérotées, et non 22 comme il est indiqué sur ce document.
( c’est peut-être ça, la multiplication des pains... de ‘’plastic’’ ou des grenades défensives ).

- 6 pétards indétectables de 250 grammes, tellement indétectables que la nature de l’explosif de ces pétards et
leurs numéros de fabrication ont disparus sur le procès-verbal...

      Il s’agit sans nul doute d’un ‘’oubli‘’ de la gendarmerie, parmi tant d’autres sur ce document car il est ici
      question de 6 pétards de T.N.T. français dûment numérotés, achetés 120 ou 150 000 CFP à d’anciens
      militaires paraît-il, grâce à l’intermédiaire d’un autre ancien militaire, lui aussi.
      J’ai remis personnellement cette somme à ce dernier à son domicile, et JACKY UICHI était présent.
      Cet achat comprenait également des pains d’explosifs ‘’plastic’’ figurant justement dans ce scellé, mais
      toujours sans aucune référence (- 4 pains de 500 grammes explosif plastique ).

      Notons que cet intermédiaire au-dessus de tout soupçon en ce qui me concerne, fut également interrogé par
      le juge d’instruction MARTINE VARACHE.

      Il reconnut être le fournisseur de la liste des fréquences radios trouvées en notre possession ( C.R.S.
      GENDARMERIE POLICE RENSEIGNEMENTS GENERAUX POMPIERS etc. ), mais je doute fort à
      présent que ce juge d’instruction ait vraiment cherché à connaître les véritables fournisseurs du matériel

                                                                                                                   10
      français trouvé en notre possession ( munitions de 5,56 mm et de 9 mm, grenades défensives, explosif
      plastic et T.N.T., sacs à dos, documents divers etc. ).

Scellé n° 74 : - Une caisse de bois de 405 cartouches de chasse calibre 12 plomb n° 5.
Là on retrouve tout à coup la précision et la méticulosité légendaire de la gendarmerie, surtout quand ce n’est plus
du matériel militaire français !

Ainsi, dans ce scellé portant les mentions : ‘’par terre dans le garage’’ et ‘’dans une caisse en bois portant
inscription ‘’3’’ au fond du garage’’, les munitions militaires françaises de calibre 5,56 mm et 9 mm sont devenues
des balles ordinaires, d’un coup de baguette magique ou plutôt de stylo magique !

Il y avait là plus de 1800 munitions françaises de guerre de calibre 5,56 mm facilement identifiables avec leurs
ogives blindées et leurs douilles en acier peintes en vert sombre.

Leur numéro de fabrication est gravé sur le culot de la douille autour de l’amorce, et ces munitions françaises de
guerre avaient été échangées contre une carabine de chasse 300 SAVAGE n° 1184369 en règle, la mienne en
l’occurrence...

Il en est de même des munitions militaires françaises de 9 mm livrées en boîtes cartonnées grises dont le numéro
de lot et les caractéristiques techniques figurent sur une étiquette blanche placée sur le dessus de ces boîtes.

Là encore, ces munitions sont caractéristiques car elles sont dotées d’une amorce spéciale dite à double évent.
Leurs numéros de fabrication sont également gravés sur le culot de la douille autour de l’amorce, comme toutes les
munitions du reste.

Je précise toutefois que je n’ai pas accompli mes obligations militaires, ayant horreur des uniformes...
Comme j’avais raison !

Ces dernières munitions nous ont été généreusement offertes par un ancien membre de l’O.A.S.,
l’ORGANISATION ARMEE SECRETE pendant la guerre D’ALGERIE... Encore une personne au-dessus de tout
soupçon en ce qui me concerne, à qui j’avais rendu un service quand il était dans le besoin.
Il avait d’ailleurs commis l’attentat de la poste centrale de NOUMEA le 1er janvier 1985, sans aucune victime.
Décidément les postes et télécommunications n’ont pas de chance en NOUVELLE-CALEDONIE…

Pauvre homme, roulé, blousé, entubé, empapaouté, bluffé, dupé, berné, baisé, feinté, possédé, embobiné, abusé,
trompé, trahi en ALGERIE ( comme moi ici ), et ça recommence en NOUVELLE-CALEDONIE !
J’espère qu’il comprendra un jour même si ça fait mal, très mal, et je sais de quoi je parle !

Signalons au passage que les munitions et explosifs militaires français en question nous ont été remis après la loi
d’amnistie de 1989, et ne sont donc absolument pas couverts par cette dernière... Cela explique sans nul doute les
modifications volontaires telles que ‘’balle ordinaire’’ à la place de ‘’balle blindée militaire’’ et l’absence de numéro
d’identification, car ces précisions auraient confirmé mes déclarations.

Et pour faire bonne mesure, aucune des munitions et explosifs n’ont fait l’objet d’une ouverture réglementaire de
scellés en notre présence et assistés de nos avocats respectifs, afin de les reconnaître en tant que pièces à
conviction nous appartenant.

Toujours dans cette ligne de conduite pour le moins malhonnête et digne de la plus pure prévarication, il n’y eut
aucune pièce à conviction lors du procès d’assises des 24 / 25 / 26 avril 1996 :

Elles avaient toutes été détruites !

Pour un peu, elles n’auraient jamais existé si l’ordonnance de prolongation de détention me concernant ne spécifiait
: ‘’Vol à l’aide d’une effraction, de nuit, par plusieurs auteurs, détention sans autorisation et sans motif légitime
d’engins explosifs ou de substances destinées à entrer dans leur composition - Détention illégale d’armes et de
munitions de guerre ou d’un dépôt d’armes quelconques’’.

Ce document daté du 17 mars 1995 est signé par le juge d’instruction MARTINE VARACHE, et les références
suivantes y figurent : N° de parquet : 4331 / 91 et 1097 / 94. - N° de l’instruction : 19 / 94.

Inutile de préciser que le poids de ces pièces à conviction s’exprimait en tonnes !
Un autre point important réside dans la qualité même des deux témoins ayant été réquisitionnés pour la ‘’saisie
incidente au garage 94 route de OUEMO’’, là où était stocké tout le matériel sensible pour les autorités françaises.
En effet, il s’agit :

1°/ D’une infirmière fonctionnaire travaillant dans un établissement hospitalier de NOUMEA donc dépendante de
l’état français en dernier ressort...

                                                                                                                      11
2°/ D’un militaire des forces armées françaises de NOUVELLE-CALEDONIE, ces mêmes F.A.N.C. nous ayant
fourni le matériel militaire découvert dans le dépôt de OUEMO...

Je n’ai malheureusement pas eu connaissance des identités de ces personnes, JACKY UICHI ne me les ayant pas
communiquées, et ne disposant plus moi-même de l’assistance d’un avocat ( et pour cause… ).

Nous n’étions pourtant séparés que par une seule cellule :

- JACKY UICHI bloc C d’isolementcellule n° 3.
- GUY DIJOU bloc C d’isolementcellule n° 5.

De même, il me fut impossible de voir de mes yeux ce trop fameux document daté de 1993 relatif à la ‘’perquisition-
saisie’’ effectuée dans le dépôt clandestin de OUEMO. 1993, soit un an avant notre arrestation !

La gendarmerie savait donc qu’elle découvrirait du matériel sensible pour les autorités françaises dans le dépôt
sus-cité, pour la simple et bonne raison qu’elle ne l’avait pas trouvé dans le premier dépôt de DUCOS ( SOLAR
EDWARDS ).

Comme par ‘’hasard’’, cette fausse date de ‘’perquisition-saisie’’ concerne le dépôt où a été découvert le matériel
militaire français... Encore une fausse date, et pourtant le juge d’instruction FABIENNE POUS avait quitté la
NOUVELLE-CALEDONIE depuis longtemps...

JACKY UICHI disposant de ce document, parlait même de déposer un recours en annulation de la ‘’perquisition-
saisie’’ concernant le dépôt clandestin, par le biais de son avocat.

Cette procédure juridique devant impérativement être effectuée avant la clôture du dossier d’instruction, aurait eu
pour effet principal d’entraîner la nullité de la ‘’perquisition-saisie’’ du dépôt de OUEMO, et la disparition pure et
simple du matériel militaire français généreusement accordé par l’armée française en NOUVELLE-CALEDONIE.

Inutile de dire que je ne souhaitais absolument pas l’engagement de cette procédure d’annulation, mais jamais
JACKY UICHI ne me permit de voir ce document daté de 1993...

Un document faussement daté, erreur subtile et volontaire permettant à la justice française de s’étouffer elle-même
en quelque sorte...

C’est d’ailleurs une subtilité de ce genre appelée vice de procédure, et la panoplie est très vaste, qui a permis la
réduction à la dimension d’un mouchoir de poche d’un énorme dossier politico-financier en FRANCE, le dossier
ROGER-PATRICE PELAT dans l’affaire PECHINEY. Pour la petite histoire, le dossier ROGER-PATRICE PELAT
était l’un des plus gros dossiers de l’époque MITTERAND, dossier connu bien sûr…
Cet homme était également très proche de FRANÇOIS MITTERAND…

Le juge d’instruction MARTINE VARACHE étant absente de NOUVELLE-CALEDONIE à ce moment là, c’est le juge
d’instruction BEATRICE IMASSI qui procéda à la clôture de l’ensemble de notre dossier.
J’avais déclaré à cette dernière : « Et cela ne vous gêne pas de clore ainsi notre dossier, malgré toutes les
saloperies de la FRANCE à l’intérieur de celui-ci ? ».
Sans une réponse, c’est exactement ce qu’elle fit !

Ne faisant donc aucun recours en annulation, ces pièces à conviction plus que précieuses renforçaient
considérablement la validité des nombreuses plaintes déposées auprès du procureur YVES LEBOURDON, le
procureur général de la république étant BERNARD DE GOUTTES à l’époque des faits.

C’était compter sans le vice de la justice française car toutes les pièces à conviction avaient disparu malgré le
tonnage très important ( près de 2 000 kg de nitrate entrant dans la composition d’un explosif, des milliers de
cartouches de tous calibres, près de 80 armes dont plus de la moitié étaient démontées précisons-le, de nombreux
documents dont ceux cités précédemment etc. etc. etc. ).
De tout cela, plus rien !

Et c’est ainsi que JEAN VERMORELLE, président de la cour d’assises de NOUMEA les 24 / 25 / 26 avril 1996,
avait déclaré devant des jurés bien étrangement muets et nullement gênés : « C’était du matériel dangereux, il a
été détruit... », lorsque je lui demandais de produire ces fameuses pièces à conviction devant la cour.

Oh ! Oui, qu’il était dangereux ce matériel monsieur le président, surtout pour les autorités françaises mouillées
jusqu’au cou dans cette affaire...




                                                                                                                   12
Oh ! Oui qu’il était dangereux ce matériel monsieur le président, des fois qu’une cartouche de l’armée française de
5,56 mm ou de 9 mm ne décide de se percuter elle-même et n’atteigne ces gendarmes en train de mentir devant la
cour d’assises, après avoir prêté serment en levant la main droite et en disant « JE LE JURE ! ».

Les gendarmes CHRISTIAN GODEFROY et FREDERIC JAMES par exemple... Ils avaient beau être tout de blanc
vêtus, blanc soi disant symbole de pureté, ils les avaient bien débités leurs mensonges !

Le silence absolu des avocats de la défense sur l’absence totale de pièces à conviction venait conforter mon
sentiment sur la pourriture de la justice en NOUVELLE-CALEDONIE et en FRANCE.

Et ils étaient pourtant bien nombreux, ces ‘’ténors’’ du barreau de NOUMEA :

Maître   CHRISTIAN              BOISSERY        défenseur de JACKY UICHI.
Maître   LAURENT                AGUILA          défenseur de ALBERT KREYER.
Maître   MARIE-LAURE            FAUCHE          défenseur de JEAN-CLAUDE POGNON ( sans jeu de mots… ).
Maître   JEAN-CLAUDE            MANSION         défenseur de REMY BRESIL.
Maître   JEAN-FRANCOIS          LE FORCENAY     défenseur de PHILIPPE et JEAN-PIERRE COURTOT.

Maître JEAN-FRANCOIS LE FORCENAY était venu spécialement de FRANCE pour assurer la ‘’défense’’ des deux
cousins COURTOT, ainsi que FRANCOIS DE ROUGET, retraité militaire, ancien sous-préfet et témoin de moralité
de ces derniers.

FRANCOIS DE ROUGET avait été chargé de mission envoyé par la ville de PARIS pendant les événements de
1984, ville de PARIS autrement dit JACQUES CHIRAC alors président de la république au moment de ce procès
d’assises truqué.

Quant à moi, le président JEAN VERMORELLE essayait très lourdement mais en vain, de m’imposer un avocat
commis d’office, maître XAVIER LOMBARDO à qui je demandais de se taire en voulant me défendre seul.

En effet après une instruction plus que foireuse, je n’avais absolument plus aucune confiance dans la justice, et le
déroulement de ce ‘’procès’’ me donna entièrement raison par la suite.
Afin de pouvoir me défendre seul et n’ayant pratiquement jamais eu accès au dossier d’instruction, j’invoquais plus
qu’énergiquement le pacte international relatif aux droits civils et politiques signé par la FRANCE à NEW-YORK.
Celui-ci est applicable en FRANCE depuis le 04 février 1981.

Le paragraphe 14 précise le droit de se défendre soi-même ; il reprend ainsi le paragraphe 2 C de la convention
européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales - circulaire du 27 juillet 1987.

Il est à noter un point bien particulier :

Maître JEAN-CLAUDE MANSION ‘’défenseur’’ de REMY BRESIL, et maître JEAN DESTOURS ‘’défenseur’’ de
CLAUDE GUERIN ( SOLAR EDWARDS ), forment la même SOCIETE PROFESSIONNELLE D’AVOCATS
DESTOURS / MANSION...

Quand on sait ce qui s’est passé lors des perquisitions du dépôt de DUCOS et de celui de OUEMO, le silence de
maître JEAN-CLAUDE MANSION sur l’absence totale de toute pièce à conviction lors du procès d’assises prend
une autre dimension n’est-ce pas ?

Notons également sur ce point précis le silence de maître CHRISTIAN BOISSERY, ‘’défenseur’’ de JACKY UICHI,
dont l’étude sise 41 / 43 rue de SEBASTOPOL - NOUMEA est située à la même adresse que la société d’avocats
DESTOURS / MANSION.

Malgré la proximité immédiate de ces deux études, c’est peut être cela la difficulté de la circulation de
l’information...

A moins que les intérêts n’aient été communs, comme la communion du fric sous le drapeau français par
exemple...

A titre d’information, les avocats ‘’défenseurs’’ de NOUVELLE-CALEDONIE se sont constitués en barreau
‘’indépendant’’ le 12 avril 1973.

Pour l’année 1996, année de ce fameux procès d’assises, le conseil local de l’ordre des avocats était le suivant :

Maître      PIERRE         SENAC                    bâtonnier
Maître      JOHN           LOUZIER                  membre
Maître      CHRISTIAN      BOISSERY                 membre
Maître      JEAN-CLAUDE MANSION                     membre

                                                                                                                     13
Maître       PHILIPPE              OLIVIER            membre
Maître       ANTOINE               DE BROSSES         membre
Maître       PHILIPPE              REUTER             membre
Maître       GEORGES               CHATENAY           Avocat honoraire

Ce dernier avait assuré la défense des auteurs de la fusillade de TIENDANITE, avec maître GERARD
LERGENMULLER, maître … BERRUX et maître HENRI-RENE GARAUD, lors du procès truqué du 19 octobre
1987. Et hop ! fermez le cercle...

Mais en matière de silence il en est un qui pesait vraiment très lourd : Celui de mes six coïnculpés !

Ah ! Qu’il était beau notre groupe de ‘’CONS-BAS’’... Mais je reviendrai plus tard sur ce point très particulier...
Il y avait bien un huitième inculpé, ALAIN LAPELERIE, ‘’greffé’’ au dernier moment afin de donner un peu plus
d’éclat à ce déni de justice…

En effet, c’est sur la propriété de la famille LAPELERIE que le G.I.G.N. français avait ‘’neutralisé’’ ELOI MACHORO
le 12 janvier 1985, un leader charismatique du F.L.N.K.S.

Oui, le silence était de mise au cours de ce procès comme au cours de ‘’l’instruction’’ du reste, surtout quand il
s’agissait du matériel militaire français...

Personne ne soufflait mot sur la disparition que dis-je, la destruction pure et simple de toutes les pièces à
conviction, surtout toi JACKY UICHI, mon trop fameux bras droit en l’occurrence...

         Il est vrai que dans la cellule de garde à vue de THIONVILLE je t’avais dit de tout me mettre sur le dos, mais
         pas de te taire sur ces choses-là pour mieux parler sur d’autres ensuite !

         Toutes ces tonnes de matériel, je ne les avais pas rangées seul tout de même !

         Toutes ces munitions au culot rendu étanche avec du vernis je ne l’avais pas fait seul, non plus !

         D’autant plus que les cartouches de 5,56 mm à balle blindée de l’armée française en faisaient partie, avant
         d’être stockées dans des sacs en matière plastique transparente scellés à chaud dans ta villa de KOUTIO…

Et que dire de toi ALBERT KREYER, si prolixe devant les jurés lorsqu’il s’agissait de décrire avec moult détails tes
débuts si difficiles en NOUVELLE-CALEDONIE.

         Mais dès lors que ce menteur de procureur général BERNARD DE GOUTTES m’interrogeait sur la
         provenance de ce ‘’célébrissime’’ pistolet 9 mm court découvert dans le dépôt de OUEMO, tu étais plus
         silencieux qu’une tombe...

         Pourtant souviens-toi ALBERT, tu m’avais donné ce BERRETA lorsque j’avais moi-même offert mon pistolet
         personnel 7,65 mm à MAURICE MITRIDE, l’un des pauvres bougres de l’affaire de TIENDANITE.
         Il craignait pour sa sécurité, comme moi aussi du reste…

         Des années plus tard, les paroles de JOSEPH WANANIJE confirmèrent mes craintes puisqu’il devait
         ‘’m’intercepter’’ avec une équipe d’indépendantistes.

         Oui, j’étais seul, affreusement seul avec mes prières intérieures, débout face à ce menteur de procureur
         général, et toi tu te taisais sur la provenance de cette arme comme si je l’avais volée moi-même !
         Tu savais pourtant, pour te l’avoir dit personnellement dans la cour du bloc A, que cette arme appartenait à
         PIERRE MARESCA, élu du R.P.C.R.

         Tu savais également que c’est avec cette arme que le gendarme MARC REVAULT avait demandé à JACKY
         UICHI et moi de mouiller le R.P.C.R. à l’aide d’un faux témoignage, peu après notre transfert en NOUVELLE-
         CALEDONIE.

         Comme par ‘’hasard’’, c’était juste avant la mise en place de la COMMISSION PERMANENTE DU
         CONGRES DU TERRITOIRE dont PIERRE MARESCA devint président, et ni JACKY ni moi n’avions
         accepté cette saloperie bien qu’étant isolés l’un de l’autre.

         En matière de silence, j’avoue humblement que j’ai ma part de responsabilité, sûrement…

Comme il m’aurait été facile de dénoncer ces complicités internes au sein de l’agence immobilière LACROIX, dont
l’une avait ‘’bénéficié’’ de la présence autour d’elle d’un membre de la D.S.T.



                                                                                                                    14
Ceci bien sûr, dans le but de mettre un peu plus en évidence la manipulation de l’état français en NOUVELLE-
CALEDONIE. Comme il m’aurait été facile de dénoncer DOMINIQUE ... et JACKY ... ( un deuxième ).

Leurs prénoms, pointures de chaussures et tailles de vêtements figuraient sur cette fameuse liste de douze
prénoms découverte le 03 mars 1994, ‘’lors de la saisie incidente au garage 94 route de OUEMO NOUMEA’’.
Sur les douze prénoms inscrits sur une feuille volante, sept personnes ‘’seulement’’ ont été arrêtées et jugées...

Il s’agit des personnes suivantes dans l’ordre des arrestations :

      1°/ GUY DIJOU et JACKY UICHI, à la frontière de la FRANCE et du LUXEMBOURG.
      2°/ ALBERT KREYER et JEAN-CLAUDE POGNON, en NOUVELLE-CALEDONIE.
      3°/ REMY BRESIL, en NOUVELLE-CALEDONIE.
      4°/ PHILIPPE COURTOT et JEAN-PIERRE COURTOT, en NOUVELLE-CALEDONIE.

Bien entendu, ces quatre séquences d’arrestations ont fait l’objet de rumeurs bien orchestrées quant à la
responsabilité voire la dénonciation des personnes arrêtées, par celles qui l’avaient été juste avant.
Ainsi, après le dépôt d’une plainte auprès du procureur de la république, d’une visite d’un gendarme au CAMP-EST
ou d’une extraction pour instruction au tribunal de NOUMEA, il y avait une ou deux arrestations comme par
‘’hasard’’.

Une remarque toutefois :

Les gendarmes de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER ont été capables de découvrir et d’arrêter
PHILIPPE COURTOT et JEAN-PIERRE COURTOT, deux cousins possédant pourtant un casier judiciaire vierge,
mais pas DOMINIQUE ... et JACKY ( n° 2 ).

Pourtant ces deux dernières personnes étaient bien connues pour leur activisme pro-français durant ces
événements de 1984, en NOUVELLE-CALEDONIE.

Plutôt étrange comme procédé, quand on sait que DOMINIQUE ... a participé directement au vol du coffre-fort de la
GUINGUETTE les 01 / 02 janvier 1990 à NOUMEA.

C’est également cette personne qui nous a permis dans un premier temps d’entrer en possession d’une grande
partie des munitions de guerre de 5,56 mm en provenance du camp militaire de PLUM selon lui, ainsi que des deux
documents les plus sensibles voire ‘’CONFIDENTIEL-DEFENSE’’ pour l’un d’eux, à savoir :

1°) Listing informatique concernant les militants indépendantistes.

2°) Le rapport d’analyse militaire concernant RAOUL LAPETITE.

Après le procès en cour d’assises du 19 octobre 1987 à NOUMEA, ce dernier s’était retiré définitivement dans la
chaîne montagneuse centrale de la région de VOH avec tous ses fils ; ainsi se terminait l’affaire de TIENDANITE...

Pas pour tout le monde puisque JOSE LAPETITE, un des fils de RAOUL LAPETITE, était abattu à cet endroit le 29
avril 1988...

Il avait participé à la fusillade où dix militants kanaks avaient été abattus à TIENDANITE le 05 décembre 1984.

JACKY n° 2 nous permettait quant à lui d’entrer en possession d’une dizaine, voire au maximum d’une douzaine de
grenades explosives défensives de l’armée françaises, dûment numérotées comme j’avais pu le constater moi-
même.

Je précise encore une fois qu’il n’y avait pas 22 grenades défensives comme il est indiqué dans le procès-verbal n°
362 / 94 ( D 45 ) du 03 mars 1994 - scellé n° 42 ter.

Une dernière précision encore :

      JACKY n° 2 était bien connu des services judiciaires puisqu’il avait été emprisonné au CAMP-EST durant
      l’année 1985. Comme par ‘’hasard’’, il avait été mêlé à cette affaire de caisse de pistolets militaires français
      de type MACH 50 qui avait été ‘’perdue’’ par un camion de l’armée, dans le col de TONGHOUE aux environs
      de NOUMEA.

      Pistolets militaires ‘’perdus’’ sans les percuteurs, bien sûr… Et donc inutilisables !

      Ayant fait sa connaissance plus tard, je lui avais demandé des détails sur cette affaire, et il m’avait répondu :
      « Ha ! Laisse tomber, c’est nul... Un coup foireux... ». Foireux certes, mais pas pour tout le monde ce qui est
      sûr !

                                                                                                                    15
      Il me semble qu’il avait hébergé CHRISTIAN CHEDORGES, l’auteur du sabotage de la mine du CAMP DES
      SAPINS à THIO le 21 janvier 1985.

      Sur cette liste de douze prénoms il y avait la mention : JACKY ( n°2 ) ‘’PARA’’.

Pour mieux comprendre l’attitude plus que douteuse de la part de toutes les autorités judiciaires françaises
confondues, il convient de rappeler un point très important du droit français :

Aux yeux de la loi, seule la complicité du 1er degré est punissable, mais pas la complicité du 2ème degré.

Dans le cadre de notre affaire, les complices du 2ème degré étaient :

      - Les fournisseurs initiaux de cartouches militaires françaises de 5,56 mm.
      - Les fournisseurs initiaux de cartouches militaires françaises de 9 mm.
      - Les fournisseurs initiaux de grenades défensives militaires françaises.
      - Les fournisseurs initiaux des pains de ‘’plastic’’ et de T.N.T. militaires français.
      - Les fournisseurs initiaux de documents sensibles ( listing informatique, analyse militaire, etc. ).

En tant qu’intermédiaires recevant ce matériel, les complices du 1er degré étaient :

      - L’ancien militaire fréquences radios, pains de ‘’plastic’’ et T.N.T.
      - L’ancien de l’O.A.S cartouches de 9 mm.
       -DOMINIQUE ... documents sensibles et cartouches de 5,56 mm.
      - JACKY n° 2 ‘’PARA’’ grenades défensives.

Or, DOMINIQUE ... et JACKY n° 2 ‘’PARA’’, étaient deux membres à part entière de notre groupe de combat,
comme l’indiquait la présence de leurs prénoms et de leurs mensurations sur la liste de douze prénoms découverte
dans le dépôt clandestin de OUEMO.

De ce fait, DOMINIQUE ... et JACKY n° 2 ‘’PARA’’ n’étaient plus des intermédiaires et leurs fournisseurs respectifs
du 2ème degré devenaient automatiquement des complices de 1er degré, donc punissables !
Des arrestations dans le milieu des services spéciaux français n’auraient pu être évitées, à moins que des
lampistes n’eussent été désignés d’office dans ce cas…

C’est donc la seule et unique raison de la non-arrestation de DOMINIQUE … et de JACKY n° 2 ‘’PARA’’, outre le
fait qu’aucun de nous ne les ait dénoncés.

En approfondissant le code pénal, le code de procédure pénale et le code de justice militaire français, et en
particulier les notions de 1er et de 2ème degré de complicité, les atteintes à la sûreté de l’état, les atteintes aux
intérêts fondamentaux de la nation etc. , on s’aperçoit d’une chose :

      Des articles sont taillés sur mesure non pas pour assurer l’ordre et la paix, mais bien pour pouvoir téléguider
      et manipuler autrui selon les intérêts de l’état en question, ceci bien sûr en couvrant au maximum les
      malotrus se livrant à ces jeux parfois mortels.

En NOUVELLE-CALEDONIE, c’est principalement pour le minerai de nickel, ailleurs ce sera pour du pétrole, de
l’uranium, des marchés juteux ou que sais-je encore...

Ainsi, si le juge d’instruction MARTINE VARACHE avait vraiment voulu inculper le gendarme MARC REVAULT
pour les infractions commises dans le cadre de l’enquête qui lui était confiée, celle-ci devait obligatoirement en
demander l’autorisation à je ne sais plus quelle autorité de l’état ( c’est véridique ! ).

Ne doutant en aucun cas de la loyauté de DOMINIQUE ... et de JACKY n° 2 ‘’PARA’’ au vu de leur attachement à
cette terre, je doute par contre à juste titre des fournisseurs dont je soupçonne l’appartenance au 2ème bureau
militaire, à la 3ème section de manipulation du B.E.L., à la D.G.S.E. ou à toute autre saloperie d’état dont la ligne de
conduite n’est autre que la division pour mieux régner !

Alors pourquoi ne pas avoir dénoncé ces personnes afin d’apporter la preuve de la manipulation de l’état français
en NOUVELLE-CALEDONIE, en remontant ainsi vers les véritables fournisseurs de matériel militaire français et de
documents sensibles ?.Oui, pourquoi ne pas l’avoir fait ?

La réponse est à trois niveaux, qui sont les suivants :

1°/ Malgré tout ce que j’ai pu faire de répréhensible pour mon pays, je ne suis pas une ‘’balance’’, ce qui avait été
confirmé par le président de la cour d’assises JEAN VERMORELLE. Hormis les faits qui nous étaient reprochés,
c’est la seule chose de vraie que ce dernier ait pu dire lors de ces procès d’iniquité.

                                                                                                                     16
2°/ Une fois dénoncées, ces personnes n’auraient peut-être pas parlé pour autant, en vertu d’un code d’honneur
interne au groupe de combat et dans ce milieu. De ce fait, cette démarche aurait été nulle tout en augmentant le
nombre de personnes emprisonnées, ce que je ne pouvais tolérer !

3°/ Avant de développer cette troisième raison de loin la plus importante, il convient de rappeler un fait majeur :
Toutes les plaintes et remarques écrites ont été adressées aux autorités judiciaires à partir du 24 juin 1994 ; la mise
en commun des connaissances des deux extrémistes de camps opposés que nous étions JOSEPH WANANIJE et
moi datait du 18 mars 1994, au plus tôt.

Durant ce laps de temps de 3 mois nous avions eu tout le loisir de découvrir qu’à l’image du vulgaire bétail, nos
camps respectifs avaient été menés aux affrontements depuis 1981, avec un paroxysme de violence durant les
années 1984 / 1985 et suite...

Fort de ces connaissances, j’avais déclaré : « Retour à l’expéditeur ! », lorsque le juge d’instruction MARTINE
VARACHE m’interrogeait justement sur le vol des archives et des passeports du bureau des passeports de
NOUMEA.

En effet grâce à JOSEPH WANANIJE, je venais juste d’apprendre que les services spéciaux français étaient
en réalité les maîtres-d’oeuvre de la filière d’envois de stagiaires kanaks en LIBYE.

A partir de ce moment-là, ce ‘’juge d’instruction’’ en charge de notre dossier évita au maximum de s’écarter des
faits qui nous étaient reprochés présentement, sans jamais prendre en considération les causes profondes de nos
agissements et surtout les graves implications de la FRANCE dans les événements de NOUVELLE-CALEDONIE.

Oui, on peut dire que MARTINE VARACHE mit un zèle, que dis-je, une malhonnêteté extraordinaire dans cet
exercice de style visant à supprimer toutes les responsabilités des gouvernements successifs de la FRANCE.
Dès lors, que pouvait apporter de plus la dénonciation de quatre ou cinq obscurs militants, dont deux membres de
notre groupe de combat ?

L’avenir me donna entièrement raison sur deux points :

A / La destruction des scellés compromettant pour les autorités françaises, fait réprimandé par la loi d’autant que
ces scellés n’ont jamais été ouverts en notre présence, à l’inverse de notre matériel de transmission, ouverture de
scellés incomplète bien entendu...
Il est vrai que ce matériel ne présentait guère de danger pour ces mêmes autorités...

B / L’absence totale de pièce à conviction lors du procès d’assises malgré ma demande expresse.
Oui, que pouvaient bien apporter de plus ces dénonciations, je me le demande ?

Je me le demande d’autant plus que les identités complètes de ces personnes n’étaient que secrets de polichinelle,
aussi bien pour les enquêteurs que pour les services judiciaires.

Oui, ces personnes étaient loyales envers le combat que nous menions et nous nous rendions des services
mutuels, mais auraient-elles accepté de se remettre en cause en regardant la vérité bien en face ?

Auraient-elles accepté de comprendre que les différents gouvernement français étaient les véritables instigateurs
de toutes ces saloperies ?

Et pourquoi ne se seraient-elles pas réfugiées dans le silence afin de sortir plus vite de prison, comme mes six
coïnculpés ?

Ceci concerne plus particulièrement JACKY UICHI, lequel était au courant de toutes mes démarches de chef de ce
groupe de combat.

En prison, il parlait souvent d’un dossier de défense en béton, tellement ‘’embêtant’’ pour les autorités françaises
qu’il ne l’a jamais utilisé, surtout devant la cour d’assises des 24 / 25 / 26 avril 1996 à NOUMEA.

En fait, si ce dossier n’est jamais sorti, il n’en est pas de même pour JACKY UICHI libéré très peu de temps après
ce procès d’iniquité ; le ‘’juste’’ retour de son silence en quelque sorte…

Voici les dates d’incarcération et de libération des membres de ce groupe de combat jugé en cour d’assises de
NOUMEA les 24 / 25 / 26 avril 1996 :

                                           INCARCERATION              LIBERATION

      GUY                 DIJOU                10 février 1994         25 juin 1998
                                                                                                                    17
      JACKY               UICHI               10 février 1994          11 juin 1996
      ALBERT              KREYER                 07 juin 1994          26 avril 1996
      JEAN-CLAUDE         POGNON                 07 juin 1994          26 avril 1996
      REMY                BRESIL              12 janvier 1995          07 mai 1996
      PHILIPPE            COURTOT             20 janvier 1995          07 mai 1996
      JEAN-PIERRE         COURTOT             20 janvier 1995          07 mai 1996

A titre indicatif, voici la liste des faits reprochés à ce groupe de combat depuis sa constitution pendant les
événements de 1984. Je tiens particulièrement à préciser que les personnes sus-citées n’ont absolument pas
commis toutes les opérations suivantes, le recrutement, les objectifs et la participation des membres étant fonction
des motivations individuelles avant d’être collectives.

De plus, il est clair que tous les auteurs de ces faits n’ont pas été arrêtés ; d’autre part, la loi d’amnistie du 18
décembre 1989 couvre les infractions commises avant le 20 août 1988.

La chronologie et les dates de ces opérations ne sont pas précises car s’étendant sur une période approximative de
10 ans, voire plus.

      22   juillet    1982      Participation à l’occupation de l’assemblée territoriale de NOUMEA.
      ?                         Vol de nitrate à la S.C.E.T. DUCOS, pour préparation d’explosif.
      ?                         Vol de nitrate dans la carrière de TONGHOUE.
      14   mai        1985      1er attentat au ‘’palais de justice’’ de NOUMEA. Aucune victime.
      27   août       1985      1er attentat à l’office foncier de NOUMEA. Aucune victime.
      21   novembre 1985        2ème attentat à l’office foncier de NOUMEA. Aucune victime.
      02   décembre 1985        2ème attentat au ‘’palais de justice’’ de NOUMEA. Aucune victime.
      24   février    1986      Attentat au service des impôts de NOUMEA. Aucune victime.
      ?                         Dynamitage pont de BAKO - KONE à la demande de certains habitants
                                de KONE. Aucune victime et dégâts insignifiants.
                                ( charge disponible très nettement insuffisante ).
      ?                         Vol d’uniformes de la police municipale de NOUMEA,
                                avec l’aide d’une complicité interne. En fait, c’était l’armement qui était visé.
      ?                         Vol d’une moto SUZUKI au VAL PLAISANCE - NOUMEA pour rapidité
                                des déplacements et plus si nécessaire ( voir note supplémentaire ).
      29/30novembre 1986        Vol d’armes dans l’armurerie BALLANDE de NOUMEA.
      28   février 1987         Tentative de vol de matériel de transmission dans la société HAM TRONIQUE.
                                GUY DIJOU incarcéré le 03 mars 1987, libéré provisoirement le 28/11/87.
      24   septembre 1988       Vol SOPRECAL. Matériel d’irrigation.
      02   septembre 1989       1er vol SITEC. Groupes électrogènes.
      01/02 janvier   1990      Vol coffre-fort LA GUINGUETTE - ANSE-VATA - NOUMEA.
           février    1990      Location sous fausse identité du garage de OUEMO - MAGENTA.
      07/08 février   1990      Vol d’armes SODICAL BOURAIL.
      15/16 juillet   1990      Vol coffre-fort EUROMARCHE - KOUTIO.
      13/14 mars      1991      Tentative de vol coffre-fort SOPEMA - NOUMEA.
                                Vol coffre-fort secondaire + ordinateur et machine à écrire
                                pour stockage d’informations.
      15/16 mai 1991 Vol véhicule 4x4 NISSAN METO-ALMA pour déplacements urgents
                              dans l’intérieur de la NOUVELLE-CALEDONIE et opérations de vols.
      ?                         Sabotage du bateau de monsieur AUGUSTE TAIEB dit ‘’POUPOU’’.
                                ( voir note supplémentaire ).
      29/30 mai       1991      Vol coffre-fort F.O.L. NOUMEA.
      10/12 août      1991      2ème vol SITEC NOUMEA.
                                Outillage + matériel utile aux opérations de vols +
                                installation si besoin d’un camp d’entraînement voire d’un maquis clandestin
                                en NOUVELLE-CALEDONIE.
      06/07 octobre   1991      Vol des archives du bureau des passeports de NOUMEA
                                                                                                                    18
                                passeports et cartes d’identités pour identification complète
                                des stagiaires kanaks envoyés en LIBYE, ceci étant l’objectif principal.
      28/29 décembre 1991       vol coffre-fort NOUMEA-GROS - NOUMEA.
      14/15 juin 1992 Vol de 2 motos SUZUKI AUTOCAL - NOUMEA
                               pour déplacements rapides et plus si nécessaire
                               ( la 1ère moto volée avait ‘’disparue’’... ).
      11/12 mai 1993 Vol coffre-fort J.K.R. MARINE NOUMEA.


Il y eut également deux vols de panneaux solaires à DUMBEA et au MONT DORE, dont je ne saurai en préciser les
dates. Ceux-ci étaient principalement destinés à l’alimentation électrique de postes émetteurs-récepteurs à grande
portée.

Voilà donc la longue liste, bien trop longue liste de nos actions pour... RIEN !
Ou plutôt si, pour découvrir que les différents gouvernements français ont tiré et tirent toujours les ficelles des
événements de la 3ème réserve mondiale de nickel qu’est la NOUVELLE-CALEDONIE.

Tout cela bien sûr sans avoir le courage de le reconnaître devant une cour d’assises, préférant une ombre plus
propice afin de commettre leurs mortelles manipulations...

Au-delà de ces considérations, il est intéressant de constater le changement radical opéré dans la nature des
objectifs, à partir du 24 septembre 1988 plus précisément.

Sans vouloir rejeter la faute sur ceux ‘’d’en face’’ et en assumant mon rôle d’organisateur de ces
opérations devant la cour d’assises, il convient de rappeler les faits suivants :

      Le 22 avril 1988, les indépendantistes kanaks prirent en otages les gendarmes de FAYAOUE OUVEA.
      Bilan : Quatre gendarmes tués.

      Le 05 mai 1988, 19 de ces indépendantistes furent abattus par les forces armées françaises lors de la
      célèbre et trop sanglante OPERATION VICTOR.

      Ils étaient morts sans se rendre !

      De quoi forcer mon respect et mon anxiété face à l’avenir, anxiété partagée par nombre d’entre nous.

      « Nous savons que ça va répéter en 1998, mais après ça ira mieux… ».
      Comme il vous était facile de jouer les prophètes en FRANCE, gendarme MARC REVAULT, surtout en
      faisant vous-même tout ce qu’il faut pour ça !

Il est à signaler dans ce manuscrit la présence de renseignements et d’annexes issus de différents
magazines français.

Les plus importants proviennent de la revue EXPRESS n° 2412 ( pages 9 à 32 ). Semaine du 25 septembre au 1er
octobre 1997. Directeur de la publication : ERIC LICOYS.

Titre : ‘‘Un document pour l’histoire : Les notes secrètes de MITTERAND’’.

Il s’agit de 32 documents adressés par le sieur CHRISTIAN PROUTEAU au président de la république FRANÇOIS
MITTERAND. 32 notes confidentielles reproduites partiellement sur un lot de 168 au total, précisons-le toutefois...
Même incomplètes, elles ont au moins le mérite d’éclairer les coulisses du pouvoir au sein du drapeau français.

Ainsi, les notes suivantes figurent aux pages 12 et 17 de ladite revue : ( par souci d’économie de place, l’en-tête de
la présidence de la république française a été supprimé de même que la signature de CHRISTIAN PROUTEAU. a
été remontée ).

TERRORISME INTERNATIONAL : 27 OCTOBRE 1982.
    Synthèse sur l’euroterrorisme : la cellule envisage de manipuler, voire de neutraliser ces réseaux.

      ‘’Le travail du groupe d’action mixte mis en place à votre demande, commence à porter ses fruits.
      En effet, il était précisé au départ de cette expérience que l’efficacité de la lutte contre le terrorisme serait
      effective à partir du moment où les réseaux internationaux, dont la FRANCE représente un élément
      important, seraient dévoilés et ensuite détruits.

      La première opération importante contre ces réseaux, permettant ainsi d’en vérifier l’existence, a été
      effectuée contre les irlandais.
                                                                                                          19
      Les liaisons internationales directes entre l’équipe du conseiller technique, le groupe d’action mixte et les
      autres services portent leurs fruits.

      Si le réseau irlandais nous permet actuellement de déterminer le schéma ‘’FRANCE-ESPAGNE-BELGIQUE-
      SUISSE-IRLANDE-PALESTINIENS’’, un nouveau réseau mis à jour nous conduit au schéma suivant :
      ‘’ITALIE-FRANCE-ALLEMAGNE-PALESTINIENS’’.

      Le centre de ce réseau est sous les ordres d’un dénommé ‘’LOUIS’’, que nous ne connaissons pas
      actuellement parfaitement. D’ici peu de temps, l’ensemble de ces deux réseaux et leurs mécanismes de
      fonctionnement seront parfaitement connus du conseiller technique.

      Il est possible d’envisager qu’à partir de cet instant la lutte antiterroriste prendra un nouveau jour, car il sera
      possible de passer à l’offensive, soit en manipulant les réseaux, soit en les neutralisant.’’

      LE CHEF D’ESCADRON CHRISTIAN PROUTEAU.

EXTREME DROITE : 07 AVRIL 1983.

CHRISTIAN PROUTEAU s’inquiète du cas de DOMINIQUE ERULIN, un activiste d’extrême droite ( frère du colonel
qui a sauté sur KOLWEZI ), soupçonné de fomenter des complots contre la gauche.
Le conseiller va jusqu’à proposer de ‘’neutraliser cet homme par un autre procédé’’.

‘’Comme je vous en avais parlé il y a plusieurs mois sur l’ensemble des problèmes qui concernaient ma mission, j’ai
apporté une attention particulière au cas de DOMINIQUE ERULIN.

Au moment où nous avons pris cette affaire grâce à des complicités à l’intérieur de la police, la trace de
DOMINIQUE ERULIN avait été perdue.
Après quatre mois de travail, le G.A.M. l’a localisé précisément à l’étranger.

Le juge d’instruction chargé de l’affaire a délivré un mandat d’arrestation international dans le plus grand secret.

L’information précise que nous avons, laisse sans aucun doute possible penser que si des actions violentes sont
organisées au niveau de l’extrême droite, elles le seront à l’évidence par DOMINIQUE ERULIN.

L’engagement qu’il avait eu sous le précédent gouvernement pour exécuter ses basses besognes lui assurait une
protection à haut niveau.
De ce fait, la présence de votre gouvernement lui interdit l’accès du territoire national.
Comme il serait difficile de l’arrêter sous un prétexte activiste, compte tenu des répercussions que cela pourrait
engendrer, nous nous sommes limités à son passé de droit commun.
Ce passé étant assez chargé, il est évident que dès qu’il sera arrêté, son incarcération ne posera pas de
problème’’.

                                                                  LE CHEF D’ESCADRON CHRISTIAN PROUTEAU.

‘’Etant donné la personnalité de DOMINIQUE ERULIN, la décision de son arrestation est délicate.
C’est pour cela que tout en utilisant la voie légale dès que nous aurons trouvé DOMINIQUE ERULIN, j’ai conservé
la possibilité d’éviter l’arrestation.
Si vous pensez que celle-ci n’est pas opportune ou qu’il serait préférable de neutraliser cet homme par un autre
procédé, il sera fait selon votre volonté’’.

Cette note a été transcrite suite à une communication téléphonique paraît-il, avec le chef d’escadron CHRISTIAN
PROUTEAU actuellement en déplacement.
( Bien curieusement le nom du chef d’escadron CHRISTIAN PROUTEAU ne figure pas sur cette note où il est
question de neutraliser un homme de la partie adverse… ).

Manipulation, neutralisation… deux maîtres-mots bien trop souvent utilisés dans l’histoire de notre pauvre TERRE.
Il est vrai que tous les moyens sont bons pour bipolariser la population bien naïve d’un pays, surtout s’il s’agit d’en
exploiter les richesses naturelles.
Les indépendantistes d’un côté, les non-indépendantistes de l’autre, et quelques ‘’manipulations’’ ou
‘’neutralisations’’ menées de main de maître au bon moment n’est-ce pas ?




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DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 09 JUILLET 1994

Par la présente, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance les faits suivants :
Le 07 avril 1993, FRANCK WAHUZUE a invité de 09 heures à 13 heures JOSEPH WANANIJE et ANTOINE
HONAKOKO dans sa villa sise 12 rue LE CARROUR OUEMO MAGENTA.
Au cours de cette réunion, FRANCK WAHUZUE a parlé de la filière libyenne MATABA, celle qui a été utilisée pour
envoyer des jeunes kanaks en LIBYE, en stage de formation au terrorisme.

Celui-ci a affirmé être un des auteurs du montage de cette filière et pour prouver ses dires, a montré à ses deux
interlocuteurs un passeport spécial en cachant avec ses doigts le nom et le prénom apposés sur ce dernier.
Ce passeport comportait la photo d’identité de FRANCK WAHUZUE ainsi que des tampons d’entrée et de sortie de
LIBYE.
Je crois qu’il est inutile de préciser l’importance de cette filière, qui a motivé le vol perpétré par notre organisation
dans les locaux des passeports et des cartes d’identité.
Cette opération visait particulièrement les archives des passeports depuis la mise en place de la filière MATABA,
pour avoir les visages de ces stagiaires, les passeports et les cartes d’identité étant secondaires bien
qu’importants.

Il convient de noter que FRANCK WAHUZUE s’est vanté d’appartenir. à la troisième section du B.E.L. qui n’est
autre que la section de manipulations du bureau d’étude et de liaison, au haut-commissariat de la république
française en NOUVELLE-CALEDONIE.
Le B.E.L. n’est que le nom officiel de la D.G.S.E. qui s’est ‘’illustré’’ dans l’affaire du RAINBOW WARRIOR, en
prenant la NOUVELLE-CALEDONIE pour base de départ et de repli pour commettre cette exaction qui a coûté la
vie d’un homme en NOUVELLE-ZELANDE.
En plus de se vanter de son appartenance à cette structure occulte, celui-ci a proposé à plusieurs reprises d’enrôler
JOSEPH WANANIJE dans les rangs de cette section...

A défaut d’obtenir son accord, FRANCK WAHUZUE devait utiliser les facultés naturelles de JOSEPH WANANIJE
pour mener à bien une action ‘’commando’’ dans les locaux d’AIRCAL., comme l’explique ce dernier dans la plainte
qu’il a déposée auprès de vos services.
Donc cette filière MATABA a été montée par le B.E.L.-D.G.S.E. dans le but de semer la division entre kanaks et
non kanaks, depuis 1982 / 1983 à peu près.
Il est intéressant de constater que même après les accords de MATIGNON, des kanaks sont encore partis en
stage en LIBYE ; pourquoi ?
J’affirme que c’était pour empêcher le peuple kanak et les calédoniens de trop se rapprocher.
Il fallait un statu-quo et pas plus, des fois qu’ensemble ils décident de gérer eux-mêmes la principale ressource de
ce territoire qui rappelons-le, est la 3ème réserve mondiale de nickel avec une teneur plus qu’intéressante.

Autre détail : Pourquoi étions-nous toujours au courant des noms des partants sur la LIBYE ?
La procédure était simple : YANN CELENE UREGEI du F.U.L.K. faisait parfois lui-même les réservations des billets
d’avion dans l’agence de voyages THAI AIRWAYS ( immeuble MANHATTAN ) tout en sachant très bien que le
responsable d’agence JEAN-MARIE LEBRETON organiserait la fuite de ces renseignements, comme en
témoignent ses opinions politiques.
Donc, comme par ‘’hasard‘’ nous étions toujours au courant au bon moment, ce qui entretenait un climat de
méfiance extrême vis-à-vis du F.L.N.K.S.
Ce même F.L.N.K.S. avait depuis longtemps prononcé une mesure d’exclusion du F.U.L.K. de YANN CELENE
UREGEI.
Cette mesure avait même été rappelée sur les ondes de RADIO DJIDO, juste un peu avant les assassinats de
JEAN-MARIE TJIBAOU et de YEIWENE YEIWENE en 1989 ( tiens, c’est étrange... ).
Après cette exclusion, le F.U.L.K. a été dissout il y a peu de temps pour renaître sous le nom de CONGRES
POPULAIRE pour la sauvegarde de la coutume, comme il disait...
Cette dissolution-renaissance correspond étrangement avec les derniers événements de LIFOU, vers 1992.
( violences, habitations brûlées, etc. , le F.U.L.K. ayant été dissout le 26 janvier 1992... ).

D’autre part, comment se fait-il que notre organisation ait été en possession des clefs de l’A.D.R.A.F.
(anciennement l’office foncier que j’ai fait sauter personnellement ), ainsi que celles du bureau des passeports
( celles des anciens locaux plus précisément ) ?
De même, comment expliquer la présence d’une centaine de vrais permis de conduire locaux et internationaux
vierges, en provenance directe du service des mines et de l’énergie dans une de nos planques ?

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Questions très intéressantes n’est-ce pas ?
Qui nous a fourni tout ce matériel et qui a fourni le ‘’vrai-faux’’ passeport à FRANCK WAHUZUE pour monter la
filière MATABA en NOUVELLE-CALEDONIE ?
( étrange ‘’remake’’ de l’affaire CHALIER et de son ‘’vrai-faux’’ passeport… ).

Questions subsidiaires
YANN CELENE UREGEI ne recevant aucun subside de la part du F.L.N.K.S., de quoi vit-il à l’étranger ? Qui paye
ses voyages ?
Qui lui verse de l’argent et qui se cache derrière l’organisation PHENIX ?
Pourquoi le juge d’instruction JEAN-LUC QUINIO a-t-il été déplacé après avoir posé les bonnes questions à
JOSEPH WANANIJE, au cours de l’instruction du dossier de ce dernier ?
Ce juge s’intéressait particulièrement et peut-être d’un peu trop près à l’organisation PHENIX, mais surtout aux
comptes bancaires plus que garnis de FRANCK WAHUZUE.
Pourquoi l’enquête menée par le chef de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER a-t-elle été
complètement faussée, pour mon dossier ?

- dissimulation de preuve : coffre-fort de la S.L.N. de THIO.
- incitation à faux témoignage : 4 personnes inculpées, pas plus.
- incitation à calomnie : pistolet appartenant à un élu du R.P.C.R., pistolet volé dans l’armurerie BALLANDE.
Une plainte spécifique pour ces malversations a d’ailleurs été déposée auprès de vos services.

Pour tous les faits sus-cités et indépendamment de ma plainte précédente qui concernait ce chef de brigade de
recherches, j’ai l’honneur de déposer une nouvelle plainte contre :
A°/
FRANCK WAHUZUE :
En tant que coresponsable du montage de la filière MATABA sur ce territoire.
Il reste bien entendu que celui-ci ne jouera que le rôle de lampiste, car il n’a fait qu’obéir aux ordres de ses
supérieurs hiérarchiques du B.E.L.- D.G.S.E.
Il n’est pas question de se contenter de deux petits limogeages comme dans l’affaire des écoutes électroniques du
parti socialiste lors de l’éviction de MICHEL ROCARD, n’est-ce pas ?
B°/
Le gouvernement français :
Pour manipulations visant à créer ou ayant créé, c’est le moins que l’on puisse dire, un climat de méfiance extrême
susceptible d’engendrer ou ayant engendré des troubles graves à l’ordre et à la sécurité publique.
J’affirme que toutes ces viles manipulations ont été menées par le B.E.L.- D.G.S.E. dans l’unique but de diviser
pour mieux régner, ou plutôt mieux s’enrichir avec le nickel calédonien.
Qui est majoritaire dans le capital de la SOCIETE LE NICKEL ?
Quels sont les bénéfices réels rapportés par les mines et la transformation de ce minerai ?

Veuillez agréer, monsieur le procureur, l’expression de mon profond respect.

GUY DIJOU.

P.S. :
Je tiens à préciser qu’il existe des dossiers beaucoup plus graves où le témoignage de JOSEPH WANANIJE n’est
absolument pas nécessaire, comme la réciproque est vraie d’ailleurs.

Moi, JOSEPH WANANIJE certifie que pour ce qui me concerne, tous les faits relatés dans cette plainte sont exacts.
De plus j’affirme ne subir aucune pression et être en parfaite possession de mes moyens intellectuels et physiques.

JOSEPH WANANIJE.

NOTE SUPPLEMENTAIRE
Il faut avouer que la découverte de la responsabilité des autorités françaises dans l’élaboration de la filière d’envois
de stagiaires kanaks en formation au terrorisme en LIBYE, a de quoi surprendre n’est-ce pas ?
Et d’apprendre tout cela grâce à JOSEPH WANANIJE, celui-là même qui était sur mes traces après la boucherie
d’OUVEA en 1988.
Avec une petite équipe de l’U.C. LIFOU / NOUMEA, il était venu plusieurs fois dans le quartier de ma résidence
pour me localiser avec précision, afin de représailles dans le camp adverse auquel j’appartenais.
L’objectif de cette équipe n’était autre qu’une ‘’interception-tabassage’’ au minimum, et ce n’est pas pour rien que
j’étais toujours armé d’un pistolet à l’époque ( 7,65 mm BROWNING-HERSTAL, et 9 mm BERETTA par la suite ).
Les faits concernant FRANCK WAHUZUE sont plus particulièrement développés dans la note supplémentaire
accompagnant la lettre du 03 décembre 1994 adressée par courrier interne au procureur YVES LEBOURDON.

Avant de procéder à l’examen de certains détails figurant dans la présente plainte adressée par courrier interne à
ce même procureur, il convient d’apporter les précisions suivantes dans la mesure du possible :


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L’organisation PHENIX ou PHOENIX touche à quelque chose de très difficilement descriptible, sinon que ce nom
est symbole d’immortalité comme l’oiseau fabuleux de la mythologie antique, unique en son espèce, qui se brûlait
lui-même sur un bûcher pour mieux renaître de ses cendres ( dixit le petit Larousse 1996 ).
Je ne m’aventurerai donc pas dans une description trop complexe et vraiment incomplète...
Quoi qu’il en soit, cette image symbolique colle à merveille à la réalité de l’existence de services spéciaux qui font
l’objet de quelques limogeages, dissolutions ou autres bricoles dans ce genre lorsque des scandales éclatent au
grand jour car leur ayant échappé des mains...
Cependant, ils ne cessent pas pour autant de commettre leurs saloperies à l’encontre des populations naïves,
tellement naïves que cela en devient de la connerie à l’état pur, et je sais de quoi je parle malheureusement !

De plus, le juge d’instruction JEAN-LUC QUINIO a quitté le territoire de la NOUVELLE-CALEDONIE vers les mois
d’août ou de septembre 1993, après la clôture du dossier de JOSEPH WANANIJE dont il avait la charge.
Ce juge d’instruction ne s’était pas intéressé seulement aux comptes bancaires de FRANCK WAHUZUE qui paraît-
il est toujours en quête d’argent, mais également à ceux bien garnis d’hommes politiques locaux entre autres.
Ceci explique peut-être cela, et là encore ces faits sont amplement décrits ultérieurement.

D’autre part, les trousseaux de clefs découverts en notre possession lors des ‘’perquisitions-saisies’’ provenaient de
doubles confectionnés par JACKY UICHI lui-même, ce dont je n’avais plus souvenir.
En effet, au tout début des événements de 1984, celui-ci procédait à la confection de doubles personnels de clefs à
partir des originaux fournis par les clients de la QUINCAILLERIE NOUVELLE où il a été employé de nombreuses
années.
Il était justement affecté au service de fabrication de ces doubles de clefs dans cette quincaillerie située rappelons-
le, non loin du carré administratif regroupant :
L ’immeuble administratif appelé AQUARIUM.
Les services du trésor public.
Les services de l’administration d’état, comme le bureau des passeports par exemple...
Le haut-commissariat de la république.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette situation géographique était plus que favorable à nos plans...

le pistolet appartenant à PIERRE MARESCA, élu du R.P.C.R. ne provient pas du vol de l’armurerie BALLANDE
commis les 29 / 30 novembre 1986.
Il ne s’agit donc pas d’un des deux pistolets SIG-SAUËR 9 mm PARABELLUM provenant de ce vol, mais bien du
pistolet 9 mm BERETTA que m’avait donné ALBERT KREYER ; ces faits sont décrits dans la note supplémentaire
jointe à la plainte adressée le 02 juillet 1994 au procureur YVES LEBOURDON.
Le gendarme MARC REVAULT ne m’ayant pas spécifié de quel pistolet 9 mm il s’agissait lorsqu’il me demanda de
faire un faux témoignage contre PIERRE MARESCA, j’avais pensé qu’il était question d’un des deux pistolets SIG-
SAUËR provenant de l’armurerie BALLANDE où des armes personnelles étaient également entreposées, ce que
j’appris après le vol de cette armurerie.
JACKY UICHI m’avait informé de cette confusion et de la même tentative de faux témoignage demandée par le
gendarme MARC REVAULT, lors d’une très brève conversation au CAMP-EST.

La provenance des vrais permis de conduire locaux et internationaux n’a pratiquement pas été approfondie par le
juge d’instruction MARTINE VARACHE...
Gageons que là encore, une petite instruction de surface facilitée par mon silence était absolument nécessaire pour
les autorités françaises, car elles seraient tombées de mal en pis !
Un jour pourtant, les personnes qui doivent parler le feront d’elles-mêmes, sans que je n’utilise de pressions pour
cela, et la vérité sera connue de tous ; enfin je l’espère...

Dans ce courrier, il est fait mention d’un remake de l’affaire YVES CHALIER et de son ‘’vrai-faux’’ passeport.
Pour ceux qui l’ignorent encore, YVES CHALIER avait bénéficié d’un ‘’vrai-faux’’ passeport ( comme FRANCK
WAHUZUE ) pour quitter la FRANCE à cause de l’affaire du carrefour du développement, énorme gouffre financier
où était mêlé CHRISTIAN NUCCI, ancien haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
A l’époque de la diffusion de ce scandale financier, CHARLES PASQUA était ministre de l’intérieur, donc compétent
en la matière ( 24 mars 1986 au 12 mai 1988, et 31 mars 1993 au 18 mai 1995 ).
Pourtant, lorsque la justice française ( et la presse ) s’intéressa d’un peu trop près à son goût au ‘’vrai-faux’’
passeport d’YVES CHALIER, CHARLES PASQUA invoqua avec force le SECRET DEFENSE ( encore un ! ).
Ce scandale éclaboussant des hommes de gauche était en partie couvert par un ministre de l’intérieur de droite.
Je ne me trompe pas de beaucoup lorsque j’affirme que la gauche et la droite sont emmêlées dans les mêmes
mensonges en NOUVELLE-CALEDONIE.
Et s’il n’y avait qu’ici...
Il suffit de lire avec attention la revue l’EXPRESS n° 2387. Semaine du 03 au 09 avril 1997 concernant la
‘’découverte’’ le 19 février 1996 des archives secrètes de CHRISTIAN PROUTEAU, par le juge d’instruction JEAN-
MARIE CHARPIER.
Ces archives secrètes étaient entreposées dans un box anonyme de la banlieue parisienne.
Elles comportaient de nombreux dossiers stockés dans des cantines, dossiers aux titres suivants :

                           ECOUTES TELEPHONIQUES ET DOSSIERS DE l’ELYSEE.

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En matière d’écoutes et de dossiers, la NOUVELLE-CALEDONIE est aux ‘’premières loges’’...

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Tiens ? Il y a peut être la vérité sur les circonstances réelles de certaines morts survenues après la fin de
l’opération VICTOR le 05 mai 1988 : ALPHONSE DIANOU VENCESLAS LAVELLOI AMOSSA WAINA…
Ou alors, peut-être la vérité cachée derrière DJOUBELLY WEA, lors de l’assassinat de JEAN-MARIE TJIBAOU et
de YEIWENE YEIWENE le 04 mai 1989 dans l’enceinte sacrée de la chefferie de WADRILLA OUVEA.
ALPHONSE        DIANOU.                                JEAN-MARIE TJIBAOU.
DJOUBELLY WEA.                                         YEIWENE          YEIWENE.
« Du sang noir va couler, ‘’on’’ vous demande de ne pas mettre d’huile sur le feu »,un jour la vérité sortira...

                                         OTAGES DU LIBAN ( années 80 ).

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Là encore, peut-être y a-t-il dans ce dossier la vraie histoire du sabotage du navire RAINBOW WARRIOR le 10
juillet 1985 à AUCKLAND NOUVELLE-ZELANDE, sabotage meurtrier effectué par la D.G.S.E. où FERNAND
PEREIRA trouva la mort.
Peut être y a-t-il la vérité sur toute la logistique de cette opération menée principalement à partir de NOUMEA
NOUVELLE-CALEDONIE.
Peut être y a-t-il la vérité sur la récupération en haute mer aux alentours de NOUMEA, d’une partie des agents de la
D.G.S.E. ayant effectué cette action sur ordre politique, comme toujours...
Récupération effectuée soi-disant par un élu politique du R.P.R.C. possédant un bateau adéquat à l’époque... Cet
homme a quitté les listes du R.P.C.R. maintenant.

                                         IRLANDAIS DE VINCENNES ( 1982 ).
Encore une affaire montée de toutes pièces accusant des irlandais en FRANCE d’être des membres de l’I.R.A.,
l’armée révolutionnaire irlandaise.
Le capitaine du G.I.G.N. PAUL BARRIL était un des auteurs de ce fiasco, de même que CHRISTIAN PROUTEAU,
le futur ‘’superpréfet’’ du président FRANÇOIS MITTERRAND...
CHRISTIAN PROUTEAU étant mieux protégé que PAUL BARRIL, il n’a pas été sanctionné comme son collègue
qui devint ex-capitaine.par la suite…
L’ex-capitaine PAUL BARRIL est très bien connu pour ses témoignages fallacieux concernant l’assassinat du
président du RWENDA, témoignages qui ont été largement médiatisés en FRANCE ; le contraire m’eut étonné…
Le 06 avril 1994 à l’aéroport de KIGALI RWENDA deux roquettes ‘’anonymes’’ atteignaient l’avion présidentiel de
ce pays.
Bilan : Deux morts, en plus du personnel de l’avion en question.

JUVENAL HABYARIMANA président HUTU du RWENDA.
CYPRIEN NTARYAMIRA président HUTU du BURUNDI voisin.

Un coup double HUTU en quelque sorte...
Ces deux présidents HUTUS de pays limitrophes étant assassinés en même temps dans une opération bien
programmée, les massacres de civils TUTSIS commencèrent avec les encouragements de RADIO MILLE-
COLLINES.
Le 23 juin 1994 la FRANCE lançait en solo l’opération TURQUOISE au RWENDA.
Le 17 juillet 1994 la RADIO HUTU MILLE COLLINES cessa ses appels aux meurtres des civils TUTSIS et se
réfugia au ZAIRE, pays qui sombra dans la révolution en 1997 comme par ‘’hasard’’...
Entre temps, le premier ministre belge avait déclaré sur les ondes d’une station de radio européenne :
« Nous avons identifié les 2 militaires français qui ont tiré à la roquette sur l’avion présidentiel du RWENDA...
C’est une affaire strictement française, et nous n’enverrons aucun militaire belge au RWENDA...
Nous enverrons par contre de l’aide humanitaire... ».
Une déclaration qui vaut ce qu’elle vaut bien avant l’affaire DUTROUX, mais toujours est-il qu’aucun pays ne voulut
envoyer de militaires au RWENDA...
Seule la FRANCE le fit, sous couvert d’une opération humanitaire bien sûr car il faut toujours sauvegarder les
‘’appâts-rances ‘’n’est-ce pas ?
Dans ce contexte là, les déclarations de la planche pourrie PAUL BARRIL prennent une toute autre importance,
celui-ci parlant de boîtes noires de l’avion présidentiel qui contenaient les enregistrements vocaux des pilotes, selon
lui...
Or, les constructeurs de ce type d’avion déclarèrent que ce dernier n’était pas doté d’enregistreurs vocaux à la
livraison...
Si l’avion en possédait, c’est qu’ils avaient été installés par une autre société, après la vente de cet appareil.
L’ex-capitaine PAUL BARRIL étant soi-disant en possession de ces fameuses boîtes noires, il les présenta au
public lors d’une émission de télévision...
Elles étaient fausses, ce que dénonça une partie de la presse.
Face à tous ces mensonges, quel a été le rôle exact de la FRANCE dans ce dossier lourd d’un million et demi de
morts ? ( source QUID 1996 ).


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                                    TCHAD ( 1983 / 84 / 85 / 86 / 87 / 88 / 89... ).

                                       CORSE ( mouvements autonomistes... ).
La situation ‘’s’améliore’’ en 1999 : Les gendarmes brûlent eux-mêmes un restaurant, en application d’un ‘’plan de
mise sous tension’’ de toute l’ILE DE BEAUTE. Tiens , cela me rappelle quelque chose…
Il est vrai que DIDIER CULTIAUX et ALAIN CHRISTNACHT ‘’officient’’ dans certaines cellules soi-disant
antiterroristes de MATIGNON et de l’ELYSEE…
DIDIER CULTIAUX et ALAIN CHRISTNACHT, deux noms également bien connus en NOUVELLE-CALEDONIE…

                                PARAGUAY ? URUGUAY ? AFFAIRE DU CORAL ?

                     AFFAIRE LUCHAIRE ( ventes illégales d’obus par la FRANCE au LIBAN ).

Devant cette trouvaille de grande valeur, le juge d’instruction JEAN-MARIE CHARPIER fit appel à son collègue
parisien, le juge d’instruction JEAN-PAUL VALAT en charge du dossier des écoutes téléphoniques de l’ELYSEE.
Bien sûr, la D.S.T. envoya quelques sbires retirer les notes trop compromettantes pour l’état, et le juge d’instruction
JEAN-MARIE CHARPIER dut se contenter des miettes...
Un secret de l’instruction avant l’instruction, en quelque sorte...
Secret de l’instruction que certains aimeraient encore renforcer, comme les personnes suivantes citées dans le
magazine l’EXPRESS N° 2362. Semaine du 10 au 16 octobre 1996. Titre :

           LE MONDE DU SILENCE : ILS ONT VOULU RENFORCER LE SECRET DE l’INSTRUCTION

ALAIN                 MARSAUD               député R.P.R.
SIMONE                ROZES                 premier président honoraire de la cour de cassation.
CHARLES               JOLIBOIS              sénateur R.I.
MICHELE-LAURE         RASSAT                professeur de droit.
Ceci dans le cas d’une instruction judiciaire, mais quand il n’y a pas d’instruction comme pour les présentes plaintes
par exemple...

En ce qui concerne le nickel calédonien et la composition exacte de son capital, il suffit d’écouter les médias locaux
pour constater que JOSEPH WANANIJE et moi ne nous étions pas du tout trompés sur l’incidence de ce minerai
dans l’ensemble de ce dossier.
Il reste entendu que sa grande importance ne constitue pas la totalité des raisons motivant les différents
gouvernements français à commettre toutes ces saloperies en NOUVELLE-CALEDONIE, comme d’autres pays en
d’autres lieux...
Ces quelques lignes ont été écrites le 25 mai 1997, ceci étant précisé afin de mieux les situer dans le temps.

Un point particulier mérite grandement d’être décrit ici ; il s’agit de la circulation des informations concernant les
stagiaires kanaks indépendantistes envoyés en stage de formation au terrorisme en LIBYE.
En effet, avec le recul du temps il est facile de constater que YANN CELENE UREGEI ne faisait vraiment pas
preuve de discrétion en s’occupant lui-même des réservations et des billets d’avion de ses stagiaires...
Réservations et achats de billets d’avion effectués comme par hasard auprès d’un chef d’agence de voyages
réputé pour ses opinions loyalistes, JEAN-MARIE LEBRETON en l’occurrence...
Ainsi, YANN CELENE UREGEI était sûr et certain de la fuite de l’information vers le camp loyaliste.
Après les fameux accords de MATIGNON et durant les années 1991 / 1992, YANN CELENE UREGEI vint faire
directement auprès de JEAN-MARIE LEBRETON une réservation pour une vingtaine de personnes, dont quelques
femmes.
JACKY UICHI m’ayant auparavant présenté JEAN-MARIE LEBRETON, celui-ci me téléphona aussitôt au service
municipal d’hygiène pour me demander de me rendre à son agence de voyages, dès que possible.
C’est dans l’agence THAI AIRWAYS que JEAN-MARIE LEBRETON me remit directement la liste des personnes
devant se rendre en LIBYE.
Sur cette liste, je reconnus le nom d’un homme s’étant déjà rendu en LIBYE ; il s’agissait de ENOKA POAPALE,
originaire de POINDIMIE.
Je le connaissais bien car nous étions dans la même cellule du CAMP-EST en 1987, un gars sympathique et très
calme.

JEAN-MARIE LEBRETON me précisa alors que de son côté, il informerait comme d’habitude WILLIAM COSTE, un
inspecteur de la P.A.F. de l’aéroport de TONTOUTA ( Police Air Frontière ).
Je lui déclarais que je ferai de même, dans une autre direction : C’est ainsi qu’à mon tour j’informais le gendarme
BORIS KULMITCH de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER.
Je ne me doutais absolument pas qu’un jour je serai interrogé dans les locaux de cette même brigade hors de la
présence de ce gendarme, celui-ci étant en congé spécial dit de disponibilité.
J’avais fait la connaissance du gendarme BORIS KULMITCH par l’intermédiaire de PATRICIA WINCHESTER, mon
ex-compagne avec qui il vivait en concubinage.
Ils eurent tous deux une charmante petite fille du reste, avant de se séparer.


                                                                                                                    25
La remise de la liste des réservations effectuées par YANN CELENE UREGEI eut lieu dans le petit snack-bar situé
à l’intérieur de la galerie PORT PLAISANCE, BORIS KULMITCH étant venu en moto et en vêtements civils.
Il me demanda l’origine de mes informations, mais je me contentais de lui dire qu’elles étaient dignes d’intérêt.
De notre côté, les stagiaires kanaks envoyés en LIBYE étaient une source de méfiance légitime pour le moins,
aussi je préférais que les forces de l’ordre officielles s’en occupent elles-mêmes.
Il serait toujours bien assez tôt pour que nous ayons à nous en occuper nous-mêmes, ce que nous aurions fait en
dernier recours.
En effet, ils étaient tous des cibles prioritaires pour nous, ce qui avait motivé le vol des archives du bureau des
passeports de NOUMEA pour identification complète, les 06 / 07 octobre 1991.
Plus tard, le gendarme BORIS KULMITCH m’indiqua qu’il avait fait le nécessaire de son côté, et les choses en
étaient restées là.
JEAN-MARIE LEBRETON m’informa par la suite que les réservations avaient été annulées, la circulation de
l’information ayant parfaitement fonctionné…
Il ne faut jamais perdre de vue que toute cette magouille destinée à diviser les deux communautés de ce pays a été
montée par les services spéciaux français n’est-ce pas ?

Il convient également de rappeler que par le passé, YANN CELENE UREGEI ne s’était absolument pas gêné pour
attirer au maximum l’attention sur ces stagiaires kanaks envoyés en LIBYE.
C’est ainsi que : ( source LE MEMORIAL CALEDONIEN Tome 9 )

Le 25 septembre 1984, avant le boycott actif du F.L.N.K.S., YANN CELENE UREGEI s’était rendu en LIBYE avec
17 indépendantistes...
Une nouvelle qui avait été très largement médiatisée à l’époque, suscitant ainsi un climat de méfiance extrême et
de peur.
Le 12 novembre 1985, en pleine période des événements, la LIBYAN ARABIAN AIRLINES se permettait d’adresser
un télex à AIR CALEDONIE INTERNATIONAL pour lui demander d’émettre vingt billets d’avion pour TRIPOLI, en
faveur de militants du F.L.N.K.S. Pas mal comme discrétion !
Le 28 avril 1986, de retour de TRIPOLI, Yann CELENE UREGEI ‘’révélait’’ l’organisation d’une force internationale
combattante qui pourrait éventuellement intervenir sur le territoire pour défendre la cause de l’indépendance
kanake socialiste...
Le 09 novembre 1986, MATHEO WAKAJAWA revenait d’un séjour de 8 mois en LIBYE.
Le 10 mars 1987, l’ambassadeur de LIBYE en AUSTRALIE confirmait l’aide de son pays au F.L.N.K.S., lequel
infirmait cette déclaration le 08 mai 1987.
Le 15 avril 1987, trois nouveaux stagiaires libyens débarquaient à PARIS après avoir été refoulés de SINGAPOUR
et de BAHREIN. Il s’agissait de JOHN PEU, MARTIN HAIWE et JACOB GOPE.
Le 24 juillet 1987, 19 nouveaux stagiaires partaient en LIBYE, à grand renfort de tambours et de trompettes.

Oui, le moins que l’on puisse dire, c’est que la discrétion n’était vraiment pas de mise...
Mais n’était-ce pas là le but recherché que de semer la méfiance et la peur dans la population de ce pays ?
On peut dire que ce but a été atteint à 200 % puisque ces magouilles franco-libyennes ont fait l’objet d’un maximum
de publicité-médiatisation.
Par contre, on ne peut vraiment pas en dire autant au sujet de nos plaintes relatives à toutes ces découvertes !
A travers tout cela, quelle a été l’incidence des amitiés franco-libyennes symbolisées par EDGARD PISANI et le
colonel KHADAFI ?
Du 04 décembre 1984 au 21 mai 1985, EDGARD PISANI était en poste en NOUVELLE-CALEDONIE avant de
devenir président de l’institut du monde arabe en 1988 à PARIS.

Un dernier point concerne JEAN-MARIE LEBRETON qui avait été chargé par JACKY UICHI de l’achat de RIOT-
GUNS calibre 12 en FRANCE, cette acquisition étant plus facile là-bas.
J’étais absent du territoire lorsque JACKY UICHI entreprit cette démarche en prélevant les fonds nécessaires dans
la caisse du groupe de combat, caisse qui avait été alimentée par le vol du coffre-fort d’EUROMARCHE les 15 / 16
juillet 1990.
Une dizaine d’armes dont huit nous étaient destinées furent donc achetées par JEAN-MARIE LEBRETON au cours
d’un voyage en FRANCE, et réceptionnées à NOUMEA selon une procédure que je ne décrirai pas ici.
De retour au pays, JACKY UICHI m’informa dans les moindres détails du succès de son initiative, et je l’avais
félicité au plus haut point pour cela.
Ces armes dont les numéros de fabrication n’avaient pas encore été effacés furent stockées dans le garage sis 94
route de OUEMO MAGENTA NOUMEA, et furent l’objet de la ‘’saisie incidente’’ menée par les gendarmes
CHRISTIAN GODEFROY et FREDERIC JAMES.
Elles sont consignées dans le procès-verbal du 03 mars 1994 n° 362 / 94 ( D 45 ) totalisant 127 scellés, à savoir :

DANS ARMOIRE OUEMO : ( intitulé figurant sur ledit document )
1calibre 12 à pompeATIS n° 1260860 ( sans chargeur ) FRANCE.
1calibre 12 à pompeMAVERICKn° MV 40547 A FRANCE.
1calibre 12 à pompeMAVERICKn° MV 41428 A FRANCE.
1calibre 12 à pompeMAVERICKn° MV 40758 A FRANCE.
1calibre 12 à pompeMAVERICKn° MV 411771 A FRANCE.

                                                                                                                26
                                         ( erreur de chiffre dans le relevé )
1calibre 12 à pompeMAVERICKn° MV 40474 A FRANCE.
1calibre 12 à pompeMAVERICKn° MV 40853 A FRANCE.
1calibre 12 à pompeMAVERICKn° MV 41292 A FRANCE.

Dès lors que JEAN-MARIE LEBRETON avait acheté ces armes sous sa propre identité le juge d’instruction
MARTINE VARACHE l’inculpa également sans le placer toutefois sous mandat de dépôt.
A un moment précis de l’instruction, MARTINE VARACHE déclara à JACKY UICHI qu’elle allait faire incarcérer
JEAN-MARIE LEBRETON ainsi que l’ancien militaire fournisseur des fréquences radios ( et des pains de ‘’plastic’’
et de T.N.T. ) retrouvés en notre possession.
JACKY UICHI lui répondit alors :
« O.K ! Vous faites cela mais vous incarcérez également les fournisseurs de grenades, de cartouches militaires de
5,56 mm etc. ».
Le juge d’instruction MARTINE VARACHE ayant pu ainsi vérifié les connaissances de JACKY UICHI, ne procéda
donc jamais aux incarcérations des deux personnes sus-citées...
C’était une instruction rondement menée, car il fallait surtout pas que les complices du 1er degré soient arrêtés,
n’est-ce pas ‘’juge d’instruction’’ MARTINE VARACHE ?

JEAN-MARIE LEBRETON a toutefois fait l’objet d’un jugement définitif devant le tribunal correctionnel de NOUMEA
le 04 février 1997.
Il a été condamné à une peine d’un an de prison avec sursis et d’une amende de 200 000 CFP, mais au-delà de
cette condamnation, il est intéressant de constater que l’instruction du dossier et le jugement de JEAN-MARIE
LEBRETON ont été volontairement dissociés de notre procès d’assises des 24 / 25 / 26 avril 1996.
Des fois que ce dernier se mette à parler devant les jurés de la filière d’envois de kanaks indépendantistes en
LIBYE, on ne sait jamais…

Il est à noter que JEAN-MARIE LEBRETON a été approché par un agent de la D.S.T., la veille de son procès, la
D.S.T. étant la direction de la surveillance du territoire relevant directement du ministère de l’intérieur.
Cet agent véreux de la D.S.T. répondant au nom de GUY BOULAY avait tenté de fournir un témoignage en faveur
de l’accusé, contre la somme de 500 000 CFP.
Pris en flagrant délit par la gendarmerie, GUY BOULAY fut incarcéré au bloc C d’isolement du CAMP-EST, du 19
novembre 1996 au 22 janvier 1997. Et ce n’était absolument pas sa première affaire véreuse !
Encore un coup fourré, un de plus...

La même procédure bidon de séparation des affaires et des jugements a également été utilisée pour l’affaire des
passeports volés les 06 / 07 octobre 1991.
En effet HARRY DIJOUX, GELLY DIJOUX, CATHY SERVEAUX ( leur sœur ) avaient été inculpés dans ce cadre,
les deux hommes étant incarcérés au CAMP-EST.
HARRY DIJOUX du 15 avril 1994 au 22 juin 1994, date à laquelle il bénéficia d’une mise en liberté provisoire.
GELLY DIJOUX fut arrêté en FRANCE sur son lieu de résidence, et incarcéré jusqu’au 17 octobre 1994.
Il fut relâché, mais sans jamais être jugé à ce qu’il semblerait…
HARRY DIJOUX et CATHY SERVEAUX ont fait l’objet d’un jugement définitif devant le tribunal correctionnel de
NOUMEA le 04 février 1997.
Ces deux personnes ont été condamnées à une peine de 2 mois de prison avec sursis et une amende de 150 000
CFP chacune, ainsi qu’au versement solidaire d’une somme de 700 000 CFP à l’état français, mais cette
condamnation ne fut pas inscrite au casier judiciaire de CATHY SERVEAUX.
Quelques renseignements supplémentaires sur cette affaire des passeports figurent dans le chapitre intitulé
« EXPERTISES PSYCHIATRIQUES ».

Il est à noter que si toutes ces personnes ont fait l’objet d’instructions et de jugements dissociés du nôtre, il n’en fut
pas de même pour ALAIN LAPELERIE.
Celui-ci avait été greffé au dernier moment sur la foutaise de procès d’assises des 24 / 25 / 26 avril 1996.
Il est vrai que LAPELERIE LA BACHELLERIE MACHARO NONNARO sont des noms malheureusement liés à
l’histoire sanglante des événements de NOUVELLE-CALEDONIE…
Une aubaine pour ce procès d’assises, si tant il est vrai que cette fumisterie puisse porter ce qualificatif !

                              Extraits de la page 14 du magazine l’EXPRESS n° 2412.
                                  Semaine du 25 septembre au 1er octobre 1997.
                 ( Les notes secrètes de FRANÇOIS MITTERRAND et CHRISTIAN PROUTEAU ).

                                             CORSE : 11 JANVIER 1983.
La LIBYE et les pays de l’EST aident-ils les mouvements indépendantistes corses ?

‘‘Depuis quelques années, il est dit que les mouvements autonomistes corses bénéficient de l’aide de pays
étrangers. Il faut distinguer deux sortes d’aides :
1 - l’aide technique et financière.
2 - le soutien idéologique.

                                                                                                                       27
S’il est vrai que pour le deuxièmement, l’I.R.A. et l’E.T.A. pour ne citer qu’eux, soutiennent les autonomistes corses,
il n’est pas évident même si cela semble incontestable, de démontrer l’aide financière.
Actuellement, le groupe d’action mixte tente à partir de renseignements qui lui sont propres d’apporter la preuve
irréfutable de cette aide technique et financière.

Si l’on se réfère au petit ‘’livre vert’’ de KADHAFI, qui est une ‘’réflexion’’ stratégique sur l’influence de la LIBYE en
MEDITERRANEE, il est incontestable que l’aide technique et financière doit exister.
En effet, KADHAFI explique dans ce livre de quelle manière il pourrait dominer la MEDITERRANEE à travers des
gouvernements idéologiquement de la même sensibilité que lui, en prenant possession des plus grandes îles.

Il est de notoriété publique que la LIBYE a soutenu en son temps l’agitation à MALTE et surtout qu’actuellement elle
aide considérablement le mouvement indépendantiste sarde.
La géographie aidant ( la CORSE et la SARDAIGNE sont éloignées de quelques kilomètres ), le F.L.N.C. n’a pas
résisté au rapprochement avec le mouvement sarde.
Nous cherchons donc actuellement à faire la preuve de ces contacts précis et peut-être ce qui semble évident à
l’aide apportée par la LIBYE à travers ce mouvement au F.L.N.C.
Il est difficile de dire actuellement dans quel délai nous serons en mesure d’apporter les preuves de cette aide
matérielle.
Nos informateurs laissent entendre également qu’il pourrait y avoir prochainement des livraisons d’armes en
provenance de l’EST pour le F.L.N.C.
Ceci confirmerait l’impression que nous ressentons sur la radicalisation du mouvement.

S’il est indéniable que l’impact d’une aide à l’étranger sur le F.L.N.C. permettrait de le discréditer aux yeux de
l’opinion corse, défavorable s’entend à l’autonomie, mais ne déjugeant pas ses enfants, il n’en reste pas moins que
des renseignements livrés à l’opinion sans preuve auraient un effet désastreux.
Il faut donc agir avec la plus grande prudence et attendre que le groupe d’action mixte ait obtenu des preuves
irréfutables pour exploiter ces informations, dont certaines sont déjà manipulées par la presse’’.

                                                                   LE CHEF D’ESCADRON CHRISTIAN PROUTEAU.


Le colonel KADHAFI est donc un ennemi de la FRANCE en ce qui concerne le F.L.N.C. et la CORSE, mais aussi
un ‘’ami’’ de cette même FRANCE lorsqu’il s’agit de la NOUVELLE-CALEDONIE.
Je parle bien sûr de la filière d’envois de kanaks indépendantistes en stage de formation au terrorisme en LIBYE.
En effet, le bureau d’étude et de liaison dissimule en son sein la trop fameuse 3ème section de manipulations pour
laquelle FRANCK WAHUZUE ‘’travaille’’.
Inutile de préciser encore que le bureau d’étude et de liaison ( B.E.L. ) est directement relié au haut-commissariat
de la république française en NOUVELLE-CALEDONIE.
DIJOU GUY
WANANIJE JOSEPH
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 30 JUILLET 1994

OBJET :- Plainte contre X au sein du gouvernement français.
               - Plainte contre MARC REVAULT, chef de la brigade de recherches
                 de la caserne MEUNIER NOUMEA.
               - Plainte contre FOTE TROLUE, magistrat au tribunal de NOUMEA.
               - Plainte contre FRANCK WAHUZUE.

Par la présente, nous GUY DIJOU et JOSEPH WANANIJE avons l’honneur de déposer les plaintes suscitées
auprès de vos services.

A la lecture de ce dossier, vous constaterez monsieur le procureur, que certains faits sont couverts par deux lois
d’amnistie successives, et pour cause...
Ceux-ci ne sont relatés que pour une meilleure compréhension de l’esprit dans lequel est effectuée la rédaction de
ce document.

Nous sommes certains qu’il expliquera au moins partiellement 13 années d’histoire politique, de manipulations
subtiles, de corruption, de deuils, de meurtres inexpliqués et de coups en tous genres qui se sont déroulés sur cette
terre sacrée, île de lumière mais également la 3ème réserve mondiale de nickel.
Ce détail anodin en apparence est pourtant la source invisible d’une très grande partie de nos malheurs !



                                                                                                                       28
Ce document rédigé conjointement comporte différents paragraphes attribués soit à l’un soit à l’autre des auteurs ;
aussi nous avons décidé de préciser au début de chacun de ces paragraphes les initiales de la personne à laquelle
il est attribué, GUY DIJOU étant nommé rédacteur dudit document pour plus de clarté.
Cette plainte est une succession de dossiers séparés où la manipulation en est le fil conducteur, tantôt évidente car
nominative, tantôt sous-jacente, seuls les effets pouvant être constatés dans les consciences et, ou, sur le terrain
dans ce cas.

Pour plus de compréhension du texte, un index des abréviations utilisées se trouve à la fin de ce mémoire.
Le présent dossier est complémentaire des plaintes déposées le 08 juillet 1994 auprès de vos services.

GUY DIJOU.

JOSEPH WANANIJE.




NOTE SUPPLEMENTAIRE

Cette plainte a été expédiée le 16 août 1994 par courrier interne du CAMP-EST au procureur YVES LEBOURDON,
à 06 heures du matin.

Elle avait auparavant été saisie le 13 août 1994 sur instruction d’YVES DUPAS, directeur du CAMP-EST à
l’époque.

Elle n’a jamais été l’objet d’une instruction judiciaire quelconque !




                                        AFFAIRE DECLERCQ
D.G.
Tout commence en 1981, année du raz-de-marée socialiste lors des élections en FRANCE, avec l’assassinat de
PIERRE DECLERCQ, éminent membre de l’U.C.

Lors de l’enquête et sur les déclarations plus que douteuses de MICHEL CAPUANO, un jeune calédonien de
souche européenne DOMINIQUE CANON était incarcéré au CAMP-EST pour être libéré plus tard, innocenté après
bien des souffrances inutiles.

L’assassin véritable de PIERRE DECLERCQ n’a jamais été identifié, mais déjà le nom de la D.G.S.E. ( ou plutôt de
la D.S.T. ) circulait dans le monde calédonien, sans preuve bien sûr...

D.G.S.E. sont les initiales de la direction générale de la sécurité extérieure, les fameux services secrets français qui
se sont illustrés lors de l’affaire du RAINBOW WARRIOR en NOUVELLE-ZELANDE.

B.E.L. sont les initiales du bureau d’étude et de liaison qui s’est illustré lors de la guerre d’ALGERIE avec la
fameuse ‘’PAIX DES BRAVES’’, qui s’est soldée par la mort de nombreux guerriers du F.L.N. exécutés par le F.L.N.
lui-même.

L’assassinat de PIERRE DECLERCQ devait être le point de départ d’une autre forme de lutte de la part du
mouvement indépendantiste local, et par contrecoup de notre part ; ce qui explique mon incarcération actuelle pour
une dizaine d’affaires différentes, et une incarcération précédente en 1987 pour le vol de matériel de transmission
chez HAM TRONIQUE.

JOSEPH WANANIJE est quant à lui incarcéré pour plusieurs affaires, dont entre autres :
- Événements de LIFOU.
- Attentat d’AIRCAL.
- Attentat contre RICHARD KALOI.



                                                                                                                     29
De 1981 à 1984, des incidents plus ou moins graves avaient eu lieu dans différents endroits de la NOUVELLE-
CALEDONIE ( blocage du tour cycliste au col de la pirogue, ‘’caillassages’’, ‘’tabassages’’, bavures, etc… ).
Il est indéniable que l’assassinat de PIERRE DECLERCQ ait eu une très grande répercussion sur la suite des
événements qui se sont produits en NOUVELLE-CALEDONIE.

Un leader indépendantiste assassiné, un calédonien soupçonné puis relâché :
- Où est le véritable assassin ?
- Qui est-il ?

NOTE SUPPLEMENTAIRE

La chronologie et les dates suivantes sont issues de deux ouvrages :
Le Mémorial Calédonien Tomes 8 et 9, et le QUID 1996.

En plus d’être secrétaire général du parti indépendantiste appelé UNION CALEDONIENNE, PIERRE DECLERCQ
était conseiller territorial.
Celui-ci a été abattu par arme à feu le 19 septembre 1981 à 21 heures 30 à son domicile du lotissement BERNUT
ROBINSON.
DOMINIQUE CANON était interrogé depuis 48 heures au moment où PIERRE DECLERCQ était inhumé le 23
septembre 1981 au cimetière de la CONCEPTION, l’office religieux étant mené par monsaigneur MICHEL CALVET
lui-même, 10 prêtres et1 pasteur devant près de 5 000 personnes.

Le 23 septembre 1981 DOMINIQUE CANON fut présenté devant le juge d’instruction CREZE qui ordonna son
incarcération en détention préventive au CAMP-EST en cellule d’isolement.
A cette époque le procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE était JACQUES GAUTHIER.
Il convient de préciser que GASTON DEFFERRE alors ministre de l’intérieur au sein du gouvernement socialiste de
FRANCOIS MITTERAND, avait dépêché en NOUVELLE-CALEDONIE le commissaire divisionnaire GENTIAL, pour
l’obtention rapide de résultats...
Et quels résultats !

C’est en subissant le témoignage fallacieux d’un soi-disant détective privé, MICHEL CAPUANO, que DOMINIQUE
CANON connut la prison pendant 10 longs mois.
Le 23 juillet 1982 il fut libéré sur un non-lieu, et reçut la somme de 2 720 000 CFP à titre d’indemnisation par la
suite.
Son avocat était maître JEAN LEDER, tandis que maître GUSTAVE TEHIO représentait la partie civile.
Lors de la reconstitution de l’assassinat de PIERRE DECLERCQ qui eut lieu le 06 mai 1982, maître GUSTAVE
TEHIO fut assisté par maître FRANCOIS ROUX du barreau de MONTPELLIER ( voir affaire de TIENDANITE ).

MICHEL CAPUANO, dénonciateur de DOMINIQUE CANON, fut arrêté le 23 octobre 1984 seulement et connut la
prison du CAMP-EST à son tour, mais pour peu de temps bien sûr...
Le 23 octobre 1984 soit quelques jours avant le boycott actif des élections du 18 novembre 1984 par le F.L.N.K.S...
En effet, un deuxième juge d’instruction dont je n’ai pas l’identité avait décidé de rouvrir ce dossier au bon moment,
comme par ‘’hasard’’...

Il convient de préciser qu’à la suite de l’assassinat de PIERRE DECLERCQ, un barrage indépendantiste bloquait le
tour cycliste de NOUVELLE-CALEDONIE au sommet du col de LA PIROGUE le 20 septembre 1981.
Les régions de KOUAOUA et de CANALA connaissaient également l’installation de barrages routiers, et des
personnes étaient ‘’tabassées’’ ( européens et touristes australiens principalement ).
Le 22 septembre 1981, le terrain d’aviation de l’île OUEN était bloqué.
Le 24 septembre 1981, jour anniversaire de la prise de possession de la NOUVELLE-CALEDONIE par la FRANCE
( 24 /.09./ 1853 ), des barrages routiers étaient mis en place dans les régions suivantes :
SAINT LOUIS LA CONCEPTION THIO CANALA FONWHARY COL DES ROUSSETTES POINDIMIE
TOUHO HIENGHENE POUEBO KONE POUM.
Des violences eurent lieu à KONE ( incendies de propriétés ) mais les forces de l’ordre s’interposèrent entre les
indépendantistes et les non-indépendantistes.
Après le 24 septembre 1981, la tension retombait graduellement mais des bandes de jeunes kanaks saccagèrent la
manifestation commerciale appelée ‘’grande braderie de NOUMEA’’.

Ce sont tous ces faits qui me firent déclarer devant la cour d’assises de NOUMEA les 24 / 25 / 26 avril 1996 :
« JE SUIS ‘’MORT’’ EN MEME TEMPS QUE JOSE LAPETITE, MAIS J’ETAIS DEJA BIEN ‘’MALADE’’ DEPUIS LA
MORT DE PIERRE DECLERCQ ».
Cela me valut l’ironie de la radio indépendantiste RADIO DJIDO lors du compte-rendu radiophonique de la séance
du 24 avril 1996.

Au sujet de l’assassinat de PIERRE DECLERCQ, la liste des hommes politiques appartenant à la franc-maçonnerie
placés à de très hautes fonctions d’état est plus qu’intéressante ( voir chapitre « ROSE-CROIX ET FRANC-
MAÇONNERIE » ).

                                                                                                                   30
L’annonce de cette funeste nouvelle engendrait les réactions politiques suivantes, entre autres :
- Le président FRANÇOIS MITTERAND exprimait sa vive émotion...
- LIONEL JOSPIN, 1er secrétaire du parti socialiste dénonçait le lâche attentat et demandait aux autorités
gouvernementales de tout mettre en œuvre pour identifier les auteurs de ce crime provocateur...
- Par la bouche d’HENRI EMMANUELLI, le gouvernement se déclarait profondément indigné par le lâche
assassinat de PIERRE DECLERCQ.
- GEORGES MARCHAIS, secrétaire général du parti communiste français écrivait quant à lui : « Il s’agirait que tout
soit mis en œuvre afin que les auteurs de l’attentat soient arrêtés et châtiés le plus vite possible ».
- Lors des obsèques, BERNARD GAUDILLERE alors directeur de cabinet du secrétaire d’état aux DOM-TOM
déclarait entre autre : « Si la violence peut détruire un homme, elle reste impuissante contre les idées... ».
Quel baratin !

Face à cet assassinat jamais élucidé, et pour cause, les phrases suivantes prononcées le 11 août 1981 à
l’assemblée territoriale par HENRI EMMANUELLI prennent une toute autre dimension ; en voici quelques extraits :
« La FRANCE, cela s’écrit en 6 lettres mais si on va plus loin, cela s’écrit aussi en 24 lettres :
liberté égalité fraternité.
Cela peut aussi s’écrire en 23 lettres : injustice inégalité haine.
Eh bien ! Au risque de paraître paradoxal, je dirai que beaucoup de choses se jouent sur un chiffre, sur une
différence de lettre... ».

Comme vous aviez raison avant l’heure, HENRI EMMANUELLI... Je suis blanc, et je sais ce que c’est l’injustice...
FRANCAISE !

Quant aux différences de lettres ou de chiffres, il suffit de consulter avec attention les falsifications des procès-
verbaux n° 369 / 94 et 362 / 94 pour savoir de quoi vous parlez, dès lors qu’il s’agit de camoufler par tous les
moyens les saloperies de l’état français en NOUVELLE-CALEDONIE !
Qui a réellement abattu PIERRE DECLERCQ le 19 septembre 1981, je vous le demande avec insistance HENRI
EMMANUELLI, vous qui étiez chargé des départements et territoires d’outre-mer au moment de cet assassinat ?
Je vous le demande d’autant plus que celui-ci était secrétaire général de l’UNION CALEDONIENNE, parti
indépendantiste s’il en faut...
PIERRE DECLERCQ ne représentait-il pas une menace latente pour l’exploitation du nickel calédonien par la
FRANCE ?
HENRI EMMANUELLI, bien qu’étant socialiste vous n’avez jamais parlé d’indépendance de la NOUVELLE-
CALEDONIE ; lui, si !

Deux mois avant d’être assassiné, le 23 juillet 1981 plus exactement, PIERRE DECLERCQ était reçu à l’ELYSEE
par le président FRANÇOIS MITTERAND à qui il venait présenter un premier projet d’indépendance kanake et
socialiste, dont la condition de base considérée comme sine qua non était la prise en compte des revendications
foncières des tribus.
Revendications foncières du sol calédonien donc du nickel par voie de conséquence !
Et c’est là que le bas blesse, c’est le cas de le dire...
En effet, hormis les ‘’petits mineurs locaux’’, le nickel calédonien était exploité en exclusivité par la S.L.N.
( SOCIETE LE NICKEL ) dont le capital était constitué en majorité par le baron GUY de ROTHSCHILD jusque dans
les années 1975 / 1980.
C’est en effet vers cette période d’affirmation de la revendication kanake que l’état français prit en quelque sorte la
relève de cette société, si mes souvenirs sont exacts et bien qu’imprécis dans le temps.

A ce sujet, il convient de rappeler l’importance des LOIS BILLOTTE, du nom de PIERRE BILLOTTE, ministre des
DOM-TOM du 08 janvier 1966 au 31 mai 1968, l’année 1963 étant généralement considérée comme le point de
départ du premier ‘’boom’’ sur le minerai de nickel calédonien.
Signalons également que GEORGES POMPIDOU fut premier ministre du général DE GAULLE du 14 avril 1962 au
21 juillet 1968 avant d’être président de la république du 15 juin 1969 au 02 avril 1974.
Auparavant, il avait été membre du groupe ROTHSCHILD de 1954 à 1958 et de 1959 à 1962 où il s’était fait de très
solides relations... Et hop ! fermez le cercle...
Il me semble même qu’il aurait été fondé de pouvoir de la banque ROTHSCHILD, ou quelque chose comme ça...
Le nickel calédonien est donc une vieille histoire de ‘’famille’’ qui ne sent vraiment pas la rose, n’est-ce pas ?

L’état français devant ainsi prendre la suite du baron GUY DE ROTHSCHILD, la structure juridique et financière de
la S.L.N. fut modifiée et accouplée par la suite au groupe ERAMET, lequel groupe fut nationalisé en 1983 par le
couple MITTERAND / MAUROY.
Ce groupe fut dénationalisé à hauteur de 45 % du capital dont 30 % à des investisseurs étrangers comme le
premier fonds mondial de pension américain ‘’FIDELITY’’ ( 24 % ).
Comme ‘’par hasard’’, cette dénationalisation de capital eut lieu en 1994 par les couples MITTERAND / BALLADUR
et CHIRAC / JUPPE...
On ne sait jamais, des fois que ça tourne mal en NOUVELLE-CALEDONIE, avec toutes ces histoires dans l’air...


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Mais au risque de me répéter, il ne faut pas voir le mal là où il n’y en a pas et surtout, que l’on ne vienne pas me
dire que PIERRE DECLERCQ a été assassiné pour une vulgaire histoire de fesses !
Je ne m’érige absolument pas en défenseur de ce dernier, mais le ridicule a des limites que beaucoup de gens
franchissent plus par bêtise que par autre chose.

Un dernier détail important :
Moins d’un mois avant l’assassinat de PIERRE DECLERCQ, AUGUSTE BLAY était assassiné puis jeté dans un feu
sur sa propriété de MOINDOU ; c’était le 24 août 1981 plus exactement.
Les véritables assassins n’ont jamais été arrêtés également, à part un mélanésien travaillant sur cette même
propriété, si ma mémoire ne me fait pas défaut.
Il fut très vite relâché, ce qui ne manqua pas de produire un vif sentiment d’injustice et d’incapacité des autorités
dans la communauté calédonienne, sans commune mesure bien sûr avec celui engendré par l’assassinat de
PIERRE DECLERCQ le 19 septembre 1981.
‘’On’’ aurait voulu mettre tous les habitants de ce pays sous tension que ‘’l’on’’ ne s’y serait pas pris autrement !
Deux assassinats en moins d’un mois dans une population plutôt paisible de 145 000 habitants environ à l’époque (
statistique incertaine : Une manie ici... ).

La mort d’AUGUSTE BLAY fut ensuite attribuée à des braconniers jamais arrêtés, des braconniers prenant le
temps de mettre leur pauvre victime dans un grand feu de bois, tout en balisant les futurs recherches à l’aide de
lambeaux de vêtements appartenant au défunt.
C’est ainsi que le 26 août 1981, les ruraux de LA FOA demandèrent des aggravations de peines pour les
braconniers…
Il est à noter que selon la rumeur publique de l’époque, AUGUSTE BLAY était fortement opposé au passage sur sa
propriété de la nouvelle route devant relier les villages de MOINDOU et de BOURAIL, en passant par le ‘’21ème’’ ,
cette appellation étant communément utilisée pour désigner cette région.
Le 19 septembre 1981, date de l’assassinat de PIERRE DECLERCQ, les personnes ci-dessous occupaient les
fonctions suivantes :

FRANÇOIS           MITTERAND président de la république.
PIERRE             MAUROY premier ministre.
ROBERT             BADINTER ministre de la justice.
GASTON             DEFFERRE ministre de l’intérieur.
HENRI              EMMANUELLI secrétaire d’état chargé des DOM-TOM.
CLAUDE             CHARBONNIAUD haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.

Le 08 février 1994, date de notre arrestation et d’une partie de l’instruction, les personnes ci-dessous occupaient les
fonctions suivantes :

FRANÇOIS          MITTERAND président de la république.
EDOUARD           BALLADUR premier ministre.
PIERRE            MEHAIGNERIE ministre de la justice.
CHARLES           PASQUA ministre de l’intérieur.
DOMINIQUE         PERBEN ministre des DOM-TOM.
ALAIN             CHRISTNACHT haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
En août 1994, ALAIN CHRISTNACHT était remplacé par DIDIER CULTIAUX à ce poste.

Les 24 / 25 / 26 avril 1996, date de notre procès d’assises à NOUMEA, les personnes ci-dessous occupaient les
fonctions suivantes :

JACQUES           CHIRAC président de la république.
ALAIN             JUPPE premier ministre.
JACQUES           TOUBON ministre de la justice.
JEAN-LOUIS        DEBRE ministre de l’intérieur.
JEAN-JACQUES DE PERETTI ministre des DOM-TOM.
DOMINIQUE         BUR haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
Le 18 août 1995, DOMINIQUE BUR remplaçait DIDIER CULTIAUX à ce poste.

A la lecture de l’ensemble du présent dossier, il est intéressant de constater que la droite et la gauche sont plus
qu’intimement liées dans les mêmes mensonges !

Il convient également de préciser que les services spéciaux français appelés S.D.E.C.E. sont devenus la D.G.S.E.
actuelle en 1982, sous l’impulsion du président MITTERAND ; mais cela n’a vraiment strictement rien à voir bien
entendu...
S.D.E.C.E - D.S.T. - R.G. - D.G.S.E. quel mélange de saloperies !




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                                                 AFFAIRE DE TIENDANITE
D.G.
En 1984, le mouvement indépendantiste s’engageait dans le boycott actif des élections du 18 novembre de cette
même année ; celle-ci voyait entre autre la mort de 10 militants kanaks dont deux frères de JEAN-MARIE
TJIBAOU, alors président du F.L.N.K.S.
Toutes ces personnes étaient tuées à TIENDANITE, par différents membres des familles LAPETITE / MITRIDE /
SINEIMENE.
Ces derniers étaient incarcérés au CAMP-EST durant deux ans environ, et pour obtenir leur libération je faisais
sauter le tribunal de NOUMEA par deux fois.
Je précise que je ne connaissais absolument pas les personnes en question mais en tant que guerrier, je devais
tout faire pour les faire sortir de prison, eux, symboles de notre résistance.

En 1987, ils étaient jugés dans la salle de la F.O.L. et au cours du procès, un nom très intéressant était prononcé
sans jamais livrer son secret : LE PLAN ARAIGNEE.
- Que contenait ce plan ?
- Qui l’avait élaboré ?
- Qui l’avait mis en place ?
- Qui l’avait réellement exécuté ?
- Quel a été le rôle de la poste de HIENGHENE dans cette affaire tragique ?

Autre détail très important pour la suite de la présente plainte :
FRANCK WAHUZUE avait été appelé à la barre, comme témoin en faveur des auteurs de la fusillade, mais était-ce
seulement à ce titre ?

Il me semble utile de rappeler que RAOUL LAPETITE est un métis avec du sang kanak de la chefferie BOUARATE
dans les veines, qu’il a longtemps été membre de l’U.C. et que son fils JEAN-CLAUDE était membre du PA.LI.KA
au moment des faits.
De plus cette famille était un modèle d’intégration dans la société kanake, qu’elle côtoyait pratiquement
journellement les gens de la tribu de TIENDANITE, y jouissant de leur estime et de leur respect sinon de leur
amitié.
Comment donc dans ces conditions une chose pareille a-t-elle pu se produire ?

Une ‘’coutume’’ basée sur la parole sacrée avait pourtant été acceptée, donc scellée, et liait de ce fait cette famille
aux gens de la tribu de TIENDANITE.
Cette coutume avait pour objet la préservation des biens appartenant à la famille LAPETITE et à leurs amis.
Dans ces conditions, qui a mis le feu dans une de ces maisons ‘’couvertes’’ par la coutume acceptée, déclenchant
de la part des familles sus-citées une réaction extrêmement violente qui devait faire dix morts par contrecoup.
Etait-ce là le but du fameux plan araignée ?

Après leur sortie de prison, j’ai fait la connaissance des familles LAPETITE et MITRIDE, et j’ai toujours entendu le
même son de cloche sur le déroulement de l’affaire, surtout dans la bouche de RAOUL LAPETITE, mon ami et
symbole.
Combien de fois l’ai-je entendu dire :
« JEAN-MARIE TJIBAOU devait être avec les autres, et c’est à cause de lui si tout cela est arrivé... ».
Comment pouvait-il connaître ce détail ?
Je sais car il me l’a dit lui-même, qu’il était en relation téléphonique par la poste de HIENGHENE avec le haut-
commissariat de NOUMEA avant la fusillade, et qu’un ce ses interlocuteurs était FRANCK WAHUZUE.
- Quel était le rôle exact de cette personne au haut-commissariat ?
- Etait-ce en tant que membre du B.E.L-D.G.S.E. ?
- FRANCK WAHUZUE n’a-t-il pas connu de manière très intime le clan LAPETITE, dans sa jeunesse à
HIENGHENE ?

L’année dernière ( fin 1993 ), toujours soucieux de savoir ce qui s’était réellement passé ce jour-là à TIENDANITE,
j’ai été amené à prendre un verre au snack-bar LE JAMICO en compagnie de NADINE PIDJOT, de PAULETTE
IXECO et de BEALO WEDOYE, tous indépendantistes.
Cette rencontre était en autre destinée à me faire connaître BEALO WEDOYE, originaire de HIENGHENE ( si mes
souvenirs sont exacts ), pour discuter de tout et de rien.
Au cours de la conversation qui avait pour thème le problème foncier en NOUVELLE-CALEDONIE , j’ai parlé de
l’affaire de TIENDANITE, ce qui a énervé un tant soit peu les deux femmes.
J’ai néanmoins continué pour finalement poser la question suivante à BEALO WEDOYE :
« Qui a mis le feu dans une des maisons pour lesquelles une coutume avait été acceptée, donc scellée de part et
d’autre ? ».
Réponse de BEALO WEDOYE :
« C’est vrai qu’une coutume avait été acceptée, que la maison a brûlé, mais malgré toutes nos recherches nous
n’avons jamais découvert l’auteur de cet incendie... ».
J’ai répondu :


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« Et pour cause, l’auteur de l’incendie de cette maison est directement responsable de la fusillade de TIENDANITE.
».
L’incendie de cette maison inoccupée au moment des faits était-il un des éléments principaux du plan araignée
destiné à déclencher la fusillade ?
La discussion sur ce sujet s’est arrêtée et je suis resté sur ma faim car ces questions sont toujours sans réponse.

Plus tard, un commando du F.L.N.K.S. abattait JOSE LAPETITE dans la chaîne centrale, en représailles de l’affaire
de TIENDANITE.
- Ce commando a-t-il agit vraiment seul ?
- Cette action de représailles a-t-elle été conçue uniquement par le F.L.N.K.S, ou a-t-elle été soufflée au bon
moment, au bon endroit ?

La mort de JOSE LAPETITE devait être suivie d’un attentat qui aurait pu être meurtrier, mais qui n’a fait que deux
blessés légers dieu merci, une personne âgée et un enfant.
De la grenaille avait pourtant criblé les murs du couloir d’un immeuble dans la cité PIERRE LENQUETE, et comme
par ‘’hasard’’, j’avais été prévenu de l’identité de ces personnes...
Celles-ci, toujours selon ma source, devaient être interrogées par les forces de l’ordre, mais chose curieuse ne l’ont
jamais été…
Pourquoi ?
Je les avais donc prévenues à mon tour et l’une d’elles, furieuse d’être découverte m’avait déclaré :
« Si tu continues à me parler de cette affaire, je te fous un coup de calibre 12 en pleine gueule ! ».
Je l’avais laissée se calmer pour finalement lui expliquer qui j’étais, ce que j’avais fait, ce que je faisais, mais
surtout la manière de le faire :
Détruire matériellement avec beaucoup de puissance, pour influencer le cours des choses par la peur, sans faire
couler de sang pour ne pas déraper vers la guerre civile !
Suivant la tournure des événements je dois reconnaître qu’en dernière extrémité, j’aurai tué !
Mais tous les attentats dont je suis l’auteur n’ont jamais fait couler une seule goutte de sang et pourtant les charges
étaient puissantes.

Explosion du tribunal de NOUMEA ( 1ère fois ) :
Ce n’était qu’un simple avertissement.

Explosion du tribunal de NOUMEA ( 2ème fois ) :
« POUR LES YEUX DE GAUZERE, POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DES LAPETITE / MITRIDE / SINEIMENE
/ TRICARD, SINON… », et contre la loi d’amnistie, loi scélérate !
( merci au F.L.N.K.S., car c’est grâce à lui si j’ai pu reprendre mon poste à la mairie de NOUMEA après ma sortie
de prison en 1987, celui-ci ayant obtenu une loi d’amnistie dont je devais bénéficier par contrecoup. Ceci est dit
sans fanfaronnade, en toute sincérité, mais ma peur devait subsister cependant ).

Explosion de l’office foncier ( par deux fois ).
L’objectif était de détruire complètement cet organisme qui empêchait les calédoniens d’acheter ou de vendre les
terres acquises légalement, à la sueur de leur front pour la plupart.
( je sais qu’il existe une autre solution que celle des explosifs au problème épineux qu’est le foncier en NOUVELLE-
CALEDONIE ).

Explosion du service des impôts.
Pourquoi payer des impôts destinés à des ‘’fainéants’’ qui travaillent quand ils en ont envie.
( 420 000 000 CFP des bénéfices pour la S.M.S.P.! Belle leçon que vous me donnez là, RAPHAEL PIDJOT... ).

Indépendamment de ce récit, pourquoi S..., juge d’instruction chargé du dossier de TIENDANITE s’est-il retrouvé
juge pour enfants dans un trou perdu en FRANCE, après l’affaire qui devait également porter le nom ‘’d’AFFAIRE
LAPETITE’’ ?

Il convient de préciser que quelque temps avant ce drame, JEAN-MARIE TJIBAOU avait prononcé dans la région
un discours politique assez virulent, propre à déstabiliser psychologiquement les ‘’métis’’ que sont les membres du
clan LAPETITE.
Ce discours comportait en outre un appel à la cessation des relations avec tout non-kanak, et loin d’expliquer cette
affaire, a néanmoins été très important pour eux.

NOTE SUPPLEMENTAIRE
Avant de développer en profondeur une des plus sanglantes affaires des événements de 1984, il convient de
rectifier certaines erreurs involontaires : Celles-ci sont dues en partie à des informations incomplètes de ma part car
n’est pas enquêteur qui veut, surtout à contre-courant de l’histoire officielle...
Ne parlons pas de la difficulté naturelle de la circulation de l’information, quand celle-ci n’est pas carrément
tronquée voire falsifiée suivant les intérêts du moment d’une communauté de ce pays, quelle qu’elle soit.
Et quand bien même cette information serait objective, la nonchalance innée et la passivité latente des habitants ne
risqueraient pas de créer une révolution.

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Une révolution des consciences pour le moins serait tout de même la bienvenue !

Ceci dit, il faut se remémorer la fusillade de OUEGOA le 30 novembre 1984 où EMILE MEZIERES ( loyaliste ) et
MICKAEL DAOUILO ( indépendantiste ) furent abattus et 6 autres personnes blessées.
L’état de tension extrême dans lequel nous vivions tous à l’époque était plus que propice aux rumeurs publiques les
plus folles, certaines faisant état d’une dizaine de morts au minimum à OUEGOA.
Dès lors, le carnage de TIENDANITE trouve malheureusement sa place dans l’histoire officielle et tragique de cette
période trouble.
Trouble sur de très nombreux points, et en particulier sur le fameux plan araignée qui, aux dires de la gendarmerie
nationale n’avait rien à voir avec la fusillade de TIENDANITE.
Mais tout d’abord, quelques précisions chronologiques succinctes :

18 novembre  1984 :Boycott extrêmement actif des élections territoriales par le F.L.N.K.S.
30 novembre  1984 :Fusillade de OUEGOA.
04 décembre  1984 :Arrivée en NOUVELLE-CALEDONIE d’EDGARD PISANI, avec le titre de délégué du
                    gouvernement et de haut-commissaire de la république française.
                    Il venait remplacer le préfet JACQUES ROYNETTE à ce poste.
05 décembre 1984 : Comme par ‘’hasard’’, EDGARD PISANI ne portant vraiment pas bonheur à la NOUVELLE-
                    CALEDONIE, le carnage de TIENDANITE se produit vers 20 heures.
10 décembre 1984 :MAURICE MITRIDE se rend aux ‘’forces françaises de l’ordre’’ ; il était l’un des auteurs de
                    cette fusillade.
11 décembre 1984 :RAOUL LAPETITE et ses fils JOSE, JACQUES, JESS et JEAN-CLAUDE ainsi que
                    ROBERT SINEIMENE se rendent également.
                    Ces 7 personnes sont immédiatement incarcérées au pénitencier du CAMP-EST.
14 mai       1985 :Premier attentat contre le palais de justice de NOUMEA.
02 décembre 1985 :Deuxième attentat contre le palais de justice de NOUMEA.
                    « Pour les yeux de GAUZERE, pour la libération immédiate des LAPETITE / MITRIDE /
                    SINEIMENE ( avec une faute d’orthographe ) /TRICARD, sinon... ».
29 octobre   1986 :Le juge d’instruction S... en charge de ce dossier rend une ordonnance
                    de non-lieu fondée sur la présomption de légitime-défense.
                    Article 329-2 du code pénal français.
01 novembre 1986 :Les 7 personnes sus-citées sont libérées du CAMP-EST.
20 novembre 1986 :La chambre d’accusation de la cour d’appel de NOUMEA infirme le non-lieu du juge
                    d’instruction S....
                    Les 7 inculpés restent libres mais devront faire l’objet d’un procès en cour d’assises.
19 octobre   1987 :Procès en cour d’assises de NOUMEA pour homicides commis avec préméditation.
                    Les 7 inculpés sont acquittés et une manifestation indépendantiste est organisée devant
                    le haut-commissariat pour dénoncer les pratiques de la justice coloniale. Il est à noter que
                    ce procès avait eu lieu dans les locaux de la F.O.L. à NOUMEA, le palais de justice étant
                    en reconstruction.
29 avril     1988 :Assassinat de JOSE LAPETITE à VOH, en pleine prise d’otages des gendarmes de
                    FAYAOUE OUVEA par des indépendantistes.
19 mai       1988 :Attentat à MONTRAVEL, dans la cité PIERRE LENQUETE NOUMEA.
                    Celui-ci eut lieu en représailles de l’assassinat de JOSE LAPETITE.
20 septembre 1991 :Mort de JACQUES LAPETITE dans un accident de la circulation à VOH.
17 septembre 1995 :Mort de RAOUL LAPETITE d’une crise cardiaque dans le service de cardiologie de
                    l’Hôpital GASTON BOURRET.

Incarcéré du 03 mars 1987 au 28 novembre 1987 pour la tentative de vol de matériel de transmission dans la
société HAM TRONIQUE, j’avais suivi avec beaucoup d’intérêt les comptes-rendus radiophoniques de RADIO
DJIDO sur le procès d’assises du 19 octobre 1987.
Bien qu’étant loin d’être objective, cette station de radio avait été la seule à couvrir en détail ledit procès. Du reste,
je ne vois pas du tout comment l’information pourrait être objective en NOUVELLE-CALEDONIE... RADIO DJIDO
étant indépendantiste, RADIO RYTME BLEU pro-française à 100 %, RADIO FRANCE OUTRE-MER propriété de
l’état français, et LES NOUVELLES CALEDONIENNES propriété du groupe français d’édition HERSANT, trier le
bon grain de l’ivraie dans tout cela relève de la plus pure gageure !

Quoi qu’il en soit, c’est tout de même RADIO DJIDO qui avait révélé sur les ondes l’existence du plan araignée
dans l’affaire de TIENDANITE, au cours du procès d’assises du 19 octobre 1987.
Comme il est indiqué auparavant, la gendarmerie nationale avait tout de suite trouvé une explication valable n’ayant
strictement rien à voir avec la toile d’araignée en question...
Une toile d’araignée dans laquelle JEAN-MARIE TJIBAOU aurait dû tomber à TIENDANITE et mourir
( par contre à OUVEA le 04 mai 1989... ).

Connaissant les méthodes de cette même gendarmerie française pour les avoir vécues, je me dis simplement que
c’est un mortel mensonge de plus. Un de plus, un de moins, ils ne sont pas à ‘’ça’’ près...
Entre un mensonge et une erreur, il y a un gouffre n’est-ce pas ?

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Le premier étant volontaire et calculé, la seconde pouvant n’être que le fruit d’informations incomplètes et erronées
; informations involontairement erronées comme les phrases suivantes figurant dans la présente plainte : « Cette
coutume avait pour objet la préservation des biens appartenant à la famille LAPETITE et à leurs amis.
Dans ces conditions, qui a mis le feu dans une des maisons ‘’couvertes’’ par la coutume acceptée, déclenchant de
la part des familles sus-citées une réaction extrêmement violente qui devait faire 10 morts par contrecoup.
Etait-ce là le but du fameux plan araignée ? ».

S’il y a vraiment eu un geste coutumier accepté donc scellé, c’est celui effectué il y a près de 70 ans maintenant ; il
concernait uniquement la propriété de la famille LAPETITE dans lequel le sang de la chefferie BOUARATE coule.
C’est sur une de ces terres coutumières que RAOUL LAPETITE avait construit son habitation, une parcelle
appartenant à un de ses frères, ALAIN LAPETITE plus exactement.

Si les biens de la famille LAPETITE ne furent jamais détruits à ce qu’il me semble, il n’en fut pas de même de la
maison d’ODETTE MITRIDE dont les vestiges fumaient encore le 03 décembre 1984.
C’est en effet de cette maison dont il est question dans la plainte, et que je sache celle-ci n’était pas couverte par
un quelconque geste coutumier.
Il faut savoir reconnaître ses erreurs n’est-ce pas ?
Je n’ai pour seule excuse qu’ayant suivi cette affaire uniquement sur RADIO DJIDO et ne connaissant que
partiellement les faits, je pensais qu’il s’agissait d’un bien appartenant à la famille LAPETITE, d’où la fusillade
mortelle.

Comme il est exposé dans ce dossier, ce n’est que bien plus tard que je fis la connaissance de la famille LAPETITE
et de MAURICE MITRIDE.
Une petite précision au passage :
Jamais je ne me suis vanté auprès de RAOUL LAPETITE de l’attentat commis contre le palais d’injustice de
NOUMEA, afin d’obtenir sa libération.
Même assis près de lui autour d’une bonne table chez JACKY UICHI, j’avais toujours gardé le silence ; il n’apprit la
vérité sur cette action que lors de mon incarcération en 1987.
Ces faits sont amplement détaillés ultérieurement.
Ayant profité de son hospitalité à plusieurs reprises dans la chaîne centrale à VOH, je lui avais posé la question
suivante :
« RAOUL, est-ce que c’est vous qui avez mis le feu dans la maison avant la fusillade ? ».
Réponse de RAOUL LAPETITE, alors très peiné et en colère :
« Mais ça va pas non ! Tu ne crois pas que nous avons mis le feu dans cette maison pour tirer ensuite, ça non alors
! ».
Et de rajouter :
« Ce sont les kanaks qui ont mis le feu, pas nous ! Pour moi, ils sont devenus moins que des chiens car ils n’ont
pas de parole ! ».

En fait, il était très difficile de parler de cette tuerie avec lui, mais jamais il n’a changé d’un pouce ses déclarations
durant toutes les années ou je l’ai côtoyé.
Il y avait méprise de ma part sur l’identité du propriétaire de la maison en question, laquelle avait fait l’objet de
déclarations contradictoires sur RADIO DJIDO.
En effet, selon certains ‘’témoignages’’, celle-ci n’aurait brûlé qu’après la fusillade, laissant sous entendre que les
‘’assassins’’ l’avaient de plus incendiée afin de justifier leurs actes.
Les déclarations de cette radio étant plus que sujettes à caution, comme d’autres radios du reste, un médecin
militaire de la région aurait indiqué que la maison en question n’était pas brûlée lors de son passage ; il avait porté
secours aux victimes kanakes de la fusillade de TIENDANITE paraît-il...

Il convient de rappeler que ce drame s’était produit après les incendies criminels d’une dizaine de maisons du
18 novembre au 05 décembre 1984.
Certains habitants avaient été évacués par hélicoptères militaires, mais eux avaient choisi de rester et c’est ainsi
qu’ils s’étaient regroupés chez MAURICE MITRIDE, que le clan LAPETITE était venu soutenir.
En faisant un bond dans le temps, il est pour le moins étrange que des troupes d’élites de l’armée française
( 11ème choc parachutiste, commando HUBERT et spécialistes du lance-flammes ) soient intervenues le
05 mai 1988 à GOSSANAH OUVEA, dans une opération de police judiciaire.
Il est vrai que ‘’l’honneur’’ de la FRANCE et de ses ‘’gens-d’armes’’ était en jeu en plus des élections présidentielles
françaises n’est-ce pas ?

En 1984, c’était une population entière qui tremblait, souffrait et pleurait sur des maisons calcinées, quand ce n’était
que cela !
Toutes les forces militaires n’avaient reçu aucun ordre, alors qu’une mission de protection ( et non de guerre )
aurait très largement suffi à assurer la sécurité des biens et des personnes quelle que soit la couleur de leur peau.
En effet les calédoniens de souche européenne n’avaient pas l’exclusivité de la souffrance.
Mais n’était-ce pas là une inactivité volontaire ?

Quoi qu’il en soit, la fusillade de TIENDANITE n’a pas révélé tous ses secrets, et ce dans toutes les directions.

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Ainsi, les tireurs n’étaient pas 7, mais bien 8 !
Un autre point très obscur :
Qui a tiré le premier coup de feu du plan araignée ?
Un indépendantiste, un non-indépendantiste ou quelqu’un d’autre qui avait un intérêt caché dans l’exécution
parfaite de ce plan mortel ?
Celui-ci est décrit de la façon suivante dans le tome 9 du MEMORIAL CALEDONIEN à la page 292 plus
précisément :
« Sur la fameuse détonation initiale dont parlent les inculpés pour expliquer le déclenchement du feu. LUCIEN
COUHIA avait signalé au cours de l’enquête une détonation juste après l’arrêt des deux véhicules. Mais la
matérialité de ce fait pourtant capital ne pourra être établie. ».

Je ne cherche pas à charger des gens que je respecte, et encore moins à salir la mémoire de RAOUL, JOSE et
JACQUES LAPETITE, mais comment RAOUL LAPETITE pouvait-il être informé de la présence certaine de JEAN-
MARIE TJIBAOU dans l’un des deux véhicules en question ?
Combien de fois l’ai-je entendu dire :
« JEAN-MARIE TJIBAOU devait être avec les autres, et c’est à cause de lui si tout cela est arrivé ! ».
Si JEAN-MARIE TJIBAOU avait une part indéniable de responsabilité dans les événements de 1984 en tant que
leader du F.L.N.K.S., la première affirmation est pour le moins étrange.
Etrange car confirmée par le milieu indépendantiste, dont JEAN-MARIE TJIBAOU lui-même.
Or NUMA MONNIER, le postier de HIENGHENE à l’époque, confirme 13 années plus tard tous les appels
téléphoniques de détresse de RAOUL LAPETITE aux endroits suivants :

1°)
Au lieutenant-colonel BENSON, illustre personnage de l’indépendance des NOUVELLES-HEBRIDES en 1980,
surtout pendant la rébellion pro-française de SANTO.
Il fut également pressenti pour l’affaire d’OUVEA du 22 avril 1988, mais la gendarmerie étant dessaisie de ce
dossier sanglant, c’est le général VICTOR J. VIDAL qui le rendit encore plus sanglant ( voir affaire d’OUVEA ).
2°)
Au commandement des forces armées françaises en NOUVELLE-CALEDONIE, là où sévit une saloperie appelée
deuxième bureau militaire.
3°)
Au haut-commissariat de la république à NOUMEA, là où sévit une autre saloperie appelée B.E.L. dont FRANCK
WAHUZUE fait partie par le biais de la troisième section de manipulation ( voir plainte du
09 juillet 1994 ).

Bien sûr cette liste n’est pas exhaustive, mais laquelle de ces trois sources polluées était à l’origine de ce
renseignement nécessaire au bon fonctionnement du plan araignée dans lequel JEAN-MARIE TJIBAOU devait
tomber ?
Dans le climat de peur, de feu, de larmes et de sang qui régnait à cette époque en NOUVELLE-CALEDONIE, je
vois mal RAOUL LAPETITE obtenir seul cette information essentielle.
D’autant plus que pour téléphoner, il lui fallait accomplir cette démarche à partir de la poste de HIENGHENE, ce qui
n’était pas facile.
Les ‘’forces de l’ordre’’ n’ayant volontairement aucune instruction précise, la toile d’araignée se tissait au rythme des
maisons brûlées dans cette vallée que devait emprunter JEAN-MARIE TJIBAOU, car n’oublions surtout pas que ce
drame s’était produit sur le chemin du retour d’une réunion politique F.L.N.K.S.
Celle-ci s’était déroulée au centre culturel de HIENGHENE.
« J’avais prévenu que si ‘’on’’ touchait une de nos maisons, j’allais tirer ! ».
Encore une des phrases de RAOUL qui résonnent à mes oreilles, comme elles doivent encore résonner à d’autres
‘’zoreilles’’ en d’autres lieux...
L’habitation d’ODETTE MITRIDE faisait-elle partie de ces maisons, je l’ignore ; toujours est-il que la fusillade s’était
produite aux abords de la maison de MAURICE MITRIDE.
Fort de ce que je sais maintenant, fort d’avoir subi moi-même les malversations de la gendarmerie française ainsi
que les magouilles judiciaires de ce drapeau, certaines phrases-clés de RAOUL LAPETITE et de MAURICE
MITRIDE prennent à présent toute leur valeur ; ce sont autant de pièces de ce puzzle sanglant.
Ainsi MAURICE MITRIDE que j’estime en tant qu’homme, me posa un jour la question suivante à son domicile du
MONT DORE :
« Dis-moi mon ami, toi qui as connu le CAMP-EST, qu’est-ce que tu penses de GERARD PERRAUDIN, l’ancien
directeur ? ».
Réponse : « Bof ! ».
Commentaire de MAURICE MITRIDE :
« Ah si ! C’était quelqu’un de bien ; quand j’étais déprimé, il venait parfois dans ma cellule pour me remonter le
moral... ».
Plutôt curieux qu’un directeur de prison se déplace lui-même pour remonter le moral défaillant d’un ‘’certain
détenu’’, alors qu’un autre comme ANGELO WAHOO pourra tranquillement se suicider dans une cellule de punition
du bloc E le 10 juin 1994.
Pourtant en y réfléchissant à deux fois, ce n’est pas si curieux que cela...


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En effet, contrairement aux apparences de cette sanglante affaire, MAURICE MITRIDE n’a pas le profil d’un
assassin en puissance, mais plutôt celui d’un travailleur exceptionnel, toujours en mouvement et à la tâche…
Il ne faut pas oublier qu’il avait été le premier à se rendre ‘’aux forces de l’ordre’’ le 10 décembre 1984, et qu’il
constituait le maillon psychologique faible de cette machination française.
Il ne fallait pas qu’il craque et c’est à ce titre, et uniquement à ce titre que le directeur GERARD PERRAUDIN
l’assistait si ‘’généreusement’’.
Je n’oublie pas que ce même directeur de prison m’avait placé dans la cellule d’ENOKA POAPALE, un kanak
originaire de POINDIMIE s’étant rendu en stage en LIBYE.
Un stagiaire kanak au physique plus qu’imposant mais pourtant très courtois et correct sous bien des aspects.
C’était en 1987, et le gardien JOHN ROBSON chargé de ma mutation au bloc 4 avait eu la réflexion suivante :
« Je ne sais pas pourquoi ‘’ils’’ te placent dans la cellule du ‘’LIBYEN’’... Tu vas voir la carrure ! ».
Réponse : « On verra bien… ».
Et il n’y eut aucun problème malgré la tension qui régnait dans la prison à cette époque.
Les agissements du directeur GERARD PERRAUDIN sont amplement détaillés dans la note supplémentaire
figurant au dos de la réponse du président de la république en date du 1er février 1995.
( Voir chapitre « PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE » ).

Ayant appris que je devais me rendre en FRANCE en 1994, MAURICE MITRIDE m’avait invité chez lui avant mon
départ.
Je ne pus toutefois me rendre à cette invitation durant laquelle il devait me donner l’adresse du juge d’instruction
S..., ‘’un gars bien’’ selon MAURICE MITRIDE.
Un petit bonjour de sa part en provenance de la NOUVELLE-CALEDONIE aurait été certainement bien accueilli, si
j’avais le temps bien sûr.
C’est en effet ce juge d’instruction qui avait été chargé du dossier de l’affaire de TIENDANITE, et après son
ordonnance de non-lieu fondée sur l’article 329-2 en date du 29 octobre 1986, tous les auteurs de la fusillade
avaient été libérés.

Par contre le juge d’instruction S... se retrouva juge pour enfants dans un bled de FRANCE, après son séjour en
NOUVELLE-CALEDONIE et son fameux non-lieu tant contesté.
Là encore, je me souviens des paroles de RAOUL LAPETITE au sujet de ce juge d’instruction :
« Un gars bien qui avait une solide expérience policière, pas comme les autres qui sortent d’une école avec un
diplôme... Non, lui il connaissait le terrain...
Il avait même récupéré les douilles sur les lieux du drame en utilisant une poêle à frire » ( détecteur de métal ).

Et si ce brillant juge d’instruction au passé policier avait lui aussi découvert ‘’le pot aux roses’’, à savoir que JEAN-
MARIE TJIBAOU était attendu sur les lieux de la fusillade en étant la proie principale du plan araignée...
Plan araignée mis en place grâce aux subtiles manipulations des services spéciaux français...
La tension montait, les maisons brûlaient les unes après les autres, les ‘’forces de l’ordre’’ n’avaient pas d’ordre,
RAOUL LAPETITE appelait au secours aux endroits précités en précisant bien :
« Si on touche une de nos maisons je vais tirer! ».

Appels au secours comme celui rapporté par le gendarme CLOUE qui connaissait bien RAOUL LAPETITE pour
avoir été en poste à HIENGHENE :
« Il m’a appelé au secours le 05 décembre à 09 heures du matin. J’étais à NOUMEA ; j’ai transmis à mes
supérieurs. J’ai dit à RAOUL de s’adresser à la brigade de HIENGHENE ».
« Il m’a répondu : « Je suis seul, je suis désespéré ».
Quand j’ai entendu le drame à la radio le lendemain, je me suis dit : c’est arrivé ! ».
Si les supérieurs du gendarme CLOUE étaient du même acabit que les gendarmes MARC FORTIER MARC
REVAULT CHRISTIAN GODEFROY ou FREDERIC JAMES, je me demande bien qui a pu fournir à RAOUL
LAPETITE le renseignement concernant la présence certaine de JEAN-MARIE TJIBAOU dans l’une des deux
voitures…

Ayant découvert les rouages du plan araignée bien avant moi car n’ayant pas eu besoin d’un message comme :
« Du sang noir va couler, ‘’on’’ vous demande de ne pas mettre d’huile sur le feu », que pouvait faire le juge S...
dans ce merdier politico-judiciaire et criminel ?

D’un côté le drapeau français auquel il appartient de par ses fonctions, de l’autre sept pions tombés eux aussi dans
les mailles de la toile d’araignée...
Que lui restait-il donc à part l’article 329-2 du code pénal ?
Article 329-2 du code pénal : présomption de légitime défense, et non-lieu le 29 octobre 1986 pour finir.
Et si vous n’êtes pas content du résultat monsieur le procureur général, vous pouvez toujours faire appel...
( et reprenez votre dossier merdique ! ).

C’est exactement ce qui se produisit le 20 novembre 1986 ; le non-lieu prononcé par le juge d’instruction S... fut
infirmé, car il fallait absolument sauvegarder les apparences, n’est-ce pas ?
Non-lieu infirmé et cour d’assises le 19 octobre 1987 avec acquittement général, mais absolument rien sur le plan
araignée, sinon quelques mensonges...

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Et les avocats dans cette histoire foireuse ?
Ils étaient pourtant nombreux, tant d’un côté que de l’autre.

Maître JEAN            TUBIANA          )
Maître FRANCOIS        ROUX             ) Ces trois avocats étaient venus spécialement de FRANCE.
Maître …               OTTAN            )
Maître GUSTAVE         TEHIO            du barreau local.
Ces quatre avocats représentaient les familles des dix victimes kanakes.

Maître HENRI-RENE GARAUD               président de l’ASSOCIATION LEGITIME DEFENSE FRANCE.
Maître ...             BERRUX FRANCE ?
Maître GEORGES         CHATENAY du barreau local
Maître GERARD          LERGENMULLERdu barreau local
Ces quatre avocats représentaient la défense des sept inculpés.

Bien sûr, aucun de ces brillants avocats ne mit à jour ce fameux plan araignée, d’un côté comme de l’autre.
Le même genre de foutaise de procès d’assises que celui des 24 / 25 / 26 avril 1996, en quelque sorte...
En effet, nous bénéficiâmes des témoignages de personnes de ‘’haute moralité’’ comme les FRANCOIS DE
ROUGET, HENRI MORINI, FRANCE DEBIEN dit ‘’POUPOUNE’’ et JEAN-CLAUDE GAUCI, un ancien gendarme
sorti de derrière les fagots au bon moment…

Eux avaient bénéficié des témoignages de personnes de ‘’très haute moralité’’ comme les gendarmes CLOUE et
SAURY, MARIE-JOSEE VANHALLE et mieux encore, le maire de la ville de NOUMEA JEAN LEQUES lui-même...
C’est qu’il s’agissait de bien masquer le plan araignée derrière la légitime défense, quitte à ce que la carence de
l’état soit officiellement reconnue... C’était là un bien moindre mal, car il est facile d’imaginer l’énorme scandale si
les tenants et les aboutissants français du plan araignée étaient apparus en pleine lumière.

D’où les paroles suivantes de l’avocat général GILLES LUCAZEAU lors du procès d’assises du 19 octobre 1987 :
« L’homicide de OUEGOA, les quatre CRS blessés à SAINT-LOUIS, la séquestration du sous-préfet JEAN-
CLAUDE DEMAR à LIFOU, les soixante procédures entamées pour les incendies de maisons, les dix incendies
d’habitations dans la vallée de la HIENGHENE ou les environs, le retrait de l’armement collectif aux gendarmes de
la brigade...
La prise de la brigade de gendarmerie de THIO par ELOI MACHORO...
On ne peut pas ne pas se poser de questions sur l’action, ou l’inaction des pouvoirs publics. ».

Celui-ci avait évoqué l’attitude des forces de l’ordre et de leur désarmement en ajoutant :
« L’interposition passive qui a laissé beaucoup plus de place au passif qu’à l’interposition. ».

Une vraie porte ouverte que dis-je, une voie royale pour la légitime défense de maître HENRI-RENE GARAUD, le
roi en la matière...
Un roi venu en NOUVELLE-CALEDONIE par l’opération du ‘’saint-esprit’’, peut-être…
Un rappel toutefois : Les ‘’forces de l’ordre’’ n’avaient pas d’ordre !
D’où ces témoignages vitaux issus de personnes de la droite locale pro-française que sont MARIE-JOSEE
VANHALLE et JEAN LEQUES du R.P.C.R. le très fameux rassemblement pour la CALEDONIE dans la république
française...
Témoignages de droite en faveur de personnes de gauche, RAOUL LAPETITE étant militant de l’UNION
CALEDONIENNE depuis 1962 tandis que son fils JEAN-CLAUDE LAPETITE figurait sur une liste municipale du
PA.LI.KA. en 1983.
UNION CALEDONIENNE et PA.LI.KA., les deux principaux partis indépendantistes de NOUVELLE-CALEDONIE...
Bizarre-bizarre... Oui… bizarre-bizarre...

Là encore, je sais de quoi je parle car j’ai subi ce genre de témoignages devant une cour d’assises, moi aussi !
A la page 290 du tome 9 du MEMORIAL CALEDONIEN, MARIE-JOSEE VANHALLE est décrite comme étant
l’amie de MITRIDE et LAPETITE...
Si j’ignore les sentiments de MAURICE MITRIDE à ce sujet, RAOUL LAPETITE ne voulait plus entendre parler des
VANHALLE, du R.P.C.R., de JACKY JACQUES et autres WAHUZUE.

Au sujet de ce dernier, il convient de rectifier une erreur bien involontaire de ma part : Ce n’est pas FRANCK
WAHUZUE mais son frère NOEL WAHUZUE qui a été entendu par la cour d’assises du 19 octobre 1987, lors du
procès de l’affaire de TIENDANITE.

Des investigations plus poussées après ma libération le 25 juin 1998 ont permis de relever les faits suivants :

- NOEL WAHUZUE vit depuis fort longtemps avec une nièce de SIMONE LAPETITE, l’épouse et veuve de RAOUL
LAPETITE aujourd’hui décédé.
Ce petit ‘’détail’’ me semble très important dans ce drame plus que sordide sur de nombreux points.

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- Avant le boycott actif des élections du 18 novembre 1984 par le F.L.N.K.S., FRANCK WAHUZUE avait créé le 12
octobre 1984 un nouveau parti politique ( E P A. ) avec composition d’une liste électorale sur laquelle il espérait y
faire figurer le nom de RAOUL LAPETITE.
Dans cette optique eut lieu une petite cérémonie coutumière entre RAOUL LAPETITE et NOEL WAHUZUE
agissant pour le compte de son frère FRANCK.
Celle-ci se déroula en septembre 1984 au domicile de RAYMOND LAPETITE sis 2 rue BICHON LOGICOOP
NOUMEA.
RAYMOND LAPETITE n’est autre que le frère aîné de feu RAOUL LAPETITE.
Il y eut des échanges de présents afin de sceller les paroles prononcées lors de cette cérémonie, RAOUL
LAPETITE ayant accepté de figurer sur la liste de FRANCK WAHUZUE.
A l’inverse de son père, JEAN-CLAUDE LAPETITE ne s’associa pas à cette démarche en restant fidèle au
PA.LI.KA.

Le F.L.N.K.S. s’étant publiquement prononcé pour le boycott actif des élections du 18 novembre 1984, NOEL
WAHUZUE se rendit à HIENGHENE, quelques jours avant la date fatidique.
Au cours des discussions, RAOUL LAPETITE demanda de quelle manière il pouvait rester en contact avec son
interlocuteur, en cas de problème.
Réponse de NOEL WAHUZUE :
«Par téléphone, vous demandez ‘’ARAIGNEE’’ au S.T.A.G. et on passera immédiatement la communication.
Je saurai ainsi que c’est vous qui m’appelez. ».
Araignée comme le plan mortel portant le même nom n’est-ce pas ?
La conclusion s’impose d’elle-même !
Le S.T.A.G. est le service territorial de l’administration générale où NOEL WAHUZUE travaillait à l’époque des faits.
Il ‘’officiait’’ au sein du bureau des affaires autochtones rattaché à ce service.

Plus tard, au cours du procès d’assises du 19 octobre 1987, RAOUL LAPETITE s’emporta contre un NOEL
WAHUZUE très mal à l’aise en lui disant devant tout le monde : « ‘’Araignée’’ c’est toi ! ».
Ce mot clef avait été repris par un des avocats des 10 victimes kanakes, maître JEAN TUBIANA semble-t-il.
« ’’Araignée’’, c’est un nom de code n’ayant rien à voir avec ce drame… », dixit la très honorable
gendarmerie…Ben voyons !

Pour plus de précision sur ce point particulier, JOSEPH WANANIJE se rendit lui-même dans les locaux de RADIO
DJIDO afin d’obtenir les copies des K7 d’enregistrement du fameux procès de TIENDANITE.
Du 28 décembre 1998 au 15 janvier 1999 le personnel de cette radio soi-disant indépendantiste se moqua de lui en
lui faisant des promesses qu’il ne tint jamais, NICOLE WAIA et LUCIENNE MOEREOSE en particulier.
Toujours est-il que je ne sais toujours pas comment RAOUL LAPETITE avait pu obtenir ce renseignement
essentiel, à savoir la présence certaine de JEAN-MARIE TJIBAOU dans l’une des deux voitures du drame.
Il me paraît toutefois utile de préciser que FRANCK WAHUZUE était autrefois marié avec une personne très proche
de PAUL NEAOUTYINE.
PAUL NEAOUTYINE, l’ex-leader du F.L.N.K.S. ayant affirmé ne jamais avoir eu connaissance de tout ce que nous
avions découvert JOSEPH WANANIJE et moi-même, après avoir reçu à plusieurs reprises un dossier complet de
toutes nos plaintes par des moyens détournés.
Un silence parmi tant d’autres, de toute façon !

FRANCK WAHUZUE, une des têtes pensantes des actions du F.L.N.K.S. sur le terrain, comme la sanglante prise
d’otages de la gendarmerie de FAYAOUE OUVEA le 22 avril 1988.
Prise d’otages s’étant soldée par vingt cinq cadavres toutes ethnies confondues, les kanaks ayant la majorité
absolue avec dix neuf morts.
Dès lors, quel rôle a-t-il pu jouer dans l’assassinat de JOSE LAPETITE par un commando du F.L.N.K.S., le 29 avril
1988 à VOH dans la chaîne centrale ?
Le fait que FRANCK WAHUZUE ait été l’un des instigateurs de la prise d’otages d’OUVEA est un secret de
polichinelle.
En effet, cela avait été l’objet d’un jeu radiophonique sur RADIO DJIDO, genre questions / réponses avec petits
cadeaux aux gagnants.
Ce jeu s’était déroulé lors d’une commémoration du drame de GOSSANAH OUVEA, en 1994 ou 1995.

Voici quelques renseignements supplémentaires concernant l’attentat commis le 19 mai 1988 dans un immeuble de
la cité PIERRE LENQUETE à MONTRAVEL, lequel est décrit dans la présente plainte.
Celui-ci avait été commis en représailles de l’assassinat de JOSE LAPETITE le 29 avril 1988 à VOH.
Il y eut 4 blessés légers et non 2 comme indiqué dans la présente plainte.
JEAN-PIERRE COURTOT et PHILIPPE COURTOT en étaient les auteurs, JOSE LAPETITE étant leur cousin et
ami.
Pour certains kanaks indépendantistes, c’était là encore un secret de polichinelle comme je l’affirme dans la note
supplémentaire de la lettre du 09 juin 1996 adressée à REMY BRESIL ( voir chapitre « DIVERS » ).
Selon mon contact dans la police, ils n’avaient pas été arrêtés car la page du registre faisant office de main-
courante des patrouilles avait été arrachée par une main anonyme.

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Sur cette page figurait le signalement de la voiture de PHILIPPE COURTOT, à savoir une TOYOTA CELICA de
couleur bordeaux : Il avait été clairement identifié et devait être arrêté !

Ceci étant dit, à l’époque du fameux pot au snack-bar JAMICO, PAULETTE IXECO et NADINE PIDJOT étaient
fonctionnaires dans un service de l’administration d’état, près du haut-commissariat de la république à NOUMEA.
WEDOYE BEALO est employé au musée de NOUMEA, et il est l’auteur d’un brillant exposé sur la chefferie de
HIENGHENE dans un livre intitulé : « NOUVELLE-CALEDONIE D’AVANT 1914 ».
Celui-ci a été édité sous l’égide du ministère des départements et territoires d’outre-mer ( MEDETOM ) sis 27 rue
OUDINOT 75007 PARIS FRANCE.
De plus il est préfacé par l’ex-ministre des DOM-TOM LOUIS LE PENSEC.

Toujours au sujet du ‘’clan’’ LAPETITE retiré dans la chaîne centrale, il convient de signaler les agissements plus
qu’étranges de CLAUDE VALION.
CLAUDE VALION, maître en droit et receveur principal des douanes en FRANCE, était mandaté par GERARD
FUSIL pour l’organisation du RAID GAULOISE qui s’est déroulé en octobre 1991 en NOUVELLE-CALEDONIE.
Ainsi, au cours de la préparation de ce fameux ( ou fumeux ) RAID GAULOISE, CLAUDE VALION et 3 ou 4
équipiers avaient été hébergés chez RAOUL LAPETITE.
CLAUDE VALION avait fait miroiter à son interlocuteur le passage du RAID GAULOISE sur ses terres de location,
ce passage étant grassement rémunéré pour l’hébergement et la nourriture fournis pour ce raid à cet endroit.
RAOUL LAPETITE ne disposant d’aucun revenu à l’époque, fut très heureux de cette initiative lucrative et
ponctuelle.

Et c’est ainsi que CLAUDE VALION et son équipe établirent un relevé topographique précis de tous les chemins
permettant la traversée de la chaîne centrale dans cette région, de la côte ouest vers la côte est.
Un relevé topographique précis pour de multiples usages, n’est-ce pas ?
Ce ‘’travail’’ terminé, CLAUDE VALION fut ‘’désolé’’ d’annoncer à RAOUL LAPETITE que le RAID GAULOISE ne
pouvait pas passer par là, à cause de l’affaire de TIENDANITE.
Celui-ci avait ‘’découvert’’ avec des années de retard cette sanglante affaire qui avait défrayé les chroniques de
l’époque...
Affaire ayant connu un rebondissement mortel avec l’assassinat de JOSE LAPETITE le 29 avril 1988 en pleine
prise d’otages d’OUVEA, soit 3 an et demie seulement avant le RAID GAULOISE de NOUVELLE-CALEDONIE.
Il s’en foutait totalement en vérité, car il avait pu effectuer le ‘’petit travail’’ qui l’intéressait auprès de RAOUL
LAPETITE, à savoir :
- Relevé ‘’topographique’’ de tous les sentiers possibles et imaginables de la région.
- Aperçu du climat ‘’psychologique’’ chez les LAPETITE etc.
En effet, il ne faut jamais oublier qu’un pareil rapport d’analyse sur l’état psychologique de RAOUL LAPETITE fut
‘’découvert’’ dans notre dépôt clandestin sis 94 route de OUEMO MAGENTA.
Je sais donc de quoi je parle lorsque j‘affirme que RAOUL LAPETITE était sous haute surveillance de la part des
autorités françaises.
Qui donc parmi la population de ce pays avait été suffisamment ‘’motivé’’ pour un tel passage à l’acte pendant les
événements de 1984 ?
Passage à l’acte ayant coûté la vie de 10 militants indépendantistes kanaks dont deux frères de JEAN-MARIE
TJIBAOU, lui-même étant plus particulièrement visé.
Passage à l’acte très fortement encouragé par la carence des autorités françaises de l’époque, en plus d’autres
saloperies de services spéciaux bien tapis dans l’ombre…
C’est donc à ce titre, et uniquement à ce titre que RAOUL LAPETITE ‘’jouissait’’ d’une attention bien particulière de
la part de ces derniers ; une très haute surveillance en quelque sorte…

Mais revenons au RAID GAULOISE :
Après avoir abusé de la crédulité de son interlocuteur, CLAUDE VALION ‘’bon prince au grand cœur’’ accorda très
généreusement à la famille LAPETITE quelques paquets de nourriture lyophilisée, en précisant bien que ces
denrées étaient très coûteuses.
Dans la foulée de son départ, il fit un superbe cadeau à JOCELYN LAPETITE ( un fils de RAOUL LAPETITE ) : une
lampe dont le boîtier de piles s’accroche à la ceinture, le réflecteur étant maintenu sur le front avec une sangle
élastique...
Quel cadeau ! Une vraie lampe de gynécologue...
Si seulement cette lampe avait pu éclairer les intentions réelles de CLAUDE VALION, cet agent des douanes
françaises...

Toujours dans la même ligne de conduite hypocrite, il convient de rappeler la présence de PHILIPPE DE
DIEULEVEUT et de sa ‘’CHASSE AUX TRESORS’’ dans le sud de la NOUVELLE-CALDONIE le 08 décembre
1983.
PHILIPPE DE DIEULEVEUT et ses 6 compagnons disparus très mystérieusement en 1985 au ZAIRE...
Selon une déclaration vite démentie, ceux-ci auraient été éliminés par les services secrets zaïrois du président
MOBUTU SESE SEKO...
PHILIPPE DE DIEULEVEUT aurait appartenu à la D.G.S.E., ce que son frère JEAN DE DIEULEVEUT cherche à
élucider depuis bien des années, mais en vain !

                                                                                                                   42
Encore des agissements douteux et des morts mystérieuses dont JEAN DE DIEULEVEUT cherche encore à
comprendre les circonstances exactes.
Une association des victimes de l’AFRIQUE s’occuperait d’affaires similaires, dans le silence total des différents
gouvernements français ; celle-ci serait dirigée par un juge d’instruction français.

Il faut bien se dire que dans n’importe quel pays, les membres des services secrets ont toujours une couverture
officielle et très honorable ; sinon ils ne seraient pas ‘’secrets’’ !
Ce secret peut très bien avoir une belle façade comme le RAID GAULOISE ou autre, étant entendu que tous les
participants de ce genre de compétition sportive ne sont pas des agents de la D.G.S.E. ou je ne sais quelles
saloperies du même acabit.
Il n’empêche que ‘’certaines personnes’’ peuvent très bien s’y greffer officiellement, mais sans avoir le sport pour
unique mobile…
Quelle belle couverture que voilà pour entrer dans un pays étranger et y quérir toutes sortes de renseignements
bien utiles parfois…
Une façon bien discrète de joindre l’utile à l’agréable en quelque sorte…

Dans le présent dossier, il est fait mention de RAOUL LAPETITE et de ‘’ses amis les gendarmes’’... Etranges amis
en vérité, bien hypocrites pour certains comme ce gradé des patrouilles de la gendarmerie à cheval...
Celui-ci était arrivé avec ses hommes sans crier gare, seuls les aboiements des chiens nous prévenant d’une
présence inhabituelle dans les environs.
Toujours très hospitalier, RAOUL LAPETITE les avait accueillis en leur donnant une belle épaule de cerf pour leurs
repas, allant même jusqu’à faire nettoyer un emplacement dans sa cour pour leur campement.
Personnellement, je m’étais toujours méfié des forces de l’ordre et surtout de la gendarmerie au regard de l’attitude
de cette dernière pendant les événements.
Ils installèrent leur système de transmission et une grande antenne filaire en faisant des essais avec les différents
postes de gendarmerie dans les environs.
Je les surveillais toujours du coin de l’œil, et c’est ainsi que je surpris leur chef communiquant par radio les
numéros de tous nos véhicules stationnés à quelques kilomètres de là ; en effet la route menant chez RAOUL
LAPETITE n’avait pas encore été aménagée à cette époque.
J’avais tout de suite prévenu les autres dont DOMINIQUE ... , celui qui allait figurer plus tard sur la fameuse liste de
douze prénoms découverte dans le garage de OUEMO le 03 mars 1994.
DOMINIQUE … connu comme le ‘’loup blanc’’ et armé d’un revolver à la cuisse masqué par une veste militaire,
revolver que le gendarme en question tentait de voir aux moindres mouvements de l’intéressé…
Un vrai jeu de cache-cache sur fond de pseudo amitié militaire…
Il faut dire que sans faire étalage de nos fusils, nous étions toujours sur nos gardes, des rumeurs concernant la
sécurité des LAPETITE revenant sans cesse à nos oreilles ; certaines provenaient même du MONT-DORE à près
de 300 kilomètres de là.

Le soir même alors que nous étions tous attablés, j’aperçus quelqu’un dans le dos du convive me faisant face,
quelqu’un se tenant intentionnellement dans l’obscurité...
Prétextant je ne sais quoi, je m’étais levé discrètement afin d’en avoir le cœur net et je découvris le gradé en
question fumant une pipe tout en écoutant nos paroles.
Il était masqué par la toiture de peaux de niaoulis descendant très bas.
Je prévins les autres prudemment, mais la moutarde me montait très sérieusement au nez.
L’hospitalité même très naïve de RAOUL LAPETITE étant sacrée chez lui, je ne dis rien à ce gradé.
Un peu plus tard, RAOUL LAPETITE alla se baigner dans la rivière en contrebas, et c’est en voulant le rejoindre
que je butai sur ce gradé : Il était encore dans nos pattes !
« Vous êtes encore là, vous ! ».
Réponse du gradé :
« Je surveille la baignade de RAOUL LAPETITE... On ne sait jamais... ».
Là, tout était sorti d’un seul coup, et RAOUL LAPETITE dû intervenir pour calmer les esprits.
En aparté, je lui avais dit :
« Celui-là n’a qu’une seule chance, c’est d’être chez toi que je respecte, comme je respecte cet endroit. ».
Un ou deux jours plus tard, cette même brigade à cheval se perdit au cours d’une patrouille vers le col des
ARABES.
Là encore, RAOUL LAPETITE envoya son fils JEAN-CLAUDE pour les rechercher, tandis que j’avais déclaré :
« Qu’ils crèvent tous ! ».
Il pleuvait, il faisait froid, ils étaient perdus et l’un de ceux qu’ils espionnaient sous prétexte de sécurité, l’un de ceux
dont ‘’ils ’’s’étaient honteusement servis dans leur saloperie de plan araignée, les avait ramenés à bon port.
Quelle dérision, mais aussi quel vice !

Une raison de plus pour dire aux jurés de notre procès d’assises en 1996 :
« Les deux gendarmes qui sont venus témoigner devant vous ont du sang de TIENDANITE sur leurs chaussures !
».

Le 05 décembre 1984, date du massacre de TIENDANITE, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions
suivantes :

                                                                                                                          43
FRANÇOIS            MITTERAND             président de la république.
LAURENT             FABIUS                premier ministre.
ROBERT              BADINTER              ministre de la justice.
PIERRE              JOXE                  ministre de l’intérieur.
GEORGES             LEMOINE               ministre des DOM-TOM.
EDGARD              PISANI                haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE et
                                          délégué du gouvernement.
Nommé à ce poste le 1er décembre 1984, en place le 04 décembre 1984, il avait remplacé le préfet JACQUES
ROYNETTE dans ses fonctions.

Le 29 octobre 1986, date du non-lieu prononcé par le juge d’instruction FRANCOIS S..., les personnes ci-dessous
occupaient les fonctions suivantes :

FRANÇOIS            MITTERAND                     président de la république.
JACQUES             CHIRAC                        premier ministre.
ALBIN               CHALANDON                     ministre de la justice.
CHARLES             PASQUA                        ministre de l’intérieur.
BERNARD             PONS                          ministre des DOM-TOM.




                                                AFFAIRE ELOI MACHORO
D.G./W.J. :
En 1985, EDGARD PISANI estimait qu’il n’avait pas à rougir de la ‘’neutralisation’’ d’ELOI MACHORO, commissaire
politique du F.L.N.K.S., ainsi que de celle de MARCEL NONNARO, un de ses lieutenants.
Cette ‘’neutralisation’’ avait abouti à la mort pure et simple de ces deux personnes.
Cette action avait été menée par les tireurs du G.I.G.N. sur la propriété LAPELERIE, aux environs de La FOA.
Un fait mérite d’être signalé :
le tireur du G.I.G.N. qui a ‘’neutralisé’’ ELOI MACHORO connaissait personnellement ce dernier, car au cours d’une
mission aéroportée sur THIO, ce même tireur avait été humilié par celui-ci en compagnie d’autres membres du
G.I.G.N.

Cette humiliation mise en place avec la complicité d’une main occulte n’a jamais été élucidée !
En effet, alors que la région de THIO était prise en otage par les troupes du F.L.N.K.S., ces mêmes éléments du
G.I.G.N. étaient expédiés sur les lieux sans les culasses de leurs armes !

De plus, les troupes de ELOI MACHORO avaient été prévenues à l’avance de l’arrivée du G.I.G.N.
Etant attendues sur les lieux de l’atterrissage, celles-ci étaient rapidement neutralisées ( neutralisations non suivies
de décès ) et contraintes de courir en cadence sous les insultes et les quolibets des indépendantistes les encadrant
ainsi de THIO-MISSION à THIO-VILLAGE.
ELOI MACHORO avait même frappé au visage son futur ‘’neutralisateur’’.
CHRISTIAN BLANC, alors chef de cabinet du haut-commissaire de l’époque, s’était rendu sur place pour négocier
la libération des éléments du G.I.G.N. ridiculisés par cette action, mais ne déplorant aucun décès parmi eux.

Une question se pose :
Comment se fait-il que l’ordre de neutralisation ait été donné à une personne éprouvant un vif et légitime
ressentiment vis-à-vis de la personne à ‘’neutraliser’’ ?
N’est-ce pas là une subtile manipulation des troupes du G.I.G.N. basée sur le facteur humain ‘’vengeance légitime’’
( lettre E de l’effet M.I.C.E. ), face à l’humiliation reçue à THIO, peu de temps auparavant ?

- Qui commandait les troupes du G.I.G.N. à l’époque ?
- Qui a ôté les culasses des armes du G.I.G.N. ?
- Qui a prévenu les indépendantistes avant l’atterrissage des éléments du G.I.G.N. ?
Autant de questions sans réponse...

Ces faits étant couverts par une loi d’amnistie, le témoin, étant en plus un des acteurs de la scène d’humiliation,
pourra sans nul doute faire une déposition en bonne et due forme à titre d’information.

                                                                                                                     44
NOTE SUPPLEMENTAIRE
Comme je précise à maintes reprises, des erreurs involontaires de dates, noms propres ou autres peuvent être
relevées dans l’ensemble de ce document.
N’oublions pas que celui-ci déroge notablement de l’histoire officielle communément admise par l’opinion publique,
les recherches étant dans ce cas beaucoup plus fastidieuses et difficiles.
Après étude plus poussée, il s’avère que la scène d’humiliation des troupes du G.I.G.N. à THIO comporte bien des
lacunes ou erreurs, erreurs que l’on retrouve jusque dans le tome 9 du MEMORIAL CALEDONIEN, comme par
‘’hasard’’...

Ainsi cette anecdote y est décrite de la manière suivante à la page 53 :
Samedi 1er décembre 1984.
‘’Les gendarmes du G.I.G.N. sont envoyés à THIO et ‘’ramènent un semblant de calme’’ tandis que le village est
toujours tenu par les hommes d’ELOI MACHORO’’.

Ou encore à la page 293 dans le cadre du procès de l’affaire de TIENDANITE :
‘’Le directeur de cabinet JEAN-PIERRE HUGUES, qui s’était illustré quelques jours avant la fusillade en prévenant
MACHORO de l’intervention des forces de l’ordre à THIO’’.

Or, le 1er décembre 1984 vers 07 heures du matin, ELOI MACHORO fut aussi surpris que tous ses militants en
voyant 5 hélicoptères PUMA des forces de l’ordre faire un premier passage au-dessus de THIO, avant de se
séparer de la façon suivante :
- 4 vers THIO MISSION.
- 1 vers THIO VILLAGE.
Les 4 PUMA déposèrent environ 90 gendarmes mobiles sur le terrain de football de THIO-MISSION, qui furent
immédiatement encerclés par près de 400 hommes armés, ELOI MACHORO étant présent sur les lieux.
400 hommes sur les 1.100 recensés composant les troupes d’ELOI MACHORO, dont la plupart se trouvait dans le
mouchoir de poche constitué par cette région entourée de montagnes qui plus est. ( recensement officieux du
F.L.N.K.S. ).
L’autre hélicoptère déversa en même temps 14 ou 15 hommes du G.I.G.N. sans toucher le sol, avant le pont de
THIO.
Tous les hommes d’ELOI MACHORO étaient en alerte maximale après le passage des 5 PUMA au-dessus d’eux,
mais il faut bien préciser qu’ils vivaient sous tension permanente car ils tenaient toute cette zone sous leur contrôle,
population comprise ( routes coupées, très nombreux barrages armés etc. ).

Un autre détail très important :
Tous les membres des forces de l’ordre engagés dans cette opération étaient munis d’armes en parfait état de
fonctionnement.
Les rumeurs concernant l’absence de culasses ne sont qu’un mythe de plus destiné à masquer le grotesque fiasco
de cette opération de maintien de l’ordre complètement ratée.

De plus, la surprise non feinte d’ELOI MACHORO et les questions posées à son entourage lors du survol des 5
PUMA laissent à penser qu’il n’avait jamais été prévenu par le directeur de cabinet JEAN-PIERRE HUGUES.
Sans doute une foutaise de plus venant compléter la première, l’ensemble étant destiné à masquer le ridicule ayant
entaché ‘’l’honneur’’ des troupes françaises engagées dans cette opération de maintien de l’ordre.

Ridicules comme les 90 gendarmes mobiles contraints de parcourir la distance THIO-MISSION à THIO-VILLAGE
sous la menace des armes et des quolibets des indépendantistes.

Ridicules mais ayant leurs armes en bandoulière et en parfait état de fonctionnement ; je sais à présent qu’il y aurait
eu un véritable carnage si l’un de ces gendarmes mobiles avait tenté quelque manœuvre désespérée.

Ridicules comme les hommes du G.I.G.N. en noir, cagoulés, avec armes de poings opérationnelles, déversés en
même temps par l’autre PUMA près du pont de THIO, courant très rapidement en se jouant avec souplesse des
obstacles encombrant ce lieu vital reliant THIO-MISSION à THIO-VILLAGE.

Ridicules car se brisant le nez à l’autre extrémité sur une porte à bétail bardée de fil de fer barbelé, capitaine
PICON en tête ; celui-ci hurlait en brandissant son arme :
« Au nom de la FRANCE ! et patati et patata… ».
Il avait en face de lui une solide première ligne de feu indépendantiste suivie d’une deuxième ligne de feu équipée
de calibres 12, derrière et en contrebas de la précédente.
Le tout épaulé par 4 tireurs placés de part et d’autre du pont dans des pylônes désaffectés, tireurs équipés de
carabines à longue portée avec lunette de tir.
Le face à face armé dura jusqu’au moment où ELOI MACHORO se présenta sur place, les gendarmes mobiles
ayant été ‘’neutralisés’’ et sous bonne garde.
Toutes les forces de l’ordre devaient se rendre à la gendarmerie semble-t-il, ou y être regroupées pour une
meilleure surveillance...

                                                                                                                     45
Le capitaine PICON et ELOI MACHORO se retrouvèrent l’un en face de l’autre, le second demandant au premier
de reculer. Le capitaine PICON ne voulant rien entendre, ELOI MACHORO s’emporta et lui administra une gifle
magistrale en lui disant :
« Mais tu vas reculer toi ! » et paf !
Il y eut ensuite des négociations et toutes les forces de l’ordre purent rentrer à NOUMEA, sans un seul coup de feu
et sans qu’il ne leur manque une arme, une cartouche ou une grenade dont elles étaient pourvues en grandes
quantités.
Ainsi se termine cet épisode qui explique beaucoup plus clairement la ‘’neutralisation mortelle’’ d’ELOI MACHORO
le 12 janvier 1985.

En effet, celle-ci fut menée par le capitaine PICON 43 jours après l’humiliation reçue de la main même
d’ ELOI MACHORO.
Inutile de préciser que tous les membres du G.I.G.N. sont également des tireurs d’élites capables de loger une
balle pratiquement à l’endroit choisi, de par leur maîtrise et la qualité de l’arme utilisée pour ce faire, à savoir le fusil
F.R. / F.1 à l’époque.
La neutralisation mortelle d’ELOI MACHORO prend une toute autre dimension compte tenu de tous ces éléments
dont l’énumération n’est pourtant pas terminée...
Je reviendrai ultérieurement sur ces points de détail supplémentaires.

D’autre part, il ne me semble pas que CHRISTIAN BLANC eût mené les négociations sus-citées à THIO, comme il
est indiqué dans la présente plainte.
En effet, JACQUES ROYNETTE était encore le haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE le
1er décembre 1984, date de cette anecdote plus que ridicule.
JEAN-PIERRE HUGUES était directeur de son cabinet tandis que CHRISTIAN RICARDO était chef de ce même
cabinet ( dixit le MEMORIAL CALEDONIEN tome 9 ).
Je ne connais absolument pas la différence entre un directeur de cabinet et un chef de cabinet du haut-
commissaire de la république en NOUVELLE-CALDONIE.

Le 1er décembre 1984, EDGARD PISANI fut nommé haut-commissaire de la république et délégué du
gouvernement en NOUVELLE-CALEDONIE, en remplacement du préfet JACQUES ROYNETTE à ce poste.
EDGARD PISANI arriva effectivement sur le territoire le 04 décembre 1984, la veille du drame de TIENDANITE
occasionné par le plan araignée, comme par ‘’hasard’’...
Pendant cette période de grands troubles, CHRISTIAN BLANC fut le directeur de cabinet d’EDGARD PISANI de
décembre 1984 à juin 1985, le temps de ‘’neutraliser’’ ELOI MACHORO le 12 janvier 1985 soit le lendemain de
l’assassinat du jeune TUAL au pied du col de NASSIRAH, comme par ‘’hasard’’...

Après la boucherie d’OUVEA le 05 mai 1988 ayant occasionné 25 morts au total, CHRISTIAN BLANC était revenu
en NOUVELLE-CALEDONIE le 20 mai 1988, en ‘’missionnaire de la paix’’ après avoir été missionnaire de la peur...
Le jour et la nuit, en quelque sorte...
‘’DOCTEUR JEKILL et MISTER HYDE’’ serait très certainement beaucoup plus juste ,n’est-ce pas ?
En effet, après avoir accompagné EDGARD PISANI dans une des périodes les plus violentes qu’aient connues la
NOUVELLE-CALEDONIE, CHRISTIAN BLANC fut chargé d’une mission d’approche et de dialogue sur le territoire
par le nouveau premier ministre MICHEL ROCARD.
Cette ‘’mission de la paix’’ était composée de la façon suivante :

CHRISTIAN           BLANC                         responsable de ladite mission.
JEAN-CLAUDE         PERRIER                       conseiller d’état.
PIERRE              STEINMETZ                     sous-préfet et ancien directeur de cabinet de RAYMOND BARRE.
PAUL                GUIBERTEAU                    recteur de l’enseignement catholique de PARIS.
JACQUES             STEWART                       président de la fédération protestante de FRANCE.
ROGER               LERAY                         ancien grand maître du grand orient de FRANCE

Une mission couronnée de succès qui amena les fameux accords de MATIGNON ; fameux car ils couvrent pas mal
de choses bizarres...

Le 12 janvier 1985, date de la ‘’neutralisation’’ mortelle d’ELOI MACHORO et de MARCEL NONNARO, les
personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :

FRANÇOIS            MITTERAND                       président de la république.
LAURENT             FABIUS                          premier ministre.
ROBERT              BADINTER                        ministre de la justice.
PIERRE              JOXE                            ministre de l’intérieur.( voir chap. « FRANC-MAÇONNERIE » ).
GEORGES             LEMOINE                         ministre des DOM-TOM ( voir chap. « FRANC-MACONNERIE » ).
EDGARD              PISANI                          haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE
                                                    et délégué du gouvernement.



                                                                                                                          46
Il convient bien de préciser que cette ‘’neutralisation’’ eut lieu dans le cadre de l’opération judiciaire concernant
l’assassinat du jeune YVES TUAL...
Une belle justification que voilà et au bon moment qui plus est !
ELOI MACHORO fut atteint par une balle du G.I.G.N. à la poitrine à 06 h 11 mn pour mourir à 06 h 50 mn...
39 minutes pour s’éteindre !
Cette opération de ‘’neutralisation’’ prévue par les autorités françaises ne comportait curieusement aucun médecin
sur place, malgré les tirs essuyés par la gendarmerie dès 05 h 35 mn...

C’est ainsi que le 13 janvier 1985, EDGARD PISANI précise dans son compte rendu adressé au premier ministre
LAURENT FABIUS :

« A 06 h 25 mn, le médecin de gendarmerie amené sur place à cause des risques que couraient les hommes
engagés, constate la mort de MARCEL NONNARO et prodigue des soins à ELOI MACHORO qui décède à 06 h 50
mn. ».

Ce médecin de gendarmerie ne fut effectivement sur place qu’à 06 h 25 mn, soit 14 minutes après ‘’les tirs de
neutralisation’’… bizarre… bizarre…
Cette histoire confirmerait les paroles d’un de mes cousins qui était dans les environs, parmi ceux que les
indépendantistes appellent les ‘’fachos’’. Il était venu en renfort alors que j’étais quant à moi placé avec d’autres
hommes sur la propriété de PATRICK DEVAUD, à OUITCHAMBO BOULOUPARI.
Placé par HENRI MORINI lui-même, celui qui affirmait tout haut qu’il ne me connaissait pas devant la cour
d’assises des 24 / 25-26 / avril 1996, il faut bien le préciser !
A l’époque je ne m’étais pas encore vraiment rendu compte de tout le cinéma du R.P.C.R., et il fallait parer au plus
pressé car les maisons brûlaient.
C’est d’ailleurs chez PATRICK DEVAUD que j’appris la mort d’ELOI MACHORO.
J’étais au sommet d’une colline en compagnie de JACKY UICHI car c’était notre tour de garde, et nous étions
armés et équipés d’un walkie-talkie grâce auquel nous apprîmes la nouvelle.

Quelque temps après la mort d’ELOI MACHORO, mon cousin me dit la chose suivante :
« Tu sais, ELOI MACHORO, ‘’ils’’ l’ont laissé crever tout seul ; un petit pansement et terminé...
Et le gars qui l’a descendu, c’est un des mecs du G.I.G.N. qui était à THIO.
Il a dit à l’autre tireur : « laisse-le moi celui-là ! » en parlant de MACHORO... ».
Telles auraient été sur place les paroles du gendarme PICON, du groupe d’intervention de la gendarmerie
nationale, le trop fameux G.I.G.N.

Le 27 avril 1988, le capitaine PICON figurait parmi les otages de la grotte de GOSSANAH             OUVEA, et il eut
beaucoup de chance de ne pas être reconnu par les indépendantistes...

Une question toutefois :
Pourquoi ELOI MACHORO et une partie de ses hommes sont-ils sortis du château fort naturel de la région de THIO
qu’ils contrôlaient parfaitement, population calédonienne y compris ?
Oui, pourquoi avoir abandonné cette place forte de THIO ?
Etant né le 16 janvier 1946 à NAKETY, il connaissait parfaitement la région minière de THIO située juste à côté.
Oui, pourquoi est-il sorti d’une zone montagneuse qu’il tenait avec ses hommes, pour aller se faire ‘’neutraliser’’ sur
la propriété LAPELERIE ?
La région de La FOA qu’il visait est plus particulièrement plate, donc plus difficilement défendable par rapport à la
région de THIO.
Et si ‘’on’’ l’avait fait sortir exprès car n’étant plus ‘’contrôlable’’...
Quelqu’un de confiance, par exemple...
Quoi qu’il en soit, je n’ai pas la réponse de cette énigme mais une chose est certaine :
Je n’ai jamais vu toutes les victimes des viols dont ‘’on’’ a accusé ses troupes et lui pendant le siège de THIO,
même après la libération de cette région.

La rumeur publique est un monstre qui se nourrit de paroles, mais au regard de l’ensemble de ce dossier, je doute
à présent que cette rumeur n’ait été que publique !

Bien sûr, il y eut le ramassage des armes des calédoniens par les troupes d’ELOI MACHORO, ramassage qu’ils
‘’n’avalèrent’’ jamais, mais peut être était-ce mieux ainsi avec le recul du temps...
Du sang aurait pu couler sur du sang, pendant que ‘’quelqu’un’’ d’autre tirait les ficelles des pauvres marionnettes
de ce pays... ‘’Quelqu’un’’ situé à 22 000 kilomètres par exemple !

Bien sûr il y eut le corps sans vie du boucher de THIO, DANIEL GORGE, retrouvé dans une rivière quelques jours
après le 26 novembre 1984 :
Accident ou…meurtre ? Dieu seul le sait !

Bien sûr il y eut la mort du jeune YVES TUAL, 17 ans, le 11 janvier 1985 sur la propriété de ses parents à
NASSIRAH. Une balle en pleine tête occasionnant une émeute loyaliste à NOUMEA.

                                                                                                                    47
Une balle en pleine tête d’un jeune calédonien, justifiant ainsi très largement les ‘’neutralisations’’ d’ELOI
MACHORO et de monsieur MARCEL NONNARO le 12 janvier 1985, soit un jour plus tard...
Une balle bien à propos n’est-ce pas EDGARD PISANI ?
Un ‘’B.E.L.’’ enchaînement, il faut le dire...

Et que dire des trois longues années de détention provisoire effectuées par MAURICE MOINDOU, en tant
qu’assassin présumé du jeune YVES TUAL ?
YVES TUAL était le neveu du maire de THIO, ROGER GAILLOT.

Une cible de choix que ce pauvre jeune homme sacrifié sur l’autel de la politique et du... nickel calédonien.
Une place publique de NOUMEA porte son nom désormais mais cela lui fait une belle jambe là où il est maintenant
!

Mais revenons aux trois années de détention préventive de MAURICE MOINDOU, jeune militant du F.L.N.K.S. à
l’époque :
Comme par ‘’hasard’’, celui-ci fut libéré le 18 mai 1988 soit 13 jours après la boucherie de GOSSANAH, laquelle
suivait la boucherie de la gendarmerie de FAYAOUE le 22 avril 1988.
Libération au grand dam des loyalistes, bien sûr...
Un détail important mérite d’être signalé :
Après trois années sans jugement, MAURICE MOINDOU fut libéré à la suite d’un vice de procédure, encore un !
Un vice de procédure ‘’découvert’’ au bon moment par maître GUSTAVE TEHIO...
Bien sûr, MAURICE MOINDOU fut jugé devant la cour d’assises de PARIS en 1991, en même tant que CLAUDE
KAOUA qui lui comparaissait pour le meurtre de LUCIEN GEORGE le 19 avril 1985.
MAURICE MOINDOU fut reconnu coupable, mais libéré en vertu de la deuxième loi d’amnistie couvrant la
NOUVELLE-CALEDONIE.

Or, d’après les quelques renseignements dont nous disposions à l’époque, MAURICE MOINDOU n’était pas
l’assassin du jeune YVES TUAL.
Je lui avais dit cela en 1987, après avoir été déplacé dans sa cellule sur ma demande ( nous étions à l’infirmerie ), il
m’avait répondu à ce moment là :
«Ce n’est pas moi qui ai tué YVES TUAL ! ».
Là encore, dieu seul connaît le véritable assassin...

Cette analyse serait incomplète si je ne rapportais pas les faits suivants :
Le 08 janvier 1985, soit 3 jours avant l’assassinat d’YVES TUAL, un convoi de véhicules comprenant de
nombreuses bétaillères s’était arrêté justement devant l’habitation des parents du jeune YVES TUAL, au pied du col
de NASSIRAH.
Il y avait là un contrôle de gendarmerie important et très pointilleux, car ce convoi dont mon cousin et moi faisions
partie devait procéder à la récupération d’un troupeau de bétail de GHISLAIN SANTACROCE, à THIO.
Cette opération fut menée sous la très haute surveillance de la gendarmerie.
( très haute à cause de l’hélicoptère de la gendarmerie qui tournait sans arrêt au-dessus de nous... ).

En plus d’un petit troupeau de 200 têtes de bétail environ, nous avions procédé à toute la récupération possible de
matériel, entendant parfois quelques insultes indépendantistes au loin.
Je précise que je ne connaissais pas GHISLAIN SANTACROCE, ni la famille TUAL, mais je me souviendrai
toujours de la gentillesse d’YVES TUAL venu nous offrir des boissons gazeuses fraîches, sous un soleil de plomb
là-bas.
Il n’y eut aucun accrochage avec les indépendantistes, et une partie du bétail récupéré fut lâchée dans les
pâturages des parents d’YVES TUAL, au retour.
C’était justement à son père que j’avais dit la phrase suivante :
« On a repris le garde manger là-haut, maintenant il faut faire très attention... ».
Trois jours après, YVES TUAL fut abattu à cet endroit et il n’avait que 17 ans.
Voilà pourquoi cette phrase est gravée à jamais dans ma mémoire !

THIO-LA-HONTE, mais aussi THIO-LA-MEURTRIE, THIO-CAMP-DES-SAPINS dont les installations minières
S.L.N. furent grandement sabotées le 21 janvier 1985 par l’équipe CHEDORGES / VALENTI.
Il paraît que ce sabotage remontait en réalité au 16 janvier 1985.

A l’époque, JACKY UICHI m’avait donné les précisions suivantes au sujet de cette affaire :
Il m’avait averti que le commanditaire de ce sabotage n’était autre que le maire de THIO ROGER GAILLOT, mais
cette information s’avéra fausse par la suite.
CHRISTIAN CHEDORGES et JEAN-PIERRE VALENTI devaient recevoir une certaine somme d’argent pour cette
mission de sabotage, mais il semblerait qu’ils aient eu quelques difficultés pour se faire payer ensuite...

C’est ainsi, toujours selon JACKY UICHI devenu ‘’amnésique’’ maintenant, que CHRISTIAN CHEDORGES avait
menacé HENRI MORINI au KUENDU BEACH à NOUVILLE.
Ses paroles auraient été les suivantes :

                                                                                                                     48
«J’ai fait le travail, maintenant il faut payer sinon boum ! ».
En disant « boum ! », il aurait pointé son interlocuteur en imitant une arme avec sa main.

Si mes souvenirs sont exacts, il aurait perçu une somme de 2 000 000 CFP pour ce sabotage en provenance de
JACQUES LAFLEUR, et non de ROGER GAILLOT cité précédemment.
JEAN-PIERRE VALENTI n’aurait quant à lui rien perçu, et ayant fait sa connaissance beaucoup plus tard, il ne
voulut rien me dire sur cette affaire sinon qu’il n’avait jamais rien reçu.
CHRISTIAN CHEDORGES était un ancien militaire ayant exercé les fonctions de restaurateur au COQ HARDI, sis
16 rue BOUGAINVILLE FAUBOURG BLANCHOT, et ses affaires n’étaient pas très florissantes.

Un avocat calédonien maître ERIC LAFLEUR, s’était même retrouvé en possession de photographies aériennes du
site minier du CAMP DES SAPINS, mais très curieusement on n’entendit plus parler de cette étrange affaire de
sabotage.
Une première loi d’amnistie avait finalement couvert les auteurs de cette action, comme d’autres personnes du
camp opposé dans d’autres affaires.
Après ma libération du pénitencier, je fus amené à contacter ROGER GAILLOT afin de comprendre ce sabotage du
CAMP DES SAPINS.
Celui-ci m’accorda un entretien le 04 février 1999, et me précisa qu’il avait effectivement été mêlé à cette affaire,
mais en tant que victime.

En effet, c’était après avoir hébergé l’équipe CHEDORGES / VALENTI pendant une semaine environ sur sa
propriété de OUENGHI, que ses ennuis commencèrent.
Cet hébergement avait eu lieu dans le cadre du renforcement de la sécurité des colons isolés par des volontaires,
une pratique courante à cette époque où les maisons brûlaient plus vite qu’elles ne se construisaient.
Bien loin d’être innombrables, ces volontaires étaient acceptés avec soulagement par les colons en question, sans
avoir à présenter de papiers d’identité ou un extrait de casier judiciaire…

Le sabotage sus-cité ayant été commis après ledit hébergement c’est tout ‘’naturellement’’ que la maréchaussée
débarqua chez ROGER GAILLOT…
Je passe sur bien des détails, hormis sur l’acharnement dont fit preuve le colonel de gendarmerie MARCHASSON
à l’égard de ROGER GAILLOT, lequel finit tout de même par être lavé de tout soupçon.
Un colonel MARCHASSON qui eut bien du mal à expliquer la passivité de ses troupes lors du procès de l’affaire de
TIENDANITE le 19 octobre 1987 à NOUMEA, soit dit en passant…

Mais revenons plus particulièrement à l’ancien baroudeur qu’était CHRISTIAN CHEDORGES.
En effet, alors qu’il était en cavale car formellement identifié dans cette affaire de sabotage minier, celui-ci se rendit
seul et sans véhicule dans la cour de l’habitation de ROGER GAILLOT, au crépuscule. Il venait demander de
l’argent à ce dernier, ainsi qu’un moyen de quitter le territoire pour aller en AUSTRALIE. ( ROGER GAILLOT
possédait un avion personnel à l’époque, en plus d’être pilote ).
Devant un refus plus que catégorique, CHRISTIAN CHEDORGES demanda à son interlocuteur de le conduire lui-
même vers un autre endroit.
Réponse de ROGER GAILLOT :
« Je ne vous ai jamais rien demandé et surtout pas de saboter le CAMP DES SAPINS ; je vous trouve seul la nuit
et à pied dans ma cour, alors retournez d’où vous venez ! ».

Et CHRISTIAN CHEDORGES s’en alla comme il était venu, sauf que le lendemain matin ROGER GAILLOT fut
convoqué par le juge d’instruction en charge de ce dossier de sabotage.
ROGER GAILLOT ne put alors s’empêcher de dire :
« Là c’est un peu gros ! CHEDORGES était dans ma cour hier soir, et vous me convoquez ce matin… ».
Quelque temps plus tard, ROGER GAILLOT apprit que des personnes ‘’un peu spéciales’’ l’avaient attendu cette
nuit-là à la sortie de sa propriété.
Elles auraient été très heureuses de ‘’découvrir’’ CHRISTIAN CHEDORGES à ses côtés…

Ceci étant dit, je me rendis ensuite à THIO par deux fois pendant les événements de 1984.

- Une fois pour aider au déménagement de RENE ANDRY habitant THIO-BOTA-MERE en tant qu’employé du
centre minier de la S.L.N. / THIO.
Il s’était fait ‘’tabasser’’ par des jeunes du F.L.N.K.S., et avait reçu quelques coups de barre de fer dans le dos.
Je ne connaissais pas les raisons exactes de ce ‘’tabassage’’, mais j’avais aidé sa famille à déménager vers
NOUMEA, tout l’ameublement ayant été déposé dans un dock de la S.L.N. à NOUMEA.
Là encore je précise que je ne connaissais pas cette famille.
Sur le chemin du retour, la gendarmerie plus que pointilleuse procéda à un contrôle d’identité dans le col de
NASSIRAH.
Oui on peut dire qu’elle a vraiment brillé cette gendarmerie, surtout pendant les événements !

- Une autre fois pour livrer 600 ou 700 kilogrammes de farine à la boulangerie de la famille MOULEDOUS à THIO.
En effet, après la libération de cette région , aucun colporteur ne voulait se rendre là-bas.

                                                                                                                       49
C’est ainsi qu’un ami, ROY CHEVAL époux de MICKAELA MOULEDOUS, me demanda de l’aider à transporter
cette farine dans un fourgon RENAULT de NOUMEA vers THIO.
Cet approvisionnement se fit sans encombre, mais l’ambiance était tendue, plutôt morose.

Cette même boulangerie fut détruite le 15 novembre 1986 à la suite d’une réunion publique du R.P.C.R. ayant
dégénéré sur le chemin du retour, à la hauteur de la tribu de SAINT-PHILIPPO 1
C’est du reste ce jour-là que le jeune TOURNIER-FELS âgé de 15 ans fut abattu, et que GEORGES MERER fut
blessé par arme à feu également.




                                       TRAFICS D’ARMES EN AUSTRALIE
D.G. :
Dans le périodique bimensuel COMBAT OUVRIER, organe officiel de l’U.S.T.K.E., un article très intéressant intitulé
O.A.S. dans le numéro 28 du 20 mars 1994 fait référence à l’affaire BONDALETOFF.
JEAN-NICOLAS BONDALETOFF alors skipper d’un voilier appartenant aux frères DOMINIQUE et PAUL VUVIET,
était arrêté en AUSTRALIE pour trafic d’armes en 1985.
JEAN-NICOLAS BONDALETOFF étant calédonien de souche européenne de même que l’équipage, il était tout à
fait normal de penser que les armes étaient destinées au camp loyaliste, ce que tout le monde a cru nous y
compris.

Là où le bas blesse, c’est que ces armes ont été achetées par EDMOND NEKIRIAÏ alors leader de l’U.P.M., et que
les transactions ont été effectuées dans l’habitation de JOACHIM WAHEMUNEME, dans le voisinage du pont de
SYDNEY.
JOACHIM WAHEMUNEME dit JOE, est un kanak originaire de LIFOU connu comme étant salarié de la CAFAT,
plus particulièrement chargé de l’assistance des malades calédoniens se faisant soigner en AUSTRALIE.
JOACHIM WAHEMUNEME ne savait absolument pas se qui se passait dans sa maison, et il eut de ce fait
quelques ennuis avec la police australienne qui se sont heureusement arrangés par la suite.
C’est une personne correcte et non-violente, qui a été profondément déçue par cette affaire.

Fait important :
Si les armes étaient achetées et destinées aux troupes du F.L.N.K.S. par le biais d’EDMOND NEKIRIAÏ
indépendantiste notoire, comment se fait-il que toute l’infrastructure mise en place pour ce trafic ait été composée
de nombreux calédoniens ‘’loyalistes’’ ?
De plus, aucune arme n’a été fournie au F.L.N.K.S. puisqu’elles ont toutes été saisies par la police australienne.

Fait également important :
J’ai été contacté par GERARD LUDEAU, employé au port autonome de NOUMEA, juste avant l’arrestation de
JEAN-NICOLAS BONDALETOFF en AUSTRALIE.
Il est inutile de préciser l’appartenance de GERARD LUDEAU au camp ‘’loyaliste’’, celui-ci s’étant trouvé en même
temps que moi sur la propriété de PATRICK DEVAUD à BOULOUPARI, pendant les événements de 1984.
Au cours de ce contact, ce dernier me posa la question suivante :
« GUY, est-ce que tu es au courant d’un achat d’armes pour notre cause en AUSTRALIE, est-ce que tu connais les
frères VUVIET, propriétaires d’un voilier ( BRIEU 2 il me semble ), ils vont être arrêtés... ».
Je lui avais répondu :
« Je ne suis pas au courant de cette opération mais je les connais, ils sont de notre bord ; je vais tout de suite les
prévenir et merci pour les renseignements... ».
J’étais allé ensuite au magasin LA COLOMBE sis 1 rue PAUL LEYRAUD VALLEE DES COLONS afin de prévenir
un des frères qui était resté pour gérer le magasin.
( je confonds toujours les prénoms, mais c’est le plus âgé que j’avais prévenu ).
C’était pratiquement trop tard car l’affaire éclatait au grand jour peu de temps après, et nous portions le chapeau
pour un trafic d’armes destinées et achetées par le F.L.N.K.S.!
Il n’y a qu’à se remémorer les journaux de l’époque ainsi que les émissions télévisées sur F.R.3 ( R.F.O.
maintenant ).
J’ai découvert la vérité partielle sur cette affaire il y a un an et demi seulement, à savoir qu’EDMOND NEKIRIAÏ était
l’acheteur véritable de ces armes.
Cette opération, chef-d’œuvre de manipulation, avait été menée de main de maître les kanaks n’ayant jamais reçu
les armes et nous, camp ‘’loyaliste’’ étions responsables aux yeux du monde !
( nous avons bien reçu quelques armes d’AUSTRALIE, mais pas par cette filière ).

Je connais suffisamment les kanaks pour savoir qu’ils ne sont pas aussi vicieux, aussi pourris et manipulateurs
pour monter un chassé-croisé aussi parfait, mais peut-être qu’EDMOND NEKIRIAÎ que je respecte en tant que
guerrier, voudra s’il le désire, éclairer les zones d’ombres de cette affaire qui précisons-le, est couverte par une loi
d’amnistie.
Il y a un an et demi, j’avais pensé : « Les fumiers de Viets, ils nous ont bien baisés ! ».

                                                                                                                     50
A la lumière de tout ce que je sais à présent, je peux affirmer :
« Kanaks, caldoches, médias, nous nous sommes tous fait avoir ! ».

NOTE SUPPLEMENTAIRE
En ce qui concerne les médias et vu leur utilisation actuelle, j’ai de très sérieux doutes qu’ils se soient faits rouler
comme nous...
En fait, se serait plutôt le contraire en contribuant très largement à l’imposture dont le camp loyaliste a fait l’objet
dans cette affaire de trafic d’armes en AUSTRALIE.

Le 05 mars 1985, en pleine période des événements, JEAN-NICOLAS BONDALETOFF, VUVIET CHUAN PAUL,
VU NGOC LY et ALAIN GRELIER étaient arrêtés près de BRISBANE, en AUSTRALIE.
Accusés de préparer une livraison d’armes aux loyalistes, ils étaient jugés puis libérés le 17 avril 1985.
BRISBANE, et non SYDNEY où eut lieu la transaction menée paraît-il par EDMOND NEKIRIAÏ dans la maison de
JOACHIM WAHEMUNEME...
Au tout début de la mise en commun de nos connaissances au bloc C d’isolement, j’avais dit à JOSEPH
WANANIJE : « JOSEPH, je ne te mens pas et je vais te le prouver d’une manière incontestable ! ».
Cette preuve était en fait cette affaire de trafic d’armes en AUSTRALIE, trafic mené par EDMOND NEKIRIAÏ, leader
indépendantiste de l’UNION PROGRESSISTE MELANESIENNE ( U.P.M. ).

JOSEPH WANANIJE et moi-même savions parfaitement que nos conversations avec les gardiens ‘’kanaks et
caldoches’’ étaient répétées à l’extérieur du pénitencier.
YVES DUPAS, directeur du CAMP-EST, m’avait d’ailleurs convoqué un jour pour me dire :
« Je ne veux pas que vous parliez aux gardiens... Nous avons les moyens de vous faire taire... ».
La vérité était dérangeante, trop dérangeante même, et pour beaucoup plus de monde que nous ne le pensions
initialement tous les deux...
Cela, nous devions le découvrir à nos dépens beaucoup plus tard, quand aucun leader politique dûment informé ne
fit le nécessaire pour faire apparaître toute la vérité au grand jour !
Ce fut même le contraire qui se produisit, car tout, je dis bien tout fut mis en place pour l’étouffer, cette vérité trop
dérangeante !
Peu de temps après ces fuites volontaires le père de JOSEPH, ALPHONSE WANANIJE, rencontra par hasard
EDMOND NEKIKIAI dans un café du centre-ville.
Ce dernier dit alors au père de JOSEPH :
« Mais pourquoi ton fils a-t-il attendu d’être en prison pour dire tout cela maintenant ? ».
La réponse était pourtant bien évidente car JOSEPH WANANIJE ne pouvait ni savoir ni comprendre tout ce qui se
cachait dans le monde politique pourri. ( tout comme moi d’ailleurs ! )

C’est grâce aux renseignements de CHRISTIAN BOUCHAUD résidant à SYDNEY AUSTRALIE que je parvins à
découvrir ce pot aux roses, et JOACHIM WAHAMUNEME est un de ses amis.
Au-delà de ce petit chef-d’œuvre de manipulation, une question de taille se pose :
Comment se fait-il qu’un obscur militant caldoche ait découvert ce pot aux roses, et que les enquêteurs australiens
n’aient jamais rien dit au sujet du F.L.N.K.S., le véritable acheteur de ces armes ?
JOACHIM WAHEMUNEME dont le domicile à SYDNEY avait été utilisé sans qu’il en ait su la finalité, avait pourtant
bien été interrogé par ces mêmes enquêteurs australiens, et nul ne me fera croire à présent que la police
australienne n’avait pas découvert bien avant moi toute la vérité sur cette affaire.
Dès lors, pourquoi les autorités australiennes sont-elles restées silencieuses sur l’identité du véritable acheteur de
ces armes, en laissant le camp loyaliste être accusé de tous les vices de la terre ?
Quels que soient les drapeaux et les hommes politiques, ceux qui sont au sommet des pyramides du pouvoir se
rendent parfois de ‘’petits services’’ comme celui-ci, surtout quand il s’agit de laisser la masse populaire d’un pays
se baigner dans sa propre ignorance...

Le 05 mars 1985, date de la découverte de ce trafic d’armes, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions
suivantes :

FRANÇOIS            MITTERAND                     président de la république.
LAURENT             FABIUS                        premier ministre.
ROBERT              BADINTER                      ministre de la justice.
PIERRE              JOXE                          ministre de l’intérieur.
GEORGES             LEMOINE                       ministre des DOM-TOM.
EDGARD              PISANI                        haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE
                                                  et délégué du gouvernement.

La station locale de télévision d’état F.R. 3 est devenue R.F.O. le 1er janvier 1983, ceci étant précisé en rectification
de l’erreur figurant dans la présente affaire.

Le jeudi 07 janvier 1999, j’ai moi-même appelé CHRISTIAN BOUCHAUD à son domicile de SYDNEY.
Celui-ci ne m’a absolument pas confirmé qu’EDMOND NEKIRIAI était l’unique acheteur des armes sus-citées.


                                                                                                                      51
Par contre, il m’a affirmé que le trafic en question avait bien été mené en AUSTRALIE par les plus hautes instances
dirigeantes du F.L.N.K.S.
Or à l’époque des faits, EDMOND NEKIRIAI faisait partie des instances dirigeantes du F.L.N.K.S., en tant que
leader de L’UNION PROGRESSISTE MELANESIENNE, l’U.P.M. étant une composante du F.L.N.K.S., parmi
d’autres.
Y eut-il non pas une mais deux tentatives séparées et opposées de trafics d’armes en AUSTRALIE, au même
moment ?
J’en doute personnellement au regard des capacités plus que machiavélique des services spéciaux français et de
la pourriture locale, mais dieu seul le sait encore une fois…
                                                   TIREURS ISOLES
D.G. :
Pendant les événements de 1984 / 1985, RICHARD GAUZERE perdait complètement la vue au rond-point du
PACIFIQUE, à cause d’un tir de grenade de la part d’un membre des forces de l’ordre ( C.R.S. ).
RICHARD GAUZERE n’a jamais lancé une seule pierre ou frappé un C.R.S. au moment des faits ; des témoins se
trouvant à côté de lui pourront le confirmer.
Pourquoi un tir tendu dans ce cas, dans une zone relativement tranquille ?
La zone dangereuse était plus loin, du côté du local de l’AVENIR CALEDONIEN, où nous nous affrontions avec les
indépendantistes.

Ce même jour, un peu avant cet ‘’accident’’, LUCIEN MORAND a été blessé par balle.
Celle-ci a pénétré par le dessus de l’épaule, longé l’humérus gauche pour le briser dans la partie haute du biceps.
Cette balle est encore dans son bras à ce jour.
Il est intéressant de préciser que ce dernier a été blessé lors d’un repli vers le rond-point du PACIFIQUE, les
indépendantistes étant à ce moment précis en contre-attaque, en provenance du local de l’AVENIR CALEDONIEN.
Ils étaient donc derrière nous, LUCIEN MORAND courait en leur tournant le dos et des ‘’loyalistes’’ faisaient écran
entre lui et les kanaks.

Ce qui est étrange, c’est que d’après l’angle de tir, le tireur ne pouvait qu’être posté à la hauteur de la fameuse
COLLINE AUX OISEAUX, là où parfaitement visibles des C.R.S. nous arrosaient de grenades…
Outre LUCIEN MORAND, JACKY UICHI, SERGE GASTALDI et moi étions sur les lieux en même temps.
LUCIEN MORAND avait été hospitalisé un peu plus tard.
Je précise qu’il n’y avait pas un seul kanak à cet endroit, mais seulement des ‘’forces de l’ordre’’...
Des personnes d’un genre un peu spécial ne sont-elles pas hébergées parfois dans les villas de la fameuse
COLLINE AUX OISEAUX, surtout la dernière au fond du cul-de-sac contre la montagne ?

Bien sûr, les faits relatés ci-dessus sont anciens et couverts par une loi d’amnistie, mais en matière de ‘’tireur isolé’’
je me pose des questions :

- Qui a tué le jeune CELESTIN ZONGO, le même jour où LUCIEN MORAND a été blessé par un ‘’inconnu’’, à
quelques mètres du lieu où RICHARD GAÜZERE a lui aussi été grièvement blessé par un membre des C.R.S.
jamais identifié ?

- Qui a tué SANGARNE à PONERIHOUEN ?

- Qui a tué le jeune FELS à THIO ?
Les circonstances ayant été exceptionnelles à l’époque, les enquêtes judiciaires ont certainement été difficiles et
délicates, mais des questions se posent...


NOTE SUPPLEMENTAIRE

- C’est le 08 mai 1985 que RICHARD GAUZERE et LUCIEN MORAND furent blessés, le jeune CELESTIN ZONGO
étant tué par balle ce même jour.
Selon les statistiques officielles, il y eut ce jour-là un mort ( CELESTIN ZONGO ) et 65 blessés dont 21 gravement
atteints par balles ou projectiles.
L’auteur du tir mortel contre CELESTIN ZONGO ne fut jamais arrêté, pas plus que celui ayant blessé LUCIEN
MORAND au bras.
Quant au C.R.S. ayant très gravement blessé RICHARD GAUZERE, son identité ne fut jamais rendue publique.

Si ce dernier a toutefois fait l’objet d’une indemnisation pour la perte totale de la vue, c’est bien grâce à l’unique
témoignage vraiment décisif de JEAN-MICHEL BRAHIM, présent à ses côtés dans la foule.

- JEAN-MARIE KABAR a été tué par arme à feu le 27 mars 1986 à GONDOU, non loin du col des ROUSSETTES.
L’assassin n’a jamais été arrêté également.

- Le jeune JAMES TOURNIER-FELS âgé de 15 ans a été tué par arme à feu le 15 novembre 1986 à THIO, après
une réunion publique du R.P.C.R.

                                                                                                                       52
L’assassin n’a jamais été arrêté contrairement à ce qu’affirment les auteurs du MEMORIAL CALEDONIEN.

GEORGES TOMO a bien été arrêté et accusé de cet acte, mais sans vouloir faire de l’humour noir, il aurait fallu
qu’il soit doté d’un fusil vraiment ‘’spécial’’...
Un fusil dont les balles auraient été capables d’éviter des obstacles, de se jouer des dénivellations des lieux ou de
faire demi-tour pour mieux tuer le jeune TOURNIER-FELS...

- GEORGES MERER fut également blessé par un’’ inconnu’’ au bras gauche ce même jour à THIO.

- ALBERT SANGARNE a été tué par balle le 06 juin 1988 à PONERIHOUEN.
Son assassin n’a jamais été arrêté.

Il était le frère de JEAN-MARIE SANGARNE, dont le corps sans vie avait été découvert le 17 décembre 1984 à
HIENGHENE.
Avant que ses assassins ne soient arrêtés, les autorités avaient parlé d’un ‘’suicide’’...
Encore un exemple de la valeur de l’information en NOUVELLE-CALEDONIE.

Pour se battre il faut être deux, aussi il ne s’agit pas ici de reporter toutes les fautes sur une certaine FRANCE,
mais parmi tous ces faits plus que graves, n’y avait-il pas ‘’quelqu’un’’ d’autre qui tirait, blessait ou tuait ?

‘’Quelqu’un’’ qui n’appartenait ni à l’un ni à l’autre camp, mais ‘’quelqu’un’’ chargé de diviser pour mieux régner par
exemple...

‘’Quelqu’un’’ qui trafique deux ‘’perquisitions saisies’’ par exemple...

‘’Quelqu’un’’ qui trafique tout un dossier d’instruction judiciaire, en escamotant des affaires où il y a des inscriptions
racistes sur un mur ou une vitrine, par exemple...

‘’Quelqu’un’’ qui demande à deux pauvres cons d’établir un faux témoignage contre un élu politique, par exemple...

‘’Quelqu’un’’ qui trafique complètement un procès d’assises les 24 / 25 / 26 avril 1996 à NOUMEA, par exemple...

Et je suis sûr d’être loin du compte !




                                                                                                                       53
                                      PREMIERE AFFAIRE D’OUVEA EN 1988

D.G. / W.J. :
Une tragique affaire de prise d’otages a vu la mort de 19 kanaks indépendantistes, de 2 gendarmes de la brigade
de FAYAOUE et de 2 militaires tués dans l’assaut de la grotte de GOSSANAH.
Peu après ce drame, PHILIPPE LEGORJUS alors chef du G.I.G.N. démissionnait non sans avoir écrit un livre où il
ne disait certainement pas toute la vérité, notamment sur les exécutions sommaires perpétrées contre les
indépendantistes.
W.J. :
Une enquête menée sur place par un journal indépendantiste de l’époque, BWENANDO, certifiait entre autre que
ALPHONSE DIANOU avait été exécuté après la reddition, de même que le jeune AMOSSA WAINA ( porteur de thé
) abattu d’une balle dans la tête en sortant de la grotte.
D.G. :
Lors d’une émission de télévision, PHILIPPE LEGORJUS paraissait embarrassé, peut-être de ne pouvoir tout dire.
Toujours est-il qu’il avait démissionné après toute cette boucherie, comme avait pu le dire JEAN-MARIE TJIBAOU
dans une interview retrouvée ‘’par hasard’’ dans les archives de RADIO DJIDO, et diffusée il y a quelques mois sur
les ondes de cette même station
W.J. :
Un petit détail mérite cependant d’être signalé:
Très peu de temps après ce drame ( tant du point de vue indépendantiste que non-indépendantiste ), une photo
montrant tous les corps des militants kanaks allongés sur le sol a circulé à LIFOU.
Il semblerait fort que ce soit la même photo que celle publiée par la suite dans le magazine PARIS-MATCH de
l’époque.
Celle-ci a été donnée par FRANCK WAHUZUE à REMY WATHIEPEL, qui l’a remise à son tour à CHARLES
NYTREIJ ; ces deux personnes étaient membres de l’U.C. au moment des faits.
Comment FRANCK WAHAZUE a-t-il été en possession de ce cliché, avant tout le monde ?
Ce cliché a-t-il été mis en circulation à LIFOU, cœur de l’U.C., pour bien montrer ce qui arrive quand on veut jouer
au ‘’RAMBO’’ avec les troupes un peu spéciales de l’armée française ?

Une prise d’otages de la gendarmerie de LIFOU ne devait-elle pas être effectuée également ?
Mais ce dernier point reste néanmoins à vérifier.

NOTE SUPPLEMENTAIRE

Il convient de préciser que 4 gendarmes de la brigade de FAYAOUE ont été tués et non 2.
D’autre part, il paraît que c’était la gendarmerie de MARE et non celle de LIFOU qui devait faire l’objet d’une prise
d’otages en même temps qu’OUVEA.
Cette affaire a eu lieu du 22 avril 1988 et s’est terminée dans un vrai bain de sang le 05 mai 1988, en pleine
élection présidentielle en FRANCE.
Il fallait des résultats rapides pour ‘’certaines personnalités’’... Encore et toujours la politique !
C’est ainsi que 130 militaires de l’armée française prirent part à l’OPERATION VICTOR, sous les ordres du général
VIDAL.
Le commando d’assaut était composé de 75 hommes dont :

- 34 parachutistes du 11ème CHOC ( médecins compris ).
- 16 du commando HUBERT ( médecins compris ).
- 14 du G.I.G.N. ( un médecin + deux infirmiers compris ).
- 11 de l’E.P.I.G.N.

Ce commando d’assaut était placé sous les ordres du lieutenant-colonel DOUCET, en face de nationalistes kanaks
civils.

Inutile de préciser que les membres de ce commando étaient des hommes d’élites de l’armée française, armée
française utilisée dans une opération de police dans un territoire d’outre-mer français...
C’était vraiment une première dans les annales de la cinquième république française !

Le 05 mai 1988, date des deux assauts successifs de la grotte de GOSSANAH les personnes ci-dessous
occupaient les fonctions suivantes :

FRANÇOIS             MITTERAND                     président de la république.
JACQUES              CHIRAC                        premier ministre jusqu’au 10 mai 1988.
ALBIN                CHALANDON                     ministre de la justice jusqu’au 12 mai 1988.
CHARLES              PASQUA                        ministre de l’intérieur jusqu’au 12 mai 1988.
CLEMENT              BOUHIN                        haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
Il est à noter les dates importantes suivantes :


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22 avril   1988   Attaque de la gendarmerie de FAYAOUE OUVEA.
24 avril   1988   Premier tour des élections présidentielles françaises.
                  BERNARD PONS arrive en NOUVELLE-CALEDONIE.
28 avril   1988   BERNARD PONS demande la dissolution du F.L.N.K.S.
29 avril   1988   JOSE LAPETITE est abattu dans la région de VOH.
08 mai     1988   Deuxième tour des élections présidentielles françaises.
30 mai     1988   Le nouveau ministre de la justice PIERRE ARPAILLANGE ordonne une information judiciaire
                  contre x dans le cadre de l’affaire D’OUVEA.
                  Le juge d’instruction JOELLE RONDREUX du parquet de NOUMEA est chargé de cette enquête.

Depuis c’est le silence sur les morts survenues après la reddition des nationalistes kanaks.

A cette époque, le chef du service de l’hygiène où je travaillais était le docteur ALAIN FRAISSE, un médecin
militaire.
En tant que tel, il avait été réquisitionné pour compléter l’antenne médicale de l’OPERATION VICTOR à OUVEA.
A son retour, je lui demandais les renseignements suivants :
« Est-ce vrai que certains gendarmes d’OUVEA ont eu les mains coupées par les sabres des kanaks
indépendantistes ? C’est ce qu’on dit à NOUMEA ».
Réponse du chef de service :
« Non, c’est totalement faux ; ce sont des balles qui ont sectionné des membres, mais pas des sabres. ».
Question : « Est-ce vrai que des indépendantistes ont été tués après la fin de l’opération ? ».
Réponse du chef de service :
« GUY, je suis tenu par le secret militaire, je n’ai rien le droit de dire à quiconque sur cette affaire ! ».

En 1989, année de son départ du service de l’hygiène, il me confia la chose suivante :
« La vie est étrange...
DJOUBELLY WEA a tué JEAN-MARIE TJIBAOU alors que je l’avais soigné lorsque j’étais médecin à OUVEA...
Il avait des amibes et était pratiquement sans force sur une natte...
Il portait des scarifications sur les membres car il se soignait selon la méthode indigène...
Je l’ai bien soigné, et regarde ce qui se passe des années plus tard ».

Je respectais beaucoup ce chef de service ; c’était un homme de parole, un homme droit !
Exactement le contraire du docteur HENRI DUBOURDIEU, son successeur..
En effet, ce dernier avait déclaré aux ‘’enquêteurs’’ de la gendarmerie qu’il avait lui-même vu l’arme dont je
disposais pour ma protection à l’époque…
C’est bien la dernière personne à qui je l’aurai montrée vu sa propension au mensonge !
J’avais pu découvrir à mes dépens cette ‘’qualité’’ fort développée chez ce triste sire en 1989, lors d’une grande
épidémie de dengue en NOUVELLE-CALEDONIE, mais là n’est pas l’objet de cette note supplémentaire.

L’arme sus-citée a maintenant une histoire, car le gendarme MARC REVAULT voulait l’utiliser pour nous faire
établir une fausse accusation contre PIERRE MARESCA.

D’autre part, l’émission de télévision dont il est question dans cette plainte n’est autre que la conférence de presse
donnée par BERNARD PONS au haut-commissariat de la république en NOUVELLE-CALEDONIE, après le succès
de l’OPERATION VICTOR.
Entre autres personnes, le ministre des DOM-TOM BERNARD PONS était entouré de la façon suivante :

A sa gauche, PHILIPPE LEGORJUS tout de noir vêtu.
A sa droite, le général VICTOR J. VIDAL tout de blanc vêtu.

Deux couleurs réunies dans les mêmes sanglantes magouilles, en quelque sorte…
Il y manquait le substitut du procureur de la république JEAN BIANCONI, le héros du contrôle de la procédure
dressée contre les ravisseurs...
Fait curieux, ni le juge d’instruction JOELLE RONDREUX ni le substitut du procureur JEAN BIANCONI ne
s’élevèrent contre les mortelles ‘’bavures’’ des forces armées françaises engagées dans cette boucherie …

Prenons-en une autre par exemple, au hasard de nos investigations.
Le vendredi 08 janvier 1999 à 09 H, JOSEPH WANANIJE et moi nous rendîmes au domicile d’un survivant kanak
de l’OPERATION VICTOR.
Mon but était précis, car je voulais découvrir la vérité sur un point très important de l’incarcération des rescapés
kanaks en FRANCE.
Leur avait-on demandé de mettre la responsabilité des meurtres des gendarmes et des militaires français sur le
dos de leurs 19 compagnons abattus pendant et après l’OPERATION VICTOR ?

Ceci bien entendu afin de mieux faire passer une future loi d’amnistie en préparation dans les coulisses de la 5ème
république...Et c’est ce qu’il advint, car cette fameuse loi fut votée à l’unanimité en FRANCE.


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La réponse de ce survivant ne se fit pas attendre :
« Oui c’est vrai GUY, ‘’on’’ nous a demandé de faire cela…
Mon petit frère est mort maintenant, et nous étions toujours ensemble…
Ils l’ont laissé mourir tout seul au soleil après notre reddition, alors qu’il n’avait qu’une blessure au genou…
Moi, ils m’ont mis le bras sur une grosse pierre et l’ont brisé à coups de crosse en me disant :
‘’ C’est avec cette main que tu as tué les gendarmes de FAYAOUE, alors voilà pour toi ! ‘’ ».

Ce rescapé me montra la longue cicatrice sur sont bras droit en me précisant que les médecins avaient posé une
plaque de métal sur l’os.
Pleurant parfois d’émotion, il rajouta :
« Tu sais GUY, nous n’avions pas du tout prévu de tuer les gendarmes de FAYAOUE.
Ce ne devait être qu’une occupation des locaux avec une exploitation politique par nos leaders ensuite.
Mais quand nous sommes arrivés le matin, ce n’était plus comme d’habitude :
Les gendarmes n’avaient pas rangé toutes leurs armes après le salut quotidien au drapeau français.
On aurait dit qu’ils étaient au courant de quelque chose, mais nous n’avons pas voulu nous dégonfler et ça a
dérapé.
Nous avions donné notre parole, et le même type d’opération devait se produire ailleurs…
C’est en FRANCE, dans la cour de la prison que DJOUBELLY WEA me dit la phrase suivante :
‘’ Nous avons été trahis par nos propres leaders ! ‘’ ».

Ce rescapé désirant encore conserver l’anonymat pour l’instant me donna ensuite quelques détails
supplémentaires, notamment sur la mort de JEAN-MARIE TJIBAOU et de YEIWENE YEIWENE le 04 mai à
WADRILLA.
C’est à cet instant précis que je l’informai de l’étrange message reçu très peu de temps avant ce double assassinat
:
« Du sang noir va couler, ‘’on’’ vous demande de ne pas verser d’huile sur le feu… ».
Ces faits sont clairement développés ultérieurement sous le titre :
« DEUXIEME AFFAIRE D’OUVEA : MEURTREs DE JEAN-MARIE TJIBAOU ET DE YEIWENE YEIWENE ».
Il me demanda plus de détails, et je lui précisai que DJOUBELLY WEA ne disposait certainement pas à l’époque
d’un téléphone portable pour nous prévenir de ses intentions, à savoir l’exécution des deux principaux leaders du
F.L.N.K.S.
Une chose extrêmement grave était volontairement cachée par les autorités françaises dans ce drame.

Avant de quitter ce militant kanak meurtri physiquement et moralement par ce très lourd passé pesant sur ses
épaules, je lui dis :
« Merci pour ton accueil, merci de m’avoir parlé ainsi.
Maintenant ‘’ils’’ ne pourront plus jouer avec nous et avec vous comme ‘’ils’’ l’ont toujours fait jusqu’à présent.
Redresse-toi, cesse de boire pour oublier ta peine et retrouve ta dignité.
Prépare-toi car un jour tu devras parler de toutes ces choses cachées aux jeunes kanaks, et ils n’écouteront qu’une
personne digne.
Un livre va sortir sur toutes les saloperies françaises que JOSEPH et moi avons découvertes, mais cette histoire
t’appartient car tu l’as vécue dans le sang de tes frères et dans la souffrance.
Encore une fois, prépare-toi car tu devras parler un jour ».


                              Extraits de la page 31 du magazine L’EXPRESS n° 2412
                                  Semaine du 25 septembre au 1er octobre 1997 :
                 ( Les notes secrètes de FRANÇOIS MITTERRAND et CHRISTIAN PROUTEAU ).

                                 POLEMIQUE AUTOUR D’OUVEA : 10 MAI 1988.
Quelques jours après la libération des gendarmes d’OUVEA, qui s’est soldée par la mort de 19 canaques et de 2
militaires, CHRISTIAN PROUTEAU critique les conditions de cette intervention en la mettant en parallèle avec la
libération des otages du LIBAN.

‘‘Depuis samedi l’opération d’OUVEA suscite de la part de plusieurs journalistes et hommes politiques, des
commentaires à travers lesquels on sent une fois de plus, que ce sont les exécutants qui vont avoir à rendre des
comptes.

La gendarmerie et l’armée ont été engagées côte à côte dans cette entreprise extrêmement difficile, compte tenu
du terrain et du lieu de détention des otages et elles vivent très mal le développement de cette polémique.
Tout se passe comme si le débat politique nécessaire autour de l’opportunité de l’action des forces pour libérer les
otages se réduisait à la critique de l’exécution de l’opération.
Or, il est un point important qui n’a pas été abordé, alors qu’il peut en partie expliquer la violence des combats.
En effet comme je vous l’avais dit, l’intervention devait être déclenchée le mardi 03 mai à 20 heures, jour où le
ministre de la défense est venu vous voir.

Peu de temps avant l’heure prévue, je vous ai informé que l’action était inexplicablement repoussée de 24 heures.

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J’avais d’ailleurs attiré votre attention sur les dangers de ce report, à travers les renseignements que j’avais pu
obtenir.
Si l’intervention avait été déclenchée le jour prévu, c’est-à-dire le mardi à 20 heures, l’effet de surprise jouant, il y
avait en tout état de cause le jour prévu qu’une quinzaine de ravisseurs en poste de combat.
Or, le mercredi à 20 heures ( heure de PARIS ), date de l’opération, l’ensemble des ravisseurs étaient en poste de
combat, puissamment armés.
Il est incontestable qu’ils attendaient l’intervention.
En effet, pendant tout le temps de la séquestration, il n’a, d’après les informations du personnel du G.I.G.N., été
maintenu en armes qu’une quinzaine d’hommes.
Ceci paraît logique, ne serait ce que pour assurer des temps de repos aux hommes de garde.
……………………………………………………………………………………………………………………………………..A
yant évoqué ce problème avec les personnels qui ont participé à l’opération, ils sont convaincus que l’effet de
surprise n’a pas joué à cause du report de l’intervention et de leur côté ils n’ont jamais su pourquoi cette action avait
été déplacée de 24 heures.

Sans pouvoir assurer, n’ayant pas été sur le terrain moi-même, que l’ensemble du personnel engagé n’aurait pas
eu une attitude digne, je pense malgré tout qu’une polémique autour de l’exécution de l’opération elle-même sera
très mal ressentie par l’armée, compte tenu de ses pertes et des risques encourus, la question la plus importante
étant à mon avis le report de l’intervention qui ne pouvait conduire qu’aux résultats que vous connaissez.
Je pense que le gouvernement de monsieur CHIRAC devrait s’expliquer sur ce point essentiel.

                                                                  LE CHEF D’ESCADRON CHRISTIAN PROUTEAU.


Un jour de report pour un ‘’superbe tableau de chasse’’ :
19 militants indépendantistes tués d’un seul coup !
Bien sûr, les états-majors rompus à ce genre de basses besognes ‘’n’avaient pas prévu cela’’.
Et toujours la ‘’bonne foi’’ des différents gouvernements français, qu’ils soient de droite ou de gauche.
L’argent ( du nickel calédonien ) n’a pas d’odeur ou de... sens !

Quant à ‘’l’ensemble du personnel engagé qui n’aurait pas eu une attitude digne’’, il faudrait pouvoir interroger
quelques tombes comme celles de ALPHONSE DIANOU ou du jeune AMOSSA WAINA.

Il y a également l’enquête du juge d’instruction JOELLE RONDREUX, mais vu la manière dont les ‘’investigations’’
sont menées en NOUVELLE-CALEDONIE j’ai de très sérieux doutes, non sans raison...




                                DEUXIEME AFFAIRE D’OUVEA EN 1989 :
                       MEURTRES DE JEAN-MARIE TJIBAOU ET DE YEIWENE YEIWENE

W.J. :
Le jour même du drame, SEMUI CHAORY originaire d’OUVEA ainsi que d’autres personnes avaient remarqué les
faits suivants aux environs de la chefferie de WADRILLA, lieu du double meurtre :
Une voiture de couleur foncée avec des vitres teintées rendant impossible toute identification du ou des occupants
rôdait aux alentours de la chefferie sus-citée, mais jamais personne n’en descendait.
Ce véhicule totalement inconnu à OUVEA, avait disparu comme par enchantement le lendemain du double
meurtre.
Comment cette automobile a-t-elle pu arriver sur l’île et disparaître aussi rapidement sans que personne ne s’en
aperçoive ?
Il faut dire qu’après le drame perpétré dans une chefferie, c’était la panique à OUVEA !
Selon les gens de LIFOU, l’île voisine, à la nuit tombante un navire croisant au nord-ouest de l’île en question
semblait émettre des signaux lumineux en direction d’OUVEA peu de temps avant les faits.



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Dans un laps de temps assez court, mon père ALPHONSE WANANIJE recevait un appel téléphonique de FRANCE
de la part de ma sœur HELLENE qui l’informait du double meurtre.
Celui-ci n’était absolument pas au courant du drame survenu en NOUVELLE-CALEDONIE alors que cette
information circulait déjà sur les écrans de télévision en FRANCE !

D.G. :
Faits plus précis : Entre une ou deux semaines avant les assassinats des deux leaders indépendantistes, YANN
DEVILLERS était venu frapper tardivement à la porte de mon appartement sis 5 rue ANGE BERLIOZ TRIANON
NOUMEA, et venait me faire part du message suivant :
« GUY, ‘’on’’ vient de me prévenir que du sang noir va couler, ‘’on’’ nous demande de ne pas jeter d’huile sur le
feu... ».
Il faut préciser que celui-ci venait pour la première fois chez moi mais que nous nous connaissions en tant que
‘’loyalistes’’.
Lorsque je lui demandais qui était-ce ‘’on’’, il me répondait avec quelques réticences :
« C’est mon cousin ... DEVILLERS qui est dans le F.L.N.K.S., dans l’U.C. ».
( j’ai oublié le prénom de ce dernier, mais il doit être facilement identifiable ).

Nous nous sommes posés mutuellement des questions sur la signification exacte de ce message pour le moins
étrange puis il est reparti, non sans m’avoir dit que le ‘’contact’’ avait eu lieu dans une habitation de la VALLEE DU
GENIE, si mes souvenirs sont exacts.
Je précise que PATRICIA WINCHESTER, ma compagne de l’époque, a assisté à toute la scène bien qu’une partie
de l’entretien se soit déroulée dans le petit couloir d’accès à la chambre.

Quelques jours plus tard, le soir même du drame, YANN DEVILLERS est revenu très tard dans la nuit pour me dire
:
« TJIBAOU, YEIWENE et JOREDIE se sont fait ‘’descendre’’ à OUVEA par leurs propres gars.
Voilà ce que voulait dire le message de mon cousin il n’y a pas longtemps ».
( en fait LEOPOLD JOREDIE n’était pas mort, mais y avait échappé de peu ce jour-là ).

PATRICIA WINCHESTER était présente et avait pu entendre toute notre conversation car celle-ci s’était déroulée
dans ma chambre, YANN DEVILLERS étant assis sur le bord du lit.
Nous étions tous abasourdis par la nouvelle :
Les principaux leaders indépendantistes tués par leurs propres militants dans l’enceinte sacrée d’une chefferie, ça
alors !
Aussitôt je me suis dit en tant que chef de réseau :
« S’ils sont capables de ça, il faut que nous soyons très vigilants à présent et dans l’avenir, car la base du
F.L.N.K.S. refuse les accords de MATIGNON ».
Cet événement devait être pour moi le signal d’une réactivation accélérée de notre organisation de combat jusqu’à
la présente incarcération.

Dans le genre ‘’chronique d’une mort annoncée’’, c’est la perfection :
‘’On’’ fait abattre les deux principaux leaders du F.L.N.K.S. par un homme ivre de douleur et de vengeance,
DJOUBELLY WEA, et de l’autre côté dans le camp extrémiste loyaliste, ‘’on’’ s’assure qu’il n’y aura pas de vague,
des fois que nous soyons tentés d’en profiter !

DJOUBELLY WEA, indépendantiste convaincu n’avait pas participé à la première affaire d’OUVEA, celle de la prise
d’otages sanglante, et pour cause : Il était très malade.
( un problème d’amibes, si mes souvenirs sont exacts ).
Blessé dans son cœur d’indépendantiste pur et dur à cause de la mort de 19 militants du F.L.N.K.S. dont beaucoup
étaient originaires d’OUVEA, il avait gardé une rancune tenace contre les dirigeants du F.L.N.K.S. car il estimait
avoir été trahi, comme les 19 morts du reste.

Je suis maintenant persuadé que cette personne a été utilisée d’une manière très subtile pour l’amener à
commettre l’irréparable.
Qui est l’auteur de cette manipulation mortelle ?

Inutile de préciser qu’après cette affaire, j’ai pris grande considération pour les renseignements recueillis par YANN
DEVILLERS, par l’intermédiaire de son cousin de l’U.C., un autre DEVILLERS.
Par la suite et après les accords de MATIGNON, à un moment que je ne saurai situer avec exactitude, un de ses
renseignement aurait permis de déjouer un attentat qui était soi-disant en préparation contre les personnes de
Jacques LAFLEUR du R.P.C.R. principalement et de LEOPOLD JOREDIE du F.L.N.K.S.

YANN DEVILLERS m’a toujours assuré que LEOPOLD JOREDIE aurait été raté de peu dans le nord de la
NOUVELLE-CALEDONIE, mais qu’en ce qui concernait JACQUES LAFLEUR, il était allé personnellement dans les
bureaux de la société LAFLEUR pour donner cette information concernant ce dernier.
Il semblerait que la menace ait été prise au sérieux car le nombre de gardes du corps de JACQUES LAFLEUR
avait augmenté dans cette période et qu’une enquête discrète ait eu lieu.

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Une personne que je ne connais pas, des forces de l’ordre il me semble, serait allée voir YANN DEVILLERS pour
lui demander le nom de son informateur, en lui disant :
« Vos renseignements étaient exacts ; c’est pourquoi je suis là, et votre informateur m’intéresse ».
Soucieux de préserver son informateur, qui est de plus son cousin, celui-ci aurait répondu :
« Débrouillez-vous, moi j’ai fait mon devoir et je ne peux pas vous donner la source de mes informations ».

Je précise que YANN DEVILLERS est au-dessus de tout soupçon en ce qui nous concerne, et tout ce que je sais
de l’affaire d’OUVEA n° 2, c’est à lui que je le dois en plus de certains détails donnés par JOSEPH WANANIJE
maintenant.
Il faut dire qu’ALBERT SANGARNE avait été abattu presque devant les yeux de YANN DEVILLERS à
PONERIHOUEN, par un ‘’tireur isolé’’ jamais identifié.
Après le montage parfait du trafic d’armes sur l’AUSTRALIE, l’affaire des fameux stagiaires libyens, une question
se pose : Qui manipule tout le monde en NOUVELLE-CALEDONIE ?

W.J. / D.G. :
Outre l’aspect ‘’chronique d’une mort annoncée’’, en l’occurrence de ‘’deux morts annoncées’’ pour l’affaire
d’OUVEA n° 2, d’autres questions sont sans réponse :
- Qui a payé les billets d’avion des deux leaders à destination d’OUVEA ?
- Comment ces deux billets sont-ils arrivés au bon moment au bon endroit ?
Une enquête menée par les militants de l’U.C. n’a jamais permis d’élucider ce mystère, mais est-ce un mystère
pour tout le monde.

De plus, la règle de sécurité en vigueur entre JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE était la suivante :
« Jamais ensemble au même moment dans les endroits dangereux ».
Comment se fait-il qu’ils aient brusquement dérogé à cette règle pourtant en vigueur depuis longtemps entre eux,
surtout pour une destination aussi dangereuse que celle d’OUVEA, rendue encore plus dangereuse par la
cérémonie de levée de deuil des 19 morts qui devait avoir lieu sur l’île.

Il est intéressant de rappeler les rumeurs persistantes dont faisait l’objet JEAN-MARIE TJIBAOU, à savoir :
- Lors de la neutralisation de ELOI MACHORO par le G.I.G.N., celui-ci a été accusé d’avoir magouillé avec
EDGARD PISANI.
- Dans l’affaire tragique de la prise d’otages d’OUVEA, il aurait laissé tomber les preneurs d’otages du F.L.N.K.S.
- A la suite de la signature des accords de MATIGNON, il aurait touché beaucoup d’argent.
- Il aurait de nombreux camions qui rouleraient sur mine, etc. etc.etc.
Toute rumeur a une source : Quelle est cette source ?

Il est intéressant de constater que le même type de rumeurs avait circulé en NOUVELLE-CALEDONIE après la
mort des deux leaders, rumeurs accusant soit le F.U.L.K., le PA.LI.KA, l’U.C. ou même les dirigeants de
l’U.S.T.K.E.
Une bagarre avait même failli éclater entre indépendantistes et des membres de l’U.S.T.K.E., l’entrée de la morgue
et les fleurs de ces derniers étant purement et simplement refusées.
De plus, un communiqué d’exclusion du F.U.L.K. était passé sur les ondes de RADIO DJIDO à peu près en même
temps ou un peu avant le déplacement de JEAN-MARIE TJIBAOU et de YEIWENE YEIWENE sur OUVEA.
Lors du congrès très houleux de l’U.C. à BACO en novembre 1990 au sujet de la mort de ces deux leaders, les
gardes du corps des successeurs de l’U.C. s’étaient même regroupés devant et autour de ces derniers.
LEOPOLD JOREDIE était passé à deux doigts de la mort à OUVEA, mais il faisait quand même l’objet de rumeurs
incessantes, dans le même genre que celles attribuées à JEAN-MARIE TJIBAOU, du vivant de celui-ci.
La base de l’U.C. n’avait plus confiance dans ses leaders, et une partie de cette base était prête au pire comme à
OUVEA en 1989 !

Ce dossier est un exemple typique d’utilisation optimale de la rumeur publique associée aux lettres I et E de l’effet
‘’M.I.C.E.’’ ( voir plus loin dans la rubrique ‘’SYNTHESE’’ de la présente plainte ).

De son action syndicale dans les rangs de l’U.S.O.E.N.C. de 1982 à 1985, JOSEPH WANANIJE avait pu constater
que le principal sujet de conversation entre GASTON HMEUN et JEAN-MARIE TJIBAOU était les ressources
minières du territoire.
Ce dernier avait fait procéder à une étude très détaillée de tous les besoins des différentes régions du pays.
( infrastructure, structure, développement etc. ).

- Avait-il l’intention de trouver les ressources financières nécessaires à ce projet dans le nickel calédonien ?

- JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE ont-ils été abattus par personne interposée, car ils représentaient
tous deux un danger pour les gains considérables que procure à la FRANCE l’exploitation de la troisième réserve
mondiale de nickel ?



                                                                                                                   59
- Voulaient-ils équilibrer voire plus, le budget de la NOUVELLE-CALEDONIE en nationalisant toutes les mines et
l’usine S.L.N. au profit du futur état où, disaient-ils avant de mourir, tout le monde aurait une place ?

Avec l’élimination pure et simple des deux leaders indépendantistes les plus importants dans l’enceinte sacrée
d’une chefferie par un autre kanak ( étrange ‘’remake’’ de la mort du chef ATAÏ en 1878 ), de nombreux objectifs
étaient atteints, à savoir :
1°)
L’exploitation du nickel calédonien par la FRANCE était assurée pour quelques années encore et en la matière,
« Le temps c’est de l’argent ».
2°)
Le F.L.N.K.S. était privé de ses deux éminences grises les plus importantes.
3°)
Le doute et la division s’installaient dans les rangs du F.L.N.K.S., tant chez les dirigeants que chez les militants de
base.
Cette division, bien qu’amortie par le temps, subsiste toujours.
4°)
La coutume, pierre angulaire du monde kanak était terriblement atteinte, surtout dans l’île d’OUVEA qui porte le
nom vernaculaire d’IAAI signifiant ‘’le pays de la parole’’.
En fait de parole, celle-ci était arrachée pour de nombreuses années.
Cette coutume est une véritable entité vivante et omniprésente dans laquelle le respect et le pardon sont les valeurs
fondamentales.
Ces valeurs concourent à créer un code de vie naturel et oral offrant un rôle protecteur indéniable pour le non-
kanak, à condition que celui-ci en reconnaisse l’existence avec respect et en toute simplicité.
Dans le monde kanak, ce code de vie est d’ailleurs bien plus craint que la loi française plus subie et incomprise,
mais rien ne s’oppose a priori à ce que ces deux formes de législation ne se superposent plus intimement, créant
ainsi une synergie propre à garantir plus efficacement l’ordre public, voire être à la base d’une collaboration active
et fructueuse entre les différentes communautés constituant le monde kanak et le monde non-kanak.
D.G. :
5°)
Une conséquence indirecte de ce drame a été une réactivation accélérée de notre organisation de combat pro-
française, dans la recherche de moyens matériels importants ( transmission, armes, véhicules, etc. ) en utilisant
tous les moyens nécessaires.
«Si les kanaks sont capables de se faire ça entre eux, qu’est-ce qui nous attend plus tard ? ».
Cette petite phrase a été très lourde de conséquences pour moi, car elle a longtemps été mon credo silencieux.
Comme par hasard, le nom de FRANCK WAHUZUE apparaît dans ce dossier, mais nous réservons ces éléments
pour la commission spéciale d’enquête exigée à la fin de ce document.



NOTE SUPPLEMENTAIRE

Bien entendu, il n’y a jamais eu de commission spéciale d’enquête, et pour cause...
JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE ont été abattus le 04 mai 1989 à WADRILLA OUVEA.
DJOUBELLY WEA, de la tribu de GOSSANAH a été abattu par un des gardes du corps des leaders assassinés.
Contrairement à ce qui est écrit dans ce document, DJOUBELLY WEA n’était pas malade au moment de la prise
d’otages de la gendarmerie de FAYAOUE OUVEA du 22 avril 1988 au 05 mai 1988.
Par contre, il l’a été auparavant et le médecin militaire ALAIN FRAISSE en poste dans cette île d’OUVEA l’a
effectivement soigné pour un problème d’amibes.

Je tiens à préciser que tous ces documents ont été écrits de mémoire à l’exception de certaines notes
supplémentaires placées à la fin de chaque courriers.
De ce fait, il est possible que certaines erreurs comme celles-ci puissent apparaître dans l’ensemble de ce livre.

YANN DEVILLERS est originaire de PONERIHOUEN et n’a aucune responsabilité dans la mort de JEAN-MARIE
TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE.
‘’On’’ s’est simplement servi de ses liens familiaux pour faire passer le fameux message-clef du camp
indépendantiste vers le camp non-indépendantiste.
‘’Du sang noir va couler, ‘’on’’ vous demande de ne pas jeter d’huile sur le feu’’.

YANN DEVILLERS a reçu cet étrange message de la bouche même de son propre cousin JEAN-PIERRE
DEVILLERS, lequel était membre du parti indépendantiste UNION CALEDONIENNE. ( une bien singulière ‘’Union’’
il faut le dire… ).
La divulgation de ce message pour le moins insolite et prémonitoire s’est déroulée au domicile de JEAN-PIERRE
DEVILLERS sis 8 rue JEANNIN VALLEE DU GENIE NOUMEA.
( immeuble JEANNIN 3ème étage appartement n° 5 )



                                                                                                                    60
Mes souvenirs étaient donc exacts au moment de la rédaction de la plainte du 30 juillet 1994 dans une cellule du
bloc C d’isolement du CAMP-EST.

JEAN-PIERRE DEVILLERS a quitté la NOUVELLE-CALEDONIE pour s’installer en FRANCE après le dépôt de la
plainte sus-citée, comme par ‘’hasard’’.
ALBERT SANGARNE a été abattu le 06 juin 1988 sur la propriété de LUCIEN DUBOIS, à PONERIHOUEN.
A la suite de cet assassinat des barrages routiers loyalistes furent érigés dans cette région, et YANN DEVILLERS y
prit un part active car la victime était un de ses amis.

Les éléments supplémentaires que JOSEPH WANANIJE et moi-même tenions en réserve étaient les suivantes :
Il semblerait que plus d’une personne ait été informée du projet de DJOUBELLY WEA, dont certains membres de
sa famille.
Ce projet visait l’ensemble de la délégation du F.L.N.K.S. et pas seulement JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE
YEIWENE.
Etant issu de la tribu de GOSSANAH, il ne pardonnait pas la boucherie du 05 mai 1988 car il estimait que les
dirigeants du F.L.N.K.S avaient abandonné les preneurs d’otages à leur triste sort.

Ceci étant dit, comment expliquer la disparition brusque d’un certain poste émetteur-récepteur le lendemain même
de l’assassinat des deux leaders du F.L.N.K.S. ? ( le soir même serait peut-être plus juste... ).
En effet, celui-ci était installé dans le gîte BIARRITZ sis tribu de WASSAUDJEU FAYAOUE OUVEA.
Cet établissement hôtelier est géré par DENIS ABEN, lequel recevait souvent FRANCK WAHUZUE et ses ‘’amis’’.
Le témoin de la disparition de ce poste émetteur-récepteur n’est autre que RAPHAËL TEUGASIALE qui était
employé dans ce gîte au moment du drame.

Bien sûr, on pourra toujours dire que le témoignage de cette personne est sujet à caution, mais dans ce cas une
question majeure reste sans réponse :
A qui était destinée la mallette contenant 30 000 000 CFP en billets de banque que JOEL ADREY avait été chargé
d’acheminer à OUVEA, juste avant l’assassinat des deux leaders du F.L.N.K.S. ?

D’autre part, FRANCK WAHUZUE n’était-il pas présent à OUVEA quelques jours avant ce drame ?
Autant de points à vérifier, car je n’ai pas la science infuse !
Il faut tout de même avouer qu’en face de tous ces éléments, le fameux message prend toute sa valeur :
« Du sang noir va couler, ‘’on’’ vous demande de ne pas jeter d’huile sur le feu ».

Toujours au sujet de ce sordide coup fourré, les paroles du juge d’instruction MARTINE VARACHE me reviennent
en mémoire : « Vous dites n’importe quoi monsieur DIJOU... ».
C’était au sujet des billets d’avion des deux leaders assassinés dont elle affirmait connaître les acheteurs.
Je ne suis pas enquêteur, loin de là, mais il n’empêche que tout n’a pas été dit sur de nombreuses affaires, comme
celle-ci en particulier...
Et ne parlons pas de la nôtre !

                               Extraits de la page 7 du magazine MARIANNE n° 25
                                        Semaine du 13 au 19 octobre 1997
                               Directeur de publication : JEAN-FRANCOIS KAHN.

‘’DULCIE SEPTEMBER, TJIBAOU, ALLENDE...
CES TROIS PERSONNALITES ONT EN COMMUN D’AVOIR ETE ASSASSINEES PAR L’EXTREME DROITE.
OR, LA MUNICIPALITE DE VITROLLES VIENT DE DEBAPTISER LES RUES QUI PORTAIENT LEURS NOMS.
CE QUI EST UNE FACON, CONSCIENTE OU INCONSCIENTE, DE JUSTIFIER A POSTERIORI CES TROIS
MEURTRES POLITIQUES.
CELA ON DIT PLUS LONG QUE BIEN DES DISCOURS’’.

Avant d’écrire consciemment ou inconsciemment pareilles affirmations, il faut un minimum de recherches et
d’honnêteté.

L’assassin de JEAN-MARIE TJIBAOU et de YEIWENE YEIWENE était un kanak indépendantiste D’OUVEA,
DJOUBELLY WEA.
Celui-ci appartenait au F.L.N.K.S.

- Lors de ce double assassinat, le couple MITTERAND / ROCARD dirigeait la FRANCE et ses services spéciaux
experts en manipulations en tous genres...
Il faut parfois remettre les pendules à l’heure, n’est-ce pas ?


Le 04 mai 1989, date du double assassinat de JEAN-MARIE TJIBAOU et de YEIWENE YEIWENE, les personnes
ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :


                                                                                                               61
FRANÇOIS           MITTERRAND                  président de la république.
MICHEL             ROCARD                      premier ministre.
PIERRE             ARPAILLANGE                 ministre de la justice.
PIERRE             JOXE                        ministre de l’intérieur.
LOUIS              LE PENSEC                   ministre des DOM-TOM.
BERNARD            GRASSET                     haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.

Devant les cercueils, MICHEL ROCARD avait déclaré :
« Nous sommes tous responsables de cet héritage... ».

Non MICHEL ROCARD, vous êtes responsable de cet héritage comme tous ceux qui sont mêlés dans ces
sanglantes magouilles !

Le centre culturel JEAN-MARIE TJIBAOU a été inauguré dans une vaste fanfare médiatique le 04 mai 1998 à
NOUMEA.
Ce n’est rien d’autre qu’un beau cercueil de luxe fort onéreux, pour un assassinat bien orchestré par les autorités
françaises agissant derrière DJOUBELLY WEA et à son insu, comme elles ont agi derrière LAPETITE / MITRIDE /
SINEIMENE le 05 décembre 1984 à TIENDANITE.




                                         MONSIEUR JACQUES IEKAWE

J. W. :
Qui ne se souvient pas de JACQUES IEKAWE, figure célèbre dans le monde administratif, se battant d’arrache-
pied pour l’installation d’un futur siège de la COMMISSION DU PACIFIQUE SUD en NOUVELLE-CALEDONIE.
Hospitalisé au cours d’un voyage en NOUVELLE-ZELANDE, celui-ci décédait très rapidement dans un hôpital de
ce pays, avant même d’avoir pu exercer les fonctions de secrétaire général de la COMMISSION PACIFIQUE SUD
auxquelles il venait d’être nommé.
Il convient de préciser que l’obtention de ce poste était discrètement mais fortement encouragée par l’U.C. qui
voyait là un excellent moyen de rayonner à travers toute la zone couverte par la COMMISSION DU PACIFIQUE
SUD, les pays du FORUM DU PACIFIQUE, les pays du ‘’FER DE LANCE‘’ pour des motifs évidents de stratégie
politique.
JACQUES IEKAWE était membre de l’U.C., tout comme son père avait été conseiller territorial sous cette étiquette
politique.
La rapidité de cette maladie à l’extérieur de la NOUVELLE-CALEDONIE étant suspecte, LEON BAKO, CHARLY
WASSAKUA et moi ( tous de l’U.C. / LIFOU / NOUMEA ) nous sommes rendus chez le secrétaire général du
territoire THIERRY LATASTE, afin de lui demander des comptes sur cette mort à savoir une autopsie du corps et
une expertise.
Celui-ci, gêné, nous répondait alors que c’était très éprouvant pour la famille en deuil, celle-ci étant obligée
d’assister à l’exhumation du corps, ravivant ainsi les souffrances de la famille seule habilitée à exiger cette
procédure, et que JACQUES IEKAWE était un de ses amis intimes.
Il convient de noter que JACQUES IEKAWE était suivi par un médecin de famille qui n’avait pas décelé d’anomalies
susceptibles d’entraîner une telle mort.
Après avoir parlé de cette mort bizarre, nous avons exprimé nos soupçons sur l’incendie du magasin BARRAU
pendant la période de deuil, à savoir :
1/
L’étendue des sinistres.
2/
La lenteur du service incendie.

                                                                                                                62
3/
L’arrestation de nombreux jeunes kanaks, et la procédure expéditive avec laquelle l’enquête de police avait été
menée.

Nous lui avons également fait remarquer la coïncidence qui existait entre cet incendie et les graves difficultés
financières de ce magasin qui étaient connues de tout le monde.
C’était trop flagrant et pour nous, ‘’quelqu’un’’ se servait de la présence de nombreux kanaks à NOUMEA à
l’occasion du deuil de JACQUES IEKAWE, et peut être de la douleur engendrée par sa disparition.
THIERRY LATASTE nous répondit alors que tout était normal, que c’était un accident, et que s’il y avait quelque
irrégularité cela se saurait.
L’entretien s’est terminé là, mais pour moi c’était flagrant et mes doutes étaient confirmés après tout ce que j’ai
découvert maintenant.
A ce sujet, il me revient à l’esprit une anecdote : JEAN-MARIE TJIBAOU en mission à l’extérieur de la NOUVELLE-
CALEDONIE à l’O.N.U. ( U.S.A. ), avait été subitement pris de malaises juste après avoir absorbé de la nourriture
dans l’hôtel de la délégation indépendantiste.
JEAN-MARIE TJIBAOU avait été forcé de vomir par les autres membres de la délégation, dont PAUL
NEAOUTYINE à ce qu’il paraît. Bien sûr, cela reste à vérifier.

NOTE SUPPLEMENTAIRE
Le préfet délégué JACQUES IEKAWE décédé le 10 mars 1992 en NOUVELLE-ZELANDE avait été le premier
kanak à accéder au grade de chef d’administration le 25 août 1971.
Il avait occupé les fonctions de chef du département administratif de la S.L.N. / NOUMEA le 1er janvier 1986 avant
d’être nommé secrétaire général de la NOUVELLE-CALEDONIE le 29 juin 1988.

Le magasin BARRAU avait été complètement rénové avant d’être détruit par le feu les 14 / 15 mars 1992.

Le 10 mars 1992, date de la mort plus qu’étrange de JACQUES IEKAWE les personnes ci-dessous occupaient les
fonctions suivantes :

FRANÇOIS            MITTERRAND                    président de la république.
EDITH               CRESSON                       premier ministre jusqu’au 2 avril 1992.
HENRI               NALLET                        ministre de justice jusqu’au 2 avril 1992.
PHILIPPE            LEMARCHAND                    ministre de l’intérieur jusqu’au 2 avril 1992.
LOUIS               LE PENSEC                     ministre des DOM-TOM.
ALAIN               CHRISTNACHT                   haut-commissaire de la république et délégué du gouvernement
                                                  en NOUVELLE-CALEDONIE.
                                                 ACCIDENT D’AVION

D.G. :
Un fait est passé presque inaperçu, bien que tragique et douloureux :
PASCAL BELLET aux commandes d’un petit avion civil s’écrasait dans la chaîne centrale, aux environs de
HOUAILOU.
Celui-ci devait prendre à son bord à TOUHO RAPHAEL PIDJOT, directeur de la S.M.S.P. ( mines de nickel à
OUACO ).
Banal fait divers me direz-vous !
Pourtant l’avion en question ne s’est pas directement écrasé contre la montagne mais au contraire, comme si dans
une manœuvre désespérée le pilote avait tenté de ‘’poser’’ son appareil à plat, presque au sommet de la montagne,
afin de limiter l’impact.
Hélas, le pilote mourait dans le choc aux commandes de son avion.

Il est intéressant de préciser que les prélèvements d’organes mécaniques effectués sur l’épave et destinés à une
expertise ont longtemps traîné dans un hangar de l’aérodrome de MAGENTA.
Quelles sont les conclusions de cette expertise, si expertise il y eut ?

Autre fait important, le crash de l’avion destiné à RAPHAEL PIDJOT, P.D.G. de la S.M.S.P. est intervenu quelque
temps après la signature de fourniture de minerai de nickel aux U.S.A.
D’ordinaire, ce minerai est destiné au JAPON…

- N’est-ce qu’un simple accident ?

- Une manœuvre d’intimidation destinée à faire rentrer les choses dans l’ordre ?
( exportations de nickel vers le JAPON et non vers les U.S.A. ).

- Un meurtre raté ? ( pas pour le pilote dans ce cas ! ).

La défaillance mécanique est indéniable, et sans être un expert en la matière, un pilote ‘’victime d’une crise
cardiaque’’ n’essaie pas ( mais en vain ) de poser son appareil de cette façon.

                                                                                                                 63
PASCAL BELLET était un excellent pilote, en parfaite santé, ayant passé ses examens aux U.S.A. notamment,
mais le destin en a voulu autrement.

A la lecture de l’ensemble du dossier, on peut se demander si c’est uniquement le destin, compte tenu de
l’importance du minerai de nickel dans ce document...

NOTE SUPPLEMENTAIRE
Cet accident s’est produit le 11 février 1993 et PASCAL BELLET était un pilote professionnel à la carte, c’est-à-dire
qu’il louait ses services suivant la demande.
A ce titre, il travaillait principalement pour la SOCIETE MINIERE SUD PACIFIQUE ( S.M.S.P.) et accessoirement
pour le haut-commissariat de la république en NOUVELLE-CALEDONIE, ou des particuliers louant un avion avec
pilote compris.

Le PIPER CHEREKEE immatriculé F.O.C.X 2 sur lequel il trouva la mort appartenait à la S.M.S.P., mais la
maintenance de cet appareil était confiée à la société AVIAZUR sise 1 rue HENRI MARTINET AERODROME DE
MAGENTA NOUMEA.
Il est à noter qu’à l’époque l’oncle de PASCAL BELLET travaillait à MAGENTA pour le compte de la société
susnommée.
Au moment de ce drame, lcelle-ci était gérée par ROSE LE BOUHELLEC.
Pendant quelques années ROSE LE BOUHELLEC fut conseillère municipale de droite dans la mairie de NOUMEA,
et elle occupe actuellement un poste au sein de l’association calédonienne des handicapés.
Ses avions avaient été utilisés pendant les événements de 1984 / 1985, notamment pour aller à KONE lors du
dynamitage raté du pont de BACO.
Cette société a ensuite été rachetée par la S.O.D.I.L. mais il me semblerait qu’elle ait connu de graves difficultés
financières.

Il convient de préciser que PASCAL BELLET était un pilote professionnel avec qualification I.F.R. ( vol sans visibilité
), et titulaire d’une licence américaine en plus de la licence française.
Ses capacités professionnelles ne peuvent donc pas être mises en doute, à moins d’être de mauvaise foi.

Mais revenons au plan initial de vol qui fut totalement changé la veille du drame entre 16 et 20 heures, les
affirmations de l’entourage de la victime étant divergentes sur l’heure de cette modification, tout en se situant dans
cette fourchette de temps.
En effet, PASCAL BELLET devait décoller le 11 février 1993 de l’aérodrome de MAGENTA en direction du nord de
la NOUVELLE-CALEDONIE, avec une partie du staff de la S.M.S.P.
Entre autres personnes, celui-ci était composé de la façon suivante :

ANDRE              DANG                          P.D.G.
JEROME             CHATENEY                      directeur financier.
JEAN-PIERRE        LAPOUS                        directeur des mines.

Ce staff devait assister à une réunion syndicale importante pour cette société, mais le cahier de revendications du
personnel ayant été augmenté au dernier moment, le plan de vol de PASCAL BELLET fut annulé.

ANDRE DANG étant le président directeur général de ladite société, il est facile d’imaginer l’impact qu’aurait eu sa
disparition dans cet ‘‘accident’’, d’autant plus qu’il n’était pas seul mais en compagnie d’autres membres importants.

Le plan initial de vol étant donc modifié la veille, PASCAL BELLET s’envola directement vers TOUHO le matin du
11 février 1993 pour y embarquer RAPHAËL PIDJOT.
Celui-ci est directeur général de la SOFINOR et non président directeur général de la S.M.S.P., la SOFINOR étant
la société mère de la S.M.S.P.
PASCAL BELLET ne put remplir sa mission et s’écrasa dans le massif MENAZI, non loin d’une petite route de la
mine de MEA MEBARA.

L’appareil utilisé était un monomoteur très fiable au dire de la société AVIAZUR, mais ce qui était ‘’autour’’ de cet
avion l’était-il autant, car il ne faut surtout pas oublier que la SOFINOR / S.M.S.P. constitue le joyau de nickel des
indépendantistes, en plus d’être la porte d’entrée du monde minier pour ces derniers.

La brigade de gendarmerie des transports aériens de TONTOUTA ( B.G.T.A. ) avait ouvert une ‘’enquête’’ sur les
causes de cet ‘’accident’, et des pièces mécaniques telles que le moteur furent stockées ‘‘un certain temps’’ dans
les locaux de cette dernière pour expertise.

Celle-ci n’eut lieu qu’au mois de juillet 1993 pour un crash s’étant produit le 11 février 1993…
D’ordinaire les choses vont beaucoup plus vite dès qu’un tel ‘’accident’’ se produit en NOUVELLE-CALEDONIE,
mais le juge d’instruction LUDOVIC FRIAT en charge de ce dossier ne disposait pas de crédits suffisants pour cette
expertise, comme il l’affirma lui-même…


                                                                                                                    64
Celle-ci fut malgré tout officiellement effectuée 6 mois environ après ce drame, en précisant que le système
d’injection de carburant était fondu au niveau de l’injecteur n° 5.

Pour les connaisseurs, l’injecteur n° 5 et son conduit d’arrivée de carburant sont directement accessibles par le
dessous du moteur, sans qu’il soit nécessaire d’ouvrir le capot.
Une petite ‘’opération’’ de ce côté-là, et hop ! Le carburant fuse sur l’injecteur du moteur bien chaud d’un avion
ayant déjà couvert la majeure partie de la distance NOUMEA / TOUHO…
A moins que les recherches ne doivent s’orienter sur l’injecteur n° 5 lui-même comme un desserrage volontaire de
ce dernier, mais cela est plus complexe…

Les conclusions de l’expertise officielle étant par trop évasives sur ce point crucial parmi tant d’autres les parents
de PASCAL BELLET exigèrent une contre-expertise indépendante de la première.
Pour ce faire, ils s’adressèrent à leur avocate du barreau de NOUMEA qui déposa une demande de contre-
expertise hors délai, c’est-à-dire avec un jour de retard par rapport au délai fixé par la loi, comme par ‘’hasard’’…
Et pourtant ils avaient formulé cette demande longtemps à l’avance auprès de cette avocate.

Leur demande hors délai de contre-expertise étant rejetée, ils tentèrent vainement un recours devant une cours de
cassation de FRANCE.

Cependant des photos de l’épave subistent quelque part, photos qui ont fait dire à des pilotes chevronnés et à un
expert en aéronautique que le PIPER CHEROKEE de PASCAL BELLET était en feu avant l’impact.

Ils se basaient sur les traces de brûlures s’enroulant en volutes sur l’arrière du fuselage et des empennages, sans
qu’une partie de la végétation sur laquelle reposaient ceux-ci ne soit complètement calcinée…
Pourtant des boursouflures dues à la chaleur apparaissaient dans la peinture de l’avion, à ces endroits !
Et ne parlons pas des pales de l’hélice ne présentant aucune des déformations caractéristiques d’un avion
percutant une montagne, même à vitesse réduite…

Encore une belle ( B.E.L. ) expertise que voilà, n’est-ce pas ?
C’est certainement devant l’urgence absolue d’un avion en feu que PASCAL BELLET entreprit un 180°
( demi-tour ) au-dessus de la chaîne centrale, pour tenter de poser son appareil sur la route de la mine de MEA
MEBARA, quelque part entre KOUAOUA et HOUAILOU.

De part leur formation, tous les pilotes calédoniens savent qu’un 90° ( virage ) à gauche ou à droite est obligatoire
en cas de défaillance mécanique au-dessus de la chaîne montagneuse centrale.
Cette manœuvre est vitale afin de rejoindre une des nombreuses vallées pour tenter un atterrissage de campagne
ou un amerrissage, même en vol plané.
Le demi-tour à 180° de PASCAL BELLET est donc la preuve irréfutable de l’urgence de sa manœuvre désespérée.
Le moteur en feu, il ne pouvait pas se permettre d’entamer le traditionnel virage à 90° à gauche ou à droite mais
chercher par contre à se poser sur le premier espace découvert disponible.
Pour ceux qui connaissent la chaîne centrale, pareils espaces sont plus que rares, d’où le choix de cette petite
route de mine que PASCAL BELLET rata de peu.

En dehors de tout cela, pourquoi les fiches de maintenance de ce PIPER CHEROKEE ont-elles été falsifiées au
sein même de la société AVIAZUR, juste après ‘’l’accident’’ ?
Un contrôle des injecteurs n’est-il pas prévu toutes les 100 heures de vol ?

Encore un point à vérifier !

Le 11 février 1993, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :

FRANÇOIS            MITTERRAND          président de la république.

PIERRE              BEREGOVOY           premier ministre jusqu’au 29 mars 1993.
                                        EDOUARD BALLADUR le remplaça à ce poste du 29 mars 1993
                                        au 18 mai 1995, c’est-à-dire durant l’enquête.

MICHEL              VAUZELLE            ministre de la justice jusqu’au 29 mars 1993.
                                        PIERRE MEHAIGNERIE le remplaça à ce poste du 29 mars 1993
                                        au 18 mai 1995.

PAUL                QUILES              ministre de l’intérieur jusqu’au 31 mars 1993.
                                        CHARLES PASQUA le remplaça à ce poste du 31 mars 1993
                                        au 18 mai 1995.

ALAIN               CHRISTNACHT         haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE
                                        et délégué du gouvernement.

                                                                                                                   65
Le 11 février 1993, date de ce drame jamais élucidé, PASCAL BELLET aurait fêté ses 32 ans et ses parents
pleurent encore…




                                            EVENEMENTS DE LIFOU

J.W. :
Ce dossier très complexe commence fin 1990 / début 1991 ( à peu près ), avec le problème de l’installation du port
de WE en passant par les cases brûlées, les ‘’tabassages’’, les coups de feu, et celui-ci n’est pas encore terminé
car un jugement doit être prononcé à l’encontre de CONO HAMU.

Au cours d’une réunion coutumière organisée pour régler ce problème du port de WE, CONO HAMU a été blessé
une première fois.
Cette réunion ressemblait plus à une embuscade car avant qu’elle ne débute, CONO HAMU était assommé et
CARLOS KATRAWA ( beau-frère de CONO HAMU ) tirait plusieurs coups de feu dont un dans ma direction, sans
m’atteindre toutefois.
L’arme utilisée était un fusil de chasse ( calibre 12 ou 16 ) appartenant à LOUIS KATRAWA, oncle de CARLOS
KATRAWA.
Celle-ci était normalement entreposée dans le logement de fonction de FRANCK WAHUZUE, à WE LIFOU.
Une semaine avant l’embuscade, celui-ci remettait l’arme en question à CARLOS KATRAWA sur la demande de ce
dernier, il faut le préciser.
Seulement trois ou quatre jours avant cette réunion-embuscade, FRANCK WAHUZUE m’avertissait que CONO
HAMU ne serait pas en sécurité lors de cette rencontre à HNASSE, en omettant de me dire qu’il avait remis une
arme à CARLOS KATRAWA.
Le dimanche de la fusillade, FRANCK WAHUZUE était au VANUATU, pour revenir sur NOUMEA le lundi.
L’avertissement qu’il m’avait donné auparavant n’était-il pas destiné à s’innocenter pour la suite des événements ?
Pourquoi a-t-il omis de préciser qu’il avait remis une arme à CARLOS KATRAWA ?
Sa présence au VANUATU n’était-elle pas destinée à lui fournir un alibi en cas de besoin ?

Durant les années 1991 / 1992, lors de l’épisode des cases brûlées, un fait curieux s’est produit :
Un document tamponné à en-tête de la chefferie de LÖSSI a circulé parmi les gens de LÖSSI, qui étaient ainsi
chargés d’incendier les habitations du clan UJICAS.
Sur ce document figurait l’ordre de brûler les cases du clan sus-cité.
Celui-ci n’a jamais été retrouvé, mais le grand chef BOULA du district de LÖSSI a toujours démenti avoir donné un
ordre pareil.
FRANCK WAHUZUE n’est-il pas le porte-parole officiel de cette chefferie ?

Durant l’année 1992, un colloque sur le développement avait été organisé à LIFOU par la PROVINCE DES ILES.
Parmi les participants, on pouvait noter la présence de FRANCK WAHUZUE, FOTE TROLUE, BILLY WAPOTRO
et MACATE WENEHOUA.
Une certaine tension régnait sur ce colloque et bizarrement trois ou quatre mois après celui-ci, une nouvelle vague
de violences secouait l’île de LIFOU. Quel plan se cachait derrière ce colloque ?
Au cours de l’émission télévisée qui a couvert ce colloque, MACATE WENEHOUA avait été filmé sous tous les
angles.
Ne devait-il pas remplacer un peu plus tard CONO HAMU ?

                                                                                                                66
Quel est le degré de complicité de la télévision locale ( RFO ) dans cette manipulation ?

Ce que tout le monde ignore à travers tous les événements de LIFOU, c’est que derrière le masque coutumier se
cache des opérations dignes de la MAFFIA !
Outre l’aspect financier important du port de WE ( coût réel 1 200 000 000 CFP au lieu de 600 000 000 CFP prévu
initialement ) dont on connaît l’incidence sur les événements survenus dans le district de LÖSSI, un autre marché
beaucoup plus important explique encore mieux une des raisons profondes.

Courant 1989 / 1990 ( la date peut être facilement vérifiée ), RICHARD KALOI, président de la PROVINCE DES
ILES signait un marché de gré à gré d’un montant de 3 800 000 000 CFP avec moi JOSEPH WANANIJE, pour la
construction de deux tranches de villas entièrement viabilisées à WE.

- Première tranche : 200 villas.
- Deuxième tranche : 40 villas.

Ce document est bien entendu gardé en lieu sûr, et je suis prêt à le remettre à la justice pour confirmer mes dires.
Fort de ce document, je décidais de mettre en place une structure coutumière originale de développement en
associant les clans fonciers UJICAS, IWA du district de LÖSSI, et les clans WAEGEN, WANANIJE du district de
GAÏCA.
Une société fut créée légalement, la SO.MEL.BAT dont le capital était réparti comme suit :
Société MODUCO 49 %
Les 4 clans suscités 49 %
Monsieur PATRICK GRAU 2 %
Cette société une fois constituée devait permettre l’obtention des prêts bancaires nécessaires à la construction
desdites villas, lesquelles auraient été rentabilisées ensuite par la PROVINCE DES ILES.
Cette rentabilité sous forme de loyers perçus directement par la PROVINCE DES ILES avait l’avantage d’éviter une
circulation financière susceptible de créer des tensions à l’intérieur même des clans cités précédemment.
Une règle précise avait été adoptée, à savoir que seul le travail fourni par les clans lors de la construction des villas
constituerait une source de revenus.

Après la constitution de la SO.MEL.BAT, j’ai contacté monsieur … VERNAUDON à la B.C.I., avec le document du
marché.
Celui-ci ne pouvant débloquer que 500 000 000 CFP par an, je me suis tourné vers l’I.C.A.P. dont les possibilités
financières étaient à la hauteur du projet.

Les moyens financiers acquis, il ne me restait plus qu’à trouver les moyens de construction ; pour cela, contacté par
NOEL WAHUZUE, je me dirigeais vers une entreprise locale ( BAT. 2000 il me semble ) constituée par une
association de NOEL WAHUZUE et d’ALFIO ZUCCATO.
NOEL WAHUZUE me demanda une photocopie dudit document de marché, afin d’en vérifier la valeur juridique
auprès de GUY AGNIEL, dont les compétences en la matière sont notoires.
( GUY AGNIEL est docteur en droit ).
Assuré de la valeur du document, NOEL WAHUZUE me déclara :
« Cela m’intéresse ; si tu me donnes le marché tu as 100 000 000 CFP pour toi... ».
Je lui répondis :
« Non merci, je ne mange pas de ce pain-là », et je suis parti.
( Il convient de préciser que NOEL WAHUZUE est le frère de FRANCK WAHUZUE ).

Peu de temps après les problèmes commencèrent, surtout pour les clans UJICAS et IWA situés dans le district de
LÖSSI, et des rumeurs malsaines circulaient à LIFOU sur mon compte, mais je reviendrai ultérieurement sur ce
point.

Au sujet de à ce document de 3 800 000 000 CFP, on peut s’interroger sur la valeur d’un tel marché conclu de gré
à gré, mais je tiens à préciser que je n’étais absolument pas au courant de la législation en vigueur, à savoir qu’en
aucun cas un président de province ne peut dépasser la somme de 600 000 CFP pour ce type de dépenses.
Je n’ai su que plus tard qu’un tel marché aurait dû faire l’objet d’une délibération provinciale et non d’un simple
contrat de gré à gré.
A la suite de cette découverte, PATRICK GRAU consulta un représentant juridique de la société LEFEBVRE, lequel
déclara :
« Vous déposez une plainte au tribunal avec ce document et vous êtes sûrs d’obtenir une compensation financière
comprise entre 3 et 5 % du montant total du marché » ( entre 140 et 160 millions CFP à peu près ).

Devant les tensions et les rumeurs persistantes qui régnaient à LIFOU, nous n’avons jamais construit les villas en
question, mais je suis toujours en possession du document de 3,8 milliards CFP.



NOTE SUPPLEMENTAIRE

                                                                                                                      67
Dans le cadre des violences décrites au début de ce volet, CONO HAMU, JOSEPH WANANIJE, EVANESIE
BOULA et d’autres personnes dont je n’ai pas les identités ont fait l’objet d’un jugement décentralisé à LIFOU, le 11
août 1994.
Des condamnations avec sursis avaient été prononcées par ce tribunal en signe d’apaisement, comme ‘’ils’’
disaient…
De retour au bloc C d’isolement du CAMP-EST, JOSEPH WANANIJE rédigea une lettre d’appel de cette décision
de justice qui n’était qu’une mascarade à ses yeux !
En effet, il savait à présent que les événements de LIFOU de 1990 à 1993 avaient été téléguidés, comme ceux de
1984 du reste.
Il n’accepta donc pas les 3 mois de prison avec sursis ni l’amende de 150 000 CFP.

A titre indicatif, les copies certifiées conformes du document de 3,8 milliards CFP sont jointes au présent ouvrage (
voir chapitre « PHOTOS ET DOCUMENTS » ).

De même le procès verbal établi à WE LIFOU le 19 août 1990 est clair :
Les clans y ayant apposé leurs signatures ont été les premiers à subir des incendies criminels.

L’ARGENT, ENCORE L’ARGENT, TOUJOURS L’ARGENT !


                                                    RUMEURS

J.W. :
La rumeur publique parfois soigneusement dirigée et entretenue, est une arme des plus redoutables ; celle-ci a été
très largement utilisée à LIFOU, brûlant plus sûrement les cases que les incendiaires dans un pays pourtant appelé
DREHU ‘’le pays des esprits’’, où la coutume est respectée comme la parole qui accompagne cette coutume, esprit
vivant de la terre mais aussi du monde kanak.

Dans ce contexte, comment comprendre que nous ayons pu être traités de ‘’voleurs à la mairie’’, que nous étions
‘’contre la coutume’’ en plus d’être ‘’des pourris’’, CONO HAMU et moi, et j’en passe...

Pourtant, un contrôle administratif de la gestion de la mairie effectué à la demande du nouveau maire MACATE
WENEHOUA, ne permit de découvrir aucune irrégularité.

- Quels ont été les rôles de MACATE WENEHOUA, de JOSEPH WAITREU, de SIWAN QENENOJ, de MELENE
QENENOJ du conseil de district de GAÏCA dans le colportage de ces rumeurs indignes de nous, gens de LIFOU ?

- Quel a été le rôle véritable de ce métropolitain, professeur d’université détaché auprès de la province des îles,
dans ses conseils donnés à MACATE WENEHOUA ?

Mais au-delà de la rumeur publique, de l’attrait de l’argent qui est une des raisons sous-jacentes des problèmes de
LIFOU, des rivalités coutumières, n’y a-t-il pas une autre raison plus vicieuse, plus perfide ?

Après OUVEA où deux leaders kanaks étaient abattus par un autre kanak indépendantiste lui aussi dans l’enceinte
sacrée d’une chefferie, c’était le tour de LIFOU, cœur de l’U.C. et TERRE-MERE de kanaks de valeur quelles que
soient leurs opinions politiques.

Cette raison ne s’appelle-t-elle pas manipulation, manipulations destinées à affaiblir le monde kanak dans un plan
bien conçu, prévu longtemps à l’avance et appliqué de manière méthodique ?

- Quel a été le rôle de FRANCK WAHUZUE dans les causes réelles des événements de LIFOU ?

- Pourquoi le F.U.L.K. a-t-il tenu un congrès à KUMO LIFOU, le 24 septembre 1992, en pleine période de tension,
prenant ainsi le risque ( calculé à l’avance ) de provoquer des dérapages ?
Celui-ci annonçait sa dissolution, mais aussi sa renaissance sous le nom de CONGRES POPULAIRE.

FRANCK WAHUZUE et le F.U.L.K. ne sont-ils pas liés par l’envoi de stagiaires kanaks en LIBYE, par
l’intermédiaire de YANN CELENE UREGEI, travaillant tous les deux pour les services secrets français du B.E.L.-
D.G.S.E. ?

Cela expliquerait l’assurance affichée par YANN CELENE UREGEI quant à sa sécurité sur le territoire mais aussi à
l’étranger, ainsi que ses ressources financières !

NOTE SUPPLEMENTAIRE



                                                                                                                  68
Il est difficile de définir avec exactitude les liens unissant FRANCK WAHUZUE, instigateur de la filière d’envois de
kanaks en LIBYE et YANN CELENE UREGEI.
Ce dernier agissant au grand jour, se permettait de réserver lui-même les billets d’avion destinés à ses stagiaires
kanaks en formation au terrorisme en LIBYE.

Quant à la rumeur publique, c’est une arme qui a été largement utilisée en NOUVELLE-CALEDONIE, se
déclenchant parfois elle-même et sans l’aide de services spéciaux quelconques...




                                         LES MARCHES-CORRUPTION

J.W. :
C’est après mon premier marché interrompu de 3 800 000 000 CFP, que je me suis intéressé à ce système.
J’ai pu y découvrir des choses très intéressantes comme celle-ci :

Avant l’établissement d’un marché, il y a un projet qui découle bien souvent d’une volonté politique, par exemple :
- projets routiers ou maritimes, immobiliers, achats d’avions, de bateaux etc.
L’état français, à l’écoute des besoins politiques confie le projet à un bureau d’études bien souvent métropolitain,
qui est parfois assisté par un bureau d’études local.
Le bureau d’études procède à l’évaluation du projet sous différents angles, mais l’un des plus importants est
financier.
Le circuit simplifié en est le suivant :

1°/ETAT FRANÇAIS.
2°/BUREAUX D’ETUDES METROPOLITAINS. BUREAUX D’ETUDES CALEDONIENS.
3°/INTERMEDIAIRES.
4°/HOMMES POLITIQUES A L’INTERIEUR DES COMMISSIONS DES MARCHES.
5°/SOCIETES DIVERSES.
6°/PROJET TERMINE.

Les intermédiaires peuvent être soit des personnes physiques soit des personnes morales, mais bien souvent ce
sont des personnes gravitant autour du monde politique ( NOEL WAHUZUE, par exemple...).

Une commission financière variant de 5 à 10 %, plus souvent 8 % du montant total du marché, est répartie entre les
différents échelons du circuit décrit plus haut sur le schéma.
Ce procédé bien que non prévu par la loi est une pratique courante, mais l’on peut s’interroger sur les dossiers
suivants :
A°)
PORT DE WE
Budget prévu pour le projet                              600 000 000 CFP
Coût final                                             1 200 000 000 CFP
Une soi-disant ‘’erreur topographique’’ et, ou une mauvaise évaluation du coût de réalisation a ‘’gentiment’’ fait
doubler le montant de ce projet.
B°)
HOTEL DE LA PROVINCE DES ILES.
Superficie approximative 2 400 m2
Coût final                                             2 400 000 000 CFP
Soit 1 000 000 CFP le m2, sans commentaire !
C°)
ROUTE TRANSVERSALE KONE / TIWAKA.
Budget prévu pour le projet                            3 000 000 000 CFP
Coût actuel                                          13 000 000 000 CFP
Et elle n’est toujours pas finie malgré 10 années de travaux !
Il semblerait que le tracé suivi par cette route ne soit pas vraiment idéal, vu le nombre d’éboulements, mais
certaines sociétés françaises y trouvent leur compte !
D°)
FERRY-BOAT PRESIDENT YEIWENE.

                                                                                                                 69
Prix d’achat                                        600.000.000 CFP
Coût final                                        1 200 000 000 CFP
Après aménagement et mise aux normes de navigation pour le trajet NOUMEA / ILES LOYAUTES.
Les dernières réparations des moteurs du ferry-boat ont coûtées 60 000 000 CFP.

Le sous-préfet des îles JEAN-JACQUES MOULINE était opposé à l’achat de ce bateau, car il affirmait qu’il ne
répondait pas aux normes de navigation imposées par la loi.
Il a été muté pour son opposition à l’achat de ce bateau, à ce qu’il paraît... ( mais cela reste à vérifier ).

Il est intéressant de constater que ce bateau portant un nom lourd de souffrances est un symbole de problèmes
sans fin !
Quand on connaît l’importance des symboles dans le monde kanak, on peut se demander si l’origine des
problèmes est bien matérielle.

De l’étude de ces quatre dossiers ( mais il y en a certainement d’autres, dans une autre direction ), il s’avère que le
coût initialement prévu a carrément doublé, atteignant ainsi des sommes astronomiques !
On pourrait se contenter d’une analyse superficielle mais il s’avère que la filière des marchés est la principale
source de discorde, de corruption et de chantage par contrecoup ( lettres M.C.E. de l’effet ‘’M.I.C.E.’’ ).

En effet les sommes recueillies servent, avec la complicité active et passive du gouvernement français, à tenir et
entretenir certaines personnes ( dont je réserve les identités pour les prochains dossiers ).
Cette corruption du monde politico-financier entretenue et encouragée par la FRANCE permet à celle-ci de mieux
contrôler ou plutôt d’influencer certains comportements, certaines décisions actuelles, mais surtout à jeter les bases
de la CALEDONIE de 1998 où elle compte bien avoir sa place, en continuant d’exploiter le nickel calédonien
moyennant une petite ouverture du capital de la S.L.N. aux investisseurs locaux, par exemple.
Cette solution lui permettrait de ‘’rayonner’’ à l’intérieur d’une sphère d’influence pro-française dans l’OCEAN
PACIFIQUE, mais l’on peut se poser des questions sur la nature de ce rayonnement, n’est-ce pas messieurs les
polynésiens ?

« Pourquoi ne pas citer de noms ? » me direz-vous.
Je vous répondrai à mon tour :
« Pourquoi en citer ? Les brigades financières sont là pour ça, mais sont peut-être utilisées à autre chose n’est-ce
pas ? ».
De plus, si elles travaillent comme la brigade de recherches de la caserne MEUNIER... ( voir dossier ).
Pourquoi n’y a-t-il pas une cour des comptes s’occupant efficacement de problèmes comme le port de WE par
exemple ?

Pourquoi certains dossiers informatisés de contribuables possèdent-ils un code spécial d’accès que seul le chef
des services fiscaux détient, et non les employés chargés de ce travail ?
Serait-ce pour entretenir la corruption ou mieux dissimuler des choses…
( que je connais pour certaines personnes ).
Que la brigade des finances de la gendarmerie nationale fasse le travail pour lequel elle est prévue, en auscultant
ces dossiers au lieu de se contenter de menu fretin.
A-t-elle oui ou non fourni directement ou indirectement les éléments nécessaires à la troisième section de
manipulation du B.E.L.- D.G.S.E., permettant à celle-ci de déclencher à distance une véritable guerre des
communiqués ( guerre des fax ) entre deux hommes puissants, GASPARD ‘’BILL’’ RAVEL et JACQUES LAFLEUR,
afin de fragiliser ce dernier en tant que leader du R.P.C.R. ?
Celui-ci attaquant le premier la PROVINCE DES ILES par l’intermédiaire du fameux dossier du ferry-boat
PRESIDENT YEIWENE, a reçu une formidable riposte.

- Qui en a fourni les éléments ?

- Qui a intérêt à ce que kanaks et non-kanaks ne s’entendent pas, mais plutôt se tolèrent en laissant un no man’s
land propice à l’exploitation du nickel calédonien par une certaine FRANCE ?

NOTE SUPPLEMENTAIRE
Lorsqu’il était au bloc C d’isolement, JOSEPH WANANIJE m’avait affirmé les choses suivantes :

- Après la signature des accords de MATIGNON le 26 juin 1988, CONO HAMU a reçu de l’argent de son ‘’sponsor’’
officiel qui était l’entreprise de construction LEOPOLD GUYENNE, via des marchés publics aux ILES LOYAUTES.
Il n’était pas le seul dans cette situation, car c’était une pratique courante à l’époque.

- LA MAISON DE LIFOU, organe municipal servant de devanture à des pratiques politico-économiques douteuses
était gérée par JOEL ADREY, un sympathisant de monsieur CONO HAMU.
C’est du reste JOEL ADREY qui donna la somme de 150 000 CPF à JOSEPH WANANIJE, somme qu’il flamba
aussitôt avec certains militants de L’U.C. / LIFOU.


                                                                                                                    70
L’argent ‘’facile’’ était le grand drame de cette période d’opulence où économie, ‘’tranquillité’’ et racket faisaient bon
ménage !
Cette méthode qui gangrenait le monde politique de LIFOU fut ensuite appliquée au monde coutumier, tout en
précisant que ce n’était pas là une exclusivité de l’île en question…
Par la suite, CONO HAMU subit des dégâts matériels importants.

- Environ 15 jours avant sa libération, maître GERALD MEYER rendit visite à JOSEPH WANANIJE détenu au
CAMP-EST.
Cet homme de loi, dont l’étude se situe au n° 87 bis route de L’ANSE VATA NOUMEA, vint l’informer que la S.L.N.
lui offrait la somme de 1 100 000 CFP pour financer l’achat d’une maison sociale au lotissement PAIMBOUE à
KONE, au titre de 1er versement.
La réponse de JOSEPH WANANIJE fut alors la suivante :
« Le temps est fini où l’on achetait les gens avec de tels procédés ! ».
Après bien des difficultés, JOSEPH WANANIJE obtint une maison dans ce lotissement, sans aucun passe-droit ni
magouille.
La traite mensuelle fut doublée pour compenser le fameux apport initial de 1 100 000 CFP dont il ne disposait pas.

- Ayant surpris un jour une conversation téléphonique, JOSEPH WANANIJE possède quelques informations sur le
meurtre jamais élucidé de YVES TANGUY ROLLAND.
Le corps de ce dernier avait été découvert dans une villa sise 79 avenue du maréchal FOCH près du lycée LA
PEROUSE à NOUMEA.
Après un coma de quelques jours, YVES TANGUY ROLLAND mourut sans avoir repris connaissance.

A l’époque de ce meurtre, JOSEPH WANANIJE travaillait encore à la PROVINCE DES ILES en tant que chargé de
mission ; c’était donc avant son emprisonnement le 15 avril 1993.
La teneur de la fameuse conversation téléphonique sus-citée l’ayant fortement intrigué, JOSEPH WANANIJE
décida d’informer anonymement la brigade de recherches de la caserne MEUNIER.

En effet, il était question de la sécurité pour ne pas dire plus, d’un enquêteur de la brigade des finances.
Celui-ci s’intéressait d’un peu trop près aux agissements de GASPARD ‘’BILL’’ RAVEL, via un de ses ‘’satellites’’
qui était PAUL GIOVANONNI.
Pour cela, JOSEPH WANANIJE utilisa le téléphone de son bureau de la PROVINCE DES ILES, sans donner son
identité, mais le résultat ne se fit pas attendre :
Moins de quinze minutes plus tard, JOSEPH WANANIJE fut convoqué par la brigade de recherches de la caserne
MEUNIER car son téléphone était sur table d’écoute !

Plus tard et au cours de son incarcération, JOSEPH WANANIJE fut de nouveau interrogé à ce sujet par des
enquêteurs métropolitains au commissariat central de POLICE de NOUMEA.
Rendu extrêmement méfiant par tout ce qu’il avait découvert en prison, il refusa toute coopération malgré les
remises de peine alléchantes proposées par ces derniers.

Le ferry-boat PRESIDENT YEIWENE, objet de la ‘’guerre des fax’’ entre GASPARD ‘’BILL’’ RAVEL et JACQUES
LAFLEUR, aurait été revendu 60 millions CFP aux dernières nouvelles, après avoir coûté près de 1,4 milliard CFP
au total ( achat, réaménagement, mise aux normes, réparations ).

Il est à noter que GASPARD ‘’BILL’’ RAVEL a été président de la société AIR CALEDONIE INTERNATIONAL,
poste dont il avait été démissionnaire le 18 septembre 1985.

En ce qui concerne la route transversale KONE / TIWAKA, les chiffres officiels seraient différents, à savoir :
-Budget prévu pour le projet 1 800 000 000 CFP
-Coût actuel 7 000 000 000 CFP

Afin d’éviter toute suspicion la cour locale des comptes veille au grain, le tout est de savoir pour qui…

Pour revenir aux marchés-corruption et autres pratiques douteuses, la droite locale n’est guère plus exemplaire...
Il suffit d’examiner avec attention les conditions de privatisation de certains services municipaux de la ville de
NOUMEA, et la qualité des personnes ayant mené à bien ces opérations...
Opérations financières avant tout, comme la REGIE DES EAUX qui est un véritable poème à elle seule !
Il convient de rappeler que ce service était très rentable pour la mairie de NOUMEA, trop rentable aux yeux de
certains...
Elle a été la première à être ‘’privatisée-dévorée’’.
Bien sur les délits d’ingérence n’existent pas en NOUVELLE-CALEDONIE, et il y aura toujours une personne très
honorable pour dire que la REGIE DES EAUX n’était pas rentable, ou que de très gros travaux étaient nécessaires
sur le réseau... Ben voyons !
Tout ceci avec rapports ‘’d’experts officiels’’ ou ‘’d’audits’’ bien sûr !



                                                                                                                       71
D’autre part, il n’existe pas de clef informatique spéciale pour les dossiers fiscaux de ‘’certains’’ contribuables de ce
pays.
Ce projet avait cependant été étudié pour être abandonné ensuite.
Toutefois et selon certaines sources internes au service des impôts, il n’y aurait pas moins de 250 dossiers fiscaux
qui seraient essentiellement gérés par la direction de cet organisme.

Ces ‘’dossiers fantômes’’ seraient totalement inaccessibles à l’ensemble du personnel…




                                                        SOCIAL

D.G./ J.W. :
De la complexité de ce domaine, seule une analyse globale peut être effectuée ; le champ de revendications
syndicales étant trop vaste et complexe, s’y aventurer ne relève pas de ce document dont le but initial est de
prouver l’application délibérée dans ce domaine entre autres, de la doctrine diviser pour mieux régner.
Celle-ci est pensée, conçue et appliquée directement ou indirectement par des ‘’correspondants’’.

En effet, sous couvert de revendications syndicales multiples, ne voit-on pas une lutte d’influences entre deux
syndicats puissants, l’U.S.T.K.E. et l’U.S.O.E.N.C. ( pour ne citer que ceux-là ) qui s’affrontent par grèves
interposées.
Celles-ci ( 5 depuis le début de l’année ) paralysent le territoire pendant des périodes plus ou moins longues créant
parfois les conditions idéales d’exaspération et d’affrontement comme ce fut le cas dernièrement dans un conflit
survenu sur le port autonome de NOUMEA ( F.P.M.E.=> U.S.T.K.E. )
Bizarrement, ce sont les ‘’deux poumons’’ de l’économie calédonienne qui sont touchés :
- Aéroport de TONTOUTA.
- Port autonome de NOUMEA.
Force est de constater qu’outre le fait que deux leaders syndicaux kanaks indépendantistes de surcroît ( ceci étant
dit sans a priori ), MARCEL NORARO et LOUIS KOTRA UREGEI s’affrontent syndicalement pour le contrôle du
port autonome de NOUMEA, les grèves à répétitions ( dont nous ne nous permettons pas de juger le bien fondé )
ont le désavantage de dérouter parfois les navires sur d’autres pays et de nuire à la réputation de la NOUVELLE-
CALEDONIE, comme ce fut le cas pour l’AUSTRALIE il y a quelques années.

Le port de NOUMEA n’est-il pas l’un des plus coûteux dans L’OCEAN PACIFIQUE, en matière d’acconage ?
Amoindrir son efficacité et sa réputation, ainsi que celle de l’aéroport de TONTOUTA, ne contribue-t-il pas à
maintenir la NOUVELLE-CALEDONIE dans une sorte de faiblesse psychologique, puis financière, créant ainsi une
dépendance vis-à-vis d’une ‘’certaine FRANCE’’ ?
La lutte de ces deux leaders syndicaux par exemple n’est-elle pas là encore le fruit pourri de manipulations
conscientes ou inconscientes ( nous sommes bien placés pour le savoir ) orchestrées par la trop fameuse troisième
section du B.E.L.- D.G.S.E. ?

Dans des conflits syndicaux qui perdurent, vers qui se tournent les antagonistes parfois excédés ?
Toujours vers le HAUT-COMMISSARIAT !
Celui-ci, fort de savoir utiliser de manière optimale les compétences de ses services de manipulations sur les
déséquilibres sociaux indéniables, les compétitions syndicales, voire les querelles intestines ( U.S.O.E.N.C.=>
S.O.E.N.C.=> U.S.O.E.N.C.-FONCTION PUBLIQUE ), déclenche ainsi des grèves pour mieux s’ériger en
médiateur !
Ce soi-disant médiateur constate les dégâts qu’il a lui-même causés et apporte le remède ( préparé à l’avance ),
rendant ainsi sa présence indispensable en NOUVELLE-CALEDONIE, en prévision de 1998 !
Il lui arrive même parfois de faire des propositions enchanteresses, comme ‘’la création d’une plate forme pour
l’examen de tous les problèmes sociaux du territoire’’, mais non suivi d’effet pour cause de départ prématuré...

Dans cette optique, l’U.S.T.K.E. n’a-t-elle pas reçu une substantielle subvention d’état créant ainsi une jalousie
syndicale en l’aidant à acquérir entre autres les moyens d’imprimer son propre journal, qui sans nul doute est un
moyen d’information très puissant.
Dans la ligne des aides financières, n’avons-nous pas tous été consciemment ou inconsciemment, volontairement
ou involontairement, l’objet de manipulations très subtiles conçues longtemps à l’avance et d’une manière très
précise ?
Dans ce domaine, nous posons les questions suivantes dans un souci de justice car ayant cité le nom de
l’U.S.T.K.E. :
- D’où proviennent réellement les fonds ou le matériel ayant permis la mise en place de RADIO DJIDO ?
- D’où proviennent réellement les fonds ayant permis le montage de RADIO RYTHME BLEU ?
Des donations diverses dans une période pré ou insurrectionnelle ont été effectuées sur le territoire, nous
permettant ainsi de mieux nous affronter sur les ondes ou sur le terrain parfois...


                                                                                                                      72
Nous ne nous permettons pas de dire que tous les donateurs sont des ‘’pourris’’ mais il faut rechercher parfois très
loin la source de ces crédits ou moyens matériels, source de manipulations diverses qui apparaissent tout le long
de ce document avec toujours la même constante : la discorde !

D’autre part, pourquoi l’U.S.T.K.E. a-t-elle été le seul syndicat convié à la signature des fameux accords de
MATIGNON ? C’est tout en son honneur nous le reconnaissons, mais encore une fois, pourquoi lui seul ?
L’U.S.O.E.N.C. en tant que syndicat puissant n’a pas été convié, créant ainsi une source de malaise propice à une
mésentente syndicale notoire, ou plutôt visible dans certains secteurs. A qui profite-t-elle réellement ?
La réponse est claire : A une ‘’certaine FRANCE !’’
Il est intéressant de constater que cet état d’esprit de conflit social latent fait l’objet d’une rumeur persistante :
« Les prochains événements de NOUVELLE-CALEDONIE ne seront pas armés, mais sociaux... ».
Ce leitmotiv n’est-il pas lui-même une des subtiles créations des services de manipulations français présentement
applicables sur le territoire ?
( Lettres I et E de l’effet ‘’M.I.C.E.’’, la lettre I étant dans ce cas un symbole d’idéalisme syndical ).

NOTE SUPPLEMENTAIRE
Il convient de préciser que les lignes ci-dessus datent du 30 juillet 1994 et depuis ce temps beaucoup de choses
ont changé.
Le médiateur dont il est fait mention dans ce document n’est autre qu’ALAIN CHRISTNACHT, haut-commissaire de
la république en NOUVELLE-CALEDONIE et délégué du gouvernement jusqu’au mois d’août 1994.
En effet, c’est lui qui avait proposé la mise en place de cette fameuse ‘’plate-forme pour l’examen de tous les
problèmes sociaux du territoire ‘’ juste avant son départ.
Il a été remplacé à ce poste par DIDIER CULTIAUX jusqu’au 18 août 1995.
Il est à noter que JACQUES LAFLEUR avait défini ALAIN CHRISTNACHT comme étant le ‘’meilleur de la classe’’
lors du départ de ce dernier...
De quel genre de classe voulait-il parler, puisque l’hôtel de la PROVINCE SUD et les barrières du haut-
commissariat avaient été fortement endommagés pendant cette période ?
D’autre part et comme ‘’par hasard’’, le colonel GUY MASCRES, chef du B.E.L. avait été aperçu aux côtés de la
direction du port autonome de NOUMEA, lors d’une grève des dockers paralysant cet organisme.
Et toujours comme ‘’par hasard’’, FRANCK WAHUZUE avait fait une apparition de l’autre côté, celui des grévistes...
JOSEPH WANANIJE avait obtenu tous ces renseignements lors d’une visite hebdomadaire de sa famille au CAMP-
EST.

En ce qui concerne RADIO DJIDO, OCTAVE TOGNA était allé chercher lui-même en ALLEMAGNE le matériel
nécessaire au montage de cette station.
Ce matériel aurait été offert par les ‘’VERTS-ECOLOS’’ allemands à ce qu’il paraît...

Selon BENOIT SAURAY, RADIO RYTHME BLEU aurait été montée par le R.P.C.R. pour la somme de 40 millions
CFP sur la base d’une radio existante, si mes souvenirs sont exacts.
Ces fonds auraient été prélevés sur le trésor de guerre généreusement accordé par le R.P.R. de JACQUES
CHIRAC au R.P.C.R. de JACQUES LAFLEUR, à l’époque de l’amour fou entre ces deux monstres politiques…
Et comme en amour il y a toujours des hauts et des bas…
Ceci est également à rapprocher avec la présence en NOUVELLE-CALEDONIE de FRANCOIS DE ROUGET,
pendant les événements de 1984.
En effet, c’est bien en tant que chargé de mission de la ville de PARIS que ce dernier avait été expédié en
NOUVELLE-CALEDONIE.
Ce trésor de guerre se serait élevé à la somme de 180 millions CFP, trésor de guerre qui aurait été largement
utilisé pour la mise en place de la couverture radio du R.P.C.R., l’achat de walkies-talkies et de véhicules, entre
autres ‘’bricoles’’…

Ce serait dans un de ces véhicules qu’HENRI MORINI fut grièvement blessé à CANALA le 24 avril 1988.
Touché au ventre, celui-ci s’était écroulé sur le volant et c’est grâce à la présence d’esprit de son passager qu’il fut
sauvé.
En effet, JOSEPH VAÏTANAKI était sorti de cette embuscade tendue par le F.L.N.K.S. en conduisant de côté et en
appuyant sur le pied d’HENRI MORINI pour accélérer.
En remerciement de ce geste ayant sauvé la vie d’un ‘’chef de guerre’’ du R.P.C.R., JOSEPH VAÏTANAKI fût
embauché en tant qu’ouvrier spécialisé premier échelon au service municipal d’hygiène de la mairie de NOUMEA,
quelques années plus tard.
Quelle gratitude ! OS 1 pour cet ancien sergent de l’armée française et sauveur d’HENRI MORINI qui plus est…
S’il avait progressé dans l’échelle des qualifications, c’était surtout grâce à l’action syndicale que nous avions
menée collectivement dans cette section, mais certainement pas à la reconnaissance du R.P.C.R. à son égard.

Détails :
- L’AUSTRALIE faisait partie des pays ayant aidé financièrement le F.L.N.K.S. avant ou pendant les événements de
1984 en NOUVELLE-CALEDONIE.



                                                                                                                     73
- Les fonds nécessaires à l’acquisition d’un immeuble et du matériel d’imprimerie pour l’U.S.T.K.E. ont été accordés
par ALAIN CHRISTNACHT, sur fonds publics.
Cette imprimerie sise 2 rue DONIAMBO, 2 ème VALLEE DU TIR, B.P. 4166 NOUMEA, porte le nom de S.C.O.V
SARL (.SOCIETE DE COMMUNICATION OUVRIERE.), qui édite le bimensuel COMBAT OUVRIER de l’U.S.T.K.E.

                               ORIENTATION ET CONTROLE DE L’INFORMATION

D.G./J.W. :
Il est indéniable qu’en NOUVELLE-CALEDONIE l’information subisse tantôt une orientation douce, tantôt un
contrôle pur et simple : Qui peut le plus peut le moins, n’est-ce pas ?
L’orientation de l’information étant un domaine plus que subjectif, nous nous bornerons à énumérer des faits précis
qui eux, ont l’avantage d’être objectifs car parfaitement vérifiables, accréditant ainsi la thèse de l’orientation douce
de l’information :

THIO : juillet / août 1985.
C’était une période particulièrement chaude, car au cœur des événements. Trois heures avant chaque opération
des forces de l’ordre, toute la région de THIO était isolée de toute communication téléphonique.

OUVEA : Prise d’otages de la Gendarmerie en 1988 ( 22 avril au 05 mai ).
Avant et après le déclenchement de l’opération de libération des otages, toute l’île était isolée de toute
communication téléphonique. ( OPERATION VICTOR ).

VOH : Mort de JACQUES LAPETITE le 20 septembre 1991.
Lors de l’accident de la route qui a coûté la vie à cette personne, la région de VOH connaissait de sérieux
dérangements téléphoniques.
Il faut préciser que JACQUES LAPETITE était l’un des auteurs de la fusillade de TIENDANITE, et que j’ai moi-
même acheminé le cercueil de ce dernier de NOUMEA vers VOH en compagnie de JEAN-PIERRE COURTOT.
Les problèmes téléphoniques étaient-ils dus à la personnalité de celui-ci ?

LIFOU : Événements de LIFOU pendant la période 1992 / 1993.
Durant la période s’étendant de la fusillade de THUAHAIK LIFOU et les négociations pour les nouvelles élections
municipales, l’île de LIFOU a été plusieurs fois isolée de toute communication téléphonique.
Cette période couvre en outre les ‘’tabassages’’, bagarres diverses, fusillade, le congrès du F.U.L.K., la grève
USOENC-FONCTION PUBLIQUE menée par ROSINE STRETTER, grève déclenchée par le licenciement au bon
moment de personnes relevant de ce syndicat.
Ces isolements téléphoniques duraient parfois quelques heures.

D.G. :
Lors de ma dernière audition effectuée par MARTINE VARACHE, juge d’instruction au tribunal de NOUMEA, je
mettais en cause le gouvernement français par l’intermédiaire de ses services secrets dans l’élaboration de la filière
d’envois de kanaks en stage de formation au terrorisme en LIBYE
( il s’agit bien sûr de la dernière audition avant le dépôt de la présente plainte en date du 30 juillet 1994 ).
Après avoir dénoncé les agissements du chef de la brigade de recherches MARC REVAULT dans une lettre non
suivie d’effet, je déposais ainsi que JOSEPH WANANIJE plusieurs plaintes le 08 juillet 1994.auprès d’YVES
LEBOURDON, procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE
Une des plaintes, la plus importante, concernait la collusion des services secrets français avec la LIBYE par
l’intermédiaire de FRANCK WAHUZUE.

Le jeudi 28 juillet 1994 à 9 heures 30 JOSEPH WANANIJE était convoqué par le procureur de la république YVES
LEBOURDON, au sujet de ses plaintes.
En effet, celui-ci était le principal témoin à charge de FRANCK WAHUZUE dans le dossier LIBYEN, bien que ce
point n’ait pas été abordé au cours de l’entretien.

Le lendemain vendredi 29 juillet 1994, la situation téléphonique empirait, mais bien sûr ce n’était qu’une
coïncidence de plus...
Il faut dire que nous nous étions arrangés JOSEPH WANANIJE et moi, pour provoquer quelques fuites à l’extérieur
depuis plus d’un mois et demi...

Il suffit de lire le journal Les NOUVELLES CALEDONIENNES, plus particulièrement le numéro 6971 du 03 août
1994, un article intitulé ’’LES APPELS DU CALL-BACK AUX ABONNES ABSENTS’’ où il est précisé :

‘’Depuis vendredi dernier ( 29 juillet 1994 ), l’une des deux sociétés vendeuses du CALL-BACK à NOUMEA voit son
système bloqué sur toute la ligne.
La seconde société est à peine mieux lotie que sa consœur...
Seulement un appel sur cinq parvient à passer...
Quant au président du conseil d’administration de l’office des postes et télécommunications, monsieur THIERRY
LATASTE, ( également secrétaire général du territoire ), il rendait carrément son tablier :

                                                                                                                     74
« aucun commentaire particulier en ce sens que je ne suis pas au courant... » ‘’ Ben voyons !

NOTE SUPPLEMENTAIRE
Lors de l’entretien du 28 juillet 1994, JOSEPH WANANIJE avait expliqué au procureur YVES LEBOURDON tout ce
qu’il savait sur les marchés-corruption.
C’est d’ailleurs sous sa seule direction qu’ont été rédigées les pages portant le titre les MARCHES-CORRUPTION
figurant dans la plainte du 30 juillet 1994.

Le procureur YVES LEBOURDON avait même déclaré à son interlocuteur :
 « Vous allez avoir la D.S.T., la SECURITE MILITAIRE etc. Il ne faudra pas me laisser sur le bord de la route, GUY
DIJOU et vous... ».
C’est de retour du tribunal de NOUMEA que JOSEPH WANANIJE m’avait rapporté toute la teneur de cet entretien.
Ma réponse avait été très nette : « Je ne crois pas un seul mot de ce procureur ! ».
JOSEPH WANANIJE partageait entièrement ce sentiment, mais il n’avait pas dit à ce procureur que la présente
plainte étant en cours de duplication.
En effet, je précise encore une fois que la présente plainte du 30 juillet 1994 n’a été déposée que le 16 août 1994
auprès du procureur YVES LEBOURDON, pour la simple et bonne raison qu’il me fallait impérativement faire un
double de celle-ci avant de l’expédier au tribunal.
L’expérience de nos plaintes précédentes nous avait servi de leçon...
JOSEPH WANANIJE m’avait également déclaré :
« Laisse GUY, il va avoir une sacrée surprise quand il va la recevoir cette plainte...Il va bien voir ce procureur... ».

En ce qui concerne l’orientation et le contrôle de l’information, le procès d’assises des 24 / 25 / 26 avril 1996 illustre
parfaitement ces pratique plus que douteuses.
C’est encore plus grave quand c’est la justice elle-même qui se livre à ces malversations !

                           Extraits des pages 18-30-31 du magazine l’EXPRESS n° 2412
                                   Semaine du 25 septembre au 1er octobre 1997.
                  (Les notes secrètes de FRANÇOIS MITTERRAND et CHRISTIAN PROUTEAU )

Ci-joint quelques notes confidentielles du chef d’escadron CHRISTIAN PROUTEAU destinées à FRANÇOIS
MITTERRAND, et rédigées sur papier à en-tête de la présidence de la république, rappelons-le.
Emission télévisée annulée, journaliste sur écoute téléphonique, rumeurs diverses, pamphlet politique rédigé par un
service officiel etc. etc. etc.
Un petit aperçu de ce que peut cacher une république parmi tant d’autres dans le monde.
Que les Calédoniens de toutes ethnies se rassurent, il n’y a rien de cela dans ce territoire d’outre-mer...
Dormez bien, le drapeau tricolore veille sur vous, encore et toujours !

                            LES AMIS DE JEAN-EDERN HALLIER : 29 FEVRIER 1984.
Note sur JEAN-EDERN HALLIER :
Non seulement la cellule l’avait placé sur écoutes, mais elle propose aussi à FRANÇOIS MITTERRAND d’enquêter
sur ses relations.
De ce fait, de nombreux proches seront à leur tour placés sur écoutes ou suivis.

‘’Comme vous me l’avez demandé lors de notre dernier entretien, voici la liste complémentaire des personnes avec
lesquelles il est entré en contact.
Si vous souhaitez quelques précisions les concernant, cochez les noms qui vous intéressent sur la liste, s’il vous
plaît’’.

                                                                         Le chef d’escadron CHRISTIAN PROUTEAU.

                                  TELEVISION CENSUREE : 02 MARS 1984.
L’ELYSEE ira jusqu’à censurer une émission de télévision dont JEAN-EDERN HALLIER était l’invité.
C’est JEAN-CLAUDE COLLIARD, directeur du cabinet du président de la république, qui interviendra auprès de la
direction d’antenne 2.
Le responsable de l’émission, JACQUES MERLINO, a confirmé à l’EXPRESS qu’elle avait bien été déprogrammée
in extremis sans explication.

‘’Par les moyens techniques dont nous disposons, nous avons appris hier qu’ EDERN HALLIER devait être l’un des
invités surprises d’une émission appelée ‘’AUJOURD’HUI LA VIE’’, qui devait être diffusée aujourd’hui en direct à
13 heures 50.
J’ai donc averti immédiatement monsieur COLLIARD qui a pris les dispositions qui s’imposaient, et l’émission a été
annulée.’’

                                                                Le chef d’escadron CHRISTIAN PROUTEAU.
                                         RAYMOND BARRE : 07 AVRIL 1988.


                                                                                                                       75
A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, où JACQUES CHIRAC et RAYMOND BARRE sont
tous deux candidats, de curieux pamphlets les mettant en cause circulent...

‘’Nous avons réussi à nous procurer un pamphlet réalisé par le ministère de l’intérieur, contre monsieur BARRE.
Vous trouverez en annexe différents renseignements concernant les personnes qui en ont été destinataires et une
information concernant un pamphlet similaire, préparé par l’entourage de monsieur BARRE, relatif à monsieur
CHIRAC’’.

                                                                         Le chef d’escadron CHRISTIAN PROUTEAU.

                            DEBAT TELEVISE MITTERAND-CHIRAC : 28 AVRIL 1988.
A la veille du débat télévisé entre les deux tours de l’élection présidentielle, CHRISTIAN PROUTEAU prévient
FRANÇOIS MITTERAND que JACQUES CHIRAC pourrait utiliser le thème de la libération des otages.
Cet épisode donnera en effet lieu à une passe d’armes célèbre, ‘’les yeux dans les yeux’’, même si l’argument
soulevé par JACQUES CHIRAC ne sera pas exactement celui annoncé par la cellule.

‘’J’ai appris de source sûre que l’entourage de monsieur CHIRAC souhaitait qu’il utilise contre vous, dans le débat-
qui vous opposera, une information concernant une tentative d’intervention de l’ELYSEE dans le problème des
otages.

Il circule à BEYROUTH depuis un ou deux jours qu’AMINE GEMAYEL se serait mis d’accord avec la présidence de
la république pour faire échouer l’entreprise de libération des otages menée par le gouvernement.

Dans ce but, avec l’appui du 2ème bureau libanais, monsieur DE GROSSOUVRE et son ami SAMI MAROUN se
seraient rendus le 21 avril à BEYROUTH avec une forte somme d’argent, qu’ils auraient fait parvenir aux ravisseurs
pour interrompre les négociations en cours.
Il semble que pour le moment, monsieur CHIRAC hésite sur l’emploi de cette information contre vous.

Par la même source, j’ai obtenu quelques renseignements sur le déplacement de monsieur MARCHIANI à
BEYROUTH le vendredi 22 avril, qu’ont accompagné monsieur SAFA homme d’affaires libanais demeurant à
PARIS, et monsieur HANKACH proche de SIMON KHASSIS du 2ème bureau libanais.

Le déplacement avait pour but de récupérer contre rançon un otage.
Il semble sûr à 80 % que la rançon a été fournie, bien que l’otage n’ait pas été libéré’’.

                                                                         Le chef d’escadron CHRISTIAN PROUTEAU.


Toujours au sujet de manipulations de l’opinion publique, il y a des cas assez intéressants en FRANCE :
- Le premier concerne le procès de MAURICE PAPON au cours duquel est ressortie l’affaire du
17 octobre 1961.
Il y eut ce jour là une grande manifestation du F.L.N. à PARIS, manifestation qui tourna au drame ; selon certaines
sources comme FRANCE INTER notamment, il y aurait eu environ 200 morts algériens du fait des forces de l’ordre
françaises.
De plus, il a été précisé que les policiers avaient reçu des messages sur leur fréquence radio dans le genre :
« Deux policiers tués par ci, un policier blessé par là... ».
Or, il s’est avéré par la suite que ces messages diffusés sur une fréquence réservée étaient complètement faux !
L’histoire est bien discrète sur ce point qui demande vérification, mais si ‘’quelqu’un’’ avait voulu mettre ces policiers
sous pression psychologique, pour obtenir le maximum ‘’d’efficacité’’ de leur part, ‘’il’’ n’aurait pas procédé
autrement !
C’était la guerre d’ALGERIE, ne l’oublions pas !
En 1961, l’équipement électronique permettant ce genre de manœuvre n’était certainement pas disponible chez
l’épicier du coin, n’est-ce pas ?
Toutes les pièces de ce dossier ne sont pas disponibles, paraît-il...

- Le deuxième cas, plus récent, concerne la mort accidentelle de la princesse DIANA à PARIS le 31 août 1997.
Là encore, un responsable de publication interrogé sur FRANCE INTER déclara qu’en règle générale, les choses
les plus importantes d’un dossier ou d’une affaire ne figuraient jamais dans les journaux...
De toute façon, le simple citoyen a d’autres préoccupations beaucoup plus substantielles que d’écouter FRANCE
INTER ou d’autres médias...

                               CENTRAL TELEPHONIQUE DU 5ème KM A NOUMEA.

DG :
Ce central téléphonique bâti sur un marécage, est un chef d’œuvre de technologie pour la NOUVELLE-
CALEDONIE. Il peut l’être, pour la somme astronomique qu’il a coûté !
Ne devait-il pas être construit à KONE ?

                                                                                                                       76
Cette construction sur NOUMEA au lieu de KONE avait entraîné une augmentation considérable du coût final de ce
central, mais aussi une complexité accrue du système de communication.
ROSINE STREETER, secrétaire générale de L’U.S.O.E.N.C.- FONCTION PUBLIQUE avait été la seule à dénoncer
cette situation, mais affaiblie par la querelle intestine de L’U.S.O.E. N.C. ( profitant à qui en finalité ? ), celle-ci ne
devait se contenter que de signaler le fait.
Il est à noter que ROSINE STREETER est employée à l’office des postes et télécommunications de NOUVELLE-
CALEDONIE.

Le changement de lieu de construction n’a-t-il pas été une simple question de stratégie politique, KONE étant le
centre administratif de la PROVINCE NORD, province indépendantiste ?

A la lecture de ce qui précède, est-ce la seule raison ?

- Quel est le rôle exact du service des postes et télécommunications dans la vaste opération de manipulation qui a
lieu en NOUVELLE-CALEDONIE ?


NOTE SUPPLEMENTAIRE
A l’heure de la cellule d’écoutes téléphoniques de l’ELYSEE dirigée par le ‘’superpréfet’’ CHRISTIAN PROUTEAU,
le nouveau central téléphonique du 5ème KM fait bien piètre figure...

Le 13 mars 1986 pourtant, des écoutes téléphoniques étaient signalées à un juge d’instruction du tribunal de
NOUMEA.
Ce n’est que deux jours plus tard que des branchements illégaux étaient mis à jour dans le central téléphonique de
la rue GALLIENI NOUMEA.

Le 24 octobre 1986, cent hommes de la ‘’C.R.S.14’’ étaient renvoyés précipitamment en France, après 3 semaines
seulement de séjour en NOUVELLE-CALEDONIE. Le piratage des lignes téléphoniques n’était pas la seule raison
de ce renvoi d’urgence, paraît-il… ( source LE MEMORIAL CALEDONIEN ).
C’était en 1986, maintenant ce doit être beaucoup plus moderne…

                              Extraits de la page 26 du magazine l’EXPRESS n° 2412
                                                                 er
                                  Semaine du 25 septembre au 1 octobre 1997.
                  (Les notes secrètes de FRANÇOIS MITTERRAND et CHRISTIAN PROUTEAU).

                         SE MEFIER DU MINISTERE DE L’INTERIEUR : 06 MARS 1986.
Nouvelle note en vue de la cohabitation : Se méfier du central téléphonique du ministère de l’intérieur !

‘’Après le 16 mars, dans l’hypothèse d’un changement de majorité et de la désignation d’un ministre de l’intérieur
qui ne nous serait pas favorable, il sera important de se méfier de l’utilisation du téléphone du réseau
interministériel.
En effet, le central de ce réseau se trouve au ministère de l’intérieur et il est extrêmement facile, sans que personne
ne s’en rende compte et puisse le déceler, d’effectuer à partir du répartiteur des branchements’’.

                                                                          Le chef d’escadron CHRISTIAN PROUTEAU.


La méfiance règne dans le panier de crabes, n’est-ce pas ?
La seule différence entre la NOUVELLE-CALEDONIE et la FRANCE réside dans les poursuites judiciaires
engagées dans le domaine des écoutes téléphoniques de L’ELYSEE.
Bien sûr, l’enquête avance à la vitesse de l’escargot, en vue d’un éventuel jugement mais il y a ‘’carence’’ de
magistrats, paraît-il...

Dernièrement, le sieur CHRISTIAN PROUTEAU a été ‘’lavé’’ de tous soupçons par la ‘’justice’’ française.
Il existe donc des machines à laver judiciaires comme d’autres lavent l’argent ou le linge sale…
Des hommes souillent leurs professions, comme certaines professions souillent les hommes qui les exercent !
                                              COURRIER PERSONNEL

J.W :

Depuis les visites du chef du B. E. L.- D. G. S. E., le colonel GUY MASCRES, au CAMP-EST les 1er et 08 juin 1994
( voir le registre des entrées de la prison ) sur la demande de GUY DIJOU, lequel lui déclarait entre autre :
« Il y a une prostituée dans la couleur rouge du drapeau français, une putain qui tue ses enfants et ses gendarmes
pour le dieu nickel... », j’ai pu constater les faits suivants :



                                                                                                                        77
Outre les filatures de mon épouse, les visites bizarres d’inconnus d’origine métropolitaine au domicile de ma famille,
les appels téléphoniques anonymes que subit ma famille, il y a des anomalies dans mon courrier personnel tant
dans les délais de mes lettres que sur leurs destinations.

- Une lettre du 29 juin 1994 de BABETTE KONECO, secrétaire du COMITE CONSULTATIF DES ILES, m’a été
remise le 06 juillet 1994. ( soit une semaine pour parcourir 3 km à vol d’oiseau, entre la prison du CAMP-EST et
cette personne ).

- Dans une lettre postée à LIFOU le 24 juillet 1994 et reçue le 28 juillet 1994, ANNA WANINYA me signale que mon
oncle BENOIT BONUA n’a jamais reçu mes 3 lettres expédiées de la prison du CAMP-EST, entre les 05 avril 1994
et 28 juin 1994.

- Lors de la visite hebdomadaire de mon père ALPHONSE WANANIJE le 06 août 1994, celui-ci me signale que ma
dernière lettre est arrivée à KOUTIO DUMBEA avec 15 jours de retard !
De plus l’enveloppe d’origine avait été changée, et j’ai demandé à celui-ci de la conserver comme preuve.

Au cours des visites hebdomadaires des 16 et 30 juillet 1994, mon père, ma mère et mon beau-frère m’ont
demandé si j’avais reçu deux mandats postaux de 5 000 CFP chacun.
A ce jour 08 août 1994, je n’ai aucune nouvelle de ces deux mandats.

Je tiens à préciser que suite à ces différents problèmes, j’ai déposé une plainte contre le chef du B.E.L. GUY
MASCRES, auprès du procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE, YVES LEBOURDON.
Le colonel GUY MASCRES m’a rendu visite le 1er août 1994 ( voir le registre des entrées du CAMP-EST ).
Au cours de l’entretien, celui-ci me déclarait :
«Je ne suis en NOUVELLE-CALEDONIE que depuis un mois, et ‘’on’’ essaie de me faire porter le chapeau.
Je n’ai rien à voir avec tous les problèmes de votre famille, je vous assure… ».

GD :

J’ai également constaté des retards dans la délivrance de mon courrier de l’ordre de 07 à 10 jours pour des lettres
postées à NOUMEA, soit une distance de 2 / 3 km entre la prison du CAMP-EST et la ville de NOUMEA.

Le courrier de JOSEPH WANANIJE et le mien suit une filière ‘’spéciale’’ tant à l’arrivée qu’au départ, en ce qui
concerne la censure.
Celle-ci est assurée par le directeur du CAMP-EST, YVES DUPAS lui-même !
- Pourquoi et sur ordre de qui ?
- Quel est le rôle de l’office des postes et de télécommunications dans ces anomalies ?



NOTE SUPPLEMENTAIRE

Ma mère BERNADETTE DIJOU, avait quant à elle reçu des appels téléphoniques orduriers, après le dépôt de nos
plaintes.

Excédé par ce que vivait sa famille après les visites de GUY MASCRES au CAMP-EST, EMILE WANANIJE voulut
se rendre directement au haut-commissariat de NOUMEA, en tant que frère de JOSEPH.
En effet étant militaire français, celui-ci avait été envoyé au TCHAD et au LIBAN pendant les heures sombres de
ces pays.
Il possédait donc une certaine expérience en la matière, mais étant donné son caractère assez vif, c’est son
beau-frère SINYEUE SINYEUE qui se rendit à sa place au haut-commissariat de la république en NOUVELLE-
CALEDONIE.
Parvenu dans les locaux du B.E.L., il demanda au personnel en place de faire cesser immédiatement les
intimidations dont faisait l’objet la famille WANANIJE.
Les choses rentrèrent dans l’ordre par la suite.

                                  VIOLATION DU SECRET DE L’INSTRUCTION

J.W :

Vers les mois de septembre / octobre 1993 ( la date est facilement vérifiable ), ROSINE STREETER accompagnée
de mon père me rendirent visite grâce à un permis exceptionnel.

Au cours de la discussion, celle-ci me déclara :
« JOSEPH, fais attention !
Le juge QUINIO s’en va et FRANCK WAHUZUE rentre la nuit au tribunal pour lire tes déclarations sur l’attentat de
RICHARD KALOÏ, avec la complicité de FOTE TROLUE...

                                                                                                                   78
Deux personnes les ont vus... ».

Je dois préciser que j’étais au courant de cela et pour tester cette rumeur, j’avais changé le sens de mes
déclarations.
Peu de temps après, même mon père était au courant de ce changement et il m’avait dit lors d’une visite
hebdomadaire :
« Ne change pas tes déclarations ! ».

Durant l’instruction, j’avais signalé ce fait grave au juge d’instruction JEAN-LUC QUINIO chargé de mon dossier.
( FOTE TROLUE est un magistrat du tribunal de NOUMEA ).




NOTE SUPPLEMENTAIRE

Le jour où JOSEPH WANANIJE a été averti par ROSINE STREETER est facilement vérifiable : Il eut deux parloirs
dans la même journée, ce qui est réglementairement impossible au CAMP-EST !

Les relations ambiguës unissant le magistrat FOTE TROLUE et FRANCK WAHUZUE sont explicitées dans la note
supplémentaire de la lettre du 03 décembre 1994.
Celle-ci avait été adressée au procureur YVES LEBOURDON.




                                                     SYNTHESE

De la synthèse des faits relatés ci-dessus, il apparaît qu’une gigantesque opération de manipulation preuves à
l’appui, a eu lieu et a encore eu lieu en NOUVELLE-CALEDONIE.

Celle-ci est appliquée méthodiquement suivant quatre axes principaux qui s’interpénètrent intimement parfois, à
défaut d’agir de concert car trop visible dans ce cas, mais visant toujours à appliquer une doctrine vieille comme le
monde qui est la suivante : « diviser pour mieux régner ».
Cette doctrine a largement rapporté ses fruits, pourris du reste...

Ces quatre axes sont : Politique. Financier. Social. Coutumier.

Ces domaines sont l’objet de manipulations très subtiles parfois, menées de main de maître d’une manière occulte
regroupant pêle-mêle et parfois en synergie :

                                                                                                                   79
L’administration d’état, les services judiciaires, les différentes forces de l’ordre mais surtout les services secrets
français, et en particulier la 3ème section de manipulation du B.E.L.- D.G.S.E.
Il convient cependant de noter que ces mêmes services font l’objet de manipulations réciproques très fines ( voir le
dossier des stagiaires libyens ) entre la D.G.S.E. et la D.S.T., à moins que ces deux services n’agissent de concert
parmi tant d’autres.

La base de travail de cette main occulte, outre l’utilisation optimale de tout moyen d’information connu ( radio,
presse, télévision, revues, rumeur publique ) se résume en quatre petites lettres ‘’M.I.C.E.’’. ( l’effet M.I.C.E. ) qui,
malheureusement, reflètent à elles seules toute la faiblesse et la petitesse de la nature humaine.
Les effets des quatre lettres M.I.C.E. peuvent se résumer ainsi :

M = MONNAIE
Appât du gain et corruption.
Exemple : Affaire de LIFOU. monde politique. monde financier etc.

I = IDEOLOGIE
Idéalisme.
Exemple : Doctrine de l’indépendance kanake socialiste sans condition.
           Doctrine de la CALEDONIE française à tout prix.
Ces deux idéologies fondamentalement opposées génèrent la motivation et l’énergie nécessaires à la mobilisation
des militants des deux camps respectifs.
Un constat s’impose de lui-même : Le monde kanak a fortement ‘’évolué’’ depuis1981, mais il est cependant
dommage que cette évolution ait coûté tant de destructions, sans parler des morts dans les deux camps…

C = CHANTAGE
Mœurs, retours obligatoires de faveurs matérielles, financières, judiciaires, etc.
Il est à noter que le chantage est une conséquence directe de la corruption, sous quelque forme que ce soit.

E = EGO
Désir de se venger, ressentiment contre quelque chose ou quelqu’un, etc.
- Dans l’affaire D’OUVEA n° 2, il semblerait que les lettres I et E de l’effet M.I.C.E. aient été utilisées simultanément
pour conditionner le drame, le terrain étant soigneusement préparé à l’avance par la rumeur publique.
Celle-ci consistait à répéter inlassablement que JEAN-MARIE TJIBAOU avait été acheté avec les accords de
MATIGNON, de même que JACQUES LAFLEUR du reste.
A ce sujet, il est intéressant de constater que les deux grands partis politiques signataires des accords de
MATIGNON ont joui tous deux d’une notoriété ambivalente à la mise en place de ces accords pour finalement
sortir, et c’est un paradoxe, affaiblis par la paix retrouvée.
Quelle a été l’incidence de la rumeur publique dans cet affaiblissement ?

Autre exemple de l’application de la lettre E de l’effet M.I.C.E. :
- La neutralisation d’ELOI MACHORO par le même membre du G.I.G.N. qu’il avait frappé quelque temps
auparavant, pendant les événements de THIO ( épisode des armes sans culasse du G.I.G.N. ).
Cette liste n’est pas exhaustive mais reflète néanmoins une partie des moyens utilisés par cette main occulte, pour
mener à bien sa funeste besogne sur le terrain et dans les consciences.
En NOUVELLE-CALEDONIE et suivant les cas traités, l’ensemble des moyens décrits ont été utilisés, la mentalité
locale s’y prêtant inconsciemment du fait d’une certaine naïveté naturelle et d’une nonchalance intellectuelle propre
à la douceur de vivre sur cette île, ceci étant dit sans amertume ni esprit critique.

Le but recherché par cette main occulte, en l’occurrence une ‘’certaine FRANCE’’ est simple :
En divisant le peuple calédonien dans son ensemble, celle-ci s’est toujours préservée une plate-forme personnelle
d’évolution lui permettant d’asseoir sa présence dans l’OCÉAN PACIFIQUE, mais aussi et surtout de préserver ses
intérêts actuels et futurs comme :

A)
Le nickel calédonien
Quoi qu’on en dise, celui-ci est une source substantielle de gains faciles pour elle, le contrôle de ce minerai étant
effectué par le biais de la S.L.N. dont le capital est largement constitué par le gouvernement français.

Dans un pays où se profile l’indépendance, la S.L.N. ne vient-elle pas d’investir à grand renfort de publicité la
coquette somme de 15 milliards CFP dans l’usine de KOPETO ?
Soucieuse de préserver cette richesse qu’est le nickel calédonien, une ouverture timide du capital de la S.L.N. aux
capitaux locaux n’a-t-elle pas été envisagée le jour même de l’inauguration de l’usine du site de KOPETO ?

Auparavant, la rumeur publique bien alimentée par le monde politique faisait naître la notion d’indépendance-
association…
Association pour quoi ?


                                                                                                                      80
Simplement pour garantir un équilibre budgétaire que l’on veut nous faire croire comme étant fragile, car
grandement basé sur un seul produit majeur : Le nickel.
Si vraiment le commerce du minerai de nickel est morose comme l’annonçait une radio de NOUMEA une semaine
après l’inauguration du site de KOPETO, pourquoi investir 15 milliards CFP à cet endroit ?
Il convient de préciser que depuis quelques années, le mouvement indépendantiste a obtenu ‘’sa mine’’ à OUACO,
mais n’est-ce pas qu’une petite cerise sur un énorme gâteau dont la finalité appartient uniquement à la S.L.N. /
FRANCE ?

B)
Les ressources maritimes de la zone 200 miles nautiques.
Il est bien connu que gouverner c’est prévoir et il est indéniable que des ressources comme les nodules sous-
marins de l’OCEAN PACIFIQUE seront un jour exploitées. Par qui ?

La FRANCE a certainement un œil sur celles-ci, car à quoi rimeraient dans ce cas les coûteuses missions
océanographiques menées par le chef-d’œuvre de technologie moderne qu’est le navire ATALANTE ?
Ne parlons pas de la publicité faite autour de ce navire ; ce n’est certainement pas pour la beauté des fonds marins
n’est-ce pas ?

- Où sont les véritables rapports de recherches ?

- Quel est le rôle de l’O.R.S.T.O.M. dans cette affaire ?

Dernièrement, le F.L.N.K.S. n’a pas obtenu ‘’gentiment’’ le statut d’observateur dans le groupe des pays du FORUM
DU PACIFIQUE, surtout de la part de la NOUVELLE-ZELANDE et de L’AUSTRALIE et ce, après une offensive
douce et discrète mais efficace de la diplomatie française.

En ce qui concerne le VANUATU, une seule question :
Qui a payé la campagne électorale de MAXIME CARLOT ?

Pour les îles Fidji, aire de repos de YANN CELENE UREGEI, les relations sont des plus amicales, les forces
armées fidjiennes venant s’entraîner en NOUVELLE-CALEDONIE ; c’est vrai qu’il y a un séminaire ‘’catholique’’ à
SUVA…

En pratiquant cette politique douce d’isolationnisme, discrète mais efficace, cette même FRANCE ne risque-t-elle
pas de recréer purement et simplement les conditions des événements de 1984 ?
La revendication kanake prise en tant que force vive de dignité et de souveraineté n’est certainement pas une
œuvre du B.E.L.- D.G.S.E., mais au contraire bien authentique.
Il est vrai, il faut le reconnaître par l’étude minutieuse de ce document, que cet organisme est venu greffer ses
basses manipulations sur cette revendication, avec son cortège de souffrances.
Le jeu français est très dangereux car il ne peut qu’assurer la radicalisation des extrêmes, ce que nous ne voulons
plus car elle est source de malheurs et de sacrifices.
En matière de sacrifices, outre les populations locales, la gendarmerie nationale de terrain est tout à fait aux
‘’premières loges’’ !
En effet, celle-ci étant directement en contact avec la revendication kanake, elle subit de facto les conséquences
dramatiques ( humiliations, blessures, meurtres ) occasionnés par les manipulations machiavéliques dont fait l’objet
ce petit pays ignorant de ses véritables richesses que sont le respect, le pardon et... son nickel !

Que penser de cette FRANCE dont le drapeau souillé de notre sang, mais aussi de ses gendarmes, abrite une
prostituée tapie dans la couleur rouge que représentent les différents métiers d’armes et de justice ?
Il faut néanmoins rendre à CESAR ce qui appartient à CESAR et reconnaître que ces deux entités ne font qu’obéir
à la volonté politique, lieu de prédilection de cette même prostituée.

Il suffit de se remémorer deux lois d’amnistie successives destinées à apaiser la situation calédonienne, mais aussi
à verrouiller toute possibilité juridique de recherches dans des dossiers épineux...
Epineux comme celui de l’affaire LAPETITE quant à la nature exacte de la participation des services secrets
français dans le plan araignée, où JEAN-MARIE TJIBAOU a été ‘’raté’’ une première fois mais qui a causé la mort
de 10 militants indépendantistes, dans un chef-d’œuvre mortel de manipulation.

Outre deux dossiers majeurs, l’affaire des stagiaires libyens et l’affaire d’OUVEA N° 2, des investigations plus
poussées dans des dossiers plus récents mettront sans nul doute en évidence l’action et les exactions perpétrées
par les services spéciaux français sur le territoire de la NOUVELLE-CALEDONIE.

Pour mener à bien ces investigations, nous exigeons la création d’une commission spéciale d’enquête composée
de membres intègres et libres de toute influence occulte ; et de citer un passage de la vie de ce grand roi juif à la
sagesse légendaire que fût SALOMON.

Un jour, il eut à rendre justice sur une étrange affaire alors qu’on lui présentait deux prostituées.

                                                                                                                  81
L’une d’elles lui dit :
« Je t’en supplie mon seigneur, cette femme et moi habitons la même maison et j’ai accouché alors qu’elle s’y
trouvait.
Trois jours après mon accouchement, cette femme accoucha à son tour.
Nous étions ensemble, sans personne d’autre dans la maison, et une nuit son fils mourut étouffé car elle s’était
couchée sur lui. Celle-ci se leva discrètement et échangea les enfants.
Le matin, alors que je voulais allaiter mon fils, celui-ci était mort.
A la lumière du jour, je constatai que ce n’était pas le mien, mais celui de l’autre femme.
Une dispute s’ensuivit et c’est pour cela que nous nous présentons devant toi ».
Le roi SALOMON déclara :
« Que l’on m’apporte une épée, que l’on coupe en deux l’enfant vivant, et que l’on donne une moitié à chacune de
ces deux femmes ».
Voyant ce qui allait se passer, la vraie mère, émue dans ses entrailles dit :
« Mon seigneur, donnez-lui le bébé vivant mais je vous en supplie, ne le tuez pas. ».
Alors le roi rendit la justice de cette façon :
« Ne tuez pas l’enfant mais donnez-le à cette femme, car c’est sa mère ! ».
Tout le monde entendit parler de ce jugement et craignit le roi SALOMON, car sa sagesse était grande pour rendre
la justice.

Plus modestement, JOSEPH WANANIJE et moi sommes inspirés par un proverbe arabe qui dit à peu près ceci :
« Assieds-toi sur une dune, et tu verras passer le corps de ton ennemi... ».
Dans le cas présent, le corps de notre ennemi mesure 22 000 km de long, ce qui représente la distance
NOUMEA / PARIS, en passant au-dessus de L’AFRIQUE et plus particulièrement au-dessus du RWANDA.
( près d’un million de morts, témoignages fallacieux de l’ex-capitaine PAUL BARRIL du G.I.G.N. et tristement
célèbre pour une autre affaire de faux témoignage : Les irlandais du bois de VINCENNES soi-disant de l’I.R.A.,
l’armée révolutionnaire irlandaise ).

Il est évident monsieur le procureur, que ce document est plus que dangereux pour les personnes qui y sont
nommées aussi nous tenons à vous avertir solennellement que si un seul de leurs cheveux est touché, la
non-violence et le pardon que nous prônons tous deux ne seront que des vains mots à l’extérieur de la prison.
Les services secrets représentés au haut-commissariat par le B.E.L.- D.G.S.E. et vous-même seraient tenus pour
personnellement responsables dans ce cas.

N’ayant constaté aucune suite tangible aux plaintes déposées le 08 juillet 1994 auprès de vos services, plaintes
mettant en cause le chef de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER MARC REVAULT et FRANCK
WAHUZUE, nous nous posons des légitimes questions étant entendu que leur responsabilité, si grande soit-elle, ne
constitue pas à elle seule le sommet de la pyramide.
Peut-être feront-ils partie eux aussi des départs et des mutations observées parmi les fonctionnaires d’état depuis
un mois environ, et que nous, effets secondaires d’une cause aux agissements occultes, nous stagnerons en
prison.

Il est bien connu que lorsque le bateau coule, les rats quittent le navire.
Il aura fallu :
- le hasard d’un contrôle douanier à la frontière LUXEMBOURG / FRANCE.
- le hasard d’une incarcération au bloc C d’isolement de la prison du CAMP-EST.
- le hasard de la reconnaissance de la valeur réciproque de deux extrémistes opposés par leurs idées politiques.
Mais le hasard existe-t-il vraiment ?



                                          LES CHEFS D’ACCUSATION



Ils sont les suivants, entre autres :

1°/ CONTRE X AU SEIN DES GOUVERNEMENTS FRANÇAIS PASSES ET PRESENTS :
- Association de malfaiteurs.
- Troubles graves à l’ordre public, dans le passé et le présent.
- Violation de la vie privée de citoyens français ( postes et télécommunications entre autres ).
- Faux et usage de faux documents administratifs ( passeport de FRANCK WAHUZUE utilisé pour se rendre en
  LIBYE ).
- Meurtres avec préméditation.
- Terrorisme.

2°/ CONTRE FRANCK WAHUZUE :
- Association de malfaiteurs.

                                                                                                                   82
- Troubles graves à l’ordre public, dans le passé et le présent.
- Participation à l’exécution de meurtres avec préméditation.
- Participation à des actions de terrorisme.

3°/ CONTRE MARC REVAULT, OFFICIER DE POLICE JUDICIAIRE.ET CHEF DE LA BRIGADE DE
RECHERCHES DE LA CASERNE MEUNIER :
- Association de malfaiteurs.
- Incitation à faux témoignages.
- Dissimulation de preuves ou d’éléments de preuves dans l’enquête qui lui a été confiée par le parquet de
  NOUMEA.

4°/ CONTRE FOTE TROLUE MAGISTRAT AU PARQUET DE NOUMEA :
- Association de malfaiteurs.
- Violation du secret de l’instruction dans l’enquête diligentée par JEAN-LUC QUINIO, juge d’instruction au
  tribunal de NOUMEA.


Veuillez agréer monsieur le procureur de la république, l’expression de nos sentiments distingués.




                JOSEPH WANANIJE GUY DIJOU
                Incarcéré le 15 avril 1993 Incarcéré le 18 mars 1994 ( en N.C. )
                Cellule n° 1. Bloc C Cellule n° 5. Bloc C
                CAMP-EST. NOUVELLE-CALEDONIE CAMP-EST. NOUVELLE-CALEDONIE




Un dossier complet comprenant 4 plaintes déposées auprès du procureur de la république le 08juillet 1994 et ce
présent document furent communiqués aux personnes suivantes :

Président de la PROVINCE NORD.
Président de la PROVINCE SUD.
Président de la PROVINCES DES ILES.
ROSINE STREETER.
Président de l’U.C.
Président du PALIKA.
Président du L.K.S.
Président du F.D.L.
Président du F.D.I.L.
Président du FRONT NATIONAL.
Président du FRONT CALEDONIEN.
Président de CALEDONIE DEMAIN.
Maire de la ville de NOUMEA.
Maire de BOURAIL.
Président de R.D.O.
Président de U.O.
RADIO DJIDO.
RADIO.RYTHME BLEU.
U.S.T.K.E.
F.O.
S.O.E.N.C.
U.S.O.ENC.
U.S.O.E.N.C.- FONCTION PUBLIQUE.
S.T.P.A.
Église catholique.
Église protestante.
Famille LAPETITE.
Famille TUAL.
Famille FELS.
Famille SANGARNE.

                                                                                                              83
Famille DIJOU.
Famille MITRIDE.
Famille UICHI.
Famille BELLET.
Clan YEIWENE.
Clan UJICAS.
Clan IWA.
Clan HAMU.
Clan IEKAWE.
Clan ZENGO.
Clan SINYEUE.
Clan WANANIJE.
Famille ATREWE.
Clan MACHORO.
Clan NONNARO.
Clan TJIBAOU.
Clan WEA.
ANGA JOXU NE WETR PAUL SIHAZE.
ANGA JOXU NE GAÏLA PIERRE ZEOULA.
ANGA JOXU NE LÖSSI EBANESIE BOULA.
Chefferie de WADRILLA.




                                         INDEX DES ABREVIATIONS



A.I.R.C.A.L. : compagnie aérienne locale.
B.C.I. : banque calédonienne d’investissement.
C.A.F.A.T. : caisse d’allocations familiales et d’aide aux travailleurs.
C.P.S. : commission du pacifique sud ( aides techniques diverses ).
C.R.S. : compagnies républicaines de sécurité.
D.S.T. : direction de la sécurité du territoire.
F.L.N. : front de libération nationale ( guerre d’Algérie ).
F.L.N.K.S. : front de libération nationale kanak et socialiste.
F.P.M.E. : fédération patronale des petites et des moyennes entreprises.
F.U.L.K. : front uni de libération kanak.
G.I.G.N. : groupe d’intervention de la gendarmerie nationale.
I.C.A.P. : institut calédonien de participation.
L.K.S. : parti de libération kanak socialiste.
MO.DU.CO. : société de construction d’habitations
O.A.S. : organisation de l’armée secrète ( guerre d’Algérie ).
O.N.U. : organisation des nations unies.
O.R.S.T.O.M. : office de recherches scientifiques des territoires d’outre-mer.
PA.LI.KA. : parti de libération kanak.
R.F.O. : radio France outre-mer.
R.P.C.R. : rassemblement pour la Calédonie dans la république française.
S.L.N. : société le nickel.
S.M.S.P. : société minière sud pacifique ( gérée par des indépendantistes ).
S.O.D.I.L. : société de développement des îles loyautés.
S.O.E.N.C. : syndicat des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie.
S.O.MEL.BAT. : société mélanésienne de bâtiment.
U.C. : union calédonienne ( parti indépendantiste ).
U.P.M. : union progressiste mélanésienne ( parti indépendantiste) .
U.S.O.E.N.C. : union des syndicats des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie.
U.S.T.K.E. : union des syndicats des travailleurs kanaks et exploités.



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NOTE SUPPLEMENTAIRE

Il convient de préciser que tous les feuillets constituant cette plainte sont cosignés par JOSEPH WANANIJE et moi-
même, en bas de page.

Celle-ci a été expédiée au procureur YVES LEBOURDON le 16 août 1994, par courrier interne du CAMP-EST, à 06
h.
Elle n’a jamais fait l’objet d’une instruction judiciaire quelconque.

Si tous les destinataires ne l’ont pas reçue, il n’en reste pas moins vrai que l’ensemble de nos plaintes ont été
largement diffusées par nos familles respectives.
Il n’y eut aucun résultat !
« Une vérité que personne ne veut entendre n’est pas une vérité » (dixit monsieur DANIEL HUBERT enquêteur de
personnalité ).
Cela ne l’empêche pourtant pas d’exister, cette vérité !

D’autre part, les quatre lettres de l’effet ‘’M.I.C.E.’’ méritent à elles seules de nombreux volumes de psychologie ;
elles résument pourtant parfaitement la petitesse humaine et la situation néo-calédonienne, mais s’il n’y avait
qu’ici...

Il est à signaler que le gendarme MARC REVAULT n’était pas chef de la brigade de recherche de la caserne
MEUNIER, comme il l’avait prétendu auparavant.
Ceci explique l’erreur au niveau de la rédaction des différents chefs d’accusation relevée dans la présente plainte
conjointe.

Ce n’est que plus tard que je devais découvrir cette ‘’erreur’’ de grade, et le gendarme MARC FORTIER était en fait
le véritable chef de cette bien trop fameuse brigade...
DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE DE LA
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 13 AOUT 1994

OBJET : Grève de la faim illimitée.

Par la présente, j’ai l’honneur de vous annoncer qu’à compter de ce jour je débute une grève de la faim illimitée en
protestation des méthodes utilisées par le directeur du CAMP-EST YVES DUPAS et vous-même, procureur de la
république.

1°)
Le vendredi 12 août 1994 à 08 h 20 mn, deux gendarmes de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER
dont le chef MARC FORTIER, sont venus au CAMP-EST.
Ceux-ci avaient selon vos instructions écrites, pour tâche de m’auditionner uniquement comme vous l’avez vous-
même spécifié sur le déroulement du vol du coffre-fort de la S.L.N. / THIO.
Il est intéressant de constater que vous avez jugé utile de confier à nouveau ce dossier à cette même brigade de
recherches qui l’avait volontairement escamoté précédemment !
Ces faits sont détaillés dans la plainte déposée auprès de vos services le 02 juillet 1994, en plus d’autres
malversations graves effectuées par cette même brigade dont, entre autres :

- Incitation à faux témoignage sur les personnes de JACQUES LAFLEUR et de PIERRE MARESCA.
- Dissimulation de preuves et d’éléments de preuves etc.

Le nom du deuxième gendarme peut être relevé sur le registre des entrées du CAMP-EST à la date sus-citée, et il
est à noter que ce dernier a pris une part active dans l’enquête concernant JACKY UICHI et moi.

2°)
Le samedi 13 août 1994 à 11 h 30 mn, le premier surveillant PHILIPPE DION accompagné des surveillants JOHN
ROBSON et PIERRE HMALOKO, ont effectué la saisie sur ordre du directeur du CAMP-EST YVES DUPAS, d’une
plainte rédigée conjointement avec JOSEPH WANANIJE qui vous était nominativement destinée.
Le premier surveillant PHILIPPE DION m’a affirmé que la saisie de ce document était effectuée dans le cadre d’une
recherche d’éléments portant atteinte à la sécurité du CAMP-EST.

Il était pourtant clairement spécifié sur ce document en première et dernière page :

                                                                                                                  85
‘’Monsieur le procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE’’.
Celui-ci de 70 pages environ, met en évidence les exactions commises par les services spéciaux français sur la
terre de NOUVELLE-CALEDONIE, et devait être expédiée le mardi 16 août 1994 à la première heure. ( lundi 15
août 1994 étant férié ).

JOSEPH WANANIJE et moi auteurs de cette plainte, nous interrogeons sur la saisie d’un tel document avant un
week-end de trois jours, mais habitués que nous sommes, un coup fourré de plus ou de moins...
Il est intéressant de préciser que les noms de témoins de ‘’certaines affaires’’ mettant en cause l’implication occulte
des services spéciaux en NOUVELLE-CALEDONIE figurent sur cette plainte...

Veuillez agréer, monsieur le procureur de la république, l’expression de ma très haute considération.

GUY DIJOU.

COPIE : Madame BERNADETTE DIJOU

PS : la présente grève de la faim prendra fin à la mise en place de la commission spéciale d’enquête exigée dans
     la plainte saisie par le directeur du CAMP-EST.


NOTE SUPPLEMENTAIRE

Lorsqu’on est naïf, on croit pouvoir faire avancer la justice en NOUVELLE-CALEDONIE avec une grève de la faim...
En réalité, tout le monde s’en fout royalement !
Cette grève de la faim ne dura qu’une dizaine de jours en ce qui me concerne, et elle me permit de mieux connaître
les réactions d’un corps humain dans cette situation, en l’occurrence le mien.
Quant à la mise en place d’une commission d’enquête réellement objective, il n’y en eut tout simplement jamais !
Au-delà de ces considérations et comme pour la plupart de mes correspondances, celle-ci était également destinée
à laisser une trace indélébile des agissements plus que sournois du procureur de la république en NOUVELLE-
CALEDONIE, YVES LEBOURDON.
Et s’il n’y avait que lui...
Comme il est précisé dans cette lettre, ce même procureur m’envoya deux membres d’une brigade de recherches
contre laquelle j’avais déposé plainte le 02 juillet 1994. Là, c’était vraiment de trop !

Après les avoir copieusement insultés, j’attrapai l’épaulette gauche du chef de cette même brigade, le gendarme
MARC FORTIER, pendant que l’autre abruti commençait à jouer avec sa machine à écrire.
Ce dernier ne put aller plus loin car je refusai catégoriquement cette foutaise d’instruction, me levai et demandai au
premier surveillant BANABA YEKAWENE de me ramener dans ma cellule.
Je dois dire qu’en me levant, une envie terrible de fracasser le crâne de ces deux gendarmes-magouilleurs m’avait
vraiment tenté...
Je sais qu’ils n’auraient pas eu le temps de bouger étant donné leurs positions respectives et tellement ma haine
était grande, haine d’avoir découvert tout ce qu’ils faisaient réellement en NOUVELLE-CALEDONIE.
Deux coups de tabouret bien ajustés et c’était fini pour eux...
Là encore, la voix de la conscience se fit entendre : « Ne frappe pas ! Pars... Ils vont payer autrement, un jour... ».

Toutefois avant que la colère ne m’envahisse, le chef de brigade MARC FORTIER eut quand même le temps de
me montrer le feuillet vert signé par le procureur YVES LEBOURDON.
Ses consignes étaient très claires :
Les deux gendarmes en question devaient m’auditionner uniquement sur le déroulement du vol du coffre-fort de la
S.L.N. / THIO, sans plus !
Sur le feuillet vert contenant les instructions de ce procureur, le mot uniquement était souligné trois fois, comme sur
ma correspondance.
Ce dossier avait été escamoté auparavant par le gendarme MARC REVAULT appartenant à cette même brigade
de recherches de la caserne MEUNIER NOUMEA.
Ces faits sont largement décrits dans ce dossier, et font l’objet d’une plainte en date du 02 juillet 1994 adressée à
ce même procureur.
Le gendarme MARC FORTIER eut juste le temps de m’expliquer qu’il ne connaissait pas la teneur du marché
conclu entre le gendarme MARC REVAULT et nous, ce à quoi je répliquai que ce dernier n’avait certainement pas
pris seul l’initiative de toutes ces magouilles.
Un jour au CAMP-EST, le gendarme MARC REVAULT m’avait confié :
« GUY, j’en ai vraiment marre de ton dossier... Je reçois des pressions de partout... ».
Quant au deuxième abruti accompagnant le chef de brigade MARC FORTIER, il s’agissait du gendarme
CHRISTIAN GODEFROY ayant trafiqué les perquisitions du container de DUCOS ( SOLAR EDWARDS ) et du
garage sis 94 route de OUEMO MAGENTA NOUMEA.
Dans cette tâche peu honorable, il avait reçu l’aide du gendarme FREDERIC JAMES.
C’est du reste cette ‘’paire’’ de gendarmes CHRISTIAN GODEFROY / FREDERIC JAMES qui avait produit des
faux témoignages en déposant en tant que témoins devant la cour d’assises les 24 / 25 / 26 avril 1996.

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Inutile de préciser qu’ils avaient prêté serment juste avant de débiter leurs mensonges.
Était-ce bien nécessaire dans ce cas de lever la main droite et de dire « JE LE JURE » pour mentir ensuite sur le
nombre exact d’armes en état de fonctionnement dans nos deux dépôts, ou sur les dates exactes de mes voyages
à l’étranger par exemple... Et s’il n’y avait que cela...

En effet, le 16 août 1995, soit un an après le dépôt de la plainte principale du 30 juillet 1994, ce même gendarme
CHRISTIAN GODEFROY s’était livré à une manœuvre vraiment basse, une de plus et digne de son auteur...
Lors de l’extraction d’un détenu vers l’hôpital de NOUMEA, ce gendarme lui avait dit les phrases suivantes dans le
véhicule :
« Tu es avec GUY DIJOU à l’isolement ; je le connais bien, c’est un ‘’copain’’...
Tu lui passeras le bonjour de ma part. Il a voulu jouer, mais il a perdu…
Tu sais, il n’a pas rendu toutes les armes et il en a encore beaucoup, c’est sûr... ».
Un peu de fiel déposé intentionnellement dans le cœur du détenu SALOMONE HENSEN…
Pourtant, ce détenu choisit le chemin de la confiance en me rapportant directement toutes ces paroles, au lieu de
les glisser discrètement dans des oreilles indépendantistes par exemple, histoire d’amoindrir la vérité découverte
par JOSEPH WANANIJE et moi-même dans deux cellules d’isolement du CAMP-EST.
De plus, il est étrange que cette extraction ait été effectuée par la gendarmerie alors que c’est la police qui s’en
charge habituellement...
Et pas n’importe quel gendarme, car le triste personnage dont il est question ici est un gradé de la brigade de
recherches de la caserne MEUNIER NOUMEA.
Un gendarme gradé effectuant l’extraction d’un simple détenu vers l’hôpital de NOUMEA, nul doute qu’il y ait une
très bonne explication à cette procédure peu habituelle...
DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 21 AOUT 1994

Par la présente, j’ai l’honneur de solliciter votre intervention afin d’obtenir les photocopies des plaintes déposées
auprès de vos services le 08 juillet 1994 et le 16 août 1994.

En effet, comme vous pouvez le constater dans la copie de la lettre adressée ce jour à maître CHRISTIAN
BOISSERY, je ne suis toujours pas en possession des plaintes déposées au tribunal de NOUMEA aux dates sus-
citées.

Comptant sur votre collaboration, veuillez agréer monsieur le procureur, l’expression de mon profond respect.

GUY DIJOU.



NOTE SUPPLEMENTAIRE

Cette lettre restée sans réponse ni résultat tangible a été expédiée le 22 août 1994 par courrier interne du CAMP-
EST vers le palais de justice de NOUMEA.

Il convient de noter que toutes les plaintes déposées auprès du procureur de la république en
NOUVELLE-CALEDONIE n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque réponse écrite.

De plus, cette correspondance illustre à merveille les difficultés d’obtenir ne serait-ce qu’une simple photocopie
d’une plainte officielle adressée au procureur de la république.
Même en usant de ‘’la brosse à reluire’’ utilisée dans cette formule de politesse, je n’ai jamais pu compter sur la
collaboration du procureur YVES LEBOURDON, surtout afin d’établir la vérité !

Et ne parlons pas des difficultés d’obtention de ces photocopies auprès de maître CHRISTIAN BOISSERY, mon
‘’défenseur’’ et ex-bâtonnier du conseil local de l’ordre des avocats.

Ce dernier avait pourtant bien encaissé 250 000 CFP au titre de provisions déposées à son étude, pour la défense
de mes intérêts.
C’est, du reste, le seul versement qu’il obtint de ma part, mais c’était déjà un versement de trop !
( voir le chapitre « AVOCATS » dans le présent dossier... Il est plus qu’éloquent ! ).




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DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 08 SEPTEMBRE 1994

OBJET : plainte contre le directeur du CAMP-EST YVES DUPAS

Par la présente, j’ai l’honneur de déposer une plainte contre YVES DUPAS directeur du CAMP-EST, pour violation
de mes droits élémentaires à la défense, et violation du courrier destiné à mon avocat, maître CHRISTIAN
BOISSERY.

En effet, le 22 août 1994, je vous faisais parvenir une copie de la lettre en date du 21 août 1994 que j’expédiais de
la prison à son étude.
Les termes de celle-ci étaient très durs vis-à-vis de mon avocat et il s’avère, d’après sa réponse en date du
23 août 1994, qu’il n’a jamais reçu ma demande écrite adressée directement au tribunal de NOUMEA sous pli
fermé, dont les bords avaient même été ‘’scotchés’’.
         La date de la remise de ce pli au gardien chargé de la collecte du courrier le matin à 6 h 00 peut être
facilement retrouvée à l’aide du registre du courrier du CAMP-EST ;car c’est exactement la dernière lettre que j’ai
adressée à maître CHRISTIAN BOISSERY au tribunal de NOUMEA avant le 21 août 1994.

Il est intéressant de constater que dans ce courrier, je précisais expressément que je désirais recevoir mon dossier
complet afin de préparer une plainte globale contre FRANCK WAHUZE, contre le chef de la brigade de recherches
de la caserne MEUNIER, et contre X au sein des gouvernements français passés et présents.
Cette plainte globale qui devait reprendre également celles déposées précédemment par JOSEPH WANANIJE et
moi, a néanmoins pu être rédigée ( document de 72 pages environ en date du 30 juillet 1994), plainte qui a fait
l’objet d’une saisie dans ma cellule pour finalement vous être expédiée le 16 août 1994.
Ces faits sont relatés dans ma lettre du 13 août 1994 que je vous ai expédiée.

Compte tenu des retards de courriers, des courriers qui n’arrivent pas à destination, des enveloppes que ne
comportent pas de tampons de la poste ou qui ont été changées, vous voudrez bien apporter toute l’attention à ce
problème, car il est inadmissible que la FRANCE qui se targue d’être le pays des droits de l’homme, se livre à ce
genre de malversations.
Il est vrai que celles-ci ne sont qu’infimes par rapport à d’autres malversations beaucoup plus graves, n’est-ce pas?

Veuillez agréer, monsieur le procureur de la république, l’expression de ma considération distinguée.

GUY DIJOU.

COPIES : Madame BERNADETTE DIJOU
         Maître CHRISTIAN BOISSERY


NOTE SUPPLEMENTAIRE


                                                                                                                  88
Cette plainte qui n’a jamais reçu de réponse, a été déposée dans l’unique but de savoir qui était le responsable de
la disparition d’un courrier destiné à maître CHRISTIAN BOISSERY.
Compte tenu de l’attitude de ce dernier, j’ai de très sérieux doutes quand il affirme dans sa lettre du 23 août 1994 :

« qu’aucune demande de communication des plaintes des 02 et 09 juillet ne m’a été formulée... ».
(voir chapitre « AVOCATS »).

D’autre part, si la direction du CAMP-EST, à savoir YVES DUPAS, n’avait strictement rien à voir dans la disparition
de ce courrier, il lui aurait été très facile de dire :
«Monsieur DIJOU, votre plainte n’est absolument pas fondée ; regardez vous-même sur le cahier de transmission
du courrier : nous l’avons transmise le… ».
Mais là, rien et toujours rien !
Le courrier d’un détenu adressé à son avocat peut ‘’disparaître’’, tout le monde s’en fout !
Encore faut-il qu’il ait réellement ‘’disparu’’... Et pas pour tout le monde !
Il était évident pour JOSEPH WANANIJE et moi qu’il était plus commode et logique de regrouper toutes nos
plaintes en une seule.
Cela nous a été malheureusement impossible, mais toutes ces plaintes existent pourtant !
DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 25 OCTOBRE 1994


NOTE SUPPLEMENTAIRE

Le dernier exemplaire en ma possession de cette plainte a été expédié au président de la république française,
avec un dossier complet par voie recommandée avec accusé de réception.
Récépissé d’envoi n° 5093                     Date :05 novembre 1996
Avis de réception     n° 5093                 Date :12 novembre 1996
Tampon de réception : présidence de la république française : Courrier arrivé
( voir chapitre « PRESIDENCE DELA REPUBLIQUE FRANCAISE »).
Comme par hasard, ma mère n’a jamais reçu aucun exemplaire de cette plainte du 25 octobre 1994...
Celle-ci concernait toutes les infractions relevées dans le pénitencier du CAMP-EST envers le code de procédure
pénale, et en particulier les deux points suivants :

1°)
Mort du jeune... MITRIDE en 1987.

Celui-ci décédait lors d’une crise nocturne d’asthme aigu dans une cellule qu’il partageait avec MAURICE
MOINDOU, à l’infirmerie du CAMP-EST.
A maintes reprises, MAURICE MOINDOU avait appelé les gardiens à travers les barreaux de la ‘’fenêtre’’, celle-ci
se trouvant pratiquement en face du poste de garde.
Excédé, il avait même lancé : « Gardiens ! Le jeune va crever ! ».
Son agonie avait duré de longues heures car les gardiens étaient à la recherche de MATTHIEU PABOUTY,
l’infirmier du CAMP-EST qui n’était pas à son domicile administratif situé dans l’enceinte du pénitencier.
Malheureusement, le jeune homme était mort lorsque celui-ci vint l’ausculter le matin de bonne heure.
MATTHIEU PABOUTY ne peut toutefois pas être incriminé, car il n’avait pratiquement pas de repos bien défini
étant l’unique infirmier du CAMP-EST, résidant sur place qui de plus est.
Il n’avait jamais d’horaires lorsqu’il s’agissait de soigner un détenu malade ou blessé la nuit ou le dimanche par
exemple. Ce fameux soir, il n’était pas là et un jeune homme est mort...
Bien sûr, celui-ci avait une constitution et une santé fragiles.
Il y eut un semblant d’enquête menée par un des inspecteurs de police m’ayant interrogé auparavant dans le cadre
de l’affaire HAM TRONIQUE, l’inspecteur FRANCOIS GIACOMOTTO pour ne pas le citer…
Bien qu’étant dans la cellule jouxtant celle du jeune MITRIDE, ma déclaration ne fut pas prise en compte, pas plus
que celles d’autres détenus nommés FRANCOIS TOURNIER et JEAN-LOUIS ROCHER.
Le premier était membre de la famille de JAMES TOURNIER-FELS abattu à THIO le 15 novembre 1986.
Et cette mort tomba dans les oubliettes...

Le directeur GERARD PERRAUDIN ne fut jamais inquiété, pas plus que la hiérarchie du pénitencier du reste.
Un détenu à peine sorti de l’adolescence était décédé dans une infirmerie faute de soins et après une agonie de
plusieurs heures, mais il n’y eut aucune suite comme d’habitude…
Le seul scandale ayant éclaboussé le CAMP-EST remonte aux 30 / 31 décembre 1966, avec le tabassage mortel
du détenu MICHEL ARSAPIN par des gardiens.


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2°)
Suicide d’ANGELO WAHOO le 10 juin 1994.

Ce fait tragique est amplement décrit dans la note supplémentaire de la lettre du 21 août 1994 adressée à maître
CHRISTIAN BOISSERY ( voir rubrique « AVOCATS » ).
Là encore, le directeur YVES DUPAS et la hiérarchie du camp-est ne furent jamais inquiétés, et il n’y eut jamais
d’enquête au bloc C d’isolement du CAMP-EST.
Quant à l’absence de cellules de psychiatrie au pénitencier, n’en parlons pas… Peut-être sont-elles prévues pour
l’an 3000 !
Par contre, les rations alimentaires journalières augmentèrent considérablement pendant une dizaine de jours
environ, après le suicide d’ANGELO WAHOO... Il s’agissait de calmer ceux qui avaient l’esprit dans l’estomac en
quelque sorte ; le ventre bien plein cette ‘’mésaventure’’ passait mieux n’est-ce pas ?
Et s’il n’y avait que cela en ces lieux de pénitence où le code de procédure pénale n’est que dérision, pour devenir
le ‘’GOD’’ de procédure pénale.
Bien sûr, ce n’est pas ‘’MIDNIGHT-EXPRESS’’, bien que ce fut pire à l’époque du bagne...
Pourtant, un drapeau français flotte à l’entrée du CAMP-EST, drapeau du pays des droits de l’homme...
Tu parles à 22 000 km... Loin des yeux, loin du cœur !
Et que dire des différents bacs à plonge dans les cours des blocs de détention ?
Bacs à tout faire, verts de moisissures incrustées dans la maçonnerie poreuse.
Bacs à faire la vaisselle et la lessive où les détenus se trempent le cul tout habillés quant il fait trop chaud.
Bacs à merde pour le lavage des pieds et des chaussures.
Bacs-bouillons de cultures quand des sagouins crachent carrément dedans, avant le ‘’lavage des assiettes’’ par des
auxiliaires.
Assiettes émaillées, ébréchées et rouillées à souhait pour certaines : de vrais ‘’gardes-manger’’ !

En NOUVELLE-CALEDONIE, il y a deux fois plus de cas de tuberculose qu’en FRANCE, paraît-il...
Dans ce cas, que devient la radiographie pulmonaire obligatoire de chaque détenu avant son stockage dans le
chenil ?
Et dire que j’ai 20 ans d’ancienneté dans le service municipal d’hygiène !
O rage ! O désespoir ! O crasse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour voir ce merdier ?

Et la nourriture, pour ne pas dire la bouffe ?
Miam-miam, les bons repas toujours froids de conserves éternelles, même quand ça caille !
Rare salade verte, trop rare légume frais mélangé dans l’auge du chien, plus verte du tout quand on la porte à la
bouche.
Quel poème, la ‘’nourriture’’ du CAMP-EST...
Alors quand on peut cantiner une fois par mois les éternels mêmes produits sur les éternelles et inaltérables fiches
de cantine, c’est tout de suite le ‘’snack-bar’’ !
Pour ceux qui peuvent se le permettre bien sûr ,et ils sont trop rares malheureusement...
Ensuite c’est BOCUSE, avec la ‘’cantine spéciale’’ mensuelle !
Et si vous êtes bien sages, vous aurez droit à la fin de l’année aux surplus périmés de quelque importateur
‘’généreux’’, genre biscuits au chocolat ou autres saloperies du même genre.
« MERCI BWANA ! ».

Et les douches, haut lieu de décrassage à l’eau froide dans un courant d’air frais à merveille... Vraiment idéal pour
les malades, surtout en hiver !
Mais il y aura toujours une intelligence supérieure pour déclarer qu’il n’y a pas d’hiver en NOUVELLE-
CALEDONIE... Qu’il vienne à 6 h 30 parfois !

Et où s’abriter quand il pleut pendant les promenades trop courtes, surtout quand une bronchite vous bouffe les
poumons, n’est-ce pas détenu PATRICK BALDINI ?
A quinze sous les quelques cm2 de toiture recouvrant les ‘’bacs à plonge-bacs à merde’’…
C’est ça ou rien ! Pas de promenade, dans la cellule !
Le détenu PATRICK BALDINI : « Chef, il pleut et je suis malade ; est-ce que je peux rester dans le couloir ? ».
Réponse du gardien : « Non ! ».
Le détenu PATRICK BALDINI : « Quel pays de cons ! ».
Réponse du gardien : « BALDINI, un rapport ! ».
Et hop ! Au prétoire qui ne prête qu’aux riches…

Comme ce n’est pas BUCHENWALD, DACHAU ou AUSCHWITZ, il y a trois séances de vidéo hebdomadaires...
Mais quand on ne veut pas sortir d’une claustration physique pour entrer dans une claustration mentale genre salle
de vidéo, que reste-t-il ?
Rien ! La cellule et point final !

En FRANCE, il y a le chauffage en hiver. En NOUVELLE-CALEDONIE, il y a le réchauffage en été...


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Portes blindées hyperajustées, judas superétanches, et cinq détenus par cellule pour avoir encore plus chaud, dans
certains blocs.

La privation de liberté que constitue l’emprisonnement après un procès salopé n’implique absolument pas tout cela,
monsieur le législateur. Législateur-état qui ne respecte même pas ses propres lois, bien entendu :
« Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! ».
« Merci MITTERAND, Merci CHIRAC et tous les autres… ».
« YA BON BWANA ».
« MERCI BOUN DIE ».
Il y a tellement à dire sur le CON-EST après deux ou trois concerts de musique ‘’lokale’’ bien médiatisés pour
l’image CLUB MED, qu’il faudrait de trop nombreuses pages...
Un peu de dérision pour oublier toutes ces magouilles et ce sang...
DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE
EN NOUVELLE-CALEDONIE

LE 03 DECEMBRE 1994

Par la présente, j’ai l’honneur de vous remercier pour le service de sécurité mis en place lors de notre extraction du
1er décembre 1994.

En effet, celui-ci était impressionnant par le nombre de personnes affectées à ce dispositif, et son efficacité.
Je sais qu’il fait suite à ma déposition en tant que témoin des circonstances étranges qui ont précédé la mort des
deux leaders indépendantistes JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE, et également à ma demande
d’assistance adressée à maître JACQUES VERGES et maître MOURAD OSSEKINE.

Dans cette dernière, j’exposais mon intention de détruire totalement les structures de type petite ’’O.A.S.’’ mises en
place avec la manipulation active et passive des services spéciaux français.

Lors de notre dernier entretien du 17 novembre 1994, je vous faisais part de ma stratégie destinée à clarifier
l’ensemble de la période couvrant les événements de 1984 jusqu’à ce jour.


………………………………………………………………………………………………………………………………………


NOTE SUPPLEMENTAIRE
Ceci n’est qu’un extrait de la lettre adressée en totalité au procureur YVES LEBOURDON.
Elle a été rédigée dans plusieurs buts, au nombre de quatre exactement et qui sont les suivants :

1°)
Laisser une trace indélébile de ma déposition en tant que témoin des circonstances étranges qui ont précédé la
mort de JEAN-MARIE TJIBAOU et de YEIWENE YEIWENE, leaders assassinés à OUVEA le 04 mai 1989.
« Du sang noir va couler, ‘’on’’ vous demande de ne pas verser d’huile sur le feu... ».

En effet, après avoir découvert que les services spéciaux français étaient les véritables instigateurs de l’envoi de
stagiaires kanaks en formation au terrorisme en LIBYE, j’étais devenu extrêmement méfiant vis-à-vis du juge
d’instruction MARTINE VARACHE.
C’est pour cette raison qu’au tout début de l’instruction des faits qui nous étaient reprochés, je lui avais répondu
« Retour à l’expéditeur ! » lorsque celle-ci m’interrogeait sur le vol des archives, des passeports et des cartes
d’identité du bureau des passeports de NOUMEA.
Cette opération n’était initialement prévue, rappelons-le, que pour l’identification complète de ces stagiaires kanaks
afin qu’ils soient pour nous les premières cibles à abattre en cas de conflits, sans toucher des innocents.
Devant l’air faussement étonné de celle-ci, j’avais alors ajouté à ma déclaration :
« Vous ne comprenez pas ?
Eh bien, vous comprendrez plus tard et je n’ai plus rien à déclarer sur l’ensemble de ce dossier ! ».
Je précise que maître CHRISTIAN BOISSERY avait assisté à la totalité de cet entretien très court, c’est le moins
que l’on puisse dire...
A la sortie du bureau du juge d’instruction, j’avais demandé à maître CHRISTIAN BOISSERY :
« Tu crois qu’elle a compris ? ».

En fait, elle avait tellement bien compris le rôle des autorités françaises dans ce merdier, car il faut bien appeler
cela un merdier, que jamais elle n’alla jusqu’au fond de ce problème pour faire procéder à l’arrestation des
véritables investigateurs de cette filière terroriste.


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MARTINE VARACHE se contentait d’une instruction de surface, de façade serait un terme plus juste, se bornant,
uniquement aux faits qui nous étaient reprochés…
A partir de cet instant, j’ai observé avec beaucoup d’attention les attitudes et les paroles de cette personne, les
dossiers qu’elle ‘’instruisait’’, ceux qu’elle évitait avec précaution, l’ordre chronologique de ces derniers etc.

Celui de la mort des deux leaders indépendantistes à OUVEA mérite vraiment d’être décrit ici :
J’étais dans le bureau de ce ‘’juge d’instruction’’, assis en face d’elle ; il y avait également sa secrétaire sur le côté
et deux policiers derrière moi, dont RENE ROSSARD dit ‘’NENE’’.
Celui-ci est bien connu dans le milieu calédonien car il a été garde du corps de JACQUES LAFLEUR après avoir
été agent des renseignements généraux, pour revenir à la police en uniforme.
Il était à peu près 11 h / 11 h 15, et une séance de mensonges au sujet de je ne sais plus quelle foutaise de dossier
venait juste de se terminer.
C’est alors que je déclarai :
« Et le dossier de la mort de TJIBAOU et de YEIWENE, qu’est-ce qu’il devient ? ».
Réponse du juge d’instruction MARTINE VARACHE :
« Il faudrait savoir monsieur DIJOU, vous ne voulez pas parler... ».
Réponse :
« Je ne vous ai jamais dit que je ne voulais pas parler au sujet de ce dossier !
Auparavant ce n’était pas le moment, mais quand allez-vous prendre ma déposition à ce sujet ? ».
Là, je vis tout de suite que j’avais touché au bon endroit, là où ça gêne, là où ça fait mal...
En effet, ayant tout à coup perdu un peu de son assurance et de sa superbe de ‘’juge d’instruction’’, elle répondit
d’une manière fort embarrassée :
« Eh bien heu... Il est tard... Heu... Les policiers ont faim...
On va tous aller déjeuner, et cet après-midi je vous fais ressortir du CAMP-EST... ».
Comme ça sentait l’embrouille et le coup fourré, j’ai aussitôt déclaré :
« Non ! Ma déposition sur ce dossier, on va la prendre maintenant !
Depuis le mois d’août une plainte a été déposée auprès du procureur de la république, mais vous ne m’avez jamais
interrogé sur ce dossier ; est-ce que vous l’avez fermé ? ».
Réponse du juge d’instruction :
« Non, le dossier n’est pas fermé, il est là dans le meuble derrière vous, mais il est tard… ».
Je le sentais venir ce coup fourré, gros comme une maison celui-là !
Elle ne voulait pas que je fasse une déposition au sujet du fameux message reçu quelques jours avant la mort de
ces deux personnes :
« Du sang noir va couler, ‘’on’’ vous demande de ne pas verser d’huile sur le feu ».
Devant mon insistance et ma détermination, elle fut bien obligée de la prendre en considération ; de plus, cela
faisait ‘’mauvais effet’’ devant deux policiers calédoniens de refuser de prendre ma déposition de témoin au sujet
d’un double assassinat...
Enfin, si cinq ou six lignes peuvent être considérées comme une déposition...

Dans le cadre d’un double assassinat, ce ‘’juge d’instruction’’ ne m’accorda que cinq ou six lignes pour une
déposition en tant que témoin, expédiant pour le moins cette procédure en me faisant comprendre que mon
témoignage n’était pas si important que cela...
C’est ça la justice en NOUVELLE-CALEDONIE, l’apparence et rien d’autre...
‘’L’appât-rance’’ serait un terme plus juste, à mon avis...
C’est une des rares auditions où j’acceptais de signer des ‘’papelards’’ tellement écœuré par tout ce que j’avais
découvert…Enfin, c’était mieux que rien.
Il y aurait toujours une trace de ma déposition car la vérité finit toujours par ressortir un jour ou l’autre, bien qu’elle
figure dans la plainte consignée du 30 juillet 1994, adressée au procureur YVES LEBOURDON le 16 août 1994,
plainte saisie le 13 août 1994 sur ordre du directeur du CAMP-EST YVES DUPAS.

Sur le chemin du retour au CAMP-EST et tout en conduisant le fourgon de police, monsieur RENE ROSSARD me
confia amicalement en me tutoyant :
« Tu sais heu... quand j’étais aux R.G. ‘’on’’ m’a bien fait comprendre qu’il valait mieux se taire sur ce qu’on pouvait
voir ou entendre ; c’est trop dangereux parfois.
Un truc à se retrouver avec une balle dans la tête... ».

JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE ont été assassinés le 04 mai 1989 à WADRILLA OUVEA par
DJOUBELLY WEA, point final pour ‘’l’histoire officielle’’, mais ma déposition sera toujours là pour contrecarrer cette
histoire incomplète qui arrange bien les autorités françaises et locales, précisons-le !

Juste après le dépôt de la plainte du 30 juillet 1994 et avant la mutation de JOSEPH WANANIJE, celui-ci me dit :
« GUY, c’est vraiment étrange… On écrit une plainte à ce sujet, et je sais par les visites de ma famille que des
‘’gens’’ de la justice française sont passées voir les familles des victimes…
Tout cela pour leur demander s’il n’y avait pas d’objections à ce que le dossier de JEAN-MARIE et YEYE soit
refermé... ».

2°)

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Comme il est précisé auparavant, je portais une attention particulière à ce juge d’instruction, étudiant ses paroles,
gestes, attitudes, ordre et chronologie des dossiers examinés etc.

La réponse, ou plutôt la ‘’riposte’’ à ma déposition gênante en tant que témoin relative au double assassinat de
JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE ne se fit pas attendre.
Celle-ci eut lieu le 1er décembre 1994, jour où des policiers en surnombre furent affectés à notre extraction du
CAMP-EST vers le tribunal de NOUMEA :
Motards, G.I.P.N. ( groupe d’intervention de la police nationale ), nombreux fourgons en convoi prioritaire avec
sirène aux carrefours, feux tricolores grillés, la totale quoi !
( Un ‘’qu’on-voit’’» digne d’un grand spectacle qui serait vraiment minable s’il n’y avait pas tous ces... cadavres dans
les coulisses ! ).

Le juge d’instruction MARTINE VARACHE ayant apporté un soin tout particulier à sa mise en scène et au décor,
celle-ci nous attendait dans une petite salle du tribunal, les membres du G.I.P.N. se postant aux portes, aux
fenêtres et autour de la table centrale sur laquelle trônait un petit carton en provenance directe du dépôt clandestin
de OUEMO.
Petite salle du tribunal choisie ‘’par hasard’’, la grande salle étant très certainement occupée à ce moment précis,
car il ne faut pas voir le mal là où il n’y en a pas, n’est-ce pas ?

Grande salle où lors d’une ouverture partielle des scellés contenant nos moyens de radiocommunications saisis
auparavant, le gendarme CHRISTIAN GODEFROY avait brûlé la main de son collègue avec de la cire rouge à
cacheter bouillante... Juste retour des malversations de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER dans ce
dossier d’état ( et tas de nickel... ).
Ce jour-là MARTINE VARACHE était devenue toute pâle, et moi je n’en avais strictement rien à foutre !
Je la regardais s’émouvoir sur la petite menotte brûlée d’un magouilleur de gendarme, mais qu’en était-il de nos
blessures, nos larmes, nos souffrances et nos morts, qu’ils soient noirs ou blancs ?
Je dois même dire que c’est avec un certain plaisir que je les voyais paniquer pour la petite paluche brûlée d’un
magouilleur...
Et c’est encore avec un plus grand plaisir que je vis le gendarme CHRISTIAN GODEFROY et son collègue à la
pogne brûlée partir très rapidement au service des urgences de l’hôpital de NOUMEA.
Il était revenu seul plus tard, en disant que ce n’était pas grave...
Dommage, au regard de toutes leurs saloperies en NOUVELLE-CALEDONIE !

Donc, petite salle du tribunal pour ‘’le spectacle’’ du 1er décembre 1994...
Bien à l’étroit, les nombreux policiers kanaks et métis du G.I.P.N. allaient pouvoir assister gratis à la mauvaise
pièce de théâtre mise au point par le ‘’juge d’instruction-metteur en scène’’ MARTINE VARACHE.
Mauvaise pièce certes, mais grand art tout de même, chauffant doucement mais sûrement ‘’son’’ public grâce aux
documents qu’elle sortait du petit carton situé au milieu de la table, avec un art consommé du suspens, allant en
crescendo...

« Et ça, monsieur DIJOU, qu’est-ce que c’est ?
Une pochette avec une inscription ‘’singes à exterminer’’ contenant des photographies de mélanésiens...».
Bel effet sur certains ‘’spectateurs colorés’’ présents dans la salle, bravo ‘’juge’’ MARTINE VARACHE, bis !

« Et ça, monsieur DIJOU, qu’est-ce que c’est ?
Un listing informatique contenant des noms et adresses d’indépendantistes...
Comment avez-vous pu être en possession de pareil document ?
‘’Confidentiel Défense’’ en plus !
Alors, monsieur DIJOU ? ».
Vraiment digne du ‘’jeu des 1 000 francs’’, si l’enjeu n’avait pas été fort différent...

Là encore et bien qu’étant présent dans la salle, JACKY UICHI fut étrangement silencieux sur la provenance de
l’enveloppe portant l’inscription ‘’singes à exterminer’’, contenant des photographies de militants indépendantistes
des années 1984 / 1985.
Pourtant, ces documents anciens provenaient bien du domicile de ce dernier.
Ils étaient accompagnés de vieux journaux datant à peu près de la même époque ( les NOUVELLES
CALEDONIENNES ).
Il avait retrouvé ces ‘’vieilleries’’ en faisant un nettoyage de son habitation sise 28 rue VARIN LOGICOP DUCOS
NOUMEA et avait lui-même décidé de les déposer dans la ‘’planque’’ de OUEMO...
La seule fois où je l’ai entendu parler au cours de ce mauvais ‘’spectacle’’, c’était pour dire :
« Les fréquences radios inscrites sur cette feuille m’ont été données par quelqu’un ayant quitté le territoire, et dont
j’ai oublié le nom... ».
C’était juste au moment où ce ‘’juge d’instruction’’ me posait une question à ce sujet.
Pieux mensonge puisque l’ancien militaire lui ayant remis ces renseignements n’était autre que l’intermédiaire-
fournisseur des pains d’explosif ‘’plastic’’ et T.N.T., ainsi que quelques détonateurs pyrotechniques.
Il vit sur le territoire...


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Ces faits sont expliqués dans la note supplémentaire de la plainte du 02 juillet 1994 adressée au procureur YVES
LEBOURDON.
En ce qui me concerne, j’avais répondu que les photographies contenues dans cette enveloppe étaient anciennes,
comme le prouvaient les vieux journaux les accompagnant.
Pour le listing informatique comportant les noms, prénoms et adresses de très nombreux militants
indépendantistes, je me contentais d’expliquer qu’il m’avait été remis par une tierce personne, mais qu’il provenait
très certainement du 2ème bureau militaire ou d’une autre saloperie du même genre.
Je ne dénonçai pas DOMINIQUE ... membre de notre groupe de combat, lui-même responsable d’un autre
groupe...
Eh oui ! c’est ainsi...
Au lieu de dormir en prison avec nous, il était libre, avec sa compagne et ses enfants ; comme je l’ai précisé dans
mes notes supplémentaires, je suis absolument sûr que cela n’aurait servi à rien !

Lors de cette séance, je lui fis tout de même remarquer qu’il ne fallait pas sortir uniquement les documents
intéressants pour elle, mais aussi le certificat de propriété du coffre-fort de la S.L.N. / THIO par exemple...
Lorsque j’avais ‘’ouvert’’ ce coffre, j’avais découvert ce certificat comportant certains détails sur les changements de
combinaisons de coffres-forts, aussi avais-je décidé de le garder.
Il avait été stocké avec tous les documents dont nous disposions à l’intérieur d’une cantine orange, d’où provenait
également le ‘’petit carton-boîte de Pandore’’ très cher à MARTINE VARACHE.
Jamais ce document ne fut retrouvé, surtout après la plainte concernant l’escamotage de cette affaire par le
gendarme MARC REVAULT.

Toujours au cours de cette séance de ‘’mensonges / spectacle’’, destinée à épater la galerie fortement colorée du
G.I.P.N., MARTINE VARACHE sortit de ‘’son’’ carton un chapelet de balles ‘’à blanc’’ de calibre 5,56 mm de l’armée
française.
J’avais bien reçu le message, madame le juge d’instruction, et depuis fort longtemps qui plus est...
J’avais bien compris que ce n’était qu’une pseudo-instruction, une instruction bidon avec un jugement en tribunal
correctionnel vite ‘’expédié’’ et ‘’léger’’, si j’étais un petit garçon bien sage, cocu et content de plus !
La foutaise du procès d’assises des 24 / 25 / 26 avril 1996 est bien là pour confirmer mes dires, malheureusement.

Mais non, le petit garçon n’était pas sage, et même pas du tout !
C’est pour cette raison que je demandais où étaient passées toutes nos munitions de guerre de calibre 5,56 mm et
9 mm, qui n’étaient pas ‘’à blanc’’ comme les ‘’siennes !

En 1987, lors de mon arrestation par les forces de police de NOUMEA dans le cadre de l’affaire HAM TRONIQUE,
les inspecteurs avaient déclaré :
« On le tient le GRAND CON, il va craquer ; ce n’est plus qu’une question d’heures... ».
Et ils ont attendu longtemps pour... RIEN !

En 1994, le GRAND CON que j’étais l’est toujours autant, sinon plus !
Comme le mot KANAK autrefois une injure est devenu un symbole de fierté, ‘’les mémoires de deux cons’’ le sont
pour moi !

C’est toujours dans cette ligne de conduite et à la fin d’une de ces séances de mensonges menées par MARTINE
VARACHE, que je répondis à JACKY UICHI, debout et bien en face de ce dernier :
« Non JACKY, il y a tout ce dispositif de sécurité car je viens juste de faire ma déposition sur l’assassinat de
TJIBAOU... ».
Il était justement en train de demander l’allégement dudit dispositif de sécurité, en toute connaissance de ce
message plus qu’étrange que je lui avais transmis moi-même avant ces assassinats :
« Du sang noir va couler, ‘’on’’ vous demande de ne pas verser d’huile sur le feu. ».
Là encore, il était ‘’amnésique’’... Une fois de plus !

3°)
Ce troisième point concerne l’entretien du 17 novembre 1994 que m’avait accordé le procureur YVES
LEBOURDON.
Avant même d’entrer dans son bureau, celui-ci me dit :
« Vous n’avez pas l’intention de me frapper, monsieur DIJOU ? », alors que le policier d’escorte lui demandait s’il
devait m’accompagner.
A ce moment là, j’avais pensé : « Pourri, et foireux en plus ! ».
Si j’avais voulu le frapper, ce n’est pas l’unique policier d’escorte qui aurait pu m’en empêcher, au moins au début...

Combien de fois ne me suis-je pas dit :
« Allez, vas-y, fonce, chavire ce bureau sur la gueule du juge VARACHE, écrase-là contre le mur », quand elle
mentait plus qu’elle ne respirait ( ou ‘’instruisait’’ )...
Pourtant, je suis toujours resté ‘’calme’’, me retenant uniquement parce que tout se paye un jour ou l’autre...
Là encore, ce ne sont pas les deux policiers qui auraient pu arrêter ce geste de dégoût, de colère et de haine !
Un jour, j’ai déclaré à ce ‘’juge d’instruction’’ :

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« J’ai honte pour vous ! Vous êtes juge et vous cachez des choses très graves…
Je préfère être à ma place qu’à la vôtre, mais un jour vous allez descendre dans le trou comme tout le monde et là
il y aura une justice ! ».
Enlevez le titre ou l’uniforme, il ne reste plus rien !

Toujours est-il qu’au cours de cet entretien, YVES LEBOURDON m’avait déclaré entre autres conneries :
« Mais le gendarme MARC REVAULT a agi ainsi de sa propre initiative... ».
Réponse :
« Monsieur le procureur, vous n’allez pas me faire croire cela ; il a agi ainsi sur ordre ! ».
Le procureur :
« Vous savez monsieur DIJOU, je ne suis pas d’accord avec la prison ; ce n’est pas toujours la solution car c’est
une perte de temps... ».
Une belle perche tendue, perche que je n’attrapais pas car même avec une grande fourchette, on ne dîne pas avec
le diable…
Après lui avoir expliqué tout ce que je savais sur les magouilles françaises en NOUVELLE-CALEDONIE sans
donner d’identité particulière, celui-ci me déclara tout de go :
« Mais pourquoi ne dites-vous pas tout cela, tout ce que vous savez à votre juge d’instruction ; elle est bien
madame VARACHE, non ? ».
Réponse :
« Je n’ai aucune confiance en cette personne, mais je vous ai envoyé plusieurs plaintes concernant ces faits ».
Pourri, foireux, et en plus il me prenait vraiment pour un con !
Le procureur :
« Oui je sais, votre ‘’mémoire’’… ».
Réponse :
« Non, ce n’est pas un ‘’mémoire’’ mais bien une plainte ! ».
Le procureur :
« Monsieur DIJOU, pour qu’il y ait une plainte il faut avoir subi un préjudice. Non, c’est plutôt un ‘’mémoire’’… ».
Réponse :
« Et les treize années de mensonges et de manipulations des gouvernements français, ceux qui sont morts
pendant les événements de 1984, les magouilles dans notre dossier, ce n’est pas un préjudice ça ? ».
Il y eut un grand silence tout à coup ; il ne savait plus quoi répondre.

Puis je lui dis encore la chose suivante :
« Il y a trois membres de ma famille qui sont allés à la guerre, pour défendre votre pays.
Deux en 14 / 18 : Le premier est revenu avec du gaz de combat dans les poumons, et le deuxième parlait bien trop
souvent de la guerre, tellement il avait été marqué par celle-ci.
Un en 39 / 45 : Il a été tué par une mine dans un désert d’AFRIQUE, et c’est comme cela que vous nous remerciez
en faisant toutes vos saloperies ici ! ».
Je ne baissai pas les yeux quand mes larmes coulèrent, larmes de dégoût, larmes de haine…

MON DIEU, heureusement que tu m’as permis de découvrir toute cette merde entre les quatre murs d’une cellule,
sinon j’aurai fait sauter cette fosse à purin de tribunal avec tout le monde dedans, au lieu d’attendre qu’il soit vide !
MON DIEU, comme j’ai soif du sang de tous ces salopards parfois…

4°)
Le quatrième point qui ne figure que sur l’original de cette lettre du 03 décembre 1994 concerne plus
particulièrement FRANCK WAHUZUE et la ‘’coutume kanake’’.
Si la totalité de cette correspondance n’est pas rapportée ici, c’est que des notions comme la vérité et le pardon en
constituent l’essentiel, valeurs qui n’ont plus vraiment cours à présent, à part l’aspect folklorique principalement...
Folklorique également quand celle-ci n’est destinée qu’à asseoir de gros intérêts financiers issus bien souvent d’un
monde politique en putréfaction...
C’est du moins ce que je ressens actuellement, bien qu’il existe encore des vrais coutumiers que l’on ne voit pas en
général, car ils ne se montrent pas dans les médias.
Ils doivent très certainement se méfier de la mascarade politique et financière qui sévit également en NOUVELLE-
CALEDONIE, comme partout du reste...

Mais revenons au cas de FRANCK WAHUZUE, cas particulièrement intéressant si l’on tient compte de la présence
de ce dernier dans toutes les affaires plus que sordides ayant entaché ce pays.
Présence très bien dissimulée, rappelons-le toutefois...
En effet, au cours de l’entretien avec le procureur YVES LEBOURDON, il me fût clairement exposé que FRANCK
WAHUZUE était quelqu’un d’important, de protégé en quelque sorte.
Du temps où JOSEPH WANANIJE était encore au bloc C d’isolement, il m’avait expliqué tout cela en me donnant
de très graves informations sur certaines personnes, et en particulier sur FRANCK WAHUZUE.
Aussi, après avoir constaté le non-suivi de nos plaintes, la mutation de JOSEPH WANANIJE, le refus des différents
avocats dans nos demandes d’assistance etc., je décidai de révéler en partie ce qu’il m’avait appris dans cette
lettre du 03 décembre 1994 adressée au procureur YVES LEBOURDON.


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Je voulais que le maillon essentiel constitué par la personne de FRANCK WAHUZUE tombe une fois pour toute, et
crache ainsi toute la vérité.

Dans la plainte cosignée par JOSEPH WANANIJE en date du 30 juillet 1994, il est fait mention du ferry-boat
PRESIDENT YEIWENE assurant la desserte maritime entre les ILES LOYAUTES et la GRANDE TERRE.
Celui-ci avait été baptisé ainsi en souvenir du leader indépendantiste assassiné en même temps que JEAN-MARIE
TJIBAOU, le 04 mai 1989 à WADRILLA OUVEA.
Inutile de préciser qu’en plus de l’énorme magouille financière et politique entourant l’achat de ce navire et son
réaménagement, FRANCK WAHUZUE était encore dans cette affaire en tant que ‘’satellite’’.

C’est ainsi que PAUL GIOVANNONI, exploitant ce navire par le biais de la S.M.I.L. ( société maritime inter-îles ),
versait des dessous-de-table à FRANCK WAHUZUE.
Ces dessous-de-table étaient assez conséquents vu l’épaisseur de la liasse de virements bancaires de la B.N.P.
( banque nationale de PARIS ), et le nombre de zéros des sommes versées...
JOSEPH WANANIJE avait tout simplement été informé de cette affaire par PAUL GIOVANNONI lui-même, qu’il
connaissait très bien.
Ce dernier lui avait même dit un jour : « FRANCK WAHUZUE ? Je le tiens avec ça ! », en montrant à son
interlocuteur lesdits virements contenus dans un classeur cartonné gris, grand modèle.
Ce classeur était ensuite rangé dans un meuble bas situé au rez-de-chaussée de sa villa sise 12 rue GUIRAUD,
près de l’église du vœu NOUMEA.
Une petite précision au passage : PAUL GIOVANNONI est également franc-maçon, comme me l’a confirmé
dernièrement une personne lui ayant prêté de l’argent lorsqu’il était dans le besoin.
Plus tard, la S.M.I.L. connaissant de très graves difficultés financières, celle-ci fut mise en liquidation judiciaire.
Lors de la décision de justice, jamais le nom de FRANCK WAHUZUE et ses dessous-de-table n’apparurent au
grand jour, tout en précisant bien que ces derniers étaient antérieurs aux problèmes financiers de la S.M.I.L., et ne
relevaient pas directement de cette société.

Toutefois, il ne faut jamais oublier que ces dessous-de-table conséquents étaient versés directement par le gérant
de ladite société en difficulté.
De nombreuses personnes perdirent leur emploi, d’autres furent reclassées ailleurs, mais jamais FRANCK
WAHUZUE ne fut inquiété par la justice française, et surtout pas par le procureur YVES LEBOURDON que j’avais
personnellement informé de ces malversations.
Il avait bien reçu ma lettre du 03 décembre 1994 pourtant, mais peut-être n’était-il plus en NOUVELLE-
CALEDONIE comme par ‘’hasard’’, lors de la décision de justice intervenue au début de l’année 1997, si mes
souvenirs sont exacts.

Cette liquidation judiciaire avait fait l’objet d’une émission radiophonique sur la station indépendantiste RADIO
DJIDO.
Celle-ci, intitulée RIEN QUE LA VERITE était animée par DOMINIQUE DEVAMBEZ, conseillère juridique et
fondatrice du C.D.D.J.C. le comité de défense des justiciables et des contribuables.
Ayant assisté à l’audience publique de cette décision de justice, DOMINIQUE DEVAMBEZ insistait particulièrement
sur l’attitude bizarre du substitut du procureur de la république EMENI SIMETE, dans le compte-rendu de son
émission radiophonique...
Selon elle, ce magistrat avait le nez dans son code pénal au moment le plus important de cette audience...

En parlant d’attitude bizarre voire douteuse, DOMINIQUE DEVAMBEZ était vraiment bien placée pour parler, car la
majeure partie de l’ensemble de notre dossier lui avait été remise en main propre par ma mère BERNADETTE
DIJOU.
En plus de ces documents, ma mère paya la somme de 10 000 CFP à cette dernière pour devenir membre du
C.D.D.J.C., et 5 000 CFP supplémentaires pour frais de poste.
Ces frais de poste concernaient les envois recommandés de mon dossier vers la FRANCE et ont fait l’objet du reçu
n° 512 du 15 novembre 1994 dûment signé en plus du tampon ‘’JURISCONSULTE AGENCE TEL : 43 62 88
IMMEUBLE IAORA PK7’’.
Cette démarche ne fut pas d’une quelconque utilité, car jamais DOMINIQUE DEVAMBEZ ne s’occupa réellement
des faits pourtant graves dénoncés dans ces documents.

Par contre, peu de temps après le procès d’assises des 24 / 25 / 26 avril 1996, elle anima une émission bidon sur la
même station de radio.
Elle avait également déclaré qu’étant présente lors de notre procès et en possession de notre dossier, j’avais dit
aux jurés : « Je ne veux plus vivre en face du drapeau français », juste avant de balancer les deux livres de lois
françaises devant la cour d’assises, livres qui finirent leur vol plané aux pieds du procureur-menteur BERNARD DE
GOUTTES.
La speakerine de RADIO DJIDO et DOMINIQUE DEVAMBEZ n’étaient pas vraiment sûres de cette phrase, la
première disant « sous » et la deuxième « en face ».
La principale phrase était la suivante lorsque je m’adressais au procureur général-menteur BERNARD DE
GOUTTES :


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« Vous m’avez humilié tout au long de l’instruction, mais en m’humiliant ainsi vous vous êtes humilié vous-même, et
vous avez humilié les lois de votre pays !
Nous sommes ici sur des terres volées, et je ne veux plus vivre une minute de plus sous le drapeau français ! ».
Ceci expliquait ma demande d’application de l’article 32 de l’ancien code pénal toujours en vigueur lors du procès.
L’article 32, c’est le bannissement pur et simple !
A cette phrase, le président de la cour d’assises JEAN VERMORELLE répliqua par :
« Vous resterez ici au moins jusqu’à la fin du procès, monsieur DIJOU. Etait-ce bien utile de faire ce geste ? ».
J’avais fait une grossière erreur de tir dans cette affaire, car c’est en pleine gueule de ce dernier que j’aurai dû
envoyer un de ces maudits bouquins qu’ils ne respectent pas eux-mêmes, et l’autre dans la tronche de ce
procureur-menteur en face de moi !

C’est étrange, car au cours de cette émission bidon sur RADIO DJIDO, jamais il ne fut rapporté le mystérieux
message suivant :
« Du sang noir va couler, ‘’on’’ vous demande de ne pas mettre d’huile sur le feu. ».
C’était quelques jours avant l’assassinat de JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE...
Cette phrase clef faisait partie de ma plaidoirie DOMINIQUE DEVAMBEZ, et vous étiez pourtant en possession du
dossier complet où elle était écrite, dossier complet remis entre vos mains en 1994 alors que nous avons été jugés
en 1996...
Vous n’avez pas pu ‘’rater’’ cette phrase puisque ma mère l’a entendue, bien qu’étant située loin derrière les places
réservées aux médias...
Médias bien silencieux, quand ils n’amputèrent pas carrément ce message qui devint sous la plume de BERNARD
SYLVANO, des NOUVELLES CALEDONIENNES :
« Du sang noir va couler, ne pas mettre d’huile sur le feu. ».
Bulletin de désinformation n° 7497 des 27 / 28 avril 1996.
Quant au QUOTIDIEN CALEDONIEN de DIDIER LEROUX, n’en parlons pas...

Lorsqu’on anime une émission intitulée RIEN QUE LA VERITE, on ne peut ‘’oublier’’ un élément aussi important
DOMINIQUE DEVAMBEZ, qu’il s’agisse d’assassinats d’hommes politiques ou non !
Il n’y a pas deux vérités mais une seule, commune aux habitants de ce pays et quelle que soit la couleur de la
peau.
Cette vérité ne m’appartient pas personnellement, mais on ne peut y puiser les éléments intéressants dans un but
personnel sans prendre tout le reste.
N’est-ce pas DOMINIQUE DEVAMBEZ ?
Avec un cœur pourri et une station de radio, qu’est-ce qu’on en débite des demies-vérités, quand ce ne sont pas
des mensonges !
A l’exemple d’une autre émission portant exactement le même nom aguichant sur RADIO RYTHME BLEU...
Quelles foutaises !

Et que dire de votre interlocutrice et speakerine de RADIO DJIDO, DOMINIQUEDEVAMBEZ, lorsque cette dernière
déclara carrément sur les ondes :
« Vous ne pensez pas que ce genre de procès devrait avoir lieu en FRANCE ? ».
Ben voyons ! on cache tous ces crimes et malversations à 22 000 km de la NOUVELLE-CALEDONIE pour mieux
continuer ses saloperies ici, n’est-ce pas ?
Et que dire de cette radio indépendantiste qui plus est, cachant à ses auditeurs les dessous de l’assassinat de leurs
deux principaux leaders ?

Ces exemples plus que précis mettent particulièrement en évidence la synergie des médias lorsqu’il s’agit
d’occulter ou d’amputer une vérité, pour lui substituer un autre message à la place, politique ou judiciaire par
exemple…
Il existe ainsi une ‘’synergie du silence’’ au ‘’pays du non-dit’’ qui pourrait aussi bien porter le nom de ‘’pays de non-
droit’’.
Cette façon de procéder est clairement exposée dans la synthèse de la plainte conjointe du 30 juillet 1994.

Aux dernières nouvelles, DOMINQIUE DEVAMBEZ a fait l’objet d’une garde à vue dans les locaux des ‘’forces de
l’ordre’’, et d’un jugement au ‘’tribunal correctionnel’’ de NOUMEA le 23 mai 1997...

Deux bien grands mots pour pas grand chose !
Quoi qu’il en soit, l’affaire du ferry PRESIDENT YEIWENE était pratiquement close avec la liquidation judiciaire de
la S.M.I.L.
Close à la manière de la bouche de JACQUES LAFLEUR et de tant d’élus de NOUVELLE-CALEDONIE ( et
d’ailleurs du reste.. ).
En effet, j’avais fait prévenir ce dernier des dessous ( de table ) de cette affaire par maître CHRISTIAN BOISSERY
et JEAN-LUC CHENU, un relais, qui avait ses entrées au R.P.C.R. de JACQUES LAFLEUR.
C’était l’époque où ‘’maître’’ CHRISTIAN BOISSERY représentait encore mes intérêts, si tant il est vrai qu’il les ait
réellement représentés, ne serait-ce qu’une seule minute...



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Pour ce faire, j’avais écrit un pli qui fut ensuite confié à cet avocat lors d’un entretien au CAMP-EST, pli dans lequel
était expliquée avec de nombreux détails cette affaire de dessous-de-table versés par le gérant du ferry-boat
PRESIDENT YEIWENE.
Je dois dire que ROSINE STREETER a également servi de relais à cet avocat, afin de tenir au courant JACQUES
LAFLEUR de nos découvertes communes, JOSEPH et moi.
Cette procédure était illégale, mais qui, et qu’est-ce qui était légal dans ce merdier ?
JOSEPH WANANIJE procéda aux mêmes initiatives de son coté, en utilisant des méthodes plus kanakes...

C’est ainsi que je peux affirmer que la plupart des hommes politiques de ce territoire ont été informés des
saloperies que nous avions découvertes au CAMP-EST, quoi qu’ils puissent en dire et ce, qu’ils soient
indépendantistes ou non.
Pour JOSEPH WANANIJE et moi, c’était un devoir de prévenir l’extérieur, et nous avons utilisé tous les moyens
possibles et imaginables à cette fin.
Le seul résultat tangible à cette ‘’histoire du ferry-boat’’ intervenant peu de temps après ‘’La guerre des
communiqués’’ ou ‘’guerre des fax’’ fut son extinction pure et simple.
‘’Pure’’ n’est peut être pas très approprié comme terme, surtout dans cette affaire de gros sous et de basse
politique...

Un jour, les deux petites fiches vertes cartonnées au nom de JACQUES LAFLEUR disparurent comme par
enchantement du classeur mural situé à gauche en entrant dans le bureau du juge d’instruction MARTINE
VARACHE ( et hop ! On referme ‘’le cercle des affaires disparues’’... ).
Ces fiches sont relatives aux personnes faisant l’objet de procédures judiciaires en cours, puisque j’y ai vu mon
nom, celui de JACKY UICHI et d’autres inculpés.

Fiches vertes pour les délits. Fiches rouges pour les crimes.

Il convient de rappeler que ‘’la guerre des communiqués’’ aussi appelée ‘’guerre des fax’’ a opposé JACQUES
LAFLEUR ‘’l’homme du R.P.C.R.’’ à GASPARD ‘’BILL’’ RAVEL ‘’l’homme du ferry’’, lequel résiderait en AUSTRALIE
depuis quelques années à ce qu’il paraît.
Cette ‘’guéguerre’’ est d’ailleurs explicitée dans la plainte cosignée du 30 juillet 1994.
Il suffit de relire les journaux de l’époque pour en jauger la virulence, et en particulier les numéros 27 du 10 mars
1994 et 28 du 20 mars 1994 du bimensuel COMBAT OUVRIER, organe de presse de l ’U.S.T.K.E. dirigé par
LOUIS KOTRA UREGEI.
Ces deux exemplaires sont vraiment intéressants sur plus d’un point, d’autant plus que peu de temps après leurs
parutions, JOSEPH WANAJINE avait personnellement fait prévenir HNALAÏNE UREGEI des agissements occultes
de la FRANCE en NOUVELLE-CALEDONIE.
A cette fin, il avait utilisé entre autres moyens les visites hebdomadaires de sa famille, moyen qui rappelons-le avait
été fort efficace.

Rappelons également que HNALAÏNE UREGEI est le frère de LOUIS KOTRA UREGEI, et qu’il participe activement
à la rédaction dudit journal comme le prouve sa signature au bas d’un article vraiment ‘’remarquable’’ intitulé O.A.S.
dans le numéro 28 du 20 mars 1994.
Chose curieuse, l’imprimerie de l’U.S.T.K.E. mise en place grâce à l’argent public aimablement donné par le haut-
commissaire ALAIN CHRISTNACHT devint bien silencieuse au sujet de notre arrestation…
L’affaire DIJOU évoluait en affaire DIJOU / WANANIJE, pour être l’affaire de la NOUVELLE-CALEDONIE dans un
silence vraiment éloquent...
Silence politique certes, mais silence judiciaire surtout !

En agissant de la sorte, c’est-à-dire en donnant des éléments tangibles comme l’existence de virements bancaires
de la B.N.P. en guise de preuves, j’espérais faire coincer FRANCK WAHUZUE dans la liquidation judiciaire de la
S.M.I.L. gérante du ferry-boat PRESIDENT YEIWENE, et remonter ainsi sur d’autres affaires beaucoup plus graves
à savoir :

A
L’affaire des stagiaires kanaks envoyés en formation au terrorisme en LIBYE.
Celle-ci est amplement développée dans les plaintes précédentes, et n’est pas couverte par la deuxième loi
d’amnistie car des stagiaires kanaks sont partis en LIBYE bien après les accords de MATIGNON.
B
L’affaire de Tiendanite.
Le 05 décembre 1984 à 20 heures, dix militants kanaks étaient abattus à cet endroit, mais c’était JEAN-MARIE
TJIBAOU qui était principalement visé en tant que leader du F.L.N.K.S.
Vu l’ancienneté de ce drame, celui-ci est couvert par la deuxième loi d’amnistie spécifique à la
NOUVELLE-CALEDONIE.
C
La première affaire d’OUVEA du 22 avril au 05 mai 1988.
Bilan officiel :     25 morts répartis comme suit :
                     19 militants kanaks indépendantistes.

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                      4 gendarmes de FAYAOUE.
                      2 militaires français.
En plus d’avoir été le premier à faire circuler les photos des 19 cadavres alignés sur le sol parmi les militants du
l’U.C / LIFOU ( voir plainte du 30 juillet 1994 ), FRANCK WAHUZUE occupait un poste de responsabilité dans la
préparation de ces actions au sein du F.L.N.K.S. à cette époque.
Cette affaire est couverte par la deuxième loi d’amnistie.
D
La deuxième affaire d’OUVEA le 04 mai 1989.
Bilan :Deux leaders du F.L.N.K.S. assassinés, JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE.
         Un militant kanak indépendantiste, DJOUBELLY WEA tué par les gardes du corps des leaders sus-cités.

Si le plan araignée n’avait pas fonctionné correctement à TIENDANITE le 05 décembre 1984, plan utilisant
pratiquement à leur insu le clan LAPETITE, MAURICE MITRIDE et ROBERT SINEIMENE, le F.L.N.K.S. était
définitivement amputé de ses deux principaux leaders.
Il est à signaler que FRANCK WAHUZUE est interdit de séjour par les autorités coutumières du nord de l’île
d’OUVEA IAAI, depuis le 05 mai 1988.
Cette affaire n’est pas couverte par la deuxième loi d’amnistie.
E
L’affaire des événements de LIFOU en 1990 / 1991 et au-delà.
Bilan : Habitations brûlées, violences diverses, divisions internes etc.
JOSEPH WANANIJE impliqué dans cette affaire fut l’objet d’un jugement décentralisé à LIFOU le 11 août 1994, en
compagnie de CONO HAMU et d’autres militants.
Condamné à une peine de prison avec sursis qu’il n’acceptait pas du tout car ayant découvert le fil des événements
de 1981 à ce jour, il fit appel de ce jugement par écrit.
En effet le marché de 3,8 milliards CFP pour la construction de 240 villas n’était pas étranger à cette flambée de
violence.
JOSEPH WANANIJE a été libéré le 07 mai 1996.
Cette affaire n’est pas couverte par la deuxième loi d’amnistie.
F
L’affaire du saccage des locaux d’AIRCAL à MAGENTA le 19 juillet 1992.
Celle-ci n’est absolument pas couverte par la deuxième loi d’amnistie.
Avant de développer cette affaire, il convient de rappeler que JOSEPH WANANIJE a fait l’objet de poursuites
judiciaires pour les faits suivants, dans l’ordre chronologique :

- Evénements de LIFOU en 1990-1991 et au-delà, en se rendant coupable de violences physiques sur autrui et en
les subissant lui-même.

- Saccage des locaux de la compagnie aérienne locale AIRCAL à MAGENTA le 19 juillet 1992.

- Attentat contre le véhicule de fonction du président indépendantiste de la PROVINCE DES ILES RICHARD
KALOI, le 19 mars 1993 à NOUMEA.
Le véhicule vide de tout occupant avait été complètement détruit.

Comme il me l’avait affirmé au bloc C d’isolement du CAMP-EST, JOSEPH WANANIJE s’était rendu coupable de
cet acte en tant que militant déçu, écœuré par ce qu’il voyait et vivait tous les jours, une dérive constante et
quotidienne de l’idéal indépendantiste en quelque sorte…

Si le nom de FRANCK WAHUZUE n’apparaît pas en tant que responsable dans le dossier d’attentat, il ne faut tout
de même pas oublier que ce dernier paya les honoraires de maître CHRISTIAN BOISSERY pour la défense de
JOSEPH WANANIJE.
Il ne faut pas oublier non plus que FRANCK WAHUZUE a violé le secret d’une instruction judiciaire en cours, à
savoir celle du juge d’instruction JEAN-LUC QUINIO en charge de cette affaire.
Et que dire de cette violation du secret de l’instruction en cours grandement facilitée par un autre magistrat du
tribunal de NOUMEA, FOTE TROLUE pour ne pas le nommer ?
Dans le passé et au cours de ‘’ses multiples fonctions’’, FRANCK WAHUZUE avait été responsable d’un organisme
officiel appelé PROMOTION MELANESIENNE, promotion mélanésienne dont FOTE TROLUE avait grandement
bénéficié au point de devenir juge d’instruction, puis juge d’application des peines au tribunal de NOUMEA, bien
après la disparition de cet organisme.
C’était donc un juste retour des choses que FOTE TROLUE ‘’aide’’ FRANCK WAHUZUE, afin que celui-ci puisse
lire les déclarations de JOSEPH WANANIJE contenues dans le dossier d'instruction du juge JEAN-LUC QUINIO…
Juste retour des choses digne de la lettre C de l’effet M.I.C.E., mais il est des complicités qui dépassent largement
le stade d’une simple corruption, n’est-ce pas ?

L’attentat contre le véhicule de RICHARD KALOI ayant été commis le 19 mars 1993, JOSEPH WANANIJE fut
placé sous mandat de dépôt le 15 avril 1993.
PATRICK GRAU CHARLY ‘’BOLE’’ WASSAKUA EMILE NYITREIJ CLAUDE DALMAS furent également
incarcérés au CAMP-EST.

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Il est un détail important, une coïncidence étrange si je puis dire :
En effet, le mercredi 07 avril 1993, JOSEPH WANANIJE avait rendu visite à FRANCK WAHUZUE au domicile de
ce dernier sis 12 RUE LE CARROUR OUEMO MAGENTA, et il était accompagné par ANTOINE HONAKOKO.
Après que JOSEPH WANANIJE eut fait boire du whisky plus que de raison à FRANCK WAHUZUE, celui-ci se
laissa aller à certaines confidences...
Et c’est ainsi que FRANCK WAHUZUE montra à ses deux invités le fameux ‘’vrai-faux’’ passeport lui ayant permis
de monter la filière d’envois de stagiaires kanaks en LIBYE, en y allant lui-même comme en témoignaient les
tampons d’entrée et de sortie de LIBYE figurant sur ce passeport si particulier...
FRANCK WAHUZUE étant agent de la 3ème section de manipulation du B.E.L.- D.G.S.E. au haut-commissariat de
NOUMEA, quoi de plus facile pour lui que voyager avec un 2ème’’vrai-faux’’passeport, ceci afin de ne pas laisser
de traces trop visibles...
Ces faits font d’ailleurs l’objet d’une plainte en date du 09 juillet 1994 adressée au procureur YVES LEBOURDON.
Celle-ci est également cosignée par JOSEPH WANANIJE, mais n’a jamais fait l’objet d’une quelconque instruction
judiciaire.
JOSEPH WANANIJE m’avait confié qu’il avait profité de cette occasion pour faire boire de l’alcool à ce dernier, en
forçant les doses sans finir lui-même ses verres, très discrètement.
Il voulait rester parfaitement lucide pour faire parler son interlocuteur pourtant connu pour sa sobriété, mais l’alcool
aidant, il relâcha son attention pour se laisser aller aux confidences.

FRANCK WAHUZUE aurait dû se méfier davantage, lui qui s’était rendu au château de NAINVILLE-LES-ROCHES
du 08 au 12 juillet 1983 avec une palanquée d’hommes politiques de l’époque, ceci ayant débouché sur les fameux
accords de NAINVILLE-LES-ROCHES du nom d’une petite ville de l’ESSONNE FRANCE.
Splendide château ancien appartenant au ministère de l’intérieur, avec une très belle salle d’accueil à damier noir et
blanc sur le sol, et grand parc…
Dans ce parc, un petit monument sur lequel figure une maxime de SOCRATE : « Protège-toi de toi-même… ».
Tu aurais dû t’intéresser d’un peu plus près à cette maxime FRANCK, mais surtout à son auteur qui fut un grand
philosophe grec des temps anciens ( 470 / 399 avant J.C. ).
Il fut condamné à boire la ciguë paraît-il, sous l’accusation d’impiété envers les dieux mais aussi de corruption de la
jeunesse ; un de tes amis en bref...

Pour clore cette cession politique, il y eut une grande photographie de ‘’famille’’ dont un exemplaire figure dans le
chapitre « PHOTOS ET DOCUMENTS ».
Celle-ci est digne d’intérêt car y figurent entre autres ‘’personnalités’’ :

CHRISTIAN           BOISSERY                     Dernier rang à droite
FRANCK              WAHUZUE                      Premier rang à droite
JACQUES             LAFLEUR                      Premier rang à gauche
BERNARD             DE GOUTTES                   Dernier rang à gauche, en tant que sous-directeur de la D.P.A.F.
                                                 et futur procureur général en NOUVELLE-CALEDONIE.
Inutile de préciser que ce dernier fut également avocat général lors du déni de justice que nous avons subi les 24 /
25 / 26 avril 1996 à NOUMEA.
A la vue de cette photographie, FRANCK WAHUZUE ne risquait pas de faire l’objet de poursuites judiciaires, n’est
ce pas ?
FRANCK WAHUZUE parmi tant d’autres, bien sûr…
Pour en revenir à JOSEPH WANANIJE, celui-ci suivait de très prés FRANCK WAHUZUE, l’observait toujours car il
ne comprenait pas son comportement et ses attitudes, comme ses demandes réitérées de le faire entrer dans la
‘’célèbre’’ 3ème section de manipulation du bureau d’étude et de liaison ( B.E.L. ) du haut-commissariat de la
république en NOUVELLE-CALEDONIE.
Cette très grande parenthèse étant refermée, l’affaire du saccage des locaux de la société AIRCAL commis le
19 juillet 1992 peut maintenant être décrite en détail, affaire où FRANCK WAHUZUE apparaît encore une fois mais
avec beaucoup de retard, en tant que président directeur général de ladite société...

C’est au cours d’une réunion au domicile de FRANCK WAHUZUE, qu’il fut convenu entre celui-ci et JOSEPH
WANANIJE de commettre quelques dégradations contre les locaux de la société AIRCAL à MAGENTA.
PATRICK GRAU était présent lors de cette réunion, bien qu’y ayant assisté très passivement.
FRANCK WAHUZUE ayant contacté par téléphone son frère NOEL, celui-ci fit une brève apparition ce jour-là.

C’est ainsi que JOSEPH WANANIJE et CLAUDE DALMAS se rendirent plus tard à l’aérodrome de MAGENTA afin
de procéder aux dégradations demandées par FRANCK WAHUZUE, ce dernier ne participant jamais directement
aux actions sur le terrain mais se contentant de tirer les ficelles de loin, comme d’habitude.
Une précision toutefois :
Si CLAUDE DALMAS ne participa pas à la réunion préparatoire du saccage en question, il fut tout de même
contacté à cette fin par FRANCK WAHUZUE un peu plus tard.
Toujours est-il que sur les lieux en question, JOSEPH WANANIJE eut la désagréable surprise de voir CLAUDE
DALMAS sortir un gros bidon d’essence du coffre de la voiture.


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Selon CLAUDE DALMAS le bidon était nécessaire pour la destruction de la salle des ordinateurs de ladite société,
mais surtout de l’ordinateur central.
JOSEPH WANANIJE s’opposa vivement à cette initiative qui n’avait pas été prévue lors de la réunion initiale avec
FRANCK WAHUZUE, à savoir que des vitres brisées, des graffitis et quelques dégradations annexes figuraient
uniquement au programme.
JOSEPH WANANIJE et CLAUDE DALMAS ayant des liens d’amitié à l’époque, CLAUDE DALMAS put tout de
même incendier quelques ordinateurs, des terminaux et du mobilier en plus du plan originel de dégradations
prévues.
L’ordinateur central ne fut pas touché car JOSEPH WANANIJE refusa catégoriquement cette destruction,
pressentant là un coup fourré de FRANCK WAHUZUE, point sur lequel il ne se trompait pas, loin de là…

En 1993, JOSEPH WANANIJE ne donna jamais tous ces renseignements aux inspecteurs de police et au juge
d’instruction JEAN-LUC QUINIO, pas plus que les autres inculpés du reste…
Il est vrai que les relations entre JOSEPH WANANIJE et ce juge d’instruction ne furent pas toujours de tout repos,
comme en témoigne le magistral « va te faire foutre ! » qu’adressa l’inculpé au juge JEAN-LUC QUINIO, au cours
d’une audition...

Ce juge d’instruction fit tout de même remarquer à JOSEPH WANANIJE qu’il avait découvert des choses fort
intéressantes sur les comptes bancaires de certaines ‘’personnalités’’ du territoire, et en particulier celles du monde
politique...
Selon ses investigations, les montants de leurs comptes bancaires ne correspondaient pas du tout avec les
sommes qu’ils percevaient en tant qu’élus politiques...
Ceci est très certainement une des raisons de la présence d’environ 250 dossiers fiscaux ‘’fantômes’’ avec accès
réservé uniquement à la direction des services fiscaux de NOUVELLE-CALEDONIE…
Direction toujours assurée par un cadre métropolitain, car étant spécifiquement un poste d’état.
Qui paie commande, n’est-ce pas ?
Ces faits sont également exposés dans la plainte cosignée du 30 juillet 1994 et la note supplémentaire qui
l’accompagne.

Le juge d’instruction JEAN-LUC QUINIO quitta la NOUVELLE-CALEDONIE juste après la clôture du dossier de
JOSEPH WANANIJE, vers les mois d’août ou de septembre 1993 ( août 1993 peut-être ).
Il paraît qu’il était en fin de séjour, mais d’autres magistrats restent en poste beaucoup plus longtemps en
NOUVELLE-CALEDONIE...

Ceci étant dit, une question importante se pose :
« Pourquoi l’ordinateur central d’AIRCAL devait-il être détruit par le feu ? ».
FRANCK WAHUZUE et CLAUDE DALMAS étant indiscutablement en accord sur ce point précis et ce, par-dessus
JOSEPH WANANIJE...
Quant on connaît la personnalité plus qu’obscure de FRANCK WAHUZUE, sa très longue expérience des coups
fourrés et son habitude de la manipulation d’autrui, on ne peut s’empêcher de penser à l’argent comme mobile
principal.
En effet, l’ordinateur central d’AIRCAL centralisait entre autre et comme son nom l’indique, toute la comptabilité de
cette société dont il était le P.D.G. rappelons-le.
Dans cette histoire de gros sous, de coups fourrés et de P.D.G. véreux, que deviennent les achats en leasing, des
3ème et 4ème avions A.T.R. 42 effectués par cette société quelque temps avant ce saccage.
Qu’est devenue la fameuse commission financière généralement accordée par le vendeur à l’acheteur lors de ce
type de marché ?
Dans le cas présent, c’était un marché de 2,6 milliards CFP, le 3ème A.T.R. 42 ayant coûté la somme de
1,2 milliard CFP et le 4ème 1,4 milliard CFP.
Qui a donc empoché cette fameuse commission, si commission il y eut ?
A moins que les recherches ne doivent s’orienter vers les prix d’achats initiaux, ou les organismes intermédiaires
ayant permis la mise en place de ces crédits-leasing.

Pourquoi donc FRANCK WAHUZUE président directeur général D’AIRCAL voulait-il faire détruire l’ordinateur
central de ‘’sa’’ propre société, après l’achat d’avions A.T.R. 42 ?

Oui pourquoi FRANCK WAHUZUE paya-t-il les frais d’avocats de JOSEPH WANANIJE, alors que ce dernier était
le principal inculpé dans l’attentat de la voiture de RICHARD KALOI ?
La réponse est simple, sur ce point uniquement :
FRANCK WAHUZUE avait peur que JOSEPH WANANIJE ne parle de tout ce qu’il savait sur lui, aussi lui envoya-t-
il ‘’maître’’ CHRISTIAN BOISSERY au CAMP-EST.
« FRANCK WAHUZUE m’a demandé de te défendre dans l’affaire KALOI, et il se charge lui-même de mes
honoraires ».
Telles furent les paroles de maître CHRISTIAN BOISSERY qui fut également mon avocat un peu plus tard, avant
d’être ‘’remercié’’ par la suite.
Il devient aisé de comprendre la raison de notre recherche d’autres avocats dont certains à l’extérieur de la
NOUVELLE-CALEDONIE, recherches s’étant toutes avérées vaines il faut le préciser !

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Toujours est-il qu’après avoir découvert le fil conducteur de tous les événements de NOUVELLE-CALEDONIE
grâce à la mise en commun de nos connaissances, JOSEPH WANANIJE déposa une plainte contre FRANCK
WAHUZUE au sujet de l’affaire d’AIRCAL, en le désignant clairement comme étant le commanditaire réel de ce
sabotage.
Cette plainte en date du 08 juillet 1994 avait été expédiée par courrier interne du CAMP-EST au procureur YVES
LEBOURDON.
Celle-ci figure dans les toutes premières plaintes que nous avons déposées parfois conjointement, parfois en solo.
Je peux tout de même affirmer que cette plainte fut pratiquement la seule à faire l’objet d’un semblant d’instruction
de la part des autorités judiciaires… Non pas que les inspecteurs de police JEAN-PATRICE HAUSTIEN et
FRANCK YANNICK chargés de l’enquête aient pu faire l’objet de doutes de notre part, mais le moins que l’on
puisse dire c’est que les deux frères WAHUZUE n’en firent qu’à leur guise en ne se rendant pas aux convocations
successives des inspecteurs en question.

Mais tout d’abord, procédure policière oblige, JOSEPH WANANIJE fut confronté aux coïnculpés suivants aux dates
sous-citées :

Le 1er août 1994 avec PATRICK GRAU incarcéré au CAMP-EST pour l’attentat contre la voiture de RICHARD
KALOÏ.
N’ayant assisté que très passivement à la réunion préparatoire du saccage d’AIRCAL au domicile de FRANCK
WAHUZUE, PATRICK GRAU ne se souvenait plus de rien.
Il déclara ensuite à JOSEPH WANANIJE qu’il n’avait personnellement aucun grief à l’encontre de FRANCK
WAHUZUE.

Le 04 août 1994 avec CLAUDE DALMAS incarcéré pour l’attentat en question et d’autres affaires.
C’est au cours de cette 2ème confrontation que JOSEPH WANANIJE entendit CLAUDE DALMAS lui déclarer en
langue DREHU :
« JOSEPH, tu as commencé et il faut que tu ailles jusqu’au bout maintenant.
Je ne te suis pas pour cette affaire, car je ne peux pas mordre la main qui me nourrit ».
Il parlait ainsi de FRANCK WAHUZUE qui l’employait plus ou moins comme garde du corps, entre autres
fonctions…

Le 28 septembre 1994 avec NOEL WAHUZUE uniquement, FRANCK WAHUZUE ne daignant pas se rendre au
commissariat de police malgré la 6ème convocation.

Peut-être que compte tenu du résultat des confrontations du 1er et 04 août 1994, celui-ci préféra envoyer son frère
NOEL en éclaireur…
28 septembre 1994, pour une plainte plus que grave en date du 08 juillet 1994 déposée directement auprès du
procureur YVES LEBOURDON, celle-ci faisant partie d’un lot dénonçant nombre de malversations de l’état français
en NOUVELLE-CALEDONIE… B.E.L. exemple de lenteur judiciaire.
Toujours est-il qu’au cours de cette confrontation, NOEL WAHUZUE versa tout de même deux petites larmes de
crocodiles en écoutant les paroles de JOSEPH WANANIJE.
Celui-ci parlait calmement mais sûrement, à la manière de la vraie coutume kanake, celle qui ne ment pas, celle
qu’il n’aurait jamais due quitter au profit de la voie politique pourrie, voix de mensonges dans notre pays comme
ailleurs du reste…

Le 29 septembre 1994, FRANCK WAHUZUE ne se présenta pas à cette nouvelle convocation.

Le 06 octobre 1994avec FRANCK WAHUZUE dans un premier temps.
avec NOEL WAHUZUE dans un second temps.
avec FRANCK et NOEL WAHUZUE dans un troisième temps.

Les principaux témoins étant devenus subitement ‘’amnésiques’’ et les deux frères WAHUZUE niant toute
responsabilité dans le saccage des locaux d’AIRCAL, cette affaire fut définitivement classée par les ‘’autorités
judiciaires’’ de NOUVELLE-CALEDONIE.

C’est justement à cette époque que j’avais croisé l’inspecteur JEAN-PATRICE HAUSTIEN dans le bâtiment réservé
aux parloirs des détenus, celui-ci venant interroger un prisonnier du CAMP-EST.
M’étant présenté à cet inspecteur, ce dernier déclara :

« L’affaire d’AIRCAL ne sortira pas car les coïnculpés de JOSEPH WANANIJE refusent tous de témoigner…
C’est malheureux pour JOSEPH, mais il aurait dû me parler de tout cela avant, au lieu de se taire lors des
interrogatoires.
Je sais que FRANCK WAHUZUE est dans de nombreuses affaires louches, mais pour le coincer c’est autre
chose… ».



                                                                                                                 102
Avec le recul, je me dis qu’il ne risquait pas de se faire coincer, le FRANCK WAHUZUE, car c’est la justice
française elle-même qui le protège !
Une petite phrase de ‘’maître’’ CHRISTIAN BOISSERY me revient également en mémoire :

« FRANCK WAHUZUE ?
Il va finir avec une balle dans la tête car il est dans toutes les affaires louches…
Juste après l’arrestation de JOSEPH WANANIJE, il était à Singapour ou dans les environs et attendait la suite de
l’affaire pour rentrer en NOUVELLE-CALEDONIE.
A l’époque, c’était moins une qu’il ne prenne un mandat d’arrêt aux fesses ! ».

Si la fin d’un tel personnage doit être de ‘’finir avec une balle dans la tête’’, ce qui serait vraiment dommage pour la
vérité cachée dans ce pays, je me demande bien quelle peut être celle d’un avocat véreux ?

Je me demande bien qu’elle peut être celle d’un pays ayant pourtant vu la naissance des droits de l’homme en
1789 ?
Un pays qui rabâche des mots vides comme : « LIBERTE EGALITE FRATERNITE », en prenant bien garde de
ne pas les appliquer lui-même…
Un pays nommé FRANCE, ce qui rime avec souffrance et…rance !
Deux mots qui colleraient beaucoup mieux avec la réalité !

Je me demande bien quelle peut être celle d’un pays appelé NOUVELLE-CALEDONIE, ce qui rime avec félonie,
comme KANAKY du reste...

Pauvre JOSEPH ayant cru en cet idéal comme j’ai pu croire en la justesse de mon combat…
Pauvre KANAKY, morte avant même de naître…
Morte dans le silence corrompu de tes dirigeants, ceux qui sacrifiaient tes enfants en ton nom…
Ils n’hésitaient pas à l’époque, mais ils se taisent maintenant !




DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 18 DECEMBRE 1994

Par la présente, j’ai l’honneur de solliciter un entretien relatif aux plaintes déposées auprès de vos services.

Il serait hautement souhaitable que JOSEPH WANANIJE y assiste, car je souhaite lui expliquer en votre présence
les raisons profondes du retrait de toutes ces plaintes, dont certaines sont conjointes.

Comptant sur votre diligence, veuillez agréer monsieur le procureur, l’expression de mon profond respect.


GUY DIJOU.


COPIE : Madame BERNADETTE DIJOU




                                                                                                                    103
NOTE SUPPLEMENTAIRE

Quand on est sincère, naïf et con, ce qui va souvent ensemble, on croit aux vertus spirituelles du PARDON !

On lui laisse le temps de naître et de se mettre en place...

Sur mon île natale, pardon et vérité sont indissociables, vérité qui dérange bien trop de personnes quelle que soit
l’appartenance politique ; elles auraient bien trop de choses à dire dans ce cas là...

YVES LEBOURDON n’a jamais donné suite à cette correspondance.




DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 23 DECEMBRE 1994


En réponse aux informations diffusées ce jour sur les ondes de RADIO DJIDO, au cours desquelles le
commentateur affirmait entre autre :
« Les auteurs des vols des passeports et des stocks d’armes découverts au début de l’année ont agi pour des
raisons politiques, en opposition à l’indépendance de la NOUVELLE-CALEDONIE.
D’autres arrestations vont avoir lieu... ».

J’ose espérer monsieur le procureur, que vous avez prévu dans le cadre de ces arrestations celle de FRANCK
WAHUZUE, agent de la troisième section de manipulation du bureau d’étude et de liaison ( B.E.L.-D.G.S.E. ).

En effet, le 1er décembre 1994, lors de l’ouverture des scellés de ‘’certains’’ documents saisis à OUEMO, le juge
d’instruction MARTINE VARACHE, montrait allègrement à la ronde un document portant la mention ‘’confidentiel
défense’’.
Il comportait des listes de noms de personnes appartenant au F.L.N.K.S.

Ne voulant pas répondre aux questions de MARTINE VARACHE sur l’identité de la personne m’ayant remis ces
documents, je me contentais de déclarer qu’ils provenaient du 2ème bureau militaire ( service de renseignement
militaire français ).


………………………………………………………………………………………………………………………………………


                                                                                                               104
NOTE SUPPLEMENTAIRE

Ceci n’est qu’une reproduction partielle de la lettre adressée au procureur YVES LEBOURDON.

Les effets de théâtre du juge d’instruction MARTINE VARACHE sont grandement détaillés dans la note
supplémentaire de la lettre du 03 décembre 1994 adressée à ce même procureur.

La deuxième partie de cette lettre concerne mon faux témoignage contre FRANCK WAHUZUE.
Depuis le temps que ce dernier, personnage important et protégé, faisait l’objet de plaintes écrites adressées au
procureur YVES LEBOURDON tant par JOSEPH WANANIJE que par moi quand ce n’était pas conjointement,
plaintes non suivies d’effet il faut bien le préciser, je décidai d’agir tout autrement en frappant un grand coup !

En effet, j’accusai FRANCK WAHUZUE d’être le fournisseur de tous les documents sensibles et du matériel
militaire français trouvés en notre possession lors des deux ‘’perquisitions-saisies’’ effectuées dans nos deux
dépôts clandestins.
J’espérais ainsi au minimum une confrontation directe avec cet individu pour lui dire des paroles dans ce genre :

Je te remercie FRANCK WAHUZUE pour ce que tu as fait aux LAPETITE, eux qui te faisaient confiance pour
t’avoir connu avant les événements 1984.
Je te remercie pour leurs dix victimes également...
Je te remercie encore pour l’assassinat de JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE, mais surtout pour
DJOUBELLY WEA...
Je te remercie également pour nous avoir bien ‘’roulés’’ avec tes stagiaires libyens et tes magouilles au profit des
différents gouvernements français successifs.
Je te remercie une dernière fois pour nous avoir trompés à ce point, nous, pauvres marionnettes noires et blanches
entres tes mains et celles d’experts en manipulations dont tu fais partie.
Oui, de tout mon cœur je te remercie pour tout cela, et aussi pour ce que j’ignore encore au sujet de gens comme
toi.
Tu avais le choix d’être ‘’l’oiseau-qui-annonce-le-temps-des-récoltes’’, ou bien ‘’l’oiseau-de-proie’’ qui se nourrit des
petits des autres...
Cela tu le portes en toi FRANCK WAHUZUE, mais aussi dans le nom de ton clan en langue de DREHU !
Tu as préféré le deuxième sentier mais rassure-toi FRANCK WAHUZUE, le temps de la récolte arrive aussi pour toi
et ton frère NOEL, le temps de votre récolte, comme ceux qui ont choisi votre chemin ! ».
DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 05 MARS 1995

Par la présente, j’ai l’honneur de vous informer que toutes les plaintes déposées auprès de vos services restent
valables, malgré mon courrier du 18 décembre 1994.

En effet, cette manœuvre m’a permis d’étudier les réactions de ce que vous appelez la justice française, ainsi que
le comportement de certains hommes politiques tant sur le territoire qu’en métropole.

Il me semble donc utile de vous confirmer par écrit les paroles dites à MARTINE VARACHE, ‘’juge d’instruction’’
chargée de mon dossier :

« Votre code pénal ne vaut guère mieux que du papier hygiénique ! ».

Et comme le respect est une valeur qui se mérite, veuillez agréer monsieur le procureur de la république…


GUY DIJOU.


COPIES :Madame BERNADETTE DIJOU
            Monsieur GABRIEL MOTEAPO




                                                                                                                     105
NOTE SUPPLEMENTAIRE

Je pense qu’en fait, ce n’est pas le code pénal qui ne vaut guère mieux que du ‘’papier à cul’’, mais plutôt les
personnes qui ont la charge de son application.

GABRIEL MOTEAPO animait une émission intéressante sur les ondes de RADIO DJIDO, émission passée de vie à
trépas. Encore une...

Cette personne a également reçu le même dossier que DOMINIQUE DEVAMBEZ, laquelle animait aussi une autre
émission intéressante sur cette station radio.

Intéressante, mais surtout bien orientée, il faut le dire...




DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 15 JANVIER 1996

Par la présente, j’ai l’honneur de vous informer que je dépose à nouveau plainte contre l’état français,
conformément à tous mes écrits y compris ceux conjoints à JOSEPH WANANIJE.

En effet après deux années d’emprisonnement, je constate que loin d’être divulgués, les agissements de votre pays
sur cette île sont gardés sous silence malgré le pardon et la non-violence que nous prônons tous deux.

Il n’y a pas de pardon sans que la vérité soit connue de tous.

Peut être me direz-vous qu’à plusieurs reprises, j’ai déposé et enlevé les dites plaintes ?
Cela n’est rien comparativement au jeu parfois mortel exercé sur notre population, et en toute impunité par les
services spéciaux français.

Je sais par expérience que cette procédure est totalement inutile compte tenu du fonctionnement de votre justice,
mais j’ai ainsi la conscience tranquille quant aux faits graves découverts au CAMP-EST.

Veuillez agréer, monsieur le procureur, l’expression de mes sentiments distingués.


GUY DIJOU.


COPIE : Madame BERNADETTE DIJOU




                                                                                                             106
NOTE SUPPLEMENTAIRE

En effet par deux fois au moins, j’avais écrit au procureur pour lui annoncer le retrait de mes plaintes...
A chaque fois, j’espérais que le pardon allait pouvoir se mettre en place…

Vaine attente qui m’écœura un peu plus en observant ce qui se passait dans ce pays.

C’est ainsi que je maintenais définitivement la validité de toutes mes plaintes, mais de toute façon, je n’ai jamais
obtenu une quelconque réponse des services judiciaires.

De plus il m’est particulièrement évident que je ne visais absolument pas le pardon de mes fautes, lesquelles sont
bien insignifiantes au regard des agissements occultes d’une ‘’certaine FRANCE’’ en NOUVELLE-CALEDONIE.




DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
DE LA REPUBLIQUE EN
NOUVELLE-CALEDONIE

LE 19 AVRIL 1996


N’ayant enregistré aucun résultat tangible quant aux différentes plaintes déposées auprès de vos services
conjointement à JOSEPH WANANIJE, j’ai l’honneur de vous informer de ma constitution en partie civile.

En effet, à l’heure où la justice de votre pays s’apprête à me juger bien qu’étant odieusement entachée, nul ne
pourra contester la participation directe de celui-ci dans l’instauration d’un climat de défiance pour le moins, entre
les deux principales composantes de ce territoire.

Nul ne pourra en contester également la base même des actions ayant entraîné ma présente incarcération et ce,
avant comme après la signature des ‘’fameux accords de MATIGNON’’.

Et de terminer cette correspondance sur cette petite phrase lourde de symbolisme :
« Quand on veut juger d’autres personnes, il faut avoir les mains propres. », ceci ne devant aucunement être
considéré comme une basse esquive de ma part.

Veuillez agréer monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.


GUY DIJOU.


COPIE : Madame BERNADETTE DIJOU




NOTE SUPPLEMENTAIRE

« Quand on veut juger d’autres personnes, il faut avoir les mains propres, et maintenant vous commencez à
m’emmerder ! ».

                                                                                                                  107
Telles furent mes paroles à l’égard de JEAN VERMORELLE et de sa secrétaire.

Ils étaient venus tous les deux au CAMP-EST pour une procédure complètement bidon avant le procès d’assises
des 24 / 25 / 26 avril 1996.
Cinq ou six gardiens dont plusieurs gradés insistaient lourdement pour que je rentre dans un petit bureau situé à
coté de l’infirmerie du CAMP-EST.

Devant mon refus plus que catégorique de me prêter à cette mascarade de justice, JEAN VERMORELLE déclara
dans le couloir de l’infirmerie :
« Si vous voulez, on peut prendre une loi pour vous... » sic...
Réponse :
« Commencez par respecter celles qui existent ! ».

Je commençais vraiment à sentir le feu de la colère m’envahir, et le gardien ALAIN LECONTE passant par là, me
dit d’une manière très compréhensive :
« Viens GUY… Laisse tomber, tu vas t’énerver pour rien, je te ramène dans ta cellule...».

Voilà la justice en NOUVELLE-CALEDONIE, justice française il faut bien le dire !

JEAN VERMORELLE était le président de la cour d’assises de NOUMEA les 24 / 25 / 26 avril 1996...
Menant cette foutaise de procès de ‘’main de maître’’, celui-ci évita entre autre le dossier plus qu’épineux du vol des
passeports commis par notre groupe les 06 / 07 octobre 1991, pour l’identification complète des stagiaires kanaks
envoyés en LIBYE en formation au terrorisme.

Envois ‘’patronnés’’ par les services spéciaux français, rappelons-le.
( voir plainte du 09 juillet 1994 adressée au procureur, et note supplémentaire ).
En effet, après quelques questions sans intérêt, le président JEAN VERMORELLE bifurqua habilement sur un autre
dossier, surtout à la suite de ma petite phrase suivante :
« En vertu de votre pouvoir discrétionnaire monsieur le président, faites venir devant la cour JOSEPH WANANIJE
en tant que témoin dans cette affaire.
Il est actuellement incarcéré au CAMP-EST et c’est très facile d’aller le chercher... ».
Réponse du président JEAN VERMORELLE, légèrement ‘’gêné aux entournures’’ :
« On verra ultérieurement, si c’est nécessaire à la suite des débats... ».
Il ne le fit jamais, bien entendu !

En face de moi, le procureur général BERNARD DE GOUTTES grimaça discrètement sur le coté, lorsqu’il entendit
ma demande.
Je m’étais dit alors :
« Touché ! Un coup au but ! ».

Cela n’empêcha nullement ce procureur général et avocat général-menteur de me déclarer plus tard :
« Monsieur DIJOU, est-ce que vous dites toute la vérité ? ».
Réponse du tac-au-tac de ma part :
« Monsieur le procureur général, ( il aimait bien quand je l’appelais ainsi ) êtes-vous capable de me suivre sur le
chemin de la vérité ?».
Et là, hop ! Brusque volte-face de ce procureur-menteur en mal de popularité et d’effets de manches, la salle étant
plus que bondée...
Il passa à un autre dossier, ou plutôt à une autre foutaise devant des ‘’spectateurs’’ qui ne comprenaient rien, ou
pas grand chose !
Je ne parle pas bien sûr de ceux qui ne voulaient pas comprendre…

Quant aux jurés, n’en parlons pas !




                                                                                                                   108
DIJOU GUY
A
MONSIEUR LE PROCUREUR
GENERAL DE LA REPUBLIQUE
EN NOUVELLE-CALEDONIE

LE 13 DECEMBRE 1996

OBJET : Classement sans suite de plaintes

Le 19 avril 1996, j’adressais aux services judiciaires de NOUVELLE-CALEDONIE une lettre de constitution de
partie civile relative à de nombreuses plaintes déposées courant 1994.

Celle-ci venait en appoint de ma correspondance du 15 janvier 1996, laquelle réactualisait toutes les plaintes sus-
citées qui, rappelons-le, dénonçaient les exactions très graves exercées par une certaine FRANCE en NOUVELLE-
CALEDONIE.

Inutile de vous préciser car étant bien placé pour le savoir, que celles-ci n’ont jamais été suivies d’effet, y compris et
surtout au cours du déni de justice prononcé à mon encontre les 24 / 25 / 26 avril 1996, en cour d’assises de
NOUMEA..

Pourtant là où s’arrête la justice des hommes, celle-ci perdure sous une autre forme, écrite dans le TEMPS.

Je suis sûr que cette dernière touchera de près ou de loin toutes les personnes et les organismes ayant sciemment
occulté les crimes et les malversations exposés dans lesdites plaintes et ce, tant sur la terre de FRANCE que de
NOUVELLE-CALEDONIE ( et d’ailleurs... ).

Il me semble donc pour le moins que le classement sans suite de ces écrits doive faire l’objet d’un courrier de votre
part.
Ainsi, la boucle de l’ignominie sera définitivement refermée.

Et si, par ‘’miracle’’ celles-ci venaient à faire l’objet d’une pseudo-instruction après avoir été délaissées par votre
prédécesseur, sachez qu’avant l’heure ce n’est pas l’heure, mais après l’heure ce n’est plus l’heure !

Désormais, je considère ce drapeau qui flotte au-dessus de ma tête pour peu de temps encore, comme la plus
infâme des souillures.

Veuillez agréer monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

GUY DIJOU.

COPIES :Madame BERNADETTE DIJOU
            Présidence de la république française

                                                                                                                      109
NOTE SUPPLEMENTAIRE

Cette lettre a fait l’objet :
D’un récépissé d’envoi recommandé n° 7279 Date : 16 décembre 1996.
D’un avis de réception dûment signé n° 7279 Date : 17 décembre 1996.
D’une copie adressée au président de la république française en même temps qu’un courrier recommandé
particulier. ( voir chapitre « PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE » ).

Il n’y eut aucune réponse, même pour un classement sans suite.

Le 13 décembre 1996, date de ce courrier, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :

GERARD              NEDELEC                       procureur général de la république en NOUVELLE-CALEDONIE
                                                  en remplacement de BERNARD DE GOUTTES

JEAN-LOUIS          CATEZ                         procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE en
                                                  remplacement d’YVES LEBOURDON

Ainsi, personne pourra déclarer ne pas avoir été informé, mais plus encore que je n’ai pas laissé le temps aux
autorités politiques et judiciaires françaises de mettre en place LE PARDON.
Quant aux autorités politiques et coutumières locales, n’en parlons pas !
DIJOU GUY
A
MONSIEUR FOTE TROLUE
JUGE D’APPLICATION DES PEINES
TRIBUNAL DE NOUMEA

LE 24 AOUT 1997

Comme vous ne devez pas l’ignorer de par vos fonctions, j’ai fait l’objet d’une condamnation à cinq années
d’emprisonnement.

Cette dernière a été prononcée en cour d’assises de NOUMEA les 24 / 25 / 26 avril 1996, après un véritable déni
de justice...

Vous ne devez pas ignorer également mon refus plus que catégorique de toute forme de remise de peine, et je dirai
même que vous pouvez vous les enfoncer bien profondément dans le fion !

Il en est ainsi de ceux qui ne craignent pas de regarder en face le mensonge institutionnalisé, en écrivant et en
disant clairement ce qu’ils en pensent.

Pourtant, je me souviens de vos émissions radiophoniques que j’écoutais avec grand plaisir il y a bien des années
de cela...
A l’époque, je ne savais pas que derrière cette voix se cachaient une double face et une faute que vous portez
jusque dans votre double identité...

Vous remarquerez aussi l’absence de formule de politesse à la fin de la présente lettre recommandée ; le respect
se mérite, et je suis malheureusement bien placé pour savoir que la ‘’justice’’ française dont vous êtes serviteur
n’en est aucunement digne !


GUY DIJOU.




NOTE SUPPLEMENTAIRE

Cette lettre effectivement rédigée à l’encre rouge a fait l’objet :
D’un récépissé d’envoi recommandé n° 1560 Date : 27 août 1997
D’un avis de réception dûment signé n° 1560 Date : 27 août 1997

FOTE TROLUE a été décoré de la légion d’honneur le.06 janvier 1999, dans la chefferie de MOU LIFOU.

Légion d’honneur, ou donneur de renseignements judiciaires au profit d’un agent de la 3ème section de
manipulation du B.E.L. nommé FRANCK WAHUZUE ?

                                                                                                              110
Et d’autre part, l’enceinte d’une chefferie est sacrée, paraît-il…




                       EXPERTISES PSYCHIATRIQUES ET ENQUÊTE DE PERSONNALITE

En la matière, j’ai été gâté, si je puis m’exprimer ainsi... En effet, il y eut successivement :

1°)
JEAN MICHEL MASSON ‘’expert psychiatre’’.

2°)
DANIEL HUBERT ‘’enquêteur de personnalité’’ de l’association RAJAVI.

3°)
ROLAND COUTANCEAU et ARNAUD MARTORELL ‘’experts psychiatres’’.

Le docteur ROLAND COUTANCEAU cumule les fonctions suivantes :
- Psychiatre des hôpitaux.
- Consultant au centre national d’orientation de la prison de FRESNES.
- Chargé de cours en psychiatrie légale.
- Expert près cour d’appel de VERSAILLES.

Le docteur ARNAUD MARTORELL cumule les fonctions suivantes :
- Psychiatre des hôpitaux.
- Consultant au centre national d’orientation de la prison de FRESNES.
- Chargé de cours en psychiatrie légale.
- Expert près de la cour d’appel d’AMIENS.

Ces deux derniers travaillant ensemble ont pour lieu de résidence : C.M.P. 22 rue de CHATEAUDUN 92 250
LA GARENNE COLOMBES FRANCE. ( l’un est châtain / blond, tandis que l’autre est brun ).

Le premier à avoir pointé son nez au CAMP-EST fut JEAN-MICHEL MASSON et l’entretien eut encore lieu dans le
bureau vide du chef de service pénitentiaire PASCAL WAKAPO.
Ah ! S’il pouvait parler tout seul ce bureau... Que de mensonges, de basses manœuvres et de saloperies seraient
dévoilées, surtout celles du gendarme MARC REVAULT parmi tant d’autres...

C’est au cours de la conversation que cet ‘’expert-psychiatre’’ me déclara :
« Mais quand même, monsieur DIJOU, vous ne trouvez pas que ça fait un peu ‘’O.S.S. 117‘’ votre histoire...
Tous ces coffres-forts que vous aviez en FRANCE, en THAÏLANDE et en AUSTRALIE... ».
Coffres-forts vides il faut le préciser, au grand dam des gendarmes chargés de l’enquête... Enfin presque...
Ceux de la B.N.P. et de la caisse d’épargne de GIVORS en FRANCE n’étaient plus loués au moment de notre
arrestation.
Ils avaient néanmoins abrité successivement un lot comprenant :
- 1534 cartes nationales d’identité vierges.
- 150 passeports vierges également.
Ce matériel provenait du vol du bureau des passeports de NOUMEA lequel avait été effectué les 06 / 07 octobre
1991 pour l’identification complète des stagiaires kanaks s’étant rendus en LIBYE, en formation au terrorisme.
C’est à ce titre que toutes les archives des passeports couvrant la période 1981 / 1991 furent systématiquement
emportées et stockées dans le container de la zone industrielle de DUCOS ( SOLAR EDWARDS ), après un bref
transit dans le garage de OUEMO.

                                                                                                           111
Ceci, en attendant une exploitation ultérieure sur ordinateur, entre autre.

En plus de ces archives, il y avait un butin considérable auquel je ne m’attendais pas du tout, le coffre-fort
contenant les passeports étant bien fermé à clef mais sans brouillage de la combinaison.
C’est ainsi que le matériel suivant fut raflé :
- 250 passeports vierges.
- 1634 cartes d’identité vierges.
- Plusieurs centaines de passeports usagés ( entre 500 et 700 ).
- Tous les appareils et tampons nécessaires à la confection de ces documents ainsi que divers registres et
  timbres fiscaux.

L’argent étant le nerf de la guerre, c’est devant l’ampleur de cette prise que j’avais tenté un peu plus tard de vendre
une grande partie de ce matériel en FRANCE, en nous réservant pour usage ultérieur :
- 100 passeports vierges.
- 100 cartes nationales d’identité vierges.
Le reliquat de documents administratifs à savoir 150 passeports vierges et 1534 cartes d’identité vierges également
furent soigneusement dissimulés dans une minichaîne hi-fi.
Après accord avec HARRY DIJOUX, entrepreneur en bâtiment à NOUMEA, cet appareil fut expédié par mes soins
en voie postale aérienne à CATHY SERVEAUX, en FRANCE.
CATHY SERVEAUX est la sœur de HARRY DIJOUX et de GELLY DIJOUX, ce dernier vivant en FRANCE
également.
Je précise que CATHY SERVEAUX était au courant qu’elle allait recevoir un colis postal de NOUMEA, en ignorant
totalement ce qu’il y avait à l’intérieur.
Une fois l’expédition et la réception effectuées, ce matériel fut placé par mes soins aux endroits sus-cités à
GIVORS, pour finalement être confié à la garde de GELLY DIJOUX résidant justement dans cette ville.
Sur ma demande, GELLY DIJOUX se chargea à l’occasion de prospecter très discrètement le ‘’marché’’, en ayant
pour consigne de me faire prévenir si l’affaire était intéressante mais en fait, c’était plutôt un recel que devait
accomplir celui-ci.
A ma connaissance, seuls un passeport et une carte d’identité vierges ont été vendus comme échantillons, par une
autre personne que GELLY DIJOUX.

MARTINE VARACHE, ‘’juge d’instruction’’ chargée de ce dossier me raconta des salades quant au nombre total de
documents administratifs trouvés en la possession de GELLY DIJOUX, dont une partie aurait été brûlée sur
instruction téléphonique d’HARRY DIJOUX.
Cette destruction eut lieu juste après mon arrestation bien médiatisée en NOUVELLE-CALEDONIE.
Les salades du juge d’instruction MARTINE VARACHE étaient vraiment le cadet de mes soucis, puisque tout cela
avait été monté pour lutter efficacement contre les stagiaires kanaks en LIBYE.
Stagiaires kanaks envoyés en formation au terrorisme grâce à la troisième section de manipulation du bureau
d’études et de liaison ou à toute autre saloperie du même genre, saloperie française où travaillait FRANCK
WAHUZUE.
Le « retour à l’expéditeur » lancé au visage de MARTINE VARACHE au tout début de l’instruction prenait ainsi toute
sa dimension !
Ce n’est pas pour rien que les jugements de CATHY SERVEAUX et HARRY DIJOUX d’une part, et JEAN-MARIE
LEBRETON d’autre part ont été volontairement dissociés de notre procès d’assises les 24 / 25 / 26 avril 1996.
En agissant ainsi, la politico-justice française classait à sa façon la filière d’envois de stagiaires kanaks en formation
au terrorisme en LIBYE !

Pour revenir aux coffres-forts, celui qui était loué en plein centre de BANKOK THAÏLANDE abritait un document
vraiment exceptionnel pour les gendarmes français…
C’était un facturier vierge !
En ce qui concerne le coffre fort de SYDNEY AUSTRALIE, celui-ci contenait également une prise de choix…
Une statue évidée de BOUDDHA, comme devait le préciser avec plaisir le procureur général BERNARD DE
GOUTTES lors du ‘’procès d’assises’’, évidée et vide car cette statue faisait partie d’un lot ayant subi le contrôle
douanier en bonne et due forme à SYDNEY.

BOUDDHA et JESUS ont dit la même chose, à une variante près :
« Tu récoltes ce que tu sèmes ».
J’ai mordu à l’hameçon des mensonges politiques français et locaux, et je me suis sali pour cela,
j’ai sali le nom de mon père,
j’ai entraîné d’autres personnes à en faire de même,
j’ai récolté cinq années de prison.
A chacun sa récolte maintenant !

C’est étrange comme il faut toujours que l’inculpé soit le menteur et non le magistrat, le gendarme ou l’expert, dans
la conscience collective...
Peut-être est-ce là une façon de se rassurer soi-même sur sa propre valeur, une façon de s’identifier aux symboles
( menteurs comme ceux incarnant la justice par exemple… ).

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Quoi qu’il en soit, ‘’l’expert’’ psychiatre JEAN-MICHEL MASSON déclara l’énormité suivante devant les jurés :
« GUY DIJOU m’a confié avoir pleuré pour la mort d’ELOI MACHORO… ».
Énorme mensonge que je récusais de toutes mes forces en disant :
« Je n’ai pas pleuré, j’ai prié pour ce guerrier ; il ne faut pas confondre car je suis croyant ! ».
Cet expert avait ensuite déclaré :
« J’ai dû me tromper, c’est possible que j’ai mal entendu... ».
Un ‘’expert’’ qui se trompe devant une cour d’assises, c’est grave, très grave même...
Une ‘’erreur’’ d’une telle personne et hop ! 20 ans de réclusion criminelle pour celui-là...
Celui-là peut être un anonyme ou DOMINIQUE BAUDON, MATRICULE 859833 B 2° N / 423 94261 FRESNES
CEDEX FRANCE, par exemple...
Au cours d’une correspondance avec ce détenu de la prison de FRESNES, celui-ci m’avait confié qu’il recherchait
toutes les informations possibles sur ‘’l’expert-psychiatre’’ JEAN-MICHEL MASSON.
Le motif était qu’il avait salopé tout son dossier d’expertise, selon lui.
Je ne peux objectivement pas en dire autant à mon sujet, si ce n’est l’anecdote suivante qui m’a été rapportée
directement par le gardien kanak ISAAC MEANDU-POVEU, il y a quelques mois.
C’était peu de temps avant notre procès d’assises ; ce gardien se trouvait à l’entrée du bâtiment des parloirs et
‘’l’expert-psychiatre’’ JEAN-MICHEL MASSON se tenait à coté de lui en attendant un ‘’client’’...
En me voyant passer dans la cour lors d’un mouvement de détenus, celui-ci demanda tout à coup au gardien
ISAAC MEANDU-POVEU :
« Qu’est-ce qu’il donne lui là-bas, le grand ? », en me désignant.
Réponse du gardien : « C’est ‘’quelqu’un’’…».
JEAN-MICHEL MASSON :
« Il a voulu jouer dans la cour des grands, mais on va bien voir là-haut, au tribunal... ».
Si ‘’la cour des grands’’ est ce merdier infâme, c’est vraiment qu’il y a une inversion des valeurs dans notre monde,
n’est-ce pas ?

D’autre part JEAN-MICHEL MASSON, je comprends beaucoup mieux après cette anecdote la raison de votre
regard plus que fuyant au tribunal, surtout à la suite de votre mensonge concernant mes paroles au sujet de la mort
d’ELOI MACHORO.
Vous aviez pourtant le beau rôle ‘’là-haut’’, devant cette cour d’assises ; vous étiez ‘’expert’’ en quoi au juste :
Psychiatrie ou mensonges ?
Je ne m’étais pas trompé du tout lorsque j’avais déclaré au juge d’Instruction MARTINE VARACHE :
« Votre expertise psychiatrique, vous pouvez la mettre aux chiottes et tirer la chasse par-dessus ! ».
C’était celle de JEAN-MICHEL MASSON au début de l’instruction ; je découvrais de plus en plus l’ampleur des
saloperies françaises en NOUVELLE-CALEDONIE, avec JOSEPH WANANIJE...

Le deuxième à pointer son nez au CAMP-EST fut ‘’l’enquêteur de personnalité’’ DANIEL HUBERT...
HUBERT comme le nom du fameux ‘’COMMANDO HUBERT’’, lequel s’est illustré dans l’assaut de la grotte de
GOSSANAH OUVEA le 05 mai 1988.
En guise d’introduction à la conversation, je lui demandais s’il appartenait à la D.G.S.E., avec un nom pareil...
« GOSSANAH COMMANDO HUBERT DANIEL HUBERT D.G.S.E… ».
En psychologie, cela s’appelle une ‘’association’’ ( de malfaiteurs... ).

Je l’ai observé avec une loupe, ses yeux de requin surtout, tout en étant moi-même très ému par toutes ces morts
cachées, ému par toute cette merde politique et judiciaire, ému par ma foi...
Après lui avoir dit quelques conneries de mon cru, je lui lâchai la phrase suivante :
« La vérité finit toujours par sortir un jour... ».

Il me répondit du tac au tac avec une esquisse de sourire, car un requin ça ne sourit pas :
« Une vérité que personne ne veut entendre n’est pas une vérité ! ».
Pas mal pour un ‘’enquêteur’’ non ?
Cela n’empêche pourtant pas son existence DANIEL HUBERT, vous pouvez en être sûr et certain !
Un dernier détail :
Le triste sire DANIEL HUBERT ‘’travaille’’ pour l’association RAJAVI, laquelle est placée sous le contrôle direct de
la CHANCELLERIE…
‘’RAJAVI LE BON AUXILIAIRE DE JUSTICE’’ selon THIERRY CADOR, une lumière journalistique douteuse des
NOUVELLES CALEDONIENNES…
RAJAVI, un nom à ne pas oublier vu la ‘’qualité’’ de ses membres…

La troisième vague d’experts psychiatriques vaut le coup d’être racontée, pour sûr !
« DIJOU / UICHI préparez-vous ! .Expertise psychiatrique ! ».
En effet, JACKY UICHI ayant été placé au bloc C d’isolement non loin de moi, nous subîmes cette ‘’expertise’’ le
même jour dans le bâtiment des parloirs, et quelle ‘’expertise’’…

Là, les deux ‘’acolytes-experts-psychiatres’’ ROLAND COUTANCEAU et ARNAUD MARTORELL nous attendaient,
un peu comme les R.G. ou les flics, toujours par paire...

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Ils formaient vraiment un beau couple tous les deux...

L’un châtain clair / blond, et l’autre brun sans pouvoir définir avec exactitude qui est le blond ou le brun.
Ils avaient du reste des méthodes de flics, changeant vivement de ‘’client’’ et donc de bureau car nous n’étions pas
ensemble JACKY UICHI et moi.
Heureusement, car avec ces deux là en même temps, cela aurait tourné à la ‘’partouze psychologique’’...
Cela m’amusait de voir ces deux cons jouer aux flics du cerveau, se relayant subitement sans crier gare et prenant
leur rôle de pantin vachement au sérieux.
A un moment, je n’ai pas pu m’empêcher de dire au blond :
« Vous avez des méthodes de flics ! ».
Il faut dire que c’était mal barré avec celui-ci, car il avait déclaré au début de l’entretien :
« Votre père ‘’fondateur’’ monsieur DIJOU... ».
Bloqué en plein vol par :
« Laissez mon père en dehors de ça, il est mort ! ».
En fait, il y avait un petit mot de trop dans sa phrase... Mon père est mon père, point final !
Et je le respecte en tant que tel !
Alors quand un ‘’bougnoule’’ vient le mettre dans ce merdier politico-financier-judiciaire, je vois rouge, très rouge
même !

Une autre alerte rouge s’était déclenchée dans ma tête et mes poings lorsqu’il fit des allusions sur l’autorité de mon
père au sein du couple.
Toutes les décisions étaient prises à deux, et alors ?
Et toujours cette petite voix de la conscience :
« Laisse, ne frappe pas même si tu en as envie… laisse faire les choses car tout se paye un jour ou l’autre... ».
Pauvre con ! Que pouvait-il savoir de mon père ?

C’est toujours le blond, à qui je parlais des saloperies découvertes ici, qui m’avait dit :
« Heu... Justement... Vous ne pourriez pas faire en sorte que ça ne sente pas trop mauvais ‘’là-haut’’, lors du
procès ? ». Gonflé ‘’l’expert’’, n’est-ce pas ?
C’est alors que je lui répondis :
« Connaissez-vous ce proverbe de LIFOU ?
‘’Il ne faut pas toucher son derrière avec son doigt, et le mettre sous son nez ensuite ! ’’ ».
Le doigt de dieu, en quelque sorte...
C’était fini avec le blond qui prenait des notes en tirant une grosse langue de veau sur le coté, comme les gosses
s’appliquant pour écrire à l’école.
Il n’avait certainement pas fini sa croissance...

Entre temps et au cours de leur ‘’grand écart psychologique’’, le brun m’avait demandé ‘’en douce’’ :
«Vous vous intéressez aux symboles, à l’ésotérisme...
Les ‘’frères de lumière’’…
Vous ne voulez pas ‘’travailler avec des gants blancs’’ ? ».
Réponse de ma part :
« Cela ne sert à rien d’avoir des gants blancs avec des mains sales à l’intérieur ! ».
Et comprenne qui pourra...
Lui aussi fut bloqué en plein vol c’est le cas de le dire, et à la suite d’un test complètement nul il me fut attribué un
quotient intellectuel ( Q.I. ) de 122 paraît-il.
Ben voyons... Quelle fumisterie !

En fait, ce ne sont pas les ‘’pseudo-expertises psychiatriques’’ qui me dégoûtent au plus haut point, mais bien les
manières de ces deux marionnettes venues me demander de couvrir de mon silence les magouilles françaises en
NOUVELLE-CALEDONIE, lors du procès d’assises.

De retour dans nos cellules respectives, JACKY UICHI me dit les choses suivantes :
« L’un des deux m’a parlé des ‘’frères de lumière’’ et m’a même demandé si nous étions francs-maçons...
Je lui ai répondu que si nous étions francs-maçons, nous ne serions pas là en prison...
Eh GUY ! qu’est-ce que c’est, les ‘’frères de lumière’’, je n’ai rien compris à tout ça moi ».
‘’L’amnésique’’ ne risquait pas de comprendre, mais lui ayant expliqué que les termes ‘’franc-maçon’’ et ‘’frère de
lumière’’ étaient des synonymes d’après ce que j’avais pu lire à ce sujet, celui-ci rajouta :
« Tu sais, j’ai un pressentiment... Ils vont nous séparer. ».
En effet, je fus convoqué par le directeur YVES DUPAS et muté au bloc A.
Le motif officiel était des travaux à effectuer dans le bloc C d’isolement, travaux imaginaires et motifs bidons
comme d’habitude ; un mensonge de plus pour se justifier...

Il est des lumières qui ne sont vraiment que des mirages et pas seulement aux NOUVELLES CALEDONIENNES…




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                                            LES VISITEURS DE PRISON

Au CAMP-EST, vous êtes dans votre cellule bien au frais ou au chaud selon la saison quand un gardien vient vous
annoncer : « DIJOU, visiteur de prison ! ».
Vous êtes libre d’y aller ou non ; je ne refusais pas ces entretiens qui rompaient parfois la monotonie de l’isolement,
et c’était l’occasion d’une petite balade en dehors de mes ‘’quatre murs-chagrin’’.
Il y eut successivement trois visiteuses de prison :

1°)EVELYNE         LEQUES ( épouse du maire de la ville de NOUMEA )
2°)AIMEE           GOLSHEN
3°)MADELEINE       BLOYER

La première m’avait surpris un jour avec une phrase dans le genre :
« Vous avez vu comment ils sont sales, la morve au nez et débraillés... Et ces espèces de nattes ( dread locks )...
».
Elle parlait des détenus kanaks, ce qui m’avait vraiment étonné dans la bouche d’une visiteuse de prison...
Quand on n’aime pas certaines catégories de personnes, on ne vient pas les voir en prison !
Je n’avais rien dit, j’écoutais...

La deuxième me fit un jour le coup des deux magouilleurs ‘’d’experts psychiatres’’ avec un sourire ‘’Ultrabrite’’ en
prime :
« Bonjour monsieur DIJOU, je vous présente monsieur ‘’DUCHEMOLLE’’ », et hop ! Plus personne sinon
‘’DUCHEMOLLE’’ et moi...
C’était un petit bonhomme bizarre qui me fit un cours sur la pourriture du monde et sur le pardon, comme par
hasard... ‘’Pardon-lavage de cerveau à la sauce chrétienne’’ bien sûr...
Etant en désaccord complet avec lui sur le rôle du prêtre dans la confession et le pardon accompagnant celle-ci,
j’avais fini par lui dire :
« Est-ce que je peux penser par moi-même oui ? ».
Son insistance était vraiment trop lourde à supporter, et j’étais devenu extrêmement prudent vu la tournure de
l’instruction bidon de notre affaire...

La troisième personne, MADELEINE BLOYER, me déclara lors de mon dernier entretien avec ces gens-là :
« Vous avez le bonjour d’HARRY DIJOUX... Il travaille beaucoup et patati et patata ».
( HARRY DIJOUX était inculpé dans l’affaire des passeports ).
« Vous savez qu’un nouveau journal est sorti à NOUMEA ; il se nomme LE QUOTIDIEN et appartient à monsieur
DIDIER LEROUX.
Alors il paraît que pendant les événements, les militaires auraient donné des armes et des munitions...».
Là, la ficelle était vraiment trop grosse, et je lui répondis aussitôt :
« Non, madame ! Pas seulement pendant mais aussi après les événements de 1984, et cela n’est pas couvert par
la loi d’amnistie de ce fait ! ».
Marche arrière toute, les ‘’visiteurs de prison’’ c’était fini pour moi !

Un jour, un gardien m’appela : « DIJOU, visiteur de prison ! ».
Réponse :
« Non chef ! Je ne veux plus voir un de ces e…… de magouilleurs ! ».
J’utilise ce mot ‘’magouilleur’’ car c’est exactement le terme employé par un autre détenu kanak, au début de mon
incarcération ; celui-ci m’avertissait de prendre garde aux visiteurs de prison et au service social en particulier.

C’est ainsi que dernièrement, un détenu a surpris une conversation entre un chef du CAMP-EST et une visiteuse
de prison...
« Oui, il faut faire parler ce détenu, cela lui fera du bien... ».
C’est sûr que de pouvoir parler à quelqu’un est parfois bien salutaire, mais si c’est pour moucharder auprès de la
direction du CAMP-EST ou ailleurs ensuite...
De plus, il est vraiment étrange que l’on veuille faire parler certains détenus, et en faire taire d’autres...
Cela me rappelle la petite phrase du directeur YVES DUPAS :
« Nous avons les moyens de vous faire taire, monsieur DIJOU… ».

Selon BENOIT SAURAY avec qui je travaillais à la mairie de NOUMEA à l’époque des événements, DIDIER
LEROUX aurait une famille très importante en FRANCE.

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En plus des fonds qu’elle accorderait très généreusement au R.P.R. de JACQUES CHIRAC, celle-ci serait la
principale actionnaire d’un très gros laboratoire français de fabrication pharmaceutique ( ROUSSEL-UCLAF ).
J’avoue que ces renseignements sont anciens mais néanmoins, cela expliquerait la position de DIDIER LEROUX à
la tête de l’O.C.D.P., la plus importante société privée de distribution de produits pharmaceutiques en NOUVELLE-
CALEDONIE...
Encore une ‘’histoire de famille’’ en quelque sorte...
L’une fabrique des médicaments, et l’autre participe à la vente de ces produits mais il n’y a rien d’illégal dans cette
pratique, précisons-le.
Cette société a son siège social dans le complexe EDOUARD PENTECOST PK5 NOUMEA.
C’est d’ailleurs le fils de feu EDOUARD PENTECOST, PHILIPPE PENTECOST qui a racheté le journal de DIDIER
LEROUX, au mois d’août 1996 il me semble ; ce journal avait été lancé par ce dernier au mois de décembre 1995.

Il y a pourtant un fait qui est passé pratiquement inaperçu à NOUMEA, c’est la disparition pure et simple de la
PHARMAPRO dans les années 1989 / 1990, période où les médecins militaires en poste en NOUVELLE-
CALEDONIE ont été tous remplacés par des médecins civils.
C’était sans nul doute une des clauses des fameux accords de MATIGNON...
Il convient de préciser que la PHARMAPRO était un vrai office administratif territorial d’approvisionnement en
produits pharmaceutiques.
Celui-ci desservait les hôpitaux et dispensaires territoriaux en produits et matériels de base nécessaires à la bonne
marche de ces organismes de santé publique.
Installé dans les locaux de l’ancienne prison civile du BOULEVARD EXTERIEUR, en contrebas du tribunal de
NOUMEA, cet office fonctionnait sans aucune marge bénéficiaire.
Les prix de vente des produits couvraient uniquement les frais de cet office : Salaires du personnel, achats des
marchandises, frais de gestion etc.
De ce fait, le coût de ces produits étaient beaucoup plus bas que dans le secteur privé et l’on peut dire à présent
que la disparition de la PHARMAPRO a été la bienvenue pour certains...
DIDIER LEROUX s’était retiré des listes du R.P.C.R. le 10 avril 1988 avant la suppression de cet office
administratif, car il faut être objectif n’est-ce pas ?
Il avait exercé un mandat électif sous cette étiquette politique et l’on peut dire sans se tromper lourdement que les
dissensions publiques LEROUX / LAFLEUR ne sont que les transpositions locales des dissensions LAFLEUR /
CHIRAC.
Encore une ‘’histoire de famille’’ en quelque sorte…

Je précise que BENOIT SAURAY me donnait de nombreux renseignements de ce genre, car il avait confiance en
moi.
Lorsqu’il avait besoin de quelqu’un pour l’aider sur son ancienne propriété de OUACO, j’étais toujours là, surtout
dans les moments difficiles où beaucoup se ‘’débinaient’’.

Nous avions eu du reste notre ‘’baptême du feu’’ en même temps à TEMALA, sur le barrage mis en place à la suite
du boycott actif des élections prôné par le F.L.N.K.S. le 18 novembre 1984.
Nous étions assez nombreux à être venus par avion de NOUMEA, afin de renforcer les populations calédoniennes
locales.
C’est ainsi que j’avais été accueilli chez FRANCE DEBIEN dit ‘’POUPOUNE’’, celui-là même qui affirmait ne pas
me connaître devant la cour d’assises de NOUMEA les 24 / 25 / 6 avril 1996, tout comme HENRI MORINI du
reste…
Fameux témoins de ‘’moralité’’ que ces deux là, en vérité !
Le soir de notre arrivée sur les lieux, LUCIEN DEVAMBEZ et deux autres militants kanaks du F.L.N.K.S. nous
tiraient dessus.
Ils étaient dans la montagne surplombant le barrage routier, et après une salve importante de tirs nocturnes de
notre part principalement, nous avons procédé à l’enlèvement de tous les barrages du F.L.N.K.S. dans la région le
lendemain matin.
Les tireurs du F.L.N.K.S. avaient même été remis par les autorités coutumières de la tribu aux forces de
gendarmerie apparues comme par ‘’miracle’’ après la ‘’guéguerre’’ de la veille… Une attitude courante à cette
époque !
Il faut bien avouer que ces autorités coutumières subissaient la pression ‘’loyaliste’’ armée, ‘’loyalistes’’ qui barraient
à leur tour les accès de cette tribu en plus de l’encerclement de celle-ci.

Je précise que cette action dont nulle trace ne figure dans le MEMORIAL CALEDONIEN co-rédigé par PIERRE
MARESCA, avait été décidée par JACQUES LAFLEUR lui-même.
En effet, son exploitation minière de nickel située non loin était un point stratégique pour lui.
Il avait les moyens de louer entièrement les avions d’AIRCAL, alors pourquoi ne pas en profiter pour un but
beaucoup plus noble, qui était pour moi la protection de notre communauté par tous les moyens !

C’est juste après le drame de TIENDANITE le 05 décembre 1984, que JEAN-MARIE TJIBAOU prit la très sage
décision de faire lever tous les barrages routiers mis en place par le F.L.N.K.S. en NOUVELLE-CALEDONIE et aux
ILES LOYAUTES.


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Il avait pourtant perdu dans cette fusillade deux de ses frères, TARCISSE et LOUIS dit ‘’LOULOU’’ en plus de huit
autres militants.
Malgré cela, la pression persistait car du sang avait coulé de part et d’autre, le bilan étant beaucoup plus lourd du
coté indépendantiste, trop lourd pour ce petit pays !
Le 16 décembre 1984, un incendie criminel ravageait le magasin COURTOT à BOURAIL, causant la mort et des
blessures atroces aux personnes qui tentaient de récupérer du matériel dans les locaux.

Bilan :                          trois morts :

                                 ALIETTEROUBY-ROUSSEAU
                                 ALDO GOYETCHE
                                 PHILIPPECOMTE ( Gendarme )

                                 Trois blessés graves :

                                 GRATIENPAGES
                                 MARIO GOYETCHE
                                 EMMANUELTAESCH ( Gendarme mobile )

Bien sûr, le F.L.N.K.S. fut tout de suite incriminé et des barrages routiers ‘’loyalistes’’ s’érigèrent à l’entrée et à la
sortie de BOURAIL.
Ces barrages furent enfoncés par les forces de l’ordre le 26 décembre 1984, sur demande expresse de JACQUES
LAFLEUR et non du maire de BOURAIL JEAN-PIERRE AÏFA.
Motif : Les cuves de mazout nécessaires à l’exploitation de sa mine de OUACO étaient pratiquement vides.
Il faut rendre à CESAR ce qui appartient à CESAR, et JACKY UICHI avait été le témoin accidentel de la
conversation téléphonique durant laquelle JACQUES LAFLEUR ordonnait l’enlèvement par la force de ces
barrages qui gênaient beaucoup ses affaires, en plus de la libre circulation bien sûr…

De même, l’incendie tragique du magasin COURTOT n’était absolument pas le fait du F.L.N.K.S., mais bien dû à
certains loyalistes de BOURAIL.
Ces derniers n’appréciaient pas du tout que le couple ROUSSEAU gérant ce magasin, vende du ravitaillement aux
kanaks pendant cette période pré-insurectionnelle, paraît-il...
Ils n’avaient certes pas prévu la tournure dramatique de cette action où leurs propres amis allaient perdre la vie.
J’ai appris des années plus tard le nom de famille d’un des auteurs de cet acte aux conséquences tragiques et
incontrôlées, mais il lui reviendra d’en parler lui-même.

Quant à LUCIEN DEVAMBEZ qui m’avait tiré dessus à TEMALA, c’était un ‘’copain’’ du lycée LAPEROUSE à
NOUMEA.
En effet, nous étions assis exactement sur le même banc en 6ème M 5.
Il est mort le 03 décembre 1996 à 18 h 05 mn dans l’attentat de la ligne B du R.E.R. station PORT-ROYAL à
PARIS.
Étrange destin que celui de cet homme mort à 22 000 km de sa terre natale, lui qui avait été happé par la pourriture
politique et les mensonges des événements de NOUVELLE-CALEDONIE.
Qu’il repose en paix maintenant, loin de ce merdier !

Après l’épisode moins tragique de TEMALA où il n’y eut ‘’seulement’’ que des dégâts matériels, il y eut celui de
POYA, beaucoup moins glorieux à tout point de vue...
En effet, c’est sur la propriété de CLAUDE METZDORF sise CREEK AMIK MOINDAH POYA que je retrouvais
BENOIT SAURAY.
D’après les renseignements qui nous avaient été donnés, HENRI MORINI était dans la région et avait besoin de
renforts.
C’est ainsi que des militants ‘’loyalistes’’ de NOUMEA et de LA FOA décidèrent de renforcer par leur présence les
habitants de cette région.
Avant de me joindre à ces troupes, j’avais aidé au chargement en vivres et en carburants d’un camion destiné à
cette zone.
Nous déchargeâmes tous ensemble ces marchandises dans un dock situé à coté de l’habitation de CLAUDE
METZDORF, au crépuscule.
Grâce à BENOIT SAURAY qui connaissait bien ce dernier, je pus quand même dîner mais les militants de LA FOA
n’eurent pas cette chance, bien qu’ils aient grandement contribué au déchargement en question.

De plus, ils étaient venus tout à fait bénévolement contrairement à certaines personnes qui étaient payées pour
assurer la sécurité de quelques propriétés privées ; bien sûr les sommes versées à ces chômeurs d’origine
walisienne principalement n’étaient pas élevées, entre 20 et 30 000 CFP par mois...
Quand elles n’étaient pas détournées !
Mais pour certains, c’était tout de même mieux que rien en cette période plus que ‘’trouble’’.
Je m’inquiétai donc de cette situation auprès du propriétaire des lieux qui me répondit alors :
« Ben...regarde ce qu’il reste sur la table... Il n’y a pas assez à manger pour tout le monde... ».

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Je précise encore une fois que des cartons remplis de vivres divers avaient été entreposés à cet endroit.
Voyant cela, je dis à BENOIT SAURAY en aparté :
« BENOIT, je vais descendre à NOUMEA avec les gars de LA FOA. ».
En effet, ces derniers avaient pris cette décision entre eux, vu l’accueil qui leur avait été réservé en ces lieux...
BENOIT SAURAY déclara alors :
« C’est dommage car dans la nuit ou demain matin, il risque d’y avoir du grabuge dans la région et il faudra des
gens sûrs... ».
C’est ce qui me décida à rester au moins jusqu’au lendemain matin, tandis que les hommes de LA FOA rentrèrent
chez eux.
Après être venus de bon gré, ils repartirent déçus, sans même avoir eu droit à un simple casse-croûte et encore
moins à un plein d’essence pour le chemin du retour...
Pourtant, des fûts de 200 litres d’essence et de mazout étaient là, tout près dans le dock...
J’étais moi-même dégoûté, et ayant effectué une garde nocturne à l’extérieur de la maison de CLAUDE
METZDORF, je pris également le chemin du retour vers NOUMEA en compagnie de BENOIT SAURAY.
La veille j’avais eu droit à un vrai spectacle genre RAMBO local avec toute sa petite panoplie : Treillis, chapeau,
rangers, fusil, revolver, poignard etc. pour protéger sa propriété...

C’est d’une bonne table de l’hôtel BANU à LA FOA que BENOIT SAURAY et moi vîmes passer de nombreux
camions militaires bourrés de gendarmes mobiles, avec tout leur attirail également. ; ils se dirigeaient justement
vers POYA.
En fin d’après-midi, les ‘’forces de l’ordre’’ avaient été vraiment efficaces car environ une dizaine d’habitations de
‘’loyalistes’’ étaient parties en fumée ‘’grâce’’ au F.L.N.K.S.
Dans la soirée, la télévision locale d’état présenta un reportage sur les événements survenus dans cette région :
Gros plans sur ‘’l’efficacité’’ des gendarmes mobiles, fumées des gaz lacrymogènes, bruitage etc. et surtout un
calédonien aux cheveux blonds qui pleurait et hurlait à l’écran :
« Donnez-moi un fusil, mais donnez-moi un fusil ! ».
C’était trop tard, et plus jamais je ne revins dans cette région.

Douze années plus tard, au cours d’une conversation avec l’un des hommes de LA FOA s’étant rendu sur la
propriété METZDORF à l’époque, je lui avais demandé :
«Te souviens-tu encore de l’accueil que vous avez eu là bas ? ».
Réponse de celui-ci :
« Et comment ! Comme des cheveux dans la soupe, rien à bouffer etc.
Mais au passage on est reparti avec quelques cartons qu’on avait déchargés... C’est normal non ?
Et toutes les maisons qui sont parties en fumées ensuite ! ».

Ces phrases ont été prononcées par THIERRY COLEUX aujourd’hui gardien dans le pénitencier du CAMP-EST,
celui-là même qui me maintenait au sol le 25 juin 1998 à 08 h, lors de ma libération forcée et pour le moins
musclée…
Il convient tout d’abord de préciser que quelques mois auparavant, j’avais déchiré les feuillets de remise de peine
me concernant, lorsque le greffier était venu dans ma cellule pour me les faire signer.
Une lettre recommandée en ce sens avait également été expédiée au président de la république le 22 mai 1996.
( voir chapitre « PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE » ).
C’est toujours dans cette ligne de conduite que je refusai de signer le document de levée d’écrou ainsi que la prise
d’empreintes digitales du pouce gauche, le 25 juin 1998.
Je m’étais alors débattu lorsque les gardiens JOHN ROBSON et ERIC BOGEY parmi tant d’autres tentaient par la
force de me faire remplir ces formalités.
Agrippé de toutes parts et plaqué au sol, je me souviens très bien avoir vu le gardien THIERRY COLEUX ( qui
n’avait pas encore revêtu l’uniforme réglementaire de gardien ) placer son genou et ses deux mains sur mon bras
droit, tandis que le gardien ERIC BOGEY s’en donnait à cœur joie pour ouvrir mon poing fermé et prendre ces
fameuses empreintes digitales.
A ce moment précis, j’avais encore trouvé la force de dire :
« Alors toi aussi THIERRY, merci pour ce que tu fais, merci ! ».
Et dans ma tête, une petite phrase :
« Ils vont tous payer cela un jour ».
Cette formalité expédiée par la force du nombre, je m’étais relevé en disant :
« Vous pouvez être très fiers de ce que vous venez de faire aujourd’hui, 15 gardiens pour ça ! ».

Oui, encore merci à vous aussi LAURENT RIDEL GERARD LAVIGNE                    EDMOND QUENNEVILLE            MICHEL
COLLANGE GEORGES OVIDE et autres courageux !

Une question reste en suspend pourtant :
« Lequel d’entre vous a subtilisé tous les récépissés de mes principales lettres recommandées figurant dans le
présent ouvrage ? ».
Ce n’est certes pas de cette façon que les fautes des uns et des autres seront ‘’effacées’’, n’est-ce pas ?
Ce long détour pour préciser que je revis CLAUDE METZDORF et son épouse des années plus tard au SURF
HOTEL, à l’occasion du mariage de BENOIT SAURAY.

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JACQUES LAFLEUR figurait parmi les invités et celui-ci était en grande conversation avec le couple METZDORF.
M’étant approché de ce petit groupe, j’avais compris qu’il était question d’un prochain meeting du R.P.C.R. à POYA.
JACQUES LAFLEUR avait déclaré à un moment :
« Il faudra qu’il y ait beaucoup de monde, et on va prévoir un grand buffet froid... ».
Réponse des époux METZDORF :
« Ne t’inquiètes pas JACQUES, il y en aura beaucoup. ».
La conversation s’étant arrêtée un peu plus tard, je m’étais retrouvé seul quelques secondes avec JACQUES
LAFLEUR et je n’avais pas pu m’empêcher de lui dire :
« Vous savez bien prendre les calédoniens, monsieur LAFLEUR… », tout en me frottant le ventre.
Réponse de JACQUES LAFLEUR :
« Oh ! mais ils savent bien prendre eux aussi… », tout en frottant la poche droite de son pantalon, là où il y a le
portefeuille.
Comme il avait malheureusement raison ! ( et moi aussi du reste... ).

C’était la seule et unique fois où j’avais adressé la parole à cet homme qui, rappelons-le avait interdit tout
acheminement d’armes à POYA juste avant les incendies de toutes ces maisons.
Ces armes avaient été déposées au domicile de son frère JEAN LAFLEUR au VAL PLAISANCE, au cours d’une
réunion avec les renforts tant attendus par un HENRI MORINI complètement coincé à POYA.
C’est dans un COMBI VOLKSWAGEN blanc appartenant à la mairie de NOUMEA que celles-ci furent acheminées
du VAL PLAISANCE à l’aérodrome de MAGENTA.
Un hélicoptère devait ensuite les transporter chez CLAUDE METZDORF à POYA, et dans un même temps les
renforts s’en allaient par la route sans arme, ceci afin d’éviter tout problème avec les ‘’forces de l’ordre’’.
C’est en revenant d’une tournée d’inspection avec ce même hélicoptère que JACQUES LAFLEUR déclara :
« Tout est calme et ces armes ne sont pas justifiées. Je ne suis pas d’accord pour les envoyer à POYA ! ».

On connaît la suite, mais peut-être que le sang aurait coulé pour rien sinon pour abreuver un peu plus les
saloperies de l’état français en cette période plus que trouble…




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