LA CHINE TRADITIONNELLE
CENTRE DE RESSOURCES DOCUMENTAIRES
LA CHINE ANCESTRALE 03
ECRITURE ET TAOISME 09
ASTROLOGIE CHINOISE 30
MEDECINE TRADITIONNELLE 41
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LA CHINE ANCESTRALE
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L'EMPIRE DU MILIEU ET SES TRADITIONS ANCESTRALES
Est-ce vraiment le rythme journalier de plus d'un milliard de chinois qui préoccupe tant les
occidentaux? Ou bien une certaine façon de penser et de se comporter qui n'appartient qu'à
eux? Pourquoi cet intérêt curieux, manifesté tout au long des siècles par l'Europe et en
particulier par la France, qui depuis le XVII siècle entretient des relations diplomatiques,
économiques et culturelles avec ce pays d'extrême-orient?
De tous temps, les hommes se sont interrogés sur la place de la Terre dans l'Univers, et le
premier souci des civilisations traditionnelles a été d'observer la voûte celeste qui se déploie,
majestueuse et souveraine au-dessus de la Terre. Magnifique dôme d'une sérénité parfaite,
il rayonne le jour d'un éclat soutenu et dispense, la nuit, une poussière de lumière. Il préside
aux mouvements du soleil, de la lune et des étoiles, à l'alternance du jour et de la nuit, à
l'organisation des orients, des changements des saisons et de leurs climats particuliers, de
lui viennent les nuages et les pluies. Les vents et les bourrasques le traversent. La terre
quand à elle, mère nourricière, fournit à l'homme abri et nourriture; elle lui permet de prendre
appui, d'enraciner sa lignée. Il y naît et y meurt.
Le ciel ne se conçoit pas sans la terre, comme la terre ne se conçoit pas sans le ciel. C'est à
partir de cette vision du monde que s'organise le premier principe fondamental de la pensée
chinoise, celui dont personne ne parle qui est partout sous-jacent :"le principe YIN/YANG".
"Le Ciel-YANG, dispense l'émanation essentielle qui préside aux métamorphoses, la terre
répend l'émanation accueillante qui complète la forme".
Si pour ses premiers habitants, la terre s'oppose à la Mer (en latin, Terra dérive peut-être de
l'indo-européen TERS, qui évoque le sec) elle s'oppose également au CIEL, mais ne peut
rien sans lui, lieu de manifestation dont dépend sa propre animation. Avec lui, elle est le lieu
et le symbole de la vie et de l'humanité (C'est le COSMOS, qui en grec figure l'ensemble
organisé de la Terre et des Astres, face au Chaos).
La réalité cosmique et la pensée spirituelle s'entremêlent avant même que n'apparaissent
des préoccupations et des influences religieuses ou politique. Ces représentations du Ciel et
de la Terre, depuis la nuit des temps, l'homme chinois les a faites siennes. Le DAO (ou TAO)
qui signifie littéralement la "VOIE" est à l'origine de tous les phénomènes manifestés de la
vie de l'univers : Echange permanent d'influx entre le ciel et la terre, où toute vie particulière
n'est qu'un aspect, un moment de ses manifestations.
L'homme, entre Ciel et Terre, en reçoit les bienfaits, en subit les influx. Son existence se
déroule dans un "Vide médian", elle y reçoit les vertus de l'un et de l'autre dans un
mouvement incessant. Du Ciel, l'homme possède les esprits, de la Terre, il reçoit les souffles
nourriciers. Cette rencontre du ciel/terre est admirable de régularité et de silence. Elle ne fait
aucun bruit et l'harmonie qui en résulte doit être l'état naturel de l'univers. La santé de l'être
humain n'est que le reflet de la santé du Ciel/Terre. Voici le point de départ d'une philosophie
particulière qui associe l'être humain aux mouvements de la nature, dans sa vie de tous les
jours, comme dans chacune de ses expressions créatrices.
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La calligraphie :
L'écriture et la peinture constituent un art à part entière, même apprentissage, même
techniques, même maîtrise du trait, le coup de pinceau révèle la personnalité de l'artiste, et
la qualité de son QI (Energie). C'est par l'écriture que la Médecine traditionnelle a pu passer
de la tradition orale aux textes qui sont parvenus jusqu'à nous. Il y a dans chaque
idéogramme un ordre immuable de la succession des traits, qui doivent exprimer les
mouvements qui nous animent dans la relation établie avec le Ciel et la Terre.
La peinture :
Son rôle est de décrire avec exactitude la réalité d'un paysage, et de créer un microcosme
plus réaliste que la nature elle-même. Dans la nature comme dans l'Univers c'est la
présence du vide qui permet aux souffles de circuler, au YIN/YANG d'opérer. Cette notion de
vide, est un principe essentiel de la pensée philosophique chinoise.
La médecine :
Pour surprendre le mystère de la vie, en comprendre les mécanismes, en corriger les
anomalies, il suffit d'être en accord avec les grands mouvements du Ciel et les
transformations de la Terre, et d'en suivre les mutations. Telle sont l'origine et les
fondements de la médecine traditionnelle chinoise.
Les origines de la médecine chinoise :
On attribue l'origine de la médecine chinoise à un empereur mythique, HUANG DI
(l'empereur jaune) qui reçut de son premier ministre QI BO Initiation et Connaissance de la
science médicale. Tout au long des siècles plusieurs grands médecins chinois ont laissé de
nombreux écrits, nous citerons en particulier :
HUA TUO 110-207, qui fut l'un des plus grands chirurgiens de la Chine antique. Il pratiqua
l'acupuncture, la moxibustion, la pharmacopée, la diététique. Chirurgien, il opéra les
intestins. Anesthésiste, il élabora un produit pour calmer la douleur. Il mit au point une série
d'exercices de santé (les 5 animaux) à base de mouvements à visée thérapeutique qui fut à
l'origine du TAI QI JUAN.
SUN SI MIAO 590-682, poète philosophe et médecin. Il parcourut les provinces pour
recueillir les recettes populaires; Il écrivit en particulier, " Prescriptions valant mille onces
d'or" qui décrit les bienfaits de l'acupuncture et de la moxibustion. " La vie est mille fois plus
précieuse que l'or, c'est donc un acte grand et vertueux que de sauver la vie avec une
prescription médicale" disait-il.
Les principes secrets du Tao :
Les deux principes fondamentaux qui structurent la médecine chinoise s'établissent à partir
de ce concept Ciel/Terre.
1° LA THEORIE DU YIN-YANG
Deux modalités d'expression du monde vivant, qui s'engendrent et se dynamisent. A la fois
complémentaires et antithétiques, ces deux principes peuvent être considérés, bien que ce
point de vue soit très réducteur, comme un système de classification de toutes choses, allant
du plus matérialisé à l'indicible, dans un ordre non exhaustif.
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Exemple : Au YIN correspond la Terre, la Lune, le Froid, le Sombre, la Nuit, la Lenteur, le
Statique, la Femme, le Nord, l'Ouest. Au YANG correspond le Ciel, le Soleil, la Chaleur, la
Lumière, le Jour, la Rapidité, le Dynamisme, l'Homme, le Sud, l'Est.
En médecine chinoise classique, on tiendra toujours compte de ces deux principes dans leur
fonction jumelée d'engendrement, d'opposition et d'évolution de l'un par l'autre dans un
rythme de croissance et décroissance : passage du jour et de la nuit, du froid au chaud, de la
surface à la profondeur.
2° LA THEORIE DES 5 MOUVEMENTS
Présente une organisation des manifestations terrestres liées aux influences du ciel, c'est à
dire les saisons et leurs climats, leurs productions et transformations.
Les quatre orients, comme les quatre saisons, permettent au Yin et au Yang d'opérer.
Avec le printemps qui correspond chez l'homme à la Naissance. A l'aube, le Vent d'Est
chantonne sur la 3ème note JIAO, dans les branches des arbres. Il s'agira pour la nature, de
la germination et de la croissance du Bois et des végétaux, avec l'apparition de la couleur
verte, l'air sera tiède et venteux.
L'été, qui correspond chez l'homme à la Croissance, sera représenté dans la nature par Un
vent Chaud venant du Sud. La 4ème note ZHI résonnera tout le jour dans un ciel de feu,
alors que la végétation se parera de fleurs rouges.
L'automne correspond pour l'homme au déclin de sa vie. Au crépuscule, un vent frais et sec,
vient de l'Ouest pour dessiquer et faire tomber les feuilles des arbres, les souffles de
l'énergie font résonner la 2ème note SHANG. Le métal blanc de la faucille coupe les gerbes
d'épis murs.
En hiver, qui correspond chez l'homme à la mutation, ( il n'est jamais question de mort pour
les chinois, mais plutôt d'un retour aux 10.000 ETRES - façon de comptabiliser l'humanité-).
La nuit, le Vent du Nord fait entendre la 5ème note YU, le froid saisit la nature, les animaux
hibernent, les graines sont enfouies dans l'obscurité au plus profond de la terre, dans
l'attente du renouveau du printemps qui fera rejaillir les manifestations extérieures de la vie.
Cette présentation poétique rend bien compte de la qualité d'observation du quotidien.
Comme les saisons sont les produits de la rencontre du Ciel et de la Terre, la rencontre du
souffle essentiel qui monte de la terre, avec celle de l'esprit qui descend du ciel va permettre
l'animation des êtres vivants par des mouvements et des échanges, utilisés en permanence
dans la médecine chinoise classique, grâce à l'intervention d'un cinquième "larron" : la notion
de vide médian sans lequel aucun mouvement, aucune transformation ne peuvent se faire.
Ce 5ème élément qui vient s'immiscer entre chaque saison et plus particulièrement en fin
d'été est aussi appelé été prolongé (SHANG XIA)-C'est notre "été indien". Il joue un rôle
primordial dans l'équilibre de la vie humaine. La 5ème saison est propice à la réflexion,
l'humidité de l'air est embaumé du doux parfum de la fleur de jujube, elle favorise la
transformation de toute chose, au rythme de la 1ère note GONG.
Originalité du diagnostic chinois
La médecine chinoise classique s'appuie sur quatre principes diagnostiques à partir
desquels elle peut faire un bilan, point de départ d'un projet thérapeutique. L'observation du
sujet, de son comportement, de son attitude, de son visage, de la couleur du teint, de la
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texture de la peau, de ses yeux et de sa langue, ainsi que de la présence éventuelle d'un
enduit lingual.
L'interrogation sur les symptômes, l'ancienneté de leurs apparition, les maladies et troubles
annexes, les traitements antérieurs, mais aussi l'attrait pour certaines saveurs alimentaires,
certaines couleurs, enfin la profession, les conditions de vie, le milieu social, sont autant
d'indications qui permettent d'avoir une juste représentation de ce sujet souffrant. L'écoute
du timbre de la voix, de la respiration et la recherche des odeurs corporelles peut renseigner
sur la nature de la maladie. La palpation de l'abdomen, des trajets de méridiens permet de
révéler des zones de blocages.
La palpation des pouls radiaux doit venir confirmer le diagnostic déjà constitué par tous les
éléments précédents. Les pouls rendent compte de l'activité des organes. Situés sur l'artère
radiale, il y a 6 pouls sur chaque poignet, pouvant varier de niveau de profondeur, de force,
etc...Il y a 28 qualités de pouls qui varient en fonction des saisons, des pathologies, et de
l'état émotionnel du sujet. Les notions de VIDE et PLEIN, de SURFACE et PROFONDEUR,
de CHAUD et FROID sont également à considérer dans l'établissement du diagnostic.
En occident on s'accorde a donner le beau nom de scientifique à la connaissance qui peut
se prévaloir de sa rigueur, qui peut subir sans faillir l'épreuve de la critique, qui montre sa
rationalité par sa cohérence!. Par nature, cette connaissance scientifique serait universelle et
conviendrait à tous les esprits, sans tenir compte des différences culturelles, lesquelles
peuvent cependant aisément expliquer que nos évidences et nos définitions d'occidentaux
ne collent pas toujours à la réalité de chacun.
Ainsi les descriptions poétiques de l'anatomie humaine dans les plus anciens textes chinois,
fruit de la logique chinoise du vivant, peuvent paraître à certains esprits scientifiques héritiers
du siècles des lumières, quelque peu obsolètes. La différence culturelle des chinois
manifeste des vues sur le réel, qui sont des choix de l'esprit. Ces visions peuvent être
multiples, elles n'en sont pas moins authentiques, enracinées dans une tradition millénaire
qui perdure jusqu'à nos jours, même si les chinois modernes ont amorcé un mouvement vers
les techniques et la science occidentale. La Psychologie s'intègre dans un traitement
général, car la civilisation chinoise ancienne, comme celle de l'Egypte ancienne, très
avancée en médecine, n'ont jamais séparé la physiologie du corps de celle de l'esprit.
Dans la conception énergétique chinoise, les émotions engendrent des mouvements
d'énergie perturbateurs, qui peuvent bloquer plus ou moins durablement la circulation dans
les organes en particulier dans le foie dont un des rôles physiologique est de drainer les
émotions, et de réguler les sentiments. En cas de trouble, la colère fait monter l'énergie dans
le haut du corps (c'est le coup de sang).
La joie la disperse.
La tristesse et les soucis, l'inhibe.
La réflexion la concentre.
La peur la fait descendre.
L'état de choc la fige.
La médecine chinoise a donc pouvoir, en améliorant le fonctionnement des organes et la
circulation dans les méridiens, de réguler et réharmoniser les émotions, de calmer les
passions et d'influencer les sentiments.
Diététique et Gastronomie chinoise, sont les arts de la nutrition comme la pharmacopée, ils
utilisent les critères de saveurs, nature, tropisme et toxicité, appliqués aux aliments, et
certains restaurants établissent des menus curatifs prescrits par des praticiens. Il est
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recommandé de choisir viandes légumes et fruits, dans le respect des saisons, ce qui paraît
bien loin de nos préoccupations, nous qui consommons des fruits rouges au plus froid de
l'hiver, maintenant que la rapidité des transports nous apporte en décembre des fraises du
Chili!
Les saveurs jouent un grand rôle dans certains régimes. L'association des 5 saveurs (acide,
amère, douce, piquante et salée) peut réharmoniser et complèter un traitement principal
d'acupuncture ou de pharmacopée. Le mode de cuisson occupe une place importante, car il
peut modifier la nature de l'aliment, selon que celui-ci est bouilli, frit, grillé, ou rôti, cuit à la
vapeur, etc...
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ECRITURE ET TAOISME
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INTRODUCTION A L'ECRITURE CHINOISE
Vingt mille ans avant notre ère, les hommes tracent leurs premiers dessins, naît alors le
premier geste graphique. Puis, seize mille ans se sont passés avant que ce geste graphique
devienne un acte conscient, donnant forme aux premiers pictogrammes, qui constituent les
premiers maillons des écritures idéographiques.
L'écriture chinoise est l'une des trois écritures idéographiques apparues dans l'histoire
humaine (les deux autres étant l'écriture sumérienne et l'écriture égyptienne).
La légende raconte que l'Empereur CANG JIE, qui a vécu 26 siècles avant J.C., serait à
l'origine de cette écriture. Il aurait trouvé les signes graphiques après avoir observé les corps
célestes et les images de la nature, en particulier, les attitudes corporelles des oiseaux, des
animaux et des hommes. Chacun de ces signes graphiques traduit un symbôle spécifique,
relié à la mémoire cosmique.
Les découvertes archéologiques faites en 1898-1899 au bord du Fleuve Jaune, nous
révèlent l'inscription des anciennes traces des idéogrammes chinois sur les omoplates de
cerfs et sur les carapaces de tortues. Ces idéogrammes, dans leurs principes et leurs
structures, sont les mêmes que ceux actuellement en usage.
D'autres découvertes archéologiques plus récentes, en 1952-1959, nous montrent des
poteries portant des signes graphiques, qui confirment que l'écriture chinoise remonte à six
ou sept mille ans.
L'écriture chinoise est stylisée aujourd'hui, c'est à dire, chaque idéogramme doit s'inscrire
dans un même espace carré, avec une forme carrée.
Ces idéogrammes gardent encore la trace des gestes universels primitifs, ce qui donne à
leur calligraphie une dimension extraordinairement poétique et vivante. Particulièrement
dans la combinaison de certains symbôles graphiques : par exemple, si l'on ajoute le
symbôle "oreille" au symbôle "dragon", on crée l'idéogramme "sourd"; et si l'on ajoute le
symbôle "automne" au symbôle "coeur", on crée l'idéogramme "tristesse". Si l'on ajoute le
symbôle "sonorité" au symbôle "coeur", on crée la notion de la "conscience". Et si l'on
combine "parole", "sonorité" et "lance", on crée l'idéogramme "connaissance".
ORIGINE DE L'ECRITURE CHINOISE
La Chine est un pays multi-ethnique (56 ethnies), la plus grande ethnie se nomme "HAN",
elle représente 94% de la population. Ce que l'on appelle ici "l'écriture chinoise est l'écriture
des HAN", dite "HAN ZI".
Cette écriture est idéographique, elle remonte à sept mille ans. Elle était, à l'origine,
composée de traits et de dessins gravés sur les carapaces de tortues et les omoplates de
cerfs, représentant les images de la nature, du corps humain ou animal, pour exprimer soit
les idées concrètes, soit les pensées symboliques, appelées "idéogrammes" ou "caractères".
Pour exprimer les idées ou les pensées plus complexes, deux, trois ou plusieurs images
simples sont réunies pour former un seul idéogramme. Ces associations nous aident aussi à
comprendre les lois énergétiques sur lesquelles repose l'équilibre du corps et de l'univers.
L'écriture chinoise a traversé une longue transformation graphique au cours des siècles
avant de trouver sa forme finale. Les traits qui composent chaque idéogramme sont groupés
en 8 catégories essentielles. Chaque trait porte un nom suggérant un mouvement
énergétique précis.
Aujourd'hui, les idéogrammes sont stylisés. Chaque idéogramme s'inscrit dans un carré
identique, quel que soit le nombre des traits, pour développer un agréable équilibre visuel.
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Il existe 52 000 idéogrammes dans un dictionnaire chinois complet, groupés en 214 radicaux
différents. Le radical indique à quelle famille appartient un idéogramme, et se trouve soit sur
le côté gauche, soit en bas ou en haut de l'idéogramme.
Le vocabulaire quotidien nécessite l'acqusition d'nviron 7 000 idéogrammes, mais 1 500
suffisent pour lire le journal.
En 1958, une réforme de l'écriture chinoise a eu lieu, le gouvernement a décidé de simplifier
2 300 idéogrammes complexes. Le nombre des traits a été réduit pour faciliter
l'apprentissage de l'écriture.
L'écriture chinoise aujourd'hui est également phonétisée. Pour créer un système de
communication internationale, on utilise une inscription en lettres latines nommée "PINYIN".
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HISTOIRE ET EXPLICATION DU NOM DU LIVRE
"HUANGDI NEI JING"
Le Classique Interne de l'Empereur Jaune.
Suivant les connaissances actuelles, Huangdi Nei Jing est le classique le plus ancien de la
médecine chinoise. Il explique assez complètement ses bases théoriques et crée ainsi des
fondements solides pour tout son développement ultérieur. Dans l'histoire de la Médecine
Chinoise, beaucoup de théories de nombreux médecins et d'écoles célèbres sont basées sur
le Nei Jing. Ce classique est donc considéré comme l'ouvrage théorique fondamental
absolument indispensable pour apprendre la Médecine Chinoise.
En général, on considère que le Nei Jing a été écrit et constitué en livre pendant la période
des Royaumes Combattants (-475 à -221). Certains chercheurs pensent cependant qu'il était
plus récent, à savoir la période des Han occidentaux (-206 - 24).
Depuis les dynasties Ming (1368 - 1644) et Qing (1644 - 1911) jusqu'à présent, la plupart
des chercheurs ont néanmoins conclu que le Nei Jing a été constitué pendant la période des
Royaumes Combattants. Ainsi il est dit dans Zhong Guo Yi Xue Shi (Histoire de la médecine
chinoise) que " pendant la période des Royaumes Combattants, la société évoluait
rapidement : la politique, l'économie et la culture ont toutes connues un développement
considérable. Dans cet environnement, de nombreux classiques de la médecine ont fait leur
apparition. Suivant les connaissances actuelles, le Huangdi Nei Jing est le classique médical
le plus ancien ".
Il existe aussi un autre opinion qui dit que le Nei Jing a été rédigé pendant la longue période
entre les Royaumes Combattants et la dynastie Qin et Han et il y a des arguments
intéressants qui permettent de soutenir cette thèse. En effet, des parties importantes du Nei
Jing ont été perdues et de nombreux textes ont été ajoutés ultérieurement à la version
originale, dont une bonne part d'entre eux datent effectivement de ces périodes. Même
pendant la dynastie Tang (618 - 907), Wang Bing a encore fait beaucoup d'ajoutes, dont les
sept Da Lun (Grands Traités) sont les plus connus.
On peut donc dire que les textes principaux du Nei Jing ont été rédigés pendant la période
des Royaumes Combattants et qu'ils ont été complétés pendant les époques suivantes.
D'après les recherches comtemporaines, ce serait seulement au début de la dynastie des
Han occidentaux que l'ensemble de ces textes se serait retrouvé dans un seul ouvrage.
Ce livre a a été intitulé : Huangdi Nei Jing. Cela impliquerait qu'un certain Huangdi en était
l'auteur. Certaines personnes en ont déduit qu'il y avait effectivement un Monsieur Huangdi
ou, mieux encore, un empereur qui s'appelait " L'empereur Jaune". On aime en effet référer
à ce fameux empereur légendaire qui aurait vécu de 2698 à 2589 avant Jésus-Christ. (C'est
suite à cela qu'on traduit Huangdi par 'Empereur Jaune' par convention). Mais il faut pouvoir
sortir des conventions et saisir la signification réelle de ce nom. Il est dit dans Ci Hai (Mer
des Mots), que " Dans les légendes, Huangdi est l'ancêtre commun des différents peuples du
centre de la Chine. Son nom de famille est : Ji; il avait aussi comme noms : Xuanyuan et
Youxiong ". Il faut donc se rendre compte que Huangdi n'était pas vraiment une personne,
mais plutôt une tribu qui existait vers la fin de l'époque des sociétés primitives de la Chine.
Après avoir conquis deux autres tribus, les Jiuli et les Yandi, la tribu Huangdi, autrefois
nomade, s'est installée progressivement au centre de la Chine. Ils sont les ancêtres du
peuple qu'on appelle Han depuis la dynastie Han.
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La culture de la tribu Huangdi a profondément influencé le développement du peuple Han,
de sorte que les générations futures ont utilisé le terme Huangdi comme garantie d'origine et
de qualité de bien des choses. Cela explique pourquoi de nombreux savants ont repris
Huangdi comme auteur présumé de leurs travaux, afin de bien montrer combien ceux-ci
étaient originaux et importants. Le contenu du Nei Jing indique d'ailleurs clairement qu'il ne
s'agit pas de l'oeuvre d'une seule personne, ni de savants d'une seule région, ni d'une seule
période : on y trouve en même temps des textes de livres anciens d'avant le Nei Jing et
d'autres nettement postérieurs. Quoiqu'il en soit, cet ouvrage fut attribué à Huangdi et appelé
Huangdi Nei Jing, le Classique Interne de l'Empereur Jaune conformément à l'usage et la
mode de cette époque.
En dehors du Nei Jing, il y a encore d'autres classiques médicaux qui ont été qualifiés de
"Jing", comme notamment le Nan Jing, le Classique des Difficultés, le Ben Cao Jing, Le
Classique de la Pharmacopée, le Jia Yi Jing, le Classique Jia-Yi (1) (de l'acupuncture), etc. "
Jing" signifie la voie normale, la loi, les normes standards. Quand on qualifie un ouvrage
médical de " Jing ", cela veut dire qu'il s'agit d'un livre standard que les praticiens de la
médecine doivent apprendre.
" Nei ", interne, est relaté à " Wai ", externe. Il existait ainsi un Huangdi Wai Jing qui ne nous
est pas parvenu. Quand on rencontre " Nei " ou " Wai " dans un nom de livre, il ne faut pas y
chercher une signification précise. Cela sert seulement à distinguer un livre d'un autre. Mais
selon certains chercheurs, l'utilisation de " Nei " et " Wai " dans les titres des livres médicaux
servirait à distinguer la théorie de la pratique ou la théorie pure de la théorie discutable : ainsi
Nei Jing expliquerait la théorie et Wai Jing les méthodes pratiques; ou Nei Jing expliquerait
la théorie pure et Wai Jing les théories discutables. D'après une recherche contemporaine, il
serait confirmé que le Huangdi Nei Jing est un ouvrage consacré principalement à la
connaissance fondamentale de la médecine tandis que le Huangdi Wai Jing serait un
ouvrage traitant des aspects techniques de la pratique médicale. Mais comme le Huangdi
Wai Jing a disparu depuis longtemps, il n'est plus possible de vérifier cette hypothèse.
Le Huangdi Nei Jing, tel qu'il existe actuellement, comprend deux parties : le Su Wen et le
Ling Shu. Chaque partie est constituée de 81 textes. Il y plusieurs explications pour la
signification du nom Su Wen. En général, on considère que la suivante est la plus proche de
la signification originale : il est dit dans Zhou Yi (Yi Jing) (2) que " (les choses) ayant une
forme sont nées (des choses) sans forme. Il y a quatre termes pour expliquer cela : Tai Yi,
Tai Chu, Tai Shi et Tai Su. Tai Yi signifie : 'il n'y a pas encore de qi'; Tai Chu signifie 'le début
et l'origine du qi'; Tai Shi signifie 'le début et l'origine de la forme'; Tai Su signifie 'le début et
l'origine de la qualité' ". Après que le qi, la forme et la qualité sont devenus réalités, la
maladie a pu apparaître.
Les textes du Su Wen expliquent la physiologie et la pathologie de l'organisme humain par la
théorie de Yin Yang et des Cinq Phases; ces théories sont issues de l'ancienne philosophie
qui expliquait les changements du qi, de la forme et de la qualité dans le monde matériel. On
peut donc dire que Su Wen signifie: " Questions sur l'origine du qi, de la forme et de la
qualité (des choses du monde) ", ce que nous traduisons d'une façon plus simplifiée par : "
Questions sur l'origine (du monde) ".
La signification de Ling Shu a aussi été expliquée de façons différentes. Zhang Jingyue
(1563 - 1640) disait que Ling Shu signifiait " le noeud de l'esprit ". Mais le nom Ling Shu a
été ajouté à l'ouvrage pendant la dynastie Tang par Wang Bing. Ainsi beaucoup de
chercheurs considèrent que Wang Bing a peut-être été influencé par les oeuvres taoïstes qui
portaient souvent des noms comme Yu Shu, Shen Shu, etc. , et qui se terminent tous pas ce
fameux caractère " shu " . Nous traduisons donc Ling Shu comme " Le Pivot Spirituel ", mais
il faut savoir que c'est une sorte de terminologie conventionnelle et que, manque de preuves
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historiques et d'explications originales sur sa significations réelle, d'autres alternatives sont
possibles.
Dans ces quelques lignes nous avons abordé brièvement les sources historiques du Nei Jing
et la signification de son titre. Nous avons compris qu'il n'y a pas vraiment d'auteur unique et
que sa version actuelle est le fruit du travail de différents auteurs de différentes époques.
Même le Nei Jing, tel que nous le connaissons actuellement est l'assemblage de deux
versions d'époques différentes : le Su Wen est en fait Zeng Guang Bu Zhu Huangdi Nei Jing
Su Wen, rassemblé et complété par Wang Bing de la dynastie Tang (618 - 907) et le Ling
Shu a été rassemblé et complété par Shi Song de la dynastie Song du Sud (1127 - 1279).
(1) Cet ouvrage de Huangpu Mi (215-282 PC) est le classique le plus important consacré
l'acupuncture, succédant au Huangdi Nei Jing. Le terme " Jia Yi " a été traduit de
nombreuses façons, mais même les meilleurs auteurs classiques et les spécialistes
contemporains ne connaissent pas exactement sa signification. En se basant sur l'opinion de
Wang Tao , l'auteur du Wai Tai Mi Yao (752 PC), Les Secrets Importants d'un Fonctionnaire
en Poste Externe et grand connaisseur du Nei Jing, on admet pour le moment que le terme "
Jia Yi " référerait à une forme littéraire propre à cette époque. Mais comme la préface et
l'introduction originale de cet ouvrage ont été perdus, il ne reste plus que des suppositions.
(2) Yi Jing : Classique des Mutations, aussi appelé Zhou Yi, (Classique des) Mutations de la
Dynastie Zhou. C'est un livre de divination apparu pendant la Dynastie Zhou (11ème siècle
A.C. - 256 A.C.).
(Ce texte est un extrait exclusif de l'introduction du nouvel ouvrage de Pierre Sterckx et Chen
Jun en préparation : " Explications du classique de l'Interne - Huangdi Nei Jing ". Sans être
une traduction complète du Nei Jing, cet ouvrage présente la traduction d'un certain nombre
de textes-clés et l'explication approfondie de 80 concepts importants de ce grand classique.
Ces deux chercheurs, cumulant plus de trente ans d'expérience dans la recherche, l'étude et
la pratique de la médecine chinoise et du chinois classique médical, ont basé leur démarche
sur les commentaires des plus illustres commentaires classiques et des plus grands auteurs
et médecins de la Chine, spécialistes de ce classique vénérable. Ils ont dû constater la
qualité déplorable de nombreuses traductions qui sont actuellement sur le marché et se sont
ainsi attachés à offrir un travail encore plus approfondi. Pour ceux qui désirent acquérir une
traduction complète du Huangdi Nei Jing, ils conseillent l'œuvre immense réalisée par le dr.
Nguyen Van Nghi, d'une rare qualité au point de vue de la traduction et des commentaires.
Et si à certains endroits, ils se permettent de le critiquer, voire de proposer des corrections,
c'est dans un esprit de saine émulation et de respect.
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PRESENTATION DE TAO TSEU
http://chroniquestaoistes.free.fr/html/lao_tseu001.html
Contemporain de Confucius et de Bouddha, Lao Tseu est
sûrement le personnage le plus mythique du taoïsme. Il est
considéré comme le père fondateur du taoïsme. "Lao" et
"Tseu" signifient respectivement "vieux" et "nourrisson". La
légende raconte que,
dès sa naissance, le personnage avait tellement réfléchi que
ses cheveux en étaient devenus tout blanc. Il vécut environ
600 ans avant Jésus Christ dans la province actuelle du
Honan où il occupait la charge d'archiviste à la Cour
impériale.
Lorsque la situation politique s'aggrava, Lao Tseu dut se retirer. Lorsqu'il fut parvenu à la
frontière, à la passe de Han Kou, monté sur un boeuf noir, le garde-frontière Yin Hi lui aurait
demandé quelque chose d'écrit. Sur ce, il aurait couché par écrit le "Tao Te King", qui comporte
5000 caractères chinois et le lui aurait laissé. le garde-frontière Yin Hi lui aurait demandé
quelque chose d'écrit. Sur ce, il aurait couché par écrit le "Tao Te King", qui comporte 5000
caractères chinois et le lui aurait laissé.
LE TAOISME
Taoïsme (définition du dictionnaire) : Religion populaire de la Chine, amalgame du culte des
esprits de la nature et des ancètres, des doctrines de Lao Tseu et des croyances diverses.
Religieux, le taoïsme l'a été, mais dans ses développements tardifs, après que l'esprit de
l'homme et le cours du temps lui eurent apporté leur lot de modifications, d'adjonctions, voire
d'altérations pour aboutir à l'amalgame signalé par le dictionnaire. Le taoïsme religieux est
apparu en Chine sous la forme de sectes. Il se propagea d'abord dans deux sectes
principales, celle des Maîtres Célestes et celle des Turbans Jaunes. Le véritable fondateur
de la "religion taoïste" fut un certain Tchang Ling, mieux connu sous le nom de Tchang Tao
Ling. Il fonda la secte dite "des cinq boisseaux" Ensuite, le taoïsme devint religion officielle
pour freiner l'essor du bouddhisme.
LE TAOISME ORIGINEL
En réalité, le taoïsme originel ne fut pas une religion, mais bel et bien une "métaphysique" et
se rattache en temps que tel à la grande tradition primordiale. Il fut une connaissance, la plus
haute de toutes les connaissances, dont l'absolu était l'objet, le TAO pour les Chinois. La
lointaine époque de l'Empereur Jaune (portrait ci-contre), qui avait révélé la doctrine à son
peuple, gardait encore la mémoire de l'Age d'Or, où tous les êtres vivaient dans une parfaite
concorde, en harmonie avec la nature dont ils respectaient fidèlement les rythmes. LaoTseu,
Lie Tseu, Tchouang Tseu furent après l'Empereur Jaune, les dépositaires de l'esprit du Tao.
Leurs oeuvres géniales contiennent, dans sa pureté originelle, le message de la tradition.
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LA VOIE ET LA VERTU
TAO en chinois signifie voie, chemin... Aucune définition, aussi précise et complète quelle
soit, ne peut expliquer ou définir ce qu'est le TAO. Chacun d'entre nous possède le TAO, il
appartient à chacun d'entre nous de découvrir ce qu'il peut apporter, liberté, bonheur,
longévité, éternité... Le TAO est universel ; mais il y a aussi le TE qui signifie "puissance",
"vertu" qui est le pouvoir propre à la nature de chaque chose ou de chaque être. Le TAO est
ce qu'il y a de plus simple dans l'univers. L'homme ne devrait s'éloigner ni du TAO ni de son
TE. Harmonie avec soi-même... Harmonie avec les autres personnes... Harmonie avec la
nature... Chacun de nous est une partie intégrante de l'univers. La lecture des textes anciens
nous apprend beaucoup sur nous même, sur la vie, sur nos rapports quotidiens avec les
autres personnes. Ils nous montrent bien souvent les erreurs que nous commettons et
prouvent, malgré les années passées, qu'ils sont toujours d'actualité. Nous sommes notre
premier et principal ennemi. (notre EGO) Pour rejoindre le TAO, la méditation solitaire est
indispensable. Elle permet d'échapper à la civilisation et à la culture qui cachent et déforment
la véritable nature de toute chose. En aucun cas ces quelques lignes ne peuvent définir le
TAO, il est partout, en chaque être, en chaque chose, découvrez-le, aidez-vous des écrits
laissés par les Maîtres anciens. Je vous souhaite un merveilleux voyage dans l'univers du
TAO.
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DAO DE JING - LE LIVRE DE LA VOIE ET DE LA VERTU
Le célèbre ouvrage de LAO TSEU en 81 chapîtres. (ci-dessous, chapîtres de 1 à 20)
UN : La voie que l'on peut définir n'est pas le Tao, la Voie éternelle. Le nom que l'on peut
prononcer n'est pas le Nom éternel. Ce qui ne porte pas de nom, le non-être, est l'origine du
ciel et de la terre. Ce qui porte un nom est la mère de tout ce que nous percevons, choses et
êtres. Ainsi à celui qui est sans passion se révèle l'inconnaissable, le mystère sans nom.
Celui qui est habité par le feu de la passion a une vision bornée. Désir et non désir, ces deux
états procèdent d'une même origine. Seuls leurs noms diffèrent. Ils sont l'Obscurité et le
Mystère. Mais en vérité c'est au plus profond de cette obscurité que se trouve la porte. La
porte de l'absolu du merveilleux. Le Tao.
DEUX : Le monde discerne la beauté, et, par là le laid se révèle. Le monde reconnaît le
bien et, par là le mal se révèle. Car l'être et le non-être s'engendrent sans fin. Le difficile et le
facile s'accomplissent l'un par l'autre. Le long et le court se complètent. Le haut et la bas
reposent l'un sur l'autre. Le son et le silence créent l'harmonie. L'avant et l'après se suivent.
Le tout et le rien ont le même visage. C'est pourquoi le Sage s'abstient de toute action.
Impassible, il enseigne par son silence. Les hommes, autour de lui, agissent. Il ne leur refuse
pas son aide. Il crée sans s'approprier et oeuvre sans rien attendre. Il ne s'attache pas à ses
oeuvres. Et, par là, il les rend éternelles.
TROIS : Il ne faut pas exalter les hommes de mérite afin de ne pas éveiller de
ressentiments. Il ne faut ni priser les biens rares, car ce serait inciter au vol, ni exhiber les
choses enviables, pour ne pas troubler les coeurs. Aussi, le Sage, dans son gouvernement,
fait le vide dans le coeur de ses sujets. Il détruit en eux désir et passion qui peuvent les
troubler, mais veille à bien les nourrir. Il doit affaiblir leur volonté tout en fortifiant leur corps. Il
doit obtenir que le peuple soit ignorant mais satisfait et que la classe cultivée n'ose agir. S'il
pratique le non-agir, l'harmonie est préservée. L'ordre est maintenu. L'empire gardé.
QUATRE : Le Tao est le vide, mais le vide est inépuisable. C'est un abîme vertigineux.
Insondable. De lui sont sortis tous ceux qui vivent. Eternellement, il émousse ce qui est aigu,
dénoue le fil des existences, fait jaillir la lumière. Du rien, crée toute chose. Sa pureté est
indicible. Il n'a pas de commencement. Il est. Nul ne l'a engendré. Il était déjà là quand
naquit le maître du ciel.
CINQ : Le ciel et la terre sont indifférents aux passions humaines. Pour eux, les vivants ne
sont que chiens de paille. Ephémères. Le Sage n'a pas d'affection. Pour lui aussi, les
hommes ne sont que chiens de paille. Entre le ciel et la terre, l'espace est comme un soufflet
de forge. Il est vide mais pas épuisé. Soit qu'il s'enfle, soit qu'il s'abaisse, il est toujours prêt à
servir, toujours inépuisable. L'homme qui veut saisir l'espace n'étreint que le vide. Mieux vaut
se fondre dans ce vide, dans ce vide immense, dans ce vide merveilleux. C'est le vide
sublime, c'est le Tao.
SIX : L'esprit de l'Obscurité est immémorial, éternel. C'est le principe féminin des origines.
Les racines du ciel et de la terre s'élancent de sa porte mystérieuse. Toujours renouvelé, il
se répand dans l'univers. Indéfiniment. Il ne s'épuise jamais.
SEPT : Le ciel et la terre sont éternels. Ils n'ont pas de vie propre. Voilà pourquoi ils sont
éternels. Ainsi, la première place revient au Sage qui a su s'effacer. En oubliant sa personne,
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il s'impose au monde. Sans désirs pour lui-même, ce qu'il entreprend est parfait. Il s'était
assis à la dernière place. C'est pour cela qu'il se retrouve à la première.
HUIT : La grande perfection est comme l'eau. Comme elle, elle dispense ses bienfaits aux
dix mille êtres et ignore les luttes. Comme elle, elle se détourne des obstacles et les évite,
descend vers la vallée et demeure là où les hommes ne peuvent pas habiter. C'est pourquoi
elle est proche du Tao. Dans tout et pour tout, la perfection commande l'humilité. Elle
demande au coeur d'être profond comme un puits. Dans les rapports avec les autres elle
réclame des trésors de patience. De la parole, elle attend la vérité. Quand il faut gouverner,
elle impose la loyauté et l'ordre. Quand il faut agir elle exige la compétence. Elle s'exerce au
moment opportun et ne lutte jamais. Ainsi, elle ne peut s'égarer.
NEUF : Peut-on conserver plein ce qui veut déborder ? Le tranchant aiguisé ne peut que
s'émousser, et aucune salle ne peut être gardée si elle contient or et joyaux. Avoir de
l'orgueil pour sa puissance et sa richesse attire l'infortune. Si tu fais de grandes oeuvres,
termine-les puis efface-toi. Telle est la loi du ciel.
DIX : Accorder le corps et l'âme afin qu'ils voguent à l'unisson et ne se séparent pas.
Concentrer sa force vitale et la rendre docile comme celle du nouveau-né. Au-delà du réel,
scruter le miroir poli par le regard de l'âme et se laisser aspirer par la lumineuse obscurité.
Ménager le peuple sans intervenir. Rester serein, comme la femme, lorsque s'ouvrent et se
referment les portes de l'existence. Garder son ignorance et voir les choses dans leur
lumière. Donner la vie et la protéger. Produire sans s'approprier. Agir sans rien attendre.
Diriger sans dominer. Tel est le chemin de la mystérieuse perfection.
ONZE : Les rayons de la roue convergent au moyeu. Ils convergent vers le vide. Et c'est
grâce à lui que le char avance. Un vase est fait d'argile mais c'est son vide qui le rend propre
à sa tâche. Une demeure est faite de murs percés de portes et de fenêtres, mais c'est leur
vide qui la rend habitable. Ainsi, l'homme construit des objets, mais c'est le vide qui leur
donne sens. C'est ce qui manque qui donne la raison d'être.
DOUZE : Les cinq couleurs aveuglent l'homme. Les cinq notes assourdissent ses oreilles.
Les cinq saveurs rendent sa bouche insensible. Les courses et la chasse égarent son esprit.
Les richesses l'empêchent de progresser. Ainsi le Sage tourne son regard en lui-même et,
loin du tumulte et des passions, exerce librement son choix.
TREIZE : Supporte la disgrâce Dd'un cour égal. Accepte l'adversité comme inséparable de
la condition humaine. Que faut-il comprendre par Supporte la disgrâce d'un cour égal ? La
disgrâce n'est pas pire que la faveur. Toutes deux engendrent la crainte. Ne soit donc affecté
ni par la perte ni par le gain. Que faut-il comprendre par L'adversité est inséparable de la
condition humaine ? L'homme a un corps, c'est pourquoi le malheur a prise sur lui. S'il n'en
possédait point, quel événement pourrait le frapper ? C'est pourquoi, à celui qui se soucie
des autres autant que de lui-même on peut confier le monde. Seul celui qui aime les autres
autant que lui-même est digne de les gouverner.
QUATORZE : Mes yeux s'écarquillent, et je ne le vois pas : il s'appelle l'Invisible. Mon ouïe
est en alerte, et je ne l'entends pas : il s'appelle l'Inaudible. Mes mains se tendent et ne
rencontrent rien : il s'appelle l'Impalpable. Trois aspects indéfinis qui font l'unité. En haut il
n'est pas lumineux, en bas il n'est pas obscur. Son éternité défie même le temps. Il n'a pas
de nom. Il vient d'un monde où rien de sensible n'existe. Car la lumière appelle l'obscurité et
l'obscurité existe par la lumière. Le Tao est une forme sans forme, une image sans image. Il
est l'Indéterminé. Si l'on marche devant lui, on ne voit pas son principe. Si l'on va derrière lui,
il paraît sans fin. En suivant l'antique voie, on maîtrise le présent. Car le Tao est le fil qui
guide l'homme à travers le temps.
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QUINZE : Les grands sages de l'Antiquité étaient si éloignés des autres hommes par
l'étendue de leur connaissance et la profondeur de leur pensée qu'on ne pouvait espérer les
comprendre. Peut-on les décrire ? Ils étaient attentifs comme l'homme qui traverse l'eau
tumultueuse et glacée d'un torrent. Prudents comme le voyageur averti d'un danger.
Réservés comme le visiteur qui reçoit l'hospitalité. Insaisissables comme la glace qui font.
Simples comme le bois brut que l'on vient de débiter. Ils étaient emplis d'espace infini
comme la vallée. Insondables comme une eau dormante. Celui qui suit le Tao peut, sans
trouble intérieur, attendre que l'eau pure se décharge des limons. Immobile et calme, il verra
se présenter l'heure d'agir. Il ne désire que l'infini du vide. C'est pourquoi les hommes
peuvent par moment le mépriser, le croyant loin de la vérité, car ils ignorent sa sagesse.
SEIZE : Ayant atteint le vide parfait, je me laisse porter par l'aile puissante du silence. Je
contemple l'agitation des hommes. Retourner à son origine... Retourner à son origine, c'est
retrouver le repos. Le repos, c'est le retour dans sa demeure véritable. C'est renouer avec
son destin. Ce retour est la loi éternelle. Connaître la loi éternelle, c'est être éclairé.
L'ignorer, c'est la confusion et, par là, c'est le malheur. celui qui connaît la loi possède le
savoir. Il se montre, alors, impartial. Impartial, il agit royalement. Royal, il atteint le divin. Le
divin atteint, il est uni au Tao et se trouve désormais au-delà de tout péril. Rien ne peut le
surprendre. Rien ne peut l'émouvoir. Rien ne peut le toucher. Pas même la mort.
DIX-SEPT : Des grands souverains d'antan le peuple ne connaissait que le nom. Ce furent
des rois aimés et loués. Puis en vinrent d'autres qu'il craignit. Puis d'autres qu'il méprisa. A
celui qui n'a pas confiance le peuple ne peut faire confiance. L'énergie du grand souverain
ne se dissipe pas en paroles. Elle suscite toute vocation et toute action. Alors le peuple dit :
C'est nous qui avons fait tout cela . Il dit aussi : Nous sommes libres .
DIX-HUIT : Autrefois le Tao régnait. L'homme suivait l'ordre de la nature. Puis il advint une
époque où le Tao fut oublié et ce fut alors l'ère de la justice des hommes. Puis ce fut
l'époque de l'intelligence et de l'habileté. et les ambitions ne connurent plus de bornes. La
paix quitta les familles. Mais c'est dans l'adversité que se révèlent les fils respectueux. L'Etat
sombra dans le désordre. Mais c'est pendant l'anarchie que surgissent les serviteurs loyaux.
Ainsi le Tao est toujours près de l'homme pour le secourir.
DIX-NEUF : Renoncez au savoir, ne vous mêlez plus de morale. Le peuple s'en trouvera
cent fois mieux. Abandonnez toute justice humaine et chassez ses lois. Le peuple
redécouvrira les vertus familiales. Renoncez au luxe, bannissez le profit. Il n'y aura plus de
voleurs ni de bandits. renoncez à tout cela et croyez en l'inutilité de l'apparat. Soyez simples,
demeurez fidèles à vous-mêmes. Rejetez de vos cours l'égoïsme et les désirs. La voie
s'ouvrira devant vous.
VINGT : Renoncez à l'étude et vous connaîtrez la paix. Entre oui et non la frontière est bien
mince. Le bien et le mal sont entremêlés. La peur qu'éprouve le commun des mortels ne doit
pas effleurer votre cour. Les hommes courent aux festins de la vie. Ils cueillent les fleurs du
printemps, du printemps qui annonce la vie. Mais moi seul reste calme, étranger au tumulte,
comme le nouveau-né qui n'a pas encore souri. Je suis seul. Immobile. Je parais démuni de
tout, je parais ignorant, je parais abandonné, sans but, sans logis. La multitude s'affaire à
accroître ses biens. Moi seul ne possède rien. L'homme de la foule a des idées sur tout. Moi
seul hésite. L'homme de la foule est actif, efficace. Seul, je reste immobile. Je regarde sans
voir. Mes pensées, égarées, m'échappent pour danser, dans les nuages et le vent, parmi les
vagues de l'océan. La multitude des hommes s'affaire, réalise, construit. Je demeure absent,
délaissé, inutile. Et pourtant, mes haillons cachent la plus grande des richesses. Seul, je
diffère des autres. Je suis l'enfant de la Mère universelle. L'enfant du Tao.
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VINGT ET UN : La grande Vertu vient du Tao. Le Tao est vague, imperceptible, insaisissable
! Oh, qu'il est vague, imperceptible, insaisissable ! Et pourtant en son sein est la vérité. Oh,
qu'il est insaisissable, imperceptible ! Et pourtant en son sein est la forme des choses. Il est
si sombre, si ténébreux ! Et pourtant en lui est l'essence vraie de l'être. Cette essence est la
vérité rayonnante et la vérité cachée. Depuis l'aube des âges son nom nous a été transmis
et de lui naissent tous les êtres. Comment peut-on connaître les voies de la création ? Par
lui. Par le Tao.
VINGT-DEUX : Ce qui est incomplet s'accomplira. Ce qui est courbé deviendra droit. Ce qui
est vide sera rempli. Ce qui est usé deviendra neuf. N'avoir rien et se sentir comblé. Etre
riche, et garder sa simplicité. Ainsi est le sage. Il embrasse l'Unité. Il vit caché et pourtant
tous le voient. Il ne s'affirme pas et pourtant il s'impose. Il ne se vante pas, et son mérite
éclate. Absent à lui-même, sa présence s'accroît. Etant sans ambition, il ne heurte personne.
Il ne lutte point. Ainsi nul ne peut l'égaler. Ce qui est incomplet sera achevé. Cette sentence
ancienne est pleine de vérité car seul celui qui plie reste intègre. Reste humble et garde
l'esprit ouvert : tu recevras le monde.
VINGT-TROIS : Préserve-toi par le silence. L'ouragan ne hurle pas toute une matinée.
L'orage ne dure pas tout un jour. Qui produit l'ouragan et la pluie ? Ce sont le ciel et la terre.
Si ciel et terre ne produisent rien d'éternel, comment l'homme le pourrait-il ? Celui qui suit la
loi s'accorde au Tao. Sa volonté et ses principes sont ceux du Tao. Avec lui il agit et avec lui
il s'abstient. Le Sage épris d'absolu y trouve la plénitude. En suivant la voie on trouve la voie.
En se conformant à la vertu on devient la vertu. Mais si on pense au crime on recueille la
honte du crime. C'est pourquoi l'action comme l'inaction traduisent l'invisible harmonie Ou la
foi est totale, ou elle n'est pas.
VINGT-QUATRE : Qui marche sur la pointe des pieds perd l'équilibre et tombe à terre. Qui
avance à grand pas s'essouffle vite et est dépassé. Celui qui se met en vue reste dans
l'ombre et personne ne voit son mérite. L'homme imbu de lui-même perd l'estime d'autrui.
Qui se glorifie n'est pas considéré. Qui se gonfle d'orgueil ne peut pas progresser. Qui vit
ainsi est malade de l'âme. Ces laideurs ne salissent pas celui qui suit la voie.
VINGT-CINQ : Une puissance indéfinissable et confuse existait depuis l'éternité. Elle était
avant la naissance du ciel et de la terre. Perfection indéterminée. Energie éternelle.
Mouvement sans fin. Mouvement immuable. Force unique. Omniprésente. Impérissable.
Sans nom mais connue de tous. Mère et principe créateur de l'univers. Nul ne connaît son
nom. On l'appelle le Tao. Il échappe à toute définition. Invisible, il est immense. Immobile, il
se propage à l'infini. En fuyant, il revient. Ainsi, immense est le Tao. Immenses le ciel et la
terre. Immense l'être. Quatre immensités dans l'univers, dont l'être. L'homme épouse le
rythme de la terre, la terre s'accorde avec le ciel, le ciel s'harmonise avec le Tao. Le Tao est
la loi, la voie de la nature. Et la voie demeure, éternelle.
VINGT-SIX : Le lourd est la racine du léger. L'immobilité est mère du mouvement. C'est
pourquoi le Sage se déplace avec un seul bagage : le Tao. Partout où il va, il reste détaché
et serein. Spectateur des merveilles. Spectateur de la vie. Ainsi le Maître des milles choses
doit préférer son peuple à lui-même. Car agir avec légèreté, c'est perdre sa racine, s'agiter,
c'est perdre la maîtrise de soi.
VINGT-SEPT : Celui qui sait marcher ne laisse pas de traces. Celui qui sait parler garde ses
paroles. Celui qui sait compter n'a pas de boulier. Celui qui sait garder n'a que faire de
verrous et de clefs. Celui qui sait lier n'a pas besoin de liens et nul ne peut défaire les
noeuds qu'il a serrés. Ainsi le Sage se dédie au secours des hommes. Il n'en rejette aucun. Il
veille à préserver les êtres, sans en excepter aucun. Il est dans la lumière. Tout plein de
soleil. Le Sage est le maître de celui qui ne l'est pas et ce dernier est la matière sur laquelle il
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agit. Ainsi, ils ont besoin l'un de l'autre. Voilà une vérité. Une vérité subtile. Car tout ce qui
est essentiel pour l'homme, tout ce qui lui est indispensable, reste une énigme. C'est
l'inconnu pour lequel on lutte et on travaille. C'est l'inconnu qui nous donne la force de vivre,
la force d'espérer, la force de croire. Car ce que l'homme veut savoir lui reste inconnu. A
jamais.
VINGT-HUIT : Celui qui est conscient de sa force mais garde la douceur de la femme, est le
creuset de l'univers. Etant le creuset de l'univers, il fait un avec le Tao et redevient pur
comme l'enfant. Celui qui connaît l'étendue de son savoir et garde la simplicité dans son
coeur, est le modèle du monde. Etant le modèle du monde, il rejoint le Tao et son espace
infini. Celui qui connaît la gloire mais garde son humilité possède la vertu du monde. Etant la
vertu du monde, il atteint la plénitude du Tao et revient à l'unité originelle, cette unité d'où
provient toute chose. Le Sage participe alors à l'harmonie universelle. Grain de lumière, il se
répand dans l'univers et revient à la grande lumière. Et il retrouve l'infini.
VINGT-NEUF : Celui qui veut posséder le monde et lui imprimer sa marque ne peut y
réussir. Je le sais. Le monde est une entité sacrée. La main de l'homme ne peut le modeler.
En voulant le changer on le détruit. Quand on croit le tenir on le perd. C'est ainsi que
l'homme s'éloigne du chemin de la vertu. Car parmi les hommes les uns marchent en avant
et les autres s'attardent. Les uns ont un souffle léger, les autres une haleine puissante.
Certains sont forts, d'autres faibles. Les uns renversent ce que d'autres ont bâti. Aussi le
Sage évite l'excès, l'incohérence et toute extrême. Il vit dans la vérité.
TRENTE : Un souverain instruit dans la voie du Tao renonce à conquérir le monde par la
force. Car il sait qu'à l'attaque succède la riposte. Là où sont passées les armées, ne restent
que des ruines et ne poussent que des ronces. Les grandes guerres amènent des années
de disette. C'est pourquoi l'homme éclairé se montre résolu sans tomber dans l'excès. Il
parvient à ses fins mais n'en tire aucune gloire. Il mène à bien ses entreprises sans offenser
ni détruire. Il agit sans orgueil et ne combat que par nécessité. Il ne trouble pas la grande
harmonie. La force use celui qui l'utilise, car elle va à l'encontre du Tao. Et ce qui va contre
le Tao va à sa perte.
TRENTE ET UN : Les armes les plus belles ne sont que des engins de mort. L'humanité les
a en horreur. Celui qui suit la voie du Tao en détourne ses regards. L'homme de bien se
place à gauche du maître de maison. L'homme de guerre s'installe à sa droite. Les armes
n'apportent que la mort. Le bon souverain en détourne le regard. Il ne les prend que s'il n'a
pas d'autre choix. Pour lui, les trésors suprêmes sont le calme et la paix. La victoire ne le
remplit pas de joie, car se réjouir serait se glorifier d'avoir ordonné la mort. Celui qui se
glorifie de la mort d'autres hommes ruine sa destinée et ne pourra pas gouverner. Dans les
jours heureux, la place d'honneur se trouve à gauche. Dans les jours de malheur, elle est à
droite. L'aide de camp se place à gauche, le chef de guerre s'installe à droite. Ainsi la guerre
se conduit comme des funérailles. Le chef triomphant préside au festin de la victoire comme
s'il assistait à l'office funèbre de ceux qu'il a fait tuer. Car ayant fait tuer beaucoup d'hommes,
Il doit maintenant en porter le deuil.
TRENTE-DEUX : Le Tao ne peut être défini. Etant insaisissable, il échappe à toute emprise.
Si les souverains se conformaient au Tao, ils verraient les dix mille êtres se remettre entre
leurs mains. L'harmonie du ciel et de la terre emplirait l'univers et une douce rosée
descendrait sur les hommes. La paix universelle ferait la joie de tous les peuples. Et puis les
hommes furent séparés par contrées et par nations, et distingués chacun par un nom. Et
avec le nom surgit la division. Par le Tao on connaît les limites du danger. Car le Tao, dans
l'univers, est comme le fleuve, dont le flot, depuis toujours, va rejoindre la mer.
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TRENTE-TROIS : Celui qui connaît les hommes acquiert la sagesse. Celui qui se connaît
lui-même possède la lumière. Celui qui conduit les hommes est fort. Mais celui qui se
maîtrise lui-même détient la vraie puissance. Celui qui se contente de ce qu'il a est le vrai
riche. Etre sans désir, c'est posséder le monde. C'est suivre la voie. Si celui qui persévère
fait preuve de volonté, celui qui demeure dans l'ordre des choses est le Sage absolu. Celui
qui meurt mais reste dans le souvenir des hommes a touché à l'éternité.
TRENTE-QUATRE : Le Tao se répand comme un flot. Sa puissance est sans limite. Les dix
mille êtres naissent et vivent de lui sans qu'il en soit l'auteur. Il poursuit son oeuvre éternelle
sans vouloir rien imposer. Il commande aux hommes sans s'en déclarer le maître. Il est sans
désir et dénué d'ambition. On peut le dire petit. Quelle erreur : il est immense,
incommensurable. Les dix mille êtres retournent à lui sans qu'il ne demande rien. On peut
alors le dire immense, et nul ne peut le cerner. Le sage ignore sa grandeur, ainsi elle se
réalise d'elle-même. A l'infini.
TRENTE-CINQ : Celui qui suit le Tao peut parcourir le monde en toute quiétude. Il trouvera
partout paix, équilibre, sécurité. Il s'avance, impassible, dans la sérénité. Musique et bonne
table attirent le passant. Mais la bouche qui parle du Tao ne le retient pas. Car ce qu'elle dit
est sans saveur : on le regarde et on ne le voit pas, on l'écoute, et on ne l'entend pas.
Pourtant, celui qui puise dans le Tao a puisé l'inépuisable.
TRENTE-SIX : On ne peut réduire que ce qui est déployé. On ne peut affaiblir que ce qui
est puissant. On ne peut abattre que ce qui est élevé. Ainsi pour recevoir, il faut avoir donné.
C'est la loi de la nature. La douceur et la faiblesse triomphent de la dureté et de la force. Que
le poisson qui brille demeure au sein des profondeurs ! Les secrets du royaume doivent être
ainsi maintenus cachés au regard des hommes.
TRENTE-SEPT : Le Tao n'agit pas par lui-même. Et pourtant il n'est rien qu'il
n'accomplisse. Si seulement les rois et les princes pouvaient s'y tenir, les dix mille êtres les
suivraient dans cette voie. Dans la voie du bonheur, dans la voie de la perfection. Et si
malgré tout ils voulaient encore agir, la simplicité suprême du Sans-Nom les assagirait. Ils
deviendraient alors sans désir, en paix, et, partant, l'univers se transformerait. de lui-même.
TRENTE-HUIT : L'homme de haute vertu est au-dessus de la vertu, c'est pourquoi il est
vertueux. L'homme de moindre vertu, se dit vertueux c'est pourquoi il ne l'est pas. L'homme
de haute vertu la pratique sans y penser. L'homme de moindre vertu l'utilise pour atteindre
un but. Et pourtant il ne l'atteint pas. Le véritable homme de bien agit sans avoir de raisons
de le faire. L'homme de justice agit car il a des raisons de le faire. L'homme qui se conforme
au rites agit et veut les imposer par la force. Ainsi, si l'on oublie le Tao, il reste la vertu. Si l'on
se détourne de la vertu, il reste la bonté. Lorsque la bonté est perdue, il reste la justice.
Lorsqu'on abandonne la justice, on recourt aux rites. Or, Les rites ne sont que l'apparence
de la vérité et de la sincérité. Ils sont aussi l'amorce de la confusion. La connaissance et
l'intelligence ne sont pour le Tao que des fleurs sans parfum. Elles sont souvent la source de
l'erreur. C'est pourquoi le Sage puise au tréfonds des choses sans s'arrêter aux apparences.
Il contemple le fruit plutôt que la fleur. Il ignore l'une et cueille l'autre.
TRENTE-NEUF : Voici ce qui, depuis les origines, a atteint l'unité : Le ciel parce qu'il est
pur. La terre parce qu'elle est stable. Les esprits parce qu'ils sont transcendants. Les vallées
parce qu'elles sont riches en eau. L'humanité parce qu'elle se reproduit. Les souverains et
les gouvernants parce qu'ils donnent l'exemple. C'est l'unité qui les rend parfaits. Si le ciel
n'était plus pur, certainement il s'effondrerait. Si la terre n'était plus stable, elle s'écroulerait.
Si les esprits n'étaient plus transcendants, ils s'évanouiraient. Si les vallées n'étaient plus
humides, elles deviendraient des déserts. Si les dix mille êtres cessaient de se reproduire, ils
disparaîtraient. Si les souverains et les gouvernants renonçaient au pouvoir, leurs pays
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tomberaient dans le chaos. La noblesse repose sur l'humilité. Ce qui est grand prend appui
sur ce qui est infime. Ainsi les souverains et les gouvernants se nomment-ils eux-mêmes
orphelins, hommes sans valeur et de peu de mérite. Ils montrent par là leur compréhension
de l'ordre profond des choses. L'honneur suprême est en dehors de l'honneur. Car le Sage
ne cherche ni a briller comme le jade, ni a être rejeté comme un caillou. Il vit au-dessus de
l'estime et du mépris.
QUARANTE : L'immobilité est le mouvement du Tao. Dans sa faiblesse réside sa
puissance. Tous les êtres de ce monde sont nés du visible. Le visible procède de l'invisible.
Car tout est et n'est rien.
QUARANTE ET UN : Lorsqu'un esprit sage entend parler du Tao, il s'applique à le suivre.
Lorsqu'un esprit moyen entend parler du Tao, tantôt il y pense, tantôt il l'oublie. Lorsqu'un
esprit superficiel entend parler du Tao, il éclate de rire. Mais, s'il n'en était pas ainsi, Le Tao
ne serait pas le Tao. C'est pourquoi la sagesse nous enseigne que la voie étincelante paraît
sombre. La voie qui progresse semble reculer. La voie juste semble pleine d'embûches. La
vertu parfaite semble semble vide de sens. La vertu généreuse semble inutile. La vertu la
plus ferme semble fragile. La vérité bien ancrée a l'air de vaciller. Un très grand carré nous
empêche de voir ses points extrêmes. Le trop grand vase est impossible à modeler. La
musique céleste est au-delà des sons. Le Tao est caché. Il n'a pas de nom Il est et il n'est
pas. Mais c'est lui qui maintient le monde. Il en est le sens.
QUARANTE-DEUX : Le Tao engendra UN. Un engendra Deux. Deux engendra Trois. Trois
engendra les dix mille êtres et tout ce qui est vivant. Les dix mille êtres portent l'obscurité sur
leurs épaules mais serrent dans leurs bras la lumière. Chacun d'eux a été engendré par ce
souffle divin que l'on nomme harmonie. Les hommes redoutent d'être pauvres, délaissés,
sans valeur ou sans mérite. Et pourtant, les souverains et les princes sages se nomment
eux-mêmes ainsi : sans valeur, sans mérite. C'est pourquoi, parmi les êtres, celui qui s'élève
se diminue, et celui qui se diminue s'élève. Et le violent qui veut s'imposer par la violence
mourra par la violence. Ceci est un des fondements de l'enseignement. Une des vérités du
Tao.
QUARANTE-TROIS : Dans l'univers, le plus faible vient à bout du plus fort. Seul ce qui est
sans substance peut pénétrer un espace plein. Par là le Sage reconnaît la vertu du non-agir.
Enseigner sans la parole, entreprendre sans agir. Voilà la vertu. Cela est difficile à
comprendre pour la plupart des hommes. Là pourtant se trouve la vérité. Car le plus souple
gagnera le plus fort et rien ne saurait égaler la puissance du non-dire et du non-faire.
QUARANTE-QUATRE : De la gloire ou de la santé, quel est le plus important ? De la santé
ou de la richesse, quel est le plus précieux ? Du gain ou de la perte, quel est le plus honteux
? L'homme trop passionné s'expose à la souffrance. L'avare qui prévoit et amasse subit de
lourdes pertes. Celui qui se contente de ce qu'il a reste serein. Celui qui sait se réfréner tient
à distance le danger. Par là son existence sera préservée. Car qui aura trop aimé sera
frustré. Et qui aura trop amassé ne possèdera rien.
QUARANTE-CINQ : La perfection achevée semble imparfaite. Et pourtant elle rayonne sans
fin. La plénitude parfaite paraît vide. Et pourtant elle est intarissable. Elle donne sans jamais
s'épuiser. Une franchise extrême semble fausse. Une habileté extrême entrave le geste. Une
éloquence extrême ne persuade personne. le mouvement triomphe du froid, et c'est
l'immobilité qui triomphe de l'ardeur. C'est dans le calme et la sérénité que réside le bonheur,
car la quiétude et l'immobilité règlent le monde. Ainsi est-il.
QUARANTE-SIX : Quand un peuple suit le Tao, les chevaux de guerre restent à la ferme et
labourent les champs. Quand un peuple a perdu le Tao, les chevaux de guerre sont aux
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portes de la ville prêts à la bataille et les champs restent incultes. Il n'est pas de plus grave
erreur que d'écouter ses désirs. Il n'est pas de plus grande misère que de ne savoir se
contenter. Il n'est pas de pire fléau que l'envie de posséder. C'est pourquoi celui qui limite
ses désirs ne saurait manquer de rien. Ses granges seront pleines, ses champs cultivés et
son coeur comblé de joie. ainsi veut la loi.
QUARANTE-SEPT : Sans franchir sa porte, connaître le monde entier. Sans regarder par la
fenêtre, entrevoir le chemin du ciel... Plus on voyage, plus la connaissance s'éloigne. C'est
pourquoi le Sage connaît sans se mouvoir, comprend sans examiner et accomplit sans agir.
QUARANTE-HUIT : En s'adonnant à l'étude, on s'accroît chaque jour. En se consacrant à la
voie, on diminue chaque jour. Et l'on continue de diminuer jusqu'au jour où l'on cesse d'agir.
N'agissant plus, il n'est rien, désormais, qu'on ne puisse accomplir. La conduite du royaume
revient à qui demeure au-dessus de l'action. Celui qui lutte pour gagner le royaume ne
l'obtient jamais.
QUARANTE-NEUF : Le Sage n'a pas de conscience propre, il est la conscience de
l'univers. Il est bon avec le juste, mais bon aussi avec celui qui ne l'est pas, car la plus
grande vertu est la bonté. Il est loyal avec le fidèle, loyal aussi avec celui qui ne l'est pas, car
la plus grande vertu est la loyauté. Le Sage est humble et modeste aux yeux du plus grand
nombre. Il paraît faible et désarmé. Mais le peuple retient son souffle et se fait attentif devant
cet homme semblable à un petit enfant. Car son coeur peut contenir le monde entier.
CINQUANTE : Où s'arrête la vie, où commence la mort ? Trois hommes sur dix suivent le
sentier de la vie. Trois hommes sur dix suivent le sentier de la mort. Trois hommes sur dix
quittent trop tôt le sentier de la vie pour celui de la mort. Pourquoi ? Parce qu'ils brûlent leur
vie aux feux de leurs passions. Celui qui garde sa sérénité ne rencontre pas le rhinocéros ni
le tigre. Il traverse sans dommage les rangs d'une armée hostile. Car il n'offre pas de prise à
la corne mortelle, il n'offre pas de prise aux griffes qui déchirent, il n'offre pas de prise à
l'épée meurtrière. Pourquoi ? Parce que sur lui la mort n'a plus de prise.
CINQUANTE ET UN : Le Tao donne la vie aux dix mille êtres, et par sa vertu il les nourrit.
La matière modèle leur forme et le milieu les fait s'épanouir. C'est pourquoi tous ont, pour le
Tao et sa vertu, respect et adoration. Personne, pourtant, ne le leur demande. Ils ne font que
suivre la loi de la nature, le Tao. Qui donne sans posséder. Régit sans diriger. Réchauffe
sans feu et protège sans armes. Sa vertu est mystérieuse. En réalité, la voie les met au
monde, les fait croître et se développer, leur permet de mûrir et de se parfaire, et les
accompagne toute leur existence. Elle donne la vie sans vouloir posséder, elle agit sans rien
demander, elle régit sans contraindre. Elle est la vertu primordiale.
CINQUANTE-DEUX : A l'origine de l'univers est la mère. Par la Mère l'on peut connaître les
enfants. Celui qui connaît les enfants et garde son attachement à la Mère n'a pas peur de la
mort. Garder le silence et modérer son énergie permet de traverser l'existence sans fatigue.
Sortir de sa réserve et s'agiter fait perdre le sens de l'existence. Celui qui sait s'émerveiller
des petites choses marche dans la lumière. Celui qui garde sa douceur dans le tumulte a de
la grandeur d'âme. Tirer parti de rayons de soleil en ayant une pensée pour leur source
préserve du malheur. Celui qui agit ainsi chemine dans la voie. Il hérite de l'Eternel.
CINQUANTE-TROIS : Si une haute fonction m'était confiée, voici ce que je voudrais
enseigner : Suivez la voie, et craignez de vous en écarter. La grande voie est toute simple,
Mais la multitude préfère divaguer sur des chemins de traverses. Sur des raccourcis qui sont
des impasses. Un palais superbe se dresse devant vous, mais son apparence est illusoire.
Regarde : Alentour les champs sont en friche. Ce n'est qu'herbe folle. Et les greniers sont
vides. Se vêtir d'habits somptueux, se ceindre d'épées étincelantes, festoyer alors qu'on n'a
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plus faim, ne plus savoir où serrer ses richesses, c'est glorifier le vol et le mensonge. Ceci
est bien loin du Tao.
CINQUANTE-QUATRE : Ce qui a été bien planté ne pourra pas être arraché. Ce qui a été
solidement bâti ne sera pas détruit. Et le souvenir des ancêtres se perpétuera de génération
en génération. Cultive la vertu en toi-même, elle sera authentique. Cultive-la dans la famille,
elle augmentera. Cultive-la dans le village, elle s'étendra. Cultive-la dans le royaume, elle
deviendra florissante. Cultive-la dans le monde, elle sera partout. Car c'est en les comparant
à lui-même que l'individu considère les autres individus et que la famille juge les autres
familles. C'est aussi en fonction de lui-même que le village considère les autres villages, et le
royaume les autres royaumes. Dans tout ce qu'il contemple le Sage voit l'ébauche de
l'univers entier.
CINQUANTE-CINQ : Celui qui porte en lui la vertu est comme l'enfant nouveau-né :
innocent. Les bêtes venimeuses ne le piquent pas, les fauves l'épargnent, les oiseaux de
proie ne fondent pas sur lui. Ses os sont faibles, ses muscles aussi. Et pourtant, quelle force
ont ses petites mains ! Il ignore l'union de l'homme et de la femme, et pourtant sa virilité se
manifeste déjà. Il crie tout le jour et pourtant sa voie reste claire, tant est parfaite son
harmonie. Atteindre l'harmonie, c'est connaître l'éternel. Connaître l'éternel, c'est être dans la
lumière. Néfaste est l'abus de la vie car être fort c'est dominer son souffle. Trop d'énergie
dépensée nous éloigne du Tao. Dès lors, la fin est proche.
CINQUANTE-SIX : Celui qui sait ne parle pas. Celui qui parle ne sait pas. Garder sa bouche
close. Modérer ses sens. Tempérer ses ardeurs. Ramener chaque chose à sa valeur. Voiler
l'éclat dont on rayonne. Etre conscient de son union profonde avec la nature, c'est atteindre
la parfaite harmonie. Dès lors, le Sage n'est plus affecté par l'amitié ou l'inimitié, par le bien
ou par le mal, par les honneurs ou la disgrâce. Il est parvenu au degré suprême. Par la voie.
CINQUANTE-SEPT : On gouverne un royaume par la justice. On conduit une guerre par la
tactique. Mais c'est en renonçant à toute action qu'on devient le maître du monde. Comment
peut-on savoir celà ? En considérant ceci : Plus il y a d'interdits, plus le peuple s'appauvrit.
Plus les armes se perfectionnent, plus le pays est dans le désordre. Plus les hommes sont
ingénieux et habiles, plus leurs inventions deviennent néfastes. Plus nombreux sont les
décrets et les lois, plus les malfaiteurs et les bandits pullulent. C'est pourquoi le prince sage
dit : Je n'agis pas et le peuple s'amende de lui-même. Je demeure dans la quiétude et le
peuple s'améliore. Je ne recherche aucun profit, et le peuple voit augmenter ses biens. Je
demeure sans désirs et le peuple retrouve les bienfaits d'une vie simple.
CINQUANTE-HUIT : Lorsque le prince est simple et bienveillant, le peuple est honnête et
prospère. Lorsque le gouvernement est intransigeant et soupçonneux, le peuple est roué et
mesquin. Les racines du bonheur naissent dans le malheur. Le malheur sommeille sous le
bonheur. Qui peut prévoir l'avenir ? Car les règles de ce monde sont instables et mouvantes
: la droiture peut être prise pour de la ruse et le bien confondu avec le mal. Depuis toujours
l'égarement de l'homme le plonge dans l'erreur. C'est pourquoi le Sage admoneste sans
blesser, conseille sans vexer, redresse sans contraindre. Il éclaire mais n'éblouit pas.
CINQUANTE-NEUF : Rien ne vaut la modération quand on veut gouverner les hommes tout
en servant le ciel. La modération doit être le souci constant de l'homme. C'est ainsi que la
vertu devient grande, en lui. Lorsqu'il a atteint un haut degré de vertu, tout lui devient
possible. Si rien ne lui est impossible, ses limites sont inconnaissables. L'homme dont les
limites sont inconnaissables peut posséder le royaume. Celui qui possède le grand principe
du royaume oeuvre sans fin. Et pour le bien. Il puise à la racine féminine de toute chose. Il
puise à la fondation immémoriale, celle qui donne plénitude à sa vie et lumière à son esprit.
Oui, c'est celui qui est juste qui devient roi, car il imite le ciel.
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SOIXANTE : On gouverne un Etat comme on cuit un petit poisson : avec précaution. Si
l'empire est gouverné selon le Tao, les démons invisibles perdent leurs armes. Non qu'ils ne
soient puissants, mais ils ne nuiront pas aux hommes. Non qu'ils ne puissent nuire aux
hommes, mais parce que le Sage, lui, ne nuit pas aux hommes. Les forces des entités
invisibles et celles du Sage ne nuisent pas aux hommes ni ne se nuisent mutuellement. Cet
état de chose est une manifestation de la vertu qui est à l'oeuvre dans le monde. Et le
monde, par elle, sera meilleur.
SOIXANTE ET UN : Un grand royaume doit être comme un lieu de plaine qui draine a lui
toutes les eaux. Un creuset pour l'univers. Le grand principe féminin qui régit le monde. Par
son immobilité la femelle triomphe toujours du mâle. De sa passivité elle tire sa puissance.
C'est pourquoi un grand royaume s'attache un plus petit pays en le respectant. De même, un
petit pays reçoit la protection d'un grand pays en s'inclinant devant lui. Ainsi l'un accueille
l'autre parce qu'il s'incline et l'autre est accueilli parce qu'il s'incline aussi. Un grand royaume
cherche toujours à affermir sa puissance et souhaite rassembler de petits pays sous sa
protection. Un petit pays désire voir reconnaître sa valeur et contribuer au bien commun d'un
grand empire. Mais pour que chacun trouve la place qui lui revient, le grand pays doit
d'abord s'abaisser. Comme un lieu de plaine amène à lui toutes les eaux. Comme la femelle
triomphe toujours du mâle.
SOIXANTE-DEUX : Le Tao est la source secrète d'où proviennent tous les hommes. Il est le
trésor de l'homme bon, le refuge de celui qui ne l'est pas. De belles paroles peuvent valoir la
renommée, des actions méritoires attirer la considération. Mais pourquoi rejeter qui n'en est
pas capable ? Le jour où l'empereur est intronisé, avec trois hauts dignitaires qui seront ses
ministres, quelle est la plus précieuse des offrandes ? Les bijoux de jade pour parer ses
mains ? Les quadriges de chevaux pour magnifier ses cortèges ? Ou le Tao que, sans
bouger, le Sage lui tend ? Pourquoi les anciens tenaient-ils le Tao en si grande estime ?
N'est-ce pas parce qu'il apporte réponse à celui qui cherche, et rachat à celui qui a failli ?
C'est pour cela que le Tao est tenu pour le plus grand trésor qui soit au monde.
SOIXANTE-TROIS : Agis sans pour autant bouger, oeuvre sans t'impliquer, savoure ce qui
est sans saveur. Célèbre Ce qui est petit, élève ce qui est humble, réponds aux offenses par
des bienfaits. Accomplis ce qui est difficile en commençant par le facile, vois de la grandeur
dans la plus humble chose. Dans l'univers, les choses difficiles se réalisent comme si elles
étaient faciles, et les grandes oeuvres du monde ont commencé par de petites Aussi le Sage
n'entreprend rien de grand, et c'est pour cela qu'il peut réaliser des oeuvres éternelles. Qui
promet à la légère ne mérite pas la confiance. Qui trouve tout facile rencontre des obstacles.
Pour le Sage, tout est d'égale difficulté. C'est pourquoi il accomplit tout sans peine.
SOIXANTE-QUATRE : Ce qui est au repos est facile à garder. Ce qui n'est pas encore est
facile à prévoir. Ce qui est fragile est facile à briser. Ce qui est ténu est facile à détruire
Empêche le mal avant qu'il n'apparaisse. Mets tes affaires en ordre avant que la confusion
ne s'installe. L'arbre que tu ne peux embrasser est né d'un germe infime. La tour de neuf
étages part d'une poignée de terre. C'est par un pas que débute un voyage de mille lieues.
Celui qui agit va a l'échec. Tout échappe à celui qui accapare. Le Sage se garde d'agir et
n'échoue pas. Il ne s'attache a rien et donc ne perd rien. Ceux qui croient tenir la réussite
voient soudain leurs espoirs s'effondrer. Prête autant d'attention au dénouement de tes
entreprises qu'à leur commencement. Alors tu ne connaitras pas l'échec. Ainsi le Sage, qui
ne désire être que sans désirs, n'est pas tenu par les biens de ce monde. Il apprend sans
étudier. Il remet les hommes sur la voie mais s'abstient d'agir.
SOIXANTE-CINQ : Les princes d'autrefois, qui connaissaient le Tao ne l'enseignaient pas
au peuple. Car un peuple est difficile à gouverner s'il a trop de savoir. Celui qui utilise le
savoir pour gouverner ruine son pays. C'est pour cela qu'il faut garder le peuple dans son
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heureuse ignorance. Celui qui le gouverne dans la simplicité le rend prospère et tranquille.
Ces deux principes sont à la base de tout gouvernement. Les connaître, c'est posséder la
vertu suprême, c'est avoir devant les yeux le modèle des modèles. La vertu suprême est
illimitée, insondable, mystérieuse. Elle ramène tous les êtres à la sublime harmonie, vers où
tout s'achemine.
SOIXANTE-SIX : La mer règne sur tous les fleuves parce qu'elle s'étend plus bas que ceux-
ci. C'est ainsi qu'elle règne sur tous les fleuves. Si le Sage souhaite éclairer le peuple, il doit
se montrer plus humble que lui. S'il désire le guider, il doit se placer le dernier de tous. Ainsi
son pouvoir sera grand parmi les hommes et il n'opprimera personne. Il sera le premier sans
que nul ne soit abaissé. Les dix mille hommes supporteront sa tutelle avec joie et ne s'en
lasseront pas. Car le Sage ne s'oppose à personne, ainsi personne ne peut s'opposer à lui.
SOIXANTE-SEPT : Tout le monde dit que la voie est immense. Et qu'elle ne peut être
comparée à rien d'autre. C'est précisément par son immensité qu'elle est différente de tout
ce que l'on connaît. Si elle ne l'était pas, depuis longtemps, elle se serait dissipée. Il y a trois
trésors que je garde en moi : Le premier est l'amour. Le second est la frugalité. Le troisième
l'humilité. Par l'amour on peut devenir courageux. Par l'économie naît la générosité. Par
l'humilité on peut atteindre le sommet. Les hommes n'aiment plus mais ils pprétendent être
braves. Ils ont perdu le goût de l'économie mais ils se déclarent généreux. Ils ont oublié
l'humilité et se bousculent pour être les premiers. C'est une pente qui conduit à la mort. Si
l'on combat par amour l'on sort toujours vainqueur et la ville qu'on défend deviend
inexpugnable. Le ciel secourt l'homme qui aime et le rend invulnérable. Et lui fait un bouclier
de sa miséricorde.
SOIXANTE-HUIT : Un grand chef de guerre n'est pas belliqueux. Un vrai guerrier n'éprouve
pas de haine. Un véritable vainqueur ne cherche pas la guerre. Celui qui veut commander
aux hommes doit rester humble devant eux. Cela s'appelle la force du seigneur de la paix ou
l'art de conduire les hommes. C'est vivre avec les lois qui régissent la nature. Car Celui qui
gagne sur lui-même est le vrai triomphateur.
SOIXANTE-NEUF : Un grand guerrier des temps anciens a dit : Je ne porte pas le premier
coup, Je préfère attendre celui de l'ennemi. Plutôt que d'avancer d'un pouce Je préfère
reculer d'un pas. Ainsi on conquiert sans affronter. Cela s'appelle progresser par l'immobilité,
repousser sans utiliser la force, dominer l'adversaire sans l'attaquer Etre armé mais garder
les mains nues Etre armé mais d'armes célestes. Il n'y a pire désastre que de sous-estimer
son ennemi Sous-estimer son ennemi, c'est courrir à sa propre perte. S'il faut engager la
bataille, les forces étant égales, le vainqueur sera celui qui n'avait pas souhaité le combat.
Car son bras était armé d'armes invisibles. Et son triomphe aura le plus grand éclat s'il
témoigne de sa victoire sur lui-même.
SOIXANTE DIX : Mon enseignement est très simple à pénétrer. Très simple à réaliser.
Pourtant personne ne le comprend ni n'essaie de le mettre en pratique. Mon enseignement a
ses racines dans l'expérience ancienne. Mes actes ont pour base un principe connu. Facile à
saisir. Facile à pratiquer. Mais comme les hommes ne le comprennent pas, ils ne me
connaissent pas. Rares sont ceux qui m'entendent et privilégiés ceux qui me suivent. C'est
pourquoi le Sage, sous son vêtement grossier, cache en son sein un véritable trésor. Un
trésor de jade.
SOIXANTE ET ONZE : Celui qui sait croit qu'il ne sait rien. Celui qui ne sait rien et croit tout
savoir s'expose à l'échec. L'homme qui prend conscience de ses erreurs peut éviter de les
répeter. Le Sage est conscient des difficultés, conscient aussi des erreurs. Ainsi il peut les
écarter. Et il garde sa sérénité.
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SOIXANTE DOUZE : Si ton pouvoir n'est plus respecté par le peuple, c'est qu'un pouvoir
plus fort survient et que ta fin est proche. N'oblige pas le peuple à vivre à l'étroit, ne restreins
pas le champ de son labeur, ne l'oppresse pas. Il restera paisible. Ainsi le Sage se connaît
lui-même, et il vit dans l'isolement. Il est en paix avec lui-même. Sans aucune vanité. C'est
pourquoi en tout il peut faire librement son choix. Et c'est dans la profondeur et non dans
l'extérieur qu'il puise sa connaissance. C'est dans le dedans et non dans le dehors qu'il puise
son amour.
SOIXANTE TREIZE : L'homme courageux et téméraire joue avec la vie. L'homme
courageux et sage préserve la vie. De ces deux façons d'être l'une est bonne, l'autre est
funeste. Qui peut comprendre les décrets mystérieux du ciel ? C'est pourquoi le Sage ne
prend pas parti. La voie du ciel régit sans contraindre. Elle trouve réponse sans questionner.
Elle reçoit sans avoir demandé, et accomplit son dessein mystérieux en toute sérénité. Le
filet du ciel est immense. Très larges sont ses mailles. Mais nul n'y échappe. Car le ciel
rejette ce qu'il faut rejeter et garde ce qu'il faut garder. Et nul ne sait comment.
SOIXANTE QUATORZE : Si le peuple n'a plus peur de la mort, la menace de la mort n'aura
plus d'effet. Si le peuple craint la mort, et si l'on met à mort ceux qui violent les lois, qui
oserait alors les transgresser ? Le grand bourreau c'est la nature. Elle exécute, elle punit.
Vouloi se substituer au bourreau, c'est vouloir équarrir du bois à la place du charpentier.
Mais celui qui veut équarrir du bois à la place du charpentier risque fort de s'entailler les
mains. Laisse la nature faire son travail, car c'est elle le Grand Exécuteur.
SOIXANTE QUINZE : Le peuple est affamé parce que les gouvernants le chargent d'impôts.
C'est pourquoi il a faim. Le peuple murmure et s'agite parce que ses gouvernants le
harcèlent C'est pourquoi il s'agite. Le peuple regarde la mort avec indifférence quand sa vie
est pénible. Et c'est ça qui le rend indocile. Voilà pourquoi il méprise la mort. Seul celui qui
n'est pas réduit à lutter pour vivre peut apprécier sagement la vie. Le Sage ne vit pas que
pour vivre Ainsi il peut en apprécier la valeur.
SOIXANTE SEIZE : En naissant, l'homme est fragile et souple. Lorsqu'il meurt, il est dur et
raide. En naissant de la terre, les arbres sont tendres et flexibles. Morts, ils deviennent secs
et rigides. Rigidité et dureté sont le propre de la mort. Souplesse et fragilité sont le propre de
la vie. C'est pourquoi une armée lourde et forte sera défaite, et l'arbre puissant et dur
s'abattra tout à coup. Ce qui est grand et fort est en réalité faible, et sera couché au sol. Ce
qui est faible et souple est véritablement sublime et s'élèvera au ciel.
SOIXANTE DIX SEPT : La voie du ciel peut être comparée à un arc que l'on tend. Le haut
est courbé vers le bas. Le bas est relevé. Si la corde est trop longue, elle sera raccourcie, si
elle est trop courte, elle sera rallongée. La voie du ciel prend à celui qui a trop, et donne à
celui qui n'a pas assez. La voie des humains est bien différente. Ils prennent à celui qui n'a
pas assez pour donner à celui qui a déjà trop. Qui sait se séparer du superflu pour en faire
don aux autres ? C'est celui qui possède le Tao, la voie du ciel. Ainsi le Sage oeuvre sans
vouloir être reconnu. Il accomplit ce qui doit être accompli sans en tirer gloire. Et il cache sa
sagesse comme on cache un trésor.
SOIXANTE DIX HUIT : Dans ce monde, rien n'est plus inconsistant et plus faible que l'eau.
Et pourtant, l'eau attaque et emporte ce qui est dur et puissant. Dans la lutte éternelle entre
l'eau et le roc, c'est toujours l'eau qui emporte la victoire. Rien ne lui résiste et rien ne peut la
vaincre. Car la faiblesse a raison de la force, et la souplesse s'impose à la dureté. Tout le
monde sait celà, mais personne ne se conforme à cette loi. Et le Sage dit : " L'esprit du sol
qui reçoit toutes les ordures du royaume devient le maître et le seigneur des moissons "
Ainsi celui qui accepte les refus du royaume devient le maître de l'empire. Car le faux paraît
vrai et le vrai paraît faux.
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SOIXANTE DIX NEUF : Même apaisée, une grave querelle laisse un ressentiment. Que
peut-on faire pour agir selon le Tao ? Le Sage accepte ce qu'on lui attribue, et ne réclame
rien d'autre. Il honore ses engagements et ne veut pas plus. L'homme sans vertu veut
s'approprier le maximum. La voie du ciel n'a pas de préférences. Elle comble de biens
l'homme de bien.
QUATRE VINGT : Si je gouvernais un petit royaume avec peu d'habitants, je défendrais
d'utiliser les armes que ce peuple possèderait. Le peuple devrait considérer la mort comme
redoutable et rester dans les lieux de ses ancêtres. Bien qu'ayant bateaux et chars, il n'en
userait point. Bien qu'ayant armes et cuirasses, il les laisserait dans leurs caches. Il
compterait jours et années avec des cordelettes comme dans le passé. Il trouverait
savoureuse sa nourriture, beaux ses vêtements, agréable sa maison, pleines de douceur ses
coutumes ancestrales. Non loin de là, il apercevrait avec bonheur les hommes du pays
voisin. Il entendrait chanter leurs coqs et aboyer leurs chiens. Il vivrait au rythme des
saisons, et mourrait de vieillesse sans avoir connu le pays voisin.
QUATRE VINGT UN : Les paroles sincères ne sont pas toujours agréables, les
paroles agréables ne sont pas toujours vraies. Le bien ne s'argumente pas. Les
arguments ne sont que vaines paroles. L'ignorant croit tous savoir. L'érudit pense qu'il ne
sait rien. Le Sage ne garde rien pour lui. Plus il donne aux autres, plus il s'enrichit. Et il
possède un trésor précieux : Ce qu'il a donné aux autres. Ayant tout donné, tout lui est
rendu au centuple. La voie du ciel est d'agir sans demander, d'obtenir sans lutter, de
s'enrichir en donnant. Telle est la voie du ciel. Le Tao.
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ASTROLOGIE CHINOISE
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LE CALENDRIER CHINOIS
(par Christophe Enderlin, Acupuncteur Traditionnel.)
Comme les Chaldéo-Assyriens, les Égyptiens et les Hindous, les Chinois sont un peuple
dont la première civilisation remonte à une très haute antiquité.
Ils prétendent avoir connu et employé le gnomon dès le XXVe siècle avant Jésus-Christ.
Dans le Chou-King de Confucius, on lit que " Yao ordonna aux ministres Hi et Ho d'observer
le ciel et de suivre exactement les mouvements des astres, du soleil et de la lune, afin de
faire connaître au peuple les temps et les saisons par la rédaction d'un calendrier ".
L'époque de Yao remonte à plus de 4000 ans.
Les Chinois, les Japonais et les Siamois connurent d'abord l'année lunaire formée de douze
lunaisons alternativement de 29 et 30 jours, auxquelles ils ajoutaient, de temps en temps,
une treizième lunaison, pour égaler l'année solaire.
La nécessité des calculs pour faire l'intercalation amena les anciens Chinois à découvrir le
même cycle dressé plus tard en Grèce par Méton.
L'intercalation avait lieu, dans le cycle de 19 ans, les années 3, 6, 9, 11, 17 et 19.
Les Chinois fêtaient les jours de nouvelle et de pleine lune.Dans la résidence de l'empereur
existait un palais carré entouré de douze salles consacrées aux douze lunaisons ordinaires.
A chaque nouvelle lune, le monarque se rendait à la salle respective de cette lune offrir un
sacrifice. Lorsqu'il s'agissait de la lunaison intercalaire, c'est-à-dire de la treizième, la
cérémonie se célébrait selon un rite spécial. Elle avait lieu entre les portes qui font
communiquer la salle attribuée à la lunaison achevée avec la suivante.
Le peuple chinois compte pour premier mois de l'année celui pendant lequel le soleil entre
dans le signe des Poissons, pour second celui du Sagittaire.Lorsqu'il arrive que, pendant un
mois entier, le soleil n'entre dans aucun des signes zodiacaux, ce mois est compté pour
intercalaire et il prend le nom du mois d'avant précédé de shun.Les noms des mois ne sont
pas partout les mêmes. On leur donne parfois les désignations de meng, premier, tschusng,
milieu, ki, dernier tschun, printemps, rja, été, tsin, automne, tung, hiver, et on forme les
autres noms de deux mots, comme meng-tschun, premier après le printemps, etc.
Une autre dénomination consiste à leur donner le même nom que les années du cycle de 60
ans qui commencent avec l'un d'eux.
Enfin une troisième appellation est dérivée de la division de l'année en 24 mois, chacun
correspondant au temps que met le soleil à aller du commencement au milieu, puis du milieu
à la fin de chaque signe zodiacal. Suit la liste de ces 24 mois :
1 Tong-tchi, dernier terme de l'hiver
2 Siao-han, petit froid
3 Ta-han, grand froid
4 Li-tchun, commencement du printemps
5 Fu-choug, eaux et pluies
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6 King-che, crainte que causent les insectes
7 Tchun-feu, division du printemps
8 Tsing-ming, pure clarté
9 Kou-yu, pluies pour les semences
10 Li-hia, commencement de l'été
11 Siao-man, abondance et plénitude
12 Mang-tchong, semence du froment et du riz
13 Hia-tchi, dernier terme de l'été
14 Siao-chon, petite chaleur
15 Ta-chon, grande chaleur
16 Li-tsin, commencement de l'automne
17 Tchon-chon, la chaleur cesse
18 Pe-lon, rosée blanche
19 Tsin-feu, division de l'automne
20 Stan-lon, rosée froide
21 Choang-kiang, la brume tombe
22 Li-tong, commencement de l'hiver
23 Siao-sue, petite neige
24 Ta-sue, grande neige
Le mois lunaire chinois se divise en trois semaines de 9 ou 10 jours. Le 1er, le 11ème et le
21ème jour ont un nom spécial; les autres se comptent par le chiffre correspondant. Le jour
commence à minuit et se divise en douze parties ou heures. Chacune de ces douze heures
comprend deux parties qui se distinguent nominalement par l'addition de kjao ou tssching au
nom principal.
Ainsi la première heure s'appelant Tscheu, ses deux parties s'appelleront : Tscheu-Kjao et
Tscheu-Tssching.
Les douze parties s'appellent les Schi. Le Schi, douzième partie du jour, équivalant à deux
de nos heures, vaut 8 ko, c'est-à-dire 8 quarts d'heure; le ko se subdivise en 15 parties
correspondant à nos minutes.
Pour les ères, les Chinois comptent tantôt à partir du 10 Mars 2697 avant Jésus-Christ,
tantôt à partir du 6 Mars 2637 av. J.-C., et quelquefois aussi du 23 Février 2397.
Les Japonais datent du 18 février 660 av. J.-C.
Ces deux peuples se servent du cycle de 60 ans, dans lequel chaque année avait un nom
particulier.
Les Japonais ont encore l'ère Nino, qui commence à l'arrivée au trône de Siu-mun-tem-ve, le
25 février 60 av. J.-C., l'ancienne ère civile datant du fameux Phra-Ruang, le Salomon
siamois, 658 av. J.-C., et l'ère actuelle qui date de la fondation de Bangkok, en 1782.
Ces trois ères se décomposent en cycles de 60 ans et en cycles de 12 ans.
Les jours du cycle de 60 ans ont tous des noms formés par des combinaisons de dix et
douze mots qui sont des noms de mois et d'années. Il ne semble pas utile de reproduire ici
cette longue énumération.
Les Chinois avaient donné aux douze signes du zodiaque les noms suivants :
1 zi (rat)
2 chou (boeuf)
3 yin ( tigre)
32
4 mao (lièvre, lapin)
5 chen (dragon)
6 si (serpent)
7 wu (cheval)
8 wei (mouton)
9 shen (singe)
10 you (coq)
11 xu (chien)
12 hai (cochon)
Ce système, une fois implanté chez le peuple immobile du Céleste Empire, y demeura le
calendrier du peuple ignorant.
Mais depuis très longtemps les sages de la Chine étaient arrivés à l'année de 365 jours et
même de 365 jours 1/4.
Dès 2637 avant Jésus-Christ, l'année précisément qui marque le début d'une ère chinoise,
l'empereur Houang-ti, après des observations minutieuses, décréta qu'il convenait de
mesurer le temps par des années de 365 jours I/4, mais en recommandant à n'en rien dire
au peuple superstitieux et craintif.
Au commencement du 12è siècle avant notre ère, les savants chinois étaient habitués à
observer avec précision le retour des solstices à l'aide des ombres mesurées par le gnomon.
Et ils faisaient à cette époque une suppression de jours analogue à celle que fit subir
Grégoire XIII au calendrier vingt-cinq siècles après eux.
Mais le système compliqué dont on vient de donner une idée resta en usage dans le peuple
jusqu'à notre époque.
Le Japon s'en est libéré en adoptant, en 1873, le calendrier grégorien. Après avoir proclamé
la république, la Chine a fait de même en 1912.
Extrait de "la Question du Calendrier" par Chauve-Bertrand, édit. la renaissance du livre,
1920.
Alors que la population de la République de Chine utilise le calendrier Grégorien pour leurs
besoins civils, le calendrier chinois est utilisé pour déterminer les festivals. Différentes
communautés chinoises de part le monde utilisent aussi ce calendrier.
Les débuts du calendrier chinois peuvent être évaluer au alentour du 14ème siècle avant J-
C. La légende veut que l'empereur Huangdi invente le calendrier en 2637 avant J-C.
Le calendrier chinois est basé sur des observations astronomiques abouties de la longitude
du soleil et des phases de la lune. Cela signifie que les principes de la science moderne
étaient connus et ont eu un impact sur le calendrier chinois.
A quoi ressemble le calendrier chinois ?
Le calendrier chinois, comme l'Hébreu est une combinaison du calendrier Solaire/Lunaire
dans lequel on s'efforce de faire coïncider les années avec l'année tropique et les mois avec
33
les mois synodiques. Cela n'est pas une surprise que quelques petites similarités existent
entre les calendriers chinois et Hébreu.
Une année ordinaire a 12 mois, une année bissextile en a 13.
Une année ordinaire fait 353, 354 ou 355 jours, une année bissextile en fait
384 ou 385.
Quand on détermine à quoi ressemble l'année chinoise, on fait beaucoup appel à des
méthodes astronomiques de calcul des nombres :
Premièrement, on détermine la date de la nouvelle lune. Ici, une nouvelle lune est une lune
complètement Noire (c'est lorsque la lune est en conjonction avec le soleil) et non pas le
premier croissant visible utilisé par les calendriers Islamique et Hébreu. La date de la
nouvelle lune est le 1er jour de la nouvelle lune.
Deuxièmement, on détermine la date à laquelle la longitude du soleil est un multiple de 30
degrés. (La longitude du soleil est de 0 à l'équinoxe de printemps, 90 au solstice d'hiver, 180
à l'équinoxe d'automne et 270 au solstice d'hiver).Ces dates sont appelées "termes
principaux" et sont utilisées pour déterminer le numéro de chaque mois :
Terme Principal 1 arrive lorsque la longitude du soleil est de 330 degrés.
Terme Principal 2 arrive lorsque la longitude du soleil est de 0 degré.
Terme Principal 3 arrive lorsque la longitude du soleil est de 30 degrés, etc...
Terme Principal 11 arrive lorsque la longitude du soleil est de 270 degrés.
Terme Principal 12 arrive lorsque la longitude du soleil est de 300 degrés.
Chaque mois porte le numéro du Terme Principal qui arrive dans ce mois.
Dans de rares cas, un mois contient deux Termes Principal. Dans ces cas, le numéro de
mois suivant est décalé en de manière appropriée. Par exemple, si un mois contient le
Terme Principal 1 et 2, la numérotation du premier mois est égale à 1 et le second à 2. Le
Terme Principal 11 (solstice d'hiver) tombe toujours le 11ème mois.
Tous les calculs astronomiques sont basés sur le méridien se trouvant 120 degrés à l'Est du
méridien de Greenwich. Ceci correspond grossièrement à la côte est de la Chine.
Quelques variations de ces règles existent au sein de différentes communautés chinoises.
Quelles sont les années bissextiles ?
Les années bissextiles possèdent 13 mois. Pour déterminer si une année est bissextile ou
non, il faut calculer le nombre des nouvelles lunes entre le 11ème mois d'une année( celui
du solstice d'hiver) et le 11ème mois de l'année suivante. S'il y a 13 lunes pleines entre ces
deux mois, une année bissextile doit être insérée.
Au sein des années bissextiles, au moins un mois ne doit pas contenir de Terme Principal.
Un tel mois est le mois bissextile. Il porte le même numéro que le moi précédant avec pour
particularité qu'il est le mois bissextile.
Comment dénombre-t-on les années ?
34
A l'inverse de beaucoup d'autres calendriers, le calendrier chinois ne compte pas les
années. Le calendrier chinois ne décompte pas les années en une séquence sans fin.
Chaque année est nommée et se répète en séquence tous les 60 ans.
(Historiquement, Les années sont utilisées pour décompter le temps écoulé depuis
l'ascension d'un empereur, mais ce système a été aboli après la révolution de 1911.)
A l'intérieur de chaque cycle de 60 ans, chaque année se voit assigné un nom constitué de
deux composantes :
La première est une "Tige Céleste" :
1. jia 6 ji
2 yi 7 geng
3 bing 8 xin
4 ding 9 ren
5 wu 10 gui
La seconde composante est une "Branche Terrestre" :
1 zi (rat)
2 chou (bœuf)
3 yin (tigre)
4 mao (lièvre, lapin)
5 chen (dragon)
6 si (serpent)
7 wu (cheval)
8 wei (mouton)
9 shen (singe)
10 you (coq)
11 xu (chien)
12 hai (cochon)
Les traductions françaises sont données entre parenthèses.
Chacune des deux composantes est utilisée séquentiellement. Ainsi, la 1ère année du cycle
de 60 ans commence à Jia-Zi, la seconde est yi-chou, la 3ème bing-yin,etc. Lorsqu'on atteint
la fin de la liste d'un composant, on recommence depuis le début de cette liste. La 10ème
année est gui-chou, la 11ème jia-xu, la 12ème yi-hai et la 13ème bing-zi. Finalement, la
60ème année devient gui-hai.
Cette manière de nommer les années remonte approximativement à 2 000 ans. Une
méthode similaire de "nommage" des jours et des mois est tombée en désuétude, mais le
nom de la date est encore listé dans les calendriers.
Le cycle de 60 ans a été couramment dénombré à partir de l'an 1637 avant J-C lorsque le
calendrier est supposé avoir été inventé. A cette date commença le premier cycle de 60 ans.
Quelle est l'année courante dans le calendrier chinois ?
35
Le cycle de 60 ans actuel a débuté le 2 février 1984. Cette date porte le nom de Bing-Yin
dans le cycle de 60 jours et, le 1er mois de cette année porte le nom de Gui-Chou dans le
cycle de 60 mois.
Cela signifie que l'année Ji-Mao (la 21ème année du 78ème cycle) a commencé le 22 janvier
2004.
Références : ASTROLOGIE CHINOISE AUTHENTIQUE par le maître NGUYEN Ngoc-Rao.
Éditions du Dauphin (Paris, 1999, 410 pages).
L'an 2004 sous le signe du Singe de Bois (Jia Chen)... Pour être informé de ce qui vous attend, cliquez ici !
Les dates des prochains nouvel an chinois
Notre Calendrier Calendrier Calendrier Calendrier
Nouvel An le Animal Elément
Calendrier Chinois Bouddhique Tibétain Islamique
22 janvier 2004 Singe Bois L'an 2004 L'an 4641 L'an 2547 L'an 2131 L'an 1424
9 février 2005 Coq Bois L'an 2005 L'an 4642 L'an 2548 L'an 2132 L'an 1425
29 janvier 2006 Chien Feu L'an 2006 L'an 4643 L'an 2549 L'an 2133 L'an 1426
18 février 2007 Cochon Feu L'an 2007 L'an 4644 L'an 2550 L'an 2134 L'an 1427
7 février 2008 Rat Terre L'an 2008 L'an 4645 L'an 2551 L'an 2135 L'an 1428
26 janvier 2009 Buffle Terre L'an 2009 L'an 4646 L'an 2552 L'an 2136 L'an 1429
14 février 2010 Tigre Métal L'an 2010 L'an 4647 L'an 2553 L'an 2137 L'an 1430
03 février 2011 Chat Métal L'an 2011 L'an 4648 L'an 2554 L'an 2138 L'an 1431
23 janvier 2012 Dragon Eau L'an 2012 L'an 4649 L'an 2555 L'an 2139 L'an 1432
10 février 2013 Serpent Eau L'an 2013 L'an 4650 L'an 2556 L'an 2140 L'an 1433
31 janvier 2014 Cheval Bois L'an 2014 L'an 4651 L'an 2557 L'an 2141 L'an 1434
19 février 2015 Chèvre Bois L'an 2015 L'an 4652 L'an 2558 L'an 2142 L'an 1435
L'ASTRONOMIE ENERGETIQUE CHINOISE
L'Astronomie Energétique Chinoise est décrite dans 7 chapitres (66 à 72) du Su Wen. C'est
la science des KAN et des CHE (KAN = Troncs Célestes, CHE = Branches Terrestres). Elle
explique le rapport de l'astronomie et des énergies cosmiques. Nous découvrons des tables
de calcul de la périodicité cyclique de ces énergies d'où découle la prévision de leurs
manifestations et de leurs effets sur Terre. Nous y voyons l'origine fondamentale de toute la
Pensée chinoise traditionnelle à la fois philosophique et scientifique dont le Yi Jing fait partie
intégrante.
Il faut apprendre à bâtir et à utiliser la roue annuelle des circulations énergétiques, par heure,
par jour, par mois (lunaire et solaire), par saison et par an. Cette roue met en rapport
l'énergie propre des constellations des Etoiles avec celles des Planètes, le relais du couple
soleil / lune, et leur action sur la Terre et sur l'énergie de l'Homme.
Entre 2000 et 1000 avant J.C., l'astronomie chinoise avait atteint des niveaux de
connaissance découverts par l'Occident seulement à partir du 17ème ou 18ème siècle.
L'existence des cycles énergétiques de 60 ans, 60 mois, 60 jours, 60 heures, affirmée par
les chinois depuis près de 4000 ans, est surprenante d'actualité. En effet, les manifestations
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de ces cycles, dans les climats saisonniers et les maladies humaines, sont observables et
les prévisions qui en découlent sont remarquables d'exactitude.
Depuis des décennies, cette science est l'objet de recherches approfondies par des
acupuncteurs. Elle explique la nature, les temps de manifestation, les productions et les
influences des énergies cosmiques, depuis leurs sources (étoiles, planètes, soleil, lune)
jusqu'à leurs correspondances avec le corps humain (organes, méridiens, psychisme et
émotionnel).
A partir de ces tables énergétiques, l'utilisateur effectue toutes les déductions profitables au
plan individuel (potentiels en fonction des tempéraments humains, consultations en
psychologie ou astrologie, etc...), social, saisonnier, climatologique, ou pour les maladies
dont l'apparition ou l'aggavation seront connues longtemps à l'avance, permettant ainsi une
prévention efficace.
La Science et l'Acupuncture Traditionnelles des Chinois sont fondées sur la connaissance
précise des émissions, de la circulation et des combinaisons d'énergies venant du COSMOS
et de l'environnement de la TERRE (saisons et géophysique du lieu d'habitat conditionnant
la portée de cette influence). Le Père G. SCHLEGGEL (19ème siècle) situe l'origine de cette
science à près de 17000 ans avant J.C., des vestiges archéologiques en attestant.
Dans le Su Wen, l'Empereur Jaune s'entretient avec ses 2 Conseillers Impériaux,
l'Astronome et l'Astrologue, judicieuse combinaison de 3 personnes. La connaissance du
Ciel montre l'origine d'émissions d'énergies de lumière dans le Palais Central des étoiles
(cercle autour de la polaire) ordonnées par 8 forces universelles, représentées par 8
trigrammes, racines des 64 hexagrammes du Yi Jing.
Le Yi Jing représente le modèle des 64 formes de vie possibles; il est lui-même fondé, à
partir de cette circulation, sur les combinaisons mathématiques des énergies du Ciel et de la
Terre.
Par la connaissance des énergies des astres, nous découvrons les relations entre les
différents niveaux du CIEL ayant une influence sur les grands mouvements de l'énergie
humaine par des mutations des énergies physique, affective et psychique. Les circulations
des énergies et du sang dans le corps humain, les modèles humains et les tendances
psychiques sont souvent déterminés par ces combinaisons.
Il n'est plus question de méridiens, mais du "remplissage" de l'être humain par des énergies
(parfois transcendantes) conformes à de grands mouvements, miroirs de ceux du cosmos.
Au plan le plus ésotérique de la Connaissance Chinoise, nous découvrons dans ces
chapitres une énergie universelle et "transcendante", le Chen universel, se manifestant
périodiquement dans un cycle de 60 ans. Elle circule sur Terre quelques années uniquement
durant cette période. D'où l'intérêt de connaître avec exactitude les combinaisons de ces
énergies (étoiles + planètes / soleil + lune avec la Terre) afin de prévoir leur venue.
(Extraits d'un cours de l'IEATC - Thierry Bollet, directeur d'école, acupuncteur.)
37
ASTROLOGIE CHINOISE
L'astrologie occidentale semble être apparue en Europe il y a 2000 ans, provenant d'Inde,
après avoir emprunté la piste des caravanes, la fameuse "route de la soie". D'éminents
sinologues ont montré combien l'astronomie chinoise avait une antiquité très supérieure a
celles de l'Inde et de Babylone et qu'elle en était à l'origine. Le système "moderne" des 12
animaux du cycle annuel et d'un animal pour une année est apparu en Chine vers le 11ème
siècle avant J.C.
Cependant une contreverse existe aujourd'hui. Celle-ci prétend que ce qui est présenté
aujourd'hui pour être "l'astrologie chinoise" est un succédané de l'astrologie européenne du
17ème siècle importée dans la pensée chinoise par les Pères Jésuites au 16ème siècle puis
au cours des protectorats (voir la page Histoire de la Chine Traditionnelle).
Depuis, celle-ci est revenue en Occident enrichie des principes chinois, mais n'a
pratiquement aucune relation avec les connaissances anciennes du cosmos et de
l'astrologie antique des chinois. La science des Kan et Che est étonnamment proche de la
science astrologique occidentale. La Roue des énergies s'apparente à celle d'un thème
astrologique.
LES DOUZE ANIMAUX SYMBOLIQUES
(par Christophe Enderlin, Acupuncteur Traditionnel.)
En médecine chinoise, les animaux sont également associés aux énergies dans le cycle
sexagésimal; celui-ci est découpé en 5 fois 12 ans, soit 60 ans. Ainsi, un nouveau cycle de
60 ans a débuté le 2 février 1984. Plus récemment la :
38
13 ème année du cycle = le rat 1996 25 ème année du cycle = le rat 2008 Shao yin au ciel
14 ème année du cycle = le boeuf 1997 26 ème année du cycle = le boeuf 2009 Tae yin au ciel
Shao yang au
15 ème année du cycle = le tigre 1998 27 ème année du cycle = le tigre 2010
ciel
Yang ming au
16 ème année du cycle = le lièvre 1999 28 ème année du cycle = le lièvre 2011
ciel
17 ème année du cycle = le dragon 2000 29 ème année du cycle = le dragon 2012 Tae yang au ciel
18 ème année du cycle = le serpent 2001 30 ème année du cycle = le serpent 2013 Jue yin au ciel
19 ème année du cycle = le cheval 2002 31 ème année du cycle = le cheval 2014 Shao yin au ciel
20 ème année du cycle = la chèvre 2003 32 ème année du cycle = la chèvre 2015 Tae yin au ciel
Shao yang au
21 ème année du cycle = le singe 2004 33 ème année du cycle = le singe 2016
ciel
Yang ming au
22 ème année du cycle = le coq 2005 34 ème année du cycle = le coq 2017
ciel
23 ème année du cycle = le chien 2006 35 ème année du cycle = le chien 2018 Tae yang au ciel
24 ème année du cycle = le cochon 2007 36 ème année du cycle = le cochon 2019 Jue yin au ciel
Puis ensuite la :
Yang ming au
40 ème année du cycle = le lièvre 2023
ciel
60 ème année du cycle = le cochon 2043 Jue yin au ciel
1ère année du nouveau cycle = le
2044 Shao yin au ciel
rat
Etc... jusqu'à la 60 ème année qui est la dernière du cycle de 60 ans, au-delà de laquelle tous les paramètres
repartent à zéro. (Le calendrier normal des 6 Qi - Su Wen, livre 21, chapitre
71)
39
SIGNES ASTROLOGIQUES CHINOIS
Du 16-2-1923 au 4-2-1924 Cochon Du 28-2-1949 au 16-2-1950 Boeuf Du 29-2-1976 au 18-2-1977 Dragon
Du 5-2-1924 au 22-2-1925 Rat Du 17-2-1950 au 6-2-1951 Tigre Du 19-2-1977 au 6-2-1978 Serpent
Du 23-2-1925 au 12-2-1926 Boeuf Du 7-2-1951 au 25-2-1952 Lièvre Du 7-2-1978 au 27-1-1979 Cheval
Du 13-2-1926 au 3-3-1927 Tigre Du 26-2-1952 au 13-2-1953 Dragon Du 28-1-1979 au 15-2-1980 Chèvre
Du 4-3-1927 au 21-2-1928 Lièvre Du 14-2-1953 au 4-3-1954 Serpent Du 16-2-1980 au 4-2-1981 Singe
Du 22-2-1928 au 9-2-1929 Dragon Du 5-3-1954 au 22-2-1955 Cheval Du 5-2-1981 au 24-1-1982 Coq
Du 10-2-1929 au 28-2-1930 Serpent Du 23-2-1955 au 11-2-1956 Chèvre Du 25-1-1982 au 12-2-1983 Chien
Du 1-3-1930 au 17-2-1931 Cheval Du 12-2-1956 au 1-3-1957 Singe Du 13-2-1983 au 1-1-1984 Cochon
Du 18-2-1931 au 6-2-1932 Chèvre Du 2-3-1957 au 18-2-1958 Coq Du 2-1-1984 au 19-2-1985 Rat
Du 7-2-1932 au 24-2-1933 Singe Du 19-2-1958 au 7-2-1959 Chien Du 20-2-1985 au 8-2-1986 Boeuf
Du 25-2-1933 au 13-2-1934 Coq Du 8-2-1959 au 26-2-1960 Cochon Du 9-2-1986 au 28-1-1987 Tigre
Du 14-2-1934 au 4-3-1935 Chien Du 27-2-1960 au 15-2-1961 Rat Du 29-1-1987 au 16-2-1988 Lièvre
Du 5-3-1935 au 22-2-1936 Cochon Du 16-2-1961 au 4-2-1962 Boeuf Du 17-2-1988 au 5-2-1989 Dragon
Du 23-2-1936 au 11-2-1937 Rat Du 5-2-1962 au 23-2-1963 Tigre Du 6-2-1989 au 26-1-1990 Serpent
Du 12-2-1937 au 2-3-1938 Boeuf Du 24-2-1963 au 13-2-1964 Lièvre Du 27-1-1990 au 14-2-1991 Cheval
Du 3-3-1938 au 19-2-1939 Tigre Du 14-2-1964 au 3-3-1965 Dragon Du 15-2-1991 au 3-2-1992 Chèvre
Du 20-2-1939 au 8-2-1940 Lièvre Du 4-3-1965 au 20-2-1966 Serpent Du 4-2-1992 au 22-1-1993 Singe
Du 9-2-1940 au 26-2-1941 Dragon Du 21-2-1966 au 9-2-1967 Cheval Du 23-1-1993 au 9-2-1994 Coq
Du 27-2-1941 au 15-2-1942 Serpent Du 10-2-1967 au 28-2-1968 Chèvre Du 10-2-1994 au 30-1-1995 Chien
Du 16-2-1942 au 4-2-1943 Cheval Du 29-2-1968 au 16-2-1969 Singe Du 31-1-1995 au 18-2-1996 Cochon
Du 5-2-1943 au 23-2-1944 Chèvre Du 17-2-1969 au 6-2-1970 Coq Du 19-2-1996 au 6-2-1997 Rat
Du 24-2-1944 au 12-2-1945 Singe Du 7-2-1970 au 25-2-1971 Chien Du 7-2-1997 au 27-1-1998 Boeuf
Du 13-2-1945 au 3-3-1946 Coq Du 26-2-1971 au 14-2-1972 Cochon Du 28-1-1998 au 15-2-1999 Tigre
Du 4-3-1946 au 20-2-1947 Chien Du 15-2-1972 au 4-3-1973 Rat Du 16-2-1999 au 4-2-2000 Lièvre
Du 21-2-1947 au 9-2-1948 Cochon Du 5-2-1973 au 22-2-1974 Boeuf Du 5-2-2000 au 23-1-2001 Dragon
Du 10-2-1948 au 27-2-1949 Rat Du 23-2-1974 au 11-2-1975 Tigre Du 24-1-2001 au 11-2-2002 Serpent
Du 12-2-1975 au 28-2-1976 Lièvre Du 12-2-2002 au 31-1-2003 Cheval
Du 1-2-2003 au 21-1-2004 Chèvre
40
LA MEDECINE
TRADITIONNELLE
41
HISTORIQUE DE LA MEDECINE TRADITIONNELLE
Depuis des millénaires, elles ont apporté une contribution remarquable à la prospérité de la nation
chinoise et se distinguent des autres médecines du monde par leur efficacité, leur originalité, la
spécificité des diagnostics et des traitements, la clarté de leurs théories et l'abondante documentation
sur laquelle elles s'appuient. Elles font partie du trésor médical commun de l'humanité.
L'existence plusieurs fois millénaire de la médecine et de la pharmacopée traditionnelle chinoise est la
preuve de leur vitalité. En complément de la médecine moderne, elles donnent à l'action médicale et
sanitaire de la Chine une originalité et des atouts particuliers.
L'histoire de la médecine et de la pharmacopée traditionnelle chinoise peut remonter à la société
primitive. Les ancêtres de la nation chinoise avaient créé une forme primitive de médecine dans leur
lutte contre la nature. En quête d'aliments, ils découvrirent les effets curatifs ou palliatifs de certaines
plantes et animaux. En se réchauffant autour du feu, ils découvrirent que des pierres et du sable bien
chauffé et enveloppé dans une peau d'animal ou des écorces d'arbre pouvaient dissiper la douleur : ils
inventèrent ainsi la compresse chaude et la moxibustion à la suite de longues pratiques et de
perfectionnements successifs.
Par l'usage d'outils en pierre, ils découvrirent que la stimulation ou le choc imprimé sur une partie du
corps pouvait apaiser par miracle les douleurs d'une autre partie du corps : ainsi fut inventé un
traitement utilisant une aiguille en pierre ou en os qui finit par devenir l'acupuncture. Sur la base de
ces thérapies, se forma la théorie des méridiens.
La théorie fondamentale de la médecine traditionnelle chinoise se base sur la connaissance et la
compréhension des organes internes, des méridiens et de leurs branches collatérales, du QI (énergie
vitale), du sang, de la salive et des causes des maladies. Les quatre méthodes et la différenciation du
diagnostic constituent l'essentiel de la démarche de la médecine traditionnelle chinoise.
Les quatre méthodes sont : l'observation (de la mine du patient), la perception (on écoute la voix du
patient), l'interrogation (on le questionne sur son état et le déroulement de la maladie) et la palpation
(prise du pouls); la différenciation du diagnostic consiste, après constatation des symptômes, à
analyser, résumer et déterminer avec précision l'état du malade.
La médecine traditionnelle chinoise utilise, à part les médicaments, des méthodes thérapeutiques
spécifiques comme l'acupuncture, le massage, le qigong (exercices respiratoires), etc. Le Traité de la
médecine interne de l'empereur jaune, le plus ancien ouvrage médical de Chine, publié il y a plus de
deux mille ans, dota la médecine traditionnelle chinoise de fondements théoriques. Plus tard,
apparurent un grand nombre de livres de médecine dont les plus célèbres sont : le Traitement des
maladies difficiles. Sur le typhus et d'autres maladies, le Traite d'étiologie. Le Compendium de materia
medica de Shen Nong est le plus ancien livre de Chine traitant de pharmacologie.
Le Compendium de materia medica des Tang est le premier codex publié par le gouvernement de la
Chine antique et aussi le plus ancien codex officiel du monde. Le Compendium de materia medica
écrit par Li Shizhen sous les Ming présente 1892 variétés de plantes médicinales accompagnées de
10000 ordonnances.
Depuis l'avènement de la Chine nouvelle, le gouvernement a toujours accordé une importance
particulière à la médecine et à la pharmacopée traditionnelle chinoise et les soutient dans divers
domaines. En 1986, a été fondée l'Administration d'Etat de la médecine traditionnelle chinoise. Deux
ans plus tard, a été créée, à partir de ladite administration, l'Administration d'Etat de la médecine et de
la pharmacopée traditionnelle chinoise, chargée de définir les stratégies de développement, la
politique, les mesures et les règlements en la matière et de garantir, sur le plan organisationnel,
42
l'association de la médecine et de la pharmacopée traditionnelle et une bonne gestion de leur
développement.
L'enseignement de la médecine et de la pharmacopée traditionnelle chinoise s'est développée à partir
de zéro. Ont été créé successivement des écoles spécialisées secondaires et supérieures, des écoles
régulières, des cours par correspondance, des cours du soir, des formations dispensées par des
maîtres, des examens pour autodidactes et des écoles gérées par des organismes sociaux. Ces
écoles ont formé un grand nombre de personnes spécialisées.
Le développement de l'industrie pharmaceutique de la médecine chinoise a permis d'établir un
système complet, englobant une riche gamme de produits et utilisant les technologies de pointe. La
Chine poursuit des recherches sur la combinaison de la médecine traditionnelle chinoise et de la
médecine occidentale. Aujourd'hui, les trois formes de médecine, médecine traditionnelle chinoise,
médecine occidentale et combinaison des deux, coexistent en Chine; elles se complètent et se
développent en parallèle.
La médecine traditionnelle chinoise est très riche. Les chercheurs ont beaucoup étudié la théorie
fondamentale et les effets thérapeutiques de cette technique et aux méthodes modernes ; ainsi ont-ils
pu donner des explications scientifiques aux principes concernant les viscères, la stase sanguine et
l'acupuncture. La Chine se tient au premier rang dans cinq branches de la médecine mondiale; la
greffe de membres sectionnés, les soins aux brûlés, la réduction des fractures, le traitement des
affections abdominales aiguë et l'anesthésie par acupuncture; les trois dernières sont les résultats de
la combinaison de la médecine traditionnelle chinoise et de la médecine occidentale. Ces dernières
années, la médecine et la pharmacopée traditionnelle chinoise ont obtenu des succès satisfaisants
dans le traitement des maladies cardio-vasculaires et cérébro-vasculaires, des maladies du système
immunitaire, des tumeurs, et des fractures.
La prévention et le traitement des maladies grâce à des médicaments chinois se sont nettement
répandus, et l'étendue des services rendus par ces médicaments s'est élargie, tout cela grâce à la
mise en valeur et au classement des recettes traditionnelles populaires, aux progrès accomplis dans
la plantation, le traitement et la préparation des plantes médicinales, et à l'amélioration des
médicaments.
Le traitement des affections abdominales aiguës par les médicaments chinois permet de guérir sans
opération chirurgicale. Les fruits de la recherche sur les traitements et l'anesthésie par acupuncture
ainsi que ses effets antalgiques ont été diffusés dans 120 pays et territoires. En 1987,a été fondé à
Beijing la Fédération mondiale de l'Acupuncture à laquelle ont adhéré plus de 50 000 membres
répartis dans une centaine de pays et territoires.
C'est la première organisation internationale académique établie en Chine, et présidée par un Chinois.
En 1989, a eu lieu à Beijing la Conférence médicale internationale sur le Qigong à laquelle ont
participé 29 pays et territoires. En 1991, la Chine a organisé la Conférence internationale sur la
médecine et la pharmacopée traditionnelle à l'issue de laquelle a été publiée la Déclaration de Beijing,
rédigée conjointement par plusieurs dizaines de pays.
La Chine entretient désormais des relations de coopération dans les domaines de la médecine, de la
recherche scientifique et des échanges académiques avec plus de 100 pays et territoires. Ces
dernières années, avec l'apparition des thérapies naturelles ou sans médicaments, divers pays du
monde ont reconnu l'efficacité de la médecine et de la pharmacopée traditionnelle chinoise et la
coopération en la matière ne cesse de s'intensifier. Le Japon, les États-Unis et l'Allemagne ont établi
des relations de coopération avec la Chine.
L'Organisation mondiale de la Santé a institué en Chine sept centres de coopération sur la médecine
et la pharmacopée traditionnelle. Parmi les étudiants étrangers venant en Chine étudier les sciences
naturelles, ceux qui étudient la médecine et la pharmacopée traditionnelle chinoise sont les plus
nombreux. L'accord signé entre l'Université de médecine traditionnelle chinoise de Beijing et une
université britannique d'Etat a marque le début de l'enseignement de la médecine traditionnelle
chinoise dans des universités britanniques et même européennes.
43
Le Japon et la République de Corée ont créé des écoles de médecine traditionnelle chinoise. La
France, les États Unis, l'Italie et l'Australie ont fondé des instituts de médecine traditionnelle chinoise
ou des instituts d'acupuncture. L'Université de Munich, en Allemagne, a établi un institut de recherche
sur la théorie de la médecine traditionnelle chinoise.
_____________________________________
44
LES ORIGINES DE L'ACUPUNCTURE
Un bref aperçu sur l'origine de l'acupuncture et de la
moxibustion, la théorie des méridiens, des collatéraux et
des points... ou... comment l'histoire de la médecine
chinoise commence avec l'Homme de Pékin, plus d'un
million d'années avant notre ère.
Le tout début : la préhistoire
Dans le courant de l'évolution de l'espèce humaine,
certaines découvertes ont fortement déterminé son progrès,
comme par exemple, la découverte de l'utilisation du feu à
l'ère des pithécanthropes et l'utilisation des outils de pierre
pendant l'âge de la pierre. Les précieuses pièces
découvertes à Zhoukoudian, le célèbre vestige des Hommes
de Pékin dans un village près de la ville de Pékin, prouvent
que nos ancêtres savaient déjà utiliser le feu et les outils de
pierre il y a plus d'un million d'années.
Dans le sillage de ces découvertes, on pourrait imaginer l'invention de l'acupuncture comme
ceci : en utilisant du feu, nos ancêtres auraient pu se brûler par hasard et constater que cela
soulageait certaines douleurs physiques ; ils auraient aussi pu constater que la proximité du
feu leur donnait une sensation de bien-être physique marqué. Ainsi ils auraient appris que le
feu et la chaleur pouvaient traiter certaines maladies - cela pourrait être l'origine de la
moxibustion. De la même façon nos ancêtres auraient pu être piqués par épines de plantes
ou des pierres pointues, ce qui aurait aussi pu causer le soulagement de certaines
souffrances physiques. Ainsi ils ont appris à se piquer consciemment avec des pierres
pointues et plus tard à fabriquer des aiguilles en pierre - ce qui pourrait être l'origine de
l'acupuncture. Par un instinct naturel, nos ancêtres auraient pu aussi presser certaines points
douloureux de leur corps - ce qui pourrait être l'origine du massage.
Ces gestes qui étaient au début inconscients ou instinctifs sont devenus progressivement
des pratiques médicales primitives conscientes. À travers la répétition de ces gestes pendant
d'innombrables siècles, voire des millénaires, les ancêtres des peuples de la Chine ont
découvert que s'ils pratiquaient ces actes sur certains endroits précis de la peau, certaines
maladies étaient efficacement soulagées ou guéries. C'était la première découverte des
méridiens et des points d'acupuncture, qui à ce moment ne portaient pas encore de nom.
Au fur et à mesure que la société humaine évoluait et que la production matérielle et la
pratique médicale se développaient, les aiguilles de pierre (bian shi) ont été remplacées par
des aiguilles en os, des aiguilles en terre cuite et puis par des aiguilles en métal et on
n'appliquait plus directement le feu sur la peau, mais on avait appris à utiliser l'armoise.
C'étaient des progrès naturels dans l'histoire de l'humanité. En même temps, des personnes
ont consacré leur vie à étudier et à pratiquer ces méthodes thérapeutiques - c'étaient les
premiers médecins. Ainsi la médecine se développait dans la pratique et sa théorie prenait
progressivement forme.
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Pendant de longues années de pratique de la piqûre et du massage, beaucoup d'expérience
a été accumulée, ce qui a permis de découvrir de plus en plus d'emplacements sur la
surface du corps qui produisaient certains effets dans le traitement des maladies. En plus, on
a remarqué qu'après avoir piqué un certain endroit du corps, on pouvait sentir que l'énergie
circulait suivant un certain trajet. Cela a été la première constatation qu'il y avait une liaison
entre certains points de piqûre. Ainsi la connaissance à franchi le pas des points aux lignes
qui les relient : voilà la base de la formation du concept des méridiens et des collatéraux.
Pendant les travaux quotidiens et les pratiques thérapeutiques, il pouvait arriver que des
piqûres causent des saignements. A cette occasion on a remarqué qu'un saignement pouvait
soulager certaines maladies. Ainsi la méthode thérapeutique de la saignée par la piqûre a
été créée - c'était la première connaissance concernant le sang et on a progressivement
découvert que les canaux visibles à la surface du corps étaient les voies de la circulation du
sang.
Ces "canaux" étaient appelés "mai", ce qui signifie "les voies par lesquelles le sang circule
dans tout le corps", donc "les vaisseaux". Le caractère " qi " était écrit au début par trois
petits traits ondulants, qui allaient du coin supérieur gauche vers le coin inférieur droit. A
l'origine, ces trois traits étaient le symbole des nuages. Nos ancêtres ont emprunté ce
symbole pour désigner le qi, parce que le qi est " insaisissable comme les nuages ". Les
anciens considéraient le qi et le sang comme deux phénomènes physiologiques du même
genre et les associaient souvent. Donc les voies dans lesquelles ils percevaient la circulation
du qi au moment de la piqûre étaient aussi appelées " mai, vaisseaux ".
Les termes de " méridiens, jing " et de " collatéraux, luo " sont apparu après ceux de "
vaisseaux ligamentaires, jin mai " et de " vaisseaux sanguins, xue mai ". Après la découverte
de plus en plus de " vaisseaux ligamentaires " et de " vaisseaux sanguins ", les anciens
sentaient la nécessité de les distinguer les uns des autres suivant leurs caractéristiques et
de leur donner des noms différents. Ainsi, on a emprunté le terme " jing " dont la signification
originale était " labourer un champ dans le sens nord-sud " pour décrire " les vaisseaux
troncs qui vont dans le sens vertical du corps " et le terme " luo " dont la signification
originale était " lier des fils ensemble pour former un filet " pour décrire " les vaisseaux
branches qui font la liaison entre les vaisseaux troncs ". On avait donc d'abord les deux
termes jing et luo séparés.
Suivant les connaissances actuelles, la combinaison " jingluo " en tant que terme combiné, a
apparu pour la première fois dans le chapitre Kou Wen, Connaissances transmises par les
paroles, de Ling Shu, le Pivot Spirituel, un des deux volumes du Nei Jing, Le Classique
Interne, où il est dit que "quand les jing et les luo (ou jingluo) s'épuisent, les voies des
vaisseaux sont obstruées". Cela signifie que quand le qi qui circule dans les méridiens et les
luo s'épuise, ceux-ci sont obstrués en tant que voies de la circulation du qi et du sang. Ici, les
jing (méridiens) et les luo (collatéraux) étaient mentionnés pour la première fois comme un
ensemble et on distingue clairement une séparation entre jingluo (méridiens et collatéraux)
et mai (vaisseaux) au point de vue de la terminologie.
Pendant leur pratique médicale, les anciens ont découvert de plus en plus d'endroits fixes à
la surface du corps, qui avaient certains effets sur certaines maladies, ainsi que des liens
entre ces endroits fixes. La connaissance du corps s'enrichissait progressivement - on peut
considérer qu'on arrivait ainsi à une forme d'anatomie primitive. Quand cette connaissance
avait atteint un certain niveau, il se formait naturellement le besoin et la nécessité de classer
les différents méridiens et les collatéraux en leur donnant des noms spécifiques. Comme le
Nei Jing, Le Classique Interne, a été écrit par différentes personnes à différentes époques,
on distingue clairement l'évolution de cette classification, ainsi que l'apparition des différents
termes relatifs aux méridiens et aux luo. Il est dit dans Ling Shu, Pivot Spirituel au chapitre
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Jing Shui, Les cours d'eau, que "parmi les douze méridiens, il y en a qui ont beaucoup de
sang et peu de qi, ou peu de sang et beaucoup de qi, ou beaucoup de qi et beaucoup de
sang, ou peu de qi et peu de sang ...". Ici, on constate qu'il existe déjà la notion des douze
méridiens.
Sous l'influence de la théorie de yin yang et des cinq phases, les anciens ont divisé les
méridiens et les collatéraux en deux groupes : les méridiens yin (yin jing) et les méridiens
yang (yang jing), les collatéraux yin (yin luo) et les collatéraux yang (yang luo) ; suivant l'état
du qi et du sang des méridiens, ils les ont divisés en méridiens vides (xu jing) et méridiens
prospères (sheng jing) ; suivant la longueur et la grosseur des collatéraux, ils les ont divisés
en grands collatéraux (da luo), petits collatéraux (xiao luo), collatéraux superficiels (fu luo),
etc ; suivant la localisation de leurs parcours, ils les ont divisés en méridiens du pied (zu
jing), méridiens du bras (bi jing),vaisseaux de l'oreille (er mai) , vaisseaux de l'épaule (jian
mai), vaisseaux des dents (chi mai), vaisseaux de la main (shou mai), etc. C'était la première
classification des méridiens et des collatéraux suivant leurs caractéristiques. Dans le
chapitre Jing Mai, Méridiens et vaisseaux, de Ling Shu, Le Pivot spirituel, la classification de
méridiens était déjà très précise et on y voit apparaître les termes "les douze méridiens yin et
yang de la main et du pied".
Les grands moments de l'histoire
En 1973, on a découvert un tombeau de l'an 168 ac (dynastie Han Occidentale), à
Mawangdui, près de la ville de Changsha, le chef lieu de la province Hunan. On y a trouvé
trois volumes de documents écrits sur tissu, consacrés aux méridiens et aux collatéraux. Le
terme jingluo (méridiens collatéraux) n'y est cependant pas encore mentionné. L'auteur
parlait de "onze vaisseaux du pied et de la main", donc sans les désigner par leurs noms et il
a décrit leurs parcours, sans mentionner la relation surface-interne entre les couples de
méridiens et sans faire la liaison entre les méridiens et les organes et les entrailles internes.
Malgré la simplicité de leur contenu, la valeur de ces documents n'est pas négligeable - ils
nous montrent qu'à cette époque ou même plus tôt, la théorie des méridiens et des
collatéraux avait déjà atteint une forme embryonnaire, bien plus tôt que beaucoup d'autres
théories fondamentales de la médecine chinoise.
Nei Jing, Le Classique Interne, est l'ouvrage classique représentatif de la théorie
fondamentale de la médecine chinoise et il est considéré comme le symbole de la prise de
forme de sa théorie fondamentale. Il est difficile de définir la période à laquelle cet ouvrage a
été écrit : certains chercheurs croient qu'il a été écrit pendant la Période des Printemps et
Automnes (770 ac - 476 ac) et la Période des Royaumes Combattants (475 ac - 221 ac) ;
certains d'autres disent qu'il a été terminé pendant la Dynastie Han Occidental (206 ac - 24
pc) ; certains chercheurs pensent même qu'il a été terminé seulement vers la Dynastie Tang
(618 - 907). D'après les différents styles du langage écrit et des contenus, il est clair que cet
ouvrage n'a pas été écrit par une seule personne et n'a pas été terminé en une période
courte. Ce qui est sûr, c'est que Le Classique Interne a été écrit plus tard que les trois
volumes de documents découverts dans le tombeau à Mawangdui et représente une période
pendant laquelle la théorie des méridiens et des collatéraux prenait déjà une forme
relativement mûre. Le volume Ling Shu, Pivot spirituel, du Classique Interne est aussi appelé
Zhen Jing. Le Classique de l'Aiguille. La totalité de son contenu est consacré à la théorie et à
la pratique des méridiens et des luo. Les descriptions de la structure du système des
méridiens et des collatéraux, les parcours des méridiens réguliers, des collatéraux, des
méridiens extraordinaires, des méridiens distincts et des méridiens tendino-musculaires, des
fonctions physiologiques du système des méridiens et des collatéraux et la pathologie des
méridiens et des collatéraux, des points - leur localisation et leurs indications y sont
relativement complètes et précises. Ce qui est remarquable, c'est que la théorie des
méridiens et des collatéraux s'y trouve liée à celles de yin yang et des cinq phases, de la
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correspondance entre le ciel et l'homme, des manifestations des organes et de l'étiologie et
la pathogénie. Ainsi le concept de l'ensemble du corps humain prenait une forme mûre.
Huangdi Bashi Yi Nan Jing, Le Classique des Quatre-vingt une difficultés (du Classique
Interne) de l'Empereur Jaune, souvent appelé en abrégé Nan Jing, Le Classique des
Difficultés, est un livre explicatif des quatre-vingt un points difficiles du Classique Interne. La
plus grande partie du contenu de cet ouvrage est consacré à la théorie des méridiens et des
collatéraux et à celle de l'acupuncture et de la moxibustion. La théorie des méridiens
extraordinaires y est développée et le concept des huit vaisseaux y apparaît pour la première
fois. Les parcours et la pathologie des méridiens extraordinaires, la relation entre les
méridiens réguliers et les méridiens extraordinaires, la nature yin yang des points des
méridiens et les méthodes de tonification et de dispersion, etc, y ont été complétées au
départ des descriptions données dans Le Classique Interne. Le Classique des Difficultés est
un ouvrage extrêmement important dans l'évolution de la théorie des méridiens et des
collatéraux. Au point de vue de l'évolution de l'acupuncture, Le Classique Interne et Le
Classique des Difficultés sont les deux ouvrages les plus importants ayant une même valeur.
Zhang Zhongjing (150 - 219) de la Dynastie Han Orientale (25 - 220), est considéré comme
le créateur du système du traitement suivant la différentiation des syndromes, ce qui est une
des grandes particularités de la médecine chinoise. Dans son célèbre ouvrage Shang Han
Za Bing Lun, Traité des Atteintes du Froid et des Maladies Diverses, il a créé le système de
la différentiation des syndromes suivant les six méridiens, qui est en fait une application de la
théorie des méridiens et des collatéraux du Classique Interne dans la pratique. Le Traité de
l'Atteinte du Froid et des Maladies Diverses est donc un ouvrage de la combinaison de la
théorie des méridiens et des collatéraux et de la pratique clinique.
Zhen Jiu Jia Yi Jing, Le Classique Jia Yi de l'Acupuncture et la Moxibustion, de Huangfu Mi
de la Dynastie Jin Occidental (265 - 316) est le plus ancien ouvrage consacré à
l'acupuncture et la moxibustion qui est complètement conservé jusqu'à présent. L'auteur
Huangfu Mi a rassemblé le contenu du Classique Interne et d'un autre livre important de
méridiens et des points Ming Tang Kong Xue Zhen Jiu Zhi Yao, Eclaircissement des Sujets
Importants Concernant les Points et le Traitement par l'Acupuncture et la Moxibustion, en les
reclassant par sujet et en les complétant. Le Classique Jia Yi de l'Acupuncture et la
Moxibustion est considéré comme le grand résumé des recherches de l'acupuncture et la
moxibustion avant la dynastie Jin Occidentale. Au départ de ces deux livres classiques,
Huangfu Mi a ajouté un grand nombre de noms de points en décrivant très précisément leur
localisation, la méthode de piqûre et de moxibustion, leurs indications, etc. En plus, une
grande partie de cet ouvrage est consacrée au traitement des maladies des différentes
branches de la médecine chinoise par l'acupuncture et la moxibustion. Cet ouvrage
représente la période de maturité dans l'évolution de la théorie des méridiens et des
collatéraux.
Pendant la dynastie Song (960 - 1279), suivant le décret de l'empereur, Wang Weiyi a
rassemblé et révisé les méridiens, les collatéraux et les points d'acupuncture afin d'en
standardiser l'enseignement. Il s'est référé à des classiques des méridiens, des collatéraux,
des points et de l'acupuncture et a fabriqué deux statues en bronze d'un homme adulte de
l'époque à grandeur réelle, qui servaient à illustrer les structures du corps humain, les
méridiens, les collatéraux et les points d'acupuncture. Suivant des documents historiques de
cette époque, ces deux statues pouvaient s'ouvrir et se fermer. Dans l'interne, il y avait des
modèles des organes et des entrailles et à la surface, des trous correspondant aux points.
Au moment de l'examen officiel des acupuncteurs, les trous étaient obturés de cire, les
statues remplies d'eau, puis peintes de telle façon que les points n'étaient plus visibles. Les
acupuncteurs devaient piquer le corps de la statue. Si un acupuncteur réussissait à insérer
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l'aiguille à l'endroit voulu, l'eau sortait par le point, ce qui voulait dire qu'il connaissait bien les
méridiens et les points et qu'il avait réussi son examen pratique.
Dans Shisi Jing Fa Hui, Le Déploiement des Quatorze Méridiens de Gu Boren de la Dynastie
Yuan (1271 - 1368), le terme de "quatorze méridiens" est apparu pour la première fois.
L'auteur a mis en exergue les douze méridiens principaux plus Du Mai et Ren Mai, qui tous
ont des points propres. Il a tout spécialement étudié leur parcours, les règles de la circulation
du qi et du sang dans ces méridiens, leurs points, leur pathologie, etc. Cet ouvrage est aussi
considéré comme une référence importante dans l'évolution de la théorie des méridiens et
des collatéraux, de l'acupuncture et de la moxibustion.
Zhen Jiu Da Cheng, Le Grand Livre Complet de l'Acupuncture et la Moxibustion, sorti en
1601 et écrit par Yang Jizhou de la Dynastie Ming (1368 - 1644), est un grand résumé des
résultats de recherche en acupuncture avant la Dynastie Ming. Actuellement, ce livre a gardé
une valeur importante, tant au point de vue de la théorie qu'au point de vue de la pratique et
il est toujours considéré comme une référence importante dans l'étude de l'acupuncture.
À la fin de la Dynastie Ming et pendant la Dynastie Qing (1644 - 1911), la théorie de l'école
des maladies de la tiédeur a pris forme et exercé beaucoup d'influence sur la pratique de la
médecine. En se basant sur la théorie de la différentiation des syndromes suivant les six
méridiens du Shang Han Za Bing Lun, Le Traité des Atteintes du Froid et des Maladies
Diverses, la théorie des maladies de la tiédeur étudie principalement la transmission des
maladies de la tiédeur chaleur suivant les quatre couches - la couche wei défense, la couche
qi, la couche ying nutrition et la couche sang. Ce sont en fait les quatre niveaux de la
circulation du qi et du sang des méridiens et des vaisseaux. Il est donc clair que cette théorie
fait partie intégrante du système des méridiens et des collatéraux.
Au milieu de la Dynastie Qing, un ministre de haut niveau a écrit que "la piqûre par les
aiguilles, le traitement par le feu et le moxa ne sont pas des moyens qui conviennent pour
soigner les souverains". À partir de ce moment, un contre-courant s'est créé dans l'évolution
de l'acupuncture. En 1822, le souverain a ordonné de "fermer à jamais le service de
l'acupuncture et la moxibustion dans l'Hôpital Impérial". Pendant cette période, l'évolution de
l'acupuncture a été fortement freinée et il n'y avait plus que de rares nouveaux livres
consacrés à la théorie des méridiens et des collatéraux pendant cette époque.
Après la Dynastie Qing et jusqu'à présent, beaucoup de recherches sur l'acupuncture ont été
effectuées. Cela se traduit par l'apparition d'un grand nombre d'ouvrages consacrés à l'étude
des classiques et au développement des nouveaux concepts de l'acupuncture.
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CONCEPT DES MERIDIENS EN MEDECINE CHINOISE
(par Christophe Enderlin, Acupuncteur Traditionnel.)
"Grâce aux Méridiens on détermine la santé, on traite les maladies, on régularise le vide et le plein." Cette phrase du Ling Shu (chap. 10) témoigne
de la place importante occupée par le système des méridiens en médecine chinoise, place qui s'étend à l'ensemble de la médecine et ne se limite
pas au seul domaine de l'acupuncture.
Concept des méridiens
Jing Luo est le terme générique qui englobe les méridiens et leurs ramifications. Jing a le sens de "chemin", "voie". Les méridiens sont les
branches principales du système canalaire. Luo signifie "réseau". Les Luo sont les branches des méridiens qui se croisent en diagonales et qui
couvrent l'ensemble du corps.
Les Jing Luo sont des lieux privilégiés qui relient les organes et les membres, font communiquer le haut et le bas, la surface et l'intérieur, règlent le
fonctionnement de chaque partie du corps, et dans lesquels circulent le Qi et le sang.
Classification des Jing Luo
Les méridiens (Jing) se divisent en 3 catégories :
Les méridiens ordinaires ou réguliers (Jing Mai).
Les méridiens particuliers (encore appelés, extraordinaires, curieux, étranges), (Qi Jing Mai).
Les méridiens distincts ou séparés (Jing Bie).
Il y a 12 méridiens réguliers composés de :
3 méridiens Yin du bras. (Tai Yin du Poumon, Shao Yin du Coeur, Jue Yin du Maître du coeur)
3 méridiens Yin de jambe. (Tai Yin de la Rate, Shao Yin du Rein, Jue Yin du Foie)
3 méridiens Yang du bras. (Tai Yang d'Intestins grêle, Shao Yang de Trois réchauffeurs, Yang Ming de Gros intestin)
3 méridiens Yang de jambe. (Tai Yang de Vessie, Shao Yang de Vésicule biliaire, Yang Ming d'Estomac)
On les appelle en règle générale "les 12 méridiens". Leurs noms sont déterminés d'abord par la nature Yin ou Yang du viscère en communication
avec le méridien et ensuite par le membre (bras ou jambe) dans lequelils circulent.
Les méridiens Yang correspondent aux entrailles Fu, ils circulent dans la zone externe des membres.
Les méridiens Yin correspondent aux organes Zang, ils circulent dans la partie interne des membres.
Il y a 8 méridiens particuliers :
Du Mai : mer des Yang
Ren Mai : mer des Yin
Chong Mai : mer des 12 méridiens
Dai Mai : serre la taille comme une ceinture entoure les méridiens
Yin Qiao Mai : branche du Shao yin de pied
Yang Qiao Mai : branche du Tai yang du pied
Yin Wei Mai : réunit et enserre les yin
Yang Wei Mai : réunit et enserre les yang
Ces méridiens sont appelés "particuliers" parce qu'ils n'ont ni relations ni communications spéciales avec les
viscères. De plus, ils n'ont pas entre eux de correspondance et de réunion, dehors-doublure (Biao Li, surface-
intérieur). C'est en cela qu'ils sont différents des 12 méridiens réguliers. Cependant ils sont en relation avec les 12
méridiens réguliers, les croisent et leur empruntent des points. Ils sont groupés en 4 méridiens Yang : Du Mai, Dai
Mai, Yang Qiao Mai, Yang Wei Mai, et 4 méridiens Yin : Ren Mai, Chong Mai, Yin Qiao Mai, Yin Wei Mai. Leur
rôle principal est de renforcer les liens entre les méridiens réguliers afin de régulariser le Qi et le sang. L'excès de
Qi et de sang des 12 méridiens s'écoule et se concentre dans les 8 méridiens particuliers où il est gardé en
réserve pour être redistribué quand il y a insuffisance de Qi et de sang dans les Jing Mai. Les méridiens
particuliers sont en relation avec les entrailles particulières (utérus, cerveau, moelle) et aussi dans une certaine
mesure avec les organes Foie et Rein.
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Les méridiens distincts (Jing Bie), au nombre de 12, partent des 12 méridiens et dépendent d'eux. Leur rôle est
important, il consiste à assurer la liaison entre 2 méridiens, l'un interne, l'autre de surface, en permettant de relier
les organes et les parties du corps qui ne peuvent être atteints par les méridiens réguliers ; ils complètent ainsi
l'action de ces derniers.
Les méridiens
Les Cinq Elements, Cinq Mouvements Points d'acupuncture symptomatiques
Ancienne représentation du méridiens du Rein Tête et statuette avec les 14 méridiens
Statuette avec les 14 méridiens
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Planche des Six Energies
La plus récente charte auriculaire
Planche d'acupuncture
LES TECHNIQUES TRADITIONNELLES
Dans la Chine ancienne et encore actuellement, la médecine traditionnelle associe souvent
plusieurs techniques thérapeutiques :
L'aiguille :
Longueur, diamètre et forme varient selon le but recherché; les effets de la puncture sont liés
aux modalités d'introduction, de manipulation et de retrait de l'aiguille en un point précis. La
stimulation des énergies du corps est un acte complexe qui nécessite un long apprentissage.
Le marteau à aiguilles :
L'aiguille aux sept étoiles sert à la technique dite "fleur de prunier" et permet de renforcer
l'énergie de défense de l'organisme, de traiter des douleurs superficielles et certaines
dermatoses.
Les vases à feux :
Nos grands-parents employaient de manière empirique les ventouses. La médecine chinoise
les utilise encore pour rétablir la circulation des énergies et traiter certains états congestifs.
La moxibustion :
L'origine de cette technique est très ancienne. Pratiquée avec les fleurs et les feuilles
d'armoise finement broyées elle a pour effet de renforcer les énergies du corps et traite
certaines maladies chroniques. On peut également utiliser des cataplasmes et des emplâtres
composés de plusieurs substances médicinales.
La pharmacopée :
La "Materia Medica de l'Empereur SHEN NONG" est un des 4 grands classiques de la
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médecine traditionnelle chinoise. Rédigé avant la dynastie HAN (300 avant J.C.) il énumère
de nombreuses substances végétales, minérales et animales utilisées comme procédés
thérapeutiques. On ne saurait comparer la pharmacopée chinoise à la phytothérapie
occidentale, car la nature de la substance, la saveur, le tropisme et éventuellement la toxicité
sont pour les Chinois des éléments thérapeutiques fondamentaux.
Le massage :
C'est à la fois un traitement local de la douleur et un traitement global d'harmonisation des
énergies. La Chine moderne associe AN MO (massages) et TUI NA (mobilisations
articulaires) aux thérapeutiques traditionnelles.
La diététique :
Comme la pharmacopée elle applique aux aliments les mêmes critères de nature, saveur,
tropisme et toxicité. Elle a pour effet de réharmoniser les fonctions physiologiques des
organes. Un traitement principal sera souvent accompagné d'une liste d'aliments
recommandés ou proscrits.
La psychologie :
Elle s'intègre dans l'étude de la médecine chinoise. Partie intégrante du fonctionnement
organique il n'y a pas de séparation corps-esprit. La régulation des énergies psychiques
entre dans le cadre de l'harmonisation générale.
LA PHARMACOPEE CHINOISE
Alors que l'acupuncture sert à maintenir ou à recouvrer la santé de l'organisme par une
stimulation de ses fonctions, la pharmacopée chinoise vise, durant la plus grande partie de
l'histoire chinoise, à traiter directement les signes de la maladie. C'est seulement à partir du
12 ème siècle que des efforts systématiques à grande échelle visèrent, pendant les trois
siècles suivants, à conceptualiser les effets de la thérapeutique médicamenteuse sur les
fonctions de l'organisme. Ainsi émergea une tradition pharmacologique venant compéter la
pharmacopée symptomatique.
La tradition médicale chinoise rapporte que le premier des herboristes fut l'empereur
légendaire SHEN NONG, qui étudia les plantes vénéneuses et leur contre-poison, classa et
décrivit les propriétés de 365 drogues (végétales, animales et minérales). Les plus anciens
livres traitant de cette spécialité sont :
HUANG DI NEI JING SU WEN (Classique de l'Interne attribué à l'empereur
mythique HUANG DI).
SHANG HAN LUN (traité des coups de froid) de SHANG ZHONG JING
150/219.
BEN CAO GANG MU (Materia Medica) de LI SHI ZHEN 1518/1593.
Ces textes font toujours autorité
On ne peut comparer la phytothérapie occidentale à la pharmacopée chinoise qui suit les
grands principes de la pensée médicale chinoise, à savoir : Les BA GANG. La plante
développe à l'intérieur du corps une qualité énergétique : chaud, froid, tiède, frais.
Les saveurs : permettent aux principes de la plante de pénètrer dans l'organe avec lequel
elle est en résonance. Les plantes chinoises sont classées à partir des mouvements
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énergétiques qu'elles induisent dans le corps : Montée-descente-astringence-exteriorisation,
etc...
La préparation de la plante, décoction, macération, brûlage, etc...modifient le degré de
concentration des principes actifs, et donc l'action tonifiante ou dispersante.
LES 5 ELEMENTS - 5 MOUVEMENTS
Les cinq éléments sont représentés dans l'organisation et le fonctionnement du corps
humain par les organes, avec leur physiologie propre et un découpage biologique particulier
à la pensée médicale chinoise. Ainsi les saisons pourront se mettre en résonnance avec les
organes, et influencer les comportements :
Au printemps, le Foie est empereur, le Ciel et la Terre s'éveillent et se déploient, la jeune fille dénoue sa chevelure.
En été, c'est le Coeur qui est souverain, on se couche tard, on se lève tôt.
A l'été prolongé (ou 5ème saison), c'est la Rate qui est médiatrice. Elle veille à ce que les idées se mettent en place.
En automne, le Poumon manifeste sa toute puissance, les émotions sont en paix, l'énergie du ciel est rapide, celle de
la terre est vive.
En hiver, le Poumon passe son énergie au Rein. Il faut se préserver du froid, l'eau gèle, la terre se lézarde, les trois
mois de l'hiver servent au stockage. On hiberne.
Ces 5 mouvements s'engendrent dans un ordre immuable : l'Eau engendre le Bois, le Bois
engendre le Feu, qui engendre la Terre, qui engendre le Métal, qui engendre l'Eau...Ils se
contrôlent, afin de maintenir en permanence l'équilibre et l'harmonie : l'Eau éteint le Feu, le
Feu fait fondre le Métal, qui fend le Bois, qui se nourrit de la Terre, qui absorbe l'Eau...Ces
cycles et leur déviances sont les bases de tout traitement par l'acupuncture et la
pharmacopée.
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Si pour les chinois, le "sentiment géographique" de la Terre procède de l'observation des
paysages, il en est de même en ce qui concerne leur propre image, et les gloses décrivent
l'organisation du corps humain comme on écrit un tableau représentant un paysage, avec
ses mers, ses fleuves et ses rivières, ses montagnes et vallées. ceux-ci pourront être à sec
ou déborder, celle-la seront arrides ou obstruées, et le praticien mettra toute sa science à
réguler les courants, faire refleurir les paysages et libérer les voies de l'énergie.
SI SHI OU LES QUATRE SAISONS
(par Christophe Enderlin, Acupuncteur Traditionnel.)
" La concentration alternée du yin et du yang produit les Quatre saisons. " (Huai Nan zi,
Ch.7)
Qi Bo dit à l'Empereur :
"Le Ciel nourrit l'homme par les Cinq souffles, la Terre nourrit l'homme par les Cinq saveurs ;
Les Cinq souffles pénètrent par le nez et se thésaurisent au cœur et au poumon ;
En remontant, ils font resplendir les Cinq aspects du teint et résonner puissamment les sons
de la voix.
Les Cinq saveurs pénètrent par la bouche et sont thésaurisées par les intestins et l'estomac ;
Les saveurs sont thésaurisées dans les zang pour entretenir les Cinq souffles.
L'harmonieuse composition de ces souffles fait vivre ;
Les liquides corporels denses et légers se complètent parfaitement et les Esprits alors font
vivre, naturellement. " (Su Wen, ch. 9)
Le couple Ciel/Terre, le couple yin/yang, telle est la double formule de l'énergétique des
souffles. Par les Quatre saisons sont convenablement répartis dans le monde les souffles
qui créent et qui transforment les êtres éphémères que nous sommes. L'Astronomie et le
Calendrier des travaux agricoles, le gouvernement du corps sain ou affecté par de
mauvaises influences, le gouvernement des états avec ses six ministères, du Ciel, de la
Terre, du Printemps, de l'Eté, de l'Automne et de l'Hiver, les décisions prises par les
particuliers pour la conduite de leur vie intime, de leurs affaires de cœur, de leurs intérêts
financiers, bref le champ total de l'entre Ciel/Terre est soumis à la médiation du temps qui
lui-même n'est rien d'autre que le flux et le reflux du yin et du yang dans le monde.
" Les Quatre saisons sont la Règle (les mailles du filet). " (Huai Nan zi Ch.7)
Au sens large, les saisons sont quatre : le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. D'une
manière plus fine, ces quatre saisons tournent autour d'un PIVOT : une dizaine de jours,
situés autour du solstice d'été, qui forment une concentration d'énergie yang. Grâce à un tel
pivot, les quatre saisons "tournent". Chaque saison est une concentration d'énergie : le
changement de la qualité des souffles, du yang grandissant au maximum du yin, détermine
le passage des saisons. C'est le mouvement du soleil (ri), qui en est le principe.
Ainsi, les signes annonciateurs de la future saison, le printemps, sont perceptibles dès le
solstice d'hiver au moment où la Terre (yin) envoie au Ciel (yang) comme une sorte de
grondement assimilé à un coup de tonnerre sourd. Ce signe indique au ciel que la terre,
ayant achevé sa révolution annuelle, thésaurisé les Énergies de l'année écoulée, est prête à
recevoir le yang venu du Ciel. A partir de ce moment, de cet appel, il faut que la terre
observe la venue de trois nouvelles lunes.
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C'est à l'aube de la troisième lune que le printemps débute, par l'activation du yin grâce au
yang. Par exemple une graine (yin) sera réveillée par l'énergie (yang) pour pousser son
écorce et commencera à germer puis à sortir de terre pour s'élever à la recherche de son
ciel.
Cette année c'est le 22 janvier 2004. Le jour du Nouvel An est mobile d'une année à l'autre
puisque basé sur le cycle de la Lune (par exemple : l'année prochaine ce sera le 9 février
2005). Selon l'astrologie chinoise, l'année 2004 est celle du Singe de Bois (Jia Chen), 21
ème année du cycle de 60 ans de l'an 4641. Le mouvement du BOIS, c'est à dire du
printemps, est l'énergie du petit yang grandissant pour arriver à maturité en été. L'organe de
ce mouvement est le Foie et son viscère couplé : la Vésicule Biliaire (voir le tableau
récapitulatif). Cette énergie est celle de l'espoir, du renouveau, de l'entreprise de tous les
désirs, de toutes les envies et de la mise en œuvre des projets ; c'est l'énergie de la
croissance. L'enthousiasme et le dynamisme y sont rattachés. Sa tendance naturelle est
l'expansion, il ne supporte pas d'être contraint ni opprimé. Ce mouvement peut-être assimilé
au démarreur d'un véhicule ou bien au pied que l'on avance pour exécuter le premier pas.
Responsable de la mise en mouvement et de la force des muscles, le foie est le premier à
mettre fin à l'inertie de l'hiver ; mais il est également le premier à subir le contrecoup de la
fatigue et de l'abattement. La puissance même de son élan le rend sensible aux retombées.
Les manifestations de force et de faiblesse ont même racine.
Fonctions :
Le Foie gouverne le drainage et la dispersion (Gan Zhu Shu Xie). Il est responsable de la
régularisation du Qi dans tout l'organisme, c'est-à-dire de sa libre circulation et de l'équilibre
des mouvements de montée, de descente, d'extériorisation et d'intériorisation. Il joue donc
un rôle important dans l'harmonie de l'activité fonctionnelle des viscères. La fonction Shu Xie
exerce une influence sur plusieurs aspects de la physiologie. Elle permet la régularisation
des émotions, car lorsque le Qi circule librement l'Esprit est en paix. Elle stimule la digestion
et l'assimilation des aliments en favorisant les mouvements complémentaires de montée et
de descente, gérés par la Rate et l'Estomac, et en produisant la bile, qui est essentielle à la
digestion. Elle est indispensable à la régularité des mouvements du Qi et du Sang, évitant
les stagnations et régulant les vaisseaux. Elle favorise le métabolisme des liquides
organiques et permet le drainage de l'eau et de l'humidité. Enfin, elle assure la régularité des
deux Méridiens Curieux : Chong Mai et Ren Mai, qui jouent un rôle essentiel en gynécologie.
En cas de dysfonctionnement, en relation avec les cinq aspects mentionnés ci-dessus, on
rencontre respectivement : nervosité, susceptibilité ou dépression, troubles digestifs et
hépatobiliaires, stagnations de Qi et stases de sang, accumulations liquidiennes (ascite,
Mucosités, Oedèmes…), troubles menstruels, difficultés pendant la grossesse,
leucorrhées…
Explications :
Le Foie gouverne le stockage du sang (Gan Zhu Cang Xue). D'une part, le Foie conserve
une certaine quantité de Sang qui l'imprègne et le nourrit tout en permettant le contrôle du
Yang du Foie (le Sang est de nature Yin). Le Sang du Foie permet de nourrir les tendons et
les yeux et, en régularisant le Chong Mai, de prévenir les hémorragies utérines. D'autre part,
le Foie régularise le volume sanguin. Il libère la quantité de Sang nécessaire à l'activité de
chaque partie du corps (cette quantité varie selon les efforts musculaires, les émotions…) ;
ce Sang retourne ensuite au Foie, durant les phases de repos.
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Dans le Su Wen, chapitre 9, Qi Bo dit à l'Empereur :
"Le Foie est la demeure des Hun ; son éclat est aux ongles, sa profusion, dans le
musculaire, il est pour vivifier sang et souffles ; sa saveur est l'acide, sa couleur, le vert azur.
Il est le shaoyang au sein du yang, en libre communication avec les souffles du printemps.
Sa maîtrise est au poumon. "
En conclusion j'ajouterai que selon l'Empereur Huang Di, le peuple chinois en bonne santé,
en plus des traitements spécifiques à chacun, devait se faire puncturer les points SU
Antiques correspondant à la saison et ce quatre fois par an, afin d'être en harmonie avec le
DAO, le yin/yang, et les quatre saisons.
C'est à dire à chaque changement de saisons les axes énergétiques (liens, capteurs et
échangeurs entre l'externe et l'interne du corps) sur lesquels se trouvent les points SU
Antiques ainsi harmonisés permettaient à l'homme d'être en phase avec l'énergie de la
saison pour la recevoir et la synthétiser favorablement. Cette technique permettait aussi
d'anticiper les dérèglements futurs entre les différents organes dans la règle de domination
du cycle KO. Cette technique est toujours employée aujourd'hui.
LES RYTHMES SAISONNIERS
(par Christophe Enderlin, Acupuncteur Traditionnel.)
Tableau des caractéristiques des 5 organes - 5 éléments des chinois (Wou Hing)
CARACTERISTIQUE FOIE COEUR RATE POUMON REIN
Saison printemps été 5 ème saison automne hiver
Saveur acide amère douce piquante salée
Odeur rance brûlée parfumée âcre putride
Direction psychique colère joie excitation soucis tristesse peur
Grande spécialité sang psychisme chair énergie volonté
Attitude marche observation assis allongé debout
Organe des sens vue goût toucher odorat ouïe
Viande mouton poulet boeuf cheval porc
légume mauve poireau salade échalote oignons
Céréale mil blé seigle riz haricots
Liquide organique larmes sueurs salive crachats urines
Caract. couleur bleu vert rouge jaune blanc noir
Climat vent chaleur humidité sécheresse froid
Organe touché en même temps ongles teint chair poils cheveux
Saison d'aggravation automne hiver printemps été 5 ème saison
Saison d'amélioration été 5 ème saison automne hiver printemps
Points cardinaux est sud centre ouest nord
Personnalité paix activité tranquillité fermeté mouvement
Réaction aux changements saisissement tristesse jaunissement toux frisson
Tendances à appeler à rire à chanter à crier à gémir
Vertus charité mysticisme fidélité justice sagesse
Organe couplé vésicule biliaire intestin grêle estomac gros intestin vessie
Elément chinois BOIS FEU TERRE METAL EAU
__ ___ __ __ __
Les "Koua" __ __ __ ___ ___
___ ___ __ ___ __
Interrelations entre les 5 éléments, les 5 climats, les 5 émotions et les 5 saveurs
Le Feu fond le Métal.
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L'Eau éteint le Feu.
Le Métal fend le Bois.
Le Bois appauvrit la Terre.
La Terre absorbe l'Eau.
Le Froid combat la Chaleur.
Le Vent rend l'Humidité dangereuse.
La Chaleur aggrave la sécheresse.
L'Humidité rend le Froid dangereux.
La Sécheresse rend le Vent dangereux.
La Joie combat la Tristesse.
Le Souci atténue la Peur.
La Tristesse atténue la Colère.
La Colère combat les soucis.
La Peur combat la Joie (inversement, les enfants qui rient et chantent pour combattre la
peur du noir).
L'Amer combat le Piquant.
Le Piquant combat l'Acide.
Le Salé est atténué par le Doux.
Le Salé combat l'Amertume (les sels pour ranimer les évanouis).
L'Acide combat le Doux.
___________________________________
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MEDECINES PSYCHO-SOMATIQUE ET MEDECINE
TRADITIONNELLE CHINOISE - BU TONG
(par Monique Drapier, acupunctrice, directrice d'école.)
Chaque époque, chaque société a ses pathologies caractéristiques :
Les nôtres, conséquence de la surabondance de toute sorte : Travail, stress, soucis,
frustrations, nourritures, consommation excessive de médicaments, vont se traduire
davantage en terme de plénitude que de carence. Paradoxalement, nos insuffisances, nos
manques, nos vides ne sont que la conséquence évidente de cette surabondance.
Tout excès et encombrement mettent en cause les réseaux subtils de l'animation (LUO MAI)
du corps humain, agissant sur la fluidité de la circulation énergétique des Essences /
Souffles (JING SHEN), ralentissant à l'interne communication et libre circulation, ce qui peut
entraîner de multiples troubles physiques ou psychiques, pouvant aller de la douleur à la
confusion de la conscience et à l'incompréhension de la réalité profonde de l'être. L'être
humain ne peut plus réaliser pleinement son projet de vie dans la société, par manque de
souplesse et de dynamisme.
Les BU TONG sont des syndromes qui participent de la théorie (cohérence) de la Médecine
Traditionnelle Chinoise. BU TONG signifie non-communication, difficulté de compréhension
et de libre échange. Le QI JI c'est à dire le dynamisme du QI ralentit, s'arrête, s'égare. Il y a
alors incapacité de libre circulation TONG CHANG et d'épanouissement aussi bien interne
qu'externe (WAI / NEI).
Les causes les plus fréquemment rencontrées sont :
1) - Excès et plénitude,
2) - Manque de communication des réseaux d'animation (LUO MAI) ;
Ces symptômes peuvent être accompagnés de troubles respiratoires et / ou de sensation
d'oppression, de difficultés à marcher librement, mais aussi de sensations d'inhibition, de
resserrement, bref d'étouffement et d'inconfort de l'être tout entier.
Pour manifester cette difficulté de la circulation des échanges, il y a 12 formes de BU TONG :
1 - Inhibition - BULI 7 - Masses fixes - ZHENG JI
2 - Stagnation - ZH 8 - Collection - PING
3 - Stases - YU 9 - Congestion - YONG
4 - Dépression - YU 10 - Fermeture - BI
5 - Nouures - JIE 11 - Obstruction - ZU
6 - Masses mobiles - JIA YU 12 - Obturation - BI
De ces 12 syndromes les 5 plus importants sont :
La stagnation ZHI en rapport avec QI l'énergie et l'alimentation.
La stase YU en rapport avec XUE le sang.
La dépression YU en rapport avec QI l'énergie et les émotions.
Les nouures JIE en rapport avec QI l'énergie et TAN le phlegme.
L'obturation BI en rapport avec XIE QI, les énergies perverses.
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Les autres syndromes ne sont que des aspects des 5 précédents :
L'inhibition BU LI essentiellement en rapport avec la circulation des liquides
et l'élimination des urines.
Les masses fixes ou mobiles ZHENG JIA sont la conséquence de la
stagnation de l'énergie, de l'alimentation, de la stase du sang, de la
dépression, de la nouure, ou des énergies perverses.
Les collections TING s'appliquent surtout au métabolisme des liquides et
sont souvent en rapport avec la stagnation du QI.
La congestion YONG est un aspect particulier de la stagnation du QI du
poumon, provoquée par des énergies perverses XIE QI.
Les fermetures BI sont des cas extrêmes de blocage des essences /
souffles.
Les obstructions ZU sont des cas très proches des BI et sont essentiellement
liées au blocage par l'humidité.
Les BU TONG font référence constante aux mouvements naturels de l'énergie,
dépendants eux-mêmes du fonctionnement des organes :
Le FOIE - GAN -fait monter l'énergie et accroît la tension de vie. Il est l'organe le plus
souvent mis en cause dans les pathologies dues aux BU TONG. Il peut être considéré
comme l'organe malade de notre société, car il est la cible privilégiée des stress, des
refoulements, des inhibitions, des excès et des irrégularités de l'alimentation comme des
médicaments, Chargé du drainage, il décongestionne, fait circuler mais il est également
gardien de notre imaginaire, de notre créativité et de nos aspirations à vivre et à échanger.
Le COEUR - XIN - met en circulation l'énergie et aplanit les excès de tension. Le Cœur,
organe de la spiritualité, est considéré en médecine chinoise traditionnelle comme
l'empereur, responsable de l'harmonie et de l'équilibre de notre royaume intérieur. Cet
organe qui abrite l'esprit est fréquemment affecté dans les BU TONG, puisque l'esprit circule
avec le sang. La RATE - PI - mène l'énergie aux 4 membres. La rate est souvent concernée,
car sensible aux "sautes d'humeur" du foie, elle en subit les conséquences en cas de
manque de fluidité de la circulation, ce qui va affecter ses fonctions de transport et
transformation YUN HUA, de production de sang et d'énergie. Les REINS - SHEN - reçoivent
l'énergie des poumons, ils régulent le métabolisme des liquides, en relation avec les
poumons, ils seront concernés dans tous les problèmes de fluidité des liquides organiques
JIN YE. Les POUMONS - FEI - dirigent l'énergie. Ce sont les poumons qui sont le plus
souvent mis en cause dans le manque de résistance aux attaques des énergies perverses
XIE QI. (Il s'agit des climats : vent - froid - humidité - chaleur - sécheresse, qui sont en
dysharmonie avec les saisons qu'ils représentent).
En médecine traditionnelle chinoise, de la même façon que le cœur abrite l'esprit, le poumon
préside à tout ce qui concerne l'instinct de conservation de l'être humain. L'ESTOMAC - WEI
-fait descendre l'énergie. Sa tâche est donc de métaboliser et de digérer les informations
aussi bien gustatives qu'événementielles qui lui sont apportées, pour en éliminer les scories,
que ce soit par l'intermédiaire des intestins, ou en chassant la préoccupation du moment, en
digérant l'insulte, etc. Toutes les perturbations des mouvements énergétiques liées au
fonctionnement des organes favorisent ainsi des insuffisances de QI ou des stagnations qui
engendrent à leur tour une stase de sang qui va entraver la libre circulation du QI. Si on
comprend ainsi que ce qui relève du psychisme peut avoir des conséquences somatiques, à
l'inverse, pourquoi les troubles physiques ne pourraient -ils pas être la manifestation externe
du psychisme ?
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REFLEXOLOGIE DE LA MAIN
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REFLEXOLOGIE DU PIED
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