Embed
Email

Concepts et approches de la science politique

Document Sample
Concepts et approches de la science politique
Shared by: HC111116023435
Categories
Tags
Stats
views:
8
posted:
11/15/2011
language:
French
pages:
67
Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Concepts et approches de la science politique



1. Qu’est-ce que la politique ?



1.1 Quelques définitions : conception étroite et conception large de la politique



Il pourrait y avoir des dizaines de réponses à la question qu’est-ce que la poli-

tique, nous en avons tous une conception différente et il peut y en avoir plu-

sieurs.



«Ce qui a trait au gouvernement et aux affaires de la cité [polis] »

Il y a un gouvernement, ce qui implique un pouvoir susceptible d’organiser les re-

lations humaines et sociales d’un groupe donné.



« Allocation autoritaire des valeurs » (Easton, 1971).

Est politique tout acte qui implique une allocation de certaines valeurs.

Ex : éducation, le gouvernement détermine son imposition de manière autoritaire



Gouvernement : organe autoritaire qui détermine les affaires de la cité.



« The making, preserving and amending of general social rules”

(Heywood, p.4).



Le fait de faire, préserver et de modifier en général les règles sociales.



On parle des règles qui gèrent l’ensemble social pas celles des situations particu-

laires.



Ce n’est pas une référence à un organe politique, mais une situation générale de

changement de loi sous l’impulsion sociale qui vise à modifier les règles sociales.

Ex : mouvements sociaux.



« Actes qui tendent à organiser et à diriger la vie en société »

(Lagroye, p.25)







Les définitions 1 et 2 sont étroites quant à 3 et 4 elles sont au sens large.







1. analyser la politique depuis les acteurs politiques

2. partir de l’acteur pour déterminer l’action politique. Critère : l’intention de



1

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

l’acte vise à gérer les lois.

On ne fait pas le même objet en partant par chaque définition. On aura pas la

même réalité sociale.



Question égalité homme-femme pendant des années la question ne se posait

seulement dans la sphère privée. Elle est arrivée au niveau politique dès

l’arrivée des suffragettes.

1960 : Les enjeux personnels sont des enjeux politiques ( The personal is poli-

tical ). L’objet devient politique, ce qui donne lieu à des recherches sur son

impact. Avant cela, le problème était social mais pas politique.



Le politologue partit de la définition 1 n’aurait pas vu ce problème. Le socio-

logue politique partit de la définition 4 aurait vu l’enjeu du côté politique.



1.2 La politique dite en français…



La politique : « L’ensemble des efforts que l’on fait en vue de participer au pou-

voir ou d’influer sur la répartition du pouvoir, soit entre les Etats, soit entre les

divers groupes à l’intérieur d’un même Etat » (Max Weber, Le savant et le poli-

tique).



L’ensemble des efforts émane d’une volonté. Le procédé qui permet aux acteurs

d’accéder au pouvoir. C’est l’ensemble des processus qui a lieu dans l’espace appe-

lé le politique.



Le politique : « champ social dominé par des conflits d’intérêt régulés par un

pouvoir lui-même monopolisateur de la coercition légitime » (Philippe Braud).

C’est un domaine de la vie sociale (comme le juridique, l’économique, etc.)



Espace dans lequel la politique a lieu.



Blocher remet en question la politique mais pas le politique.



Les politiques : les mesures politiques prises par les autorités publiques ayant

une portée publique et générale. Ensemble présumé cohérent de réponses à des

questions posées dans un secteur de l’activité sociale (politique agricole, politique

de la santé, politique défense, politique de la culture, etc.)



Ce sont les mesures politiques prises par les autorités publiques.

Les politiques émanent du politique et c’est le résultat de la politique.

Ex : politique de santé : politique de santé sociale.



2

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Mis en œuvre par l’Etat pour donner un certain nombre de valeurs à la société.

Ils donnent réponses à un problème donné.

Ex : débat sur le congé maternité. Pourquoi les femmes ont coulé le projet et

pourquoi a-t-il coulé ?

Il n’est pas passé dû au fait que les suisses-allemands et les suisses-romands

n’avaient pas la même vision.

Suisse-Allemands : La maternité est une question privée, l’individu le prend en

charge mais pas l’Etat.

Suisse-Romands : La maternité est un bien publique, il a un intérêt coial, la socié-

té doit accepté le coût de ce bien, l’Etat doit s’en charger.



Il n’y a pas une seule manière de voir la politique, ce que donne des problèmes

pour trouver des solutions.



Quand les partis politique sont à égal pourcentage, il y a un débat constant. Les

activités sociales de l’Etat ( cf déf les politiques ) sont souvent contestées.

Ex : les néo-libéraux : ils effectuent une remise en question d’envisager juste-

ment la société et de revenir dans l’idée que les problèmes sociaux relèvent de

l’individu ( chômage ). Ils ne sont pas fatalistes simplement que le chômage est

dû au manque de volonté, alors il faut arrêter de donner de l’argent pour qu’ils

trouvent un travail.



Cela remet en question la manière des politiques faites ce qui donnent des objets

de conflits.



Blocher : article 261 bis, qui consiste à punir tout discours racial ou négation-

niste. Lors du vote, presque toutes les forces politiques le soutenaient. Il a pour-

tant été adopté à 53.47%. Le conseil fédéral organisa un débat. Un petite prise

de position enclenche une procédure politique qui engage les institutions poli-

tiques et les défenseurs politiques.



Ce qui détermine le changement de règles c’est les forces politiques par les ac-

teurs politiques. Mais ce n’est pas toujours l’Etat, le gouvernement, le parlement

qui ont le plus d’influence. Les médias jouent un grand rôle et ont une relation

compliquée avec la politique.







1.3 La politique dite en anglais…



Politics : processus de conquête et d’exercice du pouvoir, lutte pour l’exercice du

pouvoir.



3

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni



Polity : le cadre institutionnel et l’ensemble d’acteurs dans lequel et par qui

prend forme l’activité politique.







Policy : les produits de l’action gouvernementale, donc les programmes, décisions

et actions imputables aux autorités politiques (par exemple : politique sociale,

politique de la santé, etc.).







1.4 Qu’est-ce que l’action politique ?



 La politique comme activité sociale constante de la condition humaine : pro-

cessus d’organisation d’un ordre social



Où il y a un groupe, il y a politique. Si les règles sociales édictées pour permettre

de vivre ensemble persistent, l’organisation de l’ordre social peut être modifié.

Cela signifie pas qu’il y a une ligne entre le désordre et l’ordre qui expliquerait

l’ordre parfait ( téléologie ). On ne passe pas nécessairement du pire au meilleur.

Il n’y a pas une finalité de la politique afin qu’elle soit vertueuse. Mais il y en a

plusieurs.



 La dynamique d’organisation de la vie collective entre conflit et coopération

: politique comme procédure de négociation et de résolution des conflits



L’organisation de la vie collective se partage par deux logiques, le conflit et

l’organisation. Cela donne une négociation, un résolution grâce à la politique.



Ex : Liban, il y avait la solution politique pacifiste et ils ont choisi la solution mili-

taire.



« La guerre est la manière de faire de la politique autrement »



L’idée de la négociation n’appartient à aucun groupe social homogène. Chacun à

une vision de la vie différente. L’organisation de la vie sociale implique la possibi-

lité de la négociation. Quand nous ne sommes pas content d’une décision, on ac-

cepte dû à ce qu’on a appris, la conciliation, la coopération.



La politique est l’activité qui gère les intérêts discordants. La volonté populaire

est un leurre !

Elle part d’idée de conflits inéluctables à la négociation des parts. On s’y rallie



4

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

même si on est pas d’accord. La politique détermine le processus et la procédure

pour trouver des solutions. Il y a différents critères établissant la procédure.

Ex : religion



 La politique comme activité publique (par opposition à l’activité privée)

Son objet est vise à la portée de la collectivité publique.

Ex : Un député qui gifle sa fille dans sa sphère privée, ceci n’entre pas dans le

cadre de l’activité publique. Mais s’il dépose un projet contre l’école laxiste, son

discours devient alors publique et il vise à essayer de modifier la compréhension

sociale.



Il n’y a pas d’objet intrinsèquement politique, mais tous les objets peuvent le

devenir.



La question fondamentale est de savoir si toutes les qualifications d’une action

est politique ou non.



Il faut définir les concepts de l’action ( définir la politique ), la manière d’agir.

Ex : le nombre, l’endroit, les tracs



Définition du concept : Idée que l’on a. Toutes définitions a besoin d’un concept

de base.





 La politique comme exercice du pouvoir



2. Qu’est-ce que la science politique ?



« Science d’une catégorie particulière de réalités sociales considérées comme

politiques » (Daniel Gaxie)



L’épistémologue regarde quelle manière est préférable de prendre en partant de

critères pour expliquer un fait.



La science politique est la science de l’objet politique.



2.1 La démarche scientifique et la rupture épistémologique



2.1.1 Qu’est-ce que la science ?



Du latin scientia : ‘connaissance acquise par l’étude’



5

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni



La rigueur scientifique est « l’exigence de donner la raison de tout ce qu’elle af-

firme, c’est à dire de toute proposition qu’elle énonce » (Agazzi).



Aucune proposition n’est juste, si elle n’est pas expliquée. Pour qu’une théorie

soit fondée, il faut qu’elle soit vérifiée, il faut la remettre en question et expli-

qué pourquoi. Il faut la soumettre à des observations de la réalité.



Démarche de connaissance qui a ‘une prétention à la constitution d’un savoir ob-

jectif qui soumet sa validité à la critique rationnelle’ (Berthelot)



2.1.2 Les critères de scientificité



 La neutralité par rapport aux valeurs (objectivité) ;

IMPORTANT : Le principe d’objectivité ! Il ne se base pas sur les émo-

tions. Une théorie doit être soumise à une critique rationnelle.

Je ne suis pas l’objet que j’étudie : rigueur scientifique. Il faut mettre de

la distance entre moi et l’objet. Il faut être rigoureux pour être objectif.

Dans le cas d’un camikaze palestiniens, on donnera de l’empathie à son acte

de se faire sauter dans un bus. Mais cette empathie ne doit pas entraver

notre « jugement », car on risque de ne pas être objectif. Il faut laisser

de côté nos émotions pour pouvoir donner des explications à son action qui

peut en avoir plusieurs.

La question est qui a raison ? Est-ce celui qui agit par fanatisme pour sa

patrie pour s famille ?

Choisir une explication, c’est choisir une opinion et cela n’est pas scienti-

fique.



 Etablissement, observation des relations entre les phénomènes ;

Il faut éviter les jugements de valeur, cela sort du discours scientifique.

Les questions morales sortent du discours scientifique ( est-ce bien ou

mal ? ). Parce qu’il est impossible d’avoir des connaissances certaines sur

un enjeu moral, car ce n’est pas objectif. Il faut analyser l’objet.





 La recherche des causes et la volonté d’expliquer les phénomènes par

des théories

La politique de Blocher est-elle bonne ou mauvaise ? C’est un jugement de

valeur. Nous ne sommes pas objectifs face à la politique.

La question est de savoir pourquoi la politique de Blocher a changé depuis

1990 et depuis son entrée au conseil fédéral.

Il faut chercher les causes en prenant des théories et en les appliquant à



6

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

la réalité et ainsi essayer d’expliquer les modifications et pourquoi elles se

produisent.



 Un langage clair, rigoureux, précis, argumenté

Par exemple la notion de camikaze : elle va au-delà du type de cas que l’on

veut analyser pour analyser ce qui se passe en Palestine. Est-ce que la na-

tion nous aidera à analyser ?

Il faut être clair et précis sur les concepts.

Par exemple le mot moche peut avoir plusieurs sens. Si on ne précise pas,

on ne se comprendra pas. Sans un langage clair et précis, il n’est pas pos-

sible d’avoir une discussion analytique. Il faut délimiter les critères, poser

des bases et être sur d’être sur la même longueur d’onde avec son interlo-

cuteur.

Ex le mot démocratie : cela peut être soit un système fédéraliste, soit une

république, soit une monarchie constitutionnelle. Si on aime le mot démo-

cratie, on donne une petite référence mais pas assez grande pour que se

soit clair aux yeux d’un interlocuteur marocain.



Il faut passer du statut de l’opinion à l’argument au sens scientifique.







2.1.3 La rupture épistémologique



 Contre le sens commun : l’ensemble d’éléments qui s’impose par des faits ac-

ceptés lorsque l’on vit en société. ( ex : noir inférieur à blanc ).

Le sens commun peut être une idéologie spirituelle qui donne le choc des

civilisations.

Le sens commun est aussi l’état des connaissances sociales qu’on intègre et

qui sont véhiculés par le discours ambiant. Il faut les soumettre à la con-

naissance des faits. Ce n’est pas une étude scientifique.



 Contre le savoir dogmatique : Il ne faut pas se fier au savoir que peut véhi-

culer l’église ou tout autre élément basé sur des dogmes. Avec cela on

n’est pas objectif.



 Contre les valeurs socialement valorisées et l’ethnocentrisme

Tout les idées produites par l’occident ne sont pas forcément les meil-

leurs. Il faut être ouvert aux autres éléments que peut nous apporter une

autre civilisation. La démocratie est le meilleur système politique ? Mais

par rapport à quoi ?







7

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Question : Comment extrapoler les préjugées aux arguments scienti-

fiques ?

Idée et qu’il y ait une correspondance entre le fait scientifique donc la

théorie et la réalité.



2.1.4 Les différences entre les sciences de la nature et les sciences humaines.



 La relation entre sujet et objet

La question de la relation est entre celui qui cherche et sur l’objet qu’il

analyse.

L’idéal est de voir la chose objectivement sans sentiment mais c’est un

leurre de pouvoir croire que faire abstraction de ses émotions est facile.

Il faut mettre une distance entre l’objet et celui qui l’analyse.

Ex : En Suisse, on aimerait améliorer l’intégration des musulmans, on va

avoir droit à une réflexion plus ou moins objective. Il est beaucoup facile

de dire qu’il faut être objectif que de le faire.

Selon les positivistes, on peut y arriver, selon l’épistémologue non.

Plus nous sommes objectifs, plus nous pouvons arriver à une connaissance

fiable qui ne transmet pas d’opinion.



On juge un argument sur ce qui est et non sur celui qui le dit. Si un argu-

ment est clair, il y a un rapport de causalité possible. Mettre de côté ses

émotions est beaucoup plus dur dans les sciences sociales que dans les

sens techniques.



Il faut se poser la question sur quelle base notre opinion est basée. Est-

elle suffisante ? Une position mérite d’être défendue mais comment y ar-

river ?



Hundigton : « choc des civilisations », son livre est sorti en 1994, depuis

2001, il est devenu la bible sur quoi se repose la politique des USA sur la

relation ami-ennemi. Pour avoir plus d’influence, il se base sur une légitimi-

té académique qui se cache derrière une légitimité scientifique.



Avant de prendre position sur par exemple un livre, il faut le lire. Il ne

faut pas se fier aux opinions de M. et Mme tout le monde.



Il faut avoir de l’esprit critique !



Il y a deux possibilités, soit d’être spectateur, soit d’être un acteur et es-

sayer de se donner les moyens de l’être.



8

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni



Pour être critique et si être critique se veut scientifique, il se veut d’avoir

les moyens scientifiques : 1. se défaire des préjugés et 2. prendre du recul

et avoir les théories.



 Les sciences « dures » et les sciences « molles »

Dans le cadre des sciences naturelles, on voit une séparation claire entre l

’objet et le sujet ainsi que les phénomènes théoriques sont reproductibles.

Ce critère est plus difficile à appliquer aux sciences dites « molles »

comme les sciences sociales, car nous sommes dans l’obligation d’analyser

l’objet d’un autre et nous faisons de l’empathie.

Dans le cadre des sciences sociales, nous sommes presque dans

l’impossibilité de reproduire les phénomènes sociaux. Nous avons un pro-

blème de quantification de l’objet dans la statistique, car il faut un nombre

d’observation très grande et le contexte social n’est pas le même dans

toutes les situations.

Le statut épistémologique des sciences sociales est moins fort que celui

des sciences naturelles. Les sciences sociales ne produisent que très ra-

rement des connaissances strictes. Les critères de vérité sont très flous

et sont sujets à de grande discussion. Mais le fait de dire qu’une théorie

n’est pas vraie ne veut pas dire qu’elle est fausse.

La connaissance est un cycle de théories qui se cumulent et ceci est conti-

nuel du fait de nouveaux recherches et résultats.

Il est très compliqué d’avoir des résultats exacts en science sociale car le

contexte se modifie et qu’on arrive pas à le garder et surtout nous

n’arrivons pas à le maîtriser.



2.2 Les objets de la science politique



Science politique : discours plus ou moins homogène

Sciences politiques : pas homogène. Il y a différentes manières de concevoir la

science politique en restant dans des critères tels que la description, la défini-

tion, la délimitation. Il faut recourir à des théories.

Par les approches différentes, le regard permet de détecter le phénomène qui se

crée autour d’un objet, mais il devient complexe de le verbaliser.



Qu’est-ce que les objets politiques ? : l’idée est de donner des frontières à la

science politique.

Il y a des objets évidents comme le gouvernement, le pouvoir, l’Etat.

Les objets politiques peuvent exclure des groupes politiques ou des enjeux. Le

gouvernement ne peut pas déterminé ce qui est politique ou non.



9

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

La vision est restrictive, car il y a des éléments qui ont une définition politique,

mais ils ne sont pas encore pris en compte par la politique.



2.2.1 Des objets mouvants et instables ( « rien n’est intrinsèquement politique ;

tout peut le devenir ».

La politique n’est pas un objet et un objet n’est pas intrinsèquement politique.

Ex : homosexualité n’était pas un objet politique. Elle devient politique lorsque

certaines forces politiques veulent régler la dimension de cet objet dans une so-

ciété organisée. On peut transférer d’objets en objets politiques qui deviennent

fondamentales. Le pacs est devenu un objet politique important. Il a été régler

du point de vue juridique et il devient progressivement moins politique.

L’écologie, il y a 30 ans étaient un objet totalement déconnecté de toutes consi-

dérations politiques, il n’y avait aucune législation et au fur et à mesure elle a été

de plus en plus prise au sérieux suite à la prise de conscience politique. On va la

transformation des Verts qui sont devenus de plus en plus forts et ils participent

à la politique en présentant des éléments en faveur de l’écologie.



Les objets politiques peuvent avoir de l’importance dans certains contextes.

Il y a une certaine hiérarchisation mais elle n’est pas immobile.



Avant 1960, l’Etat ne se souciait pas de la vie domestique, des inégalités hommes

femmes. Le mouvement féministe a fait intervenir ces objets ( différence des

femmes dans la vie sociale ). La considération était basée sur la position qui ex-

cluait la politique. Si cet enjeu était traité politiquement ( selon les groupements

féministes ), le rôle dominateur de l’homme sur la femme se réduirait.

On voit des arguments, des théories, des concepts moraux différents dans

chaque camp.



La question est de savoir comment quelque chose qui n’est pas en soi politique

peut le devenir ?



Pourquoi 75% des femmes travaillent à plein temps et France et seulement 25%

en Suisse ?

Parce que le système en France a mis en place des allocations familiales, des

crèches, l’école est à 3 ans. Les femmes-mères peuvent faire les deux.



Le vote pour l’harmonisation des allocations familiales du 26.11.06 veut se rap-

procher du système français.



Par exemple l’objet de la maternité est définissable politiquement, mais il n’est

pas défini pareil par tout le monde. Si nous n’avons plus d’enfant qui tiendra



10

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

l’AVS en place ?

Du même constat, on voit qu’il y a plusieurs visions politiques différentes et vont

constituer le sens de l’objet. ( point 2.2.2 )



Le fait de ne pas aimer ne justifie pas le fait de ne pas comprendre. Il faut une

théorie pour comprendre. Il faut un regard avec du recul, ce qui va permettre de

dire pourquoi il est important ou pas.



2.2.3 Existe-t-il une autonomie des objets politiques ?

oui et non

Oui : des objets différents peuvent être démontrés pas politiquement.

Non : quelque soit l’objet, il faut quelque chose dans son explication pour qu’il soit

politique.

Il faut essayer d’expliquer ce qui fait sa dimension politique.

Il n’y a pas de science politique sans théorie.

Il faut avoir des critères pour dire si un objet est politique ou non, s’il y a plu-

sieurs répercussions autour d’un objet.



2.3 La science politique en tant que discipline



2.3.1 La « discipline » en tant que champ de recherche : elle correspond à une

manière de se positionner face à un objet. Pour la science politique, c’est la ma-

nière de se positionner face au pouvoir, à l’état.



2.3.2 La « discipline » par la méthode : elle consiste en la manière d’interroger

quelque chose.



« Ensemble de démarches raisonnées et rationnelles permettant de parvenir à un

but »



2.3.3 La « discipline » par les chercheurs



« La démarche scientifique implique de la part des chercheurs une certaine dis-

cipline intellectuelle, en particulier la cohérence logique et des observations em-

piriques adéquates » (Marsh et Stoker).



Ce n’est plus le champ de recherche.



Il est nécessaire d’appliquer une discipline pour étudier un objet et ainsi se dé-

brouiller avec la discipline en tant que champ de recherche et avec la discipline

par la méthode.



11

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Il faut intégré la norme d’une discipline quelque soient le degré de résultat, de

différents objets.

Nous sommes censés créer une discipline de pensée pour donner des arguments

pour justifier notre choix.



La discipline intellectuelle n’est pas figée.

- Il faut essayer d’être cohérent entre le but, la manière d’y arriver et ce

qu’on apprend. Etre cohérent avec un statut valable pour aboutir à des ar-

guments.

Il faut avoir la capacité de développer des arguments critiques.

- La discipline intellectuelle ne vise pas à enlever toutes les opinions,

croyances, simplement elles auront plus de poids quand on aura appris à les

transposer en arguments.

- La discipline intellectuelle n’est pas l’ensemble des connaissances acquises,

d’autres disciplines doivent intervenir.



Si on a pas de cohérence logique, alors on aura du mal a intégré les théories.



CF document science vs sens commun, les points se rapportent à ceux du docu-

ment.



- La vision ultime du scientifique est d’expliquer les causes.

- Il n’y a pas de connaissance dogmatique, la science remet en question les

éléments systématiquement.

- L’idée qui se cache derrière la recherche scientifique est d’avoir des termes

précis pour que d’autres scientifiques puissent refaire les recherches et

voir si ils aboutissent au même résultat.

Utilisation rigoureuse et précise du langage

Idem pour les concepts et les approches. C’est ici que la capacité

d’abstraction rentre en jeu.

Le résultat des recherches paraît simple , mais comment y sommes-nous ar-

rivés ? Par un raisonnement beaucoup plus complexe.

- Le jugement de fait vise à savoir une réalité. Le jugement de valeur est la

manière de savoir si c’est bon ou mauvais.





2.3.4 La science politique, une discipline autonome ?



D’où vient la science politique ? A partir de 1960 on voit apparaître des re-

cherches quantitatives.

Avant on faisait des réflexions politiques sur la pensée politique. Machiavel,



12

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Montesquieu, Aristote ont forgé les premiers concepts politiques. Jusqu’à Marx

le discours était très axé sur la pensée normative. Leur idée était de réfléchir à

la forme la plus juste, légitime de gouvernement. Leur but était moins celui

d’expliquer comment le système fonctionne.



Cette tradition de pensée politique est restée en vigueur mais elle reste ambi-

guë. Elle cherche et est basée sur le régime meilleur que les autres.

Avant il n’y avait pas de discours sur la liberté des peuples. C’était de la ré-

flexion sur le meilleur modèle qui impliquait beaucoup de jugement de valeur.

Pourquoi nous continuons avec ? Pour avoir des critères pour juger le gouverne-

ment. En science politique, il y plein de questions qui utilisent les jugements de

valeurs. Il faut trouver un équilibre entre le jugement de fait et le jugement de

valeur.







3. Le caractère « contesté » des concepts politiques : la tension entre

« faits » et « valeurs »



Débat, controverse et désaccord sont au cœur de la politique. La science poli-

tique n’est pas une discipline homogène, mais elle est traversée par des concep-

tions épistémologiques différentes.



Les concepts politiques sont essentiellement contestés par Gallie en 1960.

Souvent ils ont une double dimension :

- Ils dénotent la réalité sociale

- Ils ont une dimension normative, on discute sur la légitimité morale.







1. ‘Etre’ contre ‘Devoir être’, ce qui implique des débats sur les valeur des

faits. Les concepts sont souvent contestés. Le débat se crée entre la poli-

tique et la science à cause de la tension qu’il y a en science politique de

dire ce qui est. Le débat va rendre un idéal controversé. Derrière un ob-

jet, se cachent des opinions, les concepts sont discutés sur leurs normes,

on discute sur leur sens. Le désaccord politique se base sur les visions dif-

férentes d’un concept.

L’analyste essaie de comprendre pourquoi il y a plusieurs manières

d’expliquer l’Etat, pourquoi il y a des variations dans les années qui suivent.

2. Les limites du positivisme scientifique

Le prince du positivisme ne vaut rien, mais il faut savoir pourquoi il ne vaut

rien. Cela ne signifie pas que tout est bon, on fait des fois n’importe quoi.





13

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

3. Comment savoir si notre produit intellectuel peut être qualifié de ‘scienti-

fique’ ?

Par la méthodologie : par la mesure des concepts.







Partie 2 : 4. La science politique comme science du pouvoir : qu’est-ce que

le pouvoir ?



Qu’est-ce que le pouvoir ? L’élément clé de la science politique basée sur le rap-

port du pouvoir.

Le pouvoir est la référence à un Etat, à l’exécutif, au législatif.

Une institution détient le pouvoir de faire quelque chose.



Avoir le pouvoir : certains acteurs ont les ressources, leurs compétences leur

permettent d’utiliser le pouvoir, mais ils ne l’utilisent pas forcément.



Avoir le pouvoir sur quelqu’un est une vision de la relation, on a le pouvoir en soi.

Le pouvoir existe quand il y a un acteur a et un acteur b, si b est amené à faire

quelque chose qu’il ne ferait pas sans a.

La raison de savoir pourquoi n’est pas notre problème, nous constations le chan-

gement d’attitude.

Il y a différents concepts de pouvoir : persuasion, contrainte, l’injonction.



Exemple le pouvoir d’influence : c’est plus un souhait, mais on a pas le pouvoir

d’obliger ( les médias ont ce pouvoir ). Il n’a pas d’autorité.

Le pouvoir d’injonction est un ordre ( policier a une autorité ).

Ces deux pouvoirs n’ont pas les mêmes propriétés quand on parle du pouvoir so-

cial.



Les lieux se fondent sur des rapports de pouvoir. Les actions visent à la conquête

( règle majoritaire ) et elles visent aussi à des changements au niveau de l’Etat.



La relation du pouvoir implique un asymétrie entre un acteur sur un autre qui

peut provoquer des échanges inégaux ( ex : grèves ).







4.1 Quelques distinctions conceptuelles



Avoir du pouvoir sur quelqu’un implique une relation. Un acteur a la force de pou-

voir de part sa position de l’utiliser ou non.







14

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Le pouvoir institutionnel peut nous sanctionner : institutions judiciaires



Le pouvoir potentiel n’est pas forcément utilisé et le pouvoir effectif est le pas-

sage à l’acte.







Tous ces pouvoirs existent dans un contexte sociologique.



Cf feuille « quelques remarques supplémentaires autour du pouvoir »



L’injonction ainsi que l’influence ne sont pas éminemment politique. Elles peuvent

se traduire par des sanctions de fait ( inégalité parent-enfants ), par des sanc-

tions juridiques ( codification des principes ) ou par des sanctions morales ( ex-

clusion de groupe ).

Mais qui sont les acteurs politiques ?



La différence entre le pouvoir d’injonction et le pouvoir d’influence est que X ne

détient pas le pouvoir de sanctionner ( influence ) immédiatement. X utilise de la

persuasion pour pousser Y dans sa volonté.

Ex : la direction d’une banque veut influencer sur ses employés, elles les influen-

cent à suivre les règles pas vraiment édictées pour avoir une promotion.







4.2 Du pouvoir au pouvoir politique



 Pourvoir comme action directe ou décision : analysable

 Pouvoir comme contrôle de l’agenda politique

L’agenda politique est le calendrier qui déteint les thèmes abordés publi-

quement. Au fil du temps, un enjeu qui apparaît sur le calendrier deviendra

un objet politique.

Le pouvoir peut aussi être dans l’inaction qui est une forme d’action se-

lon les plans que l’on se fait. Ex : quand on va voter on attend le résultat.

 Pouvoir comme contrôle

Vision beaucoup plus psychologique. On agit sur notre univers symbolique

qui contient des acteurs. L’acte de pouvoir fait en sore que le travail du

pouvoir de A vise à déterminer le discours qui poussera B à accepter le

vouloir de A.

L’acte de pouvoir est dans l’intérêt qui arrange A.

Ex : les médias ont de l’influence, il peut y avoir un matraquage poli-

tique ou médiatique.







15

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

L’idée est de se construire un univers symbolique de contenu qui détermine

le vouloir des individus. Construire des options qui vont d’elles-mêmes sans

qu’on se pose de questions sur elle.









4.3 Qu’est-ce que la domination légitime ? La typologie de Max Weber



 Puissance ( pouvoir d’injonction ) contre domination ( forme de pouvoir que

les individus sont susceptibles d’accepter ).

Le principe d’acceptation est la légitimité.



Pourquoi obéit-on au pouvoir ? De l’injonction de fait à la règle de droit….



 La domination légitime ( on arrive à déterminer l’injonction de pouvoir et à

considérer la légitimité, donc la domination devient acceptable ).

- La légitimité charismatique : Le discours auquel on adhère tenu par

un meneur de masse.

Ex Blocher : il tient sa légitimité dû au fait qu’il est patron et il sait

de quoi il parle.

- La légitimité traditionnelle ( histoire, religion )

Ex : on soumet notre liberté au Pape.

- La légitimité rationnelle ( elle découle de la bureaucratie, de l’Etat ).

Idée du droit qui domine, on se soumet à la légitimité rationnelle et

tout le monde est traité sur le même pied d’égalité.

Pour Weber, la légitimité est sociologique. Ce n’est pas un jugement

normatif, on ne dit pas si oui ou non quelque chose est bon. Weber

croit de façon idéologique à la légitimité rationnelle.



Ces trois types d’idéaux sont des concepts généraux qui ne se retrou-

vent pas seuls dans la réalité.

Ce qui est important pour Weber c’est qu’on y croit. La croyance des ac-

teurs est importante pour que cela dure que la source de la domination

reste légitime.

Une des activités des forces politiques est d’agir sur ces croyances.



 La forme moderne de la domination légtime









16

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Etat : « communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire détermi-

né, revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la vio-

lence physique légitime » (Max Weber)



- L’activité de l’Etat se fonde sur le consentement des gouvernés à un

ordre légal, rationnel et impersonnel.

- Lien entre légalité et légitimité

Ex : les pratiques racistes étaient juridiques, une loi discriminait les

Noirs de toutes formes juridiques, mais au point de vue philoso-

phique ce n’est pas légitime.

Légalité et légitimité sont très différentes, au point de vue éthique

( philosophique ). Mais au niveau sociologique, elles sont sur le même

plan. Il faut faire la différence.

- Rôle central de la bureaucratie ( application de règles imperson-

nelles, fonctionnaires compétas recrutés de manière objective, con-

trôlée des activités par le principe hiérarchique, savoir spécialisé,

etc.)

Nous consentons de manière rationnelle et impersonnelle ( au poli-

cier par ex. )



Ces trois formes de légitimité sont des types idéaux.

Types idéaux : caricature qui contient des éléments fondamentaux d’un phéno-

mène.

Dans des enjeux politiques, il peut y avoir plusieurs formes de légitimité.

Ex : enjeu du voile en France. On a deux légitimités qui s’opposent. Celle des

femmes musulmanes qui légitime cela sur un point religieux et celui de l’Etat qui

suit sa logique rationnelle et qui ne veut pas entrer en matière.



Les formes de légitimité sont importantes pour trancher sur des enjeux.







4.4 L’approche marxiste du pouvoir



Pourquoi s’intéresser à Marx : car sans ces éléments on ne peut pas comprendre

la politique d’aujourd’hui. Et on peut se rendre compte pourquoi certains de ses

arguments restent encore aujourd’hui.

Le marxisme était la vison la plus répandue au 19ème siècle et elle perdure encore

aujourd’hui.



Marx a une vision très globale sur le devenir social. Son ambition est de créer le

socialisme scientifique.



17

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni







Thèses générales :

« Le pouvoir politique est, au sens propre, le pouvoir organisé d’une classe en vue

de l’oppression d’une autre » (Karl Marx, Le manifeste du parti communiste,1848)



Définition de ce qu’est le pouvoir, il est organisé par l’Etat et sa fonction est

d’oppressé une classe. Marx reproduit le rapport de domination bourgeois-

prolétaires.



« [L’Etat est] l’Etat de la classe la plus puissante, de celle qui domine au point de

vue économique et qui, grâce à lui, devient aussi classe politiquement dominante

et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et exploiter la classe opprimée

» (F. Engels, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat, 1884)



L’Etat est un système politique qui détermine l’Etat. La politique n’est pas neutre,

elle est un instrument de la domination d’une classe sur une autre.

On voit apparaître l’idée théorique du reflet : les institutions politiques reflè-

tent le mode de structuration du politique. La domination économique deviendra

politique.



« Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rap-

ports déterminée, indépendants de leur volonté, développement donné de leurs

forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports de production forme

la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s’élève une

superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de

conscience sociale déterminées. Le mode de production de la vie matérielle con-

ditionne le processus de vie social, politique et intellectuel dans son ensemble »

(K. Marx, Préface à De la contribution à la critique de l’économie politique, 1859)



L’idée de Marx : matérialisme historique, connaître et expliquer l’histoire avec

des changements matériaux. Le moteur de l’histoire est la lutte des classes. Les

classes sont autour du système économique et ce n’est pas une idée. C’est une

suite d’éléments économiques.



Marx dit que le système économique détermine la politique, la justice et le social.

On part de l’infrastructure ( économie ) à la superstructure ( politique ) pour que

l’économie puisse perpétuer sa domination qui est déterminer par le travail de

discours politiques. Et cela forme la conscience politique.









18

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

La révolution prolétarienne élimine la lutte des classes. Derrière cette révolu-

tion, il y a un plus grand monde au service du plus grand nombre de personnes.

L’utopie communiste est d’avoir une société sans classe sociale.



Les rapports économiques dans lesquels les individus entrent sont indépendants

de la volonté des individus. Selon Marx, la volonté n’existe pas, l’idée des Lu-

mières selon laquelle la volonté des individus détermine leur place est fausse.

C’est le système économique qui influence leur volonté de choix par une vision

structuraliste qui découle des rapports de production.



Ce qui détermine ces rapports, c’est le système économique que le définit et

c’est le moteur de l’histoire.

Il n’y a pas une seule position sociale, tout est en fonction du système écono-

mique.



Nous sommes arrivés au point où l’économie n’est pas fixée, elle se modifie, les

manières de produire changent.



Les discours abstraits de l’Etat donnent l’impression de protégé l’individu, mais

selon Marx c’est faux. La volonté de l’individu est dû à la superstructure.

Le choix selon sa volonté est un idéal. L’idée de trouver sa place est illogique se-

lon Marx. Il faut donc démonter ce moteur d’infrastructure pour avoir le pouvoir

de volonté. S’il n’y a plus de domination économique, les individus pourront exer-

cer leur volonté.



Le contexte de l’époque

Marx est confronté à des contradictions : Le savoir faire économique augmente

et il y a une paupérisation des individus. Pourtant tout le monde devrait pouvoir

bénéficier du savoir faire économique. Le constat de Marx est que la majorité

des individus est pauvre.



 Développement de l’économie capitaliste, croissance de la productivité (in-

dustrialisation, etc.)

 Naissance d’un large prolétariat industriel, donc à la contradiction entre la

progression des richesses et la misère croissante du plus grand nombre

 Achèvement des Etat comme siège central du pouvoir

 Emergence de la lutte des classes, polarisation des dynamiques sociales et

économiques en deux blocs distincts



4.4.1 Les influences « intellectuelles » les plus importantes

Ces sont les physiocrates, les économistes français et les anglais.



19

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni



 Les économistes anglais du XVIIIème (Smith, Ricardo)

 Les sciences de la nature

 Hegel et la mise en lumière des contradictions par l’approche dialectique

 Les socialistes français du XIXème (Proudhon, Saint- Simon, Fourier)

Les socialistes français sont des utopistes : ils se trompaient de cible. Il

avait une vision humaniste et de la charité, l’aide sociale était faite de

dons à la religion et l’Etat. C’est toujours le pouvoir de la superstructure

qui domine, donc on a encore des modes de production.







Marx se propose de développer un socialisme scientifique visant à déterminer la

nature des changements historiques et sociaux ; pas de proposer une critique

éthique du capitalisme naissant.

Marx chercher les moteurs de l’histoire et la révolution est une détermination

historique.



4.4.2 Les bases philosophiques et sicentifiques

4.4.2.1 Le matérialisme historique





 L’évolution de la société résulte de l’évolution des conditions matérielles

de la vie. L’histoire s’écrit avec le matérialisme et non avec les idées.

 Lutte des classes comme ‘moteur de l’histoire’

 Le déterminisme : l’irréversibilité du processus historique

 « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c’est

au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience »

 Les rapports de production, composés par trois éléments : les conditions na-

turelles, les techniques, et la division du travail social. Ce sont les forces

productives. Le développement technique augmente la productivité.

 La division du travail implique la propriété privée et l’inégalité des travaux.

Les classes sociales apparaissent.

 Le mode de production : forces productives et rapports de production

Les forces productives sont les techniques, l’industrie et les rapports de

production sont les manières techniques qui sont socialement et économi-

quement organisée : la séparation bourgeoise – prolétaires.

La contradiction va se crée entre les forces de production et les rapports

de production ce qui enclenchera la révolution.

 Les forces productives se développent au cours de l’histoire

 L’histoire se caractérise par une succession de modes de production : mode

patriarcal de production, esclavage, économie féodale, capitalisme.

 Il y a une contradiction entre les forces de production et les rapports de



20

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

production : c’est le ressort du mouvement historique (R. Aron). C’est la

lutte de l’homme contre l’homme, l’exploitation de l’homme par l’homme.

Les forces de production augmentent, le bien-être augmente et le bien-être

social reste stable pour la bourgeoisie.

 La révolution sociale comme conséquence des contradictions au sein du

mode de production

L’histoire est une suite de mode de production remis en question. Pour

Marx, il y a cinq modes de production : asiatique, antique, féodal, capital,

communiste.

Le passe du féodal au capital est une victoire bourgeoise sur la monarchie.



Pour le bourgeois, la fonction du capitalisme est que les bourgeois ont be-

soin de plus en plus de possibilité d’avoir de la main d’œuvre, ce qui donne

comme résultat une hausse du prolétariat.



4.4.2.2 Le matérialisme dialectique

La dialectique est l’observation de la réalité et la recherche des mouvements et

des changements. La pensée est en mouvement.



 La critique de l’idéalisme hégélien (« on a assez contemplé le monde, ce qui

compte c’est de le transformer »)

 La réalité en tant que processus, mouvement, en perpétuel devenir par le

dépassement des contradictions

 Thèse – antithèse- synthèse

Thèse : l’être existe

Antithèse : le monde sensible existe -> négation des idées. Ex le développe-

ment des droits de l’homme a été fait dans un contexte historique avec des

éléments d’idée. Mais les idées découlent des contextes historiques et pas

le contraire.

Synthèse est contre la thèse, c’est la manière d’appréhender le change-

ment. L’Etat est une entité pas de même nature que la thèse et que

l’antithèse, mais il utilise certains de leurs éléments.



L’idée s’est produite dans un monde historique, par exemple en France. Le monde

n’est pas une idée, une table est une table.

Pour comprendre le monde, il faut essayer de voir ce qu’il y a entre les deux :

synthèse.

Par exemple : la graine meurt pour donner l’arbre ( négation de l’idée ) et l’arbre

donne un fruit. Le fruit garde une partie de la graine et de l’arbre, mais il a une

autre entité.

La graine est l’idée qui gouverne le monde. L’arbre est la négation de l’idée, la na-



21

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

ture du monde sensible n’est pas une idée et le fruit est l’Etat pour Egel. L’Etat

incarne l’idée et il essaie de protéger les hommes. L’Etat agit dans le monde sen-

sible, il parle d’individus concrets. L’Etat est porteur d’idée et il est porteur

d’une action concrète.

Le but est d’avoir un nouveau discours basé sur les éléments de deux discours et

ce nouveau discours est un troisième discours.



La dialectique de Marx

Thèse : bourgeois et prolétaire.

Antithèse : le capitalisme est l’antithèse entre l’artisan et le féodalisme.

L’artisan est devenu un bourgeois qui va devenir capitaliste, ce qui enclenche le

dernier mouvement révolutionnaire qui brisera la lutte des classes.

La victoire du prolétariat va briser la lutte des classes. Il n’y aura plus de prolé-

tariat, mais un socialisme individuel est cela est la synthèse qui donne le commu-

nisme.



4.4.3 Le pouvoir politique et l’Etat



 Le pouvoir appartient à la classe qui domine économiquement une société à

un moment historique donné

Stabilisation des contradictions du mode de production et cela découle de

l’histoire.

 L’infrastructure (fondation réelle) et la superstructure (expression du

mode de production, donc des rapports de propriété) : la théorie du reflet

 L’autonomie du politique n’est qu’une illusion

Le politique n’est pas autonome, il émane de l’infrastructure.

 L’Etat est l’instrument de domination de la classe dominante

 Les moyens de la domination : l’idéologie, la morale, les droits, la religion

Les moyens de la domination émanent de la superstructure. La religion est

l’opium du peuple, car elle l’aide à survivre dans sa condition.

 La révolution : le remplacement de la démocratie bourgeoise par la démo-

cratie socialiste

Marx n’est pas clair dans la manière d’arriver à la révolution. Dans le Mani-

feste, elle est inéluctable et dans la vieillesse de Marx, il se rétracte et il

dit qu’il faut la mettre en marche.

Le prolétariat devra mener une dictature, occuper l’Etat avec les outils mis

en place par le capitalisme pour amener la révolution. La phase de la dicta-

ture va gentiment changer le mode de production qui amènera à la dispari-

tion de la lutte des classes. L’Etat dépérira progressivement et il s’occupera

plus que de la gestion du bien publique, mais il ne protégera plus un mode de

production.



22

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Le problème c’est que ça n’a pas marché, l’URSS est au contraire monté en

puissance, l’Etat s’est renforcé.

La révolution aurait dû s’amorcer en Grande-Bretagne.

 Le communisme : le dépérissement de l’Etat dans la société sans classes

Le destin de l’Etat est de dépérir et dans sa disparition, il perdra ses fonc-

tions.



4.4.4 De Marx aux marxistes : la critique de la subordination complète du poli-

tique à l’économique : théorie du reflet entre l’infrastructure contre la supers-

tructure.



 V. I. Lénine (1870-1924) (Que faire ?, 1902 ; L’Etat et la révolution, 1917)

Lénine reprend la pensé de Marx. Mais il dit que la révolution ne va pas ve-

nir toute seule, il faut créer un environnement pour qu’elle se développe et

qu’elle résiste.

o La dictature du prolétariat

o L’avant-garde du prolétariat : il est nécessaire de développer un or-

gane ( parti ) pour éduquer la masse productive pour que la révolu-

tion se fasse en leur faveur. Il faut un volontarisme pour enclencher

la révolution.

o Etat transitoire entre socialisme (travail) et communisme (besoin)

Le socialisme est la phase de dictature du prolétariat et le commu-

nisme est basé sur les besoins de chacun.



o Gramsci (1891-1937), fondateur du parti communiste en Italie.

o Réintroduction du sujet dans l’analyse marxiste

On ne peut pas exclure l’acteur ( prêtres ) de la pensée marxiste.

L’absence de mouvement révolutionnaire est dû à un vecteur idéolo-

tique qui ne pousse pas à la révolution. Si les ouvriers ne jouent pas

eux-mêmes au jeu que mène les bourgeois, alors il ne se passera

rien. Il faut mettre en place des discours qui visent à la révolution.

o L’autonomie et le rôle de la superstructure

o L’hégémonie : « pouvoir de classe ressenti comme nécessaire par

l’ensemble de la société » (« L’Etat est une hégémonie cuirassée de

coercition ») ; domination par l’idéologie

Les discours dominant sont la seule manière pour y arriver.

L’hégémonie à deux grandes fonctions : elle domine la coercition (

armée ), organe répressif et la mise en place d’une idéologie hégé-

monique qui est un consentement des sujets à être dominés.

o Le rôle des intellectuels organiques

L’intellectuel à le rôle d’ouvrir les yeux des ouvriers ( ce qui n’existe



23

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

pas dans la théorie de Marx ) qui les invite à se méfier du pouvoir

hégémonique bourgeois. Le parti communiste doit se doter

d’intellectuels qui feront des discours contre la bourgeoisie et on

verra une mobilisation de discours anti-hégémonique.









o L. Althusser (1918-1990)

o L’appareil répressif d’Etat (le pouvoir d’Etat)

L’appareil répressif est le maintien de l’ordre par coercition (

police, armée ).

o Les appareils idéologiques d’Etat (familial, juridique, poli-

tique, scolaire, religieux, culturel, etc.)

Il faut considérer tous les appareils idéologiques. Ex la fa-

mille est contrôlée par l’Etat et il domine par idéologie sur

les gens avec la mariage qui est une distribution des revenus.

Le matérialisme historique passe à côté de quelque chose s’il

n’utilise pas ces appareils.



 Contrairement à l’appareil répressif, les AIE sont plu-

riels

Les AIE sont des violences symboliques.

 Les AIE relèvent plutôt du domaine privé

 Ils ne fonctionnent pas à la violence, mais à l’idéologie, à

la force symbolique;



 L’idéologie est une ‘représentation’ du rapport (imagi-

naire) des individus à leurs conditions matérielles

d’existence ; elle a, pour Althusser (et contrairement à

Marx), une base réelle.

L’idéologie donne le sens de ce qu’on fait sur terre.

L’idée est que les individus doivent donner un sens à

leur position sociale et ce sens vient de la culture, du

discours idéologique.

Ex : le programme du parti politique.



 But ultime des AIE : assurer le maintien des rapports de

production et la reproduction de l’idéologie dominante









24

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Gramsci et Althusser parlent du rôle de la superstructure sur la démocratie et

se posent la question de savoir si le citoyen est vraiment libre.

Et s’il n’est pas libre, la démocratie a-t-elle un sens ?









4.5 Les approches élitistes et pluralistes du pouvoir



Thèse générale : Le pouvoir appartient à une élite, dotée d’une certaine unité,

qu’aucune structure - ni juridique, ni politique - ne peut véritablement dessaisir.



L’idée qui se trouve derrière la vision élitiste du pouvoir est qu’il existe une sépa-

ration entre la catégorie des personnes qui dirigera la société et celle qui s’y

soumettra.



Elitiste : histoire donnée par le phénomène d’élite. L’histoire est une suite d’élite.



4.5.1 L’élitisme classique de la sociologie italienne



A. L’approche psychologique de Pareto ( 1848-1923 ) : Traité de sociologie

générale

L’approche de Pareto : il introduit des approches psychologiques de l’élite.

 L’élite est l’ensemble de « gens qui ont un degré remar-

quable des qualités d’intelligence, de caractère,

d’adresse, de capacité de tout genre »

Il y a une différence naturelle entre les gens qui ont des

talents. La société est l’ensemble des meilleurs.

 Division naturelle entre élite et masse

La division naturelle n’est pas produite par un acte de vo-

lonté implicite. Il est préférable qu’au niveau politique

l’élite soit au gouvernement.

 L’homogénéité de l’élite (cohésion, conscience de soi, etc.)

L’homogénéité de l’élite se retrouve dans le fait que les

individus se reconnaissent, qu’ils partagent un savoir faire

commun.

 La supériorité naturelle de l’élite sur la masse (énergie,

capacités, virilité, etc.) : le caractère d’une société est le

caractère de son élite.

Le caractère social est le caractère de l’élite ( groupe,

leader d’une société donnée ).

 La critique à l’approche marxiste : la thèse de la circula-



25

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

tion des élites, ou l’explication de l’histoire comme le

remplacement continuel d’une élite par une autre («

L’histoire est un cimetière d’aristocraties »)

La thèse de la circulation des élites existe pour éviter

qu’elle ne s’étouffe. Il faut un remplacement d’une élite

par une autre.

La séparation entre l’élite et la masse est naturelle.

La vision normative propose comment le système devrait fonctionner.







B. L’approche organisationnelle de Mosca (1857-1941)

 L’inéluctabilité de la coupure entre l’élite dirigeante et

les gouvernés

La condition même est qu’il y ait une séparation entre

l’élite et la masse, elle est nécessaire et inéluctable.

Ce besoin d’organisation impose l’élitisme.

 Le pouvoir est toujours dans les mains de la classe diri-

geante, unie autour de liens de parenté, de culture et

d’intérêts. Sa force découle de son organisation (« [...]

plus la communauté politique est grande, plus la minorité

gouvernante sera petite par rapport à elle, et plus il sera

difficile à la majorité d’organiser sa résistance à la mino-

rité »).

Plus la communauté politique explose, plus il y aura de dif-

férences entre la minorité et la majorité.

 La « formule politique » comme justification du pouvoir et

de la légitimité des actes

La « formule politique » que l’élite va asseoir sa légitimi-

té, ne se fait pas au niveau du talent, mais elle se fait par

le fait que la minorité va asseoir son pouvoir avec la légi-

timité de la minorité à dominer.

 Sociétés mobiles (la circulation des élites s’opère) et so-

ciétés immobiles

La société mobile est l’élite qui circule, qui est élue. La

société arrive à gérer la circulation.

La société immobile est dans l’intérêt de l’élite qui bloque

les nouveaux venus, ce qui amène la société à sa perte.

Ex : révolution française.

 L’histoire est animée par les idées et les intérêts des

élites au pouvoir

Le même phénomène historique peut être vu de diffé-



26

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

rentes manières selon la théorie choisie.









C. L’approche organisationnelle de Michels

Selon lui, il existe une coupure entre les dirigeants et les dirigés.

 Le gouvernement direct des masses se heurte à des im-

possibilités techniques: toute organisation a pour effet

de diviser tout parti ou syndicat [...] en une minorité diri-

geante et une majorité dirigée.

 La démocratie ne se conçoit pas sans organisation

 La ‘loi d’airain de l’oligarchie’ : l’irréversibilité du phéno-

mène élitiste (« Qui dit organisation, dit oligarchie »)

Toute organisation se constitue en oligarchie.

Ce qui pose problème vis-à-vis du sens du modèle de la démocratie, ce sont

les critères sur le système démocratique posé.

Qu’est-ce qui se cache derrière le phénomène élitiste vis-à-vis de

la souveraineté populaire ?

Présupposés : talent et démocratie



4.5.2 Elitisme démocratique

Empirique basé sur une enquête politologique sur l’élite aux USA.



A. La sociologie des élites de Mills ( 1916-1962 )

 L’élite au pouvoir comme détentrice de certains rôles stratégiques

 Une élite unifiée composée par 3 cercles :

o Militaire (les seigneurs de la guerre)

o Industriel (les chefs d’industrie)

o Politique (les dirigeants politiques)

 Le triangle du pouvoir : la compénétration des 3 cercles et la solida-

rité interne qui en découle ; la circulation des élites entre les 3

secteurs, ce qui confère l’unité de l’élite au pouvoir.

Très forte circulation des élites. Il est impossible de trouver une

seule décision importante de la maison blanche pas prise par un non-

membre de l’élite. Les décisions émanent du politique mais elles

sont soutenues par les militaires et les industries.

Qu’est-ce qui unit ces leader ?

Les lieux de formation des élites ( Harward, Princeton ), ils forment

des réseaux sociaux pour circuler d’une élite à une autre.



27

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 La cohérence de l’élite, par les intérêts communs et la solidarité

personnelle (passage d’un cercle à un autre, affinités psycholo-

giques, formation, origines sociales, etc.)

L’unité d’élite est basée sur la cohérence interne : formation, affi-

nités psychologiques.

Il existe une certaine vision : l’élite va mettre en place les discours

de ce qui est bon pour la société.

 L’élite au pouvoir comme oligarchie non élue : le déplacement du

pouvoir du législatif (Congrès) vers l’exécutif (Président et conseil-

lers).

L’idée de la démocratie, de la liberté, de la souveraineté est un

leurre. L’élite est une oligarchie non-élue qui prend des décisions.

Le peuple n’a pas de pouvoir.



Pour Marx le passage historique est la lutte des classes.

Pour les élitistes : normatif, l’élite = bien ( Pareto ), le talent

L’élite est organisationnelle pour Moska. La société doit être gérée et l’élite

exerce cette fonction.

Pour Mills, elle est empirique. Il n’y a pas une élite. Si on prend le cas des USA en

1950, il dégage l’idée qu’il existe une élite en 3 parties, leur solidarité fait

l’existence d’un noyaux informel de personnes qui ne sont pas soumis à une élec-

tion.



Princeton : réseaux sociaux, milieux, identification



La reproduction de l’élite : reproduction sociale et culturelle, ils se feront enga-

gé à une bonne place. Les banques investissent dans les étudiants.



L’existence de ces passages est en hausse. Les richesses et les inégalités sont

aussi en hausse. Cette vision ne pose pas de problème.

Mais chez nous, le résultat amène à se poser des questions sur la démocratie.



La grande différence entre Pareto, Moska, Mills est une thèse moniste des élites

face aux pluralistes.

Est-ce que l’élite est une et homogène ? L’élite domine la masse.



L’élitisme est sous deux formes, normative et socio-politique.

Il y a une tension entre les trois premiers penseurs et Mills, pour lui, le véritable

pouvoir du peuple n’existe pas.

La suite logique est l’organisation du pouvoir dans la démocrate, ce qui impose la

condition d’avoir une élite -> légitimation d’avoir des élites dans les partis pour



28

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

trouver un électorat.



La question qui se pose est de savoir qui va représenter le peuple. Le CN repré-

sente le peuple et le CE représente les cantons.

Le principe de base est que le peuple élit ses représentants, car s’il l’on est cinq

millions ce n’est pas possible. On a donc un système intermédiaire qui sont les

partis politiques.

En termes de pouvoir politique, nous n’avons pas le même pouvoir politique qu’un

président de parti.

La volonté populaire est d’être représenter par des élus au niveau politique. On

parle alors de représentation miroir.

Le problème est que la représentation est médiatisée par les forces politiques,

les partis. On n’a pas le choix de mettre quelqu’un sur une liste électorale.

A partir de quel moment la représentation de l’élite prend le relais de la volonté

populaire et à quelle moment cette représentation devient un statut individuel ?

La logique de Mills : critique constante du manque de représentation du peuple et

cela devient illégitime.



Schumpeter : passage à pluralité, le pouvoir du peuple est déterminé par l’élite.

Phénomène élitiste : possibilité à tout le monde d’accéder à l’élite.

Dans le démocratie le seul pouvoir du peuple est de donner le pouvoir aux repré-

sentants pour les représenter.

Le problème est de savoir si la représentation respecte la volonté des représen-

tés et il y a des revendications des partis sur cette volonté.

Le peuple a peu d’emprise sur les décisions et il y a plusieurs élites en compéti-

tion.



Weber : la légitimation que le peuple va donner aux gouvernants est la légitimité

de gouverner. Cette légitimation est donnée par le bote même si on est pas tou-

jours d’accord avec les décisions prises par nos représentants, on accepte, car

l’élite sait « mieux » que l’électeur.







4.5.3 La critique de l’élitisme et du marxisme : l’approche pluraliste



Thèse générale : il n’existe pas une élite, mais des élites qui coopèrent et/ou se

confrontent, selon un système de contr poids et avec une ouverture sur la base.



Pluraliste : Il n’y a pas qu’une élite dominante, mais plusieurs. Le phénomène éli-

tiste existe, aucune élite n’arrive à imposer son opinion sur un sujet. Les compé-

tences sont constituées entre les élites. Mais ils ne nient pas l’existence de



29

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

l’élite. Il nie le fait d’avoir une élite dirigeante.



A. Dahl : Qui gouvernent ?

Il observe sur le terrain comme les décisions sont prises. Il écrivit son

livre cinq ans après Mills et se pose la question de savoir si Mills à raison

ou tort.

Sa vision est plus optimiste que Schumpeter.

 La démarche épistémologique : Critique empirique de la perspective

élitiste de Mills (behaviourisme, analyse des décisions)

Il mesure l’ampleur du pouvoir de la décision de A sur B qui va le

pousser à exécuter cette décision.

Il fait ces observations au conseil municipal de New-Haeven ( lieu de

l’université de Yale ).

L’école des behaviouristes avait l’ambition que la démarche scienti-

fique ait les mêmes normes pour les sciences sociales. Que l’on ait

une science expérimentale pour savoir si le comportement de A peut

changer celui de B.

 Pas un centre de décision, mais une pluralité de centres de décision

: il y a donc une multiplicité de centres de pouvoir, aucun desquels

n’est dominant (polyarchie)

Le constat est qu’il n’y a pas une élite dominante qui prend les déci-

sions, ça ne marche pas.

Polyarchie : lieux du pouvoir qui impolque qu’aucun groupe n’est en

mesure de devenir un groupe dominant sur tous les objets en dis-

cussion.

Il cherchait à observer quelque chose, sans opinion et que se soit

fiable.

 Pluralisme social et grande diversité d’associations, ce qui implique

une dispersion du pouvoir

La diversité du pouvoir est une logique de la démocratie.

Le pluralisme caractérise le mieux ce qu’on que la démocratie de-

vrait être.

 Le fait de disposer d’une ressource ne signifie pas les posséder

toutes

Ex : l’argent ne suffit pas pour avoir tous les dossiers, on a pas un

impact sur toutes les décisions.

 Les décisions comme résultat de négociations (bargaining) entre les

différents groupes ; l’Etat joue le rôle d’arbitre

Les négociations sont des compromis qui font naître les conflits

d’intérêts.

 Le conflit d’intérêts est endémique dans les démocraties libérales



30

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni



B. Raymond Aron : « Catégories dirigeantes ou classe dirigeante » ( 1965 )

Selon lui, il n’y a pas d’élite homogène.

 Aucune classe dominante unitaire ne contrôle l’ensemble des déci-

sions : il existe une pluralité des catégories dirigeantes

Le pouvoir s’exerce par la relation entre les catégories dirigeantes.



 Les mouvements de démocratisation (avènement des classes ‘moyennes’)

empêchent la reproduction d’une classe unifiée

La démocratie implique le contrôle de l’élite dirigeante à d’autres facteurs.

Constat : dans chaque société les gens s’intéresse à la politique et d’autres

non. Ce hiatus fait en sorte qu’une force élite va lutter pour avoir le pou-

voir avec ses compétences.

Cette « élite », les gens en faisant partie peuvent changer et avoir plus ou

mois de pouvoir.

Ex : l’église.

Il y a beaucoup de considérations dans l’histoire sociale qui font que ces

catégories peuvent changer.



 Il y a des catégories dirigeantes ayant une influence sur le gouvernement

de la société





o Le personnel politique

o La haute administration

o Détenteurs du pouvoir spirituel

o Leaders syndicaux ( vont empêcher qu’une élite unique s’impose )

Il faut regarder le poids de ces acteurs dans les décisions.



 Pluralisme social et politique comme garant de l’absence du monopole du

pouvoir dans les mains d’une classe dirigeante



Il y a un aspect normatif entre ce qui doit être et ce qui devrait être.



Derrière le modèle pluraliste : il y a beaucoup de conception normative de ce

que devrait être la démocratie.

Il y a une va et vient entre l’analytique ( comment les choses fonctionnent ) et

le normatif qui est toujours existant.



Pour éviter une dispute autour de la démocratie : focalisation sur des ap-

proches dominantes en sciences politiques :



31

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

- Systémisme

- Fonctionnalisme

Ces deux approches émergente dès les années 1950, durant la décolonisa-

tion.







4.6 L’approche fonctionnaliste



Thèse : il existe des fonctions politiques de base qui contribuent à assurer la

reproduction d’un système politique donné.

On ne parle plus d’action ou de classe dominant, dominé.



Cette approche vise à expliquer et comprendre la fonction exercée par les diffé-

rentes actions de la philosophie sociopolitique.

On ne regarde pas la forme sociale et politique des phénomènes. Ce qui est im-

portant c’est à quoi à ça sert.



Fonction : contribution, faits d’un élément par rapport à un ensemble.

Ex : pourquoi la police existe ?

Elle sert à faire respecter les lois, à punir, à gérer les rapports entre les

individus, prévention comportementale…

On arrive à ces conclusions par deux démarches : déductive et inductive (

que l’on tire de notre expérience ).



Question empirique : est-ce que la police a les mêmes fonctions dans les diffé-

rents pays ?

But de la fonction est de dissocié la forme et la structure.



1. On compare l’objet ( police ).

2. On compare la structure : recherche d’acteurs qui font res-

pecter l’ordre, et des acteurs ne sont pas la police comme

les sécuritas, l’armée, les syndicats qui maintienne l’ordre au

deuxième sens du terme.

Il y a donc des formes très diversifiées.

Le système va mettre en place des fonctions pour maintenir l’ordre, s’il n’en a pas

alors il s’effondrera.



Les fonctionnalistes ont cherché la fonction de l’ordre politique. Qu’est-ce qui

fait que l’ordre social tienne en place. Ils recherchent la fonction de l’ordre poli-

tique.







32

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Qu’est-ce que le fonctionnalisme : une approche qui vise à déterminer une fonc-

tion, un structure, des actions au sein d’un système.

Ex : la police a une fonction du système pour maintenir l’ordre.



a. L’attrait de l’analogie organiciste ( Spencer 1820-1903 )

Thèse : on peut comparer la société à un organisme vivant. Un organe

existe car il a des fonctions.



 Sociétés comme organismes vivants : à l’époque la logique positi-

viste, fruit du constat. La tendance est mélangée à la sociologie

avec la politique avec la métaphore du corps.



 Multiplication des ‘structures’ et ‘fonctions’ sociales

La complexité de la société implique la mise en place d’une structure

sociale ( assouvissement d’avoir un équilibre ) pour garantir une

fonction de gérance du système.



 Réalité comme totalité intégrée

Idée : la dynamique sociale et l’histoire sont données par les fonc-

tions de structure qui permettent de gérer le système.



 Equilibre, homéostasie

Le point d’équilibre n’est pas donné une fois pour toute, il peut

changer, mais il reste équilibré.







b. Le fonctionnalisme absolu de Malinowski ( 1884-1942 )

Il décrivit la pratique et les coutumes d’une tribu et eu des conclusions

analytiques.



 Une institution donnée exerce une fonction par rapport à la société

toute entière (unité fonctionnelle de la société)

Les institutions sont certains groupes ou la mariage.

Tout acte politique a une impacte et une fonction par rapport à la

société. Tous ces actes ont une fonction importante pour l’équilibre

de la société.



 Totalité sociale à étudier en fonction de l’agencement de ses élé-

ments (fonctionnalisme universel)

Les éléments du tout constituent le tout.







33

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 Chaque élément apporte une contribution nécessaire à l’ensemble ou

répond à un besoin social (postulat de la nécessité fonctionnelle)

Toute pratique peut être expliquée en fonction d’une manière qui

s’inscrit dans le tout. Il n’y a rien qui n’ait pas de sens dans la socié-

té. Tout acte observable est produit par une fonction.

Ex : les quatre boutons de la veste ont la fonction de façonné la

veste. Rien n’est anodin pour lui.



La question de la nécessité de la fonction est remise en question par Mer-

ton.



c. Le fonctionnalisme relatif de Merton ( Eléments de théorie et de méthode

sociologique, 1965 )



Deux distinctions :

- Sarkozy a envoyé la police et les immams qui ont une action

différente tout en pouvant remplir la même fonction.

- CF : il peut appliquer les lois, mais il peut aussi les élaborer.

Il a donc une double fonction.



 Les exigences et les équivalents fonctionnels

On peut avoir une même action qui remplit plusieurs fonctions et

une fonction peut être remplie par plusieurs acteurs.



 (1 élément peut avoir plusieurs fonctions ; 1 fonction peut être

remplie par plusieurs éléments)



 Les dysfonctions

Au contraire d’une fonction, le comportement peut être disfonc-

tionnel.



 Les fonctions ‘manifestes’ et les fonctions ‘latentes’

Latente : fonction ni comprise, ni voulue. On reproduit un compor-

tement inconscient qui reproduit l’ordre social ( principes ).

Ex : une ado veut mettre une bûche dans la cheminée, son père

l’empêche formellement.

Fonction manifeste : éviter qu’elle se brûle.

Fonction latente : garder l’ado sous son contrôle, montrer sa hié-

rarchie de l’ordre.

Ex : manger du caviar

Fonction manifeste : payer cher pour avoir l’excellence.



34

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Fonction latente : affirmation de sa richesse, de sa puissance.

 cela nous oblige à réfléchir sur certains actes pour

voir ce qui se cache derrière.









d. Un exemple politique : Almond et Powell

Comparative Politics, 1966

Cet écrit nous explique comment comprendre différent pays qui ont des

formes différentes suite à la décolonisation.

La recherche de critères : ex des crops circles 1. on cherche à quoi ça

serte et 2. on remonte vers l’acteur.

Les fonctionnalistes ont été chercher les structures de base.



Ex : cette théorie naît durant la décolonisation.

Comment un nouveau système politique peut fonctionner ?

Ils font une approche comparative entre deux pays.

Thèse de la modernisation : rapport clair entre le développement et l’économie et

la stabilisation de l’Etat.

Ils avaient besoin de critères et ils les ont déterminer en les observants.

Critique comparative : chercher au niveau des fonctions.



Thèses :



« Les mêmes fonctions sont remplies dans tous les systèmes politiques, bien que

ces fonctions puissent être plus au moins remplies selon les systèmes et par des

types différents de structures »



« Si le fonctions sont présentes, alors les structures doivent exister »



« Le système politique n’inclut pas seulement les institutions gouvernementales,

mais toutes les structures dans leurs aspects politiques »

On peut réduire le système politique au gouvernement qui exécute les lois, mais il

y a aussi d’autres facteurs cruciaux.



De l’universalité des capacités de la structure politique....





 Capacité de régulation des comportements

Régulation : tout système politique doit garantir allégeance du

peuple, ce qui implique une socialisation.



35

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 Capacité ‘extractive’

Tout système politique a besoin d’extraire des ressources du sol, de

la société ( ressources économiques : fonctionnaires ). Il va cher-

cher les ressources pour fonctionner chez le peuple. Le système est

donc dans l’obligation des redistribuer les ressources.



 Capacité ‘distributive’

L’intervention dans la société pour régler les problèmes sociaux.

 Capacité ‘responsive’

Le système doit être capable d’anticiper les problèmes pour les gé-

rer. Une situation empirique est différente mais la fonction est la

même : définir la fonction.

Malgré les différences de chaque système, tous les systèmes doivent avoir ces

quatre capacités, sinon ce n’est pas viable.

Ils vont chercher la fonction pour trouver les structures dans lesquelles ces ca-

pacités vont, puis ils chercheront l’acteur pour comparer les régimes très diffé-

rents. Les positivistes vont au dehors de la forme, il n’y a pas de dominant, domi-

né. La question est de savoir comme la société joue un rôle pour le tout, mais il ne

dise pas si l’action est bien ou mal.



...à l’universalité des fonctions politiques



o Fonctions de conversion

Transformer la complexité sociale et la traduire dans quelque chose

de gouvernementale.



o Expression des intérêts

Les acteurs doivent relayer l’expression des intérêts ( qui doi-

vent être agrégés ) sociaux au système politique, aux partis poli-

tiques.

o Agrégation des intérêts le nombre d’intérêts doit être gérable

o Elaboration des règles l’anarchie n’est pas possible pour un sys-

tème politique.

o Exécution des règles

o Fonction judiciaire

o Communication politique

Tout gouvernement doit être en mesure de communiquer ses ac-

tions au peuple.



o Fonctions de maintien et d’adaptation





36

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

o Recrutement politique ( personne capable )

o Socialisation politique (assimilation, intériorisation des normes)



La multifonctionnalité des institutions politiques





Le système politique importe plus pour ce qu’il fait que ce qu’il est

Analyse systémique politique par rapport à la dynamique qui fait que le système

politique est dans sa société.

Ex : En France, le débat électoral sur le sous-développement de la justice ( fonc-

tion ).

Intuition : que la fonction de faire respecter les règles existe pour retenir les

délinquants. Les manifestations en règle peuvent être différentes, mais pas la

justice -> clivage politique.



o Quelques critiques au fonctionnalisme

Les fonctionnalistes veulent expliquer l’équilibre du système et

ils sont critiquer par la vison conservatrices.



o Vision statique (et conservatrice)

Ils préfèrent le statu quo plutôt que le changement.

o Difficulté à expliquer le conflit et le changement

Ex : la révolution française est la réaction normal pour atteindre un

nouvel ordre.

o Faible force explicative

Quoiqu’ils disent les fonctionnalistes ont un faible force explicative,

car ils expliquent le système par les fonctions de base. Ils

n’expliquent pas pourquoi ces fonctions et pas d’autres.









4.7 L’approche systémique



Thèse générale: tout système comporte en soi sa propre finalité : il s’agit de son

maintient ou sa propre reproduction malgré les influences de son environnement.



Idée : considérer la société comme un système.

On rompt avec la vison sociale des observations de la société.

Dans la société, tout a sa propre finalité (but), on se maintient malgré l’influence

du dehors.





37

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Métaphore du corps humain : son but est la survie, la société est en équilibre et

le système sert à maintenir la société.

Ex : antibiotiques ne plus d’effet, car on s’y habitue.

La base du système vient des la science naturelle.

Cette base a besoin de scientificité ( dans les années 1940-50 ), de sociologie et

de science politique pour avoir plus d’objectivisme.



Influence de la biologie (L. von Bertalanffy, Théorie générale des systèmes,

1956)



o Le système est un ensemble d’éléments en interaction ;

La totalité des éléments n’est pas reproductible à leur somme.

L’interaction entre divers organes de la société donne le système.

o Le système implique l’interdépendance des parties qui le consti-

tuent : le changement d’une partie affecte l’ensemble du système ;

Les éléments du système sont dépendants pour garantir la survie.

Si un élément change, cela implique un déséquilibre sur le système

et il y a une remise en question du but de sa reproduction.

o La totalité des éléments n’est pas réductible à leur somme ;

o Le système implique une frontière avec son environnement ;

La frontière entre le système et son environnement est que si elle

n’existe pas, le système est dilué dans son environnement.

o Le système est exposé aux influences de son environnement ;

L’environnement est en dynamique avec le système.

o Systèmes clos vs systèmes ouverts





Un exemple d’éléments non systémiques.

Le système politique suisse et le système politique italien ont tous les deux des

tribunaux, un gouvernement et un parlement.

Si le système est ces trois éléments, alors les deux systèmes sont les même.

La dynamique qui les compose :

Italie : 1948-1960 : soixante changement au gouvernement

Suisse : 1958 : stabilité politique stationnaire.

La différence est à rechercher au niveau de la dynamique, dans son environne-

ment.







4.7.1 L’approche de David Easton (The Political System, An Inquiry into the

State of Political Science, 1953; System Analysis of Political Life, 1965)





38

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Thèse sur le pouvoir :

La politique est « l’allocation autoritaire de valeurs » et le système politique «

[est] l’ensemble des interactions par lesquelles s’effectue l’allocation autoritaire

de valeurs »



Idée : derrière les idées et les actions, il y a des décisions qui se fondent par la

coercition. Ce qui implique des allocations autoritaires sur la société civile de ma-

nière stable.

Question centrale:

« Comment les systèmes réussissent-ils à persister dans un monde où règnent à

la fois la stabilité et le changement ? »









The black box est le système politique dans son environnement. Tout ce qui n’est

pas le système est dans son environnement.



39

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni



La dynamique du système en trois facteurs :

1. Tout ce qui est adressé au système ( imputs ).

- ce que l’environnement exige du système. Une surcharge du

système politique entraîne un stress vis-à-vis des de-

mandes.

- Le support ( tout ce qui appuie le fonctionnement du sys-

tème ) de l’environnement au système.

2. Outputs : décisions qui vont enclenchés de nouveaux imputs. Car

c’est un flux constant.

3. Les décisions et les actions du système politique : sondages et des

réactions qui peuvent stressé le système politique.



L’élément dynamique fondamental est donné par la rétroaction, après les déci-

sions le problème n’est pas totalement régler.

Cela va engendrer de nouvelles questions et cela va créer de nouvelles demandes

pour aboutir aux buts. Il y a deux formes de demandes, celle qui supportent les

outputs et celles qui stressent le système en demandant le contraire.



Par exemple, les perdants du milliard de cohésion ( 53% ok contre 47% ). Le fait

que le peuple refuse un objet donne lieu à de nouvelles négociations politiques :

système continu.



Pour les systèmistes : le contexte politique en relation avec le contexte social

doit être stable.



Comment les frontières tiennent-elles sur pied ?



Révolution, changement de régime : le système n’est pas en mesure de gérer les

relations avec l’environnement, il est dans l’incapacité de gérer les demandes ou

le manque de soutien. C’est pour cela qui l’administration est un filtre.



Schéma un peu plus perfectionné :



Pour que les demandes soient gérables pour le système, il faut filtrer les imputs

( population, partis, mouvements sociaux,… ).

Il y a une surcharge qualitative : le système n’est pas en mesure de régler la

complexité de la demande face à l’idéologie.

Il y a aussi une surcharge quantitative : si l’Etat est confronté à beaucoup de

grèves.







40

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni









Pour éviter ces surcharges : il y a une mise en place de fonctions qui essayeront

de réduire la surcharge et la complexité qualitative.







4.7.1.1 Concepts-clé



 Inputs



o Exigences (demandes) (stress pour le système)



3 fonctions de gestion des exigences :



a) L’expression des exigences

Qui les exprime ? Les délégués, les syndicats qui les communiquent à l’Etat. Et ils

transposent les exigences dans un langage qui l’Etat peut gérer.

b) La régulation des exigences :

Régulation structurelle des exigences

Régulation culturelle des exigences

Ex en France qui est un Etat laïque et qui interdit le port du voile.

c) La réduction des exigences



41

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni



 Soutiens

A la communauté politique (identité, cohésion, taxes), au régime (règles du jeu),

aux autorités

L’Etat s’occupe de ce qu’il y a dans la boîte.



 Outputs

Décision (force du droit)

Actions (politiques publiques)

Les décisions sont prises politiquement.

Mais il n’y a pas forcément accord entre les décisions et les actions, ce qui en-

clenche de nouveaux inputs.

Le système dit que si l’Etat remplit ces fonctions, il fonctionnera.



o Rétroaction [feed-back]



o Outputs comme sources de nouveaux inputs (flux continu et dyna-

mique)

o Positive

o Négative



o Boîte noire

Le système politique est formé des trois pouvoirs et de l’administration.



o Environnement

Tout ce qui n’est pas le système politique.

Mais selon les définitions, les outputs peuvent être différents en fonction

des acteurs politiques choisis -> la réalité concrète.



o Surcharge (quantitative et qualitative)







4.7.1.2 Les forces de l’approche



o Rupture avec l’empirisme, rupture avec les observations de la réalité sans

savoir pourquoi on l’observe. Maintenant c’est le regard théorique qui or-

ganise les observations.

o Théorie parcimonieuse du fonctionnement du pouvoir

Elles sont parcimonieuses car elles se basent sur peu de concepts.

o Valeur heuristique

Heuristique : démarche de connaissance



42

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Les valeurs sont des bonnes théories qui permettent d’avoir de bonnes

nouvelles connaissances.







4.7.1.3 Les limites et les critiques





o Equilibre et régulation vs conflit et changement

Pour les systèmistes et les fonctionnalistes : le conflit manifeste le nouvel

équilibre. Ce qui est une approche conservatrice.

o Peu d’attention pour le politique (boîte noire)

C’est une sous-théorie, car on décrit ce qui se passe autour.

o Environnement désincarné

o Approche conservatrice et téléologique







5. Qu’est-ce que l’Etat ?



La définition de Max Weber : « Entreprise politique de caractère institutionnel

dont la direction administrative revendique avec succès dans l’application des

règlements, le monopole de la contraint Economie et société)



Les différences de conception de l’Etat entre ce qu’il doit être et ce qu’il devrait

être sont les critiques autour desquelles se positionnent les partis.



5.1 Quelques caractéristiques de l’Etat moderne :



a) Il est territorialisé, souverain (vers l’intérieur et l’extérieur) et exerce son

autorité sur une population (agrégation des individus assujettis au droit de

l’Etat).

La population est soumise à la domination de l’Etat. Les citoyens ont un lien for-

mel avec l’Etat.



b) Il incarne la sphère publique (vs. sphère privée).

La sphère privée implique la sphère non étatique. La société civile est un en-

semble d’acteurs qui s’organisent et qui ne sont pas contrôlés par l’Etat et qui

construisent des modalités pour exister et devenir.

Ce qui est important est de faire la différence entre le lieu où sont prises les

décisions et celui où elles sont appliquées.



c) Il fonde ses actes sur une légitimation formelle et symbolique.



43

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Légitimation formelle : procédure, droit, normes.



d) Il est un instrument de domination (M. Weber : « monopole de la violence légi-

time ») et de coercition par l’exercice d’une autorité impersonnelle.

L’Etat n’incarne pas les intérêts de groupes de personnes, mais en théorie de la

collectivité.



e) Il est permanent (contrairement au gouvernement).

L’Etat n’est pas égal au gouvernement. L’Etat est une institution tandis que le

gouvernement est un acteur constitutif de l’Etat. La nature de l’Etat peut chan-

ger et les acteurs peuvent changer.



f) Il est composé de différentes branches (exécutif, législatif, le judiciaire,

l’administration, institutions centrale et/ou locales, etc.)

Il n’y a pas un seul modèle d’Etat.

Ex : Etat unitaire et centralisé en France.

Un Etat unitaire et décentralisé : essence législative et exécutive pour

les régions et les départements.

Un Etat fédéral où les acteurs sont plus complexes à gérer que dans un Etat

unitaire.



Ce sont toutes ces organisations différentes de l’Etat qui vont déterminer les

normes collectives, les droits et les devoirs.

Ce qui est symbolisé avec l’Etat, c’est la légitimité et la manière d’envisager la

relation avec l’Etat et les autres systèmes.







5.2 Les origines de l’Etat : quelques éléments



a) La marche vers la différenciation politique

Dans la différenciation politique, on cherche la base de l’Etat ainsi que la diffé-

rence entre l’Etat et le reste.



 Spécialisation des agents

On a dû mettre en place des agents pour préserver l’Etat. Par exemple,

l’armée.



 Centralisation de la coercition (droit et administration)

On assiste à une spécialisation de l’administration et une centralisation

progressive de la coercition.







44

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 Différenciation de la sphère religieuse et économique



 Fin du patrimonialisme

On assiste à la fin de l’idée qui repose sur les possibilités du patrimoine.



 Extraction et distribution des ressources



 Institutionnalisation (dissociation entre la personne et la fonction publique ;

continuité de l’Etat)

La personne qui occupe la fonction publique peut changer, mais la fonction

publique reste la même.



 La bureaucratie moderne (compétence, hiérarchie, impersonnelle, applica-

tion rationnelle des règles, etc.)





b) La modernisation politique ( Hanspeter Kriesi)

a. Formation de l’Etat

 Consolidation territoriale et intégration dans le système des Etats

L’Etat exerce son pouvoir sur un territoire donné.

 Différenciation entre le politique, l’économie, l’armée et l’Eglise

 Centralisation et expansion de l’administration

Il y a une expansion, car il y a une multiplication des tâches administra-

tives.

 Contrôle accru des moyens de coercition

 Pacification interne

L’idée est que l’Etat est le seul à organiser et exercer la violence légitime

pour pacifier. L’Etat doit surveiller la population.



b. Intégration de la population (citoyenneté)

 Surveillance accrue

Pour pouvoir anticiper la réaction aux problèmes.

 Intensification des obligations des citoyens (comme payer les impôts ).

 Extension des droits des citoyens

Avec le point précédent, ce point est en parallèle. Le citoyen à partir du

18ème siècle à des droits politiques, des droits civiles et droits sociaux à

partir du 20ème. (protection face au chômage, maladie, éducation, AVS)

Le statu du citoyen affirme la relation ( qui donne une obligation ) de

l’individu face à l’Etat.



5.3 Les types d’Etat : la distinction entre Etats forts et Etats faibles (cri-



45

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

tiquée mais facilement compréhensible)



Le critère explicatif : La lutte de l’Etat contre la résistance des pouvoirs tradi-

tionnels



Ces deux types sont des types idéaux différents au niveau de la force de leurs

frontières symboliques. Ces idéaux sont constitués en fonction de toutes les re-

présentations symboliques dont l’Etat se sert pour déterminer les termes du

consentement des frontières entre les Etats.

La frontière symbolique ne se détermine pas par ce qu’elle devrait être, mais par

la frontière entre l’Etat et la société civile.



Etats forts : différenciés, centralisés, forte autonomie par rapport à la société

civile (ex : France)

La France est le seul Etat qui corresponde l’Etat fort.

Plus l’Etat est fort, plus il existe un décalage entre l’Etat et la société civile.

Plus la lutte de différenciation de l’activité étatique contre les autres système a

été dure, plus il voudra se « débrouiller » seul.



Etats faibles : autorégulation par la société civile, décentralisés (ex : fédéra-

listes), imbrication entre Etat et société civile (ex : Grande-Bretagne et Etats-

Unis)

Les frontières de l’Etat sont beaucoup plus poreuses avec la société civile qui

peut plus intervenir par rapport à l’Etat.

Ex : En France, plus il y a des grèves, plus l’Etat sera centralisé et plus les ac-

teurs de la société civile voudront s’imposer pour que l’Etat les écoute. En

France, on représente l’intérêt général mais pas l’intérêt individuel. Les fonc-

tionnaires sont des professionnels.

L’Etat faible laisse les acteurs de la société civile intégrer l’Etat pour prendre

des décisions.

Ex : En Suisse tous les projets importants de loi font appel à la consiliation des

acteurs de la société civile. Les conseillers aux Etats et au National font partie

intégrante de la société civile et sont une « milice » politique.

Les Etats faibles sont fédéralistes. La spécificité en Suisse est que chaque dé-

puté représente les intérêts de son canton.

Ex : la double majorité, la voix d’un Uranais compte trente fois plus que celle d’un

Zurichois, car Uri vaut un tout comme Zürich.







Conclusion : Quelques théories normatives sur l’Etat







46

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Les individus sont libres, alors pourquoi créent-ils l’Etat qui est une restriction

de leur liberté.

Pourquoi et comment les individus vont renoncer à une partie de leur liberté qu’ils

vont déléguer à l’Etat pour intervenir dans la société civiles ?

Le contrat social est une transposition de la philosophie et de l’argumentation de

toute l’activité de l’Etat. Le contrat social vise à établir les raisons individuelles

de perdre une partie de leur liberté.

Avec les partis, on peut remonter à une matrice conceptuelle pour penser l’Etat.

Hobbes : concept de survie Homo homini lupus. Un pouvoir fort est nécessaire

pour éviter que les hommes s’entretuent.

Locke : protéger les droits de propriété. L’individu veut maximiser son bonheur

en étant propriétaire. L’Etat intervient pour faire respecter le droit de proprié-

té qui est le fondement de sa légitimité. L’homme soumet une partie de sa liberté

pour une vie sociale possible.

Rousseau : entrer dans la volonté générale en participant à définir les normes

auxquelles elle sera soumise pour être libre. Si la définition n’est pas faite alors

il y aura une aliénation. La fonction par rapport à l’intérêt général implique que

l’individu doit se rallier à la volonté du plus grand nombre.



Les quatre catégories suivantes cherchent le but ultime de l’Etat, il n’y a pas

qu’une seule idée.



 Libérale et pluraliste (Etat ‘arbitre’)

L’Etat en tant qu’arbitre puis sa légitimité symbolique dans l’arbitrage des

relations sociales. L’Etat n’intervient pas dans la société civile. C’est une

vision restreinte de l’Etat. Un lieu de procédure et de négociation est né-

cessaire, mais moins l’Etat intervient, plus il aura un rôle d’arbitre, plus il

tire sa légitimité.



 Marxiste et communiste (Etat ‘du Peuple’)

L’Etat tire sa légitimité de certains qui vont pour tout le peuple. L’Etat est

au service du peuple. L’Etat est très présent dans la société.



 Social-démocrate (Etat de ‘justice sociale’)

C’est la forme d’Etat la plus répandue en Europe. L’Etat est là pour garan-

tir un minimum de justice sociale. Pour les chômeurs, les malades et les

vieux, l’Etat garantit l’égalité minimum des individus -> politique des redis-

tributions des revenus, payer sa caisse maladie. Collectivité des res-

sources qui sont des objets de redistribution qui améliorent le tissu social.

L’Etat est beaucoup plus présent dans la société civile. On ne peut pas être

libre si on a pas un minimum de ressources.



47

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni



 Nouvelle droite (Etat ‘minimal’)

Nozick : légitimer l’Etat pour garantir les droits populaires. L’Etat

n’intervient pas dans le prélèvement fiscal pour la justice social, ce qui se-

rait illégitime.

L’Etat gère deux à trois éléments minimum et ne se mêle pas de la redis-

tribution.



Rawls irait dans la troisième catégorie, mais ce n’est pas forcément juste. Il faut

ponctionner les riches pour donner aux pauvres.

Il prône plus liberté et un Etat minimal qui donne une responsabilité individuelle.

Ainsi les individus deviendront riches tout en étant des individus sans Etat.

Ex assurance maternité : Romands, l’Etat doit s’en occuper. Les Suisses-

Allemands ne voulaient pas que l’Etat intervienne, c’est un choix privé et indivi-

duel.

Ce qui a fait changé d’avis est la représentation de l’Etat. Toute entorse à l’Etat

minimal est illégitime.

L’Etat minimal ne veut pas d’une école publique.



Les deux conceptions différentes de l’Etat se traduisent dans les arguments des

acteurs ( dont la vision de l’Etat est très différente ).



5.4 L’Etat comme acteur politique : fonctions, ressources, modes d’action



1) Trois fonctions de l’Etat



 Extractive (ressources matérielles, cognitives, etc.)

 Distributive (régulation des relations sociales, distribution des ressources

matérielles et/ou symboliques, etc.) Imput…

 Responsive (anticipation des conflits, gestion des conflits, négociation, etc.)

Ex : anticiper une explosion nucléaire et prévoir le sauvetage en cas

d’explosion.

Cf fonctionnaliste.

Implication de l’Etat dans la société



2) Les relations entre Etat et société : les politiques publiques

Définitions



« Une politique publique se présente sous la forme d’un programme d’action gou-

vernementale dans un secteur de la société ou un espace géographique » (Y. Mény

et J.-C. Thoenig, Politiques publiques, 1989).



48

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

La politique publique est l’intervention de l’Etat dans un secteur particulier de la

société ou d’un contexte donné, délimité ( territoire ).



« Ensemble, supposé cohérent, d’intentions, de décisions, de justifications qui,

articulées entre elles, expriment une volonté globale s’inscrivant dans le temps

et mobilisant des moyens coordonnés » (P. Braud).

Les politiques publiques sont supposées être cohérentes. Si l’Etat veut régler un

problème ( grippe aviaire ), il doit d’abord l’identifier, ceci fait, il devra mettre

en place un manière de contenir le problème ( Tamiflu, pas banal, il faut un bud-

get et il y a peut-être une relation avec les lobbys ). L’Etat doit donner une justi-

fication de son action dans son choix d’action.



Exemples : politique de la santé, politique du logement, politique de l’emploi, poli-

tique du chômage, politique d’intégration, etc. Ce sont les secteurs où l’Etat in-

tervient pour régler des problèmes.

 « L’Etat en action » (B. Jobert et P. Muller, L’Etat en action, 1987) : régula-

tion et légitimité

- Enjeux traditionnels et nouveaux enjeux (environnement, pandé-

mies, ressources non reproductibles, découvertes scientifiques,

etc.)

Enjeux traditionnels : la politique étrangère et la politique écono-

mique.

Enjeux nouveaux : ceux qui ne sont pas nécessairement prévus

( ex : pétrole pour les ressources non reproductibles )



- Le rôle de l’Etat et de l’administration : préparation, élaboration et

application des politiques publiques

Comment aborder le problème ?



- La mobilisation des nombreux acteurs (experts, administration,

etc.) [P. Braud]

Les acteurs doivent trouver une solution au problème. Il peut y avoir

le phénomène politique des lobbys qui rentre en jeu.



- La régulation des problèmes et dynamiques sociales (ce qui implique

« une image de la réalité sur laquelle on veut intervenir ») et la légi-

timité de l’action étatique

L’intervention directe de l’Etat implique qu’il fasse une représenta-

tion du problème.

Les images peuvent changer ( au fil des différentes administrations

américaines, le problème du sida a été de différentes façons ).



49

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Ex : la grippe aviaire, le problème est simple. Mais des problèmes

sont moins simple comme l’avortement, l’intégration des étrangers.

La représentation du problème ne se fait pas de manière univoque.

L’image du problème est mise en place par des rapports de force

entre les acteurs, plus les jugements symboliques sur la raison de

l’intervention ou non de l’Etat. -> des conflits et des débats poli-

tiques sur la nature du constat. Tout ça doit faire partie intégrante

dans la détermination des problèmes.

La grippe aviaire est un fait. La modification du virus, une raison, un

choix est une opinion. L’intervention de l’Etat est réglée par un pro-

gramme d’action imposé par les rapports de force politique.



- Un moment décisif de la construction d’une politique publique :

l’inscription sur l’agenda politique et la phase préparatoire

Un élément va figurer sur le scripte de l’orientation de l’Etat, il va

réfléchir sur son intervention.



- Mesures d’exécution juridique et/ou matérielle

Les mesures d’exécution juridique doivent avoir une légitimité et

matérielle, le pays doit disposer d’assez de ressources.



- Phase d’évaluation [P. Braud]



Les politiques publiques sont la relation entre l’Etat et le secteur public.



3) Les modes d’action de l’Etat



Modes d’action de l’Etat par rapport aux autres acteurs politiques



a. Le modèle pluraliste



(« Système de représentation des intérêts dans

lequel les unités constitutives sont organisées en

un nombre non spécifique de catégories

multiples, volontaires, en compétition entre elles

[...] qui ne sont pas autorisées de manière

particulière ou reconnue, subventionnées, créées

par l’Etat et qui n’exercent pas le monopole de

l’activité à l’intérieur de leur catégories

respectives » (P. Schmitter, 1979)





50

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Un grand organe comme un syndicat ne représente pas tous les autres syndicats.



b. Le modèle néo-corporatiste



(« Système de représentation des intérêts dans

lequel les unités constitutives sont organisées en

un nombre limité de catégories uniques,

obligatoires, non compétitives [...] reconnues ou

autorisées (si ce n’est créées) par l’Etat qui leur

concède délibérément le monopole de la

représentation à l’intérieur de leur catégories

respectives » P. Schmitter, 1979)



L’Etat va définir des interlocuteurs dans les différents secteurs qui seront en

relation institutionnelle avec l’Etat qui n’est pas un lobby.

Ex : En Suisse, syndicat Unia va être consulté par l’Etat sur le droit de travail.

L’Etat est tenu de le consulter de manière institutionnelle.

C’est ce qui va déterminer les politiques publiques.



 La relation entre type d’Etat (fort et faible) et la définition ainsi que la

mise en œuvre des politiques publiques



 Les acteurs en ‘présence’ et leurs dynamiques : modèle pluraliste et modèle

néo-corporatiste



On en vient à se poser une question sur la démocratie. Jusqu’à quel point les poli-

tiques publiques interfèrent dans la démocratie. On consulte des lobby ou des

interlocuteurs, mais on ne consulte finalement pas le peuple en lui-même qui n’a

pas forcément choisi ces personnes.

Car, la définition de la démocratie est que le peuple choisit ces représentants.







6. Qu’est-ce que la démocratie ?



 Demokratia (demos = peuple ; kratos = pouvoir)

Qui est le peuple et comment exercera-t-il son pouvoir ?



 Le scepticisme historique à l’égard de la démocratie

La démocratie était assimilée à des petits Etats qui sont passés de la dé-

mocratie à la représentation politique.

Selon Aristote, la démocratie est dégénération de la république. Il a peur



51

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

que les classes défavorisées utilisent leur pouvoir pour augmenter leurs in-

térêts et ceci à persister jusqu’au 19ème.

La démocratie représentative, la démocratie directe et la démocratie par-

ticipative sont toutes les trois des visions différentes de la démocratie.

Plus il y a des concepts différents de la démocratie, plus ils engendreront

des luttes politiques structurelles. Dans chacun de ces visions, on cherche

la démocratie la plus légitime possible sauf que les procédures sont diffé-

rentes.

Il faut définir les modèles théoriques pour évaluer le niveau de la démo-

cratisation. Derrière les concepts démocratiques se cachent des concep-

tions empiriques ( les caractères de base que le système politique doit

avoir pour être considéré comme démocratique ) et les conceptions théo-

riques ( idéal de ce que devrait être la démocratie dans sa relation entre

le peuple et le pouvoir )

Locke, Hobbes sont encore dans les discours politiques d’aujourd’hui. Les

modèles structurent notre compréhension de l’idéal démocratique.

Ex : initiative pour que le peuple vote les naturalisations. (udc) On a une

tension entre les « populistes » qui voient le vote du peuple comme la légi-

timité supérieur et les constitutionalistes qui prônent que la légitimation

supérieure est la constitution. Ce sont deux idées totalement différentes.

Où sont les limites de l’expression du peuple ?



 Abraham Lincoln (1864) : démocratie comme « gouvernement du peuple, par

le peuple, pour le peuple »

Formule vague



 Concept polysémique, ‘essentiellement contesté’



 La démocratie comme référence mobilisatrice et gage de légitimité









 Les tensions entre faits et valeurs, ou entre la description et l’évaluation

des régimes démocratiques ainsi que de leur fonctionnement

Tension entre ce que sont les régimes et ce qu’ils devraient être.



6.1. Conceptions empiriques et conceptions théoriques de la démocratie

6.1.1. La démocratie comme procédure de décision



 La démocratie minimale selon Norberto Bobbio







52

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Démocratie comme méthode de prise de décision

Méthode de prise de décision : modèle institutionnel qui permet de

produire des outputs

Deux règles de base :

a) Tous, directement ou indirectement, participent aux déci-

sions, idée du suffrage universel

b) Après une libre discussion, la décision émane du choix de la majorité

Pourquoi la majorité ? pour l’égalité. Tous les systèmes démocra-

tiques doivent entrer dans ces critères.



 La méthode démocratique selon Joseph Schumpeter (Capitalisme, socialisme

et démocratie, 1954)



« La méthode démocratique est le système institutionnel, aboutissant à

des décisions politiques, dans lequel les individus acquièrent le pouvoir de

statuer sur ces décisions à l’issue d’une lutte concurrentielle portant sur

les votes du Peuple »

Possibilité du peuple d’élire ces représentants qui pratiqueront la

politique et les représenteront -> inexistence du contrôle par le

peuple des décisions prises.





6.1.2. Les critères empiriques minimaux

généralement admis pour définir la démocratie





 Suffrage universel ; égalité de droits politiques pour les citoyens/nes

 Règle majoritaire, la discussion publique devra être tranchée à la majorité

 Elections libres, compétitives ( plusieurs candidats ), correctes en termes

de procédure et organisées à échéances régulières

 Plus d’un parti (multipartisme), un parti ne serait pas en mesure de repré-

senter la base électorale.

 Principe représentatif

Ces cinq critères permettent de déterminer si un régime est polyarchique ou

démocratique.



Mais aussi...



 Etat de droit (séparation des pouvoirs, constitution, etc.)

Doit-on octroyer aux minorités certaines formes de droit ?

 Protections à l’égard des minorités (pour éviter la ‘tyrannie de la majorité’

selon Tocqueville)

53

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 Exercice effectif de la liberté politique

La liberté politique est-elle effective quand on a le droit de vote ou quand

on utilise ce droit de vote ?

 Pluralité des sources d’information

 Société civile libre, organisée et informée

Organisée par les partis, les associations et les mouvements par des res-

sources socio-culturelles comme des nouvelles classes

 Possibilité d’une délibération publique et politique effective

La délibération publique est une confrontation d’arguments. Comment

l’obtenir ?

Ex : vote par sms, il n’y a pas d’interaction entre les arguments.



Doit-elle aussi réaliser des enjeux tels que... ?



 Promotion de l’autonomie et de la liberté individuelles ?

 Promotion de l’égalité ? sociale par exemple

 Intégration sociale et absence de discrimination ?

La démocratie doit-elle intervenir dans l’embauche des femmes ? Est-ce

son travail de nous faire aimer les autres ?

 Utilité et bonheur du plus grand nombre ?

 Economie de marché et capitalisme ?

L’économie doit-elle s’occuper des heures d’ouverture des magasins ?

 Etc. ?



Le débat est sur ces domaines d’intervention de l’Etat qui est la démocratie.

Où se trouvent des réponses à ces critères ? Ces critères sont plus philoso-

phiques et pas empiriques.



6.2 Les théories de la démocratie (la démocratie comme idéal)

6.2.1 Un modèle ou des modèles de démocratie ? Eléments tirés

de la typologie de David Held (Models of Democracy, 1987)

6.2.1. Les modèles classiques

6.2.1.1 Démocratie classique

 Démocratie comme participation directe aux affaires publiques (liberté

positive) et aux fonctions législatives et judiciaires

Les individus sont libres dès qu’ils se soumettent aux lois qu’ils ont choisi.



 L’assemblée des citoyens (ecclesia) détient le pouvoir souverain

Philosophie politique grecque : le pouvoir est légitime au peuple qui est

libre quand il participe à la polis.





54

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Le but légitime est l’intérêt collectif avec la liberté de participer au poli-

tique. Le lieu de décision est la volonté populaire et rien n’est supérieur.



 Egalité politique comme liberté de gouverner et d’être gouverné

Elle permet à tous de participer avec beaucoup d’exclus, mais en y faisant

abstraction, les citoyens ont cett égalité pour participer.



 Vertus civiques et responsabilité envers la République

La politique vise à la volonté générale. Celle-ci présuppose que l’individu ait

une faculté faire la distinction entre son intérêt personnel et l’intérêt

général. Il faut mettre son intérêt personnel à la deuxième place. Mais cet

intérêt général qui le définit et qu’est-ce que c’est ?



6.2.1.2 Démocratie ‘protectrice’ protéger les droits des individus face à

l’ingérence du pouvoir politique dans la société civile.



 Démocratie comme limite à l’exercice de l’autorité politique (liberté néga-

tive)

Liberté négative . liberté de ne pas être empiété dans nos exercices indi-

viduels.

But légitime : ne pas être contraint à une politique plus proctectrice aux

droits fondamentaux grantient par l’Etat lui-même. Rien n’est supérieur à

la Constitution.



 Constitution comme garante de la protection des citoyens à l’égard de

l’Etat

Ex : vote sur la naturalisation des étrangers par le peuple.

On voit deux visions de la politique contradictoires : liberté négative vs li-

berté positive.

Tension entre ce que le peuple a le droit de faire dans la constitution et

les concepts des libertés fondamentales.



 Protection des droits naturels, notamment de la propriété privée (J.

Locke) et des droits fondamentaux

Droits naturels : on les a à la naissance.

Locke : droit de propriété dans le capitalisme.



 Séparation et équilibre des pouvoirs (Montesquieu)

L’Etat est neutre, ce qui est fondamental pour la justice de l’Etat.



 Autorité comme garant de l’ordre social et politique (T. Hobbes)



55

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Pour le républicains US : protéger les libertés fondamentales sans tyran-

nie de la majorité.

Utilitariste : Etat prend des décisions dans l’intérêt du plus grand nombre.

Base du terrorisme, car l’Etat est limité pour les traquer à causes des li-

bertés fondamentales.



 Contenir la lutte entre les factions et éviter l’accumulation du pouvoir (J.

Madison) ; éviter la ‘tyrannie de la majorité’ (Tocqueville)



 Etat minimal et arbitre de la lutte portant sur la poursuite des intérêts

privés et de l’utilité publique (J. Bentham)



 Séparation entre sphère publique et sphère privée comme garant des li-

mites du pouvoir étatique

L’Etat a des droits dans la gestion d’affaires collectives. Etat doit être

neutre dans la vision qu’il incarne.

Ex : internet et le racisme. Article 161 bis. Mais les sites sont souvent hé-

bergés à l’étranger avec d’autres législations et à l’ONU les Américains

bloquent cette traque en proclamant l’amendement 1, l’individu à la possibi-

lité de tout dire.









 Vision instrumentale de la démocratie (B. Barber)

Les individus ont des droits. La démocratie fait en sorte de protéger les

libertés individuelles et elle limite l’ingérence de l’Etat dans la société ci-

vile et les intérêts des individus.

Vision très minimaliste.







6.2.1.3 Démocratie ‘de développement’

Tant que les libertés individuelles sont protégées et que l’on promeut pas la mise

en pratique de la parcipation individuelle.

 Démocratie et participation politique comme facteurs de développement

moral et social des individus

C’est par la participation politique que les individus sont autonomes.

On est libre si on contribute aux lois auxquelles on se soumet.









56

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 Participer directement à la définition des lois qui gouvernent sa propre vie

: participation politique comme moyen d’atteindre la liberté (J.-J. Rous-

seau)

Ex école républicaine française, elle a apprend à être des citoyens et à

être libre. Il est donc nécessaire de participer politiquement.



 Egalité politique et égalité économique comme préconditions de l’exercice

de la liberté politique

Ex : savoir lire pour être citoyen ? la question ne se pose plus, car l’Etat

social est mis en place. Les structures sont mises en place suite à un choix

politique.

USA, il n’y a pas de structure sociale. Ils sont cohérents avec la démocra-

tie protective. Ce n’est pas la collectivité qui doit donner ses ressources à

des paresseux contre toutes libertés à la base de la démocratie. Ils doi-

vent avoir des préconditions pour être libre.



 La démocratie comme forme d’éducation : un mécanisme fondamental de

développement moral et de la raison individuelle (J. S. Mill)

Quel niveau d’éducation faut-il avoir pour être citoyen ?



 Intégration politique des femmes (M. Wollstonecraft)









 Vision forte de la démocratie : « politics as a way of living » (B. Barber)

Contre la démocratie instrumentale.

C’est une certaine vision du bien pour que l’individu soit libre.



6.2.2 Les modèles contemporains

6.2.2.1 Le modèle ‘dominant’ : la démocratie libérale

Elle trouve son origine dans la démocratie protective et elle s’est enrichit du

modèle de la démocratie de développement.



a) Démocratie représentative fondée sur des élections régulières et une éga-

lité politique formelle



b) Compétition politique et électorale dans un contexte de pluralisme moral

et social



c) Distinction entre Etat et société civile





57

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Avec des limites dans le domaine de l’intervention de l’Etat dans la société

civile.



d) Protection des libertés fondamentales



Pour Rawls qui est un philosophe liberal, il part de la definition de la démocratie

libérale et il introduit une égalité sociale pour que ces critères aient un sens . Il

faut être libre, il faut avoir des options. Si on a une option on n’est pas libre.

Pour les avoir, il faut avoir les preconditions socials pour que se soit envisa-

geable.



Pour Nozick, la démocratie libéralle doit être la plus protectrice possible pour

protéger les libertés des individus.



6.2.2.2 Vers une nouvelle légitimité démocratique ?

Les alternatives (ou les correctifs) à la démocratie representative

La démocratie representative est un mal nécessaire. Elle est critiquée, car elle

permet d’avoir que quelques intérêts représentés. Et les autres ?

Il n’y a pas une seule manière d’élire les représentants :

- Majorité tout va à la plus grande force

- Proportionnelle, on partage selon le résultat. Ce qui est une chance pour

les petits partis.

Il y a un débat sur le comment trouver la manière juste de représenter.

 La démocratie participative (démocratie directe et semi-directe) : la par-

ticipation active et directe des citoyens est nécessaire pour légitimer les

decisions démocratiques

Elargissement des droits de participations, élargissement des lieux de de-

liberations. Introduction de quotas. Améliorer les qualités de representa-

tion des intérêts et aussi les relations entre représentants et

représentés.



 La démocratie radicale (ou la démocratie sociale) : les citoyens ont droit à

participer à toutes les décisions qui concernent leur vie

Inspiration marxiste : démocratiser la société.



 La démocratie délibérative : la centralité du discours et du dialogue dans

le processus de définition de la volonté politique

Idée : améliorer la manière de délibérer dans les representations du

peuple.









58

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

La majorité n’est pas adaptée dans les decisions de la volonté générale.

C’est le rapport de force qui vat rancher. Les arguments pertinent priment

sur les moins pertinent.

Il faut remettre en question son jugement. CH se rapproche le plus de

cette idée.



7. Quelles sont les forces politiques organisées en démocratie ?



7.1 Les partis politiques : buts, fonctions et dynamiques



7.1.1 Qu’est-ce qu’un parti politique ? Définitions





J. Lapalombara et M. Weiner (Political Parties and Political Development, 1966) :

« Un parti politique est une organisation durable, agencée du niveau national au

niveau local, visant à conquérir et à exercer le pouvoir et recherchant, à cette

fin, le soutien populaire ».

Ce n’est pas égal à un groupe de pression et il tire une partie de sa force sur la

base électorale.



Daniel-Louis Seiler (Les partis politiques, 1993), un parti est « une organisation

visant à mobiliser des individus dans une action collective menée contre d’autres,

pareillement mobilisés, afin d’accéder, seul ou en coalition, à l’exercice des fonc-

tions de gouvernement. Cette action et cette prétention à conduire la marche

des affaires publiques sont justifiées par une conception particulière de l’intérêt

général ».

Presque même définition que la première avec un élément en plus.

On peut avoir le pouvoir seul ou en coalition. Le but du parti est de proposer une

certaine vision de l’intérêt général. Il n’y a pas un seul intérêt venant d’une popu-

lation donnée.



P. Braud (Sociologie politique, 2002) : « Les partis sont des organisations, relati-

vement stables, qui mobilisent des soutiens en vue de participer directement au

pouvoir politique au niveau central et/ou local ».





7.1.2 Les fonctions des partis politiques





a) Les fonctions manifestes



 La sélection et la relève du personnel politique

59

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Il y a très d’indépendant qui ont le pouvoir sans passer par parti.



 L’encadrement des élus

L’encadrement se fait par un discipline de vote, un soutien logistique



 La formation de l’opinion publique

Encadrement du citoyen



 Intégration sociale des individus par la mobilisation et la socialisation poli-

tique (D.-L. Seiler)



 Légitimation des modes d’accès au pouvoir politique

Avoir ou ne pas avoir de représentant politique



b) Les fonctions latentes : exemples ( elles ne sont pas exhaustives )



 La ‘machine partisane’ de R. Merton

Dans les partis politiques, il y a des gens importants qui constituent des

relations personnelles.

Ex : USA durant la campagne électorale



 Conversion des inputs en outputs

Ils sont les premiers filtres des inputs.

Ex : Ségolène Royale et sa démocratie participative : elle va chercher les

inputs chez les individus et elle va réduire la complexité. Elle va définir

l’intérêt général. Elle renverse la logique de légitimité.



 La fonction ‘tribunitienne’ du PCF (G. Lavau)

Fonction des partis politiques dont leur programme veut révolutionner le

système.

Ex : malgré cela le parti communiste français devenait le lieu ou les anti-

systèmes pouvaient s’exprimer et ainsi cela renforçait la légitimité du sys-

tème.



 La fonction de légitimation-stabilisation (G. Lavau)

Stabilisation du système. Cette fonction de stabilisation est définie par

les politiques publiques.

Il n’y a pas forcément de stabilisation : les partis remettent en question la

structure du système. Ex : parti communiste français

Comment contribuent-ils à la stabilisation du système en intégrant des an-

ti-système. Ce qui renforce sa stabilité.



60

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni



7.1.3 Pourquoi les partis politiques ? Les clivages politiques : le modèle de S. Rok-

kan

Pourquoi les partis politiques ? Parce qu’ils représentent le peuple. Au niveau his-

torique, on voit des idéologies prendre à des moments historiques et pas à

d’autres.



 La révolution nationale : (1) clivage entre Etat central et édificateur et mi-

norités linguistiques ou ethniques (centre-périphérie); (2) le clivage entre

l’Etat-nation, centralisateur, et les privilèges historiques de l’Eglise catho-

lique (Eglise-Etat)

(1) Le clivage entre la Corse et Paris n’est pas nouveau

(2) Clivage entre le centralisateur et la religion. Il y a ( mais maintenant il

la représente moins ) des partis qui tiraient leur légitimité de l’église

tel que le PDC.



 La révolution industrielle : (3) le clivage entre les classes de propriétaires

ruraux et la classe des entrepreneurs industriels ; (4) le clivage entre pos-

sédants (ou bourgeoisie) et travailleurs

(3) problème avec le centralisateur. L’UDC émanaient des paysans à la

base.



 Des nouveaux clivages ?



K. Von Beyme (Political parties in western democracies, 1985)



Bénéficiaires des prestations de l’Etat-providence et les opposants



Valeurs matérialistes et post-matérialistes

Les valeurs matérialistes : Distribution des richesses suite à la croissance

économique en hausse. Les discours légitimes d’un parti devait rentrer

dans la vision de la croissance économique. Cette richesse devait donner

aux citoyens les ressources matérielles par la croissance.

Les valeurs post-matérialistes : à partir de 1970, émergence de nouvelles

valeurs : autorité, hiérarchie, ordre social. Depuis 1968, il y a un passage

de la croissance économique à la qualité de vie. Nouvelles alternatives : so-

lidarité nord-sud, redistribution des revenus et écologie.

Passage des besoins de survie à une qualité de vie avec une nouvelle repré-

sentation sociale et de nouvelles visions.



Du clivage de la RI et de la RN, une matrice idéologique de huit familles de



61

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

partis est née. Ces partis sont différents dans les pays centraux ou fédé-

ralistes. Mais ces deux clivages sont contesté suite à l’arrivée de nouveaux

clivages.

De cette matrice ont peu imaginé aisément l’opposition gauche-droite.







7.1.4 Les partis attrappe-tout (Catch-all parties, O. Kirschheimer)

Attrappe-tout : les bases idéologiques se réduisent ce qui maximise la possibilité

d’avoir des électeurs d’autres partis.



Ajustement pragmatique des conflits et de la démocratie consensuelle



 Faible dimension idéologique

 Volonté affirmée de capter le maximum de suffrages

 La conquête du vote des indécis ou des citoyens peu intéressés à la politique

Ces indécis sont la cible essentielle. La base électorale est mouvante.

Stratégie : capter l’électorat centriste ou qui ne se sent pas intéressé par

la politique.

USA : le programme démocrate et républicain est presque le même, il faut

donc trouver de nouveaux phénomènes d’élection comme les potins.







7.1.5 Les systèmes de partis



Structure et ensemble de rapports relativement stables entre les différents

partis dans un système politique donné



A) La structure des systèmes compétitifs

Le parti est un acteur rationnel : sa stratégie le pousse à se positionner et à

avoir le plus grand électorat. Cette stratégie dépend de la popularité et du mo-

ment historique.







1. Systèmes multipartisans

Ce système détermine la possibilité de stabilisation du système, elle ne dépend

pas seulement du nombre mais aussi de l’idéologie. Ainsi les partis forment des

coalitions avec des plus petits partis qui lors d’une élection deviennent des pi-

vots. Pivots dans le sens que lorsqu’ils décident de se mettre en coalition, ils don-

nent la majorité à un grand parti de gauche ou droite. C’est pour cela que les

grands partis vont chercher un électorat dans le côté opposé de leur place sur la

ligne pour éviter de donner des voix à un parti qui deviendrait un pivot.



62

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

Ex : Allemagne avant 1990, les partis avaient presque le même programme mais

pas avec la même idéologie, il fallait éviter de donner des voix à un pivot à

l’opposé de leur idéologie donc ils vont chercher des voix dans ces endroits. Si-

non ils seraient perdants.



Le facteur quantitatif est le nombre de partis, il y a un facteur de procédure et

un facteur de différentes idéologies des parties selon la culture politique des

parties. Ce qui donne un vision de l’Etat organisé avec des partis.



Ex de multipartisme en France : lors du deuxième tour de l’élection présiden-

tielle. Là aura lieu le vote utile. Durant les élections de 2002, la gauche a voté

pour Chirac pour garder une porte ouverte au niveau politique.



 Intégral: plus de 3 ou 4 partis (ex : CH)

 Modéré: 3 ou 4 partis (ex : D)



2. Systèmes bipartisan (ex : USA, UK, NZ, AUS)



3. Systèmes à parti dominant (ex : Inde, I)

Grande base électorale et ce parti dominant est le pivot des petits partis, il faut

composer avec ce grand parti pour être représenté et avoir la majorité.



B) M. Duverger : des relations entre régimes électoraux et systèmes de

partis

1. Scrutin majoritaire

Vote par circonscriptions qui ont un nombre de siège donner



 Majoritaire à 1 tour -> système bipartisan (le gagnant rafle tout)

Fondée sur idée que la majorité relative est suffisante ( pas besoin de ma-

jorité absolue ). Les majorités politiques sont claires. Tous les sieges vont

au parti majoritaire, il y a donc peu de place pour les petits partis, faible

difference.



 Majoritaire à 2 tours -> système multipartisan (modéré & interdépendant)

Premier tour : vote en fonction de nos idées, on vote pour le parti qu’on

soutient. On voie les rapports de force.

Deuxième tour : vote utile pour une des deux coalitions des deux plus

grands partis qui ont eu le pourcentage le plus haut au premier tour.

Mythe du rassemblement autour d’une force politique, vote utile.



2. Le scrutin proportionnel



63

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 Proportionnalité -> système multipartisan (intégral &indépendant)

Essayer de trouver un mode de scrutiny pour avoir l’image la plus conforme

des rapports de force dans la société.

On attribute les sièges en fonction des pourcentages de voix. Meilleure

representation de la minorité.

Suisse : la proportionnelle représente plus fidèlement des clivages (lan-

gues, religion ). Il y a beaucoup plus de parti.







C) Les dynamiques des systèmes de partis [G. Sartori. Parties and Party Sys-

tems: A Framework for Analysis, 1976]



Critères qualitatifs :



 Nombre de partis (pluralisme ‘limité’ et pluralism ‘extrême’)

 Distance idéologique entre les partis (pluralism ‘modéré’ et pluralisme ‘po-

larisé’)

Exigence de faire une coalition : c’est complexe s’il y a beaucoup de parti,

cela peut engendrer une destabilization de la coalition et du système ( de-

fection d’un parti par rapport à une coalition qui peut entraîner la perte de

vitesse d’un côté de la ligne )



 Importance relative des partis par rapport à leur pouvoir de participer à

des coalitions gouvernementales

Le plus gros partis n’est pas forcément le plus fort

La Suisse a une grande stabilité dans son système : formule magique au CF

qui garantit qu’il n’y ait pas d’opposition, car les 80% du gouvernement sont

représentés au CF. Démocratie du consensus pour éviter les crises gou-

vernementales.



7.1.6. Force ou déclin des partis ? Eléments conclusifs



 La ‘crise’ des partis (diminution du nombre d’adhérents, diminution de la

‘fidélité’ à un parti, etc.)

 Le décalage entre la classe politique et les citoyens

Vision technocratique de la part des politiciens qui ne peuvent pas faire ce

qu’ils veulent avec la complexité sociale : ex delocalisation en Chine qui

donne naissance au chômage chez nous



 Les problèmes de gouvernabilité (complexification de la réalité, globalisa-

tion, etc.) et d’efficacité



64

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 Le déclin des partis en tant que médium de la mobilisation et de la

représentation des citoyens

On ne vote plus pour des partis mais des personnes.



 Nouveaux enjeux, nouvelles sensibilités postmatérialistes et nouvelles

formes de participation politique

Il n’y a pas de place dans les partis traditionnels pour de nouveaux enjeux

et il y a un décalage face à la réalité social.



7.2 Les groupes d’intérêt : buts, fonctions et dynamiques



« Un groupe de pression peut se définir comme une organisation constituée pour

la défense d’intérêts et exerçant une pression sur les pouvoir publics afin

d’obtenir d’eux des décisions conformes à ces intérêts » (R.-G. Schwartzenberg,

Sociologie politique).

Les partis visent à conquérir le pouvoir et les groupes d’intérêt exercent des

pressions.



7.2.1 Quelques caractéristiques générales

 La différence d’objectif avec les partis politiques : influence vs. conquête

du pouvoir

 Structures associatives, volontaires, exprimant les intérêts sociaux de

leurs members

Syndicats, Emaüs.



7.2.2 Les types de groupes selon J. Meynaud (Les groups de pression,

1960)

Les groupes de pression sont non-permanents, ils sont dissolus après que leur

objectif a été attaint. Ex : étudiant vs CPE.

 Groupes d’intérêt (syndicats patronaux, syndicats ouvriers, etc.) ou éco-

nomiques (Ex. en Suisse : Economie Suisse, Union Patronale Suisse, Usam,

UNIA, etc.)

Vise l’intérêt materiel



 Groupes d’idées (groupes idéologiques et confessionnels, groupes à objec-

tif spécialisé, etc.) dont le but est de promouvoir des valeurs ou des prin-

cipes (Ex : Green Peace, Amnesty International, National Association for

the Advancement of Coloured People (NAACP), etc.)



7.2.3 Les ‘cibles’ des groupes

 Pouvoirs publics (administration, gouvernement, etc.)



65

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 Parlement

 Opinion publique (média)

 Tribunaux

 Partis politiques (lobbying, représentation, etc.)



7.2.4 Les moyens de pression

 La force économique et la force organisationnelle du groupe

Pression efficace sur les décideurs



 La représentativité, capacité de mobilisation et importance des moyens

humains et matériels

 Le pouvoir de recourir à des sanctions à l’égard du gouvernement

Initiative, referendum. Selon les forces des groupes de pression, le peuple

suivra ou non.

Sans menace, ils ne seraient pas écouté.



 La sympathie auprès de l’opinion publique

Don Quichotte

Il est crucial de connaître opinion publique



 Le réseau de contacts entre le groupe et des members influents des par-

tis ou de l’Etat

Actions de pression au niveau informel : consultation, rendez-vous, conseil

d’administration



7.2.5 Les relations entre les groupes et l’Etat

Voir la distinction entre le modèle pluraliste et le modèle néocorporatiste

présentée dans le transparent 9B



7.2.6 Les groupes d’intérêts : facteurs positifs ou negatives pour le fonc-

tionnement des régimes démocratiques ?

Au niveau des partis, le gouvernement est élu, il tire sa légitimité de la popula-

tion.

Le groupe d’intérêt, les personnes ne sont pas élues



a) Facteurs positifs

 Augmentent la représentation d’enjeux ‘ignorés’ par les partis politiques ;

 Elargissent les possibilités de mobilisation et de participation ;

 Contrôlent l’activité du gouvernement et le processus de prise de décision

;







66

Concept et approche de la SPO

Prof : Gianni

 Contribuent à la stabilité politique en permettant la communication entre

l’Etat et la société civile

Les groupes d’intérêts sont les relais entre le système politique et son en-

vironnement.



b) Facteurs négatifs

 Impliquent des formes d’inégalité politique, en permettant l’expression des

privilégiés ; pas égale à élection

 Ils peuvent diviser plutôt que souder la communauté des citoyens, car ils

défendent des intérêts particuliers au lieu que l’intérêt public ;

 Ils forment un pouvoir illégitime et non démocratique, car ils n’ont pas la

légitimité populaire ;

 Ils peuvent rendre la société non gouvernable en bloquant les décisions po-

litiques publiques qui vont à l’encontre de leurs intérêts

Ex : Greenpeace : actions médiatiques qui sont des enjeux de lutte et cela

a un impact sur l’opinion publique.









67


Related docs
Other docs by HC111116023435
La Bourse et l�activit� �conomique
Views: 2  |  Downloads: 0
chemins 5
Views: 0  |  Downloads: 0
Conference Program
Views: 12  |  Downloads: 0
POCHETTE ACCUEIL
Views: 6  |  Downloads: 0
Concepts et approches de la science politique
Views: 8  |  Downloads: 0
HPTrng 7 Francais Mod 1 docs Mar 09
Views: 4  |  Downloads: 0
By registering with docstoc.com you agree to our
privacy policy

You are almost ready to download!

You are almost ready to download!