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									                 Congrès de la Société Française de Parasitologie, Paris, 15-16 décembre 2005




Congrès de la Société Française de Parasitologie
         Paris, 15-16 décembre 2005


     Résumés des présentations




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Jeudi 15 décembre 2005

Matin : session parasitoses de la mère et de l'enfant

08h00-08h45 : Accueil-Café

08h45-09h30 :
Conférence : Philippe Deloron et Michel Cot (Paris)
Epidémiologie et physiopathologie du paludisme chez la femme enceinte.                                   P. 9

09h30-10h30 :
Communications orales 1ere session :
Parasitoses tropicales : Paludisme
Modérateurs: Michel Cot et Philippe Deloron

Cottrell G, Deloron P, Fievet N, Sow S, Gaye O, Le Hesran JY. Importance des infections pa-
lustres pendant les différentes périodes de la grossesse sur la prédiction de l’infection placen-
taire.                                                                              P. 24

Tuikue Ndam NG, Salanti A, Bertin G, Dahlbäck M, Fiévet N, Turner L, Gaye A, Theander T, De-
loron P. Les parasites de Plasmodium falciparum isolés du placenta transcrivent de hauts niveaux
de var2csa et présentent des capacités variables d'adhésion au placenta.            P. 25

Berry A, Benoit-Vical F, Fabre R, Cassaing S, Magnaval JF. « Locked Nucleic Acids » (LNA) pour
la détection de populations minoritaires mutées. Démonstration avec la mutation K76T du gène
Pfcrt de Plasmodium falciparum.                                                         P. 26

Cojean S,, Ancelle T, Bouchaud O, Matheron S, Hubert V, Houzé P, Legros F, Le Bras J, Durand R.
Densité parasitaire et complexité de l’infection en relation avec chimioprophylaxie et origine
ethnique dans le cas de paludisme d’importation en France.                               P. 27

10h30-11h00 :
Pause café - Visite des affiches

11h00-11h45 :
Conférence : Carine Truyens (Bruxelles) :
Facteurs et mécanismes de l'infection congénitale à Trypanosoma cruzi                                  p. 11



11h45-12h45 :
Communications orales 2nde session :
Parasitoses tropicales : Crytosporidiose et Leishmaniose
Modérateurs: Carine Truyens et Nathalie Kappel

Barbot L, Topouchian A, Marquet P, Huneau JF, Tricottet V, Tomé D, Gobert JG, Kapel N. Le
syndrome de malabsorption induit par l’infection par C. parvum : une origine probablement multi-
factorielle.                                                                        P. 29




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Guitard J, Menotti J, Desveaux A, Alimardani P, Porcher R, Derouin F, Kapel N. Absence d'effets
bénéfiques des probiotiques sur une infection à Cryptosporidium chez des rats nouveau-nés. P. 30
Donaghy L, Cabillic F, Corlu A, Guguen-Guillouzo C, Guiguen C, Gangneux JP. Cellules dendritiques
et leishmanies : impact du micro-environnement hépatique.                                   P. 31

Marty P, Delaunay P, Pratlong F, Hervé Haas, Rosenthal E, Le Fichoux Y. Trente années de leish-
maniose viscérale de l’enfant dans les Alpes-Maritimes (1975-2004)                p.32



13h00-14h00 : Buffet dans les salons du Doyen

Après-midi : session parasitoses de la mère et de l'enfant

14h15-15h00 :
Conférence : Marie Laure Dardé (Limoges) et Isabelle Villena (Reims) :
Toxoplasmose congénitale : épidémiologie et diagnostic, implication des souches dans la pathogé-
nie                                                                                p. 15

15h00-16h00 : Communications orales 3eme session :
Parasitoses cosmopolites, toxoplasmose congénitale
Modérateurs: Marie Laure Dardé et Isabelle Villena

Albaba S, Pratlong F, Boulot P, Issert E, Albert M, Faure JM, Pialot E, Bastien P. Valeur du dia-
gnostic prénatal de la toxoplasmose congénitale au CHU de Montpellier : étude rétrospective sur
neuf ans.                                                                                   P.34

Selod AG, Ancelle T, Yera H, Dupouy-Camet J. Modalités pratiques de mise en œuvre d’un pro-
gramme de surveillance de la toxoplasmose. Propositions à partir d’une étude pilote menée à Co-
chin-Port Royal.                                                                          P. 35

Senegas A, Villard O, Neuville A, Mousli M, Klein JP, Candolfi E. Analyse des mécanismes abortifs
dans un modèle murin de toxoplasmose.                                                      P. 36

Dimier-Poisson I, Mévélec MN, Ismael A, Olivier M, Lebrun M, Dubremetz JF, Ducournau C, Bout
D. Un vaccin vivant atténué par ingénierie génétique contre la toxoplasmose abortive ovine. p. 37



16h00-16h30 : Pause café - Visite des affiches

16h30-17h30 : Communications orales 4eme session :
Helminthoses
Modérateurs: Gilles Dreyfuss et Jean Dupouy-Camet

Pion SDS, Bourguinat C, Kamgno J, Gardon J,, Duke BOL, Boussinesq M,, Prichard RK. Lutte
contre l'onchocercose: des traitements répétés par ivermictine entraînent une sélection géné-
tique en relation avec la fertilité d'Onchocerca volvulus.                               p.39
Bart JM, Abdukader M, Zhang Y, Lin R, Piarroux R, Vuitton DA, Wen H. Identification des
souches d'Echinococcus granulosus impliquées dans la contamination humaine dans la Province
Autonome Ouïgour du Xinjiang (Chine).                                                 P. 40
Bellet V, Treuil P, Mavigner M, Rondelaud D, Vignoles P, Cabaret J, Dreyfuss G. Etude de la va-
riabilité génétique chez Fasciola hepatica.                                               P.41




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De Bruyne A, Ancelle T, Yera H, Dupouy-Camet J. Epidémie de trichinellose à Trichinella nativa
en France (2005) due à la consommation de viande d’ours noir ( Ursus americanus) chassé au Qué-
bec.                                                                               P. 42




Vendredi 16 décembre 2005

Matin : session de parasitologie

09h30-10h15 : Conférence : Mariano Levin (Buenos Aires) :
Conséquences de la connaissance du génome de T. cruzi sur la prise en charge de la maladie de
Chagas.                                                                                P.19

10h15-11h00 : Pause café - Visite des affiches

11h00-12h15 : Communications orales : 5eme session :
Paludisme
Modérateurs: Dominique Mazier et Jacques Le Bras

Houzé S, Martineau F, Hubert V, Houzé P, Le Bras J. Diagnostic du paludisme : le danger des
tests de diagnostic rapide.                                                          P. 44

Kaddouri H, Nakache S, Houzé S, Mentré F, Le Bras J. Evaluation d’une méthode ELISA Plasmo-
dium Lactate Deshydrogénase (pLDH) dans la mesure de la chimiosensibilité in vitro de Plasmo-
dium falciparum, interprétation précise du phénotype par un modèle E max.         p.45

Siau A, Touré FS, Ouwe-Missi-Oukem-Boyer O, Ciceron L, Mahmoudi N, Vaquero C, Bisser S,
Coppée JY, Bischoff E, David P, Mazier D. Transcriptome d’isolats de Plasmodium falciparum pré-
levés chez des enfants gabonais: identification de facteurs de pathogénicité associés à
l’apoptose de cellules endothéliales humaines.
P.46

Musset L, Moune M, Le Bras J, Clain J. Diversité génétique du génome mitochondrial de Plasmo-
dium falciparum et résistance à l’association atovaquone/proguanil.             P. 47
Souares A, Lalou R, Sene I, Sow D, Garcia A, Le Hesran JY. Traitement des enfants présentant
un accès palustre simple au Sénégal : Utilisation et efficacité des nouveaux traitements combi-
nés SP /AQ.                                                                        P.49



Après-midi : session de parasitologie

14h00-15h30 : Table ronde : Politique de recherche et formation à la recherche en parasitologie
Pr. Francis Brunelle, Conseiller du ministre de la santé,
Pr. Jean-François Girard, Président de l'Institut pour la Recherche et le Développement,
Pr. Bernard Charpentier, Président de la Conférence des Doyens de Médecine,
Pr. Michel Brazier, Président de la Conférence des Doyens de Pharmacie,
Pr. P. Boireau, vice-Président du département Santé Animale de l'INRA,
Pr. Martin Danis, et Pr. Jean-Gérard Gobert, Présidents des collégiales nationales des ensei-
gnants de parasitologie.




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15h30-16h15 :
Conférence : Michel Sauvain (Toulouse, Lima) :                                                           p. 20
Nouvelles structures antipaludiques issues de substances naturelles.

16h15-16h30 : Pause

16h30-17h45 : Communications orales : 6eme session :
Médicaments antiparasitaires
Modérateurs: Michel Sauvain et Martin Danis
Benoit-Vical F. Evaluation de l’activité antipaludique de plantes africaines.                            P. 50
Rakotomanga M, Saint-Pierre-Chazalet M, Loiseau PM. La résistance à la miltéfosine affecte le
métabolisme lipidique chez Leishmania donovani.                                        P. 51

Gego A, Silvie O, Franetich JF, Farhati K, Laurent Hannoun, Luty AJF, Sauerwein RW, Boucheix
C, Rubinstein E, Mazier D. Nouvelle approche pour le criblage de composés actifs sur le stade
hépatique de Plasmodium.                                                               P.52

Mahmoudi N, Garcia-Domenech R, Galvez J, Farhati K, Derouin F, Danis M , Mazier D. Identifica-
tion, par topologie moléculaire, de nouvelles molécules actives sur le stade hépatique de Plasmo-
dium.                                                                               P. 53
Sauvage V, Aubert D, Schmid A, Budin J, Visneux V, Pinon JM, Villena I. Identification et carac-
térisation d'une famille de gènes codant pour des protéines ABC transporteurs chez Toxoplasma
gondii.                                                                   P. 54

17h45 : Assemblée générale de la Société Française de Parasitologie et clôture des journées.




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Posters

Aoun K, Siala E, Zallagua N, Bouratbine A. Leishmaniose viscérale précoce chez des jumeaux :
    Quel mode de contamination?
Aubouy A, Fievet N, Sagbo JC, Assogba P, Efouevi A, Semanou A, Massougbodji A, Deloron P.
    Efficacité thérapeutique de la chloroquine, la sulfadoxine-pyrimethamine et la méfloquine
    lors de l'accès palustre simple de l'enfant au Bénin.
Ben Abdallah R, Ben Rejeb N, Siala E, Aoun K, Bouratbine A. Difficultés de la datation de la pri-
    mo-infection par Toxoplasma gondii chez les parturientes en Tunisie : Apport de la technique
    ISAGA à la recherche d’IgM et des techniques mesurant l’avidité des IgG.
Benoit-Vical F, Njomnang Soh P, Ramos S, Grellier P, Ikhiri K, Lelièvre J, Abdoulaye A, Moussa I,
    Ousmane A, Berry A, Ahond A, Poupat C. Étude de l’activité antiplasmodiale in vitro et in vivo
    d’un mélange de plantes Nigériennes utilisé traditionnellement.
Buache E, Garnotel R, Aubert D, Geers R, Villena I. Implication des MMPs au cours de l'invasion
    de myélomonocytes humains par Toxoplasma gondii.
Chia Y-S, Badaut C, Tuikue Ndam NG, Khattab A, Igonet S, Fievet N, Bentley GA, Deloron P,
    Klinkert M-Q. Caractérisation fonctionnelle et immunologique du domaine "Duffy binding
    like" (DBL) de type gamma, provenant de la protéine PfEMP1 d'un isolat placentaire de Plas-
    modium falciparum
Delaunay P, Mathieu B, Marty P, Fauran P, Schaffner F. Installation du moustique Aedes albopic-
    tus dans plusieurs villes des Alpes-Maritimes (France).
Develoux M, Stefanescu D, Dubernard G, Antoine M, Thomassin J, Uzan S. La bilharziose mam-
    maire, diagnostic différentiel du cancer du sein (2 cas).
Estran C, Brenier-Pinchart MP, Pelletier L, Cesbron-Delauw MF, Pelloux H. Interactions entre
    Toxoplasma gondii et les astrocytes humains : Influence de l’IL-12 et de l’IL-10 sur la kysto-
    génèse.
Flori P, Crampe C, Hafid J, Raberin H, Tran Manh Sung R. Intérêt du ratio IgG Axsym/ IgG
    Access dans l'aide à la datation d'une séroconversion toxoplasmique.
Franck J, Derocle G, Saïz AJ, Dumon H. Evaluation de la trousse LDBIO TOXO II IGG, test de
    confirmation de la detection des IgG specifiques de la toxoplasmose.
Fricker-Hidalgo H, Brenier-Pinchart MP, Schaal JP, Pelloux H. Placenta : intérêt de la recherche
    de toxoplasmes et comparaison avec les autres techniques de diagnostic de la toxoplasmose
    congénitale.
Gargala G, Vitard C, Macquet M, Ballet JJ, Favennec L. Mytilus edulis, bioindicateur de la con-
    tamination des eaux salées par Cryptosporidium parvum : évaluation en microcosme.
Godineau N, Patey O, Legros F, Genty-Jedrzejewski S. Paludisme d’importation chez la femme
    enceinte dans deux hôpitaux franciliens.
Hout S, Chea A, Cheng S, Bun Sok S, Elias R, Balansard G, Azas N, Gasquet M, Timon-David P.
    Etudes phytochimique et antimalarique de plantes utilisées en médecine traditionnelle au
    Cambodge.
Lorcerie J, Savin P, Maréchaud M. Toxoplasmose à la maternité du CHU de Poitiers de 1997 à
    2002
Maïga O, Renard E, Le Bras J, Clain J. Détermination des haplotypes dhfr triples mutants asso-
    ciés à la résistance à l’association pyriméthamine/sulfadoxine chez Plasmodium falciparum
    par PCR-SSCP.
Mary C, Faraut F, Drogoul MP, Xéridat B, Schleinitz N, Cuisenier B, Dumon H. Leishmaniose vis-
    cérale : Intérêt de la détermination de la parasitémie par PCR quantitative pour le suivi thé-
    rapeutique et le diagnostic des rechutes.




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Mbatchi SF, Mbatchi B, Banzouzi JT, Njomnang-Soh P, Bansimba T, Nsondé J, Ouamba J-M,
   Berry A, Benoit-Vical F. Evaluation de l’activité antiplasmodiale des extraits de 8 plantes
   utilisées dans la médecine traditionnelle au Congo Brazzaville.
Migot-Nabias F, Hayano M, Liljander A, Vafa M, Troye-Blomberg M, Garcia A. Paludisme à
   P. falciparum au Sénégal : le nombre de génotypes msp2 est associé à la réponse anticorps di-
   rigée contre MSP2.
Morel C, Houzé S, Thulliez P, Le Bras J. Choix d’une technique automatisée pour le sérodiagnos-
   tic de la toxoplasmose.
Musset L, Bouchaud O, Matheron S, Massias L, Le Bras J et correspondants. Echecs thérapeu-
   tiques de l’association atovaquone-proguanil en France en 2003-2005.
Novobilský A, Dreyfuss G, Bellet V, Vignoles P, Rondelaud D, Koudela B. L’intensité de
   l’infestation expérimentale par trois Digènes chez Omphiscola glabra (Gastéropodes : Lym-
   naeidae).
Novobilský A, Rondelaud D, Treuil P, Vignoles P, Dreyfuss G, Koudela B. Premières données sur
   l’infestation expérimentale d’Omphiscola glabra (Gastéropodes : Lymnaeidae) par Fascioloides
   magna.
Pfaff AW, Senegas A, Letscher-Bru V, Villard O, Marcellin L, Takikawa O, Klein JP, Mousli M,
    Candolfi E.. Rôle crucial des trophoblastes dans l’expression de l’indoléamine 2,3ioxygénase
    lors d’une infection à Toxoplasma gondii chez la souris.
Rakotomanga M, Godoy R, Libong D, Gaudin K, Chaminade P, Loiseau PM. Effet de la miltéfosine
    sur le métabolisme lipidique chez Leishmania donovani.
Sarr D, Aldebert D, Marrama L, Gaye A, Niang M, Le Hesran JY, Jambou R. Expression de la
    Cyclooxygénase-2 et la 15-Lipoxygénase dans le placenta palustre.
Siala E, Delabesse E, Ben Abdallah R, Aoun K, Paris L, Bouratbine A. Apport de la PCR en temps
    réel dans le diagnostic anténatal de la toxoplasmose congénitale : Expérience du laboratoire
    de Parasitologie de l’Institut Pasteur de Tunis.
Wandler G, Issert E, Albaba S, Bastien P, Boulot P, Picaud JC, Dedet JP, Pratlong F. Toxoplas-
    mose congénitale : suivi sérologique de 86 cas diagnostiqués au CHU de Montpellier de 1988 à
    2003.




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CONFERENCES




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P. Deloron, M. Cot
Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UR010, Santé de la mère et de l'enfant en
milieu tropical, Paris, France



Epidémiologie et physiopathologie du paludisme chez la femme enceinte


Selon les conditions locales de transmission du paludisme, les conséquences pen-
dant le déroulement de la grossesse sont différentes. D’une manière générale,
l'infection plasmodiale du placenta est fréquente, en particulier en région de
forte endémie palustre. Dans ce cas, les densités parasitaires dans le placenta
sont généralement beaucoup plus importantes que dans le sang périphérique, et
l'architecture placentaire est souvent altérée. L’anomalie histologique la plus
fréquente est une inflammation intervilleuse, parfois massive, qui contribue de
manière déterminante à la perturbation des échanges trophiques entre la mère
et le foetus.
L'impact du paludisme sur la santé de la mère et de l'enfant dépend du niveau
préalable d'immunité de la mère. Dans les régions où la transmission du paludisme
est faible ou instable (continent asiatique, Amérique latine), l'immunité est limi-
tée et les effets de l'infection par P. falciparum sont plus sévères. Ceux-ci in-
cluent l'accès pernicieux ou la mort de la mère, l'avortement ou la mort in utero
du fœtus, ainsi que le paludisme congénital. Dans les régions où la transmission
du paludisme est plus forte et stable (Afrique intertropicale essentiellement),
l'immunité est plus importante et les conséquences de l'infection par P. falcipa-
rum sont moins dramatiques, mais aussi plus difficiles à évaluer. Les femmes sont
particulièrement à risque au cours de leur première et deuxième grossesse. En-
fin, indépendamment de la région et de l'endémicité, le paludisme au cours de la
grossesse augmente le risque d'anémie maternelle, le risque de retard de crois-
sance intra-utérin et de prématurité, et leurs conséquences. Chez l’enfant, un
faible poids de naissance est le principal facteur de risque de mortalité au cours
de la 1ère année de vie. Chez la mère, en cas d'anémie sévère à l'accouchement, le
risque de décès par hémorragie intra-utérine ou hémorragie du post-partum est
plus élevé. Ainsi, même lorsque la mère possède déjà une forte immunité antipa-
lustre, le paludisme au cours de la grossesse contribue à la morbidité et la mor-
talité de la mère et de l'enfant.
La sévérité de l’infection à P. falciparum est en grande partie liée à des proprié-
tés de cytoadhérence des hématies hébergeant des formes matures du parasite.
Ces propriétés de cytoadhérence sont en partie médiées par des antigènes va-
riants exprimés à la surface (VSA) des hématies parasitées. Le VSA le mieux
étudié est la « Plasmodium falciparum erythrocyte membrane protein 1(PfEMP1).


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Cette adhésine assure la liaison des hématies parasitées à l’endothélium, par in-
teraction avec des récepteurs spécifiques. La susceptibilité de la femme au
cours des premières grossesses est liée à l’apparition du placenta qui offre un
environnement unique pour le développement de sous-populations parasitaires
possédant une affinité pour les récepteurs placentaires. Les données actuelles
montrent clairement que les parasites infectant la femme enceinte sont antigé-
niquement voire génétiquement différents de ceux infectant les enfants ou les
individus hors grossesse.
La diminution du risque d’infection chez les multigestes suggère une acquisition
parité-dépendante de l’immunité protectrice. Ces observations suggèrent que
seule l’immunité vis-à-vis de ces variants parasitaires aurait un intérêt dans les
stratégies visant à protéger la femme du paludisme gestationnel. L’identification
de récepteurs moléculaires intervenant dans le phénomène de cytoadhérence des
hématies parasitées au placenta permet d’envisager de nouvelles solutions théra-
peutiques et vaccinales qui pourraient s’appliquer aux femmes enceintes, particu-
lièrement aux primigestes.




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Y. Carlier, C. Truyens
Laboratoire de Parasitologie, Faculté Bruxelles, Belgique



Facteurs impliqués dans la transmission et le développement de l’infection
congénitale à Trypanosoma Cruzi


Trypanosoma cruzi, le protozoaire responsable de la maladie de Chagas en Amé-
rique latine, peut être transmis de la mère à son foetus. La proportion des mères
infectées qui transmettent congénitalement l’infection à T. cruzi varie, suivant
les régions considérées, de 1 à 12%, voire plus (Carlier et al, 2002, 2003; Torrico
et al, 2004). Les mécanismes de transmission et de développement de cette in-
fection chez le fœtus et le nouveau-né sont peu connus. Une étude multidiscipli-
naire réalisée en Bolivie chez des mères infectées par T. cruzi, chez leurs nou-
veau-nés, et au niveau des placentas, a permis de cerner certains facteurs du
parasite et de l’hôte impliqués dans la transmission et le développement des pa-
rasites chez les fœtus/nouveau-nés.


Souche parasitaire et infection congénitale
Différentes souches de T. cruzi, présentant une virulence variable, circulent en
Amérique latine, laissant supposer que l’infection congénitale pourrait être favo-
risée par la présence, chez la mère infectée, de parasites plus virulents que ceux
présents chez les mères non transmetteuses. Cependant, nos résultats montrent
qu’en Bolivie, la distribution des souches de parasites chez les nouveau-nés con-
génitalement infectés et leurs mères est similaire à celle observée dans
l’ensemble de la population, indiquant que l’infection congénitale à T. cruzi n’est
pas due à une souche particulière du parasite.

Charge parasitaire, réponse immune maternelle, et infection congénitale
Nous avons observé que les mères transmettant les parasites à leur foetus sont
en moyenne plus jeunes et plus fréquemment primipares, et présentent une
charge parasitaire plus élevée, que les mères infectées non transmetteuses. De
plus, les lymphocytes T et les monocytes sont moins activés chez les mères
transmetteuses. Plus particulièrement, la production d’IFN-, mais pas d’IL-2,
IL-4, et TGF-, par leurs cellules sanguines en réponse aux parasites est nette-
ment plus faible que celle observée chez les mères non transmetteuses. Cette
immunodépression spécifique persiste chez les mères transmetteuses après
l’accouchement (Hermann et al, 2004, Torrico et al 2004). Cette capacité ré-
duite à produire spécifiquement de l’IFN-, cytokine dont on sait qu’elle tient un
rôle essentiel dans le contrôle de la multiplication des parasites, est probable-
ment à l’origine de la charge parasitaire maternelle plus élevée, qui apparaît


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comme un facteur de risque pour la transmission congénitale de T. cruzi.
L’origine de cette immunodépression reste actuellement inconnue, mais elle pour-
rait être associée au jeune âge et à la primiparité, qui pourraient être des fac-
teurs aggravant le risque de transmission congénitale.

Placenta et infection congenitale à T. cruzi
L’analyse histologique des placentas des mères non infectées et des mères infec-
tées par T. cruzi mais non transmetteuses de l’infection congénitale montre la
présence de quelques lésions classiques à type d’œdème du cordon, d’amniotite et
de chorioamniotite avec infiltration de polymorphonucléaires. Par contre, dans
les placentas des mères de bébés congénitalement infectés, ces lésions sont plus
nombreuses, infiltrées de nombreux lymphocytes, et également plus étendues
puisqu’elles atteignent le cordon (funiculite). Cependant, aucune lésion villeuse ou
intervilleuse n’a été observée dans ces placentas. Une autre différence concerne
les cellules infiltrantes, puisque chez les mères transmetteuses, en plus des po-
lymorphonucléaires, des lymphocytes sont présents dans les lésions. L’importance
des chorioamniotites dans ces placentas pourrait expliquer la fréquence plus éle-
vée de rupture prématurée des membranes observée en cas d’infection congéni-
tale.
Des foyers d’amastigotes de T. cruzi ont été observés dans les placentas des
mères de bébés infectés, principalement dans les fibroblastes et les macro-
phages de la membrane chorionique, du mésenchyme subamniotique et du cordon
ombilical. Les parasites étaient particulièrement concentrés au niveau des sinus
marginaux, où les membranes rejoignent la plaque chorionique.
Ces données suggèrent que le passage des parasites de la mère à son fœtus
pourrait se faire par voie chorionique, sans invasion directe des trophoblastes
villeux.


Réponse immune fœtale/néonatale et infection congénitale à T. cruzi
Chez les nouveau-nés non infectés de mères infectées, nous avons observé une
activation importante de la réponse immune innée. En effet, leurs monocytes
présentent une capacité accrue à produire des cytokines pro- et anti-
inflammatoires par rapport aux nouveau-nés de mères non infectées (Vekemans
et al, 2000).
Les nouveau-nés congénitalement infectés présentent, quant à eux, une forte
activation des lymphocytes T CD8+, avec expression accrue des marqueurs
d’activation CD45RO et HLA-DR. Ces lymphocytes sont armés pour effectuer
des fonctions cytotoxiques (expression accrue de perforine et de FasL et pro-
duction accrue de TNF-). L’analyse du répertoire BV de leurs TCR montre
l’existence d’une expansion oligoclonale de ces lymphocytes. Enfin, ils produisent


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de l’IFN- en présence de parasites vivants. Ces données indiquent que les fœtus
congénitalement infectés développent, in utero, une forte réponse lymphocytaire
T CD8 spécifique de T. cruzi (Hermann et al, 2002). Leur réponse IFN-g est in-
versement corrélée avec leur parasitémie. En outre, une relation est observée
entre leur parasitémie et la morbi-mortalité de la maladie de Chagas congénitale.
Ces données suggèrent que la réponse immune spécifique développée par les fœ-
tus joue un rôle dans le contrôle de l’infection congénitale, malgré qu’il soit clas-
siquement admis que le système immun des fœtus et des nouveau-nés est imma-
ture.
Des anticorps spécifiques de T. cruzi, d’isotypes IgM et IgA (donc non transmis
par la mère), ont été détectés dans le sang de cordon des nouveau-nés congéni-
talement infectés mais également chez les nouveau-nés non infectés nés de
mères infectées, indiquant l’existence d’une réponse lymphocytaire B dans les 2
groupes de fœtus, et la transmission probable d’antigènes parasitaires circulants
de la mère infectée à son fœtus. Ceci indique également que la détection des Ac
d’isotypes IgM et IgA n’est pas un bon outil de diagnostic de l’infection congéni-
tale à T. cruzi.

Conclusion
L’ensemble de ces observations montre que la transmission et la sévérité de
l’infection congénitale à T. cruzi résultent de la conjonction de phénomènes com-
plexes : i) une faible réponse immune spécifique adaptative de type 1 chez des
mères jeunes et primipares, conduisant chez les mères transmetteuses à ii) une
charge parasitaire accrue et iii) l’invasion par T. cruzi des membranes placentai-
res chorioniques et du cordon ; iv) le développement, chez les foetus infectés,
d’une forte réponse immune spécifique susceptible de limiter la sévérité de la
maladie congénitale, mais néanmoins insuffisante, ou initiée trop tardivement,
pour contrôler totalement la transmission congénitale.

References
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  Trypanosomiase américaine ou maladie de Chagas. Encycl Méd Chir (Editions
  Scientifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris) Maladies Infectieuses, 8-505-
  A-20, 21p, 2002
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  mechanisms of transmission to strategies for diagnosis and control. Revista da
  Sociedade Brasileira de Medicina Tropical, 6:767-771, 2003.
- Hermann E., Truyens C., Alonso-Vega C, Rodriguez P., Berthe A., Torrico F.,
  Carlier Y. Congenital transmission of Trypanosoma cruzi is associated with ma-
  ternal enhanced parasitemia and decreased IFN- production to parasite anti-
  gens. J. Inf. Dis., 189: 1274-1281, 2004.


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  zalez-Merino E., Torrico F., Carlier Y. Human fetuses are able to mount an
  adult-like CD8 T-cell response. Blood, 100:2153-2158, 2002.
- Torrico F., Alonso-Vega C., Suarez E., Rodriguez P., Torrico MC., Dramaix M.,
  Truyens C., Carlier Y. Maternal Trypanosoma cruzi infection, pregnancy out-
  come, morbity and mortality of congenitally infected and non-infected new-
  borns in Bolivia. Am J Trop Med Hyg, 70: 201-209, 2004.
- Vekemans,J.; Truyens,C.; Torrico,F.; Solano,M.; Torrico,M.C.; Rodriguez,P.;
  Alonso-Vega,C.; Carlier,Y. Maternal Trypanosoma cruzi infection upregulates
  capacity of uninfected neonate cells To produce pro- and anti-inflammatory cy-
  tokines Infect Immun 68(9) : 5430-5434, 2000




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I. Villena(1), M. L Dardé(2)
1. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, EA3800, IFR53, UFR Médecine, CHU Maison Blanche,
51 rue Cognacq-Jay, 51095 Reims.
2. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, EA3174, UFR Médecine, CHU Dupuytren, 2 Avenue M.
Luther King, 87042 Limoges.

Surveillance de la toxoplasmose chez la femme enceinte en France.

Parmi les infections, la toxoplasmose est l’une des plus prévalentes en France
avec des valeurs de séroprévalence chez l’adulte comprises entre 30 et 60%,
variables suivant l’âge, la région géographique et à la catégorie socioprofession-
nelle. La séroprévalence moyenne a été estimée à 54,3% dans l’enquête nationale
périnatale de 1995 (Ancelle, 1996). L’incidence annuelle de la toxoplasmose est
estimée à 680 000 nouveaux cas par an. Cette affection est généralement
asymptomatique (85% des cas), le nombre annuel d’infections symptomatiques
dues à Toxoplasma gondii est estimé à 103 000 cas environ (données du rapport
Morbidité et mortalité dues aux maladies infectieuses d’origine alimentaire en
France, INVS 2004). Généralement bénigne pour l’homme, cette maladie peut
cependant être grave dans certaines circonstances. Ainsi, chez la femme en-
ceinte, une primo-infection toxoplasmique peut être transmise au fœtus et être
à l’origine de la toxoplasmose congénitale pouvant entraîner par ordre de gravité
décroissante : mort fœtale, encéphalomyélite, hydrocéphalie, atteintes viscé-
rales ou formes paucisymptomatiques avec le plus souvent une choriorétinite iso-
lée. Les formes inapparentes paraissent les plus fréquentes à l’heure actuelle
mais leur pronostic évolutif demeure incertain (risque de choriorétinite appa-
raissant durant l’enfance, au décours de l’adolescence ou à l’âge adulte).
En raison de la gravité potentielle de la toxoplasmose congénitale, la France a
établi dans une série de décrets et d’arrêtés successifs de 1978 à 1992 un cer-
tain nombre de dispositions réglementaires ayant pour objectif de dépister, par
la sérologie, les femmes exposées au risque de contamination par T. gondii et
d’effectuer un suivi sérologique mensuel des femmes séronégatives pendant
toute la grossesse. Ces femmes reçoivent par ailleurs une information sur les
mesures hygiéno-diététiques à respecter pour réduire le risque de contamina-
tion. Malgré cette législation, l’évaluation de la charge de la toxoplasmose congé-
nitale en France ne peut provenir que d’estimations tirées des données d’analyses
sérologiques systématiques, d’enquêtes nationales de prévalence ou des données
des résultats d’amniocentèse.
D’après l’analyse de données de surveillances sérologiques systématique, l'inci-
dence de la toxoplasmose chez la femme enceinte séronégative a fortement
baissé entre 1960 (environ 40 cas/1000 femmes séronégatives) et 1995 (entre
5,4 et 13,2 cas/1000 femmes séronégatives). La séroprévalence ayant diminué


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notablement pendant la même période, le nombre de femmes séronégatives a
augmenté et le nombre d’infections rapporté à l’ensemble des grossesses reste
situé entre 2,4 et 5,8/cas /1000 grossesses en 1995.
Par une approche complémentaire (relevé du nombre des amniocentèses réalisées
pour une infection maternelle en cours de grossesse), le nombre de séroconver-
sions chez les femmes enceintes a été estimé à 2700 pour l’année 2000. En te-
nant compte, d’une part des résultats des amniocentèses, et d’autre part du
risque de transmission materno-fœtale (29%), le nombre d’enfants nés vivants
avec une toxoplasmose congénitale a été estimé à 600 cas environ par an. En se
référant aux données d’études de cohortes d’enfants infectés, il a été estimé
que sur ces 600 cas, 174 enfants auraient des séquelles dont 11 une hydrocépha-
lie et 145 une rétinochoroïdite. Plusieurs rapports récents ont insisté sur la né-
cessité d’une évaluation des programmes de dépistage et du recensement des
complications oculaires ou autres malformations liées à la toxoplasmose. Indirec-
tement, ces difficultés ont également eu comme conséquence de rendre difficile
l’évaluation de l’efficacité du traitement de la toxoplasmose congénitale, condui-
sant à une incertitude préjudiciable en terme de prise en charge des patients.

Un premier effort de coordination et de collecte des données s’est concrétisé
par la création fin 2002 d’un Centre de Ressources Biologiques (CRB) dédié au
toxoplasme qui s’appuie sur un réseau de 28 laboratoires de parasitologie (CHU
et Institut de Puériculture). Les isolats provenant des toxoplasmoses congéni-
tales (issus de liquides amniotiques, placentas, prélèvements foetaux), accompa-
gnés des données cliniques afférentes, sont adressés aux centres de Reims et de
Limoges pour être analysés par un typage moléculaire multilocus. Les données
cliniques sont intégrées dans un logiciel spécifique (ToxoBS) développé pour ce
CRB. La pérennité de la banque d’isolats est assurée par cryoconservation des
aliquotes après multiplication en culture cellulaire et sur souris. Le CRB peut éga-
lement recevoir pour typage des ADN de toxoplasmes extraits des produits pa-
thologiques.
Depuis fin 2002, 324 isolats et 32 ADN ont été reçus. Ce chiffre inclut égale-
ment des stocks plus anciens collectés à Grenoble, Toulouse et Reims et analysés
dans le cadre d’un PHRC.
Le typage moléculaire (5 microsatellites et 3 gènes analysés par PCR-RFLP et/ou
séquençage) fait apparaître une grande homogénéité génétique des isolats à
l’origine des toxoplasmoses congénitales en France : 95% des toxoplasmoses con-
génitales sont dues à un seul type, le type II. Dans ce contexte, il n’est pas éton-
nant que la distribution des différentes formes cliniques associées au type II
reflète celle des différentes formes cliniques observées en France, allant des
formes mortelles à des formes latentes en fonction de la date d’acquisition de
l’infection en cours de grossesse. Parmi les rares isolats aux génotypes diffé-



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rents, ceux qui peuvent être considérés comme des génotypes recombinants ou
atypiques sont souvent observés dans des formes sévères de toxoplasmose, y
compris après infection maternelle tardive. Il faut aussi noter que ces isolats au
génotype atypique ou recombinant proviennent plus volontiers de toxoplasmoses
acquises en dehors du territoire métropolitain. Ceci reflète la répartition géo-
graphique différente des génotypes qui est en train de se dessiner dans les
études d’épidémiologie moléculaire du toxoplasme.
Au terme de 3 ans de fonctionnement de ce CRB, il apparaît que l’essentiel des
efforts de génotypage devra porter sur les isolats provenant de toxoplasmoses
acquises en dehors du territoire métropolitain (DOM-TOM et étranger) ou res-
ponsables de toxoplasmoses atypiques dans leur expression clinique.
Face aux nombreuses interrogations suscitées (premier paragraphe), et poursui-
vant les objectifs du CRB, une initiative a été prise visant à la constitution d’un
Centre National de Référence sur la toxoplasmose. La création du CNR Toxo-
plasmose a été décidée en 2005 par l’Institut National de Veille Sanitaire et en-
trera en vigueur début 2006. Ce CNR aura pour objectif général de renforcer
et structurer les initiatives pour répondre aux besoins exprimés par les gestion-
naires de santé, les cliniciens et les biologistes, en termes d’épidémiologie et de
diagnostic de la toxoplasmose (notamment congénitale), mais aussi de soutien aux
études portant sur le traitement et la prévention de la toxoplasmose congénitale.
Le CNR Toxoplasmose est basé sur une structuration en réseau (regroupant 29
Centres), en s’appuyant sur les laboratoires déjà fortement impliqués dans le
diagnostic, l’épidémiologie, le traitement de la toxoplasmose et reconnus pour
leur domaine d’excellence dans la toxoplasmose. La coordination est centralisée
avec un Centre coordinateur et une implication de divers laboratoires en fonction
de leur expertise dans les domaines d’action du CNR. L’ensemble des missions du
CNR est regroupé sous 4 pôles :
- Un pôle épidémiologie chargé d’actualiser les données épidémiologiques de la
toxoplasmose en France et contribuer à l’évaluation du programme national de
dépistage sérologique systématique chez la femme enceinte, en liaison avec
l’Institut de veille sanitaire. Ce pôle contribuera ainsi à apporter une aide aux
professionnels de santé dans le diagnostic et la prise en charge des femmes en-
ceintes, des nouveau-nés atteints ainsi qu’à l’élaboration de recommandations
pour la prévention de la transmission de la toxoplasmose.
- Un pôle souches chargé de l’isolement et de la caractérisation par génotypage
des souches d’origine humaine, animale et environnementale ainsi que d’évaluer la
sensibilité des souches aux différents traitements (notamment d’identification
de résistances aux traitements). Ce pôle permettra ainsi de comparer les diffé-
rentes souches isolées (humaines, animales et environnementales).
- Un pôle sérologie et un pôle biologie moléculaire chargés de contribuer au déve-
loppement, à l’évaluation et à la standardisation de techniques diagnostiques im-


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munologiques et moléculaires permettant le diagnostic précoce de l’infection
dans le cadre du diagnostic de toxoplasmose congénitale.
Outre le pôle épidémiologie coordonné par le Laboratoire de Reims, les pôles sui-
vants sont coordonnés par des Laboratoires dits Associés au Centre coordonna-
teur, respectivement les Laboratoires de Limoges, Strasbourg et Montpellier.
L’ensemble des travaux menés au sein du CNR Toxoplasmose sera accessible via
un site internet qui sera créé dès la première année de fonctionnement, permet-
tant ainsi une large diffusion des différentes actions.

Remerciements aux laboratoires participant au CRB et au CNR Toxoplasmose :
Laboratoires de Parasitologie de :
  Amiens, Angers, Besançon, Bordeaux, Brest, Caen, Cayenne, Dijon, Fort de
  France, Grenoble, Lille, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Paris Bi-
  chat, Paris St Denis, Paris GHU Cochin et Institut de Puériculture, Paris Pitié
  Salpetrière, Paris St Louis, Poitiers, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse et
  Tours.




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Mariano. J. Levin

INGEBI-CONICET, Vta. de Obligado 2490, 1428, Buenos Aires, Phone: 54 11
4783 2871, Fax: 54 11 4786 8578, E-mail: mlevin@dna.uba.ar
Institut Cochin, Dept. Maladies Infectieuses, Chaire Internationale de Re-
cherche Blaise Pascal, Fondation ENS
Tel : 01 40 51 64 63


Conséquences de la connaissance du génome de Trypanosoma cruzi sur la
prise en charge de la maladie de Chagas


Le projet génome du Trypanosoma cruzi a commencé à Buenos Aires en novembre
1993, dans le cadre d’une coopération française avec l´Amérique Latine. Depuis,
les résultats acquis pendant son développement, ont directement influencé le
diagnostic de la maladie et la recherche de nouvelles cibles pour des drogues an-
ti-parasitaires. La connaissance de ses 12 000 gènes permet d´envisager une
troisième génération de réactifs sérologiques, une amélioration de l´emploi de la
technique de PCR dans le diagnostic, aussi bien que la recherche de traces de
protéines parasitaires dans différents liquides biologiques humains (sang,
urines…). La comparaison des séquences de domaines protéiques du parasite avec
des domaines de protéines humaines permet de dévoiler des caractéristiques
étonnantes de la réponse immunitaire contre T.cruzi, réponse qui finit par proté-
ger l´insecte vecteur. Enfin, l´information génomique pourrait aider à redémar-
rer la recherche d´un vaccin. Il en est bien temps, car la maladie de Chagas
reste oubliée et continue de se répandre, silencieusement, en Amérique Latine.




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M. Sauvain
UMR 152 Institut de Recherche pour le Développement – Université Toulouse III
Mission IRD, Casilla 18 1019 Lima 18, Pérou
Email : michel.sauvain@ird.fr


Nouvelles structures antipaludiques issues de substances naturelles


Le paludisme et la pharmacopée végétale se sont croisés de nombreuses fois
dans la genèse de la médecine humaine. La quinine n’est-elle pas issue de la ren-
contre (fortuite ?) au XVIIème siècle du paludisme en Amérique tropicale, de la
présence des quinquinas (Cinchona spp) sur les versants orientaux des Andes, de
la curiosité des jésuites et des connaissances des indigènes d’Amazonie occiden-
tale ? La conséquence, fructueuse pour l’humanité, fut le guérison en 1638 de la
comtesse de Cinchon, victime de crises de paludisme et épouse du vice-roi du
Pérou.
L’artémisinine a suivi un chemin voisin. Elle a été isolée en 1975 pour son activité
antipaludique d’Artemisia annua, une plante médicinale utilisée en médecine tra-
ditionnelle dans le sud de la Chine depuis 2 000 ans pour lutter contre les crises
de fièvre (palustre ?). Ce travail a été réalisé par les scientifiques chinois de
l’Université de Shanghai qui ont répondu à une commande de l’Etat visant à valo-
riser la pharmacopée traditionnelle chinoise.
Ces substances naturelles sont à l’heure actuelle parmi les plus prescrites contre
le paludisme suite à deux évènements majeurs : la généralisation de la résistance
des parasites à la chloroquine et la recommandation récente de l’OMS d’utiliser
des associations médicamenteuses pour traiter le paludisme dont l’un des compo-
sés doit être un dérivé de l’artémisinine.
Les substances naturelles ont été et sont encore des modèles pour des médica-
ments antipaludiques de synthèse ou d’hémi-synthèse plus actifs ou plus acces-
sibles : la quinine a donné les aryl-méthanols comme l’halofantrine ou la méflo-
quine ; des dérivés de l’artémisinine tel que l’artéméther ont été préparés; le
lapachol, une hydroxy-naphtoquinone, isolé de plantes sud-américaines, a inspiré
la synthèse de l’atovaquone.
De nouveaux composés dérivés de substances naturelles sont en cours de déve-
loppement comme les trioxanes tels que l’artéflène et le fénozan, composés imi-
tant l’architecture chimique responsable de l’activité de l’artémisinine. D’autres
structures naturelles originales sont également proposées pour un futur déve-
loppement pharmaceutique, la plupart d’entre elles venant de l’exploration des
pharmacopées traditionnelles. Nous citerons les naphtyl-isoquinoléines extraites
de lianes d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire), la licorchalcone, une prényl-
chalcone isolée d’une réglisse chinoise, la cryptolepine, indoloquinoléïne extraite




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d’une plante médicinale entrant dans la composition de remèdes artisanaux
contre le paludisme vendus sur les marchés du Ghana.
Récemment, l’activité antipaludique de substances naturelles a été mise en évi-
dence grâce à l’exploration du génome de Plasmodium falciparum. La fosmidomy-
cine, un antibiotique isolé d’un champignon du genre Streptomyces par l’industrie
pharmaceutique japonaise pour son action antibactérienne, agit sur une voie de
synthèse des isoprénoïdes (DOXP) alternative à celle du mévalonate. L’étude du
génome du parasite a montré que la voie du DOXP est présente également chez
Plasmodium. La fosmidomycine s’est avérée être un excellent antipaludique qui
fait l’objet d’essais cliniques. La disponibilité de cibles protéiques issues de la
génomique et adaptées aux criblages à haut débit permet maintenant de sélec-
tionner les substances d’intérêt à partir de la biodiversité d’origine terrestre ou
marine au même titre que le criblage des chimiothèques de synthèse.
Des exemples seront développés illustrant l’intérêt et les limites de ces diffé-
rentes approches.




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Communications




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  1ère session: Paludisme
jeudi 15 décembre 9h30 - 10h30




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G. Cottrell(1), P. Deloron(1), N. Fievet(1), S. Sow(2), O. Gaye(3), J.-Y. Le
Hesran(1)
1. Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UR010, Mother and Child Health in the
Tropics, Université Paris Descartes, France.
2.Hôpital de Thiadiaye, Senegal. Laboratoire de Parasitologie,
3. Université Cheick Anta Diop, Dakar, Senegal


Importance des infections palustres pendant les différentes périodes de la
grossesse sur la prédiction de l’infection placentaire

Il est aujourd’hui connu que l’infection palustre de la femme enceinte peut avoir des
conséquences néfastes sur la mère comme sur le nouveau-né. En particulier, le paludisme
associé à la grossesse favorise l’anémie de la mère, et de nombreuses études ont mis en
évidence une relation entre infection placentaire et faible poids de naissance du bébé.
De ce fait l’indicateur habituel utilisé aujourd’hui pour caractériser l’infection par le
paludisme de la femme enceinte est l’infection placentaire le jour de l’accouchement.
Néanmoins, cet indicateur ne donne pas une vision précise de l’infection de la femme
durant sa grossesse, et il est difficile d’appréhender à quel point une mesure unique au
moment de l’accouchement reflète fidèlement l’historique de l’infection durant la gros-
sesse. Par ailleurs l’importance de la période à laquelle l’infection a lieu pendant la gros-
sesse sur la survenue d’une infection placentaire à l’accouchement reste mal connue. Or,
répondre à cette question revêt un intérêt en terme de santé publique en apportant une
information précieuse sur la période critique de la grossesse du point de vue de
l’infection palustre.
A notre connaissance, aucune analyse fine de la relation entre un suivi des infections
pendant la grossesse et l’infection placentaire n’a été publiée. A partir d’une enquête
épidémiologique longitudinale menée au Sénégal en 2000-2001 sur 306 femmes, au cours
de laquelle des mesures répétées de l’infection périphérique ont été réalisées, nous ana-
lysons par régression logistique multivariée la relation entre infection placentaire et
infection périphérique aux différentes période de la grossesse (début, milieu et fin).
Une comparaison des courbes ROC (Receving Operating Characteristics) de différents
modèles logistiques nous permet également d’évaluer la capacité de prédiction de
l’infection placentaire à l’accouchement par la connaissance des différentes périodes à
laquelle la femme enceinte a été infectée.
Notre analyse montre un effet propre, significatif, de l’infection en fin de grossesse (
OR = 6.9, p < 0.001), mais aussi de l’infection en milieu de grossesse (OR = 5.0, p<0.001).
L’analyse des courbes ROC montre que la connaissance des infections en début et milieu
de grossesse permet une aussi bonne prédiction de l’infection placentaire que les infec-
tions en fin de grossesse.
La meilleure prédiction de l’infection placentaire est obtenue par la connaissance des
infections en début, milieu et fin de grossesse.




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N. G. Tuikue Ndam(1), A. Salanti(2), G. Bertin(1), M. Dahlbäck(2), N. Fié-
vet(1), L. Turner(2, A. Gaye(3), T. Theander(2), P.Deloron(1)
1. Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UR010, Santé de la mère et de l'enfant
en zone tropicale, Université Paris Descartes, France.
2. Centre for Medical Parasitology at Rigshospitalet and University of Copenhagen, Copenhagen,
Denmark
3.Centre de Santé Roi Baudoin de Guédiawaye (CSRB) BP 19095 Dakar Sénégal



Les parasites de Plasmodium falciparum isolés du placenta transcrivent de
hauts niveaux de var2csa et présentent des capacités variables d’adhésion
au placenta


Le paludisme associé à la grossesse est en relation avec la séquestration placen-
taire de populations de Plasmodium falciparum exprimant un antigène variable de
surface (VSAPAM) particulier, adhérant aux protéoglycanes à chondroitine sul-
phate (CSPG) placentaires. Nous avons caractérisé des isolats placentaires de P.
falciparum en fonction de leur capacité à adhérer à des CSPG purifiés de placen-
ta humain, de leur niveau de transcription des gènes var1csa et var2csa, et de
leur antigénicité
Cinquante femmes à l'accouchement et 26 femmes non enceintes, toutes infec-
tées par P. falciparum, ont été incluses dans l'étude. Le niveau de transcription
de var1csa et var2csa a été mesuré par rt-PCR en temps réel dans tous les iso-
lats pour lesquels de l'ARN pur a pu être extrait. La capacité des parasites à
adhérer à des CSPG a été mesurée in vitro. Les niveaux plamatiques d'IgG anti-
VAR2CSA ont été précisés par ELISA en utilisant des protéines recombinantes
reproduisant 3 des domaines de la protéine VAR2CSA.
Le niveau d'adhésion aux CSPG variait selon les isolats et était en relation in-
verse avec la survenue d'un faible poids de naissance du nourrisson (OR = 5.2 [1.1
- 25.1]). Par rapport aux parasites adhérant faiblement aux CSPG, ceux adhérant
fortement transcrivaient var2csa à des niveaux plus élevés (P < 0.05). Le niveau
d'IgG anti-VAR2CSA chez les femmes enceintes était corrélé au niveau de
transcription du gène var2csa du parasite infectant la même femme (Spearman r
entre - 0.3 et - 0.5; P < 0.05).
Puisque la capacité du parasite à adhérer aux CSPG joue un rôle important dans
la physiopathologie et les conséquences cliniques du paludisme placentaire, nos
résultats fournissent un justificatif supplémentaire au développement d'un vac-
cin reposant VAR2CSA pour prévenir le paludisme associé à la grossesse.




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A. Berry, F. Benoit-Vical, R. Fabre, S. Cassaing, J-F. Magnaval
Service de Parasitologie-Mycologie, CHU Rangueil, TSA 50032, 31059 Toulouse 9
Tel : 05 61 32 32 05. Fax : 05 61 32 20 96. Mail : berry.a@chu-toulouse.fr



« Locked Nucleic Acids » (LNA) pour la détection de populations minoritaires
mutées Démonstration avec la mutation K76T du gène Pfcrt de Plasmodium
falciparum


L’augmentation des résistances thérapeutiques et la forte proportion d'infections poly-
clonales sont deux éléments qui incitent au développement de techniques de diagnostic
sensibles et rapides, capables de détecter des populations mutées minoritaires. Une PCR
en temps réel a été développée pour diagnostiquer les clones minoritaires de Plasmodium
falciparum porteurs de la mutation K76T du gène Pfcrt. En effet, la présence de la mu-
tation K76T est fortement corrélée à la chloroquino-resistance. Cette PCR associe aux
composants habituels un oligonucléotide modifié de type « Locked Nucleic Acid » (LNA),
spécifique de la séquence sauvage. L’hybridation spécifique de ce LNA à la séquence sau-
vage empêche son amplification et permet ainsi une amplification préférentielle de la
séquence mutée. Cette technique détecte une population minoritaire mutée (K76T) ne
représentant que 1/1600 de la population sauvage, soit une sensibilité 30 fois plus im-
portante que celle utilisant une PCR en temps réel classique (1).
Nous avons évalué les fréquences des populations mutées, sauvages ou mixtes chez 120
patients présentant un paludisme d’importation à P. falciparum. La technique classique
de PCR en temps réel (1) et la technique utilisant la sonde LNA ont mis en évidence res-
pectivement 81/81 échantillons mutés, 39/29 sauvages et 11/21 mixtes. La technique
utilisant la sonde LNA permet une augmentation de la détection des populations mixtes
de plus de 50 %, populations mixtes initialement considérées comme totalement sau-
vages par la PCR en temps réel classique.
Le développement de cette nouvelle technique pourrait s’appliquer à d’autres domaines
et ainsi améliorer la connaissance de l’épidémiologie des résistances aussi bien en parasi-
tologie qu'en bactériologie ou en virologie.


1. A. Vessiere, A. Berry, R. Fabre, F. Benoit-Vical, and J.F. Magnaval. 2004. Detection by
     real-time PCR of the Pfcrt T76 mutation, a molecular marker of chloroquine-
     resistant Plasmodium falciparum strains. Parasitol. Res. 93:5-7.




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S. Cojean(1,2), T. Ancelle(3), O. Bouchaud(4), S. Matheron(7), V. Hubert(1),
P. Houzé(5), F. Legros(8), J. Le Bras(1,2,6), et R. Durand(1,6)

1. Centre National de Référence pour la Chimiosensibilité du Paludisme, APHP, Hôpital Bichat
Claude Bernard, Paris
2. Laboratoire de Biologie Animale et Parasitaire, Université Paris 5, Paris
3. Laboratoire de Parasitologie Mycologie, Hôpital Cochin et Université Paris 5, Paris
4. Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Hôpital Avicenne et Université Paris 13, Bo-
bigny
5. Laboratoire de Biochimie, Hôpital Saint-Louis, Paris
6. Laboratoire de Parasitologie Mycologie, Hôpital Avicenne et Université Paris 13, EA 3406,
Bobigny
7. Unité des maladies infectieuses et tropicale, APHP, Hôpital Bichat Claude Bernard
8. Centre National de Référence de l'Epidémiologie du Paludisme d'Importation et Autochtone,
et Institut pour la Recherche et le Développement, Paris


Densité parasitaire et complexité de l’infection en relation avec chimioprophylaxie
et origine ethnique dans le cas de paludisme d’importation en France.

Les patients originaires d’Afrique et vivant en France présentent rarement un paludisme
grave. Une prophylaxie antimalarique incomplète peut également conférer une protec-
tion relative contre les formes graves du paludisme.
L’impact de la prophylaxie et l’origine ethnique ont été évaluées sur la densité parasi-
taire et la complexité de l’infection à Plasmodium falciparum, à partir d’isolats obtenus
chez 349 voyageurs originaires d’Afrique et 135 originaires d’Europe, de retour
d’Afrique en France dans la période 1998-2004.
Parmi les Européens, la densité parasitaire moyenne était plus basse en présence d’une
prophylaxie que sans prophylaxie (1.15% écart-type 2.01 et 3.03% écart-type 4.99 res-
pectivement; P<.005). Chez les migrants, la densité parasitaire était similaire quelque
soit la prise de prophylaxie. En l’absence de prophylaxie, les Européens ont présenté une
densité parasitaire plus élevée que chez les migrants (3.03% écart-type 4.99 versus
1.08% écart-type 2.45, P<.002). En présence d’une prophylaxie, les Européens avaient
une densité parasitaire similaire aux migrants (1.15% écart-type 2.01 versus 1.18%
écart-type 2.06, P = .93). Une association entre l’absence de prophylaxie et la gravité de
l’infection palustre a été mise en évidence seulement chez les Européens.
La complexité de l’infection (CDI) était plus élevée chez les migrants que chez les Euro-
péens (P<.009). Globalement, la CDI était plus élevée dans les cas simples que dans les
cas graves (P<.002). Une faible complexité d’infection a été identifiée comme un facteur
de risque du paludisme grave chez les Européens. Aucun génotype majoritaire n’a été
surreprésenté dans les cas graves.
En conclusion, la nécessité de mesures préventives reste fortement nécessaire en parti-
culier chez les sujets originaires d’une zone non endémique.




                                                                                                           27
         2ème session:
Crytosporidiose et Leishmaniose
 jeudi 15 décembre 11h45 - 12h45
                                  Congrès de la Société Française de Parasitologie, Paris, 15-16 décembre 2005




L. Barbot (1,2), A. Topouchian (1), P. Marquet (1), JF. Huneau                           (3)
                                                                                            , V. Tri-
cottet, D.Tomé (3) JG. Gobert (1,2), N. Kapel (1,2).
1. Laboratoire de biologie animale et parasitaire, Faculté de Pharmacie, Paris 5
2. Service de Coprologie Fonctionnelle, GH Pitié Salpêtrière, Paris
3. UMR 914 Physiologie de la nutrition et du comportement alimentaire, INA-PG, Paris
4. Service commun d’imagerie cellulaire et moléculaire, Faculté de Pharmacie, Paris 5


Le syndrome de malabsorption induit par l’infection par C. parvum : une ori-
gine probablement multifactorielle.

Objectifs : Dans un modèle de cryptosporidiose expérimentale aiguë chez le ra-
ton non sevré, nous avons étudié les anomalies de l’absorption azotée induites par
C. parvum dans l’intestin grêle.
Matériel et méthodes : Les ratons sont parasités par gavage à l’âge de 4 jours
avec 106 oocystes de C. parvum. Le pic de l’infection a lieu à J8PI. Les flux
transmuqueux des principaux acides aminés du lait de rate (leucine, glutamate)
et des dipeptides (Gly-Sar) sont mesurés en chambre de Ussing. Les transpor-
teurs EAAT3 (glutamate) et PEPT1 (oligopeptides) sont quantifiés par RT-PCR.
La protéine PEPT1 est quantifiée par western-blot et localisée dans la cellule par
immunohistochimie sur coupe en paraffine d’intestin grêle.
Résultats : Les flux de leucine et glutamate et les ARNm codant pour EAAT3
sont réduits de 50% au pic de l’infection. A l’inverse, le flux de Gly-Sar et
l’expression protéique de PEPT1 ne sont pas modifiés. Cependant, les ARNm co-
dant pour PEPT1 sont sur-exprimés et on note une accumulation de la protéine
dans le cytoplasme des entérocytes parasités. Des résultats identiques sont ob-
tenus tout le long de l’intestin grêle, bien que la charge parasitaire soit maximale
dans l’iléon.
Discussion : Ces résultats témoignent de l’existence d’une forte malabsorption
des acides aminés au pic de l’infection par C. parvum faisant appel à différents
mécanismes de régulation. Si la malnutrition et la réponse immunitaire (IFNg)
sont évidemment impliquées, nous posons l’hypothèse que l’interaction directe
parasite/cellule hôte joue un rôle majeur en modifiant la localisation et la fonc-
tionnalité des transporteurs de nutriments.




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J. Guitard(1), J. Menotti(1,2), A. Desveaux(3), P. Alimardani(4), R. Por-
cher(5), F. Derouin(1,2), N. KapeL(4,6)
1.Parasitologie-Mycologie, (EA 3520, Université Paris 7)
2. Parasitologie-Mycologie, hôpital Saint-Louis, APHP
3. U728 INSERM/Université Paris 7
4. Biologie Animale et Parasitaire (EA209, Université Paris 5)
5.Département de Biostatistique et Informatique Médicale, Hôpital Saint-Louis, APHP
6. Coprologie Fonctionnelle, GH Pitié-Salpêtrière, APHP, France



Absence d'effets bénéfiques des probiotiques sur une infection à Cryptospo-
ridium chez des rats nouveau-nés


Situation du sujet: Cryptosporidium parvum infecte la muqueuse intestinale in-
duisant une diarrhée importante notamment chez les patients immunodéprimés
et les jeunes enfants. A ce jour, il n’existe pas de traitement efficace,
l’élimination du parasite repose sur l’immunité acquise et innée mettant en jeu un
panel de cytokines d’origine muqueuse, de type Th1 et Th2.
Objectifs: Nous avons étudié l’action de deux mélanges probiotiques sur une in-
fection à C. parvum chez des ratons nouveau-nés.
Matériel et méthodes: Nous avons tout d’abord défini une dose minimale permet-
tant le développement de l’infection dans notre modèle. Pour l’évaluation de
l’effet des probiotiques, des rats nouveau-nés (naissance à J0) ont été traités
quotidiennement à partir de J2 par des associations de probiotiques contenant
majoritairement Lactobacillus casei, puis infectés à J4 par 1000 oocystes de C.
parvum. Le traitement a été maintenu jusqu’à J21, date habituelle de l’élimination
naturelle de l’infection. De J6 à J21, les effets de ce traitement sur la crois-
sance pondérale, la charge parasitaire, l’histologie des muqueuses et la produc-
tion muqueuse des cytokines (dosage quantitatif des ARNm d’IFN, IL10 et
TNF par RT-PCR en temps réel) ont été évalués.
Résultats: Aucun effet bénéfique des traitements par probiotiques n’a été dé-
montré sur l’infection à C. parvum que ce soit sur la durée de l’infection, la
charge parasitaire ou les lésions de la muqueuse. De plus, les cinétiques de pro-
duction des ARNm de l’IFN, du TNF et de l’IL10 n’étaient pas modifiées par
l’administration des probiotiques durant l’infection.
Conclusions: Cette étude n’a pas permis de démontrer d’effet prophylactique ou
curatif des mélanges de probiotiques contenant L. casei sur la cryptosporidiose
dans un modèle de raton nouveau-né.




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L Donaghy, F Cabillic, A Corlu, C Guguen-Guillouzo, C Guiguen, JP
Gangneux.
Laboratoire de Parasitologie et Unité Inserm U522, Faculté de Médecine de Rennes. 2 rue du Pr
Léon Bernard, 35000 Rennes, France



Cellules dendritiques et leishmanies : impact du micro-environnement hépa-
tique


   Les cellules dendritiques (CD) sont des cellules présentatrices d’antigènes jouant un
rôle pivot au cours de l’infection par les protozoaires du genre Leishmania. L’impact de
l’infection sur le phénotype et les fonctionnalités des CD varie selon les études et les
espèces parasitaires. A cette biodiversité d’espèce, s’ajoute la notion de micro-
environnement d’organe encore peu étudiée. Dans le cadre de la leishmaniose viscérale,
l’influence du micro-environnement hépatique (MEH) est particulièrement intéressant en
raison des propriétés tolérogènes du foie.
Notre objectif est d’analyser les caractéristiques phénotypiques et fonctionnelles (sé-
crétions cytokiniques et activation de lymphocytes T allogéniques) de CD infectées par
un isolat humain de L. donovani dans un MEH. A cet effet des monocytes sont ensemen-
cés dans un milieu conditionné produit par des cellules épithéliales biliaires de foie de
rat et supplémenté en IL-4. Des CD produites en milieu RPMI + GM-CSF + IL-4 sont uti-
lisées comme contrôle.
En condition non infectée, les CD cultivées en MEH se distinguent des CD contrôles par
la persistance des marqueurs CD14, CD16 et CD123, l’absence de sécrétion d’IL-12 et
une plus faible capacité à induire la prolifération de lymphocytes T allogéniques.
L’infection de CD immatures différenciées en MEH n’induit pas l’expression du marqueur
de maturation CD83 et diminue l’expression des molécules impliquées dans le dialogue
immunitaire (CD40, CD86, HLA-DR et DC-SIGN) comme observé avec les CD contrôles.
Cependant, ces deux types de CD infectées conservent la capacité à maturer en pré-
sence de signaux de danger (TNF-a / LPS). En terme de sécrétions cytokiniques,
l’infection parasitaire entraîne une forte augmentation de la sécrétion d’IL-10 par les
CD différenciées en MEH et une nette diminution de la sécrétion d’IL-12 des CD con-
trôles. Enfin, l’infection parasitaire des CD différenciées en MEH entraîne une augmen-
tation de la prolifération des lymphocytes T allogéniques. Ce résultat n’est pas retrouvé
lors d’une stimulation par des CD contrôles infectées.
  Au total, les CD différenciées en MEH présentent des différences phénotypiques et
fonctionnelles avec les CD contrôles. L’infection par L. donovani n’influence pas leur état
de maturation mais amplifie leur profil cytokinique de type Th2 et leur capacité à stimu-
ler la prolifération des lymphocytes T. Ces résultats concordent avec les profils Th2
sériques retrouvés chez les patients atteints de leishmaniose viscérale.




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P. Marty(1,2), P. Delaunay(2), F. Pratlong (3), H. Haas                    (4)
                                                                              , E. Rosenthal           (1,5)
                                                                                                            ,
Y. Le Fichoux (1,2)
1. Equipe de Recherche sur les Leishmanioses, Faculté de Médecine de Nice
2. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Hôpital de l’Archet, Centre Hospitalier Universitaire
de Nice
3. Centre National de Références des Leishmanioses, Faculté de Médecine de Montpellier
 4. Service de Pédiatrie, Centre Hospitalier Universitaire de Nice; 5-Service de Médecine In-
terne, Centre Hospitalier Universitaire de Nice


Trente années de leishmaniose viscérale de l’enfant dans les Alpes-Maritimes
(1975-2004)


Une étude rétrospective a permis de recenser 52 cas autochtones au cours des
30 dernières années dans le département des Alpes-Maritimes. La Leishmaniose
viscérale (LV) de l’enfant a représenté 29% du total des 178 cas autochtones
observés au cours de cette période. Le nombre de cas annuels n’a pas progressé
avec une moyenne d’environ 2 cas (de 0 à 5 cas/an). L’incidence annuelle a été
évaluée récemment à 2,74 cas pour 100 000 enfants de moins de 15 ans (Mino-
dier et coll., 2005). Au moment du diagnostic, 62% des enfants étaient âgés de
moins de 3 ans et 87% de moins de 7 ans. Le plus jeune enfant était âgé de 4
mois. Le sexe ratio était de 2 garçons pour 3 filles. La triade clinique associant
fièvre, pâleur et splénomégalie était présente dans tous les cas. L’hémogramme a
révélé une tricytopénie dans près de 90% des cas. Le diagnostic a toujours été
porté par l’examen direct du frottis de moelle osseuse; le myélogramme étant
systématiquement pratiqué pour écarter une hémopathie. L’immunofluorescence
indirecte était positive dans environ 90% des cas mais les titres étaient souvent
faibles chez les très jeunes enfants. Le western blot n’a jamais été mis en dé-
faut. La culture de moelle osseuse ou de sang périphérique a permis l’isolement
de 32 souches (62% des cas) et la caractérisation isoenzymatique exclusive du
zymodème MON-1 de Leishmania infantum. L’amphotéricine B liposomale (AmBi-
some) en perfusion de 2 à 6 jours a remplacé avec succès et confort les 28
jours d’antimoniate de méglumine (Glucantime) par voie parentérale. Concernant
ce médicament, nous avons noté, en 1994, un seul cas de résistance clinique con-
firmé par la résistance in vitro de la souche.




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          Congrès de la Société Française de Parasitologie, Paris, 15-16 décembre 2005




       3ème session:
 Toxoplasmose congénitale
jeudi 15 décembre 15h00 - 16h00




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S. Albaba(1), F. Pratlong(1), P. Boulot(2), E. Issert(3), M. Albert(1), J.M.
Faure, E. Pialot(1) P. Bastien(1)
1. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, CHU de Montpellier
2. Service de Gynécologie-Obstétrique, CHU de Montpellier
3. Service de Pédiatrie II, CHU de Montpellier


Valeur du diagnostic prénatal de la toxoplasmose congénitale au CHU de
Montpellier : étude rétrospective sur neuf ans


De 1996 à 2004, 316 diagnostics prénataux (DPN) de la toxoplasmose congéni-
tale ont été réalisés au CHU de Montpellier par PCR sur liquide amniotique. La
méthode utilisée est basée sur celle décrite par Hohlfeld et coll. 1994 avec pour
cible d’amplification le gène répété B1 et les amorces B22 et B23 (Bretagne et
coll. 1993). Les 314 patientes de cette étude se sont contaminées sur une large
période allant de 0 à 37 semaines d’aménorrhée (SA). Onze interruptions médi-
cales de grossesse (IMG) et deux morts fœtales in utero ont été recensées. Sur
les 303 enfants en vie : (i) 221 sont indemnes; (ii) 35 sont atteints de toxoplas-
mose congénitale (TC) dont 29 ont présenté une forme infraclinique et six une
forme patente; ces dernières peuvent se diviser en formes neurologiques (un
cas), formes oculaires (trois cas) et formes neuro-oculaires (deux cas); (iii) 43
enfants sont perdus de vue; (iv) quatre enfants sont en cours de suivi (négativa-
tion en cours). Parmi les 29 formes infracliniques, six proviennent de DPN néga-
tif. Le nombre total de TC est de 48 sur un effectif de 316 enfants ou foetus,
soit 15,2%.
Sur 316 amniocentèses ( deux paires de jumeaux), 276 ont donné un résultat né-
gatif (soit 87,3 %), et 40 un résultat positif (soit 12,7 %). La sensibilité du DPN
est ici de 85,1 %, la spécificité et la valeur prédictive positive sont de 100 %, la
valeur prédictive négative de 96,5 %.
Grâce au DPN, le nombre d’IMG reste limité : onze dans notre expérience sur
une période de neuf ans. Reste en pratique le problème des faux négatifs du DPN
dont le pourcentage varie d’une équipe à l’autre (dans notre expérience 14,9 %).
Une standardisation concertée, à l’échelon national, des méthodes de biologie
moléculaire pourrait permettre d'augmenter leur sensibilité et de diminuer ainsi
ce taux de faux négatifs. Cet objectif devrait pouvoir être en partie réalisé dans
le cadre du CNR toxoplasmose récemment mis en place au niveau national.




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A-G. Selod, T. Ancelle, H. Yera, J. Dupouy-Camet
Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Hôpital Cochin
27 rue du faubourg Saint Jacques, 75014 Paris



Modalités pratiques de mise en œuvre d’un programme de surveillance de la
toxoplasmose. Propositions à partir d’une étude pilote menée à Cochin-Port
Royal.


Afin de tester la faisabilité du recueil des indicateurs nécessaire à
l’établissement d’un système de surveillance de la toxoplasmose congénitale (TC)
en France, une étude pilote a été réalisée sur 30 542 femmes enceintes suivies à
la maternité Cochin-Port Royal entre 1994 et 2004.
Méthodes : Les sources d’information ont été obtenues à partir des fichiers du
laboratoire de parasitologie, des dossiers de pédiatrie et complétées par une
enquête postale explorant le devenir des enfants atteints. L’ensemble de ces
données a permis de calculer une série d’indicateurs dont la séroprévalence an-
nuelle, l’incidence globale des séroconversions et des TC. Les modalités de calcul,
la pertinence et la validité de ces indicateurs ont été analysées.
Résultats : Pendant la période étudiée, la séroprévalence a diminué de 63,8% à
53,6%. L’incidence moyenne des séroconversions a été de 3,9 pour mille gros-
sesses, soit 9,2 pour mille femmes séronégatives. L’incidence des TC a été de
0,65 pour 1000 grossesses, soit 1,57 pour 1000 séronégatives, soit 17% des sé-
roconversions. Rapporté au nombre total de naissances de cette maternité, le
taux de TC s’élève à 0,47 pour 1000 naissances vivantes. Un tiers ont présenté
des atteintes cliniques (dont 55 % de choriorétinites) sur un suivi moyen de 55
mois.
Discussion: La production de données épidémiologiquement valides au niveau
d’une structure locale combinant laboratoire hospitalier, maternité et consulta-
tion pédiatrique est déjà en soi une opération fort complexe en termes de col-
lecte de données et de construction d’indicateurs (exhaustivité des recueils, éli-
mination des doublons, définition des cas et des populations auxquelles les rap-
porter). La transposition au niveau national nécessite une étude approfondie afin
de sélectionner les indicateurs-clés les plus pertinents, d’identifier les sources
de données, de définir la périodicité des enquêtes et d’établir les procédures
d’échantillonage.




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A. Senegas, O. Villard, A. Neuville, M. Mousli, J.P. Klein et E. Candolfi
Institut de Parasitologie et de Pathologie Tropicale; UPRES-EA 1330, Université Louis Pasteur,
Strasbourg, F-67000 France


Analyse des mécanismes abortifs dans un modèle murin de toxoplasmose


L’infection par Toxoplasma gondii (T. gondii) au cours du premier trimestre de gestation
est associée à des avortements spontanés dont les mécanismes sont très très peu étu-
diés. Les cellules Natural Killer utérines (uNK) sont les cellules immunitaires les plus
représentées au niveau de l’interface materno-fœtale durant le premier trimestre de
gestation. Elles permettent la régulation de l’invasion trophoblastique durant cette pé-
riode. La réponse proinflammatoire résultant de l’infection toxoplasmique peut donc
jouer un rôle important dans les phénomènes de régulation de la gestation.
Un modèle animal « d'avortement toxoplasmique » a été mis au point au laboratoire sur
des souris Swiss non congéniques âgées de 8 à 10 semaines et infectées par voie orale
avec 10 kystes de la souche avirulente Me49 de T. gondii au jour (J) 0,5 post-
fécondation. Les animaux sont euthanasiés à différents temps de gestation (J7,5, J8,5
et J9,5) et les cornes utérines sont récupérées pour analyses macroscopiques et mi-
croscopiques.
Nous avons observé que l’infection à T. gondii induit chez la souris des résorptions qui ne
sont pas dues à une nécrose tissulaire secondaire à la prolifération du parasite dans le
massif fœto-placentaire, aucun parasite n’étant retrouvé à l’interface materno-fœtale
avant J7,5 de gestation. En revanche, de nombreuses cellules déciduales présentent une
fragmentation nucléaire caractéristique d’un phénomène apoptotique confirmé par ana-
lyse par TUNEL. Nous avons également observé une baisse très importante du nombre
de cellules uNK entre J7,5 et J9,5. On note, parallèlement, lors de l’infection une forte
production de cytokines pro-inflammatoires et notamment de l’IFN- sérique et utérin.
Nos résultats suggèrent qu’en début de gestation, une infection par T. gondii pourrait
induire un processus abortif par disrégulation de l’invasion trophoblastique dont un des
mécanismes pourrait être la mort cellulaire programmée des cellules uNK suite à la ré-
ponse immune non spécifique. L’implication de ces mécanismes reste à élucider par
l’emploi de souris IFN--/- et IL15-/-.
Mots clés
Gestation - uNK – Toxoplasma gondii - IFN-gamma




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I. Dimier-Poisson, MN. Mévélec, A. Ismael, M. Olivier, M. Lebrun, JF.
Dubremetz, C. Ducournau, D.Bout
UMR Université-INRA d’Immunologie Parasitaire et Vaccinologie, Faculté de Pharmacie, Univer-
sité François-Rabelais, 31 Avenue Monge, 37200 Tours



Un vaccin vivant atténué par ingénierie génétique contre la toxoplasmose
abortive ovine


Un toxoplasme atténué par invalidation de 2 gènes codant les protéines de mi-
cronèmes, MIC1 et MIC3 appelé « Toxo KO 1-3 » (Cérède et al., J. Exp. Med.,
2005, 201: 453-63) a montré son efficacité dans le modèle murin contrela toxo-
plasmose chronique mais également contre la toxoplasmose congénitale.
L’efficacité de ce vaccin a ensuite été évaluée dans l’espèce cible ovine contre la
toxoplasmose congénitale.
L'injection par voie sous-cutanée de 200 000 tachyzoïtes Toxo KO 1-3 induit
chez les brebis, trois jours après la vaccination un léger pic fébrile. La réponse
humorale est décelée deux semaines après la vaccination et persiste tout au long
de l’expérience soit 134 jours. Le tître des anticorps sériques est maximum 30
jours après la vaccination puis il diminue légèrement. Les brebis sont mises à la
reproduction 2 mois après la vaccination et sont infectées par voie orale avec
400 oocystes de la souche PRU à mi-gestation. Suite à l’infection, une hyper-
thermie est observée pour l’ensemble des brebis. Le pic fébrile des brebis vacci-
nées est plus précoce, moins prolongé et avec un maximum plus faible que celui
du lot témoin non vacciné. Toutes les brebis du lot témoin avortent (n=10). Un e
seule brebis du lot vacciné avorte (n=10). Tous les agneaux nés des mères vacci-
nées sont viables, ne présentent pas de signes cliniques de la maladie, et ont un
poids corporel normal.
En conclusion, le toxoplasme invalidé pour les gènes MIC1 et MIC3 est un vaccin
efficace.




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          Congrès de la Société Française de Parasitologie, Paris, 15-16 décembre 2005




4ème session: Helminthoses
jeudi 15 décembre 16h30 - 17h30




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Pion SDS(1), Bourguinat (2), Kamgno J(3), Gardon J(3,4), Duke BOL(5),
Boussinesq M(3,6), Prichard RK(2)
1. Imperial College London, Department of Infectious Disease Epidemiology, Norfolk Place
W21PG London, Royaume Uni

2. Institute of Parasitology, Sainte Anne De Bellevue, Canada
3. Centre Pasteur du Cameroun, BP1274 Yaoundé, Cameroun
4. Institut de Recherche pour le Développement, UR 24 Epidémiologie et Prévention, CP 9214
  Obrajes, La Paz, Bolivie
5. River Blindness Foundation, 2 Hillside, Lancaster LA1 1YH, Royaume Uni
6. Institut de Recherche pour le Développement, Département Sociétés et Santé, Paris, France


Lutte contre l’onchocercose : des traitements répétés par ivermectine en-
traînent une sélection génétique en relation avec la fertilité d’ Onchocerca
volvulus


La lutte contre l’onchocercose repose actuellement sur le traitement annuel et à
large échelle des populations endémiques par le seul médicament utilisable en
campagne de masse, l’ivermectine. Une baisse de réponse des stades adultes
d’Onchocerca volvulus au médicament a été relevée au Ghana chez certaines per-
sonnes ayant reçu 8 à 10 traitements annuels. Afin de rechercher une éventuelle
sélection génétique des parasites soumis au traitement, nous avons analysé 515
vers adultes provenant de nodules onchocerquiens collectés avant et 3 ans après
la première dose d’ivermectine au cours d’un essai thérapeutique réalisé au Ca-
meroun. Ces vers ont été génotypés pour le gène de la β-tubuline, qui est associé
à la résistance à l’ivermectine chez un nématode intestinal parasite de ruminants
domestiques. La fertilité des vers femelles a également été évaluée. L’analyse
des changements de fréquences génotypiques montre que les traitements répé-
tés à l’ivermectine entraînent une forte sélection en faveur des vers hétérozy-
gotes. Les vers homozygotes pourraient être plus sensibles à l’ivermectine, en
terme de survie et de perte de fertilité, que les vers hétérozygotes. Par ailleurs,
dans le contexte des traitements, les parasites hétérozygotes pourraient être
plus à même de s’établir chez l’hôte humain que les parasites homozygotes. Les
conséquences potentielles de cette sélection génétique sur l’avenir des pro-
grammes de lutte seront discutées.




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J.M. Bart(1), M. Abdukader(1), Y. Zhang(1), R. Lin(1), R. Piarroux(2), D.A.
Vuitton(2), H. Wen(1)
1. Xinjiang Hydatid Clinical Research Institute, First Teaching Hospital, Urumqi, PR China.
2. Unité SERF, UFR Médecine Pharmacie, Besançon, Université de Franche-Comté, France.


Identification des souches d'Echinococcus granulosus impliquées dans la contamina-
tion humaine dans la Province Autonome Ouïgour du Xinjiang (Chine)


Situation : En Chine, l’échinococcose kystique (EK) est reconnue comme un problème de
santé publique depuis la fin des années 60. Certains auteurs estiment à près de 1,5 mil-
lions le nombre de personnes atteintes. Dans le Xinjiang, province autonome ouïgour du
nord-ouest, 16663 cas ont été opérés entre 1951 et 1990, soit près de la moitié des cas
traités dans toute la Chine durant cette même période. Dans cette région multiethnique,
les habitants (Hans, Ouïgours) vivant de l’agriculture, tout comme les nomades (Mongols,
Kazakhs), vivant du pastoralisme, sont des populations très exposées à Echinococcus
granulosus.
 Objectifs : Dans cette zone où les contrastes climatiques sont aussi marqués que les
contrastes ethniques, où les hôtes intermédiaires domestiques sont nombreux (mouton,
vache, dromadaire, yack, …), où les animaux pouvant participer à un cycle sauvage sont
inconnus, l’identification moléculaire des souches d’E. granulosus capables de contaminer
l’homme peut se révéler être un outil précieux pour une meilleure compréhension de la
maladie.
Matériel et Méthode : Entre Janvier et Août 2005, des lésions kystiques (stade lar-
vaire) humaines ont été prélevées dans les hôpitaux d’Urumqi. Les données épidémiolo-
giques et cliniques ont été collectées auprès des patients. Puis, l’ADN du parasite a été
extrait pour chacun des kystes. Le génotypage a été effectué grâce au séquençage des
produits de PCR du gène mitochondrial de la cytochrome c oxydase 1 (cox1). De la même
façon, des vers (stade adulte), prélevés sur des chiens provenant du nord et du sud de la
province, ont été génotypés. Les séquences obtenues ont été comparées les unes aux
autres, ainsi qu’avec celles disponibles dans GenBank.
Résultats-Discussion : Parmi les 46 patients étudiés (66 kystes), 45 étaient contaminés
par la souche ovine (G1) d’E. granulosus et ce, malgré des disparités ethniques, cultu-
relles et géographiques fortes. Cette souche n’apparaissait pourtant pas totalement ho-
mogène, 7 variants ayant été détectés. Un seul patient présentait la souche cameline
(G6). Les séquences obtenues pour les 45 vers adultes, prélevés sur 13 chiens, ont éga-
lement montré la prépondérance de G1 (ou de variants proches) chez cet hôte définitif
(42/45). Enfin, 3 vers ont été identifiés de souche cameline chez un chien qui possédait
par ailleurs des vers de souche ovine. Si le passage du chien à l’homme de la souche ovine
d’E. granulosus semble nettement majoritaire, le risque du passage de la souche cameline
existe. Le fait que ces 2 souches circulent en sympatrie dans ce foyer pause la question
d’une possibilité de recombinaison génétique entre elles.



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V. Bellet(1), P. Treuil(1), M. Mavigner(1), D. Rondelaud(1), P. Vignoles(1), J.
Cabaret(2) et G. Dreyfuss(1)
1. UPRES EA n° 3174/USC INRA, Facultés de Pharmacie et de Médecine, 2, rue du Docteur-
Raymond-Marcland, 87025 Limoges.
2. Bioagresseurs-Santé-Environnement, INRA, 37380 Nouzilly



Etude de la variabilité génétique chez Fasciola hepatica


Des travaux antérieurs ont montré que le développement larvaire de Fasciola
hepatica chez Galba truncatula varie selon l’espèce de l’hôte définitif chez lequel
les œufs du parasite ont été prélevés. En revanche, l’infestation du mollusque par
des miracidiums provenant d’un même hôte définitif aboutit à des caractéris-
tiques identiques lorsque l’on utilise la même population de limnées. Aussi, le but
de ce travail est-il d’explorer la variabilité génétique de douves adultes prove-
nant de bovins et d’ovins, tous d’origine limousine, afin de rechercher des diffé-
rences inter- ou intra-populationnelles. L’étude de la biodiversité chez F. hepati-
ca était basée jusqu’alors sur l’analyse isoenzymatique. Nous nous sommes inté-
ressé aux microsatellites largement utilisés dans l’étude du polymorphisme de
l’ADN. Nos résultats mettent en évidence l’existence de deux phénotypes dis-
tincts au sein de la population fasciolienne d’origine ovine et sept dans la popula-
tion bovine, dont l’un très majoritaire. Un même hôte définitif héberge autant de
douves génétiquement identiques que d’individus très différents. Il existe donc
une variabilité inter- et intra-populationnelle au sein de notre échantillon parasi-
taire. Enfin, la proportion limitée de douves identiques, issues d’un même hôte
définitif, démontrerait le faible pouvoir infectant des métacercaires de F. hepa-
tica. L’étude de la biodiversité chez ce Digène permet, d’une part de mieux con-
naître les mécanismes complexes régissant la génétique des populations de ces
parasites, et d’autre part de mieux comprendre les interactions hôte-parasite.




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                                 Congrès de la Société Française de Parasitologie, Paris, 15-16 décembre 2005




A. De Bruyne, T. Ancelle, H. Yera, J. Dupouy-Camet
Centre National de Référence des Trichinella. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Hôpital
Cochin
27 rue du faubourg Saint Jacques, 75014 Paris



Epidémie de trichinellose à Trichinella nativa en France (2005) due à la con-
sommation de viande d’ours noir (Ursus americanus) chassé au Québec.


Une épidémie de trichinellose dispersée sur le territoire français s‘est déclarée
fin septembre 2005. L’origine commune des cas index a été la consommation de
viande d’ours noir (Ursus americanus) provenant d’une chasse effectuée dans le
Nord Québec fin août 2005.
Méthodes : Le CNR des Trichinella a procédé à une enquête épidémiologique vi-
sant à identifier l’ensemble des cas. La population d’étude est l’ensemble des su-
jets ayant participé aux repas au cours desquels la viande d’ours incriminée fut
proposée.
Résultats : Outre un groupe de 10 chasseurs, 15 personnes ont consommé de la
viande provenant du même animal au cours de repas familiaux : soit une popula-
tion exposée de 25 personnes. Un total de 17 cas de trichinellose a été identifié
dont 8 ont nécessité une hospitalisation. Les chasseurs atteints sont dispersés
sur l’ensemble du territoire français alors que les cas issus des repas familiaux
constituent 2 foyers (régions d’Orléans et de Narbonne). Aucune forme grave n’a
été observée. Un foyer potentiel familial (Narbonne) a pu être contacté par le
CNR avant apparition de la symptomatologie. Le taux d’attaque global est de
68% ; il est de 80% chez les chasseurs, de 83,3% dans le foyer d’Orléans et de
44,4% dans le foyer de Narbonne. Toutes les personnes exposées ont reçu le
traitement spécifique avant ou après l’apparition de symptômes. L’espèce respon-
sable de l’épidémie a pu être identifiée comme Trichinella nativa à partir de
biopsies musculaires humaines par amplification génomique et séquençage.
Discussion : Cette observation rappelle que la consommation de viande issue de
produits de la chasse est une source possible d’épidémies de trichinellose à tra-
vers le monde. Celles dues à la consommation de viande d’ours sont connues en
Amérique du Nord, au Groenland, en Russie et en Sibérie. La prise en charge
précoce de cette épidémie par le CNR des Trichinella à permis de conseiller le
traitement spécifique, d’informer les professionnels de santé sur la maladie et
d’identifier un foyer avant sa révélation clinique




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           Congrès de la Société Française de Parasitologie, Paris, 15-16 décembre 2005




    5ème session: Paludisme
vendredi 16 décembre 11h00 - 12h15




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S. Houzé1, F. Martineau1, V. Hubert1, P. Houzé2, J. Le Bras1.
1. Laboratoire de Parasitologie, Hôpital Bichat-C. Bernard, 75018 Paris
2. Laboratoire de Biochimie, Hôpital Saint-Louis, 75010 Paris



Diagnostic du paludisme : le danger des tests de diagnostic rapide.


Plusieurs tests de diagnostic rapide (TDR) pour le paludisme dont le principe est la dé-
tection d’antigènes palustres solubles par immunochromatographie sont commercialisés
et diffèrent selon les antigènes recherchés et la présentation. Nous avons étudié
l’intérêt de la détection de l’HRP2 (histidin rich protein2), de la pLDH (plasmodial lacti-
codéshydrogénase) et de la PfLDH (isoforme de la pLDH spécifique de Plasmodium falci-
parum) par rapport au frottis/goutte épaisse pris comme technique de référence pour le
diagnostic de l’accès palustre.
Les tests Palutop 4+® (All Diag) qui dépistent l’HRP2 et la pLDH et les tests Optimal IT®
(Diamed) qui détectent la pLDH et la PfLDH ont été utilisés en parallèle.
Parmi les prélèvements positifs à Plasmodium sp., la détection de la pLDH a été positive
pour 87% des échantillons avec le Palutop4+® et pour 85% des échantillons avec l’Optimal
IT®. La présence de Plasmodium falciparum dans l’échantillon a générée une réponse po-
sitive en PfLDH et en HRP2 dans respectivement 86% et 95% des cas. La sensibilité de
la détection de la pLDH est comparable avec les 2 tests. Des résultats faussement posi-
tifs en HRP2 ont été observés dans 0,4% des prélèvements négatifs à l’examen micros-
copique. Nous avons observé un signal PfLDH chez certains porteurs de gamétocytes
isolés de Plasmodium falciparum.
Parmi les prélèvements étudiés, nous avons recherché les causes potentielles d’échec
des tests rapides. Celles-ci sont variables : pour les 3 antigènes, de faibles parasitémies
(8-2240 parasites/µl) ; pour la pLDH et la PfLDH, un traitement antérieur ; pour la
pLDH, une infestation par Plasmodium ovale ; pour l’HRP2, un probable défaut de sécré-
tion de la protéine par certaines souches de Plasmodium falciparum.
Les tests de diagnostic rapide doivent être interprétés avec précaution car les faux-
négatifs peuvent avoir des conséquences dramatiques dans la prise en charge du patient.
La recherche combinée de plusieurs antigènes peut dans certains cas pallier les défauts
de sensibilité. Les résultats obtenus avec des colorations de qualité et une observation
microscopique attentive doivent prévaloir sur les résultats des TDR




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H. Kaddouri(1), S. Nakache(2), S. Houzé(1), F. Mentré(2), J. Le Bras(1)
1. Laboratoire de Parasitologie, EA 209, Université R. Descartes & Hôpital Bichat- Claude Ber-
nard, Paris
2. INSERM U738, Unité de Biostatistiques, CHU Bichat- Claude Bernard, Paris, France


Evaluation d’une méthode ELISA Plasmodium Lactate Deshydrogénase (pLDH)
dans la mesure de la chimiosensibilité in vitro de Plasmodium falciparum, in-
terprétation précise du phénotype par un modèle Emax
L’extension des chimiorésistances de Plasmodium falciparum en Afrique impose la
mise en place de nouvelles stratégies de traitements associés. La surveillance épi-
démiologique de la chimiorésistance et l’évaluation de candidats antipaludiques né-
cessite une méthode robuste pour une mesure précise du phénotype de chimiosen-
sibilité. La méthode de référence dite méthode isotopique présente des con-
traintes techniques et un coût élevé. Ceci explique l'intérêt croissant porté sur
des méthodes de remplacement telles que les tests ELISA. Nous avons évalué un
test in vitro en 42h pour étudier la résistance in vitro aux antipaludiques majeurs
d’isolats plasmodiaux africains. Cinq clones de Plasmodium falciparum et 121 isolats
de patients collectés en 2004-05 ont été étudiés par le test isotopique
d’incorporation de 3H-hypoxanthine et un test d’immunocapture de la pLDH
(ELISA-Malaria Antigen Test®, DiaMed, Sw). L’interprétation des réponses dose-
effet a été effectuée par un modèle Emax de régression nonlinéaire donnant une
estimation précise de la concentration inhibitrice 50% (CI50) et de son intervalle
de confiance, pour quatre antipaludiques testés. Une reproductibilité similaire est
observée pour les deux méthodes mais l’ELISA pLDH démontre une plus grande
sensibilité. Une corrélation élevée (R2 = 0,879) et la concordance phénotypique
entre les deux méthodes permet de comparer les CI50. La sensibilité d’isolats
Africains de Plasmodium falciparum récemment collectés à la chloroquine, à la lu-
méfantrine et aux métabolites actifs de l’amodiaquine et de l’artémisinine révèle
un niveau de sensibilité respectif de (interv. conf. 95%) 23-44%, >93%, 71-91% et
>92%. La disponibilité d’une méthode hautement sensible d’immunocapture de la
pLDH devrait permettre une réalisation plus simple des tests de chimiosensibilité
de Plasmodium, et son application possible en zone d’endémie.




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A. Siau(1), FS. Touré(2), O. Ouwe-Missi-Oukem-Boye(2), L. Ciceron(1), N.
Mahmoudi(1), C. Vaquero(1), S. Bisser(2), JY. Coppée(3), E. Bischoff(3), P.
David(4), D. Mazier(1)
1. INSERM U511, Immunobiologie Cellulaire et Moléculaire des Infections Parasitaires,
Centre Hospitalier-Universitaire Pitié-Salpêtrière, Paris, France.
2. Centre International de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF), Unité de Parasitologie,
Franceville, Gabon.
3. PF2-Genopole, Institut Pasteur, Paris France,
4 . Unité d’Immunologie Moléculaire des Parasites, CNRS URA 2581, Département de Parasitolo-
gie, Institut Pasteur, Paris, France.

Transcriptome d’isolats de Plasmodium falciparum prélevés chez des enfants
gabonais: identification de facteurs de pathogénicité associés à l’apoptose
de cellules endothéliales humaines.

Le neuropaludisme est une des causes majeures de mortalité lors d’une in-
fection à Plasmodium falciparum. L’un des mécanismes effecteurs respon-
sables de la pathogénie résulte du phénomène de cytoadhérence, lié à la
capacité des globules rouges infectés par P. falciparum (GRP) d’adhérer à
l’endothélium post-capillaire. La cytoadhérence à l’origine de la séquestra-
tion parasitaire, conduit à différents phénomènes: blocage des micro-
vaisseaux, hypoxie, sécrétion de cytokines pro inflammatoires, aboutissant
à la destruction de la barrière endothéliale cérébrale. A partir d’un modèle
in vitro de co-culture d’un clone de laboratoire (clone 3D7 de P. falciparum)
et de cellules primaires endothéliales pulmonaire (HLECs), nous avions pré-
cédemment montré que l’adhérence du parasite était à l’origine de la mort
par apoptose de ces cellules (Pino et al. 2003).

Dans le travail présenté ici, à partir d’isolats plasmodiaux prélevés chez des
enfants gabonais, nous avons comparé le transcriptome d’isolats «apopto-
gènes » versus « non-apoptogène, à l’aide d’une puce à ADN pan-génomique
de P. falciparum. L’analyse des résultats a permis l’identification de trans-
crits potentiellement impliqués dans l’induction de la mort par apoptose de
la cellule endothéliale. A l’aide d’ARN double brins utilisés pour éteindre
spécifiquement l’expression des gènes précédemment identifiés, il nous a
été possible de réduire significativement la réponse apoptotique.

Ce travail décrit certains mécanismes potentiellement impliqués dans la pa-
thologie cérébrale du paludisme ainsi que certaines cibles parasites qui
pourraient représenter un intérêt dans une perspective thérapeutique.




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L.Musset, M. Moune, J. Le Bras, J. Clain
CNR Chimiosensibilité du Paludisme, APHP, Paris & Université Paris Descartes, Laboratoire de
Biologie Animale et Parasitaire EA209.



Diversité génétique du génome mitochondrial de Plasmodium falciparum et
résistance à l’association atovaquone/proguanil


L’association atovaquone/proguanil (A/P) est utilisée pour le traitement de
l’accès simple et en chimioprophylaxie du paludisme à Plasmodium falciparum de-
puis 1996 et 2001 respectivement. Son utilisation concerne principalement les
voyageurs. La résistance à l’A/P est déterminée par la présence de la mutation
Y268S ou Y268C du gène du cytochrome b du parasite (ou allèle de résistance à
l’A/P) localisé sur le génome mitochondrial. Une dizaine d’allèle de résistance à
l’A/P ont été identifiés dans le monde à ce jour.
L’objectif de ce travail est de déterminer l’histoire évolutive des allèles de ré-
sistance à l’A/P.
Pour cela, nous avons analysé par séquençage la diversité génétique du génome
mitochondrial de P. falciparum chez sept isolats issus de patients en échec thé-
rapeutique à l’A/P porteurs de l’allèle de résistance Y268S (n=5) ou Y268C (n=2).
Après alignement des séquences obtenues, plusieurs polymorphismes de type
substitution nucléotidique et délétion ont été identifiés dans l’ensemble des gé-
nomes étudiés. Chacun des six allèles de résistance possède un haplotype mito-
chondrial qui lui est propre. Ceci suggère que la mutation de résistance est sur-
venue plusieurs fois et de façon indépendante.
Pour chaque allèle de résistance, l’haplotype mitochondrial observé a été compa-
ré à celui des parasites isolés avant traitement à l’admission. Les résultats du
séquençage indiquent que pour chaque couple d’isolats avant/après traitement
l’haplotype est identique à l’exception de la mutation en position 268.
L’ensemble de ces données suggère que la mutation de résistance en 268 est
survenue et a été sélectionnée au cours du traitement indépendamment chez
chaque patient. Des expériences complémentaires sont en cours pour confirmer
cette hypothèse.




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A. Souares (1),R. Lalou      (2)
                                , I. Sene (3), D. Sow              (4)
                                                                      , A. Garcia        (1)
                                                                                            , J-Y. Le
Hesran (5)
 1. Institut de Recherche pour le Développement, UR10, Dakar, Senegal
2. Institut de Recherche pour le Développement, UMR151, Dakar, Senegal
3. District sanitaire de Mbour, Senegal
4. District sanitaire de Thiès, Senegal
5. Institut de Recherche pour le Développement, UR10, Paris, France

Traitement des enfants présentant un accès palustre simple au Sénégal :
Utilisation et efficacité des nouveaux traitement ACT (SP /AQ).

Introduction : L’augmentation de la résistance de P falciparum à la chloroquine a
incité les programmes nationaux de lutte contre le paludisme à développer de
nouvelles stratégies. Un an après l’introduction de l’association SP/AQ comme
traitement de première ligne au Sénégal, nous avons étudié l’adhésion des
équipes soignantes et des populations à ce nouveau traitement et son efficacité
chez l’enfant.
Méthodes : l’étude a été menée dans 5 dispensaires ruraux de la région de
Mbour, à 70 km au sud de Dakar. Les enfants âgés de 2 à 10 ans qui présentaient
une fièvre ont reçu une prescription de SP/AQ. Ceux qui présentaient une para-
sitémie > à 2500 parasites/µl ont eu une analyse urinaire à J3 pour vérifier la
prise des drogues. Une GE a été réalisée à J3, J7, J14 et J28. Pour tous les en-
fants, le responsable a été questionné sur la compliance au traitement. Un entre-
tien a été mené chez 32 familles pour analyser la perception de cette nouvelle
thérapie. Un suivi de 1 semaine a été réalisé dans chaque dispensaire pour étu-
dier l’application des nouvelles directives.
Résultats 358 enfants ont été recrutés. Le diagnostic de paludisme a été con-
firmé pour 144 d’entre eux. Les résultats montrent une remarquable efficacité
(100% GE négatives à J3, 87% à J7 et 99% à J14). Toutefois, nous avons noté
que 7,6% des enfants n’avaient pas pris les deux drogues, 37,5% n’avaient pas
respecté les doses et 49 % n’avaient pas respecté la durée du traitement. 20,8
% des personnes interrogées pensaient qu’il n’est pas nécessaire de poursuivre le
traitement après disparition des symptômes. 10,5 % trouvaient le traitement
difficile à administrer surtout dû à l’amertume de l’amodiaquine. Les accompa-
gnants des enfants se sont plaints du manque d’information. A la sortie de la con-
sultation, la plupart étaient incapables de donner la dose correcte à administrer
à domicile.
Conclusion : Bien que l’efficacité du nouveau traitement soit maximum,
l’observance est très imparfaite et de gros efforts sont à faire pour améliorer
l’information des patients et la formation du personnel de santé.




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        6ème session:
 Médicaments antiparasitaires
vendredi 16 décembre 16h30 - 17h45




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F. Benoit-Vical (1,2)
1. Laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS, Toulouse, France
2. Service de Parasitologie-Mycologie, CHU Rangueil , Toulouse, France


Evaluation de l’activité antipaludique de plantes africaines


Dans la lutte contre le paludisme, la découverte de nouveaux médicaments anti-
paludiques est devenue une priorité de santé publique. La quinine demeure le
traitement majeur de l’urgence et de la gravité, et plus récemment l'artémisinine
et ses dérivés utilisés avec succès dans les cas de multirésistance, sont d’origine
naturelle. Par ailleurs, la résistance des vecteurs aux insecticides et celle du pa-
rasite aux antipaludiques mais aussi les difficultés rencontrées pour la mise au
point d’un vaccin incitent à poursuivre l’étude de la médecine traditionnelle et
l’ethnopharmacologie. Cette approche permet de privilégier les connaissances
ancestrales du traitement du paludisme dans les zones endémiques et de limiter
potentiellement les coûts de traitement. Les différentes recherches expérimen-
tales et cliniques corroborent de plus en plus les propriétés médicinales, empiri-
quement reconnues, de nombreuses plantes africaines.
Notre équipe en collaboration avec des ethnobotanistes et des phytochimistes
s’attache à choisir les plantes utilisées traditionnellement dans le traitement du
paludisme en Afrique. Les critères de sélection de ces plantes sont i) efficacité
reconnue par l’usage traditionnel, ii) usage fréquent par différents tradiprati-
ciens et dans diverses zones géographiques, iii) identification de la plante effec-
tuée avec certitude par des botanistes, iv) facilité d’obtention. L’activité des
plantes ainsi sélectionnées est évaluée in vitro et in vivo. L’étude en parallèle sur
des souches chloroquino-sensibles et chloroquino-résistantes permet d’analyser
l’efficacité de ces extraits végétaux utilisés de façon courante dans les zones de
forte résistance aux antipaludiques classiques.
Pour les plantes à fort potentiel antipaludique, un fractionnement bio-dirigé nous
permet ensuite de déterminer les principes actifs.




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M. Rakotomanga, M. Saint-Pierre-Chazalet, P.M. Loiseau
Chimiothérapie Antiparasitaire, UMR 8076 CNRS, Faculté de Pharmacie, 92290-Châtenay-
Malabry Cédex, France.



La résistance à la miltéfosine affecte le métabolisme lipidique chez Leishma-
nia donovani


La miltéfosine (hexadécylphosphocholine, HePC) est le premier médicament actif
par voie orale contre la leishmaniose viscérale. Sa récente mise sur le marché
justifie l’étude du mécanisme de résistance afin d’anticiper son apparition éven-
tuelle sur le terrain. Compte tenu de la structure chimique de l’HePC, nous avons
étudié le métabolisme lipidique chez des formes promastigotes de Leishmania
donovani sauvages (WT) et résistantes à l’HePC (HePC-R).
L’analyse des chaînes alkyles des phospholipides membranaires montre une baisse
du taux de chaînes insaturées chez les parasites HePC-R, ce qui suggère que les
membranes des parasites HePC-R ont une fluidité plus faible que celles des WT.
Nous avons démontré que l’insertion de l’HePC dans une monocouche biomimé-
tique de feuillet externe de membrane plasmique devient plus difficile quand le
taux de chaînes alkyles insaturées décroît, ce qui est en faveur d’une interaction
plus réduite entre l’HePC et les membranes des parasites HePC-R.
Par ailleurs, les phospholipides des parasites HePC-R présentent un taux plus
élevé de chaînes alkyles courtes, suggérant une inactivation partielle du système
d’élongation des acides gras.
La biosynthèse des stérols est modifiée chez les parasites HePC-R puisque le
taux de stérols alkylés en C-24 est divisé par deux par rapport aux parasites
sauvages.
En conclusion, la résistance à l’HePC affecte trois voies majeures dans la biosyn-
thèse des lipides : le système de désaturases responsable de l’insaturation des
chaînes alkyles, l’élongation des chaînes alkyles des phospholipides et l’alkylation
des stérols en C-24.




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A. Gego(1*), O. Silvie(1*), J-F. Franetich(1), K. Farhati(1), L. Hannoun(2),
Adrian J.F. Luty(3), R. W. Sauerwein(3), C. Boucheix(4), E. Rubinstein(4),
D. Mazier(1)
1. Inserm, U511, Immunobiologie Cellulaire et Moléculaire des Infections Parasitaires, 75013
Paris, France; Centr1e Hospitalo-Universitaire Pitié-Salpêtrière, 75013 Paris, France; Université
Paris 6, 75013 Paris, France.
2. Service de Chirurgie Digestive, Hépato-Bilio-Pancréatique et Transplantation Hépatique, Hôpi-
tal Pitié-Salpêtrière, Paris 75013, France; Université Paris 6, 75013 Paris, France.
3.University Medical Centre St Radboud, Department of Medical Microbiology, 6500HB Nijme-
gen, the Netherlands.
4. Inserm, U602, Microenvironnement et physiopathologie de la différenciation, 94807 Villejuif,
France; Institut André Lwoff, 94807 Villejuif, France; Université Paris 11, 94807 Villejuif,
France.
*AG and OS contributed equally to this work
Inserm, U511, Immunobiologie Cellulaire et Moléculaire des Infections Parasitaires, 75013 Paris,
France; Centr1e Hospitalo-Universitaire Pitié-Salpêtrière, 75013 Paris, France; Université Paris
6, 75013 Paris, France.
2
  Service de Chirurgie Digestive, Hépato-Bilio-Pancréatique et Transplantation Hépatique, Hôpital
Pitié-Salpêtrière, Paris 75013, France; Université Paris 6, 75013 Paris, France.
3
  University Medical Centre St Radboud, Department of Medical Microbiology, 6500HB Nijmegen,
the Netherlands.
4
  Inserm, U602, Microenvironnement et physiopathologie de la différenciation, 94807 Villejuif,
France; Institut André Lwoff, 94807 Villejuif, France; Université Paris 11, 94807 Villejuif,
France.
*AG and OS contributed equally to this work

Nouvelle approche pour le criblage de composés actifs sur le stade hépatique
de Plasmodium

Le Plasmodium dans sa phase intra-hépatique représente une cible intéressante pour le
traitement prophylactique du paludisme. L’arsenal actuellement disponible de médica-
ments actifs sur cette phase est cependant fort restreint, en grande partie lié à la dif-
ficulté/lourdeur du criblage. La méthode la plus largement utilisée pour déterminer in
vitro l’activité d’un composé repose sur la quantification au microscope de parasites im-
munomarqués, méthode incompatible avec un criblage de molécules à haut débit. La
technique que nous avons mise au point repose sur un système d’imagerie dans
l’infrarouge. L’analyse des images obtenues par le scanner à infrarouge Odyssey®, cou-
plée à un logiciel de comptage de colonies, permet de quantifier le nombre d’hépatocytes
infectés. Les résultats obtenus concordent avec la technique standard de quantification
par microscope. Le modèle est de plus applicable à différents types cellulaires (hépato-
cytes primaires et lignées hépatocytaires, cellules humaines et murines), infectés par
tout type de plasmodies, en particulier P. falciparum. Appliquée à un criblage de molé-
cules à haut débit, cette nouvelle approche devrait faciliter l’identification de nouveaux
composés actifs sur le stade hépatique de Plasmodium.




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N. Mahmoudi(1), R. Garcia-Domenech(3), J. Galvez(3), K.Farhati(1), F. De-
rouin(2), M. Danis(1), D. Mazier(1)
1. INSERM U511, Immuno-biologie Cellulaire et Moléculaire des Infections Parasitaires
CHU Pitié-Salpêtrière, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Université Pierre et Marie Curie-
Paris 6, Paris, France
2. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie and Saint-Louis hospital, Assistance Publique-Hôpitaux
de Paris. 1, Avenue Claude Vellefaux, 75010 Paris, France
3. Unidad de Investigación de Diseño de Fármacos y Conectividad Molecular, Dep. Química Física,
Facultad de Farmacia, Universitat de València, Burjassot, Valencia, Spain


Identification, par topologie moléculaire, de nouvelles molécules actives sur
le stade hépatique de Plasmodium

Une étude « Relation Quantitative Structure-Activité » (QSAR), a été réalisée
afin de développer un modèle mathématique capable d’identifier des molécules
potentiellement inhibitrices du développement hépatique de Plasmodium. Ce tra-
vail a été fait à partir d’une base de données de 127 molécules dont l’activité an-
tipaludique in vitro contre le stade hépatique de Plasmodium yoelii yoelii était
connue. Des indices topologiques ont été utilisés comme descripteurs structu-
raux des molécules et reliés à leurs activités antipaludiques par un traitement
statistique du type analyse linéaire discriminante (LDA). Deux modèles topolo-
giques ont été obtenus : un premier modèle permettant de discriminer une molé-
cule active d’une molécule inactive, et un deuxième modèle qui permet
d’identifier les molécules très actives parmi les molécules actives précédemment
sélectionnés. L’application de ces modèles aux 127 molécules de la base de don-
nées nous a permis d’obtenir 83 et 97% de classification correcte, respective-
ment, par les deux modèles. Dans un deuxième temps, 479 molécules dont
l’activité sur le développement hépatique du parasite n’était pas connue ont été
criblées à l’aide de ces modèles. Treize molécules prédites comme antipaludiques
potentielles (8 comme très actives et 5 comme actives) ont été sélectionnées et
testées in vitro contre le stade hépatique de P. yoelii yoelii. Parmi ces molécules,
des inhibiteurs de protéases du VIH, et différents antifongiques ont été trou-
vés actifs à des concentrations inhibitrices (IC50) de l’ordre du nano molaire, et
deux ionophores ont montré un effet inhibiteur complet sur le développement
hépatique (IC50 <10-3 nM). Ces résultats démontrent l’efficacité des approches
QSAR et de la topologie moléculaire pour l’identification de nouvelles molécules
actives contre le stade hépatique de Plasmodium ainsi que l’activité expérimen-
tale remarquable d’un certain nombre de molécules qui n’étaient pas considérées
auparavant comme des antipaludiques.




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V. Sauvage, D. Aubert, A. Schmid, J. Budin , V. Visneux, M. Pinon, I.
Villena
Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, EA3800, IFR53, UFR Médecine, CHU Maison Blanche, 51
rue Cognacq-Jay, 51095 Reims.



Identification et caractérisation d’une famille de gènes codant pour des protéines
ABC transporteurs chez Toxoplasma gondii

La toxoplasmose, infection généralement bénigne, peut être responsable de formes cli-
niques sévères particulièrement en cas de transmission congénitale et chez les
l’immunodéprimé. Les différents schémas de traitement de la toxoplasmose reposent
sur un nombre limité de médicaments et des échecs thérapeutiques ont été rapportés
dans le traitement de la toxoplasmose congénitale ou celui des formes graves survenant
chez les patients immunodéprimés. L’implication de protéines de transport responsables
d’une réduction de l’accumulation des drogues à l’intérieur du parasite, phénomène décrit
chez Plasmodium, pourrait participer à ces échecs. Suite à l’émergence des résistances
aux antiparasitaires, de nombreux gènes codant pour des protéines ABC transporteurs
de type Pgp (ABCB) et MRP (ABCC) ont été identifiés et caractérisés chez de nombreux
parasites protozoaires.
Chez T. gondii, l’étude du transport actif de xénobiotiques et sa modulation par le véra-
pamil et la cyclosporine A sur des parasites extra- et intracellulaires a suggéré
l’existence d’une P-glycoprotéine homologue localisée au niveau du complexe membra-
naire du parasite (Sauvage et al., 2004).
Nous avons exploré la banque génomique de T. gondii (ToxoDB). Une recherche par ho-
mologies de séquences (Blastp) utilisant les protéines ABC caractérisées chez l’homme
et les protozoaires a permis d’identifier 24 0RFs. Quinze d’entre eux ont été classés
dans 5 des 7 familles ABC humaines : 6 ABCB, 2 ABCC, 1 ABCE, 1 ABCF et 5 ABCG. Les 9
ORFs restant correspondant à 4 protéines SMC, 4 ABCH et une protéine de structure
atypique, non classable. La présence de transcrits ABC a été détectée aux stades ta-
chyzoïte (I, II, III) et bradyzoïte (II, III) pour tous les gènes étudiés, suggérant une
implication importante des protéines correspondantes dans la biologie du parasite. Il
nous paraît intéressant dans l’avenir de caractériser les protéines codées par ces gènes,
particulièrement celles potentiellement impliquées dans la résistance par analogie à ce
qui est décrit chez d’autres protozoaires (en particulier Plasmodium falciparum) Ces
gènes pourraient ainsi constituer de nouvelles cibles thérapeutiques.
A notre connaissance, il s’agit de la première identification d’une famille de gènes co-
dant pour des protéines ABC transporteurs chez T. gondii.
Ce programme est soutenu par la Région Champagne-Ardenne




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Congrès de la Société Française de Parasitologie, Paris, 15-16 décembre 2005




        Posters




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P01 Y.-S. Chia(1), C. Badaut(2), N.G. Tuikue Ndam(3), A. Khattab(1), S.
Igonet(2), N. Fievet(3), G.A. Bentley(2), P. Deloron(3), M.-Q. Klinkert(1)
1. Department of Molecular Medicine, Bernhard Nocht Institute for Tropical Medicine, Hamburg,
Germany
2. Unité d’Immunologie Structurale, URA 2185 du CNRS, Institut Pasteur ;
3. Institut de Recherche pour le Développement, UR010, Laboratoire de Parasitologie, Faculté
des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques, Paris, France



Caractérisation fonctionnelle et immunologique du domaine '"Duffy binding
like" (DBL) de type gamma, provenant de la protéine PfEMP1 d'un isolat pla-
centaire de Plasmodium falciparum


Le domaine DBL- d’un PfEMP1 provenant d’une souche placentaire de plasmodium
falciparum a été cloné puis exprimé en système baculovirus/cellules d’insecte et
purifié en grande quantité (~10mg/L de culture). Ce domaine fixe spécifiquement
son récepteur, la Chondroïtine sulfate A (CSA), et inhibe la reconnaissance de ce
dernier par les globules rouges infectés (GRI). Des anticorps polyclonaux anti
DBL- reconnaissent la surface des GRI, et leur empêchent la fixation du CSA.
Ce domaine DBL- est reconnu spécifiquement et quantitativement de façon plus
importante par le plasma de femmes infectée par le type placentaire de plasmo-
dium, ceci suggérant que ce domaine porte préférentiellement les épitopes im-
munogéniques portés par les GRI. Enfin, une grande quantité d’anticorps anti
DBL- retrouvé dans ces plasmas est associé a une densité de parasite placen-
taire réduite.


Publication :Functional and immunological characterization of a duffy binding-
like- gamma domain from Plasmodium falciparum erythrocyte membrane protein-
1 expressed by a placental isolate. J Infect Dis. 2005 Oct 1;192(7):1284-93.
Epub 2005 Aug 25.




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                       (1)
P02 N.Godineau           , O.Patey(2), F.Legros            (3)
                                                              , S.Genty-Jedrzejewski(0)
1. unité de Parasitologie-Mycologie, CHG Saint-Denis ( 93200),
2. service des Maladies Infectieuses et Tropicales, CHI Villeneuve Saint
   Georges (94195)
3. Centre National de Référence de l’Epidémiologie du paludisme d’Importation
    et Autochtone – Université Paris 6 ( 75270 Paris) & IRD, (75480 Paris)
0. centre de Vaccinations Internationales, Hôpital Avicenne Bobigny (93009)


Paludisme d’importation chez la femme enceinte dans deux hôpitaux franci-
liens

Les accès palustres survenus chez les femmes enceintes ont été colligés dans deux
hôpitaux généraux franciliens, le CHG de Saint-denis et le CHI de Villeneuve St
Georges qui effectuent respectivement environ 3 000 et 2 000 accouchements an-
nuels.
A partir de 1994 (Saint-Denis) et de 1999 (Villeneuve St Georges) et jusqu’en
2004, 1706 (soit respectivement 1236 + 470) accès palustres ont été observés.
Parmi eux, 52 cas (42+10) ont été colligés chez des femmes enceintes soit 3,4% à
Saint-Denis et 2% à Villeneuve St Georges.
Dans tous les cas, il s’agissait d’un accès palustre simple. La plupart des partu-
rientes étaient originaires d’Afrique (31 d’Afrique de l’Ouest et 11 d’Afrique cen-
trale) ; La majorité résidait en France dans les 12 mois précédant l’accès palustre.
L’âge moyen de ces femmes était de 27,6 ans. Le séjour en zone d’endémie était
l’Afrique de l’Ouest pour 31 d’entre elles avec une durée de séjour entre 1 et 3 mois
pour la moitié des cas. Les mesures de protection personnelle anti-moustiques
comme les prophylaxies médicamenteuses étaient rares et toujours inadaptées.
L’hémoglobine était <11,5 g/dl dans 80% des cas et il existait une thrombopénie
dans plus de la moitié des cas. Plasmodium falciparum était en cause dans 90 % des
cas. Le traitement pour P. falciparum a été majoritairement de la quinine IV relayée
par la forme orale pendant 7 à 10 jours au total. Dans deux cas l’accès s’est compli-
qué d’une fausse couche spontanée.
Cette étude est l’occasion de rappeler l’importance de conseiller le report d’un sé-
jour en zone d’endémie chez la femme enceinte et à défaut d’insister sur
l’utilisation de mesures prophylactiques adaptées.




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P03 O. Maïga, E. Renard, J. Le Bras, J. Clain
Laboratoire de Biologie Animale et Parasitaire EA209 - Université Paris Descartes & CNR Chi-
miosensibilité du Paludisme - APHP, Paris, France.



Détermination des haplotypes dhfr triples mutants associés à la résistance
à l’association pyriméthamine/sulfadoxine chez Plasmodium falciparum par
PCR-SSCP.


L’association pyriméthamine/sulfadoxine (PS) est utilisée couramment en
Afrique pour le traitement et la prévention du paludisme à P. falciparum. La ré-
sistance de P. falciparum à la pyriméthamine compromet l’efficacité de cette
association, la présence de parasites triples mutants N51I-C59R-S108N pour le
gène dhfr, et de deux mutations sur le gène dhps, étant associée à la probabilité
d’échec du traitement PS la plus élevée. C’est la combinaison de ces 3 mutations
(parfois également de 2 mutations) sur le même clone -ou haplotype dhfr- qui est
informative pour prédire la capacité de chimiorésistance d’un parasite.
L’objectif de ce travail est de mettre au point une méthode moléculaire permet-
tant de déterminer rapidement et simplement la présence de l’haplotype de ré-
sistance triple mutant au sein d’un isolat parasitaire monoclonal ou polyclonal.
Pour cela, nous avons donc adopté la méthode PCR-Single Strand Conformational
Polymorphism. Dans ces conditions, l’ADN simple brin adopte une conformation
tridimensionnelle spécifique de la séquence et permet donc d’identifier diffé-
rents mutants selon leur profil de migration électrophorétique.
Suite à une démarche quasi systématique pour évaluer différents paramètres
(taille de l’amplicon, température de migration, porosité du gel, nature du tampon
de migration), nous avons établi des conditions de migration qui permettent
d’identifier les haplotypes dhfr triples mutants et doubles mutants associés aux
échecs thérapeutique à la PS parmi des isolats monoclonaux et polyclonaux.
Cette méthode, d’une grande simplicité et d’une grande rapidité, pourrait donc
être utilisée pour déterminer les génotypes de résistance parasitaires lors de
protocoles thérapeutiques ou pour d’études de populations.




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P04 F. Migot-Nabias (1),M. Hayano                 (2)
                                                     , A. Liljander (2), M. Vafa                (2)
                                                                                                   , M.
Troye-Blomberg (2), A. Garcia (1)
1 Institut de Recherche pour le Développement , Dakar, Sénégal
2 Université de Stockholm, Suède



Paludisme à P. falciparum au Sénégal : le nombre de génotypes msp2 est
associé à la réponse anticorps dirigée contre MSP2


Les facteurs génétiques d’hôte et la réponse anticorps spécifique peuvent modu-
ler la présence de populations parasitaires distinctes. Il a été suggéré que les
infections asymptomatiques polyclonales à P. falciparum protègent de la maladie
causée par une nouvelle infection. Nous avons déterminé la multiplicité des infec-
tions à P. falciparum chez des enfants Sénégalais asymptomatiques et relié cette
information à des données cliniques, parasitologiques, génétiques et immunolo-
giques obtenues pour ces enfants.
Une étude transversale a été effectuée dans une zone rurale du Sénégal chez
413 enfants de 2 à 10 ans, prélevés en Juin 2002 avant la saison de transmission
du paludisme. Les groupes sanguins ABO ont été déterminés par sérologie et le
trait drépanocytaire, le variant G6PD A- responsable du déficit en G6PD et
l’alpha+-thalassémie ont été déterminés par génotypage moléculaire. Les isolats
des porteurs de P. falciparum ont été génotypés par PCR branchée du bloc 3 de
msp2 en utilisant des amorces spécifiques des familles alléliques 3D7 et FC27.
Les IgG et sous-classes d’IgG plasmatiques dirigées contre des protéines recom-
binantes des deux sérogroupes de l’antigène MSP2 (Merozoite Surface Protein
2) ont été dosées par ELISA.
Quarante quatre pour cent des enfants hébergeaient des parasites de
P. falciparum, distribués en 37% et 24% de parasites provenant des familles allé-
liques msp2 3D7 et FC27 isolées, et 39% de clones appartenant aux deux fa-
milles. La multiplicité d’infection était de 2.5. Le nombre de génotypes n’était pas
associé à l’âge ni à la morbidité palustre, mais augmentait en fonction de la densi-
té parasitaire (p = 0.0003) et tendait à être plus élevé chez les porteurs du trait
drépanocytaire (p = 0.07). Enfin, les enfants portant des clones d’une famille al-
lélique (3D7 ou FC27) présentaient des niveaux plus élevés d’IgG, d’IgG1 et
d’IgG3 contre la protéine recombinante issue de la même famille allélique que les
porteurs de clones de l’autre famille allélique (tous p < 0.01).
Les anticorps cytophiles dirigés contre les protéines MSP2 résultent de la per-
sistance asymptomatique d’infections polyclonales pendant la saison sèche. Ces
anticorps ont un effet limitant et non neutralisant sur les parasites.



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P05 D.Sarr (1), D. Aldebert (1) , L. Marrama                   (1)
                                                                     , A. Gaye     (2)
                                                                                         , M. Niang (1),
J-Y Lehesran, R. Jambou (1)
1. Institut Pasteur de Dakar, 36, Avenue Pasteur, BP 220, Dakar, Sénégal
2. Centre de Santé Roi Baudoin de Guediawaye, Dakar, Sénégal
3. Institut de Recherche pour le Développement, Unité Mère-enfant, UR10, BP 1386, Dakar,
Sénégal



Expression de la Cyclooxygénase-2 et la 15-Lipoxygénase dans le placenta
palustre

Le paludisme au cours de la grossesse est un problème majeur de santé public. Il est
associé à des effets délétères pour la mère et pour le fœtus. En Afrique Sub-
saharienne, plusieurs enfants meurent dès suite d’une infection palustre maternelle au
cours de la grossesse. Dans le but de mieux comprendre la pathogenèse du paludisme
placentaire, nous avons quantifié les ARN messagers (ARNm) des enzymes COX (COX-1
& 2) et 15-LOX, impliqués dans la synthèse des prostaglandines (PGs). Ces dernières
régulent plusieurs processus physiologiques comme l’adhésion cellulaire et la vasodilata-
tion en plus de leur rôle régulateur de l’inflammation. Au cours de la grossesse, elles
sont impliquées dans la pré-eclampsie et le maintien d’une grossesse saine à différents
moments de la gestation. Cette étude est réalisée pour déterminer le rôle probable des
COX et de la 15-LOX dans le placenta palustre. L’analyse des niveaux d’expression est
réalisée après la délivrance du placenta pour évaluer les niveaux d’expression en fonc-
tion du type d’infection palustre placentaire déterminé par l’histologie placentaire.
Des biopsies placentaires infectées par P. falciparum et témoins sont collectées chez les
femmes qui viennent accoucher au Centre de Santé Roi Baudoin de Guédiawaye, Dakar,
Sénégal. Les ARNm de COX-1, COX-2, 15-LOX et de l’IL-10 sont extraits et quantifiés
par la technique de PCR temps réel en utilisant la PPIA comme gène de référence.
L’immuno-marquage de COX et de la 15-LOX dans le tissu placentaire est réalisé par une
technique immunohistochimique.
Les résultats indiquent une expression de COX-2 de 4 à 9 fois plus selon la sévérité de
l’infection placentaire alors que l’expression de COX-1 reste à un niveau constitutif.
L’augmentation des niveaux d’expression de COX-2 est plus importante chez les infec-
tions actives (chronique et aiguë) et l’expression de COX-2 est fortement corrélée à
l’infiltrat inflammatoire dans les espaces intervillositaires. En comparaison avec les té-
moins, COX-2 est trouvé plus immunoréactive dans le syncitiotrophoblaste (SYN) des
placentas infectés. La présence des parasites en contact avec le SYN est étroitement
associée aux niveaux de 15-LOX.
Conclusion : les éicosanoïdes dérivant de la voie des LOX seraient à l’origine de la perfu-
sion plus faible du placenta infecté. Ces molécules joueraient aussi un rôle dans
l’adhésion des parasites au SYN. Nos résultats indiquent que les voies COX et LOX in-
terviennent dans les processus et physiologiques et inflammatoires dans le placenta pa-
lustre.



                                                                                                          60
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P06 A. Aubouy(1), N. Fievet(1), J-C. Sagbo(1), P. Assogba(1), A. Efouevi(1),
A. Semanou(1),A. Massougbodji(2), P. Deloron(3)
1. IRD UR010, 01 BP 4414 RP, Cotonou, Bénin
2. UER de Parasitologie-Mycologie, Faculté des Sciences et de la Santé, 08 BP 296, Cotonou,
Bénin
3. URD UR010, Laboratoire de Parasitologie, Faculté de Pharmacie, 4,avenue de l’Observatoire,
75006 Paris, France



Efficacité thérapeutique de la chloroquine, la sulfodoxine-pyriméthamine et
la méfloquine lors de l’accès palustre simple de l’enfant au Bénin

De nombreux pays d’Afrique de l’Ouest ont délaissé la chloroquine et opté pour
de nouvelles recommandations pour le traitement du paludisme simple à Plasmo-
dium falciparum chez l’enfant ou sa prévention chez la femme enceinte. Au Bénin,
le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) souhaite suivre les
conseils de l’OMS en utilisant l’association arthéméter-luméfantrine (Coartem)
pour traiter le paludisme chez l’enfant et l’association sulfadoxine-
pyrimethamine (SP) en traitement préventif intermittent au cours de la gros-
sesse. Cependant, SP montre déjà une efficacité limitée dans plusieurs pays
d’Afrique de l’Ouest et Centrale, et l’acquisition par les parasites de mécanismes
de résistance ne prend que quelques années. Pour la prévention du paludisme au
cours de la grossesse, la méfloquine (MQ) pourrait constituer une alternative
efficace à SP étant donné son utilisation limitée en Afrique de l’Ouest et sa
bonne efficacité obtenue en Amérique du Sud, Afrique et Asie. Afin d’avoir des
données sur l’efficacité de SP et de la méfloquine au Bénin, l’efficacité de ces
deux antipaludiques a été testée, comparativement à celle de la chloroquine (CQ)
chez des enfants de 6 mois à 5 ans.
Les enfants ont été recrutés et suivis pendant 28 jours selon le protocole propo-
sé par l’OMS en 2003. Issus de la zone sanitaire de Ouidah au sud du Bénin, 92
enfants ont participé à cette étude et constitué trois groupes thérapeutiques.
Etant donné le très fort taux d’échec rencontré dans le groupe CQ, ce groupe a
été limité à 13 sujets. La méfloquine s’est révélée très efficace avec 40 succès
thérapeutiques sur 41 suivis (97,6%), l’échec ayant eu lieu à J28 doit être con-
firmé par typage moléculaire. L’efficacité de SP était limitée à 47,4% (18/38
suivis), alors que la majorité des échecs étaient précoces (12/20 soit 60,0% des
échecs). L’inefficacité de la chloroquine était flagrante puisque un seul des 13
traitements a été efficace après 28 jours. Les 12 échecs à la chloroquine étaient
répartis en 6 échecs précoces et 6 échecs cliniques tardifs (47,1% pour chacun).
Aucun effet secondaire n’a été rapporté avec l’un ou l’autre des traitements.




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P07 F. Benoit-Vical(1,2), P. Nojomnangsoh(1,2), S. Ramos(5), P. Grellier(3),
K. Ikhiri(4), J. Lelièvre(1,2), A. Abdoulaye(4), I. Moussa(4), A. Ousmane(4),
A. Berry(2),A. Ahond(5), C. Poupat(5)
1. Service de Parasitologie-Mycologie, CHU Rangueil , Toulouse, France
2. Laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS, Toulouse, France
3. Laboratoire de Biologie Parasitaire, Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France
4. Département de Chimie, Faculté des Sciences, Niamey, Niger
5. Institut de Chimie des Substances Naturelles du CNRS, Gif-sur-Yvette, France


Étude de l’activité antiplasmodiale in vitro et in vivo d’un mélange de plantes
Nigériennes utilisé traditionnellement

Face à la situation désastreuse du paludisme, la thérapeutique qui apparaît la plus
simple d’accès et la plus économique pour les populations touchées, est à base de
plantes de la médecine traditionnelle. Il est cependant impératif d’encadrer
scientifiquement cet usage économiquement et médicalement nécessaire tant au
niveau de l’efficacité que de l’innocuité. Notre travail a pour but d’évaluer in vi-
tro et in vivo l’activité spécifique sur Plasmodium de plantes telles que Limeum
pterocarpum, Sesamum alatum et Momordica balsamina, inventoriées par les tra-
di-praticiens locaux du Niger et utilisées généralement en mélange. Nous avons
ainsi pu différencier les plantes ayant une réelle activité antiplasmodiale des
plantes utilisées traditionnellement mais sans fondement scientifique. L'étude a
été effectuée en parallèle sur des souches chloroquino-sensibles et chloroquino-
résistantes, ce qui a permis d'analyser l'efficacité de ces extraits végétaux uti-
lisés de façon courante dans les zones de forte résistance aux antimalariques
classiques. Les extraits aqueux et méthanolique (modes de préparation inspirés
de l'usage empirique) du seul Momordica balsamina ont montré une activité
antiplasmodiale très intéressante. Cette activité a été confirmée in vivo aussi
bien par voie orale qu’intrapéritonéale. Afin de déterminer la ou les molécules
responsables de cette activité anti-Plasmodium, le fractionnement bio-dirigé de
M. balsamina est actuellement en cours.




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P08. S. Hout(1,2) A. Chea(1, 2), S. Cheng(1), S. Siya Bun(2), R. Elias(2), G.
Balansard(2) , N. Azas(2), M. Gasquet(2), P. Timon-David(2)
1. Université des Sciences de la Santé, Faculté de Pharmacie, Phnom Penh, Cambodge
2. EA 864- Pharmacogénétique des Maladies Parasitaires, Laboratoire de Pharmacognosie, Labo-
ratoire de Parasitologie, Faculté de Pharmacie, Marseille , Université de la Méditerranée, France



Etudes phytochimique et antimalarique de plantes utilisées en médecine tra-
ditionnelle au Cambodge

Certaines plantes sont utilisées en médecine traditionnelle par les tradipraticiens cam-
bodgiens pour traiter le paludisme qui constitue un véritable problème de santé publique
au Cambodge.
Une enquête ethnopharmacologique, conduite dans 6 provinces du Cambodge, à permis de
recenser 43 plantes. Nous avons sélectionné 7 d’entre -elles pour la suite de nos tra-
vaux.
Pour chaque plante des extraits aqueux, dichlorométhane et méthanol-eau (80-20) ont
été réalisés puis testés sur des cultures in vitro de Plasmodium falciparum, afin
d’évaluer leur activité antimalarique et sur des cultures de monocytes humains (cellules
THP1 ) pour rechercher leur cytotoxicité et déterminer un indice de spécificité ( IS
).Les extraits CH2Cl2 (PD1 et PD2) de tubercule de Stephania rotunda se sont révélés les
plus actifs avec des CI50 pour PD1 = 4.19 µg/ml ; et pour PD2 = 1.93 µg/ml sur Plasmodium
falciparum ce qui permet de justifier l’usage traditionnel de cette plante. En outre, les
CI50 obtenues sur les cellules THP1 >250 µg/ml pour les deux extraits ( PD1 ) et (PD2 )
indiquent une absence de toxicité sur les cellules humaines. Les alcaloïdes sont extraits
et isolés par la combinaison de méthodes chromatographiques. L’élucidation structurale
par RMN 13C et 1H a permis d’identifier deux alcaloïdes, le tetrahydropalmatine et la
xylopinine. Un autre alcaloïde est en cours d’élucidation. Le tetrahydropalmatine et la
xylopinine isolés de Stephania rotunda sont moins actifs que les extraits avec une CI50
de 11.6 µg/ml et 18.5 µg/ml respectivement sur Plasmodium falciparum. Le troisième
alcaloïde présente la meilleure activité antipaludique (CI50= 0.37µg/ml) mais une toxicité
cellulaire significative (CI50 = 6.25µg/ml)Cela est un nouvel exemple de l’intérêt de
l’action additive ou synergique de plusieurs molécules présentes dans un extrait végétal.

Cette étude nous encourage à poursuivre nos investigations et plus particulièrement
l’identification de nouvelles molécules issues de Stephania rotunda.




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P09. S.F. Mbatchi (1,2), B. Mbatchi (1), J.T. Banzouzi (1,3), P. Njomnang-
Soh (2,6), T. Bansimba(1), J. Nsondé (4), J.-M. Ouamba (5), A. Berry (2), F.
Benoit-Vical (2)
1. CERMA (Centre d’Etude et de Recherche Médecins d’Afrique), B.P.45, Brazzaville, Congo
2. Service de Parasitologie et Mycologie, CHU Rangueil, Toulouse, France
3. Institut de Chimie des Substances Naturelles (CNRS), Gif-sur-Yvette, France
4. Laboratoire de Biochimie et Pharmacologie, Faculté des Sciences de la Santé, Brazzaville, Con-
go
5. Unité de Chimie du Végétal et de la Vie, Faculté des Sciences, Brazzaville, Congo
6. Laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS, Toulouse, France


Evaluation de l’activité antiplasmodiale des extraits de 18 plantes utilisées
dans la médecine traditionnelle au Congo Brazzaville

La chimiorésistance de Plasmodium falciparum aux antipaludiques classiques rendant ces
derniers inefficaces, l’urgence est à la recherche de nouveaux antipaludiques originaux pou-
vant être utilisés seuls ou en association pour faire face aux formes sévères de paludisme et
vaincre si possible les différentes chimiorésistances. Les plantes sont un réservoir inépuisable
de nouveaux médicaments et certains antipaludiques utilisés aujourd’hui (quinine et artémisi-
nine) en sont un bel exemple. Le Congo, situé dans l’une des zones floristiques les plus riches
d’Afrique (zone guinéo-congolaise) s’inscrit dans cette tradition de connaissance et
d’utilisation des plantes médicinales. Parmi celles utilisées dans ce pays pour le traitement du
paludisme et des symptômes associés, nous avons sélectionné, en collaboration avec les tradi-
praticiens de l’ONG Médecins d’Afrique, 18 plantes. Notre but était d’évaluer d’une part
l’activité antiplasmodiale de ces extraits végétaux et d’autre part d’effectuer le fractionnement
bio-guidé des molécules actives des plantes ayant présenté les meilleures activités. Soixante-
six extraits de 18 plantes traditionnellement utilisées au Congo-Brazzaville ont ainsi fait
l’objet d’un criblage sur P. falciparum in vitro. En fonction des modes d’extraction et des
parties végétales testées, nous avons pu répartir les extraits selon 3 classes
d’activités antipaludiques : 40 extraits n’ont aucune activité (CI50 > 50 µg/ml), 18 extraits ont
une activité modérée (10 µg/ml < CI50 < 50 µg/ml) et 8 extraits présentent une très bonne ac-
tivité (CI50 < 10 µg/ml). Ces résultats confirment donc l’utilisation de certaines de ces plantes
dans le traitement du paludisme. Un fractionnement bio-dirigé est actuellement en cours sur
Uapaca paludosa et Quassia africana, les 2 plantes les plus prometteuses.




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P10. L. Musset, O. Bouchaud, S. Matheron, L. Massias, J. Le Bras
CNR Chimiosensibilité du Paludisme, APHP, Paris
lisemusset@gmail.com


Echecs thérapeutiques de l’association atovaquone-proguanil
en France en 2003-2005.

 En 1998, la mise sur le marché de l’association atovaquone-proguanil a élargi
l’arsenal thérapeutique antipaludique à notre disposition. Très bien tolérée, elle
est de plus en plus utilisée en France. Depuis le début de son utilisation dans le
monde, onze cas d’échecs thérapeutiques ont cependant été publiés. Dans trois
cas, la résistance parasitaire a été confirmé par des dosages plasmatiques. Une
mutation ponctuelle au niveau du codon 268 du gène du cytochrome b, décrite
comme associée à la résistance à l’atovaquone-proguanil, a été identifiée chez
sept isolats. Dans quatre cas, aucune mutation n’a pu être identifiée. Ces trois
dernières années dans cinq hôpitaux de la région parisienne, 464 patients ont été
traités par atovaquone-proguanil. Parmi ces traitements, huit cas d'échecs thé-
rapeutiques ont pu être identifiés. Deux autres cas nous ont été signalés par des
laboratoires extérieurs du fait de notre activité de centre de référence. Ils ont
été analysés par : dosages plasmatiques d’antipaludiques, détermination de la
chimiosensibilité à l’atovaquone et génotypage du gène du cytochrome b. Après
cette analyse détaillée, il apparaît que quatre des échecs sont liés à une mauvaise
absorption alors que pour les sept autres, la résistance parasitaire est confir-
mée. Dans ces derniers cas uniquement, le gène du cytochrome b présente diffé-
rents changements (sérine ou cystéine) au niveau du codon 268. Ces mutations ne
sont cependant détectables que lors de la rechute parasitaire. Malgré une
grande efficacité de l’atovaquone-proguanil, la résistance existence mais reste à
ce jour indétectable avant la pression médicamenteuse. De plus cette étude con-
firme le codon 268 cytochrome b comme marqueur moléculaire de résistance
fiable.




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P11. G. Gargala(1), C. Vitard(1), M. Macquet(1), J-J. Ballet(2), L. Faven-
nec(1)
1. Laboratoire de Parasitologie, ADEN EA-3234, Université de Rouen
2. Laboratoire d'Immunologie et d'Immunopathologie, UPRES EA-2128, CHU de Caen


Mytilus edulis, bioindicateur de la contamination des eaux salées par Cryp-
tosporidium parvum : évaluation, en microcosme
locale et ceci, afin de contribuer à la mise au point d'un modèle prédictif de
la qualité microbiologique des eaux de l’estuaire de Seine.


Les mollusques bivalves que l'on peut pêcher en France le long des côtes ou en
milieu estuarien peuvent être contaminés par des oocystes de Cryptosporidium
qu'ils ont la capacité de concentrer à partir des effluents d'origine humaine
et/ou animale.
Dans le but d'évaluer Mytilus edulis en tant que bioindicateur de la contamina-
tion d'une eau par Cryptosporidium, l'objectif de ce travail est double: 1 - éva-
luer, en microcosme, la capacité des moules à rejeter les oocystes de C. parvum
filtrés après contamination expérimentale et, extrapoler à partir de ces données
l'évolution des concentrations d'oocystes dans le temps chez les mollusques afin
de les utiliser pour évaluer la qualité sanitaire d'une eau.
2 - analyser l’influence des moules sur la viabilité des parasites, afin de pouvoir
inscrire les résultats dans une démarche d’analyse de risque.
Pour évaluer la contamination en microcosme de Mytilus edulis par C. parvum, 2
lots de 150 moules sont déposés dans des béchers remplis de 4 litres d'eau de
mer artificielle, à une température constante de 12°C, contenant des concentra-
tions variables de C. parvum et résultant en une dose contaminante théorique
allant de 13 X 103 à 210 X 103 oocystes /moule. A J0, les moules sont mises en
contact 24 heures avec les oocystes. Chaque jour, de J1 à J9, les moules, sont
transférées dans une eau exempte d'oocystes. Lors de chaque transfert, des
moules sont prélevées et analysées afin de quantifier les oocystes présents dans
leur chair et l'eau intervalvaire. Les parasites relargués par les bivalves sont
quantifiés quotidiennement dans l'eau. La viabilité des oocystes est mesurée par
inclusion/exclusion d'iodure de propidium, et leur infectivité étudiée dans un
modèle de souriceaux NMRI non sevrés.
Notre étude confirme l’importante capacité de Mytilus edulis à filtrer des oo-
cystes de C. parvum. La contamination de la chair des moules diminue dans le
temps de manière dose-dépendante. Dans des conditions expérimentales et pour
des doses contaminantes importantes, on retrouve des oocystes dans les moules
au moins pendant 9 jours. La viabilité des oocystes isolés de la chair des moules
décroît au cours du temps, le taux de viabilité semblant se stabiliser aux alen-



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tours d’un minimum de 33 % à J9, ces oocystes étant infectants pour le souri-
ceau non sevré. Ces résultats préliminaires, qui confirment l'intérêt de Mytilus
edulis en tant que bioindicateur, nous ont permis de confronter les données ob-
tenues par quantification des oocystes de Cryptosporidium sp. dans des mol-
lusques bivalves (Mytilus edulis et Cerastoderma edule) pêchés dans des zones
sous influence de l'estuaire de Seine aux données disponibles sur les débits du
fleuve et la pluviométrie locale et ceci, afin de contribuer à la mise au point d'un
modèle prédictif de la qualité microbiologique des eaux de l’estuaire de Seine.




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P12. K. Aoun, E. Siala, N. Zallagua, A. Bouratbine
Service de Parasitologie Clinique, Institut Pasteur de Tunis. 1002 Tunis-TUNISIE


Leishmaniose viscérale précoce chez des jumeaux : Quel mode de contamina-
tion?
Les cas de transmission trans-placentaire de Leishmania infantum sont excep-
tionnels. A partir des observations de 4 cas de leishmaniose viscérale (LV) pré-
coce chez 4 nourrissons tunisiens issus de 2 grossesses gémellaires, nous discu-
tons l’éventualité d’un tel mode de transmission.
Les observations concernent des jumeaux originaires des gouvernorats de Sélia-
na et de Ben Arous connus endémiques pour la LV. Le diagnostic a été retenu
dans tous les cas par la mise en évidence de leishmanies sur les prélèvements de
Moelle osseuse.
Le fait que la LV se soit déclarée à des âges précoces (4 et 11 mois) et de façon
concomitante chez les 2 paires de jumeaux peut faire évoquer une transmission
trans-placentaire. Ce mode de contamination ayant déjà été retenu par plusieurs
auteurs et démontré expérimentalement sur des modèles murins. Il est favorisé
par la multiplication et le dissémination des agents infectieux intra-cellulaires
par diminution de l’expression de la réponse des lymphocytes T helper en cours
de grossesse. Les 2 mères bien qu’asymptomatiques auraient pu héberger des
leishmanies comme c’est fréquemment rapporté en zones d’endémie. Dans tous
les cas, le placenta n’ayant pas été examiné, cette hypothèse ne pourra être con-
firmée et la contamination par les phlébotomes reste évidemment la plus plau-
sible surtout que les 4 patients ont vécu chacun une saison estivale de transmis-
sion des leishmanioses. La pratique de PCRs sur des placentas de femmes en-
ceintes vivant en zones hyper-endémiques pourrait aider à l’investigation du su-
jet.




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P13 C. Mary(1), F. Faraut(1), M-P. Drogoul(2), B. Xéridat(3), N. Schlei-
nitz(4), B. Cuisenier(5), H. Dumon(1)
1. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Hôpital de la Timone, 264 rue Saint Pierre,
13385 Marseille cedex 5.
2. CISIH, Hôpital Sainte marguerite, 270, Bd de Ste Marguerite, 13274 Marseille
3. Médecine Interne, polyclinique Clairval, 317 boulevard du Redon, 13009 Marseille

4. Médecine Interne, Hopital de la Conception, 147 BD Baille 13385 Marseille cedex 5
5. Laboratoire de Parasitologie, Hopital du Bocage, 2 Bd de Lattre de Tassigny, 21034 Dijon



Leishmaniose viscérale : Intérêt de la détermination de la parasitémie par
PCR quantitative pour le suivi thérapeutique et le diagnostic des rechutes.


La recherche de l’ADN de Leishmania infantum dans le sang circulant à l’aide
d’une PCR quantitative ultrasensible autorise la mesure de parasitémies infé-
rieures à 1 parasite par ml de façon reproductible et précise. Ceci permet en
particulier :
- d’analyser la cinétique de la charge parasitaire en cours de traitement et donc
de fournir des arguments objectifs concernant son adaptation.
-de détecter précocement l’élévation de la parasitémie observée lors des re-
chutes chez les patients immunodéprimés.
-de proposer un élément de discrimination entre maladie et portage asymptoma-
tique en précisant la valeur du seuil entre ces deux situations.




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P14. R. Ben Abdallah, N. Ben Rejeb, E. Siala, K. Aoun, A. Bouratbine
Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Institut Pasteur de Tunis, Tunis, Tunisie



Difficultés de la datation de la primo-infection par Toxoplasma gondii chez
les parturientes en Tunisie : Apport de la technique ISAGA à la recherche
d’IgM et des techniques mesurant l’avidité des IgG.


En Tunisie, la sérologie de la toxoplasmose est demandée à la première consulta-
tion prénatale. Le moment du prélèvement dépend ainsi du moment de la consul-
tation des parturientes, fréquemment au cours du 2ème trimestre de la gros-
sesse. La recherche concomitante en ELISA des IgG et des IgM anti-
toxoplasmiques, actuellement pratiquée par la majorité des laboratoires tuni-
siens, permet de déterminer le statut immunitaire de la majorité de ces pa-
tientes et d’en déduire la conduite à tenir. Cependant, certaines situations séro-
logiques sont d’interprétation délicate, surtout lorsque le prélèvement est tardif
et qu’il n’existe pas de sérologies antérieures.
Notre travail comporte 53 sérums collectés chez des parturientes lors d’un pre-
mier bilan prénatal effectué en 2005 et pour lesquels une recherche d’IgG et
d’IgM a systématiquement été réalisée par des kit commerciaux (Platelia Toxo
IgG et Platelia toxo IgM, Biorad). La recherche d’IgG était positive dans tous les
cas. L’ELISA IgM était positive (ratio : DO échantillon/ DO valeur seuil > 1) pour
20 échantillons, limite pour 5 (ration <1 et > 0,8) et négative (ratio < 0,8) pour 28.
Parmi ces 28 sérums négatifs en ELISA, 8 avaient un ration DO échantillon/ DO
valeur seuil > 0,3 et 20 un ratio < 0,25.
Ces 53 sérums ont bénéficié de techniques complémentaires, à savoir la re-
cherche d’IgM par ISAGA ( Toxo-ISAGA, Biomérieux) et la mesure de l’avidité
des IgG ( Toxo IgG Avidité, SFRI).
Les 20 sérums positifs en ELISA l’étaient également en ISAGA. 9 avaient un in-
dice d’avidité (IA) faible, 5 un IA intermédiaire et 6 un IA élevé. Pour les 20
sérums négatifs en ELISA avec un ratio < 0,25, 19 l’étaient également en ISAGA
et tous avaient une avidité élevée corollaire d’une infection ancienne. Pour les 5
sérums avec des titres d’IgM limites en ELISA, l’ISAGA était positive dans 4
cas avec une avidité intermédiaire dans un cas. Pour les 8 sérums négatifs en
ELISA IgM mais dont le ratio DO échantillon/ DO valeur seuil était supérieur à
0,3, L’ISAGA était positive dans 5 cas avec une avidité intermédiaire dans 3 cas.




                                                                                                           70
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                   (1,2)                  (2)                    (1)
P15 .E. Buache         , R. Garnotel         , D. Aubert            , R. Geers (1), I. Villena(1)
1. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, EA3800, IFR53, UFR Médecine, CHU Maison Blanche,
51 rue Cognacq-Jay, 51095 Reims.
2. Laboratoire de Biochimie et Biologie Moléculaire, CNRS UMR 6198, IFR53, UFR Médecine, 51
rue Cognacq-Jay, 51095 Reims.



Invasion des monocytes par T.gondii : implication, caractérisation des mé-
talloprotéinases et rôle dans la pathogénie


Toxoplasma gondii, protozoaire ubiquitaire intracellulaire, est capable d’infester tout
type cellulaire et tout les animaux à sang chaud. Après ingestion orale, T.gondii traverse
l’épithélium intestinal. Principalement véhiculé par les monocytes, il gagne les tissus pro-
fonds au travers de barrières biologiques telles que le placenta, la rétine ou la barrière
méningo-encéphalique. Ainsi le toxoplasme, de par ses localisations secondaires, doit
traverser de nombreuses membranes basales et s’infiltrer dans la matrice extracellu-
laire impliquant probablement des gélatinases A (MMP-2) et/ou B (MMP-9) ou d’autres
métalloprotéinases matricielles (MMPs). Les protéinases ont souvent été rapportées
comme facteurs de virulence chez les parasites protozoaires. A l’heure actuelle, peu
d’informations sur les protéases ont été rapportées dans la littérature pour T.gondii
alors que leur rôle dans l’invasion et leur utilité potentielle comme cible thérapeutique
ont été explorées pour d’autres parasites. Dans ce contexte, nous avons étudié
l’implication des MMPs au cours de l’invasion de myélomonocytes humains (cellules THP-1)
par la souche RH de toxoplasme (souche virulente de type I).
Nous avons tout d’abord montré, par zymographie sur milieux conditionnés et par test
ELISA, que la souche RH de toxoplasme induit une diminution de sécrétion des pro-
MMP-2 et pro-MMP-9 par les cellules THP-1, ceci à 6h, 24h et 48h d’incubation. Pour
expliquer cette diminution nous avons d’une part étudié, par zymographie inverse, la sé-
crétion de l’inhibiteur physiologique de la MMP-2, le TIMP-2 ; et d’autre part, par wes-
tern blot, l’activation de la MT1-MMP (métalloprotéinase matricielle de type membra-
naire). Par ailleurs nous avons mis en évidence la sécrétion, dans le milieu de culture,
d’une gélatinase parasitaire de haute masse moléculaire.
Ainsi la sécrétion de MMPs par les monocytes pourrait participer à la dissémination pa-
rasitaire et à la traversée des différentes barrières biologiques. Nous envisageons à
présent d’étudier ces différentes sécrétions par les cellules THP-1 en réponse à
d’autres souches de toxoplasme (type I, II, III, atypiques) de pathogénie et de viru-
lence variable.
Ce programme est soutenu par le CRB Toxoplasme et la Région Champagne-Ardenne.




                                                                                                         71
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P16 C. Estran(1), M.P Brenier-Pinchart(1), L. Pelletier(2), M.F Cesbron-
Delauw(1), H. Pelloux(1)
1. Laboratoire Adaptation et Pathogénie des Microorganismes, LAPM, UMR 5163 CNRS-UJF,
Institut J. Roget, Campus Santé, Domaine de la Merci 38000 Grenoble
2. Laboratoire de Neurosciences Précliniques, INSERM U318, Université J. Fourier, Grenoble


Interactions entre Toxoplasma gondii et les astrocytes humains : Influence
de l’IL-12 et de l’IL-10 sur la kystogénès


Lors de l’infection de l’hôte par T. gondii, un équilibre s’instaure entre la sécré-
tion de cytokines Th 1 (l’IL-12, l’IFN-γ) et de cytokines Th 2 (IL-10) par les cel-
lules immunitaires. Si l’infection aigue est contrôlée, cette réponse immunitaire
est insuffisante pour éliminer complètement le parasite. Des kystes sont retrou-
vés dans le système nerveux central et particulièrement dans les astrocytes.
Cette étude avait pour objectif d’étudier le rôle de l’IL-10, de l’IL-12 et de
l’IFN-γ sur T. gondii lors de l’infection des astrocytes humains de primo culture
et des cellules d’astrocytome humain anaplasique (U373) in vitro. Deux souches
de parasites ont été utilisées : une souche virulente (RH) et une souche kysto-
gène (Prugniaud). Les kystes présents dans les cellules ont été marqués avec un
Ac anti CC2 (protéine présente dans la paroi du kyste), et ont été mis en évi-
dence par immunofluorescence indirecte. Nous montrons que l’IL-10 et l’IL-12
n’ont pas d’action directe sur la pénétration, la multiplication et la formation des
kystes de T. gondii dans les cellules astrocytaires in vitro. Par contre, l’IFN-γ
inhibe significativement la multiplication et la kystogénèse du parasite mais n’a
pas d’action sur la pénétration intra cellulaire. Wilson EH et al (2005) ont montré
que l’IL-10 associé à l’IFN-γ inhibe significativement l’effet de l’IFN-γ sur la
multiplication parasitaire. Cependant dans notre modèle de kystogénèse, les ex-
périences associant l’IFN-γ avec l’IL-10 et l’IL-12 ne montrent pas de synergie
ou d’antagonisme entre ces cytokines. L’IL-10 et l’IL-12, cytokines importantes
lors de la réponse immune anti parasitaire, n’ont pas d’influence sur la pénétra-
tion, la multiplication et la kystogénèse de T. gondii dans les astrocytes humains
in vitro.




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P17. P. Flori, C. Crampe, J. Hafid, H. Raberin, R. Tran Manh Sung
Laboratoire de Parasitologie-Mycologie,
CHU de Saint Etienne, 42 055 Saint Etienne cedex 2
Correspondant : pierre.flori@univ-st-etienne.fr




Intérêt du ratio IgG Axsym/ IgG Access dans l'aide à la datation d'une
séroconversion toxoplasmique.


En début de grossesse et en l'absence d'antériorité connue, une sérologie toxo-
plasmose, présentant un titre positif en IgG et IgM associée à un Index d'Avidi-
té (IA) inférieur au seuil, est d'interprétation difficile.
Ayant vérifié une cinétique différente entre les IgG du test Axsym et celles
du test Access dans les premières semaines qui suivent la séroconversion, nous
avons établi le ratio IgG Axsym (UI/ml) / IgG Access (UI/ml), et évalué sa
corrélation par rapport au délai post-contamination.
A partir de 225 prélèvements correspondant aux suivis sérologiques de 66
femmes enceintes ayant présenté une séroconversion précisément datée, ce ra-
tio a été évalué à 2,83 (1,29) à 1 mois, à 2,35 (1,15) à 2 mois, à 2,53 (1,35) à 3
mois post-séroconversion. Il a ensuite significativement baissé à 1,52 (0,7) à 6
mois, à 0,95 (0,50) à 9 mois et à 0,76 (0.40) à 20 mois post-séroconversion.
En choisissant un seuil arbitraire de 1, nous obtenons les résultats suivants : pour
les prélèvements correspondant à une contamination récente ( 3 mois), 3/72
(4,2%) des sérums présentent un ratio inférieur à 1 ; pour les prélèvements cor-
respondant à une contamination plus ancienne (de 6 à 20 mois), 56/95 (59 %)
des sérums présentent un ratio inférieur à 1.
Ces premiers résultats montrent que l'évolution de ce ratio est plus rapide que
l'IA Vidas : seuls 35/95 (36,8%) sérums (contamination entre 6 et 20 mois)
présentent un index d'avidité > 0,3. Ce ratio, réalisable dès le premier prélève-
ment, pourrait aider à une datation plus précise de la contamination. Une exper-
tise à partir d'un plus grand nombre de séroconversions (récentes et anciennes)
semble cependant nécessaire.




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P18. J. Franck, G. Derocle, A-J. Saïz et H. Dumon
Laboratoire de Parasitologie - Mycologie, Hôpital de la Timone, 264 rue Saint Pierre, 13385 Mar-
seille Cedex 05



Evaluation de la trousse LBBIO TOXO II IgG, test de confirmation de la
détection des IgG spécifiques de la toxoplasmose


La trousse LDBIO TOXO II IgG est un nouvel immunoblot de confirmation. Le
test est positif par la présence de 3 bandes minimum parmi les 5 bandes d’un
profil spécifique (30, 31, 33, 40, 45 kDa)
Matériel et méthode : L’étude a porté sur 528 échantillons de sérum classés en 5
groupes. Groupe I : 200 sérums de femmes enceintes dépistées en DYE TEST à
l’Institut de Puériculture de Paris (98 positifs, 102 négatifs) - Groupe II :101
échantillons de 17 séquences de séroconversion - Groupe III et IV : 159 échan-
tillons de 50 séquences de suivis postnatal d’enfants nés de mères ayant con-
tracté la toxoplasmose pendant leur grossesse - Groupe V : 69 échantillons de
patients atteints d’infections virales ou de paludisme. L’étude a consisté à com-
parer les résultats de LDBIO TOXO II IgG avec les résultats de deux tech-
niques de dépistage, les résultats du DYE TEST ainsi que les données cliniques et
biologiques des patients.
Résultats : La corrélation de l’immunoblot LDBIO TOXO II IgG avec le DYE
TEST est excellente montrant une spécificité de 100% et une sensibilité de
98.98%. La sensibilité de ce test est supérieure à celle des tests TOXO IgG
EIA II COBAS CORE Roche (94,9%) et VIDAS TOXO IgG II bioMérieux
(83,56%). Les très bonnes performances de ce test sont confirmées par la pré-
cocité de détection des IgG sur les sérums de début séroconversion, par la sen-
sibilité du test constatée sur les suivis d’enfants ainsi que l’excellente spécificité
/ sensibilité (100%) obtenues sur des sérums d’affections virales et de palu-
disme.
Conclusion : LDBIO TOXO II est un test complémentaire des techniques de dé-
pistage permettant de confirmer la présence d’IgG spécifiques sur des sérums
faiblement positifs, équivoques ou posant un problème d’interprétation.




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P19. H. Fricker-Hidalgo, M.P Brenier-Pinchart, J.P Schaal, H. Pelloux
Service de Parasitologie-Mycologie, Centre Hospitalier Universitaire, BP17X, 38043 Grenoble
Cedex 9
Département de Gynécologie Obstétrique, Centre Hospitalier Universitaire, BP17X, 38043 Gre-
noble Cedex 9



Placenta : intérêt de la recherche de toxoplasmes et comparaison avec les
autres techniques de diagnostic de la toxoplasmose congénitale


Un bilan biologique et radio clinique a été effectué à la naissance chez les en-
fants nés de mère ayant présenté une séroconversion toxoplasmique durant la
grossesse. Le but de ce travail était d’étudier l’intérêt de la recherche d’ADN
et/ou de toxoplasmes dans le placenta en l’absence de diagnostic prénatal positif
et de comparer les résultats à ceux des techniques sérologiques (détection
d’IgM et d’anticorps néosynthétisés) réalisées à la naissance.
La recherche de toxoplasmes a été effectuée par inoculation aux souris et
d’ADN toxoplasmique par PCR. Les IgM ont été détectées par la technique
ISAGA (bioMérieux) et ELISA Vidas (bioMérieux), et les anticorps néosynthéti-
sés par Western Blot (LDbio diagnostics). Sur 133 placentas prélevés chez les
femmes dont le diagnostic n’avait pas été établi par les examens prénataux, le
suivi sérologique sur plusieurs mois de l’enfant a permis de confirmer une toxo-
plasmose congénitale dans 20 cas et de l’infirmer dans 113 cas.
La sensibilité de la recherche de toxoplasmes dans le placenta a été de 50 %
(10 positifs/20), celle de la détection des IgM à la naissance de 50 % (10 posi-
tifs/20), et des anticorps néosynthétisées de 55 % (11 positifs/20). La sensibili-
té du diagnostic par les 2 techniques sérologiques (détection d’IgM et
d’anticorps néosynthétisés) a été de 55 % (11/20) et en ajoutant la recherche
dans le placenta la sensibilité du diagnostic a été de 70 % (14/20). La spécificité
de la recherche dans le placenta d’ADN et/ou de toxoplasmes a été de 94.7 %
(107 négatifs/113), de la détection d’IgM 100 % (113 négatifs/113) et d’anticorps
néosynthétisés 99.1 % (112 négatifs/113).
Lorsque le diagnostic de toxoplasmose congénitale n’a pas été établi par les exa-
mens prénataux, la recherche de toxoplasmes et d’ADN toxoplasmique dans le
placenta a augmenté la sensibilité du diagnostic à la naissance et donc la précoci-
té de mise sous traitement de l’enfant.




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P20. J. Lorcerie, P. Savin, M. Maréchaud
CHU POITIERS, Service de diagnostic anténatal



Objectifs : Evaluer la prévalence de l’immunité toxoplasmique dans la popula-
tion obstétricaledu CHU de Poitiers et les modalités de prise en charge des
séroconversions gravidiques suivies dans le service ou référées au centre
pluridisciplinaire de diagnostic anténatal du CHU de Poitiers


Matériel et méthodes : Sur la période du 1er janvier 1997 au 31 décembre
2002, nous avons relevé la séroprévalence parmi les 11770 dossiers
d’accouchement de la maternité du CHU de Poitiers accessibles à l’exploitation.
Nous avons étudié la prise en charge de 76 patientes ayant présenté une séro-
conversion gravidique. 37 d’entre elles consultaient à la maternité du CHU de
Poitiers en tant que maternité de proximité (groupe CHU), et les 39 autres
étaient référées pour une prise en charge spécialisée de diagnostic anténatal
dans le cadre du réseau de périnatalité (groupe DAN).
Résultats : La séroprévalence de l’immunité toxoplasmique varie de 41,4% à
47,2% selon les années observées (groupe CHU). L’incidence des séroconversions
gravidiques est de 0,57 %. Le taux d’atteinte congénitale est de 10,5%. La spira-
mycine a toujours été prescrite, mais à une mauvaise posologie dans 40 à 43%
des cas (groupe CHU). Le diagnostic anténatal par amniocentèse est bien ancré
dans les pratiques obstétricales, avec toutefois un délai séroconversion-ponction
inadéquat à hauteur de 12 à 23% selon le groupe étudié . Les examens néonataux
non biologiques ont été effectués chez 22,8% des nouveaux-nés du groupe CHU
contre 75,9% de ceux du groupe DAN.
Conclusion : Globalement, le repérage et la surveillance des femmes enceintes
non immunisées sont plutôt satisfaisants, mais quelques lacunes subsistent dans
le suivi sérologique. Dans la région, la séroprévalence est peu élevée, et le taux
de séroconversions gravidiques est faible. Les prescriptions de spiramycine sont
parfois faites à une posologie inadaptée . Le diagnostic biologique anténatal ne
respecte pas toujours les règles de réalisation. La surveillance échographique est
bien réalisée et suit les recommandations. Par contre, le bilan réalisé à la nais-
sance manque encore de rigueur. La surveillance pédiatrique est manifestement
très variable selon les maternités et les pédiatres ; cette constatation est éga-
lement faite dans la littérature.




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P21. C. Morel(1), S. Houzé(1), P. Thulliez(2), J. Le Bras(1)
1. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Hôpital Bichat-C. Bernard, 75018 Paris
2. Laboratoire de la Toxoplasmose, Institut de Puériculture, 75014 Paris.



Choix d’une technique automatisée pour le sérodiagnostic de la toxoplasmose.


La toxoplasmose, parasitose bénigne, peut-être sévère chez l’immunodéprimé ou
lors d’une transmission congénitale. En France, le dépistage et le suivi sérolo-
gique des femmes enceintes non immunisées contre Toxoplasma gondii est obliga-
toire. Les méthodes d’immuno-analyse automatisées sont parmi les plus utilisées
par les laboratoires d’analyses médicales.
Nous avons comparé dans cette étude les méthodes VIDAS® (bioMérieux®),
LIAISON® (Diasorin®) et ETI-TOXOK® (Diasorin®) sur leurs performances ana-
lytiques, leur praticabilité, leur adaptation aux exigences de qualité et leur coût.
Deux essais prospectifs et rétrospectifs ont été menés sur 291 sérums (femmes
enceintes, immunodéprimés, nouveaux-nés).
Les résultats des 3 trousses sont comparables pour la détection des IgG avec
des sensibilités comprises ente 91 et 100% et des spécificités supérieures à
98%. En ce qui concerne la détection des IgM, les performances sont équiva-
lentes, excepté un nombre élevé de faux-positifs avec ETI-TOXOK® qui rend son
utilisation quotidienne difficile.
La sécurité pré-analytique du VIDAS® et le logiciel du LIAISON® sont perfec-
tibles.




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P22. A.W. Pfaff(1), A. Senegas(1), V. Letscher-Bru(1), O. Villard(1), L.
Marcellin(2), O.Takikawa(3), J-P. Klein(1), M. Mousli(1), E. Candolfi(1)
1. Institut de Parasitologie et de Pathologie Tropicale de Strasbourg, E.A. 3950 de la Faculté de
Médecine: Interaction Cellulaire et Moléculaire Hôte–Parasite, Strasbourg, France
2. Service d’Anatomie Pathologique, Centre Hospitalier Régional et Universitaire, Strasbourg,
France
3. National Institute for Longevity Sciences, National Center for Geriatrics and Gerontology,
Aichi, Japan3



Rôle crucial des trophoblastes dans l’expression de l’indoléamine 2,3 dioxy-
génase lors d’une infection à Toxoplasma gondii chez la souris


L’enzyme indoléamine 2,3 dioxygénase (IDO) catalyse la dégradation du trypto-
phane et joue un rôle important dans la régulation du système immunitaire. Dans
le placenta, l’expression d’IDO est constitutive à la mi-gestation et a pour rôle
empêcher le rejet du fœtus allogénique. En fin de gestation murine, l’expression
d’IDO est uniquement observée dans le contexte d’une réaction inflammatoire.
Des expériences in vitro ont montré que la stimulation par l’IFN augmente sa
production et lui confère une activité anti-toxoplasmique. Dans ce travail, nous
avons analysé l’expression de l’ARNm d’IDO dans des placentas murins au cours
d’une infection toxoplasmique par la souche de type II, PRU. Pour étudier le rôle
de l’IFN dans la régulation de l’expression d’IDO, nous avons employé des sou-
ris 129sv, KO pour le récepteur à l’IFN (IFNR-/-). Les résultats des expé-
riences sur des placentas chimériques, résultant du croisement de mères hété-
rozygotes IFNR+/- et de pères knock-out IFNR-/- et vice versa, montrent que
l’expression d’IDO dépend principalement de la présence du récepteur à l’IFN
sur les cellules fœtales. L’analyse par immunohistochimie nous a permis de locali-
ser l’expression fœtale d’IDO dans la décidua et plus précisément les cellules
trophoblastiques invasives et l’expression maternelle d’IDO dans les cellules en-
dothéliales autour des vaisseaux sanguins. Nous avons trouvé des résultats simi-
laires chez les souris BALB/c. L’infection avec la souche virulente RH de T. gondii
a induit une expression d’IDO considérablement plus élevée qu’avec la souche
avirulente, PRU. Mais, en aucun cas, la charge parasitaire placentaire n’a été
changée par l’expression placentaire d’IDO, suggérant que l’IDO ne régule pas la
prolifération parasitaire dans cet organe. En conclusion, nous avons montré que le
fœtus est activement impliqué dans la réponse immunitaire dans le placenta.




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P23. E. Siala (1), E. Delabesse (2), R. Ben Abdallah                      (1)
                                                                             , K.Aoun      (1)
                                                                                              , L. Paris
(2)
    A. Bouratbine (1)
1. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Institut Pasteur de Tunis, Tunis, Tunisie
2. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Gr Hospitalier Pitié-Salpetrière, Paris, France



Apport de la PCR en temps réel dans le diagnostic anténatal de la toxoplas-
mose congénital : Expérience du laboratoire de Parasitologie de l’Institut
Pasteur de Tunis


Le diagnostic anténatal de la toxoplasmose congénitale repose en Tunisie sur
l’imagerie obstétricale couplée aux explorations biologiques. Parmi ces explora-
tions la recherche de Toxoplasma gondii par amplification génique au moyen de la
technique PCR en temps réel dans le liquide amniotique est l’examen de choix.
Nous en rapportons les résultats chez 33 parturientes pour lesquelles les exa-
mens clinico-biologiques effectués pendant la grossesse ont permis de retenir la
notion d’infection toxoplasmique peri ou pergravidique. Il s’agissait de 13 pa-
tientes ayant une séroconversion pendant la grossesse, 19 ayant des IgM antio-
toxoplasmiques avec un indice d’avidité des IgG faible ou intermédiaire lors du
premier bilan sérologique anténatal et une patiente ayant présenté une primo-
infection anté-conceptionnelle symptomatique.
Les prélèvements de liquide amniotique (LA) ont été pratiqués entre 18 et 33
semaines d’aménorrhées. L’ADN a été extrait du culot cellulaire, obtenu après
centrifugation d’un aliquot de 5 ml de LA, au moyen d’un kit commercial (QiAmp
DNA Blood Mini-Kit, Qiagen). L’amplification génique par PCR-Taqman sur appa-
reil ABI Prism 7700 (applied BioSystems) a ciblé une portion de 71 paires de
bases du gène B1. Un bilan néonatal et une surveillance sérologique périodique du
nouveau-né ont été demandés dans tous les cas.
La PCR était positive chez 9 parturientes (27,3%). Il s’agissait d’une patiente
ayant présenté une toxoplasmose symptomatique pendant la grossesse, de 4 pa-
tientes n’ayant consulté qu’au 2ème trimestre et pour lesquelles l’indice d’avidité
était intermédiaire et de 4 patientes ayant présentés des séroconversions du 1er
(n=1) du 2ème (n=2) ou du 3ème (n=1) trimestre. Parmi ces patientes, 2 ont eu une
interruption médicale de grossesse. Les 7 autres ont été mises sous pyrémétha-
mine-sulfadiazine. Le bilan néo-natal pratiqué chez 5 nouveau-nés a été trouvé
négatif dans tous les cas.
La PCR était négative chez 24 patientes.18 grossesses ont été suivies. Le bilan
sérologique néonatal était négatif. Le suivi de 13 nouveau-nés a montré la dispa-
rition des IgG antitoxoplasmique entre le 6ème et le 12èmemois.


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P24. G. Wandler(1), E. Issert(2), S. Albaba(1), P. Bastien(1), P. Boulot(3),
J.C. Picaud(2), J.P. Dedet(1), F. Pratlong(1)
1. Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, CHU de Montpellier
2. Service de Gynécologie-Obstétrique, CHU de Montpellier
3. Service de Pédiatrie II , CHU de Montpellier

Toxoplasmose congénitale : suivi sérologique de 86 cas diagnostiqués au
CHU de Montpellier de 1988 à 2003


De 1988 à 2003, 86 enfants atteints de toxoplasmose (TC) congénitale ont été
diagnostiqués au CHU de Montpellier. Parmi ceux-ci, 24 ont présentés une TC
patente, soit 28%, et 62 une forme infraclinique, soit 72%. Les formes patentes
peuvent se diviser en formes neurologiques (cinq cas), formes oculaires ( 10 cas),
formes neuro-oculaires (neuf cas).
Pour 66 enfants (76,8%), la réponse sérologique a débuté in utero alors que 20
enfants (23,2%) ont développé leur réponse après la naissance. Aucune corréla-
tion entre date de contamination maternelle, ou délai entre contamination ma-
ternelle et traitement par spiramycine, et réponse sérologique avant ou après la
naissance n’a pu être établie.
Au cours du suivi sérologique des enfants, des négativations et des rebonds ont
pu être constatés. Les négativations sérologiques ont concerné 14 enfants
(16,2 %); elles sont transitoires ou définitives. Le caractère patent ou infracli-
nique de la TC n’influence ni la fréquence ni le caractère de la négativation. Une
corrélation a pu être établie entre la survenue des négativations et la contamina-
tion maternelle au 1er trimestre d’une part et certains examens néonataux
d’autre part. Les modalités du traitement de la mère et de l’enfant n’ont pas
d’influence sur la fréquence des négativations. Les rebonds sérologiques intéres-
sent 58 enfants (67,4%), se répartissant ainsi : 47 enfants ont présenté un re-
bond, 10 enfants deux et un enfant trois. Le caractère patent ou infraclinique de
la TC n’influence ni la fréquence ni le nombre de rebonds sérologiques. Tous les
rebonds à l’exception d’un sont survenus après l’arrêt du traitement de l’enfant.
Aucune influence de la modalité de traitement de l’enfant n’a été retrouvée. Par
contre, la durée du traitement maternel par spiramycine réduit significativement
la fréquence des rebonds.




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P25. P. Delaunay. B. Mathieu, P. Marty, P. Fauran, F. Schaffner.
Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Hôpital de l’Archet, BP 3079, 06202 Nice


Installation du moustique Aedes albopictus dans plusieurs villes des Alpes-
Maritimes (France


Originaire d’Asie du Sud-Est et de l’Océan Indien, le «moustique-tigre» Aedes (Stego-
myia) albopictus (Skuse, 1894), (Diptera: Culicidae) se propage dans le monde entier de-
puis la fin des années 1970.
Depuis 1999, une surveillance des sites à risque est organisée en France métropolitaine.
Une inspection régulière des principales plates-formes d’importation à risque de pneu-
matiques usagés est effectuée. Après la découverte de quelques larves d’Ae. albopictus
sur un premier site à Montsecret (Orne, 1999), d’autres spécimens ont pu être récoltés
à Naintré (Vienne, 1999), à Méry-sur-Oise (Val d’Oise, 2002), à Linguizzeta (Haute-
Corse, 2002) et à Provins (Seine et Marne, 2004).
Dans les Alpes-Maritimes, depuis 2002, des pièges pondoirs ont été disposés à proximi-
té de la frontière Italienne. Ces pièges sont contrôlés d’avril à novembre, selon un
rythme bimensuel.
En 2004, le moustique a été détecté une première fois à Menton. Les traitements locali-
sés anti-larvaires (s.a. téméphos) et anti-adultes (s.a. deltaméthrine) ont été mis en
œuvre en concertation avec le la Direction Générale de la Santé, la DDASS 04 et la Ville
de Menton. Ils ont permis de retarder l’installation définitive de l’espèce. Un inhibiteur
de croissance (s.a. diflubenzuron) a été ajouté à l’eau des pièges pondoirs, afin de les
empêcher de devenir un lieu de reproduction de l’espèce.
En 2005, Ae. albopictus a de nouveau été observé au mois de juillet à Menton. Malgré
deux traitements localisés à quelques jours d’intervalles, force est de constater que le
moustique s’est rapidement établi dans de nombreux sites. Il est maintenant présent
dans toute la ville de Menton, ainsi qu’à Roquebrune-Cap-Martin et dans au moins quatre
quartiers de Nice.
Dès lors, les informations sur la présence de ce moustique ont été données à la DGS et
aux hauts responsables du département des Alpes-Maritimes : Service d’Hygiène des
communes concernées, Mairies, Conseil Général, Préfecture, DDASS, Ordre des Phar-
maciens et Ordre des Médecins. Ce dernier a alors informé, par son bulletin, tous les
médecins du département, expliquant l’origine des multiples piqûres subies par certains
de leurs patients, insistant plus sur le caractère particulièrement agressif de ce mous-
tique diurne que sur son rôle de vecteur potentiel de la dengue inexistante dans la ré-
gion. Dans le même temps est également rappelée la conduite à tenir pour s’assurer d’une
bonne protection individuelle ainsi que les gestes civiques simples pour mettre en place
une bonne prévention collective (suppression des multiples petites collections d’eau :
vases, pneus…).




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P26. M. Develoux(1), D. Stefanescu(2), G. Dubernard(2), M. Antoine(3), J.
Thomassin(3), S Uzan(2)
1. Service de parasitologie, Hôpital Tenon, 4 rue de la Chine, 75020 Paris
2. Service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction, Hôpital Tenon
3. Service d’anatomopathologie, Hôpital Tenon



La bilharziose mammaire, diagnostic différentiel du cancer du sein (2 cas


Deux patientes maliennes âgées de 39 et 22 ans ont consulté en gynécologie, il a
été pratiqué une mammographie de dépistage. Dans les deux cas la mammogra-
phie révélait des foyers de microcalcifications. Les biopsies retrouvaient des
œufs de Schistosoma haematobium sur les sites de calcification sans signe de
malignité. Aucune des patientes n’avait d’antécédent connu de bilharziose. Les
sérologies de la bilharziose étaient positives mais les examens parasitologiques
directs étaient négatifs. La localisation ectopique mammaire des bilharzioses est
rare et peu connue, une dizaine de cas seulement ont été publiés. Elle est proba-
blement sous-estimée en zone d’endémie où les mammographies sont peu prati-
quées. Radiologiquement l’aspect peut évoquer un cancer du sein et il s’agit de
microcalcifications classées ARCIII ou IV. Elles évoquent volontiers un carci-
nome intracanalaire et c’est l’examen anatomopathologique qui permet d’établir le
diagnostic de bilharziose mammaire.




                                                                                                           82
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P27. A. Novobilský(1), D. Rondelaud(2), P.Treuil(2), P. Vignoles(2), G.
Dreyfuss(2), B. Koudela(1,3)
1. Université des Sciences Vétérinaires et Pharmaceutiques, Palackého 1-3, 612 42 Brno, Répu-
blique tchèque
2. UPRES EA n° 3174/USC INRA, Facultés de Médecine et de Phar-macie, 87025 Li-
moges 3.Institut de Parasitologie, Académie des Sciences de la République tchèque, Branišovská
31, 370 05 České Budĕjovice, République tchèque



Premières données sur l’infestation expérimentale d’Omphiscola glabra (Gas-
téropodes : Lymnaeidae) par Fascioloides magna



Des infestations expérimentales d’Omphiscola glabra au stade préadulte, prove-
nant de France centrale, par un isolat tchèque de Fascioloides magna ont été
réalisées afin de déterminer si les populations locales de ce mollusque peuvent
assurer le développement larvaire du parasite et de comparer ces résultats avec
ceux fournis par un hôte naturel, Galba truncatula. Des limnées parasitées ont
été notées chez les six populations de mollusques étudiés. Cependant, seules
quelques limnées émettent des cercaires (O. glabra: de 5,3 à 17,1 % ; G. trunca-
tula : 15,1 % pour la première population et pas d’émission pour l’autre). La hau-
teur de coquille des mollusques émettant des cercaires est significativement
plus élevée que celle des autres limnées parasitées, aussi bien pour O. glabra que
chez G. truncatula. Dans chaque groupe, le nombre de métacercaires est faible
et ne présente pas de variation significative. Des infestations en fonction de la
taille d’O. glabra montrent que les émissions cercariennes se produisent chez des
limnées hautes de 5 à 10 mm lors de l’exposition (nombre moyen de métacer-
caires par classe de taille : de 27 à 44,2). Malgré le pouvoir infestant élevé de
l’isolat tchèque de F. magna, il y a une adaptation incomplète avec les mollusques
français, car la production cercarienne est faible et les émissions ne se produi-
sent que chez les limnées présentant un accroissement rapide de leur taille au
cours de l’infestation.




                                                                                                          83
                                 Congrès de la Société Française de Parasitologie, Paris, 15-16 décembre 2005




P28. A. Novobilský(1), G. Dreyfuss(2), V. Bellet(2), P. Vignoles(2), D. Ron-
delaud(2), B. Koudela(1,3)
1. Université des Sciences Vétérinaires et Pharmaceutiques, Palackého 1-3, 612 42 Brno, Répu-
blique tchèque
2. UPRES EA n° 3174/USC INRA, Facultés de Médecine et de Pharmacie, 87025 Limoges
3. Institut de Parasitologie, Académie des Sciences de la République tchèque, Branišovská 31,
370 05 České Budĕjovice, République tchèque



L’intensité de l’infestation expérimentale par trois Digènes chez Omphiscola
glabra (Gastéropodes : Lymnaeidae)


Des infestations simples ou doubles d’Omphiscola glabra au stade préadulte
(deux populations) avec Paramphistomum daubneyi ou Fasciola hepatica ont été
réalisées pour quantifier la charge rédienne et la production cercarienne chez
des limnées disséquées au 60e et au 75e jour post-exposition à 20° C. Les résul-
tats ont été comparés avec ceux fournis par des infestations monomiracidiennes
individuelles avec Fascioloides magna. Par rapport à F. hepatica, de faibles va-
leurs ont été notées au 75e jour pour la prévalence de l’infestation avec P. daub-
neyi (4,6-8,3 % au lieu de 23,6-25,9 %), le nombre total des rédies indépendantes
(10,7-17,9 par limnée au lieu de 26,3-34,7) et celui des cercaires libres (112,8-
136,9 par mollusque au lieu de 177,8-248,5). Malgré le nombre plus élevé des rédies
indépendantes au 75e jour (36,2-45,6 par limnée), la prévalence des infestations
avec F. magna et la production cercarienne se situent dans les gammes respectives
de valeurs enregistrées avec F. hepatica. Les résultats fournis par F. hepatica et P.
daubneyi peuvent s’expliquer en partie par une adaptation progressive d’O. glabra à
ces parasites au cours du temps, car cette limnée est un hôte naturel de ces deux
Digènes depuis 1995. Par rapport à la charge rédienne de F. magna chez O. glabra,
la production cercarienne semble limitée et peut s’expliquer par l’existence d’une
limitation nutritive sur la différenciation cercarienne en raison d’un nombre trop
élevé de rédies chez le mollusque.




                                                                                                         84
                                                       Congrès de la Société Française de Parasitologie, Paris, 15-16 décembre 2005




                                                                 Auteurs



    CONFERENCES .................................................................................. 8
    P. DELORON, M. COT ............................................................................. 9
    Y. CARLIER, C. TRUYENS ........................................................................ 11
    I. VILLENA, M. L DARDÉ ........................................................................ 15
    MARIANO. J. LEVIN ............................................................................. 19
    M. SAUVAIN ..................................................................................... 20

COMMUNICATIONS ...................................................................................................................................... 22
    G. COTTRELL, P. DELORON, N. FIEVET, S. SOW, O. GAYE, J.-Y. LE HESRAN................. 24
    N. G. TUIKUE NDAM, A. SALANTI, G. BERTIN, M. DAHLBÄCK, N. FIEVET, L. TURNER, A. GAYE,
       T. THEANDER, P.DELORON ................................................................... 25
    A. BERRY, F. BENOIT-VICAL, R. FABRE, S. CASSAING, J-F. MAGNAVAL ...................... 26
    S. COJEAN, T. ANCELLE, O. BOUCHAUD, S. MATHERON, V. HUBERT, P. HOUZE, F. LEGROS, J.
       LE BRAS, ET R. DURAND...................................................................... 27
    L. BARBOT , A. TOPOUCHIAN , P. MARQUET , JF. HUNEAU , V. TRICOTTET, D.TOME JG.
       GOBERT , N. KAPEL . ......................................................................... 29
    J. GUITARD, J. MENOTTI, A. DESVEAUX, P. ALIMARDANI, R. PORCHER, F. DEROUIN, N. KAPEL
        ............................................................................................... 30
    L DONAGHY, F CABILLIC, A CORLU, C GUGUEN-GUILLOUZO, C GUIGUEN, JP GANGNEUX. ...... 31
    P. MARTY, P. DELAUNAY, F. PRATLONG , H. HAAS , E. ROSENTHAL , Y. LE FICHOUX ......... 32
    S. ALBABA, F. PRATLONG, P. BOULOT, E. ISSERT, M. ALBERT, J.M. FAURE, E. PIALOT P.
       BASTIEN ...................................................................................... 34
    A-G. SELOD, T. ANCELLE, H. YERA, J. DUPOUY-CAMET ....................................... 35
    A. SENEGAS, O. VILLARD, A. NEUVILLE, M. MOUSLI, J.P. KLEIN ET E. CANDOLFI ........... 36
    I. DIMIER-POISSON, MN. MEVELEC, A. ISMAEL, M. OLIVIER, M. LEBRUN, JF. DUBREMETZ, C.
       DUCOURNAU, D.BOUT ........................................................................ 37
    PION SDS, BOURGUINAT , KAMGNO J, GARDON J, DUKE BOL, BOUSSINESQ M, PRICHARD RK 39
    J.M. BART, M. ABDUKADER, Y. ZHANG, R. LIN, R. PIARROUX, D.A. VUITTON, H. WEN ..... 40
    V. BELLET, P. TREUIL, M. MAVIGNER, D. RONDELAUD, P. VIGNOLES, J. CABARET ET G.
       DREYFUSS ..................................................................................... 41
    A. DE BRUYNE, T. ANCELLE, H. YERA, J. DUPOUY-CAMET..................................... 42
    S. HOUZE, F. MARTINEAU, V. HUBERT, P. HOUZE, J. LE BRAS. ............................... 44
    H. KADDOURI, S. NAKACHE, S. HOUZE, F. MENTRE, J. LE BRAS ............................. 45
    A. SIAU, FS. TOURE, O. OUWE-MISSI-OUKEM-BOYE, L. CICERON, N. MAHMOUDI, C.
       VAQUERO, S. BISSER, JY. COPPÉE, E. BISCHOFF, P. DAVID, D. MAZIER ................... 46
    L.MUSSET, M. MOUNE, J. LE BRAS, J. CLAIN ................................................. 47
    A. SOUARES ,R. LALOU , I. SENE , D. SOW , A. GARCIA , J-Y. LE HESRAN ................ 48
    F. BENOIT-VICAL ................................................................................ 50
    M. RAKOTOMANGA, M. SAINT-PIERRE-CHAZALET, P.M. LOISEAU .............................. 51
    A. GEGO, O. SILVIE, J-F. FRANETICH, K. FARHATI, L. HANNOUN, ADRIAN J.F. LUTY, R. W.
       SAUERWEIN, C. BOUCHEIX, E. RUBINSTEIN, D. MAZIER .................................... 52
    N. MAHMOUDI, R. GARCIA-DOMENECH, J. GALVEZ, K.FARHATI, F. DEROUIN, M. DANIS, D.
       MAZIER ....................................................................................... 53
    V. SAUVAGE, D. AUBERT, A. SCHMID, J. BUDIN , V. VISNEUX, M. PINON, I. VILLENA ...... 54


                                                                                                                                                    85
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POSTERS ............................................................................................................................................................ 55

    P01 Y.-S. CHIA, C. BADAUT, N.G. TUIKUE NDAM, A. KHATTAB, S. IGONET, N. FIEVET, G.A.
       BENTLEY, P. DELORON, M.-Q. KLINKERT .................................................... 56
    P02 N.GODINEAU , O.PATEY F.LEGROS , S.GENTY-JEDRZEJEWSKI............................. 57
    P03 O. MAÏGA, E. RENARD, J. LE BRAS, J. CLAIN ............................................. 58
    P04 F. MIGOT-NABIAS ,M. HAYANO , A. LILJANDER , M. VAFA , M. TROYE-BLOMBERG , A.
       GARCIA ...................................................................................... 59
    P05 D.SARR , D. ALDEBERT , L. MARRAMA , A. GAYE , M. NIANG , J-Y LEHESRAN, R. JAMBOU
       ............................................................................................... 60
    P06 A. AUBOUY, N. FIEVET, J-C. SAGBO, P. ASSOGBA, A. EFOUEVI, A. SEMANOU,A.
       MASSOUGBODJI, P. DELORON ................................................................ 61
    P07 F. BENOIT-VICAL, P. NOJOMNANGSOH, S. RAMOS, P. GRELLIER, K. IKHIRI, J. LELIÈVRE,
       A. ABDOULAYE, I. MOUSSA, A. OUSMANE, A. BERRY,A. AHOND, C. POUPAT .............. 62
    P08. S. HOUTA. CHEA, S. CHENG, S. SIYA BUN, R. ELIAS, G. BALANSARD , N. AZAS, M.
       GASQUET, P. TIMON-DAVID ................................................................. 63
    P09. S.F. MBATCHI , B. MBATCHI , J.T. BANZOUZI , P. NJOMNANG-SOH , T. BANSIMBA, J.
       NSONDE , J.-M. OUAMBA , A. BERRY , F. BENOIT-VICAL ................................. 64
    P10. L. MUSSET, O. BOUCHAUD, S. MATHERON, L. MASSIAS, J. LE BRAS .................... 65
    P11. G. GARGALA, C. VITARD, M. MACQUET, J-J. BALLET, L. FAVENNEC ..................... 66
    P12. K. AOUN, E. SIALA, N. ZALLAGUA, A. BOURATBINE ...................................... 68
    P13 C. MARY, F. FARAUT, M-P. DROGOUL, B. XERIDAT, N. SCHLEINITZ, B. CUISENIER, H.
       DUMON ....................................................................................... 69
    P14. R. BEN ABDALLAH, N. BEN REJEB, E. SIALA, K. AOUN, A. BOURATBINE................. 70
    P15 .E. BUACHE , R. GARNOTEL , D. AUBERT , R. GEERS, I. VILLENA ......................... 71
    P16 C. ESTRAN, M.P BRENIER-PINCHART, L. PELLETIER, M.F CESBRON-DELAUW, H. PELLOUX 72
    P17. P. FLORI, C. CRAMPE, J. HAFID, H. RABERIN, R. TRAN MANH SUNG .................... 73
    P18. J. FRANCK, G. DEROCLE, A-J. SAÏZ ET H. DUMON ....................................... 74
    P19. H. FRICKER-HIDALGO, M.P BRENIER-PINCHART, J.P SCHAAL, H. PELLOUX ............... 75
    P20. J. LORCERIE, P. SAVIN, M. MARECHAUD .................................................. 76
    P21. C. MOREL, S. HOUZE, P. THULLIEZ, J. LE BRAS .......................................... 77
    P22. A.W. PFAFF, A. SENEGAS, V. LETSCHER-BRU, O. VILLARD, L. MARCELLIN, O.TAKIKAWA,
       J-P. KLEIN, M. MOUSLI, E. CANDOLFI ...................................................... 78
    P23. E. SIALA, E. DELABESSE , R. BEN ABDALLAH , K.AOUN , L. PARIS A. BOURATBINE .... 79
    P24. G. WANDLER, E. ISSERT, S. ALBABA, P. BASTIEN, P. BOULOT, J.C. PICAUD, J.P. DEDET,
       F. PRATLONG ................................................................................. 80
    P25. P. DELAUNAY. B. MATHIEU, P. MARTY, P. FAURAN, F. SCHAFFNER....................... 81
    P26. M. DEVELOUX, D. STEFANESCU, G. DUBERNARD, M. ANTOINE, J. THOMASSIN, S UZAN 82
    P27. A. NOVOBILSKÝ, D. RONDELAUD, P.TREUIL, P. VIGNOLES, G. DREYFUSS, B. KOUDELA ... 83
    P28. A. NOVOBILSKÝ, G. DREYFUSS, V. BELLET, P. VIGNOLES, D. RONDELAUD, B. KOUDELA .. 84




                                                                                                                                                                  86

								
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