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11/10/2011
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27
Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr









Les espaces publics d’accès à Internet : réalités et devenir d’une nouvelle géographie des

territoires et des réseaux / Michel ARNAUD et Jacques PERRIAULT



Les espaces publics d’accès à Internet : réalités et devenir d’une nouvelle géographie des

territoires et des réseaux / Michel ARNAUD ; Jacques PERRIAULT. – Paris : PUF, 2002. –

Education et formation



Remerciements

Cet ouvrage reprend les échanges qui ont eu lieu lors du séminaire organisé en 2001 et 2002 par J.

PERRIAULT et M. ARNAUD sur les lieux d’accès public aux TIC et les pratiques qui s’y

développent.



Introduction

Au cours de ces dernières années, se sont ouverts en France, en Europe et dans le monde, de nombreux

lieux d’accès à Internet. La diversité que représente le terrain est apparue comme un terrain nécessitant

une analyse globale mais aussi comme un domaine auquel la recherche devait s’intéresser au vu des

enjeux.

A l’instigation du programme e-Europe adopté au sommet de Lisbonne, les pouvoirs publics français

ont décidé d’une politique ambitieuse d’installation de nombreux espaces publics numériques, dont la

caractéristique est de répondre au défi de la fracture numérique en proposant l’accès gratuit ou à très

bas prix aux populations défavorisées.

Trois questions méritent d’être posées, elles constituent l’arrière plan de l’ouvrage :

- Ces espaces constituent-ils une alternative durable à la consommation privée et favorisent-ils un

mode d’usage collectif, source de la plus-value sociale ?

- Le modèle économique de ces lieux avec inscription dans le tissu local et recherche

d’autofinancement peut-il être envisagé et, si oui, dans quel contexte ?

- L’absence de discussion sur la pérennisation de tels lieux n’est-elle pas le fait d’un déficit de

positionnement politique, accroissant le malaise des animateurs emploi-jeunes qui y travaillent ?



Chapitre 1 : Réduire la fracture numérique, état des lieux



De très nombreux responsables locaux considèrent les espaces multimédia comme une première

réponse à leurs problèmes d’enclavement et de retard dans le développement économique local. C’est

d’ailleurs à eux que revient souvent l’initiative d’instaurer des cybercentres, des cybercommunes, des

maisons des savoirs et autres espaces destinés dans un 1er temps à une alphabétisation numérique des

habitants ne disposant pas d’accès privé ou professionnel à Internet.



I) Le contexte

Une enquête réalisée fin 2000 publiée, pour Sciences et vie micro, montre des différences

considérables entre les pays sur leur accès à Internet : la France est loin derrière de nombreux pays

(Suède, Etats Unis, Norvège…) avec 30% de la population équipés d’ordinateurs et 17% connectés à

Internet.

La politique d’accès public, et si possible, gratuit à Internet vise à faire évoluer de telles différences en

créant les conditions d’une exposition et d’une habituation aux nouveaux outils de communication

pour les couches non encore touchées, par l’instauration d’usages permanents d’Internet chez elles.

La progression des foyers français connectés à Internet a été moins rapide en France en 2000 que dans

d’autres pays. Généralement, les foyers connectés sont ceux qui ont un chef de famille cadre et vivent

dans des villes de plus de 100 000 habitants. Par ailleurs on remarque qu’1/4 des internautes sont des

jeunes (12-24 ans). Les jeunes non scolarisés dont les parents n’ont pas accès à Internet cumulent les

facteurs d’exclusion : la vague des TIC s’arrête aux frontières des quartiers, des zones rurales et des

DOM-TOM. Beaucoup sont dans des zones urbaines sensibles (ZUS), ….



II) Un enjeu stratégique pour les pouvoirs publics







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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





Le gouvernement a lancé en 1997 le Programme d’action gouvernemental pour la société

d’information (PAGSI) afin de “ créer les conditions d’une société de l’information pour tous ”. Nous

savons que l’accès aux TIC est corrélé à l’appartenance sociale. Aussi, réduire le fossé numérique,

donner à tous la possibilité de maîtriser les outils de la société de l’information est l’objectif fixé par le

CISI (Comité Interministériel pour la Société d’Information) du 10 juillet 2000.

La circulaire des services du 1er ministre venant avaliser une démarche déjà bien avancée de la part des

collectivités territoriales, régions, communautés urbaines et villages, a labellisé le concept générique

d’espace public numérique.

Le 10 juillet 2000, a été annoncé l’ouverture, d’ici 2003, de 7000 lieux publics permettant un accès à

l’Internet : ANPE, missions locales, bibliothèques publiques, centres d’information jeunesse…

Pour l’ANPE, en 2001, l’accès gratuit à Internet des demandeurs d’emploi sera généralisé. Pour les

collectivités territoriales, il est proposé de se fixer pour objectif la généralisation de l’accès à Internet

dans les 2656 bibliothèques municipales et 97 départementales.

Parmi ces lieux, 2500 seront labellisés espaces publiques numériques (EPN) et signeront une charte

afin d’offrir une “ 1ère formation générale gratuite ouverte à tous ”. Redéploiement et création

concerneront : 1000 EPN dans les sites prioritaires de la politique de la ville (ministère de la Ville),

600 espaces cyberjeunes (ministère Jeunesse et Sports), 220 espaces culture multimédia (ministère de

la Culture), 500 cyberbases (Caisse des dépôts et consignations).

Le 04 décembre 2000, la MAPI (Mission interministérielle à l’Accès Public à l’Internet, à

l’informatique et au multimédia) est créée afin de coordonner les différents dispositifs

gouvernementaux et a pour objet de favoriser l’implantation sur l’ensemble du territoire de points

d’accès ouverts au public. Elle veille entièrement au bon déroulement (charte, connaissance du public

de ces lieux,…).



A- Les initiatives gouvernementales

1- Le ministère de l’Education nationale : écoles, collèges, lycées et universités ont ou auront accès à

Internet. Toutefois des problèmes techniques sont à régler comme l’accord écrit des parents, la

gestion des filtres et la démarche d’établissement. Toutes les académies ont élaboré un plan

triennal de déploiement des TIC dans l’enseignement scolaire. Les établissements scolaires

installent ainsi progressivement des personnes ressources bénéficiant de plans de formation

prioritaires dans les académies et ayant pour mission de fournir aux enseignants une assistance

technique et pédagogique de proximité (ici 8000 aides éducateurs). Quant aux établissements

d’enseignement supérieur, la totalité est raccordée Internet.



2- Le ministère de la Culture et de la Communication : il a lancé en 1998 un programme de soutien à

la création et au développement d’espaces culture multimédia (ECM). Les ECM, implantés dans

des structures culturelles ou socio-culturelles existantes, doivent développer la dimension

culturelle des nouvelles technologies de l’information et de la communication, à la fois comme

outils d’expression et de création. Ils mettent en œuvre des actions de sensibilisation, d’initiation

et de formation au multimédia à partir de contenus culturels, éducatifs et artistiques. En 2001, le

ministère a privilégié leur mise en réseau et constitue, au sein de ceux-ci, des pôles de référence

dans les domaines de la formation et de la création. Les ECM reçoivent une subvention lors de la

labellisation puis une subvention de fonctionnement de 50% du coût total modulée en fonction de

différents critères mais plafonnée à 31 000 euros. Un nouveau label est envisagé : le RCM Relais

Culture Multimédia pour faire bénéficier du réseau un nombre plus important de lieux culturels.



3- Le secrétariat d’état à l’Industrie : dans le cadre du programme cyberposte, 1000 bornes d’accès à

Internet dans des bureaux de poste en zones rurale et urbaines.



4- Le ministère de la Jeunesse et des Sports : en janvier 1999, a été crée le JESSI ( Jeunesse et société

de l’information) pour mettre en lignes 2 sites web : l’un dédié à l’expression des jeunes, l’autres

destiné à tous les jeunes et faisant le point sur leurs droits au quotidien. Parallèlement a été initié

le programme “ Point cyb – espace jeune numérique ” afin d’offrir aux jeunes les moyens d’un

accès gratuit à Internet, en s’appyant sur son réseau des centres d’information pour les jeunes. A

ce jour, 250 ont été labellisé “ Point cyb ”. Ces espaces proposent un accès libre service, un





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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





accompagnement à la demande, des ateliers d’initiation à la bureautique et Internet, des conseils

personnalisés pour la conception et la réalisation de projets individuels ou collectifs grâce au

multimédia. Deux animateurs minimum sont nécessaires et le financement est assuré à 50%par le

ministère. La dimension intergénérationnelle est prise en compte dans 40% des cas qui ouvrent

aux adultes de plus de 26 ans.



5- Le ministère de la Ville : le 10 juillet 2001, est lancé un plan de développement de l’Internet dans

les quartiers populaires. Un budget de 50 millions de francs vise à financer 1000 EPN dans les

quartiers prioritaires.



6- Le CIADT (Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire) :

mobilisation de 30 millions supplémentaires pour la création de 400 EPN implantés en partenariat

avec les collectivités locales dans les territoires ruraux.



7- La Caisse des dépôts et consignations : un programme de recherche et développement dénommé

Cyberbase a été lancé, développé en concertation avec plusieurs départements ministériels,

intéressés par une plate-forme multi-usage et multi-contenus. 500 devraient voir le jour. Une

cyberbase est un centre multimédia d’initiation et d’approfondissement à Internet et aux nouvelles

technologies destiné au grand public dans un cadre collectif (associatif, scolaire) ou individuel

(jeunes porteurs de projets, chercheurs d’emplis, activités de loisirs ou périscolaires). Après une

1ère initiation gratuite, une formule de fidélisation est proposée, généralement sous forme

d’abonnement forfaitaire. Pour les collectivités locales, une cyberbase est un outil efficace

d’aménagement de l’espace urbain, de création d’emplois, de développement local et d’offres

culturelles et de loisirs. La CDC intervient avec des subventions d’investissement de 30 à 50 % du

coût du projet. Elle privilégie des projets entrant dans ses axes prioritaires : politique de la ville,

intercommunalité et ouverture des établissements scolaires. La cité des sciences participe à ces

projets par ses contenus ou services éducatifs.



8- Le CNED : son programme consiste à proposer à toute collectivité locale qui en fait la demande

l’implantation d’un espace de formation numérique mettant son expérience de l’enseignement à

distance et les importantes ressources multimédia qu’il a construites en vue de la formation initiale

et continue de ses inscrits. Ils sont ouverts à tous les types de public : jeunes, adultes et seniors,

désireux de se former et à qui il est proposé de se connecter. (CF a Montbéliard, en cours

d’évaluation).



B- Le programme cyberbase de La Poste

Avec Cyberposte, la Poste entend offrir au grand public un accès plus facile aux nouvelles

technologies, pour mieux les démocratiser. La Cyberposte se matérialise par une carte achetée et

rechargée dans les bureaux de poste inclus dans la liste disponible sur son site. Cette carte est utilisée

sur les bornes cyberposte et conserve en mémoire les sites visités. L’achat de la carte est de 7,6 euros

et rechargeable pour 4,5 euros de l’heure de consultation. Il y a mise à disposition de différents

services (messagerie, accéder au web,…). Un emploi-jeune de la Poste se charge d’accueillir le public

et de l’accompagner.



C- Dispositifs régionaux

Certaines régions ont été précurseurs en matière e politique d’ouverture d’espaces publics d’accès aux

TIC : la Bretagne a 300 cybercommunes, opération Acti-Limousin avec 21 EPN, le Nord Pas-de-

Calais avec “ Cyber Nord – Pas-de-Calais ”…. Les chargés de mission NTIC auprès des SGAR,

nouvellement recrutés, organisent des journées régionales de sensibilisation auprès des acteurs locaux.

Ils sont particulièrement actifs dans les régions qui n’avaient pas pour l’instant de politique dans ce

domaine comme par exemple l’Alsace.



D- Dispositifs départementaux

Le plan Net des Deux-Sèvres a permis l’ouverture de 30 espaces publics d’accès aux TIC. Ces centres

de ressources au sein des collèges sont ouverts aux élèves mais aussi au grand public en dehors des





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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





heures de classe. D’autres départements sont particulièrement actifs comme l’Ardèche, le Cantal, la

Lozère…



E- Dispositifs municipaux

Le label “ Ville Internet ” lancé par l’association Vecam est l’occasion de sensibiliser les villes à

l’enjeu des TIC afin de favoriser l’appropriation d’Internet dans toutes les composantes éducatives,

sociales, économiques et politiques de la ville, en vue de transformer et rénover la vie citoyenne,

bouleverser le fonctionnement de la démocratie locale, améliorer les conditions de travail, enrichir les

relations humaines et faciliter le vie quotidienne. En mai 2000, 176 communes étaient “ ville Internet ”

dont Amiens, Issy-les-Moulineaux, Toulouse….D’autres pays se sont également mobilisés pour passer

des partenariats entre ces villes et former des i-jumelages.



III) Les initiatives associatives

Les grandes associations participent à ce mouvement de démocratisation de l’accès aux TIC.

A- La Fédération nationale des centres sociaux et socioculturels

105 espaces déjà ouverts dans les centres socioculturels appartenant à cette fédération.



B- Le Comité national de liaison des régies de quartier (CNLRQ)

Le comité va implanter 20 pôles multimédia gérés par les communautés d’habitants.



C- Le Conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL)

Une cyberstation a été ouverte à La haye-les-Roses. D’autres réseaux nationaux favorisent la mise en

lace d’espaces multimédia comme Familles rurales, Ligue de l’enseignement, …le Cybermobile de

Lozère…

1- Le cyberbus de Meurthe-et-Moselle : initié par la Fédération départementale des familles rurales,

avec les financements du Conseil Général, de la Direction départementale de la Jeunesse et des Sports

et de France Télécom, programmé sur 2 ans, l’objectif de ce projet était d’initier en milieu rural

l’apprentissage d’Internet et du multimédia comme outils de communication et de d’expression et

d’animer les familles rurales. Mise en place d’un atelier itinérant de découverte Internet et multimédia,

installé dans une commune rurale pour 2 à 3 semaines, et qui tourne ensuite sur l’ensemble du

département. Le matériel informatique était transporté d’un lieu à l’autre par l’animateur du cyberbus

dans sa voiture personnelle, qui installait et désinstallait le matériel pour chaque intervention. Les

planning horaires étaient définis. Les services d’initiation offerts ont concerné Internet et les outils de

communication, la bureautique et la télématique, la photo et la vidéo numériques. Lles utilisateurs

étaient une écrasante majorité d’enfants et d’adolescents. Forte de ces résultats, la Fédération a désiré

toucher davantage le public scolaire en milieu rural dans le cadre d’un nouveau programme en

partenariat avec l’Education Nationale et a prévu de privilégier une initiation et approche plus

technique d’Internet. La promotion systématique des ateliers du cyberbus afin d’informer et de toucher

les publics concernés est un point important de réussite tout comme les qualités de l’animateur. Au

total, le dispositif est efficace car sa structure est légère et mobile, permettant de toucher beaucoup de

personnes avec des moyens limités et en couvrant l’ensemble du département.



IV) Les initiatives privées en vue de réduire la fracture numérique



A- Les espaces multimédia dans la ville (EMV) de France Télécom

Ce concept date de 1998. France Télécom a voulu répondre à la demande gouvernementale en créant

avec les collectivités locales des structures d’accès public à Internet à but non lucratif avec pour

objectif de lutter contre le fossé numérique qui s’est crée à partir de 3 obstacles majeurs : problèmes

financiers (l’accès coûte cher), problème de compétence (il faut apprendre à s’en servir) et problème

de sens (il faut comprendre et accéder à la connaissance). Une charte des espaces multimédia a été

élaborée autour de 5 points : accès de tous les publics, accompagnement effectué par un animateur (1

pour 4 postes) , guides pratiques, accent mis sur le local, mise en réseau nationale. L’exemple est

l’espace multimédia de Mulhouse qui est le plus grand de France. Ce réseau d’EMV est animé par

Régie T qui propose ses services.







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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





France Télécom a mis en place de nouveaux dispositifs : stations Internet - formation professionnelle ;

Points d’information multimédia (PIM) – milieu rural ; Fondation France télécom – mécénat ;

partenariat avec l’UNHLM ; cyberbus…



B- La RATP

Avec le développement du concept de métronaute, 1000 bornes d’accès gratuit à Internet en

partenariat avec la société Cyberdeck vont être installées pour l’obtention d’informations en temps réel

sur le trafic des réseaux RATP et Transilien SNCF, la recherche d’itinéraires en IDF et plans de

quartier de Paris. De plus, l’usager peut naviguer gratuitement et consulter son courrier. Les bornes

sont en accès libre permanent pendant l’ouverture des gares et le temps moyen de connexion par

personne est de 8 à 10 minutes. (CF Châtelet-Les Halles, Luxembourg,…)



C- Carrefour

Le Service solidarité de la chaîne a ouvert une trentaine de points d’accès publics à Internet dans les

villes où un magasin Carrefour est implanté, intitulés “ Atrium multimédia ” et situés dans les écoles,

collèges, centres sociaux, maisons de quartier et lieux de vie. L’objectif est de revitaliser les cités,

préserver le tissu urbain et consolider le lien social. Les participants s’initient aux outils informatiques

et multimédia. (CF 1er atrium ouvert au collège des Pyramides à Evry pour lutter contre la violence à

l’école).



D- Vivendi

Actions de mécénat de la fondation Vivendi , de la fondation canal +, ouverture d’un espace

multimédia au Trocadéro et un plan de financement de 50 millions de francs sur 5 ans pour lutter

contre la fracture numérique. D’autre fondations d’entreprises sont actives.



E- Easy Everything

L’ouverture de grands cyber-supermarchés marque à Paris l’avènement de grands espaces sur

plusieurs étages offrant l’accès à des centaines de postes à écran plat connectés à Internet à Haut débit

avec webcam et téléphonie, ouverts 24 / 24 et un tarif dégressif selon l’horaire en fonction de

l’affluence.



V) Le traitement de la fracture numérique par les collectivités publiques

On retrouve à travers toutes les initiatives un objectif commun qui est de sensibiliser et d’initier le

grand public, et en particulier les couches défavorisées, aux usages d’Internet et du multimédia grâce à

un accès souvent gratuit et un accompagnement par les animateurs de ces espaces. Ces objectifs ne

favorisent pas encore pour le moment l’insertion des personnes en difficulté et ne créent pas encore

d’emploi.

Un guide a été publié par l’Observatoire des télécommunications dans la ville pour aider les

collectivités locales et leurs partenaires à bâtir leur projet d’espace. On y trouve une approche

méthodologique sur les objectifs recherchés (celui commun et après plus spécialisé comme recherche

d’emploi), le public visé (penser tout public), l’utilisation envisagée (en ligne ou non), les services à

proposer (libre service, horaires, personnel constitué essentiellement d’emploi-jeunes, problème de

l’obsolescence technologique, budget ), une liste de fiches en guise d’exemples, une méthode

d’analyse et une proposition de règlement intérieur.

L’association Multimédiaville, regroupant des collectivités territoriales et locales, a organisé une

journée d'étude sur les enjeux des espaces publics multimédia. Aux yeux des intervenants de la

journée, l’évaluation faite des effets des ces espaces sur la population est très positive. 2 éléments

paraissent essentiels pour expliquer leur réussite : le fait que ces espaces aient été initiés par les

collectivités locales et la qualité des animateurs, pour la plupart des emploi-jeunes. Outre, la

démocratisation de l’usage d’Internet, ces espaces favorisent aussi la socialisation dans certains

quartiers et jouent un rôle important dans le rapprochement des générations. Fort de ces résultats,

l’association a décidé de créer un groupe d’études “ collectivités territoriales : les espaces multimédia

facteur du développement local ” qui va s’attacher à définir le rôle des collectivités dans la mise en

place d’espaces multimédia, les types d’espaces, leur fonctionnement.







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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





Vouloir réduire la fracture numérique conduira-t-il cependant à rétablir une égalité sociale ? Le débat

est toujours là et amène à se poser les questions sur l’appropriation d’Internet et les résistances

rencontrées. Si on ne répond pas à la demande, l’appropriation ne pourra se faire, il n’y aura pas

d’apport de plus-value dans la vie quotidienne. On ne peut changer les règles du marché mais au

moins tenir compte dans les services des individus comme assistés mais aussi acteur de leur propre

devenir. Pour ce faire, l’approche de l’observatoire est utile car elle tient compte des préoccupations

1ères de tout individu à savoir l’emploi (accueillir attentivement les personnes en recherche d’emploi

et faciliter leur démarche), le développement économique (assister les créateurs d’entreprise), la

formation (mettre en place des ateliers de création multimédia et formations qualifiantes) et la

transformation des services publics ( prise d’initiative par les personnels).



VI) Evolution des modalités de l’intervention publique

Il faut remarquer que l’usage devenu habituel des outils de communication ne peut pas s’installer sans

appropriation des lieux où elle se produit. Dans ce cas, la privatisation revient à faire que les personnes

se sentent chez elles dans un lieu public. Il ne s’agit pas seulement de compenser le fossé numérique.

Le débat se porte sur ce qu’est l’espace public, comment, pourquoi et jusqu’à quel point la puissance

publique peut s’arroger le droit de décider pour le bien public, comment, pourquoi et dans quelle

mesure les personnes peuvent y déployer leurs objectifs individuels ?Comment et pourquoi l’acteur

collectif peut émerger d’un groupe de personnes ? Il n’y a pas à démanteler les services publics mais à

leur demander d’être plus réactifs à la demande et de s’adapter à l’évolution des besoins individuels

mais aussi de l’acteur collectif.



VII) Programme d’action et de recherche en France et en Europe

L’initiative e-Europe lancée en 2000 propose une série de mesures et d’actions visant à procurer un

accès meilleur marché, plus rapide et sécurisé à Internet, à aider l’entrée de tous dans l’économie du

savoir, à stimuler l’usage d’Internet en favorisant le commerce électronique, l’administration en

ligne…Mais attention, il ne faut pas confondre des outils nécessaires à la mutation culturelle et

économique et ceux de dernier cri pour résoudre problèmes sociaux du moment car ça ne s’est encore

jamais fait. De plus, on revient au problème de l’appropriation d’Internet, les résistance rencontrées et

les raisons de leur apparition à l’étude par l’Observatoire des télécommunications. Ces études sont

nécessaires pour identifier les meilleurs pratiques, repérer les verrous, tester et valider les

méthodologies.



Chapitre 2 : Espace multimédia et territorialité



L’utilisation des technologies de l’information comme instrument de développement social, culturel et

économique implique qu’elles soient utilisées pour développer des usages auprès des populations

concernées. Pour ce faire, l’approche territoriale consiste à envisager la meilleure répartition des sites

équipés et les synergies possibles à créer entre eux. Il faut donc examiner les implantations des espaces

multimédia et des services offerts pour identifier les facteurs clés. L’objectif du maillage territorial qui

consiste à offrir l’accès à Internet à moins de 300m d’un arrêt de transport collectif est un exemple de

la prise en compte des besoins et des contraintes de la population locale.

3 formes principales de dynamique de création des espaces publics multimédia se dégagent : celle

d’un espace répondant au souci de diversification des activités d’une institution publique ou privée

afin d’en enrichir le fonctionnement ; l’installation d’un espace central de multiservices dans une zone

déterminée ; une approche en réseau par la mise en place de plusieurs espaces dans le cadre du

développement local d’une ville ou d’une région.



I) La diversification des activités d’une institution publique



A- Les nouveaux services des bibliothèques publiques

Ces dernières ont répondu aux nouvelles demandes du public en proposant des services liés à

l’utilisation d’Internet. 2 positions s’opposent : soit l’usage d’Internet est gratuit car il est compris

comme un service de base, soit l’accès à Internet représente un service additionnel et facultatif qui doit







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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





être payé à l’acte. D’autres ont choisi une politique tarifaire intermédiaire entre la gratuité et le

paiement strict à la durée.

Un autre aspect intéressant est la mise en place de sites de bibliothèques publiques, accessibles à

distance et où le lecteur peut consulter les catalogues d’ouvrages disponibles pour le prêt ou d’autres

rubriques.

Par ailleurs la recherche documentaire sur Internet devrait concentrer l’essentiel des pratiques si la

vocation culturelle de la bibliothèque était respectée. Or de nombreuses personnes en formation, en

reconversion professionnelle ou en recherche d’emploi viennent dans les bibliothèques pour chercher

des infos sur une société, consulter des offres d’emploi…, ce qui n’est pas la vocation initiale de la

bibliothèque. C’est pourquoi certaines bibliothèques ont choisi de différencier les stations multimédia,

connectées ou non à Internet, en fonction des usages et des catégories d’utilisateurs. Cette

différentiation permet de proposer des tarifs différents et une gratuité pour les usages directement liés

à la fonction 1ère de la bibliothèque : consultation de catalogues de publications, de collections

patrimoniales…



B- La spécialisation des espaces publics numériques à l’intérieur d’un territoire

Après l’initiation à Internet, les usagers cherchent à développer des projets personnels spécifiques :

orientation ou formation professionnelle, apprentissage de la création de pages web…Les collectivités

peuvent répondre à cela en renforçant une approche sectorielle des espaces multimédia (comme

Nantes ou Boulogne-Billancourt qui ont une politique de spécialisation des lieux). Or dernièrement

beaucoup ont ouvert des espaces multi-usages.

Aujourd’hui beaucoup veulent avoir en leur sein des espaces multimédia et être labellisé pour avoir les

subventions (ANPE, les GRETA…). Aussi, pour se singulariser, les espaces publics doivent choisir

d’accueillir certains publics ou développer des projets spécifiques.

Pour obtenir le label ECM, l’espace doit développer la dimension culturelle des TIC à la fois comme

outils d’accès à la culture et au savoir et d’expression et de création. Les ECM deviennent des

structures culturelles et socioculturelles.

Au départ, le label “ Point cyb ” était attribué exclusivement aux structures faisant partie du réseau des

centres d’information jeunesse. Aujourd’hui n’importe qui peut l’avoir si celui-ci offre les moyens

d’un accès gratuit à Internet. Les jeunes sont également la cible de CDC-TIC pour les cyberbases.

Cependant, il ne faut pas oublier les personnes âgées constituant un public spécifique non négligeable

mais pas encore réellement touché. Cela permettrait de développer des relations intergénérationnelles.

Certaines villes ont souhaité créer des espaces dédiés à la MAO, d’autres à la famille, au soutien

scolaire, aux associations. Une coordination entre tous les espaces publics multimédia d’une ville est

donc indispensable pour assurer une harmonisation de la politique d’accès public à Internet. Ce travail

permet la mutualisation des ressources humaines et des moyens techniques à l’échelle d’un territoire.



II) La mise en réseau autour d’un point focal

La question de la diversification des services de base à proximité d’un espace composante d’une

politique de développement local est essentielle.



A- Vesoul

4 groupes ont été ciblés pour développer les services offerts dans la cyberbase : les jeunes, les

collectivités locales, le grand public, les entreprises. La cyberbase a été ouverte en 1999 et plusieurs

fonctions y sont développées afin d’aboutir à une politique d’Internet citoyen (centre de ressources

pour faciliter l’usage des TIC, lieu d’expérimentation des nouvelles technologies, lieu de vie).



B- La maison des savoirs Jules-Milhau à Agde

La maison des savoirs à Agde a été créée à l’initiative de la vile d’Agde et de la communauté de

communes des pays d’Agde. Il y a différents partenaires : des partenaires institutionnels (Union

européenne…), des partenaires pédagogiques français et européens et des partenaires industriels. Les 3

objectifs de la maison des savoirs sont d’œuvrer au partage des savoirs, de consolider les bases du

développement d’Agde, de provoquer des rencontres autour de la culture et de la formation. Le but

principal est de permettre à chacun d’apprendre à maîtriser les outils qui lui permettront tout au long

de la vie, comme citoyen et salarié de réactualiser son patrimoine de connaissances.





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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr







III) La mise en synergie pour le développement local

La mise en réseau des institutions culturelles et éducatives d’une ville illustre bien cette approche.

Parthenay et Valenciennes en sont 2 bons exemples. La question qui se pose est alors l’équilibre à

trouver entre l’autonomie à accorder à chacun de ces espaces et leur mise en réseau, ce qui implique de

coordonner leurs activités de manière cohérente.



A- Amiens métropole

Cet exemple intéressant montre une démarche raisonnée de maillage du territoire avec pour but la

revitalisation des banlieues difficiles et des villages dortoirs autour de la métropole. 35 sites ont été

mis en place pour combler l’insuffisance numérique de la population.



B- Le réseau des cybercentres (Région Nord Pas-de-Calais)

Il a été inauguré en 1998 suite à la mise en place d’une politique de développement des TIC dans un

souci de citoyenneté avec 4 objectifs : dynamiser les prise d’initiatives locales, favoriser l’accès de

tous à Internet et l’usage des TIC, sensibiliser et former les citoyens à Internet et développer des

projets locaux d’accès à Internet. Aujourd’hui 83 cybercentres s’ouvrent à un public diversifié.



C- Les PAPI à Brest

La ville a décidé de mettre en œuvre une politique permettant de réduire de manière volontariste

exclusions et inégalités générées par la fracture numérique. La répartition des 36 Points d’Accès

Publics à Internet (PAPI) vise à ce que chaque Brestois soit à moins de 500m d’un tel lieu. Ils sont

installés dans les bibliothèques, les associations et les équipements de quartier. La consultation varie

selon les endroits (tarifs !), le point fort de cette opération étant la proximité et la qualité d’accueil.



D- Les cybercommunes

Elles sont nées de la volonté du Conseil régional de Bretagne qui voulait inciter les communes à

favoriser l’accès de leurs administrés aux nouvelles technologies. Ex : la cybercommune de Paimpol

est conçue pour que le public puisse s’initier facilement au multimédia, à Internet (messagerie,

consultation de sites..), imprimer un CV, utiliser des CD-rom…



E- Le problème du désenclavement des zones rurales : les inforoutes de l’Ardèche

Le projet “ inforoutes en Ardèche ” pour désenclaver l’Ardèche en la rapprochant des marchés

commerciaux, des hauts lieux de l’enseignement et de la formation a eu 4 directions : l’éducation

(expérience mitigée de la visio-conférence mais bon usage de la bureautique), la santé (mettre les

hôpitaux locaux en réseau), la vie civique (liaison entre les communes et la sous-préfecture) et la

diffusion des TIC par des équipements collectifs (8 lieux d’accès publics). En 2001, l’Ardèche a

décidé de la couverture du département par la téléphonie mobile et l’arrivée du haut débit.



F- La ville de Marseille

Une 40aine de lieux sont dédiés à Internet : cybercafés, centres sociaux, point info jeunes…Dans ce

cas, l’approche multiservice consiste en fait à spécialiser les lieux en fonction du pouvoir d’achat des

usagers (association Inforoots dans l’hypercentre pour la population locale pauvre..).



G- L’Ile-de-France

L’ARTESI, Agence pour le développement des infotechnologies de la région Ile-de-France, a pour

objectif d’offrir l’accès aux mêmes services quel que soit l’endroit où habitent les franciliens. Le

maillage des 1200 communes doit se faire en partant de l’existant et non de construire du nouveau

(trop cher). D’autre part, le francilien bénéficie des initiatives de la RATP, la Poste…



IV) Guichet unique

Cette formule est une réponse possible au besoin d’avoir les services administratifs à proximité de son

domicile.









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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





A- Les maisons de services publics

Ce processus lent a pris forme en 1991. Il a été conçu pour les zones rurales confrontées à la

désertification et les quartiers de ville en difficulté. En zone rurale, il s’agit de “ points publics en

milieu rural ”, d’ “ espaces ruraux emploi-formation ” (EREF), des “ points accueil services ”. Dans

les zones urbaines sensibles, ont été réalisées des plate-formes regroupant en un lieu unique les

services à l’insertion sociale et professionnelle. Le concept fédérateur de maison de services publics a

fait par conséquent son apparition en 1996. En fait, ces maisons ont de appellations très variées

(maison de quartier, centre multi-service…) et des vocations thématiques (guichet initiative

emploi,…). 3 logiques d’implantation sont là : remédier à l’absence, la distance ou la dispersion des

services publics par la création d’un lieu central de regroupement de services ; tenter d’éviter une trop

grande désertification des zones rurales ; désenclaver les zones urbaines sensibles. Le problème ici est

que cela relève trop souvent d’une logique de l’offre et non de la demande. Ces structures sont

essentiellement tournées vers l’aide aux démarches administratives, l’emploi et l’action sociale, le

conseil et l’aide juridique. Cependant les usagers bénéficient dans ces structures d’un accueil

personnalisé très apprécié.

En préalable à de telle structures, il est essentiel de faire une étude approfondie des besoins.



B- Exemple de l’adaptation des services publics à l’évolution des catégories temps et

espace de la vie sociale : le temps des villes

Derrière cette expression “ le temps des villes ”, se cache la préoccupation de tous : le manque de

temps. Le but est ici de vouloir harmoniser les temps urbains, donner à chacun les mêmes avantages.

L’Italie est précurseur de cette politique avec une loi imposant de veiller au rapport temps / espace des

citoyens. Par exemple, l’AFET association française d’excellence territoriale a crée l’agence du temps

pour agrandir les horaires des crèches, mairies…Les tractations avec les outorités universitaires sont

ouvertes.



Chapitre 3 : espace multimédia et développement économique



Les espaces multimédia s’inscrivent dans un tissu économique local. La pérennisation des lieux

publics passe par un renforcement des liens avec ce tissu : évolution vers une veille technologie,

d’intelligence économique que les PME n’ont pas le temps de remplir.



I) Saint-Laurent-de-Neste

Ce dispositif est exemplaire à bien des égards. La situation de crise a poussé les élus à construire avec

les décideurs locaux la vision d’une région rénovée par le recours aux nouvelles technologies. Il a fallu

tout d’abord favoriser une opinion publique favorable au mouvement général de revitalisation du tissu

rural local. Cela a été rendu possible par la mise en place d’un ensemble de lieux hautement

symboliques du mouvement de rénovation en cours.

Le point de départ a été la création d’une station de ski de fond pour empêcher les lignes hautes

tensions d’EDF d’être installées. Cela a crée une 1ère vague d’emplois et de revenus. Le monastère a

été converti en gîte, une aire d’autoroute avec un pentascope… Au cœur de ce dispositif, 3 maillons

essentiels s’installèrent : la Maison du savoir, le Centre européen des technologies de l’information en

milieu rural (CETIR) et ses hôtels d’entreprises. Le problème qui se posait était la reconversion de la

population locale. La Maison du savoir a été l’outil à la fois social, éducatif, culturel, venant en

complément du CETIR jouant le rôle d’intégrateur d’entreprise. La Maison du savoir ouvert en 1996 a

été conçue pour procurer de la commodité d’accès du public à plusieurs réseaux et non pas seulement

Internet ( salle de spectacle, videotransmissions interactives, bar et restaurant…). Elle a abrité très vite

des activités artistiques et culturelles.

On a tenu compte ici des processus d’industrialisation des méthodes d’accès aux bases de savoir, ce

qui a joué dans cette réussite. Par ailleurs on peut noter le rôle non négligeable de la Maison du savoir

dans la prise de décision d’implantation des entreprises. Donc plusieurs constats s’imposent : le rôle

clé du rapport collectif (les gens viennent en famille certains à la bibliothèque, d’autres au cinéma) ; la

pluralité des réseaux de télécommunication ; la motivation pour l’accès à l’info et au savoir amorcée

par activités de distraction ; la créations d’emplois légitimant les activités de formation et usage des

techniques numériques.





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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





Cela nous renvoie au fait qu’une technique ne se plaque pas sur la société, elle n’est pas neutre.

Le CETIR lui a vu le jour grâce à un partenariat avec les collectivités territoriales et EADS, Matra

systèmes…Son objectif est ce créer des entreprises de haute technologie en milieu rural et des

emplois, prouvant ainsi la capacité des espaces ruraux à les accueillir.

Des hôtels d’entreprise ont été construits pour leur offrir des espaces de travail convenablement

équipés afin de favoriser l’implantation d’entreprises existantes ou à créer.



II) La politique de revitalisation du centre-ville : le cas d’Alençon

Alençon applique une politique volontariste de revitalisation du centre-ville sous l’impulsion du

sénateur-maire Alain Lambert. Les deux espaces multimédia y sont ouverts à tout public, y compris

aux jeunes des quartiers périphériques qui y viennent, apportant avec eux un risque de trouble public.

La halle au blé vient d’être dotée des équipements nécessaires au multimédia et retenue comme vitrine

des technologies. La plate-forme spécifique d’Alençon va se spécialiser dans la signature électronique

publique. Ainsi Alençon pourrait être le lieu de la recherche française sur les plans tant juridiques que

technologique pour la signature électronique des actes publics ou à authentifier en général. Le 2 nd

thème est la e-santé où des projets doivent naître dans l’espace Internet de la Rotonde. Mais le projet le

plus avancé est l’échangeur espace de démonstration des dernières innovations technologiques au

service du commerce. Pour répondre à la demande croissante des entreprises et des collectivités

territoriales en matière de sensibilisation et de formation aux nouvelles technologies, l’espace

échangeur proposera principalement des formations dans ce domaine et aidera à la sensibilisation des

entreprises aux nouveaux enjeux du commerce et de l’échange électronique. Cette association

s’ouvrira également aux autres projets qu’accueillera notamment la Halle au blé comme la vidéo à la

demande (consulter une vidéo désirée sur un micro ou une télé) ; le studio de visioconférence ; le

bureau virtuel (équipements nécessaires pour se connecter pour les entreprises itinérantes).



III) Laval VIRTUAL

Le développement de la technopole Laval est caractéristique d’une approche politique construite en

fonction d’impératifs de développement économique pris à bras-le-corps et d’une manière

volontariste. Les objectifs étaient ambitieux, relatif au futur d’Internet en utilisant des images de

synthèse et reposant sur de processus d’interactions mobilisant le niveau symbolique. Cela a mené le

groupe de Laval à tout miser sur la réalité virtuelle. Le projet a existé suffisamment pour que se

l’approprient tous les partis politiques, les associations de citoyens, la totalité des acteurs potentiels.

Afin de réaliser cette implantation, 3 pôles ont été crées : un événement annuel, les Rencontres

internationales de la réalité virtuelle, future pendant européen du SIGGRAPH américain ; un centre de

réalité virtuelle permettant de projeter des modèles en taille 1 et de les manipuler en temps réel,

permettant de réaliser une revue de projet virtuelle, l’objectif étant de modifier des modèles virtuels à

moindre coût que des modèles réels (ex Renault), beaucoup de partenariats… ; un parc à l’image du

futuroscope sur la simulation pour convaincre la population mayennaise en produisant un effet

différenciateur par la réalité virtuelle, le “ Laval virtual ”.



IV) Le pari de Lille métropole

Lille a fait le pari de créer 10 000 emplois dans les TIC dans les années à venir. Le contexte a été

rendu favorable par un contrat de plan Etat-région, la création d’un festival du film sur Internet,

l’existence de pôles de compétences en image numérique, e-business et e-santé, la création de

l’association de Digiport…Dans ce but, une sensibilisation en vue de l’appropriation des technologies

de l’information, la recherche de l’attractivité et l’accompagnement de projets d’entreprise a été faite.

La sensibilisation est une démarche complexe qui couvre la mise en place de cybercentres, le

développement des services des villes numériques…La compétition étant rude, l’attractivité s’est

renforcée avec la spécialisation des 5 pôles autour de Lille.



A- Le rôle charnière du digiport

Le Digiport est un centre de services à valeur ajoutée qui concernent tout à la fois l’animation et le

coaching d’entreprises avec les dispositifs d’accueil et d’incubation, le soutien des projets collectifs

avec entre autres les espaces alloués aux centre de formation, la promotion des usages professionnels







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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





des technologies …Il a un rôle d’intégrateur pour les entreprises mais a aussi une politique d’accueil

pour la population locale.



V) Ile-de-France

A l’exception notable d’Issy-les-moulineaux, peu de moyens ont été déployés à l’origine en Ile-de-

France. Beaucoup d’entreprises n’ont pas de lien avec les collectivités locales ou encore les ont brisé.



VI) Les comités d’expansion et agences de développement

Les TIC sont des outils au service du développement économique et des actions menées par les

Comités d’expansion et les agences de développement. 70% ont un intranet et 56% ont un site web

pour conseiller et orienter les entreprises pour la création, l'implantation, la transmission ou la reprise

des entreprises. Mise en ligne de bases de données également.



VII) La position d’attente des PME françaises par rapport à Internet

Les petites entreprises permettent à des entrepreneurs de mettre en pratique leurs idées innovantes, à

l’inverse des grands groupes. Ces petites entreprises sont souvent innovantes mais ne trouvent pas de

niche d’usage. ce marché sera ainsi repris par les grands qui auront tout de même besoin à nouveau des

petits pour faire le relais à la population. Ce phénomène est étonnant et ne s’est pas encore produit

pour Internet : par exemple, les petits entrepreneurs n’ont pas encore essayé les rues commerçantes sur

le net.



Chapitre 4 : espace multimédia et politique d’accueil des publics



Est-ce suffisant que de permettre l’accès ? L’absence de politique publique au niveau de l’ouverture

répondant aux besoins de la population en même temps est à noter de la part des collectivités

territoriales. La politique tarifaire doit être adaptée aux publics concernés en ce qu’elle ne doit pas

éliminer des segments de population au profit d’autres, sans pour autant créer des phénomènes

d’engorgement autour des machines dans les espaces publics. L’objectif demeure la familiarisation des

populations concernées avec l’usage d’Internet sans imposer quoi que ce soit, avec une vraie

convivialité préservée et une offre d’accès très flexible pour répondre aux contraintes du budget temps

de plus en plus serré des personnes concernées.



I) L’offre commerciale

Elle a su s’adapter à ce type de contraintes. Il y a d’une part les cybercafés traditionnels et d’autre part,

les supermarchés de la connexion au Web ouverts 24/24 offrant plusieurs centaines de machines avec

une tarification réduite et évolutive selon le taux de remplissage. La principale compagnie présente en

France est easyEverythig dont le mode de fonctionnement permet, outre d’accéder aux réseaux, de

consommer du café, d’acheter des cd-roms ou de les graver. Le taux de fréquentation est élevé, ces

personnes ont souvent un équipement chez eux mais ils viennent pour avoir un meilleur matériel ou ne

pas être seul.

D’autres modalités d’accès sont proposées par des organismes publics et des entreprises privées (ex :

bornes cyber easy, Netanoo, cyberposte, cyberdeck).



II) La politique tarifaire dans les espaces publics

Certains sont payants et d’autres gratuits : cela entraîne souvent beaucoup de débat au sein de la

collectivité, l'institution, le lieu qui veut installer Internet. Le résultat est que les gens viennent aussi

nombreux mais ils n’appartiennent pas aux mêmes catégories sociales.



A- La modulation des tarifs en fonction de la configuration locale

Les tarifs pratiqués se situent en moyenne autour de 3 euros de l’heure, avec des extrêmes. Le type de

connexion influe sur la possibilité de modulation des tarifs, tout comme les coûts d’achat et de

maintenance du matériel informatique inclus dans le calcul du coût à facturer dans le cas d’une

approche purement marchande. Le critère des horaires est aussi à prendre en compte : certains

pratiquent une tarification dégressive.







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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





B- L’incidence des tarifs sur les publics et l’organisation de l’espace

A partir de certains niveaux de dépenses nécessaires pour pouvoir se connecter régulièrement des

segments entiers de la population sont éliminés et ne peuvent plus venir dans les espaces. Il faut donc

envisager une modulation des tarifs en fonction des ressources des utilisateurs potentiels et de leur

besoin d’usage intensif à certains moments de leur vie. L’organisation de l’espace s’en ressent : si

c’est gratuit, il y a beaucoup plus de monde et donc il faut limiter l’utilisation à une heure maximale

ou encore réserver 2 semaines à l’avance. Par ailleurs, en fonction des usagers (initiés ou non) la

masse salariale augmentera et donc le coût également.



C- Le contrôle des heures de connexion, des invasions de virus et des sites accédés

Ces contrôles sous la responsabilité des animateurs concernent les règles d’utilisation du matériel, y

compris le contrôle du temps d’utilisation et de comportement social conforme aux règles de

fonctionnement de l’espace. Dans les centres payants, le contrôle de temps de connexion se fait avec

un logiciel. Sur le plan technique, les virus sont bien contrôlés. Pour l’interdiction de certains sites, il y

a des logiciels comme par exemple France Télécom utilise.



D- L’incidence du nombre de postes et de leur disposition

Les conditions d’accès dépendent aussi du nombre de postes disponibles (prévoir et réguler

l’organisation des postes peuvent être non disponibles à certains moments…), du confort de

l’aménagement de l’espace (3 possibilités d’orientation : postes le long des 3 côtés vers l’extérieur

propice à séance de formation classique mais moins convivial ; postes le long des 3 côtés vers

l’intérieur plus convivial ; postes en petits groupes perpendiculaires à lafois bien pour la formation et

conviviale), de leur affectation et des horaires d’ouverture.



E- L’incidence des horaires

Les horaires d’ouvertures sont aussi à moduler avec précision pour éviter les heures creuses où le

matériel est sous-employé. Il est nécessaire d’envisager d’ouvrir les WE, jours fériés et en soirée,

moments où le public concerné est vraiment disponible. Le problème est souvent le manque de

personnel. La gestion du personnel d’accueil de ces espaces devrait combiner certes des emplois

jeunes mais aussi des bénévoles retraités. Pour faire l’accueil et la 1 ère initiation à Internet, point n’est

besoin d’être grand clerc en informatique et multimédia. Ces retraités peuvent donc représenter un

appui sérieux venant compléter les interventions des emplois jeunes sur des créneaux horaires à

définir.



III) Le nécessaire croisement des activités et des services offerts en réseau

Le fait de pouvoir croiser des activités diverses au sein de la zone libre accès devrait favoriser la venue

à maturité des projets personnels.



A- La cyberbase de Vesoul

A Vesoul, la politique d’accès a été facilitée par les horaires.



B- Région Nord – Pas-de-Calais

Une charte des cybercentres de la région a été elaborée dont les 3 points suivants méritent d’être

mentionnés : ouverture des cybercentres à tous les publics, partage de savoir-faire avec les collectivités

locales, réflexion sur l’insertion du cybercentre dans un projet global/local, c’est-à-dire dans une

dimension territoriale. Les espaces de ressources multimédia dans les centres socioculturels

complètent le dispositif. L’association CREATIC se charge de leur gestion. On peut proposer un

méthodologie pour inscrire les activités dans les centres multimédia dans la vie quotidienne des gens.

La recomposition du territoire passe par la mise en place de nœuds multiservice, sortes d’espace de

2ème génération, lieux où l(on peut venir se distraire, se restaurer…Mais il faut aussi penser à des outils

statistiques pour rendre compte de l’impact de ces espaces sur les groupes concernés. Des enquêtes

seront organisées dans la région sur les profils des usagers, l’évolution des usages et l’évolution des

besoins et de l’offre.









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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





C- La prise en compte des paramètres d’accès dans l’aménagement architectural

Un cahier des charges tel que celui qui suit pourrait être donné à l’architecte chargé de la mise en place

d’un espace public d’accès aux TIC, en fonction de l’ensemble des paramètres explorés plus haut.

L’espace public doit se situer de préférence à une position stratégique, à proximité des transports par

exemple. Par ailleurs, son architecture doit répondre aux caractéristiques intérieures et extérieures

propres aux fonctions qu’il occupe. Par son architecture ouverte et accueillant, il constitue une

invitation pour tous à y pénétrer et facilite ainsi les échanges entre l’extérieur et l’intérieur. Il doit être

reconnaissable. L’aménagement intérieur a pour objectif d’offrir un accès personnalisé à chaque type

de visiteur. Cette approche implique de prendre en compte la diversité des visiteurs (niveaux de

culture et d’expérience, âge…), de leurs demandes et d’inscrire des réponses dans l’agencement des

lieux. La recomposition de l’espace public implique la recherche des complémentarités. L’analyse du

besoin d’être séparé – ensemble fait qu’il faut cibler les activités de groupes pour éviter

l’accaparement des lieux par telle ou telle catégorie. La création, l’intégration et l’association des

espaces implique en conséquence une réflexion poussée sur leurs agencements pratiques et

conviviaux. Une certaine flexibilité dans les usages de ces lieux, propice à la recréation du lien social,

était proposée dans une approche de bassin de vie selon une éthologie urbaine privilégiant les

échanges et la convivialité. Le modèle de l’organisation de l’espace est à méditer également en

fonction du débat entre le développement voulu de tels carrefours ou la nécessaire décentralisation qui

devrait caractériser ce genre d'offres de services.

Il faut se méfier de ne pas appliquer d’autres procédures sur la technologie Internet si celle-ci n’est pas

introduite dans la culture des gens. Par ailleurs, il est dangereux de vouloir créer du lien social

seulement autour de l’usage d’outils de communication. Le possible appauvrissement des échanges

peut en décourager vis-à-vis de ces technologies.



Chapitre 5 : les publics et les principaux usages des infotechnologies



Dans un contexte où les lieux d’accès évoluent et où les usages ne sont pas encore stabilisés, les

attentes, les pratiques et les représentations des publics sont à prendre en considération dans le

processus d’appropriation sociale. Il faut évaluer le pouvoir d’attraction d’un tel lieu sur la population

environnante.



I) Essai de définition du public d’un cybercentre (analyse des résultats de l’enquête

d’opinion sur le cybercentre de la Meinau)



A- Identification du public : répartition par groupes d’âge

La majorité des personnes interrogées ont entre 10 et 19 ans, puis un proportion moindre d’adultes

entre 20 et 29 ans dont 72% de femmes (mères de famille qui ont été cherché leurs enfants à

l’école).L’échantillon est donc composé de 64% de mères et de jeunes collégiens ou lycéens.



B- Fréquentation du cybercentre

36% fréquentent le centre de la Meinau. La répartition par sexe est quasiment égalitaire. La majorité

ont entre 10 et 19 ans.



C- Fréquentation occasionnelle ou régulière

Les femmes sont majoritairement des utilisatrices occasionnelles. Cette tendance s’inverse totalement

dans le cas des hommes.



II) Les types d’usage

5 types d’usage.



A- La phase d’initiation

La demande d’initiation et d’apprentissage provient de personnes de tous les âges ; elle concerne les

outils de bureautique mais surtout Internet. L’initiation est empirique et procédurale : on apprend à

exécuter des successions de gestes. Il n’y a pas de modèle préétabli des notions à transmettre. Pour les

primo-utilisateurs, il faut donc apprendre à se servir du clavier, de la souris, des fonctions de base de





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l’ordinateur. L’initiation concerne ensuite les procédure simples comme l’utilisation du courrier

électronique. Il faut s’adpter au niveau des utilisateurs.

B- Les activités ludiques

Les jeux fascinent jeunes et adultes surtout en réseau. Les jeux en ligne à dimension locale permettent

d’affronter ses amis quand chacun dispose d’une machine connectée. Les jeunes préfèrent la baston et

les adultes les jeux de rôle en ligne.

Par ailleurs, il y a l’attrait ludique pour la discussion en ligne, pour les jeunes comme pour les adultes.



C- L’atelier de formation, la formation collective sur le tas et l’autoformation

Avec les outils comme les procédures de téléchargement de fichiers, le traitement de texte, logiciels de

création multimédia…, il est nécessaire d’avoir une formation dans le cadre d’un atelier spécifique ou

de demander à ses voisins d’écran ou de s’autoformer en utilisant les manuels disponibles. Par

conséquent, la demande pour une formation structurée, de la part des usagers est forte car ils ne

veulent pas perdre de temps à tenter de découvrir la manière de procéder par eux-mêmes. Le niveau

visé est l’acquisition d’un savoir-faire précis et la consolidation d’un savoir. L’aspect qui diffère de la

formation classique dans les ateliers est la souplesse de la relation de proximité entre l’animateur et les

apprenants, qui est là pour dépanner et conseiller plus que pour inculquer un savoir. Par contre,

l’autoformation avec seulement l’assistance épisodique d’un animateur peut entraîner des difficultés

de compréhension.



D- Le développement de projets à caractère personnel dans la zone libre d’accès

La formation aux outils telle qu’elle a été vu plus haut est souvent liée à l’existence d’un projet

personnel de l’apprenant, dont la 1ère étape la plus commune est la création de la page personnelle

évidemment. Les projets personnels sont les résultats de passions individuelles débouchant le plus

souvent sur la création d’un site web destiné à favoriser les contacts avec d’autres internautes

partageant la même passion. L’accès libre, qu’il soit payant ou non, est le mode privilégié pour

pouvoir permettre à ce type d’usage de se développer. L’accès libre correspond à un mode

d’utilisation des outils de communication où les usagers sont suffisamment autonomes pour se

débrouiller tout seuls ou en groupe et où l’intervention de l’animateur n’est que ponctuelle. C’est en

quelque sorte la 2ème étape du processus de réduction de la fracture numérique : l’accès libre est le

moment où s’exprime la créativité individuelle de l’usager et qui est le plus difficile à accompagner du

fait de la diversification considérable des thèmes d’intérêt. Dans le but de projet personnel, les

contraintes de temps doivent être les moins pressantes possibles. L’accompagnement de projet est

souvent vu comme une chance pour les animateurs lassé de l’initiation car il leur donne l’occasion de

se spécialiser pour répondre aux demandes pointues de l’usager.



E- La recherche en vue de l’activité professionnelle ou sa préparation

La recherche d’emploi sur Internet constitue un complément, un moyen d’élargir les demandes et de

multiplier les possibilités d’embauche.



III) Les typologies d’usagers

2 variables sont à prendre en compte : l’assiduité et l’investissement personnel.



A- Assiduité

Le clivage usagers novices / usagers assidus se fait précisément sur une expertise procédurale

permettant de dépasser la phase de tâtonnement et de découragement éventuel. Les personnes assidues

reviennent au moins une fois par semaine en moyenne.



B- Le projet d’usage

Il est au cœur de la démarche de l’utilisateur d’un espace public : il vient le plus souvent pour utiliser

les outils avec un but précis. On peut distinguer 2 attitudes : l’ “ hobbyiste ” au sens d’activité

désintéressée dans laquelle la variable temps est 2daire, ou l’utilitaire au sens où la démarche s’inscrit

dans un devenir temporel synonyme de retour à ou d’amélioration de l’activité professionnelle.

Mais il nous faut distinguer ces attitudes en fonction du public.







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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





C- Les enfants (8-12 ans)

Leurs usages s’inscrivent dans le cadre de projets personnels ou d’activités scolaires. Celles-ci vont de

la saisie d’un devoir en traitement de texte à l’ajout d’images. Ils aiment surfer sur les sites de loisirs,

sports, musique, cinéma…et consultent leur messagerie. Les projets personnels des plus jeunes

consistent souvent à collectionner des images de leurs idoles.



D- Les adolescents (12-18 ans)

Ils investissent davantage en termes de libido sur le réseau et ont un comportement plus cachottier en

quelque sorte par rapport à l’animateur car ils ont tendance à télécharger des photos plus osées et à

pratiquer le chat à l’instar du Minitel rose. Les utilisateurs réguliers viennent une fois par semaine au

moins. Il s’agit souvent de jeunes venant l’après-midi. Le dialogueur ou le chatteur a lui au moins 17

ans et se concentre sur les forums de discussion au moins 2 fois dans la semaine de 2 à 3H. Il est

difficile pour un animateur d’intervenir dans une session de chat et de proposer autre chose. Les jeunes

ont tendance à “ squatter ” plusieurs machines ou à s’emparer d’un poste quand l’utilisateur s’absente

pour quelques minutes. Aussi il faut avoir un des 3 paramètres de contrôles suivants : encadrement très

présent, plages d’accès libre réduites, accès payant pour garder la maîtrise du dispositif et contenir les

jeunes usagers.



E- Les jeunes adultes et les adultes

1- Etudiants et amateurs d’informatique : ces eux catégories ont été regroupées à cause de leurs

potentiels pour aider les animateurs. Les étudiants sont le plus capables de tirer profit de ces

espaces dans la mesure où ils ont le niveau culturel et technique suffisants pour être autonomes

très vite et s’autoformer, au besoin en se faisant aider de leurs pairs. Ce sont des utilisateurs

intensifs qui ont plusieurs accès Internet et viennent dans les espaces pour faire des économies,

ayant en général des budgets limités. Les amateurs d’informatique ne sont pas forcément des

étudiants en informatique. Equipés chez eux, ils viennent pour télécharger des fichiers, des

logiciels libres de droit. Ils s’intéressent à la programmation et peuvent aider les animateurs grâce

à leurs connaissances pointues sur leurs domaines de prédilection.

2- Les hobbyistes : Il s’agit de personnes d’âge varié, susceptibles de participer à des communautés

d’intérêts du fait de leur hobby. Leur potentiel communicationnel est concentré sur leurs

semblables. Ils créent souvent leur propre site pour se faire connaître.

3- Les adultes utilisant Internet pour répondre à leurs besoins immédiats utilitaires : le touriste, le

voyageur ou l’étudiant résident / étranger utilise quasi exclusivement le courrier électronique pour

communiquer avec ses proches éloignés géographiquement. Recherche d’emploi et préparation au

télétravail.



F- Les personnes âgées

Les retraités se rangent dans 2 catégories : ceux qui recherchent un contact au travers des technologies

de la communication pour sortir de leur isolement et ceux qui veulent correspondre avec des amis, des

parents éloignés, enfants et petits enfants.



IV) Réflexions sur les usages

La société de l’information se caractérise par l’accélération des échanges permise par l’usage intensif

des réseaux. Le modèle libéral veut imposer la liberté de circulation des biens et des services, des

capitaux et des informations.

Le temps, c’est de l’argent et pourtant il y a un aspect extensible de la conception du temps pour les

usagers des espaces publics multimédia. Aussi, l’intérêt de ces espaces est de donner du temps au

temps et d'offrir un lieu où le temps individuel est modulable à volonté selon l'activité envisagée et

selon le mode choisi par l'individu pour la pratiquer. C’est une zone de liberté individuelle à offrir au

citoyen, en lui laissant la possibilité de gérer sont temps comme il l’entend. Dans ces conditions,

l’apprentissage de l’usage des TIC est bénéfique.

L’usage d’Internet dans les lieux publics se justifie aussi par l’aspect lien social par opposition à la

consommation à domicile, individualiste et isolante. C’est une structure de rencontre, d’échange, pour

l’accompagnement de projet, d’activités artistiques et d’actions culturelles, de formation de lieu et

milieu de travail, économiquement rentable en terme de coût de connexion. 2 synergies paraissent





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particulièrement importantes à rechercher et à favoriser : la relation à la formation et au travail. Quel

qu’en soient les usages, les espaces numériques sont des lieux d’apprentissage. De la plus informelle à

la plus structurée, une grande variété de construction de savoirs s’y pratique.



Chapitre 6 : espaces multimédia et modalités d’apprentissage



Il faut ici brièvement évoquer le statut de la connaissance dans la culture moderne qui en fait une

culture instantanée différente de la transmission culturelle traditionnelle. Sur Internet, il faut trier et

valider l’information. ce rapport à la connaissance est certainement ce qui différencie les capacités des

individus en termes discriminatoires : les capacités intellectuelles d’analyse et de synthèse sont plus

que jamais mises à contribution.



I) Animation et accompagnement

Ce travail paraît plus que jamais indispensable.



A- L’éducation populaire dans les cybercentres de Strasbourg

L’éducation populaire est une idée généreuse née au XIXème siècle. Elle a été mise en œuvre à partir

de 1936 par le Front populaire et ensuite à la Libération. Elle est destinée à compenser le manque

d’instruction des individus des classes les plus basses de la société en leur apportant les idées

libératrices et les savoirs permettant de se dégager de leur condition. Sa traduction en langage moderne

donne les concepts de l’éducation tout au long de la vie.

A Strasbourg, malgré la volonté de réduire par de dispositifs la fracture sociale notamment très visible

entre le centre ville et les cités périphériques, force est de constater 2 freins : l’un institutionnel et

l’autre sociétal. En 1995, un programme d’éducation populaire a été mis en place avec pour objectifs

de recréer le lien social dans les quartiers défavorisés en reconstituant des systèmes de références

communs. Afin de favoriser l’opinion à ce programme, des débats ont été organisés sur des thèmes qui

intéressaient les habitants des cités.



B- Le dispositif des cybercentres, de la maison de l’image et du CRICA

Ainsi le dispositif a été pensé pour permettre le développement de chacun en proposant des activités

sociales, culturelles, éducatives et artistiques. Le réseau des cybercentres s’est mis en place sur 3

années et a consisté à ouvrir 4 lieux selon une approche ciblée en fonction des publics à toucher. La

gratuité des lieux a longtemps été discutée et l’a emportée sur la base du respect du service public et de

la volonté de ne pas éliminer les plus pauvres, ceux précisément qu’on voulait toucher en 1 er. S’il y eu

de bonnes initiatives avec des formations spécialisées par exemple, et un public au rendez-vous, peu

de projets personnels ont pu être développés. Cependant, il y a eu de nombreuses autres initiatives

comme Weborama, Webtrottoir (microtrottoir..)…



C- Les limites rencontrées au-delà de la phase d’initiation à Internet

Le rapport sur l’observation et analyse d’usage des réseaux s’est penché sur Strasbourg et a vu des

signes de dérive par rapport aux principes. Les usagers, une fois initiés, reviennent pour utiliser les

outils de communication à leur façon. Ils passent à une logique de consommation et très peu de projets

collectifs ont émergé des cybercentres. Les jeunes défavorisés y reviennent mais pour s’y amuser en

groupe. En fait, il a été constaté que la moitié de ces jeunes avaient des projets mais qui n’ont pu être

développés en raison de la non préparation et non formation des animateurs.

La difficulté du passage de la phase d’initiation à la construction de projets individuel ou collectif est

peut être à rechercher du côté de 2 règles de fonctionnement : par exemple, la rotation systématique

des animateurs d’un centre à un autre qui les empêche de suivre les usagers et d’autre part, la

limitation de l’accès dans le temps pour assurer le renouvellement des usagers. En 2001, les

animateurs ont été affectés à des entres pour tenter de remédier à ce problème. Toutefois, il y toute une

pédagogie de projet à mettre en place (prendre en compte l’environnement affectif de la personne, ses

représentations, son profil cognitif..), ce à quoi ne sont toujours pas formés les animateurs. Enfin, le

résultat actuel est que les habitants du quartier ont une image de ce cybercentre comme étant destiné

exclusivement aux jeunes, sans trop savoir ce qu’ils y font d’ailleurs.







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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





D- Point de vue de la population du quartier sur le cybercentre de la Meinau (analyse

des résultats d’une enquête d’opinion)

1- Connaissance de l’existence des cybercentres : cette enquête s’est déroulée sous forme de

questionnaires remplis dans la rue, aux alentours du cybercentres et à une heure où surtout mères

et enfants. La majorité connaissent l’existence de ce cybercentre.

2- Mode de découverte de l’existence du centre : Il s’est fait connaître essentiellement à travers le

bouche-à-oreille. Ce résultat est surprenant d’autant que l’équipe du cybercentre a produit une

plaquette d’info, des émissions de radio…Un déficit de communication semble subsister. 36% de

la population interrogée fréquentent le centre pour des activités d’initiation à Internet, puis à la

bureautique et les jeux.

3- Raisons pour ne pas fréquenter le cybercentre : manque de temps (25%), manque de motivation

(25%), possession d’un ordinateur ou possibilité d’accès à Internet (15%), manque d’information

du public (13%).

4- Attentes par rapport au cybercentre : le désir de formation est le plus important (49%). Ce besoin

englobe aussi bien la demande de formation à Internet, aux logiciels, que la préparation de projets

personnels. Il y a aussi un désir d’une réelle aide sociale (aide à la préparation de concours

administratif, aide aux devoirs…). Cette demande révèle un besoin de soutien social au sein du

quartier et pose la question de la place que doit occuper le cybercentre.



E- Le cybercentre du Neuhof

Initialement prévu pour l’insertion professionnelle, ce centre se cantonne à la rédaction de CV et la

consultation d’offres d’emploi. L’AFEV (association d’aide aux devoirs) y occupe le terrain. Nous

avons donc une population d'assistés. Les associations y sont les vecteurs obligés, les courroies de

transmission entre la mairie et la population. Un groupe de jeunes a d’ailleurs déclaré vouloir

transformer ce quartier d’assistés en celui de citoyens actifs, responsables de leurs actes et de leur

devenir. Mais pour l’instant cela a été laissé de côté.



F- Le Centre de ressources des initiatives culturelles et artistiques (CRICA)

Le CRICA soutient les cultures émergentes, appellation qui correspond à la recherche d’une

reconnaissance de la part des institutions, notamment dans le domaine musical mais également dans

celui de la danse et du théâtre. Sa vocation est de libérer des espaces et des projets où pratiques

professionnelles et amateurs peuvent se côtoyer. Aussi des salles de répétition à l’abandon ont été

réhabilitées pour multiplier les possibilités d’accompagnement des groupes. Des résidences artistiques

et des projets de diffusion sont organisés périodiquement. Mais les contradictions affleurent derrière le

projet initial et il serait temps de faire un bilan pour améliorer la formule proposée.



G- La maison de l’image

Elle offre des ateliers audiovisuels pour la production de vidéos, clips et courts-métrages. L’objectif

fixé est “ l’appropriation collective et sociale des outils de production d’images et de spectacles

culturels ”, “ l’institution d’un régime démocratique de l’image ”, l’expérimentation d’une

communication de proximité, la création d’un “ véritable carrefour entre professionnels de l’image,

associations spécialisées et le réseau associatif de la ville de Strasbourg ” (JC RICHEZ). Suite à un

1er bilan, 3 jeunes ont réussi à faire valider leur expérience au niveau professionnel. Un double

obstacle continue à se dresser : la difficulté d’usage des outils spécialisés pour la vidéo numérique, la

question de la diffusion des productions.

La leçon à tirer de ce constat est qu’il n’est pas facile de parler d’éducation populaire par les TIC et de

penser qu’elle sera mise en application du fait de la seule volonté politique partagée avec les

associations concernées.



H- Absence de synergie entre les services de l’éducation populaire et les acteurs

économiques locaux

Comment ne pas continuer le questionnement en faisant remarquer que la conception de l’éducation

populaire dans les cybercentres de Strasbourg a évacué l’école sous prétexte qu’elle ne faisait pas bien

son travail mais a aussi éliminé tout contact avec les acteurs économiques locaux ? Ces tendances sont

liées à leur contexte : image du secteur privé avec conception marxiste. Donc la conception du service





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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





public est isolée de tout contact avec le secteur privé vécu comme trop puissant pour ne pas être

susceptible de tenter de le corrompre ou d’en tirer des bénéfices indus. Par ailleurs, la relation, faite

souvent d’ignorance réciproque quand elle n’est pas conflictuelle, entre espaces publics d’accès à

Internet et cybercafés privés est un autre aspect du syndrome de la séparation hermétique entre ces 2

sphères. Pourtant les cybercafés répondent aussi à des besoins sociaux de réduction de la fracture

numérique en particulier lorsqu’ils insistent pour pratiquer des prix bas et abordables. Ne pourrait-on

donc pas envisager un partenariat privé / public ? De plus, il y a aussi des animateurs proposant des

formations dans les cybercafés. En vue des besoins souvent économiques des utilisateurs (emplois,

…), une bonne connaissance du tissu local est nécessaire tout comme pour identifier les compétences

demandées. On arrive à la constatation de la puissance publique municipale à se mobiliser sur des

besoins transversaux. Aussi ne serait-il pas grand temps d’accepter de collaborer pour développer

l’objectif commun du développement économique et social ? Cela demande concertation entre tous les

acteurs économiques locaux et dépassent les animateurs.



II) Autres approches à Lille et à Amiens

A Lille, la tête de réseau des cybercentres a crée un site et anime un forum en relation avec le direction

de la formation professionnelle du Conseil régional. Séminaires thématiques, intervention d’experts

…consistent à traiter un aspect d’intérêt général.



A- Amiens

Le programme de travail correspond d’abord à l’alphabétisation numérique des écoles avec la

passation de conventions pour l’offre de plate-formes de réalisation, des associations, des particuliers

en vue d’activités telles que la bourse en ligne. Une centaine d’animateurs font vivre les espaces, dans

les petites communes, des créneaux sont réservés aux retraités, des semaines sont banalisées sur des

thèmes…Un autobus, Busnet offre également des formations itinérantes. La mission principale de

animateurs n’et qu’une de leurs tâches, ils mettent en place des services administratifs en ligne. On

peut donc imaginer développer des spécificités selon les EPN pour des projets personnels ou collectifs

et en prenant compte des jeunes. En effet, les jeunes sont interdits de chat avant d’avoir défini un

projet.



III) Conditions d’un rapprochement entre espaces publics et écoles de la 2ème chance

Les lieux d’accès aux réseaux pourraient être le lieu d’un réflexion novatrice sur l’école de la 2 ème

chance. Le programme “ école de la 2ème chance ” a été crée par la commission européenne, du temps

où E. CRESSON était commissaire à l’éducation. Cette action pilote communautaire a pour objectif

de donner à des jeunes sans diplôme une nouvelle chance d’insertion économique et sociale par la

formation. Le format de l’école de la 2ème chance offre une approche pédagogique centrée sur les

besoins, les capacités et les aspirations des jeunes : apprentissage actif et constructif, un

environnement qualifié (enseignement, formation, conseil, suivi individualisé), un rôle important

donné à l’informatique et au multimédia, une recherche de qualification pertinente sur le marché du

travail. La participation des jeunes au choix des règles de fonctionnement de l’école est une

possibilité : il s’agit de responsabiliser ces jeunes adultes en proposant des formes de cogestion. La

scolarité est basée sur l’alternance avec la majorité du temps passé en entreprise. Différentes villes de

France en font l’expérimentation. Les aspects notables en sont l’individualisation de la formation qui

altrne enseignements généraux et stages en entreprise. L’objectif est d’offrir au même endroit tout ce

qui peut aider à l’insertion des jeunes les moins qualifiés. Ce la coûte très cher d’autant plus qu’elle

implique la formation des formateurs à une pédagogie plus innovante, avec un enseignement

fonctionnant par projet et par groupes à effectif réduit.



A- Evolutions possibles des systèmes scolaires face à l’irruption des outils de

communication

La question essentielle est le constat de la nécessité d’innovations et de transformations radicales des

modèles pédagogiques de transmission de connaissances si l’on veut que les processus de formation

soient possibles avec usage d’Internet, et cela de manière égale pour tous. Les prévisions concernant

l’évolution probable du système scolaire sont à prendre en considération si l’on veut évaluer le rôle

que pourraient jouer les espaces publics d’accès aux TICdans l’approche de l’éducation tout au long de





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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





la vie. En effet, l’exemple des cybercentres de Strasbourg montre que l’école reste le principal acteur,

absolument incontournable, même si l’on peut contester son efficacité, dans le champ de la formation.

Le souci d’inscrire le système scolaire dans son environnement socio-économique conduit à envisager

l’évolution qui peut se produire. Le rapport de l’OCDE sur le devenir de l’école dans les années à

venir laisse voir 6 scénarios que l’on pourrait ramener à 4 : le 1er est un isolationnisme splendide,

l’école résiste à tout changement, malgré la pression des parents, la critique des médias et des

employeurs ; 2ème scénario est que les pouvoirs publics encouragent l’entrée de prestataires privés en

favorisant la formation à domicile, risque d’un éclatement du système égalitaire de l’école pour tous et

perte de l’enseignement de la citoyenneté, perte des facteurs de socialisation, d’intégration, de mixité ;

les scénarios 3 et 4 présentent la situation opposée où l’école s’adapte pour répondre aux défis qui lui

sont posés par la société de l’information. Dans ces 2 cas, l’école s’attelle au chantier de la réduction

de la fracture sociale et de la crise des valeurs, les critères de réussite seront en terme d’intégration

sociale ; enfin les scénarios 5 et 6, jugés plausibles par les experts de l’OCDE, voient l’arrivée sur

Internet de formules d’enseignement privées et individualisées, destinées aux élèves fortunés, laissant

les rejetons des classes défavorisées stagner dans les écoles pour “ exclus du numérique ”.



B- Nouvelle pédagogie des réseaux à développer

La question centrale qui se pose est la contradiction actuelle où nous nous trouvons avec le constat de

l’inadéquation du modèle pédagogique transmissif avec ses 3 impératifs d’unité de temps, lieu et

d’espace remis en cause par les nouveaux outils de communication qui peuvent servir aussi à la

formation de manière individualisée, sans contraintes de temps et d’espace, remettant en question le

rôle et la fonction d’enseignant. En fait, le problème réside dans l’absence d’expérimentation à grande

échelle d’une autre pédagogie des réseaux qui, de par les résultats qu’elle obtiendrait, pourrait donner

confiance aux enseignants pour les amener à l’adopter.



1- L’apprentissage collaboratif : il se pourrait que ce soit une réponse, par le fait qu’il introduit un

autre modèle reposant sur des échanges qu’on pourrait qualifier d’horizontaux entre apprenants au

lieu du paradigme transmissif qui, lui, est hiérarchique, en ce sens que l’enseignant est sur sa

chaire, au-dessus des élèves, car il possède le savoir qu’il transmet selon des règles strictes de

communication et d’évaluation. dans la collaboration, l’individu va plutôt tirer profit à la fois de

l’accès aux bases de données en ligne et des échanges entre apprenants qui vont l’aider, par un

processus de mimétisme et au travers du conflit socio-cognitif, à bâtir ses connaissances. Si l’on

considère que chacun a des capacités différentes en terme de construction de connaissances, on

peut envisager que le groupe servira soit à compléter une démarche défaillante, dans le cas d’un

apprenant plutôt faible (transfert de contenu du groupe vers l’individu), soit à faire partager une

contribution dans le cas d’un apprenant plutôt fort (transfert de contenu de l’individu vers le

groupe). Dans ce cadre, l’action de l’enseignant est à 2 niveaux : il encourage les échanges

horizontaux en notant les contributions apportées par chacun et il peut se consacrer aux plus

faibles en les poussant à poser des questions au groupe. Il s’agit d’aider à apprendre et non pas de

transmettre des savoirs. L’apprentissage collaboratif suppose quelques conditions

d’accompagnement pour fonctionner : les relations entre les personnes doivent être mesurées à

l’aune de l’urbanité et de l’écoute réciproque, de même groupe s’entendant bien pour assurer le

mécanisme d’essai-erreur sans contraintes. L’apprentissage collaboratif pourrait être aussi le bon

modèle en ce qui concerne l’usage des réseaux comme moyen d’apprendre avec d’autres étudiants

et un enseignement à distance. Mais il faut trouver un bon équilibre entre les rapports face-à-face

et les échanges virtuels. Les face-à-face ne doivent pas être supprimés. Les espaces multimédia

pourraient devenir des lieux d’apprentissage collaboratif car ils permettent des regroupements

d’apprenants face à face aussi bien que des sessions de formation à distance par l’intermédiaire

des outils par les réseaux qu’ils mettent à disposition des apprenants, les animateurs-médiateurs se

chargeant des échanges présentiels et laissant aux experts à distance la relation de référence aux

contenus et aux connaissances.

2- Les méthodes d’apprentissage collaboratif : ces techniques s’appuient sur la méthode des échanges

de savoir, qui présuppose que les personnes soient prêtes à partager leurs savoirs et savoir-faire,

qu’elles soient mises en relation avec d’autres individus désireux d’acquérir ces savoirs en paire

d’échanges où l’un apprend à l’autre et réciproquement dans le cas d’un échange croisé ouvert ou





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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





fermé. Pour cela, il faut prendre en compte la formation des animateurs mais aussi la liste de

contenus et de services.



IV) Pédagogie pour les jeunes

La question est de trouver les moyens d’offrir une 2ème chance aux jeunes défavorisés mis en contact

avec Internet dans les lieux publics d’accès au web, par une méthode qui mette à leur disposition les

clés d’accès au savoir. Cela n’est pas facile car les cybercentres sont des lieux où l’on est initié à

l’accès Internet mais où l’animateur n’a pas jusqu’à présent la mission d’assurer le rôle d’un

enseignant. Face à une demande d’au moins la moitié des utilisateurs des cybercentres qui souhaitent

développer un projet personnel, l’objectif est de leur apporter des solutions. Une nouvelle manière

d’appendre est proposée, basée sur l’implication personnelle au travers des personnages auxquels le

joueur s’identifie dans le cadre des jeux de rôles. Cette approche toutefois doit être intégrée dans un

processus de ré-appropriation où le joueur a retrouvé confiance dans ses capacités à apprendre qu’il

vient d’exercer dans le jeu et qu’il pourra appliquer dans sa vie personnelle pour tenter d’améliorer son

quotidien.



A- Apport des jeux de rôles et effet Pygmalion

L’observation de la manière dont se déroule les jeux de rôles confirma l’implication forte des joueurs.

La raison de l’implication forte des joueurs pour faire vivre les personnages qu’ils inventent vient

justement du fait de la création d’une entité symbolique représentant le joueur. Le maître de jeu

pourrait avoir un rôle pédagogique par le fait qu’il est en charge de la gestion des personnages

incarnés. On peut faire remarquer que son autorité n’est jamais contestée mais qu’il doit sans cesse

apporter des situations nouvelles, capables de stimuler l’intérêt des joueurs tout au long de la partie et

par conséquent le plus longtemps possible. A partir de la constatation de ce transfert, il est intéressant

d’observer que certains jeunes en échec scolaire prononcé se révèlent tout à fait différents dans le

cadre des jeux de rôles. Il se produit u décalage intéressant entre le moi habituel de l’individu et la

personnalité qui se révèle au travers du personnage. Cela montre bien que nous sommes influencés par

les résultats scolaires et que c’est donc un cercle vicieux pour la connaissance (on a de mauvais

résultats donc on est nul, et on ne sait rien). Ce déplacement produit donc une libération du moi

apprenant “ bloquant ” au profit d’un autre moi celui-ci joué, libre de toute connotation négative et

ayant retrouvé un appétit d’apprendre intact. Effet Pygmalion. Le MJ joue un rôle dans cet effet.



B- Apport du virtuel

Transposer un jeu de rôles sur Internet ne pose pas de difficulté majeure. L’animateur / MJ intervient

par courrier électronique, forum et chat interposés. Le pouvoir du MJ ainsi ne diminue pas.

L’implication des joueurs est toujours la même également. Les effets décrits plus haut sont constatés

de la même manière dans un jeu de rôle virtuel. 2 éléments nouveaux viennent se greffer : la

possibilité multipliée d’exploration de sources de savoir grâce à Internet ainsi que la richesse

d’évocation des mondes en 3 dimensions, qui est un élément clé permettant d’introduire la culture et

un point de vue artistique et créatif par l’intermédiaire de logiciels adaptés et la multiplication

d’œuvres individuelles et collectives sur le Web. Cela implique donc déjà la maîtrise des outils

d’exploration sur le Web.



C- La nécessaire appropriation

Tous ces phénomènes ne prennent leur sens qu’en fonction d’un retour au réel sous la forme d’une

appropriation individuelle des connaissances accumulées par l’intermédiaire du personnage et de

l’avatar dans le cas du jeu de rôles sur internet. Pour pérenniser le phénomène et déclencher un

processus e confiance en soi retrouvée, il importe que le joueur vérifie dans la réalité sa capacité

nouvelle à découvrir des informations et à les transformer en connaissances. Cela n’est pas évident.

Cette démarche complexe n’est possible que par la médiation de l’acteur collectif. 2 aspects sont donc

à envisager : développer les communautés de joueurs pour échanger des astuces et récits de

personnifications réussies et montrer les conséquences potentielles de l’exercice de jeux sur la réalité

dans le cas où la relation peut être faite.

La pratique des échanges de savoir s’inscrit naturellement dans ce contexte où l’on s’entraide non pas

pour jouer à l’enseignant mais parce qu’on a compris que la seule manière de survivre était de se





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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





soutenir les uns les autres. Ces techniques tendent à renforcer chez tous une conscience collective et

qui permet de faire bloc à l’idée que l’on ne vaut rien. Ainsi, l’acteur collectif permet de franchir sans

risque la distance entre ce que vous êtes et ce que vous pourriez et voudriez devenir.



D- Une 2ème chance ?

L’adhésion au modèle de formation traditionnelle où chacun étudie pour soi dans un cadre d’école

républicaine et où tout le monde a théoriquement les mêmes chances de réussir, est remise en question

par l’augmentation du nombre de laissés-pour-compte par le système scolaire. L’alternative offerte par

les TIC d’une 2ème chance pour ces populations suppose leur changement de comportement et la fin de

blocage psychologique. Les jeux de rôles pourraient constituer une alternative intéressante pour

donner le goût d’apprendre à ceux qui justement s’y adonne et dont un bon nombre correspond au type

non scolaire. La condition double est que les animateurs / MJ aient des connaissances spécifiques et

techniques pour pouvoir tirer profit des ressources d’Internet et sachent aiguiller leurs joueurs. Le

savoir-faire à développer concerne l’équilibre à préserver entre jeu et réalité. Ce rôle de médiation

vient nourrir les réflexions en cours sur les rôles des animateurs.



V) Pédagogie avec les adultes

Exemple de l’atelier bureautique de l’ASSOL (association des chômeurs de Nanterre). L’atelier

accueille les personnes qui viennent pour une réactualisation de leurs compétences bureautiques, un

apprentissage en vue d’une orientation ou d’un reclassement professionnel, une revalorisation

professionnelle. La formation à mettre en place s’inscrit sur 3 niveaux cruciaux : maîtrise des

connaissances procédurales ; élaboration des représentations de soi par rapport à l’usage des TIC ;

développement des capacités d’adaptation aux demandes du marché du travail.



A- Développement des connaissances procédurales

Les objectifs de la formation au traitement de texte et au tableur consistent à donner la maîtrise des

principales commandes. Parcours de formation à la carte. Grosso modo, 2 niveaux sont proposés :

initiation pour débutants et perfectionnement pour utilisateurs confirmés pour la bureautique et 3

niveaux pour l’utilisation d’Internet.



B- Capacités d’adaptation aux demandes du marché du travail

Pour les entretiens d’embauche, le jeu de rôles est utilisé tout comme pour le bilan de l’évaluation

personnelle et professionnelle, des mises en situation…Le suivi emploi et la mise en relation avec des

entreprises complètent le dispositif.



C- La pédagogie de l’acteur collectif

L’approche pédagogique développée ici est le fruit de l’expérimentation et de méthodes nouvelles

utilisées par Mehdi SERDIDI, animateur à l’ASSOL. Les usagers souvent bloqués sont incapables de

relier un exercice virtuel (les tabulations, par exemple) à un exercice réel correspondant ou

approchant. Ces usagers n’ont pas la conscience du virtuel, ni la culture de l’essai - erreur, 2

compétences que beaucoup d’enfants apprennent grâce aux jeux vidéo. Un des aspects des méthodes

actives en pédagogie est l’essai – erreur : si je n’essaie pas, je n’ai de chance ni de réussir, ni de ma

tromper. Pour ici, on laisse de côté la pédagogie transmissive car elle ne prend pas en compte les

blocages et les résistances des personnes par rapport à l’outil informatique. Ces blocages peuvent être

levés si l’animateur crée une dynamique de groupe d’une part pour mettre en confiance chacun et

propose d’ “ apprendre en faisant ”. Il y a donc des éléments de mise en condition pour cela : instaurer

un cadre associatif et créer une plage relationnelle basée sur l’ouverture et la souplesse des échanges

facilitant la dynamique de groupe. Du point de vue pédagogique, un effort doit être fourni pour mettre

les explications à la portée de tous (vocabulaire simple, représentations imagées…), entraîner à

mobiliser les capacités de raisonnement par des confrontations de point de vue, évaluations de

formation régulières, introduire Internet avant le traitement de texte pour réduire le blocage éventuel. 2

aspects méritent l’attention : le droit à l’erreur et le rôle de l’acteur collectif.

1- Le droit à l’erreur justifié par l’acteur collectif : souvent obnubilés par les résultats, ils ne

s’accordent pas le droit à l’erreur. Or la pédagogie par l’essai – erreur est essentielle. L’acteur

collectif doit jouer un grand rôle dans cela car si les gens sont à l’aise entre eux, personne n’aura





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de problèmes pour oser demander à l’autre e qu’il n’a pas compris. L’acteur collectif se substitue à

l’animateur et diminue le problème que peut éprouver un adulte à ne pas comprendre ou ne pas

savoir.

Un point important à noter est la différence entre la pédagogie transmissive où l’adulte peut faire

semblant de savoir, prend des notes … et la pédagogie de projet où l’acteur collectif prend en charge la

compréhension.



Chapitre 7 : Espaces multimédia et les nouveaux métiers de la médiation



La question des services offerts est aussi cruciale que celle des contenus pour provoquer une

appropriation de ces espaces par la population. De nouveaux métiers apparaissent, spécialistes de la

médiation basée sur les outils et les contenus numériques avec 3 pôles : gestion, animation et

évaluation des activités menées dans les espaces multimédia.



I) Les domaines d’intervention

Ils sont plus larges que les compétences propres des animateurs : 4 domaines d’expertise.



A- Compétences communicationnelles

Accueil du public, animation de réunion, gestion des relations humaines, démarchage du tissu

économique local pour identifier opportunités d’emploi…



B- Compétences pédagogiques

Initiation du public aux différents outils, capacité à pratiquer la pédagogie de projet, animation

pédagogique, connaissance de divers sites et portails, identification des centres d’intérêt culturel,

capacité à s’autoformer…



C- Compétences techniques

Maîtrise des TIC, capacité à la veille technologique pour les nouveaux outils, maîtrise des techniques

de numérisation, organisation de la maintenance du matériel…



D- Compétences organisationnelles

Gestion administrative, financière du secrétariat, gestion du par cet des plannings, développement du

personnel, évaluation de la satisfaction du public, coordination, relation avec les prescripteurs, les

financeurs…



II) Tentative de définition des 2 niveaux de tâches : animateur et spécialiste par domaine

er

Le 1 problème est la multiplicité des animateurs et la pluralité des lieux dans lesquels ils sont.



A- 1er niveau de référentiel de compétences d’animateur multimédia

Il est responsable de la conception, de la mise en œuvre et de l’évaluation d’actions d’animation ayant

pour support le domaine des NTIC. Il doit prendre en compte le public dans son environnement socio-

culturel. Il a également des responsabilités au niveau de la maintenance du site, de son organisation et

de l’ambiance du site, sous la tutelle d’un responsable de l’institution. Donc il y a 4 axes : animation

(avec outils et public, initiation à Internet, démarcation par rapport à l’école sur l’aspect éducatif dans

la pédagogie et sur l’avis de l’utilisation des jeux vidéo ou non…) ; maintenance (divers travaux ;

l’animateur dans les associations devient souvent une personne clé pour les aspects techniques) ;

organisation (réguler les comportements, faire respecter le règlement…) ; partenariat d’animation.



B- 2ème niveau du référentiel de compétences autour de l’animation multimédia

Elles viennent s’ajouter au 1er niveau et pourraient d’ailleurs constituer la base du référentiel de la

profession non plus d’animateur multimédia mais plutôt de spécialistes de l’un ou l’autre des aspects

pédagogiques, techniques, organisationnels et communicationnels.

1- Compétences pédagogiques : soutien méthodologique (capacité à développer la pédagogie de

projets, connaissance des progressions pédagogiques liées aux parcours des apprenants…),

médiation pédagogique (savoir faire pour organiser les échanges de savoirs), rôle d’infomédiaire





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(capacité à analyser des informations spécialisées et à les traduire en termes compréhensibles pour

le grand public). Il convient de sensibiliser le public aux enjeux de ces techniques.

2- Compétences techniques : capacité à la veille technologique pour les nouveaux outils, maîtrise des

techniques de numérisation.

3- Compétences organisationnelles : savoir gérer le travail en équipe, gestion administrative, former

le personnel, gérer le parc informatique.

4- Compétences communicationnelles : rôle de suivi social (maîtriser les techniques d’entretien,

l’écoute active…), rôle de sensibilisation culturelle (sensibilisation pour trouver des partenaires

dans le domaine culturel pour répertorier et numériser le patrimoine local), rôle de veille

économique ( savoir aider à le recherche d’emploi et préparer les candidats à tel ou tel emploi…),

rôle de médiation économique (communicationnel à dominante économique).



III) Les conditions de recrutement et de formation des animateurs

A Strasbourg, comme souvent ailleurs, les critères de sélection de la 20aine d’animateurs des

cybercentres ont été dans l’ordre : l’appartenance aux quartiers populaires dans le but qu’ils soient en

phase avec la population visée, le respect de l’esprit qui a présidé à la création des emplois jeunes

(niveau bac, à la recherche d’emploi…).



A- La politique de formation des animateurs

Elle est d’origine en général très hétérogène et donc difficile à mener.

1- Strasbourg : elle a consisté en 210H se répartissant en 1 semaine au Centre international de

création vidéo à proximité de Montbéliard et sur 2 mois à l’ANEF (organisme de formation local).

Le programme porte sur les techniques multimédia. Une fois en place, ils ont 10H par semaine

d’autoformation.

2- Amiens : elle forme de manière approfondie et soutenue ses animateurs avant de les envoyer sur le

terrain. Les formations pour les animateurs sont effectuées par l’ADEP, l’Université avec un DU à

distance, localement dans le cadre de la formation continue avec validation du projet personnel.

3- Cyberbases : La formation des animateurs des cybrbases de la Caisse des dépôts se fait en

plusieurs phases : initiale (20 jours), en formation continue (2 sessions présentielles) et à distance

(forum en ligne avec tutorat à distance). Elle concerne les managers, les pédagogues et les

techniciens et se base sur 3 phases : apprentissage des outils, intégration de leur usage et

communication. Des compléments de formation sont envisagés. Les animateurs doivent être

polyvalents et s’adapter au public. Cette formation devrait également inclure la manière de

contenir la violence de certains jeunes utilisateurs des espaces. Ils doivent être préparés à la

gestion des conflits.



IV) Elaboration d’une pédagogie adaptée aux réseaux

Les animateurs sont des médiateurs, acteurs interfaces et courtiers du dispositif. La formation pourrait

envisager les différents publics et demandes correspondantes de telle sorte qu’elle puisse les préparer à

s’adapter pour pouvoir y répondre le mieux possible. La démarche pédagogique de l’animateur est

donc de remédier à un manque de connaissances ponctuelles (procédurales ou savoir). Pour cela, il

faut s’appuyer sur la théorie, notamment le constructivisme posant l’articulation entre schèmes

simples et complexes (CF PIAGET, le schème est un processus invariant pour effectuer une opération

ou une action). Faire acquérir des processus cognitifs ou schèmes simples à son public d’apprenants

est par conséquent le 1er objectif de l’animateur. Les connaissances procédurales nécessitent

précisément la mise en place de processus simples. Il faut entraîner l’apprenant, ce qui suppose d’être

capable d’isoler les schèmes que l’on veut lui faire comprendre. Aborder la construction de

connaissances ouvre le débat de compétences spécifiques à ce type d’accompagnement. Le passage

aux processus complexes implique de mobiliser des connaissances, des méthodes, des informations,

des règles pour faire face à une situation ce qui exige une série d’opérations mentales de haut niveau.

Pour pouvoir rendre opératoires ces processus, il faut se percevoir. Or ce public a eu souvent

l’habitude d’être rejeté de l’école, puis ils bloquent par rapport aux TIC. Face à ces 2 handicaps,

l’efficacité de l’acteur collectif est encore évoquée, c’est pourquoi la 1 ère tâche de l’animateur est de

créer au sein du groupe d’apprenants un climat d’échanges, propice au processus d’essai – erreur.







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V) Le malaise des emplois jeunes animateurs dans les structures actuelles

Le malaise est palpable car les animateurs sont pris d’un côté entre leur employeur qui ne leur

demande de ne faire que de l’initiation et les jeunes qui se détruisent petit à petit. Puis ils ne se font

guère d’illusion sur leur rôle dans le cas où le centre est dans un quartier chaud. Il existe donc un grand

sentiment de ne pas être apprécié à leur juste valeur. Ils savent par ailleurs que leur emploi est

temporaire et qu’ils auront à chercher ailleurs : soit ils auront à passer des concours administratifs, soit

à aller dans le privé. Dans le privé, une refonte des diplômes s’impose car ils ne prennent pas en

compte les compétences multimédia développées dans le cadre de leurs fonctions. (CF le BEATEP

Brevet d’Etat d’animateur technicien de l’éducation populaire dont objectif est de former des

animateurs professionnels capables de concevoir, de mettre en place et d’animer des projets). Enfin,

après la fonction, le statut, la formation, se pose la question du salaire en regard du développement des

compétences demandées pour remplir un rôle au-delà de la simple initiation à Internet.



A- L’opinion des jeunes sortis du dispositif

Selon une étude du ministère de l’Emploi portant sur ces jeunes, 21% était sorti du dispositif après 3

ans d’embauche : 56% ont trouvé un emploi, 32% se retrouvaient au chômage et 6% ont suivi une

formation. Les jeunes prennent le plus souvent l’initiative de la rupture du contrat dans la ½ des cas

pour un emploi plus à leur convenance (raisons : ils n’étaient pas satisfait de leur condition de travail,

insuffisance des perspectives d'évolution....). Quant à leur opinion sur le dispositif, elle est nuancée

(57% l’ont trouvé positive).le niveau de rémunération reste le principal poit noir. La situation des

emplois jeunes de l’Education Nationale est légèrement différente.



B- La pérennisation du poste d’animateur passe par une spécialisation

Cela pose la question importante de la validation des acquis professionnels. On peut s’attendre à ce

que l’évolution du multimédia et d’Internet dans les espaces publics justifie la création d’un nouvel

emploi intitulé infomédiaire ou animateur – médiateur multimédia. Pour le 1er niveau correspondant

aux fonctions d’accueil, un diplôme intitulé animateur des TIC a été crée. Pour le 2 ème niveau

correspondant à des spécialisations, comme par exemple l’infomédiaire dans le domaine de

l’identification de l’information pertinente pour le grand public, des profils professionnels

commencent à apparaître.



C- L’infomédiaire, spécialiste de l’information à destination du grand public

Son rôle consiste à savoir traduire une requête d’information venant du grand public, effectuer les

recherches correspondantes dans les BDD à choisir avec soin, restituer les résultats. Trouver

l’information pertinente suppose de savoir interpréter la requête formulée par l’utilisateur. la

multiplication des sources d’information et d’interprétation nécessitent l’aide de ce type de spécialiste

qu’est l’infomédiaire. Le défi pour lui est de se tenir au courant des avancées technologiques.



D- Le directeur d’un espace public numérique

L’installation d’un EPN n’est pas facile et suppose d’avoir fait de nombreuses études de besoins et

d’avoir l’appui de la collectivité locale. Aussi le directeur doit justifier le rôle actif que peut assumer

l’EPN dans une politique de redéploiement industriel, en mettant au point des formations basées sur

l’usage des TIC et ajustées à la fois aux compétences recherchées eu égard aux offres d’emploi

existantes et à venir ainsi qu’au niveau des populations amenées à se recycler. Il doit être en relation

avec les autorités politiques locales, les acteurs économiques. Il a en charge la gestion de l’équipe du

centre.



E- Le manager de centre – ville

C’est un nouveau métier dont la principale mission est la médiation entre les organismes consulaires,

municipalités, services de l’Etat et associations de commerçants. Sa fonction est de favoriser

l’émergence de projets visant à revitaliser le centre – ville.



F- Le chef de service des médiateurs de nuit

Ils sont chargés d’entrer en contact avec la population, notamment les groupes de jeunes à des heures

où les autres services municipaux n’interviennent plus, d’aider les personnes isolées se sentant en





24

Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





insécurité, de répondre à l’appel de l’habitant signalant des actes perturbant la tranquillité publique et

réguler les comportements et les tensions.

Tout cela constitue des débouchés pour les emplois jeunes à condition qu’ils acceptent de suivre des

formations complémentaires à mettre en place et qui leur permettraient de se spécialiser.

Tout ce qui a été décrit montre que la rapidité du développement de ces espaces a conduit les

collectivités territoriales et l’Etat à parer au plus pressé.



Chapitre 8 : Politiques publiques



Les réponses aux 3 questions posées au départ montre que nous sommes dans une période de

tâtonnement. Alors que des besoins réels existent, les solutions fournies révèlent la nécessité de

préciser les 2 notions centrales sur lesquelles elles s’appuient, celles d’espace public et de politique

publique.



I) Espace public

Cette notion désigne de multiples objets en évolution. Tout d’abord, le nom a été crée pour les lieux de

la politique de L. JOSPIN en 2000. Cette démarche est descendante tandis que celle de la maison du

savoir est ascendante. Cependant elles se rencontrent sur la notion d’ “ espace public numérique ” :

expression générique qui désigne des lieux et des organisations diverses. Ces dernières partagent une

préoccupation commune mais non exclusive d’accueil au public pour qu’il se familiarise avec le

traitement de l’information numérique.



II) Politique publique

La notion précédente est indissociable de celle de politique publique puisque c’est la puissance

publique, nationale ou territoriale, qui initialise de tels projets avec une intention liée à l’intérêt général

et au développement culturel, économique et social. L’EPN apparaît comme un lieu unique ou bien un

ensemble coordonné de lieux physiques de proximité et il est à configurer selon des considérations

locales d’emploi, de formation, de culture et à faire évoluer dans le temps les moyens économiques et

compétences techniques. Tel est l’enjeu des politiques publiques.



III) L’enjeu des politiques publiques

Une politique publique repose sur la définition d’un bien commun à conquérir et à maintenir. Ainsi,

depuis 30 ans, l’Etat s’est saisie de l’apprentissage à l’aide de l’ordinateur. A l’issue du colloque de

Sèvres en 1971, le bien commun retenu fut le développement d’une culture informatique pour tous en

tant que bagage nécessaire à l’insertion dans la société moderne. Un nouveau bien commun est en

cours de définition : le 1er est d’utiliser les réseaux numériques pour lutter contre la fracture sociale et

l’exclusion, thème de la fracture numérique. En d’autres termes, le bien commun correspondant à cet

enjeu rejoint la problématique du développement et ne peut se satisfaire des seules dispositions

technologiques. Le 2ème enjeu découle de cette considération : comment définir un bien commun

durable qui puisse contribuer à un développement de même nature et dans lequel les EPN deviennent

des instances durables eux aussi des mondes urbain et rural. Réf au savoir en ligne qui constitue pour

cela une richesse vivante pour l’humanité. (CF J STIGLITZ, la connaissance devrait être considérée

comme un bien public international). A venir en discussion dans les conférences internationales de

Genève en 2003. Le 3ème enjeu à échelle plus minime est de dynamiser le tissu local.

Ces politiques concernant les réseaux numériques sont plus anciennes qu’on ne le pense.



A- Bref rappel historique

En 1988, programme de collaboration ente universités et industries, réaction favorable des régions

européennes (CF communication du savoir à distance). Importance de la formation à distance qui a

joué un rôle notable ici.



IV) Les 2 notions d’espace public

L’expression “ espace public ” utilisée dans le syntagme “ espace public numérique ” est ambiguë.

Elle désigne d’une part un lieu dont l’organisation, la réglementation et la destination relèvent d’une

politique, publique ou privée, de gestion de l’espace et d’autre part le concept abstrait de sphère





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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





publique politique (CF J. HABERMAS). Tout d’abord, une place, un marché sont des espaces

accessibles en totalité à tout citoyen. Mais certains espaces publics sont d’accès soumis à condition

(musée, université…). La tendance est à l’ouverture d’espaces privés ouverts au public.

1er élément de réflexion : administration des espaces d’accès public par le secteur public et privé. 2 ème

élément : attitude du public à l’égard de ces espaces.

Notion d’espace public : espace composé de partis politiques, de syndicats et plus généralement de

corps intermédiaires dans lequel s’exerce la citoyenneté. Selon HABERMAS, une société se construit

et se transforme par ses communications. La structure de communication d’une société est liée aux

pratiques techniques de la société. Il est intéressant pour le politique d’observer si ces lieux vont

devenir au sens d’HABERMAS des corps intermédiaires où s’élaborera une opinion publique

circonstanciée par la pratique effective.

Dans La société du risque, U. BECK souligne lui la carence des instance politiques en matière de

sciences et de technologies. On peut se demander si de tels lieux ne pourraient pas contribue à la

construction de positions démocratiquement élaborées sur les enjeux sociétaux dans ces domaines.

Plusieurs constats donc : 1er = les pratiques révèlent une conception de la société constituée de

réseaux, de grappes de sites et de groupes de discussion, où l’individuel et le collectif s’interpénètrent

en dehors de toutes les catégorisations traditionnelles. 2ème = le vecteur des échanges est

essentiellement le langage car Internet et le Web sont avant tout des machines langagières. 3 ème = les

EPN constituent bien des foyers qui participent à l’élaboration des opinions sur les réseaux

numériques, que circonstancie la pratique.



V) Bien commun et politique publique

La notion de bien commun est plus limitée que celle d’intérêt général. Problème de la politique

descendante et ascendante. Il est peu probable qu’une politique descendante d’installation d’EPN se

trouve couronnée de succès. Par contre, il appartient aux élus et aux administrations territoriales

d’identifier des foyers locaux d’intérêt et d’innovation et d’en favoriser l’essor par la mise à

disposition de sites et de moyens de développement. Le rôle de la puissance publique est alors

d’épauler ces initiatives. Le bien commun d’une politique publique est à définir avec le nouvelle

donne d’Internet.



VI) Intentions et mises en œuvre

La situation française se résume ainsi : de nombreux lieux publics d’accès à Internet, employant des

milliers de jeunes pour la plupart peu qualifiés et souvent de statut précaire.



A- Niveaux de mise en œuvre

La puissance publique intervient à 3 niveaux : elle régule les activités privées ou publiques,

directement ou indirectement, notamment en lançant des messages forts sur ses orientations en matière

d’éducation et de formation ; puis elle transfère les ressources monétaires par subventions, appels

d’offre… ; elle produit directement de services. Mais la propagation de l’innovation en tâche d’huile et

la diversité des modes d’appropriation des techniques intellectuelles sont 2 facteurs qui privilégient la

décentralisation des politiques et de leur pilotage.



B- La nature des intentions

3 grands types colorent les modalités des politiques publiques : optique Keynésienne où l’incitation est

de nature à doper la demande globale ; conception égalitariste, les mêmes ressources sont mises à la

disposition de tous ; perspective libérale, les politiques respectent les libertés individuelles mais

admettent qu’il faut corriger l’inégalité des chances au nom d’un devoir moral (HAYEK).



VII) Enseignements et perspectives

Les politiques menées depuis quelques années ont fourni d’utiles enseignements sur les correctifs et

les améliorations à envisager : la seule mise à disposition de matériel informatique ne suffit pas au

développement des compétences en traitement de l’information numérique ; les politiques requièrent

des protocoles spécifiques avec une implication forte des élus.









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Note réalisée par Coralie Picault coralie.picault@voila.fr





A- Accueil et accompagnement

2 maîtres mots : le 1er renvoie à la destination du site et le 2nd désigne la démythification de

l’ordinateur et d’Internet par au minimum des pratiques de conseil, d’information, de guidage… Cela

implique des compétences particulières qu’il serait souhaitable que l’école renforce (bonne pratique de

la langue, exploiter les informations…)Cette énumération laisse penser que les EPN tentent peut être

de combler un manque de l’école. A la question : ces espaces constituent une alternative à la

consommation ? C’est au moins un complément nécessaire car la maîtrise de ces techniques ne

s’acquiert et ne se perfectionne dans bien des cas qu’au prix des échanges collectifs.



B- L’implication du politique

Fournir l’accès à l’informatique, familiariser le public ne valent que si la population y trouve un sens

opératoire. Développement local et aménagement du territoire apparaissent comme les 2 cadres dans

lesquels s’inscrivent les visions du futur que les élus construisent avec la population. A tous niveaux, il

appartient aux élus de coordonner les actions, d’associer investissement économique et symbolique.

Par ailleurs sur la question du mode de financement de ces lieux, on les voit mal persister sous les

subventions.



Conclusion

Vouloir réduire la fracture numérique est un objectif qui fait partie d’une politique publique de

compensation du handicap social. Mais de faciliter l’accès aux outils de communication ne suffit pas à

rétablir l’égalité sociale. Par ailleurs, la mise en place des composantes techniques d’un espace

(équipements, moyens humains…) n’est pas une mesure suffisante pour espérer répondre aux

demandes de la population locale. Il faut répondre aux besoins du plus grand éventail possible.

3 fonctions à supputer pour ces lieux : information, sensibilisation et culture ; trouver des informations

sur des grands problèmes… ; relations entre les générations.

Reste le problème des emplois jeunes.

Les EPN doivent inclure 3 volets : identité culturelle locale et / ou en relation avec le lointain d’origine

dans le cas des populations immigrées ; activités de proximité tendant à renforcer la cohésion sociale,

préparation et si possible soutien aux activités économiques individuelles et collectives.

L’approche tout au long du livre tend à montrer comment l’appropriation symbolique peut se produire

pour la population et d’abord par es usages utiles. Mais ces espaces doivent faire l’objet d’une

réflexion politique urgente.









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