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11/6/2011
language:
French
pages:
60
Géographie physique

des déserts du globe

L’Eau et la Vie Végétale

et Animale

Sommaire :



1) Les ressources en eau

1.1) L’eau de surface endogène

1.2) L’eau souterraine

1.3) L’eau des fleuves traversant le désert

1.4) Autres ressources en eau dans le désert



2) La vie animale et végétale

2.1) Les spécificités des conditions écologiques

2.2) Les stratégies d’adaptation des végétaux

2.3) Les grands types de formations végétales

2.4) La vie animale dans les déserts

1) Les ressources en eau dans les déserts



On a classé les déserts par rapport à leur indice d’aridité. Il n’en demeure pas

moins que l’eau est présente dans les déserts :

• dans des points d’eau permanents, associés à l’émergence d’une nappe

phréatique dans des creux topographiques (oasis) ;

• sous une forme souterraine, dans les formations géologiques aquifères ;

• dans l’air atmosphérique (rosée, brouillards) ;

• dans des cours d’eau temporaires, aux crues spasmodiques et dévastatrices

(oueds) ;

• dans des fleuves permanents qui traversent ou bordent les zones de désert

(Nil, Niger, Colorado…) ;

• dans les océans et les mers (eau salée nécessitant son dessalement

préalable).

1.1) L’eau de surface endogène



Types de ressource en eau de surface

• Eaux stagnantes :

 dans des mares rarement pérennes ;

 dans des grandes vallées fossiles ;

 dans les retenues naturelles des massifs montagneux (associées

à des sources).



• Eaux de ruissellement :

 écoulements intermittents (oueds)

Eaux de surface stagnantes









Tozeur, Tunisie









OASIS : Point d’eau permanent, îlot

de vie et de culture dans le désert.

Eaux de surface stagnantes

Eaux de surface stagnantes









Les eaux de surface enregistrent les variations pluviométriques inter-annuelles :

• sur le cours terme ;

Eaux de surface stagnantes









• à l’échelle historique ;



Comparaison des niveaux du lac Tchad (Maley 1981) (altitudes absolues) et du lac

Naivasha, Kenya (profondeur du lac, adapté de Verschuren & al. 2000) au cours du

dernier millénaire, en années calendaires AD. Pour la courbe du lac Tchad, les chiffres

1 à 8 correspondent à la position des échantillons palynologiques, les chiffres

romains I, II et III à des niveaux datés par le radiocarbone (valeurs moyennes

calibrées), les lettres de a à i, à diverses données historiquement datées.

Eaux de surface stagnantes



• à l’échelle géologique.

Eaux de surface stagnantes





Désert de Mohave

(USA),

il y a 10.000 ans…









Désert de Mohave

(USA),

… Aujourd’hui

Eaux courantes









Pendant la saison des pluies, en Août, le désert n’est pas

complètement sec, de petits cours d’eau traversant le désert de

Gobi.

Eaux courantes









Australie (Cooper R.)









Australie (Cooper R.)

Eaux courantes



Le bon usage de l’eau par les

populations, le long du corridor fluvial,

permet l’irrigation et le développement

d’une agriculture de subsistance.







Vallée du Draa (Maroc)









Retour

Un des projets d’irrigation (souvent abandonnés) du désert de l’Atacama.

sommaire

1.2) L’eau souterraine



• Eau d’inféroflux, dans les formation superficielles où s’écoule

du ruissellement hypodermique. Des oasis témoignent de leur

présence. Ils sont localisés dans les bajadas, dans le

prolongement des vallées de montagne ; on les trouve aussi en

couronne autour des massifs isolés (Hoggar) ;

• Eau des nappes profondes, souvent fossiles et exploitées

traditionnellement (foggaras horizontales, puits artisanaux

jusqu’à 100 m de profondeur …) ou par des forages modernes

(USA, E.A.U., Koweit …).

Eaux souterraines d’inféroflux

Eaux souterraines profondes









Principaux aquifères en Afrique septentrionale

Eaux souterraines profondes









Aquifères profonds dans des grès au Moyen-Orient

Eaux souterraines profondes









La Ménara (Marrakech)









Systèmes traditionnels

d’alimentation et de stockage de

l’eau en zone semi-désertique :

les foggaras du piémont du

Haut-Atlas central (Maroc).

Eaux souterraines profondes









Puits et systèmes traditionnels

de remontée d’eau,

progressivement remplacés par

des moto-pompes.

Eaux souterraines profondes









Forages pour l’eau dans le sud

de la Californie (désert

Mohave).

Eaux souterraines profondes









Irrigation par les systèmes modernes

d’aspersion aux USA et au moyen-Orient

Eaux souterraines profondes









Projet de dérivation des eaux du Colorado dans un aquifère du désert de

Mohave (Sud Californie)

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sommaire

Fleuves en zone désertique





Delta intérieur du Niger









1.3) L’eau des fleuves traversant le désert



• Ces cours d’eau naissent dans des zones soumises à des climats

tempérés (Colorado, Tigre et Euphrate) ou tropicaux humides (Nil,

Niger, Sénégal) et suivent un cours qui leur fait traverser des zones

désertiques ou semi-désertiques.

• Dans leur traversée, ils perdent une part importante de leur débit par

évaporation (Ex. Niger).

• Ils permettent l’irrigation selon des techniques traditionnelles (culture

d’inondation) ou moderne (réseau d’irrigation gravitaire).

• Ils constituent une ressource en eau indispensable pour les pays

situés en zone désertique (Sud Californie, Nil, Tigre et Euphrate)

Le Niger









Variations amont-aval du débit moyen du Niger

Le Niger

Tombouctou









Le delta intérieur du Niger

La surface totale couverte par le delta intérieure

(réseau de bras, d’affluents, de marais et de lacs)

peut atteindre 30.000 km2 pendant la saison de

crue. La rivière perd alors près des 2/3 de son

écoulement entre Ségou (km 900 / source) et

Tombouctou (km 1500) par stockage et

évaporation (aggravée du fait que le fleuve

touche la limite sud du Sahara au niveau de la

boucle du Niger). En aval de ce point, les

affluents ne parviennent pas à compenser les

pertes subies dans le delta du Niger. La perte

annuelle par évaporation est estimée en moyenne

à 31 km3/an, mais varie considérablement d’une

année à l’autre (46 km3 pendant la période

humide de 1969 et seulement d’environ 17 km3

Delta intérieur du Niger en 1973).

Le Niger

Pont Kennedy à Niamey sur le

fleuve Niger









Variations du débit du

fleuve Niger à Niamey

avec l’arrivée de la saison

des pluies

Le Colorado









Barrage Hoover









Le Colorado fournit de l’eau à 18

millions de Californien du Sud

Le Colorado









Colorado R. (USA)

Le Colorado

Lac Powell









Impact hydrologique de la

régulation par les barrages

sur le fleuve Colorado (USA)

Le Nil









Partie Sud du fleuve Nil

Le Nil









Lac Nasser



Barrage d’Assouan

L’irrigation en milieu aride et son impact









Cette image montre la

progression des zones irriguées

et soumises à la salinisation

des sols dans le désert du Thar,

Radjasthan, Inde.

L’irrigation en milieu aride et son impact





Mécanismes de salinisation des sols en zone aride





Salinisation naturelle des sols par :

• Précipitations salées dans les

zones côtières (6-8 kg/an.ha) ;

• Remontée d’eau de nappes salées

près de la surface (< 2 m) ;

• Remontée d’eau de nappe douce

dissolvant du sel contenue dans la

formation géologique ;

• Présence de sel en surface

provenant d’ancienne mers

intérieures asséchées depuis

plusieurs millions d’années ;





En zone aride, la faiblesse des

précipitations annuelles interdit tout

lessivage et évacuation du sel

L’irrigation en milieu aride et son impact

Salinisation artificielle des sols par Problèmes apparaissant lorsque le

l’irrigation : volume d’eau d’irrigation excède

• Arrosage par de l’eau d’irrigation celui de l’évapotranspiration

partiellement salée ;

• Irrigation intensive provoquant la

recharge des nappes souterraines

et l’élévation des niveaux de la zone

saturée jusqu’à atteindre la sub-

surface, voire la surface :

• si la nappe est salée, les

problèmes potentiels existent déjà ;

• si la nappe est d’eau douce, l’eau

en s’élevant dissout le sel contenu

dans les roches et sale la nappe ;



Le sel est toxique pour les plantes ;

Certaines espèces s’y sont

adaptées et le tolèrent (halophytes)

Pression sur la ressource : « GAP project »









Barrage Ataturk









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sommaire

1.4) Autres ressources en eau dans les déserts









Pièges à brouillard sur la côte Nord chilienne



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sommaire

Dessalement de l’eau (mer ou nappes salées)



Deux procédés majeurs de dessalement :

1) La distillation (60% des installations ) ;

2) L’osmose inverse (40% des installations).

• Production du Moyen Orient

supérieure à 100.000 m3/jour.



• Coût d’extraction en forte

baisse (parfois < 1€/m3)









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sommaire

Un autre moyen moins

conventionnel…

…la danse de la pluie









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sommaire

2) La vie animale et végétale





2.1) Les spécificités des conditions écologiques





A) L’eau au niveau du sol

• Une plus faible Ha et Hr au sol qu’à 2 m de hauteur, point de mesure

climatologique ;

• De fortes précipitations « occultes » (condensation de fin de nuit) qui

perturbent le bilan hydrique ;



 jusqu’à 400 cm3/m2 d’eau de rosée récoltée par nuit en Egypte.



• De forte teneurs en sel, d’où une adaptation relative de la vie à des

conditions de salinité de l’eau disponible

B) D’importants contrastes thermiques au sol :

• Surchauffe du sol non protégé par de la végétation



Température du sol en climat tempéré

Nature du terrain Variation de température Amplitude thermique

(juin)

Sable nu 9 à 31°C 22°C

Couverture herbacée 13 à 29°C 16°C



250 Maxi



• Fort gradient vertical de température au sein du 200 Mini



sol 150









Hauteur/sol (cm)

 sol beaucoup plus brûlant que l’air 100

 forte décroissance thermique avec la

50

profondeur

 gel du sol en hiver dans les déserts chauds 0

0 10 20 30 40 50 60 70

(ex. –20 cm D. Mohave), voire présence de -50



permafrost fossile dans les déserts -100

continentaux ou d’altitude (Gobi, Tibet…) Tem pérature (°C)





Températures du sol (Israël)

C) Rôle des conditions édaphiques



• Roche mère (hamadas)

• Alluvions grossières (oued)

• Sable (erg)

• Sol humique (palmeraie)







En résumé, les formes de vie des déserts doivent être capables de résister à :

• la sécheresse de l’air,

• la forte radiation solaire,

• une faible présence d’eau, souvent salée et à puiser en profondeur

• des sécheresses, parfois de plusieurs années,

• d’énormes contrastes thermiques, tant dans le temps que dans l’espace

(gradient thermique vertical)

• contraintes liées au gel

• effets du vent et de l’instabilité du substrat (ergs)

 le « cahier des charges » est aussi sévère qu’en milieu montagnard ou

circumpolaire.



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sommaire

2.2) Les stratégies d’adaptation des végétaux



 Rapidité du cycle vital (de la germination à la fructification) pour tenir compte de la faible durée

de la période humide (les plantes vivaces (Géophytes et les Théraphytes) apparaissent et

disparaissent en quelques jours).

 Réduction du nombre de feuilles et de la surface foliaire (pour diminuer l’évapotranspiration) Ex.

les épines et les poils des Cactées sont des feuilles…

 Chute du feuillage pendant la période sèche (permet de limiter l’évapotranspiration).

 Développement de l’appareil racinaire (la biomasse est très majoritairement souterraine et de ce

fait résiste mieux à la chaleur et la sécheresse).

 Accumulation de l’eau dans les tissus (réserves des plantes succulentes comme les Cactées,

formes en coussinets, en raquette, en candélabre…).

Les « vivaces »

« Les succulentes »









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2.3) Les grands types de formations végétales



• Une très grande pauvreté en espèces :

Ex. Sahara, 1200 espèces de phanérogames (l'ensembles des plantes qui

se reproduisent par l'intermédiaire de fleurs et de graines) ;

Sahara central, 500 espèces tout au plus.



• Un fort endémisme (jusqu’à 20% dans le Sahara occidental ou dans les massifs

montagneux)



Deux grandes caractéristiques du tapis végétal :

• sa discontinuité spatiale (taux de recouvrement fort variable) ;

• sa stratification (organisation verticale) généralement limitée à deux strates

(herbacée et arbustive, en raison des contraintes hydriques).



Source : Ozenda, 1982 Désert de Turkménie Steppes de Syrie

(recouvrement 10%) (Recouvrement 20%)

Biomasse totale 1,76 t/ha.an 4,43

Parties souterraines 1,04 1,21

Parties aériennes 0,52 2,12

permanentes

Parties aériennes 0,20 1,10



A titre de comparaison, la biomasse de la prairie tempérée est de 20 t/ha.an dont 50% de biomasse aérienne

Stratification verticale et recouvrement selon le type de formation végétale





Strate arbustive Strate herbacée

Hauteur Recouvrement Hauteur Recouvrement



Brousse 0,1 – 8,0 m 25-100% - -



Steppe 0,1 – 2,0 m 0-25% 0,0-2,0 m 10 - 50%



Désert 0,0-1,0 m 0-25% 0,0 – 0,5 m 0 – 10%





Source : Demangeot & Bernus (2001, modifié)

Paysages sans végétation

Végétation diffuse an Niger

Jordanie









Maigre steppe à graminées

Steppe à fort taux de recouvrement et cactées (Mohave, USA)

Fourrés xérophiles dans le désert d’Arizona

Caatinga (NE Brésil)

Chaparral, sorte de brousse

arbustive plus ou moins ouverte et

une strate herbacée potentielle

souvent desséchée par

l’insuffisance d’humidité (USA)

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2.4) La vie animale dans les déserts



L’adaptation des animaux au milieu est toujours moins apparente que pour la végétation

en raison de leur aptitude à se déplacer.



Types d’adaptation :

• morphologique ;

• physiologique ;

• éthologique (mode de vie).



Adaptations morphologiques : peau nue ou pelage ras, couleur fauve ou sable,

mélanisme (couleur noire des reptiles et insectes), mimétisme (couleur du milieu),

adaptation des mammifères à la course et au saut (gerboise, rat-kangourou, kangourou) ;

hypertrophie de la bulle tympanique (oreille moyenne) chez les rongeurs.



Adaptations physiologiques : métabolisme de l’eau (emmagasinage) (ex. le chameau :

170 l permettant de se passer d’eau pendant une dizaine de jours) ; métabolisme des

graisses chez l’antilope Addax (permettant de fabriquer de l’eau (107g d’eau pour 100 g

de graisse)) ; épaississement des déjections (acide urique cristallisé) ; déshydratation

poussée (araignées capables de supporter plusieurs années de sécheresse absolue, puis

de revivre) ; adaptation directe de l’humidité de l’air par la peau (Moloch horridus

d’Australie).

Adaptations éthologiques :

• vie dans le sous-sol, les anfractuosités de la roche, dans des terriers (microclimats

générant des cohabitations entre espèces) ;

• activité nocturne (seuil léthal vers 50°C)

• associations trophiques (insectes, oiseaux vivant sur des succulentes, serpentaire se

nourrissant de serpents etc…)

• hibernation dans les déserts très froides d’Asie centrale ;

• migrations (gazelles du Sahara…)









Scorpion







Lézard à collerette

Moloch d’Australie









Dromadaire

Chameau

Fennec, au pelage sable

Gerboise ayant

la capacité à

convertir des

graines sèches

en eau

(Vie nocturne)









Crotale californien Crotale se

déplaçant en

reposant sur son

menton et une

boucle de son

corps pour éviter

un trop grand

contact avec le

sol surchauffé

Vipère à corne (Sahara)









Ces vipères vivent une grande

partie de leur temps enfouies dans

le sable pour résister à la très forte

température du sol, ne laissant

apparaître que leurs yeux

(surmontés de « cornes » jouant le

rôle de paupières) et leurs narines.





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