FTRA - 2006
VoIP et Convergence fixe-mobile :
régulation, tendances et enjeux
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Bernard SANCHEZ
b.sanchez@idate.org
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Régulation de la VoIP : le statut de la VoIP dans le monde
La tendance générale
Une plus grande libéralisation et une intervention minimale des régulateurs,
Les raisons de cet assouplissement :
Le souci de ne pas freiner le développement de services qui peuvent apporter des
bénéfices substantiels aux consommateurs en termes de services et de tarifs.
Mais la VoIP reste toutefois interdite dans un grand nombre de pays,
essentiellement des pays en développement.
Souvent en cause les opérateurs historiques qui exercent une forte pression pour
interdire des services qui remettent en cause leurs recettes. Selon l'UIT , la VoIP
reste interdite dans 24 pays et restreinte dans 37 pays.
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Régulation de la VoIP : les nouveaux enjeux
Au-delà de la question de l'autorisation, les débats actuels sur la régulation de la
VoIP concernent les sujets suivants :
les obligations à imposer aux fournisseurs de VoIP en termes de protection des
consommateurs ;
la fourniture par les opérateurs de VoIP de services d'urgence et la capacité de
localiser les appels ;
la capacité pour les autorités d'intercepter les appels pour des motifs de sécurité
(lutte contre le terrorisme, les trafiquants de drogue...) ;
la sécurité des connexions ;
l'adaptation des systèmes de paiement d'interconnexion ;
l'attribution de numéros géographiques à des services de VoIP, même lorsque ces
services permettent une utilisation hors d'une zone géographique donnée
(utilisation nomadique) ;
la portabilité des numéros entre services traditionnels et services de VoIP.
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Régulation de la VoIP : La situation aux Etats Unis
Le débat s'est largement concentré sur le degré de régulation qu'il convient
d'appliquer à la VoIP et a opposé :
les tenants d'une politique de laisser-faire ("light touch regulation") considérant
que les mécanismes de transport de la VoIP ne sont pas différents de ceux de tout
autre service de données et que réguler la VoIP différemment des autres services de
données introduirait un traitement asymétrique
les partisans d'une intervention plus active du régulateur qui estiment que, quelle
que soit la solution technique retenue, il s'agit de fournir un service de transport de
la voix. En conséquence, tous les opérateurs doivent être soumis au même niveau
de régulation
Finalement, la réponse quant au niveau de régulation dépend en grande partie du
choix qui est fait de classer la VoIP parmi les services de télécommunications,
soumis au chapitre 1 du Telecommunications Act, ou parmi les services de données
(Chapitre 2). Le Chapitre 1 prévoit en effet un niveau de régulation beaucoup plus
avancé.
La FCC s'est prononcée en faveur d'un faible niveau d'intervention réglementaire
sur la VoIP. Elle a aussi clairement énoncé que les services de VoIP devaient être
régulés au niveau fédéral.
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Régulation de la VoIP : La situation aux Etats Unis
Services d'urgence 911 et service universel : En matière de gestion des appels
d'urgence pour les services de VoIP, la FCC a imposé des obligations aux
fournisseurs de VoIP tout en leur laissant une marge d'appréciation dans le choix
des solutions techniques et en accordant des délais pour la mise en place des
systèmes.
Pas d’exemption des droits d'accès : Pour la FCC le service proposé ne diffère
pas des services longue distance traditionnels. Le fait que l'appel soit en partie
transporté sur réseau IP ne change pas les obligations en termes de droits d'accès.
Le financement du Service universel : La FCC réfléchit actuellement à un nouveau
mode de rémunération du Fonds de Service Universel basé non pas sur les revenus
des communications mais sur le nombre d'appels.
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Régulation de la VoIP : un défi dans l'application du
nouveau cadre réglementaire européen
Des débats sont actuellement en cours à la Commission européenne et dans le
cadre du Groupe des régulateurs européens (ERG) pour définir le niveau et les
méthodes de régulation de la VoIP.
Il n'existe toutefois pas encore de règles communes précises au niveau européen
sur la VoIP.
Dans le cadre réglementaire européen, une entreprise qui vend des services de
VoIP peut être classée comme une entreprise qui offre des services de
communications électroniques (electronic communications services, ECS) ou bien
des services de téléphonie disponibles au public (publicly available telephone
services – PATS).
Obligation ECS PATS
Notification auprès du régulateur
Financement du service universel
Contrat fourni au client
Qualité de service
Annuaires (entrée d'information et accès)
Utilisation des numéros
Sécurité et vie privée
Services d'urgence
Portabilité des numéros
Intégrité et fiabilité du réseau
Publication des tarifs
Annuaires
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Le marché de la VoIP dans le monde
En 2005, le nombre d'abonnés à des services de VoIP (donc hors solutions de PC à
PC de type Skype) s'élève à près de 25 millions.
Les facteurs de développement d’un pays à l’autre sont très différents.
Le Japon ( 40% des abonnés) : un différentiel important entre le prix des
communications locales et celui des communications longue distance, qui permet
aux opérateurs de VoIP de proposer des tarifs 90% moins chers que sur le réseau
commuté.
Les Etats-Unis (17% des abonnés) : le mouvement est venu d'un pure player tel
que Vonage, avant que les câblo-opérateurs ne proposent des offres triple play
la France (10% des abonnés) : le facteur déclenchant est sans conteste l'offre
triple play de Free (elle-même favorisée par les coût du dégroupage), bientôt reprise
en double ou triple play par neuf cegetel, Telecom Italia Alice puis par France
Télécom, victime d'une forte diminution de son parc d'abonnement téléphonique.
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Le marché de la VoIP dans le monde
Pour les autres pays, on constate des bases d'abonnés très basses pour plusieurs
raisons :
VoIP proposée par des concurrents de second rang ;
Conditions de dégroupage peu favorables ;
Architectures alternatives peu utilisées ou bien câblo-opérateurs possédant un
réseau téléphonique commuté (cas du Royaume-Uni) ;
Manque d'engagement des opérateurs historiques qui se contentent de bloquer les
initiatives des autres opérateurs en adaptant les prix du téléphone commuté. Cette
stratégie a été suivie par Telefónica, Deutsche Telekom et BT dans un premier
temps.
Germany Spain
France
2.6% 0.5% 10.4%
RoW
15.1% Italy
3.2%
The Netherlands
0.7%
Korea
Unit ed Kingdom
6.9%
0.8%
Sweden
0.3%
USA
16.8%
Japan
42.7%
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Le marché de la VoIP aux Etats Unis 275% en un an
Le nombre d'abonnés VoIP aux États-Unis (hors utilisateurs de systèmes PC à PC)
est estimé à la fin 2005 à 4.2 millions (2.9 millions à la fin du troisième trimestre
2005, 1.1 million à la fin 2004, 2.2 millions à la mi-2005).
Les trois principaux fournisseurs sont Vonage, CableVision et TimeWarner qui
cumulent 85% des abonnés.
(Thousand subscribers, at end of period)
4Q04 1Q05 2Q05 3Q05 4Q05
Vonage 390 535 800 1 062 1400
CableVision 273 354 478 609 na
Time Warner 225 295 614 854 1100
Others 230 272 333 438 na
Total 1 118 1 456 2 200 2 901 4 200
Source : Company reports and IDATE estimates
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Le marché de la VoIP en France 155 % sur un an
Le nombre d'abonnements VoIP en France est estimé à 2.3 millions au 30
septembre 2005, en progression annuelle de 1.4 million. La VoIP représente 6.5%
des abonnements téléphoniques (2.7% à la fin 2004). Free et France Télécom
cumulent 78% des abonnés VoIP.
Le fournisseur d'accès Free a lancé ses premières offres VoIP en juillet 2003. Il a
été suivi en 2004 par d'autres opérateurs, dont France Télécom (juillet), Neuf
Télécom (devenu neuf cegetel), Tiscali (repris par Telecom Italia). Les câblo-
opérateurs ont lancé leurs offres en 2005 (Noos en mai, Numéricâble en octobre
2005).
(Thousand subscribers)
4Q04 1Q05 2Q05 3Q05 4Q05
Free 560 850 1 135 1 317 na
France Télécom 150 245 326 484 830
Others 145 260 468 510
Total 885 1 355 1 929 2 311 na
Source : Company reports and IDATE estimates
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Le marché de la VoIP dans le monde en 2011
L'IDATE estime qu'il y aura près de 250 millions d'abonnés VoIP à travers le monde
en 2011.
Alors que la part des abonnés en mode IP est de 2% en 2005, elle atteindra 17% en
2011.
300 18%
16%
250
14%
200 12%
10%
150
8%
100 6%
4%
50
2%
0 0%
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
VoIP subscribers (in million) VoIP share
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Les enjeux : La wVoIP ou VoIP sur mobiles
Aujourd'hui, la question de l'importation de la VoIP sur les réseaux mobiles
commence à se poser. L’enjeu pour les opérateurs mobiles est d’autant plus
important que plus de 80% de leurs recettes sont aujourd’hui associées à la
téléphonie.
Le démarrage des offres commerciales est déjà bien engagé :
Ce sont les opérateurs asiatiques Korea Telecom et DoCoMo qui sont les plus avancés. Ainsi KT
propose un service qui permet de basculer sur WiFi dans les hotspots à partir de téléphones mobiles
bi-mode (WiBro/Cellulaire) ou de PDA. La disponibilité du service devrait être étendue grâce au
WiMAX d'ici quelques mois. DoCoMo propose des terminaux hybrides Wi-Fi/Foma fournis par
Motorola (N 900 iL) et une offre entreprise ("Business Foma").
Les opérateurs américains traditionnels vont également proposer ces services d'ici fin 2006, d'une
part afin d'améliorer la couverture (notamment en investissant dans des réseaux WiMAX), d'autre
part dans une stratégie d'offres couplées de type "quadruple play".
Mais ce sont surtout les nouveaux acteurs, tels que Vonage et Skype, qui viennent bouleverser le
paysage. Ainsi Skype a signé un accord avec Motorola pour que les services Skypeln soient
disponibles sur les terminaux mobiles en utilisant soit des réseaux WiFi, soit des réseaux 3G.
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Les enjeux de La wVoIP : Bénéfices pour les utilisateurs
Les études ont montré qu'en Europe de l'Ouest et aux Etats-Unis, plus du tiers des appels émis
par un téléphone mobile sont effectués depuis le domicile ou le lieu de travail.
En conséquence, potentiellement plus de 40% des appels sortants peuvent être traités à partir
de terminaux WiFi à l'intérieur de WLAN, de réseaux domestiques ou de hotspots.
Les avantages pour les utilisateurs
bénéficier d'une tarification réduite et d'une meilleure couverture et qualité de service
(notamment aux Etats-Unis).
Dans les pays où l'appelé paye une partie de la communication, ce coût disparaît et le prix des
communications longue distance est fortement réduit par rapport aux réseaux cellulaires (près
de 70% aux Etats-Unis).
Les solutions de VoiP sur WiFi ou logicielles réduisent très fortement certains coûts tels que
celui des communications internationales et de roaming out. Ce sont principalement les
utilisateurs professionnels qui sont concernés et peuvent en bénéficier dans un premier temps.
Le développement d'IP dans les réseaux cellulaires, WiFi et WiMAX permet non seulement
d'offrir des communications vocales sous IP mais également de proposer de nouveaux services.
Ces nouveaux services sont principalement la visiophonie et la conférence téléphonique. Dans
un cadre professionnel, la VoIP peut être intégrée dans des suites logicielles de type travail
collaboratif.
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Les enjeux de la wVoIP : Les freins pour les utilisateurs
Les freins sont principalement techniques et devraient pouvoir être levés assez
rapidement
Les terminaux bi-mode sont encore relativement chers, et les terminaux UMTS
TDD ne seront pas disponibles avant 2006.
L'autonomie des terminaux Wi-Fi est encore limitée même si elle connaît des
améliorations.
Le roaming entre réseaux WiFi d'opérateurs différents n'est pas encore résolu.
Enfin, il faut ajouter les problèmes classiques liés à la sécurité et au cryptage des
données. Ce point est particulièrement important pour les entreprises, qui sont déjà
souvent rétives à mettre en place des solutions de VoIP sur réseau fixe.
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Les enjeux de la wVoIP : Les stratégies des acteurs mobiles
Pour les opérateurs mobiles ayant déjà un réseau 2G, l'objectif est à terme de
mettre en place un réseau unique capable de transporter voix et données. Chez la
plupart des opérateurs, la migration vers un réseau de transport IP a commencé et
devrait durer encore 2 à 3 ans. La migration vers une architecture IP de bout en bout
prendra entre 5 et 8 ans. Le processus de migration sera très complexe et coûteux
pour les opérateurs.
En attendant la mise en place d'architecture IP de bout en bout, la stratégie des
opérateurs mobiles s'organise autour des axes suivants :
Réponse "tarifaire", avec des offres couplées haut débit fixe-WiFi afin de fidéliser leurs abonnés à
fort potentiel. Cette stratégie est réservée aux opérateurs intégrés ou nécessite de passer une
alliance avec un opérateur fixe ou un ISP.
Développement de hotspots Wi-Fi, afin d'améliorer la couverture, de contrôler le marché face aux
concurrents.
Blocage des initiatives des concepteurs de logiciels de VoIP, soit au niveau des terminaux, soit
dans le réseau, soit par des actions au niveau réglementaire.
Offres de VoIP sur réseau cellulaire, ciblées en direction des gros usagers (entreprises
notamment), forfaits illimités pour les communications les moins coûteuses pour l'opérateur (trafic on-
net, moments spécifiques de la semaine ou de la journée), développement d'offres "riches" dans des
packages voix/données
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Les enjeux de la wVoIP : Les stratégies des acteurs fixes
Les opérateurs fixes, tels que BT, peuvent espérer capter une partie des revenus
des opérateurs mobiles grâce aux technologies WiFi et Bluetooth, que ce soit au
domicile ou au travail.
En particulier, la possibilité de devenir MVNO permet aux opérateurs fixes de
proposer une offre couplée accès haut débit, voix fixe sur WiFi et voix mobile. Les
services de voix sont accessibles via un terminal bi-mode.
Cette stratégie peut également être complétée par une couverture WiFi ou WiMAX
dans des zones de forte densité afin de capter une partie du trafic en outdoor. Ces
acteurs intégrés – fixe et mobile – sont a priori mieux placés que les opérateurs
purement mobiles.
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