EUROMED AUDIOVISUAL II - Un programme financé par l'Union européenne/ A programme financed by the European Union
ème
2 CONFERENCE REGIONALE (FINALE)
Le Caire, 10-11 novembre 2008
Résumé des exposés
ème
La 2 Conférence régionale du Programme Euromed Audiovisuel II s‘est tenue au Caire (Hôtel
Intercontinental Sémiramis) les 10 et 11 novembre 2008. Elle avait pour but de tirer les
enseignements de 3 ans d‘activité et de réfléchir aux perspectives futures de coopération
audiovisuelle entre le Nord et le Sud de la Méditerranée. Environ 120 personnes y ont participé,
venant pour 2/3 des 10 pays méditerranéens tandis qu´une une quarantaine de participants venait
d´Europe (Allemagne, Belgique, France, Grèce, Italie, Royaume-Uni et Suisse).
Plusieurs documents fournis par les intervenants sont disponibles sur le site :
www.euromedaudiovisuel.net
Ouverture (10 novembre)
Madame Raffaella Iodice-De Wolff, Premier Conseiller, Chef des Opérations, Délégation de la
Commission européenne en Egypte ouvre officiellement la Conférence, après avoir excusé Madame
Carla Montesi, Chef d‘Unité, retenue en Europe, et remercié chaleureusement le ministère égyptien
de la Coopération Internationale qui place cette conférence sous ses auspices. Elle souligne combien
le choix de l‘Egypte comme siège de cette conférence finale est important du fait de l´influence
rayonnante de l´industrie audiovisuelle de ce pays situé au cœur du dialogue interculturel, qui assure
la vice-présidence de l'Union pour la Méditerranée (UPM). En cette année du dialogue interculturel
euro-méditerranéen, elle rappelle l‘importance de la culture dans le plan d‘action UE-Egypte en
particulier, et en général dans le cadre des objectifs fixés à Barcelone en 1995 par les ministres euro-
méditerranéens et reconfirmés dans la politique de voisinage et dans la récente déclaration de la
conférence ministérielle des affaires étrangères de l‘UPM.
La conférence ministérielle Euro-méditerranéenne pour la Culture qui s'est déroulée en mai 2008 à
Athènes a entériné la "Stratégie pour le Développement de la Coopération Audiovisuelle Euro-
1
méditerranéenne " développée dans le cadre du programme Euromed audiovisuel II. Cette Stratégie
pourra servir de point de départ à une discussion plus large qu'ont souhaitée les ministres pour
élaborer une Stratégie euro-méditerranéenne pour la culture qui impliquerait non seulement une
coopération dans le domaine du dialogue interculturel mais également dans celui de la politique
culturelle.
Elle retrace l‘historique du programme Euromed Audiovisuel, dont le premier volet EAV I (2000-2004)
s‘est attaché à soutenir le secteur de la production, alors que le second, EAV II (2006-2008), qui se
conclut aujourd‘hui, a consacré 15 millions d‘euros au renforcement et à la structuration des secteurs
de l‘audiovisuel et du cinéma, au travers de 12 projets et d‘une panoplie d‘outils d‘assistance
technique aux services de tutelle de l‘audiovisuel des 10 pays du programme : ateliers thématiques,
études et fiches techniques, base de données juridique, etc.
Elle conclut sur les objectifs principaux de la Conférence du Caire : faire état des résultats de trois
années d‘effort et envisager des recommandations pour le futur. Trois documents dévoilés ici
(Stratégie de coopération audiovisuelle euroméditerranéenne, Paysage audiovisuel
euroméditerranéen, dépliant de synthèse) serviront de base à ces débats, dont elle souhaite qu‘ils
puissent contribuer, ainsi que le souhaitait le ministre M. Vasko Simoniti à Athènes au « dialogue sur
la compréhension de l'humanité et sur les valeurs avec lesquelles l'humanité donne sens au monde ».
1
http://www.euromedaudiovisuel.net/general.aspx?treeID=9243&lang=fr&documentID=9244
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 1/18
Monsieur Jérôme Cassiers, Chef de Section, Délégation de la Commission européenne au Royaume
du Maroc, qui assume la responsabilité déconcentrée des projets d‘Euromed Audiovisuel II, présente
les travaux en rappelant les grands objectifs du Programme, qui est avant tout un vecteur d‘entente
culturelle entre les deux rives de la Méditerranée, dans le cadre du processus de Barcelone se
prolongeant par le projet d‘Union Pour la Méditerranée (UPM) et a mené un travail structurant à 2
niveaux :
- une mission d‘appui horizontale menée par l‘Assistance technique (gérée par la CE depuis
Bruxelles), pour donner les outils techniques et juridiques nécessaires au développement de
véritables politiques publiques audiovisuelles aux autorités nationales des 10 pays concernés
- douze projets encadrés par la Délégation de l‘UE au Maroc, pour promouvoir la coopération et
encourager le transfert de know how (7 projets de formation et 2 de développement) et
favoriser la circulation des œuvres (2 projets de promotion et un de soutien à la distribution).
Il résume les principaux résultats en 3 dimensions :
1. la mise en réseau de 700 professionnels méditerranéens, sans doute l‘acquis le plus
fondateur et durable dans l‘optique de la création d‘un marché commun de l‘audiovisuel
2. des résultats concrets : 3 millions de spectateurs, la création d‘une base de données juridique
3. l‘initiation d‘une réflexion stratégique, avalisée par la conférence interministérielle de la culture
à Athènes en mai 2008, base structurante pour la coopération future.
discours écrits en annexe.
EUROMED AUDIOVISUEL II : DES ACQUIS ET DES RESULTATS
La première journée de la Conférence est consacrée au bilan des résultats enregistrés en 3 ans.
Francesco Badioli, expert en monitoring pour l‘Assistance technique EAV II, dresse un bilan chiffré
des 3 ans d‘activités.
présentation Power Point complète en annexe.
La professionnalisation du secteur de l'audiovisuel et son développement : transfert de savoir faire
Modération : Enrico Chiesa
Jennifer Hoffmann (HFF Potsdam, Allemagne) explique que la formation Insight Out s‘adresse aux
décideurs audiovisuels de toute la filière, depuis la pré-production jusqu‘à la diffusion sur tous
supports. IO, initié dans le cadre du programme MEDIA, a inclus 2 ateliers spécifiques pour les
Méditerranéens en 2006 et 2007, accueillant 47 professionnels des 10 pays. Jennifer insiste sur l‘effet
multiplicateur, qui s‘est déployé sous 4 modalités : la participation aux stages de 10 formateurs qui
seront à même de transmettre leurs acquis dans leur pays, la pérennité d‘un forum d‘échange en
ligne, l‘organisation d‘un séminaire au festival Ayam al Cinema‘iya à Beyrouth en 2008, enfin, le
financement de 10 bourses par l‘EBU permettant de former des Méditerranéens au-delà d‘EAVII.
Elle tire 3 grands enseignements de cette expérience :
- l‘importance du networking, intra-régional mais aussi avec l‘UE : à ce titre elle regrette que les
cours aient dû être séparés en raison des règles de non-chevauchement budgétaire entre
MEDIA et EAV II
- le rôle stratégique des écoles de cinéma pour inséminer les nouvelles technologies dans les
pays émergents
- le risque d‘un décrochage de ces pays, car le fossé des technologies employées semble se
creuser rapidement, ce qui pose l‘opportunité d‘un investissement structurel dans ce sens.
présentation Power Point complète en annexe.
Ana Vinuela (INA, France) explique que le cours AFIC s‘adresse à l‗ensemble des professionnels du
film, en priorité les producteurs (qui, dans les pays du Sud sont aussi, souvent, réalisateurs) mais
aussi les programmateurs et les distributeurs et surtout aussi les étudiants et universitaires, car il
s‘agit bien de former les professionnels de demain pour professionnaliser le secteur.
Cette « université d‘été » a été bâtie avec le concours de plusieurs partenaires européens (l‘Université
de la Sorbonne, Europa Cinémas, TVFI), mais aussi avec un partenaire méditerranéen, l‘ALBA
libanaise. L‘enseignement principal de ce projet a consisté en l‘établissement d‘un dialogue exigeant
un regard extérieur sur le modèle européen de la part des formateurs. Un espace d‘échanges a ainsi
pu se consolider au fil des ans, où les séminaires sont devenus de moins en moins académiques et
où la défense de la diversité culturelle est toujours restée centrale. Ana regrette l‘impossibilité d‘un
échange accru avec les participants européens du fait des contraintes de la Commission européenne.
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La professionnalisation du secteur de l'audiovisuel et son développement : les talents
Christine Troestrum (Festival de Berlin, Allemagne) rappelle que le Talent Campus de la Berlinale
est un projet autonome du financement Euromed Audiovisuel, qui s‘adresse aux jeunes
professionnels du monde entier, pour multiplier les occasions d‘échanges et de contacts. Le
programme EAVII a permis d‘accroître la proportion de Méditerranéens aux sessions 2006-7-8. Sur
655 candidatures reçues en 3 ans, 120 ont été acceptées, en provenance des 10 pays. Elle se félicite
de deux success stories : les réalisateurs Léon Geller (Israël) et Sabine El Chamaa (Liban) ont trouvé
au Talent Campus les producteurs allemands qui leur ont permis de mettre en oeuvre leurs projets
‗‘Le Cœur de Jenine‘‘ et ‗‘Promenade‘‘.
présentation Power Point complète en annexe.
José Garasino (Media Business School, Espagne) décrit les résultats atteints par la série de deux
fois deux ateliers organisés par la Mediterranean Film Business School : 1 film produit et sorti en
salles, 4 films produits et attendant une sortie, 10 films encore en financement. Le reste des projets
est encore actuellement en développement, mais 50% des participants ont produit un autre projet
depuis la formation MFBS.
Principaux enseignements pour le futur :
- le besoin de réseau est primordial, notamment en vue d‘établir des coproductions
- la prééminence donnée au long-métrage destiné à la salle (fiction et documentaire) n‘est peut-
être pas réaliste, vues les difficultés financières dans la région : il faudrait élargir aux œuvres
destinées à la TV et internet.
- ces ateliers devraient être accompagnés de plates-formes de co-production pour répondre
aux besoins des participants
- Les talents sont pléthore !
Nabil Ayouch (Ali‘n Productions) tient à remercier les partenaires du projet Meda Film Development
(MFD) : les Centres Cinématographiques marocain (CCM) et français (CNC), EAVE (Luxembourg) et
Nomadis écriture (Tunisie). Il salue le parti-pris d‘EAV II qui a su, d‘une certaine façon, échapper à la
dominante ‗‘culture du résultat‘‘, pour se concentrer, non pas sur des projets concrets de production
de films, mais sur des projets structurants sur le long terme. Pour MFD, l‘enjeu était de revenir aux
‗‘fondamentaux‘‘, en se concentrant sur le tandem essentiel auteur/producteur pour fortifier
durablement le secteur.
Si MFD peut s‘enorgueillir d‘avoir vu aboutir en moins de 2 ans un des 30 projets qui sont passés par
Marrakech (le film turc ‗‘Bridge over the water‘‘), Nabil Ayouch insiste sur la dimension stratégique de
ce type de programme, car il lui revient de contribuer à réinventer un modèle de production au Sud.
Pour que la diversité culturelle ne reste pas un fantasme, il faut des moyens !
Une question suscite plusieurs réactions sur la pérennité des projets présentés.
Pour l‘INA, grande structure publique française, Ana Vinuela peut déjá garantir que la composante
méditerranéenne est partout présente, d‘autant que la stratégie déployée est de former de futurs
décideurs dans leurs pays…
Pour Anne-Marie Luccioni (EuroDocMed), il existe un besoin flagrant de fonds structurels de
financement de la formation et de la production dans les pays du Sud. Le programme MEDIA existe
par exemple en Europe depuis 20 ans sans discontinuer…
Pour Michel Gyory (Assistance Technique EAV II), la question du modèle est fondamentale. Le
modèle dominant est celui des majors : un tout petit nombre d‘entreprises, capables de générer des
projets par centaines, en leur donnant le temps de mûrir, et de se réaliser quand ils sont prêts et
quand le marché est propice. Au Sud (mais en Europe aussi), c‘est le contraire : une multitude de
sociétés de production, souvent monoprojets, qui sont obligés d‘accélérer les choses pour rentrer
dans leurs fonds, au détriment parfois de la maturité des scénarii et des montages financiers.
Nabil Ayouch conclut cette table ronde sur une invite à la mutualisation des moyens, indispensable
pour renforcer durablement la production des pays du Sud.
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L’enjeu de la diffusion : publics, distributeurs, festivals
Les projets de Promotion financés par EAV II sont tous deux portés par des collectifs militants de
réalisateurs méditerranéens (Liban, Egypte), chacun en appui sur des partenaires européens plus
chevronnés. L‘un comme l‘autre ont entrepris des activités variées qui seront relatées par ailleurs,
mais ont en commun l‘organisation de semaines du film arabe (principalement en Europe) ou euro-
arabe (dans les pays arabes de la région) :
Hania Mroué (collectif Beirut DC, Liban) présente Med Screen, un projet en partenariat avec Europa
Cinémas (France) et Ankara Cinema Association (Turquie).
MedScreen a pour vocation la promotion du cinéma arabe (également sur les marchés du film, via
l‘édition DVD, et le web) principalement par l‘organisation de semaines du film arabe dans le cadre de
festivals existants, situés dans des territoires où sa position est faible : Italie, Irlande, Royaume-Uni,
Espagne ou même Lituanie. Les 30 semaines du film arabe ont totalisé plus de 80.000 spectateurs. Il
s‘agit d‘un travail de fonds, qui porte ses fruits, car il a permis de créer une attente et de révéler un
public, aussi MedScreen a déjà reçu des demandes pour 2009 où, en l‘absence de subvention par
EAV II, les festivals européens se font forts de monter les projections sur leurs fonds, Beirut DC
intervenant comme conseiller à la programmation.
La situation est paradoxalement plus compliquée dans les pays arabes, pour deux raisons principales,
le manque de financement et la censure. Au Liban, base arrière de Beirut DC, un travail régulier de
plusieurs années a réussi à former un public attentif, jeune, et d‘autant plus impliqué depuis la guerre
de 2006 qui a réveillé son sens politique.
présentation Power Point complète en annexe.
Hala Galal el Sayed (collectif SEMAT, Egypte) présente la Caravane du cinéma euro-arabe, qui s‘est
appuyée sur l‘Institut du Monde Arabe à Paris.
Le collectif SEMAT est actif au Caire et dans plusieurs villes égyptiennes depuis 10 ans, il a donc
développé un public local jeune et surtout des stratégies modernes pour le capter, en surfant sur le
bouche-à-oreille stimulé ces derniers temps par les sites communautaires comme Facebook, les
SMS, etc. Le projet Caravane a touché au total 21 villes dans 5 pays, pour un total de 120.000
spectateurs en 3 ans. Par ailleurs, il a organisé 11 séminaires, réunissant 130 invités et 15
conférences de presse. Deux ouvrages ont été publiés. Trois stages de réalisation de courts métrages
documentaires, puis de fiction et d‘animation ont eu lieu à Ismaïla, puis au Caire, réunissant 58
stagiaires et 24 professeurs.
L‘intérêt des publics arabes pour les cinématographies d‘autres pays arabes n‘est pas spontané, et il
est entravé par la bonne compréhension des différentes langues arables parlées au tour du bassin
méditerranéen.
SEMAT compte bien poursuivre son action, fondée sur la production low budget et la diffusion dans
tous les espaces ouverts à une programmation indépendante.
La journaliste Donatella della Ratta (Italie) relève que le mode de consommation des images des
publics arabes a été bouleversé par le satellite et qu‘il le sera encore plus avec la convergence
numérique de l‘internet et de la téléphonie, alors que les initiatives présentées ici relèvent d‘un mode
ancien, voire dépassé. Son point est acté, et salué, mais il est rappelé que le programme EAV II
n‘incluait pas ces technologies dans les lignes directrices émises en 2004… Que cependant la
Stratégie présentée le lendemain a édicté plusieurs préconisations concernant la télévision.
Après ces présentations dédiées à la création d‘une visibilité au cinéma euro-arabe auprès des
‗‘publics non-commerciaux‘‘, les débats s‘orientent vers leur position sur les marchés commerciaux,
nettement plus ardue à défendre dans la durée.
En préambule à la présentation d‘Euromed Cinémas, Enrico Chiesa (France, Italie) présente les
principaux enseignements du séminaire Génération Grand Ecran, organisés par la Confédération
internationale des cinémas art & essai (CICAE) fin 2006 à Venise (anglophones) et Tunis
(francophones) à l‘attention de 48 professionnels (dont 21 femmes) : distributeurs, exploitants et
animateurs de ciné-clubs méditerranéens. Il tient tout d‘abord à rendre hommage à Pierre Todeschini
(Président de la CICAE pendant 10 ans jusqu‘à son décès en 2007) et à Béchir Ben Trad, Dr du
cinéma au Ministère tunisien de la culture et de la sauvegarde du patrimoine (disparu en février 2008),
ème
qui ont beaucoup œuvré pour que se tienne le stage GGE à Tunis, lors du 40 anniversaire des
ère
JCC, et qui fut la 1 session de formation EAVII réalisée sur la rive Sud.
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Données-clé sur l‘exploitation et la distribution dans le Sud méditerranéen :
- un marché très sous-dimensionné à l‘échelle mondiale (1.500 écrans seulement au Moyen
Orient, soit <1% du parc mondial)
- une réalité très disparate : parc anéanti par le piratage au Maghreb, secteur florissant en
Egypte, comparable à l‘Europe centrale en Israël et Turquie, prospère mais sans aucune
diversité au Liban et en Jordanie, quasi-inexistant en Syrie et Autorité palestinienne
- une audience dominée par les films américains (sauf en Egypte et en Turquie), un cinéma
national moins regardé que le cinéma égyptien dans les pays arabes (sauf au Maroc), une
absence presque absolue de diversité au-delà (sauf en Israël).
Sept enseignements sont issus des 2 ateliers GGE :
1. Maghreb : urgence de reconstruire un parc, notamment de multiplexes soumis à des cahiers
des charges garantissant une diversité accrue
2. Mashrek : diversifier la programmation par une meilleure approche commerciale des
distributeurs, très concentrés et actifs sur l‘ensemble du Moyen Orient arabe
3. Réseau : impératif de susciter des fonctionnements en réseau, les synergies étant
indispensables pour rentabiliser la sortie de films peu attendus, a priori moins rentables
4. Education des publics : par l‘école, par les ciné-clubs, par la citoyenneté face au piratage
5. Impliquer les télévisions : favoriser les achats croisés de films arabes, ménager des fenêtres
de diffusion préservant les salles pour la sortie de films financés par l‘Etat, projetés trop tôt
6. Politiques publiques à renforcer : au profit de la distribution en salles, et contre le piratage
7. Euromed cinemas : un ballon d‘oxygène indispensable, qui doit fonctionner dans la durée, son
interruption entre EAV I et II s‘étant traduit par la disparition de nombreux écrans et sociétés.
présentation Power Point complète en annexe.
Claude-Eric Poiroux (Europa Cinemas, France) présente Euromed Cinémas, le projet d‘Euromed
Audiovisuel II qui cible le marché, la sortie commerciale des films avec 3 objectifs : promouvoir le
cinéma méditerranéen en Méditerranée (Med- Med), le cinéma méditerranéen en Europe (Med-EU),
et le cinéma européen en Méditerranée (EU-Med).
Voici les résultats globaux : 200 films distribués, 3 millions de spectateurs, dont :
- Med-EU : plutôt positif, car en 3 ans des marchés se sont ouverts : 9 films en Espagne avec 9
distributeurs différents, 5 au Royaume Uni (4 distributeurs), ainsi qu‘en en Hongrie, Pologne,
dans les 3 pays baltes… tous pays qui étaient totalement fermés au cinéma méditerranéen
- Med-Med : on se félicitera de la réapparition du cinéma égyptien au Maroc, grâce à la
distributrice Canal 9. Mais au-delà…ces pays ont-ils vraiment envie de voir circuler chez eux
des films des pays voisins ?
- EU-Med : se heurte à l‘étroitesse du marché et au sous-équipement, bien que des ouvertures
soient à saluer (nouveaux multiplexes en Algérie et au Maroc)
Le Sud n‘est pas le seul en difficulté, en Europe aussi il y a sous-équipement (Roumanie…).
Certes, le cinéma national peut progresser, et c‘est le cas en Europe… mais on constate qu‘il
progresse là où il y a des politiques nationales. Outre le sous-équipement, il faut aussi souligner le
rôle des opérateurs locaux : ceux qui ont les moyens de la diversité sont ceux-là mêmes qui
l‘empêchent car les films américains sont plus rentables…
Le numérique changera-t-il la donne ? Les nouvelles technologies peuvent évidemment améliorer les
choses : internet et projection numérique.
Hania Mroué conclue le tour de table en soulignant l‘effet structurant des initiatives de promotion et
distribution :
- les demandes de films arabes sont maintenant spontanées de la part des festivals européens
- la visibilité obtenue en festival a parfois débouché sur des prises de droits en distribution,
soutenues par Euromed Cinémas.
Nabil Ayouch conteste la prééminence qu‘il faudrait donner au multiplexe au Maghreb. Su fait du coût
de ces nouveaux lieux, la politique de prix est ‗à l‘européenne‘, soit 5€ l‘entrée, ce qui en exclue 90%
de la population. Il faut envisager une réelle mutation de la salle, à l‘attention de toute la population,
mais ces efforts resteront vains sans une politique anti-piratage qui se donne de vrais moyens, ce qui
est resté jusqu‘ici lettre morte…
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Des avancées dans des secteurs particuliers : le documentaire
Moderation : Catherine Buresi
Table ronde autour d’EuroDocMed, avec la responsable de cette formation et plusieurs bénéficiaires.
Anne-Marie Luccioni (France) explique le principe d‘EuroDoc, un cycle de formation développé
initialement en Europe : il réunit une trentaine de professionnels du documentaire dont une grande
majorité de porteurs de projets, mais aussi une demi-douzaine de programmateurs de chaînes
(‗‘commissioning editors‘‘), en trois sessions d‘une semaine réparties sur une durée totale d‘un an
environ. La formule a fait ses preuves, tant au niveau de l‘exigeante attention portée à la sélection des
participants que dans l‘accompagnement des projets, puisque 80% de ceux-ci trouvent un
financement et aboutissent. Sa version méditerranéenne, EuroDocMed, a eu lieu en 2006, avec 14
porteurs de projets (réalisateurs et/ou producteurs) et 1 programmateur TV, en 3 fois une semaine…
complétées par un stage de pitching à Istanbul avec des acheteurs de TV turques et de l‘UE.
Elle souhaite souligner 2 résultats-clés de cette première expérience en Méditerranée :
1. la constitution d‘un réseau entre professionnels des 2 rives, alimenté par des débats intenses,
politiques et culturels. Ils ont pu compter avec l‘appui de partenaires vraiment motivés, au
premier rang desquels la RTBF (Belgique), TSR (Suisse) et ARTE (Allemagne-France) ainsi
que des fondations privées.
2. le taux de réalisation des projets est très élevé : 4 sont terminés et 3 sont en montage, 5 sont
en pré-production et seuls 3 sont encore en développement. Ces résultats impressionnants
montrent bien que les porteurs de projets du Sud sont au niveau : leur difficulté n‘est
aucunement culturelle ou artistique, mais bien économique.
L‘avenir du documentaire est incertain, malgré quelques signes encourageants comme le succès
formidable du Festival ‗‘Doc a Tunis‘‘ organisé par Syhem Belkhodja (qui a participé à EuroDocMed),
où s‘est d‘ailleurs tenu un atelier EDM. Il faut espérer que se développe une vraie programmation
documentaire dans les TV et festivals méditerranéens, car il est évident que la demande du public est
immense, surtout dans des pays où les thèmes traités relèvent bien souvent de l‘information d‘Etat
exclusivement.
L‘avenir de la formation est préoccupant quand l‘on apprend que la jeune école du documentaire
ouverte à Amman par Omar Amiralay va fermer. En ce qui concerne EuroDoc, il pourra continuer
d‘accueillir des stagiaires méditerranéens dans le cadre de Media International qui vient de financer la
participation de 10 ‗non-européens‘ à son stage annule européen, mais cela ne saurait remplacer la
dynamique régionale amorcée, indispensable pour les raisons énoncées.
La réalisatrice Hala Alabdalla (réalisatrice d‘origine syrienne résidant en France), tuteur EuroDocMed,
en parle comme d‘une expérience très intéressante, qui s‘inscrit dans une vraie montée du
documentaire en Méditerranée, mais elle s‘interroge sur deux points :
- sur la pertinence de la mixité (EU / Méditerranée) des groupes de formation : si elle se justifie
évidemment pour des aspects techniques, et pour les échanges, il lui semble préférable que
le travail de groupe se fasse entre Méditerranéens, qui n‘ont absolument pas les mêmes
conditions de travail ni les mêmes ambitions que leurs collègues européens
- sur l‘intérêt de faire des stages si courts et sans suite : cela lui paraît antinomique avec la
gestation d‘un documentaire, un travail qui exige un suivi continu, un véritable
accompagnement. Le documentaire suppose un vrai travail de groupe dans la durée.
Buthina Canaan Khoury (productrice/réalisatrice, Autorité palestinienne), dont le projet ‗‘Maria‘s
Grotto‘‘ est terminé et circule en festivals (Muhr d‘argent au Festival de Dubai 2007, Semaine du
documentaire arabe organisée à l’IMA dans le cadre de la Caravane en septembre 2008…), retient 3
choses : l‘opportunité unique pour une Palestinienne de pouvoir, pour une fois, être au contact
d‘Arabes de nombreux pays, le choix, si rare dans ce type de programme, d‘avoir été encadré par des
experts du Sud, l‘intensité du networking et l‘efficacité des enseignements, en si peu de temps.
Bertrand Glosset (producteur français résidant en Turquie) insiste sur tout l‘intérêt de la découverte
des pays voisins et des contacts noués : venu au stage porteur d‘un projet turc qui ne s‘est finalement
pas concrétisé pour des raisons extérieures, il y a connu la réalisatrice palestinienne Nahed Awwad
dont il a produit le film ‗‘A 5‘ de chez moi‘‘ qui tourne également en festivals avec un beau succès,
notamment une sélection au Festival Visions du Réel de Nyon.
Hachemi Zertal (distributeur et producteur, Algérie) raconte qu‘il a participé à la formation comme
producteur du projet d‘un réalisateur reconnu (Malek Bensaïl) mais dont le handicap était la lourdeur
inhérente au propos (filmer une école de montagne pendant toute une année scolaire). Le bénéfice de
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la participation à EuroDocMed aura été tout autant l‘émulation que les contacts qui y ont été
possibles. En convaincant France-Télévisions de le co-financer – ce qui a supposé de surmonter le
préjugé selon lequel un film ‗‘du Sud‘‘ ne doit pas coûter cher, or celui-ci a un budget de 850.000 € - il
a pu mettre au défi la TV nationale algérienne d‘apporter autant. Le film est désormais fini, il sortira en
2009, il a un distributeur pour la France, et un vendeur international, rencontré lui aussi via la
formation. ‗‘La Chine est encore loin‘‘ a été projeté en avant-première aux JCC fin octobre à Tunis.
Présentation deGreenhouse par Dorit Inbar (New Foundation for Television and Cinema, Israël)
Voici les points forts de ce projet de développement de documentaires longs-métrages : le pari réussi
d‘avoir fait travailler ensemble des Israéliens avec des ressortissants de la plupart des pays de la
région, le haut niveau des partenaires étrangers (Ankara Cinema Association, Antonio Saura
d‘Espagne et Jon Apfel des Pays-Bas) et des experts intervenus, la fierté de voir le premier film
terminé (‗‘On the Way to School‘‘, réalisé par Orhan Eskiköy & Özgür Dogan, Turquie) sélectionné au
plus prestigieux festival documentaire du monde, l‘IDFA d‘Amsterdam, fin novembre 2008.
présentation Power Point complète en annexe.
Des avancées dans des secteurs particuliers : les archives
Catherine Buresi introduit la table ronde en rappelant que les archives cinématographiques étaient
une priorité initiale du programme mais qu´aucun projet spécifique n‘a pu voir le jour. C‘est pourquoi
l‘Assistance technique a souhaité y accorder un accent particulier, en y dédiant 2 des 8 ateliers
thématiques, en s‘appuyant sur l‘expérience de la Cinémathèque de Bologne, et de la FIAF, dont le
représentant Christian Dimitriu, très attaché à cette initiative, lui a demandé d‘excuser son absence
au Caire pour raisons de santé.
Davide Pozzi (Cinémathèque de Bologne, Italie) présente les activités auxquelles ont pu participer
une dizaine de professionnels méditerranéens lors de l‘Université d‘été de la Cinémathèque, afin
d‘acquérir ou de perfectionner leurs connaissances techniques, tant en théorie qu‘en pratique, dans
les 3 technologies du film : photochimique (argentique), numérique et vidéo.
Il insiste sur 2 points qui sont à son avis essentiels pour l‘avenir du patrimoine audiovisuel
méditerranéen :
- la protection des archives comprend 2 grandes disciplines : la préservation et la restauration.
La préservation revêt un caractère d‗urgence extrême, car les films les plus anciens sont
actuellement en limite de durée de vie, surtout dans des milieux climatiques sévères. Or, si on
ne PRESERVE pas, on n‘a plus rien à RESTAURER. Le travail de restauration est long et
coûteux, mais on peut l‘envisager peu à peu au gré des moyens disponibles.
- le métier d‘archiviste est un métier spécialisé, isolé. L‘appartenance à un réseau international
est précieuse, techniquement comme humainement. Il renouvelle la motivation de la
Cinemathèque à continuer de recevoir des rencontres méditerranéennes à l‘avenir.
Quant à la restauration, qui demande du temps et de l‘argent, il cite la collaboration de la CdB á la
World Cinema Foundation, initiative de Martin Scorsese lancée en 2007 dans le but de restaurer des
chefs-d´œuvre du monde entier (Brésil, Corée du Sud, Ethiopie…) Un film marocain a déjà ainsi été
restauré, de mme qu´un film turc et un film égyptien (La Momie) le sera prochainement.,
présentation Power Point complète en annexe.
Sten Walegren (fondation The Gate, Liban) insiste sur l‘absolue nécessité de considérer la
problématique des archives sur le long terme, faute de quoi toute politique se révèlera absolument
inutile. Il raconte avoir visité 3 télévisions ayant bénéficié de formation et de dons en équipement dans
le cadre d‘EAV I, il y a donc moins de 5 ans : les machines sont hors service, l‘activité est donc nulle.
Il appelle de ses vœux un programme long en faveur des archives.
Naheel Najeeb Abu Assab (technicien au Ministère de la Culture, Jordanie), apporte son témoignage
sur l‘Université d‘été de la Cinémathèque de Bologne, qu‘il salue comme un programme extrêmement
bénéfique : une semaine de théorie et une semaine de pratique est cependant trop court, mais voir le
public faire la queue pendant 3 heures pour voir un film disparu depuis des décennies est la plus belle
rétribution pour un archiviste.
Cynthia Choucair (Beirut DC, Liban) présente la base de données en ligne développée par
MedScreen pour promouvoir le cinéma arabe : www.ArabCinemaDirectory.com ou www.acdir.net , qui
se veut un répertoire exhaustif de la production cinématographique des pays arabes. Le site, en ligne
en deux langues (anglais, arabe) depuis 1 an, présente 3.000 fiches-films, et vise 5-6.000 en janvier
2009. Il est évidemment plus à jour sur les titres récents, notamment pour la production égyptienne
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 7/18
pour lequel il est complet depuis 2000, et en cours de complétion depuis les années 20. Le site est en
phase avec les pratiques les plus récentes, comme l‘utilisation du protocole de numération suisse
ISAN (l‘équivalent de l‘ISBN pour l‘audiovisuel, permettant d‘identifier les œuvres de façon unique, ce
qui est utile face aux nombreuses homonymies) ou un accord avec le site français sudplanete.net.
Quant à la pérennisation du site, le fait qu‘il ait aussi une vocation de promotion de cinéma
contemporain (avec ses rubriques ‗’New releases / à l‘affiche‘‘ et ‗’Coming Soon / prochainement‘‘)
ouvre des perspectives publicitaires qui pourraient permettre son autofinancement.
présentation Power Point complète en annexe.
Hala Abdalla se réjouit de l‘existence d‘un tel outil, précieux pour les réalisateurs, et en suggère un
autre pour les prochains programmes : un dictionnaire technique de l‘audiovisuel, qui soit au moins
trilingue anglais-arabe-français, indispensable pour favoriser les partenariats futurs dont il est question
au cours de cette conférence.
Les actions de mise en réseau : acquis des autorités nationales à l’issue des ateliers EAVII
Modération : Ahmed Bedjaoui (Algérie)
Première table ronde (10 novembre, fin de journée) :
Maya de Freige (Liban) se félicite tout d‘abord des accomplissements en terme de
professionnalisation au niveau individuel, déjà largement abordées, et où l‘implication des Libanais a
été très active. Elle confirme l‘importance des liens tissés dans le cadre de ce réseau formé au fil de
ces multiples rencontres et dont les bénéfices dépassent le cadre d‘EAV. Elle souhaite souligner les
avantages tirés du Programme au niveau du secteur public et des retombées indirectes que pourront
en espérer les professionnels libanais.
Au niveau des archives, les ateliers auront permis d‘ouvrir les yeux des autorités sur l‘urgence que
représente la restauration et la préservation du patrimoine. Surtout que les travaux vont être
couronnés par la restauration de 2 films sélectionnés parmi les archives filmiques des pays du Sud,
prise en charge par la cinémathèque de Bologne et le World Cinema Foundation.
En ce qui concerne la production, le problème est le financement. EAV II a missionné un expert sur
place, qui ne s‘est pas borné à plaquer un modèle extérieur, mais a formulé des pistes pertinentes,
basées sur des mécanismes adaptés associant secteurs public, privé, institutions internationales.
Au plan juridique, les différents ateliers auront été l‘occasion d‘inventorier la réglementation en vigueur
et d‘envisager la mise à jour de certains textes, indispensable pour développer les accords de
coproduction, vitaux au cinéma libanais.
Les nombreux contacts établis sont certainement productifs d‘ idées, mais on peut s‘interroger sur la
façon dont elles se concrétiseront au-delà d‘EAV II. Ainsi le projet de Cinémathèque Arabe, discuté à
Bologne, a-t-il déjà fait long feu. D‘autres belles idées sont apparues : accord multilatéraux de
coproduction … Peut-être s‘agit-il de signes prémonitoires d‘un fonds méditerranéen, un projet qui fait
son chemin mais qui demande encore beaucoup d‘efforts…
Quant à la Conférence, Maya de Freige regrette l‘absence des télévisions.
Ouarda Merbah (Algérie) considère que le principal atout retiré du Programme est l‘expertise
juridique, qui sera mise à profit dans la refonte en cours de la législation algérienne. Au niveau de la
piraterie, elle a pu se rendre compte que le problème concerne non seulement le Sud, mais aussi le
Nord, même si c‘est sous des formes différentes. Enfin, les échanges entre responsables des
différents pays ont mis en évidence que le problème de la distribution (et de son soutien), est commun
à tous et représente donc une piste prioritaire pour un éventuel programme futur.
Ismail Eitedal (Autorité palestinienne) a énormément profité des échanges avec les autres pays, qui
ne lui auraient pas été possibles dans un autre cadre. Sur le plan législatif, les ateliers ouvrent des
pistes pour moderniser la législation des territoires, dans les limites permises par leur statut. Les
thèmes des archives, de la coproduction, ont ouvert des pistes qui seront sans doute approfondies via
le Fonds Culturel Palestinien animé par son collègue Emile Ashrawi.
Mohannad Al Bakri (Jordanie) précise les lignes d‘action de la Royal Film Commission, une entité
mise en place en 2003 avec la double mission de promouvoir le pays comme lieu de tournage et la
professionnalisation du secteur audiovisuel. Les prochaines priorités seront le soutien au cinéma
indépendant et la création de ciné-clubs dans les Gouvernorats. Il salue l‘action d‘EAVII et les
bénéfices retirés par son pays, notamment en terme de co-production et de financement public.
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 8/18
Deuxième table ronde (11 novembre, début de journée) :
Meriem Khatouri (Maroc) a pu participer à tous les ateliers sauf celui de Krems (droit d‘auteur) et a
pu y nouer de nombreux contacts, aussi bien dans les administrations du Sud que des entités et fonds
européens, qui lui ont permis d‘identifier des pistes d‘actions futures, les partenaires potentiels et une
certaine expertise juridique pour les mettre en œuvre. A son sens, les priorités de la future
coopération euro-méditerranéenne devraient se concentrer sur l‘adaptation des politiques
audiovisuelles aux évolutions technologiques en cours, et fonctionner sur un modèle plus participatif,
par petits groupes de projets encadrés dans le temps.
Mounira Mnif Collin (Tunisie) remercie EAV II pour la série d‘ateliers, à laquelle elle n‘a pas
entièrement participé puisqu‘elle a seulement pris la suite du Directeur du Cinéma M. Béchir Ben
Trad, disparu en début d‘année, auquel elle souhaite rendre hommage. Mr Ben Trad avait activement
participé aux activités d‘EAVII et était aussi membre de son groupe de Réflexion. Les avantages
retirés de ces rencontres sont avant tout la constitution d‘un réseau de contacts, et une meilleure
conscience des problèmes et des priorités. Pour la Tunisie, le problème majeur à son sens reste la
piètre distribution en salles, et la difficulté d‘améliorer les choses, son sentiment étant que les
techniciens de projection manque de la formation nécessaire, notamment pour la maintenance du
matériel.
Pour Katriel Schory (Israël), trois années d‘échanges permettent de comprendre que chacun est
confronté aux mêmes questions et aux mêmes dilemmes. C‘est en faisant avancer le secteur pays
par pays, avec des solutions sur mesure tenant compte des traditions et des façons de travailler dans
chaque pays, que la coopération audiovisuelle pourra prendre forme. Sur un plan plus personnel, ces
3 années ont constitué un ‗‘voyage‘‘ qui lui ont permis d‘ouvrir les yeux sur la réalité des pays voisins,
par la rencontre, la discussion et l‘échange. Les prochaines étapes supposeront beaucoup de vigueur
et de pragmatisme, pour mettre en œuvre les idées réunies dans le document stratégique, sans
besoin de « mégadollars » mais avec les moyens de chacun… « Yes We Can ! ».
Ahmed Bejaoui conclut en félicitant les participants aux différents ateliers pour le niveau élevé
constaté dans la participation et la qualité des échanges. Il invite à une fierté collective car les choses
avancent.
LES OUTILS MIS EN PLACE PAR EUROMED AUDIOVISUEL II : COMMUNICATION, JURIDIQUE
Milojka Saule retrace brièvement les actions de communication, entreprises par les 12 projets et par
l‘Assistance technique du Programme. Quelques chiffres concernant 2006 et 2007 attestent du bon
niveau de visibilité procuré à Euromed Audiovisuel II par les projets eux-mêmes : près de 120.000
dépliants, brochures, catalogues, cartes postales, etc. distribués notamment lors de festivals et
d‘événements professionnels, 125.000 e-mails diffusés, 95 communiqués de presse, 13 sites web
dédiés avec un trafic de plusieurs milliers de visites chaque mois, etc….
La couverture presse a consisté en 775 articles publiés et une centaine de sujets à la TV et radio, sur
les 2 rives de la Méditerranée.
L‘internet a pris une place centrale dans le dispositif de communication, le site
www.euromedaudiovisuel.net ayant reçu une moyenne de 5.000 visites par mois, et ayant été
alimentés par plus de 300 news (reprises régulièrement, au travers de 22 newsletters adressées à un
fichier de 5.000 noms). Le site est également le support du Whos’Who contenant 1.700 contacts de
professionnels méditerranéens, de la base de données juridique, des rapports des 8 ateliers
thématiques et 2 conférences régionales, enfin, du Document stratégique mis à disposition en 3
langues (anglais, arabe, français).
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Michel Gyory, expert juridique du Programme Euromed Audiovisuel II présente ensuite la base de
données juridique et sur les conclusions des études juridiques.
1. La base de données juridique
La base de données juridiques repose sur une double présentation de la matière : d‘une part, un
―Code‖ reprenant, dans leur intégralité, les textes juridiques en vigueur dans lesEtats du sud de la
Méditerranée, ainsi que les instruments européens et les instruments internationaux; d‘autre part, une
classification par concepts qui, sur la base d‘un index de ceux-ci, présente la matière de façon
arborescente et permet un accès rapide et facile à l‘information relative à chaque concept figurant
dans la base de données.
L‘index des concepts, qui constitue une façon totalement nouvelle d‘organiser l‘information juridique,
complète la partie ―Code‖ de la base de données et apporte une réponse pratique et simple à des
questions telles que la gestion de grandes quantités d‘informations, la maîtrise de l‘évolution - de plus
en plus rapide - de la législation, la nécessité grandissante d‘une approche comparative — le cinéma
et l‘audiovisuel étant par essence des activités internationales — ainsi que la nécessité de renforcer la
cohérence des édifices législatifs, jurisprudentiels et doctrinaux dans un monde en mutation rapide.
Cet outil, qui est à présent achevé, est destiné aux juristes spécialisés (avocats, conseillers juridiques,
magistrats, hauts fonctionnaires, professeurs d‘universités...) mais aussi aux responsables
d‘entreprises dans le domaine de la production, de la distribution, de l‘exploitation, de l‘exportation...
qui, par le biais de l‘index des concepts, pourront identifier plus aisément les questions juridiques qui
se posent dans le cadre de leur activité et, sur cette base, solliciter les conseils nécessaires.
2. Conclusions des études juridiques
Les conclusions ont été présentées selon trois axes :
Axe 1: la lutte contre la piraterie
L‘analyse a montré que la plupart des pays du sud de la Méditerranée disposent d‘une législation
répressive de la piraterie, même si la sévérité des sanctions varie sensiblement d‘un pays à l‘autre.
Partant du point de vue selon lequel la répression est sans effet contre ce qui apparaît comme un
phénomène de société et non une activité criminelle marginale, l‘idée s‘est imposée de trouver une
réponse non répressive. Cette réponse est constituée par le système de ―Licence d‘ Utilisation Privée‖
qui repose sur deux principes:
- l‘acquisition séparée d‘une oeuvre et du droit d‘utiliser celle-ci à des fins privées,
- la dissuasion par les prix plutôt que par la menace de sanctions pénales.
La Licence d‘Utilisation Privée permet pour chaque oeuvre acquise sans l‘autorisation du titulaire de
droits une régularisation par le biais de l‘acquisition volontaire d‘une licence ou le choix par défaut
d‘une licence générale prévue par la loi.
Axe 2: les aides publiques
Dans ce domaine, les conclusions comportent les recommandations suivantes:
- développer, à côté des systèmes d‘aides sélectives existants, un système d‘aide automatique
afin d‘équilibrer le système des aides.
- répartir l‘aide entre les différents secteurs de l‘industrie cinématographique au lieu de la
concentrer sur la production.
- développer les aides indirectes et notamment la mise en place d‘incitants fiscaux à
l‘investissement dans la distribution.
Axe 3: les coproductions
Deux recommandations principales ont été faites: la première porte sur le contenu des contrats; la
seconde sur le traitement des différends et des litiges.
- Pour ce qui concerne le contenu des contrats, l‘expérience révèle que de nombreux contrats
sont gravement lacunaires et contiennent en eux les germes de conflits susceptibles de naître
à la première difficulté. Divers éléments ont été identifiés, qui devraient faire l‘objet d‘autant de
clauses spécifiques prévues par exemple par la loi ou les accords de coproduction (ce qui
n‘est le cas dans aucun pays à ce jour) ou imposées par les autorités nationales lorsqu‘elles
agréent une coproduction. L‘utilisation systématique de ces clauses, qui sont détaillées dans
les conclusions de l‘étude, entraînerait un renforcement considérable de la sécurité juridique
et, corrélativement, une diminution sensible du risque de litige.
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 10/18
- Pour ce qui concerne le traitement des différends et des litiges, il est recommandé de mettre
en place un organisme international de conciliation et d‘arbitrage dans le domaine des
coproductions qui, sera à même de prévenir le développement des litiges par des avis et des
procédures de conciliation et, lorsque ceux-ci n‘auront pu être empêchés, de les trancher
rapidement et en connaissance de cause dans le cadre d‘une procédure d‘arbitrage impartiale
à laquelle seraient soumis tous les contrats de coproduction.
Enfin, compte tenu du fait qu‘un très grand nombre de petites entreprises de production n‘ont pas
accès au conseil juridique en raison de son coût, il pourrait être envisagé de confier à cet organisme
également une mission de conseil fondée sur l‘expérience très importante que les membres de tous
les pays qui participeront à cet organisme acquerront au fil du temps.
En conclusion de la présentation, la proposition suivante a été formulée: l‘activité cinématographique
et audiovisuelle étant en permanence à la recherche de financements, une source importante de
financements pourrait être trouvée dans l‘instauration généralisée d‘un domaine public payant pour
que, selon la proposition formulée par Victor Hugo il y a plus de 150 ans, les oeuvres du passé
contribuent au financement des oeuvres contemporaines.
résumé détaillé en annexe.
LE RENOUVEAU DE L´AUDIOVISUEL MEDITERRANEEN
Modération : Catherine Buresi
La circulation des professionnels, des œuvres et de l‘information dans le cadre d‘EAV II
Hania Mroué (Liban) présente les actions de Med Screen pour promouvoir le film arabe vers les
professionnels : un stand dans 5 marchés (Antalya en 2006, Cannes et Berlin en 2006 et 2007), qui a
présenté aux acheteurs un total de 22 films (fiction et documentaire) des 8 pays arabes du
programme, ayant abouti à 11 ventes sur 16 territoires. Le projet a également produit 15 making of,
utilisés pour leur promotion ou leur édition DVD (bonus).
Sonia Ziadi Trives (Maroc, Espagne), désormais responsable cinéma à la Casa Arabe, explique le
principe de la formation Mediterranean Film Crossing Borders (MFCB) qu‘elle coordonnait en 2006-
2007 au sein de la SGAE (société d‘auteurs espagnole) : il s‘agissait de sensibiliser les jeunes
professionnels du film (scénaristes, réalisateurs et producteurs) à l‘importance d‘obtenir de la visibilité,
dès la phase de projet, sur les marchés et dans les festivals. Quatre sessions (Cannes 2006 et 2007,
San Sebastian 2006 et Berlin 2007) ont accueilli 25 stagiaires chacun, pendant 2 jours ½ , de la façon
la plus pratique possible : quelques plénières, des entretiens face à face, une présence guidée sur les
marchés. L‘impact d‘une telle initiative est difficile à évaluer concrètement, car elle n‘a pas d‘effet
décisif sur la concrétisation des projets de films, mais plus sur la capacité de leurs porteurs.
Le réalisateur Chadi Zeneiddine (Liban), bénéficiaire des deux projets MFCB et MedScreen : le stage
MFCB a été très bénéfique, pas directement sur le film, mais par le contact gardé avec les collègues
arabes et plusieurs tuteurs, le making of produit par MedScreen s‘est avéré très utile pour la
promotion-presse et sera inclus dans le DVD qui sortira en 2009.
Le producteur Pierre Sarraf (Liban) a participé à MFCB à Cannes en 2006 alors qu‘il travaillait à la
production de son premier long-métrage, et a constitué un point de départ pour s‘initier aux techniques
de pitch (exposé rapide de projets à des partenaires) et de marketing dans la dynamique des festivals.
Il considère avoir beaucoup progressé et accéléré le processus de production, son film entrera en
tournage début 2009.
Hala Alabdalla (France / Syrie) tient à saluer le travail de Beirut DC à tous niveaux : les chiffres sont
éloquents mais c‘est surtout le rapport humain et émotionnel qui a soutenu les jeunes professionnels
inexpérimentés. C‘est ce chemin vers des talents cachés, fragiles qui fait toute la valeur d‘EAV : dans
la région, le travail des gros appareils étatiques n‘est pas adéquat, il s‘agit d‘accompagner des
individus en lutte. Pour son film, d‘une longue durée (2h), auto-produit difficilement, elle a bénéficié
d‘une panoplie complète (affiche, catalogue, etc.) qui lui a permis d‘arriver dans les meilleures
conditions, de façon inespérée, au Marché de Berlin.
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 11/18
Isabelle Fauvel (France, Initiative Film) apporte son témoignage en qualité de tuteur dans différents
projets des programmes EAV I et II : il est impossible de raisonner en termes de résultats immédiats,
ces initiatives sont des étincelles irremplaçables pour allumer des feux longs à prendre. MFCB est un
programme cohérent et protecteur, ce qui est capital dans des environnements aussi traumatisants
que le festival de Cannes… Elle est restée en contact avec 2 réalisateurs rencontrés dans ce cadre,
travaille avec eux, sans savoir quand les résultats viendront. Un film prend 5 à 10 ans à mûrir, un
talent de producteur 15 ans à s‘affirmer. Or les programmes durent 3 ans puis s‘arrêtent. Ces délais
sont inadaptés au cinéma, il faut parvenir à garder une vraie continuité.
La Télévision :
Catherine Buresi rappelle que le Programme EAV II ne prévoyait pas de traiter la télévision
spécifiquement (même si plusieurs projets ont bénéficié à des projets destinés à la TV), qui relève de
plusieurs autres actions de l‘UE, en particulier du programme ‗‘Information & Communication‘‘. Elle
invite les représentants de l‘Union européenne de radiotélédiffusion (UER) et de la Conférence
permanente de l‘audiovisuel méditerranéen (COPEAM) à exprimer leurs positions.
Giacomo Mazzone (Suisse) expose que l‘UER a suivi EAV II depuis sa genèse, après avoir une
vision très critique du précédent EAV I, qui était trop concentré sur les ‗‘produits‘‘ et pas assez sur
l‘infrastructure, qui seule peut assurer la pérennité et favoriser la circulation des œuvres. L‘UER se
félicite donc de la réorientation de EAV II, dont les projets sont pilotés par des professionnels de
l‘audiovisuel et non des spécialistes de la coopération internationale, d‘où un gain important en termes
de networking et de structuration, avec cependant de réelles insuffisances, qui partent d‘un vœu
louable, qui est de reproduire le modèle de succès européen que représente le programme MEDIA ;
or celui-ci a reposé sur la puissance du cinéma en Europe au début des années 90 alors qu‘il n‘est
plus un média de premier plan dans la région actuellement. Il conviendrait donc de tenir meilleur
compte des éléments réellement structurants dans la région : le rôle de la télévision est
considérablement supérieur au cinéma, qui n‘existe que par la télévision. Les TV de la région sont en
phase de changement profond, de par le satellite qui a aboli les frontières, sans régulation du type
TVSF qui a permis en Europe d‘harmoniser le cadre légal et de consolider l‘industrie.
L‘observation des politiques européennes depuis 15 ans oblige à constater que la question de la
continuité de sa coopération audiovisuelle avec la Méditerranée n‘a jamais été vraiment posée. Or
l‘intégration des industries des 2 rives n‘est pas simple.
Dès lors, comment envisager l‘avenir, dans un éventuel EAV III ?
Tout ce qui contribue à structurer les réseauxdoit continuer, mais il faut l‘étendre aussi aux TV, non
seulement au service du pluralisme et de la diversité, mais aussi comme débouché de la création
identitaire.
Alessandra Paradisi (Italie) explique que la COPEAM est depuis la signature de ses statuts au Caire
(1996) l‘espace de réflexion des TV publiques méditerranéennes qui, en amont et en aval de la
déclaration de Barcelone, ont accompagné la gestation politique. Cette contribution de la COPEAM
s‘est traduite par des coopérations multilatérales dans les domaines de la formation, de la
coproduction, des échanges de news, de codes déontologiques communs entre les TV publiques, et
en fonctionnant comme un laboratoire d‘idées. Avec ses organisations-sœurs l‘UER et l‘ASBU, la
COPEAM soutient donc la reconduction financière d‘EAV et sa réorientation vers la TV et la radio.
La spécificité euro-méditerranéenne ne trouvera en effet pas place dans Media Mundus car ce
nouveau programme (Cf. plus bas, NDR) obéit à des objectifs différents. Or les conférences
interministérielles d‘Athènes en mai et de Marseille en novembre 2008 ont donné clairement leur
agrément à la continuation des programmes. Il faut dès lors inverser la question et mesurer le coût
d‘un arrêt d‘EAV : d‘une part, l‘Europe ne peut se permettre d‘être contradictoire avec l‘agenda de
l‘UPM, d‘autre part, elle ne peut risquer de perdre la vitrine du processus que représente l‘audiovisuel.
L‘UPM se veut une zone de libre échange mais ce processus doit s‘accompagner de la création d‘une
communauté culturelle. Dans ce contexte, la TV joue vis-à-vis du cinéma le rôle d‘une Major qui le
finance, le diffuse, et fait circuler les œuvres. Et la télévision, la parabole, la radio sont présentes dans
tous les foyers, au contraire de la salle de cinéma qui est devenue marginale.
C‘est donc tous ensemble qu‘il faut avancer, ce qui demandera du temps.
Luciana Castellina (Italie) relève que la structuration de sa propre identité nationale ne devrait pas
empêcher de comprendre celle de l‘autre… nous voyons tous plus de fictions nationales mais de
moins en moins en provenance des pays voisins. La ‗‘diversité culturelle‘‘ peut en ce sens se révéler
dangereuse car elle présente un risque de rigidification. ‗‘L‘autre c‘est la ressource critique pour moi-
même‘‘ : message aux télévisions publiques !
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 12/18
UNE ZONE EMERGENTE EN MARCHE VERS LA RECONNAISSANCE INTERNATIONALE
Modération : Catherine Buresi
L‘émergence d‘initiatives dans les festivals et les marchés
Jane Williams (R.-U.), Dubaï Film Connexion. Le festival international du film de Dubai a été créé en
2004 afin d‘attirer des investisseurs vers la production arabe, En 2007, il se dote de la Dubai Film
Connexion, conçu comme un début de marché, ouvert aux réalisateurs arabes ou d‘origine arabe, qui
accueillit 15 porteurs de projets (11 fictions et 4 documentaires), pour attribuer 3 bourses de 15.000
USD offertes par Dubai, un prix ARTE de 5.000 € et une accréditation à Cannes offerte par le
Producers‘ Network. Un des projets est désormais terminé (documentaire libanais ‗‘One Man Village‘‘
produit par Beirut DC), celui de Shareen Dabba l‘est presque, 4 autres sont en production et 3 encore
entreront fin 2008, 4 enfin ont trouvé des financements. Pour l‘édition de décembre 2008, la sélection
est terminée : 18 projets (dont 3 documentaires) de 15 pays (dont l‘Arabie Saoudite et les EAU) ont
été choisis parmi 108 candidats de 18 pays. Les dotations financières ont augmenté et 2 nouvelles
sections créées : un atelier de développement et un autre de finalisation de films (work in progress).
Par ailleurs un cours intensif de 5 jours est dispensé à 10 jeunes producteurs depuis 2007, en
association avec EAVE. L‘édition 2008 recevra 10 nouveaux producteurs issus de 5 pays, choisis
parmi 47 candidatures de 13 pays, plus 5 de l‘édition précédente afin de créer un effet networking.
Sonia Ziadi Trives (Maroc, Espagne), représente Casa Arabe, un des partenaires de l‘opération
Cinema en Movimiento. Casa Arabe est une institution basée à Madrid et Cordoue, créée en 2007 à
l‘initiative du Ministère des Affaires Etrangères espagnol et financée par l‘administration publique ; elle
a pour mission de donner à connaître le monde arabe par les arts : peinture, photo, musique, arts
scéniques et cinéma. Elle organise des cycles thématiques de projection et en assure la circulation en
Espagne et vers l‘Amérique latine (avec une politique de sous-titrage soutenue) et collabore avec des
festivals. Cinema en Movimiento est une initiative du Festival de San Sebastiàn, amorcée en 2005
avec des films du Maghreb et de l‘Afrique lusophone, qui s‘élargit en 2007 à l‘ensemble du Moyen
Orient à l‘arrivée de Casa Arabe. Y sont éligibles les projets en pré-production, production, post-
production, qui sont présentés à un parterre de professionnels dont un jury constitué de donateurs de
prestations : sous-titrage (Casa Arabe), copies, fonds, post-production, etc. selon les besoins du film
primé.
Le réalisateur tunisien Ferid Boughedir (Tunisie) retrace l‘aventure des Journées
er
Cinématographiques de Carthage, ‗‘les JCC‘‘, 1 festival du Sud créé en 1966 par Tahar Cheriaa,
président historique de la fédération tunisienne des ciné-clubs (FTCC), consacré aux
cinématographies arabe et africaine, un véritable pari à l‘époque, où ces productions démarraient à
peine : seul le cinéma égyptien était reconnu, et Carthage défendait un ‗‘nouveau cinéma arabe‘‘ ni
industriel ni commercial, qui aspirait à refléter une réalité qu‘on ne montrait pas avant les
indépendances. En 1992, F. Boughedir est Directeur des JCC et réfléchit aux moyens de faire revenir
les cinéastes du Sud : en leur procurant des possibilités de vendre leurs films et de trouver des
financements pour les prochains. D‘où la création de 2 nouvelles sections auxquelles sont invités des
acheteurs du Nord : un marché du film et des ateliers de projets (pitching, bourses de scénarii). La
première bourse fut attribuée à Moufida Tlatli pour son projet ‗‘Les Silences du Palais‘‘… sélectionné à
Cannes !
Le marché du film n‘a pas perduré car les films du Sud étaient de toute façon visibles au Nord, mais
les Ateliers de projets ont continué jusqu‘à aujourd‘hui, avec un Jury éminent (CNC, Office
international de la francophonie, Gotebörg Film Fund, Quinta / Tarak Ben Ammar) sous la houlette de
Dora Bouchoucha, qui était directrice des JCC lors de l‘édition 2008.
De nouvelles initiatives publiques :
Jacqueline ADA (France) présente les actions de coopération avec le Sud du CNC français. La plus
ancienne est le Fonds Sud, créé en 1983 sur financement du CNC et du MAE, qui accorde des aides
à la production et à la post-production (et aussi à la réécriture) à hauteur, aujourd‘hui, de 2.2 M€ par
an. Au total le Fonds Sud aide 32 films par an, originaires de 68 pays depuis les débuts.
Depuis 2006, un nouveau programme est mis en place, pour favoriser l‘écriture, la production, la mise
en réseau, avec un accent particulier sur les pays méditerranéens :
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 13/18
- écriture : résidence au Moulin d‘Andé (un Palestinien invité), ateliers (dont Sud Ecriture à
Tunis), consultation (Union-guilde des scénaristes, intervenant au Liban, bientôt en Jordanie),
prise en charge d‘un scénariste détaché à l‘étranger (Egypte, Palestine…)
- production : soutien aux initiatives des festivals d‘Amiens, JCC, Montpellier, Locarno,
Sarajevo, San Sebastiàn, etc.
- mise en réseau, en partenariat avec la Cinéfondation (Cannes), le Producers‘ network, ACE,
Produire au Sud (Nantes), etc.
Il s‘agit d‘aides dispensées ‗‘à la carte‘‘, selon le réalisateur, le pays, ses besoins, l‘état du scénario…
la Méditerranée est une des zones prioritaires, avec l‘Afrique et l‘Europe de l‘Est.
Les accords de coproduction sont aussi un instrument important pour développer la coopération, pour
autant qu‘il existe localement une industrie suffisamment structurée pour le faire vivre : c‘est le cas
avec la Tunisie, le Maroc, l‘Egypte, et plusieurs pays d‘Afrique subsaharienne et d‘Amérique latine. Le
dernier en date prendra force en décembre avec l‘Algérie, pour construire un programme bilatéral de
développement, production, mise en réseau.
Hughes Becquart (Belgique) présente Media International, la version-test d‘un éventuel Programme
Media Mundus qui serait décidé ultérieurement. Ce programme est complètement différent d‘Euromed
Audiovisuel dans son esprit puisqu‘il ne s‘inscrit pas dans le cadre de la coopération régionale (et de
ses effets volontairement structurants), car il suppose avant tout une réciprocité entre opérateurs
européens et partenaires de pays tiers venant du monde entier.
Les projets impliquant des opérateurs méditerranéens dans Media International 2009 sont :
- en matière de formation :
o le projet Pygmalion International, pour le développement du jeune public, associant
des partenaires britannique, indien, indonésien, et Beirut DC (Liban)
o un projet roumain associant des partenaires géorgien, moldave, et turc
o les extensions à des professionnels non-européens (dont Méditerranéens) des projets
de formation MEDIA menés par ACE et EuroDoc
- en matière de promotion : Eurocinemed, réseau de festivals touchant 3 pays méditerranéens
- en matière de soutien à la distribution en salles, Europa Cinémas, avec des accords pour
soutenir des salles en Algérie, Egypte, Israël, Liban, Maroc, Autorité palestinienne, Syrie et
Tunisie ; ce soutien dans ces pays prendra le relais d‘Euromed Cinemas uniquement à partir
ème
de la fin de son financement, soit au 2 semestre 2009
présentation Power Point complète en annexe.
Alexandre Sorrentino, Attaché Audiovisuel auprès de l‘Ambassade de France en République
d'Egypte, a été chargé par l‘Ambassadeur en mission pour l‘Union Pour la Méditerranée Jacques
Huntzinger, retenu en France, de le représenter pour exposer les projets et recommandations de
l‘atelier ‗‘Images, audiovisuel, cinéma‘‘ des Etats généraux culturels méditerranéens qui se sont tenus
à Marseille les 4 et 5 novembre à la suite de la Conférence interministérielle des Ministres des Affaires
étrangères des 43 pays concernés :
« Les ateliers traitaient de trois thématiques :
- produire et coproduire en Méditerranée
- diffuser et faire circuler les images en Méditerranée
- structurer l‘offre et la demande en Méditerranée.
Concernant les deux premières thématiques, l‘atelier a fait part de difficultés récurrentes.
- pour faire circuler les images (news) entre pays de la rive sud (cf.ASBU) ;
- pour faire diffuser des œuvres (cinéma) entre les pays du sud (cf.Euromed).
L‘atelier a souligné la problématique du doublage et sous-titrage / effort prioritaire pour favoriser les
échanges des programmes et des œuvres.
Néanmoins de très nombreuses initiatives sont portées par les différents acteurs :
1. Projet de production et de diffusion des programmes télé (news, magazines, documentaires) :
Euromed news (Algérie, Jordanie, Libye,UER, ASBU, FTV).
2. Projet de création d‘une chaîne, vitrine de la programmation méditerranéenne. (Algérie,
Tunisie, Espagne, Italie, porté par la Copéam).
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 14/18
3. Projet d‘une webradio méditerranéenne portée par RFI et le site internet Babelmed :
babelmedradio.net, en français et arabe, où les radios mettraient en vitrine leurs programmes.
4. Projet Memmed, sauvegarde du patrimoine audiovisuel méditerranéen pour en favoriser la
diffusion. Portail de sujets d‘archives de 11 télévisions méditerranéennes concernant la
culture, les arts, traditions, patrimoine,…porté par l‘INA.
5. Projet de création d‘un mediterranean documentary network. Favoriser les productions de
documentaires méditerranéens (structure légère qui rassemblerait producteurs indépendants,
diffuseurs)
La 3ème thématique, « structurer l‘offre et la demande en Méditerranée » a mis en exergue la
nécessité d‘investissements technologiques pour développer la TNT, véritable enjeu et véritable
opportunité.
1. Imaginer une régulation croisée entre les deux rives (cf. texte adopté par le RIRM début
novembre en Italie).
2. Nécessité de mieux connaître la paysage audiovisuel méditerranée pour mieux cerner le
marché : création d‘un outil permettant de disposer de données statistiques sur l‘audiovisuel
de la région, en s‘appuyant sur l‘expertise de l‘Observatoire de l‘audiovisuel de Strasbourg.
Enfin si l‘on ne retenait qu‘une recommandation (unanime) : que la mobilisation de tous les acteurs,
professionnels, institutions…pour la poursuite d‘ Euromed Audiovisuel (sous quelque forme que ce
soit) se poursuive. »
DES RECOMMANDATIONS POUR L’AVENIR :
PRESENTATION DES TRAVAUX DU GROUPE DE REFLEXION EUROMED AUDIOVISUEL
Modération : Luciana Castellina
Luciana Castellina (Italie), ancienne Députée européenne, préside la séance finale de la
Conférence, où elle est entourée des membres présents du Groupe de Réflexion EAV II.
Le Programme Euromed Audiovisuel a pris place dans une période de profondes transformations : les
‗‘Nouvelles Technologies‘‘ sont ambiguës car elles peuvent aussi bien ouvrir des portes ou les fermer,
tout dépendra de nos règles et de la façon de les insérer dans notre réalité sociale. On constate une
différenciation des modalités de consommation des images, au gré de plusieurs facteurs – la baisse
du prix de la copie, le ‗‘online‘‘… - qui bouleversent la conception même du produit et de l‘œuvre.
Nous devons donc actualiser notre façon de travailler et réfléchir, en particulier au rôle des institutions.
Il serait erroné de vouloir adapter au Sud le modèle européen actuel, qui a vieilli : il faudra sans doute
sauter cette étape.
La piraterie est un crime, mais aussi l‘expression d‘une demande. Il nous faut saisir l‘occasion,
apporter une réponse à cette demande : plusieurs projets sont évoqués dans le document stratégique
diffusé lors de cette conférence… ouvrons un wiki pour que continue le débat amorcé par cette
réflexion ?
Bref ! Euromed Audiovisuel II est une réussite car ce programme a réussi à faire en sorte que lorsque
l‘on parle de Méditerranée, on ne se réfère plus seulement à ce qui existait il y a 2000 ans mais à une
culture contemporaine : c‘est un premier pas mais nous avons besoin d‘Euromed Audiovisuel III pour
ne pas retomber au Moyen Age. C‘est pourquoi, sur proposition de plusieurs membres du Groupe de
Réflexion, je soumets à votre signature la pétition suivante à l‘attention des institutions :
« Alors que le Programme Euromed Audiovisuel II touche à sa fin, nous voudrions vous exprimer nos
remerciements sincères ainsi qu’à votre équipe pour ses efforts remarquables, sa bonne volonté, son attitude
professionnelle et attentive qui a permis cette réussite unique en terme d’apprentissage et de réseautage.
Ce fut une aventure passionnante et riche d’enseignements qui nous a réunis pour apprendre, écouter, partager
des expériences, des idées, une réflexion entre amis et collègues des pays voisins, de toute la région.
Nous croyons fermement que le Programme Euromed Audiovisuel II, grâce au travail de l’Assistance technique,
aux projets, aux diverses activités menées a déjà produit un impact dans l’amélioration des conditions et des
opportunités données aux professionnels du film et de l’audiovisuel pour que leur talent, leur vision et leurs
œuvres arrivent sur les écrans.
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 15/18
C’est notre vœu le plus cher que la Commission européenne puisse renouveler son soutien technique et financier
pour prolonger cette grande initiative tellement fructueuse et efficace, qui fut aussi très utile à l’ensemble des
autorités nationales méditerranéennes.
Nous espérons sincèrement que les dix pays bénéficiaires d’Euromed Audiovisuel II pourront continuer à avancer
ensemble en bénéficiant d’un soutien continu. »
Ceyda Tufan (Turquie), distributrice, et Katriel Schory (Israël), directeur de l‘Israel Film Fund
exposent un projet développé par le Groupe qui leur tient particulièrement à cœur : le Fonds
Medimages, inspiré d‘Eurimages.
Le Programme EAV a permis de former des centaines de jeunes talents, qui savent maintenant ce
qu‘ils veulent faire et comment le faire, mais de retour au pays, ils n‘arrivent même pas à lever
localement 100.000 € pour leur projet. Nous ne voulons pas accepter cette frustration, nous devons
épauler nos réalisateurs, faire en sorte que – enfin – ils puissent apporter quelque chose au tour de
table de production. Ce rêve, nous l‘avons mis sur le papier et il semble faisable facilement, un nouvel
instrument financier pour faciliter la coproduction en encourageant la diversité.
Les critères d‘éligibilité et d‘attribution seraient les suivants :
- projet porté par au moins 2 pays méditerranéens (éventuellement complété par des Européens)
- financement possible au stade du développement (pour une traduction du scénario par
exemple), de la production, post-production, distribution, marketing ou promotion
- le fonds est financé sur le même principe qu‘Eurimages ou Ibermedia, chaque pays apportant,
de son propre fonds national, une somme identique : 75.000 €, et l‘UE abonde 2€ pour chaque
€ apporté par le Sud (au-delà de la phase pilote, ce taux serait ramené à 1€ pour 1€) ; au total,
10 pays apportent 750.000 €, et l‘UE 1,5 M€, soit un montant global de 2,25 M€
- l‘intégralité de ces sommes va aux films ; 0,5 M€ en plus sont nécessaires au fonctionnement
- les aides apportées aux films ne sont pas remboursables, au moins dans la phase pilote
- à terme, le fonds recherchera des financements complémentaires, par exemple d‘origine fiscale
Ce projet est simple et peut financer 7 à 10 projets par an, sans paperasserie.
Pour sa part, Hala Zureikat (Jordanie) choisit d‘exposer les principes qui guident la JRTV, comme
une illustration des recommandations stratégiques en matière de télévision :transformer une télévision
d‘Etat en une télévision de service publique, améliorer la qualité des programmes, tant sur le fond que
dans la forme, renforcer la formation à l‘heure où l‘essor des télévisions des télévisions du Golfe
engendre une fuite des talents confirmés.
Michel Demopoulos (Grèce) souhaite insister sur la coopération Sud-Sud sur le plan de la
production. Il est souvent plus difficile de diffuser les films d‘ailleurs que de les produire ! Or il a initié
récemment sur ERT une case hebdomadaire de cinéma du Sud qui enregistre de bonnes audiences.
La question de la diffusion des films méditerranéens lui semble devoir être une priorité pour EAV III.
Mahmoud Ben Mahmoud (Belgique/Tunisie) se présente comme un cinéaste tunisien travaillant en
Belgique, et souligne que la coproduction Nord-Sud est aujourd‘hui en régression, à cause de
nombreux malentendus, du fait de législations trop différentes, voire parfois inexistantes au Sud –
sachant qu‘à l‘inverse, on constate de nombreux comportements abusifs de la part de coproducteurs
du Nord. La coproduction entre partenaires doit donc reprendre le pas sur la coproduction limitée au
recours aux guichets du Nord. Il insiste donc sur la nécessité de mettre en place une législation de
coproduction harmonisée, susceptible de créer un climat apaisé pour les partenaires des deux rives.
Ahmed Bedjaoui (Algérie) décrit le monde d‘aujourd‘hui comme une grande bataille d‘images : tous
les pays qui ont désinvesti de l‘image se retrouvent à la traîne au niveau international. Cette bataille
des images, l‘Europe est en train de la gagner, mais elle doit impérativement la mener aussi sur sa
ceinture Sud. On voit surgir partout de nouveaux fonds de financement, qui traduisent cette prise de
conscience au profit d‘un cinéma qui a trop souffert pendant trop longtemps. Tant de salles ont fermé.
Aider la production est primordial mais il y a un public qui a été perdu : le problème de la distribution et
de l‘exploitation est redevenu crucial. On sent des frémissements, car la Tv aussi perd du public : le
modèle massifiant des mass media s‘affaiblit. La TV a d‘abord besoin du cinéma comme source de
développement. Plus il y a multiplicité de canaux, moins il y a possibilité de faire un choix personnel :
le choix c‘est le cinéma.
Le dévouement, le rapprochement du groupe ici réuni, c‘est comme le public d‘une salle, qui doit
inciter les institutions à prendre conscience des enjeux du cinéma, leur image de marque.
Luciana Castellina conclut en souhaitant que nous puissions bientôt dire : « Yes ! We Did ! ».
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 16/18
CONCLUSIONS (discours intégraux en annexe)
Synthèse des débats :
Jérôme Cassiers résume deux journées intenses, a l´issue desquelles quelques conclusions
transversales s´imposent :
- la création de réseaux est sans doute l‘action la plus structurante : comment les pérenniser et
les développer sera la question essentielle pour créer un marché de la circulation des œuvres
- il est impératif de créer un modèle original pour le Sud, sans imposer celui de l‘Europe :
l‘évolution technologique rapide oblige à repenser les façons de travailler, à élaborer des
solutions sur mesure, en s‘attachant à des principes de mutualisation des ressources
- il faut penser et investir sur le long terme : le calendrier d‘un film est long en lui-même, et si
l‘audiovisuel est un marché, il relève aussi de l‘intérêt général et a besoin d‘un
accompagnement public fort. Ce qui explique la pétition spontanément proposée par plusieurs
participants à la présidente du Groupe de réflexion.
Il n‘est ainsi pas question que l‘Union européenne se substitue à une volonté publique dans chaque
pays, qui demande parfois à être renforcée : mais il importe d‘aider le secteur régional à se structurer,
ce qui suppose un échange permanent en termes de coopération.
Si Euromed Audiovisuel III devait voir le jour, les considérations entendues ici devront être prises en
compte, en ce qui concerne la formation , les réseaux , la technologie, La distribution et la promotion,
Les infrastructures, les archives , la coproduction (avec un vrai projet d‘initiative Sud-Sud, autonome,
mais requérant un soutien Nord, le Fonds Medimages, abondé par les fonds existants dans chaque
pays), la télévision et les nouveaux médias . Il conviendra de mettre en avant la La dimension
juridique et d´orienter les ateliers réunissant les autorités nationales vers l‘action, par la mise en place
de groupes de travail restreints, dédiés à des chantiers concrets et précis.
Conclusion :
Au nom de Madame Montesi, représentant la Commission européenne, Chrystelle Lucas, se réjouit
de la qualité des travaux de cette conférence, et de l‘atmosphère d‘amitié qui y a régné.
Elle trace à grands traits un premier bilan du programme. Elle rappelle tout d‘abord le souhait de
Leonard Kioussis lors de la 1ère Conférence régionale à Berlin en 2007, de parvenir à former 500
professionnels… or ce sont plus de 1000 personnes qui ont participé aux différents évènements
d‘EAV II. Au-delà du chiffre, ce résultat illustre l‘enjeu primordial de la structuration, qui passe par le
‗’renforcement des talents par l'expertise nécessaire au développement du secteur dans les dix pays’’.
EAV II a permis la rencontre entre différentes cultures, de différents pays et différentes sous-régions,
mais aussi différentes cultures professionnels, celle des acteurs du marché et des institutions, du Sud
comme du Nord. La formidable énergie qui a porté ces années de travail, a permis de mettre en
chantier de nouveaux projets et il importe de la maintenir.
En 2009 seront présentées les orientations d'un nouveau programme qui pourrait être la base d'un
Euromed audiovisuel III, si la volonté politique exprimée ces derniers mois était confirmée. Ces
orientations s‘appuieront sur les enseignements de cette Conférence, sur la Stratégie déjà citée, sur
une évaluation externe du programme qui sera lancée sous peu, et enfin, sur la dimension politique
induite par l‘Union pour la Méditerranée dont le processus a été lancé à l‘été 2008.
L‘évocation de cette Stratégie - plate-forme de référence caractérisée par sa richesse, sa prise en
compte de la diversité des points de vue, sa précision - oblige à remercier chaleureusement les
membres du Groupe de réflexion pour la qualité du travail déployé en quelques mois seulement.
Madame Lucas tient à conclure en remerciant, au nom de la Commission européenne, et aussi au
nom des projets et des professionnels de la région Méditerranée, l‘ensemble de l‘Assistance
technique, et tout particulièrement Catherine Buresi qui a littéralement "incarné" le programme
Euromed audiovisuel II. Ses remerciements vont également à Enrico Chiesa qui a pris sa suite, à
Ariane Vaughan pour la logistique, Michel Gyory pour l‘expertise juridique et Milojka Saule pour la
communication, ainsi qu‘à Marisa Calia et Eleonora Alegi de l‘Imed pour le suivi du programme.
Elle conclut en saluant le travail formidable de la Délégation du Maroc et plus particulièrement Safaa
Kaddioui qui supervisait les 12 projets, le soutien de la Délégation du Caire et plus spécialement
Montserrat Casanovas ainsi que le Centre Français de Culture et de coopération, qui accueille en
clôture de cette conférence l‘ensemble des participants à une projection de courts-métrages proposés
par les projets partenaires méditerranéens du programme.
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Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 17/18
TABLE DES ANNEXES DISPONIBLES EN LIGNE SUR www.euromedaudiovisuel.net
N° Intervenants Thème Langue Format*
1 Représentants de la Discours d‘ouverture, introduction, FR Word
Commission européenne : synthèse, clôture
Raffaella Iodice (Le Caire),
Jérôme Cassiers (Rabat),
Chrystelle Lucas (Bruxelles)
2 Francesco Badioli, expert Impact du programme Euromed EN Power
Assistance technique EAV II Audiovisuel II Point
3 Jennifer Hoffmann Insight Out (formation) EN PP
4 Christine Törstrum Berlinale Talent Campus (formation) EN PP
5 Enrico Chiesa Génération Grand Ecran (formation) EN PP
6 Hania Mroué Med Screen (promotion) EN PP
7 Dorit Inbar Greenhouse (développement) EN PP
8 Davide Pozzi Activités Archives avec la Cinémathèque EN PP
de Bologne
9 Cynthia Choucair Arab Cinema Directory FR PP
10 Michel Gyory, expert juridique, Présentation des outils juridiques mis en FR Word
Assistance technique EAV II place par EAV II
11 Hughes Becquart, Media International EN PP
Programme MEDIA, UE
(*) : tous les documents sont disponibles dans le format d‘origine, ainsi qu‘en PDF
Euromed Audiovisuel II – Conférence régionale finale – Le Caire, 10-11 novembre 2008 18/18