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Culture �lectronique et personnage virtuel

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Culture �lectronique et personnage virtuel
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Paper presented at international forum: Langue/langage et culture : approches interdisciplinaires et interparadigmales, 2008.

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10/20/2011
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French
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7
Colloque international

Langue/langage et culture : approches interdisciplinaires et interparadigmales

Tbilissi, Georgie, 26-27 juin 2008



Natia Amaghlobeli

Doctorante, Université d’Etat Ilia Tchavtchavadzé, Tbilissi.









Culture électronique et personnage virtuel -

Approche interdisciplinaire





L’apparition de l’Internet comme réseau d’information et de communication est considérée

comme l’événement le plus important du XX siècle. Aujourd’hui il est non seulement le moyen

d’information et de communication globale mais aussi un monde virtuel d’une culture propre et

spécifique. La culture électronique, au sens le plus strict du mot, désigne une culture propre à la

communication en ligne. Cette culture est manifestée surtout dans les tchats, les forums de

discussion, les messageries instantanées, le courrier électronique, les blogs etc. Le monde

Internet possède ses propre normes de conduite et de politesse officielles, regroupées sous le

nom de « Netiquette » (des mots : net et étiquette).





La force active de ce monde est le texte écrit. C’est lui qui se trouve à la base des relations, des

réseaux sociaux, des communautés, des identités virtuelles, souvent différentes de celles de la

réalité.





Les interlocuteurs ne se voyant pas, ni ne s’entendant, se sentent plus libre et éprouvent moins de

trouble interne. Un seul point de repère est le texte écrit. Ce dernier élément se trouve donc au

premier plan dans l’Internet et par là la linguistique joue le rôle central dans l’étude de l’espace

communicatif du réseau globale. Mais ce nouveau monde avec sa culture est d’une telle ampleur

que son étude nécessite un grand nombre de disciplines humanitaires.





On peut repérer quelques caractéristiques générales de l’espace virtuelle :

1. Eloignement dans le temps et dans l’espace





Au moment de la conversation les interlocuteurs n’étant pas physiquement présents il est

impossible de juger par l’accents, le timbre, les mimiques, les gestes. Le seul élément présent est

le texte écrit sur l’écran. Se crée donc une sorte de l’identité virtuelle. Elle peut être tout à fait

différente de l’identité réelle de l’interlocuteur, d’un autre sexe, d’un autre age, d’un autre

caractère. On peut être celle ou celui qu’on veut être. La création de l’identité virtuelle se faisant

à la base de la créativité langagière certains linguistes commencent à parler de l’apparition de

l’identité virtuelle langagière.





D’autre part, l’anonymat et la possibilité de la création de l’identité différente de la réalité

diminue la responsabilité pour ses comportements et ses paroles et stimule la dérive des normes

langagières. A la suite du principe de la liberté, de la création et de la limite technique, le

composant textuel occupe la place la plus impotente dans la communication en ligne et la

créativité de l’identité virtuelle augmente de plus en plus s’étendent sur tous les niveaux de la

langue.





2. Langage électronique





L’autre caractéristique de l’espace Internet est l’apparition du langage électronique. En

comportant à la fois des traits de l’oral et de l’écrit et ajoutant ses propres spécificités, ce langage

constitue un registre émergent : l’écrit interactif [Ferrara 1990 : 8-34], particulièrement

remarquable dans la communication synchrone.





Crystal identifie sept oppositions pour décrire la distinction oral / écrit: limité par le temps vs par

l’espace, spontané vs contraint, en face à face vs décontextualisé, faiblement vs fortement

structuré, communication sociale vs factuelle, révisable en temps réel vs de manière différée,

richesse prosodique vs graphique [Crystal 2001]. Lorsqu’on l’évalue à partir de ces oppositions,

le discours Internet est aussi proche, ou distante, de l’oral que de l’écrit. L’exemple le plus claire

de ce phénomène sont les tchats et les messageries instantanées où la conversation écrite, bien

que non face à face mais aussi faiblement structurée que l’orale et riche des éléments

prosodiques, se déroule dans le temps réel.





Les procédés discursifs qui sont le plus souvent mis en avant pour illustrer la proximité entre le

langage électronique et l’oral sont ceux qui sont supposés reproduire les fonctionnalités des

marqueurs para verbaux de l’oral. Il s’agit des smileys, de l’utilisation des majuscules pour

simuler l’emphase, de l’allongement ou de la répétition de caractères pour simuler des effets de

prononciation.





La forme la plus radicale du langage électronique est le langage sms, utilisé généralement par les

jeunes dans les tchats, les messageries instantanées et les sms. Cette radicalisation est liée aux

procédés tels que l’abréviation, la phonétisation, le squelette consonantique, les

syllabogrammes, les logogrammes etc. Ce type de langage provoque une large polémique et les

avis opposés s'affrontent: le langage SMS peut-il mettre en péril la maîtrise de l'orthographe par

les jeunes ou plus largement, met-il en danger la « préservation » de la langue? Une question qui

reste ouverte et qui concerne le langage SMS en général : quelle peut être l’influence sur les

écrits standard ? Les recherches actuelles ne permettent que des réponses prudentes. Toutefois,

l’on peut imaginer que les effets pourraient être différents sur des adultes dont la compétence à

l’écrit est acquise et sur de jeunes enfants qui doivent encore l’acquérir dans une large mesure. A

cet égard, des recherches systématiques et non ponctuelles mériteraient d’être faites dans

l’enseignement.





Enfin, certains travaux tentent de mettre en évidence les traits qui seraient spécifiques au langage

électronique ou, en tous les cas, qui ne les rapprocheraient pas plus de l’oral que de l’écrit.

Certains phénomènes entrent dans cette catégorie : l’usage prédominant du présent [Panckhurst

2003 : 548-554], la fréquence plus importante de pronoms de première personne qu’à l’oral et

qu’à l’écrit [Panckhurst 1999 :55-70], l’importance de l’utilisation des verbes modaux

[Panckhurst 2003 : 548-554], les procédés de simplification d’écriture, comme les abréviations

[Anis 2000 : 59-69], l’écriture phonétique [Anis 2000 : 59-69]. On peut noter que l’utilisation de

smiley, comme expression graphique des émotions, est présentée dans certains travaux comme

un trait spécifique au langage électronique, et non pas comme un procédé rapprochant le langage

électronique de l’oral [Yates 1996 : 29-46].





Le langage de ce type requière quatre types de savoir-faire : savoir-faire informatique (utilisation

de la technique et des programmes informatiques), savoir-faire informatif (recherche, analyse et

critique de l’information en ligne), savoir-faire multimédia (interprétation et création des

documents regroupant le texte, le son, la graphie et l’image vidéo) et savoir-faire de

communication médiatisée par l’ordinateur (pragmatique de la communication synchrone et

asynchrone).





3. Hypertexte





La présence de l’hypertexte dans le discours électronique, donnant la possibilité à la fois de lire

et de naviguer.





En effet, en plus des éléments verbaux de nature scriptovisuelle (suites de caractères, polices de

caractères, mots, phrases, paragraphes, titres, logos et symboles) et des éléments visuels non

verbaux (images, formes, couleurs, etc.), il est nécessaire de cerner par exemple les mouvements

ainsi que les différents formats de fenêtres, fenêtre « pop up », barre de navigation, etc.), et dont

les positions réciproques permettent de structurer les données visuelles. Autrement dit, le champ

de ce qui est « vi-lisible » [Adam 1992] s’est nettement élargi.





A cause de la présence des éléments musicaux, audio ou vidéo, les linguistes sont obligés

d’employer les méthodes utilisés dans d’autres disciplines, comme par exemple : les méthodes

d’analyse d’information graphique pour l’étude des couleurs, des images, des mouvements,

propre à la théorie de la communication et du média ; les méthodes d’information visuelle (p.ex.

l’étude de la fusion de nick et avatar : quand les aspects graphique et textuels des donnés sont

étudiés ensembles) ; de nouvelles méthodes d’analyse, comme la création des programmes de la

décomposition analytique de la page web, le programme spécial pour étudier la disposition

graphique du texte sur l’écran. En fait on peut dire que s’élabore une méthodologie d’analyse des

systèmes sémiotiques complexes et multicouches dont la langue ne représente qu’une seule

couche.





4. Le caractère émotionnel de la communication électronique





La plupart des recherches reproche à la communication par l’ordinateur l’absence du contexte

socioémotionnel et des données paraverbales, ce qui conduit à la dépersonnalisation des

interlocuteurs. Mais au fait la communication en ligne est au contraire, très chargée d’émotion ,

peut-être même plus chargée que la conversation face-à-face. Pour résoudre le probleme de

l’absence du contexte socioémotionnel s’est developpée une sorte du „paralangage“ électronique,

dont le but est de faire entrer l’information émotionnelle et affective dans le texte. Dans ce but on

emploit les moyens verbaux graphiques (majuscules, signes de poctuation, smileys etc.) et des

images speciales comme, p.ex. les émoticons représentants la face humaine ou les smileys

graphiques. Le smiley est le phénomene le plus spécifique et original du discours électronique.

Ils peuvent être compris par les représetants de différentes langues et cultures. Ce symbole peut

renforcer une émotion, un sentiment, d’ajouter le sens ironique à un texte.





On peut faire relever diverses fonctions des smileys [Marcoccia 2000 : 249-263] :

 Le smiley expressif : il sert à décrire l’état d’esprit du locuteur (la joie, la colère, la

tristesse).

 Le smiley interprétatif : il peut être une aide apportée au destinataire pour qu'il puisse

aisément interpréter les énoncés. Le smiley « clin d'oeil » a généralement cette fonction

car il permet de lever les ambiguïtés des énoncés ironiques ou humoristiques.

 Le smiley relationnel : il permet au locuteur d'indiquer la relation qu'il désire instaurer

avec son lecteur. Utiliser un smiley « souriant » peut être ainsi à la fois une manière

d'exprimer son émotion et de donner une tonalité particulière à l'échange.

 Le smiley de politesse : il peut être un moyen de désamorcer le caractère offensant d'un

message.

Mais ces quatre fonctions n’en sont pas exclusives et il n’existe pas de smiley qui serait

«spécialisé» dans une fonction. On peut effectivement rapprocher ces quatre fonctions de celles

du non verbal et du para verbal dans la communication en face à face.





Malgré le fait que les smileys sont les mêmes pour les représentants de différentes cultures et de

différantes langues, à coté des smileys du type occidental se sont developpés des smilys

orientaux. La différence de ces deux type résulte de la diversité culturelle. Les smilys

occidentaux sont centrés sur le mouvement des lèvres dont le changement représente les

émotions. Mais les smileys japonais sont concentrés sur la forme des yeux. A la base de cette

différence se trouve le fait culturel et psychologique: les japonais évitent de rire avec la bouche

ouverte. La raison en est la culture japonaise qui inculque le conformisme, la discrétion et la

resérve émotionnelle. La culture occidentale, au contaire, est plus libre. La différence de ces

deux culture est donc la raison des différentes formes d’écriture des smileys.





Les autres moyens graphiques du paralangage electonique sont la ponctuation expressive et les

majuscules : par exemple le redoublement du point d'exclamation est un procédé très utilisé dans

les tchats et les forums de discussion, tandis que écrire en capitales revient à crier.





4. L’intéret croissant envers l’information métatextuelle





Les interlocuteurs virtuels n’ayant pas de données suffisantes sur l’un l’autre, font une grande

attention sur l’information métatextuelle liée à l’identité virtuelle. Les internautes essaient de

recevoir les informations par les pseudos (le nom virtuel), les avatars (image virtulle), les

abréviations spéciales connues des utilisateurs d’internet.





Il en resulte que l’espace en ligne offre la possibilité d’experimenter sur l’identité ainsi que sur la

langue. On peut changer de sexe, d’age, de location, faire tout ce qu’il est impossible dans le

monde réel. Certes la communication en ligne a les effets positives, surtour en étude des

langues, les étudiants ayant le contact direct avec les etrangers sont plus motivés, mais il existe

des cotés négatifs. Un tel experiment sur l’identité peut produire les effets peu positifs sur la

psychique réelle de l’homme. Souvent les jeunes devients dependant de l’internet, ils s’isolent du

monde réel ne vivant que par leur monde virtuel. Ils ont des problemes de communiquer dans la

réalite, des problemes dans les relations humains et deviennet marginaux. Ce monde, créé par

l’homme acquiert peu à peu sa propre force et commence à dicter ses propres règles. Il ne reste

au créateur que d’obeir à la volonté de sa création. De là, l’étude de la communication en ligne

du point de vue de la psychologie est bien importante et actuelle. Dans le monde électronique

l’homme occupant une place centrale, il est nécessaire d’étudier tous les aspects de l’identité et

de la culture virtuelles, ce qui s’etend sur les sphères de la linguistique, culturologie,

psychologie, ethnologie, sociologie etc. L’ analyse du tipe intégratif et les approches linguistique

telles que sociolinguistique, ethnolinguistique, psycholinguistique devient de plus en plus

importantes.









Bibliographie



Adam J.-M., 1992, Les textes : types et prototypes. Récit, description, argumentation, explication

et dialogue, Paris, Nathan.



Anis J., 2000, « L’écrit des conversations électroniques sur l’Internet », Le Français aujourd’hui.



Crystal D., 2001, Language and the Internet, Cambridge, CUP.



Ferrara K., Bruner H., Whittemore G., 1990, “Interactive Written Discourse as an Emergent

Register” , Written Communication, 8, pp.8-34.



Marcoccia, M., 2000, Les smileys : une représentation iconique des émotions dans la

communication médiatisée par ordinateur, In C. Plantin, M. Doury & V. Traverso (eds.) : Les

émotions dans les interactions, Lyon, ARCI - Presses Universitaires de Lyon : 249-263.



Panckhurst R., 1999, « Analyse linguistique assistée par ordinateur du courriel », dans

J. Anis (dir.), Internet, communication et langue française, Paris, Hermès Science.



Panckhurst R., Bouguerra T., 2003, « Communicational and methodological/linguistic strategies

using electronic mail in a French University », Proceedings of the 8th International Symposium

on Social Communication, Santiago de Cuba.



Yates S. J., 1996, « Oral and Written Linguistic Aspects of Computer Conferencing : A Corpus

Based Study », dans S. C. Herring (dir.), Computer-Mediated Communication. Linguistic, Social

and Cross-Cultural Perspectives, Amsterdam / Philadelphia, John Benjamins.


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